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All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]
MessageSujet: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Lun 22 Aoû - 23:13

La soirée s’approche inexorablement. La déclinaison de l’astre solaire symbolise à merveille le temps qui s’égrène. Inarrêtable, invisible, inaudible, il est pourtant celui qui fait et défait des royaumes, des rois…des vies. Et il m’a sorti de l’ombre avec la chute d’Argilac Durrandon. L’Arrogant se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment avec la mauvaise personne. Aucune ruse, aucun artifice digne d’Harren le Noir. A quoi le Roi orageois s’attendait-il ? Que je me comporte comme Gedeon Greyjoy ?

En compagnie d’une vingtaine d’hommes, en grande majorité mes principaux relais sur le champ de bataille, nous attendons la pitance du soir avec impatience.  L’odeur de la viande sur le feu m’enivre et aiguise mon appétit. Mais, je m’attends en premier lieu à avertir Gedeon Greyjoy comme je l’ai mentionné à Eren. Plusieurs royaumes se dressent contre nous et même si nous avons le nombre en notre faveur, je veux voir cette flamme de vaincre. Certes, je lui accorde des circonstances atténuantes, la solution retenue n’était guère judicieuse. C’est pour cela que je lui accorderai l’opportunité de se rattraper. Mais, je ne suis pas Harren. Il aurait peut-être été en mesure de réaliser quelque chose. L’Arrogant avait été vaillant en infériorité numérique. Le Fer-né vient tout juste d’arriver au campement et je n’ai pas tardé pour le convoquer.  Il peut me présenter ses respects ainsi que ses explications, je n’en démords pas.

« Nous vous avons fait confiance. Nous vous avons placé à la tête d’une armée. Et… »


« Nous n’avions pas le choix, Altesse. L’ennemi était trop nombreux. »


Oh boy, ce n'est pas intelligent, Greyjoy. Mon regard se reporte sur le Fer-né. Je le toise alors rudement quelques secondes. Il vient de m’interrompre avec ce qui lui semble être une certitude. Certes, des erreurs peuvent être faîtes mais j’aurais aimé voir du courage, j’aurais aimé que notre peuple ne se replie pas derrière une retraite stratégique qui ne ferait qu’éveiller des doutes pour le futur. J’aurais pu le laisser repartir sur ses deux pieds. Le Prince va devoir se salir les mains pour transmettre son message.

« Je donne les ordres, vous exécutez. Vous contestez…et je vous brise, je vous déchire, je vous décime comme la plus furieuse des vagues contre les rochers de nos îles…Tout le monde en cercle ! Maintenant ! Vous voulez usurper mon rang, Greyjoy ?! Sortez votre arme !   »


What is dead may never die but rises again stronger and harder.
L’assemblée de Fer-nés semble interdite devant ma décision. J’ai décidé de lui imposer un duel parce que je sais qu’il faut parfois faire des exemples avec ces maraudeurs. Ma main s’empare de mon épée que je fais tournoyer sur elle-même en m’éloignant de quelques pas, à une extrémité de la zone de combat improvisée. Ne laissant guère le temps au Greyjoy d’ingurgiter la gravité de sa situation, je marche à toute vitesse vers lui parant sa défense d’un geste rageur. Mon pied vient s’abattre brutalement sur son bas ventre tandis que sa lame tombe dans l’herbe.

Délaissant à mon tour Joyeuse au sol, je me précipite sur lui, mon genou en appui sur son épaule et ma main gauche agrippant sa tignasse grasse et velue.  Le reste, n’est qu’une pluie de coups de poing et de coups de coude. Pour la chevalerie et la noblesse au combat, on repassera. Délaissant ma victime du soir au bout de quelques secondes, je récupère mon épée qui retrouve son fourreau. Il vivra. Yoren a de la chance de ne pas être dans les parages parce qu'il me faut peu pour prendre feu en ce moment. Je jette un coup d’œil à chacun des hommes m’entourant pour leur signifier que je ne suis pas seulement de retour. Si la hiérarchie et l’ordre ne sont pas respectés, Le Boucher est prêt à récupérer de la viande.

Je me souviens encore des rumeurs à mon égard lorsque j’étais enfant. Puis, quand je suis devenu Général des armées Fer-nés. Pour quel résultat ? J’observe, je m’entraîne et je brutalise ce qui m’entoure. Revenant plus ou moins au calme après ce règlement de compte, parce qu’on ne peut réellement parler de duel, je récupère un morceau de viande avant de m’asseoir sur le tronc d’un arbre couché.  D’un geste de la tête, j’invite les miens à faire de même.

C’est là que je réalise que nous n’étions pas entre nous à cet instant. Une connaissance, pas si lointaine, avait assisté à toute la scène mais j’étais bien trop agacé pour réaliser sa présence. Ser Redwyne. La chance semble lui coller à la peau. La dernière fois, les conditions n’étaient pas favorables pour que je le fasse taire. Et maintenant, son assurance tient dans sa vassalité au suzerain du Bief, mon allié.

« Ser Redwyne…ne restez pas seul, il y a de quoi manger pour tout le monde. Je suis ravi d’accueillir un allié à ma table. »


Le ton de ma voix traduit toute l’ironie de la situation. Certains Fer-nés ne peuvent s’empêcher d’émettre un petit rire. L’invitation était réelle mais qu’il vienne ou non, je ne pouvais pas m’en désintéresser davantage.

« Que me racontez vous depuis la dernière fois ? Je vous ai vu si proche de lady Karstark chez lord Mallister que l’on peut s’interroger si vous l’avez un peu…décoincée ? »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Mar 23 Aoû - 1:08

Aylan était seulement arrivé il y a quelques jours à Grasy Vale, il avait quitté Hautjardin en compagnie d’une dizaine de chevaliers de sa maison. Tous étaient prêts à le servir et combattre sous la bannière Redwyne pour le Bief. Ils avaient surtout un rôle de protection et d’escorte du jeune héritier, mais ça restait des chevaliers. Il était donc presque certain que les premiers combats retentiront, quelques-uns de ses protecteurs délaisseront cette tâche, qu’ils jugeront de seconde zone, pour aller chercher la gloire dans la mêlée. Il avait la chance de plutôt bien connaître la plupart d’entre eux et il savait donc qu’ils respecteraient l’engagement qu’ils avaient pris devant Lord Redwyne en ramenant son petit-fils sain et sauf dès qu’ils en auraient finis ici. Et si ça ne devait pas être le cas, le chevalier des vignes était assuré qu’il pouvait au moins compter sur deux personnes qui ne lui feraient pas défauts, même dans les heures les plus sombres : Ser Odric, que l’on pouvait considérer comme son épée lige et Rhedor, son serviteur personnel. Certes ce dernier était un piètre combattant et il n’avait pas sa place sur un champ de batailles. Cependant, il avait montré plus d’une fois sa loyauté et sa fidélité envers les maîtres de La Treille.

Le voyage avait duré dix-sept jours, dix-sept longues journées et nuits. Ils n’avaient chevauchés en moyenne que huit heures par jour, leurs montures portaient des caparaçons et étaient bien plus lentes, et s’épuisaient rapidement. Ils passaient leur temps à s’occuper des bêtes, chasser, et inspecter leurs équipements. Aylan, quant à lui, eut bien des choses à penser pendant le trajet. Il mentirait s’il affirmait qu’il y avait que la discussion avec l’Hightower qui le tracassait. Non cette dernière s’était bien passée, il était pensif pour une bien autre raison, pour une autre personne en réalité. Il s’efforçait de ne pas trop y penser, penser à de telles choses avant un hypothétique combat était dangereux, il devait seulement penser à l’instant présent, c’est tout.

Le Redwyne avait reçu son commandement et un certain nombre de données à prendre en compte. A son arrivée, il dut se familiariser avec le camp, ce n’était pas une mince à faire, autant dire qu’il n’avait jamais autant de tentes montées au même endroit. C’était l’armée du Roi, il ne pouvait s’attendre qu’à ça. Il n’avait jamais participé à des batailles terrestres d’envergure, il fallait bien une première fois à tout comme on dit, mais il était tout de même impressionné par le camp qui avait été dressé. Aylan reçut des appartements dignes de son rang et du poste qu’il occupait dans cette armée, une grande tante spacieuse qui contenait tout ce dont il avait besoin.

De ses journées, il passait son temps à s’entraîner, à passer les troupes sous son commandement en revue et à aller discuter avec plusieurs amis qu’il retrouva à l’improviste. Il n’avait pas été informé que certains de ses amis nobles avaient été mobilisés à Grasy Vale, c’était une bonne surprise. Leur présence lui ferait penser à autre chose. Le soleil commençait à se coucher, l’heure du repas approchait. Rhedor devait lui cuisiner un poulet au miel et aux oignons. Pas forcément le met le plus facile à cuisiner dans un camp militaire, mais Aylan l’avait mis au défi. Depuis combien de temps était-il parti ? Une heure ? Deux heures ? Le jeune homme était un homme patient d’habitude, mais là il commençait sérieusement à avoir les crocs. Il s’en alla donc en quête de son serviteur, cet idiot avait dû encore se perdre dans le camp !

Deux chevaliers et Ser Odric lui emboîtèrent le pas, il ne craignait pas grand-chose dans le camp et il saurait se débrouiller si on s’en prenait à eux, mais ils savaient ce qui les attendaient s’il arrivait quelque chose au jeune homme. Au détour de quelques tentes, il vit un petit attroupement autour de deux hommes qui se battaient. Il s’y rendit et se fit une place auprès des spectateurs. Il n’eut pas de mal à reconnaître l’un des deux individus qui se battait, Joren Hoare. Aylan n’était guère surpris de le voir ici, son mentor l’avait prévenu de sa présence. Il aurait espéré qu’il se prenne une raclée par son adversaire, mais ça n’était pas le cas. Il dominait clairement le combat et laissa sa victime choir au sol quand il eut fini. Les soldats se dispersèrent en s’échangeant quelques piécettes, des paris avaient été pris sur l’affrontement.

Il allait tourner talon pour retrouver son repas lorsque le prince l’interpella, il aurait souhaité qu’il ne remarque pas sa présence. Il l’invita à les rejoindre en tant …qu’allié. Allié….Ce mot avait un goût bien amer, un Redwyne allié à un Hoare… Au vu des circonstances, avait-il seulement le choix ? Puis son ventre criait famine et vu l’immensité du camp, il pourrait passer deux bonnes heures à chercher son serviteur sans le retrouver. Il prit alors place sur un autre tronc d’arbre inoccupé en face du Hoare. Aylan lança un regard mauvais aux fer-nés lorsqu’ils ouvrirent leur bec pour ricaner. Oh ceux-là, il n’allait pas supporter leur présence très longtemps. Son escorte resta derrière lui, debout, ils observaient les fer-nés. Ser Odric en imposait par sa taille et dépassait d’au moins deux bonnes têtes ses collègues et étaient bien plus large d’épaule qu’eux, une montagne, voilà ce qu’il était avec la force d’un géant.

Le bieffois écouta le prince parler pour ressasser des vieux souvenirs. En temps normal, il lui aurait répliqué que lui avait passé bien du temps dans les écuries, si bien qu’on aurait pu se demander ce qu’ils avaient fait avec les chevaux… Mais il savait que cela aurait créé un conflit et Manfred lui avait demandé de faire des efforts.


«- Il semble qu’elle soit restée de marbre à chacun de mes propos. Elle s’en est vite retournée dans son lointain et glacial pays. J’avoue que je plains l’homme qui devra se la coltiner celle-là… »

C’était vrai, la nordienne lui avait fait mauvaise impression de par son comportement. Il était pas prêt de l’oublier celle-là et n’était pas pressé de la revoir également. Revoir le prince lui rappela une rencontre à Hautjardin qui devait dater de deux mois maintenant :

« J’ai pu rencontrer votre sœur, la princesse Eren Hoare à Hautjardin il y a peu. Je dois dire que la voir en robe fut un divertissement que je ne suis pas prêt d’oublier, surtout sur un terrain d’entrainement… »

Aylan avait entendu pas mal de rumeurs et d’histoires sur le Hoare récemment, surtout sur ses faits d’armes. Il passait pour être un commandant compétent, bien qu’impitoyable. Il s’était fait une atroce réputation, une réputation que le jeune chevalier ne voudrait jamais. Il enchaîna :

« Selon ce que j'ai compris, vous n'avez pas démérité depuis notre dernière rencontre. J’ai ouïe dire qu’on vous surnommait le Boucher du Bois-du-Roi de par vos…actes… »Il pointa son pouce en arrière sans pour autant détourner le regard pour désigner l’adversaire du prince toujours au sol. « Si bien que j’aurais cru que le maraud qui vous a servi de sac de frappe aurait terminé sur une pique lui aussi… »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Mer 24 Aoû - 10:37

Compte tenu de notre précédente rencontre, je ne pensais pas que la discussion s’instaurerait entre nous de cette façon. La Karstark est incontestablement prise en dérision. L’atmosphère se fait moins lourde l’espace de quelques instants.

« Si elle en trouve un… »


Je n’apprécie guère les gens, c’est un fait. Mais, le Nord…Ce fut ma première campagne militaire et je ne suis pas près de l’oublier. Sans aucune difficulté, je visualise parfaitement Théa Karstark dans ce paysage paisible, blafard et morne. La discussion se reporte ensuite sur la Commandante de la Flotte de Fer. Je ne sais rien de ses pérégrinations dans le Bief mais j’imagine aisément les dégâts qu’elle peut occasionner sur sa route.

« Quelque chose me dit qu’elle a bouleversé votre vision des femmes…Peut-être le fait que vous terminiez votre phrase aussi vaguement. »


Ah les rumeurs, les représentations. La campagne de l'Orage peut laisser penser que j'ai terni mon image, ma maison. Mais, je ne chercherai pas à me justifier, ni à avancer que j'ai cherché une autre solution, ni à réclamer quoi que ce soit comme d'autres têtes couronnées. Le message était nécessaire. Votre loi immuable et mensongère s'arrête là où je passe parce que votre sang coulera salement de mes mains si notre souveraineté et notre voix est remise en question.


« Sur Westeros, nous sommes les seuls meurtriers, les bouchers. Les autres sont…des chevaliers valeureux, des libérateurs. Pourquoi ? Parce qu’il faut toujours un camp pavé de bonnes intentions et un camp d’illégitimes barbares. »

Un sourire commence à se dresser sur le coin de mes lèvres. C’est d’une bassesse absolue de recourir à de telles pratiques mais je vais retourner ces manœuvres subversives à mon avantage.

« Mais, ça ne m’importe pas. Qu’ils continuent de nous sous-estimer, de chercher à nous imposer leur histoire. Maintenant, c’est au tour du Bief de subir les mêmes attaques prévisibles de cette alliance qui ne porte pas son nom. Votre Roi est passablement remonté contre l’Orage et Peyredragon. Vous aurez vous aussi l’occasion de vous illustrer…et de devenir un Boucher. »


Mordant à pleines dents dans cette cuisse juteuse, je retrouve avec satisfaction un appétit qui m’avait fait défaut pendant de longues semaines. La guerre contre l’Orage n’a pas été sans dommage de notre côté non plus.

« Vous voyez, vous vous faîtes des idées. Ce maraud, comme vous le dénommez, vivra. Je préfère commander une armée de moutons enragés qu’une armée de loups apeurés. Nous ne détenons pas la même expérience de la guerre que l’Orage, nous ne pouvons nous appuyer sur l’aide d’un dragon, et nous n’avons pas la même organisation martiale que dans le Nord…mais nous avons autre chose. »


J’ignore pour quelle raison je suis particulièrement loquace aujourd’hui avec lui alors qu’il m’était impossible la dernière fois de lui adresser la parole trop longtemps. Peut-être parce que de l’eau a coulé sous les ponts et que nous sommes confrontés à des représentations distillées par nos ennemis.

« J’ai entendu parler de la bataille de la Baie de l’Ambre à laquelle vous avez participé contre ces pirates… J’ai observé de la part de nos ennemis qu’ils préféraient s’en prendre aux troupes d’un royaume souverain plutôt que vous apporter de l’aide face à ces pirates de l’étranger… vous n’avez pas démérité non plus. »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Mer 5 Oct - 21:27

Le fer-né avait raison, il se demandait bien qui voudrait avoir pour épouse comme Lady Hildegarde Théa Karstark… Si froide et si cassante à la fois. Chez une noblesse où le rôle de la femme n’est que d’enfanter et de créer des alliances entre maisons, ce genre de comportement indécent n’avait pas sa place, c’était ce genre de personne qui créait des problèmes aux siens. Aylan pensait même que ses proches auraient bien du mal à lui trouver une alliance profitable, elle semblait déjà plus âgé que lui, elle avait intérêt à ne plus tarder avant que son seigneur décide de l’envoyer rejoindre les sœurs du silence. Ou alors elle finira vieille fille si les siens étaient décidés à la garder jusqu’à ce qu’elle ne soit plus un souci pour personne…

«- Nous sommes d’accord sur cela, Prince Joren. C’est agréable de savoir que nous pouvons avoir la même idée sur un sujet… »

Il faisait bien sûr référence à leur malencontreuse rencontre à Salvemer qui aurait pu mal finir. Ils avaient été à couteaux tirés, ou plutôt à hache et épée tirées pour être plus précis. Heureusement que la nordienne avait été là finalement et avait joué l’arbitre en faisant en genre qu’ils se tempèrent un peu tous les deux pour faire cause commune, sinon un des deux protagonistes ne seraient pas là aujourd’hui. Aylan était jeune, vif et fine lame, mais il ne savait pas s’il aurait réussi à défaire le Prince Hoare. Sa réputation le précédait et il avait une sacrée expérience derrière lui. Malgré sa naturelle arrogance et le fait qu’il avait tendance à se surestimer, il n’aurait pas voulu parier sur ses chances de victoire. Peut-être qu’un jour, ils auraient l’occasion de croiser le fer et déterminait ainsi lequel des deux était le meilleur.

« On peut dire que ma vision des femmes en a pris un sacré coup en effet. Peut-être parce que je n’avais jamais vu une dame porter à la fois une robe et une épée. Ce n’est point l’apanage habituel des dames du Bief. L’ensemble était assez comique à voir en réalité… »

Aylan l’avait charrié, comment aurait-il pu manquer une telle occasion. C’était comme lui tendre la perche. Il n’espérait pas la revoir de sitôt, elle devait épouser le Connétable, mais comme celui-ci avait « déserté », elle n’était promise à personne. Il n’y avait donc plus de raison à ce qu’elle reste à Hautjardin. Quel soulagement ! Qu’elle retourne rapidement sur sa barque qui lui servait de navire pour vos voguer vers ses rochers stériles qu’on nommait les îles de Fer. Moins il la voyait, mieux il se portait. Puis sérieusement une femme qui se bat, quelle drôle d’idée ! Et pourquoi ne pas les envoyer sur le champ de bataille pendant qu’on y est.

Non mais franchement… Quel drôle d’idée ! Les paroles suivantes le firent sourire, mais il ne répliqua pas. Si les Hoare et les fer-nés passaient pour une bande d’illégitimes barbares, c’est bien parce qu’ils l’étaient. En tout cas, ils faisaient tout pour montrer à l’ensemble de Westeros que c’était le cas. Le massacre des prisonniers orageois en était encore une fois la preuve. Le Redwyne avait l’impression que le prince se faisait passer pour une victime, mais on récolte ce que l’on sème. Il disait déjà le « nous », il pouvait le voir comment il le voulait de son côté, mais les fer-nés ne seraient jamais de réels alliés pour les Redwyne. Aylan devait servir son Roi pour rester dans ses bonnes grâces, ce qui le forçait à coopérer, mais il y aurait toujours eux, vieux brigands écumant les mers et leurs conflanois soumis et les bieffois.

Mais il avait tout de même raison, les Bieffois avaient été trop longtemps sous-estimé, les orageois et les dorniens s’étaient bien trop longtemps moqués d’eux, ils étaient temps que la roue tourne et en leur faveur cette fois.


« Le Roi a de bonnes raisons d’être remonté contre l’Orage. Après tout, à ce que l’on dit, son frère a fait défection pour la promesse d’avoir l’exclusivité de  l’entrejambe de la Durrandon. D’autres dissent qu’il était bien trop effrayé à l’idée d’épouser votre sœur…Dans les deux cas, ça nous ramène au même de tout de façon. Sa Majesté ira jusqu’au bout, le nom de sa maison a suffisamment été trainé dans la boue comme ça. »

Il marqua une courte pause pour saisir une des cuisses, il aurait préféré son poulet au miel, mais il ne savait pas où était passé cet imbécile de Rhedor…

« Devint un boucher qui le veut. Je n’ai pas votre expérience des batailles et je ne souhaite donc guère m’avancer. Cependant, j’espère rester fidèle à mes vœux de chevalier en me comportant honorablement dans la mêlée et après la bataille. Facile à dire me direz-vous, je serais probablement ramener à la réalité au premier sang versé. Je ferais tout de même en sorte que rien ne vienne entacher le nom de ma maison, je ne souhaite que le couvrir de prestige et de gloire.   »

Il écouta son discours sur le fait qu’il préférait commander une troupe de loups enragés, pas faux, ils seront plus efficaces contre l’armée adverse ainsi. Il ne réagit pas, car il n’y avait rien à redire là-dessus. Il était plutôt d’accord avec ses propos, l’armée Bieffoise n’avait pas la discipline de l’armée Nordienne, ni un terrifiant dragon comme les Targaryen. Seul le nombre faisait sa force et sa cavalerie bien évidemment.

« Par la localisation du champ de bataille et l’expérience des marins du Bief, la bataille de la Baie d’Ambre fut une bataille remportée d’avance. Si nous n’avions pas coincé les pirates dans cette baie, nos pertes auraient pu être bien supérieures, les Sept ont gonflé nos voiles pour les prendre par surprise. Elle a soulevée pas mal de questions, notamment sur les investigateurs de tout ceci, ceux qui ont financé ces pirates. Nous n’avons jusqu’à ce jour pas réussi à les identifier, nous pouvons juste suspecter les Dorniens, Orageois ou Peyredragoniens d’avoir organisé tout ceci… »

Il mordit deux fois dans la cuisse, pas mauvais, ces vils marins pêcheurs avaient de bons goûts, il fallait au moins leur reconnaître ça.

« J’ai ouï dire que vous aviez été bien amoché pendant les derniers combats. Certains vous disaient même aux portes de la mort. Ceux, qui vous ont soigné, ont dû être récompensés à prix d’or pour vous avoir gardé en vie. Nul doute que nombreux auraient pleurés votre mort, notamment votre femme et vos enfants, si le grand prince Joren Hoare avait péri… »

C’était bien de l’ironie qu’on pouvait ressentir dans ses derniers mots…
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Dim 9 Oct - 9:41

Après les trivialités sur la froideur de Théa Karstark et le choc culturel provoqué par ma sœur, la discussion se fait bien plus sérieuse. Malheureusement, ma vision des choses ne semble guère convaincre le blond, la faute à des décennies de conditionnement social définissant le monde en deux catégories : ceux qui viennent du continent et qui sont porteurs de la légitimité, du droit, et ceux qui viennent des territoires insulaires qui demeurent par définition, l’exact opposé des continentaux. Portant haut et fort les valeurs chevaleresques, les continentaux restent animés de l’instinct le plus détestable lorsqu’il s’agit d’assouvir une vengeance. Cette position ubuesque est tout simplement ridicule. Récupérant ma chope à l’aide de ma main gauche, j’étanche ma soif tandis que l’agacement perpétuel que provoque la situation cogne mes tempes comme une hache sur une terre aride.

« Mais qu’est-ce que l’honneur aujourd’hui, Ser Redwyne ? Quand vous parlez d’attitude à adopter après la bataille, je sais pertinemment à quoi vous faîtes référence. Simplement, comment se fait-il qu’il n’y a pas la moindre personne sur ces terres qui évoque d’autres exemples comme la répression de Peyredragon à Sombreval ? Le Nord aussi a eu recours à ce genre de pratique. »


M’arrêtant un instant, je le toise fixement du regard, non pas de manière hostile mais avec un pragmatisme incompatible avec sa vision de la guerre.

« Vous me direz de quelle manière vous ressortirez de la bataille sans une goutte de sang ou de boue sur votre armure. Pour ma part, le prestige de ma maison s’obtient en brisant la bien-pensance de nos ennemis parce que l’on brise dans le même temps leur conception du monde. Comment justifier vis-à-vis de sa population une défaite vis-à-vis de brigands et de marins-pêcheurs ? parce que c’est ainsi que nous sommes dépeints et cela nous est favorable. »


Le bieffois évoque la tactique employée face aux pirates. Ses doutes concernant un éventuel commanditaire m’interpelle. J’ai toujours pensé qu’ils n’obéissaient à aucun souverain de Westeros. Peut-être que la vérité éclatera un jour. D'autres rumeurs, bien moins intéressantes, concernaient les conséquences de la dernière bataille et la blessure qui m'a été infligée. Amusé, agacé, je demeure pourtant de marbre parce que cela fait partie du défi que l'on me lance. Et parce que je préfère prendre mon temps pour montrer qu'il s'agit bien d'une erreur...

« Ser Redwyne, vous écoutez définitivement trop les rumeurs. Si cela plaît au monde entier de conter mes éventuelles dernières heures, qu’il en soit ainsi. Vous n’allez certainement pas avancé que j’ai décimé un des plus grands guerriers que Westeros peut dresser sur ma route ? »


Oh j’ai bien compris le message que le bieffois souhaitait me transmettre. Sa position d’allié de circonstance me saute aux yeux alors je fronce des sourcils et je rentre un peu dans les détails.


«Personne ne me respecte et cela me convient puisque je ne respecte personne. Je vous tolère à peine. C’est-à-dire que, si vous lisez bien entre les lignes, le premier ennemi venu restera à terre…que ce soit par une nuque brisée ou un crâne fendu. Si il n’y avait pas de coalition entre le Nord, Peyredragon, l’Orage et Dorne, Accalmie serait tombée. Bientôt, nous allons faire route commune. Il va nous falloir un plan. Si vous voulez partager les honneurs de la future victoire avec votre souverain en tant que stratèges émérites et séduire nombre de demoiselles ainsi, je ne m’y opposerai pas. Je demande simplement à ce que le plan de bataille que je prépare soit respecté parce que…je vous assure que le Cerf va saigner bien plus qu’auparavant. »

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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Sam 5 Nov - 17:34

Le Bieffois mordit une nouvelle fois dans la cuisse pour en retirer un savoureux morceau, ils avaient bon goût ces marins-pêcheurs dis donc ! Le Prince Hoare évoqua la répression de Peyredragon à Sombreval lors de la prise de la ville, mais également les pillages commis par le Nord pendant leur descente dans le Conflans. Ces deux royaumes-là étaient loin d’être clean, Rhaenys semblait être prête à tout pour conquérir une terre «  qui lui revenait de droit ». Même si pour cela des victimes collatérales devaient s’ajouter à un compteur de morts déjà bien trop élevés. Enfin si les Sombrelyn avaient acceptés de se soumettre, ils auraient pu éviter tout ce massacre, Aylan avait dû mal à accepter cette méthode, même venant de son « amie », mais au moins elle avait su punir les pilleurs comme il se devait.

Il en aurait fait autant si ses hommes auraient commis de telles exactions. Quant au Nord, il avait un avis plutôt tranchant sur ce royaume, la Targaryen avait beau être fiancé au Stark, ce n’était pas pour ça qu’il allait commencer à apprécier les Nordiens, il avait une certaine image de ce peuple.


«- Ce n’est point parce que d’autres royaumes ont commis de telles pratiques que nous devons y avoir recours également. Montrons-nous plus forts qu’eux et non pas faibles pour reproduire leurs actions. La Targaryen est une étrangère, ses prédécesseurs étaient peut-être des conquérants, mais elle ne connait rien à l’art de la guerre de Westeros, elle s’entoure juste de sujets compétents qui lui décrochent quelques victoires. Quant au Nord, une belle bande de sauvages venue de leur lointaine contrée, je dois reconnaître les victoires du Roi du Nord, il a su réformer admirablement son armée pour en faire une armée professionnelle et disciplinée. Mais il ne connait pas le terrain et ses alliés sont plus qu'instables.

Bien que je m’en méfie et ne le sous-estime pas, il risque gros à descendre dans le Sud et risque bien de perdre son titre de « Roi Invaincu » lorsque il fera face aux forces coalisées de notre alliance…  
»

Aylan venait de casser du sucre sur les Targaryens, il n’aimait pas vraiment ça. Le Redwyne avait apprécié chaque membre de la famille royale de Peyredragon à l’époque (en dehors d’Orys bien entendu). Mais il est vrai que les derniers événements l’avaient forcé à prendre du recul sur son allégeance, il avait pris des mauvaises décisions, mais vu comment il avait été traité, ça le forçait à remettre pas mal de choses en cours.  Le Redwyne ne répondit rien à la prochaine interrogation du Hoare, il était vrai que les fer-nés étaient dépeints comme des marins-pêcheurs, du moins le jeune Chevalier les avait toujours nommé ainsi.

Mais briser les idées reçues ne pouvait qu’apporter du prestige à sa maison, il avait raison sur ce point-là encore une fois. Allez justifier à son peuple que la victoire leur avait été arraché par une bande de pouilleux n’était guère chose aisée, surtout si le suzerain avait décrit leurs ennemis comme une bande de minus aux bras décharnés, la faction adverse s’en retrouvait grandie.

Il réagit aux affirmations du prince de façon un peu clinquante :


« J’écoute en effet les rumeurs, Prince Hoare. On peut en apprendre bien plus par des bruits de couloirs que par les informations d’une dizaine d’espions. Après il suffit juste de faire le tri, libre à celui qui croira tout ce que l’on raconte, mais ce n’est guère mon cas. Je pourrais l’avancer, Prince, ne vous sous-estimez pas ainsi, même si je ne vous ai pas vu encore à l’œuvre, j’aurais l’occasion de voir vos talents martiaux dans peu de temps…   »

Aylan écoutait attentivement ce qu’il avait à dire, il l’avait probablement mal jugé, il allait ne pas dire qu’il avait de l’estime pour Joren, mais il l’appréciait déjà davantage le frère que la sœur. Il hocha simplement la tête et répondit :

« En effet, il nous faut un plan, j’ai déjà exposé quelques idées avec mon Roi, mais il semble peu enclin à m’écouter au vu de ma situation… Peut-être vous écouterait ’il, vous. Si vous avez déjà un plan de bataille en tête, je serais bien curieux de savoir lequel. Par contre avant que vous commenciez, sachez que ci ce dernier n’est pas approuvé par mon roi, je ne pourrais point vous aider, ni le suivre…   »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Jeu 10 Nov - 22:40

La boisson est un excellent remontant après un repas qui n’est pas si frugal que je l’aurais souhaité. Mais, nous ne disposons pas de tout ce que nous pouvons désirer en campagne. C’est une épreuve mentale très difficile à décrire, il ne suffit pas d’être fort physiquement. Il faut en vouloir et aller chercher ce supplément d’âme chez les siens. Ser Redwyne évoque des leviers bien nobles pour motiver ses actions mais je sais que l’homme est un animal bien plus passionnel qu’il semble l’être.

« Quelle vision idéalisée de la vie…Je sens que vous vous êtes énormément inspiré du code d’honneur de la chevalerie.  La guerre dépend de tout un tas de choses mais certainement pas de principes. Une guerre totale m’est livrée. Je livrerai une guerre totale. Peyredragon et le Nord ont leurs atouts. Un dragon, une armée professionnelle comme vous le dîtes. Ils risquent énormément de choses pour le pouvoir. Je suis d’accord avec vous sur le fait que la Targaryen s’appuiera sur ses lieutenants pour mener la guerre. À nous de les abattre un par un.   »  


Je n’ai pas d’autre alternative. Cette tâche m’incombe et j’appliquerai mon devoir avec rigueur parce que j’ai appris à aimer délivrer la mort. J’attends juste l’occasion où cette passion ne rencontrera aucune limite pour la déchaîner. Les cités trembleront sous nos bruits de bottes.

« Libre à vous d’interpréter ce qui vient à vos oreilles comme il vous semble, à vrai dire ce n’est pas comme cela que je fais le tri...Peut-être parce que nous n’avons pas vécu les mêmes évènements. Il y a des hommes à terre et des hommes toujours debout.  Il y a des hommes qui ont le regard vide et des hommes qui saignent, transpirent et pleurent pour survivre. La plus grande immoralité des hommes est d’observer l’éclat des armures et des pièces d’or plutôt que l’éclat de l’âme. C’est l’échec d’un général, d’un gouverneur et d’un Roi.  »


Bien entendu, le Bieffois me rappelle qu’il ne participera pas à cette offensive sans l’aval de son Roi. Mais, je me doute que Mern a tout intérêt à coopérer pour lui-même et pour son royaume. L’occasion est trop belle pour lui maintenant qu’il a mobilisé. Me relevant d’une traite, je me retourne vers le chevalier en m’abreuvant de quelques gorgées d’un breuvage alcoolisé de bien piètre qualité.

« Votre Roi sera peut-être plus à l’écoute de mes plans pour diverses raisons. Il s’agira de leur passer à travers et de leur marcher dessus. Je verrai pour le comment avec votre Roi, il y a plusieurs options intéressantes pour les bousculer. Mais, ce sera violent, impitoyable et totalement sauvage. »


Le ton de ma voix s’associe à la détermination qui m’anime. Je sais que le Bieffois est plus réservé mais je suis prêt à tenir la barre contre vents et marées.

« Pensez à tout ce que vous pourrez vous procurer après cette campagne, à toutes les femmes qui vous solliciteront…Ne vous ai-je pas plus convaincu avec ce dernier argument ? »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Ven 11 Nov - 0:27

Aylan écoutait ce que le prince Joren avait à dire, leurs avis divergeaient une nouvelle fois, après tout, c’était naturel. Ils avaient été élevés séparé, avaient des origines différentes et une expérience différente de la vie. Ils n’avaient pas surmonté les mêmes coups durs. Ils n’avaient clairement pas été forgé dans le même moule, en même temps c’était temps mieux. Aylan détesterait être comparé à un fer-né, probablement ça pire hantise à celle d’être comparé à un bâtard comme Orys Baratheon…Enfin Orys Waters ( sbaff).  Mais bon soit, et au pire ça permettait d’opposer les points de vue, d’argumenter, le jeune homme était têtu comme une mule, très peu probable qu’il change d’avis et il n’accepterait clairement pas que ce soit un Hoare qui ait réussi.

«- Libre à vous de penser ce que vous voulez, peut-être changerais-je d’avis après la première bataille…ou pas. La majeure partie de ma vie a été construite autour de ce code d’honneur que je me dois de respecter aujourd’hui, bien que je me doute que d’ici quelques temps j’aurais tendance à moins m’y tenir pour suivre mon propre code qui sera forgé par les conflits à venir.   »

Rhaenys et ses alliés avaient tout un tas d’avantages, la cavalerie légère Dornienne, les piquiers Orageois, les gardes loups nordiens et le Dragon Targaryen. L’ensemble combinait ne serait guère facile à affronter, Aylan avait même dû mal à imaginer une telle armée coalisée rassemblée un jour sur le champ de bataille. Mais bon cette alliance souffrait de dissensions internes, surtout entre Dorne et Peyredragon. Combien de temps encore leurs relations fantoches tiendront-elles ? Il suffirait juste d’une petite étincelle pour que tout explose entre ces deux royaumes qui se prétendaient pourtant alliés.

« Ils ont une belle paire d’atouts dans leur manche, en effet. J’ignore ce que vaudra notre alliance une fois sur le champ de bataille, mais pour le moment seul notre supériorité numérique et une cavalerie d’élite font notre force. Bien que vos fer-nés représentent une infanterie lourde non négligeable, elle manque clairement de protection et en plaine, elle se fera étriller par les batteries d’archers longs orageois. »

Simple constat, nullement une critique et il ne cherchait pas à se moquer de lui non plus. Encore une fois Aylan l’écouta sans mot dire. Il eut fini sa cuisse et balança l’os dans le brasier. Le prince n’avait pas tout à fait raison, sans tout de fois avoir tort. Il classait à chaque fois les individus en deux catégories. Il y avait toujours des gens qui ne rentraient pas de clous, chacun vivait des événements différents et avait été  élevé autrement que son voisin. C’était la nature humaine, c’était difficile à prédire. La conclusion que pouvait tirer Aylan de ses propos c’est qu’un pauvre roturier sorti de sa campagne pouvait valoir bien mieux qu’une noble chevalier en armure étincelante. Pour un noble comme lui, c’était difficile à percevoir, mais encore une fois il n’avait pas l’expérience de Joren et n’avait donc pas les arguments pour débattre avec lui sur ce sujet.

Il était en effet fort probable que Mern soit plus enclin à écouter Hoare, son précieux allié, plutôt qu’Aylan qui était financé à une « étrangère ».


« Je vous laisse donc gérer cela avec le Roi selon votre bon vouloir. Tenez juste moi informé si vous arrivez à le convaincre de votre plan afin que nous puissions en discuter. »

Le Redwyne n’avait pas répondu précédemment à l’idée que ces batailles attireraient nombre de donzelles et de privilèges. Nombreuses étaient les dames qui s’émoustillaient pour les beaux chevaliers en armure revenant du champ de bataille. Il était fiancé et ne comptait pas aller soulever quelques jupons, du moins il n’y pensait pas. Il répondit donc :

« J’avoue ne pas encore avoir pensé aux privilèges et récompenses que cette guerre pourraient me rapporter. Je préfère me concentrer sur les batailles à venir, je laisserais mon roi me récompenser à ma juste valeur le moment venu. Quant aux femmes, une seule me suffira pour le moment, je me refuse à aller batifoler à droite à gauche pour créer une flopée de bâtards dans toutes les régions à travers lesquelles je passe… »

Aylan avait toujours eu un avis tranché sur les bâtards et il n’en cachait rien, il reprit :

« Et vous Prince ? Bien que vous ayez déjà un titre de noblesse des plus prestigieux, que pensez-vous gagner de cette guerre ? »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Sam 12 Nov - 15:35

Ah ces chevaliers…J’ai tendance à croire qu’ils mourront sans avoir réellement vécu. Ils veulent représenter un espoir là où il ne peut y en avoir car l’homme est foncièrement mauvais, égoïste et vénal. L’homme est d’ailleurs un animal et le fait d’être fer-né est en soi intéressant dans le sens où je dois faire tout de même moins de courbettes et de faux-semblants que les continentaux. Quelques gouttes de cette boisson alcoolisée perlent sur ma barbe de plus en plus hirsute.

« C’est une opinion que je comprends déjà davantage, Ser Redwyne. »

L’homme est aussi très passionnel et je sais que l’épreuve du feu a tendance à faire ressortir ce qu’il dissimule. Le bieffois n’est pas différent des autres hommes. Sa propre expérience déterminera sa conduite future. Un sourire amusé s’invite sur mon visage losqu’il évoque mes troupes tandis que je rabaisse ma chope au niveau de mon torse.

« Le jeu en vaut la chandelle alors si la croyance générale est que nous sommes vulnérables sur ce terrain. Il y a effectivement un risque que je ne peux mesurer…mais si ils n’ont pas daigné franchir la frontière, c’est qu’ils ont des faiblesses. »


Mern doit certainement en être conscient pour déclarer la guerre à l’Orage en plus de Dorne. J’acquiesce légèrement de la tête lorsque le bieffois me demande d’être tenu informé de l’évolution des négociations avec son souverain. De toute façon, il l’aurait été à un moment ou un autre. Le blondinet continue de me surprendre lorsqu’il avance ne pas vouloir profiter de ses succès. Bien entendu, c’est le « pour le moment » qui me fait froncer des sourcils. Il n’est pas si opposé à cette idée finalement…

« Je ne recherche rien de particulier maintenant. Pour le moment, je dois tuer…alors je tue. »


Une chose après l’autre. J’ai trainé depuis trop longtemps dans les plaines et forêts de Westeros pour ressembler à autre chose qu’une bête en quête de viande fraîche. Mais, le fait de sortir vainqueur de cette guerre peut présager d’intéressantes possibilités. Peut-être cessera t’on de me rabaisser.

« Ce qui est étrange là dedans, c’est qu’il n’y a rien de tel qu’une guerre pour que des bâtards apparaissent dans toutes les régions où vous passerez.. pas de votre fait mais de vos compagnons d’arme peut être…n’avez-vous pas un problème de conscience avec ça ? »

À vouloir trop chercher du sens, on finit par se perdre dans un monde aussi vicié. Je suis bien curieux de connaître sa réponse alors que je termine ma chope.

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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Lun 21 Nov - 21:51

Les fer-nés étaient vulnérables en plaine, c’était l’opinion d’Aylan et il ne changerait pas d’avis sur ce sujet. Ils avaient beau être robustes et avoir la peau dure, ils ne semblaient pas très bien armurés, leur protection était hétéroclite, aucun individu n’avait une armure similaire à celle de son voisin. Certains n’en avaient même pas à proprement parlé, se contenant de porter des brigandines de cuir ou alors de simples vêtements. Bref c’était vraiment varié, et lorsqu’une flèche s’abattrait sur un de ces marauds, le Bieffois ne parierait clairement pas sur leur survie. Surtout si la flèche provenait d’un arc long, cette arme avait une telle puissance et portée que très peur d’armure était capable de résister à un de ses traits. Alors une personne quasi sans-armure comme un fer-né, non il ne donnait pas cher de sa peau !

Selon le Prince, l’Orage n’osait pas franchir la frontière, car les orageois avaient leurs faiblesses. Oui et non…Ce n’était pas seulement pour ça qu’ils ne passaient pas à l’attaque. Il y avait d’autres critères à prendre en compte. Il n’allait pas s’étaler sur tout un tas d’éléments stratégiques qui faisaient qu’ils ne passaient pas à l’attaque. L’armée Orageoise les attendait, ça, il en était certain. Ils avaient l’avantage de connaître le terrain et se fortifier chaque jour. L’armée coalisée, formée par le Conflans et le Bief, allait se confronter à un mur de piques orageois. Ces piquiers étaient entraînés et très disciplinés, ça serait difficile de les briser.

Ils se préparaient à recevoir l’armée coalisée, on pouvait s’attendre à tout un dispositif défensif élaboré depuis de longues semaines. Bref, ils allaient en baver. Le Prince Joren ne recherchait ni la gloire, ni des richesses, ni l’admiration des donzelles. Après tout vu son statut social et sa réputation, il n’avait vraiment pas à se plaindre et pouvait avoir tout ce qu’il souhaitait. Le Hoare lui parut assez manichéen dans sa façon de penser, soit disant que tout le monde attendait à ce qu’il tue, donc il tuait. Il était clair que le temps de la discussion était terminé, place à l’action. Cependant, les Hoare étaient responsables de la situation dans laquelle ils étaient. Après tout, s’ils n’auraient pas tendue cette embuscade à Aegon et à sa sœur, on n’en serait pas là aujourd’hui !

Puis le fer-né aborde de nouveau le sujet des bâtards, un sujet sensible pour Aylan qui les tenait en piètre estime tous autant qu’ils sont. Le chevalier des vignes n’avait jamais supporté les bâtards de sa maison, pourquoi supporterait-il les autres ? Certaines personnes se plaisaient à donner de la considération à ces êtres, mais ce n’est pas son cas. Les Targaryen accordaient bien trop de valeur à leur rejeton issu d’infidélité. Ces compagnons d’armes pouvaient faire ce qu’ils voulaient pendant la campagne, il ne s’en souciait guère, les viols ne seraient clairement pas tolérés et tout contrevenant serait sévèrement puni.


«- Que mes compagnons d’armes fassent ce qu’ils veulent, s’ils veulent engendrer des rejetons avec une paysanne, grand bien leur fasse ! Ce n’est pas ça qui va m’empêcher de dormir. Qu’ils ne viennent pas se plaindre si leur lignée est entachée par le sobriquet de Flowers par la suite. »

Oui ce n’était clairement pas son problème, il prévint tout de même :

« Par contre, sous mon commandement, des actes comme les viols ou toute acte de violence disproportionnée seront sévèrement condamnés. Je n’ai peut-être que peu d’expérience dans mes fonctions, je tiens à tenir une certaine discipline et à l’appliquer à mes hommes.   »

Il marqua une courte pause pour le questionner :

« Et vous ? Quel est votre avis sur la question, Prince Hoare ?   »
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MessageSujet: Re: All rulers are either butchers or meat [Tour III - Terminé]   Jeu 24 Nov - 17:23

Quel homme de grande vertu ! Il est néanmoins plus difficile d’imposer sa propre ligne de conduite à ses hommes qui n’ont peut-être pas reçu la même éducation que lui. Il y en a toujours qui céderont au plaisir de la chair après la bataille. Il suffit de demander à un homme qui passe sa vie à la taverne de se passer de vin du jour au lendemain. Combien de temps résistera-il ? Connaissant la complexité et la rusticité du quotidien d’une campagne militaire, ser Redwyne devra sévèrement tenir les rênes de ses hommes. Rien ne dit aussi qu’il ne tombera pas dans les mêmes travers un jour lorsque la tentation sera trop forte.

« Sachez qu’il est normal que vous fassiez ce que vous souhaitez sous votre commandement. Pour ma part, je n’ai pas de temps à leur accorder alors la question est vite résolue et je n’aurai aucun scrupule concernant les actes de mes hommes. Le seul remord que je peux avoir, c’est de ne pas frapper assez fort sur la nuque des troupiers. »


Brusquement, je me relève pour ranger mes petites affaires dans un sac en toile. Un peu de vin revigore de temps à autre, il n’y a pas de doute là dessus. La nuit est claire et la brise est douce. Rien ne laisse penser qu’une boucherie va éclore d’un moment si agréable.

« La nuit avance, je vais vous laisser sur ces mots. J’ai un massacre à préparer. »


La guerre a toujours été un massacre de par le caractère tragique de l’issue d’une bataille. Néanmoins, j’ai toutes les raisons de leur faire mal et de leur rentrer dedans en toute indécence. On me taxe d’utiliser la coercition alors qu’ils utilisent le même levier. Ils, ou plutôt essentiellement elles, ont utilisé toutes les subtilités pouvant m’agacer et même si certaines choses sont davantage le fait de mes choix.

« Si nous ne nous revoyons pas Ser Redwyne, que vos Dieux vous accompagnent. »


Me détournant brusquement, je disparais dans l’obscurité afin de rejoindre mes « quartiers ». Je ne veux pas seulement remporter la bataille. Il y a clairement cette idée d’aller au bout de l’horreur, de s’enivrer du sang et de massacrer les prisonniers. Que les Bieffois fassent ce qu’ils souhaitent des prisonniers en leur possession, le sort des miens est déjà scellé. Je ne veux plus une âme qui vive dans cette vallée.
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