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 La foi en soi fait le grand homme ❧ William

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MessageSujet: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyLun 11 Jan - 20:47

Megara devait se ménager, à présent qu'elle était de nouveau enceinte. Elle le savait très bien, et dans les missives qu'elle avait déjà reçu de la part de son époux, éloigné de la Cour et d'elle depuis quelques semaines à peine, la jeune femme se le faisait sans cesse rappeler par Gareth. Tous deux savaient bien que chaque situation était unique, que le fait que le jeune homme ait de nouveau été amené à quitter le Roc alors qu'ils venaient d'apprendre qu'ils allaient une nouvelle fois être parents n'avait rien à voir avec son précédent départ dans un contexte assez semblable. A l'heure où Megara attendait leur premier enfant, Gareth avait en effet pris la route pour le Conflans, aux côtés de Jeyne. A présent, voilà que le jeune homme accompagnait présentement Lyman à Crakehall. Sur l'échelle de la comparaison, la constatation s'arrêtait sans doute là, puisque la situation était bien moins risquée cette fois-ci, très probablement. La sécurité de Gareth préoccupait en tout cas quelque peu moins Megara, cette fois, car elle savait son frère aux côtés de son époux, et les savait également tous deux toujours présents au sein du royaume, et non en territoire étranger, dangereux et potentiellement belliqueux. Cela ne l'empêchait tout de même pas de ne plus aussi bien dormir la nuit, sans trop savoir si elle devait entièrement mettre ça sur l'absence de son mari, ou si son actuelle grossesse commençait déjà d'influer. Quoi qu'il en était, nombre des inquiétudes qui avaient été les siennes lors de sa précédente grossesse avaient disparu, par la force de l'expérience passée, bien que d'autres se soient seulement estompées. Les nausées du matin ne se cantonnaient pas qu'au matin, mais à présent, Megara avait suffisamment eu d'expériences de ce genre pour connaître les gestes à avoir juste après. Aussi illogique que cela puisse paraître pour certains, il fallait, en pareille situation, ne pas manquer de boire et de manger. Car vomir déshydratait, et qu'il n'y avait jamais expérience plus douloureuse, lors de nausées, que d'avoir l'estomac vide, car tout en vous se contractait alors sur de l'air, encore et encore.

Alors la Princesse de l'Ouest oscillait entre préoccupations, inquiétudes et précautions, tout en se sentant tout de même suffisamment investie de la force et de l'expérience d'une jeune femme déjà mère. A côté de cela, de par son rang et son titre, elle se devait de continuer d'assurer ses fonctions, d'autant plus que sa grossesse n'avait point encore été publiquement annoncée. Ses nouvelles formes arrondies étaient encore aisément dissimulables derrière ses atours, et ses nuits n'étaient pas encore suffisamment écourtées pour que ses traits en finissent tirés et creusés. Elle pouvait de plus se reposer sur l'appui du Mestre et la loyauté de la domesticité qui s'occupaient de ses appartements pour que la nouvelle ne soit pas encore colportée auprès d'oreilles qui n'avaient pas à apprendre tout ceci avant que Megara ne se soit volontairement publiquement exprimée. Alors elle continuait de vaquer à ses occupations, notamment concernant la Banque Lannister. Si une armée de comptables et de banquiers s'affairait à s'occuper de tout, là où elle supervisait, elle avait tout de même accès aux dossiers et documents si elle le demandait, et ce sans avoir à se justifier. Son frère avait pleinement eu confiance en elle pour lui attribuer le poste de Gouverneur de la Banque Lannister, et Lyman savait bien qu'il ne viendrait jamais à l'esprit de la jeune femme de truquer les comptes ou de détourner des couronnes à son propre profit. Ce qui tombait sous le sens, puisque Megara était loyale et dévouée, et que son profit était toujours identique à celui de la Couronne et de la Monarchie. Mais la jeune femme ne s'enfermait pas non plus à double tour dans son bureau ou ses appartements, parfaitement consciente que ce n'était point parce que son frère et son époux étaient au loin, et qu'elle était désormais de nouveau enceinte, que le restant de la Cour s'était stoppée net, cessant de vivre, d’interagir et d'ambitionner. Une réalité d'autant plus nécessaire à comprendre pour elle que William Potter était de retour à la Cour, tout comme sa belle-sœur Alys. Et par politesse autant que par réelle affection pour le jeune homme, elle se refusait de lui lancer croire un seul instant qu'elle n'avait plus aucune envie d'être en sa présence, même si la dernière fois qu'ils s'étaient vus, Loren venait de trépasser, précipitant le retour à la Cour royale de la jeune femme et de Gareth. Raison pour laquelle elle lui avait envoyé une invitation à la rejoindre dans l'un des salons de la Forteresse. Car elle avait à lui parler, sans non plus souhaiter aborder d'emblée le sujet. Alors lorsqu'on ouvrit la porte au jeune homme, la jeune femme cessa quelque peu de mettre en ordre la liasse de papier posée près d'elle sur une petite table, avant de lui offrir son sourire le plus courtois. ❧ Lord Potter, asseyez-vous je vous prie ! ❧ Lui désignant de la main le fauteuil disposé face au propre sien, elle continua, restant assise. ❧ J'espère que la chambre qui vous a été allouée est à votre convenance. Surtout, si vous avez besoin de quoi que ce soit, et qu'on vous le refuse, n'hésitez pas à me le faire remonter. ❧ La Forteresse regorgeait de pièces, de par sa taille démesurée, mais toutes ne se valaient pas. Et il était connu dans tout l'Ouest que si vous vous retrouviez à loger dans les étages les plus bas, alors le message que vous envoyait la royauté n'était pas des plus aimables. Il était évident que William Potter échappait à tout ceci.


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyLun 8 Fév - 16:17

A peine de retour au Roc que déjà les soucis se bousculaient sur mon passage. Il était déjà très clair à mes yeux que j’allais devoir marcher sur des charbons ardents un petit moment, compte tenu du fait que je n’avais rien trouvé de mieux à faire pour que le soir de mon retour, je ne le passe à boire sans m’arrêter avec des compagnons de mon précédent passage au Roc. Tout cela pour rencontrer une Dornienne et me demander au réveil ce que l’Etranger avait pu me faire faire. J’avais eu une migraine de tous les diables, mais ce n’était sans doute que justice pour ce que j’avais fait ; je n’aurais pas dû me montrer aussi désinvolte et rentrer plus tôt aurait sans doute était la décision la plus avisée que j’aurais pu prendre dans ces circonstances. Maintenant, je devais assumer les conséquences de ce retard, et faire amende honorable auprès d’Alys. Je ne pouvais pas me permettre de tout risquer entre nous pour une « soirée entre amis » qui, de l’extérieur, devait ressembler à une soirée de débauche puérile entre jeunes aristocrates désireux de s’encanailler de leur pécule. Evidemment, pas de quoi pavoiser… Mais je n’allais pas me battre contre des moulins et combattre des images. Là dedans comme en toutes choses, je savais que je ne pouvais pas gaspiller le peu de prestige et de légitimité dont je disposais dans des croisades que je ne saurais gagner. Mieux valait garder mes forces pour quelque chose de plus important…


Comme les conséquences de cette escapade, plus que la vision que les gens en auraient.


Le Roc en tout cas, ne semblait pas avoir changé. Même si les rumeurs mettaient le royaume en ébullition, entre départ du Roi et le reste, certains disaient que nous ne manquerions pas d’entrer en guerre contre l’Empire, tandis que d’autres soutenaient qu’on le ferait à ses côtés pour se partager Westeros. Je ne savais pas vraiment quoi penser de tout cela, compte tenu du fait que la guerre m’était apparue à Godric’s Hall comme quelque chose d’assez inique et injuste. A peine ai-je retrouvé mes quartiers d’invité de la cour du Roc qu’un billet m’indiquait déjà un rendez-vous avec la Princesse Megara dans un des salons privés du palais martial mais fastueux des Lannister. Bien sûr, il ne s’agissait jamais d’une demande, provenant d’une des altesses de cette cour et d’une des plus importantes personnes de tout le Royaume. Quand on était princesse, on ne demandait pas. En tout cas, pas à ses inférieurs. J’avais encore mal au crâne malgré quelques ablutions et je choisissais dans l’intervalle d’aller voir ma promise…


Ce qui dura un moment, et me mit les nerfs à l’épreuve, sans que je flanche.


J’arrivais enfin devant le salon proposé par la Princesse Megara et elle m’accueillit comme d’habitude avec son sourire le plus courtois. Je reconnaissais là ma bonne amie et mon plus sûr soutien en ce château, plutôt austère à mes yeux par ailleurs. Je m’incline alors, main sur le cœur et baissant la tête un rien plus bas que nécessaire, toujours mû par un respect indicible pour la jeune femme à qui je savais fort bien tout devoir, ou pas loin. Dans tous les cas, je le lui montrais.



| Ma Dame… Je suis ravi de vous revoir Altesse. Je vous remercie. |


Je m’asseyais donc puisque j’étais invité à le faire, autant ne pas tergiverser. Et puis c’était moins difficile et pénible que de rester debout dans mon état de fatigue et d’inconfort. La jeune beauté, blonde comme les blés, s’inquiète alors de mon confort tout en me disant que je ne devais pas hésiter à la solliciter elle en cas de problème. Je rougis légèrement, mais je me refusais à manifester à nouveau de la gêne en sa présence. C’était une amie, je n’avais pas à piquer un fard à chaque fois que nous ouvrions la bouche.


| Oui, elle est parfaite, comme toujours à chaque fois que je viens présenter mes hommages à la cour et à vous, Princesse. Je suis heureux de voir que vous êtes en bonne santé, et que malgré les circonstances qui ont écourté votre séjour en mon domaine, vous ayez vite pu retrouver les vôtres, en toute sécurité. |


Je la dévisage avec curiosité, et un rien d’insistance. Je rougis pour de bon quand je m’en rends compte.


| Vous avez l’air rayonnante, je suis rassuré. Je, euh… Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous, pour rembourser ma dette envers votre maison, envers vous, Princesse ? |


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyVen 5 Mar - 20:37

Il y avait de ces choses dont vous héritiez de vos parents et de leurs propres parents avant eux, sans que vous n'ayez à lever le petit doigt pour les obtenir. C'était ainsi, cela appartenait au domaine de l'inné, et cela s'incarnait le plus souvent par des traits physiques, par des prédispositions concernant votre taille, vos aptitudes manuelles et parfois même cognitives. En ces domaines là, Megara se savait avoir été très chanceuse, ou plutôt se savait-elle chanceuse d'avoir eu des ancêtres comme les siens, qui ne l'avaient pas prédisposées à avoir le nez de travers, les yeux qui louchent, ou encore les cheveux couleur paille humide. Elle tenait plus des Lannister que des Crakehall, de par ces particularités physiques récurrentes chez les lions, comme leur crinière blonde, par exemple, mais à en voir sa mère, les Crakehall eux non plus n'étaient pas en reste en terme de bons traits physiques congénitaux. Alors la jeune femme avait pu solidement s'appuyer sur ces bons appuis là pour savoir qu'au moins, physiquement, elle ne ferait point tâche dans le décor, et qu'elle ne ternirait pas non plus les portraits de famille. Mais elle avait également rapidement compris que la beauté pouvait être un obstacle. Car certaines personnes voudraient ne pouvoir vous cantonner qu'à cela, qu'à ce à quoi vous ressembliez, comme pour gommer toute possibilité que vous soyez intéressante pour autre chose que votre apparence physique. Sa mère avait bien dû combattre ça, en son temps, mais elle était tout de même connu, en premier lieu, pour ses manœuvres diplomatiques et politiques. Peut-être Jordane y avait-elle justement mis autant de conviction, plus jeune, pour lutter contre la force des simples apparences, et peut-être Megara n'avait-elle pas été aussi persévérante en ce domaine, ou pas dans les plus à même de directement lui permettre de s'imposer dans une pièce autrement que par son physique ? Elle ignorait si, publiquement, elle passait pour aussi intelligente et douée de son esprit qu'elle l'était réellement, et, dans un sens, l'essentiel était surtout qu'elle avait la certitude que les siens, eux, savaient très bien à quoi s'en tenir. Le fait était donc qu'elle ne se sentait point illégitime à la place que lui avait confié son frère. Même si, parfois, c'était quand même un peu le cas ... Avant que son époux ne lui remette les idées en place à ce sujet, en employant les mots qu'il fallait. Après tout, Lyman n'était pas le roi des sots, et il n'était pas non plus partant, sans doute, pour s'entourer derechef d'incompétents. Il avait renouvelé son Conseil en ce sens.

Tout ceci n'empêchait en rien la jeune femme de vouloir faire du bon travail, surtout lorsque cela lui permettait de penser à autre chose qu'à ses haut le cœur et à ses nausées matinales, ou bien encore à son mal de dos lorsqu'elle s'était endormie et réveillée dans une mauvaise position. Et voilà qu'à force de lire et relire nombre de missives, de documents officiels et de déclarations écrites, elle découvrait certaines choses fort intéressantes. Des revers de fortune au sein de certaines familles, tenus secrets, par exemple. Ou bien encore des fonds pécuniaires plus élevés que ne le laissaient paraître certaines attitudes quelque peu pingres, avares et économes. Voire d'autres surprises quelque peu inattendues. C'était en partie ce qui avait amené Megara a demandé à William Potter de la rejoindre, même si elle était également réellement et sincèrement intéressée par le fait de s'enquérir de sa bonne installation dans la chambre qui lui avait été réservée. Souriant un peu plus franchement en le voyant effectuer cette révérence un peu plus profonde que ne le requérait réellement le protocole, elle ne put cependant que remarquer quelques poches sous ses yeux. Mais à l'en croire, lui qui se disait bien installé, cela était sûrement plutôt dû au voyage jusqu'au Roc, n'est-ce pas ? Étant de toutes façons loin d'être pourvue d'un caractère intrusif, la jeune femme ne s'aventura pas à éprouver son hypothèse, et se garda alors bien de poser la moindre question à ce sujet dans la direction de son interlocuteur. Surtout pas alors qu'il abordait le sujet épineux et encore douloureux des tragiques circonstances durant lesquelles Gareth et elle avaient dû écourter leur séjour à Godric's Hall. Penchant alors quelque peu la tête, Megara ferme les yeux et se concentre sur toutes les émotions positives pouvant lui venir à l'esprit, afin de ne point laisser les apparences se fendiller et craqueler. Relevant finalement les yeux vers le jeune homme, elle s'efforce de laisser toutes ces années d'entraînement prendre le dessus. ❧ Ma place était en ces lieux, auprès de mon frère, notre nouveau Roi. Je suppose que je n'ai nul besoin de vous dire que j'aurais préféré vivre un séjour plus long en votre domaine, car cela aurait signifié que le Roi Loren serait encore de ce monde. ❧ Se raclant quelque peu la gorge comme pour annihiler tout risque d'obstruction risquant de faire vaciller sa voix, elle prend une grande respiration avant de se laisser aller à des pensées plus douces, en entendant Lord William Potter la complimenter une nouvelle fois. ❧ J'ai la chance de pouvoir compter sur un époux qui veille au grain quant à ma santé, malgré les circonstances. Il sera ravi d'entendre que vous trouvez que cela porte très bien ses fruits ! ❧ Reprenant la parole après un sourire, elle s'avise de répondre à la proposition qui lui est faite. ❧ Je ne vais rien pouvoir vous répondre de bien différent par rapport à notre dernière discussion : votre fidélité et loyauté en la Monarchie et en mon frère est tout ce que je requiers. En revanche ... ❧ Une nouvelle fois, elle prit une respiration afin d'être la plus claire possible. ❧ Vous n'ignorez peut-être pas que j'occupe désormais la position de Gouverneur de la Banque Lannister, ce qui m'amène à avoir accès à un certain nombre de documents. Il se trouve qu'il y a quelques jours, en parcourant une liasse de papiers, je suis tombée sur le nom de Lord Uther Potter, votre père. ❧ Lui laissant le temps de réagir, elle se fait alors silencieuse, comme dans l'attente.


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyMar 23 Mar - 9:09



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« Castral Roc, Royaume des Terres de l'Ouest. Semaine 4 du mois 12 de l'an 1 de l'Ere des Luttes. »
Rembourser ma dette. Comme si c’était important, comme si c’était quelque chose d’indispensable. D’aliénant au possible, mais aussi une porte de sortie. Pas pour fuir mes devoirs ou tourner le dos aux Lannister, pas du tout, mais plutôt pour m’éviter une dette trop pesante dans mon esprit, quelque chose qui m’engourdirait toute perspective d’avenir. Je ne pouvais pas nier que j’étais quelque part un peu dans l’attente de pouvoir aussi rendre la confiance et l’honneur qui m’avaient été faits. Je voulais être un homme de parole, un seigneur dont on ne puisse pas remettre les mots en doute, pas plus que la probité. En aucune manière, je ne voulais que l’on puisse me prendre en défaut sur ma façon de faire. Ce n’était pas une conduite si simple à assumer, même si à adopter il était aisé de décider d’idéaux élevés à défendre. Dans les faits, dans la vie quotidienne, c’était quelque chose qu’il fallait ensuite porter. Je ne savais pas encore si j’en avais concrètement les épaules… Mais il n’appartenait qu’à moi de la découvrir. Quoiqu’il en soit, Megara Lannister était une femme que j’appréciais et que je respectais. Je ne savais pas tout de son histoire, mais elle avait toujours semblé occuper une place spéciale dans sa famille. Elle avait un certain pouvoir d’influence en tout cas, qu’il était difficile de lui nier tout autant qu’il était difficile de quantifier, de mesurer. Elle comptait à la cour, et c’était bien tout ce qui importait.


Sa présence en imposait de plus en plus, en tout cas. Le fait de devenir mère, si jeune peut être, avait contribué à l’élever non pas comme la beauté virginale de certaines princesses et reines de légende, mais plutôt comme une mère de nation comme sa mère l’incarnait très bien. Elle avait pris une autre dimension. Les épaules plus lourdes, mais pas affaissées par le poids des responsabilités. Fière, altière même. Sûre de sa force, de ses capacités, de son rang social.


La jeune femme et moi sommes amis, du moins me plaisais-je à le penser. C’était précieux pour moi. D’autant plus gratifiant que je n’avais jamais vraiment attiré l’attention de quiconque auparavant. Et encore moins de quelqu’un d’aussi grand que Megara Lannister. La jeune femme semble garder le vernis bien lisse d’une contenance parfaite ; je la reconnaissais bien là, de toute évidence elle avait toujours su garder le contrôle de ses émotions et de tout le reste. Forcément, le sujet par lequel nous commençons est chargé d’émotion pour elle… Mais aussi pour moi. Je rougis, un rien, mais c’est à mon tour de vouloir garder contenance et je m’incline, à nouveau.



| Il m’aurait plu aussi de vous avoir plus longtemps en mon domaine, Altesse, et de vous faire visiter ainsi qu’à votre mari les collines et les monts des alentours du Hall… Gageons que ce n’est que partie remise ? Je conçois votre devoir, et sais où se trouve le mien. Mais ce serait un plaisir comme un honneur que de vous recevoir plus longuement, Princesse. |


J’ai un petit sourire content quand la princesse évoque la surveillance de son époux et ses attentions. La jolie blonde continue de miser sur ma loyauté et mon sens du devoir sans rien réclamer de plus, et ça me convient très bien somme toute, car j’aurais autant de peur que de hâte à l’entendre me réclamer retour sur investissement pour son aide jadis accordée. Hâte oui… Mais quelle mission ? Mon cœur se serre d’impatience quand la beauté du Roc évoque finalement une mission… Et son nouveau titre, dont j’ignorais tout ou presque en réalité. Je cachais ma gêne de n’avoir pas encore eu de nouvelles du Roc et mon étonnement ; le rôle des femmes dans notre pays n’était pas souvent porté sur la gestion d’affaires officielles, mais j’avais foi autant en l’intelligence que dans le reste des capacités de la princesse pour mener à bien cette mission.


Je déglutissais quand elle évoquait mon père, et un document du Roc l’évoquant.


Quel était ce nouveau revers du destin ? J’essayais de garder un aspect bien lisse, propre et sûr, mais je n’y arrivais pas du tout, et cela devait bien se voir que ma mine se décomposait totalement. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander ce qui allait encore me tomber sur le coin du nez, et ce que j’allais passer des mois à réparer… Si seulement c’était possible, évidemment.



| Hum… Oui, votre Altesse, que puis-je p-p-pour vous ? Je… Je suis au regret de vous dire qu’étant puiné je n’étais pas impliqué dans les décisions de mon père. Je ne sais rien de ses papiers. Tout a brûlé lorsque le Hall a été pris dans les flammes. Je n’étais au courant de rien. |
(c) DΛNDELION


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyLun 12 Avr - 20:59

Le cours de la vie allait dans le sens d'une perte progressive de ceux qui se trouvait être vos ainés. Ils trépassaient avant vous, de par le fait qu'ils étaient plus âgés que vous, que leur santé allait en déclinant au fil des années, et que le poids des ans marquait également leur destinée de leur empreinte. Dans le fond, il était donc sans doute logique et attendu que ce soit Megara qui conduise son père au tombeau, et non l'inverse. Mais dans les faits, tout ceci s'était tout de même produit bien tôt. Très tôt. Trop tôt. Loren avait encore été dans la fleur de l'âge lorsque les Sept l'avaient appelé à eux. Et les circonstances de sa mort, bien qu'elles l'aient amené à périr dans son lit, n'avaient rien de naturelles. Un attentat. On avait voulu tué Loren sans y parvenir, mais on l'avait suffisamment affaibli pour que sa santé et son intégrité physique ne s'en remettent pas. C'était un acte odieux, horrible et injuste, aux yeux de Megara. Et même si elle se savait dénuée de toute impartialité sur le sujet, de par ses liens si proches et si familiaux avec Loren, elle n'était pas sans ignorer que, tout de même, la très large majorité du royaume et de ses sujets partageaient la même opinion qu'elle. Et c'était sans doute également le cas de bon nombre d'autres personnes, étrangères à l'Ouest. Après tout, sa mère et son frère n'avaient-ils pas reçu des condoléances plus ou moins lointaines, qui manifestaient elles aussi une telle pensée ? Dans tous les cas, tragiquement, elle pourrait protester et pester tout ce qu'elle en voudrait, cela ne changerait point le cours des évènements, tout comme cela ne ramènerait point Loren parmi eux. Et c'était là un sujet dont elle n'avait point besoin de développer intensément, et même verbalement, auprès de William Potter, pour qu'il puisse la comprendre. Après tout, lui aussi avait perdu son père dans des circonstances inhumaines et injustifiées. Là où, le pauvre avait malheureusement fait les frais du trépas du Roi, alors même que Megara, son époux et sa belle-sœur étaient à peine arrivés en son domaine. Bien malgré elle, et bien malgré lui, aussi, il avait sans doute dû de nouveau être confronté à ce que le deuil d'un père implique. Et la jeune femme ne pouvait imaginer dans quelle zone d'inconfort cela avait pu le placer. Tant parce que cela avait bien dû faire remonter nombre de souvenirs encore frais, et parce qu'il perdait son Roi, lui aussi. Dès lors, la Princesse se disait bien qu'elle lui devait ça. Qu'elle lui devait la possibilité de pleinement pouvoir se faire maître de son domaine en sa présence, qu'ils devaient tous deux pouvoir le visiter ensembles sans qu'elle ne soit rappelée d'urgence à la Cour. Afin que le jeune homme puisse profiter de ce qu'il avait pu regagner en partie grâce à elle. ❧ Ce sera avec grand plaisir, Lord Potter, dès que cela me sera possible. Les regrets de nombre de vos gens, lors de mon départ précipité, m'ont amplement convaincue que j'aurais été plus que la bienvenue pour un séjour plus long. Je ne doutais pas non plus que vous auriez fait le meilleur des guides sur votre domaine, là où j'ambitionnais de me rendre dans cette clairière qui figure dans plusieurs ouvrages de botanique pour accueillir un bosquet de grands houx plusieurs fois centenaires, afin d'éventuellement pouvoir requérir auprès de vous la possibilité d'en faire quelques boutures. ❧ Les passions et centres d'intérêt de Megara étaient divers et variés, et si certains collaient sans doute parfaitement à ceux qu'on attendrait d'une Princesse, d'autres, en revanche, étaient bien plus triviaux. Là où la jeune femme ne rechignait jamais à mettre les mains dans la terre, pour planter, cueillir et bouturer, quand elle n'avait pas les mains couvertes de peintures et de pigments, lors de ses cessions de dessins et de peinture.

Cependant, dernièrement, elle avait eu moins de temps à consacrer à ces passes-temps et divertissements. Parce que les affaires du Royaume s'étaient quelque peu emballées, et qu'elle avait également à désormais revêtir de nouvelles fonctions s'accompagnant de responsabilités quelque peu prenantes, mais néanmoins fascinantes et intéressantes. Mais également, et surtout, sans doute, parce qu'en tant que mère, elle ne manquait pas d'avoir à s'occuper de ses fils, quand il ne s'agissait pas de s'amuser avec eux et de s'émerveiller sur tous les progrès qu'ils faisaient chaque jour. Sans parler du fait que jardiner avec des enfants encore bien jeunes était très complexe. Leur phase buccale n'était point encore passée, et Megara avait encore bien à craindre que les jumeaux n'enfournent dans leur bouche ce qui n'avait rien à y faire, dès qu'elle aurait eu le dos tourné ou l'attention portée ailleurs ne serait-ce que pour une fraction de seconde. Quoi qu'il en était, elle n'avait point fait quérir et venir William Potter pour lui parler jardinage ou gestion de bambins. Là où le sujet qu'elle amenait sur la table semblait soudainement faire replonger son interlocuteur dans certains de ses travers de balbutiements et de craintes. Ce qui n'était pas sans quelque peu serrer le cœur de la Princesse, culpabilisant d'emblée de faire éprouver au jeune homme de telles sensations. Tentant alors d'emblée une main vers lui, comme pour le rassurer et l'apaiser, elle ne manqua pas de comblée le moindre silence qui aurait voulu s'instaurer pour planer au-dessus d'eux tel un oiseau de mauvais augure. ❧ Je ne cherche en rien à vous mettre en faute, William, soyez en assuré et rassuré. Je découvre moi-même encore chaque jour de nouvelles informations à propos de mon père, là où il n'a jamais été caché que nous étions très proches l'un envers l'autre. ❧ Pour ainsi dire, il serait compliqué, même pour le paysan le plus isolé de toutes les Terres de l'Ouest, d'ignorer à quel point le grand Roi Loren portait une affection sans bornes pour ses enfants, et à quel point Megara représentait, à ses yeux, son Joyau. Avant même d'être le Joyau de l'Ouest. ❧ Je pourrais demander à ce qu'une revue complète de tous les documents et de toutes les archives que nous possédons ici soit faîte, afin de trouver toute copie ou tout original de document officiel faisant mentionner de votre père, ou ayant été signé ou paraphé par ses soins. Afin qu'on puisse vous en faire une copie, de sorte à ce que vos archives officielles familiales se regarnissent un peu. ❧ Elle se veut autant souriante que rassurante possible, avant de se dire qu'elle ne devait point tarder à lui parler de ce qu'elle-même avait trouvé, car c'était tout de même l'une des raisons principales qui avaient fait qu'elle avait demandé à le voir. ❧ La Banque Lannister enregistre nombre d'actes notariés, mais aussi nombre de demandes d'emprunts. Et des recouvrements de dettes, aussi. Je ne suis peut-être pas encore remontée jusqu'à l'origine, et, de faits, certains pans doivent encore m'échapper, mais il semble qu'un James Fleamont ait il y a fort longtemps emprunté une certaine somme d'argent à Lord Uther. J'ignore ce qui avait poussé votre père à accepter, étant donné que ce James Fleamont ne semble avoir été originellement qu'un petit tenancier issu de votre domaine, mais le fait est que cet homme a ainsi pu financer son engagement dans la marine marchande. ❧ Sortant de sa liasse plusieurs documents, pour illustrer et attester progressivement son propos, Megara reprit. ❧ Après des années sur les mers, il est récemment rentré à bon port, et a souhaité s'acquitter de sa dette auprès de votre père. Mais Lord Uther ... Lord Uther n'était plus, et de par le contexte et les évènements d'alors, Fleamont a préféré déposer une reconnaissance de dettes auprès de la Banque Lannister plutôt que de rembourser son dû à Lord Malefoy. Tout n'est pas bien clair, cependant, et je n'ai pas compris s'il voulait directement s'acquitter du montant pécuniaire de sa dette, ou s'il avait promis à votre père un pourcentage sur tout éventuel bénéficie qu'il parviendrait à faire. ... Je crois surtout que, pendant bien des années, il s'est soustrait au recouvrement de sa dette, et qu'en apprenant le trépas de Lord Uther, il a quelque peu culpabilisé et voulu laver son honneur. ❧ Se raclant la gorge, un peu gênée, la jeune femme soupira quelque peu, avant d'enchaîner. ❧ Je ... Je tenais à ce que vous en soyez informé. J'ignore si cela représente réellement quelque chose, mais, sait-on jamais ... ❧ Il ne pourrait en tout cas pas s'agir d'une mauvaise nouvelle, quelles qu'en soient les finalités, n'est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyMar 18 Mai - 20:48



La foi en soi fait le grand homme
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Déglutir tout en gardant une contenance, tout en ayant l’air parfaitement serein, c’était une véritable gageure quand on était quelqu’un d’aussi timide que moi. Peu importaient les efforts que je pouvais faire, ils semblaient vouer à l’échec. Evidemment, tout n’était pas totalement noir non plus, puisque je parvenais maintenant à parler à quelqu’un sans avoir l’air de rougir comme une pivoine à chaque fois… Et ce n’était évidemment pas une mince affaire. Mais je tenais le bon bout. J’essayais, en tout cas, même si m’améliorer sur ce sujet comme sur tant d’autres était extrêmement difficile. Je commençais aussi à me dire que très concrètement, il n’y avait que peu de chances désormais que mes échanges avec les gens qui m’entouraient puissent être totalement déconnectés de mon nouveau rang de seigneur, et qu’il était bien plus probable que les gens aient besoin de Lord Potter, et que William ne puisse simplement plus faire sans ce titre même pour la vie du quotidien.


Je restais content de voir la Princesse. Elle m’avait manqué, même si notre relation n’avait jamais été celle de collatéraux ou d’amants ; il y avait un profond respect entre nous, et de mon côté plus encore que du sien. Elle était l’idéal qui faisait encore croire en notre système politique et social, en tous les fruits de notre culture séculaire. La lionne permettait encore de croire, au temps de Frondeurs et des Réclamants, qu’il y avait motif de croire en la grandeur autant que dans la vertu de la couronne. Ce n’était pas une mince affaire… Dommage, toutefois, que cette position ai surtout été celle des femmes de la famille plus que des hommes. Mais aussi très révélateur, aussi bien du rôle des épouses dans la maison Lannister que du goût pour autre chose que le pouvoir de la part de ses gouvernants.


Nous étions plus ou moins dans le même bateau, désormais. Orphelins de père, moi du reste, elle avait compris, la jolie blonde, que le monde n’était pas un danger que pour les autres, et que la mort n’épargnait ni le riche ni le puissant. Bien sûr, tout le monde s’en doutait. Mais quand on vivait dans un cocon familial aimant et protecteur, il était difficile de savoir, de savoir réellement que tout ne durerait sans doute pas… C’était cruel, et c’était irrémédiable, que de vivre sans sa famille. Mais elle avait aussi découvert, Megara, les plaisirs de fonder la sienne en propre… Et je ne pouvais que la lui envier, et crever d’impatience que d’avoir la mienne à mon tour avec Alys Kenning.


Chaque chose venait en son temps, je n’en doutais pas…


J’invitais donc à nouveau mon altesse, tout prêt que j’étais non seulement à la servir, mais à susciter son plaisir, son contentement. Je n’étais pas de ces bannerets rétifs et brutaux, qui ne comprenaient que le langage du donnant-donnant, voire de la brutalité. L’hospitalité qui m’avait été donnée des mois durant était tout de même capable de provoquer chez moi le désir d’un juste retour des choses…


La jeune femme me confirme son intérêt et les circonstances de son départ, auxquelles nous ne pouvions toutefois que souscrire compte tenu de la situation d’alors… J’étais un rien gêné lorsqu’elle évoquait le bosquet de houx, bien connu du folklore local mais sans doute avec moins de détails dans les rumeurs ou légendes qu’auraient pu entendre son Altesse ici, au palais Lannister.



| Je… Oui… En vérité il est plutôt… Disons… M-m-malvenu d’y aller. Même pour vous. L-les croisés l’ont incendié. Je ne l’ai su qu’en reprenant mon domaine… |


Je rougissais, mais tout en maîtrise. J’affrontais son regard et la vérité dans laquelle j’étais plongé depuis plus d’un an maintenant. La mélancolie n’était forcément jamais loin… Au regard des circonstances, c’était sans doute le minimum que l’on pouvait attendre de moi, d’un des deux derniers survivants des Potter.


| Parce que c’est là-bas que la rumeur évoque les rites pour les-lesquels ma famille a été jugée avec la cruauté que l’on connaît. |


Je me passais une main sur la nuque, un peu gêné et ne désirant pas être à bout de solutions. Je passais en revue les beaux paysages de mon pays natal, de ce terroir qui sentait la pierre, la tourbe et le feu de cheminée. Qui sentait la misère laborieuse, à côté du faste de la cour du Roc… Bref, je réfléchissais à toute vitesse.


| Je peux vous emmener à d’autres endroits. Une cascade où d’après la légende, des fées bénissent le muguet qui y pousse au printemps. Mais c’est… plus loin. Plus difficile. |


Par les Sept, que je pouvais être gauche… Et me détestais de l’être. Quoiqu’il en soit, la belle tente de me rassurer et je rougis plus encore. Elle m’explique qu’elle ne me veut pas de mal, et qu’elle découvrait beaucoup « d’affaires » dans celles de son père… Je restais coi, alors, et me parle alors de faire suivre copies et documents émanant ou concernant mon père. Mon cœur se gonfle de fierté, de tristesse, de reconnaissance. Et je doute. Forcément. Je déglutis péniblement quand l’altesse princière évoque directement mon père, parle de créances et d’un homme dont je ne savais que peu de choses, le fameux Fleamont que père ne portait pas dans son cœur à cause d’une obscure querelle… La faute à quoi, à qui ? Ca ne semblait pas important… Mais au bout de quelques instants à tout me raconter, la jeune femme me fait comprendre qu’il s’agit peut être d’argent. Je déglutis plus encore, tombe un peu raide et gauche au pied de mon siège et prends sa maindans les miennes, respectueux à en crever, sans doute mièvre, mais d’une reconnaissance à se coucher par terre. Très ému ; impossible de le masquer.


| Votre Altesse… Tout ce travail, juste pour mon nom, pour ma famille, et pour… P-pour m’aider ? Vous me comblez d’honneurs. De p(privilèges. De votre bonté, tout le temps. |


J’en perdais évidemment mon latin.


| Je ne sais comment vous remercier. Je verrais avec ce Fleamont, et ces documents que vous produisez pour mon aide. Je ne puis l’oublier. Jamais. Mais oserais-je… J-je veux dire, avez-vous d’autres papiers qui concerneraient ma famille ? Je sais que vos nouvelles responsabilités sont les finances mais… S’il y a quoi que ce soit, n’importe quoi, même une simple copie d’arbre généalogique… |


Je me brûlais d’espoir et de reconnaissance.
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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyMer 14 Juil - 22:48

Le prestige du sang ne faisait pas tout, pas plus que le titre et le rang. Du moins, si cela donnait des avantages certains et des passe-droits indéniables, des facilités sur lesquelles on ne pouvait fermer les yeux, cela ne faisait tout de même pas tout. L'éducation influait, la morale et les préceptes enseignés faisaient également pour beaucoup dans la personne que l'on devenait, une fois adulte. Là où passe-temps, divertissements et centres d'intérêts pouvaient eux aussi faire leur part. C'était en tout cas sans doute cela qui expliquait pourquoi, bien que tous trois nés de l'union de Loren Lannister et de son épouse, les trois enfants qu'avaient été Lyman, Nymeria et Megara ne s'étaient jamais ressemblé en tous points. Pourquoi il n'avait jamais été possible de confondre leurs préférences et leurs attraits, au delà du fait qu'il était impossible de confondre Lyman et ses sœurs de par le fait qu'il était né homme et elles femmes. Quoi que, très jeunes enfants, boucles d'or face à boucles d'or ... Après tout, quelques mois seulement séparaient la naissance de Megara de celle de l'aîné de la fratrie, là où Nymeria n'était elle non plus pas venue au monde très longtemps après. Pendant longtemps, cela avait poussé la cadette à se demander comment leurs parents avaient bien pu faire pour les gérer, tous trois, quand ils n'étaient encore que des bambins. Et puis, une fois devenue elle-même mère, elle avait pu comprendre qu'un enfant de plus quand on en a déjà deux, cela ne doit pas faire de grand changement, là où, en tant qu'enfants princiers, son frère, sa sœur et elle avaient tout autant pu compter sur la vigilance et le travail de nourrices, tout comme c'était le cas pour ses fils jumeaux actuellement. En tout cas, dès son plus jeune âge, il lui avait semblé que les rôles étaient fermement établis au sein de sa fratrie. A Lyman était revenu le rôle de l'héritier qui accéderait un jour au trône, celui qu'il fallait former, éduquer, tailler, aussi, pour qu'il soit le meilleur des futurs monarques possible, d'autant plus qu'il n'avait point de frère, là où le prochain héritier mâle, après lui, serait à chercher parmi ces cousins plus ou moins lointains, parmi ces Lannister de Port-Lannis. Fort heureusement, les lois de l'Ouest étant quelque peu plus flexibles, Megara et Nymeria avaient elles aussi constitué de potentielles héritières, mais bien moins que leurs frères, leur permettant d'avoir une éducation un peu plus souple et plus ouverte sur des centres d'intérêts moins capitaux. Comme cela fut le cas pour la cadette de la fratrie, qui s'était assez tôt intéressée à la botanique.

En grande passionnée de la flore, elle ne put donc que se sentir le cœur lui serrer en apprenant le triste sort qui avait été réservé au grand bosquet de houx. Mais cela ne lui retourna pas autant le palpitant que de s'entendre rappeler, de façon collatérale, le sort encore plus funeste qui s'était abattu sur les épaules de la Maison Potter. Ne pouvant se retenir de piquer un fard en baissant les yeux, se maudissant d'avoir involontairement été si maladroite, la jeune femme secoua un bref instant la tête, comme pour reprendre ses esprits et se souvenir de savoir quoi dire en des circonstances telles que celles-ci. ❧ Toutes mes excuses Lord Potter, je ne voulais point ... Je ne cherchais point à vous rappeler les funestes évènements qui ont si durement étreint votre Lignée. Veuillez cependant bien croire, je vous prie, que j'ignorais tout des perfides liens qui furent créés entre ce bosquet et les vôtres. ❧ Il y eut un instant de gêne, sans doute, de part et d'autre, là où l'esprit de la Princesse cavalait en tous sens pour trouver des mots plus appropriés, des paroles qui ne risqueraient pas de réveiller quelque blessure dans le cœur et l'âme de son interlocuteur. Cependant, ce fut ce dernier qui sembla plus prompt à réagir, créant un certain soulagement intérieur chez Megara, ce qu'elle se garda tout de même bien de montrer. Il ne faudrait tout de même pas que Lord Potter se sente en défaut de lui faire ressentir de la gêne. Elle esquissa alors un petit sourire, poli et courtois, et bien aimable, également, posant inconsciemment une main sur ce ventre qui accueillait de nouveau la vie, sans que cela ne se voit encore, et sans que cela n'ait été officialisé auprès d'autres oreilles que celles de son époux. ❧ Mes responsabilités m'amènent à devoir acter votre proposition pour plus tard, lorsque cela me sera possible, mais je ne manquerais pas de vous solliciter en ce sens dès que les circonstances le permettront. ❧ Elle inclina alors quelque peu la tête, avant que le cœur de leur discussion ne s'amène sur le devant de la table.

Il y avait dans les anciennes textes quelques écrits relatifs à ces époques où il semblait avoir plus ou moins été coutumier pour le monarque, son épouse et leurs enfants, une fois l'an, de visiter les miséreux et nécessiteux les plus malades pour effleurer leurs maux, sous couvert d'ainsi pouvoir les guérir, rien qu'en les touchant. En ces temps là, il semblait alors que le toucher royal et même princier semblait recouvrir quelques propriétés miraculeuses et divines, bien que, déjà, nul ne s'aventurait à dire que cela prenait le pas sur la puissance des Sept. Sans doute y voyait-on plutôt un lien entre une Lignée qui perdurait sur le trône de par la protection et la faveur des Sept. Aujourd'hui, cela ne se faisait plus, très probablement parce que sciences et médecine avaient fait de nombreux progrès, et que la Royauté avait pris des airs plus humains et moins divins à mesure qu'elle versait elle aussi son sang sur les champs de bataille, là où il est bien connu que les Sept ne saignent point. Dès lors, il était plutôt rare pour Megara d'être touchée par qui que ce soit qui n'appartienne pas à sa Lignée. Cependant, elle ne s'effarouche point de l'acte entrepris par le jeune homme, car cela n'est après tout pas la première fois qu'il fait montre auprès d'elle d'une certaine dévotion corporelle, sans que cela n'ait jamais franchi les limites du respect et de la décence. De plus, elle sent bien que cela vient du cœur, que cela est franc, honnête, et parfaitement désintéressé. Qu'il en a sans doute besoin, en quelque sorte. Alors, elle lui sourit, et peut-être est-ce un peu de ces sourires qu'elle offre souvent à ses fils, lorsqu'ils lui sourient en retour, plutôt calmes et posés, pour une fois. ❧ Cher William ... Je ne peux m'ôter de l'esprit que, quoi que je fasse, cela ne sera jamais suffisant pour combler ce que vous avez si injustement perdu, sans que la Monarchie ne puisse agir à temps, ou qu'elle puisse avoir compter sur son prestige et son influence pour dissuader, en temps et en heures, ceux qui ... ❧ Elle ne finit par sa phrase, consciente que cela lui écorcherait presque les lèvres que de prononcer ce patronyme s'étant couvert d'ignominie et de lâcheté. Elle n'avait point entendu le moindre remord dans la bouche de Lord Lucius, lorsqu'il avait été confronté à ses actions et exactions, pas plus qu'il n'avait semblé comprendre sa bévue en outrepassant le cadre judiciaire pour décider de lui-même de ce qu'il était bon et pertinent de faire. ❧ Ses recherches me coûtent si peu, comparé à ce que vous avez perdu, d'autant plus que je peux bénéficier d'une armée de petits mains prêtes à faire ce que je demande. Cela est donc très peu pour moi, je peux donc faire cela pour vous. ❧ Elle ignorait tout de l'ampleur de ce qu'elle avait déjà bien pu trouver, mais cela ne pourrait sans doute être que bénéficiaire pour le jeune homme, n'est-ce pas ? Et même si, née Lannister, elle avait toujours grandi dans la richesse, l'opulence et le luxe, on lui avait appris très jeune qu'un sou était un sou. C'était la moindre des choses, si l'on devait savoir s'acquitter au mieux des dettes que l'on pouvait avoir. Posant finalement sa main libre sur celles de Lord William Potter, elle prit un instant pour lui répondre. ❧ Pour le moment, je crains que non. Mais je suppose que même si la Lignée Potter ne figure pas parmi les principales grandes Maisons de l'Ouest, les actes les plus officiels la concernant doivent tout de même bien figurer dans les archives. Et Mestre Aethon semble toujours s'être piqué de généalogie. Il m'avait offert un grand parchemin figurant mes ancêtres tant maternels que paternels, pour mes 10 ans. Cela nécessite des informations allant au-delà de la Maison royale. Je pourrais lui demander, pour vous, je suppose ... ❧ Elle n'était sûre de rien, et ne pouvait non plus pas lui promettre d'arriver à quelque résultat probant, mais elle se devait au moins d'essayer.


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyMar 10 Aoû - 15:06



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J’étais aidé. Et sans arrêt, en supplément. La princesse était-elle simplement d’une gentillesse sans borne ou avait-elle quelques ambitions politiques qui reposaient sur une bonne entente avec tout ou partie de ses bannerets, enfin de ceux de son frère ? Sans doute un peu des deux. On ne vivait pas dans une situation comme la sienne sans devoir tout calculer, tout prévoir, et surtout sans flatter quiconque. La jeune princesse avait sans doute tout pour réussir, et sans doute aussi avait-elle ce qu’il fallait pour soutenir activement son frère le Roi. Elle en était en tout cas un relais efficace ; Megara Lannister était aussi douce qu’intelligente, aussi bonne que charismatique. Elle n’avait pas la même posture que sa reine de mère, loin de là. Beaucoup moins glaciale, distante, intimidante même. Elle était plus proche, plus susceptible d’écouter. Posture différente, que je respectais autant que sa mère. Moins figure d’autorité, d’un charisme différent. On suivrait Jordane Lannister pour l’honneur, par devoir et par fibre patriotique. On suivrait Megara, sa fille, par affection, par passion, par fidélité plus personnelle. Je ne savais pas ce qui était le mieux. Et sans doute que tout ceci était relativement complémentaire, au fond. Dans les deux cas les gens les suivaient.


Je m’en voulais de provoquer chez la gente dame quelques tourments supplémentaires, alors que la période en était déjà suffisamment riche pour elle. Elle n’avait pas besoin de mes propres inquiétudes en plus des siennes, la jolie blonde, car sa famille était touchée par le deuil et sujette à de grandes et profondes transformations ces derniers temps. Beaucoup reposait sur leurs épaules à tous et ce n’était pas une gageure que d’estimer qu’ils prenaient des décisions capitales aussi bien pour l’avenir de l’Ouest que pour celui de tout Westeros. Mais forcément… Parler de mon domaine, c’était prendre le risque d’évoquer en mots plus ou moins directs le deuil qui m’avait touché, et le drame qui avait touché le hall tout entier. Difficile, dès lors, de se considérer en champ ouvert, en terrain libre et non miné.



| Je vous crois, v-votre Altesse. N-nul doute là-dessus, je vous assure… Mais mon domaine risque de… De porter les stigmates de toute cette histoire. Pour longtemps, je veux dire. Les arbres peuvent repousser, la nouvelle écorce peut remplacer celle qui fut dévorée par les f-flammes. Mais ce sera incertain. Pour un temps. |


J’essayais de voir le bon côté des choses, tout en ne perdant pas trop mes moyens. Ce n’était pas facile. De par son intelligence, sa bonté autant que sa beauté, Megara Lannister m’avait toujours intimidé, en partie aussi parce que je ne pensais pas mériter ses largesses, pas même un peu. Dans tous les cas, j’essayais de m’en montrer digne. D’affermir ma résolution, pour ne pas paraître semblable à un gamin apeuré quand je devais m’adresser à elle. Rien de simple pour moi, mais le redressement de ma maison passait aussi par ma maturité et ce dont je saurais faire finalement preuve à ses côtés. Je devais incarner le pouvoir, désormais, même s’il ne se traduisait qu’à petite envergure dans un bourg comme Godric’s Hall, qui n’avait rien à voir en taille comme en richesses avec le Roc et le domaine royal. La jeune femme me sourit, et son sourire comme toujours, si communicatif, remonte sur mes propres lèvres en écho de sa gentillesse alors que je note son geste vers son ventre quand elle me dit compter sur moi plus tard.


J’acquiesce d’un signe de tête.


De toute façon, je lui suis déjà tout acquis.  Je ne sens nulle retenue ni dégoût quand je viens une fois de plus manifester mon soutien de façon plus franche, mais toujours courtoise. Je sais aussi que je ne peux pas aller plus loin et n’en ai nullement le désir. Elle est princesse et je suis à peine seigneur, mais noble de peu. Et quand bien même elle est belle à se damner, Megara Lannister, je suis déjà promis à une autre, que je désire tout autant mais que j’aime, aussi. Jamais je n’aurais eu le cran ou l’outrecuidance d’espérer quoi que ce soit d’autre que notre soutien mutuel et cette forme d’amitié sincère entre la princesse et moi. Son sourire à elle est doux, tendre presque. Pas celui que l’on réserve à un amant, mais plutôt celui que l’on dévoue à quelqu’un de proche, un ami, un soutien.


C’est ce que je suis, de fait.



| Vous êtes bien trop bonne avec moi. Certes, nous avons subi une injustice, née des mortifères ambitions d’autres maisons rivales et du fanatisme religieux de certains. Mais… |


J’hésitais, mes joues s’empourprant un peu plus à nouveau devant le front dont j’allais me rendre coupable.


| D’autres familles vont aussi être endeuillées. L’influence du Grand Septon est grande ici, et s’il n’y a pas beaucoup de familles comme la mienne, le zêle peut cacher d’autres vices… |


j’étais quand même fier de moi, d’avoir pu déclamer tout cela sans piquer un nouveau fard.


| Vous avez fait plus que beaucoup, et ce fut pour moi suffisant pour retrouver mon bon droit et un avenir… Je vous… Je vous l’ai déjà dit, de nombreuses fois. Mais je ne l’oublierais jamais. |


Un point c’était tout. Ressasser les injustices et les vexations, cela ne me ferait pas avancer. Ne pas oublier était indispensable. Mais ne pas en faire toute ma vie l’était plus encore. Ma vengeance, je l’avais eue. L’essentiel des participants à la ruine de ma maison étaient aujourd’hui punis. Les croisés avaient été massacrés et crucifiés par l’Empire, les mercenaires avaient été envoyés au diable vauvert et les Malefoy avaient été envoyés au Mur ou avaient perdu beaucoup dans le duel judiciaire qui nous avait opposés. Les autres… N’avaient pas pris une part active à ce drame qui nous avait touchés, nous autres Potter. Mais cela en disait quand même long, encore une fois, sur la bonne âme qu’était la princesse du Roc, survivante des deux sœurs du jeune Roi Lyman.Je hoche la tête, en signe d’acquiescement et d’apaisement.


Je souris à la princesse, signe que je comprenais où elle voulait en venir. Et je ne me formalisais pas quand elle parlait de « petites mains ». Evidemment qu’elle en avait besoin. Comme tous les dirigeants de ce monde qui avaient un tant soit peu de pouvoir.



| Pouvez-vous alors remercier pour moi ces personnes, s’il vous plaît ? petites ou grandes mains, je leur dois tout de même beaucoup. |


Je comprenais évidemment ce qu’elle me disait à propos de la complexisté des recherches généalogiques…


| Je pourrais le lui demander en personne, c’est la moindre des choses.


Léger sourire aux lèvres, je reprenais.


| Cesserais-je un jour d’être votre obligé pour vos bontés, Altesse ? |

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyDim 19 Sep - 15:09

Il était souvent dit que les mots s'envolaient mais que les actes demeuraient. Là où leurs réalisations et leurs conséquences pouvaient marquer durablement le futur, les êtres et les objets. Prendre une plume pour écrire noir sur blanc ce qui avait été dit, promis ou acté sous serment était l'un des exemples concrets d'une mise en action de paroles prononcées oralement. Mais cela ne se limitait pas à cela. La guerre aussi pouvait être prise en démonstration : on pouvait se jurer nombre de duels et de batailles à venir, tant que ceux-ci n'étaient pas effectifs, les chairs n'étaient pas meurtries, les êtres n'étaient pas en deuil, et les citadelles continuaient de se dresser sans être amochées. Mais lorsque les hommes passaient à l'action, alors ... Alors des rois succombaient, des princesses périssaient lors de sièges, et des jeunes princes accédaient brutalement au trône quand le royaume voisin pénétrait sur vos terres. Et des nobles finissaient exsangues et décimés pour des raisons religieuses et des accusations que certains avaient décidé de mener jusqu'au bout en se sous-trayant à la justice royale. Tout ceci appartenait au passé, désormais, un passé plus ou moins lointain, mais les conséquences, elles, demeuraient. Et, effectivement, les plaies ouvertes mettaient parfois bien du temps à cicatriser, là où, comme l'indiquait Lord William Potter dans ses propos, rien ne recouvrait de toute façon entièrement sa réalité d'avant. Que ce soit l'écorce des arbres, la physionomie des bosquets, ou l'intégrité familiale d'une Maison durement éprouvée. Il fallait composer avec, car rien ne pouvait plus être changé au passé. Mais il fallait également veiller à apprendre des leçons du passé, apprendre, également, à ne point retomber dans les mêmes travers, à ne point reproduire les mêmes erreurs, afin de s'exempter d'une réédition désastreuse de ce qui nous avait déjà tant coûté. ❧ La patience est une vertu. Douloureuse et regrettable, en bien des circonstances, mais il semble pourtant qu'elle soit toujours préférable à la rancoeur, afin de ne point attiser les bûchers de la revanche et de la vengeance. Cela n'empêche cependant pas de ne pas toujours pouvoir oublier, ni même de toujours parvenir à pardonner. Je suppose qu'il s'agit là d'un juste milieu à trouver ... Mais je me garderais bien de vous donner quelque leçon là-dessus : vous n'êtes point un enfant, et je ne suis pas en position d'avoir acquis la sagesse de nos aînés, là où mon propre cœur se serre encore douloureusement rien qu'à l'idée que l'on ait osé m'arracher mon père, et priver le Royaume de son Roi. ❧ Oui, tout ceci était encore très douloureux pour elle, là où les commanditaires couraient toujours, à ce qu'elle en savait, sans pourtant que ce ne soit faute d'avoir lancé nombre d'inspections et d'enquêtes à ce sujet.

La religion était un sujet cher au cœur de la jeune femme. Parce qu'elle était profondément croyante, et encore plus depuis que ces terribles maux s'étaient abattus sur ses frêles épaules d'adolescente d'alors. Elle avait perçu et reçu tout ceci comme un fléau des Sept pour une impiété qu'elle ne parvenait cependant toujours pas à identifier. Comme une sanction pour un crime dont elle n'avait pas conscience. Elle avait donc doubler de piété, comme pour espérer enfin leur sied et pouvoir obtenir d'Eux la bonne grâce d'être enfin absoute de leur courroux. Pour le moment, cela n'avait pas porté ses fruits, du moins, pas là où elle le désirait. Ils lui avaient pris sa sœur, puis son père, mais Ils lui avaient également permis d'épouser un homme bon et juste, aimant, aussi, et Ils lui avaient donné la possibilité de mettre au monde deux jolis petits garçons vigoureux et bien portants, des jumeaux qui enchantaient chacune de ses journées. Et maintenant, Ils l'avaient bénie d'une nouvelle naissance à venir. Du moins l'espérait-elle. Dès lors, elle était parmi les premières à penser que la religion avait toute sa place dans la société. Mais elle n'était en rien une fanatique ayant fermé son cœur à tous ceux ne partageant pas sa foi, ou n'ayant pas atteint le même degré de piété que le sien. Ce qui la plaçait sans doute à avoir une vision positive du Grand Septon, sans pour autant partager à la lettre tous ses préceptes. ❧ Je ... Je comprends. Le Grand Septon est ... Il fut un homme avant d'être au service des Sept. Je tâche donc de ne jamais oublier qu'Ils lui sont supérieurs, en toute chose, et que l'on ne peut jamais totalement se défaire des vices et défauts humains. Nous avons après tout connu des Grands Septons moins radicaux. ❧ Elle faisait attention à ses paroles, Megara. Non point par crainte que William Potter en vienne à les éventer pour lui faire du tord. Mais plutôt pour ne pas attirer sur elle un courroux divin supplémentaire, bien consciente qu'Ils entendaient et voyaient toujours tout, et que critiquer trop frontalement celui qui se présentait comme leur Principal Serviteur sur cette terre pourrait lui valoir bien des conséquences désastreuses. Dans le même temps, elle avait aussi à cœur de se rappeler à elle-même qu'Ils prévalaient tout autant sur elle que sur lui, et que, donc, c'était à eux, en priorité, qu'elle devait sa fidélité, sa croyance et sa piété. Elle voulait toujours faire bien, et au mieux, Megara. Que ce soit pour les Sept que pour d'autres sujets, comme concernant les tourments dramatiques de Lord Potter par exemple. Mais elle ne pouvait jamais être assurée que c'était assez, que c'était suffisant, et à la hauteur de ce qu'elle pouvait faire. Poursuivre dans cette voie, tant qu'aucun signe ne venait la contredire, lui semblait donc être la solution la plus préférable. Souriant face à la demande de son interlocuteur, elle sent une douceur sincère poindre en elle. ❧ Ce sera fait. Même si c'est là leur métier et leur travail quotidien, il faut toujours savoir reconnaître l'efficacité et le bon labeur là où il se trouve. ❧ Souvent, elle avait entendu sa mère serrer les dents sur le fait qu'on l'accusait de bien des tords alors qu'elle menait le Royaume vers la prospérité, sans que son mérite ne soit toujours reconnu à sa juste valeur. Alors dès petite, elle n'avait pas manqué de se montrer et de se dire reconnaissante lorsque cela était mérité. Là où, de toute façon, les monarques de l'Ouest avaient toujours veillé à ce que l'éducation de leurs enfants leur apprennent la politesse et le respect. Il ne fallait pas toujours le faire à chaque instant, bien sûr, sinon cela perdait de sa franchise et ne devenait que paroles réflexes et habituelles, mais régulièrement, cela ne faisait jamais de mal. Surtout que cela menait à embellir des journées sans prévenir, plutôt que d'entrer dans un cercle banal et conventionnel. ❧ Mestre Aethon sera ravi, j'en suis sûre, de pouvoir discourir de tout ceci avec vous. Mais je me dois tout de même de vous avertir. Il se trouve que notre cher Mestre est ... Disons qu'il se laisse parfois emballer par son attrait et sa passion, et qu'il est compliqué de le faire s'arrêter ! ❧ Un petit sourire mutin illumina son visage, rien qu'à la perspective, sans doute un peu enfantine, d'imaginer William Potter bien en mal de faire se taire le Mestre ! Elle, il la connaissait suffisamment pour capter dans ses sourires et regards qu'il s'était encore emballé, alors, cela allait. Mais cela promettait de placer Lord Potter bien plus en peine ! ❧ Égoïstement, je n'aurais jamais rien contre pouvoir compter sur votre appréciation de ma personne, bien que je ne fasse rien uniquement en ce sens. Je ne suis point amenée à un jour monter sur un trône, désormais. Le Royaume compte à présent trois nouveaux petits lionceaux entre cette fameuse couronne et moi, et j'en suis bien aise. Je veux alors pouvoir tout de même servir le Royaume et ses sujets, quels qu'ils soient, du mieux possible, dès que je le peux. C'est ... C'est peut-être narcissique, dit comme cela, mais si cela peut bénéficier à quelqu'un, et bien soit. ❧ Se rendre utile. Faire le bien. Aider et utiliser sa position pour soutenir et améliorer. C'était tout ce à quoi elle escomptait.
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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyJeu 23 Sep - 22:30



La foi en soi fait le grand homme
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Sans doute jamais, en réalité. Car la portée de ses actes nous dépassait tous deux et bien plus que la loyauté d’honneur comptait celle du cœur. J’aimais Megara Lannister pour toutes les idées et tous les principes qu’elle incarnait véritablement, et je ne pouvais pas tout gommer d’un coup d’un seul. Je n’en avais ni le temps ni l’envie, et le carcan social dans lequel nous vivions nous interdisait de toute façon d’oublier tous les coups de pouce donnés. Redevable à en crever, mais pas prisonnier pour autant. Je me liais volontairement à la princesse, totalement engoncé dans le respect qu’elle faisait naître en moi, dans l’espoir qu’elle portait, qu’elle incarnait. J’admirais sa personne, car née riche et puissante et pourtant dénuée du pouvoir qui allait entre les mains de son frère, la jolie blonde avait décidé de se rendre utile plutôt que de simplement rester oisive et de profiter de la rente qui allait de pair avec son patronyme. Pour quelqu’un comme moi qui avait eu beaucoup sans s’en rendre compte, du moins pas avant d’avoir presque tout perdu, cela signifiait beaucoup.


En sus de ce lien puissant, presque sentimental, je nourrissais aussi une autre forme d’intérêt pour la princesse. C’était récent, et assez inavouable. Mais en tant que dame de la cour et proche du Roi, qui avait sa confiance pour diverses missions et quantité de sujets, la jeune femme était aussi un atout, du moins son amitié l’était, pour qui voulait redresser un domaine qui n’avait plus ni partenaires commerciaux ni atouts d’aucune sorte. Bien sûr, je ne pouvais pas faire de cette situation de besoin l’alpha et l’oméga de nos liens.


En d’autres circonstances, peut-être aurais-je pu tomber définitivement et irrémédiablement sous le charme de la princesse, sous l’empire de son charisme, de sa sagesse, de sa gentillesse. Mais j’aimais Alys. Et la princesse, elle, aimait Gareth. Notre relation n’était ni sentimentale, ni sensuelle. Mais elle restait une icône. Une personne rare, et précieuse. Je hochais la tête aux mots de la princesse, quand elle évoquait rancœur et pardon. Je secouais ensuite la tête, hésitant quant à la réponse à lui apporter.



| Franchement, altesse… Je ne sais pas. Je n’en sais rien. Je voudrais que les choses soient plus simples. Je voudrais que je n’ai pas à choisir constamment, à trancher entre la colère, la rage, et le pardon. Je pense que je ne pourrais jamais pardonner les responsables de la catastrophe qui a touché le Hall, de ce grand massacre des miens. Mais j’ai choisi de ne pas faire de la haine l’absolu de mon existence. |


Je baisse les yeux, hésitant, honteux, rougissant un rien.


| Je ne contredis pas la peine qui est la vôtre. Je la connais. Je la partage. Votre père était un homme bon. Mais si je ne cherche pas la vengeance pour aller massacrer ceux qui ont joui de la ruine des miens, si j’en croise un seul… J-j-je crains que je… Enfin.. Vous v-voyez. |


J’allais dire « comme votre mère ». Mais il s’agissait d’un outrage et de supputations. Je savais que le mari de Megara Lannister était mariée à Gareth Kenning. Et qu’il avait été nommé au Guet, ou à un poste approchant. Continuer, serait pointer du doigt les rumeurs sur la furie des Lannister consécutive à la mort du Roi. Ce n’était pas mon objet. En sus, il ne resterait que les rumeurs. Et elles pouvaient faire mal. Les analyser était un exercice vraiment malhabile dans toutes les situations, et c’était dès lors compliqué d’en tirer des enseignements sereins. J’embrayais sur un autre sujet tout aussi polémique et tendancieux. Celui de la religion en Westeros en général, et dans l’ouest en particulier. Je savais aussi que ça allait nous opposer. Les Lannister étaient soutenus par le Grand Septon. Tout le monde avait compris qu’il y avait des frictions, sinon l’armée de l’Ouest aurait appuyé la croisade un an et demi plus tôt. Mais ça n’était pas arrivé… Il n’en restait pas moins que le pouvoir de la famille royale s’appuyait sur le soutien de la religion, et le droit divin d’exercer leur empire sur les autres.


| Moins radicaux… C’est certain. |


Je ne rebondissais pas plus, mais j’avais relevé les yeux vers la princesse. Je pensais que la jeune femme ne se détacherait jamais de ceux qui légitimaient sa supériorité sur nous autres, pauvres mortels. Je ne la considérais pas le moins du monde comme pédante… Mais nous étions tous le produit de notre histoire, des conditions qui nous avaient vus naitre. Elle était potentiellement une Reine, pour l’Ouest. Voire même pour un autre pays. Son parcours semblait l’en éloigner, mais elle avait des droits, Megara Lannister. Bref. Nous en étions tout de même différents, et le drame qui m’avait frappé m’octroyait plus de liberté de langage concernant la Foi. Bien sûr, elle reste ténue, cette liberté. Et ce n’est peut être pas plus mal que j’en ai conscience.


Le sujet est enfin plus léger, et nous commençons à rétablir les sourires habituels de connivence, entre nous. Le sujet de la découverte est toujours passionnant. Il nous permet de laisser le souffle de la conversation redescendre. Son sourire à elle est communicatif. Et le mien rejoint bien vite le sien. J’inclinais la tête respectueusement.



| Et vous le faites vraiment très bien, Princesse. Vous ne serez peut être jamais reine, et à mon humble avis, ce n’est pas un mal. Vous avez perdu un père. Arriver au pouvoir vous mettrait dans la position d’une sœur qui pleurait son frère et ses neveux… Je ne peux le souhaiter à personne, et même si je crois en vos qualités, et dont je vous fais l’a-aveu d’être… Votre p-premier partisan ? Cela ne change rien. Vous ne voudriez pas régner. |


Je regardais à nouveau mes pieds, honteux de la confidence que j’allais faire.


| Moi, j’aurais tout donné pour ne jamais devenir seigneur. Mais maintenant, j’y suis… |


Je souriais, maintenant, en secouant la tête.


| Mais je vais devoir montrer plus d’assurance à l’avenir, n’est-ce pas ? |

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyMar 21 Déc - 21:41

Sans doute la parfaite maîtrise de soi était-elle un savant équilibre entre le fait de savoir dompter et gérer ses émotions, et le faire de savoir s’en servir pour être la meilleure version de soi-même et parvenir à ses fins. Jamais ses parents n’avaient attendu de Megara qu’elle soit apathique, simple joli coquillage vide de toute substance. Jamais ils ne l’avaient poussée à ânonner bêtement, sans réfléchir, en reformulant des mots qui sortaient de leurs propres lèvres sans qu’ils ne signifient rien pour elle. Ils n’avaient pas attendu d’elle qu’elle soit une énième Princesse dont, bientôt, on vanterait encore la beauté sans plus trop se souvenir du prénom, comme ces quelques autres filles de la Couronne. Le temps effaçait et détériorait bien des choses avant même qu’on ne se rende compte de ce qui se passait. Si la prestance, la malice et la fine intelligence de Lann le Futé étaient encore chantées et vantées aujourd’hui, nul ne se souvenait plus trop de comment, exactement, il était monté sur le trône des Terres de l’Ouest. L’homme était devenu mythique, et avec lui, ses actes originels s’étaient quelque peu égarés sur le chemin et les sentiers de la légende. Sans doute tout n’avait-il pas été si glorieux, dans la réalité, et sans doute aussi le ternissement et la saleté des actes initiaux avaient-ils été chassés au loin par la mainmise des Lannister, directs descendants du principal intéressé. Les dires, les rumeurs, la censure et les discours officiels étaient tout ce qui importait, peut-être, dans le fond. Car c’était cela qui faisait ou non perdurer la vérité. Ça, aussi, qui consacrait ce qui se devait d’appartenir à l’officiel en prenant le pas sur l’officieux. Alors Megara avait toujours fait une confiance aveugle, en ça comme dans le reste, à ses parents. Car ils étaient beaucoup plus roués à l’exercice qu’elle, ou tout du moins était-ce ainsi qu’elle avait toujours vu les choses, même si, dans le fond, si elle prenait le temps de se poser et d’analyser la situation, alors elle réaliserait et comprendrait que, dans le fond, eux-mêmes étaient devenus parents à un âge plus jeune que le propre sien lorsqu’elle avait donné naissance aux jumeaux. Là où Loren n’avait plus que sa mère pour l’aiguiller, lui qui avait perdu son propre père, quelques années auparavant, face au Bief. Et si Jordane n’était, elle, point orpheline, il n’en demeurait pas moins qu’elle était née Crakehall, et non pas Lannister, et qu’elle n’avait donc pas reçu d’éducation princière. Était-ce cela avait rendue Jordane bien plus prompte à froisser le protocole et à prendre les devants, consciente qu’on ne vous offrait pas toujours tout, et qu’il fallait savoir se saisir de ce que l’on désirait, lorsque l’on n’était pas née dans le berceau royal. Megara se devait-elle de suivre cet exemple-là, ou était-il préférable pour elle comme pour tous qu’elle demeurait telle qu’elle était ? ❧ J’ai grandi protégée de tout ceci. Sans doute haut perchée dans une tour d’airain, bien que ma mère ait toujours été partisante d’en faire quelque peu trembler les fondations, de temps à autre, pour que je m’endurcisse quelque peu. Et si, les Sept en soient remerciés, je ne crois point connaître grand-chose de la haine, je pense tout de même comprendre à quel point on peut se sentir submergée par un flot d’émotions contradictoires. ❧ Elle prend ensuite le temps d’être parfaitement à l’écoute de la suite des propos de Lord William Potter, entendant bien se faire une oreille attentive tout autant qu’un esprit qui s’enrichissait de l’expérience des autres.

Et ce qu’elle entend ne peut que quelque peu la faire frissonner, sans qu’elle ne parvienne à entièrement s’en retenir. Le deuil et la perte d’un père étaient en effet là deux similarités qui les rapprochaient, en dépit de la différence de contexte et des conséquences finales à la portée d’une gravité loin d’être similaire. Là où la jeune femme s’effrayait également quelque peu de comprendre plus qu’elle ne le devrait la certitude qui semblait si fortement étreindre le jeune homme. Alors elle ferme les yeux, quelques instants, pour se donner le temps de reprendre quelque contenance. Ou de faire un peu d’ordre dans ses pensées. ❧ Je crains de parfaitement comprendre ce que vous ressentez. Je … Je n’ai point encore réussi à pardonner en mon cœur à ceux qui s’en sont pris à mon père. Et je ne suis pas sure d’entièrement y parvenir un jour. ❧ Elle savait très bien que, tant que sa mère vivrait, et que tant que son frère respirait, tout ceci ne resterait pas impuni. Ou que tout du moins la Couronne de l’Ouest mettrait tout en œuvre pour que ne soit pas le cas. La responsabilité de tout un royaume pesait désormais sur les épaules de son frère, là où Megara voulait plus que tout au monde jouer le rôle qu’elle se devait de jouer à ses côtés. C’était sa mission, en quelque sorte, celle-là même qu’elle s’était quelque peu adjugée d’elle-même et ce même si cela n’entrait clairement pas en contradiction avec son titre et son rang. Simplement, personne ne lui en voudrait fortement si elle choisissait de se contenter d’être simplement Princesse et sœur de Roi. Mais ce n’était pas ce qu’elle voulait. Sans doute parce qu’elle souhaitait se sentir utile, elle qui pourrait si aisément être une grosse épine dans le pied des siens si les troubles dont elle souffrait étaient révélés au grand jour. Une façon de se racheter, sans doute, même si elle agissait également en parfaite honnêteté et en toute franchise, sans chercher à réellement manipuler qui que ce soit. Et puis elle souhaitait montrer un front uni face à tous ceux qui chercheraient à s’en prendre à Lyman, débutant dans ses habits de Roi, ou à ceux qui chercheraient à lui extorquer plus qu’il ne leur revenait.

Il y avait la Religion et son poids, les exhortations du Grand Septon contre tous ceux qu’il jugeait digne du bûcher et du trépas. Mais il y avait aussi cette Noblesse qui pouvait vouloir se faufiler dans la moindre brèche qui pourrait s’ouvrir. D’une certaine façon, il était plus qu’appréciable de savoir pouvoir voir en Lord William Potter un être qui ne répondait ni à l’un ni à l’autre de ces critères. ❧ Vous avez parfaitement raison. Je crois que je n’ai jamais voulu réellement régner. C’était … C’était juste que, pendant de nombreuses années, ce n’était pas réellement une option qu’il en soit autrement. … Fort heureusement, j’ai un frère, un neveu, deux fils … ❧ Elle marque une pause, avant de reprendre. ❧ Mais je note bien que si un malheur devait survenir et me propulser sur le trône, alors vous aurez été l’un des premiers à avoir cru en moi. A un moment où vous n’aviez encore rien à y gagner. ❧ Un doux sourire s’épanouit quelque peu sur ses lèvres, avant qu’un petit rire ne fuse d’entre ses lèvres, son regard se faisant également pétillant face à cette petite plaisanterie qui, dans le fond, reposait sur une vérité des plus belles. ❧ J’ai toujours entendu mes parents dire qu’on a beau faire et dire, on n’est jamais préparés à endosser les responsabilités qui sont les nôtres. Ma mère n’était pas destinée à devenir Reine, quant à mon père, une foule d’années aurait normalement encore dû le séparer du Trône quand il y a été brutalement propulsé. ❧ Megara posa alors l’une de ses mains sur celle du jeune homme, dans la droite suite de sa dernière confession. ❧ Je suppose que oui. Mais ne vous y trompez pas : je crois bien que plus de seigneurs qu’on ne le pense en sont encore à feindre parfaitement savoir ce qu’ils font. … Pour le moment, vous ne vous débrouillez pas trop mal. Croyez-moi, mon époux ne vous laisserait jamais courtiser sa sœur s’il ne vous pensait pas être en mesure de lui assurer un avenir. Et Gareth est sans doute la première personne à laquelle je penserais si on me demandait de nommer quelqu’un qui ne se laisserait jamais berner par la moindre poudre aux yeux. ❧ Elle espérait réellement que le sourire et la pression de la main qu’elle lui offrait lui suffiraient à quelque peu se ragaillardir.

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptySam 22 Jan - 11:43



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Montrer plus d’assurance. S’imposer comme plus « seigneurial ». C’était un défi, pour quelqu’un comme moi. J’avais toujours été timide, et contraint par les circonstances dans lesquelles j’avais grandi et évolué. Puîné jamais mésestimé mais jamais mis en avant. Jamais poussé à prendre des responsabilités qui ne lui seraient de toute façon jamais dévolues. Tout le contraire de la jeune Princesse que j’appréciais tant, et qui semblait destinée sinon à régner, à commander aux foules de ceux qui suivraient son frère, le jeune Lion et nouveau Roi de ces terres. Quoiqu’il en soit, il ne fallait pas mésestimer ce qu’il pouvait se passer, désormais. Nous serions tous deux chamboulés dans nos positions, amenés à prendre des décisions qui nous feraient sans doute sortir du carcan des positions que l’on avait cherché à nous imposer. J’avais du mal à entrapercevoir comment je pourrais me tirer de ce genre de circonstances sans me ridiculiser, mais devant le calme souvent olympien de la Lannister, j’avais nettement moins de doutes. La jeune femme semble toujours si sûre d’elle-même, si confiante. Cela venait du titre qu’elle portait, et de l’assurance que tout le monde obéirait sans chipoter à ses commandements, ou de son caractère inné, de sa préparation ? Sans doute un peu tout cela à la fois.


Je ne pouvais que le lui envier, et faire de mon mieux pour ne pas me laisser distancer par ce que j’étais forcé d’apprendre en continu. Forcé de concevoir, d’améliorer. Ma posture, ma façon de me tenir autant que le regard que je pouvais jeter aux gens. Ma façon de parler. Tout, en réalité. Je devais prendre garde à tout puisque je n’avais aucune assurance que ce que je fasse, ou sache faire, suffise. Dans tous les cas, je devais donc me montrer vigilant, le temps que tout ce que j’essaie de mettre en place pour m’auto-discipliner et devenir meilleur, fonctionne pour de bon. La belle évoque les circonstances qui l’ont vue grandir et s’épanouir, pour endosser ce rôle qui lui était dévolu par sa naissance. De mon côté, j’étais bien loin d’une éducation qui purge des émotions et de leur constante expression. Devenir chevalier, c’était avant tout se montrer bravache, dévôt, incliné à la querelle et à l’émulation réciproque de guerriers souvent forts en gueule, et toujours portés sur l’honneur. Parfois, de façon exacerbée.



| Protégée… je ne sais pas. Vous semblez si solide, ma Dame. C’est quelque chose qui ne semble pas vous incliner à la mollesse que l’on attribue d’ordinaire à ce genre de personne, qui, évoluant dans un cocon protecteur, ne sait jamais trancher dans le vif. Vous semblez si forte, si digne, si sûre de vous et de vos décisions. Je pense que vous avez été à bonne école. J’aurais… J’aurais aimé que mon père m’éduque comme il l’a fait de mon aîné. |


Pour être plus fort, pour lui faire plus honneur encore. Mais aussi simplement pour avoir plus d’aptitudes à survivre dans ce monde. Et ne pas être qu’un vulgaire suiveur, qui certes avait son rôle social qui n’était pas peu important, mais qui était aussi du genre à peupler le cimetière des ambitions des autres. Je ne voulais pas forcément briller par la gloire, ou par ce que l’on attendait d’un héros, d’un personnage digne d’entrer dans les livres d’Histoire. Mais je mesurais que j’étais encore assez loin d’un « entre-deux » qui me satisferait pourtant pleinement, à savoir être assez fort pour guider mes gens sur la voie d’une plus grande justice et d’une prospérité plus équitable, tout en n’étant pas l’anonyme qui sera enterré dans une fosse commune à la prochaine guerre…


La belle ferme les yeux, touchée par nos échanges et par ce qu’ils faisaient naître chez elle. J’avais envie de me montrer plus compatissant encore, avec elle qui avait été d’un tel réconfort. Je ne savais simplement pas comment m’y prendre pour rester dans les limites de la bienséance. Alors, un rien penaud, je me contentais de mots dont j’espérais qu’ils la toucheraient par leur honnêteté plus que par leur valeur intrinsèque.



| Je ne sais pas si c’est souhaitable, Dame. Sans doute les Croisés avaient-ils un peu raison en nous accusant de collusion avec d’autres divinités ou valeurs que les leurs. Mais de façon bien involontaire. Le pardon n’est pas souhaitable pour ceux qui nous ont blessés gratuitement, moins encore quand la mort a rougi leurs exactions. Et les a marquées à chaque fois de l’infamie. Pardonner n’est pas un mal pour autant… Je peux comprendre ceux qui savent avancer. Mais je peux aussi concevoir le contraire. Le pardon peut aussi être une faiblesse, s’il ne s’exerce pas dans la vigilance… |


J’en étais convaincu. Peut-être n’était-ce qu’une vaine justification, finalement, pour ne pas faire l’effort de pardonner. Mais d’un autre côté, je ne pouvais pas non plus anticiper que je sois capable de trouver des excuses à ceux qui avaient violenté ma mère, mes cousines. A ceux qui avaient trucidé mon père, mes oncles et mes frères. Le tout sous mes yeux. C’était trop profondément ancré en moi pour que je sache passer outre. Peut-être parviendrais-je un jour à trouver une forme de paix vis-à-vis de ces événements, mais pour le moment je n’en rêvais pas, pas même un tout petit peu. La main de la princesse se pose sur les miennes ; le contact est chaud, doux, rassurant. Je lui suis reconnaissant de tant de bienveillance, qui me serre la gorge. C’est la voix éraillée par l’émotion que je reprends.


| T-tous vos bons mots me viennent droit au cœur, votre Altesse. Je ne vous suis pas par intérêt quoiqu’il arrive, mais parce que je crois en vous. Et vous suis redevable. Sans vous, j’aurais sans doute me faire franc-coureur. Et je serais mort jeune, car mon talent à l’épée n’est pas de celui qui vous assure la survie des années durant sur le champ de bataille. Quant à Dame Alys… Elle est une des raisons qui me pousse à être … Un peu comme une meilleure version de moi-même, vous comprenez ce que je veux dire ? Je dois m’améliorer, car elle est d’un rang supérieur au mien, d’une grande beauté, et elle aussi, d’une profonde gentillesse. Je dois être à sa hauteur pour prétendre l’épouser, et faire un bon mari. Mais avec cette guerre qui se profile, je n’aurais pas le choix que d’être meilleur de toute façon, rien que pour revenir… |


Je la regarde à nouveau, les yeux dans les yeux.


| Vous pouvez compter sur moi pour veiller du mieux que je peux sur votre époux, ma Dame. |

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyDim 13 Fév - 13:51

Depuis qu'elle était devenue mère, Megara comprenait plus que bien à quel point la force de ses parents avait pu être décuplée dès lors qu'il s'agissait de protéger l'un de leurs enfants, ou de tout mettre en œuvre pour faire d'eux les meilleures personnes qui soient. Tout du moins n'avaient-ils jamais ménagé leurs efforts pour leur fournir tout ce qu'il fallait pour se développer et s'éveiller au mieux. Cela avait passé par les meilleurs précepteurs, mais aussi par la constitution d'un cercle de proches constitué d'êtres de valeur. Le tout en sachant écarter ceux qui se seraient bien trop intéressés et bien trop peu francs et humbles. Bien entendu, Cadwyn et Tybalt étaient présentement encore bien trop jeunes pour que la jeune mère ait déjà à se soucier de tout ceci, et ce bien qu'elle ne laissait tout de même pas n'importe qui les approcher. Car au-delà d'être ses enfants, ses fils, ils étaient également des Princes de l'Ouest, respectivement deuxième et troisième dans l'ordre de succession au trône, uniquement précédés par leur cousin Martyn. Alors, bien entendu, elle ne pouvait que se sentir comblée et honorée des compliments que lui offrait Lord William Potter, mais la jeune femme ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il se trompait tout de même lourdement. Car il y avait toutes ces choses qui se devaient d'être cachées et dissimulées derrière le masque des apparences et des conventions de la Cour. Et cela allait par delà les troubles dont elle s'ouvrait concernant les affaires de la chair. Mais ça, sans doute son interlocuteur s'en doutait-il ne serait-ce qu'un peu, tout en ignorant bien sûr tout ce dont il en retournait réellement. Alors, nul besoin, sans doute, d'insister là-dessus ou de vouloir rétablir la vérité. Cela ne ferait que laisser planer de la gêne, sans doute, et ce n'était absolument pas ce qu'elle désirait. Il ne fallait pas croire, mais Megara savait être tranchante et froide quand il s'agissait de doucher les prétentieux et prétentieuses, pour peu que cela soit mérité bien entendu, mais comme le natif de Godric's Hollow ne faisait en rien partie de ces gens là ... ❧ Malheureusement, vous ne pouvez rien y changer, il ne faut donc point vous morfondre avec cela, même si c'est évidemment très regrettable ... Mes propres parents n'ont pas été vierges de toute différenciation avec mon frère, vous savez. Mais je suppose qu'il n'appartient qu'à nous de faire en sorte d'être encore de meilleurs parents avec nos propres enfants. ❧ Elle se pose un instant, avant d'avoir un petit et doux sourire en coin, là où, sans doute, son regard, lui, pétilla-t-il quelque peu d'une certaine malice. ❧ Enfin, je veux dire, quand vous serez père ... ❧ Ce qui, sauf question de bâtard, n'était sans doute pas encore à l'ordre du jour pour le jeune homme, du moins pas tant qu'il n'était pas marié.

A l'évocation des exactions qui avaient endeuillé William Potter et la Lignée à laquelle il appartenait, ajouté à celle qui concernait l'attentat qui avait coûté la vie de Loren Lannister, il était indéniable que la conversation prit un nouvel accent, plus tendu, plus funeste, sans que cela ne créée la moindre réelle dissension entre les deux jeunes gens. Cela ne concernait en rien leur relation à tous deux, se focalisant plutôt sur le contexte qu'ils évoquaient. Malgré tout, cela se traduisait tout de même dans la posture de la jeune femme. Dans son ton et dans ses pensées, aussi. ❧ Je refuse d'adhérer au fait qu'on puisse se dire qu'il est impunément possible de se faire justice soi-même sous prétexte que quelque chose nous déplait. Si d'une justice il s'agisse réellement ... ❧ Ses doigts se crispèrent quelque peu, se recroquevillant sur eux-même, alors qu'elle songeait de nouveau à la façon dont son frère, sa sœur et elle avaient pu être tout autant élevés que formés aux affaires d'État, alors qu'ils n'étaient encore que des enfants qui ne comprenaient pas forcément encore tout des réelles ambitions de leurs parents. Il y avait eu des disputes entre eux, bien entendu, parce que, prince et princesses, cela ne changeait rien au fait qu'ils avaient surtout été des enfants, en premier lieu. Des enfants avec des querelles d'enfants, des réflexions et des actions puériles et immatures. Mais tout autant Loren que son épouse Jordane avaient su leur faire régler cela sans tyrannie ni domination injuste de l'ordre de succession. Ils leur avaient appris qu'ils étaient trop jeunes et trop impulsifs pour régler seuls leurs disputes, sur le moment, les faisant passer devant une sorte de tribunal familial. Bien entendu, de telles choses ne pouvaient pas être appliquées à la lettre dans la réalité, mais le fond était là : on ne pouvait être tout à la fois juge, juré et bourreau. Tout prince ou princesse que l'on pouvait être. Alors, concernant ces Croisés qui n'avaient point la tête ceinte d'un titre d'un tel prestige ... ❧ C'est sans doute là une question de mesure. Comme une bûche dans un feu qu'il faut garder nourri sans le voir se propager trop alentour dans un incendie inextinguible. ❧ Une comparaison comme une autre, peut-être pas la meilleure, mais qui lui parlait tout de même suffisamment.

Tout était souvent une question d'échange et de troc, à la Cour comme sur l'étal du marché. On n'obtenait rarement rien sans rien, et tout avait son prix, son intérêt, sa valeur. Alors il était encore plus puissant de se voir offrir une loyauté désintéressée plutôt que de recevoir un réel joli pécule doré. Pour Megara qui pouvait tout avoir et tout s'offrir, question finances et prestige, les mots de Lord William Potter avait dès lors encore plus de valeur. Ce qui, sans la bouleverser à outrance, l'émouvait tout de même. Tant par le bonheur que cela lui apportait que par le fait que, étant enceinte, elle avait sans doute les nerfs encore plus à fleur de peau que d'habitude. ❧ Vous n'avez rien à me prouver, William. Je suis encore jeune mais j'ai déjà acquis et engrangé suffisamment d'expérience pour débusquer les profiteurs et les manipulateurs, et je n'ai jamais senti le moindre humé de ce genre vous concernant. ❧ En tout cas, oui, elle voyait très bien où il voulait en venir concernant Alys, la poussant à avoir le regard qui pétilla quelque peu, fixé vers une sorte d'ailleurs. ❧ Peut-être de telles prouesses coulent-elles dans le sang des Kenning ? ❧ Bien entendu, les choses étaient quelque peu différentes entre leurs situations respectives, mais quoi qu'il en était, le fond des paroles de son interlocuteur lui rappelait intensément ce que son propre époux avait déjà pu lui confier, à de nombreuses reprises. Reprenant pied à la réalité, elle fixa à son tour William avec une certaine intensité non dénuée de détermination et de conviction. ❧ Merci infiniment Lord Potter ... Je n'ai point de doute en les capacités de mon époux, mais je ne pourrais qu'être assurée de savoir qu'on veille sur lui, ne pouvant moi-même le faire. ... Il faut qu'il me revienne, c'est important. ❧ Pour elle, pour la Couronne, pour Lyman, pour leurs fils. Et pour leur enfant à venir.


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyLun 7 Mar - 22:28



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Veiller sur son époux alors. C’est tout ce qui allait devoir compter pour moi dans les semaines à venir. La mission m’est donnée par la princesse elle-même ; je n’ai pas à la discuter de quelque manière que ce soit et on ne peut pas dire que, de toute façon, j’en ai la moindre envie. Les échanges sont formels par moments, plus libérés dans d’autres. Mais au fond ça ne change rien ; quoiqu’il se passe je sais très bien que je ne ferais que m’exécuter devant la volonté de ma souveraine. Ou plutôt, de celle que je reconnais de façon pleine et entière comme ma suzeraine, celle qui a l’essentiel de ma loyauté et à qui je voue mon implication. Cela ne sous entend pas une forme de déloyauté vis-à-vis du Roi ou de tout ce qui se trouve au dessus de moi en terme de statut et de rang social… Si mon devoir était voué au Roi, et à toute la chaîne féodale entre lui et moi, mon âme, elle, était vouée à une autre source d’honneur et de gloire.


La jeune femme semble touchée. Mais surtout fatiguée, de fait, par son état mais aussi par le reste de la situation. Elle n’est pas enviable. Mais les choses sont sans doute pires pour celui qui va aller risquer sa peau pour une guerre à laquelle il n’a pas grand-chose à voir au départ. Inutile de nier ce qui peut tous nous travailler, en ce genre de période. S’appesantir là-dessus peut s’avérer dangereux, et infécond. Réfléchir à ce genre de sujet peut nous éloigner de notre devoir, tomber dans le pathos comme dirait mon père s’il était encore parmi nous. Je ne peux pas m’y résoudre. Sinon, rien ou presque ne pourrait m’envoyer me faire tuer dans le Conflans contre des ennemis que je ne haïssais pas. Parce que mes gens ont besoin de moi. Parce que j’ai un domaine à reconstruire. Parce que j’ai une femme à aimer, et à épouser. Parce que toute ma vie en fait, je ne souhaite la construire que loin, très loin de la guerre. Mais je suis un homme de devoirs.


Je hoche la tête, rougissant un brin, quand la princesse parle du genre de parent qu’elle veut être.



| Si un jour j’ai la chance et le privilège de devenir parent, alors j’y compte évidemment… |


Mais je revois mes parents. Ma mère, toujours à dire qu’il me manquait quelque chose, qui m’époussetait les vêtements et le reste. Mon père, si fier, mais si exigeant. Somme toute, on ne pouvait pas dire que j’ai tellement à me plaindre, aujourd’hui, des parents qu’ils avaient été.


| J’aimerais mieux être assez proche de l’exemple qu’ils ont été. Pas parfaits, sans doute. Peut-être puis-je surtout me laisser guider par l’inspiration qu’ils éveillent en moi, plutôt que leurs manquements. Je ne souhaite pas les oublier. Mais je dois aussi apprendre à voir le bon dans ce qu’ils ont fait, car au moment de vérité le plus fatidique, c’est leur vie qu’ils ont littéralement donnée pour moi. |


Mais tout cela reste fort gênant pour moi. Pour être père, il fallait être marié. Et je n’aurais pas le temps de l’être avant le début des hostilités. Cela me renvoie fatalement à tout un tas de questions toutes plus angoissantes les unes que les autres. Est-ce que Alys veut toujours se marier dans ces circonstances ? M’attendra-t-elle ? Est-ce qu’elle sera toujours là, quand et si je reviendrais ? Mes enfants seront-ils seulement vraiment de moi, dans ces circonstances ? Est-ce que je reviendrais seulement capable d’engendrer, entre les dégâts du cœur et du corps ?


Je baisse les yeux, instinctivement, en proie au doute et au questionnement. Et acquiesce quand la Princesse parle du fait de se saisir soi-même du pouvoir de justice… Ce qui l’a touchée personnellement à son tour, aussi. Je secoue doucement la tête.



| Je… Evidemment. Mais n’est-ce pas là la nature de la guerre ? Je veux dire, chacun est sûr et certain de combattre pour le bien,pour la justice… Sinon, il n’y aurait que les fous furieux qui iraient se faire tuer, et j’ai vu beaucoup de gens de bien ceindre l’épée, quand j’étais encore jeune. Lorsque mon père rejoignit le Ban du vôtre, Altesse. Et je crois, je sais, que c’est aujourd’hui le cas. J’ai du mal à haïr. Ou plutôt, je me refuse à me rendre la tâche facile. |


Je bredouille, fais la moue, mâche presque mes mots tant cela se voit physiquement que je suis à la peine pour éructer ce que j’ai à dire.


| J’ai haï Lord Malefoy, pour son opportunisme et sa rancœur tenace. Ca ne m’a valu que des mois de solitude, d’incertitude, de peur et de rage. Je ne veux plus ressentir ça. |


J’ai essayé de paraître plus assuré que je ne l’étais d’ordinaire. J’essaie de garder une contenance. De rester digne et sobre, de ne surtout rien faire d’inconvenant ou de dire quelque chose qui pourrait être mal perçu. En me confiant sur mes états d’âme, je sais fort bien quels risques je prends, moi qui me suis toujours montré empressé et pour le reste, je me tortille moi-même sur mon siège, très mal à l’aise, dans une position morale et physique inconfortable dans les deux cas. Je ne réponds rien, ne sachant quoi dire qui pourrait passer crème et pas pour de la muflerie vis-à-vis de ma future femme.


| Je vous ai donné ma parole, et l’honneur chez les Potter et bien… C’est la seule chose dont je puisse me targuer et m’enorgueillir d’avoir encore en quantité. Avez-vous d’autres demandes ou d’autres attentes, princesse, que je pourrais combler ? |

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyVen 8 Avr - 22:12

La passion, les sentiments et les penchants du cœur étaient parfois des entraves à une vision nette, sincère et éclairée de la vérité des situations qui se tenaient devant nous. Il était en effet parfois compliqué de faire la part des choses ou de se montrer totalement intransigeant concernant notre perception des choses, notre indépendance de pensée et notre impartialité. Parce qu'on avait peut-être sans doute toujours tendance à atténuer les défauts, à leur trouver des excuses pour arrondir les angles et aplanir le tout. On se basait sur un passif connu, sur des précédents censés biaiser la réalité, sur des circonstances atténuantes pouvant polir les aspérités, les chocs, les écorchures et les impuretés. C'était plus fort que nous, comme un effort inconscient de notre part pour ne pas être trop ingrat, impoli et impertinent, surtout quand la personne concernée était l'un de nos ascendants, de ceux qui avaient déjà tant fait pour nous et qui nous avait tant protégé. Megara avait en tout cas entendu à plus d'une reprise quelques remontrances de la part de ses parents quand elle tentait de trouver des excuses à sa cadette pour quelque coup de sang ou bouderie. Il était évident que Nymeria avait été élevée sur un piédestal si haut, pour elle, durant toutes les années qu'avait duré sa vie. C'était ainsi, elle avait été sa petite sœur, celle qui avait refusé de lâcher son doigt, encore bébé, le tenant fermement emprisonné dans sa petite main bambine et serrée, toutes ces fois où Megara se penchait au-dessus de son berceau pour l'observer ou la regarder dormir. Il en allait de même pour son père, que la jeune femme n'avait jamais pu et jamais su admirer autrement qu'avec les yeux de l'amour, loin de vouloir ouvrir les yeux sur ses défauts, ses manquements et sur la somme des reproches, avérés ou non, que pouvait bien vouloir lui adresser sa royale épouse. Et peut-être reproduisait-elle déjà instinctivement ce même schéma envers Gareth, et plus largement, envers ses fils. Quoi qu'on ne pouvait guère réellement reprocher quoi que ce soit à Tybalt et Cadwyn, ces deux petites têtes blondes demeurant bien innocentes et ne quittant que peu les appartements princiers. C'était pour le moment là leur place, et il était évident qu'ils n'exerçaient encore aucune charge, et qu'ils n'en étaient pas non plus rendus à être diligentés comme figures et représentant de l'autorité monarchique de l'Ouest à quelque réception ou au sein de quelque délégation.

D'une façon plus générale, sans doute Lord William Potter avait-il raison. A l'heure fatidique, à l'instant final, on devait pouvoir retenir le meilleur de ceux qui nous avaient quitté, sans bien sûr dissimulé tout ce qui avait pu être du ressort du défaut. Mais l'essentiel devait être de ne point oublier ceux qu'ils avaient été, ce qu'on leur devait, aussi, pour perpétuer l'héritage, marcher dans leurs pas ou poursuivre la voie qu'ils avaient commencé à tracer. Pour que ce qu'ils avaient entrepris ne tombe pas immédiatement dans l'oubli, périple vain qu'ils auraient alors réalisé pour rien. Il était toutefois encore plus vital d'agir ainsi lorsque nos défunts avaient exercé une charge, ou qu'ils avaient détenu ne serait-ce qu'une once de pouvoir, car les rapaces et les vautours ne manqueraient jamais de se faire un plaisir de se partager la carcasse pour la réduire en poussière et faire disparaître le souvenir, pour s'imposer, eux, ou pour imposer leur vision d'une histoire et d'un passé au sein desquels ils n'avaient pas toujours eu le beau rôle, de sorte à se redonner bonne contenance et à se faire plus beau et plus majestueux qu'ils ne l'avaient réellement été. Il en allait de même au sein de l'Histoire et des Guerres, que l'on disait si souvent écrites et rédigées par les vainqueurs, ceux qui avaient été défaits n'étant plus loin pour rétablir la vérité ou pour tout simplement se défendre et plaider leur cause. Une chose que la jeune femme avait eu du mal à accepter, là où elle était encore souvent perplexe face à tout ceci. Pas qu'elle n'y comprenne rien ou n'en voit pas la logique, mais c'était surtout que cela la positionnait face à ses propres instants d'intense crédulité, quand elle ne remettait jamais réellement rien en cause durant ses longues et nombreuses lectures, ou quand, encore une fois, elle s'émerveillait devant la figure parentale avec les yeux de l'amour et de la dévotion. De quoi la laisser un peu hésitante quant à se dire qu'il y avait bel et bien du vrai dans les propos de son interlocuteur actuel. Parce que cela reviendrait à bien avouer que l'Ouest n'était pas exempt de reproches et d'insolence. ❧ Mon cœur a envie de vous détromper sur la question, mais mon esprit ... Je suis, je le crains, trop peu impartiale pour reconnaître que c'est bel et bien le cas. Sans doute parce que j'ai toujours voulu me borner à me dire que mon père et ceux qui l'ont précédé n'ont jamais pu faire d'erreurs à l'heure de faire la guerre, et jamais pu être déraisonnables quand ils sont partis pourfendre l'Ennemi. Parce que cela reviendrait à faire de moi l'héritière de rois s'étant laissés aveugles par leur égo et leur penchant pour la conquête sanglante. ❧ Une question d'amour-propre, et l'envie de ne point se découvrir parfaite étrangère usurpant les qualités dont on la pourvoyait.

Son cœur se serra en tout cas face à la confession que lui offrait William. Le meurtrier de son propre père n'avait toujours pas identifié, de son côté, mais elle comprenait parfaitement les sentiments qui pouvaient traverser le jeune homme. ❧ Je dois bien avouer que j'ignore comment j'aurais pu personnellement surmonter la force de ma haine et de ma détestation envers le meurtrier de mon père si je n'avais point eu mes fils. Plonger mes yeux dans leur regard ... C'était comme prendre une grande bouffée d'innocence, ainsi qu'une pique de rappel quant au fait qu'ils dépendent de moi, et qu'ils n'ont point besoin que je me dépérisse dans ce deuil sur lequel l'identité du coupable n'a pas encore été faite. ❧ Elle souffrait encore de tout ceci, mais cela ne devait point les toucher, eux, par ricochets ... C'était pour eux, sans doute plus que pour elle, qu'elle ne souhaitait également point que le moindre malheur n'arrive à Gareth. Il était son époux, mais il était leur père. Des liens du sang existaient entre eux, tout comme des liens de chair. Et si, cyniquement, elle pourrait toujours retrouver un autre mari, jamais ils ne pourraient avoir d'autre père ... ❧ Vous ne manquez pas non plus de volonté, je peux en être témoin. Car l'honneur est une belle chose, mais on ne peut point espérer le maintenir bien haut si on ne peut faire montre de l'envie de le défendre et d'en faire soi-même preuve. Tout du moins je le pense ... ❧ Il existait de nombreuses glorieuses maisons, qui clamaient leur honneur et leur devoir, mais qui étaient aujourd'hui bien vieillissantes, quand elles ne se reposaient pas entièrement sur le passé sans manifester la moindre intention de faire perdurer un futur non moins honorable. Ceux là, Megara avait assez facilement su les reconnaître, quand leurs jeunes représentants venant lui parler, évoquant les fables de leurs ancêtres et n'ayant à la bouche que des paroles plates et déjà maintes fois entendues. ❧ Et bien, si vous insistez, j'attends également de vous que vous veillez à votre propre sécurité et survie. Apprendre que vous vous êtes sacrifié pour protéger mon époux de votre vie ne me ravirait point. Vous êtes un homme de valeur et qui m'est cher. Allez, si vous pouviez revenir en un seul morceau, sain d'esprit et de corps ... ❧ Si elle essayait de formuler le tout sans trop de dramatisme, elle pensait tout de même réellement ses paroles, et elle les avait à cœur.


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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyVen 13 Mai - 10:54



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Je suis à la disposition de la princesse Megara Lannister, c’est presque devenu un mantra depuis le temps et avec la force de conviction que je déploie. Je sais aussi que nous sommes sur le point de nous séparer, pour bien plus longtemps que les fois précédentes. Ce n’est pas un drame, en soi. Pas encore du moins. Car personne ne saurait dire aujourd’hui quel est l’avenir qui nous est réservé, et de quoi nous allons devoir vivre ou survivre ces prochains mois, ces prochaines années. Je ne suis pas un optimiste dans l’âme. Mon histoire m’incline plutôt à toujours voir le pire et le plus dur, à faire en sorte de surmonter tous les ténèbres et l’obscurité qui s’élèvent devant mes yeux à chaque étape de mon parcours. Je me demande si cette guerre sera pour moi l’occasion de briller ou si au contraire, ce sera un trait définitif qui sera tiré sur tous les espoirs placés en moi. De toute évidence, ce sera quelque chose de difficile à surmonter, quoi qu’il se passe. Je ne suis clairement pas le plus à plaindre dans toute cette affaire qui se dessine, qui s’entrevoit par-delà l’horizon par temps clair.


Je comprends les mots de Son Altesse, car elle est sage, depuis toujours. Et elle est dotée aussi d’un esprit qui sait se concentrer sur un objet, même quand il s’agit très clairement de se tenir à l’écart de ses propres inclinaisons, de son éducation et de l’amour qu’elle voue à tous ses proches. Je l’ai dit, et le répéterais sans doute jusqu’à mon dernier souffle, mais la Princesse Megara est un modèle de vertu et d’intelligence, une femme à nulle autre pareille. Je ne peux pas vraiment envier Gareth Kenning, son époux. Nous ne sommes ni du même rang, ni simplement les mêmes. Nous ne jouons pas dans la même cour, et à mes yeux, elle est au-delà du désir. Elle est un modèle, comme une figure religieuse que l’on respecte et à laquelle on se dévoue, mais sans



| Je le comprends et le conçois, ma Dame. Très vite, j’ai compris que je ne saurais tenir rigueur de mes proches de leurs comportements passés car avec le temps et la douleur, on les relativise. Ils ont fait ce qu’ils ont fait, de leur vivant. Mais ce n’est pas à nous de les juger de toute manière. De leurs actes ont découlé des… Des faits, voilà. A nous, désormais, de vivre avec leurs conséquences, et d’imprimer les nôtres. |


Ce fut très dur de lâcher quelque chose qui me donne naïvement l’impression d’être une pure expression, une vue imagée de mon esprit. Mais c’est de la prise de parole suivante de la princesse que me vient l’essentiel de la sagesse dont je pourrais me targuer, ce jour. Et pour la première fois sans doute entre nous, je me raidis un brin, position plus assurée, port plus ferme, plus altier.


| Je vous envie de cette chance, Altesse, car les seuls yeux que je pouvais contempler étaient les miens propres, dans l’eau claire, et ils ne me renvoyaient que tristesse, découragement, et haine. Avoir obtenu justice ne m’a pas guéri, je le crains, mais a appliqué un pansement sur cette plaie malgré tout. |


Nécessaire mais insuffisant comme toujours. Je reste coi, raide, et toujours un peu gauche, devant l’énoncé de mes qualités par la jeune femme, et surtout l’expression de comment elle me voit. Troublé, le regard défaillant et le rouge aux joues m’empêchent de répondre avec calme et sérénité, et je ne peux dès lors que m’incliner, me mettre à genoux, et baiser sa main délicatement prise par l’une des miennes ; embrassant l’un de ses bijoux symbolisant pouvoir et maison de naissance, avant de relever un regard ému vers elle.


| Je ferais honneur à vos mots et à votre jugement, princesse. Je ferais tout mon possible pour. A…Adieu. |


[i]Et me détourne, avant de craquer pour de bon.[i]

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MessageSujet: Re: La foi en soi fait le grand homme ❧ William   La foi en soi fait le grand homme ❧ William EmptyVen 8 Juil - 23:57

Chacun venait en ce monde doté de cette empreinte indélébile liée au patronyme qui était le nôtre. Aussi petit que ce dernier puisse être, il pouvait durablement avoir des conséquences sur une existence, comme c'était bel et bien le cas pour les enfants de celles que de nombreux qualifiaient péjorativement de filles-mères ou, plus brutalement encore, de catins et d'autres noms d'oiseaux que Megara refusait de prononcer de crainte de s'en brûler les lèvres. Les enfants nés dans ces circonstances là étaient privés, volontairement ou non, à tord ou à raison, du nom de famille de leur père, les coupant de la lignée paternelle et rappelant alors à tous dans quelles conditions ils avaient vu le jour. Et cela ne touchait pas forcément que les petites gens, finalement, car des nobles qui détroussaient de jeunes damoiselles bien nées innocentes, cela existait également, et parfois même sans que la principale concernée n'est été consentante. Fort heureusement pour tous et particulièrement pour le genre humain, bien plus majoritaires étaient ceux qui naissaient en étant reconnus par leur père. Ceux-là portaient donc le patronyme parfois multiplement centenaires de lignées plus ou moins prestigieuses. Il fallait alors se faire un prénom à défaut d'un nom quand celui-ci parlait suffisamment pour vous. Tout comme il fallait savoir se montrer à la hauteur, en posant son empreinte dans celles de ceux nous ayant précédés, ou en apprenant à tracer sa propre voie. Mais tout tournait si souvent, initialement, autour de ce fameux patronyme, de ces ramifications envers des ancêtres le plus souvent disparus et que peu nombreux étaient parfois ceux qui les avaient réellement connus.

Il fallait savoir faire la part des choses, ne pas se laisser submerger par le potentiel poids colossal de nos ascendants. Il fallait apprendre à ne pas éternellement se comparer à eux, afin de pouvoir se trouver soi-même, sans être une pâle copie de ceux qui avaient été et de la personne que l'on aurait potentiellement pu être. Mais c'était tellement plus facile à dire qu'à faire, la réalité étant suffisamment retorse pour ne faire qu'une bouchée des bonnes résolutions que l'on souhaitait prendre ainsi que des vœux pieux que l'on pouvait formuler. Là où, un peu comme tout, cela pouvait tout de même s'apprendre, à force de patience, d'expériences ratées et de détermination. Dès lors, la Princesse de l'Ouest ne pouvait qu'abonder dans le sens de William : on ne pouvait pas changer le passé, et il fallait donc vivre avec les conséquences, non sans refuser de les laisser dicter nos propres destinées. Car si on évitait généralement de d'ores et déjà penser à ça à un âge aussi jeune que le leur, la vie avait une durée, et avant même qu'on ne puisse le réaliser, c'était nous qui constitutions un héritage lourd à porter pour ceux qui allaient nous succéder, à commencer par nos propres enfants. D'une certaine façon, oui, la maternité avait grandement fait mûrir Megara, et cela avait été de force dans certains domaines, là où, aujourd'hui, elle se surprenait de plus en plus à songer à renvoyer la meilleure image d'elle-même à ses fils au lieu de s'interroger sur ce que pouvaient bien penser d'elle les Lannister passés. Ce qui était peut-être une bonne chose. ❧ C'est vrai ... Nous constitutions nous-même nos propres faits, parfois même sans s'en rendre compte, et, bientôt, ils seront au nombre des multiples héritages familiaux qui survivront quand nous ne serons plus nous-même de ce monde ... ❧ Tout cela était décidément bien sérieux, mais il était vrai que si la jeune femme possédait un sens de l'humour certain et qu'elle ne doutait pas qu'il en allait de même pour son interlocuteur, les circonstances de leurs rencontres, jumelées au passé récent, ne leur permettaient pas réellement de rire aux éclats ensembles, ni même d'aligner les gentilles plaisanteries. Mais cela ne signifiait en rien qu'entre eux, il ne pourrait jamais être question de naviguer en des eaux moins tumultueuses et tourbeuses. Ce n'était juste pas encore le temps pour cela, sans doute.

Les paroles qu'elle lui adressait se voulaient les plus franches qui soit, car même si Megara n'était pas dénuée de certains défauts, jamais elle n'avait pu se faire à l'idée que mentir était une bonne chose. Elle préférait, à la limite, dissimuler certaines choses plutôt que d'effrontément et frontalement les modifier. Mais dans tous les cas, elle n'avait point besoin de ces subterfuges là lorsqu'elle était en présence de Lord William Potter, ce qui lui permettait de parler avec le fond de son cœur, sans rien arranger à la réalité et sans même chercher à manipuler le jeune homme. Elle ne voyait nullement pourquoi elle agirait ainsi, d'autant plus qu'il était un être agréable à côtoyer, même si elle était peinée de ne l'avoir rencontré qu'à cause des dramatiques circonstances qui l'avaient poussé à requérir l'intervention et l'arbitrage de la Cour royale. Dès lors, elle ne pouvait que lui souhaiter de trouver un certain bonheur et une relative paix intérieure, après tout ce qu'il avait dû traverser ces derniers mois. C'était en tout cas la seule chose qu'elle souhaitait elle-même qu'on lui souhaite, après avoir perdu sa sœur puis son père. Et si, lui aussi pouvait un jour connaître le bonheur incommensurable d'être père et de contempler le monde à travers le regard naïf, pur et innocent de son enfant ... Et bien c'était tout ce qu'elle lui souhaitait, surtout si cela impliquait Lady Alys Kenning. La jeune femme était bien placée pour savoir que la Lignée de Kayce était tout à fait en mesure de transmettre une bien belle génétique à leurs enfants, alors si un joli minois de bambin pouvait venir parfaire le paysage enfantin pour Lord Potter ... Mais avant tout, il fallait bien évidemment que le principal concerné revienne sain et sauf de la Guerre à laquelle il s'apprêtait à prendre part. Là où la gestuelle et le regard qu'il lui adresse la transpercent de part en part. Elle doit maintenir sur elle un masque de contenance suffisant, afin de ne point laisser apparaître ses défaillances, mais également afin de ne pas embarrasser un jeune homme semblant déjà bien bouleversé. Alors elle ne cherche pas à le retenir, bien consciente que certaines paroles ont besoin d'être digérées, tout comme les émotions qu'elles font naître. Restant assise alors qu'il s'éloigne, sans vouloir marquer ici une quelconque marque d'irrespect, elle ne peut retenir une longue expiration lorsqu'elle est sure qu'il ne peut pas l'entendre, symbole d'une sorte de pression et de stress qui retombent, là où elle espère bien lui avoir fourni de quoi regagner foi et courage. Deux éléments qui lui seront plus qu'utiles lors des batailles ...

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It’s the family name that lives on. It’s all that lives on.
Not your honor, not your personal glory, but family.

Megara Lannister
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