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Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]
MessageSujet: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Dim 2 Juil - 23:44

« La Princesse se repose, vous n’êtes pas autorisé à venir lui rendre visite. Seuls les membres de la famille y sont autorisés, quand elle sera prête à les recevoir à nouveau. »

Pour la énième fois, Bowen venait de se heurter au refus catégorique du mestre qui s’occupait de Jeyne Lannister, née Stark, de monter prendre de ses nouvelles et malgré toute sa légendaire patience, le jeune homme commençait sérieusement à bouillir sur place de rage envers ce maudit enchaîné dans sa bure noire qui lui sortait furieusement par les yeux. A cet instant, rien ne lui aurait fait plus plaisir que d’empoigner son épée et de la lui passer au travers du corps, ou tout simplement de lui faire goûter au poing d’acier des Glover, qu’il sache à qui il osait parler de la sorte. Il n’était pas un courtisan ni un vulgaire palefrenier, mais un noble du Nord, un Lord, pourvoyeur de la cinquième armée du royaume malgré la dévastation de son fief, second du roi Stark en personne et surtout, ami intime de Son Altesse. Alors les regards de haut de ce pendard lui échauffaient les sangs plus que de raison.

« Sa Majesté le roi Jon Stark m’a autorisé à accéder aux appartements de Son Altesse sa sœur, pourtant. »

« Je regrette, mais ce n’est pas possible. »

Au diable la tempérance et les convenances. Bowen était un homme certes posé et pétri de tradition, mais à cet instant précis, il était avant tout un jeune garçon de vingt-et-un qui brûlait de s’assurer que l’une de ses meilleures amies d’enfance, qu’il n’avait pas vu depuis plusieurs mois et qui lui manquait chaque jour allait bien, que ses jours n’étaient pas en danger après l’immonde attaque traîtresse et vile qui avait manqué lui coûter la vie, et qui n’aurait sans nul doute pas manquer de le faire si Rhaenys Braenaryon, ex-Targaryen, n’était pas intervenue sur le dos de son dragon pour sauver sa belle-fille, sa suite ouestrienne et les dames Tully les accompagnant. Une fois encore, la guerre avait failli lui arracher l’un de ses êtres chers, et nul doute que le Glover n’aurait pas supporté un autre deuil, si rapproché des précédents. Aussi il éprouvait à cet instant précis une reconnaissance sans borne envers l’épouse de son ancien mentor, et s’il ne pouvait que demeurer circonspect face aux coutumes qu’apportait cette femme, il était en revanche follement heureux qu’elle soit intervenue, tout comme il admettait que ces lézards géants et démoniaques qu’elle montait et qui constituaient à ses yeux une abomination particulièrement dangereuse avaient quelques avantages, pourvu qu’ils soient contrôlés et dans son propre camp.

« Mène-moi à elle ou je te mets en pièce. Immédiatement. »

Cette fois, Bowen ne souriait plus. Ne tentais même plus de paraître poli. Il avait agrippé le mestre par son col, son poing ganté et hérissé de maille lui rentrant dangereusement dans la gorge tandis que la force de l’impact l’avait presque soulevé de terre. L’homme de sciences s’apprêta à protester, mais le regard du nordien lui cloua le bec et il gargouilla un assentiment étouffé avant de se précipiter au-devant du Glover, secoué d’un long frisson alors qu’il venait de relâcher sa poigne de fer. Les yeux qui l’avaient contemplé respiraient la mort, la haine et le sang. C’était les yeux d’un fou, d’un être assoiffé de vengeance et qui, l’espace d’un bref instant, avait laissé tous ses démons intérieurs ressortir pour contempler de toute sa noirceur d’âme ce malheureux mortel. C’étaient les yeux qui s’étaient gorgés des souffrances sauvageonnes sur leurs croix, qui avaient massacré les derniers survivants avec une hargne proche de la démence, et qui avaient joui de leurs tourments avec une délectation malsaine. C’étaient les yeux de Bowen, ceux qu’ils ne montraient que sur le champ de bataille, quand l’ivresse le prenait et que la haine le submergeait. L’attaque de Jeyne avait simplement réveillé ses pires angoisses, et contrôler ses instincts était devenu trop complexe, aussi le Poing du Nord avait finalement décidé de les laisser s’exprimer un bref instant.

Il prit plusieurs secondes pour se calmer, revenir à lui, et d’un pas lourd, progressa vers la chambre où la jeune femme se reposait. Une fois devant, il inspira profondément et toqua plusieurs fois, avant de s’annoncer d’une voix forte :

« Lord Bowen Glover. »

Puis il attendit patiemment que Jeyne lui réponde, ou du moins soit suffisamment présentable pour le faire. Peut-être était-elle blessée ? Non, si c’était le cas, Jon Stark ne l’aurait pas autorisé à venir. Encore que … Ah, il ne savait pas, et ces questions qui n’arrêtaient pas de surgir dans son esprit fatigué le rendaient fou. Cependant, la voix de la jeune louve vint le tirer de ses errements, aussi il entra rapidement, manquant faire sortir la porte de ses gonds tant il l’ouvrit avec force, avant de se précipiter sans plus de cérémonie vers la Princesse du Roc et de l’entourer de ses bras puissants pour l’étreindre longuement, savourant tout simplement le contact avec son ami, comme s’il avait cru ne jamais la revoir et refusait presque de de la laisser repartir. Il fallut pourtant qu’il se détache d’elle, tout d’abord pour la laisser respirer. Pour autant, il maintint ses bras autour d’elle, soufflant finalement :

« Jeyne … J’étais fou d’inquiétude, quand j’ai appris … Vous n’avez rien ? »


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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Mer 12 Juil - 17:57

Mon arrivée dans le Conflans était un événement majeur. Et également l'occasion de revoir tous les gens chers à mon cœur. En temps normal, il m'aurait fallu aller dans le Nord pour cela, pour tous les retrouver. Mais nous étions en temps de guerre et le Nord ne ménageait pas ses efforts pour repousser l'envahisseur Hoare... Et soutenir les désirs de conquêtes de Peyredragon. Le Conflans était une contrée fortement agitée, souvent conquise. Je n'avais appris que récemment que l'une des familles importantes de cette région avait décidé de se rebeller contre la suprématie Hoare pour embrasser les idéaux de l'empire. Mais au vu des conditions proposées par Père et son épouse, le Tully aurait été bien sot de refuser n'est-ce pas ? Entre être vassal des Hoare ou être roi du Conflans (mais tout de même vassal de l'Empire), le choix était plutôt vite fait.

Je vis apparaître soudainement un Mestre tout blanc et tout tremblant et je fronçai les sourcils en me demandant ce qui avait bien pu mettre l'homme de sciences dans cet état avant d'entendre la voix tonitruante de Bowen au dehors qui résonnait. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine alors qu'un sourire s'épanouissait sur mon visage.

« Cet homme est fou et vous êtes convalescente votre Grâce et... »

« Il suffit. Je vais très bien et Lord Glover est un ami de très longue date. »

J'observai l'homme, me demandant à quel point Bowen avait du le malmener pour le faire plier alors qu'il prenait ma santé très à cœur. Un peu trop d'ailleurs. Et je savais que mon ami était du genre sanguin et pas forcément très tendre quand il avait un objectif en tête. Il m'avait parlé de cette rage qui l'habitait, de cette puissante envie de tuer, de détruire le moindre Sauvageon, sans aucune pitié. S'il avait pensé me faire peur en disant cela, il s'était trompé. J'étais désolée pour lui qu'une telle rage qui semblait inextinguible puisse l'animer, mais je ne le considérais pas comme un monstre pour autant.

« Entrez Lord Glover ! »

Si j'avais été seule, je ne lui aurai pas donné du Lord Glover, mais du Bowen, mais j'avais là une paire d'yeux inconnus et en qui je n'avais pas vraiment confiance.

« Vous pouvez disposer. »

Il fit mine d'ouvrir la bouche pour protester, mais je lui jetai un regard noir. Et quand Bowen entra dans la pièce d'un pas vif, il blêmit et battit en retraite en refermant la porte, tandis que je me retrouvais emprisonnée dans les bras amis. Je soupirai d'aise, laissant aller ma tête contre son torse puissant. C'était là un tableau peu banal et qui pouvait être fortement compromettant. Bowen n'était pas un frère. Il était un ami. Un autre homme. Mais je n'en avais cure. Nous étions seuls d'une part. Il avait la confiance de mon père et de Jon. Et je n'avais rien à me reprocher, il n'y avait aucune ambiguïté dans notre relation.

« Je vais bien, Bowen. Plus de peur que de mal, je vous assure. »

Je lui offris un sourire sincère et réconfortant.

« Je ne sais pas ce que vous avez fait à ce pauvre Mestre, mais il était aussi blanc qu'un cadavre. »

J'avais soufflé cela d'un ton amusé, le regard pétillant de malice. Comme je me sentais bien à présent !

« Pour le plaisir de vous revoir mon ami, ce voyage en valait la peine. »



   
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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   Mer 19 Juil - 23:22

Jeyne lui assurait qu’elle allait bien. Presque instinctivement, ses yeux bleus avaient commencé à la scruter, comme pour s’assurer que la moindre écorchure guérissait, comme s’il n’arrivait pas à la croire vivante, en bonne santé, face à lui. Et en même temps que cette inquiétude qui refusait de se taire, le Glover commençait à éprouver un intense sentiment de soulagement, qui déferla bientôt en lui comme une vague venue des tréfonds de la Baie des Glaces pour se briser sur les falaises de Motte-la-forêt, arrachant tout sur son passage et apaisant son cœur angoissé, épris d’effroi à l’idée que quoi que ce soit puisse arriver à la cadette des Stark. Sans doute que ses deuils successifs l’avaient rendu quasiment paranoiaque quant à la santé de ses proches. Souvent, ces dernières nuits, il avait été réveillé par des cauchemars terribles prédisant la mort en couches de son épouse et la perte de leur enfant, à tel point qu’il se demandait si les fantômes de la folie ne débutaient pas leur lente danse autour de son esprit. Nul doute qu’apprendre le décès de la Princesse l’aurait conduit au seuil du pathologique. Après tout, il avait conscience, malgré son apparence calme et compassée, que sa santé mentale ne tenait qu’à un fil … Et de façon ironique, la seule qui avait connaissance de son mal se tenait quelques instants auparavant dans ses bras. Oui, le Poing du Nord aurait pu parler de ses tourments à de nombreux fiers soldats qui avaient connu le pire … Mais il avait choisi pour s’épancher celle qui était encore à l’époque une jeune pucelle. Et il ne le regrettait aucunement, car elle avait su lui apporter le réconfort nécessaire à l’acceptation de sa dualité interne, de ce faciès hideux qui ressortait dans la bataille ou dans l’énervement et tranchait tellement avec sa personnalité ordinaire, nettement plus douce et modérée. A vrai dire, maintenant que les brumes de la colère se dissipait, que l’angoisse diminuait, que Bowen retrouvait son caractère normal, il sentit la honte l’envahir en pensant à ce qu’il avait infligé à ce malheureux mestre. C’est donc un Glover fort penaud soudainement qui regarda ses chausses avec application en cherchant ses mots, l’air clairement embarrassé :

« J’ai peut-être … hum … légèrement été … euh … insistant à son endroit. »

Doux euphémisme. Sans doute que le pauvre homme était en train de changer ses robes compissées par la peur. Non Bowen n’avait guère été compréhensif ou tendre avec ce mestre qui ne faisait, finalement, que veiller avec un peu trop de dévouement sur sa si précieuse patiente. Même si franchement, son entêtement avait été des plus … agaçants. Pour parler poliment.

« Je tiens à dire pour ma défense que j’avais reçu l’autorisation de votre frère pour venir, et que cela n’a pas suffi. Alors … j’ai dû me montrer convaincant. »

Son regard clair se posa sur la jeune femme, alors qu’il ajoutait, se rendant compte après coup de l’ambiguïté d’une telle attitude, qui avait tout de l’amant éperdu tentant d’avoir des nouvelles de sa maîtresse :

« Je suis désolé, mais après … tout, je me devais de vous voir en personne. »

Heureusement, le sourire éblouissant de Jeyne le convainquit qu’il n’avait rien fait de répréhensible, tout à sa hâte. Il était même heureux de constater, avec une pointe de joie personnelle et un peut fat, qu’il avait manqué à la jeune fille autant qu’il avait regretté son absence. Leur correspondance avait été éparse, après tout, soumise aux aléas de ses déplacements militaires et des devoirs d’une Princesse qui avait autre chose à faire que d’envoyer des corbeaux à un vieil ami d’enfance, surtout que, si la Lannister surveillait la correspondance de sa bru, ce qui n’aurait pas été improbable au vu de la réputation féroce de la Lionne de Castral Roc, nul doute qu’une relation épistolaire prolongée avec un mâle nordien au cousinage éloigné n’aurait pas été à son goût. Aussi Bowen consentit quelques instants à une touche de plaisanterie, répondant gentiment, et avec un brin de galanterie :

« Traverser tout le Conflans me paraît soudain une entreprise moins périlleuse, si c’est pour voir sourire à nouveau, Jeyne.

Vous m’avez manqué. »


Puis, comme toujours avec le Poing du Nord, le sérieux reprit très rapidement le dessus, et il ajouta, contrit :

« Néanmoins … j’admets que j’aurais préféré que les circonstances soient plus douces, moins … heurtées.

Cette embuscade aurait pu avoir des conséquences tellement … Je préfère ne pas y penser. Mais j’espère que votre escorte sera d’un autre acabit lors de votre voyage de retour. Ser Kenning a fait ce qu’il a pu avec ce qu’il avait, mais vos hommes n’étaient guère nombreux, surtout pour une dame de votre rang et de votre parage. »


La place de Bowen n’était pas de critiquer les Lannister ouvertement, et il ne le fit pas. Pour autant, il n’arrivait pas à comprendre comme les souverains du Roc avaient pu risquer leur nouvelle bru ainsi. Certes, il n’était pas idiot au point de ne pas avoir quelques idées sur le pourquoi de son envoi au-devant des Braenaryon. Jouer sur la fibre paternelle de Torrhen n’était pas stupide, quoique la ficelle fut un peu grosse. Mais quelque part, ce mouvement, alors que la guerre faisait rage, lui paraissait fou. En un voyage, Jordane Lannister avait parié la nouvelle génération de sa famille, en engageant en territoire contesté et son gendre, et sa belle-fille. Oui, vraiment, l’esprit familial si puissant du jeune homme avait du mal à comprendre, lui qui avait tout fait pour protéger son épouse, quitte à la faire quitter ses terres, et qui donnait secrètement des ordres pour que son frère soit protégé si une attaque survenait. Là était sans doute la différence entre des rois et des lords. Lui ne se serait jamais résolu à risquer sa maison de cette façon. Ou peut-être que si, à une époque où les Glover étaient prospères et nombreux. A présent, cette seule pensée lui était purement insupportable.

« Enfin … Je crois que je suis simplement heureux de vous savoir … remise. Sincèrement, Jeyne, apprendre qu’un malheur vous était arrivé m’aurait rendu fou.

J’aurais eu l’impression … de perdre à nouveau ma famille … »


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MessageSujet: Re: Losing you is impossible, because you're like a sister to me [PV Jeyne]   

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