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 J’ai jeté deux bouteilles à la mer

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MessageSujet: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyMar 23 Mar - 10:14

La durée du trajet avait été convenable compte tenu des conditions des plus inconfortables et déplorable que j’ai eu à souffrir, en raison d’une bourse bien maigre. Si je n’avais pas eu l’idée d’envoyer une lettre à Mère, de Port-Lannis aux Météores pour qu’elle puisse dépêcher un homme avec un peu d’or à Villevieille, je ne sais pas si j’aurais pu remettre pied sur mes terres natales de sitôt, ou un quelconque jour. Et quel accueil décevant ! Les Maisons se déchirent entre les Loyalistes à la Maison Martell, les Rebelles qui s’acoquinaient avec Dame Allyrion ou les Maisons incertaines tant aucun choix ne leur convenait. L’ironie de la situation était que j’étais bien trop lasse de la politique et encore peinée du silence de ma sœur pour prendre moi-même position. Le monde savait dans quel trouble se trouvait ces terres, et il n’y avait donc aucun secret à cacher. Pourtant, elle n’avait pas pensé à m’écrire le moindre courrier pour me tenir au courant ou pour chercher un conseil ou un soutien. Comment interpréter un tel geste ?

Une part de moi-même m’imposait d’être égoïste, et de ne pas agir : celle-ci n’aspirait qu’à une existence paisible et calme, dans laquelle le bonheur était une possibilité. Et cet autre part, qui avait dicté toutes mes actions depuis que je me connais, m’imposait de faire face à ces vents et à ces marées monstrueux afin de protéger ma fratrie : je ressentais déjà des vertiges à l’idée de me replonger dans ce théâtre de faux-semblants et d’hypocrisie. Étais-je prête, encore, à risquer ce qu’il restait de ma liberté et mes espoirs pour ma sœur ? Si j’avais appris à haïr et à détester Yoren, j’avais pourtant appris à reconnaitre la véritable loyauté d’un sujet à l’égard de son Souverain, et je ne voyais pas de telles lumières dans les yeux de tous ces Dorniens inconnus que j’avais croisé.

Je soupirais, pour la énième fois dans ce petit taudis qui me servait d’abri. Si ma mère trouvait le lieu inapproprié pour sa petite fille, je m’en accommodais fort bien. J’avais l’impression qu’une éternité s’était écoulée depuis que je n’avais pas gouté aux délices de dormir dans un lit ou d’apprécier une toilette sans craindre qu’on me surprenne. Les tentes, les routes, les navires … voilà mes maisons de fortunes de ces longs mois passés. Dès lors, ces quatre petits murs me convenaient, et je m’y surpris même à m’y plaire. Je sais que je ne resterai pas longtemps ici. Il se peut même que j’ai à quitter mes terres bien plus tôt.

Le Traité de Boycitre exigeait un otage de chaque Maison, incluant la Maison Martell. Et j’étais cette otage choisie. Si la guerre avait joué à mon avantage pour ma fuite, je ne pouvais pas échapper aux clauses signées par la main même de ma sœur. Il est inutile de chercher à pester, d’avoir peur ou de se cacher dans l’espoir de ne pas être trouvé, dans mon cas. Mon temps était compté, mon avenir bien trop incertain, et j’avais à agir avant que je me retrouve à nouveau pieds et poings liés. J’avais à forger mes propres armes. Il n’était pas questions de lames d’acier, mais d’alliances et d’accords. Je devais parler en mon nom, et m’entourer de bonnes personnes qui pourraient toujours me soutenir dans le futur. Je refusais d’être à nouveau aussi seule, impuissante, isolée et à la merci d’autrui. Je préférais l’exil, dans une contrée totalement inconnue et éloignée, mais entourée de mes meilleurs compagnons que de revivre cette expérience auprès des Fer-nés et Riverains.

La porte s’ouvre, et je sursaute dès que je vois une seconde silhouette aux cotés de celle de ma mère. La méfiance,  la surprise ou la peur disparaissent dès que je reconnais les traits de ce nouvel arrivant : Baldyr Le Voi, ancien garde de mon Père et un grand ami. Il avait répondu à cet appel discret que j’avais fait, suite à une lettre envoyée peu avant mon arrivée. En vérité, j’avais demandé l’assistance de deux personnes uniquement, et qui ne faisaient pas partie de la Maison Martell. Je désirais, avant tout, être entourée de personnes qui pensaient à moi et non à quelques avantages ou nécessités politiques. J’aurais également voulu faire appel à Anders, et qu’importe nos disputes passées, mais je le connaissais suffisamment pour savoir qu’il devait être occupé à assister notre frère. Je ne désirais nullement l’obliger à choisir, du moins maintenant. Notre rencontre ne tardera pas, et nous aurons surement à prendre des décisions. Car, contrairement à lui, le temps m’était précieux.

- Baldyr ! m’exclamais-je. Je quitte mon lit pour aussitôt entourer son cou de mes bras. Certes, une dame devrait faire preuve de retenus, surtout une batarde vis-à-vis d’une personne noble, mais ma joie était trop grande pour être contenue. Tu es venu, tu as répondu à mon appel !

J’étais rassurée, et je me sentais soudainement plus sereine pour les épreuves qui nous attendaient tous. J’entends la porte se refermer, et une clé tourner.

- Ne t’inquiète pas, j’ai également une clé. Nous nous sommes entendus, avec ma mère, de garder cette porte fermée. Il faut savoir se montrer prévenant, lorsque l’on est seule, dis-je. Je me tais subitement, le regard perdu à un autre vieux souvenir : est-ce que j’avais fermé à clé, une seule fois, une porte aux Jardins Aquatiques ? Je ne pense pas, tant j’étais rassurée et confortée à l’idée que j’étais chez moi, et protégée.

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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyMar 23 Mar - 17:30

A la réception de cette lettre mystérieuse, en reconnaissant le symbole qui accompagnait les quelques mots énigmatiques griffonnés sur papier, j'avais immédiatement demandé à ce que l'on prépare mon cheval et assez de vivres pour que je puisse chevaucher, jour et nuit, s'il le fallait, tant que mon fidèle destrier et moi tiendrions jusqu'aux Météores. Je n'avais pas pour habitude de déroger aux cérémonies ou même encore d'agir sans l'aval de la princesse depuis que ma protégée était retenue mais cette fois… Je n'avais pas attendu que l'on me l'autorise pour quitter Lancehélion à la hâte, seul, en pleine nuit, ne laissant pour seule trace qu'une lettre indiquant à Deria où je me rendais, sans donner de détails, puisque je n'avais aucune certitude. Du moins, la seule que j'avais, c'était que la lettre venait du bordel de Megara.

Peut-être allais-je subir ses foudres à mon retour ? Mais ce fameux signe insuffle chez moi un curieux mélange d'angoisses, de peur et paradoxalement, de joie et d'espoir. Je n'pouvais qu'accepter cette invitation pour en avoir le cœur net. Me rendre aux Météores ne m'enchante guère, mais la curiosité, l'envie de croire que ce message vient d'elle ou de sa mère ayant des informations la concernant me pousse à agir à la hâte.  

J'ai chevauché des jours durant, en ne m'arrêtant que pour de strictes nécessités. Pour que ma monture puisse boire et se reposer, pour que moi-même, je puisse reprendre quelques forces avant chaque nouvelle chevauchée. Chaque jour, je tentais d'avaler plus de kilomètres que le jour précèdent.  

Il m'avait tout de même fallu environ six jours pour atteindre les abords de la forteresse. Une étrange appréhension me gagne au fur et à mesure que nous nous approchons. Tout allait devenir concret, certes mais tant que l'expéditeur de cette fameuse missive me reste inconnu, des milliers de scénarios font bouillonner mes cortex cérébraux.

Une fois entré dans la citadelle, je suis accueilli par un roturier qui m'appelle "Sir Le Voi". Je n'ai pas réellement l'habitude qu'on m'affuble du titre de mon frère. Je dirais même que je n'apprécie guère mais je comprends assez vite qu'il n'y a aucune question ou opposition à poser, je me contente d'hocher la tête et me laisser conduire par ce jeune adolescent jusqu'à la gérante de bordel.

"Megara ! C'est donc bien vous !"

Evidemment, c'était bien elle, ce que j'attendais, c'était de savoir si elle était à l'origine de ma venue ici et si tel était le cas, pourquoi ? La mère d'Arianne se mure dans le mutisme et me fait signe de la suivre après avoir gracieusement remercié le jeune homme en lui confiant une bourse.

Ma retenue et la discrétion qui me sont coutumières me pousse à ne pas poser davantage de questions. Mon cœur s’emballe tout de même. Elle n'a ni l'air grave, ni l'air joyeuse alors... La mère d'Arianne a l'air épuisé. Je le suis tout autant. Mon visage est fatigué, le dessous de mes yeux marqués par les cernes.

Nous arrivons devant une cabane délabrée et mes yeux s'écarquille un instant, avant qu'elle n'ouvre la porte et que je puisse apercevoir ma chère et tendre protégée. Je suis harassé par mon voyage mais je ne peux me retenir d'étirer un sourire joyeux qui donne presque l'illusion que je suis en forme. Il faut dire qu'il est radieux. Fort radieux !

Elle est ici, à Dorne, en vie. Je constate d'un simple coup d'oeil que les épreuves qu'elle a dû traverser pour revenir jusqu'à la principauté ont dû être terrible. Je n'ose les imaginer en la voyant ainsi. La belle et coquette Arianne n'est plus que l'ombre d'elle-même.

"Arianne !" Ne puis-je m'empêcher, tout en resserant l'étreinte qu'elle m'offre. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal à la relâcher mais je le fais tout de même, pour prendre son visage entre mes mains. "Lorsque tu quémandes ma présence, je me soumets à ton appel." Oserais-je lui avouer mes peurs et mes doutes quand à cet appel ? Non, je suis bien trop heureux de la retrouver pour le formuler et risquer d'apercevoir à travers ses traits, les horreurs qu'on avait pu, je le pense, lui infliger. "Tu m'as tellement manqué !"

Je ne m'autorise le tutoiement que lorsque nous sommes seuls. En dehors de ces rares moments, j'appelle la jeune bâtarde "Dame Arianne". La porte se referme derrière nous et j'entends la serrure se refermer, arquant un sourcil. Elle me rassure directement en m'expliquant faire preuve de prudence.

Bien, je n'en attendais pas moins d'elle.

"Je vois, tu n'as donc pas oublié les leçons du vieux Baldyr." Lâchais-je, un rictus malicieux étendant les rides de mon visage avant de m'arrêter sur le sien. "Tu es bien pâle et bien maigre..." Ne puis-je finalement m'empêcher de remarquer. Mon regard détaille ensuite l'intérieur de la cabane. C'est très rudimentaire comme abri... J'essaye alors de la rassurer. "Tu n'es plus seule maintenant. Vous n'êtes plus seule."


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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyDim 28 Mar - 1:38

- Voyons Baldyr, il n’est point question de te soumettre, avec moi. Nous sommes amis, avant toute chose. Tu as toujours été présent pour Père, et pour ses enfants, dis-je, profitant pleinement de cette étreinte protectrice et presque paternelle.

J’avais l’impression de retrouver les bras de mon propre Père, lorsqu’il était heureux de me voir, et qu’à défaut de l’exprimer à haute voix, il le faisait en m’enveloppant de ses puissants bras. Un bouclier bien imparfait, mais qui me donnait le sentiment que le monde entier ne pourrait nullement l’entamer ou le briser.  S’il semble vouloir me lâcher pour observer mes traits, je ne me sépare pas de lui et lui offre même tout le spectacle de ma propre faiblesse. Je ressentais subitement tout le poids de ces longues semaines sur les routes, de ces nuits sans sommeil où la peur et l’angoisse m’étreignaient ou encore de ces concessions abjectes que j’avais eu à faire.

- Tu n'es plus seule maintenant. Vous n'êtes plus seule.
- Ne m’abandonne plus, finis-je par dire, d’une voix étouffée et brisée. Et me voilà secouée d’un sanglot incontrôlable.

Est-ce que je pleurais par peine, par colère, par peur ou par joie ? Je ne saurais dire tant tous ses sentiments se déchaînaient en moi. Certes, j’avais été accompagné d’Emris, mon fidèle ami mais il n’était pas un « père ». Et oui, j’avais été protégée autant que possible par Perle, fidèle ombre de la maison Martell, mais elle n’était pas non plus un « père ». Sans eux, je n’aurais pas pu accomplir ce long voyage. Sans eux, je n’aurais même pas pu me sauver des griffes de Yoren, avant qu’il ne meure dans cette dernière bataille. Et pourtant, aucun ne m’avait offert ce réconfort que Baldyr m’offrait à cet instant.

La suite, je ne saurais le décrire. Mon esprit semblait s’être détaché, voltigeant dans les airs, spectateur d’un corps soumis aux émotions les plus variées, les plus incohérentes et les plus contradictoires possibles. Mes lèvres s’articulaient, mais pour sortir des sons grotesques et sans queue ni tête. Et mon s’arrondissait toujours plus, comme si je tentais de devenir un grossier chat. J’avais effectivement perdu un poids considérable, et j’étais bien trop pâle comparé à ces Dorniens qui étaient bénis par le soleil tout au long de la journée. Je ne reconnaissais plus cette solide et agile danseuse, ou cette coquette et soignée Dornienne que je fus jadis.

- Désolé … J’ai été seule … trop longtemps … et je la déteste, cette solitude, soufflais-je.

Il savait mieux que quiconque les différents sévices de ma belle-mère. Ces derniers n’étaient pas physiques, tant elle craignait que le Prince, son époux, ne vienne à découvrir. Elle avait été plus réfléchie, et plus vicieuse à la fois. Sa pire punition avait été m’isoler, tantôt en m’enfermant dans quelques pièces nues le temps de quelques heures ou quelques jours, tantôt en m’humiliant auprès de quelques nobles, tantôt en ruinant quelques amitiés que j’avais réussi à forger bien difficilement.

Certes, si tout le trajet, j'avais été accompagné par Emris et Perle, toujours est-il que les précautions que nous devions prendre nous avaient tous épuisés. Nous nous étions murés, vers la fin, à un silence morose, chacun perdu dans son propre monde et ses propres remords et regrets. Je ne pouvais pas être égoïste et exiger qu'ils m'amusent, qu'ils m'insufflent un quelconque espoir, qu'ils me consolent ou qu'ils me prêtent de leurs forces. Nous étions trois Dorniens, avec une maigre bourse, et une montagne de difficultés propre aux longues routes par la mer ou par la terre.

- Je n’ai pas été … maltraitée … par Yoren, dis-je, entre deux sanglots, pour rassurer ce protecteur et ne pas aviver quelques fausses ardeurs de vengeance ou de haine inutile. Mais la route a été … longue. Trop longue. Et le retour … est difficile. Il fallait que … personne ne sache … que je suis vivante ou que je suis une Martell. J’ai essayé de mon … mieux.

J’avais tenté d’être autant que possible anonyme lors de ma traversée. Cependant, une Dornienne perdue dans l’Ouest puis au sein du Bief n’étaient pas une chose anodine. Je devais être heureuse de ne pas avoir été arrêtée, mais je ne devais pas pour autant me sentir à l’abri. Le Temps ne se figeait pas. J’avais à agir et vite. Du moins, c’était ce que je pensais, mais mon corps refusait de bouger et cette langue d’ordinaire si mielleuse et si bavarde semblaient se murer dans un pseudo-silence.



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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyVen 2 Avr - 10:21

Le mot employé est peut-être trop fort, pour qu'elle me reprenne, je le pense. Certes, il n'était pas question de me soumettre, mais en utilisant ce terme, je souhaitais appuyer ma fidélité à cette jeune fille qui m'avait tant manqué. Mon regard se porte alors vers mes pieds, quelques secondes à l'évocation du prince Nymor sans que je n'émette d'objection. Je me sens tout de même gêné.

Pourtant tu as manqué plusieurs fois à tes devoirs, quand le prince est mort, quand Arianne a été enlevée...

Je resserrais alors mon étreinte en la voyant sangloter. Si j'avais pensé paraître éprouvé, son visage et son corps faisait contraste avec ma propre fatigue. Elle était pâle, exténuée. Dénutrie et méconnaissable, je pense que si j'avais dû la chercher dans la forteresse, je n'aurais pas réussi à la reconnaître. Ce spectacle m'attristait malgré la joie de la retrouver, vivante, à Dorne !

"Plus jamais mon Arianne ! Plus jamais je ne te laisserais seule."

Cette promesse, je me l'étais déjà faite à moi-même dans mes jours d'espoir où je me voyais déjà la retrouver. D'ailleurs, ça n'avait rien à voir avec ce que je m'étais imaginé. Même si elle était bien présente, en chair et en os, plus en os qu'en chair, je n'pouvais continuer de sentir l'angoisse me tirallait l'abdomen.

"Il n'y a que les ermites qui puissent la supporter."

En dehors de la solitude qui semblait l'avoir changé, je me faisais plusieurs contes sur les sévices qu'elle avait pu subir durant cette longue période de captivité, si je puis dire. Mais Arianne me rassura. Enfin, au moins tenta-t-elle de le faire mais je n'pouvais guère y croire en la voyant ainsi. Seulement, je préférais encore ne pas soulever d'interrogation.

J'aurais voulu lui poser tant de questions, mais l'instant n'était pas propice. Elle n'avait pas été maltraitée physiquement, mais l'avait-elle était psychologiquement ? Comment allait ma nièce ? L'avait-elle vu ? Les otages dorniens étaient-ils tous groupés au même endroit ?

"Essayer ? Je crois que tu as fait plus qu'essayer, tu as réussi jeune princesse."

Oui, elle n'était pas princesse à proprement parlé. Elle ne portait le nom de Martell que depuis le couronnement de sa soeur, légitime au trône de la principauté. Pourtant, c'était l'un des termes affectueux dont j'aimais l'affubler. Peut-être inconsciemment parce qu'à mes yeux, elle était celle qui aurait dû succéder à son père. J'aimais chaque enfant du prince Nymor comme s'il était le mien. Je préfèrais néanmoins l'aînée bâtarde de la fratrie. Il en avait toujours été ainsi, du moment où je l'avais vu, jusqu'à celui où elle m'avait appris à lire. Deria avait ma fidélité, mais elle n'était pas Arianne.

"N'aies crainte. Tu es chez toi ici ! Personne, plus personne ne viendra te faire du mal, je te le promets. Ici, tu n'as pas à te cacher."

Je parle peut-être trop vite. La rébellion gronde et même si la jeune femme n'a pu en rien contribuer à la répression des maisons ayant lâché la couronne, son simple nom pouvait aussi lui faire défaut sur la terre natale qu'elle retrouvait.

"A partir de maintenant, je ne te quitterais pas tant que tu n'auras pas rejoint Lancehélion."

Si tel était son objectif ? Ne serait-elle pas ravi de retrouver ses frères et soeurs dans son fief ? En tout cas, je n'peux me permettre d'en promettre plus. J'allais peut-être subir les foudres de la vraie princesse de Dorne, au mieux, elle m'enverrait de nouveau guerroyer.

"Puisse votre sœur accepter que je reste auprès de vous ensuite pour ne pas avoir fait de promesse en l'air."



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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyLun 5 Avr - 23:41

Je ne rétorque lorsqu’il prétend que je suis chez moi, et que je n’avais plus à me cacher. N’était-ce pas la Maison Martell qui était honnie par certaines Maisons ? N’accusait-on pas cette noble lignée de tous les malheurs qui frappaient récemment la Principauté ? Tantôt je serais recueillie avec tous les égards dus à ce sang-mêlé, tantôt je serais à nouveau otage et sur mes propres terres !

Je ne réponds pas lorsqu’il me miroite Lancehélion. Qu’est-ce qui pouvait m’attendre, là-bas ? Donnée en otage, n’avions-nous pas convenu avec ma sœur que j’étais déjà une morte ? Oh, que cette discussion me semblait loin, et bien romantique subitement. A cette époque-ci, j’avais imaginé quelques tournures de phrases héroïques, pour me donner du courage, loin de deviner que j’aurais à patiner dans cette boue du Conflans et que ces paroles qui me semblaient si vaines pouvaient se réaliser à tout instant. Courir à la Capitale serait redevenir cette fille naïve. Or, je ne souhaitais plus être cette Conseillère qui se contentait de suivre le mouvement imposé par la Princesse et de subir quelques conséquences malheureuses.  

Je ne pipe pas un mot lorsqu’il fait référence à ma sœur, Deria. Mon cœur vibre et un urgent désir de la rejoindre s’empare de moi, naturellement. Pourtant, je résiste et je reste. Si sa survie m’importait, la mienne était aussi un sujet d’égale importance. Je n’avais pas les solides murs de la Capitale derrière lesquelles me cacher, je ne disposais pas de l’armée pour attaquer et me défendre et je n’étais pas accompagnée par mes frères sur qui il est possible de s’appuyer.

Je n’avais que moi-même.

- Je dois me cacher pour gagner du temps, et mettre en place certains projets avant que certaines obligations ne me rattrapent, expliquais-je, comme une introduction à de nouvelles plus terrible. Saches que je ne rentrerai pas à Lancehélion immédiatement. Je ne rentrerai peut-être jamais. Je suis toujours un otage selon le Traité et j’ai fui un combat meurtrier où le Roi serait mort et où la Reine serait capturée. Tout peut m'arriver, comme rien. Je m'inquiète à raison, ou à tort. Mes projets sont peut-être grands, ou bien futiles. Je ne le saurais qu'en vivant, et en avançant.

J’ose espérer que j’exagérais et que mes craintes étaient infondées, que la peur parlait plutôt que la raison. L'espoir fut vite annihilé par la prudence même : la seconde m'avait permis d'arriver jusqu'ici, alors le premier n'avait été qu'une source de profondes déceptions.  

- Je sais que la Maison Le Voi a eu à donner un otage et je sais que la Rébellion gronde et déchire la Principauté : je ne doute pas un instant que tu souhaites rester, et apporter ton soutien. Si tu me suis, tu devras être aveugle et sourd à leur détresse et à leur appel : nous ne pourrons être à deux endroits,, dis-je, sans aucune hésitation et sans aucun scrupule. Je ne souhaite pas faire de fausses promesses. Certains projets que je nourris pourraient être possible qu’après avoir traversé quelques épreuves. Si tu me sers loyalement, à nouveau, tu devras être aveugle et sourd à ma propre détresse et à mon appel, Dis-je. Les terres étaient gagnées dans la mort et le sang et cultivées en l’enfonçant et en la bêchant, les femmes accouchaient dans la douleur et nous apprenions qu’en tombant ... Les exemples étaient nombreux. [b] Cependant, le moment venu, tu seras mon épée et mon bouclier, celui qui se battra et défendra en mon nom.

Je ne jouais pas un rôle : je ne disais que la vérité. J’étais une bâtarde sans droit, et sans richesse propre. Ma seule force découlait de toutes ces personnes de confiance dont je m’étais entourée par le passé. Baldyr en faisait partie, d’où sa convocation.

Je te demande encore une fois, Baldyr. Acceptes-tu de me protéger, de me suivre, de m’être loyal jusqu'à ton dernier souffle, ou jusqu'à ce que la vie me quitte ?

Mon regard était plongé dans le sien, cherchant à déceler la moindre hésitation.
Je demandais beaucoup, et je le savais.



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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyMer 21 Avr - 3:25

Moi qui pensait que mes mots panseraient un minimum les blessures physiques ou même psychologiques qui l'ont atteinte, je plisse le front lorsqu'elle prend enfin la parole pour rétorquer... Ses paroles me ramenaient à la dure réalité. En effet. Elle était toujours otage... En effet, au vu de la situation, elle n'est pas en sécurité même à Dorne. Mais je suis près d'elle, à nouveau et je me rassure en me disant que tant qu'elle est sous ma protection, rien ne peut lui arriver. Pourtant, je n'suis qu'un homme... Un homme seul ne peut rien faire face à l'armée d'une maison en rébellion. Alors oui, dans ce cas, elle n'était pas en sécurité.

Elle reste très évasive et il m'est difficile de ne comprendre toutes ses craintes. De comprendre quels sont ses projets ? Soit, si elle n'escomptait pas retourner à la cour, ce n'était pas à moi de discuter ses décisions. Mais de quoi parlait-elle ? Je n'ose pas l'interrompre pour le demander. J'écoute attentivement. Je la laisse parler librement... Chose qu'elle n'a pas dû pouvoir faire depuis des lustres.

Alors je bois ces paroles, en avalant certaines de travers mais sa voix abreuve le manque qui me rongeait lorsqu'elle était encore captive. J'écoute... Etre sourd à la détresse de ma maison, il n'y avait rien de plus facile. Je ne me sentais pas à ma place à Le Voi. Ma place était auprès des Martell. Auprès d'Arianne.

Je n'avais vécu que dans l'espoir que ce jour vienne, servir de nouveau la garde rapprochée d'un ou d'une enfant du Prince Nymor. J'aspirais toujours à rejoindre la garde royale, mais ce qu'elle me proposait là, c'était au dessus de mes espérances.

"Je..."

Je me stoppe avant d'accepter... J'hésite à répondre. Non parce que je ne le souhaite pas. Mais parce que je n'suis pas sûr de vouloir accepter toutes ces conditions. Etre insensible à sa souffrance. Comment le pourrais-je ? Surtout en la voyant dans cet état. Il me semble qu'elle souffre déjà et ça me fend le coeur...

"J'accepte ! Tu as ma parole Arianne !"

La promesse qu'elle me fait faire ne comporte pas les termes "me laisser mourir" ou "être prêt à ce que je me sacrifie". Je jouais sur les mots mais elle ne m'avait pas fait jurer de rester impassible si son honneur ou sa vie était en jeu.

La seule question qui m'intriguait était, est-ce que la princesse Deria accepterait ? Etait-elle même au courant du retour de sa soeur ou Arianne lui avait-elle caché ?

"Mais votre soeur..." Commençais-je en regardant mes bottines, me perdant dans mes songes quelque secondes... J'avais déjà accepté en un sens. Au diable Deria. La princesse avait ma fidélité mais Arianne, elle, me respectait. "Je vous suivrai jusqu'en Essos s'il le faut !"

C'était acté maintenant. Puis, ça n'entacherait en rien mon dévouement pour la principauté. Nul doute que le programme d'Arianne serait de servir Dorne. Je continuerai donc à tenir mes engagements, différemment. Je reprenais alors d'un ton entendu.

"Même si tu n'en portes pas le titre, sache que c'est toi que je considère comme ma princesse."

En réalité, je pensais réellement qu'Arianne ferait une bien meilleure souveraine que sa soeur.


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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyMar 4 Mai - 16:31

Il n’était jamais aisé de demander à un homme d’être sourd à la détresse des siens. Seuls ceux qui étaient traîtres à leur sang ou étrangers à ce même sang pouvaient accepter la proposition que j’avais faite. Je connaissais suffisamment Baldyr pour savoir qu’il faisait partie de ces secondes personnes. Il avait côtoyé et servi bien trop longtemps une autre Maison que la sienne pour considérer cette dernière comme « ses » gens, et il partageait bien plus de souvenirs – bons comme mauvais – avec ma propre famille qu’avec la sienne. Lorsque je pensais à mes frères et à ma sœur, l’Ombre de ce garde n’était jamais loin, silencieux, loyal et protecteur avant tout. Un court instant, je me dis qu’une garde devait être composée d’hommes de cette trempe, sans attache avec sa Maison, sans intérêt pour des terres, une épouse ou des enfants, et rejoindre assez jeunes la garde pour se familiariser avec les héritiers royaux.

Eux, ils ne trahiraient pas.

Enfin, Baldyr promet et jure par ses propres mots. Si sa dernière phrase flatte mon égo, elle me perturbe tout autant, me rappelant une douloureuse réalité : Deria n’était plus reconnue comme une Princesse. Si elle n’avait pas été celle qui m’avait protégé et aimé durant notre enfance, et si elle ne représentait pas tout ce que j’avais en cette misérable vie, j’aurais sûrement partagé de tels sentiments et j’aurais donné raison aux Rebelles. Malheureusement, ou heureusement, je tenais beaucoup à cette brunette intrépide et butée et j’allais la soutenir ou la protéger autant que possible. La survie de mes frères et de ma sœur m’importait plus que tout, plus que la survie de la Principauté, du Westeros ou de quiconque. S’il fallait mettre à feu et à sang ce morceau de Royaume, ou faire tomber des Maisons, soit !

- Je ne peux pas te promettre que mes projets plairont toujours à ma sœur ou à mes frères, s’ils venaient à les connaître un jour. Si la Principauté leur tient à cœur, leur survie est tout ce qui m’importe. Tant que les intérêts de Dorne et leur sécurité coïncident, nous n’aurons rien à craindre de leurs colères. Cependant, si un choix est à faire, la vie de ma sœur et de mes frères primeront sur tout le reste, dis-je.

Je ne craignais pas qu’il me contredirait, ou qu’il oserait revenir sur sa parole. Il n’était pas un tel homme, et une parole avait été donnée. Par contre, je n’agirais pas comme j’avais tant l’habitude de faire, soit simplement écouter ma sœur, tenter de la conseiller et être témoin de ses bonnes et mauvaises décisions avec impuissance. Je ne serais plus, et je ne subirais plus, les conséquences des décisions des autres. Helena avait raison : une femme n’avait pas à subir les conséquences des actions d’autrui. Notre condition, même au sein de la Principauté, était déjà bien désavantageuse. Il n’y avait nul besoin de la rendre bien plus précaire et abominable en étant passive.

- Par contre, qu’importe mes efforts, je ne pourrais pas les sauver si ma sœur s’entête à faire quelques mauvais choix et à ne pas apprendre de ses erreurs passées, soufflais-je, reconnaissant par là que j’avais mes propres limites.

J’ai aussi appris que sacrifier de sa personne, jusqu’à son dernier souffle, n’est point la solution. Je dois trouver un équilibre entre leurs aspirations, et les miennes, et accepter de les abandonner à quelques conséquences.

- Je vais lui donner ses outils, ses armes et ses boucliers. Cependant, le choix reviendra toujours à elle. Car si les intérêts de la Principauté prime pour elle, l’intérêt des miens me tient plus à cœur. Et, j’ai appris que nous avons deux morts qui ne seraient pas vengées.




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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyLun 7 Juin - 17:10

Sa soeur justement... Arianne m'indiquait donc clairement que je devrais revenir sur les dernières promesses que je lui avais faite, mais à cet époque, je n'escomptais pas revoir ma protégée et il m'avait paru nécessaire de confirmer mon soutien à la princesse Deria. Maintenant que son aînée était de retour, même pour l'honneur, l'homme que j'étais ne pouvait pas continuer de soutenir cette petite soeur qui, bien que je lui ai juré, comme je le faisais là, avait au départ fait parti de ces gens qui souhaitaient ma mort.

"J'ai bien peur que mon honneur et la devise de ma famille en prenne encore un coup mais ton visage, toi, tout simplement..." Commençais-je en soupirant et en évitant son regard, une demi seconde avant de replonger mes yeux dans les siens. "En dehors de ce que j'ai juré, je m'étais faite une promesse personnelle, ne jamais t'abandonner si j'avais le bonheur de trouver mon Arianne."

Cependant, dans le reste de ses dires, j'avais retrouvé ce pourquoi j'étais toujours en vie, ce pourquoi je continuais de servir les intérêts de ma principauté. Les enfants de feu Prince Nymor. Ma préférence allait à la bâtarde, je n'm'en cachais pas et je pense que tout le royaume savait déjà l'amour que Baldyr Le Voi portait à Lady Arianne Martell ! Je le pensais.

"Mais tu sais bien que je vous suivrais et honorerait ta famille et toi-même comme tu le souhaiteras !"

Elle soulevait néanmoins un point intéressant. Le caractère et les actions de notre princesse. Deria ne semblait plus qu'écouter elle-même et encore, j'avais bien été tenté de lui prodiguer de bons conseils mais m'en était abstenu. Je n'saurais dire, elle m'a laissé en vie, comme ma protégée le voulait, mais j'ai toujours cette curieuse impression que comme toute la principauté, elle continue de me penser responsable de la mort de son père.

"Votre soeur a tendance à faire de très mauvais choix... Le royaume va mal et..." Je me stoppe car ce n'est ni mon droit, ni ma façon d'être que d'exposer mes jugements internes. Je croise les doigts derrière mon dos et incline légèrement la tête. "Soit..."

Je lui accorde, préparant mes mots pour la question que je compte lui poser. Arianne aurait-elle apprise qui était responsable de ce que je n'ai pu empêcher ? Certes, des rumeurs circulaient mais les années passant et certaines étant beaucoup trop tiré par les cheveux, j'avais abandonné l'espoir d'un jour vengé mon prince. Enfin, beaucoup moins dernièrement...

"Les rumeurs sont donc vraies Arianne ?" Je pose des yeux grave sur elle. Elle sait à quel point il me coûte d'en avoir la certitude. "Si elle le sont, je voudrais tellement que tu m'ordonnes d'aller le leur faire payer par le sang !"


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MessageSujet: Re: J’ai jeté deux bouteilles à la mer    J’ai jeté deux bouteilles à la mer  EmptyDim 13 Juin - 23:14

- Nous allons nous rendre à Lancehélion, prochainement, pour précisément savoir si les rumeurs sont vraies, promis-je, un tantinet lasse et fatiguée par cette confrontation à venir.

Je me rappelais encore de la mort de notre Grand-mère et de notre Père, et je savais à quel point l’événement avait chamboulé tant la Maison Martell que la Principauté de Dorne. Une victime avait pointé du doigt le Bief, les preuves brouillaient les pistes entre un ou deux Royaumes et, enfin, les allégeances et mésalliances qui se sont ensuivis ont porté davantage la confusion. Qui avait tort, qui avait raison ?

Je ne sais pas si j’aurais la réponse désirée, mais j’étais certaine de déceler si mes frères ou ma sœur s’adonnaient à quelques manœuvres politiques dangereuses sur base de fausses preuves, ou s’ils existaient actuellement une vérité dans ces accusations. J’étais leur aînée : j’avais emprunté bien des sentiers avant eux, soit seule, soit accompagnée de bonnes comme de mauvaises personnes, ma belle-mère m’avait fait goûter à toutes les bassesses que les hommes ou les femmes pouvaient faire preuve et, surtout, ma Grand-mère m’avait suffisamment trempé dans bien des négociations et affaires sordides pour que je connaisse la nature humaine et la juge avec suffisamment de justesse.

En somme, il m’était aisé de savoir si ma fratrie mentait, ces hommes et cette femme que j’avais vu grandir.

- Je suis bienheureuse que Père n’est pas vivant pour voir à quel point ma sœur a malmené la devise de notre Maison, soupirais-je.

Bâtarde, je n’avais jamais eu l’ambition ou l’espoir d’en être la représentante. Les erreurs passées et mes défauts de caractère m’avaient davantage consolidé dans ce sentiment, jusqu’à ce que ma sœur s’assoie sur le trône. Si je sais qu’elle avait été jouée par ses propres alliés, la finalité était qu’elle avait été cruellement battue et sa nation humiliée, alors que ces anciens alliés et ennemis sortaient haut la main.

- Si le coupable respire toujours, je peux te jurer que je travaillerai sans relâche pour venger mon Père. Nous frapperons lorsque le criminel se pense en sécurité et en paix. Alors, ce jour viendra où sa joie se changera en cendres dans sa bouche, et qu’elle souffrira autant qu’a souffert les miens, dis-je, sans le moindre tressaillement dans le timbre de voix.

Si les accusations étaient vraies, et si Rowenna Durrandon était la coupable, alors je ne me contenterai pas simplement de verser du poison dans son verre. J’œuvrerai pour que son cher Royaume tombe en ruine et que sa Maison soit oubliée ou déshonorée pour quelques générations, sous ses yeux impuissants. La vengeance sera complète, et parfaite, si elle venait à avouer elle-même qu’elle a été bien horrible, manipulatrice et perfide au monde entier. Un grand projet qui nécessitera bien des sacrifices, du temps et bien des alliances et des moyens. Fort heureusement, je n’ai nul Royaume à gérer et j’ai bien quelques alliés malgré ce climat compliqué. Fort malheureusement, je manque de moyens mais l’argent ou les lames ne sont que des bagatelles que l’on peut trouver en temps et en heure…

- Le Royaume est à sa charge. Sa sécurité est à la nôtre. Je préfère avoir une sœur sans couronne, qu’une sœur sans tête. Si j’ai à l’arracher de son précieux trône pour la sauver d’une mort certaine, je le ferais. Si elle doit être Princesse pour être vivante, alors je ferais en sorte qu’elle vive de longues années comme Princesse de la Principauté de Dorne.

En somme, là où les hommes et les femmes se rangeaient dans tel ou tel camp, je ne choisissais aucun. Je n’avais jamais juré allégeance ou fidélité à quiconque. Je m’étais simplement, et toujours, promise de protéger mes frères et ma sœur et mourir bien avant eux, de vieillesse ou par quelques maladies si fréquentes à mon âge.

- La Principauté gronde et se divise, réduisant le nombre de nos alliés. Notre coupable est peut-être une Reine-Mère que l’on dit assez populaire parmi les nobles de son Royaume. Et nous n’avons que l’un et l’autre, une bâtarde qui doit se cacher, et un ancien garde qui n’a qu’une lame à offrir. La route va être longue et rude. Et nous avons de grandes chances d’échouer. Pourtant, je refuse de faire marche arrière ou de me cacher comme une vermine.

Je me tais un court instant, inspire, et me retourne vers Baldyr avec un air radieux. Pour la première fois, je me sentais maîtresse de ma propre destinée, libérée de quelques poids et fausses croyances. Si la culpabilité et les regrets me rongeaient, j’étais moins effrayée du futur. J’avais bien vécu. J’avais trop vécu. Il était temps de finir cette existence par un coup d’éclat !

- Une mort certaine. Une faible chance de succès. Mais qu’attendons-nous ? , dis-je, le ton entraînant et rieur. Baldyr me suffisait pour que je puisse dormir sur mes deux oreilles. Et dormir paisiblement était déjà un présent bien précieux, en ce bas monde. Avant que nous ne reprenons la route, assures toi d'arranger tes affaires de telle façon que tu n'auras pas de regret, en rendant ton dernier souffle.



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