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Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]
MessageSujet: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Dim 2 Juil - 23:44

« La Princesse se repose, vous n’êtes pas autorisé à venir lui rendre visite. Seuls les membres de la famille y sont autorisés, quand elle sera prête à les recevoir à nouveau. »

Pour la énième fois, Bowen venait de se heurter au refus catégorique du mestre qui s’occupait de Jeyne Lannister, née Stark, de monter prendre de ses nouvelles et malgré toute sa légendaire patience, le jeune homme commençait sérieusement à bouillir sur place de rage envers ce maudit enchaîné dans sa bure noire qui lui sortait furieusement par les yeux. A cet instant, rien ne lui aurait fait plus plaisir que d’empoigner son épée et de la lui passer au travers du corps, ou tout simplement de lui faire goûter au poing d’acier des Glover, qu’il sache à qui il osait parler de la sorte. Il n’était pas un courtisan ni un vulgaire palefrenier, mais un noble du Nord, un Lord, pourvoyeur de la cinquième armée du royaume malgré la dévastation de son fief, second du roi Stark en personne et surtout, ami intime de Son Altesse. Alors les regards de haut de ce pendard lui échauffaient les sangs plus que de raison.

« Sa Majesté le roi Jon Stark m’a autorisé à accéder aux appartements de Son Altesse sa sœur, pourtant. »

« Je regrette, mais ce n’est pas possible. »

Au diable la tempérance et les convenances. Bowen était un homme certes posé et pétri de tradition, mais à cet instant précis, il était avant tout un jeune garçon de vingt-et-un qui brûlait de s’assurer que l’une de ses meilleures amies d’enfance, qu’il n’avait pas vu depuis plusieurs mois et qui lui manquait chaque jour allait bien, que ses jours n’étaient pas en danger après l’immonde attaque traîtresse et vile qui avait manqué lui coûter la vie, et qui n’aurait sans nul doute pas manquer de le faire si Rhaenys Braenaryon, ex-Targaryen, n’était pas intervenue sur le dos de son dragon pour sauver sa belle-fille, sa suite ouestrienne et les dames Tully les accompagnant. Une fois encore, la guerre avait failli lui arracher l’un de ses êtres chers, et nul doute que le Glover n’aurait pas supporté un autre deuil, si rapproché des précédents. Aussi il éprouvait à cet instant précis une reconnaissance sans borne envers l’épouse de son ancien mentor, et s’il ne pouvait que demeurer circonspect face aux coutumes qu’apportait cette femme, il était en revanche follement heureux qu’elle soit intervenue, tout comme il admettait que ces lézards géants et démoniaques qu’elle montait et qui constituaient à ses yeux une abomination particulièrement dangereuse avaient quelques avantages, pourvu qu’ils soient contrôlés et dans son propre camp.

« Mène-moi à elle ou je te mets en pièce. Immédiatement. »

Cette fois, Bowen ne souriait plus. Ne tentais même plus de paraître poli. Il avait agrippé le mestre par son col, son poing ganté et hérissé de maille lui rentrant dangereusement dans la gorge tandis que la force de l’impact l’avait presque soulevé de terre. L’homme de sciences s’apprêta à protester, mais le regard du nordien lui cloua le bec et il gargouilla un assentiment étouffé avant de se précipiter au-devant du Glover, secoué d’un long frisson alors qu’il venait de relâcher sa poigne de fer. Les yeux qui l’avaient contemplé respiraient la mort, la haine et le sang. C’était les yeux d’un fou, d’un être assoiffé de vengeance et qui, l’espace d’un bref instant, avait laissé tous ses démons intérieurs ressortir pour contempler de toute sa noirceur d’âme ce malheureux mortel. C’étaient les yeux qui s’étaient gorgés des souffrances sauvageonnes sur leurs croix, qui avaient massacré les derniers survivants avec une hargne proche de la démence, et qui avaient joui de leurs tourments avec une délectation malsaine. C’étaient les yeux de Bowen, ceux qu’ils ne montraient que sur le champ de bataille, quand l’ivresse le prenait et que la haine le submergeait. L’attaque de Jeyne avait simplement réveillé ses pires angoisses, et contrôler ses instincts était devenu trop complexe, aussi le Poing du Nord avait finalement décidé de les laisser s’exprimer un bref instant.

Il prit plusieurs secondes pour se calmer, revenir à lui, et d’un pas lourd, progressa vers la chambre où la jeune femme se reposait. Une fois devant, il inspira profondément et toqua plusieurs fois, avant de s’annoncer d’une voix forte :

« Lord Bowen Glover. »

Puis il attendit patiemment que Jeyne lui réponde, ou du moins soit suffisamment présentable pour le faire. Peut-être était-elle blessée ? Non, si c’était le cas, Jon Stark ne l’aurait pas autorisé à venir. Encore que … Ah, il ne savait pas, et ces questions qui n’arrêtaient pas de surgir dans son esprit fatigué le rendaient fou. Cependant, la voix de la jeune louve vint le tirer de ses errements, aussi il entra rapidement, manquant faire sortir la porte de ses gonds tant il l’ouvrit avec force, avant de se précipiter sans plus de cérémonie vers la Princesse du Roc et de l’entourer de ses bras puissants pour l’étreindre longuement, savourant tout simplement le contact avec son ami, comme s’il avait cru ne jamais la revoir et refusait presque de de la laisser repartir. Il fallut pourtant qu’il se détache d’elle, tout d’abord pour la laisser respirer. Pour autant, il maintint ses bras autour d’elle, soufflant finalement :

« Jeyne … J’étais fou d’inquiétude, quand j’ai appris … Vous n’avez rien ? »



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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Mer 12 Juil - 17:57

Mon arrivée dans le Conflans était un événement majeur. Et également l'occasion de revoir tous les gens chers à mon cœur. En temps normal, il m'aurait fallu aller dans le Nord pour cela, pour tous les retrouver. Mais nous étions en temps de guerre et le Nord ne ménageait pas ses efforts pour repousser l'envahisseur Hoare... Et soutenir les désirs de conquêtes de Peyredragon. Le Conflans était une contrée fortement agitée, souvent conquise. Je n'avais appris que récemment que l'une des familles importantes de cette région avait décidé de se rebeller contre la suprématie Hoare pour embrasser les idéaux de l'empire. Mais au vu des conditions proposées par Père et son épouse, le Tully aurait été bien sot de refuser n'est-ce pas ? Entre être vassal des Hoare ou être roi du Conflans (mais tout de même vassal de l'Empire), le choix était plutôt vite fait.

Je vis apparaître soudainement un Mestre tout blanc et tout tremblant et je fronçai les sourcils en me demandant ce qui avait bien pu mettre l'homme de sciences dans cet état avant d'entendre la voix tonitruante de Bowen au dehors qui résonnait. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine alors qu'un sourire s'épanouissait sur mon visage.

« Cet homme est fou et vous êtes convalescente votre Grâce et... »

« Il suffit. Je vais très bien et Lord Glover est un ami de très longue date. »

J'observai l'homme, me demandant à quel point Bowen avait du le malmener pour le faire plier alors qu'il prenait ma santé très à cœur. Un peu trop d'ailleurs. Et je savais que mon ami était du genre sanguin et pas forcément très tendre quand il avait un objectif en tête. Il m'avait parlé de cette rage qui l'habitait, de cette puissante envie de tuer, de détruire le moindre Sauvageon, sans aucune pitié. S'il avait pensé me faire peur en disant cela, il s'était trompé. J'étais désolée pour lui qu'une telle rage qui semblait inextinguible puisse l'animer, mais je ne le considérais pas comme un monstre pour autant.

« Entrez Lord Glover ! »

Si j'avais été seule, je ne lui aurai pas donné du Lord Glover, mais du Bowen, mais j'avais là une paire d'yeux inconnus et en qui je n'avais pas vraiment confiance.

« Vous pouvez disposer. »

Il fit mine d'ouvrir la bouche pour protester, mais je lui jetai un regard noir. Et quand Bowen entra dans la pièce d'un pas vif, il blêmit et battit en retraite en refermant la porte, tandis que je me retrouvais emprisonnée dans les bras amis. Je soupirai d'aise, laissant aller ma tête contre son torse puissant. C'était là un tableau peu banal et qui pouvait être fortement compromettant. Bowen n'était pas un frère. Il était un ami. Un autre homme. Mais je n'en avais cure. Nous étions seuls d'une part. Il avait la confiance de mon père et de Jon. Et je n'avais rien à me reprocher, il n'y avait aucune ambiguïté dans notre relation.

« Je vais bien, Bowen. Plus de peur que de mal, je vous assure. »

Je lui offris un sourire sincère et réconfortant.

« Je ne sais pas ce que vous avez fait à ce pauvre Mestre, mais il était aussi blanc qu'un cadavre. »

J'avais soufflé cela d'un ton amusé, le regard pétillant de malice. Comme je me sentais bien à présent !

« Pour le plaisir de vous revoir mon ami, ce voyage en valait la peine. »



   
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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Mer 19 Juil - 23:22

Jeyne lui assurait qu’elle allait bien. Presque instinctivement, ses yeux bleus avaient commencé à la scruter, comme pour s’assurer que la moindre écorchure guérissait, comme s’il n’arrivait pas à la croire vivante, en bonne santé, face à lui. Et en même temps que cette inquiétude qui refusait de se taire, le Glover commençait à éprouver un intense sentiment de soulagement, qui déferla bientôt en lui comme une vague venue des tréfonds de la Baie des Glaces pour se briser sur les falaises de Motte-la-forêt, arrachant tout sur son passage et apaisant son cœur angoissé, épris d’effroi à l’idée que quoi que ce soit puisse arriver à la cadette des Stark. Sans doute que ses deuils successifs l’avaient rendu quasiment paranoiaque quant à la santé de ses proches. Souvent, ces dernières nuits, il avait été réveillé par des cauchemars terribles prédisant la mort en couches de son épouse et la perte de leur enfant, à tel point qu’il se demandait si les fantômes de la folie ne débutaient pas leur lente danse autour de son esprit. Nul doute qu’apprendre le décès de la Princesse l’aurait conduit au seuil du pathologique. Après tout, il avait conscience, malgré son apparence calme et compassée, que sa santé mentale ne tenait qu’à un fil … Et de façon ironique, la seule qui avait connaissance de son mal se tenait quelques instants auparavant dans ses bras. Oui, le Poing du Nord aurait pu parler de ses tourments à de nombreux fiers soldats qui avaient connu le pire … Mais il avait choisi pour s’épancher celle qui était encore à l’époque une jeune pucelle. Et il ne le regrettait aucunement, car elle avait su lui apporter le réconfort nécessaire à l’acceptation de sa dualité interne, de ce faciès hideux qui ressortait dans la bataille ou dans l’énervement et tranchait tellement avec sa personnalité ordinaire, nettement plus douce et modérée. A vrai dire, maintenant que les brumes de la colère se dissipait, que l’angoisse diminuait, que Bowen retrouvait son caractère normal, il sentit la honte l’envahir en pensant à ce qu’il avait infligé à ce malheureux mestre. C’est donc un Glover fort penaud soudainement qui regarda ses chausses avec application en cherchant ses mots, l’air clairement embarrassé :

« J’ai peut-être … hum … légèrement été … euh … insistant à son endroit. »

Doux euphémisme. Sans doute que le pauvre homme était en train de changer ses robes compissées par la peur. Non Bowen n’avait guère été compréhensif ou tendre avec ce mestre qui ne faisait, finalement, que veiller avec un peu trop de dévouement sur sa si précieuse patiente. Même si franchement, son entêtement avait été des plus … agaçants. Pour parler poliment.

« Je tiens à dire pour ma défense que j’avais reçu l’autorisation de votre frère pour venir, et que cela n’a pas suffi. Alors … j’ai dû me montrer convaincant. »

Son regard clair se posa sur la jeune femme, alors qu’il ajoutait, se rendant compte après coup de l’ambiguïté d’une telle attitude, qui avait tout de l’amant éperdu tentant d’avoir des nouvelles de sa maîtresse :

« Je suis désolé, mais après … tout, je me devais de vous voir en personne. »

Heureusement, le sourire éblouissant de Jeyne le convainquit qu’il n’avait rien fait de répréhensible, tout à sa hâte. Il était même heureux de constater, avec une pointe de joie personnelle et un peut fat, qu’il avait manqué à la jeune fille autant qu’il avait regretté son absence. Leur correspondance avait été éparse, après tout, soumise aux aléas de ses déplacements militaires et des devoirs d’une Princesse qui avait autre chose à faire que d’envoyer des corbeaux à un vieil ami d’enfance, surtout que, si la Lannister surveillait la correspondance de sa bru, ce qui n’aurait pas été improbable au vu de la réputation féroce de la Lionne de Castral Roc, nul doute qu’une relation épistolaire prolongée avec un mâle nordien au cousinage éloigné n’aurait pas été à son goût. Aussi Bowen consentit quelques instants à une touche de plaisanterie, répondant gentiment, et avec un brin de galanterie :

« Traverser tout le Conflans me paraît soudain une entreprise moins périlleuse, si c’est pour voir sourire à nouveau, Jeyne.

Vous m’avez manqué. »


Puis, comme toujours avec le Poing du Nord, le sérieux reprit très rapidement le dessus, et il ajouta, contrit :

« Néanmoins … j’admets que j’aurais préféré que les circonstances soient plus douces, moins … heurtées.

Cette embuscade aurait pu avoir des conséquences tellement … Je préfère ne pas y penser. Mais j’espère que votre escorte sera d’un autre acabit lors de votre voyage de retour. Ser Kenning a fait ce qu’il a pu avec ce qu’il avait, mais vos hommes n’étaient guère nombreux, surtout pour une dame de votre rang et de votre parage. »


La place de Bowen n’était pas de critiquer les Lannister ouvertement, et il ne le fit pas. Pour autant, il n’arrivait pas à comprendre comme les souverains du Roc avaient pu risquer leur nouvelle bru ainsi. Certes, il n’était pas idiot au point de ne pas avoir quelques idées sur le pourquoi de son envoi au-devant des Braenaryon. Jouer sur la fibre paternelle de Torrhen n’était pas stupide, quoique la ficelle fut un peu grosse. Mais quelque part, ce mouvement, alors que la guerre faisait rage, lui paraissait fou. En un voyage, Jordane Lannister avait parié la nouvelle génération de sa famille, en engageant en territoire contesté et son gendre, et sa belle-fille. Oui, vraiment, l’esprit familial si puissant du jeune homme avait du mal à comprendre, lui qui avait tout fait pour protéger son épouse, quitte à la faire quitter ses terres, et qui donnait secrètement des ordres pour que son frère soit protégé si une attaque survenait. Là était sans doute la différence entre des rois et des lords. Lui ne se serait jamais résolu à risquer sa maison de cette façon. Ou peut-être que si, à une époque où les Glover étaient prospères et nombreux. A présent, cette seule pensée lui était purement insupportable.

« Enfin … Je crois que je suis simplement heureux de vous savoir … remise. Sincèrement, Jeyne, apprendre qu’un malheur vous était arrivé m’aurait rendu fou.

J’aurais eu l’impression … de perdre à nouveau ma famille … »



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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Sam 2 Sep - 14:36

Cela faisait un bien fou de le revoir. De tous les revoir. Ils m'avaient tant manqué au cours des derniers mois. C'était notre lot à tous de suivre chacun notre voie, et celui des femmes de quitter leur famille pour vivre dans celle de leur époux, mais cela ne rendait pas la séparation plus aisée et moins douloureuse, loin de là. L'idéal aurait été de les revoir au sein de mes terres natales et adorées, mais cela aurait été bien gourmand de ma part. La guerre était en route, des hommes mourraient, j'avais frôlé une mort certaine et pourtant, je ne regrettais pas ce voyage. Bowen me toisait, me scrutait, comme pour s'assurer que j'allais effectivement bien et que je n'avais pas été blessée. Je m'amusai de la réaction du mestre qui avait pâli et semblait paniqué, avec les yeux prêts à lui sortir des orbites, me demandant ce qu'avait bien pu faire le Glover pour lui faire une telle impression. Et j'éclatai de rire en le voyant embarrassé comme un enfant ayant fait une bêtise et pris en faute.

« Légèrement insistant, hum ? »

Une lueur de malice dansait dans mes yeux à sa réponse et en imaginant assez bien Bowen ordonner que mestre de le laisser me voir, le surplombant de toute sa taille et la fougue de sa jeunesse.

« J'imagine sans mal votre façon d'être convaincant Bowen. Et voilà qui m'éclaire sur la panique de ce pauvre homme. Savez-vous qu'aucun ordre ne saurait faire plier un homme de science qui a à cœur de bien être de son patient ? »

J'étais amusée et touchée de l'empressement de Bowen à me voir. Même si je n'avais pas été malmenée pendant le voyage, il aurait accouru. Et encore, il avait du ronger son frein. Cela avait du être difficile pour cet homme que je considérais comme un frère et un ami cher.

« Il n'y a pas à être désolé... Il saura qu'on ne contient pas la fougue d'un homme du Nord. »

Sa présence me réchauffait le cœur et je voulais chasser de ses yeux clairs l'inquiétude qu'il pouvait concevoir à mon égard depuis bien trop longtemps. Et même si le voyage était périlleux et sans doute, insensé aux yeux de bien des gens, je ne pouvais que lui avouer avoir été heureuse de l'entreprendre pour le plaisir de le revoir et de lui parler de nouveau. Je souris quand il me répondit sensiblement la même chose. Il n'y avait plus à ressasser ce sinistre incident. Mais c'était sans compter sur Bowen qui ne pouvait balayer aussi facilement les événements. Je soupirais à ses reproches.

« C'est toujours la difficulté de doser les effectifs pour demeurer discret et ne pas sembler une menace, tout en n'étant pas non plus à la merci de l'ennemi, malheureusement. Il semblerait que nous ayons mal évalué le danger. A notre décharge, nous ignorions les récents événements ayant secoué le Conflans... »

Le choix des Tully de rallier l'Empire par exemple. Et accueillir leurs membres dans notre escorte n'avait pas été étranger à cette brutale attaque.

« Je sais. Et ma vie est bien moins précaire que la votre. Alors imaginez la peur qui me tenaille les entrailles et le cœur de vous savoir tous ici, à le merci de l'ennemi, en une guerre dévastatrice... Mais je suis femme et c'est là mon lot quotidien, n'est-ce pas ? »

J'ai sans doute parlé avec un brin d'amertume alors que les hommes ne comprennent pas la difficulté de les attendre, la peur chevillée au corps. Cependant, je chassai vite ces sombres pensées et repris, avec plus de douceur et un sourire :

« Et comment se porte Lady Glover ? Votre mariage vous rend-il heureux ? Je me souviens des doutes que vous conceviez la dernière fois... »

Les mois avaient passé et chacun de notre côté, nous avions apprit à connaître ceux qui partageaient notre vie.



   
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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Dim 3 Sep - 20:12

Qu’il était doux de retrouver cette aisance, cette complicité avec une amie partie depuis ce qui semblait être des siècles à Bowen. Il appréciait les taquineries de Jeyne à son égard, son amusement non-feint face à ses travers, de même que son inépuisable capacité à ne jamais s’en offusquer. Manifestement, le Roc n’était pas venu à bout du caractère typiquement nordien de la jeune femme, et c’était pour le mieux. La seule fille du Loup avait toujours su comprendre les hommes de son entourage, mieux que ce dernier n’en avait jamais eu conscience d’ailleurs, et se montrer à la hauteur de son héritage et des rudes traditions de leur royaume balayé par les vents froids et la neige. L’Hiver forgeait des mâles rudes et parfois frustes, même pour les plus policés, mais aussi, et l’on aurait tort de l’oublier, des dames sachant parfaitement conjuguer leur rôle avec les exigences des rigueurs locales, à quelques exceptions près, évidemment. Mais il n’en demeurait pas moins que la désormais Lannister avait tout d’une Stark, mariée ou pas, et que ce simple accès de compréhension sans plus de questionnement face à ce qui aurait pu être pris ailleurs comme un véritable coup de sang rassurait le Glover sur l’état de la lady : elle allait bien, en effet … et elle n’avait pas changé. Pas totalement, du moins. Il était normal d’évoluer, cependant, entrevoir le froid au-milieu de l’apparat ouestrien lui mettait du baume au cœur. Du reste, elle était la seule à connaître réellement son secret, l’étendue de cette violence qui le dévorait, sommeillant en lui et se réveillant parfois, au creux de la bataille ou quand ses proches étaient menacés. Elle l’avait compris, sans jugement, et cette fois encore, ne s’en formalisait pas, se contentant d’en rire doucement, infusant dans le corps du garçon une chaleur délicate, de celle qu’on ressent quand on se sent chez soi, même au milieu d’une couronne étrangère, en plein territoire ennemi. Dans cette petite pièce de la Haye-Pierre, il y avait un parfum de jeunesse et de Nord, l’odeur des après-midis à Winterfell, si lointaine et pourtant si proche à cet instant précis.

« Vous ne changez pas, Jeyne … Toujours aussi indulgente avec les écarts de vos nordiens … Une vraie louve, quoiqu’il advienne. »

Il avait dit cela avec le sourire, mais au-delà de la boutade amicale, il y avait une sincérité réelle au fond de ses yeux bleus, comme s’il essayait de transmettre un message, celui d’un jeune homme admiratif d’une dame partie pour d’autres contrées, mais qui demeurait à jamais nordienne, de cœur et d’esprit, du moins à ses yeux pas totalement objectifs, il était vrai. Peut-être qu’il s’emballait, pour autant, il avait vraiment l’impression que tout était à sa place, à ce moment précis, comme si tous deux avaient continué leur route sur des chemins parallèles pour se retrouver suite à un croisement un brin brutal, sans oublier qui ils étaient, ni d’où ils venaient. Tout était pareil, et tout était différent, le cours du destin se modifiant brusquement ces derniers temps, comme si les dieux qui tissaient les fils de leur existence se perdaient en circonvolutions, effarouchés par les bouleversements induits par leurs adorateurs. D’une certaine façon, Jeyne avait été victime de cela, de même que les Lannister lorsqu’ils avaient recueillis de bonne foi les femmes Tully dans leur convoi, sans réellement savoir que la Truite n’était plus jurée au Sautoir, mais au Loup et au Dragon. Le geste avait été noble, la sanction avait failli être fatale.  

« Je me doute en effet que les Tully n’ont point été dissert sur leur changement d’allégeance … A compter que Lady Tully et sa fille aient été au courant de tous les tenants et aboutissements à ce moment. Les pauvres ont été prises dans l’engrenage induit par le changement d’allégeance de Ser Lyham. Et vous n’avez été que le dommage collatéral imprévisible des luttes fratricides entre riverains.

Heureusement que l’Impératrice est arrivée. Son dragon est une créature terrifiante, mais salvatrice … »

Malgré sa réticence plus que profonde à l’égard de ces bêtes cauchemardesques, le jeune homme devait admettre qu’à choisir, il les préférait dans son camp plutôt que chez ses adversaires. Cette horrible montagne d’écailles le terrifiait, et passait à ses yeux pour une véritable abomination de la nature qu’il n’aurait pas dédaigné éradiquer de la surface de la terre. Néanmoins, force était de constater qu’elle pouvait s’avérer particulièrement utile, aussi il éprouvait une réelle reconnaissance à l’égard de sa chevaucheuse pour avoir empêché le massacre du convoi Lannister.

La réponse suivante de son interlocutrice peina instantanément Bowen, le ramenant à des préoccupations plus personnelles que ses considérations intimes sur les dragons. Outre que sentir l’amertume dans la voix de son amie lui était désagréable, il devait avouer que ses soupirs faisaient écho aux lettres de son épouse, dont elle lui parla immédiatement après. Le remords le submergea, plus puissamment encore qu’à la réception de la dernière missive de sa femme. Que la guerre et les hommes étaient cruels pour infliger de pareilles souffrances aux dames de leur cœur, surtout quand ils n’avaient pas le pouvoir de les soulager, ou si peu, par quelques mots jetés sur le parchemin et trop vite lus, qui ne suffisaient pas à transmettre l’essentiel de leur propre inquiétude ou de leur amour. Et pourtant, il tentait d’écrire régulièrement à ses proches, mais il s’était rendu compte que les déplacements autrement plus importants que lorsqu’il parcourait le Nord et la vie elle-même de celles et ceux restés en arrière empêchait bien souvent une correspondance correcte de s’établir. Les nouvelles étaient éparses, et le courrier attendu avec d’autant plus d’impatience. Le pire ? Il avait conscience d’être particulièrement privilégié, contrairement aux gens de la troupe qui eux ne savaient pas lire pour la plupart, et ne recevaient donc quasiment rien de leurs familles, sauf quand un événement particulier ou une âme charitable survenait. Le Poing du Nord avait ainsi demandé avant son départ à son intendant de relayer les moments importants de ses gens, et lisait à ses hommes les missives reçues, partageant les joies et peines de ceux qui avaient une épouse enceinte après des noces expédiées comme c’était son cas, suite à ses efforts auprès de l’ancien Roi du Nord pour trouver des femmes à ses gueux au plus vite.

Il était néanmoins vraiment touché que Jeyne se souvienne des confidences qu’il lui avait faites à Winterfell, et qu’elle se soucie de l’état de son mariage. En même temps … N’avait-il pas les mêmes questions à lui retourner ? N’était-ce pas cela, l’amitié ? Se soucier de l’autre et de son bien-être sans avoir rien à y gagner, par le simple plaisir de le ou la savoir entre de bonnes mains ? Quant à la réponse en tant que telle … Le jeune homme l’avait déjà plus ou moins donnée dans un des corbeaux qu’il lui avait envoyés quand il l’avait pu durant sa traversée du Conflans, mais il avait dû se perdre … ou arriver au moment où sa destinataire quittait Castral Roc. Voilà qui le plaçait face à ses responsabilités de futur père, lui qui allait désormais annoncer à l’une de ses plus chères amies d’enfance la grossesse de son épouse.

« Croyez bien que je vis les mêmes affres que vous, quoique de manière différente … »

A la suite de ces paroles pour le moins cryptiques, il développa donc avec une émotion non-feinte, tant la nouvelle le submergeait encore par son énormité, comme s’il n’arrivait pas lui-même à y croire, ou à réaliser exactement tout ce que cela impliquait :

« Maedalyn est enceinte. »

Comment trois mots pouvaient à ce point faire basculer une vie vers l’inconnu ? Lui-même s’émerveillait encore de ce fait, de penser que ses maigres étreintes avec son épouse ait pu concevoir la vie, et que cette dernière s’épanouissait dans le ventre de sa dame, pour le renouveau de la maison Glover et son bonheur personnel, quand bien même ce dernier était naturellement teinté d’inquiétude.

« Je vous avais envoyé un corbeau pour vous l’annoncer dès que j’ai su la nouvelle … et vous prévenir de la mort de mon père …

Je gage que vous avez dû vous croiser en chemin, vu que je n’étais point au courant de votre départ du Roc … »


Sa voix avait faibli au moment de se remémorer le trépas de son géniteur. Malgré les quelques semaines écoulées, la peine demeurait en lui, profonde et douloureuse, quoique atténuée par le sentiment d’inéluctabilité qu’il avait très tôt ressenti en voyant son paternel alité après la Mort-aux-loups. Sa blessure n’était pas mortelle, mais il fallait un esprit fort et combattif pour repousser les infections inhérentes à ce type d’atteinte. Galbart Glover n’avait ni l’un ni l’autre depuis le massacre de sa famille, et Bowen n’avait pu que constater, impuissant, le départ du seul parent qu’il lui restait vers les rivages des Anciens Dieux. Quelque part, au chagrin se mêlait une rancœur sourde, celle d’avoir été abandonné trop tôt, avec une charge trop lourde sur les épaules. Son père aurait pu faire tellement plus … Il avait préféré s’abandonner en léguant à son fils aîné l’héritage d’une tache indélébile et sanglante. Pis encore, même la présence de sa nouvelle belle-fille n’avait pas été suffisante pour le sortir de sa léthargie, s’il en croyait les sous-entendus des missives de sa femme. Oui, le fils en voulait au père autant qu’il se reprochait sa mort. S’il avait été son frère, aurait-il été en mesure de retenir Galbart ? De lui insuffler ce souffle de vie nécessaire pour parfaire l’éducation de l’enfant préféré ? Parfois, amèrement, il se le demandait …

« Mon épouse l’a assistée jusque dans ses derniers instants … Et malgré son début de grossesse. Maintenant qu’elle est seule à Motte-la-forêt, je préférerais qu’elle parte pour Winterfell. Elle et l’enfant y seront davantage en sécurité, et elle aura l’aide que je ne saurais lui offrir, si loin …

Je ne peux rien faire de plus pour la soulager que de demander en faveur à votre frère, le Prince Walton, que d’assurer sa protection. »


Avec une lueur d’affection autant que de tristesse, Bowen ajouta dans un murmure :

« Cette naissance … Ce mariage … Ils me rendent heureux, oui. Plus que je ne l’aurais imaginé. Je crains juste que mon absence n’écorne ce que mon départ n’a guère eu le temps de construire …

Chaque jour peut signifier la perte de mon enfant, ou de mon épouse, et je ne peux rien y faire. Je peux simplement … attendre ses corbeaux. Et lui écrire que je pense sans cesse à elle et à notre enfant à naître. Que je prie tous les jours pour eux. Mais je ne suis qu’un homme, et c’est là mon lot, n’est-ce pas ?»


Il n’y avait pas une once de moquerie dans ce constat en miroir, seulement l’aveu d’une impuissance en commun, d’une communauté de destins de ceux qui ne pouvaient pas influer sur le destin de leurs proches :

« Maintenant que je me suis épanché … Puis-je vous retourner la question. Est-ce que vos jours au Roc aux côtés du Prince Lyman vous ont été agréables ? Vos … attentes dont je me souviens ont-elles été comblées ? »

Bowen laissa un mince sourire s’épanouir sur ses lèvres fines, avant de dire, légèrement gouailleur :

« Si ce n’est pas le cas, attendez que nous terminions cette guerre et je viens derechef le provoquer en duel ! »



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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Mar 12 Sep - 12:03

Un sourire un peu mélancolique se peignit sur mes lèvres alors qu'une ombre passait dans mon regard aux compliments de Bowen. Une vraie louve, quoiqu'il arrive... vraiment ? Pourquoi fallait-il que ce soit un ami et non ma propre famille qui ai ces paroles à mon égard ? Je ne savais plus vraiment qui j'étais et à qui allait ma loyauté. Évidemment, que j'étais très attachée au Nord qui m'avait vue grandir et que j'aimerai qu'ils remportent leurs batailles et puissent enfin se venger du Noir. Mais l'alliance maritale de mon père avec la Targaryen, cette idée d'Empire, me plongeaient dans une grande confusion. Et la position des Lannister sur tout cela ne m'aidait pas vraiment. Je reprochais à ma belle-famille leur inaction et le fait de soutenir Harren et en même temps, j'approuvais qu'ils ne souhaitent pas se retrouver sous la coupe de cet Empire sorti de nulle part. J'eus soudainement envie de pleurer contre Bowen... Comme une enfant perdue. Mais je ne pouvais me le permettre aussi restais-je bien droite et digne, malgré le doute qui me poignardait le cœur.

« Je connais le cœur valeureux des loups, Bowen. »

Peut-être mon indulgence venait-elle de là. Les guerriers du Nord étaient bien différents des soldats de l'Ouest. Et je conservais une tendresse toute particulière pour les premiers, évidemment. Surtout certains d'entre eux. Comme le jeune homme plein de fougue qui me faisait face. Valeureux, mais hanté par la haine. Je l'avais vue briller dans ses yeux bleus. Et je ne m'en étais pas effrayée. Concernant le danger qui avait failli nous emporter, je ne pouvais que plaider un fâcheux concours de circonstances alors que nous ignorions la situation. Bowen résuma parfaitement la situation à ce sujet, d'ailleurs. Je ne pus me retenir de pincer les lèvres quand il ajouta que le dragon de l'Impératrice avait été une bénédiction. Et cela me tuait de devoir admettre que nous lui devions la vie alors que je détestais ses prétentions et sa façon de traiter les autres souverains.

« Heureusement, en effet. »

Ma voix était sans doute bien plus froide que je ne l'aurais voulu alors que je m'étais raidi, que la nostalgie était passée au profit de la situation présente. J'étais sans doute plus sensible que d'ordinaire. Les Mestres disaient que c'était normal quand on était enceinte. Et bien, c'était pénible. J'étais heureuse que Bowen se soit fait du soucis pour moi, preuve s'il en fallait qu'il tenait à moi. Cette impuissance alors qu'un être aimé était en danger, je la connaissais bien. Et il n'était pas sans l'ignorer alors que son visage se paraît d'un voile préoccupé, voire chagriné. Il était marié après tout. Il avait une épouse qui l'attendait quelque part, morte d'inquiétude de ne jamais le revoir. Parce que je ne doutais pas que leur mariage se passait bien. De ce que je connaissais de Maedelyn, elle avait de quoi réchauffer le cœur d'un guerrier de la trempe de Bowen. Et il devait éprouver de la tendresse pour elle. Elle ne devait pas prier d'être délivrée d'un époux violent ou désagréable. Je le regardais, intriguée à sa réponse, avant qu'il ne lâche que son épouse était enceinte. Un lent sourire heureux s'épanouit sur mon visage.

« Oh, mes sincères félicitations, mon cher ami ! De combien de mois ? »

Je devais me faire violence pour ne pas lui avouer l'être aussi... Me trahirait-il ? Je ne savais plus si je pouvais me confier à mes proches... Cependant, mon sourire s'évanouit à la suite. Je posai une main sur son avant bras.

« Je suis désolée de l'apprendre. »

Je hochai la tête quand il me confia qu'elle s'était occupée de son père mourant malgré sa grossesse et qu'il souhaiterait qu'elle soit protégée au sein de Winterfell.

« Je doute que Walton vous refuse cette faveur. Vous avez beaucoup fait pour les Stark. Il n'est que justice que nous vous rendions tant en retour. Protéger la génération future des Glover est bien la moindre des choses. »

Je fus peinée et aussi soulagée quelque part, de l'entendre me dire qu'il était heureux de ce mariage, mais craignait que son absence ne vienne détruire ce qui n'avait pas encore été consolidé avant son départ.

« C'est malheureusement notre lot à tous, surtout en temps de guerre... Une guerre qui risque de durer longtemps. »

Je soupirai, chagrinée. Ce n'était guère rassurant pour lui. Comme c'était parti, il était tenu de rester loin des siens pendant des années, de ne pas voir grandir ses enfants et cela me rappelait ma propre situation quand j'étais enfant.

« Mais vos missives sont déjà un baume sur un cœur inquiet... Je vous l'assure. »

Pour l'avoir vécu moi-même. C'était une lueur d'espoir dans une attente interminable et bien sombre. Naturellement, Bowen me retourna la question et je ris quand il conclue qu'il provoquerait Lyman en duel si jamais je n'étais point heureuse.

« Ils le sont. Lyman est un homme charmant, prévenant et attentionné à mon endroit. Notre relation est basée sur une confiance mutuelle, malgré nos caractères résolument différents et nos éducations opposées. Il est réfléchi, prudent, diplomate. Je suis impulsive, entière et souvent colérique. J'apprends de lui. Et je crois qu'il apprend de moi. Il n'est pas le même homme quand nous sommes seuls. Mes attentes ont été comblées, oui. »

C'était là un sujet assez intime, que je confiais avec un sourire en coin. Sourire qui s'évanouit alors que j'hésitais à lui confier ma plus grande joie.

« Bowen... Vous êtes un ami de longue date. J'ai toute confiance en vous. Mais... Je me sens désormais en décalage avec ceux que j'ai toujours connu et aimé. On me reproche la position de l'Ouest. On me reproche d'avoir oublié d'où je venais et de ne pas avoir lancé l'Ouest aux côtés de l'Empire... Je ne sais plus qui je suis et ce que je dois faire... J'essaie d'agir au mieux, en accord avec mes propres convictions et pour le bien du plus grand monde... Il est tellement difficile d'être femme dans une cour étrangère. Je suis censée soutenir mon époux... Au détriment de ma famille ? »

J'avais voulu parler d'une voix calme et assurée, mais elle s'était réduite à un murmure à la fin. Allait-il m'accabler de reproches lui aussi ? Me rejeter ? Me déclarer traîtresse à mon sang ?



   
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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Sam 30 Sep - 22:56

Malgré la joie qui étreignait son cœur à échanger ainsi avec Jeyne, Bowen ne put s’empêcher de remarquer sa retenue, comme si d’autres soucis la préoccupaient. Il se doutait bien que la jeune femme devait avoir moult problèmes à se tenir au milieu des nordiens en tant que représentante de l’Ouest, et ce alors que les tensions entre le royaume du Roc et l’Empire tout juste formé se faisaient chaque jour plus pesantes. Le Glover s’en était fort bien rendu compte en conversant avec Ser Kenning, même à mots couverts. Nul doute que tôt ou tard, les reproches et les rancoeurs éclateraient au grand jour, car tel était le cœur des hommes : prompt à la colère, vif à la haine et lent au pardon et à la compréhension mutuelle. Ecartelée entre deux mondes, la louve des Lannister devait souffrir de cette situation, sans compter la pression sur ses épaules à être ainsi l’émissaire de son pays d’adoption, obligée de suivre une position n’étant pas forcément la sienne face à son père, à son frère … A sa belle-mère. Au vu de son manque d’enthousiasme quand il l’avait évoqué, le nordien n’était pas loin de penser que l’Impératrice avait encore quelques efforts à faire pour se faire accepter de sa belle-fille, ne pouvant se douter des dessous de la mésentente qu’il croyait percevoir. Il connaissait trop bien les loups du Nord pour ne pas deviner leurs humeurs, don qui s’avérait précieux maintenant qu’il chevauchait aux côtés de Jon. Pour autant, il ne désirait ni commettre d’impair, ni aborder un sujet difficile, aussi il se tâta un bon moment, avant de finir par répliquer doucement :

« Je vous ai connue plus enthousiaste … N’hésitez pas à me dire si ma question est déplacée mais … Le remariage de votre père … Je présume que ce n’est pas aisé à vivre ? »

Le jeune homme avait bafouillé, rougi, tout à son envie de consoler Jeyne si cette dernière avait besoin d’un confident, tout en sachant pertinemment que cette place ne lui était plus dévolue depuis son départ vers l’Ouest. Alors, pour une ultime fois, le garçon avait désiré être cet ami à qui elle pouvait tout dire sans rien expliquer, parce qu’il la connaissait trop bien pour être surpris, et tout simplement parce qu’il ne s’aviserait jamais de répéter ses confidences. Les plaques rougeâtres qui coloraient son visage s’accentuèrent encore plus quand son interlocutrice lui demande de combien de mois son épouse était enceinte, précisément car il ne pouvait y avoir qu’une seule réponse, et qu’il ne savait comment la formuler convenablement sans être déplacé ou manquer de respect à son épouse … Avant de se souvenir qu’au fond, étant donné leurs discussions avant le mariage de la jeune femme, tous deux n’étaient plus à une inconvenance près, aussi finit-il par dire avec un large sourire un peu béat, comme s’il ne croyait pas encore à son bonheur :

« Merci, Jeyne. Et … Hum, eh bien, depuis … mon départ. Environ cinq mois, donc. »

Maedalyn était vierge le jour de leur union, et ils n’avaient guère profité puisque le jeune homme était parti dans la semaine suivant son mariage. La conception ne pouvait remonter qu’à leur nuit de noces, où à quelques jours à peine après. Autant dire que de ce point de vue, il savait parfaitement à quoi s’en tenir, mais il se voyait mal l’expliciter. Nul doute que Jeyne comprendrait parfaitement. Ou du moins, devinerait. Il ne fallait pas être grand clair, de toute manière, tant cela était courant. Il savait que sa propre sœur était née dix mois après le mariage de ses parents, leur écart d’âge s’expliquant par les fausses couches que sa mère avait endurées avant de parvenir à remettre un enfant viable au monde. Penser à sa mère déclencha comme à son habitude une vague de mélancolie, accentuée par les condoléances de sa vis-à-vis. Instinctivement, il posa sa main calleuse sur celle de l’ancienne Stark, la serrant brièvement comme pour se donner du courage avant de murmurer :

« Ne le soyez pas. Je crois … qu’il est mieux là où il est. Avec Mère. C’est auprès d’elle qu’il a toujours été le plus heureux … Je regrette juste qu’il n’ait pas su trouver en lui la force de continuer pour voir son petit-fils ou sa petite-fille … »

Hochant la tête, il acquiesça aux paroles de Jeyne, avant d’ajouter :

« Je crois que votre père a fait des démarches de son côté pour appuyer ma demande. Il tient peut-être plus que ce que je ne le pensais à voir naître un Torrhen Glover. »


Il présumait que Jeyne ne s’offusquerait pas de son souhait de nommer son héritier mâle comme son géniteur. Il s’agissait là d’un hommage envers l’homme qui l’avait forgé, façonné, et rien de plus, une envie profonde de montrer à son fils quel être avait contribué à faire de son père l’homme qu’il était aujourd’hui. Du reste, si sa phrase avait été dite sur le ton de la plaisanterie, pour légèrement alléger l’atmosphère un rien lourde du fait de la gravité des sujets abordés, Bowen n’avait pu empêcher l’émotion de transparaître dans sa voix. Il était réellement touché que les Stark, anciens et nouveaux, prennent autant de précaution pour protéger son épouse et son enfant. Quant à ses missives … Il fallait espérer qu’elles suffisent.

« Je l’espère. Même si je crains de me mettre tous les corbeaux de Westeros à dos, vu tout ce qu’ils doivent porter … »

Ils en restèrent là, passant au propre mariage de la jeune femme. En l’entendant dresser ce joli panégérique de son époux, Bowen sourit avant de déclamer d’un air faussement déçu, presque dramatique :

« Quel dommage … Pas de duel donc ! »


Avant d’ajouter :

« Plus sérieusement … J’en suis heureux. Il est bon que vous ayez un mari qui vous sied pour affronter les aspérités du Roc. »

Pieuse métaphore pour parler des mauvaises langues, des jalousies, d’une belle-mère particulièrement impressionnante, de la Croisade, et autres joyeusetés … Elle aurait besoin de lui.

« En même temps, je vous l’avais dit : le fol qui vous résisterait serait malavisé. Et peut-être qu’un jour … En privé comme en public, votre époux sera le même.

Je crois que de tous les Stark … Vous êtes la plus mesurée, contrairement à ce que vous pensez. Lyman Lannister, ou du moins un homme de ce caractère, était sans doute ce qu’il vous fallait pour vous épanouir. »


Un sourire un peu canaille lui vint, fait extrêmement rare :

« Et s’il comble toutes vos attentes … Voilà qui ravit votre éminent conseiller conjugal. »

Pourtant, les paroles suivantes de Jeyne lui firent l’effet d’une douche froide. Le moment qu’il avait tant redouté venait d’arriver : celui où il faudrait enfin affronter la réalité d’une situation qui avait tellement changée, et qui risquait d’aller contre les convictions de Bowen, ou contre son intérêt. Il comprenait les inquiétudes de la jeune femme. Elles expliquaient enfin ses réticences du début. Il se demanda brièvement qui avait mis en doute sa loyauté, redoutant une réponse qu’il pouvait presque déjà deviner, au vu de ce que lui avait confié à demi-mots l’Empereur sur sa fille. Il avait senti les regrets en lui. L’aide de l’Ouest n’était pas à la hauteur. Beaucoup murmuraient contre le mariage contracté entre Stark et Lannister, il ne fallait pas se leurrer sur cette réalité. Mais à cet instant, celle qui se trouvait en face de lui ne parlait pas à un nordien, mais à un ami. Et cela faisait toute la différence. Il était manifeste qu’une telle confidence lui coûtait. Il fallait donc s’en montrer digne.

« Qui vous a fait des reproches ? »


Sa voix était douce, nullement inquisitrice. Avec un long soupir, il continua :

« Les hommes reprochent toujours à leurs sœurs ou à leurs filles ce qu’ils ne supporteraient pas chez leurs épouses, Jeyne. »


Le constat était implacable … et tristement vrai.

« Que leurs femmes tentent de les influencer est perçu comme une déloyauté, alors que paradoxalement, ils ne cessent de demander à leur parentèle féminine d’agir en leur faveur. La plupart des mâles ne perçoivent pas les sacrifices nécessaires pour se faire accepter, plus encore dans de nouvelles terres. Et si je les connais, c’est parce que ma mère les a faites … Le fait est que son exemple n’est hélas pas porteur des mots que vous voudriez que je prononce, Jeyne, pour vous rassurer. Ils sont cruels, mais ils sont vrais.

Oui, il est probable qu’un jour, vous devrez choisir. Et l’ami que je suis déteste ce qu’il va dire par rapport au nordien qu’il est également, parce que votre avenir se situe dans l’Ouest, et non dans le Nord. Mais … Je crains que ce choix ne se porte sur les Lannister. C’est le cours juste des choses. Ma mère a sacrifié sa famille de naissance lors de la guerre entre le Noir et le Nord. Elle en a énormément souffert alors qu’elle n’avait pas le choix. Elle l’a pourtant fait. Cela n’empêche pas de souhaiter que les siens soient indemnes, qu’ils ne souffrent pas …

Votre naissance vous a modelé pour ce jour. Votre père vous a fait épouser une autre couronne. Quand bien la paix aurait régné, il serait arrivé un moment où les intérêts de l’Ouest et ceux du Nord auraient divergé, sur n’importe quel sujet, et alors, il aurait été de votre devoir de vous opposer à lui, ou à votre frère. Il est juste … douloureux de l’accepter. D’endosser cette responsabilité. De la supporter. »


Dire ces mots lui faisait mal, plus qu’il ne l’aurait cru, tant il avait l’impression de se poignarder lui-même. Mais parfois, l’amitié poussait à être sincère, et ce même à ses dépens.

« Ne vous reprochez rien. Que celui qui aurait lancé ses gens dans une guerre pour les beaux yeux de sa bru ou de son épouse vous jette la première pierre. Vous faites ce que vous pouvez, en une cour qui n’est pas encore la vôtre et qui est appelé à la devenir.

Sans compter que plus vous apparaîtrez comme favorable aux intérêts de l’Ouest, plus votre pouvoir grandira. Et plus, finalement, vous serez utile aux Stark. C’est la finalité qu’il faut voir, Jeyne, pas les étapes, même si elles sont douloureuses. »


Après tout, même si on l’oubliait souvent, Bowen n’était pas dénué de sens politique, essentiellement parce qu’il avait appris auprès d’un fin connaisseur des hommes, quoi qu’il en pense et quoi qu’on en dise.

« Du reste … Que je sache, nous ne sommes pas alliés. Votre père a troqué une fille contre un pacte de non-agression. Là est peut-être l’oubli de la plupart de nos gens qui croient nativement qu’une union maritale vaut pacte d’assistance.

Non pas que je doute qu’il y ait eu des clauses autres … Mais nous les ignorons tous, et je ne sais si nous en mesurerons un jour toutes les conséquences. »


Avec un mince sourire, il finit par conclure :

« Agissez comme vous l’avez toujours fait Jeyne. Je ne doute pas que vous ayez toujours le Nord dans votre cœur. Et que vous savez au fond de vous-même ce qui est juste. »



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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Sam 28 Oct - 17:00

Je n'avais jamais été douée pour masquer mes émotions et mes pensées. Sauf quand je me retranchais derrière la froideur polaire, mais même alors, il était aisé de deviner que c'était parce que j'étais en colère et cherchais à me protéger. C'était d'ailleurs un défaut dans l'Ouest. Cette... transparence. Je m'en rendais compte. Mais je n'étais pas gênée d'être ainsi découverte par Bowen. C'était un ami, un homme en qui j'avais confiance. Qu'il décèle mes failles n'était pas handicapant. Ni même honteux.

« Je suis lasse, Bowen. »

Voilà ce qui expliquait mon manque d'enthousiasme. J'étais fatiguée et ma grossesse ne devait pas améliorer les choses.

« Il est beaucoup de choses qui ne sont pas aisées à vivre... Mais en effet, je ne suis pas enchantée, surtout au vu de ce que cela a engendré. »

Cet Empire. Ces rêves de Grandeur. D'idéal. Un but louable, si le pouvoir de tout Westeros ne se retrouvait pas entre les mains de deux personnes qui s'étaient jugées les plus aptes à l'avoir. Le pire étant que beaucoup suivaient. Cela me dérangeait profondément. Je félicitai Bowen pour la grossesse de son épouse, amusée de voir ce fier guerrier aussi rougissant qu'une pucelle avant ses noces alors que je l'interrogeais. Et un rapide calcul m'apprit que la jeune femme était des plus féconde alors qu'ils n'avaient pas vraiment pu profiter de leur mariage. Il avait du quitter sa jeune épouse bien rapidement. Et voilà qu'il avait en plus, perdu son père.

« Il est des pertes insurmontables et aucun rayon de soleil ne sait percer les ténèbres qui s'emparent de l'âme. »

C'était bien triste, mais je ne jugeais pas ceux qui renonçaient à tout. Père avait été fortement affecté par la perte de Mère et l'avait pleurée de bien nombreuses années. Il avait le droit d'avoir une jeune et jolie épouse et de trouve du réconfort auprès d'elle, même si j'étais sceptique la concernant. Il y avait tant de rumeurs et de ragots. En attendant, Bowen souhaitait que son épouse soit en sécurité au sein de Winterfell et en avait émis la demande. Je souris franchement quand il me confia le nom du futur enfant.

« Et quel nom sera le sien si c'est une fille ? »

J'étais touché par cet hommage d'un homme envers un autre, qui avait été une figure paternelle. Ironique quand il avait été si absent pour sa propre progéniture, non ? Pourtant, je ne doutais pas de son attachement à ses louveteaux. Qu'ils soient de son sang ou d'adoption, un peu comme Bowen. Il écrivait souvent à son épouse, laissée loin derrière lui. C'était difficile pour une femme d'être ainsi dans l'attente des nouvelles, mais c'était pourtant réconfortant quand enfin nous pouvions lire les mots écrits par des mains adorées.

Et naturellement, après avoir parlé de son mariage, nous parlâmes du mien et je le rassurai concernant ma propre condition. Je n'étais pas malheureuse et Lyman était un époux prévenant.

« Je crains que vous ne mettiez mon époux en pièce si duel il devait y avoir ! »

J'étais lucide concernant les qualités et défauts de Lyman, ses points forts et ses faiblesses. Il n'était pas un guerrier du niveau de Bowen. Il n'avait pas grandi dans un climat de conflits. Je hochai la tête quand il adoucit son propos. Oui j'avais besoin de soutien dans cette fosse aux lions et j'étais fort aise que Bowen en ai conscience. En revanche, je fus surprise quand il renchérit en me disant la plus mesurée de tous les loups. Je souris lentement, avant d'éclater de rire quand il termina sur une note d'humour. Effectivement, il m'avait prodigué quelques conseils, contre toute bienséance. C'était notre secret.

« Vous êtes un homme en or, Bowen. »

Et cela se confirma davantage encore par la suite. Quand le poids de ce qui m'accablait se fit trop lourd que je me sente obligée de le lui confier. J'étais déchirée entre Stark et Lannister entre ce qui avait été mon enfance et ce qui serait ma vie de femme. Entre mon passé et mon avenir, quelque part, bien que cela me tue de le reconnaître. Mon enfant serait Lannister... Je lançai un regard désemparé à Bowen quand il me demanda qui m'avait fait des reproches. Et je n'eus pas besoin de répondre alors qu'il enchaînait très doucement et comprenait de lui-même. Je sentis un sanglot gonfler dans ma gorge alors qu'il parlait, avec la voix d'une sagesse que je ne lui connaissais pas, de l'expérience de sa propre mère. Il comprenait... C'était exactement ma situation et il la comprenait. Et ce sanglot éclata malgré moi alors que ses paroles étaient l'écho de mes pensées. Que je devais épouser les intérêts des Lannister et entrer dans leurs bonnes grâces pour gagner ce pouvoir qui me faisait tant défaut pour le moment. Je me retrouvai alors dans les bras de mon ami, à chercher sa chaleur et sa présence apaisante et réconfortante, froissant sa chemise entre mes doigts.

« Oh Bowen, j'aurai tant aimé que ces paroles sortent de la bouche de mon frère... »

Mon propre frère qui avait été si prompt à m'accuser de tous les maux.

« Je vais le perdre. Je vais perdre mon père. Cela m'est insupportable... Leur hostilité à l'encontre de ma belle-famille me fait craindre pour l'avenir. A quel point suis-je l'ennemie Bowen ? A quel point puis-je être utilisée à des fins politiques désormais ? J'en suis arrivée à être prudente avec ma propre famille et à me méfier d'eux, de peur que cela puisse être utilisée contre l'Ouest. J'aurai tellement de choses à dire, mais ce climat de guerre et de suspicion ternit considérablement mon bonheur et mon enthousiasme... »

Je me mordis la lèvre, relevant le regard vers Bowen, hésitante. Se jouerait-il de moi ? Ferait-il passer sa loyauté envers mon père ou mon frère avant son amitié pour moi ?

« L'Ouest est mon avenir... Et j'en porte les graines en mon sein. »

C'était dit. Je me raidis malgré moi, ayant décidé de lui faire confiance.



   
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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Lun 30 Oct - 20:14

« L’Empire n’agrée ni aux Lannister … Ni à leur ambassadrice, je gage ? »

Foin de faux-semblants. Au cours de sa conversation peu avant avec Gareth Kenning, c’est ce que Bowen avait plus ou moins cru comprendre de l’impression dégagée par le jeune homme de marcher sur des œufs, comme s’il hésitait à trop en dire. Tous savaient que les Lions jouaient trouble-jeu, alliés au Noir et mariés au Loup … Nul doute qu’ils n’étaient guère ravis de se retrouver pris au piège entre deux blocs qui affirmaient à demi-mots leur volonté de suprématie, ou du moins de victoire absolue sur leurs ennemis. Et puis, aux considérations politiques, il y avait aussi les rancœurs personnelles … On disait que le Conclave avait vu Jordane Lannister affronter Rhaenys Targaryen. On murmurait que l’Ouest et Peyredragon ne s’appréciaient guère. Et une belle-mère n’était jamais accueillie à bras ouverts par les enfants de son conjoint, quoiqu’on en dise, quelles que soient ses qualités. Sa sœur avait mis un certain temps avant d’amadouer les filles de son mari, même si Alys était à présent véritablement attachée à elle. Arra … Un peu moins, le souvenir de sa mère était trop présent, même s’il avait cru comprendre que leurs relations étaient devenues plus apaisées, plus agréables au fil du temps. Peut-être que si les choses étaient restées ce qu’elles étaient avant cette année folle … Jeyne aurait pu s’y faire, avec le temps. Là, avec toutes les complications stratégiques … Difficile pour une jeune fille tiraillée entre sa famille de naissance et sa famille d’adoption d’apprécier à ce point le chamboulement induit par la nouvelle Braenaryon. Ils étaient humains, après tout.

« Du moins, de ce que j’ai cru comprendre en discutant avec Ser Kenning en attendant que le mestre veuille bien me céder le passage … Le pauvre marchait tellement sur du verre en discutant avec un nordien de peur que je lui en veuille des mésententes entre nos royaumes que j’ai presque regretté de le mettre ainsi au supplice.

Bon, il était plus détendu une fois que je lui avais assuré n’avoir aucun grief contre l’Ouest. Je me souviens trop bien de la Mort-aux-loups pour cela. »


Il avait souri en disant cela, même s’il savait que la difficulté de cette conversation qu’il hésitait presque à poursuivre. Mais en disant cela, il déclarait aussi implicitement ne pas avoir de rancune à l’égard de la nouvelle patrie de Jeyne, pour le moment du moins. Charge aux Lannister de ne pas envenimer la situation pour déclencher son ire, car s’il avait la mémoire longue en matière de reconnaissance, il ne fallait pas trop abuser de sa bonté. En la matière les rumeurs sur le passage des croisés par exemple, n’étaient pas de taille à le rassurer … Le pire ? La suite de leur discussion était toute aussi délicate, alors qu’ils parlaient de son père. Il savait que Jeyne comprendrait et en même temps … Son poing se serra en même temps que sa mâchoire se contractait en l’entendant dire exactement ce qu’il s’efforçait de se répéter depuis plusieurs jours, et qu’il n’arrivait pas à supporter dans une bouche autre que la sienne, tant cela lui semblait si … facile ? Lâche ?

« Est-ce … mal, alors, de lui en vouloir ? Même si j’essaye de me convaincre du contraire ? Est-ce mal pour un fils de détester son père mort pour n’avoir pas été capable d’être là quand il le fallait ? Pour l’avoir contraint à tout assumer seul, y compris son mariage ? De n’avoir jamais été autre chose qu’un fardeau pour sa toute nouvelle belle-fille, de ne pas avoir essayé de la connaître ? »

Oui, malgré toutes ses belles paroles … Bowen ne parvenait pas à pardonner à Galbart Glover ne pas avoir été assez fort pour supporter la perte de sa femme et de ses enfants, de n’avoir pas lutté pour vivre et accompagner ses héritiers survivants qui avaient tant besoin de lui. Il avait abandonné. Il s’était laissé dévorer par le chagrin et la maladie. Et cela, malgré tous ses efforts, le Poing du Nord ne pouvait l’accepter. Il comprenait. Mais il ne le supportait pas. Il l’acceptait mais le haïssait de le forcer à le faire. Et cela, il ne pouvait le confier qu’à Jeyne, parce qu’elle savait déjà tout ce qu’il y avait de pire chez lui.

« Ma pauvre amie … Je vous confie décidément toutes les parts d’ombre de mon être … »

Peu à peu, Jeyne était devenue sa confidente principale, en dehors de sa sœur. Il ne savait pas pourquoi, après la Mort-aux-loups, tout avait changé à ce point. Mais c’était ainsi, et depuis qu’il s’était ouvert si profondément auprès d’elle, il se sentait … serein, à l’idée de lui offrir une part de son âme qu’il avait tant de mal à dévoiler, de crainte de décevoir tous ceux qui avaient une image si flatteuse de lui, tandis que le jeune homme ne voyait que la noirceur cachée de son âme, incapable de se défaire de ses démons. Etait-ce pour cela qu’il voulait appeler son enfant comme sa défunte mère ? Etait-ce une faiblesse ? Il ne savait pas.

« Rowenna … Comme ma mère. Je sais que certains vont trouver cela morbide, ou trop difficile à porter, et je ne sais encore ce que mon épouse en pense, si cela lui convient … Mais … C’était une femme magnifique. J’aimerais qu’on ne prononce plus uniquement ce prénom avec regret ou horreur … Qu’il y ait à nouveau de l’affection dans les yeux des nordiens quand ils en parlent … Un peu. »

Quant à être un homme en or – du moins, quand il ne désirait pas mettre en pièce l’époux de son amie- Bowen n’en était pas sûr. Néanmoins …

« Je ne sais pas si je suis un homme en or … Mais vous êtes ma meilleure amie, Jeyne. Alors … J'essaye de l'être au moins pour vous ? »

Le compliment le touchait profondément. Même s’il avait longtemps souffert d’être un confident auprès des dames plutôt que l’objet de leurs convoitises, il voyait aujourd’hui, avec l’âge et le recul, à quel point ce chemin était source de gratifications. Différentes certes, mais tellement plus belles. Combien d’hommes avaient entendu pareil compliment de la part d’une jeune femme, sans arrière-pensée ? Il se le demandait. Et une part de lui s’enorgueillissait de la confiance que lui témoignait la Princesse, d’être cet appui pour elle, de la faire sourire et de pouvoir lui parler à cœur ouvert. Il lui avait confié son tourment … Elle s’apprêtait à faire de même.

De quelle manière, néanmoins, cela arriva ! Brusquement, le Glover se retrouva confronté aux larmes, au désespoir, à la déchirure d’une famille. Tout ce qu’il avait deviné éclatait soudain, pareille à la pire des tempêtes. Sans trop savoir que faire, décontenance tout autant que chagriné de voir son amie dans un tel état, il referma maladroitement ses bras autour d’elle, caressant doucement son dos pour la calmer un peu, alors que sa voix se brisait d’entendre tout ce que la jeune fille endurait.

« Oh Jeyne … Je suis tellement désolé … »

Soucieux de l’apaiser, il déposa un baiser sur ses cheveux, aérien, doux, comme pour lui apporter le réconfort qu’il savait ne pouvoir lui obtenir, car il n’était ni Torrhen, ni Jon. Il savait que tous deux avaient cette franchise terrible, et que les Stark n’avaient guère le meilleur passif en termes de communication … Il fallait croire que cela ne s’était pas arrangé. Relevant la tête de Jeyne doucement, il lui offrit un maigre sourire avant de dire :

« Vous ne les perdrez jamais. Peu importe ce qui vous divise … On ne perd jamais sa famille. Pas totalement. Ils sont toujours dans nos pensées, malgré les difficultés, la guerre … »

Il hésita un instant, avant de murmurer :

« Quand j’étais plus jeune … Au tout début de la première guerre contre le Noir … J’ai surpris ma mère prier seule devant l’Arbre-Cœur, très tardivement. J’étais sorti discrètement de ma chambre … Et je l’ai entendue prier pour ses frères, ses neveux, pour qu’ils aillent bien. Malgré le fait qu’ils soient nos ennemis.

Je ne crois pas qu’elle m’ait vu. Et je n’ai rien dit. Mais … Je ne crois pas qu’on perde jamais complètement les siens. »


Il ajouta gentiment :

« Ils en veulent peut-être à l’ambassadrice de l’Ouest que vous êtes, car vous représentez les intérêts d’un autre royaume. Mais pas à Jeyne elle-même. Vous voyez ce que je veux dire ? C’est simplement … difficile de dissocier les deux. »


Avant de conclure :

« Mais je ne doute aucunement que leur affection à votre encontre soit immense. Peut-être est-ce précisément pourquoi vous parler est si … délicat. Parce que l’amour familial amène parfois à dire, dans un élan de colère, les paroles que l’on regrette le plus.
Confiez-leur ce qui est doux dans la vie de Jeyne, et non dans celle de la Princesse de l’Ouest. »


Enfin il disait ça … Mais quelle bombe venait-elle de lui lâcher à brûle-pourpoint. Il craignait de comprendre. Oh oui … Elle ne pouvait vouloir dire qu’une chose …

« Jeyne, je … vous … Attendez, est-ce que je comprends bien ce que je dois comprendre ? »

Un beau sourire sincère illumina son visage :

« Toutes mes félicitations ! »

Puis ce dernier se ternit, à mesure qu’il prenait conscience de l’énormité de la situation.

« Vous … ne leur avez pas … Je … »

Bégayant, il finit par dire :

« Qui est au courant ? Hormis moi, je veux dire … »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.




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