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 Tonight we dine in Hell

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MessageSujet: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyJeu 17 Déc - 16:14

J’étais ivre. Et ce n’était même pas un exploit réalisé avec mon propre argent. Je me retrouvais dans une drôle de posture… Même pas de quoi me payer moi-même un godet de bière. Je dépendais des subsides de la cour, de l’aide sous forme de rente que l’on avait bien voulu m’accorder en arrivant au Roc pour mes dépenses courantes. Sans avoir à payer de loyer ni de repas, ni aucun autre service, cela revenait à une gageure de ne pas la dépenser dans des bêtises. De toute façon, le calcul avait été vite fait et ma mauvaise conscience s’était très rapidement retrouvée à se faire dédouaner par mon pragmatisme. Ce n’était pas avec ces oboles que j’allais pouvoir lever des troupes pour reprendre mon domaine, ni même pour louer quelques compagnons et fines lames. Ce n’était pas non plus avec ça que je pourrais conclure union ou alliance, je ne pouvais rien en faire, objectivement. Même en l’économisant. En plus, on ne pouvait pas vraiment dire qu’on m’avait attribué cette petite bourse pour autre chose que mon confort, et pour que je tienne mon rang…


Bon, quand même, finir par dépenser ces lions d’or et d’argent dans une taverne mal famée de Port-Lannis…


Les jeunes femmes y étaient accortes. Je n’étais pas encore prêt à surmonter ma timidité et à franchir le pas de ce genre d’affront à l’honneur de ma maison ; festoyer jusqu’à l’oubli dans une femme sans plus chercher à combattre l’infamie que nous avions traversée… Quoiqu’il en soit, les autres jeunes nobles de la ville aimaient à s’encanailler dans l’endroit. Ils me servaient à nourrir ma bonne conscience, en me leurrant d’un fragile espoir que j’arriverais à nouer des contacts suffisamment forts pour avoir enfin les moyens de reprendre Godric’s Hall… La seule pensée du manoir familial, au sommet de l’éperon rocheux dominant le bourg bâti sur la route redescendant vers Silverhill, me torturait toujours autant. Je reprenais une sacrée lampée de vinasse alors que j’entendais à nouveau la porte s’ouvrir sur des marins venus du port, et d’horizons bien différents.


La soirée passe en plaisanteries graveleuses, en mauvais vin, et en caresses à peine voilées de filles de petite vertu qui n’ont que l’embarras du choix pour remplir leur propre escarcelle au cours de la nuit. Les éclats de voix sont de plus en plus forts à mesure que la soirée avance et c’est mon tour d’aller me soulager la vessie dehors, dans une rigole du trottoir qui redescend doucement vers les quais sur des pavés plus ou moins branlants à cause des cahots des roues des charrettes qui débarquent les marchandises des palans des navires. Quand je rentre, j’arrive en pleine bagarre entre des marins de pays différents, au faciès qui l’était tout autant, malgré des tenues assez proches, vouées à la fonction qui était la leur. Je dois esquiver un tabouret, lancé sur un type plus grand que moi, qui se fracasse contre la porte.


Je suis bousculé par l’arrière, mais je me rends compte qu’il s’agit d’un type sans doute plus ou moins de mon âge qui semble à peu près aussi perdu que moi. D’instinct, je le pousse sur le côté quand un marin d’une taille gigantesque allait lui abattre dessus un cruchon de vin. Ca me pousse à tirer un type qui se battait à côté de moi pour le pousser entre moi et la menace, et je relève le premier type que j’ai à moitié jeté par terre à cause du danger pressant… Et m’excuse, en balbutiant.



| Je suis vr-vraiment désolé de t’avoir poussé mon gars, mais ces ruffians n’ont pas l’air de faire dans la dentelle, le gros là allait t’ouvrir le crâne alors que ce rustre cogne au hasard ! |


On nous bouscule et on nous presse de toute part, mais on nous ignore relativement ; je pointe du doigt la sortie vers la venelle de derrière.


| Par là, on pourra se barrer avant que ça ne tourne trop au vinaigre ! |



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptySam 19 Déc - 19:13

C’est la première fois que je mets les pieds à Lannisport et ma foi, passé quelques verres, je dois bien avouer que je ne fais plus la différence avec Goëville. Au fond, dans leurs cœurs les plus malfamés, toutes les cités se ressemblent un peu, la distinction est un luxe. J’ai accompagné le reste de l’équipage du Sourire de la Jouvencelle plus par commodité que véritable désir. Passé près de deux mois en mer en leur compagnie et je commence à connaitre un peu trop bien chacun des hommes sous mon commandement, quant au capitaine et aux autres officiers notre relations s’est forgée dans les tempêtes et les parties de cartes. A quai, l’instinct grégaire a tendance à nous mener dans les mêmes tavernes mais à s’attarder un peu trop il n’est pas rare d’y finir seul, l’équipage éclaté au gré des rencontres s’étant dispersé en galante compagnie dans les ruelles de la cité. Tant qu’ils sont à l’heure et lieu de rendez-vous, la façon que chacun a d’occuper sa nuit ne nous regarde pas.

D’ailleurs, depuis quelques temps et le vin aidant, je me surprends également à laisser mon regard trainer sur quelques filles à matelots. Après un long voyage, me dégourdir l’entre-jambe ne serait pas de refus et je me demande si les demoiselles de l’Ouest sont aussi douées que de par chez nous. Leurs cheveux blonds communs à ces régions ont quelque chose d’exotique. Je me laisse encore un peu le temps de la réflexion, le prix n’est pas tant un problème que le choix : j’aime en avoir pour mon argent. A côté de moi, l’un de nos marins demande si les lions de Lannisport ne sont en fait que des chats de gouttière. Je souris à la plaisanterie mais un autre équipage semble mal prendre le trait. Il n’en faut pas plus pour que déjà le ton monte.

Ces bagarres sont fréquentes lors de nos escales, bien que j’aime à penser que la Compagnie n’est pas la plus infréquentable de Goëville, nos budgets ne sont pas à la hauteur des Grafton ou des Arryn et il faut composer avec des marins parfois quelque peu remuant. Même si j’ai pour ma part donné mon lot de coups de poings, j’avoue ne pas avoir le gabarit de mes compagnons. Un train de vie semi-bourgeois fait de longues après-midi coincé dans mon bureau à faire de la paperasse ne me permet pas de rivaliser avec les marins les plus charpentés du Val. Peu importe, je pense me dérouiller à peu près à l’épée, mais pas question de la tirer pour le moment, ce serait provoquer une escalade. Humblement et parce que j’ai encore dans l’idée de repartir avec une fille, je me déporte dans un coin de la pièce pour tenter d’échapper au gros des hostilités.

Le lieu est rapidement exigu pour des hommes agités et dans l’obscurité des chandelles on n’y comprend rapidement plus grand-chose. Reculant toujours en essayant de ne pas renverser le fond de vin de mon verre, je rentre dans un type que je n’avais pas vu et le vin termine par terre. J’ai un regard triste pour le liquide mais ne tarde pas à le rejoindre soudain vivement bousculé je m’étale sans grâce sur le sol. J’ai surestimé mon équilibre, je pense. A peine le temps de maudire celui qui vient d’ouvrir les hostilités, je me prépare mentalement à entrer à mon tour dans la bagarre quand, loin de me tomber dessus comme je le craignais, l’autre semble se proposer de me relever en s’excusant d’un ton mal assuré.

A cause du vin, je fronce les sourcils, le temps de mettre de l’ordre dans mes idées. A son accent et son faciès, je constate rapidement qu’il n’est pas de l’équipage, ce qui aurait pu expliquer son anxiété à l’idée d’avoir bousculé un officier. Encore un peu lent, je ne réponds rien, me contente simplement de hocher la tête en constatant que mon nouveau camarade n’a pas tort : la mêlée est devenue générale et tout le monde frappe plus ou moins au hasard maintenant, peu importe ses origines. A peine relevé qu’à nouveau nous sommes bousculés et il faut choisir entre rester ou fuir. Finalement, l’autre ne me laisse pas vraiment le choix, il force la décision en désignant une sortie et je hoche de nouveau la tête, toujours un peu contrarié par mon vin perdu et la tournure des choses.

- D’accord, tirons-nous d’là.

En jouant un peu des coudes et en baissant la tête, nous nous frayons sans mal un chemin jusqu’à la porte et sortons sans demander notre reste. L’air frais du soir me saisit et me remet les idées en place, je prends le temps de m’étirer un peu les membres avant de jeter un œil à celui qui m’a peut-être évité une bosse. Sans pour autant faire concurrence avec les grands seigneurs, quelque chose dans son allure me donne à penser qu’il ne s’agit pas d’un marin de bas étage. A force de côtoyer autant la lie de l’humanité que les plus prestigieuses cours je commence à avoir l’œil pour reconnaitre les détails qui distinguent l’important de l’indigent. En parlant de détail, une tâche pourpre macule désormais ma chemise, tout ce qui reste du contenu de mon verre.

- Pour ce qui est de tourner au vinaigre, j’espère que tu parlais pas de ce vin parce qu’il avait déjà tourné dans le fût.

C’est vrai qu’à bien y réfléchir, on nous a servi de la piquette, mais enfin je ne m’attendais pas vraiment à grand-chose de plus au vu de la gueule de l’établissement que nous venons de quitter. A l’intérieur, les bruits étouffés de lutte nous indiquent que l’endroit est encore infréquentable pour le moment ce qui achève mes espoirs de repartir bien accompagné. Je soupire à regret, plus pour la forme qu’avec sincérité. En vérité la situation m’amuse un peu.

- Les filles ont dû filer par l’autre côté je pense mais si tu connais un autre coin dans le même genre la soirée est peut-être pas complètement perdue.

Je souris l’air de rien. Si ce gars n’est pas marin, il est peut-être marchand ou quelque chose du même tonneau, je ne connais pas du tout Lannisport mais il y a sans doute moyen de se faire recommander de meilleures adresses que ce rade pourri que nous venons de quitter.

- Du même genre ou un peu plus classieux, d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 30 Déc - 9:21

Je ne sais pas du tout d’où est venu la base de la dispute. Il est clair que ces équipages sont remplis d’hommes forts en gueule et qu’il est fort probable que tout ne soit jamais parti que d’un petit drame à couper les cheveux en quatre. Bien sûr, les marins n’avaient pas grand-chose pour vivre. Je me rappelais encore des paroles de mon père, qui avait bien plus voyagé que moi en son temps, qui me contait de quoi était faite l’existence en mer. Ca ne changeait rien au fond du problème mais du fait de bien peu d’occupations et de possessions ces gens avaient une fierté qui n’avait d’égale que les dangers rencontrés en haute mer, entre tempêtes et manque de vent, sans parler de la navigation côtière et ses récifs, ses embruns particuliers et ses hauts fonds sur lesquels il était si facile de s’échouer et de tout perdre de sa précieuse cargaison. Quoiqu’il en soit, la raison importait peu finalement car les conséquences étaient là ; il était possible que tout ceci ne soit dû qu’à la fierté ou à la veulerie des gens de taverne mais les conséquences étaient quoiqu’il en soit partagées par tout un chacun.


Le jeune type que j’ai un peu aidé par la force des choses semble étranger. Quelque chose dans son teint, dans son regard. Il ne semble pas en territoire conquis, ami. Il est d’ailleurs, comme souvent dans ces établissements près du port. Mousse ? Il semblait quand même bien mieux habillé que le commun des matelots. Alors quoi ? Le fils d’un noble étranger en visite auprès de partenaires commerciaux dans l’Ouest ? Allez savoir. Ce n’était pas encore très important compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvions présentement. L’urgence était évidemment d’éviter de prendre un mauvais coup, ce qui ne pouvait que trop vite arriver dans les circonstances présentes. Coutelas, matraques et autres triques pouvaient facilement être dégainés en toute discrétion et parachever une dispute en sanglante affaire. Le type que j’aide est ivre, manifestement, mais a la présence d’esprit de bien vouloir me suivre.


Le chemin vers la porte est ardu et ne se fait pas sans heurts. Difficile d’entrer dans la bagarre quand toute mon éducation m’aurait plutôt incliné à tirer l’épée pour tailler dans cette gueuserie, mais je n’ai sur moi aucune arme, et de toute façon je ne me leurre pas. L’espace d’une seconde, les images de mon castel en flammes et de ma famille livrée à la valetaille croisée et à sa vindicte suffisent à me tancer sur l’idée qu’un noble a beau être entraîné à la bataille il ne peut rien faire sans équipement contre la multitude.


L’air frais nous accueille dehors, et la houle souffle plus fort un court instant ce qui nous permet de souffler un peu plus sereinement. Je reprends mon souffle. Et je me rends compte que le palpitant pulse à toute vitesse et cogne dans ma poitrine sans discontinuer, ce qui ne peut que me rappeler la furie des combats de Godric’s Hall et ses fâcheuses conséquences pour tout le monde, avec tout ce sang versé.


Le jeune homme parle de la qualité du vin et plaisante à son sujet.



| C’est parce qu’il est coupé, quand tu prends le tout venant dans cette taverne. Ils le rallongent avec du simple jus de raisin pressé non fermenté quand les quantités viennent à manquer ; c’est moins long à produire, et moins coûteux. Dans d’autres endroits, il est coupé à l’eau. Mais dans tous les cas tu as raison, ça peut vite avoir un sale goût en bouche quand les fûts ont pris l’humidité… |


Ce n’était de toute façon pas pour la qualité de la vinasse que les gens venaient ici, le plus souvent. Il fallait bien se rendre à l’évidence. C’était pour l’ivresse et le con des donzelles… Même si j’avais eu beaucoup de mal, depuis le tout début, à me convaincre que je pouvais dépenser mon pécule dans des filles de petite vertu. Déjà pour mon seul confort cela ne m’enthousiasmait guère et me faisait me sentir coupable constamment alors autrement… Mon jeune « ami » me demande conseil pour un bouge de « ce genre » ou « plus classieux » mais je rougis un rien à l’évocation du « même genre », car ce serait avouer que je connaissais des bordels et ma bonne éducation autant que ma timidité ne m’inclinaient pas franchement à l’honnêteté à ce sujet… Je balbutiais.


| Ah ! Euh… Classieux. Des f-filles. Tu veux dire que tu… Tu veux un endroit avec des catins ? |


C’était encore l’époque où j’essayais de m’affermir en tant que dernier survivant de la maison Potter et en tant que seigneur de Godric’s Hall, même si les couloirs de mes ancêtres étaient aujourd’hui occupés par les reîtres qui avaient massacré les miens.


| Tu veux classieux… mais tu as de l’argent ? |


Je voulais poser la question simplement mais en tant qu’aristocrate, même timide, je ne me rendais pas compte de la prétention que pouvait avoir cette simple question…



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 30 Déc - 15:42

Mes intuitions sur mon nouveau camarade semblent se confirmer quand celui-ci se lance dans une petite explication sur la manière d'économiser le vin. Toujours l'esprit vagabond à cause de l'alcool, je l'écoute avec intérêt, plus amusé par l’anecdote qu'outré de m'être fait ainsi abusé sur la boisson. Il faut dire que lorsqu'on s'en va dans des établissements de cette qualité, on joue le jeu jusqu'au bout, y compris celui d'accepter d'être arnaqué.

Satisfait de cette explication, je hoche la tête en souriant et lui demande s'il ne connait pas donc de meilleures adresses. Puisqu'il semble en savoir un rayon sur les pratiques des commerçants du coin, j'en déduis qu'il est lui-même de Lannisport ou non loin, ce que son accent m'avait fait suspecter. A ma grande surprise, l'autre se met soudain à rougir et bafouille même un peu. Je ne prétends pas moi-même être un grand spécialiste des rade et des filles à matelots mais les voyages m'ont un peu involontairement forgé une expérience. Suffisante en tout cas pour parler de la chose sans me pâmer.

Le vin aidant, je ris sans méchanceté avant de m'approcher pour lui passer un bras autour des épaules. La bagarre et l'ivresse créent des amitiés d'un soir et dans l'alcool on forge la familiarité, après tout le bonhomme m'a peut-être évité de finir à moitié assommé alors je pourrai presque le qualifier d'ami, au moins jusqu'à ce que l'aube nous rappelle au sérieux.

- Des filles ou de quoi boire qui ne donne pas l'impression d'avaler de la pisse, ouais ! Quelque chose qui nous tienne encore un peu éveillé !

J'allais confier que je suis curieux de connaitre un peu mieux Lannisport mais à bien y réfléchir, mieux vaut éviter de crier sur tous les toits que la ville ne m'est pas familière. Évidement, il est facile de s'en douter, mais les marchands isolés font de bonne proies pour les coupe-jarrets des ruelles et je préfère éviter d'attiser le potentiel appétit de mon camarade. Néanmoins, le bougre ne me semble pas trop être de la race des canailles, un instinct enivré me le donne plutôt pour être plutôt du genre honnête homme, à voir comme il semble mal à l'aise à la simple évocation d'un bordel.

Mes soupçons se renforcent toutefois un peu lorsqu'il me demande soudain si j'ai de l'or. Hm. C'est vrai qu'en tenue de marin, même d'officier, je ne dois pas transpirer la richesse. Pourtant elle est loin de me faire défaut, mais j'hésite à nouveau à le clamer à haute voix. Enivré mais pas fou, cependant, n'attisons pas les convoitises, alors je reste évasif et m'autorise un peu d'humour tandis que j'encourage mon nouvel ami à nous éloigner du rade.

- Tant que tu ne n’emmènes pas à Castral Roc, ça devrait aller. Si les Lannister chient bel et bien de l'or, alors leurs dames doivent être les seules du monde qu'on ne pourra jamais acheter.

Trait de marin, décidément mes camarades déteignent un peu sur moi, à force de vivre en leur compagnie, je me suis connu plus distingué. Comme je ne veux pas non plus trop effaroucher le lionceau, je baisse toutefois d'un ton, plus amicalement.

- Toi non ? N'y vois pas une offense mais tu n'as pas l'air marin, je me trompe ? Je ne précise pas que si il l'avait été, la simple évocation d'une fille de joie n'aurait pas suffit à le faire rougir. Tu as plus de manières que le reste de la taverne réuni... marchand ? Ou chevalier ?

Les Ser errants sont nombreux et il n'est pas rare d'en croiser dans les grandes villes, le plus souvent ils valent à peine mieux que les mercenaires et leur nom n'est qu'un prétexte à faire rêver les jeunes filles, aussi ne serais-je pas surpris que mon camarade se révèle de ce genre là, à voir comme il dénote avec le reste.

- Je suis Liriam de Goëville, allons voir un peu ce que réserve la gueule du lion...!

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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 6 Jan - 10:30

Bien sûr que j’étais intimidé. Il en avait toujours été ainsi, malgré ma naissance et mon éducation, malgré tout ce que j’avais pu apprendre de mon existence dans la façon de me comporter avec autrui. Il n’y avait jamais eu d’autre façon de faire pour moi que d’encaisser, envers et contre tout, et de faire de mon mieux pour ne pas paraître trop « frais » ni trop « stupide ». L’inconstance de cette forme d’affliction me taraudait toujours autant, et même si je me faisais à plus de confiance en moi et en mes capacités au fur et à mesure que je côtoyais la cour et toutes ces personnes si déterminées, si sûres d’elles-mêmes… Alors j’essayais d’évoluer. La survie de ma famille et la pérennité de mon nom était en jeu. Je n’avais pas le droit d’échouer, pas plus que je ne pouvais avoir le loisir de me montrer intimidé, ou de me faire retenir dans mes prises de décision par cette contrainte de courage. Quelle drôlesse que la vie, quand on y repensait. Au moment de tirer l’épée j’avais certes craint pour ma vie mais j’avais bel et bien combattu, alors que je perdais tous mes moyens devant mes semblables de l’aristocratie, et même parfois devant d’autres personnes de peu.


L’autre jeune homme ne semble pas avoir de problèmes à se confronter aux autres, en tout cas. Peut être était-ce l’ivresse qui l’aidait mais cela devait surtout avoir un lien avec sa nature, peut être simplement plus amène et joviale que la mienne. Difficile de se rendre compte sans le connaître plus que ça. Mais le garçon rit et se fait plein d’élans de camaraderie. Je le sens amusé, mais pas moqueur, alors j’ai une sorte de sourire d’excuse comme pour signifier que je suis désolé d’être ainsi mais que c’est plus fort que moi. Comment en dire peu avec pourtant un large sourire… Je réfléchissais en dodelinant de la tête, un rien mal à l’aise de la proximité physique que je n’avais jamais recherchée de mon existence, mais amusé et content d’avoir un type aussi jovial avec qui passer le reste de cette soirée de fête.



| On doit pouvoir trouver les deux… |


Jamais encore je n’avais fait cela. Aller courir la gueuse en groupe. Enfin, si. Mais pas sans ressentir en moi la possibilité d’aller au bout, de faire en sorte d’en profiter au moins autant que les autres. Le garçon m’explique qu’il est riche mais pas tant en comparaison des Lannister… Je souris, un peu timidement encore, avant de parler de la voix éraillée de celui qui a pris un peu froid dans l’air du soir et l’alcool qui déshydrate.


| Elles sont honorables, leurs dames. Les Princesses et la Reine sont les plus belles femmes que j’ai pu voir, mais elles sont aussi terribles à leur manière. Le Roi lui, on dit qu’il aime aussi dépenser son or dans certains de ces tripots… |


Ajoutais-je en hésitant et en faisant des pauses, à voix basse, comme hésitant à divulguer de folles rumeurs, mais c’était un fait établi et acquis pour l’essentiel de la noblesse que le Lion du Roc avait largement distribué sa semence aux pucelles et aux putains du pays en général et de Port-Lannis en particulier. J’hésite et le rouge me monte plus encore aux joues quand il me demande qui je suis. Devais-je le dire ? Je ne savais pas mentir de toute façon, et l’ivresse m’enhardit un rien.


| Je… je suis William de la m-maison Potter. Son… Son Seigneur. Du moins, en… En titre. C’est compliqué. Mais oui, j’ai de l’argent. |


Je n’avais pas envie de m’appesantir sur les détails de ma situation, à moins d’être plus ivre encore que je ne l’étais à présent. Je hoche la tête en guise de salut plus formel, mais bourré c’était plus une parodie de salut seigneurial qu’autre chose.


| Enchanté, Liriam de Goeville. Je n’avais pas encore rencontré d’homme du Val… Tu es venu par la mer ? Il y a une aub-berge pas loin. Elle est réputée… On peut y manger et y boire à toute heure. Et les serveuses peuvent d-délasser ceux qui leur offrent des cadeaux. La Troupe du Lion. C’est son nom. |



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 6 Jan - 14:58

Alors que nous nous éloignons du rade d'un pas parfois un peu aléatoire, la conversation se poursuit. Dans un coin de ma tête, j'ai bien conscience d'avoir abaissé certaines de mes défenses : il est imprudent de s'en aller vagabonder aux côtés d'un inconnu dans une ville étrangère, surtout un port, mais plusieurs semaines passées en mer vous donnent des envies de liberté ! Alors au diable la prudence, et puis je ne suis moi-même pas complètement un enfant de chœur, même si mes compagnons de route se plaisent à plaisanter que je m'embourgeoise. Ils n'ont pas totalement tort et ces virées nocturnes improvisées, comme au bon vieux temps où je n'étais que simple mousse, sont d'autant plus importantes à mes yeux. Elles me nourrissent et me dérouillent.

Pilotant toujours mon nouvel ami d'un bras autour de ses épaules, je lui laisse rapidement la main sur le chemin à emprunter. Il me dit penser pouvoir trouver à boire et à s'amuser alors à lui la responsabilité de nous mener à bon port et pour ma part je profite de l'air frais du soir pour me dégriser un peu tout en plaisantant. L'autre sourit quoique plus discrètement. Ce que j'avais pris dans un premier temps pour le choque de la bagarre semble en vérité être simplement chez lui une forme de timidité. Ou alors de discrétion : peut-être les gens du Roc sont-ils tout simplement moins démonstratifs qu'au Val ? Pourtant nous avons parfois la réputation d'être un peu des pisse-vinaigres ; du moins, comparé aux mœurs des gens de Dorne, j'ai souvent eut l'impression d'être gauche et peu sûr de moi.

Cette fois néanmoins, je suis le plus enjoué des deux, alors autant essayer de divertir mon nouvel ami. Je lui parle des femmes de Castral Roc et à ma surprise, il me répond qu'il a déjà eu l'occasion de les rencontrer. Bien sûr il arrive parfois de croiser son suzerain lors de ses déplacements à travers le pays, quoique les Arryn préfèrent généralement la discrétion des Eryés aux ruelles de Goëville, mais sa déclaration me donne encore plus matière à penser qu'il s'agit bel et bien de quelqu'un d'un peu plus important qu'un vulgaire marin. Je reste sur mon idée d'un chevalier, ou peut-être un artisan auprès de qui se pourvoiraient les Lannister ? Quoi qu'il en soit la soirée se révèlera peut-être plus intéressante que je ne le pensais si mon camarade a ses entrées dans le monde.

Pour l'heure toutefois, mes calculs s'arrêtent ici, je n'ai pas l'esprit assez clair pour me montrer machiavélique, ni l'envie d'ailleurs. Les flagorneries marchandes peuvent devenir fatigantes à force et ce soir je préfère m'amuser sans trop d'arrière-pensées. Lui, termine en précisant que si ces dames n'ont rien à se reprocher, le Roi est d'une autre nature. Je ricane.

- Avec un peu de chances nous le croiserons ce soir...

Un regard vers le ciel, d'un geste de la main je l'invite à imaginer le tableau.

- Trinquer honnêtement avec un larron encapuchonné, le traiter de tous les noms à cause du vin, échanger quelques coups et repartir bras-dessus-bras-dessous pour découvrir le lendemain qu'on a chanté avec l'un des bonhommes les plus puissants du Continent !

Cela me fait penser que je ne sais toujours pas à qui j'ai affaire. Si ça se trouve, c'est peut-être lui le Roi Lannister et je n'en sais rien. Cette pensée m'amuse et je l'invite à se présenter avant de donner moi-même mon nom dans la foulée. S'il s'agit effectivement du Seigneur de ce pays, il doit me trouver bien cavalier, mais enfin à savoir ce qu'il fichait dans un tel trou à marin je ne pense pas qu'il serrait du genre à me faire la morale.

La réponse qu'il me donne est presque aussi étonnante que s'il c'était bel et bien s'agit du Roi du Roc. Un seigneur, donc, je le dévisage un instant avec curiosité et retire un peu par réflexe mon bras de ses épaules. Honnêtement, je n'ai jamais entendu parler de la maison Potter, il pourrait presque me baratiner, mais je soupçonne également le vin de ne pas aider ma mémoire et dans le doute je préfère le croire. J'ai connu des nobles chétifs, des nobles malades et des nobles idiots mais des timides c'est un peu une première. Cette nouvelle m'a néanmoins refroidit un brin. La noblesse, c'est toujours un sujet sensible, surtout quand on n'en est pas.

- Lord Potter, hm ?

Heureusement, son salut assez gauche m'arrache un sourire. Au final, c'est le même bougre que quelques instants plus tôt, avec un titre en plus. Désireux visiblement de ne pas en dire trop long, il enchaîne sur quelques questions et m'indique où nous nous rendons, une auberge nommée La Troupe du Lion. Je hoche la tête alors et à mon tour improvise une révérence. Je ne fais pas mieux que lui, même la plus modeste des génuflexion est un sacré péril quand on a perdu le sens de l'équilibre.

- Si vous voulez mon avis, les histoires compliquées sont les meilleures, quand c'est trop simple on voit venir la fin à peine que ça a commencé.

Le vouvoiement me vient par réflexe. Des années d'éducation auprès de Nestar m'ont gravé dans le crâne de toujours jouer la déférence avec les têtes couronnées et autres seigneurs fieffés. C'est ainsi, mieux vaut un excès de prudence que de très graves ennuis pour une vexation. N'empêche, le cadre de notre rencontre n'invite pas vraiment aux mondanités et le fait qu'il soit aussi alcoolisé que moi donne à tout cela un aspect plus ironique que vraiment sincère.

- Par la mer, encore heureux, je préfère affronter vingt galères fer-nées que de me promener avec de la marchandise dans le bourbier du Conflan !

C'est un peu une bravade mais il est vrai que l'intérieur des terres est encore loin d'être sûr et même dans les lieux où la guerre ne fait plus rage, la désespérance des hommes et l'absence de pouvoir solide encourage toujours au brigandage. De toute façon, je suis homme de la mer et les longs voyages sur terre ont tendance à me mettre mal à l'aise. Au moins grâce au pavillon valois et sa neutralité, rares sont les puissances étrangères qui osent nous chercher querelle de peur de créer un incident diplomatique et de faire basculer les Arryn dans le camp adverse.

- En tant que presque dernier pays neutre, il faut profiter de battre le pavillon du faucon pour ne pas se faire emmerder. Pas certain que ça dure éternellement par contre, je ne sais pas si je remettrai les pieds dans l'Ouest de si tôt.

Qu'il me parle de son titre fait rejaillir un peu involontairement en moi des considérations politiques et économiques. On ne parle pas des mêmes choses avec un noble et un gueux. Néanmoins, le vin aidant à fluidifier la pensée, je lui souris finalement.

- Enfin raison de plus pour profiter de la nuit, hein ?

Nous prenons ainsi la route de la fameuse taverne, route parsemée d'embuches puisque les pavés semblent me jouer des tours. Je n'ai pas repassé mon bras autour des épaules de William, toutefois, évitons encore ce genre de familiarités maintenant. Bientôt, le quartier change un peu et des ruelles obscures nous passons dans des rues plus larges et où brille ici et là des lanternes. L'architecture en dit bien plus que tous les mots du monde, il est certain qu'ici on nous fera un accueil plus distingué.

Le nez en l'air et les pensées vagabondes, William nous arrête soudain devant un établissement que je n'avais pas encore remarqué. Pourtant s'il semble un peu avalé par les bâtiments voisins, sa discrétion semble à bien y regarder une marque de raffinement. Une façon de dire à la fois que sa réputation se suffit à elle-même et qu'il n'y a pas besoin de plus de publicité, mais également d'assurer une certaine discrétion à ses clients. Je laisse le Seigneur Potter ouvrir la marche, laissant encore un peu trainer mon regard aux alentours avec curiosité. C'est la première fois que je mets les pieds ici et tout me semble sujet à étonnement.

Un homme nous ouvre la porte, son air peu aimable et sa carrure de Baral sont autant gages de sécurité pour les clients qu'un avertissement pour les mauvais payeurs. A l'intérieur, la pièce est bien plus chaleureuse que d'où nous venons. Un grand nombre de chandelles baignent l'endroit d'une douce lumière. Celui-ci se divise d'ailleurs en une vaste salle animée où quelques bonhommes jouent du lutte et de la flûte sur un air du pays et où l'on frappe dans ses mains en rythme ; sur les côtés des petites alcôves plus discrètes, séparées du centre par des paravents offrent plus d'intimités pour les tractations secrètes, discussions privées et compagnie de plaisir.

J'échange un regard avec William. La salle où les alcôves ? Il faut se décider vite car déjà une demoiselle blonde comme les blés s'en vient nous accueillir avec un sourire charmant. J'ai de nouveau un regard pour mon camarade, plus amusé cette fois. Ce n'est pas dans notre dernier rade qu'on aurait vu pareille fraicheur, c'est certain.

- Lord Potter... dis-je d'un ton légèrement moqueur, vous nous avez mené à bon port, soyez mon invité, au moins pour la première consommation.

Je me sens d'humeur généreuse, des semaines en mer sans meilleures distractions que des escales trop brèves dans des villages côtiers et du rhum de mauvaise qualité distribué en ration, tout cela m'a redonné goût à la dépense. Mais surtout, de vieux réflexes lointains me poussent à voir également cet argent comme un investissement... qui sait ce que ce jeune Lord peut m'ouvrir comme portes si je lui suis agréable ?

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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 13 Jan - 17:40

Les choses prenaient une bien drôle de tournure. Je ne pouvais pas dire que je n’étais pas forcément farouche… Enfin, je voulais simplement dire par là que j’avais déjà couché avec une femme, et j’avais déjà énormément évoqué la chose avec mes pairs. J’avais aussi eu ce que mon père aurait appelé une « attitude équivoque » , les femmes de petite vertu n’hésitant pas à chercher quelques caresses et baisers en venant s’asseoir sur les genoux de quelque noble en maraude dans les bouges de la ville. Ici, la sexualité était quelque chose de totalement différent de par chez moi. A Godric’s Hall, dans une si petite communauté et avec aussi peu de choix de partenaires disponibles… L’idée était plutôt de se marier rapidement, de faire des enfants, et de se comporter avec calme, vertu et dignité. Tous les comportements un peu trop déviants ou hauts en couleur n’étaient jamais bien vus. Ils semaient le trouble dans une communauté où tout le monde se connaissait, et les histoires d’envie ou de jalousie pouvaient rapidement dégénérer. Mon père et le septon du bourg avaient toujours souhaité calmer le jeu. Dans tous les cas, ce n’était pas vraiment le genre d’endroit où l’on se laissait aller à l’hédonisme le plus équivoque.


Port-Lannis et le Roc m’avaient changé. C’était indéniable. Mais avant cela, se rendre compte du côté bien éphémère de l’existence n’était pas non plus du genre à pousser à la modération… J’avais pris une sacrée gifle et j’étais définitivement sorti de l’enfance lorsque la valetaille croisée avait enfoncé les portes du Hall et avait commencé à massacrer nos quelques hommes d’armes, et ma famille avec qui je me battais pied à pied pour défendre notre domaine. J’avais fait une croix sur mon enfance et mon innocence et plus seulement chevalier mais aussi seigneur, je n’avais plus à me considérer comme un jeune garçon. J’étais un homme, désormais. Par la force des choses plus que par préparation et par maturité… Mais ce qui importait c’était bien le résultat.


Nous rions des rumeurs qui couraient au sein du Roc sur ses plus illustres représentants. Il s’amuse éhontément de la situation. Savait-il que des rumeurs avaient pu courir lors des entrevues entre notre Roi et sa propre souveraine ? On disait Sharra Arryn dotée d’une grande beauté, et aussi qu’elle avait des amants. Loren Lannister n’était sans doute pas homme à passer à côté d’une opportunité, si seulement la moitié de ce que l’on disait était vrai. Je ris à l’idée qu’il évoque.



| [color=white]J’ose espérer quand même que je reconnaitrais mon Roi, même si le plaisir et l’honneur de le croiser n’ont été que fort rares je dois bien l’avouer… Mais qui sait, l’endroit pullule en tout cas de hauts seigneurs, crois moi. Il n’y a pas que le Roi que l’on dit amusé par les j-j-jeunes femmes…


Le valois en tout cas s’amuse éhontément de la situation et ne semble pas vraiment intimidé d’être accompagné d’un jeune seigneur. Je peux le comprendre, dans le sens où je n’avais certainement pas l’apparence la plus terrible qui soit… Et en sus, il était ivre. Moi aussi sans doute, mais moins. J’étais encore capable de me rendre compte du fossé social qui nous séparait tous deux. Je déglutis à demi quand le jeune homme rebondit sur mon mot, mais il sourit sans sembler se moquer. Il fait une révérence mal engagée avec un éthylisme visiblement déjà bien avancé, ce qui me fait rire à mon tour de bon cœur.


| [b]Peut-être te raconterais-je tout, le Valois, si… Si le v-vin finit par m’obscurcir les pensées. Parce qu’elle ne s-saurait pas être la m-meilleure… mais elle est haute en couleurs.
|


Il me dit qu’il est venu en mer. Marin alors ? Un monde d’inconnu et de découvertes qui me serait toujours fermé de par ma naissance… Relativement pauvre sans doute et en tout cas soumis aux dangers, le Valois vivrait pourtant une existence bien plus libre que je ne pourrais jamais en rêver moi-même. Je ne pouvais pas dire qu’il avait de la chance, bien sûr, car les aléas de la vie en mer étaient quand même pénibles à supporter au minimum, sans compter qu’il avait toutes les chances de mourir jeune dans une tempête, de maladie ou dans un combat quelconque… La guerre ne devait pas faciliter le négoce, même si elle contribuait sans le moindre doute à maintenir des prix élevés qui devaient compenser les risques. Je hochais la tête à ses explications et je pouvais très bien comprendre ce qui pouvait l’empêcher de passer à l’avenir… D’ici, l’Empire paraissait menaçant, mais ayant été moi-même victime de la vindicte religieuse, je ne pouvais pas totalement le voir comme un ennemi irrévocable compte tenu de la liberté de croyance qui s’y exerçait, d’après ce qu’on racontait.


| Je peux comprendre. Les fer-nés ne sont pas t-très appréciés par ici, tu peux me croire. Et on dit que la guerre détruit le commerce mais pour le moment, l’Ouest et le Val semblent encore relativement peu épargnés ; des dizaines de navires arrivent jusqu’ici chaque semaine. |


Et ils venaient d’un peu partout. Iles de Fer, Bief, Dorne, Val… Il y avait des voyages plus longs et exotiques que d’autres et je me demandais justement ce que ça faisait de visiter ce pays montagneux, dont on disait que le cime des montagnes crevait souvent le toit du monde, les nuages les plus hauts.


Je hochais la tête en signe d’acquiescement quand le marin évoquait le besoin, ou en tout cas l’occasion, de profiter de la nuit autant que possible. Irais-je au bout de cette soirée ? Si oui, dans quel état ? Cela n’importait pas. La compagnie autant que l’alcool m’aidaient à me désinhiber, à me sentir moins bête et moins immature. Je pouvais le faire. N’étais-je pas un homme, désormais ? Cela ne change pas grand-chose à mon sentiment et au rouge qui m’empourpre encore les joues quand je dois décliner mon identité à l’homme de main qui gère les entrées et les sorties, tout comme c’est pire encore quand une jeune servante vient nous voir pour s’assurer de ce qui nous ferait plaisir. Difficile de la regarder droit dans les yeux et c’est rouge comme une pivoine que j’hésite, et regarde le Valois qui m’invite pour la première « consommation ». Je déglutis alors et tranche au plus vite. Il voulait dire vin, n’est-ce pas ?



| A-apporte nous du vin. M-mon ami a grand soif. Plus tard pour les alcôves. |


Je nous trouve une table, assez près des alcôves pour satisfaire une curiosité inavouable mais assez loin pour donner l’air de ne pas y toucher.


| Tu… Tu sais quoi choisir, Liriam, pour « après » ? |



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMer 13 Jan - 21:39

Décidément Lord Potter est un noble bien étrange. Je n'en ai pas encore rencontré qui vienne du Roc, sauf un chevalier alcoolique pendant le Conclave il y a quelques années, alors je ne saurai dire si toute l'aristocratie est ainsi dans l'Ouest ou si ici aussi il fait figure d'exception. En tout cas, moi ça m'arrange. Déjà parce que j'étais quand même à deux doigts de l'appeler "mon pote" avant qu'il ne me révèle son nom, ce qui aurait pu être un peu gênant s'il n'avait pas le sens de l'humour, ensuite parce que quitte à passer le reste de la soirée avec un nobliau j'en préfère encore un qui bégaye plutôt qu'un pisse-froid comme Lord Grafton.

Celui-ci, malgré une certaine propension à s'empourprer, ne m'a pas l'air trop à cheval sur le protocole. Que ferait-il dans un rade aussi minable d'ailleurs, s'il avait des manières ? Je préfère autant ça ! Pas que je sois en manque d'humour crasseux, la vie en mer n'est presque faite que de ça, mais parce que j'ai envie de me dégourdir un peu les muscles et pas de m'enfermer dans un salon pour y discuter entre gentilshommes. Néanmoins, je n'en oublie pas complètement non plus nos différences de rang et bien que l'alcool ne m'aide pas toujours à être subtil, je lui donne désormais du "vous", pour faire le change. Et puis merde ! Si je dois me faire envoyer en geôle pour avoir plaisanté un peu trop maladroitement, le vin me rend la perspective acceptable ce soir.

Nous reprenons notre chemin en devisant tranquillement Lannister, fer-nés, tout y passe mais je reste quand même sur ma faim concernant sa fameuse histoire. Non seulement quelque instinct commercial me souffle à l'oreille que tout mystère donne généralement matière à profit, mais également je commence à me prendre d'affection pour le bonhomme et serait honnêtement prêt à écouter ses malheurs... le cul au chaud avec un verre entre les mains, quand même. C'est que la soirée est fraiche.

Suivant ses déambulations à travers la ville, nous atteignons finalement la taverne promise et de nouveau mon camarade s'empourpre. A-t-il des flux sanguins vigoureux ou est-il vraiment gêné d'être ici ? Pourtant c'est bel et bien lui qui a proposé l'endroit... Endroit fort sympathique d'ailleurs, on ne tarde pas à nous prendre en charge et si je propose de payer la première consommation par politesse, c'est aussi que je suis curieux de voir ce que pourrait bien me raconter le Lord avec un ou deux verres de plus. Pour ma part je suis également bien enivré mais l'air frais du dehors m'a aidé à me remettre un peu les idées en place et je ne demande qu'à redevenir gris.

William décide finalement que nous nous installons dans la grande salle, plutôt animée. Ici toutefois, pas de bagarre ou d'insulte, juste des types enthousiastes qui chantent et tapent dans leurs mains en rythme. Nous nous approchons d'une table qui me semble à peu près propre et je m'y installe avec bonne humeur, laissant trainer mon regard sur les chanteurs, les clients et les serveuses avant de revenir à mon camarade.

- C'est quand même autre chose que tout à l'heure, hein...?

Rien à voir, en effet, ici tout est plus chaleureux et bon enfant. Même si l'ambiance tamisée et confidentielle des bars à marin peut parfois avoir son charme, la forte odeur de sueur et d'alcool qui y règne a vite fait de me fatiguer et pour peu qu'on y traine tard l'ambiance vire toujours au glauque. A la Troupe du Lion, je me sens un peu comme un papillon attiré par la lumière, les sens en éveil, désireux de voir, d'entendre et de goûter après des semaines de privations et de labeur.

J'écoute William d'une oreille un peu distraite d'abord, alors que quelqu'un arrive avec deux broques de vin presque aussi rouge que ses joues. Satisfait, je me retourne vers lui avec curiosité.

- La question c'est plutôt qui, non ? Je réponds, sur l'air de le taquiner.

Je dois bien avouer que sa noblesse m'est complètement sortie de l'esprit à ce moment là. Si Nestar me voyait, il s'en étoufferait, mais Nestar est vieux et ne sait plus s'amuser, seuls les chiffres lui procurent encore du plaisir et moi, j'ai envie d'un peu d'insouciance ce soir.

- Ça a l'air de t'intriguer. Je dis en portant l'alcool à ma bouche. Vu comme il rougit vite, cela m'étonnerait à peine qu'il m'avoue soudain ne l'avoir jamais fait. Hm, voila comment je vois la soirée, à mon avis...

Le vin n'est pas fort mais le simple fait de m'y replonger a suffit à me griser de nouveau. La marche nocturne qui nous a mené jusqu'ici est déjà un lointain souvenir. Je bois une gorgée de plus avant de poursuivre.

- D'abord nous allons boire jusqu'à c'que vous soyez assez ivre pour me raconter cette histoire mystérieuse sur votre passé. Et comme ma noblesse, moi, je l'ai au coeur, je vous confierai aussi quelques secrets.

Je souris, narquois, le pauvre je ne veux pas le mettre en difficulté mais il faut bien avouer que c'est terriblement tentant. Tiraillé entre le désir mesquin de le faire rougir une fois de plus et celui de le rassurer pour lui dire que tout va bien se passer, je reprends d'un air amusé.

- Ensuite, pour oublier chacun les secrets de l'autre, nous continuerons à boire afin qu'ils soient bien gardés. Si l'envie nous prend, nous chanterons peut-être quelques airs connus et il y a même de l'espace pour trois pas de danse.

Jusque là tout va bien, c'est après que ça se corse, évidemment.

- Pour finir tu te trouveras une fille qui t'attires l’œil, lui mettra la main au sein ou à la cuisse et il ne lui en faudra pas plus pour comprendre le message. Tu peux même en avoir deux si tu te sens d'humeur généreuse ou que tu n'arrives plus à réfléchir et moi, je fais pareil de mon côté, d'accord, et si on est toujours un peu lucide, on même peut même échanger au cours de la soirée histoire de comparer.

Cette fois, le vouvoiement est presque sur le point de tomber, mais c'est à peine si je m'en rends compte. Un peu plus loin, une chanson que j'aime a commencé et les mondanités n'ont plus guère d'importance.

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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyVen 12 Fév - 16:50

Je ne savais pas très bien pourquoi je prenais le risque de me compromettre devant témoin, mais d’un autre côté trop de choses lourdes de conséquences arrivaient au roc, j’avais trop de difficultés à pouvoir m’y détendre, y relâcher la pression. Tout ce que je faisais était scruté, analysé, et je n’avais jamais le moindre répit pour tenter d’améliorer mon sort d’un point de vue personnel… Les liens restaient ténus, superficiels, alors que tout le monde se demandait si j’allais enfin parvenir à mes fins en obtenant justice pour les miens. Quoiqu’il arrive, je me battrais. Mais personne n’avait envie de s’afficher auprès d’un Puiné sans réputation ni moyens, sans la moindre petite parcelle de pouvoir… Et qui ne disposait jamais que du soutien solide, certes, mais que d’une personne de poids ; la Princesse Megara en personne. Il me fallait débloquer d’autres soutiens, pour espérer me tailler une place plus réelle, plus concrète, au sein de cette cour qui ne savait pas encore tellement si elle devait m’accueillir et jusqu’à quel point elle devait le faire.


Ici, les choses étaient plus simples. Il suffisait d’un peu d’argent et d’un estomac bien accroché, d’un rien de vice pour mâtiner sa vertu d’un rien de courage et de corruption pour s’amuser de ce que pouvaient offrir les soirées de Port-Lannis. Cela me faisait du bien d’une part de relâcher la pression, mais pas seulement ; je concevais la nécessité de pouvoir me dépasser en tant qu’individu en surmontant ce qui constituait sans nul doute quelques faiblesses, au premier rang desquels on retrouvait ma timidité, ma propension à laisser les autres choisir pour moi. Quoiqu’il en soit, l’heure est à la picole, et peut être à d’autres plaisirs. Le genre de soirée à laquelle noblesse et bourgeoisie du Roc se plaisaient à s’encanailler… Et j’en ressentais moi-même une certaine excitation, comme une curiosité un peu malsaine et perverse à voir jusqu’où je pouvais aller, compte tenu de l’absence de jugement d’un comparse que je ne connaissais en rien et qui n’était rien en ce pays, dont le jugement en finalité paierait bien peu de conséquence.


Je ne peux qu’opiner lentement du chef quand le jeune valois semble apprécier l’endroit et le compare positivement à ce que nous avions connu un peu plus tôt. Franchement, je ne peux pas vraiment le contredire, surtout en devisant tranquillement quelques menues serveuses faisant le tour des différentes tablées. Je me rends compte alors que j’ai la gorge plutôt sèche malgré tout l’alcool que j’avais pu ingurgiter au cours de la soirée.



| C’est sûr… |


Et je déglutis, quand il me lance une plaisanterie grivoise qui fait un peu trop écho à mes propres désirs. Sauterais-je seulement le pas ? Qui, pour me juger ? Ma vie était tellement plate, tellement dans la difficulté depuis que ma famille avait été décimée pour des croyances religieuses suspectées. Quoiqu’il en soit, j’éprouve une certaine chaleur… Qui n’a pas grand-chose à voir avec mon compagnon du soir mais tout ce qu’il me tente par son expérience de la chose et par la liberté qu’il semble incarner.


J’écoute ce que le valois me raconte. Et je me surprends à me dire que son petit plan me convient tout à fait. Pas qu’un peu ; totalement. J’aime boire jusqu’à me retrouver libéré de toutes les barrières que l’on me pose, ou dont je fais tout seul l’expérience. Je ris de bon cœur quand il explique où se cache sa noblesse, ce dont je ne doutais guère. Réflexion de bourgeois que celle-ci, mais j’avais bien conscience des travers de ma propre classe sociale pour ne pas manquer de l’égratigner à mon tour à l’occasion. Alors, je lui passe cette effronterie, même si mon rang aurait pu me donner le droit d’exiger des excuses. Je ne le fais pas, et je le laisse continuer. En contribuant largement à la disparition du contenu de mon propre godet.



| Je ne sais pas bien danser… mais pour le reste, je me débrouille. Surtout pour boire. Et pour les secrets aussi. C’est à cause d’eux que je suis arrivé jusqu’ici, pour le meilleur et surtout pour le pire. |


Mais forcément, je coule un regard dans la direction des jeunes demoiselles accortes de l’endroit, dont certaines nous dévisagent déjà sans doute par curiosité tant nous paraissons jeunes en comparaison des autres pendards occupant l’endroit.


| Je… Pour les filles quand même… Je n’ai jamais fait ça. Enfin, je veux dire, si j’ai connu des filles… Une, dans le bourg familial. Mais je ne suis pas très familier de ce genre d’endroit. je ne me vois pas du tout « choisir » une personne en pressant son corps comme ça. Je… Ca me semble… Un peu cavalier. Dans ma famille, enfin, les dames de mon rang, on ne les touche pas comme ça. Pas devant tout le monde en tout cas. Je… Et puis, si ça se savait au Roc… |


Mais bon, j’étais le Seigneur de Godric’s Hall, sinon dans les faits au moins en titre. Je pouvais bien m’affirmer en tant qu’adulte, mais devais-je seulement en passer par ces extrêmités ?


| J’ai toujours bien aimé les brunes… |



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyVen 12 Fév - 22:05

Comme l'air froid du dehors avait presque suffit à dissiper un temps mon ivresse, celle-ci revient à l'instant où je pose mes lèvres sur le rebord de ma chope. Les grandes cheminées de la pièce et l'alcool me réchauffent en dedans comme en dehors et la conversation peut reprendre, de plus en plus facile et peut-être de moins en moins bien articulée... encore que ça va encore, pour le moment, même si je remplace parfois un "vous" par un "tu" un peu trop familier pour un noble, dans d'autres circonstances.

Mais j'ai déjà trop parlé et une base de lucidité me rappelle de le laisser causer à son tour, sinon je n'apprendrai rien, et puis je suis simplement curieux. Je l'entends me confier qu'il ne sait pas danser ce qui m'étonne. Ce n'est pas le genre de chose qu'un noble devrait apprendre à faire ? Pour ma part j'ai appris sur le tas des pas grossiers, la farandole et la bourrée et aussi le rigodon même si c'est un peu plus dur. Toujours le nez dans mon verre, je hoche la tête pour l'encourager à poursuivre.

Le voila qui aborde le sujet de ses secrets et mon œil se fait un peu plus brillant. Qu'as-tu donc à cacher bonhomme ? Quelle sombre affaire ne demande qu'un petit coup de pousse pour sortir de ton cœur ? Je suis prêt à payer de ma poche toutes les autres tournées si celles-ci me permettent d'apprendre quelques choses d'intéressant. En espérant simplement qu'il ne s'agisse pas de quelque pseudo-scandale mondain dont je ne saurai que faire. Je suis avide d'en savoir plus mais déjà je vois son regard se perdre vers les demoiselles du service.

Je suis tiraillé entre l'envie de faire comme lui et de profiter du spectacle et celle de le relancer sur la raison de sa présence ici. Lassitude et ambition s'affrontent dans mon crâne, plaisir et détente contre travail en somme. Mais déjà il reprend la parole et change de sujet, me parle des filles. Le besoin d'en savoir plus s'éloigne un peu de moi alors que nous abordons une question particulièrement plaisante : celle de la conclusion à apporter à cette soirée.

Je continue d'écouter attentivement et cette fois plus de doute, mon camarade semble un peu mal à l'aise sur ce sujet. Pourtant il semble avoir mon âge, ou sans doute pas loin ? Je ne sais pas, peut-être que les mœurs du Roc sont différentes de celles du Val, ou que c'est son titre de noblesse qui change son rapport à la chose ? A bien y réfléchir, c'est loin d'être improbable : je sais que c'est une conversation que j'ai moi-même eu avec Nestar un jour. Du fait de notre fortune, un mariage peut être stratégique pour unir des entreprises voire parfois obtenir un titre de noblesse. Enfin, nous n'en avons pas reparlé depuis, mais j'imagine que si pour des armateurs la question s'est vaguement posé, mon camarade de boisson n'a pas sûrement dû y échapper non plus.

- Hm, je vois.

J'acquiesce avec un mélange de sérieux et de malice. La boisson me grise autant qu'elle me donne des bouffées de sympathie pour ce bonhomme, j'ai autant envie de me foutre de sa gueule que de le rassurer, étrange état d'esprit. J'attrape le pichet et rempli son verre. S'il hésite encore, c'est qu'il n'a pas assez bu.

- 'coutez, je suis pas au fait d'tout l'protocole que ça peut être à la Cour du Roc mais enfin... Je hoche la tête en ricanant. C'pas la Cour ici justement, c'est bien pour ça qu'il existe des tavernes comme celle-là, pour les grands bourgeois et p'tits seigneurs... sauf vot'respect bien sûr.

Voila j'ai l’élocution un peu plus hésitante mais je m'en fiche. Cet endroit appelle à mettre de côté les apparences et les faux-semblants. Les hommes ont des besoins à assouvir, qu'on dorme dans la paille ou dans la soie et celui qui ira contre ça est soit un imbécile soit un septon aux couilles sèches.

- A un moment faut plus trop s'poser de questions, vous voyez ? Sinon on fait jamais rien de sa vie.

Disant cela, j'adresse un clin d’œil suggestif à l'une des gamines, puis je me retourne vers William.

- Brune tu dis ? J'imagine qu'tu parles pas de la bière ce coup-ci ?

A nouveau le vouvoiement a sauté. Décidément nos sujets de discussion et le contexte participent à retirer toute solennité à la situation et même en faisant un grand effort de concentration j'ai du mal à me représenter mon camarade de picole comme un véritable nobliau. Il en a les manières, certes, mais pas les exigences ni la prestance d'un Lord Grafton alors son titre tend à s'effacer devant son jeune âge et ses confessions.

- A propos de tes secrets, tu disais...?

Pour le coup c'est peut-être moi qui suis cavalier, là.

- Raconte et j'en invite deux à s'asseoir avec nous si ça t'aide.



Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d'abord le pouvoir politique
pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l'intérêt général.


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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMar 23 Fév - 12:31

Je ne pouvais pas dévoiler mon passé comme ça au premier venu, si ? Que diraient mes aïeux, et est-ce que cela pourrait avoir des conséquences sur ma quête de justice ? A chaud et bien ivre, ce n’était pas si simple à dire, car il y avait toujours des conséquences qui étaient bien difficiles à calculer. Je ne pouvais pas dire non plus que j’étais un grand planificateur… C’était même tout le contraire. Je pouvais donc craindre de ne pas savoir tellement lire entre les lignes, de ne pas être en mesure d’anticiper. C’était sans doute la hauteur de vue qui me faisait le plus défaut aujourd’hui, et de très loin. Je n’étais pas comme mon père, et surtout mon oncle, à pouvoir anticiper et deviner la réaction des gens à un événement particulier. Mais je dois quand même avouer que je me sentais en confiance avec le jeune valois. Comme si je n’en avais pas grand-chose à craindre. Pas qu’il paraisse inoffensif, c’était toujours compliqué à deviner de toute façon, mais bien parce qu’il n’avait aucun intérêt à s’en prendre à moi de quelque façon que ce soit et en plus, il fallait bien avouer qu’il semblait avoir bon fond.


Avoir bon fond m’inclinait à la patience, à la compassion, et à un certain sens de la camaraderie.


Si je me laissais aller à mon instinct, alors je pouvais parler à ce marin issu des montagnes de l’est. Il n’y avait pas eu le même genre de lien quasi instantané avec les gens de Silverhill ou pire encore, avec les Malefoy. Est-ce que ça suffisait toutefois à faire d’un inconnu un confident ? Allez savoir. De toute façon je suis sans doute trop bourré pour me rendre compte concrètement de ce que je pouvais dire. Je ne le trouve pas trop insistant en plus, ce qui ne m’incline pas le moins du monde à rester sur mes gardes. J’ai sans doute un peu de mal à me détendre quand je me retrouve confronté à mon passé, mais je ne me sens pas encore poussé sur la défensive. Nous échangeons en même temps sur d’autres sujets, ce qui me laisse le loisir de reprendre contenance et de déglutir, de deviser un peu plus sereinement surtout avec un verre de vin en plus qui se profile à toute vitesse ; j’ai à peine le temps de me resservir que le marchand ne perd pas une seconde pour me resservir.


Je souris par connivence quand il évoque les « petits seigneurs » et évoque en langage fleuri leur absence de vertu.



| Ce n’est pas totalement faux, je dois b-bien l’avouer aussi. Tout le monde se croise dans ce genre d’endroit, mais p-personne n’en parle. Jamais. |


Il n’avait pas totalement tort sur le fait qu’il fallait savoir prendre des décisions pour s’amuser, ou en tout cas pour avancer. Mais quand on était un puiné habitué au travail et à l’entraînement de chevalier quand c’était le rôle de l’aîné de décider, en futur seigneur… Je ne revenais pas sur ces détails. Je hoche vigoureusement la tête quand il parle des brunes.


| Note bien l’a-l’ami que j’aime aussi la bière brune, mais chez les filles… Ce sont celles que je préfère. On a beaucoup de blondes, dans l’Ouest. Et de très belles. Mais je ne sais pas. J’ai toujours préféré les cheveux de jais. |


C’était bien comme ça que l’on disait, en langage châtier ? je ne savais plus. La piquette me pétillait le palais et ce n’était pas un si bon cru que cela, finalement. Ce genre de bouge considérait peut être que le vin n’avait pas à être parfait si les filles l’étaient et qu’elles faisaient effectivement diversion… A moins que ce n’était que ma langue qui se faisait moins sensible au goût. J’ai pourtant la gorge sèche quand Liriam évoque l’invitation qu’il pourrait lancer à deux donzelles… Et mon regard traîne un peu aux alentours. Je m’éclaircis la voix. Mais je parle nettement moins fort, tout à coup. Et sur le ton de la confidence uniquement.


| Ma famille toute entière a été décimée par les croisés qui se sont rassemblés il y a des semaines dans le pays. Il y avait des rumeurs loufoques sur un prétendu culte aux Anciens Dieux et des sacrifices dont ma famille se serait rendue coupable… |


Je déglutis, mon regard rougit un rien, mais je bois. Ma voix se fait plus sûre, alors que je ressentais à nouveau la caresse des flammes et le hurlement transperçant des femmes de ma maisonnée.


| Je suis le dernier survivant, avec une de mes cousines. |


Responsable de tout, sans doute, mais c’était ça le véritable secret.


| Je suis au Roc pour obtenir justice… Et essayer de faire survivre ma famille. |



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyJeu 25 Fév - 13:27

Je ricane un peu crétinement à sa mention des blondes de l'ouest. Il n'a pas tort, j'en ai vu plus en trois jours à Port-Lannis qu'en toute une vie au Val.

- Tu te plairais au Val, chez nous c'plutôt l'inverse qu'est vrai. Du coup la blondeur ici fait un peu l'effet d'exotisme.

Comparé à certaines cités d'Essos, les terres du Roc me semblent tout aussi mystérieuses, il faut dire qu'étant à l'opposé du monde pour un marin de mon pays, je n'ai guère eu d'occasion d'y mettre les pieds. Le Détroit est un lieu fourmillant de cultures et de mœurs, rien qu'à Goëville on croise des marchands venus du monde entier... mais la côte ouest de Westeros... je suis content de la découvrir, elle me fait l'effet d'un monde étrange et à la fois familier, comme un miroir déformant j'y retrouves les us et coutumes du Val avec pourtant des changements subtiles et qui ne cessent de m'amuser.

- Te faudrait rencontrer la reine Sharra. Je dis un peu crânement. Parait que c'est la plus belle brune du monde.

Paroles en l'air, je n'ai moi-même jamais eu l'occasion de la voir, hormis de très loin, lors du couronnement du jeune Roi Ronnel. Mon père, par contre, a plusieurs fois dîné en sa compagnie, alors qu'il accompagnait Lord Grafton aux Eryés et les récits qu'il m'en fait laissent rêveur.

- Avec ton titre, t'as peut-être tes chances. Je lui lance comme une boutade, accompagnée d'une petite tape à l'épaule.

S'il devait rester de la déférence entre nous, celle-ci s'est fondue dans l'alcool. Peu m'importe à présent, je le ressers, curieux d'entendre ses histoires de nobliau. Comme grand bourgeois, j'ai toujours eu le sentiment de me trouver à la frontière de ce monde sans pourtant être jamais autorisé à y mettre le pied complètement. Une absence de patronyme m'en empêche et je gravite dans cet entre-deux, accueilli parfois à la cour des puissants, mais toujours comme une faveur, jamais comme un droit. Forcément alors, je suis curieux de leurs moeurs, comme si m'en imprégner pouvait m'offrir la légitimité qui me manque.

Je plonge mes lèvres dans la bière sans le quitter des yeux, un peu rieur. Mon enthousiasme, pourtant, s'éteint un peu alors qu'il commence à me narrer les déboires de sa famille, sur un ton de secret. Si j'avais soupçonné des histoires frivoles, me voila remis à ma place, ce qu'il me raconte est loin de me faire rêver. Je hoche la tête, redevenu sérieux, presque compatissant. Je ne connais pas ce bonhomme mais l'alcool et la discussion me l'ont rendu sympathique et pour un peu, j'éprouverais une certaine empathie pour sa mésaventure. Enfin, je ne suis pas assez torché pour cela, je sais juste que la bienséance invite à faire preuve de respect pour de telles confidences.

Quand il termine, rougissant et buvant, je hoche la tête, puis lève mon verre.

- Condoléances, Lord William, buvons à leur mémoire.

Et je reprends une gorgée.

- La religion c'est une chose tragique quand on se laisse emporter... Le Val est également parcouru de ces troubles, tout le monde sait ça, cette putain de croisade va retourner les frères les uns contre les autres, je te le dis...

Bien qu'élevé dans la foi des Sept, j'ai appris à mettre la religion de côté pour le bon déroulement de mes affaires. Nordien, Essossien, ancien dieux ou Dieu Rouge, qu'importe ? L'or est de l'or et Nestar a beau être pieu, il Est surtout réaliste. Pourtant ça ne m'empêche pas de faire encore régulièrement des donations au Septuaire pour attirer la sympathie du patron des artisans, et de la population aussi. D'ailleurs, j'ai-je pas souvent prié secrètement la Jouvencelle pour mes amours et le Guerrier dans mes combats ? Me trucidera-t-on dans mon sommeil pour cela ? Je bois encore une gorgée, un peu plus soucieux que tout à l'heure.

- Ces gens, tu sais qui ils sont ? En tout cas je te souhaite d’obtenir réparation, Lord William mais au cas où, tâchons de passer une bonne soirée.

Que puis-je dire de plus ? Je ne vais pas lui promettre monde aide, je suis un simple étranger à la cours du Roc et hormis la sympathie qu'il m'inspire je n'ai aucune assurance que lui venir en aide pourrait m'être rentable en quoi que ce soit, particulièrement s'il se retoruve désargenté et sans terres.

- Si toutefois tu as besoin d'amis au Val, demande la Compagnie de la Maison Bleue, à Goëville, sait-on jamais.

Je lève la main, faisant signe aux jeunes filles qui semblent s'ennuyer dans un coin de la pièce.

- Je tiens ma parole, tout comme les Lannister.

Avec un geste et un clin d'oeil j'invite la plus brune de ces demoiselles à venir s'approcher de mon ami. A moi les blondes et le dépaysement. Dans un gloussement, les demoiselles s'en viennent prendre place sur nos genoux et j'adresse un regard entendu à mon camarade.

- Profite, elle ne s'effarouchera pas.



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptyMar 9 Mar - 23:05

blockquote>Les blondes étaient répandues, par chez nous. Beaucoup de représentantes de nobles familles étaient ainsi blondes comme les blés et belles à tomber. Mais il n’en restait pas moins qu’elles n’étaient pas forcément mon genre favori. Je savais aussi que je ne pouvais pas tout avoir, dans la vie. J’en avais conscience depuis le tout début et ça me permettait bien de… Et bien, de pouvoir au moins savoir à quoi m’attendre dans la vie, et à ne surtout pas rêver trop haut. Je ne serais jamais un homme à femmes, j’en avais bien conscience. Et même si la torpeur éthylique m’inclinait plutôt à me croire plus beau et plus fort que je ne l’étais, je n’en devenais pas stupide pour autant.


| C’est sans doute vrai… |


Des brunes partout, au Val ? Est-ce que ça suffisait seulement pour se plaire dans un pays ? C’était possible. Pour ceux qui vivaient de peu. Mais moi, j’avais le destin d’une maison, d’une lignée, d’un peuple… Sur les épaules. Même si le fief était petit je ne vivais pas du tout sans responsabilités, c’était même plutôt tout le contraire. Je rougis et je souris quand le marin me parle de Sharra la Belle, dont on vantait tant les atours ici, dans l’Ouest, surtout avec toutes ces visites royales ces dernières années… C’était le genre d’événement qui faisait rêver le peuple, et plus encore sa noblesse qui se sentait les dents pousser à en rayer le parquet.


| Il-il paraît oui. J’aimerais bien la voir, un jour. Bien sûr, je ne me fais pas d’illusions… Mais voir une reine,c’est déjà quelque chose. |


Il comprendrait sans doute ce que je voulais dire. Parce qu’on avait le sentiment, plus proches d’elle, de pouvoir toucher une forme de richesse et de pouvoir dont on ne pouvait que rêver. Je ris bien sûr à sa plaisanterie sur mes chances, mais franchement, je n’y croyais pas trop. C’était impossible. Je savais où était ma place. Déjà, je ne la rencontrerais sûrement jamais, et c’était une remarque d’un roturier, certes bourgeois et cossu, mais certainement pas d’un noble. Le même monde le séparait lui de moi, que de moi et elle. Nous ne serions jamais amenés à nous côtoyer. L’alcool continue de couler à flots, et on n’en est pas loin de fauter, de nous montrer concupiscents. Je ne résiste pas, en tout cas pas pour l’instant.


Mais j’ai le vague à l’âme, quand j’évoque ma famille. Cette langueur des sentiments, cette mélancolie… J’avais assisté à un drame, à des horreurs, contre lesquelles j’avais su me battre, mais sans talent, et sans l’emporter. Les choses auraient sans doute pu tourner autrement… Mais je me sentais coupable. Et je me sentais responsable, aussi. Deux sentiments éprouvants, contre lesquels je ne savais pas faire grand-chose pour le moment par manque de réussite, au Roc. L’homme évoque la croisade, mais je lui fais aussitôt le signe de baisser d’un ton, apeuré à l’idée qu’on l’entende.



| Shhh, ici, il faut surtout pas parler d’eux, crois moi. Pas en public en tout cas. Mais oui, je sais qui ils sont. Je ferais ce que je pourrais… Ce qui veut sûrement dire pas grand-chose… |


Je n’étais qu’un modeste chevalier sans talent, avec certes l’épée familiale mais aucune autre possession en propre, d’aucune sorte ; je n’avais que peu d’espoirs, si ce n’était celui de la justice, de l’émulation autour de moi à propos d’un peu de bonté en ce monde. Je suis touché, quand le jeune homme me propose son aide. Je suis ému, le regard un rien rougi. J’ai trop bu. Je sais ce que je dois faire, et c’est pourtant si dur de le décider…J’acquiesce, même si je suis gêné, et me tortille sur le banc quand les jeunes femmes arrivent.


| Je te remercie, vraiment. D-d-du fond du cœur. Je ne l’oublierais jamais. Mais… |


L’aide, la compassion, la pitié. C’étaient des valeurs importantes dans ma famille, dans mes principes de vie, dans mes croyances. Je savais ce qu’il fallait que je fasse. Mais c’était si dur… Je me relevais après une grande inspiration, en secouant la tête.


| Non, je ne peux pas, ami. En vérité, je ne peux pas. Si je veux changer, si je veux avoir une chance de réussir, je dois me prendre en main. Je n’ai que trop bu avec un argent qui n’était pas le mien. Je ne puis le d-dépenser pour… Pour ceci. Mes-mes-mes respects, mes-mesdames. Mais je ne peux pas. Je dois me montrer f-fort et vertueux, tu vois ? Sinon personne ne me prendra jamais au sérieux, ici, et tout le monde pensera que je ne suis qu’un perdant incapable de redresser la pente. |


Je pose le fond de ma bourse sur la table.


| Amuse toi. Et souviens toi du nom des Potter. Un jour, je referais la fête avec toi. |


Je le salue de la main, incline la tête en direction des putains, et sors vite, avant que ma résolution ne faiblisse devant de si appétissants plaisirs.



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MessageSujet: Re: Tonight we dine in Hell   Tonight we dine in Hell EmptySam 13 Mar - 16:03

Habitant du Val, je ne pouvais ignorer la gravité des troubles religieux qui parcouraient notre Continent. Prétexte ou conviction sincère, c'était sur fond de querelle pour les dieux que les grands royaumes s'étaient déclaré la guerre, qui pour imposer pour imposer la cohabitation des panthéons, qui pour abattre l'hérétique. A Goëville heureusement, nous avions su rester à l'écart de tout cela. Marchands d'Essos, de l'Orage, de Dorne et du Nord, un grand nombre de religions se côtoyaient sur nos marchés et, à dire vrai, l'argent n'avait pas de dieu. Aussi comme souvent dans les affaires du Royaume, Goëville était un havre à part, presque avec sa culture propre et un certain climat de tolérance qui régnait quand à quelques lieux de là, à Rougefort, on avait pendu des hommes pour avoir défendu leur foi.

Pour ma part, je n'avais que peu d'opinion sur le sujet. Amené à commercer un peu partout, j'évitais comme la peste les sujets polémiques afin de ne pas offenser mes clients et d'éviter la moindre complication à mes convois. Tous les voyageurs futés faisaient de même et je m'amusais à constater que de toutes les couronnes de Westeros, c'étaient peut-être les pirates qui faisaient preuve de plus de tolérance sur ces questions. A l'inverse, le fanatisme était une plaie : impossible de négocier avec un fou de dieu et, en écoutant l'histoire de mon camarade, je ne pu m'empêcher d'exprimer cette conviction.

Ce dernier réagit plus vivement que je ne m'y attendais. Ai-je parlé trop fort ? Ou le Roc est-il à ce point empoisonné de religion qu'on n'y puisse plus parler sans craindre de se faire gravé une étoile à sept branches sur le front ? La mine presque paniqué de William laisse à penser que l'affaire est sérieuse, même s'il est du genre à trembler devant une putain. Avec un petit sourire crâne je hoche la tête d'un air entendu, l'air de dire que ça ne me fait pas peur, mais je me tais quand même, ou plutôt je change de sujet.

Si sa famille a péri, c'est une bien sombre affaire. Un instant je me surprends à me demander quelle serait ma réaction si on assassinait mon père ? Autant ne pas trop y penser... je lève le verre pour ses défunts et propose à l'occasion mon aide. Ce n'est pas une parole en l'air, pour un marchand les contacts peuvent être aussi précieux que l'or et même si ce petit lord semble pour le moment fort désargenté, Nestar m'a toujours enseigné de réfléchir au long cour. Et puis honnêtement je doute sérieusement qu'il débarque dans six mois à Goëville pour réclamer mes navires au nom de notre "grande amitié". En attendant, moi, je viens peut-être de me faire un informateur, ou en tout cas un camarade avec qui boire et baiser la prochaine fois que je poserai le pied au port, c'est toujours ça de gagné.

Quoique, j'ai peut-être parlé trop vite... alors que j'invite deux putains à nous rejoindre, le malaise de mon ami semble s'accentuer. Surpris, je le vois finalement se lever, bafouiller quelque chose sur le fait de se prendre en main sur... la force et la vertu ? Cela me passe complètement au-dessus de la tête, je le regarde avec incompréhension.

- Quoi ? Mon vieux, t'en fais tout un foin là, c'est pas d'honneur qu'il s'agit juste de...

Il déverse le fond de sa bourse sur la table. Alors il compte vraiment se barrer comme ça ? En tout cas il le fait. D'un regard étonné je l'observe s'éloigner rapidement, hésitant un instant à le rattraper et puis... bon. Chacun ses choix après tout. Le bonhomme m'avait toujours paru un peu louche de toute façon, cela ne fait qu'ajouter à la bizarrerie de la soirée.

D'un geste rapide, je rafle la bourse alors que la seconde fille vient réclamer pour elle aussi une place sur mes genoux.

- Bien, mesdemoiselles, je suis tout à vous.



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