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 La naissance de Vénus

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MessageSujet: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyJeu 31 Déc - 12:37

An 1, mois 12, semaine 3

Mes espoirs de retrouver et de faire chemin jusqu’au pays avec un marchand dornien ami s’amenuisaient de jour en jour. Les quelques dorniens vers lesquels ces marchands de l’Ouest m’avaient orientés n’étaient pas des visages si familiers - ou alors amicaux. Certes, j’avais aidé considérablement quantité de bourgeois et marchands à s’enrichir et à avoir une clientèle solide et aisée, mais j’avais également causé la perte à d’autres - consciemment, en rendant public leurs escroqueries, ou inconsciemment en « volant » leurs clients. Il y avait pourtant un nom qui sortait du lot, un homme dont le commerce était d’acheter des produits d’Essos, et de les revendre, ayant quantité de petits comptoirs dans ce continent. Malheureusement, les mésaventures avec le Tigre et l’arrêt du commerce avec ses terres avaient mis à mal tout le commerce de l’homme d’affaires : d’ami, il était devenu un étranger distant. La dernière fois que je m’étais renseignée à son sujet, on disait qu’il avait décidé d'ouvrir de nouveaux petits comptoirs dans Westeros, et qu'il cherchait une opportunité à saisir en vagabondant ici et là. Apparemment, l'homme avait réussi à se créer une clientèle de choix à l'Ouest et qu'il se faisait un nom.

Qu’importe ce que je pourrais récolter de cette rencontre, je m’étais décidée à aller à sa rencontre. Entreprise bien ratée ! Les hommes qui gardaient son domaine avaient refusé d’entendre mes compagnons ou moi-même, nous considérant comme des manants sur base de ces tenues crottées, cette odeur persistante de sueurs et cet air las. Ces mêmes hommes osaient le faire devant un autre homme à qui ils avaient remis une lettre, une sorte d'invitation - ou promesse de rencontre - avec le marchand au lendemain.

J’aurais pu décliner mon identité, mais je ne souhaitais pas le faire immédiatement et à de simples hommes qui auront répéter aussitôt à d’autres. Jusqu’à ce que je décide autrement, personne ne devait savoir que j’étais Arianne Martell, née Sand, et sœur de la Princesse Deria Martell. C’était donc de fort mauvaise humeur que je marchais dans ces rues étrangères de Castral-Roc.

- Nous ne pourrons pas faire route jusqu’aux Météores sans une escorte solide ou, au moins une bonne bourse. Si Perle et moi pouvons assurer la sécurité, nous risquons de faillir à cette tâche avant d’être arrivée à destination. De plus, tu n’es guère habituée à ce genre de trajet, dans de telles conditions. Tu auras besoin d’un véritable repos. Autrement, je crains que tu ne tombes malade.

Emris, l’un de mes compagnons, répétait encore et encore l’évidence. Cette simple semaine de marche, tantôt à éviter les armées impériales, tantôt les armées de Yoren, tantôt les bandits des chemins m’avait convaincu que mon entreprise avait été bien folle et impulsive. Ce n’était pas dans mon tempérament que d’agir de façon aussi inconsidérée, comme fuir vers l’inconnu et le danger et mettre en péril un stupide traité. Cependant, c’était encore moins dans mon tempérament que d’attendre une mort quasi certaine, loin de tous, oubliée de tous. Ce caprice avait un prix, pourtant, et l’homme qui me faisait face les énumérait. Que faire ?

- Nous devrions demander l’aide à ce marchand, à nouveau, ou alors présenter une requête à la Cour de l'Ouest si ce marchand refuse encore. Tu as ton collier qui représente le blason de ta Maison, si les gardes ont besoin d'une quelconque preuve que tu ne mens pas.

Mon regard se perd à nouveau sur la forteresse des Souverains des lieux. Devrais-je me présenter et quémander leur aide pour mon retour ? Si les alliances n’avaient pas changé, le pays se disait neutre. Un avantage comme un désavantage, à bien réfléchir : il y avait autant d’intérêt que de désintérêt d’aider une batarde royale. Et encore, c’était « si ». J’avais un étrange sentiment au milieu de ces gens qui me toisaient lorsqu’ils distinguaient ma peau ambrée sous cette crasse, ou lorsqu’ils entendaient mon accent prononcé. Le même sentiment que lorsque je suivais, de loin, les préparatifs de guerre ou de bataille de Yoren et de son armée.

Un tantinet énervée et fatiguée, je préfère marcher devant et seule. Ce long séjour en tant qu’otage auprès de Yoren m’avait appris que l’honneur n’était le propre que de nobles de sang, et non de batards ou d’otages abandonnés par les siens. Et pourtant, je refusais de mettre à mal le nom de mon Père, en allant quémander misérablement à l’un ou à l’autre. Et puis, encore et toujours, je craignais les conséquences potentielles de cette fuite. Si le batard Hoare était occupé à guerroyer aujourd’hui, rien ne me garantissait qu’il oubliera ma disparition et d’une certaine manière , le manquement à mes « obligations ». Je me rends compte que j’avais toujours dépendu d’autres, servie sans être tellement servie ... et aujourd’hui, j’étais sans-le-sou, vulnérable et seule. Et sale, et affreuse.

Si je n'avais pas su répondre à une prêtresse rouge qui j'étais, je savais avec certitude que je n'étais pas cette gueuse qu'une vitre trop épaisse reflétait. Où était passée cette superbe qui faisait de moi l'une des plus belles de Dorne ? Qu'importe la décision que j'aurais à prendre, et les personnes à rencontrer, il fallait que j'ai meilleure mine. Sauf que, par vanité, je ne pouvais pas dépenser cette maigre bourse qui pourrait être notre seule source financière si une solution ne se présentait pas à nous dans cette semaine. J'avais à faire débourser un autre pour remplir mon estomac, pour apaiser ma soif et surtout pour m'offrir ce dont toute femme dans ma condition rêverait : un lit, un feu et surtout un bain ! Il suffisait que je trouve l'idiot, suffisamment soûl ou inconscient, qui pourrait bien m'offrir tout cela contre quelques gestes anodins de ma part - des regards doux et quelques baisers. L'alcool ou la galanterie m'assuraient qu'il n'y aura pas plus ... et puis Perle m'accompagnait toujours et elle valait bien deux Dorniens aguerris aux arts du combat ! En vrai qu'importe ! Je ne pouvais pas rencontrer pire qu'un Fer-né sur ces terres, et cela me suffisait considérablement.

Je ne tarde pas à me rendre près d'un puits et profiter d'un instant pour me laver le visage, les mains et décrotter un peu mes bottes. Puis, je cherche un recoin calme où je pourrais sortir ma petite brosse et d'un petit miroir d'une poche intérieure - miroir, brosse et collier sont ma trinité d'objets que je ne quitte jamais - pour redonner forme à cette tignasse abondante. Je range le tout, j'arrange cette pauvre tenue de voyage pour laisser voir ma silhouette - certes amincie mais rien d'alarmant.

- Que comptes-tu faire, en cherchant à t'embellir ? demanda Emris, sourire amusé aux lèvres.
- Aller chercher une meilleure compagnie que vous deux, répondis-je calmement, ayant déjà porté mon dévolu sur l'un des établissements. Et faites en de même ! Perle, restes donc à mes côtés. Une femme seule peut intriguer comme un peu intimider, deux femmes ensemble encouragent les hommes. Essaye de sourire, le temps que je plaise à un homme qui me plaît aussi.

Et j'entre dans l'une des tavernes pour aussitôt prendre place. La fille du tavernier ne tarde pas à se présenter , à demander ce que je souhaite et si j'ai de quoi payer. Je demande un pichet de vin et je sors une pauvre pièce. La somme était naturellement insuffisante et n'allait m'octroyer qu'une moitié de pichet. Cependant, j'ose espérer qu'une pauvre Dornienne seule, avec un petit verre, et de pas mauvaise figure allait attiser la curiosité de quelques hommes et là ... on verra bien qui sera l'idiot que je choisirais. N'est-ce pas ?

- Oh ... quelle terrible aventure nous avons vécu, ma douce amie. Il n'y a pas pire que des bandits de grands chemins pour piquer toutes les marchandises de notre frère. Nous voilà réduites à ordonner à peine de quoi étancher notre soif, dis-je, ni trop fort mais nullement à voix basse, de quoi être entendue des tables voisines occupées. Maintenant, il suffisait d'attendre.



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyMer 6 Jan - 13:40

Je n’étais qu’à peine de retour au Roc que je me laissais déjà entraîner vers Port-Lannis. Il y avait eu du temps à rattraper avec mes jeunes amis de la cour, qui s’étaient faits bien plus avenants au moment de m’accueillir quand j’étais seigneur rétabli dans mon bon droit que lorsque j’étais arrivé en guenilles, avec pour seules possessions que mon épée et un cheval harassé, accompagné d’une cousine plus encore suspectée d’hérésie encore que le reste de la famille. A l’époque j’étais traité en paria, que j’étais depuis la dénonciation de nos voisins les Malefoy. Je ne pouvais pas dire non plus que je leur en avais voulu de cette distance, et pour beaucoup, de leur absence de réel soutien. Mais signe que j’avais gagné un nouveau statut et aussi peut être, je me plaisais à l’espérer, qu’ils appréciaient un peu ma compagnie.


Le trajet déjà, augurait d’un voyage au Roc qui soit annonciateur d’un nouvel avenir radieux pour moi comme pour ma maisonnée. Après tout, le rapprochement était clair avec Alys, même si nous n’avions pas encore partagé notre intimité dans la vie quotidienne ou dans notre couple. Je respectais énormément cette période de fiançailles, même s’il était clair que sa simple vue me fouettait les sangs et me mettait au supplice de vouloir aller plus loin sans pouvoir. Quoiqu’il en soit, nous étions proches. Et chaque jour un peu plus. Il nous faudrait sans doute fixer une date pour notre union et commencer à préparer les festivités… Mais j’imaginais plus ma future épouse s’occuper de ce genre d’organisation, compte tenu du fait qu’elle était bien plus douée que moi dans le domaine de la gestion et qu’en tant que femme, elle avait aussi tous les contacts et les ressources pour ce faire.


Happé dès mon arrivée au Roc par mes amis de jadis, je me laissais embringué dans une tournée des auberges côtoyées par la noblesse et l’aristocratie. Nous avions commencé de bonne heure. Au vin de la Treille, puis aux Côtes de Dorne. Il avait fallu éponger tout cela mais en début de soirée je me retrouvais déjà fin ivre, pressé de toutes parts de questions sur mon mariage, sur les attributs de ma fiancée et sur les dessous de notre union à venir. J’essayais de faire honneur à Alys dans mes mots et mon comportement, mais j’étais tout de même dans une sacrée compagnie… Et l’alcool coulait à flots, en même temps que les rumeurs du Roc et les nouvelles de la cour. La fête battait son plein, bruyamment au milieu des groupes de jeunes bourgeois qui venaient se vanter de leurs leçons privées ou de leurs cours d’épée, voire de leurs courses de chevaux. Finalement, c’était un beau duel de vantardises et d’anecdotes, et bientôt les jeunes gens, pourvus d’une bourse aussi bien garnie que leur égo ou leur foi, se mirent en quête de compagnie féminine. En allant rechercher un pichet de vin pour m’esquiver des questions pressantes sur l’anatomie de Dame Alys, je bousculais une jeune femme assise à une table.


Je me confondais en excuses rougissant jusqu’aux oreilles… Avant d’écarquiller les yeux devant la beauté exotique de la demoiselle, et le côté très étranger et lointain qui se dégageait de ses traits. Juste avant le choc, j’avais eu le temps d’entendre quelques mots.



| Oh euh… J-j-je suis d-désolé dame. Je n’ai pas fait exprès. Euh… Co-comment puis-je réparer ma maladresse ? |


J’hésite avant de poursuivre.


| J’ai entendu que vous aviez des soucis ? |



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyLun 18 Jan - 22:42

Je n’eus guère à attendre bien longtemps avant qu’un jeune homme apparaisse et m’adresse la parole avec une certaine maladresse, que je mettais sur le compte d’une consommation excessive d’alcools. Malheureusement, je ne pouvais pas me vanter d’une quelconque prouesse accomplie grâce à mes charmes. Le Destin avait décidé de le mettre sur mon chemin suite à un incident fortuit, si fréquent dans ce lieu de débauche et de beuverie. Nullement déçue, et davantage intéressée par celui qui me faisait face, je ne tarde pas à lui répondre.

- En effet … nous avons fait de bien mauvaises rencontres en chemin, et nous avons perdu beaucoup, me plaignis-je. Si j’excellais à feindre quelques émotions, celle-ci n’avait pas été bien difficile. La lassitude, la fatigue et les nombreuses interrogations se lisaient assurément sur mes traits. Cependant … le récit est long. Je crains que de vous embêter et de vous priver de la compagnie de vos amis.

La serveuse revient, avec deux verres, à demi-remplies avec du vin. Je ne tarde pas à y tremper mes lèvres, réprimant assez fortement un sentiment de profond dégoût. Le goût était fade, comme s’il avait été coupé avec un autre liquide, et n’était assurément pas comparable avec le vin dornien ou le vin de la Treille. Je me rends compte, subitement, qu’il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas interrogée sur le coût de quelques produits simples et basiques. Si je ne pouvais pas me payer un demi-verre de vin avec une seule pauvre pièce, comment est-ce que cette maigre bourse que j’avais avec moi allait-il m’assurer un voyage jusqu’aux Météores ? Le temps d’un instant, mon regard croise celui de Perle, et je la vois esquisser un sourire ironique. Espérait-elle que je fléchisse, que je mendie ou que, pire, je retourne auprès de Yoren ?

La situation ne me permettait pas de me morfondre ou de me décourager. J’avais commis une belle folie, et il m’était impossible de faire demi-tour. Je devais donc avancer, sans regret, et en usant de tous les outils, de toutes les armes et de tous les avantages que j’avais pu acquérir jusqu’à aujourd’hui, et aussi minces soient-ils ! Je savais parler convenablement, entretenir des conversations sur des sujets extrêmement variés, danser et chanter à merveille, lire et écrire à la fois dans la langue commune et le haut valyrien et je connaissais bien quelques personnalités ainsi que les usages et jargons commerciaux. A défaut de savoir me battre ou de me défendre, je savais réfléchir.

- Vous serez bien excusés, si vous pouvez nous conseiller une boisson pour soulager la peine de deux voyageuses, dis-je, jouant volontairement avec mon verre.

S’il avait un tantinet de l’esprit, ou un sens de la galanterie, il proposera sa compagnie, il commandera quelques verres et, peut-être, un vrai repas. Cependant, il n’était pas de mon devoir de le demander de but en blanc comme une mendiante : il fallait qu’il ait l’idée, que j’accepte avec des yeux brillants et le remercie avec une voix suave. Pourtant, plus je l’observais, et plus je me demandais sincèrement si l’homme était rompu à ce genre d’exercices et conventions implicites entre un homme et une femme. Il semblait avoir un je-ne-sais-quoi d’innocent, cet air et cette mauvaise assurance que tout jeune Dornien avait durant leur prime jeunesse. En tout cas, si j’avais quelques doutes à son égard, ils ne m’empêchaient d’émettre un jugement définitif : il n’était pas mauvais garçon.

- Et si vous pouviez également dire ce qui peut être mangé ici et de meilleure qualité que ce « vin » servi, rajoutait Perle avec cet accent dornien si tranchant, m’arrachant un sursaut de surprise. Il a fallu qu’elle retrouve sa langue au mauvais moment, et pour exprimer une stupide demande. Décidément, si elle excellait pour protéger les membres de la famille de la famille Martell, elle manquait d’un tact cruel. Je pense que ce petit oiseau attrapé allait fuir bien vite … Au fait, c'est votre ami, le grand brun là-bas ?



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptySam 13 Fév - 10:33

L’alcool avait tendance à désinhiber, et il était clair que l’on ne pouvait pas résister bien longtemps aux sirènes de l’honneur et de la chevalerie. Quand on avait été comme moi éduqué pour devenir chevalier, c’est-à-dire un parangon d’honneur et de principe, il était assez difficile de se laisser aller à la passivité devant l’iniquité et l’injustice, sous quelque forme qu’elles pouvaient prendre. Dans tous les cas, l’alcool poussait simplement à jouer les fiers à bras dans nombre de circonstances et je ne serais sans doute pas étonné a posteriori de me retrouver dans une position dangereuse et précaire sous l’impulsion de ce breuvage qui avait tendance à donner l’impression que l’on était plus fort que ce qu’on était vraiment. La jeune femme face à moi semble étrangère. Son teint de peau, ses cheveux, jusque sa posture… Et on ne pouvait pas dire non plus que les femmes de bonne famille pullulaient dans ce genre d’endroit, dans l’Ouest. Etait-elle de petite vertu ? C’était probable sans être certain. Difficile de se faire une idée, là comme ça, surtout quand on avait le goût du mauvais vin sur le bout de la langue et l’esprit qui tanguait comme un navire en perdition.


La jeune femme, dont la beauté m’émeut, explique alors qu’elle avait fait de mauvaises rencontres et qu’elle avait perdu beaucoup, ce qui pouvait vouloir dire à peu près tout et son contraire. Elle avait l’air réellement peinée, cela dit, et je ne pouvais pas la taxer de mensonge quand elle semblait si belle, si fragile, quand elle apparaissait sous un jour bien inoffensif. Avide d’en savoir plus, mon regard tombait sur une des chaises non loin, et la tirais. D’ordinaire, elles étaient plutôt réservées aux clients les mieux nés. Les autres avaient droit à des bancs. Cela permettait de ne pas s’asseoir dans la promiscuité, les uns sur les autres.



| Je peux peut être… Je veux dire, j’ai encore quelques sous. Pour un repas chaud et du vin, si vous daignez me raconter ma Dame, il est possible que votre serviteur puisse vous assister de quelque manière que ce soit. J’ai des bons contacts avec le Roc. |


Je m’incline en salut bien seigneurial, mais un rien dénaturé par l’alcool qui rend mes gestes moins précis, moins directs. Cela se voit sans le moindre doute que j’ai un verre dans le nez. Du coup, je me retrouve à tanguer à demi sur mes appuis et me dépêche de m’asseoir, non avoir d’abord fait un signe de la main au service pour attirer l’attention des serveuses vers cette tablée. Cela ne coûtait presque rien de boire et de se sustenter à Port Lannis, du fait de l’abondance en termes de victuailles, de vins, de mets divers et variés qui affluaient depuis le port de pêche ou de commerce, ou qui se retrouvaient à transiter depuis les corps de garde bien surveillés de la cité.


| Prenez du vin de la Treille. C’est le meilleur que l’on puisse trouver ici, même s’il est assez cher. Je peux bien vous en payer quelques godets, mes Dames, en échange de votre si terrible histoire… |


L’autre, l’accompagnatrice, avait l’air moins bien née, et plus directe aussi. J’aimais ces caractères presque frontaux tout en sachant fort bien que je n’étais pas le mieux armé, loin de là, pour leur faire face. J’hésitais, un peu confus.


| Le grand brun ? Vous voulez parler de Ser Serrett ? je le connais oui, même si je ne puis véritablement me targuer de son amitié… |



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyJeu 4 Mar - 23:07

J’étais bienheureuse de constater que je savais toujours distinguer le bon du vilain, malgré ma captivité auprès de Yoren et de ses rustres. Il dit avoir des sous pour un repas chaud, et du vin ! Excellent ! Il prétend connaître des personnes de la noblesses ouestriennes ! Intéressant ! A cette annonce, j’affiche un air surpris, mi-sincère, mi-joué. Habituée aux choses et aux intrigues de la Cour de Lancehélion, j’avais appris à cacher avec habilité mes sentiments, et à jouer des sentiments appropriés à la situation et à mon interlocuteur. A nouveau, il était agréable de savoir que je n’étais pas rouée dans cet art bien complexe.

- Oh, vraiment ? dit-je, rendant un ton plus aigüe sa voix. Vous avez sûrement dû croiser les Souverains de ce Royaume ! Je vous en prie, décrivez-les donc ! J’ai ouïe dire qu’ils portaient de scintillantes couronnes, serties des plus belles pierres précieuses de l’Ouest, et qu’ils ne portaient que de sublimes toilettes en or.

Seules les demoiselles habituées à côtoyer la noblesse, et surtout la royauté, savaient faire preuve de retenue quand il était question de Roi, de Reine, de Prince et de Princesse. D’une part, elles jouissaient d’une éducation sur les us et les manières. D’autre part, c’était une façon indirecte et ostentatoire d’afficher leur condescendance – elles, qui côtoient des puissants – à la plèbe – eux, qui ne peuvent que rêver. Je ne peux que me féliciter de mes nombreuses observations et écoutes passées, que ce soit avec les gens du communs, et avec les nobles.

- Mon histoire est bien terrible, dis-je, gagnant un tantinet du temps afin d’imaginer le maudit mensonge que j’allais bien débiter. En vérité, la route de Haye-Pierre à Castal-Roc a été bien trop épuisante, me laissant peu de temps et d’énergie à imaginer un quelconque récit. Je devais m’appuyer, plus que jamais sur mes souvenirs de toutes ces rencontres avec marchands et voyageurs ou lectures que j’avais pu faire. Mon frère est un marchand établi aux Météores, une ville portuaire de la Principauté. Malheureusement, ces dernières décisions lui ont coûté beaucoup, et il a perdu quantité de marchandises, de clients et d’employés ! Il a réussi, avec grand peine, à assurer et à sauvegarder ses dernières richesses en s’alliant contré gré à un concurrent. Ils s’étaient également entendus pour que je me marrie au neveu de ce même concurrent, et qui aurait un comptoir établi quelque part, dans le Conflans, non loin de la frontière avec l’Ouest.

Ça prenait forme dans ma tête, mais je dois admettre que moi-même, je ne savais pas où je me dirigeais. Me voilà avec un frère sans-le-sou et un mariage bien misérable et infortuné. M’enfin, j’avais bien à expliquer ce qu’une Dornienne pouvait faire si loin de sa patrie, et sans aucune connaissance dans les parages. Dire que je viens du Conflans était bien trop imprudent, au risque que je sois en face d’un malin qui connaît un tantinet l’humiliation subie par ma patrie, avec ce Traité. Je devais aller à contre-courant de ma situation.

- Je devais rejoindre cet homme, et me marier. Sauf que … mon frère avait voulu aussi envoyer quelques marchandises supplémentaires pour retirer quelques profits dans ce comptoir si éloigné. En raison de la charge, et des dangers de la route, il avait considéré sage de faire voyage par la mer. Sauf que …

Je m’arrête, un court instant, pour accentuer le dramatique de la situation. Je serais presque tentée de rire devant le grotesque de mon récit – quoique, qui pourrait être réel selon certaines circonstances – mais la faim et la situation m’aidaient à ne pas me trahir aisément.

- La tempête s’est abattue, et nous avons dû nous débarrasser de quantités de choses jugées non indispensable pour alléger et éviter de terribles accidents. C’est que le Capitaine nous a expliqué. Nous avons obéi, naturellement, craignant plus pour notre vie que pour des choses futiles. Oh … maintenant que j’y pense, j’aurais dû mourir à cet instant ! La tempête est passée… et me voilà ici ! Et j’ai eu vent que de terribles batailles se déroulent, au Conflans ! Comment suis-je censée me rendre à ce comptoir, avec une maigre bourse que j’ai peiné à sécuriser ? Et puis … et puis … comment vais-je donc annoncer à mon frère que nous avons, encore, tout perdu ?

Je passe une main sur le front, affichant des traits abattus. J’inspire profondément, pour aussitôt relâcher ce souffle. Je finis par replonger mon regard dans le sien, comme si je cherchais son aide, sa divine illumination, sa précieuse aide. En soit, ce n’était pas totalement faux. J’étais sans-le-sous, j’étais affamée et je ne me refuserais pas un véritable lit.

Maintenant, il restait la question la plus délicate de savoir pourquoi au Roc, et pas à Port-Lannis ! Je réfléchissais, autant que possible au vu de ma condition.

- Avant de prendre la mer, mon frère m'avait dit qu'il connaissait un marchand de Dorne qui, jadis, était très riche. Lui aussi a perdu beaucoup, et il a cherché gloire et fortune dans l'Ouest. Il s'y serait établi, à Castal-Roc. Mais, je ne l'ai pas trouvé malgré mes nombreuses questions ici et là. Les personnes sont si méfiantes ...Oh ... j'ai tant parlé ! Mais, vous m'avez allégé d'un poids considérable, à m'écouter simplement.  

J'en profite, pour passer ma main sur la sienne le temps de quelques secondes et remonter mes doigts sur la manche pour l'arranger. Les apparences étaient importantes, et chaque geste comptait, qu'on soit dans une taverne ou dans une Cour royale. Je le gratifiais d'un geste amical et chaleureux, mais tout en donnant l'impression de n'arranger qu'une broutille pour les spectateurs.



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyJeu 11 Mar - 17:35

J’étais un peu perdu dans les affres de l’éthylisme. Je n’avais pas été un gros buveur, dans le temps. C’était épisodique à Godric’s Hall, mais je n’avais pas du tout l’entraînement pour suivre certains des aristocrates avec qui je partais en virée. Dans tous les cas, je me retrouvais bien trop ivre pour tout comprendre, mais je ne pouvais pas me débiner pour autant. J’avais vaguement le sentiment de faire une bêtise, en abordant la jeune femme et son amie. Peut-être en me mettant un poil en danger ? C’était un sentiment diffus, et assez vague. Je n’étais vraiment pas certain de ce que je ressentais vis-à-vis de cette situation, mais je n’avais pas l’énergie pour me battre et résister à l’impulsion, à l’instinct qui me poussait à me montrer chevaleresque. Du moins, c’était ce que j’imaginais être en cet instant précis. Jamais je ne pourrais concevoir faire partie des autres lourdauds avinés du fond de salle, qui tripotaient les serveuses et n’auraient de cesse d’essayer d’en « séduire » une.


La jeune femme, sans doute originaire d’une autre contrée, était surprise. Et apeurée. Enfin, elle semblait l’être. Je pensais presque me vanter en parlant de mes contacts avec le Roc et la brune reprenait le sujet avec intérêt, presque de l’appétit, même. Je ris doucement devant l’innocence et la candeur dont elle faisait preuve. C’était une façon de voir les choses sans doute… Les toilettes en or on y était presque dsans doute, mais les pierres précieuses, je n’en avais jamais vues qu’aux grandes occasions. Et elles s’intégraient si parfaitement au tableau d’ensemble de la maison Lannister



| Oui, vraiment. Je ne suis personne, dans ce royaume. Un petit noble de rien du tout. Mais ils ont pris le parti de ma maison, de mon nom, bref… Ils ont fait preuve de beaucoup de compassion et de bonté à mon égard. Je leur suis redevables. Le Roi et la Reine sont dignes en toutes circonstances. Intimidants même, tant ils écrasent les assemblées de leur formidable prestance. Le Prince et les Princesses sont plus avenants de prime abord, mais ils exhalent le même sentiment de grandeur, même si elle paraît plus accessible. |


L’alcool en tout cas, me rendait plus disert. La jeune voyageuse semble de son côté en pleine déconvenue et si je l’interrogeais sur les affres qu’elle était visiblement en train de vivre, j’essayais d’instiller dedans plus de bienveillance que d’autre chose. De l’intérêt pour son décolleté, notamment. Mais la femme qui l’accompagnait me faisait un peu peur. Elle ne semblait pas vilaine, loin de là, mais elle, avait quelque chose dans le regard qui me faisait peur, comme le petit garçon que j’étais jadis était intimidé par certains adultes. Je me sentais jeune et fragile en sa présence. J’étais pendu aux lèvres de celle qui parlait le plus et qui semblait être la maîtresse de l’autre dans on attitude, plus ouverte et plus en confiance, que l’autre restait fermée et concentrée.


Ce que j’estimais semblait toutefois bien réel. Avec les précisions que la donzelle me donnait, je la devinais dornienne. Ce n’était pas une surprise devant l’étrangeté de sa beauté pour ces latitudes ouestriennes, mais tout de même. C’était la première native de la Principauté que je rencontrais de toute mon existence. C’était quelque chose… Et cela rappelait s’il y en avait besoin à quel point la cité de Port Lannis pouvait se montrer cosmopolite. Je fronçais les sourcils toutefois, au gré des détails qu’elle donnait à son récit. Je n’étais pas sûr de tout comprendre.


Je pouvais comprendre que le commerce jouait sur l’aléa des fortunes de ceux qui le pratiquaient, ces derniers temps. Une époque aussi troublée que la nôtre, entre croisades, empires et dragons, produisait autant de pauvres qu’elle n’élevait de riches. Il n’y avait qu’à voir les répercussions toutes aussi brutales qu’indirectes que j’avais subies… A cause de tout ça. Sans dragon il n’y aurait pas eu d’Empire, sans Empire pas de croisade. Et sans croisade, toute la maisonnée Potter serait encore désargentée mais heureuse et surtout, bien vivante. Je continuais d’écouter le récit de la beauté du sud mais sans pour autant réussir à intégrer tous les détails d’un récit aussi vibrant que complexe, car il me faisait me représenter mentalement toutes les scènes de son histoire pour me permettre de la comprendre. Ce n’était pas forcément le récit d’un conte, mais elle avait une voix qui donnait beaucoup d’émotions à ce qu’elle avait vécu.


Une tempête en mer… Ce devait être terrible à vivre. Entre la fureur des éléments et l’impuissance dans laquelle on pouvait se retrouver, il y avait des chances pour qu’on en meurt de peur, non ? Bientôt, le récit se termine. Et sa main chaude et douce se pose sur la mienne. Mon cerveau se retrouve figé complétement, incapable de réagir. La gêne est grande puisque mon pantalon se fait plus étroit. Heureusement on n’en voit sans doute rien, entre la proximité des tables et l’épaisseur du tissu. Mais se rend-elle compte de l’effet qu’elle produit ? Est-ce moi qui ai quelque chose qui clochait ? Et Alys ? Je ne pensais pas à la tromper alors que nous étions engagés mais c’était quelque chose que… Que je ne maîtrisais pas vraiment. C’était la première fois que je rencontrais une dornienne. Et j’étais ivre aussi. Ca comptait forcément, non ? Me rendant compte que j’étais resté figé, rouge comme un drapeau Lannister et l’air sans doute bien imbécile, je balbutiais pour reprendre un semblant de contenance.



| M-m-ma pauvre dame… Vous m’avez l’air bien dans le besoin. Mon offre de repas et de rafraîchissements tient toujours, évidemment. |


Je fis signe à une serveuse non loin de nous ramener de quoi nous sustenter.


| Je suis bien en peine de découvrir là votre triste sort. Mais un marchand dornien, au Roc ? En général ils sont tous établis ici, au port, en ville… Dans la forteresse du Roi il y a bien des commerçants mais je n’en connais aucun qui soit étranger. Il faut dire que Sa Majesté a dû durcir la surveillance des allées et venues avec ce qui est arrivé à son père et à sa famille il y a quelques temps… |


J’hésitais un peu.


| Vous n’avez-vous-même pas le sou pour prendre une chambre cette nuit et aviser demain ? Je pourrais toujours me renseigner pour vous au château, avant de prendre le risque de vous faire passer devant les gardes. Ils sont suspicieux avec tout ce qu’il se passe. |


Je posais à mon tour la main sur la sienne, dans un geste de réconfort… Bon et peut être d’autre chose aussi, comme une forme de désir, de curiosité tactile, après qu’elle m’ai touché la première. Mais je ne pensais pas à mal malgré tout.


| Avez-vous un nom à me donner, un endroit plus précis, dame ? Comment vous appelez-vous ? |



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyDim 28 Mar - 1:12

Assurément, ce jeune homme avait une histoire passionnante à m’offrir ! Il était toujours de découvrir pourquoi une petite noblesse attirait l’intérêt et le regard de ses Souverains. Était-ce pour le récompenser de quelques services nobles ou honorables ? Était-ce en raison d’un petit secret de polichinelle ? Était-ce par une générosité spontanée et inexplicable si propre aux têtes couronnées lassées par les responsabilités ?

Et subitement, l’assurance et la vantardise de cette bonne âme disparaissaient. Son teint vire à l’écarlate à ma stupeur et ses phrases sont coupées par une certaine hésitation. S’il n’était pas un homme si bien bâtit et d’un âge qui ne trompait pas sur son entrée dans le monde adulte depuis de longues années, je jurerai avoir à faire à un jeune homme encore puceau ou, qui débutait à peine son apprentissage sur les secrets que gardaient les femmes.

- Oh, vous êtes si bons ! Qu’il est agréable de savoir qu’il existe toujours des hommes aussi bons et aussi valeureux. Je profite pour prendre sa main offerte de mes deux mains et m’approcher encore un tout petit peu pour qu’il puisse d’avantage perdre son regard à ce décolleté qu’il semble apprécier. Je m’en sépare quand je me suis assurée qu’il était comblé, un temps, par cette vision.

J’affiche une mine déconfite et découragée lorsqu’il annonce qu’il n’existe pas un tel marchand au Roc, suite aux différentes mesures prises par le Roi. Ces sentiments n’étaient feints qu’à moitié : j’avais espoir de croiser un marchand dornien, mais il semblerait que je dois porter mon dévolu sur une autre ville et notamment Port-Lannis. Si je ne trouvais pas les miens là-bas, alors mes perspectives d’un trajet sans grand danger et dans l’anonymat la plus complète risquaient d’être fortement compromises.

- Que s’est-il donc passé au Père de sa Majesté ? Si vous appelez le fils par le titre de Majesté, j’ose imaginer le pire, dis-je avec ce même ton innocent et candide.

Les gens du peuple avaient vent des nouvelles sur leurs Souverains tantôt par les seigneurs qui dirigeaient leurs domaines, tantôt par les bardes. Par contre, ils étaient moins bien informés – ou plutôt, moins intéressés – de savoir ce qu’il arrivait aux autres si cela n’avait pas un impact direct sur leur vie – leur culture, leur maison, leur paix etc …. Je savais bien que Loren Lannister avait succombé suite à une attaque traîtresse et sournoise, et que son fils avait été couronné comme nouveau Roi de l’Ouest. Je savais mais je devais prétendre que non, et accepter d’entendre une seconde fois cette nouvelle. Peut-être qu’il m’en dira plus, en agrémentant avec quelques rumeurs populaires.

Avec une honte feinte, je dévoile ma bourse. Elle contenait que quelques piécettes effectivement.

- Je peux, je crois, prendre une chambre mais alors je me condamne pour la suite de mon voyage. Je n’aurais plus assez pour acheter quelques provisions pour ce trajet si incertain et si inconnu. Mon amie et moi-même mourrons de faim …

… Si nous ne sommes pas condamnés à pire destin. Sur ce dernier point, je n’étais pas très optimiste. Je savais les dangers et les risques qu’un tel trajet supposait et avec si peu de moyens. J’étais heureuse, d’une certaine façon, que je n’étais plus une jeune pucelle qui ignorait la nature violente et égoïste de certains hommes. Ma Mère m’avait suffisamment prévenu avant qu’un homme me touche, j’avais connu des hommes aussi bons que mauvais, et je n’avais plus grande vertu à défendre. Cette connaissance était à la fois triste et réconfortante.

- Oh, votre sollicitude me touche mais je vous prie de ne pas prendre tant de peine et de vous attirer des suspicions si inutiles. De toute façon, je ne peux pas rester ici guère longtemps et je dois penser à partir au plus vite, avant que cette maigre bourse ne me fasse défaut.

Je tente d’être convaincante, et je profite que la servante apporte une cruche de vin pour remplir le verre de ce noble. Qu’il oublie cette idée insensée que de poser des questions sur un marchand dornien à la Cour des Lions ou, pire, m’y faire entrer. Il ne manquerait plus que je finisse entre les quatre murs dorés des Lannister pour un temps incertain ! Je désirais retourner à Dorne, pour rassembler ce que je pouvais pour m’assurer un meilleur avenir que celui d’une otage qui végète et qui attend l’heure de sa mort pitoyablement.

- Je m’appelle Perle, dis-je avec assurance, soulevant mon verre, tentant de trinquer avec cet homme et l’enivrer bien plus qu’il ne l’était déjà. Et vous, comment vous appelez-vous ?

Perle et moi avions convenu, il y a bien des années de cela, que lorsque je me baladais hors des Jardins Aquatiques anonymement, j’avais à user de son prénom si on venait à me poser la question.  Il n’y avait pas à s’inquiéter qu’on l’interroge tant elle sait intimider ou à ignorer les questions qu’on pouvait lui poser. L’avantage d’une telle tactique était que si la personne rencontrée était agréable, et que je souhaitais obtenir m’entretenir un temps pour telle ou telle question – ou la rencontrer plus discrètement, Perle comme moi habitions toutes deux au même endroit et nous nous tenions au courant. Il n’y avait donc aucune surprise, aucune lettre perdue, aucune rencontre inattendue où j’aurais pu oublier le prénom factice utilisée.

- Il s’est passé tant de choses que je dois réfléchir un instant, pour me souvenir du nom, indiquais-je, glissant de temps à autre un coup d’œil à sa coupe : elle ne devait jamais être vide. Cependant, je devais m’assurer qu’il ne boive pas au point de perdre toute capacité à parler ou à bouger. J’avais encore besoin de lui pour m’assurer une nuit dans un lit, sous un toit, et à l’abri d’un quelconque danger propre à la rue ou à la grande route. Mais j’ai tant parler ! Racontez donc votre histoire ! Vous dites que les Souverains ont été bons et généreux avec vous ! Je suis certaine que vous faites preuve de modestie, et que vous avez mérité ces largesses !

Et je remplis, encore et toujours la coupe. De temps en temps, je poserai ma petite main sur la sienne pour voir s'il réagit encore. Dès l'instant où il serait bien trop abruti par la boisson pour répondre à mon geste mais encore suffisamment lucide pour aligner trois mots, cela voudra dire qu'il était à point.



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyMer 7 Avr - 15:37



La Naissance de Venus
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Castral Roc, Royaume des Terres de l’Ouest, Taverne Portuaire, semaine 4 du mois 12 de l’année 1 de l’Ere des Luttes
Je ne me sentais pas spécialement fier de moi, ce soir, ni de mes talents ni de mon histoire. Pourtant, l’alcool et les jolies filles, ça poussait à se désinhiber quelque peu ; il n’était pas question de se morfondre, en tout cas pas à cet instant de la soirée ! Je ne pouvais pas nier bien sûr qu’au château, le palais des Lannister, m’attendait une toute autre vie et même un mariage, mais on ne pouvait pas dire pour autant que j’étais prêt à quitter l’amusement de cette folle soirée… Car il faudrait ressortir dans l’air frisquet de cette fin d’hiver et peut être aussi s’esquinter à remonter sur le promontoire rocheux où était bâtie la forteresse. Quoiqu’il arrive, je commençais aussi à douter de ma capacité à rentrer au bercail ce soir ; il me faudrait sûrement passer la nuit dans quelque chambre d’hotel ou d’auberge, réservée ou non aux nobles, mais tout plutôt que de risquer à tirer ma lame contre de quelconques coupe-jarrets… Pas par peur, mais me retrouver dépouillé et roué de coups pour mon retour à la cour, très peu pour moi, j’avais bien d’autres objectifs en tête.


Je me rendais compte en tout cas de la beauté et de la richesse de la dornienne qui me faisait son bien triste récit, et si je ne pouvais pas m’empêcher d’être compatissant, je n’étais pas suffisamment à l’aise pour paraître bien droit dans mes bottes devant une femme pareille, inconnue qui plus est. Je rougissais comme une tomate quand elle se mit à flatter ma bonté et ma valeur, et je ne pus m’empêcher de bredouiller, innocemment.



| Ah, euh… Oui oui, je suis votre serviteur, d-d-dame, si je puis vous aider. Parole de Potter. |


Et mon père avait coutume de dire que la loyauté et l’honneur étaient certes des denrées rares, mais que c’était aussi ce qui faisait leur richesse. J’essayais d’être à la hauteur des valeurs prônées par mon propre paternel, mais ce n’était pas si facile, somme toute. La jeune femme semble fort à son aise et je dois bien vite détourner le regard pour ne pas rester trop captivé de ses formes bien girondes, qui invitaient au regard et à la concupiscence. Je me mis alors à penser à Alys, et cela ne fit pas grand-chose pour calmer mon enthousiasme. Déjà parce que je désirais fiévreusement ma promise, mais aussi parce que c’était un plaisir qui m’était défendu pour un petit moment, à mon plus grand dam.


Je déglutis pour l’informer des dernières nouvelles du Roc.



| Le Roi Loren est m-m-mort, Dame, c’est son fils qui est couronné, désormais. Le Roi Lyman guide le Royaume, désormais. |


Elle semblait sincèrement inquiète, ce qui m’étonna quelque peu. Savait-elle que la flotte royale avait participé à la mise à genou de la Principauté, quelques mois plus tôt, au nom de la Croisade et des Sept d’en haut ? Quoiqu’il en soit, je n’avais pas de raisons de ne pas lui répondre ; la nouvelle était connue et il fallait l’assumer, en tant que ouestrien. Je n’avais pas à rougir d’avoir sa Majesté le Roi Lyham comme guide en cette période troublée, il n’avait certes pas encore d’expérience de l’exercice du pouvoir mais il avait su guider justement ce dont il avait la charge sous le pouvoir de son père, et il restait bien entouré par deux des femmes les plus intelligentes et avisées que je connaissais, malgré leur jeune âge ; la Reine Jeyne et la Princesse Megara.


La dornienne me dévoile ses richesses et elles semblent bien maigres. Avec la générosité caractéristique des Potter, je me surpris à poser ma main sur la sienne pour en refermer les doigts. J’en profitais, sans honte ni scrupule, pour en tâter la chaleur mais sans ostentation ; le geste était gentil avant toute autre chose. Je me faisais bon et compatissant, comme le voulaient les dieux à mon sujet, ne croyez-vous pas ?



| Je ne puis vous laisser dans pareille adversité, devant tant de complications alors que vous semblez bonne et gentille. Il ne sera pas dit que la maison Potter laissera quelqu’un d’autant dans le besoin que vous sans solutions ; vous avez ma parole. Je puis louer une chambre à votre propre avantage, si c’est ce que vous souhaitez. Ainsi, il vous restera de quoi vous nourrir lors de votre périple, et tout sera pour le mieux. |


Je gagnais en assurance, à mesure que je prenais un ton tout seigneurial. Je n’aimais pas forcément mettre en danger mon propre séjour par mes largesses mais j’aimais le pouvoir que l’argent et le titre conféraient ; ils me servaient aussi de masque pour me cacher à mes propres manquements, mes propres lacunes.Je fis le signe que ses inquiétudes n’étaient pas graves, qu’il fallait passer outre, quand la beauté me dit qu’elle allait se débrouiller, mais elle se présente et dit s’appeler Perle. Mon esprit aviné ne pense qu’à une chose alors ; lui faire un compliment.


| Cela n-ne sied que trop à votre beauté, Dame. Je suis Lord Potter, pour vous servir. Mais vous pouvez m’appeler William, cet endroit n’est guère porté sur la formalité. |


J’essayais quand même d’en savoir plus sur sa situation, de ne pas me lancer dans l’inconnu. Non pas que je me méfiais ; en cet instant précis, je pouvais fort bien me rendre compte que les choses étaient tout de même assez vite engagées. Se jouait-elle de moi pour profiter de ma bourse bien remplie ? C’était difficile à dire. Je commençais à tanguer un peu sur mes appuis, alors que m’appuyais un peu plus sur le dossier de la chaise que j’avais réquisitionnée sans avoir rien dit à personne ; comportement de noble… Et aussi, de type aviné qui satisfait ses propres besoins sans trop se soucier de son environnement. Je continue de boire, charmé par sa beauté. Je n’avais pas beaucoup envie de parler de moi… Mais l’alcool parlait pour moi, désormais.


| Et bien, ma famille a été dépossédée de ses terres, de son château, et pour l’essentiel d’entre nous de la vie par des voisins jaloux. J’ai trouvé de l’espoir et du soutien chez les Lannister, plus encore chez la Princesse Megara. Si je suis Lord aujourd’hui, et en capacité d’aider une dornienne dans le besoin, c’est en très grosse partie grâce à eux, vous voyez ? Ils m’ont donné les moyens de ma vengeance, de ma justice. |



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MessageSujet: Re: La naissance de Vénus    La naissance de Vénus  EmptyLun 3 Mai - 0:16

En bonne diplomate, j’aurais pu profiter de ma présence au Roc afin de grapiller quelques informations, en traînant mes oreilles ici et là, en faisant parler quelques hommes ou cherchant refuge auprès des Lions. Sauf que cette femme n’existait plus, remplacée par une gueuse affamée, éreintée et sans-le-sou, qui se contrefichait royalement des intérêts politiques ou dorniennes. J’avais vite appris, malgré moi, qu’il était impossible de réfléchir à tête reposée lorsque les besoins les plus essentiels n’étaient pas comblés. Je commençais à saisir, enfin, l’hébétude et l’indifférence dont faisaient preuve les gens du peuple face aux retournements politiques. Tant qu’ils étaient nourris, et qu’ils avaient un toit, qu’importe qui dirige, qui se marie ou qui est ami ou ennemi …

- Il est toujours bien terrible de perdre un Roi, mais je suis fort heureuse que … que vous avez tant foi en ce nouveau Roi, rajoutais-je, retenant d’entrer dans quelques détails purement politiques. Si je ne voulais pas me trahir, je devrais me contenter de quelques remarques impertinentes et simples.

Enfin, petit à petit, le jeune homme se dévoile. Il disait s’appeler William Potter, et profite pour complimenter ma beauté. Les paroles me frappèrent, subitement, comme un poing inattendu et violent. Une question s’imposait à moi : quand avait-on loué ma beauté ? J’avais la terrible sensation qu’une éternité s’était écoulée, me ramenant malgré moi sur mes terres natales. Avant ma captivité, ces mots affables m’auraient paru naturels tant je ne doutais pas de ma beauté, et tant j’étais entourée des plus belles attentions. Je me souviens, petit à petit, de ce doux quotidien à Lancehélion où les Chevaliers venaient compter fleurettes, où mon Miroir m’offrait le reflet d’une jeune femme splendide et où mes frères me rassuraient – sérieusement, ou en me taquinant – que j’étais assurément la plus jolie du Royaume. Puis, j’étais devenue Otage de Yoren Hoare, traînée dans cette boue du Conflans, entourée d’hommes qui manquaient de manières ou de galanterie, préférant se moquer de mes origines ou des décisions prises par ma Sœur. Or, ils auraient eu tant à gagner en flattant davantage mon orgueil. Idiots ils étaient, Idiots ils mourraient !

- Oh, vous me flattez tant, dis-je, d’une voix pleine de reconnaissance.

En plus de me rendre heureuse par ces quelques mots, il m’avait rassuré sur ce que je craignais beaucoup : être devenue une immondice, amaigrie, sans éclat et sans intérêt ! Je ne doutais pas un instant qu’une certaine prêtresse pourrait rire devant ces pensées futiles, mais je tenais beaucoup à mon apparence. Si l’affaire était superficielle assurément, elle n’en restait pas moins mon arme principale. Si les hommes avaient des épées, la mienne était de sang et de chair. En somme, ce William m’avait mis dans des dispositions bien plus heureuses que de départ, éveillant même une pointe de scrupule vis-à-vis du projet que je nourrissais. Malheureusement, nous avions bien entamé la soirée, et je ne pouvais plus me désister sans le risque de me retrouver à la rue.

- Voilà des querelles voisines des plus terribles !dis-je, après l’avoir attentivement écouté et sans l’interrompre. Trinquons alors, à vos gens, à la justice, au bon jugement de vos Souverains et surtout à la bonté de la Princesse Megara Lannister !

Il semblerait que cette dernière a une grande importance de cet homme, et autant en user à notre avantage pour exalter les sentiments de cet homme et lui faire boire cette coupe supplémentaire. Je trinque, je ramène la chope à mes lèvres longtemps – et autant que mon voisin – mais je n’avale rien. Je joue mon rôle, je feins et je prétends. Si un homme sobre pouvait aisément voir la manœuvre, un homme ivre serait bien incapable.

- Lorsque je compterai mon périple aux miens, je n’oublierai pas également votre bienveillance, William, lui dis-je, ne sachant pas si je pourrais respecter cette promesse. Pour cela, il faut que je réussisse à me rendre à Dorne sans mourir, et que je puisse rester suffisamment longtemps sans être réclamée à nouveau comme otage.

Je vois que ses joues se sont bien rosies, que ses gestes sont moins assurés, que son corps glissait petit à petit sur cette chaise et qu’il tanguait malgré lui. Il était enfin à point !

- William, vous me semblez bien fatigués. Allons arranger des chambres, pour vous et pour moi. Il serait bien mal avisé de vous balader dans un tel état, le soir. Vous risquerez de tomber sur des voleurs ! Ou, pire, des meurtriers !

Une chambre pour lui, et une chambre pour Perle et moi ! Heureuse, je me retourne pour faire signe vers mon amie. Celle-ci quitte un instant sa proie de la soirée, pour savoir ce que j’allais bien pouvoir lui dire.

- Ce gentilhomme propose une chambre …
- WILL ! Excellente idée, l’ami ! Je te revaudrais ça ! Tavernier ! Deux chambres, sur le compte de ce jeune homme ! Hey ! Buvons, pour ces deux jolies dames ! annonça subitement l’inconnu qui s’était placé aux côtés de Perle, écrasant sa lourde main sur les fesses de cette dernière. L’homme remplit la coupe à ma place, et force son ami à boire.

La Dornienne ne réagit pas, mais n’exprime pas un quelconque désaccord. Lorsqu’elle me lance un regard plein de sous-entendus, je comprends qu’elle était plutôt contente des manières bourrues de l’homme et qu’ils s’étaient entendus. Irrémédiablement, je la jalouse. Une année, si ce n’est plus, a dû s’écouler depuis qu’un homme avait partagé ma couche, et il ne serait pas désagréable de ressentir à nouveau une présence virile à ses côtés. Mon regard glisse à nouveau sur William, le considérant d’un œil tout nouveau : il n’était pas vilain, et il ne semblait pas être vicié – de ces hommes qui paraissent si bons mais qui se révèlent bien terribles et impitoyables.


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