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Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]
MessageSujet: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 14 Jan - 12:09

Jon avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas retrouver seul à seul avec son père. Pour autant, ils étaient au même endroit, au même moment, son père était en vie ce qui après l'épisode de Buran était sans aucun doute une véritable chance. Certes ils s'étaient vus plus d'une fois, se croisant pour diverses éléments urgents à régler ainsi que pour le mariage, mais à chaque fois, ils étaient entourés de nombreuses personnes tout autour d'eux et ils n'avaient pas eu l'occasion de discuter seul à seul. A présent, la nuit de noces s'était passé, il ne donnerait aucunement les détails, qui pour lui n'avaient pour ainsi dire aucune importance, après tout ce qui comptait c'est que l'union soit consommé. Ce qui devait être fait avait été fait, personne n'avait à s'inquiéter là-dessus. En effet, on pouvait reprocher certaines choses au jeune roi, après tout chaque personne avait des défauts mais il était interdit de répondre quoique ce soit concernant son investissement dans l'entreprise de son père, la création de ce nouvel Empire qui continuait pourtant à soulever bien des questions. Jon Stark avait été un prince héritier, il avait été élevé dans l'idée qu'un jour, il succèderait à son père et il avait toujours su et compris l'importance qui lui serait un jour donner de gouverner le Nord, il faisait son devoir avec application, même si des erreurs de jeunesse et de l'inexpérience pouvait sans aucun doute venir s'insinuer pendant un certain temps encore, mais il faisait tout pour les gommer.

Ce matin même, Bowen l'avait trouvé dans ses appartements conjuguaux pour pouvoir le tenir au courant des événements de la vieille au soir. Bien qu'il avait cru comprendre que quelque chose s'était passé avec la disparition de son père et l'intervention de Lyham Tully pour expédier au plus vite les jeunes mariés dans leurs appartements privés dans le but de concrétiser l'union, il ne s'était pas questionner plus longuement sachant pertinement que ce n'était pas le moment pour ce genre de choses, que ses priorités aux yeux de tous étaient ailleurs. Son père lui avait dit d'en profiter, que la jeunesse offrait une multitude d'opportunités et qu'il fallait en profiter. Une chose que Jon ne savait clairement pas faire par lui même. Il s'était refermé depuis longtemps sur lui-même, il avait perdu sa meilleure confidente et de nombreuses interrogations le tarraudaient sans cesse, ce qui ne manquait pas alors de lui donner un air de plus en plus sombre et de plus en plus froid. Loin de la joie de vivvre que le petite garçon pouvait afficher au cours de son enfance. De nombreuses blessures qu'il gardait au fond de lui. Il était temps cependant de percer une nouvelle fois l'abcès alors que les dernières rencontres avec son père, depuis qu'il avait passé les portes de la forteresse de Vivesaigues, n'étaient qu'une suite de rencontres militaires ou protocolaires. Il devait bien avouer qu'il avait ressentis une petite pointe de jalousie quand il avait vu Lyham Tully échanger une accolade avec son propre fils, un geste tendre qui s'était fait devant tous les généraux, tellement la joie était vive qu'il retrouve son enfant en pleine santé. Une chose qui semblait étrange pour Jon, quelque chose qu'il n'avait jamais partagé avec son père et pourtant il était souvent parti au front, prenant de nombreux risques. Et même sans cela, la tendresse n'était pas une chose qui était transmise de père en fils chez les Stark. Quand les hommes de la famille se retrouvaient, souvent les échanges étaient forts et vifs.

Après avoir quitté Bowen, il s'éloigna d'un pas assuré de ses appartements privés avec une escorte bien plus soutenue que la vieille. Il sentait que la tension était vive autour de lui et chacun encore semblait s'inquiéter de ce qui pouvait se passer, de nouveaux traites qu'on pourrait découvrir parmi les rangs de ceux qui avaient rejoins les forces armées de l'Empire, la vieille tous ou presque avaient été menacés, on avait tenté d'empoisonner la Reine du Conflans Libre et plus aucun noble présent ici n'était réellement en sécurité. C'était déjà une vérité en arrivant, mais l'idée était à présent renforcée. Il se rendit alors devant les appartements de son père, après avoir demandé où il était possible de le trouver. Une fois devant les portes, il demanda une audience auprès des gardes de son père.


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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 14 Jan - 23:35

Le voile de neige tombe sur nous et la terre se confond avec le ciel. Tout est blanc et tout est gris autour de nous ; le monde ne devient plus qu’un seul et même horizon ouaté, endormi sous un linceul épais, glacial, qui étouffait tout ; les bruits, les couleurs et les hommes dessous. Cette neige, cet environnement, je les connaissais bien. C’était Buron, au deuxième jour. J’avais beau avoir conscience qu’il s’agissait d’un songe, je ne lui échappais toujours pas, comme si c’était tenace, inéluctable, comme si quoi que je fasse la bataille me collait à la peau. Comme si j’y avais vécu quelque chose d’important, de vraiment important, et que je n’étais plus capable, maintenant, de démêler le vrai du faux, ce que j’y avais vécu de ce que j’y avais imaginé. Cette fois, c’était différent. Les visions de blanc et de neige ne masquaient plus du tout les hurlements d’un nouveau né, qui filtrait au travers de l’épaisse neige qui tombait toujours. Vint le moment de la charge, et du combat. Brennus piaffait d’impatience, lui aussi avait l’habitude de tuer ; ruades et sabots en avaient piétiné et bousculé plus d’un, sans parler de Morsure, portée dans ma main gantée de mailles, qui n’avait goûté qu’à Wayfarer mais qui n’était jamais repue de sang. Mais lorsque nos destriers perforèrent les rangs fer-nés, sautant et bousculant le fébrile mur de boucliers impropre à arrêter une charge de chevalerie, la scène changea du tout au tout et je me retrouvais, tombé au sol, le visage fendu en deux et gouttant de sang. Les hurlements de nouveau-né étaient pires encore et des servantes m’ignoraient totalement en accourant fébrilement en tous sens, se précipitant visiblement au-devant d’un grave problème. En me redressant sur mes jambes fébriles, crachant du sang en sentant mes côtes fratcturées et fêlées me comprimer les poumons, je voyais Rhaenys, étendue et gisant dans son sang, alors qu’on coupait le cordon ombilical d’un bébé hurlant, rougi par les braillements et les humeurs de sa mère de laquelle on l’avait extirpé.


Je me réveillais en sursaut et en nage, comme d’habitude ces derniers temps. La nuit avait été courte, et n’avait pas porté conseil. Le cœur battait la chamade dans ma poitrine, et je mis comme trop souvent un moment avant de retrouver une certaine contenance. Je m’habillais seul, de vêtements simples, et ne touchais guère au plateau que l’on m’avait apporté, ni à aucune boisson. Je mâchonnais quelques feuilles de menthe, pour avoir l’impression d’avoir avalé quelque chose autant que pour me débarrasser de l’arrière-goût de sang dans ma bouche. On m’annonça mon fils. Je soupirais. Etait-il venu râler que je l’avais tenu à l’écart d’un incident de mes noces, ou voulait-il me faire revenir sur le plan de campagne apprêté pour en finir avec Harren le Noir ? Je me redressais, fit activer le feu dont je remuais moi-même les premières braises, pour les répartir comme il le fallait sous une lourde bûche couverte de mousse, qui produisit pas mal de fumée en prenant feu. Les Demalion firent entrer le Roi du Nord, s’inclinant en même temps qu’ils lui ouvraient la porte. Sourire en coin. Mon fils est devenu homme. Oh, il l’était depuis longtemps, comme amant ou comme guerrier, je le savais bien. Mais il avait commencé hier, à fonder sa famille, à constituer son futur foyer. Comme souvent ces derniers temps, ses traits étaient impénétrables.



| Sire | saluais-je le jeune homme d’un signe de tête respectueux alors que les Demalion refermaient la porte derrière lui.


Puis je m’approchais et lui ébouriffais les cheveux, sourire plus large comme pour chasser volontairement et consciemment les démons de mes nuits, pires que jamais depuis Buron.


| Alors petit, comment s’est passé le coucher ? Tu l’as eue, ta princesse. Et elle était belle comme un cœur, ta mère aurait été fière de toi, même si elle t’aurait sans doute salement engueulé pour faire une tronche encore pire que celle de ton père ! |


Le stress, le stoicisme sous le feu des projecteurs… Ou le manque d’envie. Je tournais la chose en dérision, dans un de nos rares moments ensemble, de connivence maladroite, mais bien réelle.






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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Ven 19 Jan - 12:42

Jon ne patienta que très peu de temps avant que l'on ne vienne à nouveau à sa rencontre pour pouvoir accéder aux appartements privés de l'Empereur. Il fit signe à ses gardes personnels de rester devant les portes, ici il n'y avait rien à craindre, il n'avait donc aucunement besoin d'une quelconque protection, il y avait plus de risques que quelqu'un de l'extérieur cherche à s'en prendre à eux plutôt que le père et le fils ne finissent alors par s'entretuer. Il adressa un signe de tête respectueux aux Demalion qui le firent pénétrer jusqu'à la chambre de l'Empereur. Quand il se retrouva alors face à son père, il s'inclina un peu plus encore par respect pour lui et pour son titre. « Votre Majesté ». Il regarda les Demalion se retirer, et ainsi il se retrouva alors seul avec son père qui aussi étrangement qu'il puisse paraître vint alors lui ébouriffer les cheveux, avec une large sourire aux lèvres. Jon ne put alors cacher qu'il était particulièrement désarçonner par son comportement. La dernière fois qu'il avait été ainsi avec lui cela devait remonter à … Il chercha dans son esprit, mais il n'avait réellement aucun souvenir d'un tel geste de tendresse d'un père envers son fils. Peut-être dans son enfance, mais en grandissant, il avait semblé au jeune prince que l'écart entre eux n'avait cessé de s'agrandir au fur et à mesure. Et que si le fils continuait à avoir pour son père une admiration sans nom, ils n'arrivaient plus à se comprendre. « Tu m'ébourrifes les cheveux ? Tu m'appelles petit ? » Il eut un léger rire. « Je dois devenir fou, ou alors c'est sans doute toi. Visiblement Buron a fait beaucoup plus de dégâts que je ne le pensais. » Un sourire fugace passa sur ses lèvres alors.

Pour s'effacer tout aussi vite. Le considérait-il comme un enfant capricieux ? Qui venait tout juste d'obtenir ce qu'il voulait après tant de temps de réclamation. Jon se mit alors à rire face à l'absurdité de la situation. Une princesse ? Jon se moquait bien d'épouser une princesse, une Reine. Il n'avait jamais eu le choix, Torrhen avait tout décidé pour lui, c'était lui qui avait engagé les négociations avec Argella, mais la mère de celle-ci en avait décidé autrement. Pour Rhaenys, c'est lui qui l'avait épousé … Quant à Ysilia Royce, la décision politique du Val de fermer les portes au prince pour partir faire la guerre dans le Conflans avait ainsi clôturé l'idée en un instant. Il y avait dès le départ une volonté de la part de son père, de faire un mariage politique, et c'était lui qui avait absolument voulu qu'il épouse une princesse pour apporter de nouvelles alliances au Nord. « Dois-je te rappeler que je voulais épouser une nordienne, désirant ainsi confirmer mon lien, et mon dévouement total pour le Nord ? Et que la dernière fois que nous avons eu une telle discussion ensemble, tu m'as dit que cela était impossible, que je devais étendre mon regard, nos possibilités et ouvrir le Nord sur les autres royaumes de Westeros, pour ne plus être seul. C'était ta décision, et que j'épouse Eleanor Tully était ta volonté pour souder un peu plus ton Empire. »

Jon n'avait rien contre la famille Tully, et surement pas contre Lyham après les longues semaines qu'ils avaient passé ensemble pour pacifier le Nord du Conflans. Cependant, il en était tout autre de sa jeune épouse et il fallait bien avouer que la chose avait bien du mal à passer. Elle était jeune, naïve et si elle était encore vierge à l'heure du mariage, à son retour de Vivesaigues, elle s'était conduite telle une gourgandine, se jetant à son cou alors qu'ils ne s'étaient parlé qu'une seule fois, voulant lui faire un massage, lui offrir un bain … Jon avait été choqué par une telle attitude et il avait de nombreuses craintes pour l'avenir, serait-elle digne du Nord, la question se posait réellement. Le visage de Jon se contracta à la mention de sa mère, et il finit par détourner le regard. « J'aurais tant aimé qu'elle soit là hier … » Il soupira doucement. « Je n'ai jamais aimé être sous l'attention de tout le monde … Devant une armée je peux y arriver, devant des nobles de toute envergure, auprès desquels il faut savoir plaire, discourir, c'est un exercice encore difficile pour moi … Mais cela s'apprend n'est-ce pas. » Il finit par croiser le regard de son père. « J'ai fait mon devoir. » On ne pouvait lui demander d'en faire plus.


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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 21 Jan - 17:27

Mon fils ne saurait pas être dupe ; j’avais bien vu qu’il n’était pas enchanté. Etait-ce à cause de son épouse, du mariage, d’autre chose ? Il avait eu beaucoup de responsabilités d’un seul coup, de ce fait les choses étaient compliquées. J’avais préparé Jon comme j’avais pu au fait qu’il me remplace un jour, qu’il en soit capable, mais les choses ne s’étaient pas vraiment déroulées comme prévu. C’était même le moins que l’on puisse dire, avec le fait que le fils devait désormais succéder au père sans que je ne sois mort auparavant. Il devait donc prendre son commandement et ses nouvelles responsabilités dans le contexte compliqué de ma survie ; les gens étaient habitués à m’obéir à moi, depuis vingt cinq ans. J’avais certes perdu Buron, mais sauvé le Nord d’Harren le Noir, et plusieurs fois des sauvageons. J’avais eu Buron… Mais Paege, Wayfarer. Jon n’avait à son crédit qu’une participation réussie à La-Mort-Aux-Loups mais sans y avoir été décisif, et n’avait ensuite plus combattu à cause de l’aléa de la campagne ; la majorité des villes avaient été prises ou rendues à son armée, qui n’avait pas connu de batailles rangées. Il était légitime, mais il lui restait encore à faire durablement ses preuves. Jon plaisante sur le fait que j’essaie de montrer un peu de proximité entre nous, pour une fois que nous sommes totalement seuls. Une partie de moi est un rien brusquée de la justesse de sa réaction, mais d’un autre côté, je ne pouvais pas lui donner totalement tort.


| Et la veille de La-Mort-Aux-Loups. Mais ne crains rien, aucun péril mortel ne se présente à nous. Du moins, pas dans l’immédiat. Mais que veux-tu, fils. C’est ma prérogative de père que de toujours te considérer comme mon gamin, comme le louveteau. Même si aujourd’hui plus que jamais, tu es un homme. Demain, lorsque je partirais conformément à notre plan, je sais que je laisse cette armée entre de bonnes mains. |


Je le lâche donc, si cela ne provoquait que de la surprise et de la gêne, ne remuons pas le couteau dans la plaie. Et j’ai bien vite la confirmation de ce que je craignais, mon fils n’était pas satisfait de la situation. Décidément. Sur quoi reposait l’Empire, finalement, et ma famille ? Dans les deux cas, sur pas grand-chose. IL n’y avait que le devoir qui tenait tout ça assemblé, d’une manière ou d’une autre, sans que ce soit ne vienne solidifier durablement l’ensemble. De toute manière, à quoi m’étais-je attendu ? Avant de faire passer le devoir de mes enfants, je devais privilégier le devoir envers notre maison. Je ne pouvais pas le contourner, c’était impossible. Je hoche la tête. Je n’aurais pas le front de nier les arguments de mon fils. Je devais confondre avec une autre discussion, un autre temps. Le fait était que je ne saurais jamais contenter mes enfants de quelque manière que ce soit. Sigyn avait eu raison, dans le passé. J’avais fait ce que j’avais pu, c’était là mon ultime consolation, et fondamentalement parlant, les choses se passaient toujours mieux que quelques mois plus tôt.


| Tu as raison, au temps pour moi. |


Que dire de plus ? Nous devions changer de sujet, si je voulais éviter que cela ne dégénère encore. Comme toujours. J’en ai l’occasion quand on parle de sa mère, et la dernière missive de Rhaenys me revient en mémoire. Est-ce que je voulais vraiment parler de ce genre de choses avec Jon ? Le pouvais-je seulement ? Ce n’était pas le moment. Ca ne le saurait jamais. A quoi bon salir la mémoire des morts ? Cela me ferait passer pour une victime, et cela me rendrait plus faible aux yeux même de ce qu’il me restait de famille. Bah… Rien n’était moins sûr, c’était clair et net. Je hoche la tête, quand mon fils me dit qu’il a accompli son devoir.


| Cela s’apprend, oui. On apprend tout rapidement, quand on est Roi. On n’a pas le choix. Au travers toi, c’est le Nord. Ce sera ton bonheur à venir, de faire prospérer ce royaume que nous aimons tant, mais c’est parfois difficile au-delà de ce qu’on pourrait imaginer. Essaie d’y prendre un peu de plaisir, d’accord ? De profiter de celle qui est désormais ta famille. Je l’ai rencontrée. Elle craint, je crois, intimidée, de ne pas pouvoir être comparée à celles qui sont déjà passées par ta couche. Elle ne s’en est pas ouverte en ces termes, bien sûr, mais je peux te garantir que rien n’est jamais plus difficile pour une pucelle que la perspective de la concurrence. |


Je soupire doucement.


| Tu sais, je n’étais pas plus heureux que toi au lendemain de mes noces. Ta mère ne voulait pas de moi. Parce que j’étais plus jeune que toi aujourd’hui, plus arrogant, plus fier, j’avais déjà participé à beaucoup de batailles et y survivre comme y vaincre m’avait rendu assez… Fier. Les choses ont mis longtemps à s’arranger. Et nous avons aussi eu nos moments difficiles. Essaie de ne pas reproduire la même erreur que moi, et t’accorder avec Eléanor uniquement par devoir. Le devoir c’est un guide sûr et qui ne ta trahira jamais… Mais ta femme, elle, pourra y venir si tu ne lui montres aucun intérêt. Ce n’est qu’un conseil de père, tu es le Roi maintenant. |






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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 21 Jan - 20:25

La veille de la Mort-aux-Loups. Tout cela lui paraissait tellement loin à présent, il se souvenait seulement de ce qu'il s'était passé pendant la bataille, de cette impression qu'il avait eu de ne pas être à la hauteur de ce qu'on attendait de lui ce jour-là et c'était un sentiment qui malheureusement perdurait. Il avait gagné sans gagné en réalité. S'il était plutôt ravi de ne pas avoir perdu d'hommes à part à Salvemer à cause de la peste qui s'était insinuée au cœur de ses rangs, il fallait dire qu'il n'avait pas pu démontrer qu'il était un seigneur de guerre, bataillant avec ses hommes. A son même âge, son père était déjà respecté pour ses faits d'armes, Jon lui n'avait rien réalisé et il espérait que les choses changeraient assez rapidement, histoire qu'il puisse être un peu plus respecté par ses soldats. Cela viendrait sans doute avec le temps, pour le moment il essayait tant bien que mal de faire comme il le pouvait et il faisait parfaitement confiance à son père pour pouvoir lui faire remarquer s'il allait trop loin ou non, qu'il soit roi ou pas, Jon avait réellement des doutes sur le fait qu'il se retienne de faire toute remarque. Cependant, c'était presque une déclaration d'amour paternel qu'il était en train de lui faire là, on lui disant que malgré tout, il resterait toujours son gamin. Un gamin qui avait terriblement souffert de son absence et qu'il aurait surement aimé entendre ça des années plutôt, peut être qu'il aurait eu plus de confiance en lui, une fois adulte. « Je te remercie de me faire confiance pour la suite des opérations. Je ferais tout pour la victoire du Nord, et de l'Empire ... » Il y avait d'ailleurs des choses à dire par rapport à ça, et notamment avec la rencontre qu'il avait eu avec Sharra Arryn et sa révélation contre des prétendues aides du Nord, matériel ou financière, dans l'ingérence du Val. Jon avait besoin de confirmation mais cela attendrait, pour le moment, le temps n'était pas à la question politique, ils jouaient tous les deux sur un terrain plus personnel et c'était sans doute une partie plus compliquée pour eux, il était si facile que cela dérape et que la conversation leur échappe à nouveau. Jon sentit son père se dérober à nouveau, ne disant rien pour approuver ou pour lui reprocher ses paroles. Le jeune roi ne savait pas à quoi s'attendre, il n'espérait pas des excuses, mais quelques mots réconfortants, il aurait voulu … Il aurait tellement voulu … Il soupira à son tour alors que son cœur se serrait. Il était épuisé, d'une façon ou d'une autre, tout était arrivé si précipitamment qu'il se sentait un peu submergé et que l'armure qu'il avait construit autour de lui était en train de se fissurer.

Jon ne put s'empêcher de rire en le regardant, face à des révélations qu'il trouvait presque absurde. La concurrence ? Jon avait toujours été un jeune homme respectable, il n'avait pas manqué même que certains plaisent sur le fait qu'il préférait peut-être les hommes avant que beaucoup n'en viennent à la conclusion que finalement cela ne l'intéressait pas. Jusqu'au jour, où la rumeur avait commencé à enfler dans les rangs des soldats avec la présence de Willona Reed autour du prince. « Celles qui sont passées dans ma couche ? Il y en a si peu. Je ne vais pas dire que je n'ai jamais rien fait, mais je suis un solitaire dans l'âme et encore plus dans le cœur. Y trouver du plaisir, cela je ne le remets pas en cause, mais je ne suis pas un homme à courir après les femmes. Je suis ainsi, aussi étrange que cela puisse paraître, je n'ai jamais utilisé ni mon nom, ni mon titre pour m'octroyer le regard d'une femme et bien plus encore. Il n'est pas question de concurrence. » Il soupira doucement. « Je ne suis pas heureux, c'est loin d'être le cas. Je me sens étouffer par le devoir, par cette alliance que je n'ai pas choisis et que je vis comme un sacrifice, peut-être le sacrifice de trop dans ma jeune existence. Ce n'est pas une question d'orgueil, ce n'est pas une question de fierté. M'être ma vie au service du Nord je l'ai accepté, et même si je n'ai pas pu démontrer ce dont je suis capable pour le moment, tu sais mon attachement, ma fidélité à mon royaume, à mon peuple. Mais je viens de faire le sacrifice de ma vie personnelle, de mon bonheur conjugale. J'espère croire que le bonheur arrivera dans mon couple, mais si elle est charmante à regarder, je n'éprouve rien, strictement rien à son égard. Les quelques rencontres qui ont eu lieu avant mon mariage ont été catastrophique. Elle s'est pendue à mon cou, alors qu'on ne s'était vu qu'une fois, jurant sur les Dieux combien je lui avais manqué, me proposant massage et autre bain pour me détendre. Certes elle était vierge mais elle était complètement hystérique. Elle croit aux belles histoires d'amour, elle en espère trop de moi, car je ne suis pas comme ça. Je sais aimer, j'ai aimé, mais c'est d'une femme forte que j'ai besoin, d'une femme qui sache me dire que je ne suis qu'un imbécile, qui sache me dire quand je vais trop loin et qui sache me réconforter quand j'en ai besoin. Tu m'as marié à une enfant, une enfant … Nous sommes à des années des mêmes préoccupations, des mêmes centres d'intérêt, … Alors mon devoir, c'est tout ce que je peux faire, car c'est tout ce que je sais faire. Je sais que c'était impossible mais j'aurais aimé que ce soit en tant que père que tu réfléchisses à mon mariage et non en tant qu'Empereur. Ce que j'ai fais, ce que j'ai toujours fait je l'ai fait pour toi mais sur le plan personnel je ne pourrais t'en donner plus … C'est par amour pour toi que je l'ai fais. » Il avait les larmes aux yeux et la gorge nouée. « Sache que même si je peux apparaître comme étant un monstre insensible, dur et froid, j'ai tout fait la nuit dernière pour la rassurer, j'ai été doux avec elle, j'ai pris mon temps et j'ai pris soin d'elle. Et je prendrais soin d'elle, car elle est mon épouse et qu'elle sera la mère de mes enfants. Parce que j'ai été bien élevé et parce que je ne suis pas aussi glacial que ce que je laisse paraître. Je suis juste un loup solitaire, blessé. »


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Dernière édition par Jon Stark le Sam 27 Jan - 11:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 21 Jan - 22:46

Je savais déjà que les choses allaient encore mal se passer. Je ne savais pas pourquoi, mais je le sentais dans mes tripes. Jon avait beaucoup d’attentes. Normal, pour mon gosse. Je n’avais pas été beaucoup là pour lui. Mon père avait-il été là pour moi ? Pas plus. Et même, nettement moins. Il ne m’avait appris qu’à me battre et à commander, en m’infligeant de dures et cruelles leçons, exigeantes, mais qui avaient contribué à faire de moi l’homme que j’étais aujourd’hui. Jon avait des attentes de garçon à qui son père avait toujours manqué. Je pensais bien que j’aurais sans doute du mal à les contenter. Je ne savais pas comment faire, et pendant longtemps, je m’étais mis à penser comme mon père ; devais-je les contenter, réellement ? Ce n’était pas une obligation, quand votre fils était déjà Roi. L’aider, le soutenir, n’était pas toujours le meilleur service à lui rendre. Il fallait, en tant que Roi, qu’il sache se placer au-dessus des autres, qu’il se montre aussi plus fort qu’eux, moins fragile. Je savais que mon attitude l’avait sans doute autant endurci que fragilisé, mais je pouvais encore espérer que sa force serait supérieure à la somme des faiblesses que mon éducation avait induite chez lui. Jon me conforte dans la confiance que je lui accorde.


J’ai un sourire un peu taquin, qui me tord légèrement le visage avec la plaie qui le parcourait.



| Tu n’as de toute façon pas trop le choix, si tu échoues, nous serons tous morts avant que l’hiver n’arrive pour de bon. |


Sans vouloir le stresser, c’était de l’ironie. Jon en avait bien conscience, c’était un gamin intelligent et mine de rien, déjà expérimenté. Il avait commandé mon flanc gauche à La-Mort-Aux-Loups, et avait aussi vécu la marche vers la guerre. Il n’avait pas participé aux combats d’avant-garde, mais il avait par la suite commandé son propre corps. Libérant Moat Cailin de l’étau des fer-nés, il les avaient poursuivis dans le Conflans, longeant le fleuve jusqu’à Herpivoie où nous l’avions retrouvé. De là, il avait su assurer la préservation et la discipline de ses troupes sans jamais ciller dans sa mission, il avait eu un comportement exemplaire, même s’il n’avait pas été gratifié d’une victoire en bataille rangée qui aurait fait beaucoup pour le conforter dans son rôle. Après tout il allait commander la totalité de l’Ost nordien prochainement, avec une seule véritable bataille digne de ce nom à son actif, et en face, c’était Harren… C’était moi que cela angoissait le plus, sans doute, mais mon destin se jouerait ailleurs. Je sens que mon gamin ne va pas très bien, et cela m’évoque un surcroit d’angoisse. Décidemment…


Et voilà que le vernis bien lisse du Roi du Nord s’effrite déjà. Sa propre peine sonne comme le douloureux écho de mes propres blessures, de mes incertitudes les plus profondes. J’ai reproduit le même schéma chez mon fils, qui n’avait encore souffert directement de rien… Mais qui avait peur de souffrir de ce qui le travaillait le plus. Il se croit obligé de me répondre, sur le fait que je lui évoquais les rumeurs qui faisaient de lui un certain séducteur. Je ne les croyais qu’à moitié. Je savais que mon fils, plus que tout homme, avait besoin d’être aimé pour se sentir bien. Il ne pouvait donc multiplier les conquêtes, mais je le concevais bien plus sûrement s’attacher à une seule jeune femme et lui vouer sa propre affection, plus que chercher la satisfaction de ses besoins physiques, qui devaient néanmoins bien se manifester vu son âge.


Et il me dit qu’il n’est pas heureux. Mes épaules s’affaissent et je me sens blessé par ses propos. Je le savais déjà, bien sûr, ou plutôt je le sentais. Et la nouvelle, j’avais du mal à l’encaisser. Etouffé par le devoir… Je n’avais pas de solutions pour ça. Un sacrifice. Alliance non choisie. Les mots étaient durs, mais il me parlait sans détour. Il me confie donc ses premiers échanges avec sa femme, qu’il reconnaît jolie, avenante. Mais visiblement mal dégourdie, trop désireuse de bien faire pour que ce soit bien reçu par un jeune homme aussi circonspect que pragmatique comme l’est mon fils. Il se méfie. Il est plus repoussé qu’attiré par ces manifestations inconvenantes, et j’inspire une grande bouffée d’air au fur et à mesure qu’il me détaille l’ensemble. Il me confie qu’il attendait mieux de ma part. Ca claque comme une gifle, en plein visage. Mais il a raison, je le sais bien. Je dois serrer les dents plusieurs fois, plisser les yeux, pour éviter de perdre toute contenance. Je ne pouvais pas me laisser aller à ce point ; je ne l’avais jamais fait, j’en étais incapable. Je tiquais parfois, de l’œil, au gré du récit déprimé de son existence de jeune Roi. Quand il termine, je regarde sur le côté et l’attire contre moi, ma main se posant fermement sur son épaule et le tirant contre mon torse, comme je ne l’avais plus fait depuis son âge tendre.



| Ecoute, fils. Je conçois ta déception, et je comprends tout à fait ta retenue. Les sudiens ne sont pas comme nous, c’est un fait. Les sudiennes non plus. Je suis convaincu que la jeune femme ne voulait pas te manquer de respect, je pense qu’elle a péché en voulant trop bien faire. Sans doute s’imaginait-elle devoir conquérir un jeune bourreau des cœurs impénitent, qu’elle aurait du mal à retenir. Elle en éprouvera effectivement la difficulté, mais pas pour un hypothétique caractère volage de ta part. Parce que je t’ai élevé dans la solitude. Tu avais ta sœur, tu avais tes oncles, tu avais ton petit frère, mais tu ne les as plus. C’est pour ça, tu t’en doutes bien, que j’ai pris Conrad avec moi. Tu avais besoin de place. Ca te perd, ça te déboussole sans doute, mais tu ne seras mieux entouré par ceux que tu auras choisi et non par ce que tu auras hérité. Ton rôle n’est pas facile, ta vie n’est pas enviable. Le monde entier nous regarde et n’y croit pas ses yeux. Hé quoi, nous sommes des Stark ! Nous sommes assiégés depuis des siècles, sans cesse contraints à nous battre, et pour la première fois, nous avons décidé de rendre les coups. Tu es jeune, mais tu es un bon général. Et avec tes conseillers, tu seras un bon roi. Je ne doute pas une seule seconde que tu seras un bon père, quand le moment sera venu. Je ne te mentirais pas ; il y a des mariages sans amour, et d’autres, qui périclitent bien plus tard. |


Je soupire, le relâche mais gardant ma dure main calleuse sur sa nuque pour le regarder les yeux dans les yeux.


| Je ne vais pas te mentir. Nous sommes tous deux prisonniers de notre devoir, depuis toujours. Et il ne sert à rien d’idéaliser l’amour. Tu penses que je t’ai sacrifié comme un pion, pour l’avenir de « mon » Empire ? |


Je secoue la tête et me recule. Je nous sers à chacun un gros godet de mauvais vin, donc le bouquet amer était masqué par des épices de l’Orage ; cannelle et un autre truc dont j’avais oublié le nom.


| Ta mère ne m’aimait pas. Pas à la fin, en tout cas. Personne ne le sait, parce que je pensais que ça achèverait notre famille, en tout cas ça m’aurait achevé moi, mais elle est morte en couches. Je me suis assuré du silence de mestre Rorshar et des deux sages-femmes. Elle a eu une relation avec ton oncle Brandon, pendant que je pourchassais les fer-nés à chaque signalement de débarquements, sur nos côtes ouest. Bran… | Je soupire | Ton oncle était un bâtard. Même si pour mon père ça voulait dire un héritier potentiel en plus et que je l’ai toujours accepté comme un frère légitime dans mon entourage, il n’avait jamais eu ce qu’il désirait vraiment. Alors, il est tombé amoureux de ta mère ; une noble de naissance légitime, belle et intelligente, du genre qui ne voudrait jamais l’épouser, lui. Mais contrairement aux autres, elle l’avait toujours traité avec respect, avec affection. Lorsque je l’ai appris, j’ai voulu les tuer tous les deux. Mais je n’ai pas pu m’y résoudre, alors je suis reparti. Je me sentais trahi, floué, et abandonné. J’ai eu du mal à considérer Winterfell comme ma maison depuis ce jour. Et de toute manière, il y avait toujours une guerre à livrer quelque part, peu importe son échelle. Et Rhaenys… Tu crois comme ta sœur, et comme tant d’autres, que je suis bêtement tombé sous le charme d’une jeunesse orientale, aux mœurs plus libérées que les miennes ? |


Je fronce les sourcils, et engloutis une généreuse rasade de vin.


| J’aurais pu tomber définitivement sous le charme de la Arryn, mais elle m’a trahi. Et avant elle, j’ai cru aimer une fille du vulgaire, qui s’est avérée être une espionne. Toute ma vie, j’ai fait n’importe quoi avec les femmes. Avec Rhaenys, les choses étaient claires depuis le départ. Elle avait besoin de ma légitimité et de mon armée aguerrie contre Harren. Moi, j’avais besoin de ses soutiens pour faire campagne au sud, si loin de nos bases, besoin de son dragon, et besoin aussi de sa flotte bien meilleure que la nôtre. C’est tout. Je sais depuis le début qu’elle aime un autre homme, et qu’elle ne m’aimera sans doute jamais. Sans doute moins encore, à mesure que je vieillis sur le champ de bataille, qu’Harren me tue, morceau par morceau. Moi aussi, j’ai sacrifié à la raison d’Etat. J’aime Rhaenys parce qu’elle est honnête avec moi, et qu’elle fut la seule dans mon existence à l’être. Mais ce n’est pas un mariage d’amour pour autant. |


Je me ressers un godet, je ne le regarde plus.


| Je ne dis pas ça pour me faire plaindre. J’ai mené la vie que j’ai toujours dû mener. Je me contente de ce que j’ai, je me réjouis du parcours accompli, car tout difficile qu’il fut, nous arrivons à quelque chose, enfin. Tu n’aimeras peut être jamais ta femme. C’est possible. Mais sois franc avec elle. Ne la blesse pas inutilement. Si jamais tu ne devais jamais rien ressentir pour elle, trouve-ton bonheur ailleurs, et laisse-la faire de même, mais prenez vos précautions physiques et morales avant cela. Laisse le temps voir s’il n’arrange pas les choses, mais ne te laisse pas dépasser. |


Je cogne mon godet dans celui de mon fils, et reporte sur lui le regard d’un père blessé par ce qu’il inflige volontairement à son fils.


| Il n’y a pas beaucoup de bonheur et de plaisir à faire le travail qui est le nôtre, Jon, mais il y a de l’honneur dans notre devoir. Tu es le Roi, désormais. Réfléchis à ta situation. Et agis. Personne ne peut le faire à ta place. Je t’ai débarrassé de tous les obstacles internes à ton règne ; « mes » hommes me suivent au sein du gouvernement impérial, ou dans mes propres troupes. A toi de façonner ton avenir, et celui de ce qui est aujourd’hui, ta glorieuse lignée. Rappelle-toi ceci, un adage cher à ton grand-père ; il n’y a pas de destin, mais ce que nous faisons. |






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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Ven 9 Fév - 17:58

« Tu n’as de toute façon pas trop le choix, si tu échoues, nous serons tous morts avant que l’hiver n’arrive pour de bon. » Il était vraiment rassurant d'en arriver jusque là, certes Jon savait parfaitement que son père avait raison et que maintenant, qu'il était le roi du Nord c'était à lui aussi de mener les troupes vers la victoire et non simplement vers la mort. Mais la question qui se posait était de savoir si le jeune loup avait les épaules assez solides pour cela. Après tout, il avait été formé dans ce sens mais ce n'était que la pratique du terrain qui pouvait vraiment faire de lui un homme, un véritable soldat et surtout un meneur d'hommes. Jon avait la volonté de bien faire, et il s'estimait assez réfléchis, pour autant, il continuait à douter continuellement de lui et tout comme Bowen son second, que ce soit le nouveau duo à la tête du Nord tout comme l'Empire il était essentiel que chacun fasse ses preuves. Jon se laissa aller à adresser un petit sourire, presque complice à l'attention de son père en entendant ce qu'il lui disait. « Ce que je trouve formidable c'est que tu as toujours su trouver les mots pour m'apporter le réconfort dont j'avais besoin. Ce qui compte de ce fait, c'est d'éviter la mort et également de mettre fin le plus vite possible à ce conflit qui n'a que trop duré. Surtout que l'hiver vient et bientôt notre champ d'actions sera trop réduit. Heureusement pour nous, notre ennemi en sera tout autant la victime voir même plus, après tout nous sommes des hommes du Nord. » Il avait dit cela avec fierté, s'il ne se reconnaissait pas encore totalement dans cet Empire en construction, Jon avait toujours eu la fierté d'être un enfant du Nord, ce royaume que peu connaissait véritablement, le jugeant trop rude, ne cessant de critiquer un peuple et des croyances qu'ils ne connaissaient pas en réalité. Cependant, leur engagement dans cette guerre finirait peut-être de faire changer les autres royaumes de Westeros sur l'idée qu'ils se faisaient d'eux ou au contraire ne faire que confirmer ce qu'ils pressentaient. Les avis et les opinions étaient des choses qui fluctuaient rapidement.

Sans que ce premeir sujet, très rapidement abordé, ne soit vraiment joyeux, la suite devint presque sinistre alors. Jon avait besoin de se confier sur ce mal-être qui était le sien et qui grandissait au fur et à mesure que le temps passait. Certes il n'était pas vraiment digne d'un roi de s'épencher ainsi, de se plaindre, il était jeune et il avait la vie devant lui si la guerre ne venait pas la lui retirer, il n'avait que dix-neuf ans mais il se sentait affreusement mal et surtout affreusement seul. Il avait apprécié cela pendant un temps, mais sans doute qu'en devenant roi, il n'avait pas pensé que les choses s'aggraveraient. Il avait besoin de parler à son père et non à son empereur. Il n'avait plus personne réellement à qui se confier, avec Jeyne les choses étaient devenus trop compliqués, avec Bowen il avait beau avoir beaucoup de respect pour lui et une véritable amitié, il gardait encore certaines informations pour lui même s'il était une des personnes auprès duquel il se laissait aller le plus aux confessions. Cependant, c'était son père avec qui il avait besoin de parler, sans doute parce que c'était à lui qu'il reprochait la situation. Non pas à propos de son couronnement, même si bien évidement il y avait des éléments dont ils devaient parler ensemble entre eux, mais il lui reprochait de l'avoir fait épousé Eleanor, une jeune femme toute à fait charmante au demeurant mais qui était si différente de lui, une différence que Jon n'avait pour le moment pas plus envie que cela de modifier. La déception sur ce fait était grand, parce que c'était une déception personnelle en rien quelque chose qui touchait le royaume, même si d'une certaine façon cela avait un lien. Alors au lendemain de ses noces, il se permettait de se plaindre parce qu'il n'avait sans doute pas pris le temps de le faire avant et parce qu'en plus de cela, il ne pouvait rien changer contre cette situation.

Sans pouvoir réellement s'attendre à ce qui allait se passer, il se retrouva alors contre le torse de son père dans une étreinte paternelle qu'il n'avait pas connu depuis sa tendre enfance. Certes il était étonné par ce geste, mais il finit par s'accrocher à lui, l'entourant de ses bras et finalement relachant la tension nerveuse qu'il gardait en lui depuis des semaines. Cette étreinte était quelque chose de réconfortant après toutes les années sans de réelles marques d'affection de sa part et cela lui avait manqué. « Je me doute qu'elle n'a pas eu le désir de me blesser … Il faut dire que malgré ma retenue elle a fait preuve d'une certaine obstination ... » Son père le relâcha mais ainsi Jon put plonger son regard les yeux dans les yexu et il hocha doucement la tête. « Je te remercie pour la confiance que tu m'accordes, j'ai eu d'excellents précepteurs et j'ai eu un exemple de guerrier, de chef militaire, de roi excellent. Je ferais de mon mieux pour être un bon roi, j'en ai la volonté. Et sans vouloir te vexer, je désire véritablement être un père présent pour mes enfants, je ne sais si l'amour est forcément la meilleure solution à tout … Cependant, je ne veux pas que mes enfants se sentent seuls … Je ne comprends plus vraiment ma sœur, mes oncles sont morts, ma mère est morte. Il me reste un frère, un frère que je n'ai jamais cherché à connaître, un frère que je n'ai jamais vraiment cherché à comprendre et j'aimerais que cela change parce que Watlon est quelqu'un de bien, un jeune garçon avisé, bien plus diplomate parfois que son aîné et j'ai le désir de le prendre à mes côtés, de l'impliquer un peu plus dans les affaires du Nord, je lui fais confiance. » Il soupira. « Quant à mon épouse … Ce n'est pas l'idée d'un mariage sans amour qui me dérange … J'ai peur qu'elle n'ait pas les épaules pour le rôle qu'elle va devoir porter, peur de la déception que je pourrais en ressentir et la déception qui pourrait être celle du peuple, en plus d'avoir épousé une jeune femme du Conflans libre. »

Jon prit le godet de vin que son père lui servit et il écouta alors ce que lui aussi avait à dire. A dire sur un passé qu'il avait totalement gardé pour lui, dont personne ou presque n'avait du en avoir vent à l'époque et encore bien moins de vivants devaient connaître aujourd'hui. Un secret qui pouvait tout remettre en cause, une chose terrible et à la fois … Ce n'était sans doute pas si étrange que cela, ce n'était pas une histoire anodine dans les maisons royales ou chez d'autres seigneurs, quand les hommes n'étaient pas là, que les femmes restaient en arrière à devoir tenir la maison, donner les ordres aux gens, il était facile de laisser le cœur et l'esprit se corrompre mais pour autant Jon n'aurait jamais pu penser que cela pouvait se passer dans sa famille, que cela faisait partie de sa propre histoire. Le jeune roi se mura dans un long silence alors qu'il écoutait religieusement les paroles de Torrhen. Il essaya de se souvenir de détails, d'impressions, de choses qu'il aurait pu voir, entendre, survoler sans pour autant y faire véritablement attention. Il n'avait que douze ans lorsque sa mère était décédée en somme il était encore un gamin, qui vouait une adoration totale à sa mère et qui s'était senti si proche de son oncle, lui qui avait été présent pour lui alors que son père était si souvent absent. Sa mère était morte parce qu'elle portait l'enfant de son oncle, elle avait disparu parce qu'elle n'avait pas été capable de … De quoi de se retenir d'aimer ? Après tout ce n'était pas pour cela que Jon était venu voir son père ? Parce qu'il n'était pas certain de pouvoir un jour aimer cette femme qu'on l'avait poussé à épouser. Mais n'aurait-elle pas pu aimer un autre homme que son oncle, la trahison était double et il sentait petit à petit un poids se déposer dans son cœur et il finit par en lâcher son verre qui vint à se répandre sur le sol. Il gagna rapidement un siège et se prit la tête entre les mains il n'était pas facile d'avaler la nouvelle. C'était un repère qui venait de s'effondrer, deux en fait … Et alors, l'idée lui vint à l'esprit. Il se redressa vivement, regardant son père avec dureté, la dureté de la tristesse et de la souffrance qui s'insinuait en lui. « Tu dois me le dire, sans mensonge, sans détour. Ce secret a ruiné notre famille, elle nous a séparé les uns les autres et je comprends maintenant que c'est pour cela que tu nous as abandonné à la mort de notre mère. Mais j'ai besoin de savoir, et je ne te pardonnerais pas si je venais à savoir que tu m'as caché la vérité. Suis-je ton fils ? Sommes-nous tes enfants, ou des bâtards ? » C'était toute son identité qui était bousculé, et il avait besoin de savoir s'il avait une légitimité pour être roi, une légitimité pour le Nord. Il ne comptait pas en parler avec son frère et sa sœur, il estimait que c'était à lui de le faire, le jour où il estimerait qu'il soit bon d'en discuter et peut-être jamais. Après tout, c'est à cause de la détresse de Jon qu'il avait fini par raconter sa propre histoire.



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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Ven 9 Fév - 23:54

Jon devait prendre la mesure du défi qui était le nôtre, et des responsabilités qui étaient les siennes. Il ne pouvait plus prendre le loisir de douter de quoi que ce soit. Maintenant, en tant que Roi, et pis encore, Roi du Nord, son devoir était d’agir. Et de le faire avec conviction. Sinon, et surtout avec mon éloignement, les plus anciens rivaux des Stark ne manqueront pas de s’élever contre lui, et de s’unir dans l’ombre. Je savais que certains Karstark nous avaient jalousés, dans le passé, mais pas autant que les Bolton, ou même les Wull. Il y avait beaucoup de travail à faire pour assurer la cohésion de ces différents territoires, et il était clair à mes yeux, que je ne pouvais plus m’impliquer sur ce sujet autant que je l’avais fait jadis. C’était la responsabilité de Jon, désormais. Et uniquement la sienne. La mienne était d’appliquer la même politique à l’échelle de tout l’Empire. Jon reste malgré tout pétri d’idéalisme. Il est jeune. Il n’a pas tant d’expérience. Je l’ai pas mal couvé, malgré moi. Il n’a jamais eu le rôle de première ligne, et je vois maintenant qu’il est plus que temps qu’il le connaisse. Il pense que ce conflit n’a que trop duré. Je secoue la tête.


| Cette guerre n’a duré qu’un an, même si je t’accorde qu’elle germe depuis des années. Les hostilités peuvent durer beaucoup plus longtemps. Du temps de ton grand-père, il n’était pas rare que les guerres d’alors durent plus de dix ans. Et même avant que tu ne sois homme, la norme était à environ cinq ans. Nous nous sommes attaqués à un gros morceau, et les choses doivent encore empirer avant d’aller mieux. |


La guerre n’était qu’une fièvre, disait jadis mon père. Elle mettait parfois un moment avant de se déclarer tout à fait, mais une fois qu’on en ressentait les premiers effets ceux-ci ne faisaient qu’empirer pendant un bon moment, avant que notre corps ne soit finalement capable de la combattre. Mais Jon avait raison et nous le savions tous les deux ; l’hiver serait moins rude pour nous. D’autant plus que je ne comptais pas garder la totalité de nos troupes sous les drapeaux. Traditionnellement ne restaient plus que les soldats de métier enrôlés durant cette période là, et leur proportion n’était pas la plus importante, même au Nord. Et je comptais renvoyer les volontaires chez eux. Ne resterait plus alors, que l’armée impériale unifiée. Mais pour cela, nous devions encore vaincre. Et ce n’était nullement acquis. Et ça ne serait pas rapide non plus. Vaincre une bonne fois pour toutes Harren serait l’épreuve de notre vie. Mais après lui restaient d’autres monstres ; le Tigre, le Bief… Et peut être d’autres, si j’en croyais les funestes présages. Jon s’inquiétait de sa femme. Inquiétudes légitimes. Mais les personnalités étaient rarement compatibles, à la tête d’un royaume. Rhaenys et moi nous accordions sur beaucoup de sujets, mais parce que nous savions, la majeure partie du temps, mettre nos différences de côté pour avancer de concert vers nos objectifs.


Jon devait encore apprendre à faire avec une personnalité qui n’était pas la sienne, avec des attentes qui n’étaient pas les siennes. Ce serait difficile pour lui mais peu importe. Nous étions tous condamnés à évoluer. Ou à périr. Dure loi de la vie… Je rassure Jon. De ce côté-là, mes propres frasques maritales avaient de très loin éclipsé les siennes…



| Tu n’en sais rien, pour le moment. Mais rien ne t’empêche de l’aider à mûrir. Tout comme Walton. Soit tu le gardes près de toi et vous vous entraidez, soit je le requiers auprès de moi sitôt que tu seras rentré. Je conçois en tout cas, ce que tu souhaites pour ta famille. Mais tu devras toujours faire quand même passer le Nord en premier, sinon tu ne mériteras pas ta couronne. Quant au peuple, tant que vous êtes justes et que vous guidez le royaume vers la prospérité, il ne dira rien. Après tout, l’essentiel des mâles du pays est venu se battre ici, et une large proportion d’entre eux a couché aussi avec le Conflans. Ils le connaissent, désormais, et plus seulement comme un vieil ennemi. Alors ne t’en fais pas trop, et sois fort, dans ta couronne comme dans ton foyer. |


J’étais étonné de ce manque presque permanent de proximité avec le Conflans. Jon m’avait toujours fait l’impression d’un gosse ouvert sur le monde, bien plus que la génération précédente de Stark ne l’avait été. Mais il se complaisait constamment dans la méfiance du Conflans. Il avait insulté le Roi Tully et son encadrement lors du dernier conseil de guerre, via des accusations certes sensées sur une frange de ces gens, mais sans aucune diplomatie. Et sans aucune retenue non plus. A plusieurs reprises, j’avais surpris comme un espèce de dédain chez lui, une précaution de toujours. Mais dirigée contre la totalité des riverains. Je ne le comprenais pas. Sans le ralliement de Lyham Tully, nous serions peut être déjà en train de défendre le Nord. Mais la discussion glisse sur tellement de sujets à la fois… Je me sens un peu perdu, un peu décontenancé. Je ne savais comment anticiper la suite de nos échanges.


Je choque mon fils par le poids de mes révélations. Je savais qu’elles n’avaient rien de facile. Qu’elles rendaient son univers bien moins rigide et normé qu’il le pensait depuis tout petit. Et Jon se redresse. Paradoxalement, j’ai l’impression de me voir à son âge. J’avais déjà épousé Sigyn depuis quelques années, à l’époque, et j’avais appris à m’endurcir par la guerre, mais aussi par le mariage. J’étais plus expérimenté que lui, à cette époque, mais dans sa posture il témoignait d’une grande force, presque inébranlable. Je savais que ce que je dirais ne pouvait être que la vérité, car le Roi du Nord la ferait sienne à tout jamais. Il l’exige, de toute façon. J’encaisse le mot « abandon ». Il est fort et cruel, mais pas totalement dénué de fondement. Que Jon se drape dans sa souffrance s’il le désirait, la réalité restait plus complexe que ça, et si j’avais été fort absent, jamais il n’y avait eu abandon.



| Tu es mon fils. Tu es le Roi du Nord. Difficile d’en douter, quand on te voit. Tu as la même caboche que ton diable de père, et ce n’est pas un compliment. Mais tu as beaucoup de ta mère, aussi. |


Je soupire et ramasse sa coupe. Je la pose sur la table, et remplis à nouveau la mienne pour la vider d’un long trait.


| Que cela nous serve de leçon. L’amour n’est pas pour les Rois, Jon. Pas comme le vit le peuple. Notre nom est voué à s’imprimer au fer rouge dans l’histoire de ce monde, mais pas notre cœur. C’est un danger, de toute façon. Si vraiment, ta femme ne t’attire pas, organise-toi, mais évite-lui toujours l’humiliation de l’adultère. Elle ne s’en relèverait sans doute pas, et il n’y a rien de pire comme danger pour un souverain que d’avoir un ennemi dans son lit. |


On ne pouvait pas me reprocher mon honnêteté envers mon fils. En revanche, je lui reprocherais volontiers la sienne. Je fronçais les sourcils et cela ne fit qu’étirer l’horrible balafre qui me fendait la poire. Déjà, parce qu’il présumait beaucoup de ce que j’avais en tête.


| Je ne t’ai jamais élevé pour être seul. Je t’ai élevé pour être un chef. Et être un chef, c’est être seul, même quand tu es entouré de quantité d’amis et de toute une cour. Tu es au-dessus des autres. Pour le meilleur, et pour le pire. C’est ainsi. Je n’avais pas plus demandé que toi d’hériter d’un royaume ; mais c’est notre réalité. |


Et j’avais même choisi aujourd’hui d’aller beaucoup plus loin, même si je considérais cela comme un sacrifice personnel, une gloire potentielle, mais certainement pas une ambition personnelle. J’avais signé pour une vie de tracas et d’horreur, sans le moindre doute. C’est la suite qui m’agace, et m’énerve. Mon fils commet un outrage en m’accusant de la sorte, mais je n’explose pas. Je plisse les yeux. Calme, réfléchi. J’écoute ses arguments, et surtout, tout ce que sous-entend son laïus. Jon était parfois si dur, et à d’autres moments si faible. Les deux cohabiteraient mal dans son enveloppe de Roi tant qu’il n’aura pas tranché pour qui il voudrait devenir vraiment. Ma voix se fit plus froide, alors que je digérais l’insulte sous-jacente à ses allégations, me demandant à quel point cette suspicion venait réellement de Jon, ou de son nouvel entourage de Roi. Je devrais rapidement m’en faire une idée.


| Tu es blessé que Conrad ne t’ait pas annoncé officiellement la nouvelle ? Nous avons eu autre chose à faire. Nous ne sommes pas des potentats sudiens à cheval sur l’étiquette. Nous avons eu tous deux à gérer une campagne extrêmement rigoureuse, et avant que tu arrives, il n’y avait plus que Omble et Forel pour commander la place. Tu vas devoir mettre ton égo personnel de côté, si tu ne veux pas t’aliéner les puissants de ton propre royaume. Conrad n’avait en sus encore aucune obligation envers toi ; son serment, jadis, ne l’a jamais attaché qu’à ma personne, et j’ai fait ce titre pour lui. Glover savait que cette nomination couvait, s’il ne t’en a même pas parlé, tu devrais plutôt mettre les choses au point avec ton second. Ici, ça a été l’horreur, Jon. Trente mille corps dans cette plaine. Tu te représentes ? Et la défense nécessaire du fleuve. L’approvisionnement pour d’autres dizaines de milliers de bouches. |


J’inspire, presque vindicatif. Même dans la sphére privée, la Arryn pouvait parvenir à semer la zizanie.


| Je n’en reviens pas que tu viennes m’accuser de quoi que ce soit sur la foi d’une souveraine dénuée de scrupules qui en plus a déjà clairement prouvé qu’elle n’avait pas le moindre honneur. Qu’elle n’ait jamais honoré nos plans est une chose, qu’elle n’ait pas non plus honoré une alliance défensive, formellement signée devant témoins, alliance qui plus est toujours d’actualité puisque Harren nous a attaqué le premier, c’en est une autre ! Tu irais croire cette reine mielleuse, venant m’accuser d’une forfaiture digne d’Harren en me reprochant à demi-mots mon langage à son sujet ? Mais sacré nom de nom, Jon, dans quel camp es-tu ! Tu n’as rien trouvé de mieux à dire que tu allais te « renseigner » ? La vérité n’aurait pas suffi « Je ne suis au courant de rien, l’Empire dont je fais partie et auquel j’apporte la voix n’a mené aucune action… » , non ? Rien ? Tu préfères me suspecter moi, accordant immédiatement son crédit à celle qui a menacé, par sa félonie, notre fragile entreprise dès ses prémices ? Si tu es le Loup et que tu n’as rien entrepris, défends-toi ! Et ton accusation vis-à-vis du Val est pire encore ; me prendrais-tu pour Harren ? Je rêve. Tu te défies des riverains et n’hésite pas à remettre en question jusqu’à ceux qui nous ont rejoint, et te voilà avocat du Val, aussi traître que nos propres ennemis ? |


Je n’en revenais pas de ce parti pris. Qu’avait fait la Arryn, pour se mettre ainsi Jon dans la poche ? Il s’était laissé totalement influencé, et était parti du principe que nous y étions pour quelque chose. Je tranchais, d’un ton définitif, inspirant profondément pour essayer de me calmer. Jon ne semblait pas non plus comprendre la puissance des principes, et donc la portée de la trahison valoise. Ce n’étaient pas que des mots qui avaient été bafoués. L’honneur. Dont ils se targuaient toujours autant les Valois… Et sans honneur, pas de confiance. C’était la monnaie des puissants. Nous ne pouvions rien entreprendre avec des individus qui n’avaient aucune parole. Comment Jon, nordien et né Stark, pouvait-il concevoir qu’il puisse en être autrement.


| Le Val nous a trahi et je ne l’oublierais pas. Chez eux, ils ont des troupes de croisade, et des sympathisants du Grand Septon. Ils sont nombreux. Sharra Arryn maintient encore la paix et l’équilibre, mais cela ne l’a pas empêchée de nous la mettre à l’envers au pire moment. Les Valois ont aussi longtemps continué à commercer avec Harren, même la guerre entamée, et ils commercent toujours avec le Bief, armant et finançant par extension ceux qui abattent en ce moment même le royaume de ta consoeur, Argella Durrandon. Tu n’as pas signé pour des bains de sang, Jon. Très bien. Mais tu as signé pour faire partie d’un collège impérial. Si l’une des puissances fédérées est attaquée, tu devras bouger. Et les votes au sein du Collège orientent la politique de tous les royaumes fédérés. |


Je soupire, et me masse les yeux. Jon ne pourrait pas se défendre au motif qu’il ne m’avait accusé de rien, et qu’il n’avait pas défendu le Val. Ses mots étaient éloquents, tout comme ses petits sous-entendus. Je suis blessé par son attitude et son manque flagrant de confiance, que ce soit en moi, mais aussi dans l’Empire et donc, dans toutes ses parties prenantes.


| Je n’ai sans doute rien fait dans ma vie pour que tu me voues une confiance aveugle, mais je pensais que tu croyais un peu plus en ce nouveau monde que je souhaitais dessiner avec tous les royaumes. Bien sûr que je ne souhaite pas la guerre au Val. Bien sûr que je ferais tout pour n’avoir d’ennemis à l’est comme à l’ouest. Mais je ne serais jamais le jouet de Sharra Arryn, toute aussi digne et minaudante qu’elle a pu te paraître. Ils ont fait leur choix ; ce n’est pas à nous de les assumer. Si demain je signais quoi que ce soit avec des traîtres qui nous ont tourné le dos et ont laminé un traité en bonne et due forme, qui les engage devant les royaumes, les hommes, et les dieux, alors cela voudrait dire que j’accepte la trahison. Jamais je ne ferais preuve d’une telle faiblesse, et vouloir la paix ne m’abaissera jamais à transiger sur les principes cardinaux que nous enseignent les Anciens Dieux. |


Si j'allais à l'encontre de ces principes, je ne resterais pas Empereur. Quiconque accepterait de négocier dans les conditions que Sharra Arryn m'avait imposées, se verrait perdre toute crédibilité politique, et se verrait aussitôt taxer de faiblesse... Surtout chez les nordiens et les peyredragoniens, qui avaient cru marcher vers la mort, une fois trahis. Qui plus est, je n'étais pas prêt à lâcher du lest à quiconque venait négocier en m'insultant, en insultant ma femme, et en insultant mon oeuvre, pendant toute la durée de l'entrevue. J'étais dur, mais impossible de ne pas l'être en une telle époque. Et cela ne m'avait pas empêché d'avoir une discussion bien plus féconde, avec le Roi de l'Ouest, qui avait su faire amende honorable pour ses propres manquements. Et Jon en venait à croire, de toute évidence, que c'était MOI qui voulait la guerre. Par les dieux, qu'il avait été plus facile d'être Roi, qu'Empereur!






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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Dim 18 Fév - 16:12

Jon soupira doucement, et finalement il reprit constance, remettant ce masque imperturbable sur son visage. Il venait de prendre une décision. Quelle soit bonne ou mauvaise pour le moment il n'en savait rien mais il était décidé. Ce n'était pas qu'une question d'orgueil, bien que cela en faisait parti. Jon savait qu'il était encore un très jeune roi, qui avait toutes ses preuves à faire dans l'avenir, que ce soit d'un point de vue de la guerre ou de la diplomatie. Pendant ces noces on n'avait eu de cesse de le lui rappeler. Celui qu'on voyait dans ses traits, dans son attitude, dans sa façon de penser et de parler, c'était son père,  uniquement son père et c'était d'ailleurs pour cela qu'on se comportait avec lui avec respect. Ce n'était pas pour sa propre personne, non, mais parce qu'il était le fils de l'Empereur et même s'il n'avait aucune prétention sur l'héritage de l'Empire, il était néanmoins un Stark et effectivement cela voulait dire beaucoup. Pour autant, il avait compris, Jon avait enfin compris qu'il ne voulait pas être son père, qu'il réprouvait ce qu'il avait sous les yeux. Oui, le fils de Torrhen Stark aurait du avoir toute confiance envers son père, pour autant plus la discussion avançait et moins il n'arrivait à en avoir, moins il arrivait à accepter ce qu'il avait à lui dire. Ce n'était pas à cause de la révélation qu'il venait de recevoir en plein visage, de cette blessure profonde ouverte qui était restée secrète bien trop longtemps et qui avait mené les liens familiaux entre les différents Stark à sa perte. Il n'était pas possible de revenir dans le passé, de pouvoir faire comprendre à sa mère qu'il était essentiel qu'elle soutienne son mari, qu'elle reste fidèle à celui-ci et à l'amour qu'elle avait semblé lui démontrer. Quel droit Jon avait-il pour juger cette relation ? Bien sûr il réprouvait avec un profond dégoût ce qu'il s'était passé entre Sigyn et Bran, parce que de ce fait cela avait coûté la vie à sa mère et il avait du apprendre à grandir sans elle, sans son soutien essentiel à ses yeux. Il était mort un peu plus chaque jour après sa disparition. Ce n'était en rien une relation malsaine, elle était juste son repère, le pilier de sa vie et tout s'était effrondré quand elle avait poussé son dernier souffle. Oui, il avait idéalisé l'image et le souvenir de sa mère, se raccrochant à ce qu'il connaissait d'elle, celle qu'elle avait été pour lui et non par rapport à ce qu'elle avait pu faire aux autres et notamment à son père. Mais pouvait-il la juger et lui en vouloir ? Non c'était impossible, car ce serait profondément injuste de sa part, alors qu'il était lui-même malheureux dans son mariage qui venait tout juste de débuter, qu'il écoutait les conseils de son père quant à possibilement vivre une autre vie, une seconde vie avec une femme de l'ombre qui pourrait lui apporter ce dont il avait véritablement besoin. Être un pilier pour lui sur lequel il serait possible de se reposer, chose dont il doutait plus que tout avec Eleanor qui était si opposé à lui qu'il ne savait pas réellement comment réagir quand il était en sa présence.

Non, ce que Jon avait finalement compris, c'est qu'il n'avait pas signé pour une idéologie d'Empire, il avait suivis son père parce qu'il avait de la reconnaissance, de l'admiration à son égard. Et comment aurait-il pu refuser quoi que ce soit ? Son père avait décidé de créer l'Empire et de ce fait il mettait Jon devant le fait accomplis. Aurait-il pu dire non, le jour même des noces de son père, sans passer pour un traître ? Il aurait été exécuté dans la seconde, et alors cette lourde tâche serait revenue à Walton. Son frère n'était pas un incapable loin de là mais si on reprochait déjà à Jon sa jeunesse alors qu'en aurait-il été pour son petit frère. Il l'avait compris tardivement, mais il l'avait finalement compris, et il repensait à présent à sa sœur, à ce qu'il s'était dit alors qu'il avait pris encore ouvertement la défense de son père. Qu'il avait été sot d'agir ainsi. Cependant, il y avait effectivement quelque chose qu'ils avaient en commun lui et son père, c'est qu'ils étaient des hommes de paroles et il tiendrait parole, pour protéger Walton. Cependant, ce qu'il avait en tête il n'en ferait pas part aujourd'hui, il le garderait pour lui, peut-être s'autoriserait-il à en parler avec Bowen mais pour le moment il gardait les choses pour lui, c'était bien plus facile ainsi et il avait toujours été si secret que cela ne changerait pas beaucoup de choses à son quotidien. Il fixa son père avec une grande attention et il reprit alors la parole. « Il n'a pas été question de minauderies, je me fais ma propre opinion sur les gens tu devrais parfaitement le savoir. Après tout tu viens à me reprocher ce que tu m'as toujours imposé. Finalement, avec un peu de recul, ce n'est pas ce secret qui nous a séparé mais c'est l'homme de pouvoir que tu as décidé de devenir. Je t'ai défendu ardemment auprès de ma sœur, créant un gouffre entre elle et moi que je doute un jour pouvoir combler. Je reconnais en Rhaenys une femme intelligente, une guerrière hors pair. Nous avons depuis notre dernière entrevue échanger à de nombreuses reprises, elle me poussait à m'ouvir à toi, à ne pas me fermer au dernier membre de ma famille qui était proche de moi et c'est ce que j'ai fais. C'est une femme douce derrière le visage qu'elle est obligée de porter, pour être celui de reine même si je ne suis pas forcément d'accord avec ce désir d'extension absolue que vous semblez porter en vos cœurs. Je l'apprécie sincèrement, et je crois pouvoir dire qu'elle est pour moi une confidente. Cependant, il faut en venir à un conclusion douleureuse, malgré le fait que tout le monde n'a de cesse de me comparer à toi, de te voir en moi dans tous ce que je fais, je crois que nous sommes en réalité bien différents. Oui j'assume le fait de croire plus en Ronnel Arryn qu'en Lyham Tully, car je l'ai connu avant, car il est devenu un ami dans le secret de nos parents partageant la même couche. De plus, si on revient à l'histoire de Tully, c'est à la base un ennemi que tu as mis à genou et à qui tu as proposé la mort ou la soumission. Si c'est un fidèle petit soldat que tu désires avoir, alors c'est ce que tu auras, mais c'est un fils que tu as perdu. Je garderais Walton auprès de moi, parce que c'est mon frère, parce que c'est un Stark et que tu n'as aucune prétention qui me sont dûs sur le royaume du Nord. J'ai lu le traité et si je te dois en effet un certain effectif, après que nous aurons battu Harren le Noir c'est moi et moi seul qui déciderait des mouvements de troupes venus du Nord, car je suis leur Roi, par ta volonté et par mon droit de naissance, et je compte bien appliquer cela. Pour ce qui est des montagnards moi je n'ai rien fait en effet, un coup de l'ennemi ou la vengeance d'un père pour pouvoir faire passer un message alors que celui-ci s'inquiétait pour son fils, je ne viendrais pas à juger cela comme une chose horrible. Je constate juste que les croisés du Val n'ont pas quitté leurs frontières au contraire de ceux de l'Ouest qui ont foncé droit sur nos frontières ! » Il plongea son regard dans les yeux de son père. « Que les Ancieux Dieux en soit témoin, je jure à nouveau devant l'Empereur Torrhen Braenaryon ma fidélité à l'Empire en tant que Royaume Fédéré, je réitérerais cette même promesse auprès de l'Impératrice Rhaenys Braenaryon. » Son regard se fit alors plus féroce. « Je jure également devant l'Empereur Torrhen Braenaryon que le Nord passera toujours en priorité à mes yeux et dans mes décisions. Avant mon épouse, avant ma famille, avant mes enfants à venir, avant mon père, avant l'Empire. Que je sois tué sur le champ si je venais à rompre ma promesse. Mon sang sera versé pour le Nord, ma vie sera donnée pour le Nord, dans le respect des décisions que je prendrais à l'avenir. J'en assumerais l'entièreté des conséquences. » Jon inclina la tête et sans tourner le dos à son Empereur, il quitta ses appartements.


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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   Jeu 1 Mar - 17:02

Pas besoin d’être devin pour savoir comment Jon allait réagir. Mais j’avais eu besoin de le dire. J’avais ressenti l’urgence de clarifier la situation. Jon restait jeune, et influençable. Je l’avais trop guidé vers une acculturation martiale et guerrière, et je n’avais sans doute pas passé assez de temps avec lui en matière de gestion ou de diplomatie. Entre ça et la rancœur qu’il gardait envers moi, il était prêt à croire toutes les avanies que l’on me collait sur le dos. Et Sharra Arryn était une experte en politique. Très forte pour se poser en victime. Alors qu’elle aurait dû implorer le pardon de Jon à genoux, en rémission de sa propre félonie et de son manque flagrant d’honneur. Le Nord avait honoré à la lettre chaque accord, chaque traité signé. Pas le Val. Et c’était moi maintenant, qui me faisait traiter comme un nouvel Harren Hoare ? L’injustice était criante, mais ce n’était pas tant elle qui m’avait brusqué que le fait qu’elle vienne de mon propre fils. Prêt à croire une souveraine étrangère qui jouait double jeu depuis le début, et venant même accuser son père de manière à peine voilée. Me pensait-il assez retors pour attaquer des civils valois en payant des barbares, si semblables aux sauvageons que le Nord affrontait depuis toujours ? Le Val méritait son propre isolement, et il méritait aussi mon mépris personnel pour l’insulte faite à mon honneur de souverain par son manquement à sa parole, autant que pour les insultes et rudoiements diplomatiques infligées à mon épouse en ma propre présence.


Sanguin, peut-être. Mais le Nord ne transige pas avec l’honneur. Les autres royaumes ne transigeaient jamais sur celui de leur partenaire mais s’arrangeaient du leur au gré des circonstances. Pas le Nord, pas sous mon règne, et ça serait encore moins le cas de l’Empire puisque la solidité de la parole de plusieurs royaumes serait en jeu le cas échéant. Jon est jeune. Idéaliste. Il n’a aucune envie d’aimer un père autrefois absent et menteur, même pour son propre bien, parce que ça ne correspond pas à l’image idéale qu’il a rêvée de sa vie. Je sais déjà comment cette discussion va finir, parce qu’aujourd’hui moins que jamais, il n’acceptera le soufflon que je viens de lui donner, fusse-t-il mérité. Il ne supportera pas être pris en défaut.


Mon fils décide de rompre. Ca, c’est une surprise. Je m’attendais à ce qu’il mette fin à l’entrevue, à ce qu’il reprenne de la distance. Mais non. Vexé, il se barricade derrière la blessure faite à son orgueil, qu’il porte en bandoulière. Et m’insulte, en sus du reste. Orgueil de gosse. Nouveau danger, sur mes arrières cette fois. Je le dévisage avec amertume. Voilà la rançon de la vérité. Il m’attaque ouvertement, sans supporter les coups en retour. Sa position restera fragile, surtout auprès des plus vieux nobles, tant qu’il adoptera ce comportement. Mais soit. Il est le Roi, comme il l’a dit.



| Une dernière chose avant que tu t’enfuies, Sire. Il va te falloir encaisser plus qu’une remontrance de ton père parce que tu te seras montré bien rapide à croire une reine sans honneur, et tu ne pourras pas toujours le faire en revenant sur tes principes. Tu m’as dit croire en l’Empire, tu m’as dit croire en un avenir meilleur ensemble, dans l’unité. Je viens de te dire que je n’avais entrepris aucune action belliqueuse contre le Val, ni contre l’Ouest. En quoi ais-je trahi nos principes d’origine, la constitution, ou mes serments ? C’est toi ici, qui vient te mettre en porte à faux, en croyant plus quelqu’un de l’extérieur que ceux qui se battent et saignent ensemble contre l’adversité depuis le tout début. Je n’ai rien fait qui menace l’Empire, ou chacun de ses membres. Je n’ai pas mobilisé contre l’Ouest ou le Val, ni ne les ai agressés d’aucune manière. Et tu me traites d’homme de pouvoir ? Tu sous-entends que j’ai l’ambition d’envahir le monde entier pour mon seul plaisir ? Si tu en es là, il ne nous reste en effet rien à nous dire. J’ai toujours voulu te protéger, Jon. Visiblement, j’en ai trop fait. Tu veux isoler le Nord, le « faire passer avant » ? Soit, c’est toi qui le décideras. Quant à notre défense commune contre le Tigre, je m’en chargerais. Je ne voudrais pas que tu aies à te salir les mains au « service » d’un homme de pouvoir, comme tu viens de le dire, n’est-ce pas ? Sois rassuré, je ne ferais appel qu’à des volontaires sous bannière impériale, comme ça, tu es sûr que je ne puisse agir que sous couvert de ma propre loi. Cela te rassurera sans doute ; ton tyran de père sera retenu par ses propres édits. Je n’emmènerais que ceux qui croient vraiment en ce que nous faisons ici. Et comme toujours, je n’exigerais rien de plus de ces hommes que je n’accomplirais moi-même. Tous les autres pourront rentrer chez eux. Je n’ai pas besoin de devoir surveiller mes arrières, j’ai assez d’ennemis qui veulent ma mort, en face de moi. |


Quels ravages cette entrevue allaient-ils faire ? Je restais confiant dans le soutien des nobles du Nord. La majorité d’entre eux se battait avec moi depuis des années, et ils avaient acclamé l’Empire. Le tri entre conscrits et volontaires, si nous l’emportions, suffirait je pense à assurer à tous que je me battais pour la défense, non pour l’attaque. Jon allait s’isoler tout seul, avec sa colère puérile, et sa défense de ceux qui nous avaient tous mis en danger. Je n’oubliais pas les échanges avec Bolton, avec Karstark, à la veille de Paege. Ces malédictions envoyées vers les couards du Val. Il n’y aurait pas la guerre avec le Royaume des Montagnes, mais si mon fils se laissait guider par ses caprices plutôt que par sa raison, cela n’allait pas manquer de diviser le royaume, entre les quelques uns qui le suivraient, et ceux qui feraient confiance à leur Empereur et ancien monarque. Serait-il assez fou pour laisser sa colère le guider sur une pente encore plus glissante ? L’avenir nous le dira. Et plus que jamais, Rhaenys et moi nous trouvions au bord du gouffre. Si Jon ne jouait pas le jeu, nous serons bientôt tous morts. Et le pire, c’était qu’au fond, il ne semblait même plus croire en ce qu’il avait lui-même juré. Incroyable. Dangereux. Je l’avais « perdu » pour une simple dispute. L’avenir venait de prendre un sacré coup dans l’aile pour tout le monde ; comment réagirait-il face à Harren ? Et face à d’autres ennemis qui se profilaient comme étant pires encore ?







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MessageSujet: Re: Rencontre avec l'Empereur ou retrouvailles avec le père [Terminé - Tour V]   

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