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 Nouvelles et commission

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MessageSujet: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptyDim 20 Déc - 22:52

An 1, mois 12, semaine 3


Au fil des alliances et des mésalliances, la Principauté de Dorne avait eu droit aux visites régulières ou exceptionnelles de marchands étrangers, natifs des autres Royaumes du continent de Westeros. Ainsi, au fil des années, j’avais pu tâter entre mes doigts – ou goûter – les beautés exquises et originales d’un bout de ce vaste et inconnu continent. Les fourrures d’excellentes factures du Nord, les étoffes délicates du Val et de la Montagne, les merveilleux bijoux de l’Ouest, les perles uniques des îles de Fer, les outils de fer de l’Orage ou encore les mets et produits délicieux du Bief et du Conflans.

Coquette que j’étais, ma curiosité était naturellement tournée vers les Royaumes qui offraient tout moyen de paraître toujours plus belle et plus rayonnante et notamment à sa Cour. Bien longtemps, et malgré les quelques rencontres mondaines, j’avais toujours voulu savoir la mode qu’adoptait les autres dames des Cours étrangères. Si j’avais pu assouvir ma curiosité concernant les terres du Val et de la Montagne à travers les festivités de Goëville, il semblerait que je ne pourrais pas le faire avec les terres de l’Ouest.

Il est vrai que j’avais toujours rêvé me rendre dans ce Royaume, pour admirer la fameuse forteresse de Castral-Roc ou pour vagabonder entre les différentes boutiques d’orfèvres de Port-Lannis. Ces deux lieux avaient été tant encensés par les marchands de passage au sein de la Principauté, que mon imagination avait assurément exagérée la beauté des deux lieux. Dans mon esprit d’enfant, la forteresse était sertie de coupelles en or, brillant de mille feux en journée et éclairant au plus noir de la nuit les visiteurs, et les ruelles de Port-Lannis scintillaient des mille et une bijoux de l’Ouest. Père avait ri, quand je lui avais raconté l’image que je me faisais de ces lieux. Il m’avait aussitôt corrigé. Cependant, loin de briser l’image, il avait apporté une autre magie. La forteresse était un lieu impénétrable, creusée dans la montagne même, et dissimulant bien des secrets, et sa ville portuaire était une ville grouillante et active comme Lancehélion.

Mon rêve de visiter la terre des Orfèvres et Joailliers s’était exaucé mais dans des circonstances bien particulières. Ma bourse était bien maigre pour des dépenses futiles ou luxueuses, mon corps las et fatigué par le voyage, mes traits tirés par l’inquiétude pour les miens et la colère d’être dans cet état déplorable – contre moi-même, et contre le monde entier – et ma beauté cachée sous la crasse et la boue. Mes compagnons d’infortune avaient meilleure mine, mais je savais qu’ils étaient tous deux en proie à des difficultés qui leur étaient propres. Emris tremblait, à nouveau, alors que Perle s’inquiétait considérablement pour Deria et pour Roward, la Princesse et le Prince légitimes de la Principauté.

- Si nous ne trouvons pas un marchand dornien à Castral-Roc, nous continuerons nos recherches à Port-Lannis, indiquais-je aux deux compagnons. Le désir d’un lit moelleux et d’un bain chaud était fort, mais celui de connaître les dernières nouvelles de Dorne – et surtout de ma fratrie – bien plus. En mettant pied dans le domaine des Lannister, et avec l’espoir de pouvoir croiser un visage ami, je me sentais revigorée d’une nouvelle énergie.
- Nous pourrions nous présenter à la Cour des Lannister, et demander leur assistance, souffla discrètement Emris.

Ma seule réponse fut un regard froid et dur. Nous venions de fuir des mains de Yoren Hoare. Si je n’étais pas sa priorité avec la guerre imminente qui se profilait à l’horizon, je ne désirais pas lui donner raison dans le futur – s’il gagnait, s’il survivait et s’il continuait ses folles conquêtes – de causer du tort à Dorne en m’accusant de ne pas avoir respecté le Traité de Boycitre. J’étais otage selon cet accord et, en tant qu’otage, je ne devais pas agir contre la volonté de mon nouveau « maître » - ou geôlier plutôt. Or, comme l’un des hommes de Yoren avait souligné, la Dornienne que j’étais n’arrivait pas à tenir une parole et j’agissais comme bon me semblait. Je devais donc opter pour l’anonymat aussi longtemps que possible, sauf si je trouvais utilité à me révéler aux Lannister et faire face à toutes les conséquences futures possibles et imaginables.

- Nous allons d’abord obtenir des nouvelles de Dorne, et nous aviserons en conséquent, répondis-je, marchant à l’aveuglette, cherchant à savoir où des marchands pourraient bien réunir.

En raison d’un physique « commun » aux « nordiens » de Westeros – toute personne qui ne partageait pas le teint basané des Dorniens -, et de son sexe – important hors des frontières dorniennes -, Emris était chargé de parler avec les différentes personnes. Son accent trahissait assurément ses origines étrangères mais les hommes ne faisaient pas longtemps cas et indiquaient la direction. En un rien de temps, et avec de la chance, nous étions arrivés au Marché de Castral-Roc.

La recherche pouvait commencer.



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Arianne Martell
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MessageSujet: Re: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptyJeu 31 Déc - 0:09

Un nouveau jour, une nouvelle aventure. La matinée bien entamée ne m'avait laissé aucun répit. Il y avait toujours quelque chose à faire entre ma nouvelle position de dame de compagnie d'une reine et mon petit trésor dont je ne voulais louper aucun instant de vie. Le quotidien pouvait sembler prenant et terriblement en vase clos, tout se déroulant au sein des murs imposants de la forteresse de Castral Roc. Ce château imposant, si différent tant dans l'architecture que dans les mœurs du Winterfell de mon enfance, était devenu tout mon univers et il était bien rare que je prenne la peine de quitter ses hauts murs. Pourtant aujourd'hui allait être une exception. J'avais confié ma précieuse enfant aux soins de sa nourrice et à la garde de quelques hommes de la maison Brax, je tâchais tant bien que mal de ne pas me faire de soucis pour sa sécurité. Je n'avais jamais été une âme particulièrement angoissée, mais avec les affreuses péripéties de ces derniers mois la prudence était plus que conseillée. Nous n'étions pas la famille la plus influente du royaume, mais il est vrai qu'étant une très proche parente de la nouvelle reine, et mon époux un grand ami du roi, nous présentions le profil de cible de choix pour toucher en plein cœur le nouveau couple royal. Je détestais l'atmosphère pesante de suspicion qui avait à présent pris ses aises dans mon environnement. Les coupables du complot et de l'assassinat du Roi Loren n'avaient jamais étaient clairement décimés et rien ne permettait d'affirmer que le Roc avait retrouvé sa relative sécurité d'antan.

Une toilette confortable mais seyante enfilée, je quittais mon petit monde pour la ville qui s'étendait aux pieds de la forteresse, grouillante de vie. Croiser tant de monde avait de quoi perturber lorsqu'on était si conditionnée à toujours côtoyer les mêmes personnes. Je n'avais aucun doute sur le fait que ma chère cousine Jeyne aurait adoré une telle balade dans l'effervescence de la cité, mais ses nouvelles responsabilités royales et maternelles ne lui offraient aucun temps libre. J'avais pris sur moi de m'évader quelques temps afin de lui préparer une surprise, je comptais lui faire un présent. Non seulement pour lui changer les idées, mais également pour fêter entre nous son nouveau statut. Elle n'était plus aussi assurée qu'auparavant, les dissensions qui gangrènent le royaume l'atteignent en plein cœur. A Winterfell, elle était aimée, respectée et tous ses sujets l'aimaient telle un membre à part entière de leur famille. Ici, dans ces contrées plus chaudes mais aussi plus vicieuses, ils étaient nombreux à médire, à lui vouloir du mal et je ne pouvais que comprendre qu'elle puisse se sentir perdue. Déambulant parmi les ruelles, je me laissais guider par ma petite escorte composée de quelques hommes de la maison de mon époux, des êtres loyaux et compétents que j'avais réquisitionnée pour pouvoir librement me mouvoir. Personne n'oserait s'en prendre à moi avec cette protection. J'avais également à mon côté un ancien fidèle de ma maison de naissance. Toujours à mon côté il constitue un pilier, toujours présent et assurant sa mission avec discrétion et efficacité il n'y a personne en qui j'ai plus confiance pour me maintenir en sécurité.

Guidée par mes accompagnateurs je débouchais rapidement sur la place du marché, bondée et bruyante. Tout ici excitait les sens, des curiosités agrippaient le regard sur nombre d'échoppes, des épices parfumaient l'atmosphère de mille nuances, des bruits d'aliments grillés et des musiciens se chargeaient de la musicalité de l'endroit. Ne manquait à ce tableau que le toucher des centaines de variété d'étoffes qui se disputaient la rareté, la douceur, la préciosité, le prix. Partout des marchands hurlaient des arguments parfois très imaginatifs pour attirer les bourses et multiplier leur profit. Fascinée par ce milieu que je n'avais presque jamais pu observer je laissais mon regard vagabonder un peu partout, ne sachant très précisément ce que j'avais l'intention d'offrir à ma chère reine. Dans mon enfance, à une époque qui me semble à présent appartenir à une autre vie, nous énoncions souvent aux serviteurs ce dont nous avions besoin et c'étaient eux qui se chargeaient de nous le rapporter, ou alors les artisans et autres commerçants se déplaçaient jusqu'à la cour pour offrir leurs services. Certes, c'est également la pratique dans cette contrée, mais je n'avais pas du tout envisagée d'y recourir, tant cette escapade était également l'occasion de m'aérer l'esprit et de modifier quelque peu ma routine. J'étais heureuse de pouvoir découvrir un autre aspect de cette ville, de pouvoir profiter de la compagnie d'autres ouestriens, parfois plus modeste, mais aussi de pouvoir découvrir par mes propres yeux le mode de vie de ces gens. Bien entendu Gareth m'avait déjà entraîné dans la découverte de certains quartiers de la ville, comme le grand septuaire ou d'autres curiosités, tant architecturale que de son passé, mais j'étais ravie de pouvoir me faire de nouveaux souvenirs sans lui.

Dérivant entre le flot des acheteurs je fini par repérer un petit magasin prometteur dont les marchandises mélangeaient les étoffes, les bijoux mais aussi quelques éléments de verrerie. Curieuse je m’approchais sans cacher mon intérêt. Dans un sens je regrettais que Quentyn n'ai pas pu m'accompagner. Mon époux, en marchand chevronné aurait aisément pu négocier pour moi prix et services. Malheureusement il était retenu auprès de son père pour des considérations autrement plus importante. Il soutenait mon projet et m'avait alloué une petite somme. Nous n'étions pas du tout à plaindre financièrement, mais ce n'était pas pour autant que j'étais prête à mettre des sommes folles pour un simple présent, fusse t-il à ma royale cousine. Je cherchais surtout un élément discret mais gage d'une réelle signification et d'une qualité à la hauteur de notre rang. Parcourant du regard les différents éléments je m'entichais d'une pièce assez étonnante, un bracelet d'or très fin, auquel pendouillait de petits éléments représentant un soleil puis une lune, entrelacés dans un splendide travail d’orfèvrerie. Au centre de chaque élément se déployait une pierre très étrange, aux reflets changeant selon la luminosité qui évoquait l'apparence même de la terre. Le vendeur, ayant remarqué mon ostensible intérêt, déboula de l'arrière boutique à toute vitesse. D'abord surprise je me montrais réservée, ne dévoilant ni la destinataire de mon présent ni le prix que j'étais prête à payer pour un tel objet. L'homme ne se démontant pas face à ma prudente attitude ne se fit que plus imposante et volontaire. J'étais alors je dois bien l'admettre décontenancée et totalement perdue quant à savoir si l'objet mystérieux provenait bien des terres exotiques d'Essos ou d'une toute autre contrée et s'il valait bien la somme scandaleuse qu'il en demandait.



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Lynara Brax
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MessageSujet: Re: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptyLun 18 Jan - 23:10

Chercher un commerçant dornien était comme trouver une aiguille dans une botte de foin ! Je pensais qu’il aurait été de trouver un marchand dornien, en raison de notre physique, de notre fort accent ou de nos produits d’excellentes factures. Je m’étais fourvoyée considérablement ! Les réponses des commerçants ouestriens étaient approximatifs, ou données avec une méfiance. J’avais oublié que je n’étais pas au sein de la Principauté de Dorne, et que l’égalité homme-femme était inexistante ici. Ajoutons à cela qu’il existait toujours une crainte chez chaque commerçant, qu’en prononçant le nom du concurrent, sa clientèle s’envolerait entièrement vers lui !

- Je te confie la recherche, Emris. Ils se méfieront moins avec un homme, et tu n’as pas le physique typique des Dorniens. Tu pourras leur arracher plus de concessions que moi, confessais-je contre gré. Pendant ce temps, je vais écrire à maman pour la rassurer et pour obtenir son aide.

Ma mère et moi avions une relation assez fusionnelle et basée sur une solide confiance. Elle saurait garder le secret de cet échange, tout en apportant discrètement une aide significative dans tout projet que je pourrais nourrir. De plus, si elle n’était pas aussi riche que la famille Martell, son bordel lui apportait des revenus réguliers et assez suffisants pour subvenir aux besoins ponctuels de sa progéniture. J’avais donc à trouver du papier, de la cire et un messager ou un corbeau pour les Météores ! Commençons par la première étape qui allait être déjà bien ardu. L’écriture et la lecture étaient privilèges des maisons nobles bien souvent. Il fallait que j’arrive à acheter ce matériel assurément coûteux, sans trop attirer l’attention.

Malgré moi, en vagabondant parmi les étales et devantures que quelques boutiques, je ne peux pas m’empêcher d’être attirée par ces produits. Je me surprenais à jauger et à juger de la beauté de telle pierre, à m’émerveiller devant la couleur vive de tel tissu … la nature revenait au galop, malgré moi, m’arrachant un sourire aussi amer que doux. Serais-je réellement capable de changer, ou d’être meilleure, en me débarrassant de démons passés, en acceptant ma personne – mes défauts, mes qualités, mon passé, mon présent et mon futur ? Aurais-je la force et la sagesse nécessaire ?

Et je surpris donc, par le plus grand hasard, une conversation entre une demoiselle bien trop jeune et un marchand bien trop gourmand. J’écoutais toujours, feignant m’intéresser à quelques bricoles. Il semblerait que je sois trop indigne de ses produits prétendument luxueux, coûteux et exceptionnels, car il s’approche de moi, me sachant à coup de cris ou de gestes, comme si j’étais une pauvre gueuse ou mendiante. Certes, ma tenue, la crasse collée et mes traits noircis par la boue donnaient cette impression et, pourtant, j’étais sincèrement humiliée !

- Vos produits ne valent rien ! C’est de l’or plaqué, ma dame ! Sur cette bricole, elle s’écaille même, soulignais-je en pointant du doigt l’un des accessoires qui m’avait attiré l’œil. Enfin, en Essos, les artisans ne façonnent pas des bracelets avec selon la mode du Westeros. Ils créent pour répondre à la demande de leur propre gens en priorité. Ajoutons à cela qu’actuellement l’Essos a cessé tout commerce avec Westeros, alors je serais bien curieuse de savoir comment vous aurez pu acquérir des joyaux de ce continent. « Ca », ma dame, dis-je en désignant du menton le bracelet que tenait la jeune fille, c’est clairement la mode de Westeros ! Et du toc !

L’homme vira au rouge. Il bredouillait qu’il avait reçu cette marchandise d’Essos il y a bien longtemps, il grognait que j’étais une impertinente envoyée par des concurrents pour ruiner son honnête commerce et il finit par me dire de déguerpir, dans un langage un brin plus grossier évidemment.

- Grossier personnage, c’est vous qui n’avez pas honte de profiter de la naïveté d’une jeune fille ! dis-je, tournant les talons, le menton haut, le bustier bombé et le dos droit. Je sens bien que j’avais attiré une attention inutile.



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Arianne Martell
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MessageSujet: Re: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptySam 6 Mar - 18:47

Je suis bien plus douée pour la gestion des achats de premières nécessités que pour la négociation commerciale sur un produit d’apparat prétendument luxueux. C'est la réflexion qui ne cessait de me tarauder tandis que le gros bonhomme me déballe son argumentaire bien rodé. Je ne dois pas être la seule dame à s'intéresser à ses produits, je sens très bien qu'il dégouline de confiance en lui, en plus d'une légère odeur de sueur proéminente et quelque peu incommodante. J'ai commencé à perdre l'accoutumance aux flagrances fortes et animales des êtres évoluant dans des conditions plus modestes que les habitants du château. Winterfell permettait un certain mélange des conditions, car cette place forte ne glorifiait pas autant le paraître et la démonstration de puissance. Souvent, des misérables étaient recueillis dans l'enceinte pour les protéger d'agressions ou pour les mettre sous l'aile de la générosité royale en les confiant aux bons soins de d'âmes charitables, qu'elles soient bourgeoises, nobles ou même royales. Le peuple ne nous effrayait pas autant que ce qui semble se dérouler dans l'Ouest, où les souverains ont à cœur de le maintenir à bonne distance de leur quotidien. Je ne trouve pas ça très logique, puisqu'ils sont alors plus qu'étrangers aux conditions de vie et aux humeurs des pauvres gens. Peut être que Jeyne parviendrait à faire évoluer les choses, à propulser quelques réformes qui permettraient un rapprochement entre les classes. Après tout le peuple ne peut survivre sans ses souverains, qui ont alors pour unique devoir sa sauvegarde et son bien-être. Peut être les Lannister ont ils perdus de vue cette optique de par la profusion d'opulence de leur existence. Je ne me perdrais pas en conjecture, ce n'est ni mon rôle, ni salutaire dans ma situation. Je reste quelque peu impuissante tant face à cette réalité que face au marchand qui ne se laisse pas démonter par mon air dubitatif.

Je n'ai aucune raison de mettre ses paroles en doute, mais son prix ne me convient pas du tout. Mon éducation, forgée dans la dureté des guerres successives que le Nord a dû affronter, m'a toujours poussée à la frugalité et à la sauvegarde des ressources pour pouvoir faire face aux pires situations. Je ne me sentais absolument pas à l'aise à l'idée dépenser une fortune dans quelque chose de si accessoire, car en cas de malheur ce bijou ne subviendrait à aucun besoin essentiel. L'attention totalement accaparée par cet homme à la voix forte, j'avais totalement manqué l'arrivée dans la petite boutique d'une autre âme. Une demoiselle, fort peu similaire à ma personne et qui semblait tenir à une certaine discrétion. C'est l'impression que j'aurais pu avoir au vue de la longue cape qui lui recouvrait les épaules, bien que le capuchon ne recouvrit pas son jolie visage crasseux. Sa condition pouvait s'imaginer de par son accoutrement passablement usagé, par la saleté qui non seulement entachait ses vêtements mais également sa peau halée. Je n'avais pas souvent croisé un être avec une telle couleur de peau, sauf lors du conclave de Goëville, au sein de la délégation dornienne mais aussi peyredragonienne car certains de ses représentants étaient natifs d'Essos.

Je ne pus découvrir sa présence uniquement lorsque mon imposant interlocuteur décida de se diriger en trombe vers sa personne afin de la faire déguerpir par une attitude des plus menaçante et un langage bien peu courtois. L'homme avait certainement craint pour ses marchandises tant l'apparence de cette femme faisait penser à une potentielle voleuse. Il ne cessait de la harceler jusqu'à ce qu'elle capitule et quitte les lieux, insistant sur le fait que jamais elle ne pourrait acquérir quoique ce soit dans son établissement. Je fronçais les sourcils face à ce comportement proprement détestable, d'autant que la possibilité de faire erreur aurait pu lui recommander une plus grande prudence et de la délicatesse. En effet, les apparences étaient souvent trompeuses et cette jeune personne pouvait simplement être une noble ayant traversé moult péripéties ou une influente bourgeoise dornienne ayant des mœurs excentriques, il se privait peut être par ses manières rebutantes d'une vente juteuse. L'inconnue n'appréciait pas plus cette agression et il ne fallut pas longtemps pour que sa voix surpasse celle de l'homme pour dénoncer son manque de probité et la piètre qualité de ses marchandises. La première chose qui me frappa, c'est que cette demoiselle à l'apparente condition modeste se déplaçait par des gestes gracieux et que son port de tête ne correspondait absolument pas à une paysanne ou à tout autre membre du peuple. Sa condition n'était pas celle qu'il semblait et je ne pouvais m'empêcher de me poser une foule de questions à son sujet. Elle semblait avoir rompu son vœux de discrétion par une fierté bafouée, mais son expertise sur les produits émanant ou non de pays exotiques semblait plutôt étayée par de solides arguments qui mettaient en difficulté le commerçant.

Les yeux écarquillées je ne pus que la dévisager pendant quelques instants, avant de reporter mon attention sur le bracelet en question. Les détails qu'elle évoquait me sautèrent alors aux yeux et je ne manquais pas de le replacer là où j'avais pu le trouver. L'homme se défendit immédiatement en arguant qu'elle était à la solde d'un de ses concurrents, venue pour capter sa clientèle et faire couler son commerce. Je restais silencieuse, de peur de me faire embarquer dans une histoire dont la compréhension m'échappait. Une fois encore je déplorais de ne pas avoir pu amener mon époux avec moi, car Quentyn aurait su me dire au premier coup d’œil le provenance de cet objet. Alors que je m'attendais à ce que la silhouette féminine vienne me conseiller d'autres adresses ou faire la promotion d'autres produits qui pourraient bien mieux me satisfaire, elle tourna simplement les talons pour s'échapper de cette maudite boutique. Cela ne manqua pas de détruite toute la justification de l'homme de négoce, car elle n'avait en rien cherché à me conduire dans un commerce concurrent ou à conserver ma compagnie pour accaparer mon argent. Cette attitude ne pouvait donc qu'appuyer ses dires et me pousser à lui accorder ma confiance.

Cela me la rendit également plus que mystérieuse. Quittant là ce détestable personnage, je pris congé poliment mais avec la ferme résolution de ne plus jamais remettre les pieds à cette adresse. Mon protecteur ne quittant pas mes pas il dissuada l'homme de toute insistance, le forçant à se résigner à mon jugement. Avec une certaine hâte je me lançais aux trousses de cette mystérieuse étrangère, souhaitant en savoir plus sur sa personne mais également pour la remercier de m'avoir permis de ne pas gaspiller mon argent en contrefaçon. Après quelques dizaines de secondes à parcourir la foule du regard je pus la localiser non loin, dans une artère secondaire. Pressant le pas sur les pavés en prenant garde de ne pas m'y briser une cheville je réussis néanmoins à la rattraper. Mon pas ne manqua certainement pas de l'alerter sur mes intentions et peut être avait elle sciemment ralentie pour me laisser la possibilité de l'aborder. Respectueusement je l'interpellais pour pouvoir échanger quelques mots.

« Mademoiselle, permettez moi de me présenter. Lynara Brax, je suis une résidente de Castral Roc et je ne peux que vous remercier de cette intervention presque miraculeuse. Je dois dire que vos connaissances des productions d'Essos ont sauvé ma bourse d'un malheureux achat. Je ne peux que vous exprimer ma reconnaissance. Je tiens à connaître l'identité de celle qui a su me tirer de ce mauvais pas, mais également je ne peux vous laisser repartir sans m'acquitter de la dette que j'ai envers vous. »

Tout ceci était un peu un prétexte, mais j'agissais avec des intentions altruistes et la seule volonté de satisfaire ma curiosité. Si cette personne était réellement issue du peuple elle ne manquerait pas de saisir cette opportunité de me soustraire quelques pièces. Je ne m'en formalisais pas, quelque part j'étais peut être avide de nouvelles rencontres et aussi terriblement fascinée par ces contrées lointaines qu'il ne m'avait jamais été donné de visiter. Lui adressant un sourire amical et bienveillant je tâchais de ne pas trop la détailler et de me fixer sur ses jolis iris. Peut être s'étonnerait elle du léger accent qui parsemait mes paroles. En effet malgré plus d'une année passée sur ces terres je n'avais pas encore totalement perdu mes intonations nordiennes sur certaines syllabes et peut être ne serait ce jamais le cas.

« Accepteriez vous que nos chemins se croisent pour un petit instant ? Je serais ravie de pouvoir échanger avec une étrangère à ses terres, en effet je suis d'un naturel plutôt curieux envers les merveilles qui se dissimulent au-delà de nos frontières. »


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MessageSujet: Re: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptyDim 28 Mar - 0:25

Lorsque Père et Grand-mère étaient encore vivants, je dépensais sans compter mais toujours pour des produits d’une très grande qualité et auprès de marchands qui avaient toute ma confiance et qui acceptaient de marchander. Il n’était point question que je dépense l’argent donné par les miens inconsciemment, et sans obtenir un prix convenable. J’étais une Sand, née au sein de la maison Martell, mais ce sang mêlé et royal n’était pas une raison pour que je me considère au-dessous de tout acte raisonnable. Comme ma Mère disait si bien : « Tu peux être très riche, tu peux être très pauvre, qu’importe ! Il est impératif de négocier tout ce que tu achètes. La négociation permet de conserver ta richesse ou, au contraire, de l’augmenter. Retiens bien cette leçon Arianne, c’est important lorsque tu seras mariée et que tu devras assurer la gestion du domaine de ton époux ». Fort malheureusement pour cette femme commerçante et tenancière de bordel, sa fille était condamnée à être la « vieille-fille » de la maison Martell, avec nul prospect de mariage et, actuellement, aucune chance d’un mariage convenable. Au mieux, un bourgeois pourrait vouloir de moi. Au pire, je devrais accepter la proposition d’un noble désargenté ou trop vieux en seconde ou troisième noces…  

L’affaire aurait pu s’arrêter là, avec un marchand grossier qui me rejette comme une vieille mendiante sans-le-sou et moi qui rumine ma colère tout le reste de cette journée. Sauf qu’elle ne s’arrêtait pas là, et voilà que la jeune femme de tout à l’heure m’interpelle et m’arrête. Sa demande me laisse pantoise. Je me rendais compte, subitement, de l’imprudence dont je venais de faire preuve. Une Dornienne issue du peuple ne pouvait pas être au courant d’autant de détails, et surtout une Dornienne dans les ruelles de l’Ouest n’était pas une chose anodine. Je me promets de faire bien plus attention pour le reste du voyage, notamment à fermer cette bouche si impertinente et si traîtresse. Fuir serait une autre stupidité de ma part, et attirerait une suspicion non nécessaire. Être honnête serait suicidaire : la Dame disait être une résidente du Roc, et elle avait un nom ! Ce n’était pas une demoiselle du peuple, mais une noble de la Capitale des Lions !

- Je viens d’une longue lignée de commerçants dorniens, inventais-je instinctivement, repensant aux quelques paroles pompeuses et vaniteuses des marchands de Lancehélion – ou venus d’autres contrées. Nous apprenons bien vite à reconnaître une bonne marchandise, et à en déterminer un prix convenable.

Et puis, elle parle de s’acquitter de sa dette. Je repense aussitôt à toutes ces difficultés que j’accumule depuis mon départ précipité d’Haye-Pierre. Si je pouvais grapiller quelques maigres avantages de cette demoiselle, je serais bien plus sereine et plus confiante pour la suite du trajet. La question était de savoir si je pourrais éviter d’autres erreurs, et si je pourrais dissimuler convenablement ma véritable identité. Malgré que je sois une bâtarde, je portais le sang de Nymor Martell et j’avais été la conseillère de la Princesse. J’avais à faire grande attention et à me taire, ou autrement je me retrouverai devant les Lannister sans que cela se fasse par ma volonté !

- Si vous le désirez, je ne peux pas refuser. Je suis qu’une fille de marchande, mentis-je toujours, avec aisance et sans scrupule.

Lorsqu’on fréquentait une cour, qu’on était dépêché par une Souveraine pour quelques tâches délicates ou ingrates – que ce soit sur ordre de feu la Princesse Meria, ma Grand-mère, ou la Princesse Deria –, il fallait savoir faire prétendre sans se trahir. [i]« Jouons notre monde par la plus sereine apparence. Un visage faux doit cacher ce que sait un cœur faux » [Macbeth, W.Shakespear] [i]disait un poète dornien. Et il était plus facile de se jouer d’un monde étranger : ils ne nous connaissaient pas, et je ne les connaissais pas.

- Avant que je ne puisse vous faire part des beautés, des mystères et des réalités de mes terres natales, ma Dame, permettez-moi de vous donner un conseil. Ne montrez pas si ouvertement votre intérêt pour l’objet de votre cœur à qui que ce soit. Vous rendez les armes avant même que les négociations ne soient lancées. Or sans négociation, votre bourse se videra bien plus vite qu’elle ne se remplira. Et si vous n’êtes pas familières des négociations, commencez alors par de petits achats et accompagnez autant que possible un homme de votre famille versé dans le commerce lorsque lui-même fait quelques achats pour l'observer, et pour apprendre.

J’ose espérer qu’elle prendra un tantinet peur avec cette leçon de moral sur la négociation. Je me fiche que son orgueil soit piqué : on ne pouvait pas m’arrêter pour avoir donné quelques conseils, n’est-ce pas ? Ou, à nouveau, je faisais preuve d’une trop grande naïveté sur les réalités du bas-peuple et de son triste destin ?



Soumise, Vaincue, Blessée
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Arianne Martell
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MessageSujet: Re: Nouvelles et commission    Nouvelles et commission  EmptySam 29 Mai - 23:29

L'inconnue reste interdite quelques secondes en face de moi, hésitante, semblant peser le pour et le contre quant à m'adresser de nouveau la parole. Je peux comprendre, ma démarche peut sembler plus que cavalière et inhabituelle. Je ne suis pas d'un naturel particulièrement suspicieuse, même si les récents évènements m'avaient poussé à plus de prudence, je conserve mon optimisme et ma foi en la nature humaine. « Un acte de compassion peut valoir bien plus que la plus précieuse gemme », c'est l'une des plus précieuses leçons de ma mère, et je ne peux honorablement m'en détourner sans me trahir totalement. L'Ouest a réussi à me soutirer beaucoup, pour ces contrées j'ai dû renoncer à tellement de choses qu'il me coûte énormément à présent de me travestir pour correspondre aux mœurs parfois trop étrangères des lions. Mon attitude pouvait désespérer Quentyn, trop inquiet de me voir me mettre en danger trop facilement par excès de confiance.

Pourtant je refuse de considérer l'étranger forcément comme un danger, cette demoiselle est une énigme mais elle n'a rien fait qui pourrait me la rendre menaçante. Patiente je la laisse me jauger et préparer sa réponse. Mon protecteur reste quelque peu en retrait, nous donnant respectueusement l'espace dont j'ai besoin pour me croire libre. Il est sur ses gardes, je le sens, il m'accompagne depuis un bon moment maintenant et je peux deviner la tension qui étire imperceptiblement ses traits rien que par un coup d’œil. Je décide de l'ignorer, mais je demeure à bonne distance, de sorte qu'il lui sera aisé d'intervenir en cas d'issue peu favorable à cette entrevue. J'ai fait le choix de ne rien cacher de mon identité, après tout mes atours comme mon discours dénotent dans cet univers populaire et poussiéreux. Je suis un peu fatiguée par le bruit et l'effervescence et cela doit être plus que facile de deviner que je ne suis pas tellement dans mon élément, ma condition saute alors aux yeux de la moindre personne dotée d'un peu de capacité de déduction. Peut être voulais je également l'impressionner en lui livrant tout de suite mon lieu de résidence, je ne saurais le dire, quelque part je me suis dit que cela aiderait peut être à lui donner confiance en moi, après tout la noblesse est censée être mue par des idéaux d'honneur et de probité, bien que ce n'était souvent qu'un vernis bien vite craquelé sur ces terres de perfidies et d'ambition.

Enfin sa voix s'élève à nous, bien moins vindicative pour me répondre. Je suis d'abord étonnée qu'elle ne réponde pas à ma présentation par une introduction de sa personne, en effet je reste ignorante de son nom et cela me dérange quelque peu. Ne souhaitant pas la brusquer je la laisse terminer. La première information qu'elle me livre est celle de la profession de sa lignée, je hoche la tête avec un petit sourire. Si je parviens à prendre connaissance de son prénom, peut être mon époux aura t-il eu affaire avec sa parentèle et il pourra ajouter des éléments instructifs à son propos.

« Et bien fille de marchands dorniens je suis ravie de faire votre connaissance ! Cependant je pense qu'il serait plus pratique si j'avais un prénom à identifier. Peut être d'ailleurs connaissez vous mon époux de par la profession de votre parenté, la famille Brax, et notamment mon aimé, a grandement participé à l'installation de comptoirs commerciaux aux quatre coins de Westeros et d'Essos. Malheureusement je n'ai pas encore pu bénéficier de ses connaissances et je dois dire que cette maigre expérience ne m'incite pas à apprécier le négoce. »

Je lui offre un petit rire, n'ayant aucune honte à m'amuser de mon comportement. Il est certain que les préjugés doivent être tenaces dans son esprit et je n'ai pu que renforcé celui de la noble ignorante et peut être un peu naïve. Pourtant, je tenais à ne pas m'en formaliser mais aussi à apprendre d'elle, après tout elle avait su susciter mon admiration par la fougue avec laquelle elle avait remis l'homme à sa place, se moquant pertinemment du regard des badauds. Elle a en elle une force que j'envierai presque. De plus, je tiens à la mettre à l'aise dans nos échanges pour qu'elle soit poussée à m'en dire un peu plus. Il est naturel de la voir si avare d'informations, mais j'ai espoir de pouvoir en découvrir un peu plus sur elle, appuyer sur nos points communs pourra me rendre plus sympathique à ses yeux.

Avec joie ma comparse du jour accepte que je me joigne à elle et je m'empresse alors de m'approcher d'elle pour lui emboiter le pas quelle que soit sa destination. Avec étonnement je note qu'elle appuie une seconde fois sur sa qualité et cela me fait une drôle d'impression. Me prend t-elle pour une simple d'esprit ? J'ai parfaitement entendu et compris la première fois qu'elle venait d'une famille de négociants, pourquoi alors avoir besoin de me le répéter une seconde fois. Peut être était ce là une habitude de langage des dorniens qui m'apparaît saugrenu.

« Rien ne pouvait me faire plus plaisir que cet assentiment. Dites moi donc quelle est la raison de votre présence en nos opulentes terres de l'Ouest, êtes vous en quête de quelques raretés à proposer aux plus influents dorniens amateurs de trésors ? »

Mon ton est léger, je ne lui présente qu'une frivole supposition qui est bien la plus évidente de toutes, pourtant j'ai de grandes chances de tomber juste, après tout les clés d'un mystère ne sont pas toujours celles les plus savamment dissimulées. Une nouvelle fois l'étrangère me prend au dépourvu en débutant son discours sur un petit cours sur l'art de la négociation. Je reste silencieuse, écoutant avec attention ses conseils, elle semble parfaitement savoir de quoi elle parle et je suis reconnaissante de ce savoir qu'elle partage avec moi. La manœuvre peut être intimidante, surtout pour une femme, il faut avouer que ce n'est pas une matière que l'on enseigne en détail pour les nobles demoiselles.

« Je vous remercie pour cette petite leçon très instructive, je tâcherai d'appliquer ces suggestions, même si je ne sais pas si mon compagnon appréciera de m'avoir dans les pattes lorsqu'il travaille. Je n'ai guère d'autres hommes qui constitueraient une famille par ici. »

Je la laisse faire ses propres conclusions, je ne veux pas lui révéler cette partie de mon histoire, d'autant que la position des dorniens n'est plus très nettes depuis qu'ils ont flanché face aux forces bieffoises. Je ne peux pas deviner son opinion quant aux nordiens, mais on ne peut imaginer deux peuples plus éloignés et je ne veux pas risquer d'animosité de sa part, surtout alors qu'elle a accepté de me parler un peu plus de Dorne.


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