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 Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]

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MessageSujet: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 31 Jan - 2:22

Tout se bousculait dans sa tête au point de s'entrechoquer. D'ordinaire, Megara n'était pas de ces personnes qui cherchent toujours à tout complexifier jusqu'à l'outrance, sans doute parce que ce n'était pas dans son caractère et qu'elle devait déjà composer avec un certain nombre de contraintes complexes par nature. Inutile de se rajouter de la charge sur les épaules, donc, ou tout du moins pas par elle-même. Mais là, la situation était particulière, alors, évidemment, l'habituel s'en trouvait bouleversé et l'ordinaire était entièrement chamboulé. Elle avait du mal à réaliser que son père était mort. C'était ... C'était pourtant quelque chose auquel, instinctivement, et sans même s'en rendre compte, son esprit avait commencé à se préparer à l'instant même où on avait porté atteinte à Loren. Mais elle avait comme fermé les yeux, en refusant de voir la réalité et en repoussant cette réalité des choses loin, très loin dans son subconscient. Mais la vie l'avait rattrapée, et la mort avait enserré Loren tout contre elle, l'emportant auprès de l'Étranger. Et la vérité était finalement là, lancinante, douloureuse, cruelle et pernicieuse. Chaque bouffée d'air inspiré laissait à Megara l'impression de se brûler les poumons, ou tout du moins était-ce la sensation que cela lui donnait. Et elle culpabilisait, tant et tant, de ne pas avoir été là pour son père dans ses derniers instants. Elle culpabilisait et s'en voulait infiniment, depuis que la terrible nouvelle était tombée. Elle ne savait pas comment gérer la situation. Pourtant, douloureusement, elle ne pouvait pas dire que le deuil était une nouveauté pour elle, car elle avait tout de même perdu son unique sœur quelques mois auparavant. Mais elle se refusait à établir la moindre comparaison, car elle ne voulait en rien banaliser les choses ou les mêler au point qu'elles se confondent et qu'elles perdent de leur force et de leur individualité. Là où elle réalisait cependant que, d'une certaine façon, pleurer et faire le deuil de Nymeria était plus facile. Car elle avait perdu sa sœur plus qu'elle n'avait personnellement perdu la Princesse de l'Ouest. Avec son père ... Toute la Cour et tout le royaume étaient en deuil du Roi, tout comme elle. Mais la concernant, il y avait également la dimension paternelle qui s'additionnait à l'équation, et ... Et elle avait la sensation de ne pas savoir quel deuil se devait d'être prioritaire chez elle, une question qui ne s'était pas vraiment posée pour elle lors de la disparition de Nymeria. Tous pleuraient le Roi, et elle, elle voulait également pleurer le père.

Et c'était douloureux, très douloureux, parce que la tragédie était des plus colossales, car cela chamboulait l'ordre de la succession à la Couronne, là où, désormais, le nouveau roi se prénommait Lyman. Une différence supplémentaire qui venait créer un gouffre immense entre les disparitions successives de Nymeria et de Loren Lannister. De quoi laisser Megara dans une position fragile, incertaine et balbutiante, comme si, de nouveau, elle était débutante et inexpérimentée en la matière. Et le fait de devoir faire face, de devoir garder la tête haute et de ne point pouvoir prétexter être bien trop fatiguée pour paraître en public, là où, la dernière fois, elle était enceinte, et bien cela changeait beaucoup à la donne. D'autant plus qu'elle avait fait plusieurs promesses à Gareth depuis la dernière fois, et qu'elle comptait bien les tenir, du mieux possible, à bout de bras et de forces s'il le fallait. Et elle devait également soutenir et seconder son frère, qui avait certes été préparé à un jour devenir monarque, mais sans doute pas à un âge aussi jeune que le sien actuellement. Cependant, Megara ne pouvait tout de même se défaire de certaines habitudes, et le fait de percevoir ses appartements comme un cocon protecteur était parmi celles-ci. Elle pouvait y veiller sur les jumeaux tout en échappant aux regards scrutateurs des courtisans. Et c'était là qu'elle se trouvait actuellement, alors qu'on avait amené dans ses appartements plusieurs sacoches de cuir, récent héritage de son père dont elle étalait le contenu sur le bureau derrière lequel elle était assise. Il avait appartenu à son père, ce bureau, d'ailleurs, quand il n'était qu'un jeune homme. Un cadeau qu'il lui avait transmis il y avait plusieurs années de cela, pour qu'elle puisse y peintre, y dessiner et y travailler. Mais là, présentement, il lui était surtout utile pour y faire des petits tas de papiers et de parchemins. Dans tout ce fatras, il y avait des poèmes, des débuts de discours, des croquis, aussi. Comme les bribes des réflexion et des divertissements que Loren avait pu connaître, et dont Megara ne savait trop que faire. Mais elle avait assuré à Lyman qu'elle s'occuperait d'y faire le tri pour lui transmettre ce qu'elle penserait pouvoir lui être utile, alors, elle essayait de s'y tenir, malgré tout, même si elle avait le cœur lourd, si lourd, et qu'elle ne savait même plus où elle en était, ses pensées étaient bien trop complexes, passionnelles et attristées. Finalement, elle avait fini par se lever, tenant dans ses mains quelques feuillets éparses, avant de se planter devant la cheminée, le regard dans le vide et l'esprit perdu elle-même ne savait trop où. Peut-être devrait-elle tout brûler de ces feuillets. Peut-être tout devrait-il partir en flammes, comme sa crédulité et sa naïveté puériles et enfantines ... Tout semblait lui parvenir comme à travers une longue distance : le craquement des bûches qui brûlaient, les gazouillis de ses fils, dans la pièce d'à côté ... A peine crut-elle entendre l'une des portes des appartements qui s'ouvrait, sans qu'elle n'en soit trop sure et sans que cela ne la tire entièrement de cette étrange torpeur dans laquelle elle s'était elle-même plongée.


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Megara Lannister
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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 5 Fév - 10:40

J’inspire longuement, regardant sans vraiment la voir la relève de la garde. Il pleut et je suis trempé mais je m’en moque à dire vrai, tant je suis plongé dans nombre de pensées toutes aussi contradictoires et complexes les unes que les autres. Je devrais rentrer, me sécher et m’installer pour lire tous les décrets rédigés par Lyman qui attendent mon avis, ma validation ou que sais-je encore. Mais, dans l’immédiat, j’ai du mal à bouger. Et j’ignore soigneusement les regards un rien perplexes qui se posent sur moi. Je dois avoir un drôle d’air alors que je sens les mèches de cheveux qui se collent sur mon front et l’eau dégouliner dans mon dos.

J’aimerais dire que je me remets en marche parce que j’ai mon devoir à accomplir mais, en réalité, je ne réalise qu’au dernier moment ou peu s’en faut que mes pas m’ont porté en direction des appartements que je partage avec ma femme. Parce que j’ai envie de la voir. D’entendre les garçons gazouiller. J’ai envie de la serrer dans mes bras et de la voir sourire en les regardant. J’ai envie de passer le reste de la journée, la soirée à essayer de trouver en quoi ils diffèrent. Ce qui est une évidence pour Meg quand elle les regarde. Et qui me rend un peu plus amoureux d’elle quand je l’observe froncer les sourcils, presque outrée parce que je n’ai pas remarqué ce petit grain de beauté sur l’orteil droit de Cadwyn. Que n’a pas Tybalt donc.

Alors, je me dis qu’un peu de repos, qu’une bouffée d’air au milieu de tout ce qui se passe, ne saurait être une mauvaise chose. Je serais plus apte à reprendre tout ce que je dois faire après. Je pousse la porte, un sourire se formant sur mes lèvres alors que j’entends les garçons dans leur chambre, cherchant ma femme des yeux, non sans me dire qu’elle n’est peut-être pas là. Qu’elle est peut-être, surement même, occupée ailleurs. Et je fais taire cette pointe de déception qui ne manquera pas d’arriver si c’est le cas. Parce qu’au final, je la vois, plantée devant la cheminée, le regard perdu dans le vide. Mon cœur se serre à cette image, même si je suis soulagé de la voir ici.

Je n’hésite qu’une fraction de secondes avant de m’approcher, me glissant derrière elle alors que mes mains passent autour de sa taille et mon menton se pose sur son épaule. Et je souffle, dans un murmure. « Quand mon père est mort, je me suis senti désemparé, seul au monde. Et coupable. Parce que je savais. Que je l’allais moins le pleurer que Loren. Qu’il était certes mon père, mais que la figure paternelle dont je me sentais le plus proche était à Castral Roc. Que je savais que j’étais plus attaché à vous qu’à ma famille de sang. » Nous n’avons jamais évoqué la mort de mes parents. Pas de cette façon en tout cas. Elle m’a présenté ses condoléances mais nous étions loin d’être aussi proches qu’aujourd’hui. Et, même si j’ai pu en parler avec Jeyne, j’avoue que je n’ai pas vraiment su comment réagir. J’ai tout enfoui au plus profond mais, avec la mort de Loren, c’est comme si ces souvenirs remontaient à la surface, comme des bulles qui éclatent et rajoutent à ma douleur. Et cette culpabilité, toujours aussi présente. Celle d’être plus attristé par la mort de son père que la mort du mien.

Je laisse filer un temps, sans rien ajouter de plus. Avant de reprendre, toujours sur le même ton, réalisant vaguement que je suis en train de la bercer contre moi. « Désolé, je suis trempé. » Je sens encore les gouttes glisser sur mon front mais je ne bouge pas, le regard rivé sur les flammes, la serrant même un peu plus fort dans mes bras.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 10 Fév - 0:45

De quand datait la dernière fois où Megara s'était faite couper les cheveux ? Cela n'était forcément pas récent, de par leur longueur actuelle, bien qu'elle se souvenait qu'on les lui avait épointer pour le jour de ses noces. Ce qui signifiait d'encore avant, faisant remonter le tout à plus d'un an désormais. Il n'existait pas réellement de code concernant la longueur des cheveux des femmes fort heureusement, et chacune devait bien faire un peu comme elle voulait. En ce qui la concernait, elle avait la chance de pouvoir bien entretenir sa chevelure pour que celle-ci ne vire pas au terne et au fatigué à mesure des mois. De la même façon, elle pouvait bénéficier de l'aide de ses chambrières pour l'aider à les démêler en y passant longuement peigne et brosse le matin. Parfois, le soir venu, elle demandait à Gareth de l'aider. D'autrefois, elle s'en chargeait elle-même, même si, dans ce cas là, elle se livrait à un réel numéro de contorsionniste, car la chevelure était tout de même longue, là où elle ne pouvait pas étendre encore et encore ses bras. Ce matin ... Ce matin, à vrai dire, elle n'avait pas eu le courage de réellement les coiffer, préférant dès lors les garder entièrement détachés, ce qui lui arrivait très rarement. Il y avait ces sortes d'ondulations, et elle s'était dit qu'elle n'avait pas le coeur à les arranger plus esthétiquement que ça. De toute façon, elle allait passer l'essentiel de sa journée seule dans ses appartements, alors, qui viendrait y trouver à redire ? Et ce même si elle ne serait tout de même pas seule, puisqu'il y aurait les jumeaux, mais ces deux derniers étaient encore bien trop jeunes pour y comprendre quoi que ce soit ou pour y trouver à redire. Bien au contraire : ils semblaient toujours si fascinés lorsqu'elle se penchait vers eux et que ses cheveux cascadaient vers eux en de longues mèches blondes et soyeuses. Dans leurs regards, elle croyait lire une admiration sans borne et un émerveillement continuel. Si seulement cette innocence de l'enfance pouvait subsister à l'âge adulte, ne serait-ce que par reliquats ...

Elle sent l'arrivée de Gareth avant de l'entendre, encore trop perdue dans ses pensées sans but et sans essence. Désormais plus qu'habituée à sa façon de la serrer contre lui, elle ne doute pas un seul instant qu'il s'agit de lui et de personne d'autre, la poussant à se laisser quelque peu aller au lieu de se tendre ou, pire encore, de se retourner pour lui administrer une bonne paire de claques. Alors elle se laisse aller, oui, mais pas encore au point de se lover contre lui, comme si ... Comme si le navire à la dérive qu'elle se trouvait quelque peu être n'avait pas encore entièrement retrouvé son point d'amarrage. Cependant, ses mains retombent mollement à ses côtés, alors que ses doigts cessent de maintenir leur prise sur les feuillets qu'ils maintenaient jusqu'alors ensembles. Comme des feuilles qui auraient chu au vent, les feuillets s'égrainent un à un en direction du sol, sans que Megara ne réagisse réellement, bien trop ... Bien trop plongée dans ce que les paroles de son époux éveille et réveille en elle. Dans ce flot d'émotions et de sentiments contradictoires. Dans cette farandole de réactions instinctives et de promesses de maturités, qui entrent en collision les unes avec les autres. Finalement, sans doute fait-elle le lien entre Gareth et elle, quand l'une de ses mains remonte d'elle-même en direction de sa taille, s'aposant sur l'une de celles de son époux, jusqu'à entrelacer leurs doigts du mieux qu'elle pouvait, alors que son dos s'adosse un peu plus contre le torse du jeune homme. Et face à ses excuses, elle desserre enfin les dents. ❧ Ce n'est rien ... Je suis à peine coiffée et habillée, rien que tu ne viennes ruiner ... ❧ Elle la sent, maintenant, cette humidité qui, effectivement, s'infiltre quelque peu sur le tissu de sa robe à manches amples, et qui se colle sur sa longue chevelure blonde. Déglutissant finalement un peu mieux, la jeune femme ne peut s'empêcher de fermer les yeux et de se mordre les lèvres. Fort, si fort. Pour ne pas hurler. Pour ne pas pleurer. ❧ Tout le royaume pleure son Roi, et moi ... Moi je pleure mon père. Je crois que j'ai toujours su qu'un jour, j'aurais un autre roi que lui. Que ce soit parce que j'aurais épousé un prince d'une contrée étrangère, ou parce que Lyman aurait pris le relai, après que Père se soit éteint de sa belle mort, dans son lit, les cheveux grisonnants et entourés de ses petits-enfants, déjà adulte. Alors, le perdre en tant que roi, pour moi, c'est ... Ce n'est rien, comparé à le perdre en tant que père. Et ce qui rend tout encore plus douloureux, c'est que sa mort n'a rien de naturel. On l'a assassiné. ❧ Elle frissonne, Megara, rien qu'à ses simples morts. Elle frissonne car elle sait qu'elle ne dramatise pas la situation. Doucement, alors, elle se retourne en direction de son époux, même si ce geste semble tant lui coûter physiquement, épuisée qu'elle est, moralement. ❧ Je n'étais pas là ... Je ... J'étais loin du Roc, loin de lui, et ... Par les Sept, a-t-il seulement compris que si j'avais pu ... Si j'avais su ... ❧ Elle ne lui reproche rien, à Gareth. Elle expose juste ce qui la ronge et la consume. Tout comme elle se sent honteuse, terriblement honteuse, en se souvenant que la nuit où la terrible nouvelle leur était parvenue, elle s'était offerte à Gareth, encore et encore, comme si ... Comme si le sexe était un refuge sain et viable, acceptable et tout à fait approprié compte tenu de la situation. Le pire étant qu'elle ne savait trop si tout ceci émanait entièrement d'elle, ou si c'était à mettre au compte de son mal. Ou s'il s'agissait d'un mélange des deux.


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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 23 Fév - 13:42

J’aurais préféré qu’elle soit trop occupée, qu’elle papillonne à droite et à gauche avec les enfants. Qu’elle soit… pleine de vie, comme elle a pu l’être à de nombreuses reprises depuis que je la connais. Mais la voir ainsi, perdue dans ses pensées, me fait bien plus de peine que je l’aurais cru possible. C’est la première fois qu’elle se montre aussi démunie depuis l’annonce de la mort de Loren. Je ne compte pas la nuit qui a suivi, où elle s’est perdue dans mes bras autant que je me suis perdu dans les siens, comme pour essayer d’oublier tout ce qui n’était pas nous, nous raccrochant l’un à l’autre plus que jamais. Et je sais qu’elle essaie d’être aussi forte que possible depuis que c’est arrivé, depuis que nous sommes rentrés. Mais que la perte de son père la touche tellement qu’il n’y aurait pas de mots assez forts pour le décrire.

J’essaie pourtant, de lui dire ce qu’il en est pour moi. Même si je ne pourrais jamais ressentir ce qu’elle peut éprouver en cet instant. Tout comme pour Nyméria, je suis, d’une certaine façon, moins légitime qu’eux à pleurer Loren. Mais c’est tout autant pour lui rappeler ma présence que pour ne pas laisser le silence s’installer trop longtemps dans cette pièce. A sa remarque, quand je m’excuse, je me contente de serrer ses doigts un peu plus fort avant d’embrasser sa longue chevelure blonde. Celle avec laquelle il m’est arrivé de jouer à plus d’une reprise, mes mains se perdant entre ses mèches lorsque nous sommes tous les deux. « J’aime bien quand tu as les cheveux lâchés comme ça, surtout que je suis le seul à te voir comme ça. » J’ai parlé dans un murmure, plus par automatisme qu’autre chose.

J’ai un temps alors qu’elle recommence à parler, retenant un soupir quand je réalise que, pour la première fois depuis que nous avons appris ce qui s’est passé, elle arrive à parler. « Tu sais que tu as le droit de pleurer ton père Meg, n’est-ce pas ? Que ce soit ici ou ailleurs, c’est normal d’être touchée, d’être triste. J’aurais aimé aussi… que ça n’arrive pas avant de longues années. Que nos enfants aient un grand-père. » Et ils n’en auront aucun maintenant. A cette pensée, mon coeur se serre un peu plus alors que je me sens plus orphelin que jamais. Peu m’importe que le royaume ait perdu son Roi en cet instant. C’est Loren qui me manque. Et c’est difficile de le dire à haute voix.

Cette fois, je ne retiens pas mon soupir quand elle rappelle qu’il a été assassiné. A la sentir frissonner, je la serre un peu plus contre moi avant de froncer les sourcils, réalisant qu’en était trempé de la sorte, je risque plus d’aggraver les choses que de les arranger. Sans un mot, je retire mon pourpoint et ma chemise mouillée avant d’attraper la couverture repliée sur le fauteuil pour nous entourer tous les deux et nous entraîner au sol, devant la cheminée. « Il savait Meg. Evidemment qu’il savait. Tout comme tu savais à quel point il t’aimait. » Je l’embrasse doucement sur l’épaule avant de reprendre, toujours d’une voix douce. « Tu peux pleurer ton père ici mon amour. Tu auras suffisamment à garder la tête haute pour le Roi que nous avons perdu une fois dehors. » Je laisse glisser une main dans ses cheveux et je continue. « Je me souviens de la façon dont il parlait de toi. Son joyau sur lequel il veillait farouchement. Si autant ta mère est intimidante, lorsque cela te concernait, c’était plutôt à lui que j’aurais dû rendre des comptes si je te blessais. » Tout ce que je veux, c’est qu’elle oublie, l’espace d’un instant, qu’elle est la fille du Roi, que c’est le monarque qui est mort. Qu’elle se rappelle qu’ici, elle peut être Meg, tout simplement, la jeune femme qui a perdu ce père qu’elle aimait plus que tout.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 26 Fév - 0:25

Était-elle réellement surprise d'entendre Gareth lui confirmer son appréciation concernant sa coiffure actuelle ? D'un point de vue purement masculin, sans doute devait-il trouver que les femmes passaient par bien des phases compliquées, le matin, au moment de se coiffer, car cela durait longtemps, que c'était élaboré, travaillé, recommencé jusqu'à ce que ce soit parfait, là où, le concernant, un coup de peigne et c'était fait. Pour Megara, cela n'avait pourtant jamais relevé du fardeau, parce qu'elle aimait ça, qu'on la coiffe, qu'on prenne soin d'elle, et puis, cela constituait des instants de détente, d'échanges, là où, nombre de fois, elle avait pu s'entendre compter les histoires du personnel de la domesticité du Roc, de la bouche de ses chambrières. Il y avait aussi parfois l'évocation des petits secrets d’alcôve de la Cour, ainsi que des dernières rumeurs, dès lors que les doigts qui s'agitaient dans ses cheveux étaient ceux de l'une de ses demoiselles de compagnie. ❧ C'est que je ne suis pas censée être aussi peu apprêtée. Je suppose que la complexité de la coiffure d'une dame se doit de souligner son prestige, de part le temps que cela prend de la réaliser. ❧ Elle ne fait qu'évoquer un constat des plus détachés, là où sa voix a quelques difficultés à s'imprégner d'un réel ton affecté. Avant qu'elle ne ferme les yeux et inspire une grande bouffée d'air, lui faisait respirer tout autant les effluves du bois qui se consume dans la cheminée que l'odeur toute masculine de son époux. Un époux qui tient peut-être un peu du chien mouillé, quand même, à cet instant précis. ❧ Ils auront tout de même besoin d'être démêler ce soir, je suppose ... ❧ Était-ce une invitation ? A moins qu'il ne s'agisse une fois de plus d'une constatation. Elle voulait bien faire, toujours, Megara. Surtout depuis que ce mal infâme s'était abattu sur ses épaules. C'était comme si elle voulait absolument compenser face à cette tare pourtant méconnue de tous ou presque. Publiquement, cela renvoyait peut-être d'elle une image encore plus appréciée, mais en dedans, elle savait que tout ceci ne faisait partie que d'une vaste mascarade. Mais tout n'était-il pas, dans le fond, un jeu de dupes où chacun avançait masqué et costumé ? Si le cynisme n'était pas de ses qualités, elle savait qu'il pouvait la consumer, dans ces phases où elle se sentait dérivée, prise à partie et enserrée dans des évènements qui la dépassaient mais qui s'abattaient malgré tout sur elle. ❧ Je ... Je n'en sais rien Gareth. C'est la première fois que cela m'arrive, je ... ❧ L'émotion lui étreint la voix, face à cette réalisation qui s'est imposée d'elle-même dans sa bouche. Oui, elle n'a jamais connu pareille situation, n'étant pas encore née quand son grand-père paternel s'en était allé. Et comme elle n'avait qu'un seul père, et bien ...

Et bien, ça y était, c'était fini. Loren s'était éteint. Il n'y avait aucun retour en arrière possible. Et elle savait que cette perte ne pouvait être comparée à celle représentée par le trépas de Nymeria. Là, en tant que sœur, elle savait qu'elle pouvait s'exprimer, mais en tant que fille ... ❧ Pour tous, ils étaient le Roi ... ❧ Elle a la sensation de ne plus rien peser, tout autant qu'elle se sent lourde, si lourde. Le résultat, c'est qu'elle n'a qu'une appréciation viciée du sol sous ses pieds, incertaine de savoir s'il pouvait la porter ou s'il n'allait pas se dérober sous ses pieds. Car une autre réalisation s'impose à ses yeux, cette fois-ci énoncée par Gareth lui-même : les jumeaux n'avaient plus de grand-pères. C'était fini, ils s'en étaient tous deux allés, et personne ne pourrait les remplacer. Un instant, en sentant son époux s'éloigner, elle craint de l'avoir offensé, ou plutôt de l'avoir trop peiné. Ou de le placer dans une position incertaine, là où elle le poussait à bout sans lui permettre de savoir quoi dire et quoi faire. Alors elle se retourne, les yeux quelque peu écarquillés d'une lueur incertaine, avant qu'elle ne relâche un soupir qu'elle réalise brusquement avoir retenu. Elle l'observe, son mari, débarrassé de son pourpoint et de sa chemise, torse nu. Et elle le laisse les entraîner vers le sol et les envelopper dans cette couverture duveteuse et rassurante. Comme un cocon sûr et protecteur, pour les deux papillons amochés qu'ils doivent sûrement être. Arrangeant au mieux sa chevelure pour leur sied l'un l'autre, elle se laisse aller contre ce torse réconfortant et cette chaleur corporelle enveloppante, non sans fermer les yeux en les sentant la piquer. Oh que oui, son père l'aimait, elle n'en avait jamais douté. Cela lui avait d'ailleurs parfois été reproché, à Loren, que d'aimer ses enfants. Ou plutôt avait-on pu lui reprocher de ne pas en faire mystère, d'être trop ouvert et avenant sur la question, quitte à manquer des réunions du conseil, à en décaler certaines pour être avec ses enfants, ou à en mener d'autres avec l'un des lionceaux du Roc assis sur ses genoux ou endormi dans un berceau à ses côtés. Alors, évidemment, cela rendait le deuil encore plus douloureux. Car Megara savait qu'elle perdait infiniment. Un hoquet de douleur se fraie alors un chemin jusqu'à ses lèvres entrouvertes, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Gareth la fait pleurer, sûrement, mais elle sait que c'est uniquement parce que ses mots touchent juste, qu'il est dans le vrai, qu'il sait de quoi il parle. Il n'y a rien de mielleux ou de superficiel dans ses paroles, rien qui n'est destiné à uniquement la flatter et lui convenir pour lui faire plaisir. Il parle les mots de la vérité, prononce les paroles de la sincérité. Mais malgré tout, elle en souffre, énormément. Tournant quelque peu la tête vers son époux, alors que plusieurs mèches de ses longs cheveux glissent le long de sa poitrine, elle retient son souffle, comme elle peut, pour ne pas exploser. ❧ Il m'avait fait promettre, le jour de nos noces, de l'informer de suite si tu m'offensais, pour te rappeler que tu avais tout autant épouser la fille du Roi que celle du Lion. Ce sont ses mots, pas les miens ... ❧ D'une main délicate, elle essaie de chasser les quelques larmes qui font sans doute briller son regard avant de cascader gracieusement sur la courbe de son visage, non sans renifler quelque peu, de façon bien moins séduisante et convenable, sans doute. ❧ Je suppose que ce rôle revient désormais à Lyman, comme ... Comme tout le reste ... Il est encore si jeune ... ❧ Et pourtant, étant sa cadette, elle est encore plus jeune que lui ... Que son frère. Que le jeune nouveau Roi des Terres de l'Ouest. ❧ C'est si dur, Gareth ... Je suis désolée de devoir une fois de plus t'obliger à composer avec une épouse fragile et endeuillée, tu ne mérites pas ça. Surtout que toi aussi, tu l'as perdu. Comme tu as perdu Nymeria, et ... Et je m'en veux, terriblement. Parce qu'une partie de moi se dit qu'il a été préférable que ... Préférable que je ne sois pas là pour mon Père, afin de ne pas garder de lui l'ultime souvenir d'un homme ... D'un homme ... ❧ Elle n'ose finir sa phrase, mais la réalité est là : égoïstement, une partie d'elle préfère ne point avoir vu son père à l'instant de son trépas, ombre fané et décharné de l'homme qu'il fut.


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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 27 Fév - 17:08

Echanger avec Meg, la voir comme ça, est aussi simple que complexe. C’est surtout la situation qui veut ça. Et pourtant, nous avons déjà eu à subir un deuil, il n’y a pas si longtemps que ça. Et probablement que c’est trop pour elle. Perdre deux membres de sa famille, à des périodes si rapprochées, aussi brutalement, c’est difficile. J’en sais quelque chose. Je sais pourtant que ma lionne essaie d’être forte, de tenir bon. Parce que c’est comme ça qu’elle a été élevée et qu’elle veut braver les intempéries, une fois de plus. Alors parler de tout et de n’importe peut peut-être aider à ce qu’elle relâche la pression, pour qu’elle puisse oublier qu’elle est la Princesse, même quelques instants. Et à ses propos, je souffle, d’un ton similaire au sien. « Je ne dis pas que tu n’es pas magnifique quand tu as ces coiffures des plus complexes. D’autant que c’est amusant de retirer les épingles. Mais je te préfère comme ça. » Au naturel. Rien qu’à moi. C’est l’idée. Que je lui ai déjà répété à de nombreuses reprises quand nous sommes au lit tous les deux. « Je m’occuperais de les démêler. Je fais toujours ça avec beaucoup d’application. » Et, paradoxalement, c’est quelque chose qui me détend.

Mais dans l’immédiat, c’est elle qui m’importe. Et le fait qu’elle continue de tout faire pour ne pas tomber. Sauf qu’à la longue, cela va lui faire plus de mal que de bien. Elle le sait, nous en avons déjà parlé à la mort de Nyméria. Entendre sa voix se briser me serre le cœur mais, au moins, je sais que c’est le premier pas avant qu’elle n’accepte tout le reste. Et je souffle, d’une voix aussi douce que possible. « Moi je sais ce que ça fait. Alors je te le dis, tu as le droit d’être tout ce que tu veux. Triste, en colère, coupable et j’en passe. C’est… ton père. » Et je réalise qu’un jour, nos propres enfants seront à notre place. J’espère que cela arrivera le plus tardivement possible mais je ressens comme le besoin de leur redire à quel point je les aime, même s’ils n’en sont pas conscients dans l’immédiat et qu’ils se contenteront de babiller, comme ils le font si bien.

Je continue alors, dans un murmure. « Pour toi aussi, il était le Roi. Mais pas seulement. » Et j’ai un léger froncement de sourcils à la voir me regarder d’une façon aussi hésitant, incertaine. Difficile à déterminer ce que c’est. Peut-être parce qu’elle ne comprend pas ce que je suis en train de faire. Mais rapidement, je nous entraine tous les deux devant le feu et, à voir la façon dont elle se blottit contre moi, je gage que c’est de cela aussi dont elle avait besoin. Je respire doucement, jouant distraitement avec une de ses longues mèches de cheveux. « J’ose espérer que tu n’as pas eu besoin d’aller le voir et que je ne t’ai jamais offensée ma dame. » Je l’embrasse sur la tempe, plutôt soulagé de voir que les larmes acceptent enfin de couler. « Il est jeune oui. Et il va avoir besoin de tout notre soutien, quelles que soient les décisions qu’il prendra. Beaucoup vont attendre de le voir trébucher, voire tomber. Il nous faudra faire en sorte de tout faire pour que cela n’arrive pas. » Il faudra que nous soyons forts. Mais pas tout de suite. Nous avons quelques heures de répit avant que tout ne recommence. Et je veux qu’elle puisse souffler un peu. « Tu n’as pas à t’excuser Meg. Tu n’es pas fragile. Tu as… perdu ton père. Ce n’est pas rien. » Au reste, j’ai un léger soupir et je hoche la tête. « J’ai… pensé la même chose. Que j’étais heureux de me rappeler de l’homme fort qu’il était. De son rire qui résonnait quand il nous surprenait Lyman et moi à essayer d’écouter des conversations qui n’étaient pas de notre âge. De cette façon dont il avait de vous regarder et de vous couver des yeux. Je veux que tu gardes cette image de lui. Pas le reste. » Pas cet homme diminué dont nous avons pu entendre parler. « Parce que tu ne pourrais rien y changer. Même si tu avais été là, ça n’aurait pas infléchi l’inévitable. » Et je la serre doucement contre moi avant d’ajouter. « Et moi je pense que je mérite tout ça. Une femme qui me fait suffisamment confiance pour pleurer dans mes bras quand elle ne va pas bien. » J’ai un temps et je reprends, avec un léger rire. « Tu sais qu’il s’est presque moqué de moi quand il a compris que j’avais des… sentiments à ton égard ? Il était surpris mais ravi de me voir bafouiller et sourire comme un idiot à l’idée de te retrouver. » C’était il y a quelques mois, alors qu’elle n’avait pas encore mis nos enfants au monde. Et cette soirée reste un des meilleurs souvenirs que j’ai du Roi. Non, de Loren Lannister. Quelque chose que je n’ai à partager avec personne d’autre.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 3 Mar - 21:43

Megara en convenait bien, mais elle avait beau être curieuse, attentive et intéressée par tout un tas de choses, dans une sorte de pluralité éclectique qu'on ne lui avait jamais réellement enjointe d'abandonner, il n'en demeurait pas moins que certaines interrogations ne s'éveillaient pas en elle, du moins, pas sur certains sujets. Soit parce qu'elle n'y songeait point, bien loin de la réalité qu'ils véhiculaient, ou bien parce qu'elle n'y voyait aucun intérêt de par leur superficialité ou leur artifice. Dans le cas de sa coiffure, elle était certes coquette et appréciait être à son avantage, encore une fois parce qu'en tant que Princesse, il valait grandement mieux faire envie que pitié, mais elle ne s'interrogeait pas chaque matin, devant sa coiffeuse, quant à savoir si elle se serait plus jolie les cheveux attachés, coiffés, ou détachés. Et il y avait sans doute bon nombre de sujets bien plus importants et cruciaux que celui là ! Il n'en demeurait pas moins qu'il était évidemment toujours agréable d'être complimentée, surtout quand la flatterie émanait de son époux, un être qu'elle ne catégorisait absolument pas parmi les profiteurs ou les vils flatteurs dont la langue ne se faisait mielleuse que pour chercher à entrer dans ses grâces ou pour obtenir quelque chose. Même si elle savait tout de même qu'il savait plus que bien user de ses mots, de son regard et de son sourire pour la convaincre à franchir certaines des réticences qui étaient les siennes, comme le fait de lui faire confiance sans retenue, et d'accepter de prendre le risque de sortir de ses appartements pour ne pas éternellement s'y réfugier comme si le monde s'entredévorait de l'autre côté de leurs portes. ❧ Il est surtout divertissant de te voir froncer les sourcils parce que certaines t'échappent encore, au moment de les retirer, et que le compte n'y est pas ... ❧ Retrouvait-elle un brin de sourire ? Sans doute un peu, même si, dans les faits, ce sourire fut bien mince sur ses lippes, et qu'une faible lueur éclaira légèrement son regard, loin de ce dont elle pouvait habituellement être capable. Mais la situation présente n'ayant rien d'habituel, pouvait-on réellement lui en faire reproche ? Cependant, intérieurement, une petite flamme s'éveillait tout de même au milieu de cet abysse plutôt noir, rien qu'en songeant au fait de se savoir quelque peu apaisée, aimée et choyée, quand ce soir, Gareth se saisirait de la brosse et du peigne pour se faire appliqué et perfectionniste. Une flammèche qui fut presque entièrement balayée par l'ouragan que représentait de nouveau la terrible vérité énoncée par Gareth : lui aussi avait perdu son père. Il ne s'agissait donc pas pour lui de la rassurer en lui disant ce qu'il pensait qu'elle voulait entendre. Il exposait simplement la cruelle réalité telle qu'elle était. Et elle s'en voulut alors terriblement, Megara, que de l'avoir un peu oublié, un instant. ❧ Je suis désolée Gareth ... ❧ La jeune femme avait déjà présenté ses condoléances à Gareth, bien évidemment, n'ayant certainement pas attendu tant de mois pour le faire, surtout parce qu'elle était bien trop dans l'empathie, surtout avec ses proches, pour se faire sans cœur et égoïste. Du moins l'espérait-elle ... Et si elle s'en doutait plus qu'elle ne le savait, pour être encore novice dans cette position d'orpheline, elle espérait ne pas se tromper en pensant que ce deuil si particulier s'était sans doute plus que ravivé pour Gareth, avec la mort de Loren. Comme un rappel à l'ordre, sans doute, dont il se passerait probablement ?

Si un autre que Gareth l'avait rejointe maintenant, sans doute lui aurait-elle demandé de partir, ayant besoin de temps pour digérer la perte de son père, et préférant sans doute cette position de facilité, pour l'instant, en se terrant presque dans ses appartements. Mais sans doute Lyman, Jordane ou même peut-être Jeyne auraient-ils pu, eux aussi, faire figure d'exception, tout comme Gareth. De toute façon, la question ne se posait pas, puisqu'il s'agissait de lui et de nul autre. Même si cela ne changeait rien au fait qu'elle ressentait tout de même le besoin de prendre le temps de faire son deuil. Un deuil si colossal qu'elle avait bien peur qu'il ne la dévore en l'aspirant dans un précipice sans fin. Du moins était-ce là sa crainte, car elle savait qu'elle ne voulait pas réellement se laisser faire. Les jumeaux avaient besoin d'elle. Lyman avait besoin d'elle. Et Gareth aussi, très probablement. Car là où Cadwyn et Tybalt étaient trop jeunes pour réaliser ce qui se passait, Lyman et Gareth, eux, venaient de perdre Loren tout autant qu'elle ... Et sans vouloir se donner plus de valeur qu'elle n'en avait, elle supposait que sa perte à elle aussi, en un laps de temps si court après la disparition de Nymeria puis celle de Loren, représenterait un coup de massue supplémentaire qui ne pourrait que laisser de terribles traces. ❧ Pas seulement, oui ... Enfant, j'étais bien consciente qu'il était le Roi, et j'en étais si fière ... Mais quand je posais les yeux sur lui, je voyais mon père, avant tout. Un père avec une couronne sur la tête, mais un père avant tout. ❧ Elle ne pouvait nullement dissocier, aujourd'hui, ces deux facettes, celle du père et celle du roi, et n'avait sans doute jamais pu et su le faire. Elle était née Princesse alors qu'il était déjà Roi, et ne l'avait donc jamais connu avant son ascension au trône. Alors, évidemment, les deux facettes étaient liés, même si, aujourd'hui, sans doute devait-elle accepter le fait que ça ne soit plus le cas. Désormais, le Roi, c'était Lyman ... Une réalité qui s'ancrait en elle à chaque fois qu'elle lui revenait en pleine figure. De quoi la pousser à ne pas vouloir sortir de cette étreinte présente, là, tout contre son mari. ❧ En fait si, je suis allée le voir ... Pour lui demander que plus jamais il ne t'envoie si loin de moi aussi longtemps. J'étais enceinte et ... Et tu me manquais. Et j'avais peur. A raison, d'ailleurs, puisque tu es tout de même rentré blessé. ❧ A cet instant là, sans doute la fille qu'elle était avait pris des accents princiers, bien que Loren n'avait pu lui promettre qu'il n'aurait plus jamais besoin de Gareth de façon aussi primordiale et prioritaire. Ce qu'elle n'avait pas forcément entièrement voulu accepter ... Devrait-elle, aujourd'hui, tenter le risque d'en faire de nouveau la demande, même si, cette fois-ci, ce serait une sœur face à son frère, mais toujours une princesse face à son roi ? Et son cœur s'emballe quelque peu quand Gareth évoque la très grande probabilité que certains ne veuillent pas que du bien au nouveau roi qu'était Lyman. Si elle devait le perdre, lui aussi ... Sans doute son visage pâlit-il soudainement. De quoi la pousser à s'agripper à son époux, à cette jambe sur laquelle est posée sa main libre. Elle se savait munie d'une force habituelle pour une femme, mais n'était pas sans savoir qu'elle avait surtout des ongles ... Des ongles savamment entretenus, et qui n'avaient pas à être coupés courts pour la commodité du maniement de l'épée ou de la bride équine ... Mais un sanglot la parcourt, la faisant hoqueter, alors que Gareth ne fait pourtant qu'énoncer de nouveau les mêmes faits : elle venait de perdre son père. Et son époux a beau ramener à la surface des souvenirs agréables et chaleureux, les mots ne peuvent s'empêcher de s'étouffer et de se bousculer dans la bouche de Megara. ❧ Mais je me dis que ... Je me dis que ça aurait quand même pu ... Que ça aurait quand même pu faire qu'il sache ... Qu'il sache que je l'aimais, et qu'il n'était pas seul, et que je ne l'avais pas abandonné ... ❧ Quant à savoir si, lui, Gareth Kenning, il méritait tout ça ... ❧ Je ... Je n'ai que toi pour pouvoir pleurer sans être sermonnée ou ... Ou sans enfreindre le protocole de l'étiquette, et sans inquiéter Lyman alors qu'il n'a pas besoin de ça, surtout pas ... Je ... Je dois être forte et stable, quand je suis en sa présence, et ... Et je suis si bien dans tes bras, aussi ... ❧ Une nouvelle fois, avec un certain empressement un peu agacé par ces larmes qui continuent de couler, la jeune femme cherche à faire place nette sur ses joues, tout en reniflant de plus bel, la poussant à froncer le bout du nez, mécontente de la laideur du bruit émis. Mais finalement, sa gracieuse main retombe quelque peu, échouant le long du torse de son époux, toute surprise qu'elle est de la confession qu'il lui offre. Toute surprise et un peu déstabilisée, aussi. ❧ C'est vrai ? Je ... Il aimait taquiner les gens, comme lorsque je lui ai dis, dépitée, que je n'arrivais plus à boire de jus de grenade à cause de ma grossesse. Il a prétendu que c'était là la fin de l'arboriculture des grenadiers et que cela allait constitué une grande perte économique pour le Royaume ... ❧ Un hoquet de rire la secoue alors que l'image de son père, goguenard et moqueur, lui saute au visage. ❧ J'aime bien te voir sourire comme un idiot, moi aussi. Je dois sans doute tenir ça de lui. ❧ Un instant, son regard frise d'une lueur malicieuse, avant qu'elle ne ferme les yeux en nichant son nez dans le cou de son époux.


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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 1 Avr - 16:35

Parler de ses cheveux a quelque chose d’improbable. Mais au fond, je préfère m’y raccrocher que de devoir affronter la réalité de son état ou, plutôt, cela me permet de gagner un peu de temps avant d’entre dans le vif du sujet. Je sais que c’est difficile pour lui, très difficile. Que la Princesse et la jeune femme sont en opposition sur la façon dont elle doit réagir. Et qu’elle a beau être forte, bien plus forte qu’elle le pense, elle va finir par s’écrouler. Ce que je veux à tout prix éviter, parce que je ne sais pas comment elle réussirait à se relever après tout cela. En attendant, j’essaie de sourire, de me focaliser que quelque chose de léger, comme si j’espérais que ça la protégerait un peu plus. « Disons que je me souviens avoir eu à supporter la rencontre avec une de ces épingles une fois dans notre lit. Et je ne peux pas classifier cette expérience comme un bon souvenir. » Je suis soulagé de voir qu’elle est encore capable de sourire, même si c’est bien loin de ce que je peux voir habituellement.

Je retiens un soupir au reste, quand elle me dit qu’elle est désolée. « Ce n’était pas le but Meg. De te faire dire cela. C’était plus pour… que tu te souviennes que tu n’es pas seule, que je ne te ferais pas l’affront de te dire que je comprends exactement ce que tu peux ressentir mais que je sais aussi ce que ça peut faire. Que je peux t’entendre et que je sais qu’aucun mot n’est assez fort pour traduire ce trou béant que peut provoquer une telle nouvelle. » Même si j’aurais aimé ne pas savoir que ce trou ne se referme jamais, que la blessure peut être ravivée de la pire des façons. J’avais déjà perdu un père, voilà que j’en perds un deuxième d’une certaine façon. Au moins, j’ai le sentiment d’être légitime à le pleurer cette fois, même si je me garde bien de montrer quoi que ce soit en public.

Et je la serre doucement contre moi, effleurant son épaule de mes lèvres alors qu’elle reprend la parole. « Etre Roi était une part de lui. Comme être père. Même si je suis à peu près sûr qu’à choisir, il aurait laissé sa couronne pour veiller sur vous sans hésiter. Vous étiez ce qu’il chérissait le plus. » Je serais bien incapable de dire s’il a été un bon père ou non, n’ayant pas vraiment eu l’occasion de suivre sa façon de faire avec ses filles notamment. Mais, au vu de la tristesse que Meg peut ressentir, je me dis que j’aimerais que mes enfants m’aiment comme elle a pu l’aimer. Mes doigts se mêlent aux siens alors qu’elle continue et je me fige avant de finir par souffler un rire contre sa peau. « Tu as fait ça ? Je t’ai vraiment manqué ? En tout cas, tu as eu gain de cause. Je suis revenu. Et je ne repartirais que s’il n’y a pas d’autres possibilités. Je n’ai pas envie d’être loin de toi Meg. Je déteste ça. » Et pas seulement parce que je ne sais pas ce qu’elle peut faire ou avec qui. A dire vrai, je m’en moque, n’étant pas des plus respectables dans ces moments-là. Mais la vie que je mène avec Meg est précieuse. Et je ne veux pas avoir à partir loin, à ne pas la voir des jours durant, à ne pas pouvoir la prendre dans mes bras.

Je n’aurais probablement pas dû parler de Lyman. Mais quelque part, cela permet de faire céder la dernière barrière qui l’empêchait ce qui, au final, c’est peut-être pas la pire des choses. Alors je la laisse pleurer, s’agripper à moi, me contentant de la serrer plus fort contre moi. « Tu crois vraiment qu’il pourrait avoir douté, même un seul instant, à quel point tu l’aimais ? Sa plus grande joie était de voir ses enfants heureux. Il a pu connaître ses petits enfants et vous voir épanouis Lyman et toi. Il n’était pas seul, grâce à l’amour que vous aviez pour lui, quelle que soit la façon dont vous l’exprimiez. » Je lève une main pour essuyer une larme avant d’esquisser un sourire. « Tu seras toujours à ta place dans mes bras. Et oui, nous devons être forts pour Lyman, il en a besoin. Cela ne nous empêche pas de l’être un peu moins quand nous sommes tous les deux non ? » Et c’est rassurant, de savoir que j’ai cette petite bulle où je peux être moi-même, où je n’ai pas à respecter le protocole, où la vie peut être suspendue pendant quelques instants, aussi courts soient-ils.

Si j’ai un frisson quand sa main effleure mon torse, je continue, d’une voix douce. « Tu vois, c’est de cela que nous devons nous rappeler. C’est ce que nous devons chérir. Cultiver. Son regard mutin à nous voir tomber amoureux sans nous en rendre compte. La façon dont il jouait avec les jumeaux. Nous devons tout garder, nous souvenir. Pour pouvoir leur raconter. Pour que jamais il ne soit oublié. Il a fait tellement lorsque j’étais enfant que j’ai parfois du mal à me rappeler de tout. Mais oui, jamais il n’a été aussi effrayant que lorsqu’il m’a dit que je devrais prendre garde à moi si jamais je te blessais. Et je plains les pauvres cultivateurs de grenades. Ils ont dû être terrorisés. » Mes bras passent de nouveau autour de ma femme et je laisse filer mes doigts sur sa peau, alors que je suis secoué d’un rire silencieux. « Ma dame, vous aimez donc voir votre époux avec un air idiot ? Tu sais que cela arrive un peu trop souvent, surtout lorsque cela te concerne. Et tu tiens bien des choses de lui, tu ne dois pas l’oublier non plus. » Finalement, ma main glisse sur sa nuque quand elle vient se cacher contre moi. La douleur est toujours là, vivace, présente. Mais j’espère qu’elle saura la surmonter.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 10 Avr - 0:05

Il était très étrange de se laisser aller à de telles futilités alors que l'heure était plus que grave et que les convenances exigeaient sans doute de se faire bien peu superficielle et dissipée. Il en allait de l'image du Royaume, et plus fortement, de l'image de la Couronne. Mais Gareth ne devait que peu faire cas des convenances, comme à son habitude, tout autant aujourd'hui qu'hier. Et mis à part lui, et les jumeaux, assoupis, personne d'autre ne se trouvait dans la même pièce que Megara. Sans doute, alors, pouvait-elle se permettre cette entorse aux convenances. ❧ Tu veux dire qu'il t'est peu agréable de te contorsionner en tout sens à cause d'une rencontre désagréable entre ton fessier et l'une de mes épingles à cheveux ? Voilà qui me désarçonne totalement ... ❧ Elle-même s'était bien sûr déjà piqué les doigts avec l'une de ces fameuses épingles, mais il ne lui était encore jamais venu l'idée saugrenue de s'asseoir dessus, l'épargnant ainsi d'une infamante rencontre de ce type là. Mais bien évidemment, tout n'avait jamais qu'un temps, même le fait de songer au fessier de plus galbé de son époux. Car la réalité savait exercer cette emprise qui vous ramenait les deux pieds sur terre, et ce parfois de façon brutale. En occurrence, le rappel à l'ordre venait saisir Megara en plein cœur et par la gorge, c'était le trépas passé de son beau-père, feu Lord Kenning. Mais loin de la faire culpabiliser, et lui assurant de ses bons sentiments, son époux lui ouvrait un champ de compréhension qu'elle ne pouvait réfuter. Il avait raison, sans doute chaque mort était-elle différente, loin de pouvoir se mêler à un grand comparatif confus et fourre-tout, mais il n'en demeurait pas moins que, désormais, ils étaient tous deux orphelin de père. Là où Gareth avait également de surcroit perdu sa mère ... ❧ Je suis tout de même désolée Gareth ... Que tu doives revivre une telle épreuve, d'une certaine façon. Tu ne le mérites pas. ❧ L'observant en plongeant son regard dans le propre sien, elle cherchait à faire passer dans ces yeux cette myriade d'émotions et d'informations dont elle voulait qu'il soit conscient, là où toute parole lui semblait incapable de se faire le reflet le plus juste de ce qu'elle ressentait et pensait.

Et une fois encore, les paroles de Gareth ne pouvait que raviver en elle et chez elle un flot de souvenirs venant corroborer une réalité des plus justes : Loren n'avait pas seulement été Roi, il avait été Père, aussi. Et sans doute pouvait-on lui reprocher nombre de choses, mais absolument pas d'avoir délaissé ses enfants au profit de ses responsabilités politiques. Tout, peut-être, mais pas ça. Pas ce reproche là. Et si Megara ne pouvait point comparer par rapport à une situation qu'elle n'avait pas vécu, elle se disait que sans doute tout ceci rendait-il la disparition de Loren encore plus douloureuse pour elle. Car elle n'était pas seulement en deuil d'un roi qui se révélait avoir été son père. Elle pleurait un père qui avait été roi. Il y avait une somme d'intimité et de proximité entre elle et lui, et elle ne pouvait donc pas entièrement se résoudre à accepter la situation. Car un roi, de façon brute et terre à terre, cela se remplace, là où le pouvoir royal jamais ne se meurt ni ne s'achève, se poursuivant dès le trépas d'un roi par la montée sur le trône de son héritier, sans interruption du pouvoir. Mais un père ... Qui peut se targuer de dire qu'un père que l'on a aimé, adoré et adulé, cela peut se remplacer ? ❧ Je ... Je le sais ... ❧ L'émotion lui entravait la gorge, la poussant à devoir déglutir quelque peu douloureusement pour pouvoir se reprendre. ❧ Il me laissait essayer sa couronne, et la toucher, quand j'étais petite. Je me souviens de m'être effrayée de son poids, et ... Et il m'a assurée qu'elle ne pesait jamais plus rien quand il était en notre compagnie, à Lyman, Nymeria et moi. Mais en grandissant ... En grandissant, je crois qu'elle ne pesait jamais aussi lourd que lorsqu'il nous voyait, car il devait bien sentir le poids de ses responsabilités, de l'intime raison pour laquelle il devait préserver et protéger le Royaume. J'ose croire que nous étions cette intime raison ... ❧ Et puis, Megara frissonne de ce rire contre sa peau, de ce souffle qui vient taquiner son épiderme. Mais ce sont de bons frissons, de ceux qui ressemblent tant à ces frissons qui lui courent tout le long du corps quand Gareth et elle ont fait fis de leurs habits, et que ... Plongeant de nouveau ses yeux dans le regard de son époux, elle se fait des plus franches et crédules, sans doute. ❧ Bien sûr que tu me manquais, même si Mère estimait que je ne devais pas m'en épancher dans mes courriers. J'étais enceinte, effrayée, bouleversée par tous ces changements qui survenaient en moi, et tu n'étais pas là. Tu étais au loin, tu risquais ta vie, et ... Et j'avais tant besoin de toi, oui. ❧ Elle frotte son nez contre le poitrail de son mari, en laissant échapper un soupir et en priant de toutes ces forces pour que, plus jamais, il ne soit envoyé loin d'elle. C'était égoïste et sans doute possessif, mais elle n'en sentait pas encore la brûlure du remord contre sa peau. ❧ Je déteste ça moi aussi ... C'est en partie pour ça que j'ai accepté de t'accompagner chez Lord William Potter d'ailleurs. En tout cas ... En tout cas, Père a eu peur de moi, ce jour là, je crois. Il m'a regardé avec des yeux ronds, et je n'ai même pas balbutié, ni rougi, ni pleuré. Peut-être qu'il a craint que malheur ne m'arrive s'il me contrariait, je n'en sais rien. ❧ C'était là une image si peu habituelle, pour elle, que sans doute son esprit la garderait-il pour toujours en mémoire.

Et lorsqu'elle se met à pleurer, de nouveau, c'est son père qu'elle a en mémoire. Ce père qui l'avait réconfortée, un jour, alors l'un des chiens de chasse était rentré blessé et qu'on avait dû abréger ses souffrances. Loren l'avait prise sur ses genoux et lui avait assuré qu'elle avait le droit de pleurer, qu'il fallait pleurer si l'on en avait envie, même si c'était dans sa chambre, ou le nez enfoncé dans son oreiller, parce que pleurer aidait à se laver de la tristesse. Aujourd'hui ... Aujourd'hui, tant de choses se confondaient dans la mémoire et l'esprit de la jeune femme. ❧ Je ne peux m'enlever de la tête la certitude que le dernier visage qu'il a dû voir n'était en rien l'un des nôtres, et ça ... Ça, cela me fait tant souffrir ... Et puis, il y a Grand-Mère Arcissia, aussi. Elle est devenue veuve très jeune, a enterré ses filles, et maintenant, elle doit aussi dire au revoir à son fils. C'est terriblement injuste ! Est-ce que Martyn devra lui aussi devenir roi très jeune, parce que Lyman sera ... ❧ Non, elle ne pouvait pas dire cela. Elle n'y arrivait pas, alors qu'elle avait la sensation qu'on lui broyait le cœur et qu'on lui tordait le cou. ❧ C'est si épuisant d'être forte Gareth ... ❧ De nouveau, elle se niche et se love tout contre son époux, non sans resserrer leur étreinte et laisser ses lèvres murmurer des psaumes muets contre le torse du jeune homme. Avant qu'elle ne redresse quelque peu la tête face à cette certaine stupéfaction qui s’empare d'elle aux paroles de son époux. ❧ Il ne m'a jamais expliqué son tour de passe-passe préféré, quand il faisait apparaître des pièces d'or dans sa main pour me les donner ... Tu sais comment il faisait, toi ? ❧ Son regard replonge un instant en enfance, comme tout son corps, avant qu'elle ne se reprenne. Avant qu'elle ne se reprenne et ne décoche une petite tape sur le torse de Gareth. ❧ C'est très mal de rire à mes dépends ... ❧ Mais un infime sourire étire l'un des coins supérieurs de ses lèvres, face au soit disant sort de ces cultivateurs de grenades. ❧ Bien sûr que j'apprécie ton air idiot ... Cela me donne la sensation d'exercer une sorte de pouvoir sur toi, même si je sais très bien qu'en vrai, tu obéiras surtout toujours à des instincts un peu impertinents et mutins. Mais je suppose qu'il n'y a rien de mal à rêver de temps à autre ... ❧ Son nez se languit quelque peu dans le cou de Gareth, alors que, paupières closes, Megara se sent tout à la fois au bord d'un gouffre de désarroi et de tristesse abyssale qu'au pied d'une cascade de joie et d'amour. Tu es une lionne ma fille, ne l'oublie jamais ... Elle relève les yeux vers son époux, avant de déposer un doux baiser au coin de ses lèvres.


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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 3 Mai - 19:19

Je sais bien que le sujet de conversation sur lequel nous nous jetons tous les deux n’est là que pour nous donner un peu de répit avant que tout ne soit plus sérieux. Et puis, la voir sourire n’a pas de prix, surtout avec tout ce que nous venons de vivre. Si je pouvais stopper le temps en cet instant, alors qu’elle me fixe avec ce sourire, je le ferais. Ne serait-ce que pour éviter de la voir de nouveau triste. Alors, forcément, j’entre dans son jeu et je souffle, avec ce sourire qu’elle aime tant. « Je dois l’avouer malheureusement. Mon fessier est plus fragile que tu ne le pensais ? » Cette phrase pourrait grandement prêter à confusion mais je sais qu’elle risque d’en rougir, ce qui n’est pas pour me déplaire. « Enfin, j’aime que tu sois désarçonnée, mais tu le savais déjà n’est-ce pas ? » Malheureusement, la taquinerie ne dure guère. Parce que la réalité nous saisit toujours à la gorge, cruelle, douloureuse et impossible à oublier.

Le pire ? C’est d’avoir déjà vécu ça. D’avoir déjà perdu un père et d’en perdre un deuxième. Au moins, cette fois, je me sens presque légitime à l’idée de le pleurer. En privé en tout cas. De toute façon, Lannister ou pas, il semble que nous n’ayons pas le droit de vaciller alors que tout l’Ouest n’attend que cela. Je déglutis alors que son regard accroche le sien, sentant mon cœur se serrer et mes propres yeux s’embuer à ses propos. « Personne ne le mérite. Je ne souhaite à personne de vivre cela. Encore moins deux fois. C’est idiot hein… de l’avoir considéré comme un deuxième père. De l’avoir vu comme un modèle. Mais au moins vous… je me ne me sens pas comme un imposteur à … » Mal le vivre, être triste et j’en passe. J’ai du mal à trouver les mots mais, à voir ce qu’il y a dans ses yeux, je suis sûr qu’elle comprend.

Et je l’écoute avec attention alors qu’elle commence enfin à s’épancher un peu, même si l’émotion la submerge et l’empêche de parler autant qu’elle le voudrait, alors que les mots s’entrechoquent quelque peu. « Vous l’étiez. Je te l’ai dit, il n’y avait rien de plus important au monde que vous, c’était évident. Et j’ai beau ne pas être Roi, quand je vois nos enfants, quand je te vois toi, je serais que je serais prêt à tout pour vous préserver. Alors je crois que nous pouvons le comprendre tous les deux, non ? Et savoir à quel point il t’aimait donc. » Tout comme nous savons tous les deux que c’est à nous désormais de tout faire pour veiller sur ce Royaume qu’il chérissait presque autant que ses enfants. Pour les nôtres. J’inspire alors longuement à entendre son rire qui me réchauffe le cœur, qui me console bien plus que tous les mots pourraient le faire. « C’est pendant cette période que j’ai réalisé à quel point j’étais attaché à toi. Et que tu me manquais. A chaque instant. » Je la serre un peu plus contre moi avant de souffler, à mi-voix. « A quel point je dois être heureux que tu aies effrayé ton père au point qu’il me fasse rester à tes côtés. En tout cas, tu sembles bien sure de toi quand tu sais ce que tu veux. Ravi d’en faire partie. » Si je l’embrasse avec douceur, j’ai un soupir silencieux alors que, de nouveau, la tristesse prend le pas sur le reste.

Mais je suppose que c’est de cette façon que le chagrin s’apaise d’une certaine façon. Que ce soit les bons souvenirs comme les mauvais. Je laisse les larmes couler, parce que c’est nécessaire, avant de poser mon pouce sur ses lèvres. « On ne peut présager de rien. Je pourrais te promettre que nous verrons Lyman devenir vieux et grisonnant et je ferais de mon mieux pour que cela arrive. Mais le fait est que ce serait te mentir et je me suis promis de ne jamais le faire. » Quand bien même cela me brise le cœur, tout comme elle. Mes mains caressent doucement sa chevelure quand elle se blottit contre moi et je reprends, d’une voix toujours aussi douce. « Je sais. Et tu n’es pas obligée de l’être tout le temps. Ici, tu peux être ce que tu veux, ne l’oublie pas. » Je la garde contre moi, refusant de la laisser s’échapper pour le moment même si elle ne donne pas le sentiment de vouloir le faire avant de lever un sourcil à son interrogation. « J’avoue, pour moi, c’était … magique. Seul Loren en était capable et personne d’autre. Peut-être que Lyman aura compris le tour, il était bien plus observateur que moi. » Et, fatalement, à la petite tape sur mon torse, je ne fais que rire de nouveau. « Oh, vraiment ? Je croyais que j’en avais le droit, que c’était une prérogative de ton époux. L’on m’aurait menti ? » Et ma main effleure de nouveau ses lèvres. « Tu sais à quel point tu es belle quand tu souris comme ça ? Et si je te disais que tu avais réellement un pouvoir sur moi, que ferais-tu de cette information ? » Au reste de ses propos, je la fixe longuement et je souffle, dans un murmure. « Je confirme, tu es une lionne Megara Lannister. Et ne laisse personne en douter. » Je lui rends son baiser avec une douceur qui laisse place à la passion que j’ai toujours pour elle, aussi vive qu’au premier jour de notre mariage.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 29 Mai - 16:18

Il fallait souffrir pour être belle. Ou tout du moins devait-on être prête à souffrir. Pas jusqu'aux larmes, quand même pas, mais tout de même un peu. Tout comme il fallait être prête à s'y consacrer régulièrement et avec application. Megara l'avait bien vu, mais, plus d'une fois, Nymeria avait pesté lorsqu'on lui brossait les cheveux, d'une part parce qu'elle estimait être assez grande pour le faire elle-même, et d'une autre parce qu'à force de courir en tout sens et de se refuser à démêler sa chevelure, cette dernière s'emmêlait. Causant évidemment désagréments et frustrations au moment de passer la brosse ou le peigne. Même lorsque c'était Megara elle-même qui s'affairait à la tâche, avec tout son doigté, sa délicatesse et sa douceur, sa cadette ne pouvait parfois s'empêcher de grimacer, de plisser les yeux, de froncer le nez ou de soupirer. Voire même un peu tout ceci à la fois. Elle-même n'avait parfois pas échapper aux désagréments douloureux. Mais elle avait toujours tenté de faire bonne figure, de ne rien montrer de sa gêne, car, elle le savait, ce n'était rien par rapport aux désagréments que les hommes, tel que son frère, pouvaient connaître de leur propre côté dans leur entraînement de tous les jours, là où, elle, bien confortablement installée dans ses appartements ... ❧ Et bien il semble visiblement que oui. Ton cuir ne s'est pas encore suffisamment endurci je suppose, tu devrais faire plus souvent monter à cheval à crue peut-être ... ❧ C'était souvent ce que lui disait son père, en tout cas, bien qu'elle n'était pas persuadée d'avoir compris toute la subtilité. Quoi qu'il en était, elle cherchait sans doute à lui répondre avec aplomb et assurance pour dissimuler le rouge qui lui montait aux joues. ❧ Oui, tu vis pour me faire arborer jusque sur mon visage les couleurs des Lannister, je le sais très bien ... ❧ Et le pire, c'était qu'il y parvenait encore aisément, malgré l'entraînement et la maîtrise de soi qu'acquérait progressivement Megara depuis le jour de leurs noces !

Loren aussi avait fortement apprécié, à maintes reprises, de faire rougir sa fille. Pas pour les mêmes raisons et pas en procédant de la même façon, mais le résultat final avait été le même. Connaissant la réelle affection qu'il portait à Gareth, Megara espérait ne pas penser à tord que son père ne prendrait absolument pas ombrage du fait que son gendre lui faisait désormais bien de l'ombre à ce sujet. Loren aimait Gareth, la jeune femme n'en doutait point, et c'était encore moins le cas lorsque son regard se plongeait dans celui de son époux. ❧ Pourquoi serait-ce idiot ? Père avait certes bien des défauts, je suppose, mais jamais aucune qui ne venait faire taire à jamais toutes ses qualités. Il était mon modèle, mon modèle et bien plus, même. Si Lyman, Nymeria et moi n'avons jamais pris ombrage de l'affection qu'il te portait, alors personne n'avait et n'a le droit de t'en faire le moindre reproche. Pas même toi. ❧ Cherchaient-ils à se rassurer l'un l'autre ? A se mettre du baume au cœur ? A se donner de la force et du courage pour surmonter la terrible épreuve qui venait tout juste de s'abattre sur eux ? Et voilà que Megara frissonne à l'idée de voir un jour Gareth prendre les armes pour les défendre, les jumeaux et elle. Une pensée effrayante, certes, mais qui faisait poindre en elle une étincelle grisante et ... palpitante ? ❧ Personne n'a le droit de s'en prendre à ma famille. Même si je serais bien incapable de manier la moindre arme, je saurais sortir les griffes. ❧ Et à ces mots, ses doigts se rétractent quelque peu contre le torse de son époux, là où chaque doigt semblait mimer des griffes, prêtes à ... ❧ Je ne veux plus que l'on soit séparés ... ❧ Leur baiser est doux, affectueux, mais sans doute également chargé d'une promesse qu'ils viennent de nouveau de sceller.

Megara recherche auprès de son époux une certitude que lui-même ne possède sans doute pas. Une promesse dont il s'ouvre ne pas pouvoir lui offrir. Et elle le comprend. Du moins, une partie d'elle, raisonnable et logique, le comprend. L'autre, sentimentale et naïve, voudrait qu'il puisse en être autrement. Parce qu'elle estime que les siens ont déjà payés un lourd tribu, et que les Sept devraient s'en estimer satisfaisait pour le moment, n'est-ce pas ? Elle, si pieuse et si croyante, voudrait tant que sa dévotion envers les Sept puisse porter ses fruits, si ce n'est pour elle, en tout cas pour ses proches. Pour Lyman, pour Gareth. Pour Jordane, pour Jeyne. Pour Martyn et pour les jumeaux, aussi, génération future qui s'éveillait mais dont les jours étaient déjà bien ternis par tous ces deuils et toutes ces pertes, sans qu'ils ne s'en rendent sans doute compte, fort heureusement pour eux. Mais il n'en demeurerait pas moins que, dans les annales du Royaume des Terres de l'Ouest, leurs premiers mois resteraient à jamais associer au trépas de leur grand-père, Loren Lannister, Roi de l'Ouest. ❧ J'ai tellement peur de m'effondrer, ici, dans tes bras, et de ne plus jamais être capable de me ressaisir suffisamment lorsque je devrais franchir le seuil des portes de nos appartements, pour affronter le monde extérieur et la Cour des courtisans ... ❧ Même si, égoïstement, elle n'aurait rien contre passer le restant de ses jours lovée ainsi tout contre son époux. Bien que cela l'empêcherait alors de pouvoir serrer tout contre elle ses fils, et ... Et l'idée était là, tout de même. Tout comme le fait de visiblement devoir s'en remettre à son frère pour percer l'un des nombreux mystères de leur père. ❧ Le Lyman d'aujourd'hui n'est plus celui de mon enfance qui me disait alors que c'était un secret entre hommes, alors qu'à bien y réfléchir, il n'avait même pas encore le moindre filet de barbe ... ❧ Et si son frère n'a jamais manqué de la taquiner, de temps à autre, Gareth non plus n'est visiblement point en reste ! ❧ Mais qui a osé te dire ça ?! ❧ Elle feint de brusquement ouvrir de grands yeux effrayés et curieux, avant d'être prise au dépourvu face aux prochaines paroles de son époux. ❧ Qu'est-ce qu... ? ... ❧ Hein ?! Elle en était à présent persuadée, Gareth avait ce don unique pour la faire virer au rouge cramoisi, battant alors à plates coutures Loren. ❧ Et bien, je ... ❧ Se raclant une demi-seconde la gorge pour se redonner de la contenance, elle tenta de déglutir au mieux. ❧ Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Tout ça ... ❧ Il a foi en elle. Il lui fait confiance, elle le ressent. Dans sa voix, dans ses gestes, dans ses paroles, dans son regard, dans la façon qu'il a de la faire chavirer tout en la serrant contre lui. Et cela l'effraie, un peu, car elle connaît cette part sombre d'elle-même, qui rejaillit sans prévenir et sur laquelle elle n'a encore que peu d'emprise. Bien que les choses lui soient plus aisées à vivre, depuis leur mariage, de par le fait qu'il savait et qu'il agissait en conséquences, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir la terrible brûlure lui fourrager les entrailles, parfois fort, si fort, qu'elle soit en sa présence ou non. Mais il lui était bien évidemment terriblement plus facile d'y céder et de s'y plonger toute entière lorsqu'ils étaient là, blottis l'un contre l'autre, et que Gareth représentait une tentation si enivrante. L'attirant tout contre elle, dans ce baiser symbole et catalyseur de tant de choses entre eux, elle fait fit du lieu, du contexte, et du fait qu'en basculant vers l'arrière, elle puisse choir de tout son long sur le parquet.


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Megara Lannister
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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 14 Juin - 15:53

J’ai toujours trouvé Megara magnifique. Même si, jusqu’à que Lyman m’annonce qu’il voulait que je l’épouse, je n’avais jamais prêté plus d’attention que cela à la jeune Lannister, une des plus belles princesses de Westeros. Elle était avant tout la sœur de Lyman et cela impliquait de ne pas poser les yeux sur elle paradoxalement. Et maintenant que j’ai pu la contempler à maintes reprises, que j’ai pu m’approcher d’elle bien plus que je l’aurais cru possible durant bien des années, je me rends compte un peu plus chaque jour à quel point elle est belle. La maternité n’a fait qu’accentuer cette beauté, lui donnant des rondeurs là où elle n’en avait pas assez à mon goût. Et malgré la fatigue, l’inquiétude et j’en passe, elle rayonne à chaque instant. Je sais, je ne suis probablement plus objectif depuis que j’ai développé des sentiments à son égard. Mais je suis tout de même certain de trouver nombre d’hommes qui la trouveraient fort à leur goût. Et si la situation actuelle ne se prête pas franchement à rire, je ne peux m’empêcher de le faire à ses propos. Un rire qui détonne avec toute la morosité ambiant depuis quelques jours, qui me rappelle à quel point, malgré le mal qui la hante, malgré ce qui me ronge depuis des semaines. « Si je monte plus souvent à cru à cheval, nos nuits risquent d’être agitées mais pas de la façon dont tu voudrais ma dame. » Je lui lance une œillade pétillante, me rappelant, l’espace d’un instant, tous ces moments où Loren aura réussi à nous faire rire avec une nostalgie teintée de soulagement. Il n’y pas que du mauvais à se retenir, même s’il est parti beaucoup trop tôt. Et il nous faut nous y raccrocher, autant que possible. « Et bien, ma foi, c’est un objectif de vie comme un autre. D’autant que je n’arrive encore pas suffisamment à mes fins. » J’effleure doucement sa joue du bout des doigts, avant que la tristesse ne reprenne sa place, comme c’est le cas depuis des jours.

Pourtant, c’est un peu différent. Pouvoir lui parler comme ça, sans fard, sans avoir à me soucier des regards qui pourraient peser autour de nous, me fait du bien. Comme je sais qu’elle est soulagée de pouvoir être elle-même dans cette pièce. « C’est idiot parce que ce n’est pas… ma place. En théorie. Beaucoup me voient comme un parvenu Meg, même si je suis d’origine noble. Je reste le cadet d’une petite famille et je ne peux pas vraiment me clamer comme ayant perdu un père de substitution avec le Roi. Je sais que vous ne pensez pas à cela, mais je sais aussi que pour d’autres, les choses sont ainsi faites, même après notre mariage. » Mais ses paroles me rassurent et je la serre contre moi l’espace d’un instant, inspirant longuement contre ses cheveux. J’aimerais ne pas me le reprocher, mais je n’y arrive pas encore tout à fait. « Range tes griffes ma dame, surtout que là, elle me font un tout autre effet que celui escompté je crois. La colère d’une mère est quelque chose de redoutable, avec ou sans arme. Je sais que tu veilles sur nous, avec toutes les armes dont tu disposes. Et il n’y a pas besoin d’épée pour faire du mal, tu le sais aussi bien que moi. » Que ce soit les mots ou autre chose, il y a toujours de quoi blesser les autres, à chaque instant. « Et je ferais tout pour que cela n’arrive pas. » Même si ce ne sera pas toujours possible, je n’accepterais de la quitter que s’il n’y a aucune autre solution. Etre loin d’elle me fait oublier ce qui compte le plus à mes yeux désormais, alors je n’ai pas envie que cela arrive. Tout comme je n’ai pas envie de savoir ce qui peut lui arriver quand je suis absent.

Elle le sait, même si je vois bien qu’elle aimerait que je lui promette monts et merveilles, que l’avenir ne m’obligera pas à partir et à la laisser. Je croise les doigts, sans en rajouter, avant de soupirer doucement contre sa peau. « Quand bien même je ne serais pas contre l’idée de te garder pour toujours dans mes bras, je sais que tu seras assez forte pour te relever Meg. Parce que je pourrais t’y aider, même si tu n’en as pas besoin. Mais tu as besoin de… craquer un peu. Que ce soit ici ou avec les garçons, peu importe. Tant que tu n’enfermes pas tes sentiments au loin. Je ne veux pas te voir devenir une femme froide simplement parce que tu as peur de ne pas pouvoir tenir bon. Tu vois ce que je veux dire ? » Je laisse filer quelques instants de silence alors qu’elle continue et qu’elle parle de Lyman à son tour. Et j’ai un sourire avant de souffler, d’un ton plus léger. « Tu devrais lui demander. Pour voir s’il te répondrait de nouveau la même chose. Tu pourrais même le faire sourire. Et oui, nous avons tous changé. Ce n’est pas une si mauvaise chose, tu ne penses pas ? » Au reste, j’ai un sourire taquin et je souffle, par pure provocation. « C’est un secret entre hommes, ou quelque chose dans ce goût-là… » Je hausse un sourcil au reste de ses réactions, la fixant un rien plus sérieux, alors qu’elle semble avoir du mal à assimiler ce que je viens de lui dire. A croire que je l’ai encore prise au dépourvu. Mais, vu qu’elle y arrive tout autant, je ne risque pas de m’excuser, surtout à la voir rougir de la sorte et oublier son chagrin, même un instant. Et elle peut sentir mon sourire quand nos lèvres se rejoignent, même si je suis surpris à la façon dont elle m’attire contre elle. Alors, forcément, ma main glisse dans son dos alors que je nous fais basculer tous les deux au sol, avec toute la douceur dont je suis encore capable.

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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 13 Juil - 21:02

Peut-être certains pourraient-ils s’aventurer à dire que Gareth était mal élevé, que ses parents n’avaient pas su lui apprendre les bonnes manières. D’autres pourraient s’avancer à dire qu’il n’avait tout simplement pas les codes. Megara, elle, ne pensait rien de tout ceci. On pourrait objecter que son avis était bien trop peu impartial, étant donné que Gareth était son époux, et qu’elle était sa femme, qu’ils étaient à présent parents de deux enfants, et qu’en plus de cela, des sentiments pour lui avaient pris racine en elle. Sans parler du fait qu’il était l’un des plus proches amis de Lyman, et que celui-ci avait bien d’autres choses à faire que de s’entourer d’écervelés futiles et vains, qui lui feraient perdre du temps ou porteraient atteinte à sa crédibilité et à sa réputation. Nulle question de narcissisme, là-dessous, ou pas entièrement : il s’agissait juste pour un prince de s’assurer que ses fréquentations ne ruinent pas ses futures années de règne. Toute ces critiques que l’on pouvait bien faire à Gareth, elles n’émanaient que d’êtres ambitieux et envieux, qui auraient bien voulu être à sa place, en tant qu’ami et beau-frère du roi. A moins qu’il ne s’agisse d’esprits étriqués ou bien trop accrochés aux temps passés pour voir en la fougue de la jeunesse la possibilité d’éternellement régénérer et revitaliser la vie de la Cour. Car Gareth avait cette honnêteté bien désarmante pour eux, habitués aux paroles mielleuses, à celles que l’on ne prononce jamais que par réflexe, sans même y réfléchir plus en amont. Gareth avait également cette propension à être quelque peu éhonté, sans doute, ou en tout cas était-ce le cas en présence de Megara. Dès lors, elle ne fut nullement surprise de la réponse qu’il lui proposa, dans le fond autant que dans la forme, même si, à chaque fois, il la prenait tout de même au dépourvu. ❧ Mais … Je … Gareth ! ❧ Elle se retint de lui décocher une petite tape sur l’épaule, convaincue que, de toute façon, cela ne lui remettrait pas les idées en place, et ce alors même que, dans les faits, cela lui faisait toujours quelque chose, au fond des entrailles, d’être quelque peu taquinée de cette façon bien à lui. S’essayant à être un peu bravache, elle finit par faire mine de ne pas autant rougir qu’elle le faisait pourtant, en détournant un peu le regard. ❧ Et qui te dit que les agitations nocturnes en ta compagnie sont une perspective que je répugne ? ❧ Voilà qui était bien envoyé. N’est-ce pas ? A moins qu’elle ne se soit aventurée à dire tout haut ce qu’elle pensait secrètement tout bas, en des paroles que l’on n’encourageait pas forcément les jeunes femmes de son rang à tenir …

Quoi qu’il en était, le jeune homme le reconnaissait visiblement bien volontiers, mais il n’en avait pas fini de la faire rougir. Là où Megara ne pouvait pas réellement dire qu’elle allait fortement s’en plaindre à qui de droit. Parce qu’elle le savait, Meg’, que si jamais elle avait quelque remontrance fondée à faire face à l’attitude de son époux, elle aurait toujours l’oreille de Lyman. Elle était sa sœur, et elle était Princesse de l’Ouest, après tout. Là où Gareth était … Ce qu’il était, la jeune femme le savait, parfaitement, à défaut de se l’entendre rappeler, encore et encore. Les courtisans avaient suffisamment d’instinct de survie pour s’abstenir de critiquer son époux ouvertement et face à elle. Oh, elle se doutait bien qu’ils devaient médire sur son compte à voix basse, une fois qu’elle avait le dos tourné, ou quand elle n’était pas dans les environs, mais, à défaut d’être une situation agréable, cela avait le mérite de ne pas la heurter, elle, de plein fouet, et de première main. Dans son regard, cependant, une lueur de peine s’alluma concernant ce que la Cour ne devait pas forcément se priver de dire face à Gareth. ❧ Tu as raison, je ne pense pas cela de toi. Dans l’équation de notre mariage, c’est toi la partie lésée, pas moi. ❧ Fermant un instant les yeux avant de déglutir, comme pour s’éclaircir la voix, Megara reprit. ❧ Je ne me souviens plus forcément des origines des Kenning, mais je suis parfaitement consciente que les Lannister descendent de Lann le Futé. Selon certaines légendes, ce n’était qu’un bâtard du Bief, selon d’autres, un mystérieux aventurier andal. Mais toutes se rejoignent parfaitement pour dire qu’il ne doit sa couronne qu’à sa ruse, pas à sa noble naissance. On ne fait pas plus parvenu que cela … ❧ Ses mots s’accompagnaient de cette main qui grifferait presque le torse de Gareth, sans même que Megara ne s’en soit réellement rendue compte jusqu’à ce que son mari lui en fasse part. Et elle ne fut pas sans relever le fait, sans rien dire, que, visiblement, cela faisait de l’effet au jeune homme. Pas besoin pour elle de vouloir se l’entendre confirmer, car Gareth était un beau parleur, pas un menteur. Bien qu’elle craignait surtout de rester totalement muette s’il redisait tout ceci, sans plus savoir comment respirer et sans savoir quoi faire. Ses doigts reprirent tout de même une posture moins menaçante, alors qu’ils tapotaient distraitement en une douce caresse leur ancienne prise, comme pour adoucir la chose.

Elle le savait, Megara, que Gareth était là. Qu’il était loin d’être de ceux qui vous abreuvent de douces paroles sans en penser un traitre mot. Elle s’en doutait, aussi, que Lyman et lui avaient dû se promettre un soutien mutuel et indéfectible, il y avait déjà longtemps de cela, et que cela devait à présent bien s’étendre à elle, en tant que sœur de Lyman. Et elle s’en rappelait, aussi, des paroles qu’il lui tenait depuis leur union, et même un peu avant, depuis que leur mariage avait été annoncé, et qu’il était venu la trouver, dans cette cour intérieure, quand elle coupait des fleurs. Mais cela ne l’empêchait en rien de vouloir à tout prix éviter de craquer, de se laisser amplement aller. Pour ne pas faire retomber sur ses épaules des attentes conséquences. Pour ne pas le meurtrir et le peiner. Pour ne pas, non plus, culpabiliser Lyman ou, pire, lui faire honte. ❧ Les femmes froides sont si repoussantes … ❧ Elle en frissonna presque, à moins qu’elle n’en frissonne réellement. Elle ne s’était encore jamais sentie aucun point commun avec les êtres dénués de sentiments et d’émotions : cela l’effrayait, lui paraissait si peu naturel et normal qu’elle en prenait peur. ❧ Noies moi sous les reproches le jour où une telle perspective menacera de m’arriver, je t’en conjure … Parce que je préfère ne plus jamais m’arrêter de pleurer plutôt que d’être aussi antipathique que l’une des portes de nos geôles … ❧ Et elles étaient redoutables, les geôles de la Forteresse royale de Castral Roc. Troglodytiques, taillées à même la roche et d’une étroitesse des plus exigües, Megara se souvenait de la première fois où, entraînée par une Nymeria surexcitée et un Lyman bravache, elle les avait vues. Songer à son frère, à son enfance, aussi, était brusquement bien plus appréciable que de se morfondre dans ses craintes. Et Gareth ne semblait visiblement rien avoir à y redire. ❧ Il est possible qu’il ait oublié, depuis, ou qu’il n’y ait en réalité jamais rien compris … Mais cela ne me coûtera rien d’essayer, surtout si j’y récolte l’un de ses magnifiques sourires. C’est là l’une des choses que je lui ai toujours envié, son sourire si assuré et charmeur … ❧ Pas ses boucles blondes en revanche, les siennes étant bien plus belles, à ses yeux. ❧ La barbe vous va en effet mieux, depuis que vous en avez. Sans, vous ressembleriez bien trop à Martyn et aux jumeaux ! Et puis, en parallèle, maintenant, au moins, vous avez de quoi remplir vos armures. ❧ Le tout étant bien plus seyant aujourd’hui qu’avant. A l’époque, Megara n’avait jamais songé à ce que cela ferait que d’embrasser et d’être embrassée par Gareth Kenning. Et à l’époque, elle était encore plus loin d’avoir songé à l’effet qu’elle ressentirait en l’attirant tout contre elle, et en le poussant à la surplomber, aussi. Il était si doux et si prévenant malgré la fièvre qui la saisissait, elle, et qui en aurait sans doute poussé plus d’un à prendre cela comme un signe autorisant à se passer des étapes précautionneuses et attentionnées. ❧ J’ai la tête qui tourne, Monsieur mon époux. Vous êtes fier de vous, je suppose ? ❧ Les paroles étaient lâchées, entre des baisers erratiques et de plus en plus enfiévrés, alors qu’elle tentait tout de même de se forcer à garder le contrôle, se refusant à se laisser aller, sous prétexte qu’elle pouvait. Si cela pouvait lui permettre d’un jour pouvoir sans cesse avoir la pleine maîtrise d’elle-même … ❧ Ne me laisse jamais te rebuter de moi … ❧ Jamais ô grand jamais.


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MessageSujet: Re: Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé]   Bénis soient les coeurs qui peuvent fléchir, ils ne seront jamais brisés ❧ [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 9 Aoû - 11:59

Quoi qu’il se passe, quoi qu’il arrive dans les semaines, les mois à venir, jamais je ne pourrais oublier ces moments passés avec Megara. Des moments comme volés au temps, précieux, surtout avec la vie que nous menons. Nous devrons affronter l’extérieur bien trop tôt à mon goût mais, en attendant, je peux la protéger, veiller sur elle et essaye de lui rappeler à quel point elle est importante pour moi. Je crois que je ne me débrouille pas trop mal et qu’elle arrive à mettre un peu de côté le chagrin qui l’accable. Je sais pertinemment qu’elle ne l’oubliera pas. Après tout, elle a perdu son père, ce père qu’elle aimait et chérissait plus que tout. Et si je dois me faire taquin avec elle, autant dire que je n’ai pas vraiment de difficulté pour cela. Surtout que j’aime toujours autant ses réactions, si ce n’est pas plus, à mesure que passe le temps.

A sa répartie, je lève un sourcil et je souffle à mi-voix, non sans me pencher vers elle et l’embrasser dans le cou. « Ma dame, je ne vous pensais pas aussi audacieuse. » Je sais qu’il y a quelques mois, jamais elle n’aurait osé dire quelque chose de cet acabit. Elle se sent en confiance avec moi et j’avoue que cela me plait encore plus que je l’aurais cru. Au reste de ses propos, j’ai un silence et je secoue la tête avant de reprendre, toujours sur le même ton. « Moi, la partie lésée ? Comment pourrais-je me sentir lésé en voyant la femme que j’ai épousée ? En voyant nos enfants ? En voyant tout ce que ce mariage a pu m’apporter ? Le reste n’a que peu d’importance, nous pouvons nous en accommoder. Tant que je t’ai toi. » Je ne me souviens pas d’avoir été aussi sincère mais, avec elle, quand bien même j’enjolive parfois les choses, je ne lui mens pas. Elle a pris beaucoup d’importance pour moi, bien plus que je l’aurais cru, même si son mal continue de flotter entre nous, que nous l’évoquions ou non. « Nous sommes des éleveurs de chevaux ma dame. Je ne sais pas si cela fait de nous plus des parvenus que les Lannister mais… je crois que je comprends l’idée oui. » Je suis étonné qu’elle cherche à me rassurer, d’autant qu’en réalité, je suis habitué à cet état de fait depuis longtemps.

Mais je sais qu’aujourd’hui, je suis surtout là pour la consoler, pour lui rappeler qu’elle a le droit de pleurer, d’être triste, en tout cas à mes côtés. Que cet endroit est le nôtre, que personne ne peut la priver d’être humaine. Elle n’est pas qu’une princesse et, à mesure que je lui parle, je crois qu’elle comprend le message que je veux lui faire passer. « Tu es tout sauf froide Megara Lannister. Tu es vivante, entière et tu sais me faire part de tes sentiments, de tes émotions… ne t’inquiète pas pour cela. Et je ne pense pas avoir à te rappeler que je suis tout sauf repoussé à l’idée d’être avec toi non ? » Si j’ai un sourire mutin, mon regard reste des plus sérieux. « Je ne pense pas avoir besoin de le faire un jour, mais je te promets que je serais toujours là pour te rappeler quelle femme tu es. Et celle que tu n’es pas. Si pour cela, tu dois mouiller de tes larmes toutes mes tenues, si pour cela, nous devons passer des jours coupés du monde pour que tu puisses laisser aller ton chagrin, nous le ferons. » J’effleure doucement sa joue avant de l’embrasser longuement. Je me demande si elle a peur de devenir aussi froide que peut sembler l’être sa mère, surtout en ce moment. Mais je sais de mon côté que cela n’arrivera pas, ne serait-ce qu’en la voyant avec les jumeaux ou en cet instant.

Et elle arrive à songer à autre chose. A un passé qui la rend plus nostalgique que triste mais, surtout, à cet avenir qui nous attend. Avec Lyman en tant que Roi, il n’est pas aussi sombre qu’on aurait pu le craindre. J’ai un rire à ses propos. « Tes sourires n’ont rien à lui envier. A croire que c’est une particularité des Lannister, de ne rien pouvoir refuser à l’un de vos sourires charmeurs. » Je sais que je suis loin d’être en reste de ce côté-là et que j’ai eu bien des choses que je pouvais convoiter juste avec mon sourire. « Serais-tu en train de me traiter d’ancien gringalet ton Altesse ? Je serais presque offusqué, encore plus qu’avec cette histoire de barbe. » Tout en parlant, je lui rends son étreinte alors que je sens la chaleur émaner d’elle. Cette chaleur qui, à chaque fois, réveille en moi des envies que je ne cherche même pas réfréner. Ce que ses propos ne font que me confirmer. Je ne me rends même pas compte que je suis déjà en train de délacer les liens de sa robe et que le peu de maitrise que j’avais encore moi s’envole à chacun de ses baisers fiévreux. « Je suis plutôt fier de moi oui. C’est une mauvaise chose ? » Je n’attends pas vraiment de réponse que je finis déjà tout contre elle, prêt à remplir mes devoirs conjugaux avec le même désir que j’ai toujours d’elle. « Jamais mon amour. Jamais. » Parce que j’ai la chance de l’avoir comme épouse et ça, rien ne me fera l’oublier.  

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