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 Tour 10 – La Seconde Bataille de Malefosse - Année 2 - Mois 4 - Semaine 2

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MessageSujet: Tour 10 – La Seconde Bataille de Malefosse - Année 2 - Mois 4 - Semaine 2   Tour 10 – La Seconde Bataille de Malefosse - Année 2 - Mois 4 - Semaine 2 EmptySam 16 Juil - 14:47

La Deuxième Bataille de Malefosse
Orage



Seconde bataille de la Troisième campagne de l’Orage, entre les forces du Roi Manfred Hightower et de la Reine de l’Orage Argella Durrandon

Après des semaines d’invasion et de siège à Fellwood, les orageois avaient réagi. La Reine Argella Durrandon avait pris la tête de ses troupes, et elle n’hésitait pas à foncer droit sur la ville assiégée. Le mauvais temps, puis l’avant-garde de Ser Aldus Rowan l’avaient ralentie. Victorieuse d’un combat d’avant-garde difficile à Malefosse, un petit village adossé à un lac du même nom, la jeune souveraine déploya ses troupes en attendant de pied ferme ses ennemis. Elle savait qu’elle était débordée sur les côtés ; des colonnes de cavaliers ennemis avaient été aperçus sur son flanc gauche, tandis que Rowan se trouvait toujours avec sa troupe sur son flanc droit, voire sur ses arrières… Deux jours après la bataille précédente, l’armée du Roi Manfred arrivait à l’horizon. Le souverain du Bief en personne avait fait le déplacement ; cela sonnait comme un message très clair adressé aux impériaux. Manfred Hightower n’avait pris la tête de ses forces que pour mettre le coup de grâce à Dorne et percer les lignes Martell, un an plus tôt, ou avant cela contre les pirates quand l’odeur d’une bataille décisive se faisait sentir.

Les orageois étaient nombreux. Environ 32 000 hommes, incluant un contingent d’Immaculés libérés qui avaient rejoint la cause impériale, des mercenaires de diverses compagnies dont les terrifiants Cerbères, tandis que des troupes sous bannière du Loup et du Dragon étaient elles aussi disponibles. C’était tout le corps de bataille principal de la Reine Argella Durrandon. L’armée était en campagne depuis deux ans. Elle était composée de vétérans de la formidable armée bâtie par feu le Roi Argilac, père de la Reine, et renforcée de conscrits et de troupes qui s’étaient aguerries au fil du temps. L’ensemble était bien équipé, et bien entraîné. Beaucoup de soldats étaient trop jeunes ou trop vieux, mais la masse apparaissait cohérente. En face, l’Ost Royal du Bief comptait un peu plus de 40 000 hommes. De son côté, le Roi Manfred comptait toujours sur une cavalerie nombreuse, et de première qualité. Plus encore, c’était sa masse de tireurs qui pouvait lui donner un avantage déterminant. Son armée était renforcée d’un petit corps de dorniens recrutés de force dans les territoires conquis des Montagnes Rouges, jugés peu fiables et peu motivés, mais il y avait aussi un corps de Croisés, qui eux, étaient tout le contraire.

La veille de la bataille, les généraux des deux camps la passèrent en conciliabules. La Reine Argella, forte de ses reconnaissances, réarticula son dispositif. Elle se déployait en deux lignes, avec des ailes de cavalerie afin de menacer les flancs ennemis et l’épuiser par la prise de lignes successives. Le Bief, quant à lui, optait pour un enveloppement encore plus large et par une avance résolue de l’infanterie féodale de l’Ost Royale. Plus de 70 000 hommes allaient s’affronter, dans la plus grande bataille que l’Orage avait connue depuis des années, plus grande encore que les heures de gloire de la jeune Biche d’Accalmie.



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Plan de Bataille du Bief

Le Bief opte pour un déploiement traditionnel ; ses alliés sont déployés de part d’autres du corps principal, dorniens à l’ouest, croisés à l’est. Ces deux ailes doivent déborder celles des orageois. Le corps principal, quant à lui, est organisé sur une multitude de lignes. Les tireurs sont en première ligne, ils sont près de 8000 déployés sur de nombreux rangs, et précèdent près de 20 000 piétons. Ils doivent avancer résolument, accabler l’ennemi de leurs traits jusqu’à crever les lignes ennemies, avant un assaut massif et général de l’infanterie soutenue par deux ailes de cavalerie. En sus, deux marches de flanc sont organisées ; à l’ouest Lord Costayne doit enfoncer le flanc orageois, tandis qu’à l’est le général Rowan doit menacer les arrières ennemis. Dans les deux cas, ces deux généraux disposent d’un peu plus de deux mille cavaliers chacun.

L’objectif est de mettre l’ennemi en déroute.


Plan de Bataille de l’Orage

L’Orage souhaite mener une bataille offensive, en s’articulant sur les terrains qui lui permettent de dominer son champ de bataille. Lord Selmy prend la première ligne sur une vaste colline, déployant carrés de piquiers et d’hallebardiers impériaux à droite, d’orageois à gauche, tandis que son centre est largement pourvu en levées féodales. Sur ses lignes arrières, un second corps sous les ordres de Lord Wensington qui dispose de nombreuses troupes d’élite, et l’essentiel de la cavalerie impériale, pour percer et envelopper les lignes ennemies. La Reine reste en réserve avec un petit corps, soit pour soutenir le coup de grâce, soit pour protéger une éventuelle retraite. Petit artifice, Dovan Caron est positionné à la tête d’une petite troupe de cavalerie, d’archers longs et d’Immaculés dans des positions avancées pour surprendre les bieffois.

L’objectif de l’armée est de rester maître du champ de bataille, ou d’assurer une retraite en bon ordre.


Premier Tour ; Embuscade !


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Au lever du jour, l’armée bieffoise s’ébranle. Lord Caron distingue sur la gauche orageoise le déplacement de colonnes de cavaliers du Bief, qui tentent de descendre sur le flanc impérial. Il prévient aussitôt Lord Selmy, en première ligne du corps principal. Il requiert son assistance avec son flanc gauche pour prendre au piège la marche de flanc ennemie… Les messagers partent en tous sens. Au nord, une masse informe et gigantesque se déplace sur l’horizon. Caron comprend que toute l’armée bieffoise avance droit sur lui. Il prépare ses forces. Ses archers gagnent la lisière du bois dans lequel son corps se trouve. Les Immaculés se tiennent prêts. Selmy répond par l’affirmative ; il déplace des bataillons pour soutenir Caron sur la gauche. Le soleil se lève alors tout à fait, et inonde la plaine de sa lumière. Les orageois retiennent leur souffle. Des dizaines de milliers d’hommes marchent droit sur eux. Comme pour saluer l’illumination, les trompettes sonnent un air solennel, bientôt repris et prolongé par le choc martial des tambours de guerre. L’armée bieffoise marche au pas, couvre l’horizon, et fait trembler le sol. Bannières au vent, l’armée marche droit sur Selmy… Et Caron. Insouciants face à ce danger qui n’a pas été relevé par les reconnaissances, les bieffois marchent sans s’arrêter, en rangs serrés. Alors qu’ils arrivent à trente mètres de la lisière, une volée tirée à l’horizontale fauche les premiers rangs par surprise. Puis encore une volée. Et encore une autre. Des centaines de bieffois sont touchés. Très vite, les troupes hésitent, et sont totalement désorganisées. Les commandants ordonnent toutefois la riposte ; les tirs épars des orageois impliquent quelques centaines de tireurs tout au plus… En réalité, les bieffois sont cinq fois plus nombreux. Quand ils s’organisent pour répondre, une pluie de flèches s’abat sur la lisière du bois. Et les deux camps échangent des volées ; la densité bien plus faible du tir orageois compensée par le couvert des arbres. Les bieffois surmontent l’hésitation. Ils accablent l’ennemi de tirs. Les pertes sont lourdes. Mais les chefs d’unité passent dans les rangs pour assurer un tir soutenu en réponse à l’embuscade ; les blessés sont amenés vers l’arrière, et aussitôt remplacés par des archers des derniers rangs.

Le Roi Manfred ne manque rien de l’embuscade ; il la voit au loin, depuis une colline. Ses ordres s’élancent sous la forme d’estafettes pressées, qui piquent des deux. Il ramène le calme sur le flanc gauche, d’autant que Costayne arrive de sa marche de flanc, et que ses cavaliers montent en ligne en escadrons… Précédés d’un rideau de cavalerie légère, ils distinguent aussi bien un groupe de quelques centaines de cavaliers orageois les charger sur leur gauche que des blocs de piquiers et de levées orageoises qui s’ordonnent face à eux. Costayne est un bouillant officier. Digne fils de son père mort face à Baal Forel dans le Conflans, il voit rouge en apercevant l’ennemi… Et sonne la générale. Les trompettes claironnent l’attaque ; un groupe part à la rencontre de Caron et l’autre charge droit devant. Cavaliers légers et sergents d’armes en renforts, en arrière, tandis que lui-même prend la tête des chevaliers. Les bieffois chargent à bride abattue, dans un grondement terrible de centaines de sabots ferrés. Les tambours orageois sonnent l’alerte, les officiers beuglent leurs ordres. Les piques sont alignées en blocs compacts, les piétons tirent autrement leur épée et forment un mur de boucliers. Les bieffois se rapprochent. En trente mètres, ils abaissent leur lourde lance de cavalerie et hurlent leurs cris de guerre « C’est la volonté des Sept !  Pour le Roy ! Bief ! Tue ! ». Le choc est terrible, la masse d’hommes et de cheval frappant le mur orageois avec la force d’un coup de tonnerre. Des dizaines de chevaux sont abattus sur les piques qui se brisent dans de terribles bruits de bois fracassé. Des centaines hésitent, contournent l’obstacle. Les chevaliers perforent et massacrent les rangs des hommes d’armes, mais les piquiers orageois, lourdement armurés, encaissent le choc épaule contre épaule, torse contre le dos du soldat qui le précède. Alors, les officiers ordonnent d’avancer. Une grande clameur ponctue chaque pas. Les chevaliers qui ne s’écartent pas assez vite sont jetés bas leur monture, si elle n’est pas purement abattue. Plusieurs nobles guerriers sont tués lorsque les fers de piques trouvent la faille de leur armure. La majorité se fait piéger par l’avancée orageoise, et finit abattue au sol. Les bieffois s’entêtent. Ils relancent la charge, évitant autant que possible les endroits où la formation orageoise est la mieux organisée, pour accentuer la pression sur les zones en train de flancher. Le sol se tapissent de centaines de corps. Les bieffois ont l’avantage, car leurs charges menées en fers de lance mordent profondément les formations désorganisées. Mais si leurs pertes sont un peu moins importantes, il s’agit à chaque fois de soldats d’élite… Du côté orageois, c’est Lord Caron qui est salement blessé, et tiré en arrière par ses hommes alors qu’il gisait inconscient.

Alors que la bataille s’engage à gauche, entre succès des archers orageois et lourdes pertes des chevaliers bieffois, le centre de l’armée bieffoise marche résolument sur le front orageois. Les rangs de Selmy apparaissent trois fois plus minces que leurs adversaires… Arrivés à distance de tir, les bieffois se stoppent lorsque les trompettes cessent de sonner un hymne martial du royaume. Déjà, des tirs épars montent des quelques centaines de tireurs dont dispose Selmy, dispersés dans ses carrés d’infanterie. Les pertes sont lourdes, beaucoup de tireurs sont fauchés. Mais ils sont tellement plus nombreux… La première volée passe. Les soldats des rangs arrières prennent la place de ceux qui les précèdent. Le tambour sonne le feu à volonté ; des milliers de bieffois épaulent leur arbalète ou bande leur arc long. La volée fait de l’ombre sur la plaine de Malefosse… Et déchire les rangs orageois. Le duel s’engage ici aussi, et malgré la distance encore importante, les milliers de tireurs du Bief lâchent rapidement des dizaines de milliers de traits qui transpercent les premiers rangs orageois. Selmy ne pourra pas tenir longtemps, car la troupe ennemie avançant entre deux volées se rapproche, et le tir ennemi sera toujours plus efficace… Il prévient la Reine Argella par estafette ; grosse pression sur le flanc gauche mais la ligne tient. Caron en danger. Renforts ou attaques rapides, sinon le centre se fera massacrer au tir.

A droite, il ne se passe rien… Jusqu’à ce qu’un autre messager n’apporte à la reine la nouvelle selon laquelle une troupe de cavalerie bieffoise s’approche du flanc droit…

L’étau se resserre. L’Orage bénéficie de troupes excellentes, mais risque d’entrer dans une guerre d’usure en combattant sur des fronts très étirés et soumis à une puissance de feu infernale ; le Bief semble appliquer une stratégie semblable à celle de Peyredragon, qui a fait le succès de l’armée Targaryen au début de l’Ere des Luttes ; masser les tireurs en une grande batterie, écraser la résistance, et la disperser une fois affaiblie par des assauts sur les flancs.

Pertes Flanc Droit
Pas de pertes, pas encore de combats.

Pertes Centre
- Les orageois perdent 1320 hommes dont 200 hallebardiers, 200 lanciers, 140 archers, 200 hallebardiers impériaux, 200 lanciers impériaux, 80 arbalétriers, 300 cavaliers lourds impériaux.
Le moral reste stable, grâce à la forte position.
- Les bieffois perdent 710 hommes dont 130 arbalétriers, 380 archers longs, 100 fantassins moyens et 100 lanciers
Le moral reste stable, du fait du surnombre.

Pertes Flanc Gauche
- Les orageois perdent 1450 hommes dont 270 piquiers, 630 fantassins moyens, 150 cavaliers légers, 100 chevaliers, 300 archers longs
Le moral reste stable, grâce à l’embuscade ou à la solidité des piquiers.
- Les bieffois perdent 1340 hommes dont 70 cavaliers lourds, 570 chevaliers, 700 archers.
Le moral reste stable, du fait de la charge impétueuse et du soutien arrière.

Pertes totales
- Les orageois perdent 2770 hommes dont 300 archers longs, 200 hallebardiers, 80 arbalétriers, 200 lanciers, 630 fantassins moyens, 150 cavaliers légers, 100 chevaliers, 140 archers, 270 piquiers, 200 hallebardiers impériaux, 200 lanciers impériaux, 300 cavaliers lourds impériaux.
- Les bieffois perdent 2050 hommes dont 70 cavaliers lourds, 570 chevaliers, 700 archers, 100 fantassins moyens et 100 lanciers, 130 arbalétriers et 380 archers longs


Second Tour ; Pour l’honneur et la gloire


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Les combats d’avant-postes ont rapidement dégénéré en bataille rangée. Au centre, le corps de Lord Enguerrand Selmy tient solidement la colline dominant le champ de bataille, mais ses troupes sont harassées de projectiles ; des milliers de tireurs du Bief avancent en rangs, décochant volée après volée avant de gagner quelques mètres. L’organisation de l’armée orageoise, depuis longtemps professionnalisée, donne son plein. La Reine Argella Durrandon parvient à envoyer efficacement ses ordres ; redéploiement de la réserve, du flanc gauche, du centre. Le calvaire du corps de Selmy qui tient la colline sous les volées bieffoises s’arrête ; les hommes reculent… Par carrés entiers, plus ou moins en ordre. Les bieffois exultent. Ils clament leur victoire alors que la bannières du Cerf couronné, du Loup et du Dragon mêlés reculent. Et pourtant… Sonneries de cor. Grondement lointain. Bannières au vent, les étendards claquent sous les bourrasques qui se lèvent peu avant midi. Des centaines de cavaliers montent au front en colonne, à bride abattue. Ils se forment en lignes, puis en rangs successifs. Les tambours battent toujours la retraite de l’infanterie, qui s’écarte et ralentit pour que la cavalerie passe en ordre par escadrons. Alors, les sergents de l’Orage et de l’Empire s’alignent. Lance en main. Epée au côté. Pour l’Empire, pour l’Orage, pour la Reine ! Ils s’élancent. C’est une folie : ils sont à peine plus de 3 000 sur la largeur d’une vaste plaine, en plusieurs vagues successives. En face, les bieffois hésitent. Mais les officiers clament de tenir les positions, de recharger. De retenir le feu. Des tirs épars fusent vers les cavaliers impériaux et fédérés, mais l’essentiel garde ses munitions.

Sur la droite de l’Orage, les chevaux-légers chargent en hurlant, lance sous le coude. Ils perforent des tireurs croisés qui, indisciplinés et désorganisés par la panique, butent contre les cavaliers de la Foi qui contre-chargent. La masse impériale s’abat comme le tonnerre sur la masse arborant en surcôt l’Etoile à Sept Branches. Les tireurs sont enfoncés, massacrés. La mêlée entre fanatiques de la Foi et fervents de l’Empire est sanglante et les cavaliers luttent, étriers contre étriers. Les croisés subissent de lourdes pertes…

En échelons, la charge se poursuit.

Les cavaliers lourds de l’Orage chargent. Visières baissées, lances à l’horizontale, cris de guerre. Les arbalétriers du Bief attendent. A cent pas, ils décochent une première volée. La grêle de traits frappe à l’horizontale. Chevaux fauchés, cavaliers emportés, la plaine se couvre de corps chutant, en entraînant d’autres à leur suite. Les tirs se poursuivent. Un rang tire, puis le suivant avance, tire, et ainsi de suite, sur… Trente rangs. Les cavaliers sont massacrés. Pis. Lord Tyrell dégaine l’épée. « Pour le Père, le Guerrier, et pour le Roy ! ». Deux mille cavaliers contre-chargent. Alors que les premiers rangs des orageois atteint péniblement les arbalétriers, l’angle de l’attaque bieffoise pénètre largement dans les survivants Durrandon. Les hommes d’armes à cheval n’ont aucune chance. Les lances lourdes de l’élite montée de Westeros empalent les sergents, blessent à mort les montures. Des centaines à tunique d’ocre et de jaune jonchent le sol, contre des dizaines du Bief.

La charge continue.

A gauche, le tonnerre des sabots et le hurlement de mille cinq cent gorges tonnent. Et disparaît dans l’ombre des flèches. « Lâchez ! ». Trois mille archers longs ouvrent le feu. Et se penchent, saisissent une longue tige de bois, empennée d’oie et filetée de fer, pour bander l’arc à nouveau, et tirer encore. Les rangs avants des cavaliers sont fauchés, décimés. Chevaux et cavaliers sont transpercés, parfois en même temps. Les rangs arrières poussent. Trébuchent. Le bruit des cordes qui claquent ne couvre pas le sifflement de milliers de traits qui frappe indifféremment le sol, les chevaux, les cavaliers. Les orageois sont massacrés. Ils chargent, pourtant. Et chargent encore. Ils se reforment au son du clairon. Mais les bieffois bandent leur arc et lâchent leurs traits sans pitié. Encore. Et encore. La charge n’aboutit pas. Les chevaliers au sol sont faits prisonniers, dont Lord Wensington, prince consort et mari de la Reine. Il est pris, flèche dans la cuisse entre les mailles, et deuxième jambe brisée par la chute de son cheval abattu sous lui.

Lord Selmy revient sur la crête de la colline, alors que son infanterie se replie en ordre. Il cherche du regard la glorieuse cavalerie qui l’a dépassé plus tôt, armes au clair. Et ne vois que des cavaliers dépenaillés qui fuient à bride abattue, la plaine couverte de corps de chevaux. Et les tambours et trompettes du Bief qui sonnent la charge en avant.

Tout aurait pu changer, si le flanc gauche avait atteint son but. Le groupe de Dovan Caron, tapi en embuscade dans les bois ouest, sur le flanc bieffois. Mais l’embuscade, si elle fauchait des centaines de bieffois, n’endiguait qu’un flanc… Et les immaculés, quand vint l’ordre de charger, prirent la direction du centre pour le transpercer. Mais alors qu’ils progressaient au pas de course et à force cris d’encouragements, lance et bouclier en main, sandales frappant le sol, ils furent opposés à une marée humaine qui chargeait à travers bois. Plus loin, le Roi Manfred envoyait l’ordre de charger à ses forces. Des milliers, des dizaines de milliers d’hommes chargeaient sous les frondaisons de la petite forêt. Epée au poing. Ces hommes rencontrèrent un mur de boucliers à chevron inversé. Les lances en percèrent plus de cent en quelques secondes. Plus de deux centaines en moins d’une minute. D’un cri de guerre, le commandant immaculé ordonnait la poussée en avant. Le mur de boucliers s’ouvrait sur des lances qui transperçaient les soldats de Corcolline et du Rouvre. Les immaculés progressaient. A neuf cents contre plus de dix mille. Pourtant, ils mourraient. De plus en plus nombreux. Tailladés à coups de lame par des fantassins hurlants, lardés de coups de lance, transpercés de flèches ou de carreaux à bout portant. Autour d’eux, les archers longs survivants du groupe de Dovan Caron se faisaient massacrer. Ils furent isolés. Et encerclés. Et se battirent bientôt pour leur vie.

A gauche, la situation orageoise empirait. Lord Costayne ne lâchait pas malgré les lourdes pertes subies par sa cavalerie du fait des carrés de piquiers orageois qui tenaient l’extrêmité de la ligne ennemie. Epuisés par les efforts et par les pertes, les cavaliers se regroupaient. C’est alors qu’une opportunité apparut. Les carrés de premier rang de l’Orage battaient en retraite vers l’arrière. Et ceux de l’arrière montaient en ligne. Dans l’intervalle, les cavaliers de Lord Caron, submergés en nombre et battus, s’enfuirent. C’est là que commença le désordre. Les cavaliers s’insinuent entre les carrés qui refluent et qui montent en ligne. Qui chacun se décalent. Les bieffois n’attendent pas en regardant la manœuvre. Ils chargent. Epée au clair, lance en main. Les chevaliers, sèchement repoussés lors de leurs charges précédentes, sont rejoints de centaines de sergents et d’hommes d’armes montés. Des milliers de cavaliers chargent alors que le flanc gauche orageois se redéploie. C’est un carnage. Des carrés ne peuvent coucher leurs piques convenablement. D’autres tiennent, mais la fine fleur de la chevalerie westerosi les enfonce. Lances et épées laissent la plaine tapissée de corps brisés de blessés et d’agonisants piétinés par les fers des chevaux. Le flanc gauche orageois s’effondre. Et Costayne, avec son corps décimé, entend sur ses arrières les trompettes du corps de cavalerie de Tarly, envoyé par le Roi… Il va pouvoir prendre le flanc impérial.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Argella Durrandon. Sa réserve de cavalerie n’existe plus ; elle reflue piteusement, massacrée depuis le centre bieffois. Son aile gauche est enfoncée ; ses carrés se désagrégent. Pourtant, il lui reste des atouts. Selmy est amoindri, mais se replie en bon ordre. La troupe de seconde ligne se redéploie. Son armée reste solide. Durement touchée, mais pas vaincue. Prévenue de la menace à l’est, elle envoie sa réserve…

Des centaines de cavaliers du Bief, chevaliers en armures lourdes et lanciers montés, se préparent à charger. Aldus Rowan progresse vite dans le sous bois. Il n’a aucune opposition, aucune troupe qui ralentit sa marche. Il débouche de la forêt qui l’a caché en chargeant… Mais tombe sur un mur de piques et d’étendards d’Accalmie. Les cavaliers hésitent. Pas les chevaliers. Ceux de Lord Rowan sont parmi les plus fiers et courageux de Westeros. Ils se mettent en fers de lance. En triangles, pointe vers la ligne orageoise. Ils piquent des deux, et chargent au triple galop au sinistre son des cors. Tous hurlent pour leur Roi, leurs dieux, leur pays et leur fief. Ils gueulent leur devise de maison, et leur pied de nez à la mort. Les orageois s’alignent au pas cadencé, au son du tambour. Le rythme lent du battement sur les peaux tendues. Bam. Bam-bam. Bam. Bam-bam. Bam. Bam-bam. Le rythme s’accélère. « Argella ! Accalmie ! » les piquiers couchent leur hampe. Les archers longs au sein des carrés bandent leur arc. Les fantassins en demi-armure bloquent leur pique plantée dans le sol à l’aide de leur talon, et les archers visent en tir tendu, à l’horizontale. Les sifflements de flèches augurent les hurlements d’hommes et de chevaux. Les cavaliers bieffois sont fauchés par dizaines, puis par centaines. Ils tentent d’ouvrir les rangs ennemis, mais s’empalent ou sont repoussés par les piques. Les archers, à bout portant, ajustent leurs tirs par-dessus l’épaule de leur camarade, ou entre deux piquiers. Nombre de chevaliers sont frappés de traits dans le dos ou à la nuque, en cherchant à tourner la bride pour se reformer. Certains entament les carrés… Fantassins transpercés des lances, parfois deux, voire trois. Plusieurs sont piétinés par les sabots ferrés, d’autres voient leur crâne fendu à coups de lames. La charge échoue. Lord Rowan, renversé par une pique qui le cueille au gorgerin, tuera deux piquiers qui cherchent à la capturer. Mais frappé à coups de lames et de gourdin, il sera traîné par six piétons jusque la Reine qui, non loin, toise sa victoire sur ce flanc.

Trois heures de bataille, et son issue est dans la balance. Les bieffois ont écrasé la cavalerie impériale, et le flanc gauche orageois va s’écrouler. Mais la marche de flanc orientale semble avoir échoué, et les orageois se regroupent en bon ordre sur Malefosse… Si le bief veut emporter le village, pas le choix. Il va falloir gravir la colline sous le feu ennemi et transpercer de multiples carrés des troupes les mieux armurées et expérimentées du continent… La Durrandon n’a pas l’avantage, et avec la défaite de sa cavalerie, elle ne peut plus obtenir de victoire décisive par une poursuite victorieuse… Mais elle peut encore saigner l’armée ennemie, et repousser l’invasion.


Pertes Flanc Droit
- Les orageois perdent 630 hommes dont 420 piquiers orageois, 210 archers longs
Le moral reste stable, grâce à la forte position.
- Les bieffois perdent 1130 hommes dont 440 chevaliers bieffois, 250 cavaliers légers bieffois, 440 cavaliers lourds bieffois
Le moral passe ébranlé du fait du niveau de pertes subi.

Pertes Centre
- Les orageois perdent 2990 hommes dont 550 cavaliers lourds impériaux, 1240 cavaliers lourds orageois, 400 chevaliers orageois, 600 archers longs orageois, 200 piquiers immaculés,
Le moral passe en déroute pour la cavalerie, sauf celle des croisés qui passe ébranlée.
- Les bieffois perdent 2780 hommes dont 100 archers longs croisés, 100 archers croisés, 200 arbalétriers croisés, 120 cavaliers légers croisés, 20 chevaliers croisés, 40 cavaliers lourds croisés, 20 chevaliers du bief, 560 arbalétriers bieffois, 400 archers longs bieffois, 670 fantassins moyens bieffois, 670 lanciers bieffois
Le moral reste stable, du fait du surnombre.

Pertes Flanc Gauche
- Les orageois perdent 1440 hommes dont 740 piquiers orageois, 700 fantassins moyens orageois
Le moral passe « ébranlé » pour l’infanterie au contact, déroute pour les fantassins moyens et les cavaliers de Caron.
- Les bieffois perdent 540 hommes dont 400 cavaliers lourds, 140 chevaliers
Le moral reste stable grâce aux renforts en cours et à la victoire obtenue au choc.

Pertes totales
- Les orageois perdent 7830 hommes dont 200 piquiers immaculés, 1240 cavaliers lourds orageois, 1110 archers longs, 200 hallebardiers, 80 arbalétriers, 200 lanciers, 1330 fantassins moyens, 150 cavaliers légers, 500 chevaliers, 140 archers, 1430 piquiers, 200 hallebardiers impériaux, 200 lanciers impériaux, 850 cavaliers lourds impériaux.
- Les bieffois perdent 6620 hommes dont 250 cavaliers légers bieffois, 910 cavaliers lourds bieffois , 1170 chevaliers, 700 archers, 770 fantassins moyens et 770 lanciers, 690 arbalétriers et 780 archers longs, 100 archers longs croisés, 100 archers croisés, 200 arbalétriers croisés, 120 cavaliers légers croisés, 20 chevaliers croisés, 40 cavaliers lourds croisés.


Troisième Tour ; Rassemblements et premières poursuites


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La bataille a atteint un premier point de basculement. Les deux flancs bieffois ont forcé la Reine de l’Orage à redéployer ses réserves, mais les cavaliers bieffois n’ont pas pu rabattre le piège à temps. Et désormais, c’est un hérisson garni de piques qui s’arcboute du lac de Malefosse aux bois de l’Ouest, jusqu’à la colline dominant le champ de bataille. A droite, la Reine Argella est largement victorieuse. Non contents de tenir, les orageois victorieux capturent le général Rowan. Le tambour bat l’avance. Et les hommes progressent, piques basses, en ponctuant le bruit du tambour de clameurs martiales. Les archers, eux, suivent le rythme, et abattent les cavaliers qui tournent les talons. Le repli des cavaliers du Bief se transforme sous les tirs en déroute ; les cavaliers fuient à bride abattue pour se reconstituer plus loin. Plusieurs efforts de réorganisation échouent. La victoire orageoise sur ce flanc semble acquise. Encore que les cavaliers impériaux retraitant du centre, où ils ont attaqué les croisés, doivent battre retraite à leur tour. Plus frais, moins fatigués, les montures du Bief avancent plus vite, et l’habile manœuvre des cavaliers légers de la Foi, plus rapides, permet de couper tout un groupe d’impériaux de l’avant. Les cavaliers des Pauvres Compagnons se rabattent… Et le temps que le commandant impérial se rende compte que derrière lui des hommes sont coincés, les croisés chargent en masse, en hurlant, lance sous le bras. Les impériaux sont décimés. Ils rendent coup pour coup, mais piégés ils tombent par dizaines, coincés par les montures de leurs camarades.

Les choses sont plus lentes et plus douloureuses sur le flanc gauche. L’arrivée de renforts orageois détachés du corps de Lord Selmy permettent aux impériaux de tenir bon. Les carrés frais et dispos font craindre à Lord Costayne un nouvel assaut sur des murs de pointes acérés les plus intacts. Les bieffois poussent pourtant leur avantage. La retraite des carrés entamés se mue en début de panique ; l’infanterie constate que les cavaliers de Lord Caron fuient à bride abattue vers le camp orageois… Lord Selmy a lancé au bon moment sa réserve du flanc gauche. Les bieffois refluent, ne peuvent parachever leur victoire. Mais alors qu’une clameur sort des rangs orageois, piquiers de la Griffonnière et d’Accalmie en tête, des clairons sonnent la reformation. Et alors, des centaines de cavaliers ennemis viennent garnir de nouveau les rangs de Costayne. Le corps double ses effectifs en quelques minutes ; des chevaliers de Corcolline, des sergents Tyrell, des cavaliers de tout le Royaume du Bief affluent. Une nouvelle masse de cavalerie se forme sur la gauche. Des cavaliers légers, guides et éclaireurs, avancent en criant et en faisant hennir leurs chevaux. Ces hardis cavaliers foncent sur les carrés, lancent leurs javelots, et fuient pour se reformer, et recommencer. Des dorniens mobilisés dans les territoires conquis des Montagnes Rouges, haïssant leurs voisins de l’Orage autant que leurs employeurs du Bief, ponctuent leurs salves de flèches lâchées à bout portant de cris rageurs et de défis. Les piquiers forment un mur solide de pointes d’acier et de demi-armures reflétant le soleil. Pourtant, nombre de tirs trouvent les failles des armures, et les morts ou blessés jonchent les abords des carrés. Ceux-ci répliquent et de nombreux cavaliers sont touchés. Costayne prépare sa charge… Et harangue sa cavalerie, dont les chants guerriers couvrent le sifflement des flèches. Au sud, les Cerbères sont traversés par le doute. S’enfuir, pendant qu’il en est encore temps ? Ils ont vu la cavalerie orageoise se faire étriller, et des carrés enfoncer… Mais la ligne de Selmy semble solide. Ils attendent leur heure…La Reine, qui vient rassembler ce qu’il reste de sa cavalerie, attend le retour des chevaux-légers impériaux quand les survivants de Lord Caron déboulent, l’infanterie en panique sur leurs talons. Argella Durrandon doit passer du temps à rallier ses hommes, à les galvaniser. Elle les rassemble, les réorganise, et prévient tout risque de déroute. La brune le sent ; ses hommes sont sur le point de lâcher. Mais ils tiennent bon, encore, malgré l’adversité. Elle les rassemble, et ils cessent leur repli.

Le drame de cet après-midi se joue plus au nord. Les Immaculés sont contactés, même si la manœuvre coûte la vie à plusieurs estafettes. Ils affirment vouloir mourir pour la Reine et l’Empire, qui les ont libérés et ont garantir leurs droits. Mais ils ont ordre de se replier… Alors Rat Cornu, chef du bataillon élu pour la campagne, décide d’obéir dans la plus pure tradition de sa caste. Il demande trois cent volontaires. Doit les trier. Et se met en route, vers le sud. Déjà les bieffois reviennent à la charge. Hommes d’armes, archers, dorniens… Les soldats chargent entre les arbres et la mêlée est atrocement sanglante. Les bieffois sont souvent transpercés, jetés au sol. Mais pour chaque soldat d’élite qui tombe, il n’y en a plus pour les remplacer. Le premier groupe, sacrifié, est très vite submergé. Les soldats du Bief, Willum et Herbiers en tête, transpercent le mur de boucliers. Les Immaculés sont jetés au sol, et transpercés à coups de lances et d’épée. Le second groupe aussi est ralenti. De plus en plus de soldats ennemis arrivent par les flancs, par l’arrière. Rat Cornu comprend qu’il ne peut pas battre en retraite ; il est trop loin de ses alliés. Les Immaculés pivotent comme un seul homme. Transpercent un rang. Puis un autre. Ils enjambent les corps de les ennemis. Mais ils sont encerclés à leur tour. Attaqués de toutes parts, ils combattent dos à dos. Leurs boucliers sont détruits à coups de haches, les épées ou les lances les écartent. Chaque immaculé qui tombe est entouré le plus souvent de plusieurs ennemis. Le cor des Immaculés sonne, et sonne encore. Selmy est rassuré. Il interprète ces sonneries comme un signe annonciateur de la fin de l’anabase de ses alliés et leur arrivée prochaine sur son flanc gauche… Mais les sonneries s’arrêtent ; le musicien a eu la gorge tranchée par une épée bieffoise, tandis que Rat Cornu s’écroule, transpercé de deux lances, tête sectionnée par un sergent Du Rouvre. On se tue à jusqu’au dernier. Le dernier immaculé tombe, libre.

Au centre, les survivants de la glorieuse mais mortelle chevauchée impériale rebroussent chemin. Ils ne sont plus que cinq cent à repasser les carrés de Lord Selmy, quand ils furent près de 3 000 à les passer en sens inverse plus tôt dans la journée. Derrière eux, les archers et arbalétriers du Roy du Bief ne tirent pas. Ils se rapprochent, profitant que les impériaux ne peuvent ajuster leurs tirs du fait du repli des cavaliers. La bannière royale apparaît sur la colline derrière eux… Et une volée s’abat sur les premiers rangs. Les tireurs, déjà fatigués, sont fauchés en nombre par les archers et arbalétriers orageois, par les archers longs de la Reine. Les bieffois répliquent, ils sont encore des milliers. Les volées sont échangées. Les carrés impériaux, lourdement atteints. Les bieffois paient un lourd tribut…

Tout le monde le sent alors. Le Roi Manfred, depuis son point haut, domine la plaine face à Selmy. Il voit les minces lignes orageoises, conscient qu’il reste des réserves à l’ennemi… Mais sous ses yeux, une troupe de cavalerie lourde. Des dizaines de milliers de fantassins, qui n’ont pas encore combattu ni subi de tirs. A l’Ouest, le corps de Costayne, bien en place. Il lève la main, et alors que le jour commence à décliner lentement mais sûrement, donne l’ordre d’attaque générale.

Pertes Flanc Droit
- Les orageois perdent 250 cavaliers lourds impériaux
Les cavaliers lourds impériaux partent en déroute.
- Les bieffois perdent 330 hommes dont 60 cavaliers lourds croisés, 30 chevaliers croisés, 120 cavaliers lourds, 60 chevaliers, 60 cavaliers légers.
Le moral passe déroute pour le corps d’Aldus Rowan, poursuivi par l’ennemi.

Pertes Centre
- Les orageois perdent 2200 hommes dont 300 lanciers orageois, 700 immaculés et 100 archers longs orageois, 300 archers orageois, 100 hallebardiers orageois, 250 lanciers impériaux, 250 hallebardiers impériaux, 200 arbalétriers de l’Orage
Le moral passe en déroute pour la cavalerie.
- Les bieffois perdent 2080 hommes dont 550 fantassins moyens, 550 lanciers,  50 piquiers dorniens, 30 chevaliers, 420 arbalétriers, 480 archers longs
Le moral reste stable, du fait du surnombre.

Pertes Flanc Gauche
- Les orageois perdent 220 hommes dont 200 piquiers et 20 archers longs
Le moral passe « ébranlé » pour les carrés précédemment endommagés, déroute pour les fantassins moyens et les cavaliers de Caron. Les premières lignes restent intactes.
- Les bieffois perdent 300 hommes, dont 100 cavaliers légers dorniens et 200 cavaliers légers bieffois
Le moral reste stable grâce aux renforts en cours et à la victoire obtenue au choc.

Pertes totales
- Les orageois perdent 10500 hommes dont 900 piquiers immaculés, 1240 cavaliers lourds orageois, 1230 archers longs, 300 hallebardiers, 280 arbalétriers, 500 lanciers, 1330 fantassins moyens, 150 cavaliers légers, 500 chevaliers, 440 archers, 1630 piquiers, 400 hallebardiers impériaux, 400 lanciers impériaux, 1100 cavaliers lourds impériaux.
- Les bieffois perdent 9330 hommes dont 510 cavaliers légers bieffois, 1030 cavaliers lourds bieffois , 1260 chevaliers, 700 archers, 1320 fantassins moyens et 1320 lanciers, 1110 arbalétriers et 1260 archers longs, 100 archers longs croisés, 100 archers croisés, 200 arbalétriers croisés, 120 cavaliers légers croisés, 50 chevaliers croisés, 100 cavaliers lourds croisés, 50 piquiers dorniens, 100 cavaliers légers dorniens


Quatrième Tour ; Attaque générale au nom du Roy


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Les deux flancs des armées sont épuisés par les combats et les manœuvres opérées tout au long de la journée. Sur la droite, le corps de Lord Rowan, qui s’est illustré par une charge aussi sanglante que magnifique, est pourtant en train de complétement se débander. Poussés un temps par les orageois, les cavaliers s’enfuient. Ils poussent sur leur flanc les rescapés des charges croisées ; c’est ainsi qu’orageois et bieffois fuient le champ de bataille par le nord-est. Le flanc droit libéré, la Reine Argella peut verrouiller le flanc droit de son armée menacé par un nouveau corps de cavalerie bieffois ; les carrés de piquiers et d’archers avancent au rythme des tambours en faisant trembler le sol en autant de forêts de hampes qui se dirigent en colonne vers la zone des combats.

Car le centre Bieffois, plus de quinze mille hommes, n’a pas encore donné. Les tambours et trompettes y sonnent la charge.

A gauche, les cavaliers de Costayne se préparent et se rassemblent. Les flèches volent des carrés orageois auxquelles répondent les projectiles du rideau de cavalerie légère du Roi du Bief. Les deux camps s’égratignent… Jusqu’à ce qu’aux cris de leurs maisons, les chevaliers bieffois rassemblés en pointes serrées s’élancent à nouveau. Les carrés orageois ont déjà assisté au recul des premiers rangs. C’est une tempête de sabots, d’acier et de chair qui leur fonce dessus. Les derniers tirs sont lâchés et plusieurs cavaliers ou chevaux abattus s’effondrent au sol, piétinés par la charge. Le contact est incroyablement violent. Les piques basses fauchent plusieurs montures, malgré leurs propres caparaçons ou plaques d’armures. Mais un drame se joue à l’extrêmité de la ligne ; trois chevaliers tentent de sauter la barrière de piques et leurs montures retombent lourdement sur les hampes, lacérées et transpercées de dizaines de hampes… Qui se tordent, ou se brisent net. Les montures sont mise en pièce en hénissant mais trop tard ; les troupes alentours se reforment en coins et percutent le rang privé de sa protection. Le massacre est total ; les chevaliers étrillent à la lance ou à l’épée des orageois, lourdement armurés. Les cous sont tranchés, les lames mordent profondément clavicules ou thorax. Un carré est enfoncé. Puis un deuxième. Dans le troisième, la panique se répand. La formation se réaligne en hérisson pour faire front de toutes parts, mais les piques relevées s’entrechoquent et des archers fuient le carré, piétiné dans la foulée par une bande de jeunes chevaliers en furie. Du Rouvre s’illustre en prenant deux bannières orageoises, Lord Peake est gravement atteint par une pique qui le fauche en pleine chevauchée au gorgerin.

Selmy et la Reine Argella ont déjà vu le danger ; de nouveaux carrés de piquiers prélevés du centre s’avancent et couvrent la retraite ou la déroute des survivants de la ligne enfoncée. La Fine Fleur de la chevalerie Westerosi s’entête… Et a pris deux lignes de piquiers, en profitant de leur moindre grande cohésion du fait des archers contenus dans leurs unités. Mais la troisième, intacte, est fraîche, et motivée par la proximité avec la Reine. La cavalerie de Costayne est d’ailleurs prise à partie par une violente charge de flanc, menée par les mercenaires de la compagnie des Cerbères qui chargent en hurlant les cavaliers légers du Bief qui ont reflué précédemment. Les cavaliers bieffois vident les étriers mais la réserve de sergents montés du Bief contre-attaque, et même l’ajout d’une réserve orageoise montée n’y change rien ; la cavalerie du Bief surclasse ses adversaires. Sur le flanc gauche, statu quo. Les bieffois, épuisés, couverts de sang et menacés sur le côté, doivent reculer pour se reformer, d’autant que Costayne a été touché d’un tir d’arc long. Les orageois ont une partie de leurs effectifs en fuite, des cavaliers épuisés et des Cerbères trop légèrement équipés pour affronter les lourds cavaliers du Bief. Les deux ailes se séparent dans une retraite précautionneuse.

Reste le centre. Lorsque le Roi a donné son signal, les archers et arbalétriers ont ouvert leurs rangs. Des cavaliers porte-étendard ont remonté la ligne pour indiquer la charge. La musique de l’armée du Bief s’est mise en branle. Et à l’abaissement des bannières, des milliers d’hommes se sont mis à charger en rangs serrés en hurlant. Le tir de couverture bieffois est très peu efficace, par-dessus les rangs qui chargent, et doit bientôt s’arrêter. Les tirs de l’Orage sont bien peu nombreux, mais très précis. Les traits qui tombent de la colline fauchent de nombreux soldats bieffois. Puis c’est le choc. Une marée humaine en pleine course, vaste et profonde, et des blocs en carrés dressés de lances et d’hallebardes Durrandon, Selmy, Wensington, Braenaryon et Racin… Les impériaux encaissent lourdement le choc. Ils empalent quantité de bieffois du bout de leurs armes d’hast, avant de les abattre sur l’ennemi. La masse, toutefois, est énorme. Malgré les ordres de la reine, le front impérial n'a pas eu le temps de se réaligner. Les pertes sont lourdes. D’abord bieffoises, puis quand submergés sous le nombre des hallebardiers impériaux sont abattus malgré leur demi-armure, les rangs s’ouvrent. Les carrés tiennent avec de lourdes pertes ; marée verte d’un côté, armures d’acier de l’autre, le sang recouvrant tout.

Plein centre, Selmy essaie d’encaisser la charge. L’avantage de la hauteur est primordial, ses piquiers sur la gauche font grand mal aux piétons féodaux bieffois, et on les repousse sur toute la ligne à coups de lances. Mais les deux lignes s’imbriquent. Les deux lignes se poussent, les hommes tombant au sol finissant égorgés, lardés de coups de lames, ou piétinés.  Selmy prend un coup de lance dans l’épaulière. Lord Thorne, à la tête d’un groupe d’hallebardiers, se trace un sillon de cadavres équarris à coups d’hallebardes. Cerné avec ses hommes, ils sont massacrés à coups d’épées des piétons Tarly. Le jeune Lord Torth est pris pour un page, est lorsqu'il crie grâce son casque prend un coup de masse. Sonné, gravement atteint, il est fait prisonnier par le Bief. Les deux lignes continuent de se pousser ; les morts et blessés tapissent par centaines, puis par milliers, la colline centrale. La charge des troupes épuisés de Lord Brooke, qui l’ont emporté contre les Immaculés, ne change rien. Les orageois sont épuisés, reculent, mais ne cèdent pas. Derrière eux, une solide deuxième ligne constituée de l’infanterie lourde de deux cohortes impériales, étendards Braenaryon au vent, protègent de toute rupture. Les orageois se battent et meurent sur la colline. Les blessés bieffois refluent alors que le jour baisse… Les pertes sont importantes, et la colline reste orageoise quand les unités commencent à reculer.

A droite,une dernière charge des croisés rassemblés et des chevaliers du Bief emporte un nouveau carré impérial, mais l’arrivée de la réserve orageoise permet de verrouiller le flanc. Partout, l’armée de l’Orage a été attaquée et poussée dans ses derniers retranchements. Partout elle a manqué de craquer… Mais elle ne l’a pas fait. L’armée du Bief n’a pas vaincu. Le Roi Manfred, lui, distingue toujours les lignes ennemis dans le crépuscule qui tombe sur le champ de bataille. Il l’observe à la longue vue. Et il finit par la replier d’un sourire. « Demain messieurs, demain la Biche fuira, ou finira toute rôtie ».


Pertes Flanc Droit
- Les orageois perdent 500 hommes dont 200 hallebardiers impériaux, 200 lanciers impériaux, 100 arbalétriers orageois
Les cavaliers lourds impériaux partent en déroute.
- Les bieffois perdent 300 hommes dont 70 chevaliers bieffois, 130 cavaliers lourds croisés, 100 cavaliers légers croisés
Le moral passe déroute pour le corps d’Aldus Rowan, poursuivi par l’ennemi.

Pertes Centre
- Les orageois perdent 1900 hommes dont 180 archers longs orageois, 180 piquiers orageois, 460 lanciers orageois, 250 hallebardiers impériaux, 350 lanciers impériaux, 300 arbalétriers orageois, 100 archers orageois, 80 hallebardiers orageois
Le moral passe en déroute pour la cavalerie.
- Les bieffois perdent 2400 hommes dont 1200 fantassins moyens et 1200 lanciers
Le moral reste stable, du fait du surnombre.

Pertes Flanc Gauche
- Les orageois perdent 1550 hommes dont 640 archers longs orageois, 640 piquiers orageois, 150 cavaliers lourds orageois, 120 cavaliers lourds mercenaires
Le moral passe « ébranlé » pour la cavalerie, qui retraitera. Le moral passe « déroute » pour les carrés de première ligne. Les suivants tiennent bon.
- Les bieffois perdent 1220 hommes dont 220 cavaliers légers bieffois, 520 chevaliers bieffois, 430 cavaliers lourds bieffois, 50 cavaliers lourds dorniens
Le moral passe  « ébranlé » compte tenu des lourdes pertes et de la blessure de Costayne, assez grave

Pertes totales
- Les orageois perdent 14450 hommes dont 120 cavaliers lourds mercenaires, 900 piquiers immaculés, 1390 cavaliers lourds orageois, 2050 archers longs, 380 hallebardiers, 680 arbalétriers, 960 lanciers, 1330 fantassins moyens, 150 cavaliers légers, 500 chevaliers, 540 archers, 2450 piquiers, 850 hallebardiers impériaux, 950 lanciers impériaux, 1100 cavaliers lourds impériaux.
- Les bieffois perdent 13250 hommes dont 730 cavaliers légers bieffois, 1460 cavaliers lourds bieffois, 1850 chevaliers, 700 archers, 2520 fantassins moyens et 2520 lanciers, 1110 arbalétriers et 1260 archers longs, 100 archers longs croisés, 100 archers croisés, 200 arbalétriers croisés, 220 cavaliers légers croisés, 50 chevaliers croisés, 230 cavaliers lourds croisés, 50 piquiers dorniens, 100 cavaliers légers dorniens, 50 cavaliers lourds dorniens



EPILOGUE
La seconde bataille de Malefosse s’achevait en ce jour par un résultat indécis. Plusieurs fois, les armées de l’Orage avait manqué de craquer. Ses ailes en danger, son centre sous pression, toutes ses lignes avaient finalement tenu mais avec de grands sacrifices, et le point de rupture avait été très proche plusieurs fois. Les bieffois avaient lancé l’essentiel de leurs forces dans la bataille pour faire plier l’armée Durrandon, mais sans succès. Rowan avait été capturé et son corps de marche de flanc, mis en déroute. Costayne était passé tout prêt de la percée, à gauche, mais une ultime contre-attaque lancée par la Reine avait refoulé ses espoirs. Au centre, Selmy a tenu bon, mais tout juste.

Les pertes sont importantes pour les deux camps. L’Orage a sacrifié l’essentiel de sa cavalerie dans une charge frontale risquée, étrillée par les milliers et les milliers de tireurs bieffois qui l’ont massacré, et pris Wensington, Prince Consort de la Reine. A partir de ce moment, Argella a arc-bouté sa défense sur la colline, et a repoussé les assauts bieffois. La cavalerie du Roi Manfred a également beaucoup souffert, tout comme ses gros bataillons de tireurs. Son infanterie reste largement opérationnelle, mais elle n’a pas su se montrer décisive. De part et d’autres, plusieurs grands noms avaient perdu la vie, la santé, ou la liberté. Les troupes d’élite de chaque camp ont été saignées, piquiers et archers longs de l’Orage décimés dans des carrés enlevés par la meilleure cavalerie lourde de choc du monde, tandis que ces chevaliers bieffois avaient payé un très lourd tribut à cet avantage ténu.

Lorsque les troupes se séparèrent de leurs imbrications mortelles, le jour tombant, il semblait toutefois que l’avantage était pour le Bief ; il n’a pas rompu les lignes ennemies et ne peut donc bénéficier des fruits d’une déroute adverse, mais ses pertes sont globalement du même ordre. Son armée était toutefois bien supérieure en nombre… Et le Roi Manfred fut informé que son armée de renforts, débarquée près d’Accalmie quelques jours plus tôt, remontait vers la zone des combats. La dépense en sang de la journée était donc prête à être comblée. La Reine Argella fut informée de même qu’une armée s’était lancée en campagne depuis la côte, lui fermant la route d’Accalmie à moins de risquer une bataille sur deux fronts. Ses pertes, quant à elles, étaient proportionnellement plus importantes ; elle avait perdu près de la moitié de ses hommes valides, dont l’essentiel de sa cavalerie. Elle pouvait compter sur des réserves dans le sud du pays, dans des garnisons, mais assez éloignées et dont elle était coupée tant que Stackhouse tenait la route d’Accalmie… Des décisions devaient être prises.

L’Orage pouvait clamer la réussite d’une bataille défensive, le Bief celle d’une victoire à l’usure plus forte de ses adversaires. Ce ne serait pas en un jour que le sort de la campagne se déciderait…

Le soir même, alors que les troupes se rassemblaient dans leurs campements respectifs, la Reine Argella prit la décision qui s’imposait. Elle commença à réordonner les unités et mit sur chariots les blessés de son camp qui ne pouvaient marcher. Les feux de camp restèrent allumés toute la nuit, mais pas une miette du repli ne fut perdu par les bieffois dont les éclaireurs étaient proches des lignes impériales. Le Roi Manfred accueillit la nouvelle d’un sourire satisfait, et lança ses propres ordres. Les deux armées étaient exténuées, mais chacune avait encore quelques atouts dans sa manche…

Des corbeaux partirent en tous sens annoncer la retraite de l’armée impériale, vaincue, mais pas brisée.

Points de l’Empire
+5 pts objectif rempli
-40pts bataille décisive perdue
+5pts repli en bon ordre

Points du Bief
+40pts bataille décisive gagnée
-5 pts objectif non rempli
- 5pts incapable de poursuivre


Le Cyvosse
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