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The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]
MessageSujet: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Jeu 26 Nov - 21:41


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Buvez Rhaenys… je me relevais légèrement, aidée par Kora. Mes mains tremblant, je la laissais tenir le bol dont le contenu dégageait une odeur peu engageante. Si je n’étais pas certaine des vertus du mélange, je ne l’aurais pas avalé. Cela avait un gout immonde, au point de donner des hauts de cœur à plus d’un homme. Je me forçais à le boire en entier, avant de laisser de nouveau ma tête reposer sur mon édredon. Je restais à peine quelques minutes de plus éveillée, avant de sombrer de nouveau dans le sommeil, ce sommeil dont m’avait tiré ma servante pour me faire boire la décoction qu’elle avait préparé avec soin, en suivant les instructions de nos mestres, sur ordre de Baâl. Baâl… S’il n’avait pas insisté, je n’aurais pas regagné mes quartiers et je ne puis imaginer ce qui se serait alors passé. Nous étions à un conseil de guerre lorsque j’avais eu un malaise. Il avait réagie rapidement, congédiant nous généraux tout en m’empêchant de m’effondrer au sol. En l’absence d’Orys, il avait pris sa place à ma droite. Ce dernier avait clairement pris sa décision et je ne savais si je devais m’en réjouir ou non. Je préférais laisser cela de côté. J’avais déjà bien trop de choses à faire et à gérer. A commencer par me reposer et soigner cette fièvre persistante que j’avais ignorée plusieurs jours. Je ne voulais perdre aucune heure de travail, mais mon corps avait fini par me rappeler mes limites physiques. L’homme m’avait ramené dans mes quartiers et m’y avait consigné jusqu’à ce que je sois de nouveau en parfaite santé. J’avais protesté mais cédais rapidement. Je ne serais capable de rien dans un état fiévreux, et encore moins me battre. Si je voulais fouler de nouveaux les champs de bataille avec mon armée, je me devais d’être en parfaite santé.

La première après-midi et nuit avaient été difficiles. Ma fièvre n’avait pas baissé, si bien que Kora avait ordonné à mes gardes qu’ils aillent chercher Baâl sur le champ. Elle n’osait convoquer elle-même un mestre, préférant que le maitre d’arme s’en charge s’il estimait cela nécessaire. Je n’en avais gardé aucun souvenir. Si ma servante ne me l’avait pas expliqué pendant les moments où elle me forçait à rester éveiller pour me nourrir, et m’aider à faire ma toilette, je n’en aurais rien su. D’ailleurs, le dernier souvenir que j’avais était celui d’un bain bouillant dans lequel elle m’avait demandé de grimper. J’avais dû m’y endormir. Tout cela était vraiment flou.

Je ne sais pas vraiment combien de temps j’avais dormi, ni quel jour, et encore moins quelle heure de la journée il était. J’avais de nouveau chaud, et ma gorge était sèche. Ma fièvre avait fini par baisser, même si je me sentais encore fébrile. Kora ? soufflais-je doucement, en ouvrant les yeux. Je la cherchais du regard et voyant qu’elle n’était pas là, la soif tiraillant ma gorge, je me décidais à sortir de mon lit. La table n’était pas loin, et je pensais vraiment être capable de l’atteindre, ce qui ne fut pas le cas. Je m’écroulais au premier pas, tapant l’un de mes coudes sur le sol brut. Cela m’arracha un cri de douleur que je ne pus retenir. La robe de nuit qu’on m’avait enfilé s’était légèrement déchirée et se teintait de liquide rouge. Je poussais un juron, essayant de me relever en vain plusieurs minutes. Rhaenys ! s’écria ma servante qui venait de revenir, des draps propres dans les bras, qu’elle laissa d’ailleurs retomber à terre en me voyant sur le sol. Elle se précipita jusqu’à moi et se pinça la lèvre inférieur en voyant ma peau écorchée. Vous êtes blessés ! Ce n’est rien… lui soufflais-je. La vieille femme me lança l’un de ses regards inquiets, avant de soupirer. Elle m’aida à me redresser légèrement, et à m’adosser au mur. Vous tremblez de froid Ce n’est rien… lui redis-je mais elle me coupa la parole C’est faux et vous le savez parfaitement. Je reviens tout de suite. N’essayez plus de bouger je vous en conjure. m’ordonna t-elle avant de se relever et de se précipiter vers la porte. J’appuyais ma tête contre le mur et fermais les yeux, pour ne plus voir la pièce autour de moi tanguer, ce qui ne fonctionna pas.

Je dus m’assoupir ou perdre une nouvelle fois connaissance le temps que ma servante aille demander à l’un de mes gardes d’appeler Baâl pour qu’il puisse l’aider à me remettre dans mon lit.  J’étais Reine et promise à un prince. Mes gardes ne pouvant pas décemment me toucher. Et j’avais été claire avec le maître d’arme : je ne voulais pas qu’ils puissent me voir dans un état de faiblesse. Ils devaient garder l’image d’une Reine forte et conquérante, et pas d’une petite chose fragile incapable de se remettre toute seule sur pied, et qui délirait pendant son sommeil.

La sensation d’un tissu froid et humide me tira du sommeil, soulageant cette fièvre qui me donnait de nouveau chaud. Je remuais légèrement Eau… Kora… Plait soufflais-je avec difficulté, la gorge en feu trop déshydratée. Je n’eus pas à attendre beaucoup pour qu’un contenant soit présenté aux bords de mes lèvres. Une main derrière ma tête m’aida à la redresser pour avaler le liquide, avec une force qui ne pouvait pas appartenir à ma servante. Je bus quelques gorgés, avant de réaliser que ce n’était pas Kora qui m’aidait, ni même Baâl. Qui... t’as laissé entrer ?... soufflais-je à l’homme. Il n’avait rien à faire là, rien. Je ne comprenais d’ailleurs pourquoi il était là. J’avais dit à mon maitre d’arme que je ne voulais pas de lui à mes côtés quand il m’avait demandé s’il devait aller l’avertir. Et j’avais ordonné à Kora de ne laisser entrer personne en dehors de Baâl et du Mestre. Orys n’avait donc rien à faire dans ma chambre.



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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Titre de Noblesse ou Métier: Reine des sept royaumes de Westeros
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 29 Nov - 19:23


Je poussai le battant de la porte pour retrouver cette silhouette de nacre, étendue au sol. Je n'entendais que sa respiration sifflante et difficile rompre le silence de cette pièce. Elle avait l'air si pâle, si frêle... Si faible. Ses yeux clos étaient cernés de noirs et son teint plus blafard que jamais. La Reine de Peyredragon avait perdu de sa superbe, mais cette seule image avait réussi à balayer les doutes qui pouvaient subsister en moi. Je la rejoignis en quelques pas rapides, m'agenouillant à ses côtés pour la soulever de terre avec toute la délicatesse dont j'étais capable. Je la sentais brûlante au toucher, tandis que je la reposai dans son lit. Je remis couvertures et fourrures en place, calai sa tête contre plusieurs oreillers et... Attendis. Rhaenys ne bougea pas immédiatement, plongée dans un sommeil agité, ponctué par les élans de la fièvre.

Je poussai un profond soupir et décidai de la veiller le temps qu'il faudrait. Je serais parti au petit matin pour reprendre mes obligations, et elle n'aurait aucun souvenir de mon passage... Ce qui n'était pas plus mal. Je n'avais plus envie de me battre avec elle et n'aspirais qu'à attendre la bataille à venir pour me jeter corps et âme dedans, même si Rhaenys avait fait le choix de ne pas me mettre en tête. A ses nouvelles, durant un de nos conseils, je n'avais strictement rien dit. Les regards s'étaient tournés vers moi, car la plupart se serait attendu à un éclat ardent de ma part pour protester contre ma position, mais cet éclat n'était plus que braise mourante. Je m'en étais douté. Encore une fois, elle m'avait écarté, sauf que cette fois-ci, des raisons profondes existaient vraiment. Je l'avais déçu, autant qu'elle m'avait déçu. Le lien était rompu et nous n'étions plus que des étrangers l'un pour l'autre, même si les liens du sang ne pouvaient être niés. Ceux-là même qui m'avaient poussé à revenir au sein du conseil, alors même que j'avais raté le premier suivant notre violente dispute. Et ceux-là même qui m'intimaient de me trouver à ses côtés et nulle part ailleurs, alors que ma présence était indésirable. A moins que ce ne soit les nombreuses réprimandes et bousculades de Baâl pour me forcer à me réveiller et arranger les choses. Selon lui, la tournure des événements dépendaient de moi, alors même que Rhaenys m'avait semblé clair, à préférer se dispenser de mes conseils en tant que Main. Je m'étais simplement comporté en bon petit soldat par la suite, en me présentant à chaque Conseil pour les enrichir de mes idées. J'étais peut-être même plus efficace sans cette étincelle, aussi froid qu'elle pouvait l'être dans ma réflexion, dénuée de sentiments et de la moindre préoccupation personnelle, parce que je réfléchissais sans plus me soucier de son sort ou du mien, mais uniquement de l'intérêt que nous ferions bénéficier à notre armée. Quelque part, j'avais l'impression que ce froid polaire avait fini par me contaminer à mon tour... Mais on ne gagne pas une guerre seulement à avancer des pions sur un échiquier, on la gagne aussi avec des convictions, des valeurs, et des commandant qui croient en ce qu'ils font. Je ne voyais toujours aucune chance pour nous de l'emporter dans cet état de fait, et c'était peut-être aussi la raison qui me poussait à ne pas protester, tandis qu'on me reléguait au second plan. Peu importait, tant que j'avais le sang de mes ennemis sur ma lame.

Je m'assis à même le sol, le dos calé au mur et l'épée en travers de l'épaule. J'avais prévu de dormir un peu, ma tête reposant sur le côté du lit. La nuit risquait d'être longue, et la journée à venir d'autant plus. Je m'occupais comme je pouvais, parmi les hommes, pour m'éviter de laisser mon esprit partir en tout sens. J'avais pris beaucoup de préparatifs en main et cherchait constamment à augmenter nos troupes pour que nous soyons prêts, à la veille de la bataille. Pour le moment, mes efforts s'étaient montrés plutôt concluants, mais il était bien plus aisé de préparer une guerre que de parler à ma sœur. Cette pensée parvint à m'arracher un sourire avant que je ne sombre dans un demi-sommeil.

Je fus réveillé à plusieurs reprises par Rhaenys, qui s'agitait à cause de la fièvre, prononçant des paroles qui paraissaient totalement incompréhensibles. Je réajustai les couvertures, humidifiai à nouveau le tissu contre son front, et me rendormis ensuite, la tête reposée contre le bord du lit. Je sursautai, en entendant des mots prononcés plus clairement que d'autres, me figeant à l'écoute de mon nom. Etait-elle réveillée ? Non... Et pourtant, je l'entendais distinctement m'appeler dans son sommeil. Je posai ma main contre la sienne jusqu'à ce qu'elle se rendorme avant de reprendre mes distances. J'avais la mine pincée quand elle commença réellement à reprendre conscience, incapable de savoir comment je devais l'interpréter. Elle réclamait de l'eau, cette fois, et je me penchai vers elle pour lui porter le bol aux lèvres, répondant mécaniquement à sa demande.
Quand ce regard croisa le mien, je sus qu'elle était pleinement éveillée. Elle m'avait reconnu, et j'aurais préféré que tel ne soit pas le cas. Le jour n'allait pas tarder à se lever. J'aurais déjà dû être parti, à vrai dire. Sa question n'avait strictement rien d'amical mais je me contentais de répondre sur un ton neutre :

- Baâl. Il m'a demandé de te veiller un peu. Je n'ai pas la moindre idée d'où est Kora, mais elle n'est pas revenue.

Je marquai un silence. Je reposai sa tête contre l'oreiller et le bol sur la table à côté. Je repris position contre le mur, sans pour autant la quitter du regard.

- Ne lui en veux pas trop, il pensait bien faire. Il a dû t'entendre m'appeler.
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 29 Nov - 23:26


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Je ne comprenais pas ce qu’Orys faisait à terre, dans ma chambre. Il n’avait tout simplement rien à faire en ces lieux, à une telle heure. Cela ne faisait aucun doute qu’il avait bien mieux à faire et qu’il désirait surement être ailleurs. Il avait été parfaitement clair la dernière fois sur tout ce que je pouvais lui inspirer comme sentiments. Il ne croyait pas en moi et j’étais selon lui, une Reine égoïste, aveugle qui courait droit à sa perte. Il ne voulait pas me servir, de ça aussi il avait été clair. Alors… Que faisait-il donc ici ? Qu’il ait fini par revenir à l’une des réunions stratégiques, je pouvais l’envisager. Orys avait le choix de s’en aller ou de rester pour faire la guerre. Je n’avais pas remis en cause ses qualités de combattant ni même de général. S’il ne mènerait aucune bataille en première ligne pour des questions de sécurité – je ne pouvais l’y envoyer alors que j’y allais et laisser mon royaume sans héritier – son expertise restait la bienvenue, tout comme son commandement. Nos hommes avaient foi en lui et il pouvait les inspirer. Seulement là, nous n’étions ni en train de parler de guerre, ni sur le front de bataille. Il n’avait donc rien à faire ici.

Je lui demandais sans la moindre politesse qui l’avait laissé entrer. Kora ne l’aurait pas fait. Et Baâl… Et bien j’avais été claire avec mon maitre d’armes. Il en faisait certes de temps en temps à sa tête, mais c’était toujours pour de bonnes raisons. Hors, il n’y en avait aucune pour justifier la présence de Valonqar si ce n’était de me rappeler toutes ses choses horribles qu’il m’avait dit et qui m’avaient tant blessé. Baâl était bien des choses, mais pas le moins du monde mon bourreau. Non, il n’aurait jamais laissé Orys venir ici. Si je ne voulais pas le voir, je n’avais pas la force de repousser l’homme. Je me sentais encore fébrile et la fièvre ne m’avait quitté même si elle s’était fortement atténuée. Je détestais être dans une telle position de vulnérabilité devant lui. Ce n’était pas un problème avec ma servante et mon maitre d’arme. Cela ne l’aurait pas été avant son arrivée à Sombreval. Cependant les choses avaient changé et il m’avait déjà bien fait assez de mal comme cela. Si Aegon aurait été là, notre frère aurait passé un sale quart d’heure pour avoir agi comme il l’avait fait avec moi et Visenya se serait occupée de l’achever pour m’avoir autant dévasté. Il avait usé de ce pouvoir qu’il avait sur moi pour me faire souffrir comme personne ne l’avait fait avant lui et je ne pouvais pas lui pardonner. Je ne voulais pas lui pardonner. Je me sentais trahie par la personne que j’avais toujours aimée. Parce que, tout ce qu’il m’avait dit, je savais qu’il le pensait. Il avait sincère et la vérité était dure à encaisser.

Alors, lorsqu’il m’indiqua que c’était Baâl qui lui avait demandé de venir, je me promis de punir mon chevalier pour sa sottise et sa désobéissance. Il avait, en plus, congédié ma servante, qui n’aurait jamais quitté mes quartiers ne sachant malade sauf ordre de sa part. J’allais l’écorcher vif. Ou le brûler vif. L’un ou l’autre. Un bon point pour lui, Orys finit par enlever sa main de ma nuque pour laisser ma tête reposer de nouveau que mon oreiller. Je rejetais en block la sensation de vide qui m’envahit. Je refusais de lui montrer que j’aimais toujours son contact et qu’il pose ses mains sur ma peau et dans mes cheveux. C’était une telle torture. Oui, j’allais brûler vif Baâl après l’avoir écorcher vif. Comme suivant mon raisonnement, le nouveau prince de Peyredragon me demanda alors de ne pas en vouloir au vieil homme qui avait agis en pensant bien faire. Et bien, je ne lui avais pas demandé de penser justement, simplement d’obéir à mes simples exigences. Je fronçais des sourcils – ou du moins essayais – à la fin de sa phrase et répondais aussi sec Je t’ais…pas… Appelé. soufflais-je avec difficulté. J’aurais voulu être acide et tranchante, mais ma voix n’avait été que tremblotante et faible. Je fermais les yeux quand une montée de fièvre m’envahi et tournais la tête de l’autre côté, dans la direction opposée à Orys. Tu peux… Partir… Baâl n’aurait… Jamais dû… T’obliger…. A être là… finis-je par dire, entre plusieurs tremblements de froid. Je resserrais les couvertures autour de moi, mais rien n’y faisais. J’avais horriblement et terriblement froid. Je suis une dragonne. J’ai besoin de chaleur et de flamme. J’ai besoin d’avoir de la lave coulant dans mes veines. Emmitouflée comme je l’étais, je devrais avoir chaud, ou du moins pas aussi froid. Et pourtant. Je grelottais comme si j’étais nue dans ma neige en plein hiver. Je me recoquillais sur moi-même, essayant de me réchauffer en vain. Je voulais que cette sensation cesse. Je voulais que ce froid me quitte, ce froid qui me rappelait combien j'étais seule dorénavant. je n'avais plus personne, plus personne.



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Lun 30 Nov - 20:52


Je lui rendis un mince sourire, teinté d'une certaine tristesse, tandis qu'elle essayait vainement de se défendre. Elle ne trompait personne, pas dans cette pièce en tout cas. Je me rendais compte aussi, qu'en creusant un peu ces couches de glace, la Rhaenys que j'avais aimé était toujours là, quelque part. Alors peut-être que tout n'était pas perdu, même s'il était dangereux de me raccrocher à pareil espoir. Même plongée dans cet état de faiblesse, je sentais son côté vindicatif ressurgir. Si elle avait été en pleines possessions de ses moyens, aucun doute qu'elle m'aurait déjà renvoyé dans mes quartiers en vociférant, ou aurait tenté de quitter les lieux si je lui avais encore désobéi. Ca devenait une habitude dérangeante, d'ignorer ses menaces tout comme ses ordres. Elle n'aurait réellement pas dû garder un élément aussi instable que moi dans son sillage. Je commençais tout juste à prendre conscience de l'origine de ce rejet violent. Le lien n'était pas rompu, non, tout l'inverse. Il menaçait peut-être bien les fondations de ce château de glace qu'elle avait rudement bâti.

- Si. Dans ton sommeil... Peu importe.

Je laissai mon épée seule reposer contre le mur. Je m'étais avancé, m'accoudant au bord du lit pour la détailler. Je fronçai les sourcils, une once d'inquiétude finissant par percer. C'était le surmenage qui avait fini par générer cette fièvre. Rhaenys n'avait pas dû réussir à se reposer depuis... Quand, exactement ? Depuis la mort de nos ainés ? Peut-être bien. C'était mon cas aussi, mais j'étais plus endurant qu'elle. J'avais pris l'habitude de dormir assis, dans cette même position contre le mur, à voler quelques heures à la nuit avant de reprendre ma route. Les Ombres agissaient toujours à couvert, et les missions que m'avaient confié Aegon à l'époque au large de Peyredragon réclamaient toutes un minimum de discrétion. Repenser à lui n'allait pas m'aider. Je ne pouvais pas m'empêcher de réfléchir à ce qu'il aurait fait à ma place, en de pareilles circonstances. Rhaenys était bien trop difficile à suivre pour moi, l'avait-elle été aussi pour lui ? J'en doutais. Il avait toujours été le plus réfléchi et raisonnable de nous deux. Plus... Royal. Je me battais sans arrêt, ripostais à la moindre provocation. Je prononçais des paroles plus hautes les unes que les autres. Ca n'avait pas tellement changé malgré les années qui passaient.

Je relevai le regard quand elle se retourna de l'autre côté, me montrant son dos. Elle avait vraiment l'air de souffrir et ne cessait de trembler. J'en avais connu plus d'un qui était mort, emporté par une mauvaise fièvre, plus que sur un champ de bataille. La maladie pouvait nous dévaster aussi rapidement qu'une guerre, et je ne me souvenais que trop comment nous avions perdu notre père. Lui que je pensais invincible, terrassé dans son lit par un ennemi impossible à vaincre au fil de sa lame. Ca avait été terrible de voir un si grand homme mourir de cette façon. Ma mâchoire se crispa. Je répondis à son dos, d'une voix basse :

- Personne ne m'a obligé à être là, Rhaenys.

Je poussai un profond soupir et posai une main contre son épaule. Elle n'allait pas aimer que je la touche, mais je voulais qu'elle voit quelque chose.

- Attends... Regarde.

Je fouillai à la recherche de ce bout de papier qui me quittait rarement et avait traversé les épreuves du temps avec moi. Il ne payait plus vraiment de mine, à force. Les bouts étaient encornés et la feuille encroutée de terre et parfois même de tâches plus claires et carmines. Je le tenais de mon départ dans l'Orage, peu après que la maladie ait emportée notre père. Ce jour-là, je lui avais promis de lui revenir sain et sauf. Je l'avais laissé aux bons soins d'Aegon qui, bien mieux que moi, savait comment apaiser son chagrin. Elle m'avait laissé ce dessin sous ma porte, qui nous représentait tous les quatre réunis. Rien de plus qu'une évidence qu'elle m'avait asséné, et que je tenais à lui rappeler.

- Tu te souviens, de ce dessin ?

Je le posai sur la table à côté, posant le bol sur l'un des coins pour le tenir en place.

- Il ne m'a pas quitté, depuis que tu l'as glissé sous ma porte. Quand il m'arrive de douter, je me souviens qu'il est là, ce qu'il représente pour toi et pour moi. Et je continue d'avancer, en me rappelant l'essentiel. Nous quatre, c'est l'essentiel.

Je la fixai longuement. Je guettais une réaction explosive, comme il lui arrivait d'en avoir ces derniers temps. Mais elle tremblait comme une feuille morte et semblait juste avoir assez d'énergie pour protester un peu. J'ouvris la bouche pour rajouter quelque chose... Mais la refermai bien vite. Je n'étais pas doué pour les mots, ni pour les sentiments à vrai dire. Je savais simplement ce qui me tenait à cœur, là, maintenant. Je glissai ma main sous ses épaules pour la rapprocher de moi, qu'elle soit consentante ou non, me glissant sous les couvertures pour la réchauffer par ma propre chaleur.

Je lâchai dans un murmure, comme seule conclusion :

- Je ne te laisserais pas mourir, Rhae'.
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mer 2 Déc - 23:41


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Dans mon sommeil ? Mais que ? … Peu importe oui, comme il venait de l’indiquer. Je n’avais aucun souvenir de l’avoir réclamer, alors que j’avais pris justement la décision de le tenir éloigné, décision facilité par sa réaction violente et insultante lors de notre dernier « tête à tête ». Je détestais ça. Je détestais que la vie ait pu nous éloigner. Il était le dernier membre de ma famille et la personne que j’aimais le plus. C’est d’ailleurs pour cela que ses paroles m’avaient tant fait mal. Ce qu’il ressentait à mon égard, la personne que j’étais devenue à ses yeux… Cela m’avait achevé. Je me sentais monstrueuse avant cette confrontation. Maintenant, je ne supportais même plus voir le moindre reflet de moi. Je ne me supportais plus. Dès que cette guerre sera finie, je partirais. Je m’arrangerais avec Roward Martell pour que mon départ n’affecte en rien la diplomatie de Westeros et je m’en irais pour Essos, ou au-delà avec Meraxès et plusieurs œufs de dragons. Je n’envisageais plus l’avenir autrement que par une retraite loin d’ici. Je n’avais aspiré à faire la guerre, ni même à gouverner. Je n’aurais jamais du devenir Reine. Alors j’assumerais ce rôle qu’on veut me voir endosser au mieux, laissant tout le reste de côté. Je n’avais de toute façon, pas d’autres choix. Je le devais à mon peuple et à la mémoire des miens.

Et encore même là, je ne m’étais pas montrée assez forte. Mon corps m’avait lâché, succombant à la fièvre et à la maladie. Je ne l’avais pas ménagé, pensant vraiment pouvoir tenir le rythme et il m’avait rappelé que je n’étais pas aussi forte que je le voulais. Est-ce que cela me servirait de leçon ? Non. J’aurais trop d’affaires en attente qui m’attendraient dès que je serais capable de tenir une plume entre les doigts et restais assise sur une chaise. Et les journées étaient toujours trop courtes, bien trop courtes, quand bien même j’avais énormément délégué de tâches. Dormir ne servait à rien. Manger me faisait perdre un temps précieux et j’allais devoir renoncer à monter Meraxès d’ailleurs même si je lui rendrais visite pour lui ordonner de voler et de se dépenser. Je n’allais pas avoir le choix malheureusement.

Je tournais la tête puis le dos à Orys en me recroquevillant sur moi-même pour le réchauffer. Je ne voulais pas qu’il soit là. Je voulais qu’il s’en aille et qu’il garde sa pitié ou je ne sais pas trop quoi pour lui. Il n’avait aucune obligation, fait que je lui rappelais. Qu’il aille donc s’amuser et faire ce que bon lui semblait. Car, je savais qu’il ne voulait pas rester là, auprès de moi, de cette femme qu’il détestait tant. Il me l’avait fait parfaitement savoir la dernière fois. J’entends mais je n’écoute pas vraiment ses mots. Je ne veux pas les écouter tout simplement. Ce serait y voir de l’espoir où il n’y en a pas, avant de sauter dans le vide, sans dragon pour nous rattraper. Il soupire, et pose sa main sur mon épaule. Je bouge aussi rapidement que je le pouvais, ce qui se résumait à très lentement pour m’éloigner un peu plus. Je ne voulais pas sentir la chaleur de son contact, même à travers le tissu fin de la robe de nuit dont on m’avait vêtu. Mais malgré toute ma bonne volonté, je ne peux m’empêcher de jeter un coup d’œil à ce qu’il voulait me montrer, le regrettant aussitôt. Il avait à peine dépliais le parchemin que je l’avais reconnu. Je me souvenais de ce dessin, même si je ne lui répondis rien, ni ne lui fis le moindre signe de tête affirmatif. Je lui avais glissé sous sa porte avant qu’il en s’en aille pour sa première mission loin de Peyredragon. Chaque jour j’étais passée devant la porte de sa chambre espérant la trouver fermée, signe qu’il était de retour, angoissant à mesure que le temps passé et qu’il ne revenait pas. Cela avait toujours été très dur de le voir partir, tout comme voir partir Aegon d’ailleurs. Je détestais plus que tout être née femme dans de tel moment et devoir rester au château et ne pas pouvoir les accompagner.

Je tremblais de plus belle, mais plus seulement de froid. Je tremblais tout en pleurant silencieusement, sans jamais le retourner, sans jamais lui montrer qu’il était encore capable de m’atteindre. Ce qu’il venait de me dire… Il ne se rendait pas du mal et du bonheur que cela pouvait me faire. Je le détestais autant que je l’aimais de me parler ainsi. Et j’avais autant envie de le voir s’en ailler que de le voir rester. Je ne répondais rien une nouvelle fois. Il allait s’en aller. Cela ne faisait aucun doute. Il était bien trop colérique et impétueux pour tolérer que je continue à lui montrer mon dos sans réagir à ses paroles douces, sans tendre la moindre main vers lui. Je l’aurais fait avant tout cela. Mais plus maintenant. Les choses avaient changé dorénavant.

Les minutes passèrent, plongeant la chambre dans un silence le plus total. Il bougea et je fus soulagée et malheureuse de me dire qu’il avait enfin compris, et qu’il allait s’en aller d’ici et m’envoyer Kora ou Baâl. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire, ce qui était le plus raisonnable.

Quand sa main se posa de nouveau sur mon épaule, je sursautais. Il me força à venir plus près de lui. J’essayais de l’en empêcher mais je n’avais plus aucune force et mon corps, une nouvelle fois, me laissait tomber. Pendant des années notre Père nous avait inculqués que si nous en avions la volonté nécessaire, notre corps nous obéirait en toute circonstance. Une nouvelle fois, j’avais la preuve que c’était faux : Il était mort, même s’il avait combattu la maladie et j’étais incapable de repousser Orys même si je ne manquais absolument pas de volonté pour le faire. Ou peut-être une part de moi désirait-elle trop le retrouver, ne serait-ce que quelques instants, comme notre Père avait pu aspirer à se reposer et être en paix ? Quoi qu’il en soit, je me retrouvais contre l’homme dont le corps me réchauffa bien plus que n’aurait pu le faire des couvertures, sous lesquelles d’ailleurs il s’était glissé. J’abandonnais tout espoir de lutte, finissant même par me retourner pour me blottir contre lui lorsqu’il me murmura qu’il ne me laisserait pas mourir, suivi de ce surnom que j’affectionnais tant lorsqu’il sortait de sa bouche. Je m’agrippais à lui, la tête contre son torse, pleurant toujours en silence, et sans prononcer d’autres mots que T’en va pas…

J’avais du finir par m’assoupir, même si je ne m’en souvenais pas. Je ne saurais dire combien de temps s’était écoulé. J’avais perdu tout repère depuis que j’avais été forcée à devoir dormir à cause de la fièvre. Je m’étais réveillée, en étant toujours blottie contre celui que j’aimais tant. J’oubliais pendant quelques instants tout le reste, en dehors de lui. Lentement, je levais la main, et caressais sa joue avec le dos de ma main, avant de remonter vers ses cheveux, où mes doigts se perdirent. Même dans son sommeil, il semblait un brin contrarié et je ne reconnaissais bien là. Je déposais un léger baiser sur ses lèvres pour chasser cette contrariété de son visage, sans réellement prendre conscience de ce que je faisais. Je me mis même à sourire, sourire qui se figea avant de disparaitre, lorsque ses magnifiques yeux lavande se posèrent dans les miens. Je me stoppais en quelques secondes, ne bougeant plus d’un pouce, mes doigts toujours emmêlaient dans ses cheveux bruns que j’aimais tant. Je… excuse-moi. Je n’aurais pas dû. lui bredouillais-je vaguement avant de tousser. J’avais encore une fois une soif d’ivrogne en manque d’alcool, et parler provoquais quelques quintes de toux. Je me relevais pour attraper un bol d’eau. Mais ma tête se remit aussitôt à tourner, m’obligeant à la laisser retomber sur l’édredon. Je me sentais mieux, bien mieux que ses dernières heures / derniers jours, mais je n’étais toujours pas au mieux de ma forme. Je bredouillais un Désolée en référence au fait que j’avais tiré sur certains de ses mèches de cheveux emmêlés en essayant de me relever, tournant le regard vers le haut du lit, pour ne plus le regarder, on ne peut plus honteuse et mal à l’aise, même si je continuais à agripper son vêtement, toujours sans même m’en rendre compte, avec ma main gauche, qui elle n’avait vraiment pas bougé d’un pouce depuis que je m’étais réveillée.



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 6 Déc - 0:10


Je me doutais qu'elle allait me repousser, me demander à nouveau de partir... Mais elle n'avait pas la force de m'imposer quoi que ce soit. Sa dragonne était bien trop loin pour la défendre de ses griffes. Son épée ne pouvait être correctement maniée dans son état. Elle n'avait pas d'autres choix que de finir par abdiquer, parce que ni Baâl, ni Kora n'avaient décidé de venir cette nuit. Le maître d'armes m'avait bien fait comprendre à quel point je m'étais comporté comme un idiot, selon lui, parce que plus que jamais, Rhaenys avait besoin de mon soutien. J'avais voulu la faire sortir de sa réserve, la confronter avec la réalité... En vain. Je m'étais donc résigné à la perdre, au détriment de cette reine de glace qui n'avait rien à voir avec elle, celle pour qui cette couronne avait été fabriquée. J'avais arrêté de chercher à la raisonner, à la bousculer ou à la consoler... Peu importait. Rien ne parvenait à l'atteindre, et même moi, j'en étais incapable. Je venais encore de m'en rendre compte alors que je parlais dans le vide, alors que c'était si difficile de simplement lui parler. Je voulais croire que celle que j'aimais était encore là, quelque part, sous cette couche de glace... Et qu'elle daignait m'écouter. Je ne pouvais pas revenir en arrière, et ne le voulait pas. Ce que je lui avais dit, cette nuit-là, que je l'avais pensé, comme je pensais tout ce que je disais maintenant aussi. Je ne voulais plus rien lui cacher, pas à nouveau, même si c'était parfois dur à encaisser. Nous avions dépassé ce stade, et un retour en arrière n'était plus possible, quoi qu'elle en dise.

Alors je m'étais glissé à côté d'elle, pour seulement la réchauffer, la rassurer. Je devais m'assurer qu'elle guérirait, et seulement après, je repartirais comme j'étais venu. J'avais bien trop perdu, ces derniers mois, pour laisser la dernière de ma fratrie être emportée par la fièvre, pas tant que je pouvais encore quelque chose pour elle. Aegon et Visenya me hantaient déjà suffisamment souvent... Et encore, je n'avais rien pu faire pour les aider, pour arrêter cette folie. Je le pouvais, là, maintenant. Je me devais d'être là pour elle, même si elle ne le désirait pas.

Il fallut du temps, avant qu'elle ne daigne enfin se retourner pour me faire face, et arrêter de me fuir inlassablement. Je me figeai à la vue de ses larmes qu'elle m'avait masqué, et qui me prenaient au dépourvu. Finalement, alors même que je ne m'attendais plus à ce qu'elle le fasse, Rhaenys avait enfin laissé tomber ses faux-semblants. Elle s'agrippait à moi comme si je pouvais la tenir la tête hors de l'eau. Je refermais mon étreinte sur elle, forte et rassurante, en l'entendant prononcer cette douce litanie qui me prouvait que tout espoir n'était pas encore perdu. Pour Peyredragon. Pour notre vengeance. Et pour nous deux.

Elle prit un moment à s'assoupir, mais les épreuves et la maladie avaient fini par l'épuiser. Je la gardais contre moi sans bouger, sans dormir non plus encore. Elle avait cessé de trembler, mais était encore bien chaude au toucher. Et moi, j'étouffais littéralement sous toutes ces couvertures. Je me contentais de l'observer longuement. Elle avait l'air presque paisible, et dormir si profondément que je commençais à croire qu'elle irait bientôt mieux.

Je me réveillais lentement, en sentant le contact d'une main contre ma joue, dans mes cheveux... Et ses lèvres surtout. J'avais presque cru les avoir rêvé, un instant... Je m'étais tellement habitué à me lever avec le fracas des armes et ce bourdonnement constant propre à une armée, cette longue rangée d'hommes qui ressemblait à un immense animal qui se contorsionnait sans jamais s'assoupir pour de bon. Je nierais ne pas apprécier les sonorités d'une armée en formation, parce que je me sentais dans mon élément, mais j'appréciais bien davantage me réveiller auprès de la femme que j'aimais, au contact de sa peau et des lèvres.
Elle s'excusa, et embrumé comme je l'étais encore par les dernières fragrances du sommeil, je ne compris pas instantanément pour quelles raisons... Et encore moins l'origine de son malaise. Je n'avais clairement pas assez dormi, et surtout pas assez pour me rappeler plus que l'essentiel. Je l'embrassai, sans crier gare. Longuement. Je commençais à promener mes mains sur son corps avant que je ne me rappelle, au toucher tiède de sa peau, la raison de ma présence en ces lieux. Je m'arrêtai à contrecœur et me redressai pour saisir le bol d'eau derrière moi, qui était visiblement l'objet de sa convoitise. Je me passai une main sur le visage et tentais de reprendre mes esprits. Rhaenys était encore malade, et faible. Ce n'était vraiment pas le moment de faire des folies, et surtout de pousser autant ma chance auprès d'elle. Je me retournais vers elle, me rallongeant à ses côtés.

- Moi aussi, je suis désolé.

Je ne savais pas tellement de quoi, peut-être d'un peu tout. De m'être laissé emporté, cette nuit, ou celle d'avant. De ne pas avoir été là quand il le fallait. De lui avoir posé cette couronne sur la tête, bien trop lourde à porter. Je l'observai, alors que les mots refusaient de franchir mes lèvres. Je finis par lui sourire, et chasser ses idées noires pour me concentrer sur l'essentiel, comme je savais si bien le faire.

- Tu as l'air d'aller mieux déjà... Mais tu devrais continuer à te reposer. Je peux appeler Kora, si tu veux.
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mer 9 Déc - 13:50


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

J’avais été stupide et imprudente. Je m’en rendais bien compte. J’avais embrassé Orys, caressé son visage et ses cheveux. Je m’étais laissée aller et ce n’était ni bien ni saint. Je me sentais si honteuse et embarrassée comme je ne l’avais jamais été, me sermonnant et me répétant que j’étais sotte. De quel droit avais-je fait cela ? J’avais déjà exigé qu’il reste, n’en avais-je pas assez fait ? Ses lèvres contre les miennes mirent fin aussi rapidement qu’elles étaient apparues à toutes ses pensées. Même si je fus surprise, mes sentiments reprirent le dessus et je lui rendis son baiser, savourant la sensation de ses lèvres contre les miennes, de ses mains se promenant sur ma chair. Je m’étais rapprochée de lui, passant une nouvelle fois ma main dans ses cheveux, alors que la seconde s’était glissée sous sa chemise pour toucher sa peau chaude et ferme. Il m’avait manqué. Il m’avait tellement manqué, bien plus que je ne l’avais laissé entrevoir. J’avais besoin de lui, à mes côtés. J’avais besoin qu’il soit là, auprès de moi. Je l’aimais bien plus qu’il ne pouvait se l’imaginer. Et je le connaissais assez pour me douter qu’il ne faisait que se comparer sans cesse à Aegon, alors qu’il n’avait rien à envier à notre ainée. J’avais toujours aimé Aegon comme un frère, alors qu’Orys, je l’avais toujours aimé comme une femme aime un homme. Je n’avais vu notre ainée différemment qu’après qu’il m’ait donné mon premier baiser, me faisant part de ses propres sentiments à mon égard et me faisait envisager autre chose qu’une relation fraternelle. J’avais appris à aimer Aegon comme un homme et non comme un frère. Alors qu’Orys, je l’avais toujours aimé au-delà du premier lien qui nous unissait.

Je me noyais dans cette étreinte tendre que l’homme que j’avais promu Prince m’offrait. Je savourais les minutes qui passaient à l’embrasser, oubliant tout le reste, oubliant mes remords, mes problèmes, mes soucis, cette guerre que je menais et même ma maladie. J’aurais pu passer le reste de ma vie à l’embrasser et le sentir contre moi. J’en étais déraisonnable, comme toujours le concernant. Mais la réalité finie par me rattraper, par nous rattraper. Il s’écarta et j’imaginais sans mal qu’il s’en voulu de s’être laissé emporter et d’avoir oublié que c’était moi qui était là, pas l’une de ses nombreuses conquêtes, moi, cette femme qu’il détestait quelque part. Il s’écarta, se redressa pour me donner le bol d’eau. Je le récupérais, et relevais légèrement cette tête qui me tournait de nouveau. Je le portais à mes lèvres, buvant le liquide tout en savourant l’effet de l’eau dans ma bouche, puis dans ma gorge. Je le bus doucement, mais complètement, pour assouvir cette soif qui me tiraillait. Et puis, cela me donnait le temps de me reprendre, et à Orys, celui de s’en aller sans demander son reste. Parce que, c’était obligatoirement ce qu’il allait faire non ? Je fus alors sincèrement surprise lorsqu’il se rallongea dans mon lit. Bien qu’il fut fini, je fis mine de continuer à boire, incapable de le regarder. Mes mains se mirent à légèrement trembler lorsqu’il s’excusa, me laissant perplexe. De quoi s’excusait-il ? De me considérer comme un monstre ? D’avoir embrassé justement ce monstre ? De m’avoir dit la dernière fois tout ce qu’il pensait de moi ? D’être resté ? Je baissais les bras et les mains, posant le bol vide juste à côté de moi. Je ne le regardais toujours pas, le visage tourné vers le plafond et les yeux fermés. Je me forçais à me reprendre, à rester calme, et à me taire. J’attendais la suite, qui arriva très rapidement d’ailleurs. Je passais mes mains sur mon visage, me forçant à respirer doucement. Ok me contentais-je de lui répondre. Je gardais la bouche bien fermée, retenant tout ce flot de paroles qui voulaient s’échapper. A quoi m’étais-je attendu ? N’apprendrais-je donc jamais le concernant ? Il fallait croire que non parce que son nouveau rejet me fit autant mal que le premier. Qu’il s’en aille bon sang, et cette fois pour toujours. J’en avais assez qu’il joue ainsi avec moi. Je poussais un soupir me pinçant l’arête du nez. Il était temps aussi que je grandisse et arrêter d’attendre des choses d’Orys. Même s’il me détestait et que je lui en voulais, il restait, et mon frère, et mon conseiller. Il était celui que j’avais élevé au rang de Prince, celui en qui je faisais assez confiance pour reprendre le flambeau s’il m’arrivait quelque chose. Peut-on faire une trêve le temps de cette guerre ? Tu pourras de nouveau me détester une fois qu’on aura pris Les Epois. J’ai… Quelque chose pour toi. lui dis-je avant de me relever un peu plus dans le lit, m’adossant au mur. Bon, ma tête tournais encore un peu, mais beaucoup moins qu’avant. Par contre, je n’aurais toujours pas la force de me déplacer toute seule. Je n’avais pas encore assez de force et n’ayant que peu manger ces dernières semaines, ce n’était pas vraiment étonnant. Kora avait d’ailleurs dû reprendre plusieurs de mes tenus pour les ajuster, non sans me faire savoir que ce n’était pas bon de me laisser autant aller et que j’allais finir par tomber malade. Peux-tu m’aider à rejoindre le feu de cheminé s’il te plait ? Il était beaucoup moins vif qu’à son habitude. C’était Kora qui se chargeait de l’entretenir, même si elle ne comprenait pas pourquoi je lui avais demandé de le faire. Je ne lui en avais pas donné la raison et elle n’avait pas posé de question. Elle ignorait que j’avais enfouis sous les cendres et les braises un trésor inestimable.

Ma démarche ne fut pas sûre et sans le soutien d’Orys, je me serais écroulée en chemin. Ce fut assez chaotique pour rejoindre l’autre bout de la chambre, mais j’avais refusé qu’il m’y porte. J’en exigeais déjà bien assez de lui. J’étais essoufflée, et accueilli le sol avec plaisir, sur lequel je vins m’asseoir. Je remontais les manches de ma robe de nuit, avant d’enfouir mes mains et mes avant-bras dans le feu. Ses flammes léchèrent ma peau sans la brûler, et leur chaleur fut agréable. Je poussais un soupir, me rendant compte que j’avais eu de nouveau froid, loin des couvertures et du corps de mon frère. Je mis plusieurs minutes avant de toucher du bout des doigts ce que je recherchais. Il y avait énormément de buches calcinés dans la cheminé, dont certaines que j’avais mouillé préalablement pour qu’elles ne s’embrassent pas. Doucement je tirais sur le trésor que je recherchais. D’abord un, puis un second. Je sortais deux formes ovales du feu, complètement grisâtes et noir, recouvertes de suies et de cendres. Je passais mes mains plusieurs fois sur leur surface, repérant, malgré toute la saleté, ce que je voulais offrir à mon frère. Je pris sans hésiter l’ovale et me mis à l’épousseter avec mes mains. Je n’en dégageais qu’une fine partie, trop épuisée pour pouvoir le faire totalement. La suie et les cendres avaient laissé place à une surface rugueuse bleu nuit. Je présentais alors l’œuf de dragon à Orys, et lui dis, essoufflée, en le regardant droit dans les yeux Il est à toi. Il faudra encore plusieurs semaines avant qu’il n’éclose. Tu devras veiller sur lui en attendant et l’apporter régulièrement à Méraxès pour qu’elle puisse s’en occuper. Prends soin de le garder au chaud, pour le réveiller doucement. puis j’ajoutais rapidement en détournant la tête. Et tu ne me dois rien. C’est autant ton héritage que le mien.




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Jeu 10 Déc - 11:41

Note HRP:
 


J'aurais pu m'abandonner à cette étreinte, qu'elle me rendait le plus naturellement du monde, comme si nous n'étions plus que deux êtres qui s'aimaient, comme si tout ce qui nous entourait n'avait subitement plus la moindre importance. J'aurais voulu voler encore un peu de ce précieux temps, profiter du fait qu'elle était juste elle, sans les contraintes d'une Reine, et que nous étions enfin seuls, qu'elle avait renoncé au fait de me fuir. Je m'étais pourtant contraint à me raisonner, la sentant défaillir à nouveau. Elle allait mieux, mais rien ne me disait encore qu'elle était tirée d'affaire, et qu'il ne s'agissait pas juste d'une accalmie. Je la laissais boire à sa guise, patientant le temps qu'elle finisse. Je l'observai longuement, guettant les signes de fatigue qui pourraient la trahir. Elle devait encore se reposer, et moi remplir mes obligations pour l'alléger autant que je le pouvais. J'étais prêt à me lever pour chercher sa servante attitrée quand elle se décida enfin à me répondre, par ce simple mot, qui me força à me retourner pour lui rendre un regard interrogateur.

- Ca va aller ?

Je marquai un silence, lui laissant le temps de reprendre ses esprits... Sauf qu'elle ne m'apporta que davantage de confusion. Il fallait croire que je ne m'étais pas montré assez clair, en cette fin de soirée. Je fronçai les sourcils, sans dissimuler mon air profondément perplexe, avant de lâcher dans un souffle :

- Parce que ce n'est pas une trêve, ce que l'on faisait là ? Rhae'... Je n'ai pas envie de me battre contre toi, pas aujourd'hui. Je prends toujours les armes pour une bonne raison, même quand il s'agit de raisonner ma sœur quand elle se fourvoie. Je ne m'excuserais pas pour ses mots, parce que tu avais besoin qu'on te bouscule pour prendre conscience de ta situation. Regarde-toi... Même ton corps est à bout. Si tu ne m'écoutes pas, écoute-le.

Je secouai la tête négativement. C'était à mon tour de pousser un soupir retentissant et de me pincer l'arête du nez, en reproduisant presque les mêmes gestes qu'elle faisait une minute auparavant. J'étais là de batailler contre du vent, parce que nous étions incapable d'avancer ensemble, à mieux se rapprocher pour mieux se blesser au contact de l'autre... Et c'était elle qui avait érigé des barrières cette fois, pour se protéger de ses sentiments comme j'avais pu le faire par le passé. Pourtant nous avions convenus de les ébranler, alors je m'étais montré sincère. Dur, mais sincère. Je devais l'être encore aujourd'hui. Je lui lançai un regard en coin avant de reprendre :

- Et arrête de remettre en question les sentiments que je te porte. Si ça ne tenait qu'à moi, nous n'aurions pas passé la nuit à simplement se reposer. Je t'aime, Rhae'.

Je me levai, m'emparant de ses lèvres dans le même mouvement. Je restais ensuite le regard ancré en le sien, si proche que nos souffles se mêlaient... Je voulais qu'elle se rende compte par elle-même que ce n'était pas des paroles en l'air, avant d'asséner avec force :

- Bien, et maintenant que c'est dit, considère-le pour acquis. Si cela vient à changer, tu en seras la première informée.

Je pensais que nous allions rester là-dessus, mais c'était sans compter sur l'attitude bornée de ma sœur qui cherchait à se relever par elle-même. Baâl était venu me chercher précisément parce qu'elle refusait de rester en place, mais j'aurais cru qu'elle attendrait mon départ avant de retenter ses frasques. Je l'aidais à se redresser, et trouvais de bon ton de l'accompagner là où elle le désirait au risque qu'elle ne réessaie plus tard de quitter sa couche. Je ne pensais pas qu'elle avait encore froid, sauf qu'il ne restait plus que des braises rougeoyantes dans la cheminée. J'étais prêt à lui dire de me laisser faire, que je raviverais le feu pour elle, mais elle me surprit à plonger ses mains dans les timides flammes et creuser longuement entre les braises et les bûches calcinées. Je m'adossai à l'âtre de la cheminée pour la regarder faire, sans bien comprendre, jusqu'à ce qu'elle ressorte deux formes ovales du feu, impossible à identifier tellement elles étaient recouvertes de suie et de cendres. Pourtant, la forme ne trompait pas. Si c'était bien ce que je croyais... Je ne pensais pas qu'elle les avait amenés à Sombreval. C'était dangereux, même si je comprenais la nécessité de les garder près de Meraxès et d'elle, plus à même capable de les faire éclore et de les éduquer ensuite comme il le convenait.

Mon regard ne quittait pas les deux œufs de dragon, fasciné. Je la regardais en manipuler un avec plus d'attention, à gratter la surface jusqu'à ce que la cendre laisse place à des écailles d'un bleu nuit. Elle me le tendit ensuite, lâchant ses mots qui ne parvenaient pas à faire sens dans mon esprit. Je le pris entre mes mains, avec toutes les précautions du monde... Et sentis rapidement la chaleur intense conservée par ses écailles me brûler légèrement la peau. Rhaenys était bien la seule à l'épreuve des flammes, à pouvoir les garder en main le plus naturellement du monde, comme si la surface était froide. C'était trompeur, mais malgré la brûlure, je me refusais de le lâcher pour autant. Par fierté, peut-être, parce que j'aurais aimé que mon sang soit aussi fort que le leur pour en supporter l'incandescence, mais aussi parce que je restais captivé par ce réceptacle qui conservait en son sein la vie d'un tout jeune dragon. Je retirai les dernières traces de suie qui persistaient sur sa coquille pour mieux observer ces reflets qui dansaient à la surface, à la pâle lueur des flammes. Il avait une bonne taille, et on ne se doutait pas qu'il pouvait peser si lourd avant de l'avoir entre les mains. J'étais persuadé qu'il serait à la mesure de Balérion si on lui laissait le temps de se développer correctement.
Je me souvenais avec nostalgie du jour où notre père leur avait annoncé à tout trois qu'ils auraient leur dragon, dans la salle du trône. J'étais resté en retrait, à partager leurs joies, à suivre leurs évolutions mutuelles jusqu'à ce que Visenya et Rhaenys se lancent et ne fassent éclore leurs œufs dans le feu le plus ardent... Et jusqu'à ce que Rhaenys prennent son envol sur le dos de Meraxès, ce fameux jour. J'avais cru que mon cheval allait me désarçonner avec la frayeur que la dragonne lui avait causée.
J'avais eu du mal à accepter ces créatures dans ma vie, qui me semblaient infiniment dangereuses et instables, et il m'arrivait encore de nourrir quelques inimités envers Meraxès, quand cette dernière s'empressait de s'interposer entre Rhaenys et moi, comme si c'était moi le danger. Et pourtant, à mon grand regret, je n'avais pas souvent goûté à cette sensation grisante de conquérir les airs, et jamais sur mon propre dragon. Elle me donnait la possibilité de le faire, de connaître les mêmes épreuves par lesquelles ils étaient passé, chacun d'eux... Et surtout les mêmes joies. Je les avais longuement envié, mais n'avais jamais à discuter la décision de mon père. Il m'avait mis volontairement à l'écart, parce que je n'étais justement pas à l'épreuve des flammes comme ils pouvaient l'être. Ça m'avait toujours semblé clair et limpide, donc incontestable.

- Rhae' ...

Je quittais enfin l'œuf du regard, pour la fixer longuement. Je devais avoir ce regard hébété, de celui qui ne réalise pas encore la chance qu'il venait d'avoir. Mon propre dragon, c'était impensable. Même dans mes rêves les plus fous, jamais je n'aurais imaginé que l'on me ferait un tel présent, encore moins maintenant qu'autrefois. Je sentis ce sourire me venir naturellement, sincère et resplendissant. Je cherchais à conserver un peu de retenue, malgré ce sentiment singulier qui contamina rapidement tout mon être, aussi grisant que pouvait l'être l'envol du dragon. Je le gardais dans mon giron, une main reposant sur les écailles rugueuses qui le recouvraient.

- Les mots me manquent pour t'exprimer toute ma gratitude. C'est inestimable. Je suis réellement honoré de la confiance que tu m'accordes... Et vraiment, je ne la mérite pas.

Je secouai négativement la tête. Ma main se referma sur cette coquille, dure comme de la pierre au toucher. C'est un Targaryen qui aurait dû élever ce dragon, mais je ne voulais pas rejeter ce présent inestimable qu'elle me faisait. Je doutais d'être la personne qui conviendrait, surtout après tous les tords que j'avais pu lui causer ces dernières semaines. Je ne comprenais même pas ce qu'il avait poussé à agir ainsi, à me déclarer prince, et à m'offrir ensuite un dragon. Ce n'était pas rien... Un dragon. Même si elle s'empressa de me signaler que je ne lui étais en rien redevable, je ne le percevais pas ainsi. Je devrais me montrer à la hauteur de cette confiance qu'elle plaçait en moi, et de ce dragon aussi, qui me donnerait certainement beaucoup de fil à retordre. Je ne comptais pas le lâcher pour autant, ni elle. Surtout pas maintenant.
Je pris une longue inspiration pour m'inciter au calme. Je revins à elle, avec une étincelle résolue dans le regard. J'inclinai lentement la tête avant de déclarer sur un ton solennel :

- Je veillerais sur lui comme sur un frère. Je t'en fais le serment.

Je le reposai dans les flammes pour qu'il ne perde pas sa chaleur, avec grande précaution. Je baissai ensuite le regard sur le second œuf, laissé de côté, et en nettoya à son tour la suie qui le maculait. Des écailles d'un rouge sombre dansèrent à la lueur des flammes, prenant des teintes orangées par moment. Ce dragon-là avait le feu et le sang en lui, tandis que son jumeau était fait des mêmes ombres qui m'animaient. Etrange comme il était facile de dresser des parallèles sur notre propre situation... Je la plaçai à côté de son frère, avec un sourire songeur.

- Ils sont tous deux magnifiques. Gageons que leur naissance signe le renouveau pour notre lignée.

Je marquai un temps d'arrêt, à observer les timides flammes lécher leur carapace draconique. J’avais encore du mal à réaliser ce qu’il venait de se passer. Rhaenys m’avait donné un nom, un titre… Et maintenant un dragon. Elle me donnait tout, sans exception, sans rien attendre en retour non plus. C’était impensable, surtout en sachant tous les non-dits qui flottaient encore entre nous, et qu’elle ne m’avait pas demandé d’éclaircir alors même que je lui devais. Je refermai mes poings sur mes hanches avant de pousser un long soupir.

- Rhaenys, à propos de ce mariage… Je sais à quel point il est nécessaire que nous trouvions des alliés solides en qui se fier, et Dorne est, de toute évidence, notre meilleur parti. Nous partageons beaucoup avec eux, et j’ai appris à apprécier la Princesse de Dorne ainsi que son plus jeune frère, Anders Martell. Je pourrais aussi apprendre à en faire autant avec Roward Martell, avec le temps certainement.

Je quittai du regard les deux dragons en devenir pour la fixer. Il m’avait fallu du temps pour apprendre qu’il était nécessaire de faire des concessions. Je n’étais pas habitué à en faire, et à considérer ce qui m’était acquis le resterait. C’était une erreur, je le savais pertinemment. Nous n’étions plus aussi forts que nous voulions bien le croire, et incapable de nous passer du moindre soutien. Si nous voulions poursuivre dans la voie qu’Aegon nous avait tracés, il était nécessaire de faire des sacrifices. Seulement … Je n’avais pas songé un seul instant que, après avoir quitté ma réserve, je risquais de devoir la réintégrer bien vite.

- Même si nous sommes contraints de ne plus rester exclusivement entre nous, par la force des choses, j’aurais aimé que cela ne change rien envers ce qui nous anime. Seulement, il va falloir que tu songes à faire perdurer la lignée des Targaryen. Je ne me dresserais pas entre vous, Rhae’.

Je pris sa tête entre mes deux mains, les posant de chaque côté de son visage en rejetant quelques mèches argentées en arrière. J’ancrai mon regard en ses yeux lavandes, avec cette ferme résolution constamment raviver à sa vision. Je ne pouvais pas laisser la guerre me la prendre, elle était la dernière et il me fallait veiller sur elle plus que sur ma propre vie. Le reste ne devait plus interférer.

- Et je serais toujours à tes côtés, sache-le, pour le meilleur et pour le pire.
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mer 16 Déc - 17:14


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Je répondais à la question de mon frère en lui faisant un vague signe affirmatif de la tête. Je m’en sortirais comme je l’avais toujours fait par le passé. Ce n’était pas le moment de faiblir et je ne laisserais plus rien m’atteindre d’une quelconque manière. Je devais être forte pour les miens, et si j’avais été obligée par mon corps à me reposer je comptais bien m’en remettre le plus tôt possible pour recommencer à travailler et prendre part aux décisions de guerre à venir. Je n’étais pas contre le fait de déléguer, simplement il était important que je sois au courant de tout, surtout avec l’écart d’Orys dans ses fonctions de Main de la Reine. J’avais encore Baâl, et heureusement d’ailleurs, pour autant l’élément le plus important de mon conseil restreint n’était plus vraiment intéressé par ce rôle. Il m’avait bien fait comprendre ce qu’il pensait à ce sujet d’ailleurs la dernière fois que nous nous étions parlé. Je lui demandais d’ailleurs à ce que nous fassions une trêve le temps de cette guerre. Ensuite, je le libérerais complètement de toutes ses obligations qu’il pensait avoir vis-à-vis de moi et je m’éloignerais définitivement de sa personne. Ma demande le fit froncer les sourcils et être perplexe. N’étais-je mal exprimé ? Il se le pouvait vu que je souffrais encore de fièvre. J’ouvrais la bouche pour reformuler ma demande, mais Orys prit la parole. Je n’attends aucune excuse, j’ai parfaitement conscience que tout ce que tu as dit tu le pensais. Et pour ce qui est de mon corps, cela ne regarde que moi. lui répondis-je un peu amèrement, avant de souffler et me forcer à rester calme. M’énerver une nouvelle fois contre lui ne servirait à rien. Et je préférais son honnêteté aussi cruelle et douloureuse soit elle que des faux semblants et des mensonges. Au moins savais-je réellement à quoi m’en tenir et de quelle manière je devais me comporter avec lui… Ou du moins le pensais-je parce qu’il vint contredire mes pensées. Je ne pus cacher mon étonnement mais avant que je ne puisse y réfléchir, Orys s’était relevé pour venir m’embrasser une nouvelle fois. Et s’il y avait bien une chose contre laquelle je ne pouvais rien, c’était ces baisers. J’adorais m’y perdre et cela me rappelait combien ça m’avait manqué, combien il m’avait manqué. C’était une torture, une douce torture dans laquelle je m’abandonnais à chaque fois. Et, une nouvelle fois, il ne dura pas assez longtemps à mon goût. J’étais insatiable de lui, comme je ne l’avais jamais été d’aucun homme, pas même d’Aegon. Orys ne se rendait pas compte de tout le pouvoir qu’il avait sur moi. Pour lui, je serais prête à tout. Je ne lui répondais rien, un conflit se jouant en moi. J’étais troublée et mes pensées s’emmêlaient. Ma fièvre ne m’aidait pas à les démêler, ainsi préférais-je laisser cela de côté pour l’instant. J’aurais tôt fait de m’y attarder plus tard, dès que je serais bien plus lucide que je ne le suis en cet instant.

Mon frère m’aida à sortir de ma couche et m’accompagner jusqu’à l’âtre de la cheminée comme je lui demandais. Je me forçais à ne pas trop apprécier son contact qui m’avait manqué. Dès que je fus arrivée à destination, je m’écartais légèrement pour venir fouiller dans le foyer du feu jusqu’à retrouver, et récupérer les deux œufs de dragon que j’avais laissé au chaud. L’un était une femelle, et l’autre un male. Pour avoir étudié bon nombres de livres, et avoir déjà eu un œuf de dragon dans les mains, je savais les distinguer. La différence était très subtile et un novice n’aurait pu la remarquer. Les écailles des mâles étaient plus âpres et légèrement plus grosses que celle des femelles. Alors, avant même de voir leur couleur, je savais lequel était destiné à Orys et lequel était celui que j’allais faire éclore pour moi. Je nettoyais délicatement une partie de l’œuf que je destinais à mon petit frère, jusqu’à ce que sa couleur bleu nuit apparaisse. Je lui tendais ensuite l’ovale, ne me rendant pas réellement compte de la chaleur qu’il dégageait. J’avais de nouveau froid, et sa température m’apparaissait tiède et non chaude. Je m’en rendis compte en voyant les mains du Prince de Peyredragon rosir. J’allais récupérer la coquille mais arrêta mon mouvement en voyant le visage de l’homme. Il était troublé, mais captivé, et la tenait fermement, comme si sa vie en dépendait. Oui, j’avais fait un bon choix en me décidant à lui offrir la vie de ses créatures que j’aimais tant. Il ferait un très bon chevaucheur de dragon, même s’il allait devoir faire très attention et se montrer ferme.

Je m’appuyais contre le montant de ma cheminée et fermais les yeux pour chasser le vertige qui me prit, gardant une main sur le second œuf. Quelques minutes s’écoulèrent avant que le Protecteur de mon royaume ne m’appelle avec ce surnom que j’aimais tant. J’ancrais mon regard dans le sien, qui était perdu, heureux, touché, perplexe… Il finit par me sourire et son visage s’illumina aussitôt. Mon cœur s’emballa à cette vue. Il était magnifique lorsqu’il souriait et c’était assez rare pour que j’en savoure chaque seconde. Tu le mérites. Et si tu veux me remercier, alors prends en soin au péril de ta vie. lui soufflais-je simplement, touchée par son émotion. Il était rare d’atteindre autant Orys et j’étais heureuse, quelque part, d’y être arrivée et d’avoir su le toucher autant. Cela n’était pas arrivé depuis que nous lui avions offert Ardent. Même si je ne lui avais pas donné le nom de famille des Targaryens, il n’en restait pas moins l’un des notre. Comme je lui dis ensuite, cet œuf était autant son héritage que le mien. Et j’étais persuadée que s’ils avaient été là, Visenya et Aegon auraient été d’accord avec moi. Peut-être un peu plus réticents, mais ils auraient tout de même accepté. Orys était notre frère et même si nous n’avions pas été issus de la même mère, il restait et demeurait l’un des nôtres. Notre père y avait tenu et nous l’avons fait de bonne grâce. Ce n’est pas à moi que tu dois en faire le serment mais à lui. lui répondis-je simplement en lui montrant du regard l’œuf. Il était désormais son protecteur et il était de sa responsabilité de veiller sur lui. Je l’aiderais dans sa tâche oui, mais simplement en partageant mon savoir avec lui. Le reste dépendrait de lui et de ses actes.

Je ne fus pas vraiment étonnée qu’il se mette à nettoyer le second œuf. J’imaginais sans mal qu’il était curieux de le voir également et conscient que je n’étais pas assez en forme pour pouvoir le faire moi-même. A mesure qu’il s’en occupait, la suie et les centre laissèrent place à une coloration rouge foncé, rendu orangé par la lueur du feu qui s’était légèrement ravivé lorsque j’avais fouillé en son sein pour récupérer le trésor qui y était enfoui. Il le plaça à côté du sien et les deux formaient une magnifique pair, nous ressemblant parfaitement. C’était pour cela d’ailleurs que mon choix s’était porté sur ses deux-là, et que je les avais choisi eux parmi tous ceux présents à Peyredragon. Je m’étais attardée longuement dans la pièce qui les gardait en sécurité jusqu’à être certaine de mon choix. J’avais laissé mon instinct et mon affection me guider vers ses deux œufs. Ils nous ressemblent l’un et l’autre, différent, mais complémentaire. Ils grandiront ensembles, comme Meraxès et Vhagar avant eux. Ils symboliseront, en effet, le renouveau des nôtres et le futur de nos lignées. Pas seulement celle des Targaryens, mais celle des Baratheons. Puissent-t-elles toujours être unis, comme l’a toujours désiré notre Père. lui soufflais-je non sans émotion. Je caressais du bout des doigts les deux œufs, avant de les enfouir de nouveau complètement dans les flammes dès qu’Orys les eut poussé dans le foyer de la cheminé. Ils devaient continuer à reposer dans la chaleur pour se réveiller et éclore. J’observais les flammes danser et s’animer au-dessus des deux ovales jusqu’à ce qu’elles disparaissent, englouties par le feu ravivait. Je restais tout prêt pour qu’il puisse continuer à me réchauffer. Je fermais de nouveau les yeux, me sentant bien plus sereine et en sécurité que je ne l’avais été depuis mon départ de Goeville. J’avais accompli auprès du mon frère tout ce que j’avais désiré pour lui. Il avait désormais un nom, un titre et un dragon et ma tâche de sœur était terminée de ce côté-là. J’étais heureuse, sincèrement heureuse d’avoir été en mesure de lui offrir cela. Père n’aurait pas été d’accord avec moi, mais qu’importe, je n’avais aucun regret et il le méritait.

Il soupira et je tournais le regard vers lui, me forçant à me concentrer sur lui et la situation actuelle. Il ne me regardait pas les yeux plongeaient dans les flammes. Je me pinçais la lèvre inférieure, craignant ce qu’il allait ajouter. Ce n’était pas vraiment bon signe. Il évoqua alors ce mariage qui le dérangeait tant, mais que je n’avais nullement eu le choix de contracter pour le bien de notre royaume. Je me doutais bien qu’un jour, il finirait par me donner sa manière de penser, ou du moins détailler son « claquage de porte » à Goeville, qui avait été très explicitement exprimé son avis sur la question. Alors… Je ne m’attendais pas à ce qu’il était en train de me dire, ne cachant pas ma surprise et mon soulagement. J’étais heureuse et sincèrement soulager qu’il comprenne cette décision et qu’il l’accepte. C’était important qu’il le fasse, et que cette union ne soit pas une nouvelle source de querelle entre nous. J’en avais assez, réellement assez que nous passions notre temps à nous battre. J’avais besoin d’Orys dans ma vie, et à mes côtés, et si j’avais été capable de renoncer à lui quelques jours plus tôt, je ne le désirais plus. C’était égoïste, mais je me rendais bien compte en cet instant de combien j’avais besoin de lui. Merci Ryry… lui soufflais-je, avant de secouer la tête et d’ajouter Je n’attends pas à ce que tu deviennes proche de Roward, simplement de l’accepter comme les siens m’accepteront. Et… Saches qu’il ne vivra pas à Peyredragon, ni chez nous. Tu n’auras aucune obligation de le côtoyer si tu ne le veux pas. Sa vie est liée à la mienne, mais pas nécessairement à la tienne. Roward ne quitterait pas les siens pour venir vivre à mes côtés et il avait conscience que je ne laisserais pas mon royaume non plus. Nous conviendrons de moments et d’instants à partager ensembles et pour perpétrer nos lignées oui, et peut-être nous attacherions nous l’un à l’autre. Pour autant nous mènerons deux vies différentes, liées oui, mais différentes malgré tout. Je n’attendais ni amour, ni fidélité, simplement respect, descendance et union de nos deux royaumes. Nous avions écrit les termes de notre mariage à venir ainsi et cela nous convenait. En effet. Je ne puis être la dernière Targaryenne… lui répondis-je avant de prendre le temps de chercher mes mots et de rassembler tout ce que je voulais lui dire, tout ce que j’avais toujours voulu lui dire. Mais il me prit de court, entourant mon visage de ses mains, et me confiant sincèrement et avec beaucoup de détermination qu’il ne me laisserait jamais. Je le regardais intensément avant de venir poser mes lèvres sur les siennes, d’abord avec passion, puis avec plus de douceur, reprenant mon souffle entre deux baisers. J’avais attiré son corps contre le mien, une main derrière sa nuque, et l’autre caressant son dos par-dessus les vêtements qu’il portait. Avy jorrāelan raqiarzy. Le comprends-tu seulement ? Peu importe avec qui je dois me marier, il n’a toujours été question que de toi, et uniquement de toi. Je m’écartais de lui pour calmer les battements de mon cœur. Je fermais les yeux pour ne pas me distraire et me reprendre, appuyant de nouveau mon dos et ma tête contre la pierre qui soutenait la cheminé. Sais-tu qu’il était jaloux de toi ? Il l’a toujours été et les années n’ont fait qu’accroitre son sentiment. Qu’importe le temps que je passais avec Lui, Il restait jaloux de toi, comme Il ne l’a jamais été envers quiconque, envers aucun autre homme. Aegon a toujours su lire en moi comme dans un livre ouvert. Il avait bien des défauts, mais pas celui d’être aveugle ni naïf. J’ai toujours été sa favorite, j’en avais conscience. Et je l’aimais oui. Mais il n’était pas mon favoris, ne l’avait jamais été et je l’aurais jamais été. C’est un rôle que tu as toujours eu Valonqar. Il le savait, je le savais, et Visenya également, même si cela ne changeait rien à l’affection que je lui portais et que je lui porterais à jamais. Notre frère était partageur et pas le moindre du monde possessif avec moi, sauf concernant Orys. Il avait toujours su que ce dernier avait ravi une partie de mon cœur depuis notre tendre enfance et que je serais incapable de cesser de l’aimer. J’étais ainsi faite et c’était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles il avait tant d’affection pour moi. J’aimais Aegon à sa juste valeur, contrairement à notre frère que j’aimais irrationnellement. Et même après toutes les horreurs qu’il avait pu me dire, cela ne changeait absolument rien. J’aurais beau le détester, je ne saurais jamais le haïr, ni cesser de l’aimer. Ce n’était pas quelque chose que je pouvais contrôler, ni même que je voulais contrôler. Je poussais un soupir de lassitude. Comprends-tu ce que cela signifie ? Si tu ne t’en vas pas maintenant Ryry, je ne te laisserais plus jamais partir, plus jamais me quitter. Ce n’est pas ce que je veux pour toi. Tu ne dois pas t’attacher au monstre que je suis en train de devenir, que je dois devenir pour venger Aegon et Visenya. Même si tu me le demandais, je ne renoncerais pas à cette vengeance, pas même pour toi. Tu ne dois pas t’attacher à un être dont tu ne peux être la priorité, pas si tu as le choix d’en faire autrement. Je dois épouser Roward Martell. Je dois tuer mener une guerre et avoir les mains pleines de sang. Je dois vivre avec tous ses morts sur la conscience. Je dois vivre avec tous ses remords. Je dois entendre sans cesse les supplications de ceux que j’ai tués chaque nuit me rappeler qui je suis devenue. Je leur dois, je n’ai pas le choix… Mais toi si. Tu es Prince, et plus libre que jamais. Tu peux être égoïste. Je le comprendrais, je l’accepterais et je ne t’en voudrais pas car c’est ce que tu dois faire Orys. Tu dois t’en aller loin d’ici, loin de moi et vivre la vie que tu mérites d’avoir. Tu dois t’en aller avant de me détester, avant qu’il ne soit trop tard. Parce que, si tu ne le fais pas maintenant, tu ne pourras plus le faire ensuite. Je posais ma main sur sa bouche pour qu’il se taise et ne réponde rien. Penses-y. Je caressais légèrement sa joie, avant d’ajouter, en changeant complètement de sujet. J’ai besoin d’un bain chaud… Et de manger. Peux-tu demander à Kora de me préparer tout cela ? Je vais me reposer en attendant lui dis-je avant de fermer de nouveau les yeux. je commençais à être à bout de force. Orys avait raison. Il était temps que je remonte la pente et que je me préoccupe un peu plus de mon corps que j’avais trop négligé et malmené. Je n’avais pas faim, mais il fallait que je mange. Et je dorme, même si cela signifiait me réveiller en sueur après avoir été hanté par ses meurtres de sang-froid que j’avais commis. Je ne saurais jamais en paix avec ce que j’avais fait, pour autant je devais avancer.

Hj : je suis désolée c’est franchement pas génial:/



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Jeu 24 Déc - 10:36


Qu’elle était bornée… Et pourtant, parmi toute notre fratrie, elle m’avait toujours paru la plus raisonnable d’entre nous. Peut-être les circonstances avaient-elles changé la donne, parce qu’il fallait avoir une volonté de fer pour triompher d’un ennemi aussi redoutable qu’Harren le Noir. Nous nous étions attaqués à un titan, pour leur prouver que, même blessé, le dragon pouvait encore mordre. Rhaenys et Meraxès en étaient la preuve vivante, mais souvent, il m’arrivait de songer qu’elle se perdait dans ce combat, d’une façon bien différente de la mienne. Ce n’était pas une fureur dévastatrice, mais un masque de froideur qui ne s’étiolait qu’à la lueur de ces flammes vacillantes. Je savais pertinemment qu’elle ne reculerait devant rien, même au risque de se perdre elle-même… Simplement, elle n’avait pas besoin de feinter avec moi. J’avais cherché à la secouer pour lui rappeler qui elle était vraiment, qui nous avions tous décidés de suivre aveuglément… Je secouai la tête négativement et poussai un profond soupir. Inutile de repartir dans cet éternel débat. Il fallait croire que mes motivations ne lui paraissaient pas assez claires.

- Ca me regarde aussi. Tu as l’air de croire que je serais capable de continuer sans toi, mais c’est faux. S’il t’arrivait malheur, Peyredragon ne s’en relèverait pas. Je ne m’en relèverais pas.

Elle m’avait offert ce titre de Prince, pour se préparer à la guerre et l’inévitable qui pouvait nous arriver. Je me demandais s’il lui arrivait de songer à la suite, si elle était amenée à poursuivre seule, ou si elle ne songeait réellement qu’à la possibilité où je poursuivrais seul. Figée ainsi dans la glace, je n’avais aucun doute qu’elle continuerait d’avancer si je tombais sur le champ de bataille, ce qui n’était peut-être pas si mal… Mais je me faisais peu d’illusions si je perdais le dernier membre de ma famille. Je m’étais raccroché à Rhaenys, à cet espoir qu’elle représentait pour notre royaume, à cette femme pour qui j’éprouvais un amour inconditionnel. Le vide qu’elle laisserait ne pourrait être comblé d’aucune façon. Je serais incapable de lui survivre, le savait-elle seulement ?

Il fallait croire que non, et qu’elle avait besoin que je lui rappelle. Je vis le trouble naître dans son regard alors que je m’écartais d’elle. Je ne savais pas bien comment l’interpréter, tout comme ce silence qui se prolongea suite à ma déclaration… Je décidais de passer outre, l’aidant à se relever pour l’accompagner jusqu’à l’âtre de la cheminée. Je ne m’étais en rien préparé à ce qui arriva ensuite, ne caressant même pas l’hypothèse d’avoir mon propre dragon dans mes rêves les plus fous. Ces créatures avaient toujours été étroitement liées à la lignée des Targaryen, et jamais aucun bâtard avant moi n’avait dû recevoir pareil honneur. Je n’étais pas certains que nos aînés, ni même mon père, n’auraient consenti au geste de Rhaenys envers moi… Et je songeais, non sans amusement, qu’elle était décidément bien déraisonnable dès qu’il s’agissait de moi. Baratheon, Prince, et maintenant, un dragon ? J’avais intérêt à me montrer à la hauteur, ou de périr contre l’ennemi si je n’en étais pas capable. L’héritage qu’elle me confiait serait lourd à porter, et difficile pour quelqu’un comme moi qui n’avais pas le feu en lui, mais il était impensable que je le refuse, parce qu’elle comptait sur moi. Malgré tout ce que j’avais pu dire ou faire contre elle, ma sœur comptait toujours sur moi. Ma mâchoire se crispa, parce qu’il était évident que non, je ne méritais pas autant de dévouement de sa part alors que le mien avait vacillé quelques jours auparavant.

Je pris une longue inspiration pour m’inciter au calme, parce que toutes protestations auraient été des plus malvenues. J’hochai lentement la tête, en signe d’assentiment.

- Alors c’est un serment que je vous adresse à tous deux, parce qu’il est de mon devoir de protéger ma famille au péril de ma vie.

Et ces dragons en feraient partie intégrante, parce que nos destinées étaient étroitement liées. La couleur de leur carapace avait tendance à me le rappeler. Je les avais reposé dans le feu et ne m'attendais pas à ce que Rhaenys reprenne la parole, mais ce qu'elle me confia parvenait à faire sens en moi.

- Différents, mais complémentaires...

Je répétais ses propres paroles, songeur, comme prenant pleinement conscience de ce que cela pouvait signifier pour nous. Ils nous ressemblaient, comme un frère et une sœur qui n'étaient nés qu'avec quelques semaines de décalage. J'avais tout d'abord grandi dans la rue, mais cette époque me semblait désormais tellement lointaine que plus aucun souvenir n'en subsistait, même pas le visage de ma mère. Je peinais tout autant à me rappeler de celui de Rhaenys à l'époque, tellement nous avions grandi, et que je ne pouvais plus occulter la femme qu'elle était devenue, m'évertuant à en capturer toutes les nuances, encore maintenant alors les effets de lumière dues aux flammes jouaient sur sa peau. Du feu s'étendra l'ombre. Je n'avais souhaité à aucun moment que nos lignées trouvent des chemins différents, et mon sourire s'étira à cette simple pensée qu'elle formulait enfin. Targaryen et Baratheon, toujours unis.

Je l'observai enfouir ces coquilles pleines de vie sans que cette pensée ne me quitte. Les minutes filèrent, nos regards perdus dans les flammes, avant que je ne me décide à rompre le silence. Nous avions besoin de nous expliquer, ce que je peinais souvent à faire, mais qui n'en était pas moins nécessaire pour briser la glace avec Rhaenys. Quelle ironie que les rôles soient ainsi échangés... Il était rare que ce soit moi qui engage en premier la discussion, mais je prenais doucement conscience de toute cette douleur que je pouvais parfois lui infliger avec seulement des non-dits.

Je fronçai les sourcils, perplexe, quand elle me remercia en retour. Il me fallut attendre ses explications pour comprendre exactement le fond de sa pensée. Roward Martell resterait donc à Dorne et ne viendrait qu'occasionnellement nous rendre visite ? Voilà qui changeait considérablement la donne. Je n'aurais qu'à m'effacer et prendre sur moi le temps de ses visites, avant d'espérer regagner mon territoire.

- Bien... Je trouverais une excuse pour m'éclipser, quand il se décidera à te rendre visite. Le reste du temps, je serais là, à tes côtés.

Même si c'était un compromis plus que satisfaisant que nous offrait les Dorniens, je ne parvenais pas entièrement à masquer l'amertume qui transpirait à travers mes paroles. J'aimais Rhaenys, et il m'était difficilement concevable de la partager avec d'autres, pas sur le long terme en tout cas. Le Prince de Dorne serait toujours présent, à moins qu'un incident fâcheux ne se produise mais je ne comptais pas mettre en péril notre alliance pour mes désirs personnels, surtout que les Martell s'étaient montrés très conciliants et que d'autres ne le seraient pas autant si elle devait se remarier. L'idée m'avait tout de même effleuré, l'espace d'un instant...

Je secouai négativement la tête. Et qui me dirait, avec le temps, que les deux ne finiraient pas par apprendre à s'aimer ? Devrais-je à nouveau m'effacer, comme cela fut le cas avec Aegon, en mettant de côté mes propres sentiments ? Oui, certainement même. Ce serait bien plus difficile que la première fois, où il me suffisait de nier l'évidence et de ne pas les laisser éclore comme ces œufs de dragon s'ils manquaient d'ardeur... Mais maintenant qu'ils étaient éclatants et révélés au grand jour, il serait bien plus délicat de les refouler. Pourtant, je me savais capable de le faire pour son propre bien, qui devrait toujours passer avant le mien. Comme les Targaryen étaient toujours passés avant mes propres désirs, parce que nous étions ainsi faits, parce que père m'avait élevé pour les défendre et non leur nuire.
J'hochai alors la tête, confirmant silencieusement ses paroles. Non, elle ne pourrait être la dernière Targaryenne, et je devais lui montrer que j'en avais parfaitement conscience. Je n'avais de cesse de lui rappeler les engagements que j'avais pris, même si elle me répétait inlassablement que je pouvais être libre si je le désirais. Seulement, je ne l'avais jamais désiré. Cette liberté qu'elle chérissait et qui était contrainte, c'était la sienne, celle de la poète et de la rêveuse. J'avais toujours été un protecteur. J'avais choisi mes chaînes, et là était ma liberté. J'étais prêt à lui répéter, encore une fois, mais elle ne m'en laissa pas l'occasion. Je m'abandonnai un temps à ce baiser, répondant à sa passion avec la même intensité, à sa douceur avec une modération qui m'était plus étrangère mais qu'elle parvenait à m'inculquer. Elle était bien la seule avec qui je pouvais nourrir une patience aussi infinie, même si en cet instant, elle mettait à mal ma résolution de la laisser se reposer pour se remettre doucement de la maladie. J'eus un sourire amusé à cette simple pensée, l'attirant dans mes bras pour la conserver comme le plus précieux trésor d'un dragon. Je répétais ces mêmes mots, dans un murmure à son oreille :

- Avy jorrāelan raqiarzy.

Je la laissai se retirer de mon étreinte, sans en prendre ombrage. Je passais mes craintes sous silence, pour me rappeler de mon devoir. Bientôt, nous livrerons bataille... Et cette conclusion sanglante risquait de me coûter bien plus qu'un simple prince de passage à Peyredragon. Je ne devais pas perdre l'essentiel de vue.

Je ne la quittai pas du regard, alors qu'elle fermait les yeux comme pour me soustraire à sa vue. Ses paroles m'interpellèrent, avant que je ne comprenne enfin de qui elle parlait. Aegon, bien sûr. Aegon, le Flamboyant. Le Dragon qui ne reculait devant rien, et protégeait avec tout autant de hargne ce qu'il estimait lui appartenir. Le Dragon qui convoitait, aussi. Meilleur en tout, ou s'il ne l'était pas, le devenait-il rapidement pour briller toujours sur tous les plans. Mon frère avait toujours eu un caractère difficile, qui ne tolérait aucune demi-mesure, et ne reculait devant rien ni personne pour obtenir ce qu'il désirait ardemment. S'il existait une résistance, il s'évertuait à la briser. Ses sœurs avaient toujours été son plus grand trésor, et s'il pouvait se montrer partageur, jamais s’il se sentait menacé. Et c’était rare, assez pour que nous l’ayons tout deux remarqués.

- Je le sais, oui. Nous n'en avions peut-être jamais parlé, lui et moi, mais il était mon frère et mon meilleur ami. Nous n'avions pas besoin de mots pour savoir ce que pensait l'autre. Simplement, il aurait dû savoir que jamais je ne me serais dressé sur sa route, que jamais je n'aurais représenté une menace pour lui, parce qu'il n'était pas dans mon intérêt de briser notre famille. Ca ne l'a pas empêché de toujours attendre un faux pas de ma part, certainement parce que c’était aussi peu dans sa nature que la mienne de faire des concessions.

Je lui rendis un mince sourire, songeur.

- Je n'ai peut-être pas été aussi discret que je l'aurais voulu.

Je le perdis bien vite, au profit d'un silence de courte durée. Je n'étais pas dupe non plus, et je craignais ce que sous-entendaient ces paroles. Je me doutais qu’elle ne s’était pas replongée dans le passé si ce n’était pour établir une comparaison. Je redoutais seulement de comprendre laquelle, et fronçai les sourcils en reprenant d’un air suspicieux :

- Essaies-tu de m'expliquer qu'il pourrait en être de même pour le Prince de Dorne ?

Mais ce qu’elle me confia dépassa de loin tout ce que j’avais pu m’imaginer. Je marquai un silence, autant pour la laisser finir sa tirade qu’à cause de la stupeur qui m’avait saisi en l’écoutant enfin me dire ce qu’elle avait sur le cœur. Elle me fit signe de ne rien répondre, mais impossible de passer sous silence pareilles énormités. J’avais envie d’exploser de rire comme de lui hurler dessus. J’attrapai sa main qui s’égarait sur ma joue pour en stopper le mouvement, ancrant mon regard en le sien.

- Idiote.

Ce fut le premier mot qui me vint à l’esprit, les autres s’entrechoquaient dans un ensemble incohérent qui menaçait de me faire à nouveau perdre mon calme.

- Un monstre, c’est ainsi que tu te qualifies ? C’est vraiment ce que tu crois être, Rhae’ ? C’est pour cette raison que tu as décidé de t’éloigner, puis de t’oublier ? Vraiment, Rhaenys ?

Je lâchai un bref rire ironique, avant de me passer une main sur le visage. J’avais besoin de me lever, à marcher comme un fauve en cage. Je peinais à ne pas m’énerver, tellement son discours me paraissait absurde. Je serais resté assis qu’il m’aurait pris l’envie de la secouer en espérant remettre ainsi ses pensées en place.

- Non. Je ne partirais pas, peu importe le nombre de fois que tu me le demanderas ou m’en donneras l’ordre. Fais-toi à cette idée Rhae’, parce qu’il te sera impossible de te débarrasser de moi. La seule raison qui pourrait me pousser à le faire serait pour te préserver, et encore… C’est précisément parce que je peux me montrer égoïste par moment que je risque de m’acharner.

Je me stoppai subitement pour lui lancer un regard intense, mais dépourvu de colère.

- Ce n’est pas une vengeance, c’est une justice à rendre. Si tu crois que je m’arrêterais avant d’avoir la tête des responsables et avoir réduit leur royaume à néant, tu te trompes lourdement. Je pensais que tu me connaissais bien mieux que ça. Je n’ai pas peur de me salir les mains et ce ne sera pas la première fois que je le ferais. Je n’ai pas tes remords pour rendre justice... Ils te tourmentent précisément parce que tu n’es pas un monstre, Rhae’. Le jour où tu en deviendras un, ce sera lorsque tu ne ressentiras plus le moindre regret à ôter une vie. Et encore, je n’estime pas en être un. Nous faisons simplement ce qu’il convient de faire pour triompher, et on ne triomphe pas sans sacrifices, pas sans mener de guerres. Elle n’est simplement pas dans ta nature profonde comme elle peut l’être pour moi. Et c’est une très bonne chose, Rhae’. Parce que tu seras une reine juste et miséricordieuse, c’est tout ce que je peux te souhaiter.

Je marquai une pause, me pinçant l’arête du nez en poussant un soupir retentissant.

- Et moi qui pensais que tu avais précisément oublié ce qui faisait ta force… Pourquoi tu ne m’as rien dit, cette nuit-là ? Pourquoi ne pas te confier à moi ? Je suis là pour te soutenir, l’aurais-tu oublié ? Tu n’as pas besoin de ces faux-semblants avec moi, alors épargne-les moi la prochaine fois. Laisse-moi être ton bras armé et rendre ta justice, Rhae. Inutile de chercher à me préserver, je n’ai pas tes scrupules envers nos ennemis ou ceux qui ont fautés. Tu éviteras ainsi d’alourdir ta conscience sans que cela ne puisse peser sur la mienne.

J’aurais dû être à Sombreval, à ses côtés. Je ne cesserais de lui en vouloir de m’écarter, pour des raisons qui m’échappaient totalement. Je ne lui permettrais plus de le faire, même s’il me faudrait défier ses ordres pour cela. Elle ne m’en laissera pas le choix. Protéger avant de servir, parce qu’il en avait toujours été ainsi.

Elle me demandait d’appeler Kora, ce qui me semblait le plus prudent dans l’immédiat. Si elle s’était décidée enfin à se reposer, il ne tenait pas à moi de la tourmenter davantage. J’hochai la tête avant de sortir pour demander aux gardes en poste de la faire chercher. Je revins ensuite vers elle pour la remettre sous les couvertures le temps que sa première servante arrive, m’attardant à lui caresser la joue une ultime fois avant de la laisser se reposer en paix.
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 3 Jan - 14:36


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Je secouais doucement la tête face aux paroles de mon frère. Je n’aimais pas l’entendre parler ainsi, surtout que, quelque part, je savais que si je n’étais plus là, il continuerait malgré tout à avancer. Il était fort, bien plus fort que je ne l’étais, et que je ne le serais jamais. Il l’avait prouvé lorsque nous avions eu l’annonce de la mort d’Aegon et de Visenya. S’il n’avait pas été là, je ne me serais pas relevée. Il m’avait forcé à le faire, pour le bien de notre royaume, de notre famille et pour mon propre bien. Oui Orys était bien plus fort qu’il ne le disait, mais je gardais ses pensées pour moi. Cela ne servirait à rien de le contredire. Enfin disons que je n’en avais pas la force en cet instant.

Je n’avais jamais douté que mon Prince serait touché par le présent que j’avais décidé de lui offrir. Lui ne s’estimait pas assez digne et pourtant il l’était. Il était un Targaryen même si nous n’avions pas la même mère et cet héritage, nous le tenions de notre père et non de ma mère. Orys était le fils d’Aerion, il était donc normal qu’il reçoive à son tour un dragon. Je ne comprendrais d’ailleurs jamais pourquoi mon père ne lui en avait pas léguer un de son vivant, pas alors qu’il nous avait inculqué qu’Orys était notre frère même s’il n’était pas issu de la couche de son épouse officielle. Je me doutais bien que si sa mère n’était pas décédé, nous ne l’aurions pas autant côtoyé, ni n’aurions grandi avec lui. Mais les choses étaient ce qu’elle était et mon demi-frère avait été élevé comme un Targaryen depuis sa cinquième année, même s’il n’en portait pas le nom. J’inclinais de la tête à son serment que je savais sincère. Il s’y tiendrait, comme il l’avait toujours fait.

Je le laissais méditer sur mes paroles, au sujet des deux œufs de dragon. Oui, ils étaient comme nous, différents mais complémentaires. C’était ce qui nous définissait le mieux Orys et moi. Cela le laissa songeur, mais je savais que s’il y réfléchissait, il se rendrait compte que nous étions ainsi fais. Nous n’avions pas le même caractère, et nous n’avions pas aspirés aux mêmes choses. Nous n’avions pas la même mère et nous n’avions pas été élevés de la même manière. Mais cela faisait justement notre force. Il compensait mes lacunes et j’en faisais de même. Nous formions un bel équilibre lorsque nous sommes à deux, nous complétant parfaitement bien. Ou du moins c’était comme ça je nous voyais.

Ses paroles au sujet du Prince de Dorne m’étonnèrent mais réchauffèrent mon cœur. Je ne voulais pas qu’il puisse s’imaginer que Roward changerait les choses entre nous. Je ne le désirais pas, et je ne voulais pas le voir s’éloigner à cause de cela. Je devais me marier, et m’unir à un homme. Pour le bien de mon royaume, il le fallait. Si j’en avais réellement le choix, c’est à Orys que je me serais unie, mais c’était un égoïsme que je ne pourrais jamais me permettre, même si cela allait contre ce que je m’étais toujours imaginée. Je devais faire un mariage de raison et le second héritier du royaume des insoumis était un bon choix, un choix que méritait mon peuple. Au moins avais-je la chance de l’apprécier et de n’être pas obligé d’épouser un homme violent, bien plus âgé que moi et avec qui je ne partagerais rien. Nous pouvions faire fonctionner ce mariage de manière sereine, j’en étais persuadée. Et cela n’impacterait pas sur la vie de mon frère, Roward n’ayant pas l’intention de vivre à mes côtés constamment ni même à Peyredragon. Ou du moins c’était ce qu’il m’avait exprimé lorsque nous en avions parlé. Sa place était auprès des siens et il comprenait qu’il en était de même pour moi. Je n’aurais jamais pris une décision qui puisse te nuire Ryry. J’espère que tu en as conscience. Je dois le faire, mais cela ne me fait pas oublier le plus important. lui précisais-je. Nous n’avons pas pu en parler à Goeville et j’aurais dû t’en faire part avant de signer un accord avec les Martell. J’ai été maladroite je m’en rends bien compte. J’ai pensé, à tort je m’en rend compte, que tu saurais que jamais je ne t’imposerais une présence que tu ne désirais pas, pas après que nous nous soyons autant confié l’un à l’autre. J’aurais dû être plus claire. ajoutais-je pour que les choses soient dorénavant limpide. Je ne m’étais pas attendue à ce que mon frère prenne cette décision aussi mal et qu’il claque la porte sans même avoir eu plus d’informations. Ou du moins pas après que nous ne soyons tant rapproché l’un de l’autre et à la veille de mon départ. Je savais qu’être rationnel ne faisait pas parti de son caractère pourtant. J’avais manqué de tact et c’était pour cela que je m’en excusais à présent, même s’il était surement trop tard pour le faire. Parles moi Orys. lui soufflais-je en le voyant secouer légèrement la tête comme pour chasser des pensées qu’il n’aimait pas. J’avais besoin qu’il le fasse pour comprendre, et pour éclaircir les choses si cela était nécessaire. Je voyais bien que cela le troublait toujours malgré tout, malgré mes explications. Et je ne voulais pas que cette situation continue. D’ailleurs, je lui fis part de tout ce que je ressentais pour lui, de ses sentiments qui ne changeraient pas, peu importe les hommes et les femmes qui pourraient entrer et sortir de ma vie. Je lui offrais un baiser qu’il me rendait. Cela m’avait tant manqué et je n’avais pu me résoudre à prendre autres amants depuis qu’il avait partagé ma couche à Goeville, pas alors que nous n’avions pu parler de ce que cela impliquait. Je me noyais dans cette étreinte que nous étions en train de partager. Je ne me sentais bien qu’en sa présence et c’était dangereux, assez pour que je m’en rende compte. Il était ma faiblesse. Je me lovais contre lui, poussant un soupir de soulagement en sentant ses bras autour de mon corps bien trop chaud et encore fiévreux. Mon cœur s’emballa en l’entendant reprendre mes mots, des mots que je savais sincères.

Je ne pouvais dorénavant plus faire marche arrière et il était temps que je dise tout à Orys. Fuir ne servait à rien je m’en rendais compte à présent. Je ne pouvais plus continuer à lui cacher tant de choses et il était temps qu’il entende de ma bouche l’importance qu’il avait toujours eu à mes yeux. Il le savait sans doute, mais le savoir n’était pas la même chose que de l’entendre dire à voix haute. Je m’éloignais de son étreinte pour reprendre mes esprits et trouver mes mots, laissant quelques minutes de silence passer avant de lui livrer mon message. Je secouais la tête à sa réponse et à son interprétation. Non ce n’était pas tout à fait cela. Il n’attendait pas un faux pas de ta part… Il avait simplement peur. Aegon n’était pas au dessus de ce sentiment. Et la peur est irrationnelle Orys. Il t’aimait comme un frère et te considérait comme son ami le plus proche. Il aurait donné sa vie pour toi n’en doute jamais. Tout cela, ce n’est pas de ta faute ou de la sienne, mais uniquement de la mienne. J’ai nui à votre relation et je ne m’en suis rendu compte que trop tard. lui confiais-je un peu amèrement, sans le regarder. Je me sentais honteuse d’avoir eu un tel rôle, d’avoir pu me mettre en travers de cette relation qu’il avait tous deux. J’avais été aveugle et égoïste.

Je rouvrais les yeux à l’évocation de Roward, fronçant les sourcils, tout comme lui le fit d‘ailleurs. C’est-à-dire ? Es-tu en train de me demander si tu resteras toujours mon favori même une fois mariée ? Si telle est ta question, tu connais déjà la réponse Orys. Et si ce n’est pas le cas c’est alors que tu ne m’as pas écouté. lui répondis-je un peu offensée et étonnée. Après peut-être avais-je mal compris ? Allez savoir. Je n’étais pas en pleine possession de mes esprits et cela était possible. Si cela avait été le cas, je ne lui en aurais pas autant dis. Je me laissais emporter comme je ne l’aurais pas permis en temps normal. Ce n’était pas bien et pourtant les mots s’échappèrent e ma bouche sans que je ne puisse les retenir. Il arrêta mon geste, pour me regarder droit dans les yeux et me faire savoir qu’il me trouvait idiote. Avant que je ne puisse ouvrir la bouche il continua dans sa lancée. Il se forçait à rester calme, ce qui devait être assez difficile pour lui au vu de son caractère.

Ses mots me touchèrent même si je n’étais pas d’accord avec tout ce qu’il exprimait. J’étais un monstre, quoi qu’il puisse en penser. Mes mains étaient sales et pleine de sang et rien ne pourrait changer ce fait. Si c’était pourtant à refaire, j’agirais de la même façon. Ce n’était pas moi le plus important, mais mon peuple, et mon royaume. Je devais me montrer à leur hauteur, même si cela signifiait aller contre celle que j’étais. Je l’avais fait à Sombreval. Cette guerre m’avait changé et je ne pourrais plus jamais revenir en arrière. Plus jamais. Tu ne comprends pas Orys. Je ne suis plus celle qui t’a laissé à Goeville. Je ne suis plus cette enfant naïve, libre, chérissant la vie et la nature. Je ne suis plus cette enfant pouvant se contenter de dessiner ou de voler pour trouver la paix et le calme. Cette enfant ne peut pas être Reine, et n’est pas digne de son peuple. Je ne suis plus cette enfant que tu pouvais aimer avant. Je dois rendre justice et pour cela je dois me montrer cruelle et le faire en personne. Je ne peux plus me cacher derrière quiconque et laisser les autres faire le sale boulot. Tu ne peux pas être mon bras armé, je dois l’être moi-même. Ils doivent tous me voir comme étant forte, sans scrupule, et prête à tout. Je ne peux pas être juste et miséricordieuse. Pas en ces temps de guerre. Je dois asseoir mon pouvoir et ma position, et montrer que je ne suis pas simplement une petite lady régnant sur une petite ile de pécheurs. Je dois être un dragon et un dragon n’a pas peur de se salir les mains. Tu voir Orys ? Tu es bien plus un Targaryen que moi. Tu ne t’attaches pas à des futilités comme le remord et les regrets en faisant tomber tes ennemis. J’ai conscience d’avoir agi comme je le devais. Mais malgré cela, malgré cela je vois leurs visages, j’entends leurs cris, leurs insultes, et leurs supplices à chaque fois que je ferme les yeux, à chaque fois que le sommeil que gagne. Personne de doit savoir. Personne ne doit s’en rendre compte. Il est important qu’il en soit ainsi. Je ne peux pas montrer cette faiblesse. Ils méritent d’avoir une Reine forte. Seule Kora est au courant, et… Baâl j’imagine. Sinon il ne t’aurait pas envoyé auprès de moi. Et maintenant toi. Ca fait déjà trois personnes de trop. J’avais fermé les yeux, et lui avais livré cela le cœur lourd et amère. Je ne pouvais plus me reposer sur les autres, je n’en avais pas le droit. Je devais agir par moi-même, et qu’importe si pour cela je devais m’arracher des bouts d’âme et lutter contre celle que j’étais. Je n’avais pas le choix si je voulais me montrer digne des miens et de cet héritage que m’avait légué mes aînés. Même si Orys avait été à mes côtés à Sombreval, les choses ne se seraient pas déroulées autrement. Mes généraux m’avaient proposé de se livrer eux même aux exécutions, mais j’avais refusé, leur indiquant que je voulais m’en charger moi-même. Et j’avais lu dans leurs yeux leur admiration et leur approbation. J’avais fait ce que je devais faire pour gagner un peu plus leur confiance et leur loyauté.

Toutes ces discutions, aussi importantes soient-elles me fatiguaient et je sentais de nouveau ma fièvre prendre le pas sur ma raison. Je demandais à Orys de faire venir Kora, tant qu’il me restait encore un peu de raison. Je devais manger et me soigner. Mon maitre d’arme et mon frère avaient raison. Je m’étais laissé trop allée et j’avais négligé mon corps. Je devais me reprendre et être de nouveau performante. Mon convalescence avait assez durée et j’avais perdu bien trop de temps. Je me laissais sombrer un peu adossée à la cheminé, sentant à peine la couverture dont me recouvrit mon frère. Il caressa ma joue, et j’eus tout juste la force de retenir sa main lorsqu’il l’enleva, lui demandant par ce geste de rester. J’entendis vaguement ma servante revenir dans la pièce. Elle parla à Orys mais je n’aurais su dire ce qu’elle lui demanda, ni même si c’était vraiment à lui qu’elle s’adressa. Je sombrais de nouveau et beaucoup de choses m’échappèrent de nouveau.
J’ouvrais en grand la fenêtre de ma chambre pour respirer un bol d’air frais. Pour la première fois depuis je ne sais combien de jour, je me sentais de nouveau en pleine possession de mes moyens. Je m’étais réveillée sans aucune fièvre, même si mon corps m’avait rappelé bien vite que je manquais de force. J’avais dévoré le repas qui reposait sur ma table de chevet, avant de pouvoir me lever. Je m’étais rincée le visage, puis avais quitté mes vêtements de nuit que m’avait sans doute changé plusieurs fois Kora, vu l’état de propreté dans lesquels ils se trouvaient. Je l’avais remercié silencieusement en voyant la robe qu’elle m’avait préparé, très élégante, mais assez sobre pour que je puisse m’enfiler sans aucune aide. J’avais pris d’ailleurs le temps de changer le bandage de mon flanc. La plaie s’était complètement refermée, même si la cicatrice était encore rouge.

En entendant la porte de la pièce se refermait, je tournais la tête, quittant le paysage des yeux pour les ancrer dans ceux d’Orys qui venait de pénétrer dans la pièce. Un léger sourire se dessina sur mon visage, sincère et tendre. Je m’avançais vers lui, pour venir déposer un baiser sur ses lèvres, mes mains posées à plat sur son torse. Valonqar…



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Lun 4 Jan - 0:23


Rhaenys n'osait pas me contredire, mais je n'avais aucune peine à discerner dans ses expressions qu'elle n'approuvait pas mes dires. La voir ainsi secouer la tête parvint à m'arracher un sourire, car malgré mes paroles bien funestes, je percevais dans ce simple geste toute la confiance qu'elle pouvait placer en moi. Je restais la tête reposant contre l'âtre de la cheminée à la couver d'un regard bienveillant parce que, même si beaucoup de ses comportements m'échappaient encore, d'autres commençaient progressivement à être plus limpides avec le temps... Et notre proximité grandissante.
Pourtant, ma sœur restait des fois aveugle, incapable de se rendre compte qu'elle était la seule impulsion qui m'avait permis de continuer après la mort de nos aînés. Je n'avais plus qu'un seul repère, c'était elle et uniquement elle. Peut-être pensait-elle naïvement que, parce que j'avais été le premier à me relever, j'avais été capable de le faire sans son aide contrairement à elle qui avait eu besoin que je vienne la secouer... C'était faux. Et encore aujourd'hui, elle me montrait que cela ne tenait pas à ma seule action. Rhaenys s'était montrée réceptive, tout comme j'avais eu besoin d'accomplir cette mission pour me sentir revivre, comme je poursuivais cette vengeance pour m'éviter de sombrer et que le deuil ne m'étouffe. Elle m'avait sauvée, peut-être autant que je l'avais fait pour elle, mais cela ne changeait rien à mes yeux.
Je ne m'étais pas permis une seule faiblesse depuis que cette tragédie nous avait atteint, et je savais pertinemment que, tôt ou tard, cela me rattraperait. C'était une évidence, alors même que j'accumulais les impairs et me révélait plus instable et colérique que jamais. Je l'avais toujours été, bien entendu, et fort heureusement mon statut de bâtard m'avait habitué à surmonter seul les épreuves, à me servir de ma rancœur comme d'une arme contre mes ennemis. Ce qui pouvait m'handicaper auprès des bien-nés m'avait aidé, fut un temps, en me forgeant le caractère. Je n'étais pas de ceux qui battait retraite devant la première difficulté. J'étais persuadé que les épreuves à venir forgeraient tout autant Rhaenys, mais je n'avais pas cette confiance aveugle qu'elle pouvait avoir. Je craignais toujours qu'on ne me la brise, et il m'était pénible de contrôler cet instinct protecteur que j'avais toujours eu envers elle. Je n'arrivais pas à me faire à cette simple idée, qu'il me serait impossible de la préserver du pire. Et je n'étais ni un bon guide ni un bon exemple. Je devrais me contenter d'être ce soutien dont elle avait besoin, et prier pour que cela suffise à me la garder intacte.

Je la quittai du regard un temps, une expression contrite au visage, alors que nous en venions à parler du Prince de Dorne. Cette décision me nuisait, évidemment... Mais elle ne pouvait être que bénéfique envers Peyredragon. Peut-être entendait-elle seulement par là que notre intérêt devait toujours rester celui de notre royaume. Je l'oubliais rarement, mais avec elle, il m'arrivait assez fréquemment de faire cette erreur. J'hochai finalement la tête, en signe d'assentiment, parce que j'avais parfaitement conscience que nous nous devions de faire le nécessaire, et que nos envies personnelles ne devaient pas rentrer en ligne de compte. J'aurais seulement dû me douter que ma sœur finirait par se marier pour tisser des alliances... Nous n'étions plus à l'époque d'Aegon, où il était convenu que nous resterions entre nous, en fratrie. Je n'avais réalisé que tardivement ce que leur décès pouvait impliquer d'un point de vue diplomatique.

- J'en ai conscience, Rhae'.

Je me stoppai aussitôt, parce qu'elle m'ôtait les mots de la bouche. Oui, j'aurais voulu qu'elle m'en informe au préalable, même si ce n'était pas pour me demander mon avis. J'aurais mal vécu qu'elle me l'impose sans me demander conseil, mais je l'avais bien plus mal vécu d'être le dernier informé de cet arrangement. Elle avait pourtant dû réfléchir cette idée au calme avant de la soumettre à Deria Martell... Et il ne tenait pas à moi de revenir sur pareil accord, d'autant plus pour des intérêts personnels.

- C'aurait été préférable que tu m'en parles, en effet...

Je poussai un profond soupir avant de reprendre à voix basse :

- Et je ferais l'effort de ne pas claquer la porte pour fermer la discussion, la prochaine fois que nous aurons un désaccord. C'est valable dans les deux sens... Je ne veux plus avoir à te courir après ou devoir t'extirper des griffes de Meraxès pour pouvoir t'adresser deux mots. Ca m'ennuierait de devoir attendre que la maladie te guette pour te rappeler que tu as parfois besoin de lâcher prise. Je connais bien des manières plus agréables de l'évoquer...

Je lui rendis un bref sourire qui fit étinceler mon regard l'espace de quelques secondes avant que le sérieux de notre conversation me le fasse perdre à nouveau, tout à mes réflexions. Je l'entendis m'appeler doucement, comme pour me sortir de mes pensées, et mon regard revint bien vite à elle. Désirait-elle vraiment que j'exprime mes réserves sur leur prochaine union à voix haute ? Je préférais plutôt lui rappeler les sentiments sincères que j'éprouvais pour elle, en écho à son baiser et ses confidences... Une étreinte qui fut de courte durée, car elle la brisa bien vite pour réunir ses pensées. Aegon, Roward... Il était étrange de l'entendre parler des deux, de façon si rapproché, si bien que tout se confondait dans mon esprit. Je ne m'étais jamais permis d'éprouver de la jalousie envers mon frère, la refoulant constamment quand elle menaçait de se pointer. C'était aisé d'en ressentir envers lui, parce qu'il avait toujours eu tout ce que j'aurais désiré avoir... Mais il était mon frère, et mon ami le plus cher. Cette dévotion avait toujours supplanté le reste.

- Je n'en ai jamais douté, Rhaenys... Mais ne ramène pas la faute à toi. Vous étiez tous les deux épanouis, je ne pouvais l'être qu'aussi pour vous.

Je lui mentais plutôt effrontément. Rien n'avait été aussi simple, parce que je n'étais pas aussi altruiste que j'aurais bien voulu lui faire croire... Mais j'avais tenu mes engagements envers ma fratrie. J'avais fixé des priorités différentes de celles d'Aegon, en décidant d'étouffer mes propres sentiments pour conserver la bonne entente parmi nous quatre. Ca n'aurait pas été une simple dispute que nous aurions pu régler par les mots ou par l'affrontement si la vérité avait éclaté au grand jour. Cela nous aurait détruit. De toute évidence, Rhaenys avait eu les mêmes sentiments envers moi et la seule chose qui nous avait préservé restait cette incertitude que j'avais entretenu. Au moins Aegon et Visenya étaient partis sans que rien ne ternisse le tableau.

- Je disais simplement qu'il en serait de même, si la donne changeait vis-à-vis de Roward Martell.

J'avais la certitude de m'enfoncer encore davantage... Je poussai un nouveau soupir, avant de secouer à nouveau négativement la tête, comme pour lui signifier qu'il était préférable qu'elle oublie mes paroles. La connaissant, elle n'en ferait rien, mais les paroles qui lui échappèrent ensuite eurent tôt fait de me sortir de ma réserve. Elle... Un monstre. Rhaenys s'était enfin décidée à me révéler le fin fond de sa pensée, ce qui l'avait motivé à si bien me fuir ces derniers temps, et à se montrer d'une froideur polaire envers quiconque tentait de l'approcher. Son discours me paraissait absurde, et quand elle reprit la parole, je crus un instant que j'allais perdre définitivement patience... Mais son discours était aussi atrocement résigné que criant de vérités. Je fermai les yeux et pris le temps de respirer calmement. Je laissais une longue minute de silence accueillir sa tirade, le temps de prendre pleinement conscience de ce qu'elle venait de me confier. J'éprouvais de la fierté oui, mais aussi de la tristesse.

- Je comprends, oui.

Ces mots me furent comme arrachés. Il m'était difficile de les prononcer, parce que c'était comme reconnaître que cette reine froide qui ne me plaisait guère était celle qui devait perdurer dans le temps. Je ne le voulais pas. J'aurais voulu lui éviter, et me sentais profondément impuissant. Le remarquait-elle seulement ? Et c'était ridicule, de l'entendre ainsi dire que j'étais plus Targaryen qu'elle ne l'était.

- Les remords ne sont pas des futilités, Rhae'. Quelqu'un qui n'en nourrit pas le moindre ne peut plus éprouver une once de compassion envers son peuple. Et si tu en es incapable, tu ne pourras pas rendre une justice équitable et miséricordieuse. Tu ne dois pas les craindre, mais les écouter et les maîtriser. C'est comme la peur du guerrier qui l'incite à être prudent, ne l'oublie pas. Ne les oublie pas, ni ces regrets, ni cette enfant. Ils sont les gardiens de ton âme.

Je la fixai à nouveau, longuement, avec cette résolution qui ne me quittait pas. Je repris sur ce même ton posé, mais abrupt :

- Je suis Prince de Peyredragon et Main de ma Reine, selon tes désirs. En tant que tel, j'agis pleinement en ton nom. N'hésite pas à me confier certaines missions délicates pour te soulager de ce poids. Tu ne veux pas hésiter à te salir les mains, soit, mais tu n'es pas seule Rhaenys. Tu n'as pas à l'affronter seule, et tu n'as pas besoin de te montrer forte et inflexible devant moi. Je t'aime, pour tes forces comme pour tes faiblesses, tes défauts comme tes qualités. Rien de ce que tu pourras dire ou faire ne pourra ternir l'image que j'ai de toi, sauf si tu persistes à vouloir me tenir à l'écart et me renvoyer ta froideur au visage. Tu m'avais demandé autrefois de ne plus en faire preuve envers toi, alors je te demande d'en faire de même. Plus de secrets, maintenant.

Je me radoucis quelque peu en voyant à quel point elle luttait pour rester éveillée, épuisée par toutes ces discussions, lourdes et difficiles. Je me tus bien vite pour la ramener à sa couche, sous sa pile de couvertures, avant de chercher Kora. Maintenant qu'elle était pleinement disposée à se reposer et éviter le surmenage, j'avais bon espoir qu'elle soit rapidement d'aplomb. Sachant que Kora avait besoin d'espace pour œuvrer et appréciait assez peu me savoir dans les parages, j'avais eu dans l'idée de partir avant qu'elle ne retienne ma main, m'incitant ainsi à rester jusqu'au dernier moment. J'attendis qu'elle sombre définitivement dans un sommeil réparateur avant de m'éclipser pour de bon. Je remis quelques mèches d'argent en place et lui embrassai le front dans un geste fraternel et repartis à mes tâches quotidiennes, pour ne revenir que le lendemain, et le surlendemain, toujours à la faveur de la nuit, jusqu'à ce qu'il soit évident que le pire était derrière elle.

... Jusqu'à la voir ce beau jour, ce sourire sincère et tendre au visage pour m'accueillir, parfaitement debout et apprêtée. Elle avait l'air aussi rayonnante que dans mes souvenirs, forte et sûre d'elle, avec cette fougue renouvelée qui était celle du dragon. A l'inverse, j'étais harassé après des journées qui m'avaient semblées interminables et des nuits assez courtes à lui rendre visite. Mais je ne pus qu'afficher ce même sourire en parfait miroir, son humeur sereine rapidement contagieuse. Je lui rendis son baiser avant de l'enlacer, mes mains descendant à sa taille pour l'amener contre moi. Je baissai les yeux pour ne pas la perdre du regard, soufflant doucement d'un ton enjoué :

- Comment te sens-tu aujourd'hui ? Prête à conquérir Westeros ?
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 10 Jan - 14:05


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

Parler avec Orys n’était pas quelque chose d’aisé. Il faut le reconnaitre, nous avions perdu l’habitude de nous confier l’un à l’autre. Avant qu’il nous soit enlevé, c’était Aegon qui tenait ce rôle à merveille dans nos deux vies. Dès que j’avais le moindre souci, le moindre poids sur le cœur, je savais que je pouvais aller le trouver et qu’il saurait apaiser mes tourments. Il était mon confident, celui qui savait toujours me conseiller, et me secouer quand il estimait que c’était nécessaire. Je n’avais aucun secret pour lui, même s’il avait toujours été incapable de me retrouver lorsque je décidais de me cacher du regard des autres, en quête de solitude. Il était l’être dont j’étais le plus proche et chaque jour qui passait me rappelait cruellement sa perte. Il me manquait même si je n’en parlais jamais, même si je faisais tout pour le cacher. Orys… Orys ne pourrait pas le remplacer et je ne le désirais pas. Je n’avais pas les mêmes sentiments pour mon Valonqar. Tout était plus fort et plus intense avec lui. Au fond ce n’était pas étonnant que nous nous disputions sans arrêt. Je n’avais jamais ressenti autant de passion pour notre aîné et cela me faisait peur parfois. Pour lui, je pourrais brûler tout Westeros. Et s’il venait à m’être enlevé… Je ne le supporterais pas, pas après avoir perdu notre frère et notre sœur. Il était tout ce qui me restait, ma plus grande faiblesse, ma plus grande force. J’avais indéniablement besoin de lui dans ma vie seulement… Comment lui imposer ma présence ? Comment l’obliger à rester à mes côtés alors même que je ne supportais pas moi-même celle que j’étais devenue ? Je l’aimais assez pour renoncer à lui, pour lui faire comprendre qu’il était libre et qu’il ne me devait rien. Je ne ferais que lui apporter de la déception, de la tristesse et de la colère. De ça, j’en étais persuadée. Je ne pouvais plus être Rhaenys, c’était impossible. Mon peuple méritait bien plus, et avait besoin d’un souverain fort, et sans pitié. Et un tel être ne méritait pas mon frère.

Ma vie ne m’appartenait plus. Elle était désormais à mon peuple et c’était pour cela que j’avais uni ma vie à celle de Roward Martell. Cela était nécessaire. Je fus soulagée que mon Prince le comprenne lui aussi. Je ne lui avais pas planté un couteau dans le dos en agissant ainsi. J’avais accompli mon devoir, même si, comme je lui indiquais, j’aurais dû me montrer moins maladroite. Je hochais la tête à sa réponse, avant de pousser moi aussi un soupir à la suite de ses paroles. Nous avions lui et moi mal agi envers l’autre. Il se réfugiait derrière sa colère et moi… Oui, derrière Meraxès ou une froide distance pour le tenir à l’écard. Tu as raison. Je suis désolée lui glissais-je doucement et sincèrement. Il devait apprendre à me parler, mais je devais également apprendre à le faire. J’évoquais alors Aegon, ressentant le besoin de clarifier ce que nous avions vécus, et ce que j’éprouvais pour l’un et pour l’autre. Je secouais légèrement la tête de gauche à droite C’était injuste de sa part. Il n’aurait pas dû attendre de toi que tu te mettes en retrait pour lui et pour moi. Et c’était injuste de ta part de ne pas m’en avoir parlé. Je ne comprenais pas à l’époque… je ne comprenais pas pourquoi tu t’étais tant éloigné, alors que nous étions si proches. J’ai été sotte. Oui, et aveugle. Je connaissais bien Orys, et j’aurais dû comprendre qu’il ne me rejetait pas comme je l’avais pensé mais qu’il essayait de me préserver et de préserver notre famille. Je n’avais pas regardé plus loin que le bout de mon nez, et je m’en voudrais toujours pour cela. J’avais, quelque part, laissé tomber mon Valonqar.

Je ne savais pas quoi répondre à Orys quand nous évoquâmes de nouveau Roward. Je ne savais pas ce que l’avenir nous réserver et si je finirais ou pas par me lier d’affection pour le Prince. Je m’entendais bien avec lui et sa compagnie m’était agréable. Il me plaisait, cela ne faisait pas doute, et j’étais assez réceptive à son charme. Mais je ne le connaissais pas et si nos échanges avaient été agréables, il restait un inconnu avec qui j’avais dû me lier non pas par envie, mais par nécessité. Je ne sais pas Ryry. Le temps nous apportera la réponse. Simplement sache que cela ne changera rien à ce qui me lie à toi. Certaines personnes sont incapables d’aimer, et d’autres ne le peuvent qu’avec un seul autre être. Ce n’était pas mon cas. J’avais toujours aimé Orys et j’avais également aimé sincèrement Aegon. A mes yeux, il n’y avait aucun mal à aimer plusieurs hommes, car ce qui se passait avec l’un ou l’autre ne se ressemblait pas, mais quelque part se compléter. Alors, si je venais à m’attacher sincèrement au Dornien, cela ne signifierait pas que je m’éloignerais de mon frère. Cela n’arrivera jamais. Cette situation n’était pas confortable pour lui et j’imaginais qu’il aurait préféré que je lui promette qu’il n’y aurait désormais que lui dans mon cœur. Seulement… Cette promesse, je ne pouvais pas lui faire.

Continuant dans les confidences, je fis comprendre à mon frère que j’avais changé. Je savais que mes mots ne lui plairaient pas, mais je me devais de les prononcer et de les lui en faire prendre conscience. Car, il était temps que nous ouvrions tous deux les yeux sur la réalité et sur cet avenir qui se profilait. C’était important qu’il soit conscient des faits avant de s’engager à rester à mes côtés, car, comme je lui avais dit, je ne le laisserais plus s’en aller s’il décidait de rester aujourd’hui. Il n’aurait plus aucune possibilité de le faire ensuite. Je laissais le silence s’installer entre nous, afin qu’il puisse réfléchir et comprendre la portée de mes mots. Je fus soulagée lorsqu’il m’indiqua qu’il comprenait, un poids s’envolant de mes épaules. Je savais que cela devait être difficile pour lui de le reconnaitre, je le connaissais assez pour le savoir. Il faut pourtant que je le fasse Orys, même si je n’ai pas encore trouvé comment le faire. Parce qu’ils m’empêchent d’avancer comme je le dois le faire. Mon âme ne compte pas. Seul le bien être des nôtres est désormais important. lui répondis-je doucement. Je n’étais pas amère, je ne l’étais plus. Je savais où se situait mon devoir, et mes obligations. J’avais fait une croix définitive sur celle que j’aurais souhaité devenir parce que mes envies ne comptaient plus. Plus de secrets oui… Mais n’en attends pas trop de moi ok ? N’attends pas de retrouver la petite fille avec qui tu as grandi parce qu’elle n’existe plus. Je dois être forte, et cruelle. Je m’appuyais sur toi, mais cela ne changera rien à ce que je dois devenir. Et ce que je dois devenir, c’est une Reine qui pourrait te faire horreur par moment, qui sera dure, sans pitié, et sans compromis. Parce que c’était important qu’il en prenne conscience dès maintenant. Il ne pourra pas toujours approuver mes actes et ils pourront les dégouter, lui laisser un goût amer dans la bouche. Mais il devait accepter que c’était nécessaire et que je devais agir ainsi. Nous étions en guerre, et pour l’heure, la miséricorde n’avait pas sa place. Plus tard oui, mais pour l’heure, elle devait demeurer absente.

Je mettais fin à notre discussion, à bout de force. Je laissais mon corps me tirait de nouveau dans des songes, interrompus de temps à autre par Kora me donnant à manger, quelques remèdes, et essayant de me garder éveiller en me faisant prendre des bains réconfortants. Je n’avais pas vraiment conscience de ce qui se passait, même si je me souvenais vaguement avoir eu la visite de Baâl à propos d’une affaire d’état et que je lui avais répondu. J’étais encore dans un flou en me réveillant, mais je savais qu’il finirait par s’estomper. Je me sentais enfin bien, même si j’avais un faim de loup. J’avais été capable de me lever seule, et de m’habiller sans aucune aide. J’avais laissé mon envie de manger de côté pour prendre un grand bol d’air frais, ne m’en détournant qu’à l’arrivé d’Orys. C’était un soulagement de le voir ici. J’avais avancé jusqu’à lui, pour porter un baiser à ses lèvres. J’adorais sentir ses mains se montrer possessives, et m’attirer contre lui, tout comme j’aimais me noyer dans son regard. Il m’avait manqué. Je lâchais un rire à ses questions, puis caressa sa joue légèrement râpeuse du dos de ma main, tout en lui disant On ne peut plus prête. Mais plus tard… Là j’ai faim… Je ne parlais pas seulement de nourriture et mes yeux reflétaient parfaitement mes pensées, même si je me détachais de lui à regret. Je devais reprendre des forces, ainsi m’asseyais-je à table pour venir picorer quelques morceaux de pain. Je fis signe à l’homme de se joindre à moi, et de prendre place à côté de moi. Je voulais l’avoir encore et égoïstement, juste pour moi. D’ailleurs je gardais mes questions concernant les nôtres pour plus tard également, me forçant à penser à autre chose qu’à mes affaires d’Etat. Je devais lever le pied. Tu as l’air fatigué Valonqar. fis-je remarquer un peu soucieuse à mon frère. Je me doutais bien qu’il avait palier à mon absence tout en se rendant régulièrement dans mes quartiers pour s’assurer de mon état. Si tu as du mal à trouver le sommeil, je peux t’aider à y arriver. Alors n’hésites pas à venir me solliciter Valonqar, car de mon côté je n’hésiterais pas. finis-je par lui glisser, toujours aussi malicieusement. Pas besoin d’en dire plus pour qu’il comprenne ce que je sous-entendais. Et au-delà de ça, je savais que je passerais la plupart de mes nuits à ses côtés, comme lorsque nous étions enfants. Il avait le don de pouvoir m’apaiser et si mes cauchemars se faisaient trop pesants, il arriverait à les chasser par sa simple présence.



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Ven 15 Jan - 15:35


Nous nous étions quittés sur une note mitigée. Malgré sa fatigue apparente, causée par la maladie qui gagnait du terrain, Rhaenys s'était montrée bien plus lucide que je ne l'aurais cru sur sa nouvelle réalité, celle d'une Reine. Je ne savais pas qui de nous deux peinait le plus à assimiler ces changements qui devaient s’opérer en elle, afin de gouverner par temps de guerre. Je devais me rendre à cette évidence : Je ne pourrais plus la protéger, l’enfermer dans ce cocon sûr et confortable qui avait été son existence jusqu’à maintenant. C’était moi qui avait initié ce changement, poussé par la nécessité, mais aussi parce que j’avais confiance en elle pour prendre la relève d’Aegon. Elle était forte, bien plus qu’elle ne le croyait elle-même, et il me faudrait certainement non plus la protéger mais lui faire prendre conscience de cette ardeur qui l’animait encore. Je ne pouvais pas la laisser se figer dans la glace, ni se briser sous le poids de ses tourments. Nous tâtonnions encore, n’étant plus habitués à se confier l’un à l’autre, ni même peut-être se faire confiance. Nous allions trouver un équilibre, ensemble, c’était tout ce que je lui avais finalement demandé et qu’elle était en mesure d’accepter. Je ne parlais pas de nous, de cette relation que nous entretenions, car je me faisais assez peu d’illusions à ce sujet. Aucune concession n’était permise dans les deux sens, et nous risquerions encore de nous blesser bien des fois. Je ne m’attendais pas à des excuses de sa part, d’autant que je ne lui en avais jamais fourni de mon côté. Je voulais uniquement m’assurer de ne pas la perdre, sur le champ de bataille ou dans les bras d’un autre. Roward Martell. Je ne le connaissais même pas que j’avais déjà appris à haïr cet homme, ou plutôt à craindre l’influence qu’il pourrait avoir sur elle. J’avais apprécié la sincérité de ma sœur, même si elle avait été difficile à avaler. Tout pouvait recommencer. Alors je serais bien obligé de me positionner à nouveau en retrait, parce que si je pouvais concevoir qu’elle partage sa couche avec d’autres hommes, je peinerais davantage à supporter qu’elle entretienne une relation privilégiée avec un autre. En cela, j’étais parfaitement similaire à Aegon. Je n’étais pas bien partageur, tel le dragon qui couvait son trésor. Il avait été préférable de ne pas répondre, et de se laisser ce temps. C’était ce qu’il aurait convenu de faire, pour éviter de se projeter, de se tourmenter inutilement. J’avais ce désir ardent en moi qui m’intimait de profiter pleinement de ces rares instants de sérénité, parce qu’ils auraient tôt fait de disparaître. Vivre chaque jour comme s’il était le dernier, comme si je risquais de ne plus la voir au réveil le lendemain.

Et sa faim éveillait la mienne. Je lui rendis ce fin sourire mais la laissais s’échapper, la suivant jusqu’à la table où quelques victuailles avaient été déposés. Je ne touchais à rien, et ne la quittais pas du regard.

- C’est passager. Quand nous nous mettrons enfin en mouvement, il ne sera plus nécessaire de penser, planifier, palabrer… J’attends avec impatience la prochaine bataille, cette occasion qui nous sera laissée d’asséner un coup dur au parjure en représailles. Si cela ne tenait qu’à moi, nous serions déjà en route.

Je me fatiguais bien plus à écrire de longues missives qui avaient du sens pour mes interlocuteurs plutôt que de me servir de mon épée. La politique n’avait jamais rien eu de naturel ou de concret pour moi. Il en était de même pour Rhaenys dont la passion et la fougue en décontenançaient plus d’un. Nous étions de ceux qui rêvaient d’un monde nouveau, d’un nouvel ordre établi, et certains peinaient avec cette conception, s’offusquant du manque de convenances comme si un vol de dragon leur avait masqué le ciel l’espace d’un instant.


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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Jeu 21 Jan - 18:39


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Rhaenys & Orys

Je m’installais à table pour picorer la nourriture que Kora m’avait apportée. Il y avait tout ce que j’aimais le plus. Pas de doute, ma première servante me connaissait très bien. Elle avait varié les plats sucrés et salés, me laissant choisir ce que je désirais. Je piquais dans la salade de tomate et de poulet qui se trouvait sur la table, tout en laissant un morceau de pain s’imbiber de la sauce. Je ne me le permettais que lorsque j’étais dans l’intimité. Ce n’était pas des manières de Reine après tout, et en public je devais faire très attention à ces dernières, en prenant exemple sur ma sœur Visenya. Elle avait toujours été parfaite en société, et la grande fierté de Mère sur cet aspect-là. Tandis que j’avais courir et grimper aux arbres, elle s’occupait calmement, souvent munie d’une aiguille. Puis en fin d’après-midi après avoir conduit ses obligations de Lady, elle se laissait un peu plus allée en allant combattre avec nos frères. C’était son exutoire comme le dessin avait été le mien jadis. Je l’avais délaissé depuis que j’étais arrivée à la Baie de la Néra. Je n’avais pas le temps pour cela, tout comme j’avais décidé de ne plus prendre le temps de me nourrir correctement. J’avais bien du mal d’ailleurs à me dire que j’allais devoir manger au moins la moitié des mets qui m’avaient été servi si je voulais reprendre des forces. Et la présence d’Orys éveillait en moi une faim tout à fait différente, même si je me décidais à être sage sur ce point.

Je mangeais une nouvelle fourchette, tout en écoutant mon valonqar me répondre que, effectivement, bientôt les théories et la paperasse laisseront place à l’action. Je n’étais pas certaine d’être rassurée par cela, ni même de le vouloir réellement. C’est le calme avant la tempête, aussi relatif soit-il car nous ne pouvons pas dire que nous lambinons. Mais les troupes en ont besoin. Elles seront solides et en formes lorsqu’elles se présenteront face au combat. Et Meraxès doit désormais être guérie. Meraxès, ma dragon, mon diamant. L’évoquait me faisait prendre conscience de combien sa présence me manquait. Je n’aimais pas me tenir loin d’elle, même si nous avions été séparées bien plus longtemps que quelques jours. Dès que je l’avais retrouvé après les festivités de Goeville j’étais partie plusieurs heures avec elle à voler au dessus de l’océan, sans but précis, si ce n’était de profiter de la présence de l’autre. Nous étions complémentaires, ou du moins c’était ainsi que je voyais les choses.






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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 31 Jan - 16:44


J'étais impatient que nous nous mettions en marche, d'autant plus si Meraxès était guérie et prête pour les prochaines batailles. La dragonne était un atout considérable pour remporter cette guerre, même s'il était un élément instable dans les plans que nous pouvions dresser. Je songeais aux deux autres dragons, qui dormaient encore au cœur des flammes. Il me tardait de les voir éclore, pour que la dragonne ne soit plus la seule représentante de son espèce. Tout comme j'aurais voulu que nous soyons plus nombreux, au sein des nos deux lignées. Nous n'étions pas encore assez fort, et je savais qu'il nous faudrait du temps pour nous renforcer, et des alliés solides sur qui compter. Et surtout... Nous étions les premiers à porter un coup au Noir, mais certainement pas les derniers. Il suffisait d'une flamme, d'un espoir. Et Rhaenys incarnait cette flamme.

J'étais bien plus confiant que je ne l'étais ces derniers temps, alors que nous ne parvenions pas à trouver un terrain d'entente, que nos doutes nous rongeaient si bien qu'ils étaient parvenus à nous séparer. Nous étions forts ensemble, faibles séparément. Nous déchirer nous prélevaient nos forces pour les batailles à venir... Et je comprenais à quel point nous pouvions être indispensables l'un pour l'autre.

- Nous en avions besoin, aussi. Tu as l'air d'aller mieux, et pas que physiquement.


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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mer 3 Fév - 22:22


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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mar 9 Fév - 23:19


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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Mer 10 Fév - 10:23


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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Dim 6 Mar - 14:01


Je levai le regard vers le ciel, suivant un mouvement presque imperceptible. La silhouette était pourtant si imposante qu'elle dissimulait l'éclat des étoiles sur son passage, comme une ombre jetée sur ma conscience. Je tendis la main vers ses ailes sombres, comme si je pouvais les atteindre, alors que j'étais désespérément cloué au sol. Il m'aperçut. Je me crus sauvé quand son vol silencieux l'approcha lentement du sol... Mais sa gueule s'illumina soudainement, d'un feu à l'éclat orangé qui me révéla, l'espace d'une seconde, sa silhouette imposante de dragon avant que je ne m'embrase. J'entendais ces cris d'agonie à travers les flammes, qui n'étaient pas les miens, ni ceux de mes ennemis. Un grondement assourdissant fit trembler la terre quand un dragon, si immense que ses ailes éclipsèrent un instant le soleil, chuta violemment au sol. Balérion. Son cavalier fut jeté à terre, mais ne se rendit pas. Il eut à peine le temps de dégainer son épée qu'il fut criblé de flèches avant qu'un ombre s'avance sur lui pour lui trancher la tête. Elle roula à mes pieds, aux côtés d'une autre aux yeux révulsés, que je reconnus sans mal. Je relevai la tête pour apercevoir leur bourreau qui s'avançait sur moi, par-delà ce champ de feu et de sang. J'étais incapable de détacher mon regard de lui, quand une petite main m'attrapa, m'incitant avec douceur et fermeté à me retourner, à la suivre. Une silhouette svelte, féminine, et d'argent comme une lame. Les rumeurs de la guerre s'estompèrent à la faveur de son chant aux notes apaisantes. Le feu n'avait pas diminué, il s'était même ravivé jusqu'à tout brûler sur son passage et me soustraire à ces visions d'horreur. Je devais lui faire mal à serrer si fort sa main, mais son sourire s'affirma. Ses lèvres bougèrent pour me confier quelques mots à l'oreille, que je n'entendis pas avant que les brumes du sommeil ne s'estompèrent.

Je sursautai légèrement, avant de rouvrir les yeux sur la réalité. J'émis un grognement désapprobateur en me relevant doucement, et passai mes mains sur mon visage dans un soupir. Je ne m'étais même pas rendu compte que je m'étais endormi. Il me fallut plusieurs secondes pour comprendre où je me trouvais et me souvenir de ce qu'il s'était passé la veille... Ou le jour même, je ne saurais dire. Ces souvenirs-là étaient bien plus agréables que les songes qui avaient agité mon sommeil. Malgré tout, je me sentais incroyablement reposé, et détendu. Je songeai, avec un pâle sourire, qu'il ne m'aurait certainement manqué que Rhaenys assoupie à mes côtés pour que tout soit parfait. Je ne lui aurais jamais avoué, même à l'époque où nous étions encore enfant, qu'elle n'était pas la seule à qui le sommeil était facilité quand elle se glissait sous mes draps. Non, je me contentais bien souvent de râler pour le principe avant de l'accueillir dans mes bras et me rendormir aussitôt. Beaucoup de choses avaient changé depuis cette époque, mais je renouai parfois avec, quand nous partagions à nouveau des moments simples et complices. Où était-elle, d'ailleurs ?

Je promenai mon regard à la ronde, jusqu'à tomber sur son carnet de dessin posé sur la table de chevet, ouvert sur une nouvelle page. Je ne me souvenais pas l'avoir vu dessiner depuis... Peut-être depuis qu'elle a commencé son deuil même. Ses obligations de Reine l'avait tenu éloigné de son amour pour l'art, et elle m'avait maintes fois asséné ne plus avoir le temps pour ses frivolités. J'étais heureux de voir qu'elle avait changé d'avis, et qu'il n'avait suffit que d'une étincelle pour réveiller la flamme de cette Rhaenys, artiste et bohème, qui était assoupie depuis bien trop longtemps derrière ce masque de royauté. Elle n'avait pas tellement perdu la main. L'envie me prenait de me saisir de ce carnet pour en parcourir les pages, mais j'avais plus important à faire et déjà perdu un temps précieux. Même si Rhaenys était à nouveau en pleines possessions de ses moyens, je me devais de rendre moins lourde et plus supportable cette charge qui pesait sur ses épaules. Enfin... Ce serait me mentir à moi-même si je ne profitais pas non plus de chaque instant passé avec elle. Je craignais que ce ne soit les derniers avant que la guerre ou la politique ne nous ramènent à d'autres préoccupations, c'était bien la raison qui m'avait poussé à un tel empressement, une telle avidité que je ne pouvais combler qu'en sa présence.

J'aperçus des vêtements propres, soigneusement pliés au bord du lit, ainsi que de la nourriture laissée de côté sur la table. Kora devait être passée par là. J'avalai rapidement quelques fruits dont Rhaenys s'était certainement privée pour moi, puis je m'emparai des vêtements avant de passer le paravent pour une toilette sommaire. Ce fut là que je la vis, paupières closes à savourer son bain. Un sourire vint naturellement ourler mes lèvres alors que je m'approchais d'elle, entourant ses épaules de mes bras avant de l'embrasser doucement sur la joue puis au creux de son cou. Sa peau était aussi chaude que l'eau du bain qui me mouillait les avant-bras. Je lâchai, sur un ton taquin :

- Je t'aurais bien dispensé aussi un massage, mais je suis loin d'avoir ton expertise en la matière.

Je n'avais pas la moindre idée de combien de temps avais-je pu dormir, assez pour qu'elle fasse le net dans ses missives, s'attarde à dessiner et se coule un bain. J'avais la sensation qu'elle avait finalement trouvé son équilibre entre ses obligations et ses envies.

- J'ai vu que tu avais repris le dessin. Je m'endormirais plus souvent sans m'en rendre compte si cela peut autant t'inspirer.

Je lui rendis un mince sourire avant de lui embrasser la tempe et de me relever.

- Je suis soulagé de voir que tu te sens mieux, Rhae. Et si tu as à nouveau besoin de moi, je serais là. N'oublie pas que tu peux toujours te reposer sur moi, même si tout change encore.

Même si les circonstances finissent par nous séparer à nouveau. Mon regard s'évada vers l'âtre de la cheminée, où les deux dragons reposaient encore côte à côte. Je savais que cette accalmie n'était que de courte durée, mais il me paraissait subitement plus aisé d'affronter cet avenir incertain... Grâce à cette main tendue, que je m'étais empressé d'attraper.

Note HRP:
 
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MessageSujet: Re: The Storyteller's Dreams [Tour II - Terminé]   Sam 19 Mar - 19:33


The Storyteller's Dreams


Rhaenys & Orys

La chaleur du bain et la sensation de l’eau sur ma peau me firent un bien fou. Je fermais les yeux et laissais peu à peu quelques songes venir effleurer mon esprit. Ce dernier se mit à vagabonder, bercé par le silence de la pièce, et l’odeur des produits qu’avait glissé dans la cuve Kora. Elle finit d’ailleurs par revenir déposer quelques affaires, se faisait des plus discrètes, ne trahissant sa présence que par le bruit mat d’une porte que l’on ouvre puis referme. Je n’avais pas ouvert les yeux, même si mes sens s’étaient légèrement mis en alerte. Je laissais le calme me regagner et même si la température de l’eau commençait à devenir plus normal, je recommençais à m’assoupir légèrement. Je n’étais pas vraiment fatiguée, ni éreintée. Non. J’étais simplement sereine et en paix, comme je ne l’avais pas été depuis bien longtemps maintenant. Je sursautais légèrement en sentant des bras venir entourer mes épaules, quelques secondes tout au plus avant que mon cœur ne reprenne un rythme normal. J’avais remué légèrement l’eau, qui vint éclabousser le sol à grosses gouttes et imbiber le haut de ma poitrine qui avait séché. J’ouvrais les yeux sur Orys alors qu’il déposait quelques baisers sur ma joue et dans mon cou, laissant échapper un léger soupir et sourire. Je lâchais un rire à ses paroles, et me détachais mon dos de la paroi pour me tourner complètement vers lui. J’appuyais mes avants bras sur le rebord de la baignoire, pour me redresser légèrement juste en face de lui, mon visage à quelques centimètres du sien. Je vais devoir alors m’atteler à t’apprendre. Je déposais un léger baiser sur ses lèvres, avant de m’allonger de nouveau dans l’eau pour ne pas attraper froid de nouveau. Sans le quitter des yeux, un sourire sans équivoque sur le visage, je lui répondais ensuite Soit alors certain que je m’affèrerais à te dessiner sous toutes les coutures… A condition que tu sois, non pas endormi comme tu le penses, mais vêtu comme au premier jour. Si possible après t’avoir épuisé bien entendu. Je laissais mes sous-entendues faire le cheminement jusqu’à ses pensées, tout en le narguant. Je fis glisser l’un de mes doigts le long de mon cou, puis sur le haut de ma poitrine, jusqu’à ce qu’il disparaisse sous l’eau dans laquelle j’étais plongée. Mon sourire se fit tendre à ses paroles suivantes, même si je finis par lâcher un soupir las. J’aurais toujours besoin de toi Valonqar, et c’est là autant un problème qu’une baume à mon cœur. Je lui avais dit cela à voix basse, vérité que je m’avouais, et que je lui avouais également. Il était ma plus grande force, mais également ma plus grande faiblesse. Je pourrais conquérir le monde s’il restait à côté… Et je le réduirais en poussière si on m’enlevait mon frère. Je soupire de nouveau avant de lui faire signe de se rapprocher de moi. Je caresse doucement sa joue légèrement rappeuse avec le dos de ma main, laissant une légère trace humide sur sa chair. Promets-moi que tu reviendras me voir bientôt… Non pas bientôt… Ce soir… Même s’il est tard. Je savais que pour l’heure, il allait devoir s’en aller. Il ne pouvait pas passer le reste de sa journée allongé dans mes draps, aussi plaisante était-ce cette pensée. Je déposais un baiser ardent sur ses lèvres, après avoir rapproché son visage du mien avec mes deux mains, prenant tout de même soin de ne pas le mouiller. Je lui glissais ensuite à l’oreille Saches que si tu ne viens pas je serais obligée de me trouver la compagnie de quelqu’un d’autre... Je le taquinais naturellement. Je ne désirais pas voir pour l’instant une autre personne dans mon lit. Je voulais m’endormir dans les bras d’Orys, et uniquement les siens. Je désirais son corps, bien entendu, encore et toujours plus. Mais je ne réclamais pas ce dernier. Non, je voulais le réconfort et cette sécurité qu’il m’inspirait à chaque fois qu’il me gardait contre lui, comme lorsque nous étions plus jeunes. Je pouvais parfaitement m’en contenter après tout. Je déposais un dernier baiser dans son cou, avant de le laisser s’en aller. Bientôt mes propres obligations m’appelleront également. Mais pour l’heure, je profitais encore des derniers vertiges de ce bain dans lequel j’étais plongée.






Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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