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 I cry about it later | Ft Gareth Kenning

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MessageSujet: I cry about it later | Ft Gareth Kenning    I cry about it later | Ft Gareth Kenning  EmptyJeu 25 Mar - 13:57

Deuxième jour de la 2ème semaine du 1er mois de l'an 2

La nouvelle était tombée, tel un couperet mortel sur une nuque fraîchement débarrassée de tout obstacle à sa misérable fin. L'Ouest entrait en guerre, "Enfin !" pourrait se réjouir certains, et cela aurait aussi pu être mon cas en quelque sorte si l'ennemi choisi avait été tout autre. C'est l'Empire qui était désormais la source de la fureur du lion et c'est sur lui qu'il déchaînerait ses forces militaires. Cela aurait pu m'indifférer, après tout cette entité aux volontés plus qu'utopiques ne voulaient pas dire grand chose pour moi. Cependant c'est mon oncle qui siège à sa tête, trônant au sommet de ce conseil des couronnes fédérées qu'il a fondé avec sa dragonne de nouvelle femme. Il a sacrifié ses titres à ce rêve qui peut paraître plus que fou et terriblement ambitieux. Je ne l'ai pas compris, mais je ne l'ai pas jugé pour autant, mon vœu le plus cher avait toujours été celui de la neutralité entre toutes les nations, la recherche de la paix pour que chaque peuple puisse prospérer et les familles vivres en toute quiétude sans la sanglante menace de la guerre au-dessus de la tête. Le Nord avait rejoins cet Empire, contre toute attente, contre toute raison selon moi, je n'ai toujours pas réussi à comprendre pourquoi et comment les fiers nordiens avaient abandonné une partie de leur souveraineté à cette construction inédite, à ce partage du pouvoir presque contre nature. Cependant tout cela était resté lointain pendant un bon moment, ce n'était constitué que d'étranges nouvelles qui nous parvenaient par missives, ou par des bardes chantant ou contant de fantasques épopées.

Je n'aurais jamais imaginé que tout ceci aurait les plus atroces conséquences. L'Ouest avait joué un jeu étrange, double et trouble avec ses alliés comme les opposants de ces derniers. Ma nouvelle patrie avait été plus qu'indécise et réservée, ne voulant pas s'engager sans une assurance de victoire. Cette politique n'avait pas été la plus honorable, et j'avais du mal à m'y solidariser, bien que le choix ne m'était pas vraiment donné. J'avais vécu cette situation d'entre-deux avec une légère inquiétude mais sans non plus m'enfoncer dans des angoisses inutiles. Je gardais l'espoir naïf que tout ceci pourrait perdurer plus ou moins éternellement, que jamais plus Jeyne et moi n'aurions à souffrir des horreurs de la guerre, mais une fois de plus la sentence avait été prononcé avec insensibilité. J'avais fait tout mon possible pour rester calme lorsque Quentyn m'avait fait asseoir pour me révéler la terrible décision du conseil de l'Ouest. J'avais été reconnaissante aux dieux de ne pas avoir appris cela à la cour, lors d'une annonce officielle où la foule nombreuses des courtisans aurait scruté ma réaction et celle de la reine pour y déceler une émotion démontrant une prédisposition à la trahison. Nos origines nordiennes avaient souvent été montrées du doigt, par moquerie, par reproche ou tout simplement comme un état de fait presque salissant. Désormais nous risquions de susciter la méfiance et l'hostilité, et je doutais que la conversion de Jeyne à la foi des sept change grand chose. La précarité et les souffrances que les conflits peuvent engendre poussent souvent le peuple dans des extrémités frisant la folie, la haine a parfois de malheureux et irrationnels exutoires. J'avais tenté de ne pas pleurer, de rester digne et impassible pour ne pas inquiéter mon époux, il n'avait pourtant pas été dupe de ma façade de glace. Il sentait bien que j'étais bouleversée, voir totalement plongée dans une mer gelée d'incertitudes et de terreur. Il avait bien tenté de me rassurer, il m'avait offert ses bras rassurant et pendant un instant j'avais pu fermer l’œil sur mon oreiller étrangement sec.

Cet état de fait n'avait pas duré, mon esprit étant trop agité pour rester allongée j'avais décidé de quitter la sécurité de ma couche. Je m'étais habillée chaudement et laissant mon époux dans la chaleur des draps et Jyanna aux bons soins d'une nourrice que j'avais fait appelée, je m'étais enfuie dans les longs couloirs du château, errant, âme en peine et plus qu'énervée de son impuissance. Tous nos efforts n'avaient menés à rien et le mariage de Jeyne avec l'Ouest avait cruellement échoué à maintenir de pacifiques relations entre nos contrées. Je gardais les poings serrés et me mordais presque la langue pour ne pas exploser tout simplement. J'avais trop de frustrations, trop de peine, de sourdes terreurs et de déceptions pour pouvoir rester une noble dame au comportement mesuré. Toute bavure incontrôlée aurait de lourdes conséquences. Je ne pouvais me laisser aller à la vue de tous.

C'est pourquoi je me retrouve sur ce rempart à l'Est du château, dominant la mer qui s'étendait non long, poursuivant, insensible, les allées et venues de ses marées. Elle est magnifique sous le ciel étoilé, et même la fraîcheur de l'air ne peut gâter ce spectacle qui même après tout ce temps me coupe encore le souffle. Je n'avais pas vécu près de la mer, ni été une insulaire, et cette large étendue salée avait toujours eu le don de me fasciner. Pourtant même elle ne pouvait troubler les tourments de mon cœur. Les larmes avaient finies par prendre possession de mes joues et je demeure ainsi, le châle bercé par les vents, âme torturée peinte au milieu d'un paysage idyllique. Je sens alors une présence derrière moi, je ne veux pas me retourner, je suis presque certaine qu'il s'agit de Quentyn qui a remarqué mon absence et qui a dû tourner un moment, fou d'inquiétude pour me retrouver. Je ne veux pas lui exposer le spectacle de mon doux visage ravagé par le chagrin. Je ne veux pas me retrouver à hurler dans ses bras le désespoir que ce conflit insuffle dans mon cœur. En effet qui que soit le futur gagnant de ces conflits insensés j'aurais forcément à perdre de proches parents, peut être mon frère, peut être mon royal cousin Jon sur le trône du Nord, peut être même lui, mon époux ou Lyman. Je tremble mais pas en raison du froid qui n'est en rien comparable avec ce que je connaissais autrefois. Je lance alors à cet être non loin de moi d'une voix brisée par les sanglots :

« Je sais bien que tu me dirais de ne pas perdre espoir car le ciel ne nous tombe pas sur la tête... Je t'en prie... Reste un peu avec moi... Juste un bref moment... »  

Je ne sais pas s'il s'agit vraiment de mon époux. Je ne m'en soucie pas vraiment. J'ai juste besoin de cette proximité qui m'ancre au présent tel un ponton pour un navire, elle m'évitera d'aller me noyer dans l'immensité de la mer de mes angoisses.


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MessageSujet: Re: I cry about it later | Ft Gareth Kenning    I cry about it later | Ft Gareth Kenning  EmptySam 3 Avr - 18:28

Deuxième jour de la 2ème semaine du 1er mois de l'an 2



L’existence paisible qu’il a pu connaître jusqu’à présent s’aventure désormais dans une douce et dangereuse incertitude. L’obscurité de la nuit recouvre le territoire ouestrien comme pour symboliser l’inévitable : la guerre a fini par rattraper les Terres de l’Ouest.  La guerre a été déclarée par le jeune souverain Lannister. Qui aurait pu croire que le début de son règne allait être marqué par une telle décision ? Concernant cette décision, Gareth est impliqué de par sa position et les conseils qu’il a pu apporter à Lyman. Toute une génération d’hommes n’a pas connu la guerre et ce qu’elle symbolise pour sa population. Celle-ci n’a pas vu de ses yeux les conséquences funestes de ses affrontements furieux et massifs. Elle annonce des paysages où les corps s’amoncellent, des bâtiments et des forteresses incendiés et en ruine. Cette génération, celle des Lyman, Quentyn, Gareth, Steffan, est pourtant la jeunesse dorée du Roc. Celle qui a pu vivre une insouciance contrastant nettement avec la gravité de ce monde. Le feu Roi Loren n’est plus, lui qui avait connu la célèbre bataille de Castral Roc. Sa présence aurait certainement été profitable pour ses hommes et ses femmes en proie à l'incertitude.

Nul homme ne sait à l’avance ce que l’avenir lui réserve. Gareth peut se considérer chanceux de l’existence qui lui a été offerte. Venu d’une maison côtière d’une noblesse toute relative, le jeune homme occupe désormais une fonction de premier plan pour le royaume. Le Grand Maître de l’Ouest a reçu cet honneur avec fierté tout en n’omettant pas les responsabilités associées et le poids qui découlent de celles-ci sur ses épaules de jeune homme de vingt quatre ans. Il aimerait pouvoir évaluer les chances de l’Ouest, être sûr d’être sur la bonne voie pour les siens. Mais, il doit accepter de ne pas savoir et d’être prêt à toute éventualité. De ce fait, même pour un homme à la confiance parfois presque insolente, les nuits peuvent être le moment propice pour que certaines pensées l’assaillent suffisamment pour ne point trouver le sommeil. Tandis que Megara et ses chenapans bambins profitent d’un sommeil bien venu avant l’épreuve que va affronter le royaume de l’Ouest, Gareth opte pour une balade rafraîchissante censée l’aider à chasser ses pensées qui l’empêchent de dormir.

La forteresse est plus animée qu’à l’accoutumée en cette heure tardive de la nuit. Beaucoup se tiennent, ici et là. Bien sûr, on retrouve également les gardes qui assurent leurs rondes. Le pourpoint rouge sombre porté par Gareth, et accompagné de quelques dorures, est rapidement reconnu par ceux-ci. Sa marche nocturne est ensuite ponctuée d’une énième rencontre avec une dame aux cheveux bruns flottant sous le vent s’abattant sur la côte de Castral Roc. Gareth décide brusquement de stopper sa marche en avant. Ce choix n’a rien de réfléchi et le ouestrien s’interroge alors qu’il reconnaît la voix de Lynara. Il est trop tard pour rebrousser chemin et il ne peut continuer sa route solitaire comme il l’aurait espéré. Les premiers mots de la nordienne donnent un indice très clair sur l’état d’esprit qui doit être le sien à l’heure actuelle.

« C’est exact, le ciel ne nous tombe pas sur la tête. »


Que peut-il bien dire ? Les mots lui manquent. Ce qui est sûr aux yeux de Gareth, c’est qu’il doit conserver l’orgueil et l’audace qui le décrivent si bien. Il ne veut pas être déboussolé par les évènements et prêter le flanc aux éventuels détracteurs au sein du royaume. Il est en revanche plus difficile d’adapter son discours à Lynara au vu de leur passé commun et de ses origines nordiennes. Et puis, il y a cette voix d’âme en peine qui pousse l’homme de Kayce à lui venir en aide. Gareth inspire discrètement pour se donner force et s’avance dans cette semi obscurité permise par les quelques torches crépitant ici et là.

« Je comprends que la situation est perturbante pour toi et pour la Reine…mais il ne faut pas vous sentir visées ou coupables…»


Gareth essaye tant que possible de s’exprimer de manière mesurée et compatissante. Il lui paraît difficile de s’exprimer avec trop de véhémence contre les désormais ennemis du royaume. Pas en la présence de Lynara et de Jeyne en tout cas. Ses hommes auront peut-être besoin d’un discours plus aventureux, surtout face à un adversaire de taille vu la place qu’il occupe désormais sur la carte de Westeros. Sa main vient se poser sur la pierre tandis que les vagues continuent de s’exprimer bruyamment contre les côtes ouestriennes. Parfois, cela peut détendre...d'autres fois, comme ce jour, ces fracas incessants peuvent paraître inquiétants.


«  Nous avons connu des jours heureux. Peut-être que nous devons penser à ceux-ci pendant que l’Ouest affronte les troubles de la guerre…et espérer qu’ils reviennent… »


Ces jours en question, il y a des chances qu’ils reviennent…mais peut-être pas de leur vivant. Peut-être que la prochaine jeunesse dorée sera celle de leurs enfants, voire celle de leurs petits enfants. L’horizon est identique à celui qui s’étend sous leurs yeux. Ils ne sont pas en mesure de savoir si la paix reviendra dans un, dix ou cent ans. Il faut le temps de l’accepter et Gareth marque un pas en arrière, ne sachant quoi dire de plus à ses mots qui n’apportent que bien peu de réconfort au final. La brise marine ébouriffe les cheveux bruns de Gareth tandis que ses yeux azur ont une teinte un peu pâle. On ne peut pas remonter le temps et revenir en arrière.


ROYAUME DES TERRES DE L'OUEST
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MessageSujet: Re: I cry about it later | Ft Gareth Kenning    I cry about it later | Ft Gareth Kenning  EmptyDim 30 Mai - 0:26

Je prends une grande inspiration après avoir lâché ma supplique à l'océan. Elle ne lui est pas destinée bien sûr puisque l'être qui m'importe se dissimule hors de ma vision dans mon dos. Je m'attends à ce que ce soit mon époux qui s'est arrêté à quelques pas de moi, mi soulagé de m'avoir retrouvée en pleine santé, mi furieux d'un comportement aussi irresponsable. Je ne suis pas prévisible, cela il doit l'avoir parfaitement compris à présent et j'avais presque fini par croire que c'est un aspect de mon caractère qu'il apprécie. Pourtant je ne m'excuserai pas, je n'ai pas à me faire pardonner de suivre les élans que me commandent mon être. Je trésaille face au fracas des vagues en dessous de nos pieds, ce vacarme reflète parfaitement le désordre de mes pensées qui me désarçonne. Pendant une seconde je me demande si Quentyn va m'enlacer, s'il va réussir à dépasser sa colère pour m'exprimer sa compassion, je le désire fortement, mais je ne le forcerai pas ni ne lui en ferait la demande.

C'est un sursaut qui me secoue lorsque la voix qui perce le relatif silence des remparts n'a pas la tonalité de celle de mon époux. Gareth, je reconnaitrais ce timbre entre mille et cela me plonge dans divers sentiments contradictoires. Déstabilisée je ne réponds rien, notant juste qu'il s'est contenté de reprendre mes précédentes paroles. Mille questions se bousculent dans mon esprit mais très vite je me rends compte que leurs réponses n'ont pas vraiment d'importance déterminante. Le regard toujours perdu dans l'immensité de l'horizon je choisi de ne pas me retourner, notre échange sera peut être bien plus facile ainsi, surtout au vue de la conclusion néfaste de notre dernière discussion. J'ai maintes fois regretté mon comportement, mais j'ai fini par comprendre qu'aucune parole ne pourrait rien résoudre, le pardon ne pouvait être obtenu instantanément et notre passé ne serait pas édulcoré par un simple mea culpa. Notre relation avait été magnifique, tout autant qu'elle m'avait atrocement fait souffrir, depuis, une détestable indifférence avait pris le pas de nos blessures, infectant tout ce qui aurait pu se transformer en une belle amitié. Aujourd'hui je ne sais plus ce que je veux être pour lui, je ne suis pas sûr qu'il désire encore me voir dans l'environnement de son quotidien et je ne le blâme pas pour cela.

Je reprends une grande inspiration pour tenter de calmer les battements erratiques de mon cœur. Je ne dois pas m'affoler, il ne sert à rien de se perdre en folles théories sur ce que pourrait penser ou ressentir cet homme qui est petit à petit redevenu un étranger. Tout ceci me laisse une terrible impression de gâchis, comme la relation avortée entre l'Ouest et le Nord. Nos pays sont ils donc trop différents pour réussir à se conjuguer en harmonie ? Je commence à le croire, je ne veux pas aboutir à une conclusion vers le pire, mais les évènements m'y poussent invariablement. Une nouvelle fois Gareth rompt le silence qui a pris place entre nous. Peut être mon manque de réaction le perturbe t-il, en tous les cas je suis surprise qu'il soit demeuré dans ma proximité, j'avoue avoir d'abord cru qu'il avait tourné les talons après m'avoir mollement répondu. Je fronce quelque peu les sourcils à ses propos. Je n'ai pas un égo si démesuré pour me sentir visé personnellement par la déclaration de guerre, je me doute bien que des considérations politiques sont à l’œuvre, qui dépassent et de loin une appréciation de ma personne. Quant à la culpabilité, pour sa part elle est bien présente, et sa morsure est cuisante sur le tableau de mon honneur. Calmement je lui offre ma vision des choses, sans animosité, presque comme autrefois lorsque nous pouvions partager notre vision du monde avec une envie de se comprendre.

« Non, je ne me sens pas visée. Les raisons de cette décision m'échappent, mais je me doute que je ne suis pas un élément déterminant dans celle-ci. Par contre la culpabilité je ne peux pas m'en laver. Nous avons failli à la mission qui nous avait été confiées. Son altesse royale et moi-même devions être une garantie de la construction d'une alliance pérenne entre nos deux peuples. C'est un échec aux conséquences terribles. » Je reprends rapidement mon souffle, ne laissant pas le temps à mon esprit de réellement prendre conscience de la conclusion à laquelle je suis parvenue pour ne pas reprendre mes sanglots. « Je ne dirais pas que je suis perturbée, c'est plutôt le désespoir d'un dilemme où aucun choix n'est exempt de terribles souffrances. »

Je ne sais pas s'il comprend vraiment, franchement j'en doute, mais je sais qu'il me livre ces paroles pour être rassurant, sans l'être, mais il n'en a peut être pas conscience, il fait de son mieux et il est sincère, de ça je suis sûr et quelque part c'est tout ce qui compte. Comment pourrait-il appréhender le tourbillon qui m'emporte sans que je puisse me raccrocher à quoique ce soit. Je n'aime pas la grande incertitude dans laquelle cette guerre va tous nous plonger, je déteste le danger que cela fait courir sur ma famille, nordienne ou ouestrienne. Mais je garde mes lèvres scellées, ne pouvant lui livrer tous les secrets de mon cœur comme par le passé, nous n'étions plus aussi proches. Je ne sais pas si je peux toujours lui faire confiance, je connais sa loyauté envers Jeyne mais je ne sais plus ce qu'il en est pour moi. Peut être me livrera t-il à la vindicte publique dans quelques mois, quand il faudra une coupable pour exutoire des malheurs et des privations. Je ne peux l'envisager mais je dois me montrer prudente dans mon comportement avec lui, il en sait peut être déjà bien trop pour que sa nouvelle position lui permettre d'être sympathique avec moi.

Les mots qu'ils me livrent en retour me plongent eux aussi dans une grande perplexité. Je me rappelle alors que cet homme est un novice de la guerre, il n'a connu ni conflit d'envergure, ni la lente et terrible érosion que les conflits opèrent sur le genre humain. Lentement je me retourne, pour plonger mon regard dans le sien. J'ai besoin de cette connexion pour que mon avertissement ait toute sa force. Je ne veux pas lui faire peur, juste le préparer à ce que les choix des puissants vont générer. Je m'avance de quelques pas, apeurée mais résolue.

« Au début cette litanie sera un réconfort, peut être même que si tu t'en fais une idée assez précise pourras tu conserver cet espoir un peu plus longtemps que la moyenne. J'ai déjà connu la guerre Gareth, elle a été la toile de fond de mon enfance, la témoin privilégiée de mon adolescence, et je peux te dire qu'il y a un ouvrage qu'elle saccage mieux que le reste c'est la douceur d'un avenir radieux. Ne reste dans les sombres terreurs des affrontements que la rage, le sang et la douleur. La guerre gangrène tout, elle corromps les cœurs, elle gangrène la compassion et la bonté pour ne laisser que le désir de vengeance et d'annihilation. C'est ce qui me terrorise, car ce n'est pas cet horizon que mérite ma fille, ni tes fils. »

J'espère qu'il n'analysera pas mes mots comme une menace, je pense qu'il m'a assez connu pour comprendre que je veux sincèrement lui transmettre mon ressenti quant à la guerre. Fermant quelque peu les yeux je les rouvre vers les alentours. Je ne veux pas qu'on nous surprenne dans cette intimité. Cela pourrait donner lieu à de détestables rumeurs non justifiées. Je ne sais comment Quentyn prendrait l'information si elle est de plus déformée par les fielleux courtisans. Adoucissant mon regard et livrant une facette moins dure de ma personne je reporte mon attention sur son pourpoint lorsque je constate qu'aucune autre âme n'est pour le moment sur les remparts à part nous.

« Néanmoins cela ne diminue pas ma dévotion envers nos souverains. Je respecte leur décision et si on en est arrivé à une telle extrémité c'est que le compromis n'était plus possible. Je demeurerai, une fois de plus dans l'ombre de ce titanesque monstre qu'est la guerre. Quant à toi, es tu confiant, l'adversaire est de taille, tout cela ne se règlera pas en une saison je le crains. »

Je suis fataliste et j'essaie de me composer un masque pour apaisé que je ne le suis en réalité. J'ai bien conscience que je ne peux plus me laisser aller aussi librement que dans ma solitude. J'aurais aimé un plus grand réconfort de sa part, mais j'accepte parfaitement le fait qu'il n'est plus question de cela désormais. Je ne veux pas me questionner sur nos rapports ce soir, le temps clarifiera peut être les choses. En attendant je m'inquiète de lui, je me doute que sa position n'est pas simple et qu'il est aussi affecté par cette décision même s'il essaie de n'en rien montrer. Peut être est il moins confiant que ce qu'il se plaît à afficher. Je souhaiterai le voir si livrer un peu pour que je puisse reprendre espoir en nos rapports, mais je n'ai pas grande espérance, bien que le voir s'ouvrir un peu à moi m'aiderait certainement à en faire de même.


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