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  Into the Fray

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MessageSujet: Into the Fray    Into the Fray EmptyLun 11 Juil - 13:27



Into the Fray
Torrhen Braenaryon & Helena Hoare

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Les flocons tombent en cabriolant sous l’effet de la brise glacée qui se lève. Au loin, le son des cors, des tambours, des cris de guerre. La neige, encore en fin manteau, travaille son épaisseur de minute en minute. Le blizzard qui se forme est tombé comme un rideau d’un gris presque laiteux. Les sons sont étouffés, avalés. Les cavaliers autour de nous se préparent. Les armures et armes s’entrechoquent, glissent, grincent, alors que les rangs se resserrent. Une estafette en tenue de chevau-léger, casque d’acier masquant tout le haut de son visage jusque sa nuque, arrive au galop. « Messire, l’infanterie de Forel bat en retraite. Le village de Buron est en train d’être repris ! La mince ligne devant nous reflue… ». Silence assourdissant, au milieu du champ de mort. « Et Bolton ? ». « Il tient, messire. Il dit qu’il tiendra jusqu’à la nuit s’il le faut. » Il ne le faudra pas. J’ai un autre plan, une autre idée. On ne voit plus rien à cent pas, dans cette plaine du Conflans. « Dites-lui d’entamer son repli si dans une heure nos bannières ne flottent pas sur le castel. » L’homme pique des deux, et salue. Baratheon s’avance, à cheval. Tête nu, le beau cavalier, qui fait fureur à la cour –et auprès de ma femme, sa sœur et impératrice- a un visage sombre. Il sait ce que j’attends de lui, de nous. Poignée de main de guerriers, et il caracole en tête de ses troupes. Je retourne vers Brennus, qui renâcle. Main gantée de mailles posée sur son museau, je le caresse, même si ça ne doit pas être doux. Le massif destrier de guerre se calme. Alentours, la Garde Demalion se prépare. Les chevau-légers aussi. Lances à fanions rouges, blancs et noirs. Casqués, équipés de pied en cape. Tous attendent leur tour. Au loin, les chevaliers du Dragon s’élancent.


Les flocons tombent. Ils recouvrent la visière de mon haut casque à cimier. Hurlements en main, je lève ma lame comme signe de l’avance quand on aperçoit les premiers blessés, ou chevaux sans cavaliers, qui refluent en désordre des premières lignes. Au signe, les trompes de guerre sonnent la charge. Ta-ta-taaaa, ta-ta-taaa, ta-ta-taaaaaa. Les lances se couchent. Les « Pour l’Empire ! » « Torrhen ! » « Loup et Dragon ! » retentissent sporadiquement. Nous avançons au trot, piétinant la neige qui se fond en flaques boueuses. Nous pénétrons le blizzard, et le manteau neigeux. Loin devant nous, le tumulte du choc. Et le vent balaie la neige, s’étend devant nous l’ode de fin du monde, l’abolition de la raison, que nous avons tous trop souvent côtoyée. Des groupes de chevaliers, lances et épées en avant, s’enfoncent en coin dans des formations d’infanterie lourde-fer-née. Chevaux estropiés, hennissant au sol. Un destrier boiteux, qui a perdu la moitié d’une patte. Un homme mort, casque enfoncé sur le visage. Un piéton se tient les viscères qui sortent de son ventre et appelle la Mère. Un jeune fantassin pleure, recroquevillé sur sa main déchirée en deux par le milieux. Un cheval passe devant nous, son cavalier affalé sur sa selle, épée coincée dans les côtes. Les bannières claquent au vent. Le sol est tapissé de morts et d’agonisants. La troupe s’est stoppée. « Feu, Sang et Hiver ! » Epée brandie, la Garde Impériale charge. Au trot, d’abord. Puis, les « Vive l’Empereur » tonitruants accompagnent le galop. Les lances couchées sont ajustées.


Nous jouons notre partition de mort, artistes de la bataille, jusqu’à ce que la lame ne me cogne en plein en travers du casque.


Je me réveille en sursaut. Bouche pâteuse. Joue collée à un parchemin. Je dois frotter de l’encre, maugréant dans ma barbe filée de brun et d’argent. Je suis vieux, et las. Et je suis fatigué. Les yeux cernés, je ne regrette pas ces dernières nuits de travail, et d’ardeur. La guerre est juste devant nos portes. La luminosité sur le balcon indique crépuscule ; au loin le coucher de soleil. Je me rince la bouche d’un regard porté sur la Baie des Crabes, et les dizaines de navires qui entrent et ressortent du port fluvial donnant sur la haute mer, artère vigoureuse et indispensable de l’Empire. Je chasse le froid et la mort de mes fantômes en me consolant d’un godet de pinard, me demandant où diable est Rhaenys, et comment elle va. Je pense à notre fils, mort-né. Et aux deux enfants que j’irais voir au petit matin, ceux qui vivent toujours, et ceux pour qui je vais encore devoir beaucoup tuer avant la fin de tout ceci.


« La Reine Helena demande audience, Sire. »


Parfait. Je fais signe qu’on la fasse entrer, et vérifie dans l’intervalle que ma sieste involontaire n’a pas eu pour conséquence de négliger mon apparence. Plastron de cuir noir, frappé de l’emblème du Loup et du Dragon en relief, cape de laine rouge impérial, braies de laine brunes, épée au côté. Je ne la quitte plus, désormais. Mes cheveux sont relativement en ordre, et ils me semblent compter plus de gris que la veille. Qu’importe ; je ne fais pas négligé.


Lorsque la jeune reine déchue déboule, je prends les devants de sa propre impétuosité. Je me saisis de sa main, y dépose un galant baiser sur le revers. Dignement incliné, un rien, avant de lui faire signe d’invitation vers le balcon dominant la ville, le fleuve autour, et la mer. Au loin, au nord, les Montagnes du Val…



| Le Bonsoir, Majesté. Comment allez-vous ? |


J’attends son assentiment mais comment à verser deux verres de vin. Je la détaille du regard, la jauge. D’un long regard intense et pénétrant. Des yeux de bête froide, flammèches allumées au creux d’un visage marqué d’une grande cicatrice qui me laboure les traits.


| Je reviens plus vite que ce que je pensais lors de notre dernière entrevue. Depuis, votre pays a continué de saigner. Je vous confirme les nouvelles ; Vivesaigues et le Roi Lyham du Conflans Fédéré, sont assiégés. Mon fils mène l’armée du Nord pour sauver la capitale. L’Ouest nous a pris de vitesse, sur ce front. Et alors que je pensais vos anciens gens dans cette troupe, il semblerait que les derniers riverains qui furent vos bannerets fassent désormais partie de l’armée du Bief qui se trouve à quelques jours d’ici, à Herpivoie… Sous bannière d’Eren Hightower. Je vais bientôt devoir repartir combattre… |


Beaucoup de choses, dans ces quelques mots. La cruelle vérité que son royaume quasi-détruit est aux mains Tully, mais qu’ils sont eux-mêmes en danger, et que ses derniers fidèles ont rallié Eren, et la cause du Bief. Ce sont ses sentiments, que je veux. Car je sais de nos premières rencontres qu’il s’agit de son moteur à elle. Et de là, ce que moi je lui évoque…

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyMar 12 Juil - 13:51

Into the Fray

La journée touchait à son terme et je soupire légèrement, tout en regardant le soleil terminé sa course. Bientôt, la nuit va tomber et la lune prendra la relève. Pourtant, malgré la beauté du spectacle, je restais de marbre, observant ce phénomène d'un air absent. Parce que j'adorais regarder le soleil se coucher, mais les choses avaient changé. Je n'étais plus sur mes terres, que ce soit celles de ma famille ou juste celles de feu mon époux et donc du royaume qui avait été le nôtre. Reine déchue, loin de chez elle, captive de l'Empire, voilà ce que j'étais désormais. Pour autant, je devais bien admettre que tout n'était pas si noir dans ce tableau qui était désormais ma vie, j'étais bien traitée, relativement libre de mes mouvements, je n'avais donc pas à me plaindre de ce côté. Ma main se pose instinctivement sur mon ventre,  désormais vide de toute vie et je sens mon coeur qui se serre, mais je ne verse pas de larmes. La peine, le chagrin et le désespoir n'étaient plus, il ne restait qu'une volonté farouche de comprendre, de vivre, mais aussi un sentiment de vengeance qui se dresse derrière le reste. Mais pour l'heure, je devais prendre mon mal en patience et composer avec les cartes que j'avais en main.

Alors que je regagnais les appartements qui m'étaient gracieusement prêtés, j'entends les rumeurs, les murmures des gens du château et j'apprends que l'Empereur est rentré. Visiblement plus tôt que prévu, ce qui me fit légèrement sourire et je presse le pas. Il fallait que je le voie, mais au vu de nos dernières interactions, je n'étais pas non plus certaine que c'était une bonne idée. Je me savais impulsive, trop franche aussi parfois, mais j'étais comme ça et cela ne jouait pas toujours en ma faveur, quoique ait pu en dire mon grand-père. D'ailleurs, je me demande comment il va et comment se porte mon petit frère; lui aussi captif. Les Bracken sont en bien mauvaise posture également. Mais je suis la dernière des Hoare. Et je devais me comporter comme telle. Une fois de retour dans mes appartements, je change de robe, afin d'en mettre une qui soit plus digne du rang qui était autrefois le mien et qui sieds mieux à une audience avec l'Empereur. Je réarrange aussi mes cheveux, mais sans trop en faire non plus. J'étais une femme du Conflans après tout et bien que je sois de famille noble, j'avais toujours eu ce côté un peu sauvage, à ne pas être aussi présentable que ma mère l'aurait voulu. J'avais toujours dit que ça faisait mon charme et c'est sans doute un peu vrai, mais ici, je marchais sur des oeufs et je devais quand même faire attention à ce que je disais et le ton sur lequel je le faisais, même si ce n'était pas toujours évident. Comme mes premières rencontres avec l'hôte des lieux par exemple. Mais je sais aussi qu'ici, je ne suis pas sur mes terres et que je devais donc faire un effort, je ne voudrais pas froisser l'Empereur et me retrouver dans une autre cage bien moins sympathique que celle dans laquelle je suis actuellement.

Une fois satisfaite du reflet que me renvoyait le miroir, je quitte la pièce et traverse les couloirs du château, non sans une certaine dose d'appréhension que je sais très bien dissimuler. Lorsque enfin j'arrive devant la porte derrière laquelle se trouvait l'homme que je venais voir, je demande à avoir une audience, consciente du fait que ce n'est pas comme ça que c'est censé se passer, mais je suis déterminée et sûre de moi. Et j'attends, une poignée de secondes, de minutes, avant que l'on m'annonce que je peux entrer, que je vais être reçue. J'inspire légèrement et entre dans la pièce, un sourire sur les lèvres, confiante, digne. J'étais peut-être déchue de ma couronne, mais je n'en restais pas moins une Bracken. Non je suis Helena Hoare, veuve de Yoren Hoare. Voilà qui j'étais désormais. Il prend les devants et j'eus un léger sourire aux lèvres avant de lui rendre la politesse. " Merci d'accepter cette audience, Votre Grâce" Je reprends ma main et pose les yeux sur lui alors qu'il nous servait du vin. " Je me porte bien et vous même ?" Je soutiens le regard qu'il porte sur moi, je sais qu'il me jauge et je fais de même, faisant abstraction de cette affreuse cicatrice qui lui barre le visage. J'étais toujours sceptique à son sujet, mais plus dû au fait que j'ai appris très tôt à détester les Nordiens et donc l'Empire, sans chercher à comprendre. Aujourd'hui, je devais composer avec les cartes que j'avais en main et l'Empire en était sans doute la principale. Je prends toutefois le verre et le porte à mes lèvres, tout en portant mon regard sur l'extérieur, alors qu'il reprenait la parole et me donnait des nouvelles qui n'étaient pas bonnes du tout. Mon coeur se serre quand je pense à mon peuple, à ces gens que je connaissais et qui souffraient. Je ferme les yeux quelques secondes, le temps d'assimiler les informations et quand je les ouvre de nouveau, mon regard se pose de nouveau sur lui. " Il faut que cela cesse, il y a déjà eut trop de sang versé." Je n'aimais pas voir mon peuple souffrir. Le Conflans avait assez souffert. Mais savoir que l'armée d'Eren n'était pas si loin, me redonnait un peu espoir tout de même. Nous n'étions pas amies toutes les deux, mais je savais que ce mouvement de troupes était certainement lié à la mort de Yoren, elle adorait son demi-frère et maintenant qu'il n'était plus, elle était certainement en quête de vengeance. Je ne savais pas trop, je ne pouvais que m'avancer sur ce point. " Le roi Lyham est vu comme un traître par la plupart de mes anciens gens, ils n'auraient jamais acceptés de se rallier à lui." Rejoindre l'armée d'Eren était donc la solution la plus viable. Mais je ne savais même plus quoi penser réellement au sujet du Tully. " Vous êtes l'Empereur... Vous ne pouvez pas essayer de... De trouver une issue moins sanguinaire ? Je vous en prie, le Conflans à bien assez souffert comme cela." Ce n'était pas une supplique, mais une demande, même si je savais que je n'avais rien à exiger de sa part. Ce peuple qui était le mien souffrait et je ne pouvais plus le supporter.

Dans la vie on a toujours le choix : Aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi-même ou faire semblant.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyLun 18 Juil - 20:51



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Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Je ne peux pas envisager le moindre espoir de me tirer de ce conflit en étant victorieux tant que le Conflans ne sera pas enfin assuré comme la base arrière qu’il est sensé être, comme un moteur de prospérité et non de conflits et de tensions. Tout ce qu’il se passe y est dangereux, nocif. Ce n’est un secret pour personne : le Royaume des Rivières et des Collines incarne une position centrale qui ne saurait être niée par aucun observateur un tant soit peu stratège. L’ennemi le sait, et nous le savons aussi. Mais le Conflans, qu’importent les efforts ou de l’Empire, ou du Roi Lyham, continue d’être désuni. La rançon, sans le moindre doute, d’une politique depuis longtemps délétère menée par les Hoare et tous ceux qui leur furent assimilés avec le temps.


La jeune femme en face de moi porte le nom de cette engeance. Elle sait ce que ce patronyme pèse. Elle sait aussi l’inimitié qu’elle va invariablement lui causer, tant qu’elle le conservera. Si elle le choisit, sans s’en départir, c’est un choix que je peux respecter. Savoir accepter son nom, même si on ne l’a pas forcément choisi d’ailleurs –c’est rarement le cas, que l’on soit homme ou femme-, alors c’est une preuve de force et de maturité… Et le Vieux Loup que je suis comprend le langage de la force. « Du plus fort » serait sans doute caricatural mais au fond, qu’importe. Je note que la jeune riveraine, toute à son empressement d’être reçue… Ne m’apporte pas de condoléances pour ma perte. Je ne lui en veux pas. Elle reste « invitée », mais disons otage pour être honnête. Son statut est remis en question, toutefois. Non pour des tractations de paix. Mais bien parce qu’elle ne compte plus pour son propre pays, du moins, celui de son mari, et que plus personne n’essaie sérieusement de négocier son retour. Si sa liberté ne vaut plus rien pour ses amis…


C’est à moi de la faire compter, éventuellement, pour l’Empire.



| La politesse d’un souverain à un autre. Je me porte bien, compte tenu des circonstances. |


La guerre, évidemment. Mais pas que. Même si la perte de mon enfant lui est liée… La jeune femme confirme que la guerre doit s’arrêter, avec les effusions de sang qui l’accompagne. J’opine, lentement, avalant une généreuse rasade de vin avant de m’essuyer la barbe d’un revers de poignet.


| Je suis d’accord. Mais ce n’est pas prêt d’arriver. Voyez-vous, les Lannister ont posé la patte sur ce pays. Et ce que touche le Lion, il le considère à lui. Jusqu’à ce qu’il soit confirmé dans ses droits. Ou jusqu’à ce qu’on lui coupe la patte. |


Le second point n’est absolument pas une certitude. Pour le reste, je hausse les épaules. J’apparais ostensiblement nonchalant. Presque monstrueux, car dénué de toute compassion. Ce que je dis ensuite n’est pourtant pas un mensonge.


| Une issue moins sanguinaire ? Le sang devra encore couler, jusqu’à ce que l’un ou l’autre camp considère que poursuivre coûterait trop cher. |


Je pivote de nouveau. Fais face à la donzelle. Moi, grand, massif, défiguré, épais en toute chose, et la crinière blanchissant. Elle plus petite, bien plus mince, cheveux blonds, presque tirant sur le roux selon la lumière de la pièce. Et l’air bien plus farouche que moi, qui ne suis que glace, et monstrueux pragmatisme.


| Vos anciens soutiens ont pourtant rallié le Roi Lyham par milliers, après Paege, après Eysines. Nous les avons convaincus. Par les idées, par la prospérité, ou par l’épée. Mais il en reste à décider. Vous avez vu depuis quelques mois à quel point l’Empire se dresse, uni et soudé, face à l’adversité. N’y-a-t-il pas un rôle qui vous est dévolu à vous, Votre Grâce, pour faire cesser cette folie, pour qu’au moins l’on cesse de se tuer entre natifs du Conflans ? |


J’ai bien entendu mon idée. Ma stratégie, de laquelle je ne dévie ni ne démords. On nous interrompt, alors. Et j’arque un sourcil quand un serviteur entre, marmite en main, écuelle aussi. Avec du pain dedans. Des grains de moutarde dans un bocal. De la bière. L’odeur, je la reconnais. L’homme se fige.


| Messire, je suis désolé, je ne pensais pas que vous étiez… |


| Deux écuelles, Hobert. Mon invitée va rester, et goûter à la bière et à l’hospitalité du Nord ; je déteste faire de la politique, et des plans de guerre, avec le ventre vide. |


C’est ma faute, j’ai laissé entendre à Nelya que je pouvais manger un repas chaud pour une fois, alors que mes repas, mensonge éhonté, sont d’habitude plutôt frugaux… Mais je me saisis toutefois de la bière, pour la poser sur la table où sont étalées des cartes, et invite la souveraine à s’asseoir. L’endroit est pour le travail, mais somme toute…


| Vous resterez manger, Helena ? Si vous m’autorisez à vous appeler par votre prénom. Je ne voudrais pas que l’on me dise que l’hospitalité de mon château laisse à désirer… |


Je termine le tout calmement, neutre, comme toujours. Alors que l’ironie, pour elle qui commence à me connaître, doit avoir dégouliné avec parcimonie de mon propos. Hospitalité quand on parle d’une prisonnière, château quand ce n’est qu’un modeste castel… Le tout Fort-Darion pue le grandiose, mais en devenir. L’endroit reste pour le moment simple et rugueux. Comme moi.


| Vous aimez le fromage fondu, et la bière ? |

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyMer 20 Juil - 17:22

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Demander audience était un pari risqué, mais il le fallait bien. Toutefois, j'étais dans un tout autre état d'esprit que la dernière fois, plus calme, plus modérée, moins sur la défensive également. Mais pour autant, j'avais quand même l'impression de marcher sur des oeufs. Pas forcément à cause de mon tempérament, mais plus par rapport à ce que je représente. Je sais que ce nom que je porte ne m'attire pas que de la sympathie. Le nom de Hoare a souvent été synonyme de douleur et de mort. Je le voyais bien mais je composais comme je pouvais avec ce fait. Bien évidemment que les actes de Yoren me répugnent, mais j'étais sa femme, sa reine et dans l'esprit des gens, c'est bien la seule chose qui est retenue. Si Yoren était un monstre, alors je ne devais pas être bien mieux. Ce raisonnement, bien que faux, était fondé et il ne tenait qu'à moi de leur prouver que je n'étais pas la méchante dans l'histoire. Ma mère m'avait demandé par le biais de ses missives, de reprendre le nom des Bracken, que cela passera bien mieux auprès de la cour impériale, mais j'avais refusé. Cela serait de la facilité et je n'avais jamais été comme cela. Plus le défi à relever était de taille, plus je me donnais les moyens et celui-ci était particulièrement ardu. Mais à tout problème, il y avait une solution et il me fallait la trouver.

Les politesses sont échangées, mais je ne dis rien au sujet de la perte de son enfant. Bien évidemment, je le pourrais, étant au courant comme toute personne dans ce château. Je pourrais lui dire que je comprenais, que je savais ce que cela faisait, mais je n'étais pas certaine de l'effet que cela pourrait avoir. Peut-être plus tard, mais pas maintenant. Mais j'eus tout de même un léger haussement de sourcils à la fin de sa phrase. Je n'étais pas dupe, je savais que la guerre faisait rage, que tout le monde se disputait le Conflans entre autres territoires. J'avais mal au coeur rien que d'y penser, parce que ces terres que les armées se disputaient, c'était chez moi. Mais je n'étais pas au courant de ce qui s'y passait exactement. La politique, c'était une affaire d'homme avait coutume de dire mon père, bien que j'en sache un minimum pour être écoutée un minimum quand il le fallait. Je gardais quand même un minimum d'espoir quant au sort de ce peuple que j'appréciais particulièrement, mais ma main se serre autour de mon verre, quand il m'apprend que les Lannister essayent d'avoir la mainmise sur ce territoire. J'essaye de me rappeler ce que je savais sur cette famille, mais impossible que cela me revienne. Mais lorsqu'il reprend la parole, mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines. " Et que faites vous de tous ces gens qui n'ont rien demander à personne ? Ils n'ont pas demander à voir leurs terres pillés, que ce soit par votre armée, celle des Lannister ou de qui que ce soit d'autre ! Ces gens aspirent seulement à vivre en paix, est-ce trop demander ?" Pourtant, il y avait une belle part d'hypocrisie dans mes dires, parce que si nous en étions là, c'était en partie à cause des Hoare. Je soupire et baisse légèrement les yeux et bois une gorgée de vin, alors qu'il pivote et me fait face. J'ai l'impression d'être toute petite à côté, frêle, qu'il ne lui suffirait d'un rien pour me briser, mais je ne m'avoue pas vaincue pour autant. Je relève le regard et reprends. " Je dois bien admettre que vous êtes bien plus organisés et nombreux également." Mais j'eus un léger rire assez ironique et je secoue légèrement la tête. " Quel rôle voulez vous que je joue ? Je ne suis plus la reine de mon royaume, je suis captive de l'Empire et je suis la veuve de Yoren. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, il me semble que mon retour n'est pas souhaité. Ce n'est pas comme si on exigeait que je revienne chez moi." Bien évidemment, je serais bien mieux sur mes terres qu'ici, mais je serais sans doute moins en sécurité. La seule alternative viable serait sans doute de trouver Eren, mais tout ceci n'était qu'hypothétique. J'étais là et pas ailleurs.  " Pour autant, j'étais appréciée du peuple qui était le mien, s'il y a une chance d'éviter des bains de sang inutiles, il faut essayer."

J'allais ajouter autre chose quand la porte s'ouvre et nous sommes aussi surpris l'un que l'autre de ce fait, mais je sens une odeur de nourriture et je reste silencieuse dans un premier temps, hochant juste la tête sur l'invitation qui est faite de rester avec lui. Il est vrai que je n'avais pas mangé et cette odeur, bien que surprenante, me donnait quand même envie. Je m'assieds quand il m'en fait le signe et regarde sur la table. Il y avait quantité de cartes et sans doute des plans de bataille, ce qui ne m'était pas inconnu à dire vrai. Yoren avait la même manie. Je sors de mes pensées, surprise par le fait qu'il m'appelle par mon prénom, mais je souris légèrement." Je vous en prie, faites comme il vous plaira." Mais j'avais bien saisi l'ironie de ces propos et du sens qu'il en donnait. Mais cela n'était pas si grave, j'avais conscience de tout cela et je ne m'en formalisais pas. Si je me plaignais, je me disais que les choses pourraient être pires qu'elles ne le sont actuellement. Et je n'avais pas envie d'être enfermée dans une cage. Pas encore. Encore moins si elle était plus petite et plus sombre que celle dans laquelle je suis actuellement. Mère avait eu raison quand elle me disait que cette liberté que je cherchais tant à acquérir n'était qu'illusoire. Et j'en prenais douloureusement conscience. Je pose de nouveau les yeux sur lui quand il me pose une question et je mets quelques secondes avant de répondre. " Je ne saurais dire Votre Grâce, c'est bien la première fois que je vois un plat comme celui-ci." Mais cela avait l'air appétissant. Et j'avais faim. " Mais j'aime la bonne bière, comme le bon vin ou encore un peu de rhum." Je n'étais pas si difficile.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyLun 15 Aoû - 14:47



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Je ne suis pas un stratège capable de mener trois conversations en une. Il n’en reste pas moins que je me sens capable d’aller chercher des objectifs bien différents les uns à la suite des autres, et de le faire dans un ordre qui paraît le plus logique possible. C’est important, pour moi. Et c’est assez vicieux parfois, quand j’arrive à amener des gens à une posture qu’ils n’imaginent pas adopter au début d’une conversation. C’est ce que j’essaie de faire, maintenant. Je me fais poli, léger, capable dans tous les cas de me montrer courtois, voire même plaisant -malgré ma vilaine trogne- mais je sais aussi que je serais accusé de bien des noms d’oiseaux si l’on se doute à un moment où à un autre des objectifs que je poursuis vraiment dans ces circonstances. Je ressens pourtant du respect, et une forme d’admiration pour la jeune riveraine. Elle n’a pas dévié de la voie qu’on lui a tracée, et imposée. Elle n’a pas envie de se renier, de se dédire, même s’il est assez clair à mes yeux que ce n’est certainement pas elle qui a choisi son destin. Une reine bien éphémère, et pourtant plus valeureuse que beaucoup. L’ironie n’a pas de fin à Westeros. Il n’en reste pas moins que je dois composer avec une jeune femme qui manque d’expérience, mais qui n’est pourtant pas du genre à se laisser manœuvrer. Elle a été reine, même si elle ne l’a pas été longtemps. Elle sait que l’exercice du pouvoir nécessite de faire quelques sacrifices… Et pas toujours de chair et de sang.


| Que fais-je des gens qui croient en moi et en mon œuvre, mais qui se font rançonner, violer et massacrer par les vieilles monarchies de ce continent ? Je les défends. Mais je suis attaqué de toutes parts. Je me défends. Et je défendrais tous les miens, contre toute forme d’agression. |


Parce qu’il n’y a que la guerre. Et parce qu’il n’est pas possible d’envisager que les choses puissent se passer autrement. Pas pour le moment du moins. Car l’ennemi reste légion et qu’il n’est pas impossible qu’il continue de nous agresser depuis d’autres directions. La jeune femme ne semble pas encore voir où je veux en venir, et je ne le sais de toute façon pas vraiment moi-même. Comme toujours, j’explore le champ des possibles, et il n’est pas clair pour le moment. Alors je débroussaille. Je fais la conversation. J’explore en testant les réactions de ma vis-à-vis, en allant chercher tout ce qu’elle peut me raconter sur ce qu’elle souhaite faire.


| Alors impliquez-vous. Eren Hightower n’a rien fait pour vous libérer, si ce n’est sauver les apparences. Elle a volé l’allégeance des derniers féaux Hoare en leur réclamant serments de fidélité qui vous étaient auparavant attachés, à Yoren et vous-même. Manfred Hightower n’a que faire de vous, sinon il aurait envoyé des renforts bien plus tôt pour votre époux. Quant aux fer-nés qui pillent et ravagent vos côtes, cela fait longtemps qu’ils ne considèrent plus le Conflans comme leur propre territoire… Parlons des Lannister ? Ils ne vous ont pas contactée, en marchant sur Vivesaigues. Ils n’ont cherché à obtenir ni votre appui ni contre concours de quelque manière que ce soit. Vous avez été empoisonnée par des gens de l’armée fer-née, et avez perdu votre enfant à naître. Ma propre femme et moi-même avons dû faire face aux mêmes méthodes déloyales, déshonorantes. Personne en réalité n’a rien fait pour vous, parmi les anciens « amis » de votre mari… Et nous avons visiblement les mêmes ennemis. |


Ce n’est sans doute qu’une perception de la réalité, mais factuellement, pourrais-je seulement être combattu, contredit par une vérité que j’ignore ? Je ne le crois pas. Alors je poursuis ; en politique comme sur le champ de bataille, je distingue les points faibles pour m’y engouffrer.


| Certes, vous êtes ici retenue. Mais en sécurité, en vie. Des soins vous ont été apportés. Vous vivez en fonction d’un statut que nous sommes les seuls à vous reconnaître. |


Je guette ses réactions, mais calme, parfaitement neutre, je ne compte pas m’arrêter avant d’être allé au bout de mon argumentaire.


| Votre vie ne s’arrêtera pas à Fort-Darion, Helena. Vous êtes ici depuis assez longtemps pour comprendre ce nouveau monde que nous bâtissons. Et je vous propose d’en faire partie, pour le Conflans. Vous restez une ancienne cheffe de ce territoire qu’il nous manque à pacifier. Vous restez expérimentée en politique, et tout le monde vous respecte ; vous étiez dans le camp Hoare par honneur et devoir, non pour votre bénéfice personnel. Vous ne seriez pas la première à rejoindre l’Empire. Et j’espérais que vous ne seriez pas la dernière. |


L’offre est évidente. Mais comment l’intégrer, concrètement ? Je sais au fond de moi comment l’aurait fait Harren, mon plus vieil ennemi. Et je ne compte pas forcément suivre la même voie. Mais Helena est jeune. Et fertile ; elle n’a perdu son enfant que par une félonie étrangère et reste en capacité, en théorie, d’en avoir beaucoup d’autres. Nombreux sont les loyaux sujets de Lyham qui pourraient épousailler une femme de ce rang pour lui accorder terres et avenir, et fonder une passerelle entre l’ancien Conflans et le nouveau. D’autant plus que Lyham est veuf, lui-même… Et à remarier. Quel symbole plus fort qu’un mariage entre deux concurrents, pro et anti-Hoare, pour sceller une paix durable ? C’est trop tôt, pour l’un comme pour l’autre. Mais la paix ne se fait entre sangs différents qu’en les unissant. J’acquiesce au reste.


| Et bien, soit. Buvons alors. Je n’attendais qu’une excuse pour ce faire. |


Depuis la mort du prince à naître, je bois beaucoup trop, et ne dors qu’assez peu. Rien de tout cela n’est bon pour la campagne à venir… Dont mes idées pour la mener qu’aboutissent sans cesse qu’à l’effusion de torrents de sang. Je cherche dans mon secrétaire, raclant bruyamment les tiroirs de leur montant de bois. Je dépose liasses de papiers et de correspondances passées, jusqu’à mettre la main sur un flacon de rhum de forme cylindrique, que je pose lourdement sur la tablette pour me saisir de deux coupes en argent que je remplis.


| Ces plats nordiens sont parfaits pour encaisser l’alcool que l’on boit pour se réchauffer. |


Je me fais plus sérieux à nouveau en lui donnant son verre pour me saisir du mien. Visage hirsute, défiguré, souligné d’une barbe épaisse noire et grise, et front garni, camouflé, de l’épaisse toison de la même couleur qui me tombe de la nuque aux épaules.


| Je sais la douleur de perdre un enfant. J’aimerais que vous m’aidiez à ce que cela n’arrive plus à personne, en m’aidant à mettre fin à cette guerre inique. Aux princes. A ceux qui vivent, à ceux qui nous manquent, et à ceux qui viendront. |

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyJeu 18 Aoû - 11:26

Into the Fray

Je ne sais pas exactement ce qu'il attend de moi ou encore ce que j'attends de lui, c'est flou. La politique était une affaire d'homme en règle générale et je n'ai pas été formée pour y mettre mon grain de sel... Pourtant, aujourd'hui, je devais bien reconnaître que je n'avais pas vraiment le choix. Je devais apprendre et vite, savoir quelles sont mes possibilités, mes choix, mes priorités et les exprimer très clairement avec autant de tact dont je suis capable. Il s'agit tout de même de l'Empereur et je pourrais tout aussi bien finir au fin fond d'une cellule, que donner en pâture aux ennemis de mon défunt époux. Pourtant, je n'ai pas peur de ce qui peut m'arriver. Ce qui doit arriver arrive toujours, comme le disait mon grand-père. Et il avait raison. La peur est pour les faibles. Et je ne le suis pas. Pour autant, je me doutais bien qu'il avait un plan derrière la tête ou du moins, une idée. Il était poli, courtois et je lui rendais la politesse, par respect bien sûr, mais aussi parce que je le voulais bien. On était bien loin de la furie que j'ai pu être par le passé. Pour autant, chasser le naturel et il revient au galop. Je suis peut-être inexpérimentée en matière de politique, mais j'ai bien d'autres qualités qui sont indéniables. J'inspire légèrement à sa réponse, mais ne baisse pas les yeux pour autant. " Vous savez que pour la plupart des gens, c'était vous l'envahisseur. Les petites gens ne comprenaient pas et je suis sûre qu'ils ne comprennent toujours pas pour la plupart." J'eus un léger sourire avant de secouer légèrement la tête. " Je l'ai penser moi-même des années durant." Je ne fléchis pas, de toute façon, il devait bien se douter de cette position que j'avais vis-à-vis de l'Empire et des Nordiens dans son ensemble. Mais aujourd'hui ? Je ne sais plus. " Enfin vous ou un autre, cela ne change pas grand-chose. Le Conflans est un territoire que tout le monde souhaite rallié à sa cause, quid des pertes j'imagine." Alors que nous aspirions juste à vivre en paix. Mais il est vrai que les exactions de Yoren et de son père avant lui ont réveillés de nombreuses querelles. Nouvelles ou passées.

Pour autant j'eus un léger froncement de sourcils quand il reprend la parole à propos d'Eren. Je savais très bien que si c'était Yoren qui aurait été à ma place, prisonnier de l'Empire, elle serait probablement déjà aux portes de la ville ou pas très loin. Mais Yoren était mort et de toute façon, vu ses actes, je suis même pas certaine qu'on l'aurait gardé en vie. Je le laisse continuer, dérouler son discours et je l'écoute attentivement. Le bilan est noir et je sais pertinemment que je ne dois compter que sur moi pour me sortir de cette situation. Mais cela me semble tellement compliqué que je ne sais pas par où commencer. M'impliquer serait sans doute mal vu, surtout aux côtés de l'Empire et je suis certaine que ça se bousculerait au portillon pour finir de discréditer la famille Hoare ou même les Bracken. Sans compter sur grand-père qui serait sans doute furieux de voir sa petite fille reniée une partie de ce qu'elle était pour survivre. Mais avais je le choix ? Là était toute la question et au fur et à mesure de ses propos, je voyais bien que non. Ma seule porte de sortie était définitivement celle de l'Empire. Et ça me terrifiait plus que je ne voulais l'admettre. Pour autant, je sens mon corps se raidir quand il mentionne cet enfant à naître que j'ai perdu de la pire manière possible. Je serre les dents quelques secondes, avant de soupirer légèrement, baissant les yeux vers le sol légèrement, réfléchissant à ce qu'il venait de me dire. Il enchaîne avec le fait que je suis captive, mais en sécurité, ce qui est vrai également. Quant à mon statut... Je souris et relève les yeux vers lui. " Les ennemis de Yoren et donc les miens, sont nombreux et bien différents." Je le savais pour avoir été sa femme durant un laps de temps assez long. Il était loin d'être le mari idéal et il avait la mort qu'il voulait, l'arme à la main, du moins, de ce que j'en savais. À présent, il ne restait plus que moi et je devais composer avec ce qu'il avait laissé et surtout ses ennemis qui ne voyaient en moi que sa femme. Une Hoare. Une famille à réduire à néant. Mais le cas de cette famille n'était pas unique. Il y en avait bien d'autres et parfois, elles étaient pires. Même si Yoren avait mis la barre assez haute. " Il faut bien que vous compreniez que si je m'allie à vous, cela va m'attirer encore plus de problèmes, mais je vais probablement m'attirer les foudres de ma propre famille." Et ils étaient tout ce qui me restait. " Je sais que mon grand-père et mon frère sont prisonniers quelque part, mais je ne suis pas certaine qu'ils aimeraient apprendre que je m'allie avec vous. Ils sont...Avec ma mère et ma soeur, ils sont tout ce qu'il me reste. Je ne veux pas prendre le risque de les perdre." Plus douce sur la fin de ma phrase, mais qui traduit un sentiment que beaucoup prendraient pour de la faiblesse. Je prends soin des miens, tout comme je prenais soin de mon peuple. J'ai essayé en tout cas. " Je ne suis peut-être plus reine, je n'ai peut-être plus de royaume, mais si il y a une chance de faire revenir la paix au Conflans, alors il faut essayer." J'inspire légèrement. " Si je décide de vous faire confiance, sachez toutefois que je n'attends qu'une chose en retour. Soyez indulgent avec mon peuple, pour la plupart ils ne font qu'obéir, parfois sous la contrainte de leurs seigneurs. Punissez ceux qui doivent l'être, mais épargnez en le plus grand nombre. Mon peuple encore et toujours avant le reste.

J'acquiesce légèrement quand il annonce vouloir trinquer et qu'il n'attendait qu'une occasion pour le faire. L'alcool, un remède pour oublier temporairement ses problèmes, ses peines aussi, mais la réalité revient encore et toujours. Mais pour l'heure, ce n'était pas important. Prenant le verre qu'il me tend, mon regard s'adoucit quelque peu à ses dires. Il n'est jamais facile de perdre un enfant, surtout dans des conditions atroces qui furent les miennes. Je ne sais pas ce qu'il en était exactement pour l'Impératrice, mais je compatissais réellement. Parce que je savais ce qu'elle traversait. " Je suis désolée pour votre perte. Ce n'est jamais évident." Que dire de plus ? Je ne le connaissais pas, pas plus qu'il ne me connaissait en retour. " A ceux qui luttent pour ramener un peu de paix." Penser aux morts c'est une bonne chose, mais le plus important sont ceux qui vivent encore.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyJeu 18 Aoû - 15:12



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Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Tout se mélange dans mon esprit. Ca fait des jours que ça dure. Des semaines. Depuis que le Prince est mort, du moins depuis que je l’ai appris. Mais si je veux être totalement honnête, ça date de bien avant ça. De quand exactement ? A chaque fois que je me retourne en arrière, que je contemple le chemin parcouru, j’observe ici ou là les traces, les prémices, de ce que je vivrais plus tard, et qui me poursuit jusqu’à présent. Je ne sais dire si c’est lié à ma nature propre, ou si c’est l’influence de ce monde retors et dangereux à l’extérieur, de l’ascendant terrible que les événements ont pris sur moi jusqu’à modifier ce que je suis.


Je ne sais pas, au fond. Rhaenys est l’intellectuelle, l’esthète et l’artiste. Comme elle me l’a dit durant notre première rencontre, je ne suis que le boucher, l’artisan des batailles, l’architecte des rêves de gloire et le fossoyeur de la grandeur. Je ne mesure jamais quiconque à une aune différente que celle que me dicte mon instinct de survie. Certains sont valeureux, et utiles. D’autres valeureux mais dénués du moindre intérêt. D’autres sont pleutres, veules. Ils ont aussi parfois un usage. Mais je ne respecte jamais que la force, tel un Harren pourtant paré du masque de l’honneur et de la vertu. J’obéis à un code. Parce que j’en tire profit. La jeune femme me toise, fière, déterminée. Et elle me lâche que c’était moi l’envahisseur. Je la regarde fixement, pendant de longs instants. Et souffle du nez, amusé, étirant un sourire large et franc.



| Touché. Envahisseur ou libérateur, tout dépend de quel côté de l’Histoire on se place, n’est-ce pas ? |


Mon sourire se fâne, et je regarde au dehors. La victoire m’a coûté trop de gens. Trop d’amis, de frères. Et elle n’est pourtant que temporaire ; je dois sans cesse miser ma couronne sur un jet de dé dans des fleuves de sang. Pour le reste, la belle a raison. Et elle a d’autant plus raison de le dire.


| Vous avez du cran. Ca m’a frappé, depuis notre première rencontre. Beaucoup de courage. Il en fallait pour épouser un bâtard né d’Harren, plus connu pour son talent à la hache et au pillage, réputé pour son goût pour les femmes prises de force. Et au moins autant pour me tenir tête, moi l’affreux Loup-Garou du Nord, à la tête d’un peuple de chiens enragés qui vient dévorer les petits enfants sudiens… |


Ce n’est même pas de l’ironie, ni un appel à la complainte de quelque nature que ce soit. C’est une vérité. Un point c’est tout. J’ai déclamé tout cela de mon ton plat, calme, qui fait mon habitude. Je ne m’emporte que quand la situation le nécessite, et quand il est question de vie et de mort. Souvent, ces deux éléments sont mêlés…


| Je note que votre point de vue a changé. |


Helena Hoare a évoqué son point de vue me concernant au passé. Je note, ça aussi. Comme tout le reste. La jeune femme est touchée par mes mots. Heurtée. Je continue de chercher à lui ouvrir les yeux sur ceux qui continuent de garder une apparence sacrée à ses yeux. Sa famille je n’y touche pas, car c’est aussi sacré aux miens… Mais tout comme je ne reviendrais jamais sur mon propre mariage, ça ne m’empêche pas d’ouvrir des yeux calmes et pragmatiques sur les unions. Elles ne sont pas toutes d’amour vrai, et c’est même chose plutôt rare dans les cercles de pouvoir. Je la sais touchée par son sort, et par celui que sa famille a subi. Je ne peux pas dire que je puisse faire autre chose que la comprendre, et partager sa peine. Je ne lui ferais malgré tout pas l’affront de tenter de lui faire croire que voir un héritier de moins pour la maison Hoare m’émeut. Pour le reste… Je comprends encore une fois, les liens des attaches familiales.


| Je peux organiser une rencontre. Votre demeure, Haye-Pierre, est impériale depuis près de deux ans. Elle n’est redevenue Hoare que quelques jours, avant la bataille d’Aubray où votre époux a finalement trouvé la mort. Votre grand-père, votre frère… Ils n’ont plus personne à qui vouer allégeance. |


J’éclaircis ma pensée. Je joue cartes sur tables, dans un jeu des trônes qui n’a pas son paraître pour me surprendre par ces nombreuses ramifications qui ne se dévoilent à moi qu’au fur et à mesure.


| Les Bracken sont une maison importante. A qui voulez-vous rester loyale ? Les Hoare sont morts en dilapidant le sang insulaire plus sûrement que le sang fer-né. Ils vous ont jeté dans la gueule du loup, qui avait pourtant la bouche déjà grande ouverte. Ils ont pratiqué la Terre Brûlée, chez vous, ils ont incendié leur propre territoire. L’Empire protège, votre Grâce. C’est sa vocation. Ce que je vous propose, ce n’est pas de plier le genou et de vous battre dans une multitude anonyme pour irriguer de votre sang et de votre honneur ma bannière. Ce que je vous propose, Dame, c’est de faire partie de ce futur commun que je bâtis de mes mains, avec l’Impératrice. |


Je dévoile des mains que je vois toujours pleines de terre et de sang, cauchemardant sans cesse sur ma dernière visite d’un champ de bataille.


| Vous pouvez bâtir un nouveau Conflans, en vous ralliant à Lyham Tully. Jadis, Bracken et Tully furent en rivalité ou en alliance, mais toujours défenseurs d’un Conflans fier et puissant. Il ne tient qu’à vous de faire ce pas. |


Je soupire, le toast avalé en même temps que le verre et le contenu. J’ai envie de me promener, de pleurer ce fils à naître que je ne verrais jamais. Une vie entière de rires et de progrès qui s’étiole en même temps que la fumée des quelques bougies de l’appartement.


Je sais comment la décider.


C’est venu comme une révélation. Comme une étoile filante dans le ciel. Je finis par me saisir de la bouteille, d’une besace, de mon épée que je ceinture et boucle autour de mon abdomen. Bottes et tenue de campagne feront bien l’affaire ; la Garde prendra ses distances.



| Allons nous promener sous le crépuscule, et je vous montrerais quelle est mon œuvre. Et nous adresserons une prière pour ces enfants que nous ne pourrons jamais chérir ni serrer contre nous. |


D’un pas vif, déterminé, je revêts mon habituel air maussade, presque froid. Et m’adresse au piquet de Gardes Demalion de l’autre côté de la porte. Un mot, que l’on envoie les commis au repas impérial dans la volante de la Garde, et qu’on nous retrouve en face de l’ïle de Repose, à une demie heure de chariot. J’adresse quelques mots aux hommes de faction. Enfile une cape recouverte d’une pelisse, et me tourne vers la jeune souveraine déchue.


| L’Empereur va trop vite pour vous, jeunesse du Conflans ? |
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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyJeu 18 Aoû - 17:12

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Je devais bien reconnaître que je commençais doucement à voir et à comprendre que l'Empire n'était absolument pas comme je l'avais imaginé, ni même comme on me l'avait si souvent décrit dans ma jeunesse. Mais toutes ces histoires qui circulaient, les gens avaient tendance à les croire et plus c'est extraordinaire, plus ça paraît vrai. Moi-même à une époque pas si lointaine, j'y croyais. Peut-être encore un peu aujourd'hui. Il m'observe un moment, alors que je reste fière, droite et que je ne baisse pas les yeux et je vois un sourire, sincère se dessiner sur ses lèvres. C'était bien la première fois que je le voyais sourire en tout cas. Un léger rictus se dessine sur mes lèvres à ses dires. " Tout dépendra de vos actions. Les gens vous jugeront sur ce que vous ferez." Cela semblait être si simple et pourtant, pas tant que cela. Mon peuple s'était habitué à la barbarie de la famille Hoare, que ce soit Harren ou Yoren ensuite. Le sang a beaucoup coulé, beaucoup trop. Et même moi je n'avais pas réussi à stopper mon époux dans cette folie destructrice. " Soyez bon avec eux et ils vous le rendrons, vous pouvez me croire." Dans le cas contraire, pas besoin de faire un dessin.

Son sourire disparaît aussi vite qu'il était arrivé et son regard se porte sur l'extérieur. Mais je hausse un sourcil, surprise par la suite de ses propos et je secoue légèrement la tête parce que je ne voyais pas vraiment la situation sous cet angle, même si sur le fond, il avait parfaitement raison sur bien des points. " Je me suis fait une raison, c'est différent. Mais il est vrai qu'il avait beaucoup de défauts et pas des moindres. Être sa reine, je le prenais comme un défi et une chance de pouvoir aider mon peuple." Quand on voit où cela m'a mené aujourd'hui... Mais la vie est capricieuse et il ne faut jamais rien prendre pour acquis au risque de se brûler les ailes en plein vol. L'homme que j'avais devant moi avait de l'expérience et il inspirait le respect, sans doute autant que la crainte sur un champ de bataille. J'eus un léger sourire amusé sur les lèvres. " Oh ça ce n'est rien comparé à ce qu'on pouvait entendre dans les baraquements des soldats ou alors au coin du feu." Mais je n'en ferais pas l'écho ce soir, ce n'était absolument pas le moment de toute façon et il devait probablement savoir ce qu'on raconte sur lui et son armée de toute manière. Il ajoute avoir remarqué que mon point de vue avait changé, c'est vrai. Je ne pouvais que le reconnaître depuis que j'étais arrivée ici. " Comme le disait souvent mon grand-père, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis." Des paroles d'un homme que je tenais en haute estime. J'aimais et j'honorais mon père, de son vivant comme dans la mort, mais j'avais toujours eu une relation privilégiée avec le patriarche de notre famille, que mon frère et ma soeur, n'ont pas. " Je dois bien reconnaître que j'avais certainement tort sur vous, mais qui sait si j'ai raison aujourd'hui de vouloir vous faire confiance ?" Là était la question à laquelle j'allais devoir trouver rapidement une réponse.

Mais au-delà de ce peuple si cher à mes yeux, il y a ma famille et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter de leur sort. Les missives que j'envoie et que je reçois en retour ne sont qu'un pâle reflet de cette inquiétude qui est la mienne. Si j'annonce officiellement rejoindre l'Empire, les représailles n'allaient pas tarder. A moins que l'idée vienne de mon grand-père, mais il refusera, j'en étais certaine. À moins que... Je fus coupé dans mes pensées et relève les yeux vers lui. " Pardon... Vous... ?" Surprise par une telle proposition, j'en perds mes mots quelques secondes, mais il enchaîne et je continue de l'écouter. A qui je voulais rester loyale ? La question ne se posait pas, mais il continue son raisonnement et je crois légèrement les bras, mais je sais que Yoren a fait une multitude de mauvais choix avant de mourir au combat. Choses avec lesquelles je n'étais absolument pas d'accord, mais bien que je sois sa reine, il ne me demandait que rarement mon avis, même si en privé je me permettais parfois de le lui donner, subissant les conséquences si ce que j'avais à dire ne lui plaisait pas. Mon mariage n'était point un mariage d'amour, je le savais depuis longtemps. Il m'avait choisie pour ce que je représentais, rien d'autre. Mais il mentionne Tully et j'eus un léger sourire aux lèvres. " A vous entendre, j'ai l'impression qu'il serait facile d'effacer des années de querelles, de méfiance entre nos deux familles." Certes il est arrivé que nous soyons alliés, mais seulement parce que la situation l'exigeait. Rien de plus. Pour autant, je n'avais rien de personnel contre Lyham. Lui aussi faisait avec les cartes qu'on lui donnait. Rien de plus.

Je profite de ce moment de silence pour boire quelques gorgées de mon verre, n'ayant pas encore touché à mon plat. Pourtant, je stop le mouvement de mon bras qui voulait reposer le verre sur la table quand il me demande de le suivre en balade. Mais l'idée de sortir du château prenait le pas sur tout le reste et je me lève avec un sourire aux lèvres. " Je vous accompagne volontiers." Il s'adresse à ses gardes et je finis mon verre, prenant un toast que j'avale rapidement pour ne pas avoir à marcher le ventre vide vers une destination que je ne connaissais absolument pas. Il se permet même une petite pique amicale alors que je venais vers lui. " Je vous laisse prendre de l'avance Majesté." Mais le ton n'était pas sérieux. Pour autant je reprends rapidement. " Permettez moi d'aller chercher une cape plus épaisse, je ne voudrais pas tomber malade de nouveau." Cela serait dommage.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyVen 19 Aoû - 14:19



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Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Le rythme est rapide, mais décousu. Un plan est dessiné depuis bien longtemps. Mais loin de ma minutie habituelle avec le calcul des gains et des coûts relativement anticipés pour chaque action, je me retrouve un peu trop souvent ces derniers temps à composer avec la surprise, avec ce que l’on m’oppose. Je sais tout ce qu’elle me dit. Je l’ai conçu comme une vérité dépendante de mon action depuis bien longtemps, que je serais jugé pour mes actes envers les gens qui se mettent sous ma protection. C’est un défi qui semble simple, en apparence. Faire le bien quand on a du pouvoir. Améliorer le sort des gens. Assurer paix et prospérité, pour que les foyers se développent et que tout le monde puisse vivre heureux du bonheur des siens et de leur propre travail pour améliorer leur existence. Et pourtant, rien n’est plus compliqué. Déjà parce qu’il faut se battre contre une nature impitoyable, gérer et juguler les caprices et aléas infligés par une terre nourricière dont il ne faut jamais oublier qu’elle se défend. C’est pire dès que des communautés humaines élaborent et tissent des liens entre elles. L’envie existe toujours, sous une forme ou sous une autre. Le sang est la monnaie de toutes ces transactions. En la matière, je suis réputé pour être tantôt économe, tantôt dispendieux. Mon histoire, la légende que je me forge, jour après jour, revient à toujours paraître économe de celui de mes gens et dispendieux de celui de mes ennemis.


Parler de Yoren Hoare me laisse un goût de cendres dans la bouche. Autant ai-je respecté et haï Harren le Noir, qui avait annexé l’équivalent de plusieurs royaumes au cours de son règne à force de tout perdre en courant Loup et Dragon en même temps, autant je n’ai jamais eu tant de respect que cela pour ses fils. Pourris d’ambition. Vénaux à l’extrême. Ils ne s’étaient illustrés que de sinistre façon ; l’un avait fait entraîner ses archers sur des prisonniers dans l’Orage, l’autre avait pillé, rançonné et violé la moitié de Dorne. Pâles copies d’un homme clairvoyant, que je ne peux qu’estimer même aujourd’hui encore de par l’ampleur de son œuvre, même si j’abhorrerais toujours sa funeste mémoire. Je dois manœuvrer autrement, si je veux réussir là où il a échoué.



| Ne parlons plus de feu votre époux. Il était une calamité pour plus de la moitié des peuples du continent, et je ne tiens pas à ce que sa sinistre mémoire ne soit ravivée par nos échanges. L’essentiel est que je ne suis pas que le monstre dont vous avez entendu parler, et que vous n’êtes pas plus la putain d’une dynastie mourante que j’aurais pu craindre trouver à votre place. |


Nos échanges évoluent. Nos points de vue avec, de toute évidence. Je dévie, volontairement, bottant en touche à dessein pour éviter de trop compromettre la suite de la conversation, avec des arguments qui me sont venus en même temps que l’idée dont je me suis fait l’écho un peu plus tôt.


| L’Histoire dira si vous avez raison ou tort de le faire. Mais le fait est, Majesté, que vous me faites confiance aujourd’hui. Dans une certaine mesure. Car tout ennemi que vous avez pu penser que j’incarne pour votre famille, vous savez que votre sécurité est ma volonté, et la prospérité du Conflans. |


Et d’autres royaumes. Si je n’oublierais jamais le Nord et devrais sans cesse lutter contre la tentation de l’imposer aux autres. Je chéris le rêve de l’idéal commun qui nous porte, tous autant que nous sommes, à œuvrer ensemble pour un futur où les enfants ne mourront pas avant leurs parents, et où dagues et poisons sont remisés au placard des herboristes uniquement. C’est utopique. Mais si on ne rêve pas de plus grand, quand les choses changeront-elles enfin ? Je balaie questionnements et doutes d’un revers de main. Dans la vision qui est la mienne, nous devons nous défaire de nos liens passés pour en bâtir de nouveaux. Cela ne signifie pas abandonner notre histoire, surtout quand elle est commune et partagée.


| Adriel est mort à Aubray, le même jour que Joren. Vous le savez. Mais Cleitos et Brayan sont toujours en vie. Ils sont gardés aux Jumeaux, avec d’autres prisonniers de marque. Si vous nous ralliez, vous, et que j’ai leur parole que plus jamais ils ne prendront les armes, alors ils seront libres de servir le Roi Lyham et d’en tirer bénéfice, ou bien de rester en vos terres pour leur bonne gestion. Peu m’importe, tant que j’ai moins d’adversaires à me soucier. |


Je reste pragmatique, et très franc. Si je respecte les adversaires les plus honorables, je ne suis certes pas incliné à les porter dans mon cœur et leur élimination, si elle peut se faire sans violence, me convient mieux.


| C’est vous qui avez les clefs de votre famille, Helena. Et non un de ses représentants masculins. |


Je le précise, car ça me semble important. Pour le reste… Je souris un brin à la jeune femme qui me tance, et m’explique chercher une cape. Je soutiens son regard un instant.


| Bien. Dans cinq minutes au corps de garde, votre Grâce, si vous le voulez bien. Les plats nordiens se mangent chaud et je ne veux pas me faire bousculer par le cuistot s’il met le feu à sa roulotte de campagne. |


J’imagine très bien la sienne, car si le Train Royal des approvisionnements mis en place pour l’Armée Nordienne est toujours d’actualité pour l’armée impériale sous bannière Braenaryon, ces chariots emportent vivres et fourrages et sont équipés au besoin pour moudre le grain ou cuire le pain et des plats rustiques pour la troupe. Ces fours de pierre dans du charroi encombre l’armée, mais permet, dans les vastes étendues en guerre, de pouvoir toujours centraliser un point de ravitaillement sur les arrières proches de l’armée. Surtout quand il s’agit des régions vides et sauvages du Nord ou bien des zones dévastées par le passage des armées dans le Trident et le Conflans. Je dévale les escaliers, drapé d’une solide cape épaisse et de fourrure passées sur les épaules. Je monte Tempête, que l’on apprête à ma sortie du castel. Epée au côté, une petite troupe s’assemble derrière moi ; une douzaine de Demalion en armures de plates, lances à fanion au poing. La roulante, elle, nous rejoindra depuis le camp. J’attends la jeune femme, et compte bien jouer mon va-tout avec elle.


| Cela fait bien six sept minutes. Si vous arrivez après moi devant l’ïle de Repose au vieil Arbre-Cœur, alors vous me devrez une semaine de fêtes et de banquets à Haye-Pierre quand je la visiterais avec l’Impératrice et les enfants. |


Je ne lui laisse pas le temps de répondre. Lâche un « Heyah ! » en piquant des deux et part à toute vitesse vers le corps de garde, suivi du fracas de la petite troupe de cavalerie qui s’ébranle… Deux hommes encadrant la Reine déchue pour l’escorter à son tour. Mais je prends de l’avance.


Je m’adapte, pour gagner cette bataille-là.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyVen 26 Aoû - 23:16

Into the Fray

Il serait complètement idéaliste et utopique de croire que tout était aussi simple, qu'en ne faisant que le bien, les gens allaient tout simplement y croire. Je savais que le Conflans avait souffert, je l'avais vue, je l'avais vécue et pourtant, la simple idée de me dire qu'il était possible que l'avenir soit moins sombre était une idée tentante. J'aimais mon royaume, j'aimais les terres de Haye-Pierre, j'adorais les gens qui y habitaient, tout simplement parce que j'ai grandi avec eux depuis ma naissance. Ils me connaissent dans une certaine mesure et la réciproque est vraie. Pour autant, je me sentais complètement impuissante. Mais il existait des solutions. Certaines seront assez simples à mettre en place, d'autres passeront certainement par des combats, des batailles, des morts et donc du sang. C'était toujours comme ça. Les hommes aiment la guerre, c'est une nécessité pour certains, un plaisir pour d'autres. Yoren se situait très clairement dans la seconde catégorie. Comme son père avant lui et sans doute une partie des Hoare. Ils aimaient voir le sang de leurs ennemis couler. Pas moi. Même si je reconnaissais la nécessité de certains actes, je ne les cautionnais pas pour autant. Mais pour défendre mes terres, j'en serais bien capable. On avait essayé de me tuer, plus d'une fois et c'est la vie de mon enfant qui en avait payé le prix, qui sait ce qui se passera la prochaine fois ?

Je repose les yeux sur lui quand il reprend la parole et j'eus un hochement de la tête. Parlé de Yoren était rarement une bonne chose, ici comme partout ailleurs. Mais je suis associée à lui, à ce nom de famille, que je le veuille ou non et changer pour reprendre le nom des Bracken était trop simple, trop facile. Je souris légèrement quand il emploie des mots plus crus, plus directs, mais j'en avais l'habitude. " Et qu'auriez vous fait, si j'avais effectivement été la putain que vous avez redouté trouver à ma place ?" La question se posait, même si dans le fond, j'avais bien une idée de la chose. Je souris un peu plus et eus un léger mouvement de la main. " Mais vous avez raison, parlons d'autre chose. Il n'est jamais bon de parler des Hoare dans leur ensemble. Que ce soit avec vous ou n'importe qui d'autre." Surtout avec lui. Je n'ignorais pas les récits de leurs batailles, de leurs confrontations. Mais aujourd'hui me retrouver devant lui, tout en ayant une discussion ouverte, assez franche et sans animosité, je ne l'aurais jamais cru possible. Je me rends soudainement compte que je ne suis plus rattachée à rien, libre dans les faits, je peux enfin oeuvrer pour la protection de mon peuple, comme je le voulais depuis le début, mais pas forcément de la manière dont je m'y attendais. Et il semblait l'avoir compris également. " Je vous ai mal jugé, c'est vrai et je dois bien reconnaître que je ne m'y attendais pas quand je me suis réveillé ici après avoir été trouvée. Mais mon point de vue n'engage que moi, bien d'autres ne partageront pas cet avis. Il vous faudra batailler dur. Où il nous faudra le faire, si d'aventure je me rallie à vous."

Mais il avait raison sur un point, consciemment ou non, j'étais tout de même plus encline à lui faire confiance qu'aux autres. Mais ce n'était rien comparé à la surprise qui fut la mienne à ses dires suivants. Je l'écoute avec attention et hoche légèrement la tête, mémorisant chacune de ses paroles pour m'en servir contre lui plus tard si le besoin était, parce que je savais qu'il ne me faisait pas confiance, pas plus que moi d'ailleurs. Mais si c'était une promesse qu'il était en train de me faire, je comptais bien la lui faire respecter, tout comme je respecterais ma parole. Même si par les temps qui courent, cela ne veut plus dire grand-chose. " Je sais." Une légère pointe de tristesse, mais je reprends avec plus d'assurance. " Laissez moi leur parler et les convaincre. Et si d'aventure ils ne tenaient pas parole et essayerait par un moyen ou un autre de s'en prendre à vous, je vous laisserais seul juge." Mais je devais essayer, il le fallait. Puis j'eus un léger rire amusé avant de reprendre. " Peut-être bien, mais il me faudra tout de même l'appuie de mon grand-père pour faciliter les choses." Même si dans les faits, c'est bien le cas. Le destin de ma famille, de la maison Bracken va entièrement dépendre des choix que je vais être amenée à faire et dans le fond, cela me terrifie.

Mais refuser une balade à cheval ? Jamais ! La simple idée de pouvoir sortir et de pouvoir m'adonner à l'une de mes activités favorites, cela ne se refuse pas. J'insiste pour aller chercher une cape plus épaisse et il me donne rendez-vous quelques minutes plus tard et je souris plus sincèrement, complètement ravie de cette sortie improvisée. " Je ne serais pas longue !" Pour autant revenir à ma chambre était d'une facilité déconcertante, trouver une cape plus épaisse que celle que je portais en étais une autre et je perds du temps. Je finis par me décider et enlève celle que je porte pour la seconde et sort aussi rapidement que je suis entrée, mais visiblement, j'ai été plus longue que je ne le pensais alors que je m'approche de l'Empereur. Je vois les gardes et j'ai beau savoir que c'est nécessaire, je sais aussi que la plupart d'entre eux ne me portent pas dans leur coeur. Je fais abstraction et monte sur mon cheval avec facilité. J'ai appris très jeune et j'en faisais régulièrement avant de tomber enceinte. Je repose les yeux vers lui alors qu'il me lance un défi et sans vraiment attendre de réponse, il s'élance et je le suis. Je savais que j'allais très certainement perdre, il connaissait le lieu bien mieux que moi, mais je mémorise certains endroits clefs, histoire de me repérer un peu. Le cheval file à toute allure et je me sens vivante, je me sens incroyablement bien, je retrouve des sensations que je n'ai plus ressenties depuis des mois entiers et rien que pour ça, je devrais lui en être reconnaissante. Je reste en seconde position, mon cheval suivant le sien au galop et je ne voulais pas que la course s'arrête maintenant, qu'importe l'enjeu du pari, qu'importe le reste. Cela m'avait manqué de faire de l'équitation. Je respire profondément, mais je ne perds pas de vue l'Empereur sans faire attention au reste.

Dans la vie on a toujours le choix : Aimer ou détester, assumer ou fuir, avouer ou mentir, être soi-même ou faire semblant.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyMar 30 Aoû - 0:07



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Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Je me demande ce qu’il me manque. Les Hommes, j’ai toujours su les emmener avec moi. Parler aux foules, aux masses. Emuler le courage des soldats, stimuler leur loyauté. J’ai pu faire de l’armée du Nord une armée sur laquelle compter, en vingt années de guerres. J’ai su la réformer, la polir comme un outil rare et précieux, dont l’efficacité repose sur l’alchimie entre son équipement, son encadrement, sa doctrine, son recrutement, sa logistique, et tant d’autres choses inutilement complexes au regard du profane. Pourtant, malgré ce soin porté à une architecture humaine aussi délicate qu’une armée qui s’étend sur la surface d’un petit continent, je n’ai jamais eu le talent pour emporter l’adhésion des étrangers. Je sais parler aux nordiens. Je sais changer leur posture, les amener à faire ce que je veux qu’ils fassent. Rhaenys est mon contraire. Son armée l’aime et la suit comme une mère ; parfois, ils l’appellent Mhysa, car elle est celle qui a pris soin d’eux alors qu’ils étaient démunis de tout, leur armée décapitée par les odieux assassinats du Noir. Mais c’est surtout auprès des étrangers que ses talents oratoires et son charisme sont les plus efficaces. Je suis le maçon qui consolide l’Empire, elle est l’architecte, avec son talent des idées, du dessin. J’ai de grosses mains d’artisan, mais plus de boucher que de manœuvre ; le mortier que j’utilise pour bâtir cet édifice commun est fait de sang.


| Nous. Ensemble. C’est ça qu’est l’Empire, Helena. J’aime cette idée. |


Et je l’ai pourtant fondé sur le rejet des autres, et de leur propension à nous laisser mourir de notre longue veille sur le Mur, loin au Nord, à la limite des territoires connus. Ce rejet m’a vite poussé à me dire que si les autres ne viennent pas se battre avec nous, nous n’avons plus à mourir pour eux. De ce besoin de défense collective est né l’Empire, sitôt les affronts du Val encaissés sur le navire qui nous déposait, Rhaenys et moi, à la rencontre de notre destin… Qui eut crû que deux ans plus tôt nous mettions pied à terre à l’horizon de cette même place forte, avec vingt mille hommes et un dragon, avant de démolir un empire séculaire pour fonder le nôtre sur ses ruines fumantes ? Je passe sur le reste. Nous parlerons du comment plus tard.


Je sais que je l’ai acquise. Mais une reine déchue n’est pas une possession ; ce n’est pas son « oui » qui m’intéresse, qu’elle a soufflé à demi-mots. C’est son âme. Pour avoir son adhésion, je dois lui montrer la mienne. Comme avec Rhaenys. Qu’elle accepte ou la repousse, mais que sa décision soit vraie.


Nous chevauchons, alors. Et la liberté plus grande que je lui rends n’est pas anodine. Le lourd pas de chevaux lourdement harnachés nous suit, au loin. Chevaliers lourds, lances et fanions impériaux derrière nous. Le soleil se couche, au loin, sur la baie. Je galope encore, un long moment, vers l’Ouest. Tempête est plus fougueux et moins sage que Brennus, mort à Buron. Plus nerveux. Comme je le suis sans doute, depuis cette horrible bataille. Le bruit de ses sabots retournant le sol herbeux et humide de la plaine alluviale m’hypnotise presque. Je reste raide sur les étriers. Chevaux mi-longs, poivre et seul, au vent. Regard figé. La cavalcade me ramène un an et demi plus tôt. Je frissonne sans m’en rendre compte. Les trompettes sonnent, faisant vibrer mon diaphragme quand les cors se surajoutent au tonnerre des cuivres. Le poids de mon armure m’étouffe. Hurlements au poing, casque à tête de loup plus lourd qu’un bouclier. Le bruit à demi étouffé de milliers de sabots qui prennent de la vitesse dans la neige, les sons aspirés dans le blizzard qui recouvre le champ de bataille. La charge. Etriers contre étriers. Mur de chevaux et d’hommes et d’acier, des milliers de chevaux et de cavaliers qui chargent. Cris de guerre, vivats pour l’Empereur et l’Empire. L’immense bruit de fin du monde du choc. Le sang dans la neige. Le hennissement des chevaux. L’odeur d’abats humains et animaux. L’odeur de merde et de cuir. Les orions qui font trembler les membres. Les blessures qui déchirent. Le coup de hache, enfin.


Souffrir tout de même, c’est vivre. Et je sais quoi dire sur la Mort. La mort c’est bleu, et puis c’est blanc. La mort, c’est un silence.


Tempête ne bouge plus. Et broute, alors que le soleil passe derrière les pins et le septuaire de L’Ile de Repose. Au loin, on voit Fort-Darion, à l’est, déjà plongée dans le noir et la lumière des plus hautes habitations, des murailles sur le fleuve. Mais ici rien, le calme. Un feu qui s’échappe du lieu de prière et de veille des religieux. Je tourne la tête. Helena Hoare est là, non loin. Helena Bracken.



| Vous avez gagné, je crois, votre Majesté. |


Je guette en arrière, la roulante de l’armée est encore loin, tirée par ses bœufs. L’odeur du repas s’échappe de la cheminée de son four porté en carriole. Je n’ai plus faim, pour le moment. Les Demalion se sont dispersés autour des hauteurs dominant le fleuve, qui s’étire du soleil couchant à l’ouest le long de la plaine. Au loin, partout où porte le regard, des fermes, des moulins, des cultures. Des enfants qui jouent dehors, bien au-delà de l’île de repose qui trône au milieu de ses pins, sur le fleuve. Une barge de grains, tirée vers la capitale, qui fend les flots en un doux clapotis. Je rejoins la Reine, descends raide du cheval, la jambe gauche douloureuse. Je me presse la cuisse, douloureuse, gonflée. Tends la main à la souveraine pour l’aider si elle le veut.


| Il y a près de deux ans, j’ai débarqué non loin d’ici avec l’Impératrice. A l’époque, je n’étais que Torrhen, Roi du Nord, dépositaire d’un nom plus grand que lui, et elle jeune dragonnière, qui n’entendait rien à la guerre, qui délaissait ses passions frivoles pour reprendre le flambeau d’une destinée écrasante qui lui était dévolue par l’assassinat de son frère et de sa sœur par le Noir. |


Je l’invite à s’asseoir, près de moi, dans les hautes herbes de cette colline bien verte, presque dorée aux derniers reflets de soleil, qui passe par-dessus les montagnes gigantesques du Val, loin au nord-ouest. Un religieux rentre des chèvres au loin, sur l’île de repose, et rejoint le septuaire.


| J’ai proposé à Rhaenys de lui offrir ce monde qui nous utilisait tous deux comme ses marionnettes ; elle comme la gamine puinée d’une dynastie mourante, d’héritiers d’un empire antique déchu. Moi comme le chef d’une bande de barbares juste bonne à vivre et mourir pour tenir le Mur. |


Je profite que Tempête me donne des coups de museau pour que je lui donne une des carottes de maïs dans une des fontes sur son flanc, pour en tirer une outre. Une bière forte, amère, brune comme la nuit. Bien de chez moi.


| C’est là-bas qu’est le véritable ennemi, vous savez. Au-delà du Mur. J’ai vu de mes yeux cette merveille de glace et de magie, et j’ai contemplé les mornes forêts du Grand Hiver. J’ai écouté les histoires, et lu des archives. Le Mal se terre, là bas, au septentrion. Le Val venait de nous insulter publiquement, alors qu’ils étaient sensés être nos alliés. Dorne rompait déjà ses promesses à Peyredragon. Il ne restait que nous, face au reste du monde. |


Je bois une longue lampée, soupire mon contentement, lui passe l’outre. Avant de reprendre.[ :i]


| J’ai eu l’idée de l’Empire après la bataille de Paege, qui nous a vus battre Lyham Tully. Et le rallier. Rhaenys a ce talent. Elle l’a convaincu de la justesse de notre combat contre son ambitieux de suzerain, celui à qui vous avez pris le nom. C’est ça, qui m’a convaincu à mon tour. Si nous pouvions discuter, nous rassembler, nous doter de lois et d’institutions garantissant paix, commerce, justice, pourquoi devrions-nous nous battre seuls ? |


[i]Un cavalier met pied à terre, nous amène une autre outre.



| Ah, je vois que j’ai anticipé… Votre fameux rhum de marin. Si vous me rendez malade, vous en rendrez compte à l’Impératrice. |


Mais j’en doutais ; l’alcool m’apporte depuis toujours l’ivresse de l’abandon, la liberté de l’oubli provisoire. Je l’accueille comme un vrai ami, une maîtresse bien connue. On nous donne des godets, et la roulotte s’installe loin derrière nous, sur le sommet de la colline. Le soleil se couche lentement, à l’horizon.


| Voilà notre œuvre. Ces champs, ces fermes, étaient là depuis des siècles, peut-être. Mais voyez ; il y a dans les parages un Loup du Nord. Deux ans plus tôt, ces fermiers auraient fui, ces religieux se seraient claquemurés. Et maintenant, vous voyez. Ils vivent, et fructifient leur héritage, leur lopin de terre. Ils vendent le produit de leurs efforts, et ne seront plus mobilisés dans des guerres de conquête ou d’orgueil… Ils se battront pour leur chez eux. Rien de plus. |


J’entrechoque le godet de bois contre celui de la jeune femme.


| J’aimerais être le dernier de mon espèce. C’est cela, mon véritable rêve. Rhaenys m’a dit que j’appartiens au vieux monde, lors de notre première rencontre. Je n’ai compris que plus tard à quel point elle avait raison. Ce nouveau monde est le vôtre, celui des Rhaenys Targaryen, des Argella Durrandon, des Mahée Allyrion… Et des Helena Bracken. J’aimerais laisser un autre héritage à mes plus jeunes enfants que le besoin d’apprendre à se battre comme des loups dix ans avant de connaître la caresse d’une femme. |


J’aimerais bien que plus personne ne connaisse jamais de Buron, d’Eysines, de Paege. Mais je suis prêt à en infliger dix de plus aux veules et aux félons qui mettraient en péril cet idéal.


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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyMar 30 Aoû - 19:35

Into the Fray

Être le seul dépositaire de son destin était une chose, j'étais libérée de toutes les entraves que j'avais depuis longtemps et pour la toute première fois, je pouvais enfin décider de mon propre destin au lieu de me plier aux caprices des uns et des autres. Mais alors que je rejoignais l'Empereur pour cette balade à cheval, je comprenais enfin le sens que je devais donner à cette toute nouvelle liberté, parce que je n'étais pas seulement responsable de mes actes, mais je le serais aussi de ceux de ma famille. Indirectement, mais tout de même. Si j'avais jugé certaines décisions de mon père complètement folles, je comprenais aujourd'hui ce qu'il en était. J'avais toujours pensé aux autres avant de penser à moi et je continuerais de le faire tant que je serais en vie. Et si pour le bien des autres, il fallait en passer par l'Empire, alors j'en assumerais les conséquences en cas d'échec. Toujours est-il qu'en montant sur ce cheval, je ne savais pas vraiment à quoi je devais m'attendre. Mais pourtant, le cheval s'élance à sa poursuite rapidement.

Je me souvenais de toutes les sensations, de toute cette joie que me procuraient ces longues balades à cheval à travers la campagne, les forêts, le long de la plage parfois aussi. C'était comme si, assise sur cet animal, je n'étais plus la Reine Helena, comme si j'étais seulement une cavalière comme on en voit parfois, galoper à leur guise. Je ne remercierais jamais assez mon grand-père d'avoir pris la décision de m'apprendre cela, parce qu'en plus du sentiment de liberté absolu que je ressentais, cela m'avait aussi sauvé la vie, quand nous avons dû fuir, même si je tenais à peine sur ma selle. Je ne me souviens que vaguement de cette nuit-là, mais la douleur reste toujours là, au creux de mon ventre, dans un recoin de ma tête et surtout dans mon coeur. Un jour ou l'autre, j'aurais ma vengeance, cela ne faisait aucun doute. Je ferme les yeux et inspire profondément et je souris. Le souvenir de cette nuit néfaste s'estompe, laissant place à d'autres bien plus agréables, comme mes premières leçons, mes premières chutes, ou mes premières promenades. Si je chérissais ma liberté, elle n'avait jamais été aussi vraie que lorsque je pouvais laisser mon cheval courir à travers la campagne. Je suis une fille du Conflans, rien ni personne ne pourra m'enlever cela. Plutôt mourir que d'oublier d'où je venais et qui j'étais. Pour autant, je savais tout de même que de lourdes décisions devaient être prises et que le plus rapidement sera le mieux. J'étais libre oui, mais j'avais quand même des devoirs envers mon royaume, envers ce peuple que j'aimais. La liberté n'est jamais absolue, elle s'accompagne souvent de devoirs.

Les chevaux sont à l'arrêt et d'un geste de la main, je flatte l'encolure de ma monture du jour, comme pour la remercier de cette course assez dingue à travers ce paysage. Mon regard se porte sur l'homme à qui je devais ce privilège et eut un sourire aux lèvres. " Vous croyez ? N'ayez crainte, vous l'aurez quand même votre banquet votre Altesse." Quelque peu moqueuse, mais dans le fond, pourquoi pas ? Même si je doute que l'Impératrice soit aussi encline que lui, à oublier nos déboires passés, si jamais je rejoignais l'Empire, ainsi que ma maison tout entière. Elle n'avait rien à reprocher aux Bracken de mémoire, mais ce n'était pas la question non plus. Mon regard se porte sur le paysage une fois de plus et ce que je voyais me rappelait fortement ce que j'avais vu chez moi avant que la guerre ne reprenne de plus belle. Même si je savais descendre toute seule de mon cheval, je ne refuse pas son aide et saisis la main tendue. Une fois pieds à terre, je le lâche et l'écoute avec attention, sachant que ce qu'il allait me dire était important. Après tout, nous n'étions pas là simplement pour le plaisir d'une promenade à cheval au soleil couchant. Non, mais cela avait un sens. C'était un stratège après tout.

Prenant place dans l'herbe, je regarde l'horizon qui s' étend à perte de vue, mais écoute attentivement ce qu'il me disait. Pour autant, quand il mentionne le Mur, mon regard se pose de nouveau sur lui. J'en avais entendu parler, oui, mais que des rumeurs et des histoires bien trop gosses pour être vraie. Mais dans le fond, qu'est-ce que j'en savais ? Son cheval vient réclamer sa récompense et il en profite pour prendre quelque chose à boire. Il continue sur sa lancée et je le laisse faire. " J'ai entendu des histoires, des rumeurs à propos du Mur. C'est dur de se dire que le vrai danger est là-bas, quand ici tout va aussi mal." Il me passe l'outre et je décide d'en boire une gorgée. La bière est forte et je grimace légèrement, mais je devais bien admettre qu'elle était bonne. Je souris pourtant à ses dires et secoue légèrement la tête. " C'est donc parce que tout le monde vous a tourner le dos que vous êtes partis en guerre ? " Il n'y avait pas la moindre trace d'animosité dans cette question, juste de la curiosité. De toute façon, je savais que les guerres étaient inévitables, ce n'était pas la première à laquelle j'assistais, même si cette fois, elle m'avait touchée de près.

J'allais reprendre la parole quand un de ses cavaliers s'approche, avec une autre gourde et j'eus un sourire aux dires de l'homme. " Vous en avez certainement déjà bu, mais pas aussi bon que celui-là j'en ai bien peur." Quant à la réaction de l'Impératrice, ma foi, je n'avais pas réellement envie de la connaître. Pas dans ces circonstances. Je tiens mon godet quand il verse le précieux liquide qu'est l'alcool dans ce dernier. Je ne buvais pas souvent, même si à mon arrivée à Fort Darion, il m'était arrivé de boire plus que de raison pour oublier ma souffrance, ma colère et surtout cette peur de ne pas savoir ce qui allait m'arriver. Aujourd'hui, ce n'était plus le cas. Je reporte le regard sur l'horizon quand il m'explique que si les paysans avaient eu peur de lui à une époque, ce n'était plus le cas aujourd'hui et j'en avais la preuve sous les yeux. " Cela ressemble à la campagne autour de Haye-Pierre. C'est paisible." Pourtant, je me sentis nostalgique à cet instant et cela c'était surement entendu au ton de ma voix. Je soupire légèrement et après avoir trinquer, je bois une gorgée d'alcool.

Pour autant, quand il utilise mon nom de naissance, je secoue légèrement la tête, continuant de l'écouter parler de ce qu'il souhaiterait. Je garde le silence quelques secondes, le temps d'assimiler les informations qu'il venait de me donner. " C'est un beau projet, un beau rêve que vous avez. Celui de vouloir réunir tout le monde sous le même étendard. Vous savez que ce n'est pas facile et vous faites ce que vous estimez être nécessaire et c'est tout à votre honneur." Je reprends une gorgée de ma boisson et reprends.  " La guerre engendre toujours des rancoeurs, le sang appelle le sang, c'est comme ça. Quand bien même ce rêve est admirable, vous pensez réellement pouvoir le mener à bien ?" Il y aura toujours quelqu'un pour venger un frère mort au combat, où un père. Le cycle infernal de la vengeance. Vengeance que je nourrie moi-même envers ceux qui sont responsable de la mort de mon enfant. Yoren aurait fini par mourir au vus du nombre d'ennemis. Mais pas mon enfant. C'était un cycle sans fin.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyMar 6 Sep - 14:20



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Repenser à Buron me fait toujours ressentir ces deux ou trois secondes qui précèdent le frisson, quand on se met d’un coup à ressentir que la lame de glace ne va pas tarder à nous transpercer. Un sentiment désagréable, qui pourtant incline à ne pas plus attendre qu’il se déclenche finalement, et que l’on se retrouve pris en défaut par le raz-de-marée qu’il incarne. J’essaie de me détendre, alors que mon palpitant s’emballe, alors qu’il fait des bonds dans ma poitrine. Buron et Eysines qui s’entremêlent. La froide solitude de l’étreinte de la mort à la première, le cri tonitruant du dragon avant le coup de poignard d’Harren le Noir. L’excitation du danger. L’étincelle de défi, qui pousse à l’émulation, à la transcendance la plus pleine et entière. Le risque permanent de chuter et de mourir, de trouver plus fort que soi.


Léger sourire quand je donne vainqueure la jeune « invitée » de cette course impromptue.



| J’en suis sûr, je sais reconnaitre une victoire d’une défaite. Mais je vous sais gré de votre invitation. |


Comme si sa taquinerie, son ironie, glissaient sur moi comme de l’eau sans m’atteindre, sans me tancer. Je suis au-delà de la moquerie, même douce et complice. Je suis né chef de meute, et dressé pour endurer. Je n’ai plus beaucoup de fierté depuis les horreurs que j’ai vues, commises et subies, depuis bien des années maintenant. J’ai un mince sourire, toutefois, quand la jeune femme évoque la situation du Mur et du Conflans.


| Vous ne savez pas votre chance, fille de l’été. Dans le Nord, l’hiver lorsqu’il dure des années prélève son dû. Des villages entiers peuvent disparaître, ensevelis, saisis par la glace ou saignés par les catastrophes. Au Mur, les conditions sont pires encore. Le Conflans, même traversé par la guerre, ne traverse qu’une tempête éphémère. Terrible, certes. Douloureuse par sa récurrence. Mais elle passera. |


J’en suis sûr et certain, bien que je ne sache pas quand cet orage-là finira par passer. Nous buvons un court instant la bière, alors que la belle résume un peu simplement la situation qui m’a poussé sur le chemin de la violence.


| La guerre était déjà sur moi bien avant cela. L’Empire est toutefois né de cette solitude devant le danger. Ni le Nord ni Peyredragon n’avaient à être les idiots utiles de tous ceux qui souhaitaient abattre Harren le Noir. |


Leur position nauséeuse, misérable, consistait alors à attendre et voir qui ressortirait vainqueur et affaibli de cette lutte à mort. Si c’était Harren, alors ils s’apprêtaient déjà à se partager son Empire. Tous réclamaient une part du gâteau, l’Ouest, le Val… Hormis le Bief, qui semblait être un ennemi résolu une fois la prise de pouvoir Hightower achevée. Je souris quand le godet s’emplit de rhum. L’alcool rapproche les gens, depuis toujours, bien plus qu’il ne sépare. Il permet de surmonter différences et timidités, quand il ne favorise autrement que la véritable nature des gens, distinguant le veule du preux. Je hoche la tête, rhum au bord des lèvres, alors que la souveraine déchue évoque son foyer –un puissant levier pour moi- et parle d’étendard, d’unification, et valorisée l’idée même, la philosophie de naissance de l’Empire.


J’acquiesce.



| Je vais gagner car j’y crois plus fort et plus dur que les autres. Les autres sont des opportunistes, des joueurs de cyvosse. Je ne me contente pas de jouer avec des pions guidés au loin. Je vis et partage leur destin. |


Sous le ciel étoilé et le bruit d’un hibou, au loin, je tapote ma cuisse, sur mon genou gauche.


| La lame du Noir m’a transpercé là, juste à la jonction entre les mailles et la genouillère d’acier. Elle a sectionné des tendons, transpercé les cartilages. Je boite, maintenant, quand le temps est à l’humidité. Et il l’est beaucoup, dans ce pays de rivière. Rien de plus parlant que cela, de toute manière… |


Je me tourne vers elle, me rapproche. Le visage fatigué mais le regard vif, pénétrant, d’un noir d’encre. Un loup fatigué mais toujours dangereux, au milieu de sa toison brune et grise.


| A Buron… A Buron, j’ai dû démonter au plus fort de la Grande Charge de la Garde. J’ai dû me battre au sol, pied à pied, pour protéger le Prince Baratheon de Peyredragon, étourdi au sol. Une hache fer-née s’est abattue sur mon casque, et si j’ai paré, le coup a abaissé ma lame, ripé sur l’acier et m’a arraché le visage. Si j’ai survécu, je ne le dois qu’à l’hiver qui a vu la bataille, car il faisait si froid qu’aucun esprit malin n’en a pénétré les chairs ravagées par le fer insulaire. J’ai failli perdre mon œil droit, et la migraine parfois m’étourdit. Je n’ai jamais été beau ; mais se réveiller le visage entièrement bandé pour découvrir que dessus il n’y a qu’une masse informe de sang et de chairs déchiquetées laisse des marques. |


Je termine mon godet, me ressert, la ressert aussi.


| Ce sacrifice, je suis prêt à le refaire. Certains sont faits pour créer, pour produire. Certains ont des talents de leurs mains. J’en ai, moi aussi, même si cela veut dire qu’elles doivent être pleines de sang. Je suis le mal nécessaire de cette époque. Rhaenys Braenaryon, Argella Durrandon, Mahée Allyrion, Jon Stark, Orys Baratheon, Lyham Tully… Sont autant de noms qui paveront l’avenir que j’aurais commencé à forger. Vous y avez votre place. Vous êtes vive, vous êtes intelligente, et courageuse. Votre sens de l’honneur vaut au moins autant que celui de toutes ces vieilles badernes qui commandent aux hommes depuis toujours. |


Je fais signe aux aides de nous ramener le nécessaire à manger ; deux Demalion sortent quelques pierres et des branchages, activent un feu alors que nous buvons en silence, sous les étoiles, le fleuve illuminé des quelques lumières de l’île de repose et des fermes alentours, les champs se drapant d’un court manteau de brume. Les aides cuisiniers avivent le foyer naissant, déposent en brinquebalant des piquets de soutènement d’une marmite. On amène le caquelon de fonte d’où ressort une odeur de fromage et d’épices. Je remercie les hommes, leur signifie que je me chargerais du reste. D’un signe, je les autorise à se relayer de leur surveillance, et de manger ou de se délasser pour ceux laissés au repos de mon service près de la cantine roulante.


| Avant tout cela, du sang devra encore couler, tant que nous serons attaqués. Nous ne pouvons pas laisser imaginer que des puissances étrangères puissent s’en prendre à un des royaumes fédérés sans que les autres ne l’assistent. C’est cela même le fondement de l’Empire ; la préservation mutuelle. |
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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyVen 9 Sep - 15:51

Into the Fray

Arrivée en bout de course, je l'observe du coin de l'oeil et il semble bien pensif, mais je n'en souffle pas un mot. Cela serait un peu trop audacieux de ma part et je ne voulais pas retourner tout de suite à Fort Darion. Je voulais profiter de cette chance, de voir autre chose, d'en savoir un peu plus sur lui, sur l'Empire dans son ensemble, ce qui m'aidera à prendre une décision qui impactera ma vie, celle de ma famille et sans doute une partie de mon peuple sur le long terme. Je n'étais pas une stratège, étant trop impulsive, j'agissais au gré de mes émotions, mais je n'étais pas complètement idiote non plus. Il m'accorde la victoire et je hoche simplement de la tête. Il aura quand même un banquet si un jour l'occasion se présente, mais je ne peux rien promettre de plus d'ici là. Mais être assis dans l'herbe, aussi simplement que nous le faisions présentement m'avait manqué. Même si j'étais l'aînée de ma famille, je n'étais pas promise à de grandes choses, si ce n'est faire un beau mariage. Mais durant ma jeunesse, je ne comptais plus le nombre de fois où je suis rentrée au domaine, couverte de boue ou alors avec des branches et des feuilles dans les cheveux. Ce qui avait toujours eu le don d'exaspéré ma mère. Mais elle ne comprenait pas le plaisir que j'avais de parcourir nos terres, de m'enfoncer parfois dans les bois sombres, de tomber par terre. J'étais une Dame, certes, mais j'étais bien plus que ça dans le fond. Mais j'ai un léger frisson assez désagréable quand on parle du Mur qui se trouve au Nord. Je l'écoute pourtant avec attention et je hoche la tête avec un léger soupir. " C'est certain que nous avons de la chance dans notre malheur." La situation pourrait être pire, mais elle pourrait aussi être meilleure et j'en avais bien conscience. Pour autant, je ne pouvais pas réellement m'imaginer ce que c'est de vivre là-bas, dans le froid presque permanant. Non je ne pouvais décemment pas me mettre à leur place. J'avais besoin du soleil, de sa chaleur, des vertes campagnes, de tout ce qui faisait du Conflans un endroit agréable à vivre quand il était en paix.

J'eus un léger sourire aux lèvres et pose mon regard sur une ferme en contrebas. Il avait raison, tout le monde craignait Harren à l'époque. Mais il avait raison quelque part, il n'avait pas à payer pour les autres. " Je comprends mieux ce qui vous a pousser à agir ainsi. Si seulement il n'y avait pas eu Harren, les choses auraient pu être différentes." Mais c'était comme ça et refaire le monde ne servait à rien dans l'état actuel des choses. Il faut juste espérer que quelqu'un de pire n'émerge pas dans toute cette folie. La lignée des Hoare était éteinte, quand bien même je portais encore leur nom. Ce qui n'était sans doute pas une mauvaise chose pour certains. Lui y comprit. Je bois une autre gorgée de mon breuvage, je n'avais pas une grande résistance à l'alcool, alors j'en buvais de petites gorgées, afin de limiter l'impact que l'alcool pouvait avoir sur moi. Mais la bière était bonne. Mon père disait toujours qu'on peut voir la véritable nature d'un homme quand il a bu, parce qu'il n'y a plus d'artifice, plus de faux-semblant. Il avait raison et j'avais pu m'en rendre compte tellement de fois. Que ce soit des hommes ou bien plus rarement des femmes. Mère avait toujours su se tenir et elle n'aimait pas l'alcool de toute manière. Levant les yeux au ciel vers les étoiles, j'écoute toujours ce qu'il me dit. Il y croyait à sa victoire et c'était sans doute une bonne chose, mais au détriment de combien de vies ? Combien de villages pillés et incendiés encore ? Sans doute beaucoup trop. Mais cela faisait partie du jeu je suppose. Pour autant, je baisse de nouveau les yeux vers lui quand il tapote sur sa cuisse et m'explique comment il a été blessé et les conséquences d'une telle blessure. Je grimace légèrement parce que cela n'a rien d'agréable. " J'imagine oui..." Mais il se tourne vers moi pour parler de la cicatrice qu'il a au visage. Ce n'était pas beau à voir, effectivement, mais je n'ai aucun mouvement de recul, ni quoi que ce soit dans ce genre. Je le regarde, le plus naturellement du monde alors qu'il m'explique comment il a eu cette cicatrice cette fois. Décidément il avait raison de dire qu'il partageait le quotidien de ses hommes. Même Yoren qui pourtant était un combattant aguerri n'aurait pas fait la moitié de ce que lui avait fait pour ses hommes.  " Vous êtes encore en vie, ce n'est pas rien. Et puis cette cicatrice ne vous définie pas, ce n'est qu'un malheureux coup du sort. Vous inspirez le respect, la crainte, l'envie de vous suivre, c'est ça qui fait de vous ce que vous êtes. Pas le reste." Peut-être que j'étais trop franche, je ne savais pas, mais c'était mon point de vue. Ou alors l'alcool commençait à faire effet. L'un ou l'autre, qu'importe. Il se ressert et remplit mon godet à nouveau. Il ajoute que j'ai ma place dans cet empire qu'il essaye de mettre en place et je souris légèrement.

Je reste silencieuse quelques secondes avant de reprendre. " Père disait toujours que les hommes qui sont prêts à tout pour la paix et la liberté sont des hommes qu'il valait mieux suivre. La loyauté se mérite, c'est comme tout vous savez." Je bois une gorgée de plus. " Vous m'intriguez beaucoup vous savez. Vous n'êtes pas ce monstre que tout le monde s'acharne à décrire, pour autant, vous ne reculez devant rien pour défendre vos objectifs qui semblent vous tenir à coeur." Et c'était tout à son honneur, mais je ne pouvais que m'interroger sur le rôle que j'aurais a jouer dans tout cela. Que le Conflans n'en sorte pas trop meurtri ni relégué au second plan, serait une bonne chose je suppose. Il fait signe à ses hommes et la bonne odeur de nourriture se répand de nouveau, et je me rends compte que j'avais vraiment faim. Pendant que les hommes s'activent, je regarde de nouveau le paysage autour de nous. La brume commençait à tomber et je ressers un peu les pans de ma cape, par automatisme. Je n'avais pas froid pour autant, pas avec l'alcool qui me réchauffait un peu le sang. Il renvoie ses hommes, disant qu'il se chargeait du reste et j'observe ses faits et gestes en silence, alors qu'il reprend la parole. " Ce que je souhaite c'est la préservation de mon royaume, la protection de mon peuple. Cela a toujours été la préoccupation de ma famille et cela avait été mon principal objectif en tant que reine." Posant les yeux sur lui je souris plus franchement. " Si c'est vraiment ce que vous cherchez à faire, alors je peux envisager très sérieusement de me ranger de votre côté." Rien de plus, rien de moins.

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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyJeu 15 Sep - 15:13



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Ce discours m’est viscéralement chevillé au corps. Jamais je ne pourrais nier que je me retrouve dans la position d’un homme qui fasse quelque chose en laquelle il ne croit pas. Ce serait à mes yeux le comble du déshonneur, de l’ignominie. Il n’y a pas de temps à perdre, quand on mène des existences aussi éphémères que les nôtres. Nous sommes loin d’être éternels, en Westeros. Ni les gens bien nés, ni ceux qui ne le sent pas, ne sont à l’abri des turpitudes d’une existence violente et cruelle, faite d’une lutte constante entre la bassesse et la vertu. Je ne peux m’ériger de mon côté, en parangon de morale et d’honneur. J’ai pris des décisions qui n’ont rien à voir avec ces deux qualités. J’ai dû faire autrement. Changer. Evoluer. En bien ou en mal ? Tout dépend comment on place ce curseur, comment on considère que l’accomplissement des objectifs vaut plus que la façon dont on s’y prend pour les mener à terme.


Ma conscience n’est pas tranquille, elle. Pas depuis que j’ai transgressé l’un de mes seuls interdits ; m’en prendre physiquement, et en position de force, à un homme sensé être mon allié. Le sort de Kevan Gardener me taraude, même si chaque fibre de mon corps me torture depuis. C’est une tâche sur mon blason, et sur mon histoire. Il n’y en a qu’une, au courant. Mais un jour, je devrais bien l’évoquer quelque part.


J’opine, sans regarder celle qui fut reine, quand elle évoque la possibilité d’un monde sans Harren.



| S’il n’y avait pas eu Harren, je serais resté Roi en mes terres, entouré de mes portées de louveteaux, et bien satisfait de consolider le Mur tout en développant des terres riches en paix. Mais s’attarder sur une éventualité qui n’aura pas lieu est futile, Majesté. Harren a existé. Il a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, et c’est le départ d’une nouvelle boucle historique… |


Sans me comparer à Harren le Noir, il y a des similitudes qui pourtant paraissent évidentes. Je dois vivre avec ça, maintenant. Négligeamment, sans trop m’en rendre compte, je passe le bout de mes doigts sur l’affreuse cicatrice qui part de mon front au coin opposé de mes lèvres, survolant mon nez. Je déglutis, quand les doigts remontent sur la joue, alors qu’un flash sensoriel me rappelle l’abominable douleur de ma joue déchiquetée par le coup de hache, la peau dégoulinant de sang, pendant à même l’os. J’ai un sourire en coin. Sauvage, presque bestial.


| Oh, vous avez tort, Helena. Cette cicatrice, c’est très exactement ce que je suis. |


Je me rapproche un brin, tourne lentement la tête sur le côté. Je ne lui fais plus face et la voilà qui peut contempler, au reflet des flammes que les hommes ont attisées pour faire le feu. Elle peut tout voir. Des amères déchirures sur ma joue jusqu’à l’angle en virgule, remontant à la commissure de mes lèvres jusqu’à la pommette. Etrange, encore, comment le coup si droit a ripé sur la plaque protégeant la joue pour l’arracher dans le plus grand désordre, déchiquetant ce qu’il y avait dessous.


| Je suis la mort que l’on donne et celle que l’on reçoit. Je suis la souffrance, et la solitude qu’elle fait naître. Je suis la laideur du mal nécessaire, que le monde se doit d’endurer pour passer cet Ere des Luttes. |


[i]Je lui refais face. La nuit tombe tout à fait, mais reste claire et le ciel étoilé. Je rêve d’y voir Rhaenys voler, mais rien ne trouble la quiétude des cieux et des astres qui s’y révèlent. Ma crinière renvoie les reflets pâles des cheveux gris qui s’entremêlent de ceux, plus obscurs, qui avalent toute lumière. Les puits sans fin de mes prunelles se plongent dans les siennes, et sondent son âme dans le silence seulement rompu des braises qui craquent.



| Je suis dur à la peine, et déterminé plus que quiconque. Cette cicatrice, c’est la preuve flagrante de ce que je suis prêt à faire, à endurer, pour l’accomplissement de mon destin. |


Encore à boire. Je saisis la grosse spatule qui dépasse de la marmite, poussant son couvercle trop chaud d’un gant saisit d’une main. Je commence à remuer, et le fumée des herbes aromatiques, de la bière, du fromage fondu, commence à se répandre. Au loin, odeur de viande grillée. Factionnaires des Demalion et aides de camp dînent, aussi, de la venaison dont je sens les fumets. Le silence s’installe à nouveau, et je sirote mon verre. Je me retourne vers la jeune femme.


| C’est ce que je cherche. Je n’ai aucun désir ni intérêt de voir le sang du Conflans couler comme ses fleuves, cela fait trop longtemps. J’ai besoin d’un Conflans solide, qui irrigue l’Empire de ses denrées et de ses produits plus que de sa sève. J’ai envie d’autres fermes, et de repas simples. |


Je remplis nos verres, encore. Avant de lever de nouveau mon godet.


| Vous êtes née femme, de la maison du Cheval de Guerre. Nos camps furent opposés. Cela ne compte pas, pour moi. Si je restais intransigeant envers ceux qui m’ont combattu un jour, je serais seul. Je vous veux à nos côtés. Soit comme ambassadrice, non loin de nos armées, pour entamer des pourparlers et tenter de ramener dans la paix du Roi des Rivières et des Collines, Lyham Tully, à qui vous devrez jurer allégeance. Ce faisant, je libérerais les vôtres, sous serment qu’ils ne me combattront plus jamais, quoiqu’il advienne, ni ceux de mon sang. Vous pouvez avoir un rôle au conseil du Roi, voire au Collège Impérial. |


Je ne lâche plus son regard du mien. Je me jette en avant, porte l’estocade politique comme je mènerais la percée militaire.


| Vous êtes jeune, et nubile. Vous êtes intelligente, et vous êtes magnifique. Votre main peut consolider le Royaume. Sceller sa réconciliation. Ser Vance, bras droit du Roi Lyham, n’est toujours pas marié. Son général épousant la première dame d’un royaume autrefois ennemi, cela ne pourrait que réunir votre patrie. Voire même, si toutes les parties y agréent, je puis proposer un Concordat au Collège, et sonder Lyham Tully sur ses propres vœux de remariage. L’épouser en temps voulu ramènerait paix et unité au Conflans, et ferait de vous la véritable Reine que vous étiez destinée à être. |
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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyVen 16 Sep - 20:01

Into the Fray

Il ne sert à rien d'imaginé ce que seraient les choses si tout était différent, parce que la vie c'est comme ça, tout simplement. Des imprévus, des trahisons, des surprises, il en fait pour tout le monde. Je hoche légèrement la tête lorsqu'il me résume ce que serait sa vie s'il n'y avait pas eu Harren et il le résumait assez bien, je suppose. Ma vie serait bien différente, je n'aurais pas été mariée à son bâtard de fils et je serais très probablement encore sur mes terres à rêver de ma vie en attendant que mes parents me trouvent un fiancé qui tienne la route. Mais tout cela n'était qu'hypothétique, au lieu de ça, lui était parti en guerre bien loin de chez lui et moi j'étais là, assise au milieu de la campagne en face de cet homme qui en imposait. Je n'étais pas intimidée, parce qu'il m'en faudrait bien plus, mais je reste respectueuse, ce qui est déjà bon signe quand on me connait et qu'on connaît mon caractère flamboyant. " Je sais bien, votre Altesse. Mais rêver un peu n'a jamais tuer personne que je sache." Pour autant, je lui donne mon ressenti sur ma manière de le voir et son sourire... Son sourire me fit légèrement frissonner et me faisait un peu peur. Il y avait quelque chose de bestial, de violent, je sais que la guerre ne pardonne pas et je sais aussi ses horreurs, mais là, je ne sais pas. C'était un sentiment étrange, non pas que je me sente en danger, mais c'était autre chose. Si c'était ce sourire que ses adversaires voyaient, je pouvais comprendre qu'ils souhaitaient le voir disparaître. Pour autant, je pouvais voir la cicatrice, mais je ne bouge pas et baisse les yeux quelques instants. Le dévisager de la sorte serait malpolie après tout. " C'est votre perception des choses sans doute, et celle de vos ennemis aussi très certainement. Mais ce n'est pas comme ça que tout le monde vous voit. Heureusement d'ailleurs, sinon vous ne seriez pas très populaire je pense." Et je venais tout juste de le dire.

Un court silence s'installe alors qu'il reprend la parole et que je lève de nouveau les yeux vers lui. En cet instant, j'ai la désagréable impression d'être en présence de Yoren parce qu'il tenait parfois le même discours sur la guerre, mais lui était bien plus cruel et violent que l'Empereur. Pourtant, je l'avais aimé, malgré des défauts manifeste. Je ferme les yeux quelques secondes pour chasser cette image de mon esprit. " La guerre encore et toujours, à croire qu'il n'y a vraiment que ça qui compte pour la majeure partie des hommes." Le ciel est superbe ce soir et tout est assez calme. La nuit s'annonçait belle et douce. Pour autant, mon regard rencontre le sien et je ne cille pas, je ne détourne pas le regard. Mère dirait que c'était irrespectueux de soutenir ainsi le regard des gens, mais c'est plus fort que moi. Je sens qu'il me jauge et je fais de même, un léger sourire sur le coin des lèvres. Les braises crépitent et au loin j'entends les éclats de voix de ses hommes et c'est la seule chose qui vient perturber ce silence appréciable. Il se penche alors vers la marmite et l'odeur alléchante vient réveiller mon appétit et mon estomac, mais ce n'était pas encore prêt visiblement. Je bois de nouveau une gorgée de mon verre alors qu'il reprend la parole. Il souhaite un Conflans paisible, un endroit où il fait bon vivre et c'est exactement ce que je veux également, je ne dis rien, me doutant bien que ce ne soit pas la seule chose qu'il aurait à me dire. La politique s'invite dans cette discussion, mais je sais que c'est un passage nécessaire. Au moins pour que je sache comment aider et quelle sera ma place dans tout cela. Et celle de ma famille. Il remplit nos verres, une nouvelle fois et je l'écoute encore. Nos familles n'étaient pas dans le même camp, mais si je fais preuve de bon sens en ralliant l'Empire, aucun doute que les autres suivront, sinon, je ne pourrais rien faire pour eux, il avait été clair à ce sujet et j'étais d'accord. Cela me ferait mal au coeur, bien entendu, mais il faut ce qu'il faut pour assurer une paix durable.

Mais pour cela, il va falloir que je prête allégeance à Lyham Tully et ça, c'était une des choses qui seraient compliquées à faire entendre aux miens. Mais j'avais confiance en mon pouvoir de persuasion, il le fallait. Je ne dis rien, me contentant d'écouter, de hocher légèrement la tête et de boire une nouvelle gorgée de ma boisson. Il me propose un rôle au conseil ou même au Collège Impérial, ce qui n'était pas rien tout de même ! C'était bien plus que je n'aurais pensé ! Mais je vois bien qu'il n'a pas fini et le laisse faire. Je hausse un sourcil, surprise quand il me parle d'un remariage. Evidemment, je savais bien que ce sujet allait revenir sur la table à un moment, mais je ne m'attendais pas à ce que cela vienne de lui. Je souris légèrement, sans doute pour cacher un léger trouble, parce que je ne savais pas quoi penser réellement et je réfléchissais rapidement, trop sans doute, mais il gardait le silence et attendait sans doute une réponse de ma part. Je déglutis légèrement, parce que je ne savais pas réellement quoi répondre pour le mariage ! " Si vous avez besoin de moi comme ambassadrice, je pourrais vous être utile sur le terrain. Je connais mon peuple, je sais comment lui parler. Quand au roi Lyham, il sera bien obligé d'écouter ce que j'ai à dire." La situation pourrait même être assez amusante au final. " Pour une place au conseil, il serait peut-être préférable que le Conflans soit unifié, avant de faire quoi que ce soit. Je doute que ma présence soit bien perçue dans le cas contraire." Je soupire, me mordant légèrement la lèvre inférieure, tout en cherchant mes mots pour la suite. Je me lève, remets ma robe et ma cape en place, avant de venir jouer avec une mèche de cheveux assez distraitement. " En ce qui concerne le remariage, je..." Je n'avais jamais réellement souhaité être reine au final, mais si je pouvais être utile au Conflans de la sorte. Mais épousé Lyham en seconde noce, je doute qu'il soit lui-même d'accord, sans parler de ma famille. Mais s'il le fallait... Il serait sans doute un bien meilleur époux que ne l'avait été Yoren. C'est même une certitude dans tous les cas. " Si vous pensez que c'est la meilleure solution pour unifier mes terres, alors c'est d'accord, je veux bien y songer sérieusement de mon côté." De toute façon maintenant ou plus tard, je devrais fatalement en passer par là, alors autant que ça serve un peu les intérêts de ma famille, de mes terres et de l'Empire que j'étais en train de rallié. " Vous savez, je n'ai jamais vraiment voulue être reine. Je voulais simplement avoir un mariage qui tienne la route. Au lieu de ça, je suis tombé sur un mari volage et cruel que j'ai pourtant aimé et j'ai eu la couronne. Ironique n'est-ce pas ?" Je soupire et m'asseois de nouveau dans l'herbe et les bonnes odeurs viennent chatouiller mes narines. " Cela sent bon en tout cas !" Maintenant, j'avais vraiment faim.
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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyDim 18 Sep - 1:28



Into the Fray
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Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 2 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Je dévoile une partie de mon jeu, d’un coup d’un seul. Sans demander mon reste, ni confirmation d’aucune sorte. Je ne crains pas la violence de ce que je propose, je ne crains pas plus de la bousculer, de la tancer. La jeune femme est solide, intellectuellement et émotionnellement. Elle conserve les traces de son passé récent. C’est là-dessus que j’appuie, à dessein, sans vergogne ni pitié. Sans pour autant que je ne me montre bien vil au regard des circonstances ; j’aurais pu faire bien pire. Je le peux encore. Tout dépend d’elle, maintenant. De si elle se dévoile proche des attentes que je formalise pour elle, que j’imagine pour elle, ou si elle s’avère décevante, d’une intelligence dominée par des émotions. Ce n’est pas forcément rédhibitoire, en soi. Ma femme elle-même porte fièrement son cœur et ses valeurs en bandoulière. Helena Hoare n’est pas très différente, en soi. Cette constatation me rassénère, me redonne confiance. Je ne sais pas encore très bien ce que je risque, ce que je peux faire, mais il est clair que je peux aller jusqu’au bout de mes idées, d’une façon ou d’une autre.


L’effronterie de ses mots me fait sourire.



| C’est en cela que vous avez tort. Les rêves tuent aussi sûrement que l’acier. Vous avez perdu votre enfant à venir, votre mariage et votre avenir tels qu’ils vous avez été promis parce qu’un jour, j’ai rêvé d’un Westeros uni sous une bannière unique, frappée du Loup-Garou et du Dragon. |


C’est cruel, mais dit sans aménité. La jeune femme doit bien comprendre que tout ce qui se joue l’est à une échelle plus vaste que ce que nous avons connu jusqu’ici. Je souris, secoue doucement la tête en remuant les braises, en repoussant les limites du feu, ses bordures, en tassant presque son contour du pied, de la semelle de la botte, comme pour le discipliner par la force.


| Populaire, on l’est quand on est jeune et beau, ou charismatique, ou victorieux. Dès que le vent tourne… L’amour des gens fait de même. Ce n’est pas pour cela que je me voue à ce que je fais, Dame. |


j’opine du chef, quand la belle parle de la guerre et de son importance. Combien de fois ai-je entendu ce discours, de toute ma vie ? Tant et tant de fois… Comme si j’ignorais encore aujourd’hui le goût des gens pour la guerre, pour tout ce qu’elle implique… Je ne réponds rien, car il n’y a rien à répondre, aucune réponse n’est bonne, dans ces circonstances. Je me contente de contre-attaquer avec tout ce que je peux faire. J’ai conscience de manœuvrer la jeune âme. Je le fais sans vergogne. Mieux vaut des mots que du sang. Et peut être y aura-t-il encore les deux en quantités, jusqu’à la fin de tout ceci.


J’ai tellement sommeil. Je suis tellement las. Quelle ironie, que je rêve chaque nuit passée sous la tente ou à la belle étoile, non loin des avant-postes d’une armée en marche, rêvant d’un lit chaud et d’une literie propre, et me voilà ici et maintenant à me dire qu’avec cet été je pourrais me prélasser ici et maintenant, me rouler en boule sous la lune et attendre le lever du soleil en me satisfaisant de l’odeur de la sauge et des herbes sauvages, de la lumière des étoiles pour compagnie, et de la voix douce d’une femme. Celle-là n’est pourtant pas la mienne, n’est pas intéressée ni obligée par ma propre compagnie. N’empêche que je serais bien, ici, sans autre responsabilité que voir le jour se lever.


Helena Hoare est prise au dépourvu. Je la regarde, quand elle évoque le rôle d’ambassadrice, et pour le reste elle ne nie rien, ni n’esquive quoi que ce soit. Je comprends sa gêne. Je comprends tout le reste. La belle complimente l’odeur du repas. Je souris, doucement, tirant sur mes cicatrices. Tire deux écuelles, des cuillères et même, deux couteaux. Si elle veut m’égorger, aux dieux, va.



| C’est typique de chez nous. Des aliments qui ne se gâtent pas en route, dans un pays où la culture doit parfois attendre plusieurs années que l’été s’installe. Du fromage en quantité, du pain dur, ramolli par le gras fondu, des graines de moutarde et des baies, sur des tranches de charcuterie salée à foison… Ca tient au corps. Ca repoussera la caresse de la brume nocturne, et vous réchauffera le corps aussi bien que le rhum. |


Je lui tends son écuelle, ses couverts. Je suis ivre, déjà. Nous avons pas mal bu. Pour parler à cœur ouvert. Une négociation efficace se fait toujours godet en main. Je commence à manger, savoure le goût et la chaleur de la fondue sur ma langue, mon palais, et de la sensation bienheureuse qui me chauffe les boyaux.


| Je ne me suis pas remarié par amour. Rhaenys Targaryen me semblait présomptueuse, arrogante, si petite et menue et pourtant pleine de morgue. La première fois, elle m’a dit que j’étais comme Harren le Noir… Un boucher. |


Je souris, en regardant les flammes.


| J’en suis resté en colère. Et pourtant quand Sharra la Belle du Val m’a fait défaut, quand Dorne a rompu ses promesses, je n’ai pu compter que sur ce tendron de femme, cette dragonnière, qui refusait ce que j’avais de plus précieux en ce monde, mes enfants. Pour me dire qu’il n’y aurait qu’un Roi digne d’elle. Toujours cette présomption… Et aujourd’hui, nous avons unifié cinq royaumes, peut être six si la Dorne Allyrion se fédère. |


Je sers une corne de bière brune, très forte, à la jeune femme, dans un godet de bois que je lui tends.


| Nous faisons des choses par amour et par devoir. Parfois, il s’avère que les deux se confondent. Lyham Tully est un homme bon. Que vous soyez son alliée, son amie ou sa femme, vous l’apprécierez. |


Je le dis avec la force de la certitude.
(c) DΛNDELION
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Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


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MessageSujet: Re: Into the Fray    Into the Fray EmptyJeu 22 Sep - 18:59

Into the Fray

J'écoute ce qu'il me dit avec attention et ce qu'il me propose est loin d'être anodin et pourtant, je réfléchis rapidement à mes options. Il sait comment manoeuvrer, je n'en doute pas et il a un objectif assez clair en tête. Mais est-ce que j'étais prête à vraiment m'engager au fond ? Je pourrais laisser mes sentiments dominer une fois de plus, mais j'ai l'impression que si j'agis aussi impulsivement cette fois, il n'en ressortira rien de bon et il semblait assez clément à mon égard et je ne voulais pas que ça change. Il me l'avait bien fait comprendre après tout, que ma captivité dépendait de son bon vouloir, pas dit franchement, mais c'est comme ça que je l'avais compris. Je pince légèrement les lèvres à sa réponse et secoue la tête en soupirant, mais je sens comme un froid glacial m'étreindre le coeur quand il me rappelle ce que j'ai perdue dernièrement et si mon regard se fait plus sombre et que j'inspire profondément, j'essaie de me contrôler, de contrôler ma peine, et cette colère qui remue mes tripes à l'instant. " Il est vrai que votre rêve a détruit le mien." Un peu trop sèche, mais je ne me laisse pas démonter pour autant et reprends avec un sourire quelque peu forcé sur les lèvres. " Je pourrais vous en vouloir, au même titre que ceux qui ont essayer de m'empoisonner et qui ont tué mon bébé." Il y avait de la colère derrière mes mots, et sans doute un fond de vérité, mais sans lui, je ne serais probablement plus en vie et il le savait aussi bien que moi. Je baisse les yeux sur le feu, boit une nouvelle gorgée de ma boisson. Je commence à en ressentir fortement les effets, mais j'essaie de restée concentrer. " Les rêves des uns détruisent ceux des autres, c'est en ce fait qu'il est dangereux de rêver. Mais vous ne pouvez pas empêcher les gens de le faire, même vous, vous avez des rêves et des espoirs." Il reste humain après tout, mais j'agite la main légèrement avant de reprendre. " Changeons de sujet voulez-vous." Penser à mon enfant c'était me rappeler le vide, cette absence de vie, moi qui était si heureuse...

Mais il savait appuyer là où ça faisait mal et je prenais ce fait en considération et le garde en mémoire. J'écoute la suite et ris légèrement avant de hocher la tête. " Alors pourquoi le faites-vous ? Un roi n'est rien sans le soutien de son peuple. Être crains n'est pas gage de réussite. J'en sais quelque chose. Mais... Peut-être avez vous raison, je ne sais pas. Est-ce vraiment important au final ?" Là était toute la question au final. Peut-on être craint et avoir un règne long et prospère ? Possible, mais quand je suis devenue reine, je n'ai pas imaginé une seule seconde être haïe par les miens. Mon peuple m'avait donné raison, j'étais bien vue, bien accueillie partout où j'allais, tant que ce soit sans Yoren. Avec le recul, je me rendais compte de pas mal de choses. L'alcool aidant sans doute à délier les langues. Moi plus que lui, quoique... Mon regard se lève une nouvelle fois vers le ciel et je soupire légèrement. Combien de fois me suis-je endormie sous un arbre ou simplement allongée sur l'herbe ? Trop souvent, mais la plupart du temps loin du regard de ma mère, qui ne supportait pas de me voir agir ainsi. " Il y avait bien longtemps que je n'avais pas pu admirer le ciel étoilé, assise simplement dans l'herbe. Un peu plus et j'aimerais bien rester pour voir l'aube poindre à l'horizon..." Je me rends compte que j'ai parlé à voix haute et je rougis légèrement tout en secouant la tête pour dissimuler mon léger trouble d'un tel aveu.

Mais sa proposition et son discours me permet de me concentrer sur autre chose et sans l'admettre, j'étais surprise d'une telle demande, un peu décontenancer également. Mais il n'ajoute rien ce qui me perturbe un peu plus et je ne sais même plus comment je dois réagir. Ambassadrice est bien loin du titre de reine, mais pour le moment ça suffira. Quant au remariage, avec un peu de chance, il abandonnera cette idée, auquel cas, il faudra que j'en discute avec le principal concerné et aucun doute que ça sera certainement une discussion déplaisante pour l'un comme pour l'autre. Il m'explique alors que c'est un plat du Nord et je regarde la marmite en me disant que manger épongera sans doute l'alcool que je venais de boire. Il me tend mon écuelle et mes couverts. Couteau dans les mains, je le serre brièvement entre mes doigts avant de le poser sur le côté. Il commence à manger et j'en fais de même et je hausse un sourcil, surprise par le goût et c'était vraiment bon et il avait raison, ça réchauffait vraiment. Je continue de manger quand il reprend la parole pour me parler de son impératrice. Je relève les yeux vers lui quand il ajoute qu'elle l'avait comparé à Harren et je souris légèrement parce que c'est comme ça que je l'avais vu au départ, même pire que mon beau-père qui avait pourtant une sinistre réputation. " Quand j'ai vu Yoren pour la première fois, j'ai été horrifiée et fascinée par lui. Mais je n'aurais jamais cru aimé un tel homme et pourtant aussi surprenant que ce soit, il n'avait pas que des mauvais côtés. Je l'ai aimé, même s'il a commis bien des atrocités." Franche, je n'ai pas vraiment conscience de l'impact de mes mots, ni même si ça devait en avoir. Il était mort maintenant et moi j'étais là. Il reprend la parole et cette fois, je pose les yeux sur lui alors qu'il me tend un autre godet de bière que je pose sur l'herbe. " Je ne prétends pas le contraire votre Majesté. J'ai bien retenu cette leçon." Finalement avoir été la femme de Yoren avait sans doute été formateur. " Je ne doute pas une seconde que ce soit un homme bon, on verra bien après tout." Qu'il y ait mariage ou non, nous allons devoir apprendre à nous faire confiance à minima, autant que j'y mette de la bonne volonté s'il en faisait de même. Je reprends une gorgée de bière, qui me semble plus forte, mais je n'en dis rien et continue de manger. " En tout cas, l'Impératrice semble avoir du tempéramment..." Amusée un peu, mais j'apréhendais le jour où nos chemins devront se croiser.
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