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[FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]
MessageSujet: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyJeu 4 Juil - 20:20



De Sel et de Roc

«La connaissance est une navigation dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes.»


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Beron était assis au sommet de la pente abrupte couverte d'une maigre végétation qui peinait à s'accrocher au sol aride de cette île, la plus vaste des Îles de Fer, mais pas la plus connue, cependant. Grand Wyk n'était pas différente de ses petites sœurs sur le littoral, mais elle avait cette particularité imposante d'avoir des montagnes bien nommées Monts Dugranit, ce qui conférait une majesté certaine à cette désolée. En outre, les pentes de ces monts étaient couverts de pins plantins dont le bleu vert et la persistance des aiguilles avaient aux yeux de Beron une forte symbolique. Le jeune garçon avait longuement contemplé, la main en visière, la ligne de sommets acérés qui barrait l'île. Il s'imaginait déjà, aigle, volant dans les cimes.

Mais, très vite, son attention avait été arrachée à ce spectacle pourtant époustouflant pour se diriger vers un grondement sourd qui parvenait du sommet de la colline. C'était un bruit qu'il ne pouvait comparer à aucun autre. Même le bruit de la forge d'Harrenhall tournant à plein régime ne pouvait rivaliser. Happé, le jeune garçon entreprit de reprendre son ascension jusqu'au sommet de la colline. Au fur et à mesure de sa progression, il sentait le sol vibrer sous ses pieds, comme si un géant légendaire remuait là dessous. A la surface, c'était à l'avenant. Des bourrasques de plus en plus fortes semblaient vouloir l'empêcher d'avancer, et ses longs cheveux couleur soleil étaient plaqués en arrière. L'enfant avançait pas à pas, s'appuyant contre le vent qui le repoussait et ancrant bien ses pieds dans le sol.

Lorsqu'il parvint au sommet, il poussa un cri qui fut emporté par le souffle démesuré du géant. Beron était arrivé de nuit avec l'équipage qui convoyait sa modeste suite et n'avait guère pu voir le paysage. Sa seule perception avait été que le roulis prodigieux du boutre avait cessé pour laisser place à un tangage plus régulier. Ils avaient quitté le pont à la lumière des torches, avaient été conduits dans un modeste fortin arborant une croix sur fond bleu, qui, lui avait-on soufflé, était l'étendard de la Maison Sparr. L'enfant s'était bien vite endormi dans la chambre d'invités que leur hôte avait préparé. Ses rêves avaient été peuplés d'abordages et de combats contre des créatures marines toutes plus effrayantes les unes que les autres. Puis sa fin de nuit sombra dans un sommeil bien plus serein et le matin, à peine avalé le repas simple offert par les cuisines des Sparr, il avait entrepris d'explorer le littoral. Ayant demandé son chemin à un vieux pêcheur qui recousait ses filets, le brave lui répondit "t'as qu'à prendre la direction d'où vient le vent, ce jour, mon gars ! Si tu l'as en pleine gueule c'est qu'tu vas là où tu dis vouloir aller!"

Ces judicieux conseils l'avaient mené au pied de cette colline qui débutait en pente douce derrière le village pour finalement prendre de plus en plus de dénivelé. L'air sentait le sel et les embruns, lui rappelant ses premières visites à sa tante Eren. Il y en avait eu aussi du temps où son père, le Prince du Sel et du Roc, Joren, avait été nommé gouverneur des îles de Fer. Mais il était plus jeune alors, encore un gamin espiègle et turbulent. Depuis, l'annonce de son envoi prochain auprès de son grand-père, Harren le Noir, lui avait singulièrement fait perdre toute joyeuse humeur. Car il redoutait cet homme sévère et sombre, plus encore qu'une tempête. Ce périple, accordé par ses parents et entrepris avant d'endosser l'habit d'apprenti guerrier auprès de son grand-père était peut-être le dernier qu'il ferait l'esprit léger.

Du moins le croyait-il. Lorsqu'il fût parvenu au sommet de cette pente difficile, eut lâché son cri de surprise au vent furieux, le souffle lui manqua, mais pas à cause de l'ascension. Non, ce qui lui plaqua les poumons, lui serra les entrailles d'émotion, fut le paysage dantesque qui s'offrait à lui. Au pied de l’a pic vertigineux de cette falaise noire, les vagues se déchaînaient prenant d'assaut le fortin naturel. Et, à perte de vue, étendue en révolte contre la terre, en rébellion contre cet élément solide qu'était l'île, l'océan rugissait, faisant trembler la falaise, griffant les rochers, éparpillant les oiseaux pêcheurs, à chaque assaut qu'il abattait sur le socle rocailleux. Ici, sous ses yeux, se livrait une guerre millénaire entre le solide et le liquide, le tangible et l’intangible, le silence et le vent.

Était-ce la gifle mordante de ce souffle démentiel ou l'ouragan émotionnel qui se jouait en lui ? Les yeux du garçon s'emplirent de larmes. Comment pourrait-il supporter Harrenhal après avoir vu et senti enfin ce à quoi il appartenait et aspirait sans suffoquer, sans devenir fou ?

Alors, il s'était assis pour ne pas chanceler sur ses jambes tremblantes. Il avait replié ses genoux contre son menton, passé les bras autour de ses jambes et écouté le chant de la Mer qui le berçait férocement. Rien ne semblait pouvoir distraire la petite silhouette repliée sur elle-même de sa contemplation douloureuse.


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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyJeu 18 Juil - 7:36



Roryn Sparr

Roryn Sparr est un jeune lord d'une maison secondaire des Îles de Fer. Conscient de sa jeunesse il cherche avant tout à se démarquer de ses pères. La venue du jeune prince héritier de la maison Hoare à Grand Wyk suscite de la curiosité et pourquoi pas entrevoir une opportunité pour lui et sa maison de gagner en notoriété.

Le vent porte un message, celui qui n'a jamais regardé en arrière ne se laisse pas abusé par ses échecs. Le jeune homme observe silencieusement à travers le fracas du vent qui tourbillonne autour d'eux en emportant tout sur son passage. Au loin il l'avait entraperçu grimper avec témérité par delà cette falaise ocre noire. Les éléments naturels se déchaînent sans cesse, se livrant bataille dans le plus grand des fracas et le plus perfectible des gestes. Quand il songe à son passé, cette jeunesse dans lequel il avait été bercé il se demandait encore comment aujourd'hui il pouvait se tenir stoïque et droit face ce monde qui lui présageait une vie toujours plus dure, toujours plus cruelle. Comment haïr, comment se comporter avec férocité et sans aucune peur pour que le monde se souvienne de lui comme l'un des dignes descendants de la maison Sparr. Le visage encore juvénile se marque de stigmates, de cicatrices tracés ça et là. Pourtant il n'a plus peur de l'orage, les ténèbres est une illusion dont les fer-nés se nourrissent et se consument.

Malgré son jeune âge à peine d'une vingtaine d'années il avance non ne recule. On lui avait indiqué la venue d'un singulier personnage, un intriguant jeune garçon au nom bien trop renommé et brillant comme les flammes d'une éternelle chandelle ne pouvant s'égarer. Rêveur d'un idéal qui semble plus difficile à atteindre et à préservé il ne saurait avoir aucun recul sur ses convictions. Pourtant le monde connaît le nom Hoare. Bâtis sur la force d'une volonté titanesque conféré par le  Dieu-Noyé lui même pense-t-il sans réellement vouloir y croire. Quand le vieil homme pointa son doigt dans la direction des ragots qu'il avait pu colporter à son maigre et curieux interlocuteur il ne se doutait sans doute pas avoir une seconde être cru. Pourtant ce jeune garçon lui est assit là bas et bien là. Sa capuche bascule à l'arrière de sa nuque, il arpente le même chemin jusqu'à quelques mètres au devant observant la vaste étendue. Les bras croisés camouflés dans une longue cape d'un vert sombre marin. Il hésite un court moment observant du coin de l’œil le jeune enfant peinant presque encore à y croire. « Magnifique n'est ce pas ? Si on m'avait dit que je croiserais un jour le jeune prince Beron Hoare je n'aurais pas cru un traître mot. »



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Lyle Salfalaise

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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptySam 20 Juil - 21:54



De Sel et de Roc

«La connaissance est une navigation dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes.»


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Une voix jeune et pourtant ferme, celle d'un homme déjà, le fit lâcher du regard l'incessante bataille du vent et des vagues contre le roc. C'était son nom que le jeune homme venait de prononcer à haute voix à travers les bourrasques. Beron essuya discrètement ses larmes et sourit comme pour le remercier de lui donner corps en le nommant. Lentement l'enfant se releva et se tourna vers son interlocuteur. C'était Lord Sparr lui-même. Arrivé de nuit, et fatigué de son voyage, Beron ne l'avait pas vu, à la lueur des torches, aussi jeune et charismatique.

- Si on m'avait dit qu'il existait dans les Îles de Fer pareille beauté, jamais je ne l'aurais cru non plus sans l'avoir vu de mes propres yeux. J'ai toujours voulu voir Grand Wik ... dans mes rêves j'imaginais ce croissant de roc, la plus grande des Îles, comme un croissant prometteur et fertile. Je ne connaissais d'elle que ses contours sur les cartes que j'étudiais.


Le jeune garçon secoua ses vêtements pour en ôter les brindilles sèches provenant de la frugale végétation puis s'avança en détaillant le jeune Lord avec bienveillance. Une silhouette élancée aux muscles secs et longs, un visage marqué ça et là de quelques cicatrices, un regard franc et clair. Le jeune homme devait plaire aux filles des îles. Il le dépassait de deux têtes mais il n'y avait aucune arrogance dans l'attitude de son hôte.

- Je vous remercie de votre hospitalité et je dois dire qu'elle me convient à merveille. Les Sparr m'honorent en m'accueillant dans un tel écrin de beauté sauvage.

Beron regrettait presque de ne pas pouvoir rester anonyme pour découvrir le peuple qui était le sien. Parfois il aurait souhaité vivre une vie d'ermite ou de saltimbanque, allant de lieu en lieu, observant et écoutant les murmures des gens et des bêtes, la respiration du monde. Tout aurait pu être si simple. Mais il était né Hoare et avait des devoirs envers son nom, sa famille, sa lignée, son peuple. Il prenait très à cœur ces devoirs et montrait une volonté farouche de ne point y faillir. Celle-ci se heurtait parfois à son caractère indocile qui s’accommodait mal des injonctions, des obligations auxquelles devait faire face un jeune prince.

Surtout, il n'acceptait rien sans le comprendre et l'analyser, ce qui ne lassait pas d’interpeller ceux qui attendaient de lui qu'il se plie aux usages, aux coutumes, aux ordres sans réfléchir et regimber. La logique de Beron était toute autre que la réplication de ce qu'avaient accompli ou accepté ses ancêtres. Un système qui se répète sans se remettre en question n'évolue pas et finit par s'éteindre. Le caractère du Prince était tout sauf éteint et cela indisposait bien des ploutocrates autour de lui. L'argent, le pouvoir quelle combinaison malsaine ! Il devrait être interdit à un monarque d'être riche. A ses bannerets de même. Vivre comme le peuple, parmi le peuple et ne le guider que parce qu'il vous a choisi non pour votre naissance, non pour votre richesse qui vous donnent pouvoir sur lui mais pour vos qualités et votre vision du monde.

- Ici tout semble simple et j'aime cette simplicité. C'est la vie dont je rêverais plus tard si je pouvais y accéder. Combien j'aimerai demeurer ici et commencer chaque journée au service de mon peuple en venant contempler la Mer et le Roc qui l'ont forgé.  Ajouta le jeune prince en fixant l'horizon le regard brillant.

Puis se tournant vers le jeune Seigneur qui l'écoutait en silence, il demanda :

- Et vous ? Quels sont vos rêves secrets, Lord Sparr?





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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyJeu 29 Aoû - 14:05



Roryn Sparr

Roryn Sparr est un jeune lord d'une maison secondaire des Îles de Fer. Conscient de sa jeunesse il cherche avant tout à se démarquer de ses pères. La venue du jeune prince héritier de la maison Hoare à Grand Wyk suscite de la curiosité et pourquoi pas entrevoir une opportunité pour lui et sa maison de gagner en notoriété.

Le jeune prince savait parlé, il était peut-être jeune mais ses propos et cette façon limpide semblait un exercice aisé à sa personne alors qu'à moi et aux autres fer-né cela relevait plus d'une éducation débraillée. Il ne fallait pas se débiner, malgré l'écart d'âge et ma condition de jeune seigneur je me devais de me démarquer et marquer en quelque sorte l'esprit de celui qui un jour sans doute serait amener à diriger notre peuple dans son entièreté. Je me donnais des allures de bienséances un peu grossière, je ne savais pas réellement comment me comporter en présence d'une figure au sang et au statut d'héritier des Îles de Fer. « Merci prince Beron, c'est un grand honneur que vous nous faites. J’admets que peu d'entre nous s’attardent autant sur la beauté singulière et sauvage des Îles de Fer. » C'était là une vision différente, aucun de ceux que j'avais côtoyé jusqu’à mon père n'étaient ainsi attiré par le maigre et stérile foyer sur lequel nous survivions bon gré malgré.

Sa question troublante me fait songer à l'avenir. C'était une intuition interpellant mon esprit, compréhension subjective de ce que je ne pouvais avouer ouvertement. Alors quand la course folle du vent se fit plus calme j'acquiesçais d'un sourire franc observant un temps de réflexion, au delà de l'immensité de l'océan je trouverais la réponse que j'attends. « J'aimerais poursuivre ce que mon père a bâtit et mon grand-père avant lui. Je ne suis pas sans ambition, j'aimerais marqué mon temps, servir un dessein plus grand prince Beron. » Confessais-je dans un tic de faciès observant et clignant des paupières dans l'inexactitude de mes propres désirs si ce n'est celles dirigés par mes pères. « Que feriez vous à ma place ? » Questionnais-je avec une certaine attente de sa part. Ma jeunesse et le peu d’expérience que j'avais obtenu par les coups et les blessures de raids avoisinants n'était en rien comparable à ce que sa lignée avait pu accomplir jusqu’à maintenant. On dit qu'ils ont ça dans le sang, la noirceur et cette façon de voir les choses autrement. Mugissant une haine impalpable et incapable d'être oubliée de leurs soif viscérale de gloire et de terres sur lesquels s'étendre. Connaître mieux le jeune prince serait un atout, au delà des apparences je ne voyais le futur autrement que celui de mourir glorieusement comme mes propres parents. Mais pourquoi finalement ? Dévotion aveugle du Dieu-Noyé ? Ambition fébrile et impunément volée ? Peut-être qu'il était celui qui me permettrait de guider et de conforter une décision étriquée avant d'être avortée.



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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptySam 31 Aoû - 20:35



De Sel et de Roc

«La connaissance est une navigation dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes.»


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Beron sourit au jeune Lord, à travers les mèches de ses longs cheveux qui lui barraient le visage. Il détaillait, l'air grave, la tenue de ce jeune Seigneur qui incarnait la relève, la nouvelle génération dont il faisait partie, lui aussi, pour le Royaume du Sel et du Roc. Beron aurait voulu lui ressembler en bien des points. Etre déjà un homme fait, avoir une certaine liberté de mouvement, pouvoir insuffler à sa Maison sa vision des choses. Aussi pauvre que fût son fief, le Lord Sparr disposait d'un libre arbitre que Beron ne posséderait peut-être jamais. Tout enfant qu'il était encore, le jeune Prince sentit l'embarras du jeune seigneur, sans doute à cause du nom des Hoare.

- C'est vous, vraiment, Lord Sparr, vous et votre maison, qui me faites honneur en me recevant sur vos terres. Vous en êtes le Lord et vos gens vous aiment, vous pourvoyez à leur existence tout comme ils pourvoient à la vôtre. Je vous envie ce pacte, aussi dur soit-il à tenir dans ses engagements. Pour l'heure, je ne suis rien et ne pèse rien dans les enjeux de notre peuple.

Beron reporta son regard vers l'horizon et serra les poings le long de son corps, douloureusement.

- Je ne suis ni fer-né pour les uns, ni riverain pour les autres. Je devrais me battre toute ma vie durant pour prouver que les deux peuvent cohabiter dans une même personne et dans une même alliance. J'entrevois déjà combien la tâche sera épuisante.

Puis il tendit la main vers celle du Sparr et la prit pour la serrer dans la sienne.

- Appelez moi Beron, voulez-vous ? Et je vous appellerais Roryn si vous le voulez bien. On m'a maintes fois répété qu'un Prince, qu'un Roi n'a pas d'amis. Pourtant j'aimerais vous compter parmi les miens. J'en serais honoré et fier car j'ai vu tout ce qui vous mettez en place pour valoriser votre terre et la rendre moins âpre à vos sujets.




Beron retira sa main et invitai son hôte à se promener avec lui tout en discutant.

- Roryn, je suis certain que vous ferez plus que perpétuer l'oeuvre de votre père. Vous allez l'honorer mais la prolonger d'une manière inespérée car ce sont ceux qui ont les richesses les moins évidentes qui développent le plus d'ingéniosité pour les valoriser. Notre peuple est bercé de la certitude que notre subsistance réside dans le seul pillage. Mais que diriez-vous si nous pouvions organiser des raids lointains dans le seul but de découvrir d'autres terres et d'en importer les richesses et les savoirs sans avoir cette pression de rentrer chaque automne au port pour nourrir les nôtres ? Cette funeste limite de ne piller que pour survivre ?

Il sourit à la question de son aîné et fût ému de percevoir à travers cette simple question tout le crédit qu'il lui accordait déjà d'emblée, juste en l'ayant entendu prononcer quelques mots.

- Ce que je ferais à votre place ? Rien de plus que ce que je viens de vous dire. J’honorerai mon père, mon souverain, certes, mais surtout, mon peuple et, plus que tout, Roryn, j'honorerais la vie et non le carnage car je suis persuadé qu'il finit un jour ou l'autre par happer celui qui le répand aussi bien que celui qui le subit. Il y a bien des moyens de conquérir des terres et des richesses. On nous a toujours persuadés que la mort était la seule chose à répandre autour de nous, mais si la Connaissance était le salut de notre peuple ? Et plus largement, de tous ces royaumes voisins et éloignés avec lesquels nous pourrions faire fructifier des accords commerciaux ?

Le jeune Hoare marqua un temps d'arrêt pour contempler encore le paysage et baissa les yeux ensuite pour murmurer.

- Cette beauté ... Ce paysage ... Cette Terre... On finit par oublier sa valeur réelle, la réduire à de simples mots, quand on la côtoie au quotidien. Je viens d'en découvrir la réalité et je sais qu'elle va me manquer cruellement dans les mois à venir. Quant à savoir comment je vois l'avenir ... L'ampleur de la tâche ressemble à un défi démentiel. Peut-on remonter une cascade à contre courant. Pourtant, j'espère un jour pouvoir relever le défi. Un jour lointain ... J'aurai des choix à faire, une voie à suivre, d'autres à refuser. Et quand ce jour viendra , je me tournerai sans doute vers des personnes telles que vous, Roryn.



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Dernière édition par Beron Hoare le Mer 25 Sep - 13:19, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyDim 22 Sep - 4:30



Roryn Sparr

Roryn Sparr est un jeune lord d'une maison secondaire des Îles de Fer. Conscient de sa jeunesse il cherche avant tout à se démarquer de ses pères. La venue du jeune prince héritier de la maison Hoare à Grand Wyk suscite de la curiosité et pourquoi pas entrevoir une opportunité pour lui et sa maison de gagner en notoriété.

Je manquais certainement de manières et de bien d'autres choses aux côtés d'un jeune prince telle que Beron Hoare. Auparavant je n'en aurais pas pris conscience mais, ici en l'entendant parler et abreuver de parole mon ouïe de choses qui nous dépassent totalement j'en avais pleinement prit conscience. Je manquais de vocabulaire, j'avais clairement une estime naissante et croissante pour ce garçon qui avait au fond une grande connaissance et maturité dans sa vision du monde. À la plupart des questions que je me posais, le prince Beron lui en résolvait d'un battement de cœur et de verve par ses convictions. « Un jour pourtant vous vous devrez d'y répondre, cela ne saura sans doute pas plus enviable qu'à nous autres insulaires mais nous faisons ce pour quoi nous sommes fais. Les Îles de Fer nous le rappellent constamment. » Déclarais-je humblement, je ne dissociais pas mon nom d'un illustre destin sanglant, je cherchais pourtant à remplir ma part corps et âme dans l'aspect le plus novateur et dans l'ère du temps. Le prince Beron ici représentait le futur, son engagement pouvait avoir des aspects plus pompeux et digne des rêveries d’enfants. Pourtant une partie de moi y croyait véritablement.

Interloqué, curieux même de voir ce jeune homme en devenir observer avec autant d'avidité et de passion la moindre parcelle de cette terre. Peut-être était-ce cela d'être voué à un destin aussi dangereux et si exceptionnelle. Pourtant on ne vantait que les exploits guerriers de sa lignée, de son grand-père et de son sang noir qui coule dans ses veines. Nous étions peut-être voués à nous connaître ? Nos visions n'étaient pas totalement différentes sur le sujet. J'y trouvais un certain réconfort même. « Mon père n'aurait jamais approuvée cette démarche, il aurait lancé dans un beuglement colérique, « Et pourquoi faire ? » Je crains que la majorité d'entre nous pense de cette manière. Hormis vous bien sûr et j'en suis stupéfait. »

« Si le Dieu-Noyé le veut, je serais honoré d'être à vos côtés pour vous aider à concrétiser ce projet. » Lui déclarais-je. Fondamentalement il était notre futur à tous, que cela plaise ou nous à ceux qui vénéraient les uses et les coutumes les plus anciennes nous n'arriverions pas à la hauteur de ce monde si nous pensions tout pareil. « La vie à son lot d'aventures et de promesses prin... Beron. À vous entendre je m'y verrais bien déjà. » Confessais-je en lâchant un sourire songeur étirer mes lèvres.



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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyMer 25 Sep - 16:42



De Sel et de Roc

«La connaissance est une navigation dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes.»


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L'enfant arborait une mine grave, préoccupé par le débat intérieur qu'il livrait. Le jeune Lord Sparr ne semblait pas douter que Beron eût un jour à assumer le rôle qui devait d'abord être assumé par Joren, son père. L'enfant baissa les yeux, ses paupières frangées de longs cils que bien des filles auraient pu lui envier. Il se força à garder les épaules droites alors qu'il songeait à ce que cette succession semblait être pour le Boucher. Alors qu'il anticipait ce que pourrait être les mois, les années à venir, pour lui-même dont la formation allait être confiée au Noir. L'homme le terrorisait littéralement, non parce qu'il doutait de lui-même au point de ne pas parvenir à lui résister, mais parce qu'il l'avait vu à l'oeuvre, non sur les champs de bataille, qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de fouler, mais au sein de sa propre famille.Tout était différent en présence du Noir. Tout se voilait d'un sombre éclat, comme si sa seule personne étendait une chape sur ce qu'il touchait, foulait, regardait. Joren était tendu, Myria devenait autre, plus tranchante et distante avec ses enfants, comme si leur manifester trop d'attention pouvait être mal perçu. Chez les deux, Beron sentait cette volonté de briller aux yeux du Noir, de se montrer à la hauteur de ses attentes. Cela l'avait longtemps déstabilisé, tant qu'il avait vu ses parents avec le regard d'amour inconditionnel que porte un petit garçon à ses deux idoles. Ils étaient parfaits, irréprochables. Alors, pourquoi cette angoisse de déplaire au Roi ? Puis en grandissant, l'image idéalisée du couple s'était modifiée, imperceptiblement au début, alors que l'enfant se rebiffait de plus en plus et pointait sans ménagement les défauts qu'il voyait désormais. Témoin d'interactions entre adultes qui le laissaient pantois, il commença aussi à percevoir différemment les traits effrayants de Harren. Même s'il ne savait pas encore mettre des mots sur ses ressentis, c'était bien de l'affliction qu'il éprouvait, à voir ses parents se comporter face au Roi, comme pouvaient le faire Euron et Aenarion lorsqu'ils étaient pris en défaut par le mestre. Il ne comprenait pas non plus pourquoi une divergence d'idées devait nécessairement déboucher sur une humiliation à sens unique subie par son père.

Il ne comprenait pas pourquoi la frustration qui en découlait finissait le plus souvent par des crises de rage paroxystiques de la part du Général, crises dont sa mère et l'ameublement faisaient souvent les frais. Et Myria, toujours consolait, même s'il lui arrivait aussi de vitupérer avant d'en venir à apaiser son Prince. Les portes claquaient, les vaisselles se brisaient, Joren hurlait, Myria criait, puis apaisait, berçait Joren comme un enfant. C'était troublant pour le garçon de voir son père rendu à l'état d'un gamin frustré piquant une crise que seule les bras aimants de son épouse pouvait calmer. Quand l'orage éclatait Beron prenait Aenarion et Euron avec lui et les entraînait dans l'aile opposée du château et ils sortaient par les communs après avoir pris des "provisions" dans les cuisines avant de gagner l'aile abritant les écuries et de grimper dans un grenier à foin qu'ils appelaient "le dauphin d'or". C'était leur "boutre" à eux. Ils partaient en exploration, embarquant à Pik, levaient l'ancre, passait le cap de Castal roc, descendaient la côte et contournaient le continent en doublant les Marches. Ils passaient le détroit et voguaient vers Asshaï et ses mystères. Beron était le capitaine, Euron le timonier et Aenarion le guetteur de proue.

Beron criait ses ordres et les deux répondaient aussi en hurlant comme s'ils avaient dû se faire entendre à travers un ouragan. Alors les cris à l'autre bout du château ne parvenaient plus à les atteindre. Ils accostait des rivages extraordinaires, inquiétants, mystérieux et entamaient leurs provisions quand le "capitaine" estimait qu'l était l'heure de prendre des forces. Pendant qu'ils réinventaient les contours de terres inexplorées, en discutant autour de leur collation improvisée, les cris continuaient de s'élever, en provenance des appartements princiers. "L'exploration" des trois frères se prolongeait parfois très tard dans la soirée, et tandis que la nuit était venue, ils s'allongeaient tous les trois dans le foin, les mains sous la tête et Beron leur faisait l'article des constellations qui scintillaient dans le carré de ciel à travers la lucarne. Euron posait beaucoup de questions sur ces étoiles qui guidaient les marins, Aenarion lui, essayait plusieurs culs de bouteilles pour les voir de différentes couleurs. Il bricolait des inventions pour mesurer leur déplacement dans le ciel suivant les mois. Et les deux petits finissaient par  se blottir contre lui et s'endormir chacun contre un flanc de Beron, leur tête devenue lourde reposant sur l'épaule de leur aîné. Il souriait, heureux, ne bougeant pas malgré les crampes, de peur de les réveiller. Puis le beau visage de la Princesse Myria apparaissait, ayant grimpé à l'échelle pour venir trouver ses trois petits hommes. Beron était souvent peiné de voir ses yeux trop brillants, comme si elle avait-encore- pleuré. Elle rampait à quatre pattes auprès de ses fils et prenait Aenarion dans ses bras, caressant ses cheveux. Beron faisait de même avec Euron et échangeait un sourire silencieux avec la Hoare. Parfois elle osait une caresse sur la joue de son aîné. Lequel faisait semblant de se rembrunir comme si ce geste était déplacé envers un trop grand garçon, alors qu'en réalité il adorait le contact de cette main aimante et douce, tout comme les trop rares baisers qu'elle déposait sur son front.

Arrivait ensuite le moment de réveiller les enfançons, pour regagner les chambres. On passait devant la salle à manger où des domestiques s'affairaient à déblayer les morceaux de bois ou de faïence brisées par l'ire d'un homme malheureux, en souffrance. Ces soirs-là le Prince Joren ne rentrait qu'à l'aube, ivre comme un soudard, puant et dépenaillé, ayant parfois d'étranges marques dans le cou. Une fois Beron allant aux latrines, l'avait croisé dans le couloir, il en avait eu tellement honte et chagrin qu'il préféra se retenir par la suite lorsqu'il savait que son père avait découché. La journée qui suivait, Joren dormait, "cuvait" disaient les valets et n'émergeait que le soir. Souvent, il venait voir Beron qui s'occupait des rations de ses poneys avec Banot. Il venait s'asseoir à côté de l'enfant tandis qu'il graissait les cuirs des filets et un silence embarrassé planait entre le fils et le père. Silence que Joren finissait toujours par rompre après s'être passé plusieurs fois la main dans la barbe.

- Ta mère m'a dit que tu prenais bien soin de tes frères quand je suis absent. C'est bien mon fils ! Tu grandis ! Bientôt tu pourras nous montrer ton courage avec une arme à la main. Puis, tout en souriant, il ébouriffait la tignasse de son héritier ou le gratifiait d'une bonne bourrade virile.

Un jour il ajouta:

- Il est temps que tu montres à notre Roi ce que tu as dans les tripes, mon fils.

Beron ne répondit rien, alors. Il se contenta de fixer de son regard d'azur celui de son père. Il avait envie de crier.

- Et toi ? Quand est-ce que tu arrêteras de tout supporter de sa part ?

Plus Beron approchait du moment où il allait être placé sous la coupe d'Harren, plus il appréhendait ce qui allait en résulter. Car il le savait, jamais il n'aurait l'abnégation de Joren face à l'humiliation cinglante que le Noir pouvait infliger à sa progéniture. Jamais il n'accepterait de ployer sous les invectives, de perdre le contrôle de lui-même comme le faisait son père, sous l'emprise de la frustration et de la honte. Beron encaisserait tout en se forgeant une carapace pour se protéger, garder la maîtrise de ses émotions. Mais ce qu'il redoutait précisément, c'était que cette armure devienne tellement épaisse qu'elle en vienne à tuer ce qu'elle était censée préserver: son humanité. Tout ce qui fait un homme: l'espoir, la volonté, le courage, l'empathie. Tout ce qui semblait vaciller en Joren chaque fois qu'il devait essuyer les conséquences des choix du Noir, endosser ce rôle de guerrier programmé à massacrer des vies et à courber l'échine devant un bourreau des peuples, tortionnaire de ses propres enfants. Beron redoutait qu'en s'efforçant de ne pas devenir une nouvelle marionnette de Harren, l'être épris de liberté et de paix ne meure, ne laissant qu'une coquille vide juste assoiffée de vengeance. Parangon d'insensibilité et d'ambition aveugle, ce qu'était finalement Harren. Il redoutait de devenir la réplique de cet homme froid, pétri d'orgueil, et sans honneur, ni empathie aucune. Il redoutait de ne pas trouver la troisième voie, autre que la soumission ou la reproduction face à ce modèle délétère.

De cela, le jeune Sparr ne pouvait pas se douter. Il pensait juste que Beron prendra la suite de son père, sans se poser de question, comme si cela allait de soi d'assumer avec la fonction de Roi, un tel héritage. Or cela n'avait rien d'évident, justement, pour Beron. L'un n'impliquait pas forcément l'autre pour lui, et il savait qu'il décevrait bien des attentes en cela.

-La question qui me préoccupe le plus, Lord Sparr, n'est pas de savoir si je devrai un jour assumer cette fonction, mais de quelle manière je pourrai l'assumer. L'honneur de gouverner notre peuple ne devrait pas nous échoir naturellement, mais être mérité. Non par des actes qui desservent la justice, la paix et l'honneur, mais par ceux qui protègent et respectent ces valeurs. Hélas,un Roi qui n'exige rien pour lui-même et tout pour son peuple ne fait souvent pas le jeu des arrivistes et ambitieux qui gravitent autour de lui. La plupart du temps, il se les aliène même en choisissant de s'entourer d'hommes droits et méritants et créé ainsi le terreau de sa propre chute en nourrissant les complots à son encontre.  

Un pli amer déforma les lèvres du jeune prince.

- Quel autre choix lui reste-t-il alors, à part écarter d'une manière ou d'une autre les ambitieux afin de préserver sa vision et d'accomplir son dessein ? Comment le faire sans retomber dans le cercle de violence qu'il entend justement dénoncer ? Comment désamorcer ce poison, sans éliminer par le sang ceux qui le distillent ? C'est à cela qu'il me faut réfléchir. Je dois trouver un moyen de rendre la justice plus attractive que l'injustice, au yeux même des plus vils courtisans. Afin qu'ils renoncent par eux-même à saper mon entreprise, parce qu'ils constateraient que ce choix aurait moins d'avantages pour eux que de me servir. Rendre l'honnêteté plus lucrative que le vice ... il faut reconnaître que l'entreprise est colossale.

Il hocha la tête quand Roryn évoqua la réaction qu'aurait eu son propre père au sujet de ses innovations.

- Je suppose qu'il est plus rassurant de reproduire un modèle déjà existant, de perpétuer une tradition dont on mesure les effets depuis des générations que de tenter de nouvelles réformes ... La sagesse serait sans doute de ménager une transition permettant de mettre en évidence les avantages de la nouveauté face aux anciennes institutions. Par exemple demander aux fer-nés de renoncer au pillage et aux raids du jour au lendemain serait voué à l'échec. Mais si on introduit parallèlement aux anciennes pratiques, de nouvelles expéditions dédiées à l'exploration, au commerce et à l'échange de nos richesses avec d'autres royaumes, ce serait une forme de conquête, mais axé sur l'économie, et si on arrive à préserver l'intérêt des deux partenaires, cela génère la paix et la prospérité quand l'ancien modèle produit mort, blessés, ruine et orphelins. Imaginez nos fiers guerriers convertis en protecteurs des flux commerciaux et artisanaux, entre royaumes ? Ils seraient estimés et respectés, au lieu d'être craints et méprisés, parce qu'ils apporteraient paix et prospérité au lieu de guerre et ruine.

Beron approuva.

- Vous avez raison, mon ami. Les Îles font de nous des être fiers et épris de liberté, mais il y a d'autres moyens d'être ce qu'elles font de nous. Notre peuple a prouvé ses capacités d'adaptation et son ingéniosité face aux aléas. Son inventivité même ... Il suffirait juste d'exploiter ces qualités à d'autres desseins que d'éreinter nos voisins, de les saigner. Et si au lieu d'être un fléau, un peuple paria de Westeros, nous devenions une alternative, une référence positive ?

Le Prince marqua une pause dans la promenade et son regard embrassa la vue sur l'étendue d'eau qu'il voyait davantage comme une promesse que comme une fatalité inéluctable. Les poings serrés sur ses hanches, il s'exclama:

- Oui, Roryn, je suis certain que nous ne sommes pas seuls à avoir envie de ce changement de cap, et il m'appartiendra un jour de réunir ces hommes de bonne volonté. J'oserai tout ce qui sied à un homme; qui ose au-delà n'en est plus un. Nous vivons depuis trop longtemps dans une ère où les hommes n'en sont plus, mais ressemblent plus à des bêtes sauvages retranchées derrières leurs habitudes. Ensemble, nous ferons en sorte qu'ils redeviennent humains.


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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyJeu 14 Nov - 20:04



Roryn Sparr

Roryn Sparr est un jeune lord d'une maison secondaire des Îles de Fer. Conscient de sa jeunesse il cherche avant tout à se démarquer de ses pères. La venue du jeune prince héritier de la maison Hoare à Grand Wyk suscite de la curiosité et pourquoi pas entrevoir une opportunité pour lui et sa maison de gagner en notoriété.

« Ce que vous voyez en ces Îles prince Beron. Peu d'entre nous sommes capables de l'envisager. » Répliquais-je découragé soupirant en observant l'océan m’emmitouflant plus farouchement contre ma longue cape que je resserrais instinctivement sous les bourrasques de vent. Roryn n'osait pas imaginer un monde comme celui que décrivait le jeune prince, en était-il seulement capable ? Les fer-nés étaient crains et redoutés si nous leurs enlevions cette part d'eux même que leur resterait-il finalement ? Le jeune Sparr n'y trouvait là aucune réponse, les générations futures peut-être appréhenderaient-ils différemment la question ? Le rôle qu'on lui désignait serait celui sans doute d'opérer à ce changement de vision primaire, archaïque, dépassé et pourtant si précieux et charnel dans notre chair. Je me percevais bien plus comme un pivot, un pont pour transmettre aux générations futures ce que nous voulions essentiel afin que les prochains insulaires soient capable d’affronter le monde avec de perspectives nouvelles. « Aujourd'hui ce que vous envisagez pour les insulaires semble impossible. » Reprenais-je âprement. Dans mon expertise aussi fragile et juvénile je ne côtoyais pas la sagesse de mes pères, outre le fait que l'étroitesse d'esprit de notre civilisation archaïque et guerrière restait axée sur nos traditions et coutumes les plus fermement ancrées dans nos esprits. Son désir de liberté et cette perspective de voir au delà des pillages et des razzias quotidienne était certes une vison osée et une approche nouvelle pour leur civilisation. Et l'ambition là dedans ? Le désir de marqué des prouesses guerrières comme leurs pères ? Quelle gloire trouveraient-ils là bas ? Quel prestige en sortirait ? Il y avait des questions auxquels même le prince ne pouvait apportée sans doute une réponse suffisante et convaincante pour l'instant. Les générations futures peut-être comprendraient alors, la nécessité et le besoin de faire preuve d'une tolérance et d'une ouverture sur le monde appelant à l'apaisement des meurs et des conflits. « Je boirais volontiers à cet avenir, c'est une promesse à laquelle je serais prêt à m'engager quand l'heure pointera les rayons de ce jour ou vous, Beron Hoare, guiderez notre peuple pour un futur plus lumineux. Cela passera forcément par de nombreux conflits, des divergences et querelles auxquels nous devront mettre fin. Ce jour là je serais prêt, à prendre et lever les armes contre vos ennemis soyez en certain. » Je faisait craquer dans un échauffement d'épaule l'ensemble de mon corps vivifié par le vent soufflant glaçant mes pommettes et humidifiant le museau qui me servait de nez. « Mais pour l'instant Prince Beron, me ferez-vous l'honneur de partager un repas chaud et une corne de houblon pour célébrer votre arrivée ? »



« The world is changing and we must change with it. »

Lyle Salfalaise

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MessageSujet: Re: [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé]   [FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] EmptyDim 17 Nov - 15:31



De Sel et de Roc

«La connaissance est une navigation dans un océan d'incertitudes à travers des archipels de certitudes.»


[FB] De Sel et de Roc [Tour I - Terminé] Original

Beron regarda Lord Sparr avec acuité et écouta ses doutes au sujet de l'aveuglement de la plupart des fer-nés. Il savait que le jeune guerrier parlait par expérience tandis que lui, Beron, n'avait pas côtoyé beaucoup ces farouches marins, pilleurs, tandis que le Sparr avait combattu, souffert, donné la mort à leurs côtés. Il prenait donc son avis avec grand intérêt, et comme toujours, devait dominer l’impétuosité du sang Hoare qui coulait dans ses veines, et lui donnait envie de crier qu'il était pourtant urgent que le peuple des Îles de Fer se décile et prenne conscience que ce mode de vie ne leur permettrait jamais de s'élever pour être un peuple souverain. Ils s'accrochaient à leur sentiment illusoire de liberté alors qu'en réalité ils étaient inféodés à de terribles chaines qu'ils refusaient de voir. Pourquoi ?  Comment expliquer un tel manque de recul ?  Le petit prince réfléchissait au lieu de crier, de taper du pied, de se buter dans ses convictions. Comment était-il possible que lui, un enfant de dix ans y parvienne alors que des hommes d'âge mur et d’expérience n'y parvenaient pas ? Un  autre sourire finit par éclairer le visage de l'enfant lorsqu'il reprit la parole pour répondre à son hôte.

- Cela passera par un éveil, Roryn, que seule l'éducation pourra apporter. C'est à cela que je m'attacherais lorsque je serai devenu un homme. Éduquer notre peuple pour lui permettre de faire un choix. On ne peut se défaire d'un modèle qu'en ayant assez de recul pour en percevoir les limites. Ce recul qui fait cruellement défaut à notre peuple actuellement, ne pourra s'acquérir que par une éducation. Connaître, comprendre le monde dans lequel ils vivent, percevoir ses changements, ses enjeux, son évolution, cela ne peut se faire que s'ils ont les clefs nécessaires pour appréhender tout cela. L'éducation est une des clefs qui leur font défaut actuellement. Ils ne regardent ce monde qu'à travers l'expérience qu'ils en ont, et à vrai dire, si on y réfléchit bien, cette expérience se limite à se battre, prendre des vies, des possessions. C'est forcément très réducteur.

Le petit prince s’accroupit au bord de la falaise et, d'un signe, invita Lord Sparr à faire de même.

- Voyez, mon ami. C'est ce que voient du monde les fer-nés. Ils sont si près du sol qu'ils manquent de perspectives. Ainsi que nous ne voyons que l'horizon et la mer qui le rejoins, eux ne voient que la pauvreté de leurs îles et les terres et peuples à piller.

Puis Beron se releva, invitant son compagnon à en faire autant.

- Maintenant, Lord Sparr, je vois non seulement l'horizon et la mer, mais aussi en contrebas de la falaise, la crique, les parcs de culture que vous avez aménagé pour nourrir les vôtres. Je vois des bateaux, des gens qui se promènent au bord de la plage, je vois les mouettes qui s'envolent de leurs trous creusés dans la falaise, je vois aussi le vide mortel qui pourrait m'engloutir. Je vois tout cela et si je pouvais voler, je verrais encore plus.

Il se mit à arpenter fébrilement le bord de la falaise avant de revenir vers le jeune Lord

- Les élever, par l'éducation, voilà où je veux en venir ! Comprenez-vous ma vision ? Leur donner une autre façon de voir le monde. Cela n'empêchera pas de continuer à exploiter les connaissances que les fer-nés se transmettent de génération en génération pour survivre, s'adapter, mais nous les croiserons avec l'instruction, l'éducation. Je brûle de les élever, comprenez-vous, Roryn ?

Il leva la tête pour scruter son aîné qui le dépassait d'une bonne tête.

- J'aime tellement ce peuple et cette terre. Ma double filiation m'a fait à moitié riverain, et cela m'a permis d'accéder à une certaine éducation, c'est pourquoi je vois les choses dans une globalité et à long terme, et ça, ils ne sont pas encore prêts à le concevoir, parce qu'ils ne voient que demain, et leur survie sur leur île. C'est ce qui rend l'évolution impossible à l'heure actuelle. Mais il faut commencer par les enfants, et convaincre les parents de les laisser s'éduquer et s'instruire du vaste monde qui s'ouvre derrière l'horizon. Leur permettre de comprendre l’enchaînement des événements, pour le modifier au lieu de le subir ou d'y répondre par la destruction et la mort. Si ma double appartenance doit servir à quelque chose, c'est bien à cela, leur offrir ce que moi-même j'ai eu la chance d'avoir. La connaissance.

Beron posa la main sur l'épaule de son confident et murmura:

- Rien n'arrive par hasard. Si le Noyé a voulu que Joren ait un héritier avec une riveraine, c'était dans un but précis. Je ne dois pas porter cette double appartenance comme une malédiction mais comme une opportunité d'élever mon peuple par le savoir.

Il eut la surprise d'entendre des mots qui ressemblaient bien à une forme d'allégeance anticipée et cela le toucha qu'un jeune seigneur ayant déjà combattu avec bravoure et succès lui offre ainsi son soutien.

- Vos paroles m'honorent Lord Sparr. Je sais que le mot honneur n'a encore pas véritablement de sens dans l'esprit fer-né. Mais c'est aussi quelque chose qui changera quand ils comprendront que tenir une parole donnée ou respecter ses ennemis n'est pas une faiblesse mais au contraire une force. J'ai bien envie de boire aussi à cette promesse et soyez certain que je mesure la difficulté de la tâche qui m'attend et ce qu'elle pourrait entraîner de conflits, de trahisons, de déchirement. On élève des papillons dans certains royaumes lointains. On dit qu'elle souffre lorsque chrysalide, la chenille s'extrait de son cocon. Il y a comme un arrachement. Ce n'est pas une étape particulièrement plaisante, mais lorsque le papillon déploie ses ailes et prend son envol, Roryn ... Quel magnifique spectacle ...




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