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 Storm above Massey’s Hook

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MessageSujet: Storm above Massey’s Hook    Storm above Massey’s Hook  EmptyMer 21 Avr - 17:18



Storm above Massey’s Hook
Torrhen Braenaryon & Isla Chelsted

Mer du Détroit, Côtes du Nord de l’Orage près du Bec de Massey, Semaine 3 du mois 1 de l’An 2 de l’Ere des Luttes
La menace s’était étendue à l’horizon au crépuscule, qui avait teinté les nuages sombres de couleurs roses-orangées dans un spectacle de toute beauté… Mais qui pourtant ne masquait pas l’orage qui grondait dans les nuages. Le vent se mit à forcir. De plus en plus fort au fil des minutes. Si le Dromon sur lequel j’avais embarqué, « L’Impératrice », semblait grimper les vagues et tenir bon malgré les bourrasques, le plancher qui se soulevait à intervalles réguliers commençait à me redonner le mal de mer. Je n’aimais pas être atteint de faiblesses physiques, ce qui était sans doute paradoxal compte tenu de ma trogne et des blessures reçues au fil des années, mais je savais quel roc je devais être pour tout le monde.


L’Empereur n’avait pas le droit de faillir, même en pleine tempête.


Le ciel devint noir d’encre, parsemé d’éclair qui craquaient en faisant trembler jusqu’au fin fond de vos tripes. Les Gardes Demalion encore sur le pont se passaient tous des outres à vin pour essayer d’étouffer un peu le fracas de la mer qui se déchaînait. Sur notre côté tribord, à quelques centaines de mètres, un bruit de craquement de fin du monde annonçait des dégâts. Le capitaine hurla « Collision ! » Et l’équipage serra les dents de plus belle. J’en venais à me maudire intérieurement. Pourquoi avais-je dû me précipiter ? La guerre n’attendait pas. Elle suivait son propre tempo. Il n’y avait pas à tergiverser, si nous trainions en route il y aurait de nombreuses morts que nous aurions pu éviter avec plus de célérité… Mais la célérité pouvait condamner des marins, et des soldats transportés, des montures aussi. La quasi-totalité de la flotte avait dû trouver des eaux plus favorables, ou abris dans la baie passée plus tôt. Mais nous étions dans le ventre mou de la flotte et deux dizaines de navires étaient sujets du monstre de vent et d’éclairs.


Mais il fallait encore survivre au trajet. J’essayais de ne pas rendre mon repas du midi, j’étais de toute façon incapable d’avaler quelque chose ce soir… Un nouvel éclair zébra le ciel et illumina un moment l’océan déchaîné et les vagues monstrueuses qui formaient des montagnes, qui se découpaient dans l’obscurité. Nous nous figeâmes, sur le pont, en voyant deux navires plus légers imbriqués l’un contre l’autre, avec une redite de ce bruit de craquement formidable. Des cris retentissaient partout sur le navire, entre marins qui se hélaient, et d’autres qui essayaient de repêcher un homme tombé à la mer. Je donnais de ma personne, tirais sur la corde pour le remonter mais d’un coup, nous tombâmes tous le cul par terre sous le roulis ; il n’y avait plus de poids à l’autre bout de la corde.


Quel funeste fracas divin que voilà, qui semblait durer une éternité. Au bout d’un long moment, n’y tenant plus, je descendais dans la cale, mais glissais sur le petit escalier de bois avant d’avoir pu regagner ma cabine et je trébuchais, me retenant à la rambarde. Le bois gorgé d’eau avait pris des coups, soumis à des torsions énormes et malmené par un équipage alerte et aguerri… Je poussais une exclamation de douleur et de frustration en dégageant vivement ma main du bois, chair meurtrie par une éraflure de plus et une grosse écharde plantée dans la paume qui ruisselait déjà de sang. La lumière des bougies qui brûlaient dans leur coffre de verre et d’acier permettait de s’y retrouver un peu et j’allais pousser la porte de ma cabine quand un roulis particulièrement violent me donna l’impression que le sol se dérobait sous mes pieds ; je flottais une seconde avant de retomber, dents serrées, genou douloureux et étouffant un gémissement et une bordée de jurons.


Je n’avais pas le droit de mourir ici, par les dieux. Le bateau tanguait. Remontait les vagues. Les redescendait à une vitesse folle. En ouvrant ma porte, je voyais la lumière des éclairs se refléter sur un mur d’eau par delà les fenêtres de la cabine ; nous grimpions à l’assaut de la joule de nouveau. J’allais vomir, si ça continuait… Mais une embardée à babord me plaqua contre la cloison du couloir et une mince silhouette s’écrasa contre moi, m’étouffant à demi sous la surprise du choc. D’instinct, je savais qu’il s’agissait d’une femme, ou d’un enfant comme on en trouvait beaucoup sur les bâtiments de marine. Alors je le ou la protégeais en l’entourant de mes bras pour lui éviter de dévaler tout le couloir sous la violence du choc. Mon cœur se figea un instant dans la peur panique d’étreindre Rhaenys mais non, les cauchemars d’une nuit de tempête en mer devaient se dissiper. Rhaenys n’était pas là, et ce corps plus menu, moins usé par le vol et la bataille, était certes coiffé de la même crinière pâle mais n’appartenait pas à la femme que j’aimais de tout ce qu’il restait de mon âme froide et désolée.



| Isla ? Vous allez bien ? |


Je ne la lâche pas mais la tiens par les épaules pour l’empêcher de tomber, tout en rétablissant suffisamment de distance entre nous pour évaluer si elle était blessée ou non. Elle semblait contusionnée, patraque, bref, mal, mais pas en danger immédiat. Je regardais l’échelle non loin, s’ouvrant sur un puits de lumière de lune et d’éclairs, d’où coulait des trombes d’eau.


| Je ne vous le conseille pas, Dame. Dehors c’est la fin du monde. Des vagues plus hautes que des murailles… Il vaut mieux rester à l’intérieur, un homme est tombé à la mer, aussi. Je crains que le vent et l’océan ne fassent qu’une bouchée de nous dehors ; nous ne sommes pas marins. |


Et j’avais peur. Si je maîtrisais ma voix comme à la bataille, cela devait se voir dans mes yeux. Un de mes frères était mort en mer, disparu. On n’avait jamais retrouvé un de ses navires, on n’avait jamais rien retrouvé du tout. Je serrais les dents, déglutissant en entendant un nouveau craquement dans la mâture, avant de reporter mon attention sur elle.


| Je vous raccompagne ? Pourquoi étiez-vous sortie ? |


Je la dévisageais comme s’il s’agissait de la dernière des inconscientes.



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MessageSujet: Re: Storm above Massey’s Hook    Storm above Massey’s Hook  EmptySam 1 Mai - 23:33

Storm above Massey’s Hook  91a1dbc41311c0f2b973bb20af4bcefa6b986a83

C'est le souffle court que j'avais réussie à embarquer sur le navire, il s'en était fallut de peu que les amarres soient larguées sans que je puisse rejoindre son bord. La décision n'avait pas été facile et à peine avait elle été prise que je la regrettais déjà. Je n'arrivais pas à me cacher derrière le fait que c'était ce que Rhaenys m'avait ordonné, que c'était ce qu'apparemment elle souhaitait. J'avais l'impression de l'abandonner aux terreurs et à la solitude, cette idée m'est insupportable, mais maintenant que la côte s'éloigne je ne peux plus revenir en arrière. La douleur qui me perce le ventre ne peut pas venir que du mal de mer, j'ai un mauvais pressentiment face à tout ceci. J'avais essayé de n'en rien paraître, mais je n'étais pas du tout tranquille et encore moins sur les eaux tumultueuses de cet océan inconnu. La navigation n'avait jamais fait partie de mes plaisirs et je me sentais parfaitement sereine sur la terre ferme, loin des caprices des ondes. La houle me rendait malade, me laissant nauséeuse et perclus de douleurs. J'avais tout tenté pour divertir mon esprit, de l'observation des hommes d'équipage, à la lecture en passant par le jeu de la harpe mais rien n'avait vraiment atteint son but. Le spectacle de cette flotte avait pourtant de quoi surprendre le plus sceptique, tant de bateaux perçant de concert les vagues c'était pour moi une vision inédite. J'aurais voulu profiter de cette expérience et même pourquoi pas prendre le temps de dresser quelques esquisses du ciel changeant sous cette nouvelle perspective.

Malheureusement ni mon état ni la météo ne m'en laissa le temps. Les premières heures du trajet avaient pu être calmes et relativement confortables, c'était sans compter les perturbations des précipitations et du renforcement du vent. L'azur au dessus de nos têtes s'étaient rapidement assombri, et bien trop vite pour cette heure avancée de l'après midi qui n'annonçait pas encore le crépuscule. Les hommes étaient nerveux, l'ambiance pesante et orageuse. Bien vite mes maux de têtes et mes nausées ne me permirent plus de rester sur le pont. Je rejoignais donc ma cabinet, luxe qui m'était octroyé en raison du fait que j'étais la seule Lady à bord. En effet mon arrivée tardive n'avait pas permis que je rejoigne mes compagnes de voyage sur un autre bâtiment. Je ne me plaignais pas de cet état de fait, j'avais assez à faire avec mes angoisses pour ne pas gérer celles de mes interlocutrices, d'autant que les sujets de conversations tournaient vite en rond avec elles. J'avais eu quelque mal à m'intégrer lors de la campagne bieffoise parmi les rares dames du train impérial, j'avais donc pris l'habitude de la solitude, cela me convenait plutôt bien même si le poids en étant dur à porter. Étrangement le sommeil n'avait pas été dur à trouver malgré les nombreux bruits fracassants qui se succédaient au-dessus de ma tête. Le craquement du bois se perdit bien vite dans l'inconscience des songes et sans réellement m'en rendre compte je basculais dans l'obscurité de mon inconscient.

Lorsque je rouvre les yeux je ne vois rien, pas une bougie n'est allumée et seul mon souffle haletant est perceptible. Ronald a t-il fini par m'enfermer définitivement à la cave ? Je déploie toute ma contenance pour ne pas succomber à l'angoisse. Je sens mon corps se mouvoir de lui même, emporté dans un fort roulis. La nausée se rappelle à ma mémoire et le fugace nuage qui altérait la froide luminosité de la lune se dissipe. Je constate alors avec bonheur que je ne suis plus du tout à Peyredragon, dans cette modeste demeure qui fut mon cachot, ce n'était qu'un atroce cauchemar de plus, une réminiscence fragile de mes tortures passées. J'ai du mal à contrôler ma respiration, tant l'émotion fut forte, et je mets un petit moment avant de quitter ma couche. Les planches autour de moi gémissent et il me semble percevoir des cris étouffés par les fracas des vagues déchaînées. Le petit hublot ne me permet pas de distinguer autre chose que l'agitation de la mer et cela suffit pour me faire comprendre que nous traversons une effroyable tempête. Mon angoisse se transforme alors en une terreur bien réelle, la situation étant plus que dangereuse. Je sais nager, c'est déjà un atout pour la survie mais pas une garantie. Je n'avais pas de proches ayant disparût lors d'un naufrage mais ces histoires étaient suffisamment fréquente pour que je craigne pour ma survie. Finalement Rhaenys voulait m'éloigner pour ne pas mettre ma vie en danger mais peut être m'avait elle tout de même condamnée par ce choix.

Je prends mon courage à deux mains, me dressant sur mes pieds je réussi tant bien que mal à revêtir une douce chemin de lin blanc et un pantalon. Cette tenue n'est pas conventionnelle mais elle est fonctionnelle, c'est tout ce qu'il me faut. Je ne veux pas n’empêtrer dans une robe si jamais il devient nécessaire de courir ou même de démontrer mes talents en natation. L'étroit espace de ma cabine me paraît étouffant, presque tel un piège mortel qui pourrait à tout moment se refermer sur moi. Sans prendre garde à l'état de mes cheveux ni à ce que peut bien refléter mon visage je m'enfuis de cet endroit sans demander mon reste. Comme je m'y attendais la cale est déserte, seul subsiste dans les couloirs désolés les supplications des planches en bois gorgées d'eau, ça et là des flaques se sont constituées sur le sol, certainement générées par le passage de marins détrempés. Je reste déterminée et ma concentration sur l'objectif de rejoindre la surface me permet de tenir à distance la peur qui me glace le sang. Les malaises qui déferlent en moi manquent de me faire tomber aussi efficacement que le roulis du navire qui semble brinquebalé par les vagues comme une coquille de noix sur un ruisseau. Mes jambes flageolantes parviennent néanmoins à me conduire jusqu'à une échelle de cordages dont le sommet est vivement éclairé par intermittence, d'atroces grondements d'un orage déchaîné annonçant l'enfer qui doit se dérouler sur le pont.

Cela ne me fait pas reculer, je refuse de couler sans avoir pu revoir les étoiles. Les embruns marins remplacent les diverses effluves de bois et de renfermé. Je ne parvins pourtant pas à amorcer mon ascension car une terrible secousse modifie le mouvement du navire et me projette en arrière. La surprise ne me permet pas d'être assez réactive et je lâche, face à la violence de l'attraction, la corde que j'avais commencé à saisir. Mon cœur loupe un battement, je suis presque certaine de finir mes jours contre la coque, le crâne fracassé ou les membres brisés. Mon souffle se coupe face au choc de la collision mais ce ne sont pas les implacables planches que mon dos rencontre mais la masse chaude et assez molle d'un autre corps. Il est trempé, la chemise ne manque pas d'absorber un peu d'eau et de se coller à ma peau. Je pousse un cri, tant d'étonnement pour ma survie que par effrois quant à mon destin. Un frisson glacé me parcoure l'échine et une atroce pensée me traverse, il s'agit de Ronald, revenu d'entre les morts pour m'emporter avec lui dans le trépas. Il m'avait toujours tenue comme son exclusive possession, il était légitime à ses yeux que je ne mérite pas de perdurer après lui. Je me recroqueville, la respiration incontrôlable et mes yeux se gorgent de larmes. Je conserve le silence, je me souviens parfaitement de mes anciens réflexes, le moindre bruit aiguiserait sa rage et doublerait les coups. Pourtant ce n'est pas sa voix grave qui perce le relatif silence de la cale.

Je sursaute, comme sortie soudainement d'un nouveau cauchemar. La situation a dû faire remonter quelque chose du fond de mes entrailles. Je manque de vomir, ne conservant ma dignité que par stupeur. L'empereur se dresse derrière moi, protecteur mais lui aussi déstabilisé. Il m'avait entouré de ses bras et sa carrure avait dû me rappeler mon défunt époux. Je ne lui répondais pas, priant pour qu'il ne remarque pas mes yeux dévastés par les pleurs et le visage rongé par une pure terreur. Peut être se fourvoierait il sur la cause de cet émoi, ce ne serait pas compliqué de déduire que la panique résultait de la tempête et non d'une autre cause. Je me retourne pour lui faire face lorsque nos corps sont enfin quelque peu stabilisés. Il ne me lâche pas vraiment, me tenant les épaules et ce simple geste suffit à apaiser quelque peu mon cœur tourmenté. Je ne le regarde pas dans les yeux, fuyant son jugement par la contemplation de ma tenue plus qu'inappropriée. Je ne sais ce qu'il fait ici, mais je dois au moins le remercier pour m'avoir sauvé. Aucun mot n'arrive à franchir la barrière de mes lèvres closes. Je tremble, je sens que mes nerfs ne vont plus tenir bien longtemps. Je me sens prisonnière, j'ai besoin d'air frais même si pour cela je dois affronter la fureur des éléments. Je n'ai pas peur de la mort, à dire vrai je l'ai souvent côtoyée durant ces mois de campagne, et avant ça je songeais déjà à elle comme une accueillante amie pouvant m'apporter la quiétude.

Je ne peux tout simplement pas rester enfermée ici, je suffoque. Si je dois mourir je veux pouvoir contempler l'immensité du monde une dernière fois. Je refuse de trépasser sans un air froid et mordant dans les poumons.

Il va me prendre pour une folle, c'est d'ailleurs la seule vision que je dois montrer toute vacillante devant lui. Je peine à tenir sur mes jambes, je doute même de pouvoir faire plus de deux pas par moi-même, mais ce n'est pas mon physique qui me porte mais bien la ténacité de ma volonté. Je plante alors mes yeux dans le gris des siens. Les couleurs semblent s'être échappée en même temps que la quiétude des flots. Je ne perçois de lui que des nuances d'ombre sur un visage éclairé à la bougie. Pourtant je peux saisir dans ses prunelles la gravité de son attitude. Il est loin d'être serein, c'est quelque chose que je peux percevoir car je suis dans le même état que lui, peut être même pire d'ailleurs. Je reste de marbre néanmoins, dégageant cette force ne souffrant aucune contradiction, je ne le laisserai pas me détourner de la seule mission que je me suis donnée. Je n'avais au final pas réussi à grand chose dans mon existence, m'esquintant et souffrant un peu plus à chaque choix stupide. Ce serait pas ma première décision insensé, bien que ça risquait d'être la dernière d'une trop longue série. Avec douceur mais fermeté je me dégage de son étreinte, bien décidée à ne pas écouter la voix de la raison qu'il personnifie. Je ne peux plus cacher mon état de fébrilité, l'agitation qui parcoure mes muscles me les rendent douloureux, ajouté à cela mon estomac qui fait littéralement des bonds à se tordre en tous les sens.

Votre altesse je ne retournerai pas à ma cabinet, je ne mourrai pas enchaînée à la terreur, je me le suis promis il y a bien longtemps, car si ce n'est pas ma vie que je perds en restant ici se sera ma raison.

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MessageSujet: Re: Storm above Massey’s Hook    Storm above Massey’s Hook  EmptyMer 12 Mai - 18:09



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Je me sentais comme une bête prise au piège, incapable de deviser et de raisonner clairement. Je détestais la mer. Je ne savais pas d’où ça venait précisément. Bien sûr, il y avait eu ces épisodes de guerre, impliquant l’un de mes frères et sa disparition précoce. Peut être était ce simplement parce que j’avais toujours vu menace sur menace débarquer des océans, d’abord sur l’Ile aux Ours qui avait vu mes premiers combats, puis sur le reste de mes côtes au fil des ans ? Je n’en savais rien. C’était peut être simplement dû au fait que mon frère y était mort. Ou que je n’avais jamais été entraîné ni à avoir le pied marin, ni à y mener mes combats. Dans tous les cas, je n’aimais pas l’océan. Je le trouvais beau, oui, mais de loin. De près, il y avait trop de vent, de bêtes dans les abysses, de façons de mourir et pis encore, aucune sur lesquelles il était possible d’avoir un niveau satisfaisant de maîtrise.


Le fracas du tonnerre et le bruit assourdissant des vagues que nous percutions de face était terrible, et me laissait pantelant. Il n’y avait rien de naturel pour un homme d’aller mourir en mer, surtout quand ce n’était pas nécessaire. J’avais bien eu le temps de me maudire mille fois, depuis le premier coup de semonce de l’orage dans le lointain. Je ne suis pas le seul à subir les affres et les tourments provoqués par les éléments. Il est de plus en plus clair que la moitié des transportés vit aussi mal la chose que moi ; tout le monde se claquemure dans les entrailles du navire, laissant le pont à ceux qui se sentent le cœur de le vivre, de l’affronter. Je n’en avais pas moi-même le courage, et ce cruel aveu d’échec doit être étouffé dans quelque chose d’autre, qui serait plus utile. Comme protéger Isla Chelsted, dame de la Néra, de se retrouver blessée par les éléments ou les accidents potentiels si nombreux dans la coque d’un navire, déjà en temps normal, mais pis encore en pleine tempête. Je continue de la serrer pour la protéger, jusqu’à ce que je ne sente son corps désirant s’échapper. J’accède alors à sa demande, loin de moi l’envie de la couver ou de la sur-protéger, maintenant qu’elle semblait avoir repris pleinement conscience de la situation et du danger.


Forcément, quand elle m’explique qu’elle suffoque, je ne peux que la comprendre, et partager son mortifère sentiment. Il n’en reste pas moins qu’il ne me semble ni possible ni souhaitable de lui accorder ce répit qui pourrait être terriblement dangereux. Je revenais précisément d’en haut, d’où les éléments se déchaînaient. Elle était courageuse, la jeune insulaire… Et aussi inconsciente. Je restais blême à l’idée de devoir remonter là-haut, et son courage ne m’inspirait rien d’autre qu’une pure terreur que je ne pouvais masquer dans le fond de mes yeux, même si je restais maître de mon corps. Des dizaines de batailles, la mort susceptible de frapper à chaque instant, il n’était absolument pas temps de



| Je comprends, Isla. Je vous assure que je comprends. Mais dehors, c’est le chaos, vous comprenez ? Les vagues que nous chevauchons sont plus hautes que les murs d’Harrenhal, parole ! Vous ne verrez rien à part des murs d’eau gigantesque, et les nuages noirs s’illuminer à chaque coup de tonnerre. Il n’y a rien pour nous, là-haut ! Nous gênerions les manœuvres ! |


Je ressentais la soudaine et presque irrépressible impulsion de me souler. A mort, dans ma cabine. De noyer la peur et l’appréhension dans l’alcool de tourbe prélevé en territoire orageois lors de la précédente campagne. Je respectais le courage d’Isla dame de Chelsted, mais je ne le partageais pas. J’étais faible, dans ces circonstances, et la faiblesse m’inclinait à plutôt vouloir m’évader d’une réalité contre laquelle je ne pouvais véritablement pas grand-chose. Isla a l’air malade. Elle n’a rien de l’aplomb et de la sérénité que je lui connaissais, pas plus que de l’espiéglerie qui lui était coutumière. Qu’elle semble loin, la nymphe sûre d’elle-même qui prenait son bain nue dans une rivière non loin d’une armée en marche, et qui n’était pas loin de me faire succomber à ses attraits.


Elle semble se tenir à son courage, en tout cas. Elle se cramponne à son désir d’affronter la situation bien debout. Je la dévisage, plongeant mon regard dans le sien et ne voyant nulle défaillance. Pour l’une des rares fois de ma vie, je pestais contre le courage et la bravoure d’une personne qui en faisait bien plus preuve que moi-même. J’enrageais, dents serrées, en colère contre moi-même même si elle pouvait se demander si ce n’était pas elle qui provoquait cet état.



| La peste soit des jeunes femmes plus fougueuses que leurs aînés. A quoi ressemblerais-je si j’abdiquais devant une nymphette qui fait à peine la moitié de mon poids et de ma taille ? Soyez maudite, vous allez nous le faire regretter à tous les deux. |


J’en oublie toute bienséance, et serre les dents avant de cogner fortement contre la cloison qui sépare la coque et sa cargaison de l’équipage. De ma main d’épée, j’empoigne celle de la jeune femme de Peyredragon.Je la serre, à m’en faire blanchir les phalanges. Un regard terrifié mais résolu, malgré tout, alors que la trappe s’ouvre et que nous prenons en pleine face des trombes d’eau venues du dehors. Je ne grimpe la petite échelle qu’à une main quand l’averse se calme, et tire la peyredragonienne à ma suite. Nous arrivons sur un pont glissant, après avoir dérapé sur les petits barreaux, et il me faut quelques longues secondes pour trouver mes repères alors que l’horizon n’est qu’un mur d’eau gigantesque, illuminé des flashs des éclairs, vers lequel nous nous rapprochons à toute vitesse.


| Etes-vous satisfaite, insensée ? |


Les marins clouent les cloisons derrière nous, et on nous jette des cordes au passage ; la tempête empire. Si les trappes ne sont pas fermées, la coque va se remplir d’eau et nous coulerons dès que des vagues nous feront basculer au point de déséquilibre. Les marins s’attachent les uns aux autres, aux différents éléments du bastingage. Nous voilà propres, tiens… Et la proue qui fend une vague dans un fracas de fin du monde nous asperge d’écume Alors que je commence à passer la corde autour du bassin de la jeune femme, et d’y nouer un nœud. Je ne connaissais pas ceux en usage dans la marine, seulement dans la logistique de mes troupes, alors je faisais de mon mieux en jurant dans ma barbe.


| Nous voilà bien avancés, petite ! |


Je cherchais où nous lier, car même si le mât de misaine était tout proche, il risquerait de nous entraîner dans sa chute si jamais il venait à craquer sous le coup des éléments. Je nous lie à l’escalier qui menait à la poupe, finalement, et l’attirais contre moi alors que le reflux d’une vague contre l’arrière du navire baignait le pont de nouveau.


| Je déteste ces fichus coques de noix et ces maudites tempêtes ! Dites-moi seulement que ça en valait la peine ?! |


Mes genoux tremblaient, mes dents claquaient,d e froid maintenant, alors que nous étions trempés jusqu’à l’os et ce froid là, je ne savais simplement pas lutter contre.


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