Discord  AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Deal du moment : -40%
TOSHIBA 55UA4B63DG – TV LED 4K UHD ...
Voir le deal
369.99 €

 

 That Terrible Strength

Aller en bas 
MessageSujet: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyMer 4 Mai - 11:08



 That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
La ville est belle. La fumée des cheminées s’élève au dessus de la Baie des Crabes, au-dessus du Trident. Le bourg sur l’îlot central du fleuve s’éveille. On déplie des bannières, on bat tambours et on sonne les cors et trompettes. Nul doute sur qui revient ; l’Empereur et ses hommes, ses généraux les plus proches et des renforts du Nord, de Peyredragon. Ils fêtent déjà ce retour annoncé de navires par dizaines qui commencent à s’ordonner pour se hisser sur la grève de la baie, ou à quai pour les navires au plus grand tirant d’eau. Les voiles sont grises, blanches, rouges, noires ou violettes. Elles viennent de plusieurs royaumes, et de nombreuses maisons. Dans l’armée, aucune réjouissance. Nous n’avons pas vaincu, au Val. Nous n’avons pas été battus non plus. Repoussés par les événements, invasion avortée d’un royaume félon qui nous nargue, jusque deux jours plus tôt, avec sa flotte qui se retire sitôt qu’elle nous aperçoit.


La capitale est en danger.


Entretemps, j’ai reçu missives de Mahée et de Rhaenys. J’ai appris. J’ai su. La mine sombre, plus renfermé que jamais, je salue à peine la foule de la cour qui s’est assemblée en amont des quais de la capitale ; signes de tête, quelques signes de mains, et je me retourne. La Garde Impériale tout juste assemblée sur les quais débarque, armure de plates complètes et casques à cimier. Puis, deux cohortes au complet, fantassins lourds équipés de cuirasses frappées du loup et du dragon, étendards à l’écartelé impérial claquant dans le vent du jour qui diminue. Partout sur la côte, les navires trop nombreux accostent et déchargent troupes et matériel. L’armée est de retour. L’Empereur aussi.


J’accepte l’escorte proposée, et nous remontons au castel à cheval tandis que je flatte l’encolure de ma monture, Tempête. Content de retrouver le plancher des vaches. Frustré d’une conquête facile, les Piz, et d’une que je ne peux parachever en personne, les Trois Sœurs.


Le Val ne perd rien pour attendre. Quand le Loup se remettra en chasse, ce sera pour le dépecer.


Arrivé dans la cour du bastion, on applaudit, on acclame. Je croise le regard de visages connus. Nelya Omble que je salue et remercie pour son soin de ma ville et de mes affaires. Isla Chelsted, avec qui je garde quelques longues secondes un regard visuel lourd, pesant, que je détourne contrit. Mesenfants arrivent, portés par Lady Swann. Je les embrasse. Je me contiens. Je les garde contre moi un moment, malgré le public.


Je me détourne, entre d’un pas vif dans le castel, fait réunir tout le monde dans la salle du trône. Je ne m’assieds pas. Armure et épée au côté, l’attitude est martiale. Je toise la foule de sous ma toison poivre et sel, me frotte la barbe de même coloris. Avant d’entamer.



| Gens de Fort-Darion, Peuples de l’Empire ! Nous sommes de retour, et nous devons maintenant combattre une nouvelle menace sur notre flanc sud. L’Empire se défend collectivement. On me dit que mon fils, le Roi Jon, mène ses bannières sur Vivesaigues pour dégager du siège le Roi Lyham. La Reine Argella monte au front contre le Bief. Et l’Impératrice a vaincu à La-Tombe-Du-Roy, libérant une première ville dornienne. Mahée Allyrion, notre amie et loyale alliée, a rallié de nombreuses villes et soutiens, et réclame la couronne de la Principauté. Dorne ne saurait survivre sans notre aide et notre soutien, que nous lui apporterons. Je soutiendrais son intégration comme puissance fédérée auprès du Collège Impérial, que je réunirais dès demain pour faire le point sur la situation ! |


Acclamations. Surprise. Réticences. Je débrieferais tout cela plus tard.


| Mais j’ai une mauvaise nouvelle, qui me touche personnellement, et qui touche ma famille. | Je déglutis. | Malgré sa victoire, l’Impératrice a perdu notre enfant à naître. Un Prince.|


Murmures, regards alertés.


| Cela ne remet pas en question notre détermination à protéger notre édifice commun. A garantir notre avenir. Je me remettrais, sitôt les forces débarquées et rassemblées, en campagne. Je chasserais l’ennemi du cœur des Terres Impériales. Ce soir, fêtez les libérateurs des Piz et de deux des Sœurs, car nous entrons à nouveau en guerre. |


Pas un mot sur les Valtigar et leurs prétentions. Pas pour le moment. Je descends de la petite estrade où trônent les sièges. Et me retranche aussi sec dans le bureau attenant à mes appartements, en haut de la plus haute tour du petit château. Je ne reçois personne, dans un premier temps, je conviens avec Nelya que nous nous reverrons le lendemain. Avec un tonnelet de vin, je rumine. Je lis des cartes, je m’épuise les yeux. Jusqu’à ce que l’on toque formellement, et qu’un Demalion entre. Annonce Dame Isla, de Chelsted. Surpris, je redresse un regard torve vers l’homme. Hésite. Lui dis qu’elle peut entrer. Je ne relève pas les yeux des cartes que je lis, sur lesquelles je trace au fusain des lignes entre ici et l’Oeildieu. La voix est haute et claire, mais sans chaleur. J’ai perdu un enfant. C’est la première fois. Et cette funeste sensation ne me quitte plus, depuis des semaines.


| Si vous êtes venue me demander si vous pouvez écrire à Sa Majesté pour la soutenir, la réponse est oui, Isla. Elle aura besoin de soutien. Plus encore avec la distance. Plus encore avec les épreuves qui l’attendent. |


(c) DΛNDELION


Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyMer 4 Mai - 22:10


Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes

Une nouvelle aube débute, la luminosité s'accentue, doucement les oiseaux vont faire entendre leur chant pour annoncer une nouvelle renaissance. Elle ne s'en rend pas réellement compte, pour elle la journée ne s'est pas terminée, à dire vrai la dame n'a pas dormi et tout cela n'est qu'une continuité. Ce commencement elle ne s'en aperçoit pas, c'est à peine s'il existe dans son monde de vélin et de parchemins. Les torches brûlent, les serviteurs se sont relayés pour lui permettre d'avancer sur les nombreux documents qui parsèment la table de la bibliothèque impériale. Bien entendu une dame avec ses responsabilités possède un bureau, mais elle l'use à peine, elle préfère l'ambiance de cet endroit. De toute façon bien peu d'âmes viennent troubler sa veille, cette antre n'est qu'un lieu de passage pour la plupart. De plus ces documents comportent un tel assemblage de termes techniques, alliés à des locutions en ancien valyrien, que seuls les initiés peuvent les déchiffrer et uniquement les juristes chevronnés peuvent en percevoir toutes les subtilités. Isla, Dame de Chelsted, veuve éplorée aux yeux du monde pose la plume qui ne l'a pas quittée de la nuit. Un petit soupire de contentement, un bref moment de flottement et elle se détache de la feuille. Observant un instant la liesse qu'elle a noirci elle se demande l'heure qu'il est.

C'est alors que des cuivres déchirent le silence de cette pointe du jour. Elle sursaute, écarquille les yeux, son cœur s'emballe lorsqu'elle imagine qu'il pourrait s'agir de mauvaises nouvelles. Elle craint un instant de percevoir un rassemblement ennemi aux remparts lorsqu'elle scrute l'horizon avec fébrilité. C'est un spectacle bien plus plaisant qui s'étend sur la Baie des Crabes. Des voiles, si nombreuses et si colorées qu'on aurait pu s'interroger sur le déploiement d'un arc-en-ciel directement sur l'onde encore obscurcie par les restes de la nuit. Ils fendent fièrement les flots sur la maigre distance qu'il reste avant d'accoster, cette éclatante démonstration de puissance lui coupe un instant le souffle alors qu'elle reste immobile face à la fenêtre. Le retour de l'Empereur avait été annoncé, mais la dame n'avait pas voulu se faire trop d'illusions ou d'espoirs avant de pouvoir le constater de ses propres yeux.

La surprise passée tout s'enchaîna rapidement. Il n'y avait pas de temps à perdre, et surtout il ne fallait surtout pas se présenter en retard ou même manquer les cérémonies officielles de l'accueil du souverain. Cependant elle ne pouvait pas décemment se présenter avec son teint pâle à faire peur, ses cernes et surtout sa robe fatiguée et bien peu flatteuse. Ce n'était ni digne de son rang ni faire honneur à celui qui revenait de lourds combats. Des maigres rumeurs qui circulaient les nouvelles n'étaient pas encourageantes. Si aucun désastre n'avait eu lieu la situation restait préoccupante, pour ne pas dire franchement anxiogène. Une percée dans les lignes de Lyham Tully avait ouvert une route presque sans obstacle pour une attaque de la capitale. L'occasion était trop belle pour que le Bief et consort la laisse s'échapper. On s'attendait à une attaque, on se préparait au sang et à l'horreur. Si le soulagement était de mise, ce retour ne procurait pas que liesse, car il attestait qu'il y a matière à l'inquiétude. Balayant sa table de travail d'un revers de main la conseillère récupéra les fruits de son travail, repartant d'un pas précipité, chargée comme une bête de somme. Elle fit appeler deux servantes, demande de l'eau, laissa ses précieux écrits dans un coffre verrouillé dont elle est la seule à posséder la clé.

Isla arriva juste à temps, essoufflée mais ponctuelle. Grâce à sa course, quelque peu malmenée par sa toilette plus propice aux distractions de cour qu'aux activités sportives, elle avait retrouvé du rose aux joues. Peut être analyserait on cela comme un émoi face aux retrouvailles impériales, mais elle ne s'en préoccupait pas. Elle concentrait surtout ses efforts sur le fait de ne pas haleter tel un bœuf après les labours. L'homme apparut avec sa suite, directement le silence s'imposa sur l'assemblée et la dame compris que l'heure était grave. La mine sombre, les yeux ternes, il semblait même voûté. Exécutant une révérence parfaite la conseillère n'eut pas besoin de plus que ce regard appuyer pour comprendre qu'une souffrance avait éclaté et qu'elle ravageait son âme. La terreur s'empara d'elle, n'aidant pas à calmer sa respiration. Elle conservait néanmoins l'air impassible de ceux en représentation officielle. Elle ne pouvait se permettre d'aller quémander des nouvelles, ce n'était ni l'heure ni la personne auprès de qui s'épancher. Suivant docilement la cohorte des personnages prestigieux dans la salle du trône Isla se permit un discret froncement de sourcils. Son esprit fatigué tournait à plein régime. Ce ne pouvait être Rhaenys, la nouvelle se serait bien trop rapidement répandu dans la capitale. Tout du moins Isla essayait elle de se rassurer comme cela.

Le discours impérial fut bref, concis, pragmatique. Cela n'empêcha pas l'émotion, digne, contenue, mais bien présente. La dame de Justice manqua de perdre l'équilibre, pendant une fraction de secondes elle ne peut plus tenir son masque de respectabilité et l'horreur se peignit sur ses traits. Une pointe de colère, de tristesse et d'impuissance lui perça le cœur. Elle n'osait imaginer la souffrance de son amie, de sa presque sœur, de son impératrice, si éloignée, si seule, si tourmentée par l'existence que cela en devenait insoutenable. La culpabilité fut immédiate, les remords cuisants, mais Isla se raisonna sur le fait qu'il y aurait tout le temps pour cela. Digérant les nombreuses nouvelles apportées par Torrhen elle chercha de nouveau à accrocher son regard sans y parvenir. Elle comprenait mieux l'aspect éteint de son regard, la rigidité de son expression, la froideur de son maintien et la gravité de ses mots. Ses derniers mots furent pour un appel à la fête, solennel elle répéta en chœur les mots rituels, telle une litanie consolatrice, que toute l'assistance scanda

- Pour l'Empire et la paix.

Elle a quitté la salle à regret, elle aurait bien voulu trouver un prétexte, une sottise pour pouvoir rester et s'avancer vers l'Empereur. Non seulement pour en savoir plus, connaître les détails de l'état de son épouse, sa position, l'opportunité de la rejoindre ou si elle comptait bientôt les retrouver dans la capitale. Pourtant elle sortit en même temps que les autres, démunie et silencieuse. Il lui fallait rester seul, tout du moins un moment, n'en avait il pas le droit ? La dame était remonté dans son bureau, le désir de sommeil l'avait tout simplement quitté, et elle ne put calmer l'agitation que par une promenade sur les remparts. Face à mer Isla pria un moment, pour le prince qui jamais ne vivrait, pour sa mère et le fardeau de cette perte qu'elle porterait à jamais, pour Torrhen et son esprit qui ne devait être rongé que par la culpabilité. Elle aurait voulu démarrer une lettre, s'occuper par des actions concrètes, peut être même préparer un baluchon pour s'enfuir le plus rapidement possible dans le but de la retrouver. Cette entreprise est une sottise mais pendant un instant l'idée d'en relever le défi ne lui fit pas peur. Puis elle jura, la dame si délicate lissa sa robe avant de rebrousser chemin vers la forteresse, la tête haute, le regard droit, déterminé et grave.

Elle se présente sans avoir été mandé, l'audace ne l'étouffe pas, mais elle s'en sent la légitimité. N'est elle pas une âme dévouée, une conseillère de talent soucieuse de l'état du couple impérial ? Elle est nerveuse à l'idée qu'il pourrait la rabrouer, ne pas accepter de lui parler après plus d'un mois en mer. Elle ne sait plus trop quel est son rôle vis-à-vis de lui, certes sa mission est clairement définie mais les frontières de leurs échanges est floue, comme brouillée dans l'incertitude de l'attirance mutuelle qu'ils se portent. Finalement un garde la laisse entrer. Elle garde pour le moment les yeux baissés, de peur que les iris glacés ne lui arrachent une larme. Elle ne peut engager la conversation, les convenances peuvent être un carcan cruel. Il est penché sur des cartes dans ses appartements luxuriants. Cette silhouette solitaire est bien plus à plaindre qu'à envier en ces funestes instants. Il coupe court à tout ce qui pourrait être une entrée en matière. Aucun salut, nulle formule de politesse, il tranche tout de suite le vif du sujet et si c'est appréciable Isla ne peut que se tenir à la première chaise venue.

- Je vous remercie votre Majesté d'exaucer ce vœu qui me tient à cœur. Cependant ce n'était pas là l'unique raison de ma venue. Je ne saurais souffrir de vous causer le moindre désagrément et si vous souhaitez demeurer dans la solitude je vous laisserai sur le champ. Mes paroles auront le goût de cendres, et je suis bien démunie face au deuil que vous traversez, mais veuillez accepter toutes mes condoléances.

Ces paroles sont emplies de sincérité, mais elles ne sont pas à la hauteur. Isla s'en désole, mais rien de plus créatif ne lui vient, rien qui pourrait apaiser ou soulager le poids de la peine qui s'est arrogé une place dans son cœur. De plus elle ne le connaît pas assez pour pouvoir lui offrir réconfort ou distraction. Ce n'est peut être même pas dans ses désirs.

- J'ai éprouvé le poids de la solitude en ce mois passé. J'ai œuvré à votre service, me dévouant aux tâches que vous m'avez confiée. Mais je me sens démunie aujourd'hui face à vous, je ne pouvais rester en retrait. Je ne puis souffrir vous savoir tous les deux si seuls et si accablés. Et je ne peux me rendre instamment auprès de l'Impératrice pour lui offrir mes soins, il me faut honorer mes serments et la dévotion que je vous porte en vous apportant une compagnie dans ces heures sombres. Vous ne m'avez pas abandonnée dans les voiles noirs et déchirant de la tempête. Il me faut me tenir à vos côtés et vous entendre en retour si vous le voulez bien.

La démarche peut sembler cavalière, peut être même lui paraîtra t-elle insensée. Mais elle répond à une logique implacable, à une loyauté sans faille, qui en premier lieu toute dévoué à Rhaenys s'est étendue à son époux. La Chelsted se détache de son appui alors que ses derniers mots enveloppent l'atmosphère, elle se rapproche de lui et s'agenouille à ses cotés, une posture qui rappelle la prière. Elle souhaiterait lui toucher la main, mais c'est un pas qu'elle ne peut se permettre de franchir. Si lors de leurs derniers échanges une familiarité inédite c'était installée, elle ne sait ce qu'il en est devenue en plus d'un mois d'absence. Baissant la tête elle ne s'attend à rien, peut être simplement à un remerciement et à un refus de son offre, mais elle ne pouvait absolument pas rester sans rien faire.

Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyJeu 5 Mai - 10:57



That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Lire des cartes a toujours été un exutoire. Parce que j’y lis le relief et l’hydrographie d’un territoire, ses routes et ses chemins, ses cultures et ses autres sources d’approvisionnement. Je contourne ou fonce sur les communautés plus ou moins urbaines, plus ou moins agraires, sur le besoin qui émerge de se ravitailler en cours de route. On ne peut pas nier que c’est aussi un moyen d’imaginer et de me projeter dans ce qu’il y a de plus concret dans mon règne ; se battre et vaincre, ou risquer la mort. Je sais que mon moral, mon état de forme, joue toujours sur les perspectives que je peux entrevoir. Mais ce que je lis cette fois n’est pas très positif.


Ennemis au sud-ouest, au sud, à l’est, au sud, et peut-être dans le Détroit.


Trente mille hommes à Vivesaigues. Nombre indéterminé dans l’Ouest en réserve, peut-être quinze mille. Cinq mille à Salvemer, prenant notre plus grand port des Mers du Crépuscule. Vingt à trente mille bieffois à Herpivoie et Lychester. Le double à Fellwood. Peut être dix mille hommes dans les garnisons tenues dans les Montagnes Rouges. Et les forces de ces parvenus Valtigar, inconnues, mais des dragons.


Nous ne pouvons peut-être plus l’emporter.


Alors, je travaille. Encore et encore. Je lis les parchemins rédigés par l’armada de l’état-major du Loup, transformé en état-major impérial lors de la Fondation. Je lis les endroits où sont entreposés vivres et matériels. Je note les temps de passage entre villes et régions. Je compte le navire, et leur tonnage, pour redéployer des forces. L’attaque contre le Val a réussi, mais sa prolongation terrestre a été avortée. Elle m’a coûté Bowen, et quelques hommes de valeur. Mais le Val va pouvoir être étranglé, économiquement parlant.


Isla arrive en plein milieu de ces réflexions.


Je sens à sa démarche, à sa posture, qu’elle est touchée. Elle plus que tout autre doit avoir cruellement ressenti la nouvelle de la mort de notre enfant avec Rhaenys, presque à terme. Elle se tient à une chaise, comme pour s’aider à ne pas tomber, à ne pas succomber au malheur et au désespoir. La belle, que je ne regarde pas tout de suite, me remercie de mon accord pour l’envoi de missive à Rhaenys mais m’explique que ce n’est pas la seule raison de sa visite. Elle me ménage, Isla, comprenant mon besoin de m’isoler. Sa sollicitude est réelle, sa compassion si dense qu’elle me blesse presque de sa propre douleur. Si je ne suis pas si proche des gens, c’est que je ressens bien trop souvent ce qu’ils éprouvent eux-mêmes. C’est comme l’horreur de vagabonder sur un champ de bataille, juste après les combats.


Je hoche brièvement la tête, acceptant ses bons sentiments, mais sans fioritures, sans m’embarrasser de la déclaration de mes propres émotions. Je ne sais pas comment je me sens. Mal, évidemment. Mais à quel point ? Je ne saurais le dire en aucune manière. Isla parle de sa solitude, de son impuissance, de son envie d’honorer serment et d’accomplir sa « dévotion » à mes côtés ; elle veut me rendre la pareille de ma propre sollicitude. Et se met à genoux. Je la toise, un long moment, toujours sans souffler mot. Les seuls sons dans la pièce émanent de la cheminée dont le feu allumé fait craquer le bois mort, sa respiration et la mienne, bien plus tranquille, plus lente, comme une lame de fond comme la sienne paraît moins contrôlée.


J’entrevois le corps de mon fils mort-né, Rhaenys en larmes, en proie à une de ses rages difficilement contrôlables, éprise de vengeance et brûlante de haine. De grands malheurs vont naître de ma décision de l’avoir envoyée au sud. De grands malheurs naissent de chacune de mes décisions, de toute façon. J’entends encore les hurlements des suppliciés, hommes, femmes et enfants des tribus sauvageonnes, crucifiés par milliers sur la route de Winterfell après La-Mort-Aux-Loups. J’entends le bruit étouffé des sabots de milliers de chevaux harnachés chargeant dans la plaine enneigée de Buron, le blizzard avalant hennissements, cavalcade et hurlements des hommes.


La neige tombe et recouvre toujours tout. Sauf le sang, qui la teinte d’écarlate.


J’expire lentement, profondément, main tendue, doigts déployés, au dessus de sa tête penchée, soumise. Main qui tremble. Que je contrôle, que je replie.



| Cet enfant n’a pas eu la chance de vivre. Je l’ai déjà pleuré, dans la plus noire des nuits, alors que le Val se débinait une fois encore devant mes propres voiles. Relève-toi, Isla. Je suis seigneur en ces terres, en ce « palais », mais je ne suis pas un dieu souverain auquel tu dois demander quoi que ce soit à genoux. |


Je la toise, je la regarde. Je ne veux pas de ce genre de rapports entre moi et mes vassaux, mes serviteurs, mes aides de camp. Une obéissance aveugle, oui, encore, mais pas une dévotion personnelle qui me rend mal à l’aise. On ne révère pas le Loup. On le juge utile pour s’en prendre aux autres prédateurs et réguler le gibier massif qui défonce les cultures. On le craint, aussi, pour les excès de sa nature. Mais si on le respecte on ne le vénère pas pour autant. Je suis repassé au tutoiement. Et me tourne vers la cheminée, mains croisées dans le dos, regard perdu dans les flammes.


| C’était ma décision. D’envoyer Rhaenys, enceinte jusqu’au cou, vers la guerre et vers la mort. Mon choix. Mon risque. Ce n’est pas moi qui ai tué notre enfant, mais je suis responsable. ¬|


Enoncé d’un ton calme, neutre, glacé.


| Beaucoup de gens vont encore mourir avant que tout ne soit terminé, Isla. Je vais encore être amené à tuer ou faire tuer tant de monde… |


Ma voix se brise net, se casse comme du bois sec. Je déglutis.


| Ton sang, celui de Rhaenys, arrive. Ils ont posé pied à Dorne. Ces Valtigar, et leurs dragons, et leurs légions de soudards. Je dois vaincre ici, et je dois vaincre vite, pour aller combattre ce nouvel adversaire, pour contrarier cette conquête qui se profile. |


Je me retourne vers Isla.


| Tu ne devrais pas être ici. Tu m’as dit la dernière fois, que tu ne souhaitais pas que nous dévions de notre travail en commun. Mon travail à moi, c’est la guerre. Et il m’appelle sans cesse vers de nouveaux horizons. Je rejoindrais Rhaenys quand je pourrais, pour l’aider à vaincre ces nouveaux adversaires. Mais en attendant, je dois me battre ici. Au sud, à l’ouest, à l’est. Partout, jusqu’à la victoire ou la mort. Il n’y a pas de place, Isla, pour me confier sur ce que j’éprouve. Seul compte mon devoir envers mes peuples. L’Histoire me jugera plus tard. |



(c) DΛNDELION



Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyJeu 5 Mai - 21:08

Le décor est raffiné, l'atmosphère parfumée et agréable, cela dénote quant à la scène qui se joue en ces lieux prestigieux. La tête baissée la dame de Justice se mord les lèvres, retient les larmes qui menacent de briser l'équilibre de son visage. Elle ne peut se permettre cette attitude, elle se méprise déjà bien assez de par son discours si peu satisfaisant. Isla n'a pas été taillée pour la miséricorde ou la compassion. Ou alors peut être en est elle trop esclave pour transcrire en paroles ce qu'elle perçoit de l'homme au-dessus d'elle. Leurs âmes semblent se comprendre, elles sont brisées et ont appris de la pire des manières à reconnaître leurs semblables. Ce ne sont pas les cicatrices corporelles qui forgent les traumatismes et modifient les comportements, ce sont les épreuves, les distorsions de l'esprit, qui changent à jamais la perception des yeux et l'analyse des attitudes. Ce n'est pas le premier malheur qui accable le loup, elle connaît assez la surface de son histoire personnelle pour savoir que les jours sombres ne lui sont pas inconnus. Elle ne peut le regarder, cherchant dans les ouvrages des tapis un peu de force pour lui donner autre chose qu'une lamentable complainte. Elle pourrait paraître se morfondre, appuyant sur sa propre douleur alors que celle qui lui fait face transperce comme l'eau glacée sous la surface du lac gelé. Isla connaît trop peu cet homme, ou alors trop bien, il n'a pas vécu les mêmes épreuves, ni même effleurés les mêmes horreurs mais quelque part ils se reconnaissent comme des égaux dans ce domaine.

Elle ne veut pas lui paraître autocentrée, si elle n'a parlé que pour elle c'est qu'elle ne peut s'avancer pour lui. C'est une main tendue qu'elle lui offre en s'offrant vulnérable la première. Il balaie cet offre d'un mot, d'une phrase claquante qui la fouette tel le blizzard venu du Nord. Elle se sent idiote, ainsi affalée à ses pieds alors qu'elle n'a voulu que lui démontrer son accablement. Son geste a pu lui apparaître emprunt de religiosité, il n'en est rien. La dame n'est pas dévote, à peine croyante, elle ne mise que sur sa propre débrouillarde depuis un moment, jamais les puissances supérieures qui règnent dans les hauteurs ne l'ont distinguées par quelque miracle, elle n'a toujours pu compter que sur elle. Elle avait espéré qu'il la relèverait, qu'il se trouverait touché et peut être quelque peu soulagé. On ne peut pas dénier que l'égo en prend un coût mais elle le comprend. Doucement elle retrouve l'équilibre de son maintien, redressant le regard vers l'obscurité qui lui fait face. Elle frissonne, non pas de froid mais d'émotion face à tant d'accablement. Dehors les oiseaux s'en donnent à cœur joie, n'ayant pas appris à montrer du respect face aux afflictions des hommes. Les bruits de l'eau parviennent à peine à leurs oreilles mais dans le silence tous les sons semblent se décupler, ou est ce leur attention qui a besoin de se focaliser sur quelque chose ?

Son regard glisse sur les cartes, la culpabilité qu'il exprime elle se grave dans son esprit. Ce fardeau qu'il s'impose est tout naturel, sauf que sa perception est biaisée, ces choix étaient vitaux, indispensables pour garantir une victoire, pour faire avancer une entreprise commune. Il partageait ce trait avec sa compagne, celui de se sacrifier entièrement pour les autres, sans rien réclamer, sans exiger plus que ses droits naturels, mais avec cette absence totale de tolérance pour le sacrifice des autres. Rhaenys avait toujours inspiré cette dévotion aux autres, un amour débordant, suscitant vocations à ses côtés, à son service. Elle en était fière, elle rendait souvent d'une manière ou d'une autre la loyauté qu'on lui démontrait, mais en contrepartie elle ne pouvait rester indemne de la perte de ses soutiens. C'est humain, c'est même tout naturel, mais les souverains peuvent parfois au contraire développer ce genre d'indifférence aux âmes humaines, aux serviteurs qui toujours plus nombreux se pressent autour d'eux. Il n'en est rien pour ce couple impérial, et peut être est ce aussi pour cela qu'ils savent mieux que personne fédérer autour d'eux.

- Toutes ces décisions n'ont pour seul coupable que la guerre. La convoitise du pouvoir et le goût du sang a assemblé nos ennemis, vous vous êtes tous deux dévoués à nous sauvegarder de leur joug. Te ronger de culpabilité ne changera pas l'issue, c'est arrivé, et l'âme de ce prince brille malgré tout dans nos cœurs. Il a été aimé et chéri avant même sa première respiration, ce que bien des hommes ne connaîtront jamais même avec une longue vie. Je ne cherche pas à apaiser la peine, elle fera désormais partie de nous. Mais s'il y a un coupable à trouver il réside dans cette sanglante abomination. Je connais Rhaenys, tout du moins assez pour savoir qu'elle n'aurait pas supporté de rester à l'arrière dans ces instants cruciaux. Pas en connaissance des enjeux, au mépris des risques, elle se dévoue toujours corps et âme, elle s'est battue pour nous tous.

L'impératrice se punira pour cet acte de bravoure, Isla sait parfaitement que la rage qui animera ses pas sera avant tout dirigé contre elle-même et cela lui donne la nausée rien que d'y penser. Reine pour se faire souffrir bien plus que de raison, se flagellant de culpabilité alors que rien ne l'accable, c'est en cela que la dame regrette de ne pouvoir être à ses coté. Pour lui éviter la folie, pour lui faire retrouver une indulgence envers elle-même et une acceptation de sa douleur. Car une fois encore la vengeance masquera la peine, elle cherchera à noyer son déchirement dans le sang, sans que jamais cela ne lui apporte le moindre répit. Isla replace une mèche derrière son oreille, ses longs cheveux détachés dans une cascade naturelle. Ils ont bien poussé depuis leur dernière rencontre, elle n'a pas eu le temps ou l'esprit à les couper. Cela lui allonge le visage, lui donne même un air un peu plus lumineux, en comparaison de l'homme brisé qui lui fait face. Elle ne sait pas quel effet produira son discours, certainement pas la puissance escompté, mais elle désire réellement lui faire ouvrir les yeux.

Sa voix coule à la suite, énonçant plus une certitude qu'une promesse. Peut être que la dame devrait en être horrifiée, mais elle hoche simplement la tête, compréhensive. Cela n'appelle aucune réponse, elle accepte simplement ce qui est, ce qui doit être nécessaire pour le bien du plus grand nombre. Isla déteste la violence, elle exècre les démonstrations de force pure qui réduisent les paroles à néant, opprimant les faibles et annihilant toute liberté. Ce qui la remplit d'approbation c'est que ce bras armé n'est pas usité dans l'oppression mais dans la défense d'idéaux plus grands que les hommes, pour le rassemblement d'une communauté humaine dans la paix et cet objectif bien supérieur aux intérêts d'un seul homme ou d'un seul peuple vaut tous les sacrifices.

L'Empereur s'est enfuit à quelques pas, tourné vers la cheminée il lui livre ce qui est encore un secret pour le reste de la capitale. Valtigar, ce nom résonne à son oreille et réveille des souvenirs anciens, tout de suite elle fait le lien avec la prestigieuse qui a connu âge d'or sous l'antique Valyria. Des dragons ? Comment cela se peut il, Isla les pensait tous éteints, hormis ceux sauvés par les Targaryens lors de leur exil en Westeros. Elle fronce les sourcils, elle a du mal à concevoir toutes les implications que ces nouvelles forces apportent dans le jeu des trônes. Il semble qu'un capricieux gamin ait renversé le plateau, déséquilibrant totalement les forces en présence. La situation de l'Empire se dégrade si cette nouvelle menace se tourne contre lui. Cela la désarçonne, elle n'est pas une militaire, elle n'a pas l'esprit pour ce genre de joute stratégique, elle ne peut deviser avec lui sur ce genre de sujets sauf à paraître niaise ou totalement ignorante. Elle ouvre grands les yeux, mais reste silencieuse, ruminant ces nouvelles, les tournant dans son esprit pour essayer d'en percer les mystères. Toutes les antiques familles avaient été détruites par le fléau, sauf celle qui c'était réfugiée trop loin pour être atteinte. Comment ces héritiers des anciennes lignées avaient ils pu survivre, conserver assez de capacité de subsistance pour faire éclore des dragons et les alimenter sans que personne n'en ai jusqu'à présent entendu parler.

- Ce sont des étrangers en ces terres. Ils ne connaissent ni le terrain ni les peuples de ce continent. Cette ignorance peut leur être fatale, tout dragons qu'ils possèdent. Ta maîtresse une fois de plus t'appelle mais elle n'exige pas que tu te tournes entièrement vers elle ce soir. Il y a un temps pour chaque chose, et celui du repos avant la bataille doit être savouré tout autant que l'adrénaline des combats.

Elle veut dévier son esprit de toutes ces considérations. Elle le sent épuisé, bien plus que ce qu'il ne lui a jamais montré. En quelques pas elle détruit cette distance qu'il a imposé entre eux, elle n'hésite pas, se montrant plus sûr d'elle qu'elle ne l'est en réalité. Isla ne le connaît pas assez, elle ne peut agir qu'en miroir de ce qu'elle analyse. Elle le sent perdu, abandonné sur un îlot de solitude, certainement incompris et trop abattu pour avoir l'envie d'expliquer quoique ce soit ou de demander. Elle l'affronte, jaugeant jusqu'où elle peut se permettre d'aller alors qu'il se retourne pour la toiser. Il revêtit la cape du devoir, se drapant dans une dignité pour fuir ce que l'homme peut bien ressentir. Le costume de l'Empereur est certainement plus facile à porter, ses décisions plus aisées à prendre. Malheureusement il ne peut plus espérer tenir sur ces seules fondations. Il est ébranlé, jusque dans les racines même de ce qu'il est, elle le sent bien et cette crise couve depuis plus longtemps que ce deuil tragique. Elle plante alors ses iris noisettes dans l'azur des siens. Transgressant toutes les convenances elle rompt la barrière qui les sépare alors qu'il lui adresse reproches et vertueuses maximes. Elle l'écoute, attentivement même mais elle a fini par comprendre que jamais la parole ne pourra percer ses défenses. Si elle veut se faire comprendre c'est peut être communiquant d'une autre manière. Ses mains fines se posent alors sur ses bras, glissant avec lenteur sur ses avant-bras, avec tendresse, s'arrêtant alors que les siens recouvrent entièrement la finesse de ses membres. Cette posture a quelque chose de fraternel, de profondément intime. Ce n'est plus à l'Empereur qu'elle souhaite s'adresser mais à l'homme sous l'arme.

- Le froid a passé depuis notre dernière entrevue. Le temps l'a effacé et a clarifié mes pensées. Ne pourras tu pardonner l'hésitation d'une dame tiraillée entre sa loyauté et son attirance ? Je ne peux continuer à te voir te fourvoyer de la sorte. Tu te noie dans ce travail, en oubliant jusqu'à ta nature d'homme. Elle te pèse certainement mais ce n'est pas en la laissant derrière toi qu'elle te laissera en paix. Le devoir attend derrière la porte de ces appartements, mais pour le moment il ne te drape pas. Il n'y a que nous, il n'y a que la nuit qui attend et qui mieux que personne sait dissimuler les secrets comme révéler les âmes.

Ces paroles pourraient paraître bien poétiques, mais elles semblent nécessaires. Alors que ses iris dévient vers les lèvres serrées qui lui font face Isla essaie de rester concentrer sur son objectif. Pressant ses paumes sur la chair elle veut lui faire retrouver une connexion avec le corps. Lui qui n'a certainement plus écouté ses besoins les plus élémentaires pour se dévouer entièrement à une tâche titanesque, ce géant qui lui fait face, stoïque sur son piédestal pourrait se briser de n'avoir pu respirer. Il a besoin de lâcher prise, ne serait ce que quelques heures, de se perdre dans autre choses que des componctions et des géhennes. Délicatement, sans pression elle l'attira à lui, quittant sa prise sur ses bras pour enserrer la taille massive, peinant à en faire le tour. Elle pris une grande inspiration, pour tenter de l'apaiser, aussi bien lui qu'elle alors que son cœur bat la chamade de ce contact spontané. Ce geste n'est pas réfléchi, c'est un élan, une pulsion qu'elle n'a su réprimé à temps, alors que toute considération de rang s'est envolé.

Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyJeu 5 Mai - 22:22



 That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Je suis perdu, dans ce genre de circonstances. Parce que je n’ai pas l’habitude de parler. Pas à une femme, sinon à Rhaenys. Nelya a eu des confidences. De sacrées, parfois. Mahée, aussi. Elle a failli avoir tant et plus, Mahée. Mais les circonstances ne s’y prêtaient pas. Et ne s’y prêtent jamais vraiment. Ce n’est pas le genre d’homme que je suis. Je ne suis pas Harren Hoare, qui, d’après les histoires sur lui, pouvait rentrer dans sa chambre, y faire monter une femme, n’importe laquelle, et la saillir sans vergogne pour sa vertu à elle, son éventuel mariage, ou n’importe quoi d’autre. Je désire Isla, pourtant. C’est très clair depuis cette fois dans la rivière. C’est concret. Je l’ai vue nue. Je l’ai devinée nue. Elle était là, devant moi, offerte, discourant à propos de plaisir, de sentiments, de liens du mariage ou en dehors. Toutes ces pensées m’ont un temps parasitées, ont trouvé leur paroxysme dans la tempête qui nous ramenait à Fort-Darion. Mais sans rien de plus.


Tout cela, comme toujours quand il s’agit du beau, s’est dissipé dans la nuit et le brouillard de la baie dominée par la frêle et naissante Fort-Darion, dont les tours culminent haut dans la nuit.


Isla est touchée. Je la sais humaine, je la sais sensible. Plus que les autres femmes qui m’entourent d’ordinaire, elle se montre incroyablement fragile et pleine de compassion. Les autres n’en sont pas dénuées mais, comme moi, ne peuvent l’exprimer publiquement. Elles sont reines, dirigeantes, impératrice, même. Si elles montrent des fragilités, cela se sait. Si j’en montre, c’est pareil. Par souci de soutien mutuel nous n’avons pas le choix ; si nous en montrons à l’autre, alors, nous montrons que nous ne sommes pas infaillibles, pas solides comme les rocs que nous sommes sensés l’être.


Piégés, en somme, toujours par le poids de ce que nous sommes.


Dehors, la nuit. Dedans aussi. Un voile sombre tombe sur le monde comme un linceul, comme celui que ma femme n’a pu laisser à notre fils. Je sais comment il a fini. Sang de dragon, pour partie. Elle l’aura confié aux siens.


J’ai envie de hurler, en y pensant. Tant j’aurais aimé qu’il repose à Winterfell. Mais dans les catacombes dans ce qui fut ma ville, il n’y a que des Stark, et le petit eut été Braenaryon. Je ne veux pas penser à la tradition que nous devons nous-mêmes mettre en place, avec Rhaenys. Je ne veux pas perdre d’autres enfants, de mon premier mariage ou du second. Je ne veux pas perdre la femme que j’aime. Et pourtant… Pourtant, je sais que le sang coulera. Tant que j’aurais des ennemis, il coulera. Ils nous l’ont montré, à plusieurs reprises. En campagne, dans l’Orage. Poison, lames dans le noir. Nos petits ne seront jamais en sécurité tant qu’il restera un souffle à nos ennemis.


Il faudra donc les tuer jusqu’au dernier.


Isla continue, évoque la guerre et tout le reste. Elle repasse, elle aussi, au tutoiement. Je ne souffle mot. Je ne dis rien. Rien ne pourrait étouffer ces remords et ces regrets. J’aurais préféré avoir Rhaenys avec moi. C’eut été dire non à Dorne, mais plier le Val en moins d’un mois. Nous disperser pour défendre tout le monde, cela revient peut être finalement à condamner l’ensemble. Se battre séparément, c’est prendre des risques. J’en ai conscience. Je les accepte, d’ordinaire. Mais ce soir… je ne sais plus. Elle a raison, l’insulaire, au moins sur un point. Deux, mettons. C’est trop tard pour me sentir coupable. Je dois vivre avec les conséquences de mes choix, désormais. Et en supplément, cet enfant déjà désiré et aimé existera toujours à nos yeux, à ceux de Rhaenys et aux miens.


Je conserve le silence un bon moment. Elle aussi. Avant de rebondir sur les Valtigar. Je jette un regard en biais à la jeune femme alors qu’elle dit quelque chose de très intelligent, ce qui ne me surprend guère, mais qui fait déjà écho à mes premières réflexions.



| Vers quoi d’autre me tournerais-je ? Je n’ai que ce foutu vin. J’ai besoin d’être près de ma femme, ce soir, d’être avec elle. Elle est là-bas, Rhaenys. Tout près de ces salopards qui ont éradiqué la moitié d’une maison gouvernante que si je ne porte pas dans mon cœur, je respecte par le poids de son héritage. Elle est en danger, et en danger de mort. Je… Je n’arrête pas de voir les gens mourir, autour de moi. Parents, tous mes frères, presque tous mes compagnons de jadis. Cela continue, encore et encore. Je dois être damné, depuis tout ce temps. |


Je n’ai pas peur d’être blessant. Si je le suis, tant pis. J’énonce ce qui me travaille, répondant à son appel à la sincérité. Mais faute de Rhaenys, je n’ai que le vin, et la compagnie d’une femme qui m’a éconduit quand je lui ai confié mes désirs. Du travail, alors, c’est ce que nous devions partager. Pourtant, elle s’approche. La sentir si près me tend tout entier. Comme un loup approché par le berger, il ne le craint pas. Mais il est sur ses gardes. Se demande pourquoi cette proximité. Rêve, peut-être, de cette présence, de ce partage silencieux, sans trop oser y croire. Je me crispe quand ses mains si délicates se posent sur mes vaants bras, remontent, et que je me perds dans le marron teinté d’ocre de ses yeux. Tous ces filins dorés qui courent dans les abîmes de son regard, galaxie d’étoiles.


Ma respiration devient lourde. Elle se charge d’un désir oppressant d’abandon, qui gonfle dans ma poitrine jusqu’à me comprimer le cœur et m’étouffer à demi. J’inspire, profondément. Me fige, colosse massif, gauche, alors qu’elle m’enlace. Je reste là, figé, bête. Je ne sais quoi dire. Ni quoi faire.


Je finis, lentement, hésitant, par lever une de mes grosses paluches, de la caler sur sa nuque, de l’attirer contre mon large poitrail. Je ferme les yeux. Mon visage se crispe, se détend, se crispe encore. Je hume à pleins poumons, sans honte, l’odeur de ses cheveux alors que je pose ma joue contre le haut de son crâne, contre le blond de ses cheveux.



| Je ne t’ai pas fait entrer pour t’apitoyer, pour profiter de toi. Tu es jeune, et tu as l’avenir devant toi. Tu n’as pas à passer les colères et les mauvaises grâces de ton Empereur. Tu ne saurais être venue pour cela, ce soir. |


Je retire une main de son dos. Je pose l’un de mes doigts sous son menton, lui relève doucement et plonge mon regard, si près -trop près- dans le sien.


| Qu’as-tu à me révéler de ton âme, l’insulaire ? De tes propres secrets, dans la nuit noire? |


(c) DΛNDELION


Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyDim 8 Mai - 18:20

L'obscurité s'annonce. Derrière la table qui croule sous les cartes et les parchemins l'ocre se transforme doucement en indigo, cela se fait dans le sang. Le vermillon dérive vers le bordeaux et éclatera en grenat avant de laisser sa place, de se diluer dans l'immensité des cieux. Peut être qu'il doit en être ainsi pour la terre, se renouveler dans le sang pour mieux renaître dans l'abondance. Cela serait trop simple, trop cohérent comme raisonnement alors que tous les enchaînements des évènements auxquels la Dame de Justice assistait ne répondait souvent à aucune logique, pas même celle du destin. Cela venait ébranler jusqu'à l'idée même qu'il puisse existe des divinités ayant le vœu de régenter tout ce bordel. La souffrance ne rimait à rien, les blessures n'étaient souvent infligées que pour l'égoïsme de leur porteur. Elle ferme les yeux, cette frêle silhouette qui fait face à l'Empereur pourrait par lui être brisée en un instant. Elle a même souvent l'impression que c'est déjà le cas, que son cœur n'est plus qu'un terrain stérile, à jamais désolé de sentiments amoureux ou fraternels. Elle gît abandonnée sur la grève alors que tous sont partis au loin, sa principale passion s'envolant à dos de dragon vers des batailles et des drames. Elle a essayé de se faire une raison, de briller loin d'elle et de ne pas s'éteindre. Mais son contact lui manque, encore plus cruellement lorsqu'elle ne peut se trouver à ses cotés lors d'épreuves telles que celle-ci.

Sa démarche n'est pas altruiste, pas dénué de bons sentiments, mais non aussi pure qu'on pourrait le croire. Dans cette nuit atroce qui s'annonce elle n'avait pu s'imaginer seule, meurtrie dans son cocon de solitude, affrontant dans l'isolement les plus terribles pensées, murmurer au cœur de l'obscurité ses regrets et ses cris. Il lui fallait trouver une ancre, une mission, un but auquel se rattacher et une distraction à ses propres tourments. Isla est une âme dévouée, mais elle ne l'est pas entièrement à cet homme qui vacille devant elle. C'est envers Rhaenys qu'elle ploie le genou avec ferveur, et ce compagnon qu'elle s'est adjoint n'a droit à cet égard que parce qu'il fait partie désormais de sa famille. Elle n'aura jamais pour lui la même exaltation, le même feu dévorant qui lui déchire les entrailles encore à cet instant même. Il est déjà bien trop épuisant d'en faire don à une seule personne. Pour autant il attise chez elle une autre sorte de magnétisme, une curiosité, un élan de convoitise même sans qu'elle veuille bien se l'avouer. Les circonstances ne se prêtent pas au bouillonnement des cœurs, le supplice du trépas imprègne trop cet échange pour qu'il en soit autrement. Pour autant elle souhaite sincèrement l'aider, désespéramment même, comme si cela allait permettre de la sauver elle-même de son chagrin. Les mots glissent de ses lèvres, elle espère en faire un baume, un maigre cataplasme qui doucement atténuera la douleur. Elle y met tout le respect, tout l'attachement qu'elle a envers ce grand souverain, cet homme de bien qui toujours l'a traitée à l'égale d'un homme, lui réservant égard et distinction alors qu'elle n'avait jusqu'à très récemment connu que mépris et tourment.

Elle tente de briser l'armure, de rouvrir les chairs d'un homme pour qu'enfin il puisse commencer à guérir. C'est pour cela qu'elle l’exhorte à baisser sa garde, elle le rassure, le conforte tout en balayant d'un revers de main ses tentatives pour changer de sujet. Il n'est pas l'heure d'affronter l'épineux problème des Valtigar, cet entretien ne serait pas celui qui fomentera leur perte. Isla n'est pas une fine stratège militaire, elle n'y entend rien et laisse à d'autre plus compétent le risque de conseiller leur Empereur à ce sujet. La dame a ses talents sur d'autres terrains, car si le droit appelle à une poussiéreuse connaissance académique il exige également de se plonger dans l'âme humaine, de réfléchir à ses vices et à ses faiblesses et d'y faire face. Cette discipline emprunte aux autres, à la philosophie autant qu'à l'histoire, à l'économie comme à la sociologie. L'acte même de juger s'imprime dans le juge, marquant au fer rouge l'âme de son choix, effaçant les regrets car seule la décision reste et s'applique. Pourtant celui qui fait ce choix connaît le doute, il est astreint aux mêmes calvaires que les souverains, entérinant par un simple geste le destin de beaucoup. Ainsi c'est d'un homme que le pouvoir nait et non l'inverse, jamais l'Empereur qui se tient face à elle ne pourrait exister de lui-même, il a besoin de cette humanité, du Torrhen qui sommeille et ne veut plus s'exprimer. Car il a trop souffert, trop enduré au prix d'une paix qui jamais ne dure. Ce déni lui brise le cœur, mais elle se fait un devoir de réveiller cet ancien nordien, par n'importe quel moyen, pour qu'il puisse insuffler au dirigeant une nouvelle force, une nouvelle perspective.

Elle semble y parvenir alors que l'irrespectueux tutoiement s'est installé entre eux. Cette barrière a été effacée en premier par lui, elle ne fait que prendre sa suite, mais il aurait très bien pu la sanctionner pour cela. Il n'en fait rien et elle y voit le signe qu'elle chemine dans la bonne direction. Elle le traite comme un homme, rien de plus, un représentant de la même espèce qu'elle, mais qui n'a en cette chambre pas plus de résistance qu'elle face aux catastrophiques houles des tragédies. Il lui tourne le dos, mais son ton se fait plus dur encore, pestant contre l'impuissance dans laquelle il est placé. Il est lui aussi isolé, tout comme elle il se sait dans l'impossibilité de venir en aide à son épouse. L'amour perce dans sa voix et Isla est touchée de voir à quel point il tient à Rhaenys, tout autant qu'elle presque, jamais plus c'est certain. Cela la rapproche de lui, dans leur frustration à rejoindre l'Impératrice ils ne peuvent que hurler face aux kilomètres qui les entravent. Isla n'est pas effarouchée par cette manifestation de colère, au contraire, elle apprécie qu'il se livre a minima sur ses humeurs. Puis vient la plus profonde souffrance, la blessure qui depuis longtemps suppure au fil des deuils successifs. La dame s'interroge sur l'exclusivité d'une telle révélation. Peut être se fourvoie t-elle, peut être qu'il n'a pas besoin d'en parler et que cela ne lui fera que plus de mal. Néanmoins elle doit essayer de lui apporter un peu de réconfort, une once de chaleur dans l'algidité de son esprit.  

- Nous sommes tous damnés, tous déjà condamnés au trépas. Seule compte l'heure de cette condamnation. Le seul choix qui nous est donné c'est que faire du temps qui nous est octroyé avant l'échéance. Tu n'es pas plus maudit qu'un autre, peut être seulement plus affecté par ces disparitions car la culpabilité t'afflige. Les regrets comme les remords empoisonnent nos souvenirs, ne laissant pas la possibilité au temps d'appliquer son remède de sérénité et d'acceptation. La mort n'est une douleur sans fin que pour les vivants Torrhen.

Elle ne sait comment il accueillera ses mots. Elle a passé le discours sur Rhaenys et les dangers qu'elle affronte sans y faire référence. Tout cela est trop dur même pour elle, car elle n'a pas de solution, aucune parole apaisante à lui offrir car elle même est assaillie d'angoisses et de questions sans réponses.

- Tourne toi vers la vie, vers ses plaisirs. Le vin est une bonne initiative dans les épreuves, mais il peut être un versant glissant vers un fossé duquel il est impossible de sortir. Je ne peux t'offrir le moyen de rejoindre ta femme, nous n'avons ni toi ni moi de dragon pour parcourir cette cruelle distance qui nous prive d'elle. A défaut de lui offrir ma compagnie pour atténuer sa peine et sa colère c'est vers toi que je me tourne. C'est vers une semblable âme qu'il faut te tourner dans ces instants éprouvants, vers une chaleur, peu importe l'attachement. C'est dans les bras de la vie qu'on affronte le mieux la mort.

Son cœur bat plus fort, résonnant presque à ses oreilles alors que sa voix se fait plus douce et faible. Un murmure pour appuyer cette vérité presque élémentaire.

La dame s'avance donc à la rencontre de l'homme qui s'est retourné pour lui faire face. Le glissement de sa peau contre la sienne fait naître un frisson qui court le long de ses épaules jusqu'à ses hanches. Elle est partagée entre la brûlure que ce contact fait naître et la glacial appréhension de sa réaction. Elle va trop loin, elle s'en rend compte mais elle obéit à quelque chose de plus grand et de plus personnel en même temps. Cette interaction elle l'a ardemment désiré, tout en se hurlant de ne pas y céder. Elle ne l'a repoussé que par culpabilité et peur lorsqu'il s'était avancé à lui témoigner son attirance. Culpabilité vis-à-vis de Rhaenys, car c'est de son époux qu'il s'agit, mais aussi peur, peur de ce que cela entraînerait, de la nouvelle dynamique que cela imposerait entre eux. Elle c'était presque enfuie dans la sphère professionnelle, imposant ses responsabilités et la nécessité de finaliser le document au plus vite pour lui échapper. Pourtant jamais il n'a quitté un coin de son esprit, cette possibilité se nourrissant de leurs échanges, grandissant avec la complicité qu'ils partageaient. De cette rivière doucement froide et de cette tempête effroyable. D'un instant à l'autre elle s'attend à ce qu'il lui offre le même traitement, la repoussant pour ensuite l'éviter à jamais. Mais il n'en fait rien, et au bout d'un moment il l'attire même à lui à sa plus grande surprise. La dame inspire un grand coup, savourant le musc et la fermeté de ce torse protecteur. Elle entend le palpitant qui anime l'homme, il a perdu de son calme pour accélérer le rythme. Cette étreinte apporte un peu de chaleur, allume une étincelle qu'il sera peut être difficile d'étouffer cette fois.

Sa main sur sa nuque semble lui brûler délicieusement la peau et elle aurait souhaité que cet instant prenne plus de place dans ce début de soirée. Pourtant il rompt le charme en se dépréciant une fois de plus. Elle fronce les sourcils alors qu'il ne peut la voir, rejetant avec véhémence ces propos insensés.

- Le temps où l'on profitait de moi est révolu. Je ne suis pas venue me repaître de ton chagrin, je le partage et l'endure, non pas par devoir mais par amour. Par amour pour cette amie au loin qui me manque plus que tout, par amour pour cette famille que vous construisez et en laquelle je crois plus que les dieux. Et par amour pour toi, homme de bien qui m'a fait confiance et me permet de me retrouver. Je tiens à vous, et lorsque vous souffrez j'en suis également affligée. Ce n'est pas un choix, ce n'est pas une possibilité mais un fait. J'ai connu des colères bien plus terribles, au moins la pièce est encore intacte avec toi. Je ne suis pas venue avec un but autre que celui de partager ta peine et d'essayer de la rendre supportable, même un peu et pendant un instant. Peut être est ce cela l'essence même de cette vie...

Elle s'était dégagée quelque peu de lui, juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux, tout en restant dans ses bras. Il y avait longtemps qu'elle n'avait partagé une telle tendresse avec un homme. Les partenaires qui jalonnaient sa vie à présent n'étaient que de passage, avec l'unique but de satisfaire ses concupiscences animales, sans réelle connexion affective, sans même un partage de paroles parfois. Elle les abandonnait bien vite dans leur couche une fois son plaisir accaparé, s'évanouissant telle une ombre dans les brumes de l'aube, guère plus palpable qu'une rêve pour eux par la suite. Mais ici la situation était différente. Il empoigne alors son menton et pendant une fraction de seconde elle ne peut quitter ses iris en se demandant si un baiser viendrait ponctuer sa réponse. Leurs visages se rapprochent encore, c'en est presque trop. La tension qui afflue dans l'atmosphère se matérialise presque lorsque le silence enveloppe leurs silhouettes entrelacées. A la place c'est une question qu'il lui offre. Elle n'en est pas déçue, car elle est prête, quelque part elle n'a pas peur, elle a oublié pour un instant ses ressentis, perdus dans le bleu sombre de ses yeux.

- Sont-ce des révélations si tu en devines déjà la nature ? Mon âme est brisée, mise à genoux par les caprices d'un homme qui m'a fait sienne de bien trop brutales façons. Je n'ai pas pleuré son trépas, bien que j'en ai joué une belle comédie. Les mots que tu m'as livrés en réconfort ont fait naître liesses et soulagement. J'ai souhaité sa mort, dans les plus noirs tourments de la nuit, lorsque toute ma vie s'est rétrécie sur moi, lorsque ma cage n'a plus été supportable. Je ne pensais pas être exaucée, et après je ne pensais pas pouvoir me relever, pourtant je n'ai pas honte de moi... Je crains juste que la colère et la douleur ne me prennent jusqu'à ma raison.

Sa dernière phrase est à peine un souffle alors qu'une larme roule sur sa joue. Tout cela en est assez. Il lui faut rompre cette connexion avant qu'il ne la consume et ne révèle tous ses plus profondes pensées. Elle baisse le regard, un peu haletante tandis qu'elle essaie de retrouver une contenance. Jamais elle n'aurait penser livrer cela à qui que ce soit mais les mots tel une rivière sortie de son lit par les intempéries n'ont pas voulu se tarir et ont fait tomber ses digues de bienséances. Son ventre se tord tandis que son cœur manque d'exploser sous les émotions qui se bousculent dans son esprit. Elle ferme les yeux un bref instant, pour éviter de se perdre, pour que rien ne soit détruit par sa stupidité. Elle ne voulait en aucun cas ternir son image aux yeux de Torrhen, mais il semble que le pas soit déjà franchi. Perdue dans l'obscurité de ses paupières elle ne peut s'empêcher de raffermir la prise de ses mains qui sont venues s'agripper à la tunique, enserrant le tissu au niveau de son abdomen.

Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyLun 9 Mai - 16:34



That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Je me perds dans ce que je suis sensé faire. Dans ce qui m’est autorisé, dans ce qui m’est interdit. Dans tous ces serments que je fais, en permanence, dans tout ce que je suis sensé faire, ou dire. Je ne sais plus très bien ce que je suis, ce que j’ai à faire. Je me sens perdu, paumé, comme si demain l’on m’annonce finalement que c’est fini, que l’Empire n’existe plus, que la guerre n’a plus besoin d’être conduite. Et que je peux rentrer chez moi. Chez moi ? J’ai toujours eu un chez moi, quelque part. Mais Winterfell reste le lieu de mes plus grandes hontes, de mes plus grandes peurs. L’endroit où mon père m’a malmené pour faire de moi un homme, l’espace où reposent tous les miens. Tous ces frères, que j’ai perdus, qui sont morts au cours des guerres de ma vie. Ma femme, et le déshonneur qu’elle m’a infligé. Bran, évidemment. Winterfell, c’était le cœur de mon histoire, de ma maison, de tout ce qui a pu compter pour moi tout au long de ma vie. Mais Winterfell, ce n’est pas mon foyer. Winterfell, c’est à jamais la place forte de mon père, un lieu de garnison et de justice plus que d’autre chose.


Fort-Darion, alors ?


Nous la bâtissions avec Rhaenys selon nos désirs et nos rêves. Mais nous n’y avions pas assez vécu. Et l’avenir seul nous dira si cela deviendra un lieu de vie plus que de pouvoir. Pour le moment, Fort-Darion n’est pour moi qu’une nécessité logistique et politique, le genre d’endroit qui permet l’organisation et la conduite d’opérations plus loin, au-delà de ses toits d’ardoise et de ses murs. Je n’ai pas d’autre maison. Rien que des peaux de bête, de la toile, un feu, et pour plafond les nuages dans le ciel. Parfois, je suis fatigué d’être Empereur, ou Roi, ou général. J’aurais aimé voyager, même si je ne suis pas friand de découvertes culturelles ou de savoir de matière générale. Je suis curieux, évidemment. Mais tout ce à quoi j’aspire pour le moment, c’est du repos. C’est l’abandon d’un moment, l’ivresse d’un soir. Le réconfort de l’oubli et du silence, avant que mon âme belliqueuse ne m’incline à nouveau à chercher les ennuis.


Mes états d’âme, confiés par faiblesse, touchent la jeune femme. Elle se fait encore sage, Isla, validant mon sentiment quant à sa nomination au conseil. Je souffle, atone, d’une voix pourtant grave, qui aurait pu naturellement paraître plus chaude avec un brin d’effort, et qui ne semble jamais être autre chose que la glace faite son, comme l’expression rocailleuse d’un loup vieillissant qui ne considère le monde que comme une source de menaces.



| Je ne suis pas plus maudit qu’un autre, c’est vrai. Mais je suis las. Je survis finalement, quand les autres meurent. Je sais ce que c’est, la Mort. |


Pour la millième fois, j’entrevois les neiges de Buron dans un regard qui se perd, déconcentré sur mon environnement direct pour me focaliser sur les bruits qui me reviennent, étouffés par la neige et avalés par le brouillard. Aux monticules de morts et d’agonisants, qui pour la plupart souffrent et meurent sans faire de bruit, tous happés par l’abîme de l’enfer glacé qui nous ouvre ses portes. Je me rappelle des odeurs, aussi. Et de ce sentiment de liberté, couplé à une détresse presque absolue de l’inconnu et du vide qui nous attend de l’autre côté.


| La mort c’est blanc, et puis c’est bleu. La mort, c’est froid. Et c’est surtout un silence, Isla. |


Je ferme les yeux, bouche contre ses cheveux, barbe s’y mêlant en pagaille. Je sens son odeur, sa chaleur. Je me dis que je ne fais rien de mal. Elle est là. Elle ne cherche ni titres ni gloire, ni argent, ni rien d’autre que l’expression d’une forme de solitude que je connais bien. Alors, pourquoi non ? Je suis un salaud. Ma femme vient de perdre notre enfant, et moi je suis là, à me plaindre et à prendre du réconfort offert par une autre, dans des bras tendus et sans intimité, mais nos gestes sont sans équivoque. Il n’y a pas besoin de sexe pour communier, et partager une proximité totale avec quelqu’un. Je continue de la garder, près de moi, ainsi elle ne peut détailler mon abominable trogne.


| Merci d’être là, alors, Dame. |


Gauche, gêné, je ne suis pas coutumier de ces choses. Je ne sais pas comment consoler quelqu’un, ni comment me confier sans me plaindre, sans faiblesse. Je ne sais pas comment gérer la situation avec Isla. Pourtant, c’est indéniable, j’ai chaud contre elle, et cette chaleur me fait du bien. Elle me rappelle Rhaenys, un peu. Pourtant, la jeune insulaire n’est pas l’Impératrice. Jamais elle ne peut se confondre avec ma femme. Jamais je ne dois penser à lui substituer qui que ce soit. Ce n’est pas possible, de toute manière, car mon amour est pour elle, mon cœur est sien.


Mais peut être que ce cœur si froid depuis Sigyn s’est lentement dégelé, si lentement que je n’ai jamais perçu ou saisi la différence. La belle continue de manifester sa compassion et va jusqu’à parler d’une forme d’amour pour moi, et pour la famille que je construis avec Rhaenys. En voilà une qui sans surprise, se montre la plus féale de mes soutiens. Je ne soutiens pas sa verve, même quand elle évoque le fait que je sois homme de bien, selon ses mots. Elle sait bien que non, au fond d’elle, et que je me suis rendu complice de tant et plus de méfaits, d’horreurs. Que je tue, et que je ne le fais pas que par obligation. Elle pleure, pourtant, après m’avoir confié une fois encore les horreurs subies dans son mariage avant la mort de son chevalier d’époux. Je comprends, et le loup en moi gronde presque d’impatience quand ses mains s’agrippent à ma tunique. Je continue de détailler son âme, regard dans le sien, nos souffles déjà presque mêlés.


Une de mes mains se pose sur sa joue, et j’essuie la larme d’un revers du pouce. La caresse m’électrice. Me réchauffe. Isla n’est pas Rhaenys, mais je la désire quand même.


Mon cœur bat de façon plus ordonnée. Plus forte. Il cogne dans mon poitrail comme s’il voulait en sortir, avec la fréquence d’un métronome.



| Dis-moi, Isla. |


Je souffle avec plus d’impatience, plus de chaleur que les mots précédemment échangés.


| Tous les hommes ne sont pas comme Feu ton époux, Isla. Mais je ne peux pas te laisser faire de moi une sorte d’image idéalisée, d’une perfection de droiture que je n’atteins pas. J’ai déjà tué de sang-froid, en dehors du champ de bataille. J’ai fait massacrer quantité de gens, pour faire des exemples, ou pour gagner un quelconque avantage et parvenir à mes fins. Sur mon visage, tu peux voir la rançon des bains de sang que j’ai pour beaucoup provoqués, sur mon corps et dans mon cœur les conséquences de mes actes. |


Je lâche son visage, la serre à nouveau, alors que j’embrasse sa clavicule, rompant une règle et abolissant une nouvelle limite. Ma main va de son visage à son dos, creuse ses reins en l’amenant vers moi. Ma dernière paluche, elle, remonte sur son épaule, et commence à lentement tirer sa robe. Je me stoppe, pourtant, nos lèvres s’effleurant, mon souffle se mêlant au sien, nos nez pressés, nos fronts qui déjà se touchent. Je sens à sa propre respiration son erratisme et la désir contenu. Je souffle, sur la confidence.


| Tu ne devrais peut-être pas ouvrir cette porte-là, Isla. Les Loups se repaissent des tendres. |


(c) DΛNDELION



Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyLun 9 Mai - 23:03

La musique des silences qu'ils s'échangent est aussi envoûtante que fracassante. Cette harmonie n'est jamais la même, tantôt grave et intense, tantôt allégée et complice. La clarté de cet échange ne contrebalance pas le brouillard des sentiments. Tout s'est mélangé dans cette chambre qui est pourtant immense. Elle n'a plus la place de réfléchir sagement, d'appliquer la raison à ces tergiversations qui tournent dans son esprit, avec en filigrane la douleur qui patiente. Elle attend son heure la perfide car si pour le moment les pensées ont trouvé un moyen de la fuir elle saura se faire remarquer en temps utile. Elle se délecte presque de cette situation, voyant la possibilité d'une culpabilité qui ne fera que la renforcer. Car après tout qu'est ce que l'amie dévouée de l'Impératrice faisait donc encore dans l'intimité de son époux, lui offrant bons mots et douces caresses, le détournant de son chagrin plus que légitime. Plus d'un y trouverait à redire, même elle, bien qu'elle sait pourquoi elle fait cela, bien qu'elle ait une ardeur qui semble la pousser dans les retranchements de sa lucidité. Rhaenys est en arrière plan de leurs échanges, bien plus mutique qu'eux par son absence mais terriblement envahissante entre eux. Isla ne devrait pas s'alanguir auprès de Torrhen, elle devrait avoir tourné les talons depuis bien longtemps, parmi les heures qui défilent elle devrait être en train de noircir un parchemin de sa plume, pour envoyer ses efforts de soutien et de réconfort à celle qui en a le plus besoin. Mais cela ne la satisferait pas, elle le sait, elle le sent et cette révélation se fait de plus en plus pressante tant elle cache un besoin plus profond, plus animal, que la proximité de l'homme accentue à chaque parole, à chaque geste vers elle. Peut être est ce dû au temps qu'elle a passé sans partager la proximité d'un homme, cela fait des mois qu'elle n'a plus de danse de ce type avec un partenaire lui faisant cet effet. Elle retrouve alors le goût sucré de l'attente, de l'appréhension, cette petite tension de nervosité qui rend tout plus intense. L'attention se focalise sur la moindre particularité de cet échange, bridant le sommeil ou la faim pour ne plus attendre que la suite, imaginant ce qui pourrait bien se produire.

Mais cette délicieuse sensation est gelée par le souvenir de la mort, cette grande faucheuse elle aussi préside à cet entretien, donnant le rythme de leurs émotions, colorant leurs peurs et leurs faiblesses. C'est une force primaire, la plus puissante de toute peut être car elle déclenche les plus vives réactions. Pire encore est ce lorsqu'elle concerne nos proches, les ravissant à nos soins pour les emporter au plus noir de ses abysses. Pourtant comme elle vient de le lui dire pour le sujet de cet ultime voyage tout cela ne dure qu'un instant, le supplice ne se prolonge que pour les vivants, prisonniers d'une lente agonie dont il faut guérir ou succomber. Il ne reste pas beaucoup d'alternative, pas de chemin de fuite, juste le lent chemin de l'acceptation et de la résignation à la situation ou celui faussement plus simple du glissement dans les ombres. C'est cela qu'elle craint pour lui, car la dame sait combien l'appel de la Mort peut se faire doucereux. Elle est patiente la famélique traîtresse, promettant un soulagement immédiat à tous les maux des malheurs, une solution aussi définitive que séduisante de simplicité. Mais elle ment, car elle ne fait que perdurer l'épidémie de douleurs, de regrets et de souffrances pour un nouvel entourage. La dame se glace lorsque le baryton qui lui tourne le dos rebondit sur ses propos. Elle sait qu'il l'a écoutée et entendu mais sa réponse ne l'incite pas à sourire. Il lui indique sa connaissance de la mort et elle y reconnaît une terrible vérité pour l'avoir elle-même longuement étudié.

Certes elle a côtoyé nombre de mourants, accompagnés certains en tentant de les rassurer avant leur grand saut, tout cela lors de la campagne de l'Orage. Lors de ces terribles instants elle avait tout fait pour rester digne, mais rien n'était facile. Cependant tout était plus aisé que ce rapport personnel qu'elle avait fini par développer avec l'entité une connexion plus intime. Elle l'avait parfois appelée de ses vœux, souhaitant être emportée elle aussi dans la rivière de l'oubli, lorsque ses journées devenaient trop insupportables et ses nuits un supplice perpétuel, lorsque même la douleur ne pouvait plus la faire sentir vivante et que l'entièreté de son existence ne se résumait plus qu'aux profondeurs d'un désespoir insondable. Elle accepte les paroles que Torrhen lui offre, ne répondant guère plus que par un assentiment de son esprit. Elle lui offre un nouveau silence, une nouvelle note à ajouter à leur partition. Elle n'est pas totalement d'accord avec lui, la mort peut avoir une couleur différente pour chacun, pour elle c'était plutôt le rouge du sang, un paysage repeint de cette vivace expression de vie, de douleur, annonciateur de trépas. Mais elle rejoignait son point de vue sur le silence. La Mort n'est une réponse à rien, juste une oblitération de toutes les voix, l'asservissement ultime. Elle prend une grande respiration, presque tremblante, elle est troublée, incapable de se retrouver elle-même tant les évènements l'afflige. Le poids de toute cette souffrance, de toute cette résignation est lourd à porter en plus de ce qu'elle peut déjà ressentir.

Enfermée là dans ses bras protecteur elle danse imperceptiblement avec lui. Les battements de son cœur qui résonnent à son oreille fondent la mélodie qui s'accentue, se stabilise pour se renforcer. Elle se déplace, toujours sur les trois temps qui la ballotte d'une idée à l'autre. La culpabilité, l'affliction, le désir. Ces sentiments s'enchaînent, se confondent bientôt à force de tournoyer et de se frôler les uns les autres. Elle sait qu'il est en proie aux mêmes contradictions et peut être même à d'autres complexités de son caractère. Malgré tout l'attachement qu'elle porte à Rhaenys, malgré toute son ardeur à lui être dévouée, elle ne peut s'empêcher de désirer ce qui se trouve sous ses doigts. Sa gorge est sèche de cette peau qui lui semble aussi fraîche et libératrice qu'une gorgée d'eau pour l'exilé du désert. Les muscles sont saillants sous ses doigts et malgré tous les efforts qu'elle fournie pour que cette pensée ne prenne pas le pas elle ne peut s'empêcher d'y revenir. Alors un souffle s'échappe de ce marbre qu'elle garde enlacée. Un remerciement, une gratitude qui l'étonne presque tant elle ne s'y attendait pas. Sa voix s'en fait l'écho, chaleureuse.


- Lorsque le bénéfice est mutuel nul remerciement n'est nécessaire. Je te suis reconnaissante de m'avoir laissé entrer.

La formule est vague. Elle peut s'entendre comme de la simple visite qu'elle lui fait que dans une acception plus large, une allusion aux confidences qu'il lui a offertes. Cela n'a pas dû être facile, elle s'en doute. Elle le sent gêné, peut être mal à l'aise mais cela l'inquiète. Elle se sent en confiance avec lui, suffisamment pour lui avouer des éléments de sa psyché qu'elle n'aurait jamais pensé énoncer au grand jour. Elle se raccroche à lui, l'estimant et ayant un assez grand besoin de lui pour ne pas pouvoir se départir de lui. Pas tout de suite du moins car malgré la larme qui lui brouille la vue elle constate bien dans les yeux qui lui réponde la grande fragilité dans laquelle il se trouve. Elle ne veut absolument pas en profiter, le dernier de ses désirs est de lui faire du mal. Elle savoure son contact, s'en délecte peut être un peu trop au point d'oublier de focaliser son attention sur ce que lui peut ressentir de tout cela. Peut être a t-elle initié quelque chose qu'il regrettera. La tristesse nimbe toujours son regard, jetant un voile sur cette étincelle de vie, de hargne qui l'a si souvent fascinée et qu'il partage en un sens avec Rhaenys. Cette rage de vivre, de combattre et de survivre à tout prix, de lutter pour ses idéaux et sa justice, quoi qu'il en coûte, semblait pour le moment l'avoir déserté. Et cela lui trouait d'autant plus le cœur qu'elle ne pourrait peut être pas le soulager de la manière adéquate. Néanmoins il ne se dérobe pas à elle, il efface même d'une tendre manière l'eau qui couvrait son visage, essayant cette larme de pure douleur qui un instant avant ruinait son teint.

De nouveau sa voix s'élève et la dame fronce les sourcils une fois de plus. Il ne semble pas comprendre, et un petit sourire triste s'élargit sur les lèvres jusqu'à présent serrées de la demoiselle. Elle ne l'idéalise pas, bien au contraire, elle le perçoit dans toute son humanité, empêtré dans ses faiblesses et ses tourments de la pire manière, vision bien éloignée de l'héroïque guerrier qu'il peut présenter et pour lequel il est réputé.

- J'ai pour règle de ne jamais juger un homme sur les plus terribles de ses actions. Ce n'est pas ce qui définit le jugement d'une vie, mais les actes posés dans la défense du plus grand nombre, les motivations exprimées pour accompagner les gestes, aussi atroces soient ils. La nécessité n'a peut être pas toujours guidé ton bras, mais c'est l'honneur et le devoir que tu as pris pour guide. C'est la protection des faibles qui a animé ton renoncement, tes sacrifices, tes erreurs aussi probablement. Pour le reste Torrhen, tu es encore une fois un homme et cette culpabilité qui te ronge ne découle que de cela. Peut être n'as tu jamais pu te pardonner toi même car tu ne t'es jamais laissé l'autorisation d'être cet homme en dessous de l'ancien titre de roi, au-delà du nouveau prestige de l'Empereur. Je ne suis pas aveuglée par une magnificence sublimée, juste attirée par l'homme que tu es. Par cet être de chair et de sang qui me fait face. Nullement dégoûtée ou horrifiée par tes failles.

Elle lève une main en retour, parcourant également son visage, s'attardant sur cette cicatrice qui le défigure et qui quelque part le révèle au grand jour. Elle est la preuve de sa mortalité, le criant témoignage de ses erreurs. Elle n'est pas belle, elle doit d'ailleurs être très sensible pour lui, mais elle n'est en rien repoussante pour Isla, qui l'accepte pour ce qu'elle est. Elle eut du mal à conserver sa contenance pour la suite, car c'est lui qui finalement l'assailli le premier. Goûtant sa peau d'un baiser, disparaissant de son champs de vision pour ne lui laisser que les sensations de ses caresses. C'est alors que son cœur s'emballe, que son souffle se fait plus pressant, comme se préparant aux efforts à venir. Mais elle écarte cela pour le moment, car plus que l'impérieuse nécessité qui s'impose à elle, c'est la nervosité de l'état de son cavalier pour cette valse d'une autre nature qui l'inquiète. Elle se doit d'être certaine de ce qu'elle fait, d'agir en tout connaissance de cause mais surtout en s'assurant que ce n'est pas une terrible fragilité qui le pousse à ce comportement, qu'il regrettera dans la minute suivante. Au moins n'est il pas mis à terre par la consommation de vin, ses défenses mises à mal et son esprit aux abonnés absent. Enfin comment peut elle en être si certaine ? Le chagrin à ces effluves des ivresses dans la damnation de l'esprit aux délires les plus cataclysmiques.

Il s'en prend à son vêtement, l'étoffe soyeuse n'oppose pas de véritable résistance, il la presse vers une autre passe d'arme, qui demandera une autre communication qu'elle connaît parfaitement. Elle ne niera pas se consumer d'envie pour l'auteur de cette invitation, la promesse de sa carrure tout comme la sensualité de ses étreintes offrant une belle promesse d'extase. Pourtant il lui fallait abattre une dernière barrière, mettre les choses au clair, pour qu'il soit certain de ce dans quoi il comptait s'engager. Leurs souffles se répondent alors à quelques centimètres, leurs lèvres n'ont pas encore scellés l'accord et résister à combler l'espace qui les sépare est presque un supplice. Chaque point de contact entre leurs corps semblent l'enfiévrer. Pourtant la complainte de leurs silences est une fois de plus rompue par lui, elle voit dans son discours une hésitation plus qu'une mise en garde, un renoncement plus qu'une rebuffade. Elle attend quelques secondes, chargeant l'air entre eux d'un peu plus de tension. Ses yeux cherchent dans les siens à deviner ses pensées sans parvenir à voir au delà du reflet bleuté de sa propre perplexité. Elle hésite sur la conduite à tenir, entamant un ultime pas avec son triptyque dansant. Sa main a quitté la joue, remontant de la nuque à la naissance de ses cheveux, suffisamment long pour qu'elle y glisse la main, affermissant une prise irrévérencieuse.  

- Il te suffit d'un mot, un geste pour que tout s'arrête. Si ce n'est pas ce que tu veux tu peux encore reculer en lieu sûr. Je ne t'importunerai plus. Mais si tu décides de poursuivre Torrhen il faut que tu saches de quoi cela est fait. Je n'exige rien, je ne demande guère plus que ce que j'offre. Le délassement des corps et l'oubli d'un plaisir apaisant. Nul sentiment, aucune passion enflammant les cœurs, juste la tendre affection certainement. Je ne pleurerais pas à la fin de cette nuit, lorsque la traque prendra fin, et j'espère être aussi comblée que ce que je peux t'apporter. Pour ton profit ou le mien il n'y aura rien de plus que ce qui se joue ici et maintenant. Je ne suis pas ici pour fomenter ou convoiter une place qui ne me revient pas et qui appartiendra pour toujours à l'Impératrice. Je ne veux pas jouer avec ton cœur.

Elle relâche quelque peu l'étreinte, ne dégageant son corps que pour une seconde. Pour lui laisser le temps de souffler, mais aussi de se familiariser avec la sensation de la sentir couler entre ses doigts. Peut être a t-elle brisé la magie de l'instant. Elle veut le rassurer autant qu'elle souhaite se raffermir sur sa position, être certaine que cela ne se transformera pas en un nouveau regret trop lourd à porter pour lui. Ce n'était pas là le but de ce jeu, la partie de ne devait pas laisser un des adversaires exsangues. Peut être une occasion s'est elle envolée alors qu'elle évoque avec une voix à la fois sensuelle et pragmatique ce qui se joue entre eux. Une fois la compréhension faite dans l'esprit de son partenaire elle revient à l'assaut, mais cette fois bien moins passive que ce qu'elle a pu lui montrer. Reprenant sa place, effaçant les quelques secondes qui viennent de s'écouler elle se plaque contre lui, sa jambe remontant contre sa cuisse, promesse d'une ivresse qui lui est à porté de main. Sa main droite agrippe de nouveau une poignée de ses cheveux, qu'elle tire légèrement, juste pour que le picotement l'agite et le fasse réagir. La seconde perfide, profite de cette sensation pour couler sous le plastron de cuir, glissant une caresse tendre sur son abdomen, remontant inexorablement vers son pectoral gauche, titillant la peau du bout des ongles. Il ne gagnerait pas à ce jeu, le prédateur pourrait bien y trouver un égal. Un frisson d'excitation la parcoure, brouillant un peu son esprit tandis qu'elle se hisse sur la pointe de son pied pour atteindre l'oreille non loin. Ses lèvres lui murmure alors une réponse, glissant les sonorités de son souffle en enserrant ses soupirs d'un compréhensive supplique.

- Si tu agrée à ces termes Torrhen, tu pourrais découvrir que je n'ai de tendre que la peau. Moi aussi je suis une survivante, et affamée.

L'instant est fatidique, une nouvelle eurythmie s'annonce, dont la venue n'est suspendue qu'à sa décision. Isla tremble et son corps se tend dans l'attente, la moindre seconde devenant insupportable.

Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyMar 10 Mai - 12:06



That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
J’ai l’impression que je change. Qu’une nouvelle vérité, une réalité altérée, s’impose à moi. Comme si je me découvre, et me dévoile. Comme si les idées de Rhaenys, et ses inclinaisons, ont coulé en moi pour devenir un socle brut de vérité autant que mon propre caractère et ma philosophie l’ont touchée elle, de son côté. Je sais que je ne suis pas parfait. Pas même un peu. Je sais que mes défauts sont béants, absolus. Je sais aussi que cela ne fait que réveiller une nature depuis un moment ensevelie, oubliée dans un océan de vexations, de frustrations, et de souffrances personnelles. J’ai conscience de mes failles, que le grand Torrhen Stark, devenu Braenaryon, n’est qu’un homme faillible. Un type froid, mais déterminé. Qui n’a jamais su retenir une femme auprès de lui, ni ses épouses successives, ni ses maîtresses passées. Un homme blessé par l’assurance de valoir plus que n’importe qui d’autre, étendard au vent et épée en main, mais qui pourtant ne pense savoir qu’avec un certain degré de certitude de qui sont vraiment ses enfants. Le doute qui ravage et qui dénonce, sans cesse, la réalité d’amours pourtant indéniables entre mes descendants et moi, malgré tout ce qui nous oppose et nos difficultés du quotidien.


J’aime Rhaenys. Je l’ai dans la peau. Je pense sans cesse à elle, et elle me manque.


Mais Rhaenys n’est pas là. Rhaenys a une doctrine de vie libertaire. Rhaenys veut que je fasse de même. Rhaenys n’est pas souvent là, ou c’est moi qui suis trop absent de toute façon. J’ai des besoins. Liés à cette solitude que je ressens chaque instant, plus que pur désir, pure expression bestiale de ma nature. Je suis un Loup, pourtant. Et j’ai cette sauvagerie, cette férocité, qui ne trouve plus de forme d’expression. Je n’ai plus combattu depuis des mois et des mois, alors qu’on ne cesse de me trahir, de chercher à me tuer à distance ou de façon indirecte, qu’on n’attaque ma femme, ou chacun de mes enfants, petits ou grands. J’ai acquis la certitude que nous ne survivrions pas tous à ces épreuves, et c’est un crève-cœur que de s’en rendre compte.


La belle dodeline contre moi, se laisse bercer par la dangereuse sarabande qui bat sous mon plastron. Je ne réponds rien, quand Isla me remercie. Ce n’est pas à elle de le faire, et pourtant elle le fait. Isla me toise. Nos regards font plus que se croiser, ils sont irrémédiablement attirés l’un au plus profond de l’autre. Elle m’accepte, elle aussi. Elle me le formule à haute voix. Cela me soulage d’un poids indicible, chose rare, seule Rhaenys y arrive. En sa présence, je m’accepte aussi dans toute cette part d’ombre et d’horreur, car elle la partage. Isla ne la comprend pas vraiment, j’en reste certain. Elle la conçoit. Cela suffit, pour alléger ma souffrance de façon au moins temporaire.


Je me crispe quand la jeune femme m’effleure le visage de ses doigts diaphanes. Je me fige, mais c’est plus que ça quand elle s’approche de l’immonde cicatrice qui me fend le visage en deux, d’une balafre épaisse et déchiquetée. Mon visage reflète sans aucun doute mon âme, il est à l’image des drames qui m’habitent.


Ma bouche vient portant cueillir sa chair tendre, sensible, et j’y goûte sa peau et l’odeur de son corps qui m’attire comme la brebis attire le Loup.


Sa main sur ma nuque, sur mes cheveux, m’y laisse une traînée ardente et me laisse pantelant, dans l’attente de plus. Je ne désire rien de plus que sa main, si douce, pourtant si forte, ne glisse sur mon corps tout entier. Pourtant la belle s’arrête, et nos regards brûlants se conjuguent à nos souffles pour un premier mélange sans contact physique, encore, mais qui ne sauraient sans doute tarder dans l’expression d’une tension qui m’écrase littéralement le poitrail et me comprime le cœur, alors que mon ventre se tord d’une impatience décuplée, grondante. Je caresse de nouveau son visage, l’autre main achevant de repousser sur son épaule sa robe. Sa prise sur mes cheveux s’accentue, je laisse échapper dans un souffle un petit râle rauque, tandis que je creuse le ventre et les abdominaux, gainés par la pratique de l’espadon vingt années durant, et la laisse flatter la chair couverte d’une toison brune filée d’argent sur mes pectoraux.



| Je ne te laisserais pas jouer avec. Mais si tu as un jour le sentiment que je me joue du tiens, je tiens à ta franchise, et à ton honnêteté. Nous devons avoir des limites claires. L’Impératrice a son rôle et sa place, en sus de mon cœur, qu’elle aura toujours. J’ajoute seulement à tes prérogatives une place à mes côtés, lorsque la nuit est noire et que nous en ressentons l’envie, et ne nourrirais aucune prétention sur toi si tu devais trouver un autre amant, un nouveau mari. Je peux même t’aider en ce sens. Mais pour le moment, insulaire, c’est moi qui vais te posséder, pour quelques heures, du moins. |





(c) DΛNDELION



Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyMar 10 Mai - 21:30

La gracile silhouette semble disparaître dans les bras du colosse. Il l'engloutit tout entière dans son étreinte étrangement tendre. La montagne de muscle pourrait lui ôter la vie en un instant, par une simple contraction du bras, un habile mouvement des mains. Cela n'effraie pas la néréide qui navigue dans le flot de ses attentions, avec la dextérité de ces créatures légendaires nées des eaux. Si elle a pu se sentir noyée dans l'atmosphère qui a pris place entre eux cela n'a duré qu'un instant car très vite ses réflexes ont repris le dessus. Elle connaît les jeux d'attirance, elle sait se parer de la séduction, car si les armes du guerrier sont l'épée et le bouclier, elle manie les mots et les caresses à la place. L'enchaînement des évènements doit être incompréhensible à un œil extérieur qui ne peut ressentir la tension qui s'épanouit entre eux. Cette connivence est d'ailleurs inacceptable pour la morale, pour la religion et peut être pour beaucoup d'autres. C'est l'accablement et la culpabilité qui devraient les ronger tous deux, le désespoir régnant en maître absolu pour les enfermer dans leur solitude, commune mais si différente. Pourtant ils se rebellent, dans un élan commun pour dénier à la mort une complète victoire. C'est une façon comme une autre de combattre l'abattement, l'apathie et le dégoût qui ressort toujours du deuil. Isla ne veut plus se sentir coupable, tout du moins pas de cela. Elle essaie de ne pas penser à Rhaenys, elle ne peut rien faire pour elle de toute façon, et tous les reproches qu'elle pourrait se faire ne serviraient à rien. Rien venant d'Isla ne pourrait lui être bénéfique à cette heure, même les mots griffonnés sur le parchemin n'apporteraient pas grand réconfort et ne dureraient pas plus que le temps d'une lecture. Elle s'acquittera néanmoins de l'envoi de cette lettre, pour avoir eu le sentiment d'accomplir quelque chose, pour démontrer que malgré tout elle pense à elle et qu'à son retour elle pourra être accueillie par plus que son époux.

Mais plus tard, toutes ces considérations devront attendre, l'affaire qui l'occupe est plus pressante, presque vitale. L'enchevêtrement de leurs corps apporte un douloureux éréthisme de ses zones érogènes. La chaleur monte dans les appartements impériaux alors que le jour décline, que le soir reprend ses droits et apporte avec lui fraîcheur et humidité. La luminosité faiblit lentement, comme pour laisser à ces presque amants une intimité plus grande encore. Les sonorités des ombres commencent à s'éveiller, couvrant l'atmosphère de mystère, laissant planer le doute quant à ce qu'ils pourraient retrouver au matin. Alors que dehors le temps se refroidit la chaleur qui couve entre ses cuisses ne fait que s'accentuer, rendant difficile une retraite s'il devait l'exiger. C'est une possibilité qu'elle n'écarte pas, après tout elle ne le connaît quasiment pas. Il a tant partagé avec elle mais les zones d'ombres n'en sont que plus nombreuses. Si elle a l'impression qu'ils partagent une certaine similarité elle accepte tout autant qu'il soit différent d'elle, qu'il ait envie d'autre chose ou tout simplement uniquement de sa femme. Isla n'est pas dans l'idée d'en devenir une pour lui, tout ce qu'elle projette c'est un compagnonnage dans le plaisir et cette perception n'a rien de romantique. L'amour n'a pas grande part à prendre dans ce qui pourrait bientôt se dérouler et il faut qu'il le comprenne. Cela peut le rassurer comme le repousser. Elle se fait patiente même si au fond d'elle gronde une force envahissante qui manque de la posséder. Le manque s'est ajouté à la solitude et avoir ainsi un moyen de le combler s'assimile à une torture.

Les pupilles accrochées aux siennes elle en mesure chaque variation d'intensité, cherche à découvrir l'hésitation sans la trouver, l'homme semble avoir trouver sa résolution et s'y tenir. C'est une bonne chose. Elle le sent se gainer et cet appel est presque trop intense pour qu'elle se contienne. Elle bouge une hanche, se calant aux siennes, tandis que le râle qu'il lui offre lui fait mordre ses lèvres. Elle doit se retenir, ne pas influencer son choix. Elle n'a fait que lui offrir un aperçu de ce qui l'attend à lui de prendre l'initiative à présent. Coinçant la chair d'un bois de rose entre ses dents elle mord, pour faire taire par la violence la luxure qui se loge dans ses reins. Il brise alors le silence, son baryton lui accordant l'assentiment qu'elle attendait. Elle ronronne presque de désir alors qu'il lui expose sa vision des choses. Cela semble concorder. Il a bien compris ses intentions et elle accepte les siennes d'un hochement de tête. Jamais Rhaenys ne serait effacée de l'équation, les perspectives de tout cela seront à envisager plus tard. Peut être dans plusieurs mois, quand douleurs et tristesses auront desserrés leur prise sur son âme. Ou alors peut être faudra t-il la guider, lui faire une explicite invitation pour qu'elle retrouve le goût de ce qui faisait sa vie autrefois. Elle n'avait jadis vécu que pour la recherche des plaisirs dans toutes leurs formes d'expression. Aujourd'hui le pouvoir ayant exigé d'elle un trop lourd tribut elle semblait s'être perdu en chemin. Comment pourrait-on la blâmer, une âme si sensible n'avait pas pléthore de  choix pour survivre à la violence des épreuves qui lui ont été imposées. La folie ou l'endurcissement de ses sentiments.

Il conclut en parlant d'une nouvelle prérogative et celle-ci l'enchante peut être plus qu'elle ne le devrait. Comprend t-elle bien son discours, parle t-il de réciprocité ? Ne sera t-elle pas qu'un jouet de sensualité pour lui ? Elle remise pour le moment sa demande d'explications, il n'est plus temps pour les mots. Elle lui offre un sourire alors qu'elle dessine la courbure de sa mâchoire de sa main, caressant du pouce les poils hirsutes de sa barbe. Elle n'a pas besoin de renouveler son invitation, il l'a clairement comprise.


Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyMer 11 Mai - 13:54



That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
C’est sans doute écrit depuis un moment, que les choses finissent par tourner ainsi. Parce qu’elle est dans l’entourage de Rhaenys depuis toujours. Parce qu’elle partage les mêmes désirs, les mêmes passions, le même genre d’ambition, aussi. Et bien sûr, elle a le même goût pour les hommes. Des meurtrissures, aussi. Rhaenys a certes perdu son frère et sa sœur, bien après avoir perdu ses parents. Mais elle n’a à ma connaissance, et en théorie j’en sais beaucoup, jamais été violentée par un homme. Je ne sais pas du tout comment faire, toutefois, pour entrer dans ce jeu entre nous. Et quand je dis jeu, c’est une drôle de partie qui se joue. Car elle n’est pas une reine, sur le plateau de cyvosse entre nous. Mais elle peut tout de même prendre l’Empereur, au moins provisoirement. Sa féauté me touche, la fidélité à mes idées autant qu’à mes personnes. Plus que ça, elle m’attire. Elle représente ce que Rhaenys m’a longtemps proposé ou poussé à faire, mais plus que ça, ce sont ses élans et sa spontanéité qui me plaisent. Que ça me rappelle ma femme à nos débuts est cruel et douloureux, car je sais que c’est ce que j’ai changé en Rhaenys. Et je sais aussi que ce n’est pas très juste de reporter cette forme de manque et de frustration sur une autre femme. Rhaenys ne peut pas connaître de substituts, ni moi d’expédients.


Et pourtant nous sommes là.


J’y pense depuis cette rivière. Peut être un peu avant, ou peut être après. Je me suis longtemps détesté de ces inclinaisons que j’estime malvenues, un brin perverses pour ce qu’elles disent de mes principes, et de la vertu que je leur attache. Je ne veux pas de devenir ce genre de dirigeant, de chef, qui prend ce qui lui chante quand ça le chante. Et pourtant, nous en sommes là.






(c) DΛNDELION



Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyLun 23 Mai - 23:39


Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyVen 3 Juin - 17:35



 That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes

(c) DΛNDELION


Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyJeu 21 Juil - 23:05


Isla Chelsted
Messages : 47
Membre du mois : 0
Maison : Chelsted / Anciennement Chyttering
Caractère : Travailleuse ▪▪ Secrète ▪▪ Joviale ▪▪ Meurtrie ▪▪ Espiègle ▪▪ Ambitieuse ▪▪ Résiliente ▪▪ Imprévisible ▪▪ Loyale
Célébrité : Kiernan Shipka

Infos supp.
Richesses : 16


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength EmptyJeu 25 Aoû - 14:09



That Terrible Strength
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Palais Impérial de Fort-Darion, Terres Braenaryon Semaine 1 du mois 4 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
Rustaud, oui. Brutal, sans aucun doute. Mais cruel sans raison aucune, certainement pas. Je puis depuis toujours me targuer d’un respect de toutes circonstances, pour le beau sexe. C’est comme ça qu’on m’a appris à être, jadis, et j’en ai fait un crédo depuis toujours. Ca ne m’a pas empêché de prendre des décisions difficiles, voire franchement violentes, quand le besoin s’en fait sentir. Mais dans ma vie quotidienne, civile, on ne peut me targuer d’être mal incliné auprès des femmes. Je les ai toujours respectées ; c’est sans doute pour cela que j’ai tenu ce temps, malgré les tentations diverses et les propres inclinaisons de mon épouse, sans prendre de maîtresse. Mais cette probité, je ne peux plus m’en targuer aujourd’hui. Elle appartient au passé. Isla m’a tenté. Et quelque chose a changé en moi. Je vois peut être le monde d’un autre œil. Ou peut-être est-ce seulement la vision que j’ai de moi-même qui est différente. Je n’en sais rien. Peu importe.


Je viens de faire l’amour à une femme qui n’est pas la mienne, sachant très bien quelles sont les conséquences potentielles, pour elle comme pour moi.


Cela ne change rien au fond, qu’elle ne saurait jamais remplacer Rhaenys. Jamais au cours de nos discussions ou de cette étreinte débridée la jeune nymphe n’a eu cette ambition. Rhaenys compte pour elle, aussi. Isla est une très jolie femme, dotée d’un esprit d’analyse qui a du cœur. Elle voit les choses avec plus de distance, et une posture toute autre que celle qui est la nôtre, à mon épouse et moi. Je sais aussi depuis le début quels liens sont les siens et l’Impératrice, bien avant que Rhaenys ne dispose de ce titre, à une époque de bonheur et d’insouciance depuis longtemps révolue. Depuis le début, je sais que la jeune femme a une sexualité plus ouverte que celles auxquelles je suis accoutumé, au Nord. Peut-être était-il impossible à éviter que les choses ne prennent cette tournure. Ma femme elle-même m’a proposé plusieurs fois de la prendre, elle ou une autre, comme partenaire. Cela me semble toujours aussi étrange, de déconnecter le plaisir charnel des liens classique du mariage ou du couple. Comment arriverais-je à le concevoir, à l’avenir ?


Y a-t-il seulement un avenir à cette situation, serait-ce tout simplement plus qu’une soupape de sécurité que j’ai actionnée inconsciemment pour éviter de craquer pour de bon ?


Le corps de la jeune femme à côté du mien est si chaud, si doux. Malmené, pourtant, par la furie de nos assauts réciproques. C’est étrange comme ces femmes insulaires font l’amour. Comme si leur vie en dépendait. Au nord, les choses sont différentes. Pas moins bonnes. Mais différentes. Celles-ci mettent un point d’honneur à donner dans l’exploit physique le plus intense. Son corps sent l’effort à tous points de vue, que l’on observe sans cesse. A la regarder, la sentir, je suis immédiatement transporté au meilleur de notre échange, de notre sensuelle empoignade. J’entends encore ses gémissements tantôt délicats, tantôt fébriles, retentir au creux de mes oreilles. Sa poitrine se soulever à la cadence erratique des vagues de plaisir qui font chanceler sa raison. Même ici et maintenant, je peux voir ce qui a caractérisé plus haut son impétueuse excitation ; sa cage thoracique qui se déploie pour inspirer plus d’air encore, ses joues rosies, ses pupilles dilatées d’excitation et de plaisir mêlés. Je vois les frissons, la chair de poule.


J’entends encore l’éclat de mon nom dans sa voix.


Je savoure le moment, ne sachant pas s’ils pourront se reproduire avant longtemps, quand les râles que j’entendrais la prochaine fois ne seront pas plus ceux de blessés et d’agonisants que de nymphettes partageant un désir de sensualité. La belle se tend. Délie un rien ses membres, comme pour les dégourdir. J’ai un sourire d’excuse. J’y suis peut être allé un peu fort, mais je me suis laissé emporter. Le sourire ne remonte pas jusqu’aux oreilles –ce qui lui évite la vilaine grimace de ma face ravagée- car mes inquiétudes restent réelles, bien concrètes.



| Tu es gentille. Mais ne retiens pas tes coups, comme je ne me suis pas retenu avec toi. |


Je ne peux tout à fait croire qu’elle tire de la fierté de cette marque. Je ne sais pas. Je ne la connais pas assez sur ce point pour le savoir avec certitude. Je l’embrasse sur le front, puis sur les lèvres, du bout des miennes, quand la belle me regarde, accoudée et passant une main dans l’épaisse toison poivre et sel de mon torse.


| Je suis ravi de t’avoir comblée… Même si je ne savais pas que tu avais des attentes. |


Je la taquine, mais la dévisage. Etait-elle vraiment venue dans l’idée de séduire son Empereur et de passer quelques coucheries avec lui ? Il n’en reste pas moins que j’ai le doute. Est-il important ? Non. Elle a été là au bon moment. La bonne personne au bon endroit. Isla a été un cadeau du ciel, ce soir. Je la rassure, à mon tour.


| J’ai été… Comblé, moi aussi. Tu es une excellente amante, Isla. Plusieurs fois je me suis demandé si tu n’allais pas avoir raison de mon âge avancé… |


J’utilise l’auto-dérision, évidemment, mais elle peut sentir à mon ton que je dis aussi la vérité. Sa vigueur et sa souplesse étaient impressionnantes. Sa chaleur, aussi. Son souci du détail dans le moindre de ses gestes. La jeune femme me demande si elle peut rester, tournant cela à son avantage du fait de la situation dans laquelle mon empressement l’a mise. Nouveau sourire d’excuse.


| Je dois avoir un manteau de Rhaenys dans ces appartements, ou quelques vêtements. Vous faites peu ou prou la même taille. Ca devrait convenir, pour te retirer dans tes appartements… Mais je ne te chasse pas. Ta gentillesse et ta bonté ne méritent pas la moindre attitude cavalière comme récompense. |


Je l’embrasse, plus longuement, caressant sa langue de la mienne avec une certaine douceur. Je souffle, embrassant son épaule.


| Si tu le souhaites, tu peux rester dormir ici, avec moi, et repartir au petit matin juste après le changement de tour de garde et l’arrivée du personnel, pour éviter les commérages…|
(c) DΛNDELION




Fire, Blood & Winter


Let me tell you something about wolves, son. When the snow falls and the icy winds blow, the lone wolf dies, but the pack survives. Summer is the time for quarrels. In winter, we must protect each other, give each other warmth, join our forces. " Running After My Fate (c)codage - Kanala - texte (c)Running After My Fate, The Divide


Torrhen Braenaryon
Fire, Blood and Winter.
Messages : 44386
Membre du mois : 222
Maison : Braenaryon
Caractère : Le Vieux Loup de Winterfell
Célébrité : Christian Bale

Infos supp.
Richesses : 5628

Fire, Blood and Winter.

That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://bloody-crown.forumactif.org/t210-torrhen-stark-winter-is-coming https://bloody-crown.forumactif.org/t221-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://bloody-crown.forumactif.org/t222-torrhen-braenaryon-fire-blood-and-winter https://deusexhominum.forumactif.com/
MessageSujet: Re: That Terrible Strength   That Terrible Strength Empty


Contenu sponsorisé


That Terrible Strength Empty
Revenir en haut Aller en bas
 
That Terrible Strength
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Cause you’re made of strength and mercy [Tour VIII - Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: Partie Nord de Westeros :: Les Terres Impériales :: Fort-Darion-
Sauter vers: