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 Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister

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MessageSujet: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyMar 24 Nov - 18:02

Deuxième jour de la 2ème semaine du 12ème mois de l'an 1

Le soleil éclate de toute sa splendeur, la lumière en est presque aveuglante tant les pierres du château sont claires, mais je dois dire que cela me réchauffe le cœur. Quentyn est parti, je n'ai pas pensé à le questionner sur ses activités du jour, mais je gage qu'il trouvera aisément comment s'occuper. Pour ma part, le choix sera vite fait compte tenu de la beauté du printemps qui s'étale sous mes yeux. L'un des avantages de cette région au climat si doux c'est que l'extérieur ne devient plus si rude et menaçant que ce qu'il peut être dans mes contrées natales. Avec douceur je m'empare de mon trésor, ma fille, si petite et déjà si grande. Elle aura presque quatre mois, j'ai l'impression que le temps me la vole petit à petit. Ses grands yeux sont similaires à ceux de mon époux, d'un vert pénétrant et joyeux. Sentir son petit corps chaud et gigotant contre moi m'apaise. En quelques phrases précisent je fais préparer par quelques mains une collation et un grand drap. Avec un sourire et en laissant à personne le soin de tenir Jyanna je m'évade dans les jardins du château, cherchant un petit coin d'herbe paisible. Cela ne devrait pas être si compliqué à trouver aux vues de tout l'espace disponible et du peu de courtisans présent à cette heure avancée de la matinée. Tous sont certainement partis déjeuner et je sais que j'ai quelques instants avant les habituelles promenades de complaisances et les exercices de flatteries ou de ragots auxquelles se livreraient les dames de cour plus tard.

Je connais un coin un peu isolé où les fleurs hautes nous cacherons presque parfaitement. Sans m'inquiéter outre mesure je fais installer le grand tissu qui nous servira aussi bien de sol que de table et avec douceur je congédie les serviteurs qui m'avaient aidé à tout transporter. Je n'ai besoin de personne d'autre que ma fille, et il faut dire que ces instants ensemble sont si rares et précieux que je ne veux pas m'embarrasser d’œils extérieurs. Il faut dire aussi que je me soucie parfois de ce que pourraient raconter ces personnes si aisément corruptibles. Cet environnement ne peut accepter une trop grande naïveté, la prudence est toujours de mise, je ne conserve avec nous que mon protecteur, ancien homme-lige de mon père et à présent chevalier au service de ma maison. Il reste en retrait, il me connaît suffisamment pour savoir que je préfère qu'il se fasse discret. Je lui adresse tout de même un regard et un petit sourire et retourne mon attention sur mon enfant. Cette délicate petite demoiselle a terriblement grandi, et grossi. Elle n'est heureusement pas grassouillette outre mesure. Très curieuse elle observe ce nouvel environnement avec intérêt tandis que je l'ai placée sur le dos juste devant moi. Entre deux sourires et babillements elle redresse légèrement la tête, déplaçant bras et jambes pour entraîner sa musculature et pouvoir prochainement aller explorer ce monde par elle-même. Je la regarde attendrie, et je me sens sereine, presque apaisée.

Depuis mon atroce conversation avec mon ancien amant c'est comme si j'avais enfin pu cicatriser de tout ce qui avait pu se passer. J'avais fini par tourner la page, même si cela s'était fait dans de mauvaises conditions et avec des paroles qui ont dépassé ma pensée. Je ne sais ce qui adviendra de nos rapports, les choses risquent de devenir horriblement froides, mais je saurais m'en contenter à présent. Le temps fera peut être son œuvre mais je préférais me concentrer sur l'instant présent et sur ce que la vie avait bien voulu m'accorder. Une pensée flotte vers Jeyne, j'espère qu'elle peut elle aussi trouver quelques instants dans toutes ses responsabilités pour partager des moments privilégiers avec son fils, j'en doute, car avec le départ récent de Lyman de Castral Roc tout repose sur elle. Bientôt il me faudrait la rejoindre, mais pour le moment je fis un nouveau sourire à ma petite demoiselle, tout en lui chatouillant le cou.

C'est alors qu'une chevelure dorée comme les blés attira mon regard. Passant à quelques mètres de nous, par-dessus les fleurs, Megara Lannister marchait dans notre direction. Je ne l'observa qu'une furtive seconde, je ne m'attendais après tout pas à ce qu'elle viennen me parler, je ne voyais aucune raison à cela et je préférais éviter de converser avec elle. Le ressentiment avait presque disparu, ne restait à son égard que gêne et tristesse. Je ne connais pas exactement le degré d'information que Gareth a pu lui délivrer me concernant, ou concernant ce qui a pu être, je préférais donc ne pas graviter autour d'elle, d'autant qu'elle n'avait certainement pas besoin de ma compagnie. Nous n'étions après tout que de vague connaissance, même si sa conversation et ses manières avaient autrefois été plaisantes.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyLun 28 Déc - 21:59

Il était tout autant saisissant que cruel de réaliser que le temps n'était pas une donnée fixe. Il semblait s'écouler à loisir, et avec vitesse, depuis la naissance des jumeaux, transformant chaque jour un peu plus les deux nourrissons en bambins plein de vie et d'énergie, des bambins aujourd'hui un peu trop grands et lourds pour que Megara parvienne à les tenir tous deux en même temps dans ses bras. Du moins, cela ne lui était plus possible à partir du moment où elle n'était pas assise. Et encore, même quand elle était confortablement installée dans un fauteuil ou contre le dossier d'un canapé, voire même contre les oreillers bien rembourrés de sa couche, les deux petites boules d'énergie qui se trouvaient être ses fils ne manquaient jamais une occasion de se tortiller en tous sens, de vouloir saisir de leurs petites mains fermes et énergiques quelque boucle de ses cheveux, quand Cadwyn et Tybalt ne tiraient tout simplement pas sur sa robe, avec détermination et entrain, menaçant de faire se déchirer quelque couture ! Mais d'un autre côté, la jeune femme qu'était Megara ne pouvait s'empêcher de se sentir comme prise au piège dans un moment qui s'éternisait et se distordait encore et encore, et ce depuis la mort de son père. Elle en venait même à ressentir que tout ceci avait commencé lors du trépas de Nymeria, sa petite sœur adorée. Encore trop souvent, c'était comme si tout ceci venait tout juste d'arriver, lui éreintant le cœur et le lui brisant, encore et encore. Ils lui manquaient, terriblement, et une part de son monde semblait avoir cessé de tourner, avec leur disparition. L'autre part, elle, une fois de plus, lui semblait ne pas avoir cessé son cours habituel, avec vitesse et précipitation. Et c'était à cette part là qu'appartenaient ses fils. A cette part là aussi qu'appartenait son mariage avec Gareth, et le fait, également, que, désormais, Lyman était le nouveau monarque de l'Ouest. Ce qui ne faisait plus d'elle la sœur d'un prince mais bel et bien celle d'un roi. Du roi, même. Avec toutes les obligations et les responsabilités que cela impliquait. C'était éprouvant et terriblement anxiogène, à bien des égards, mais la jeune femme n'avait point été élevée pour se recroqueviller sur elle à la moindre responsabilité.

Le monde tournait follement, dans et hors ses appartements, bien qu'entre les bras de Gareth, rien ne semblait plus réellement avoir d'importance, et que la course folle du temps se stoppait net, dès lors qu'il la poussait à toujours se montrer encline à profiter de ce qu'ils partageaient. A pleinement vivre et éprouver cette union matrimoniale qui leur avait été imposée et qui avait été choisie pour eux, et qui, en toute surprise, avait débouché sur une relation qu'ils ne devaient à personne. C'étaient eux, et eux seuls, à deux, qui avaient construit ce qu'ils avaient et ce qu'ils partageaient aujourd'hui. Et ce à plus d'une raison. Sans doute y avait-il quelque complémentarité entre eux, ou bien le fait était qu'elle savait pouvoir pleinement lui faire confiance, concernant tous les pans de sa vie. Il était le meilleur ami de son frère avant d'avoir été son époux à elle. Et le jeune homme n'était donc point un ambitieux osant profiter de sa relation désormais familiale avec la monarchie pour en tirer honteusement quelque bénéfice intéressé et manipulateur. Ce qui était une variable modifiant bien des choses, surtout dans la façon dont Megara envisageait son époux. Elle n'avait nulle crainte à se montrer à nue devant lui, au propre comme au figuré : de ce qui se disait et se faisait entre eux, derrière les portes closes, Gareth n'irait jamais en raconter quoi que ce soit à quiconque, et surtout pas à de potentiels ennemis de la Couronne qui n'hésiteraient pas à s'en emparer pour s'en prendre à Lyman et à ce règne qui débutait tout juste pour lui. Car il avait toujours été essentiel pour Megara de ne point porter atteinte aux siens, et encore moins au pouvoir qui reposait entre les mains des Lannister. Cela passait avant beaucoup de choses pour elle. Mais au-delà de cette confiance quasi aveugle qu'elle pouvait avoir en son mari, il y avait le fait que Gareth était un être bon et généreux. Un époux qui la poussait à ne point s'enfermer dans ses appartements, et à ne point se sentir coupable de parfois couper les ponts, pour quelques instants, avec ses responsabilités princières, et ce afin de s'accorder du temps pour elle, seule ou en sa présence à lui. Gareth aimait beaucoup leurs instants d'intimité, mais il appréciait également que Megara prenne du temps pour elle.

Alors la jeune femme ne doutait point qu'il serait satisfaisait d'apprendre qu'en cette fin de matinée, juste après avoir assisté les nourrices au déjeuner hebdomadaire des jumeaux, et ce en parvenant à ne point entacher sa robe de quelque projectile de nourriture ou de boisson, Megara avait choisi de marcher quelque peu dans les jardins de sa demeure natale, familiale et royale. Bien évidemment, Jinx n'était jamais très loin, mais il faisait alors tant partie du décor lui étant habituel et étant habituel à tous que c'était presque du pareil au même. Quoi qu'il en était, la jeune femme ne resta pas seule très longtemps, croyant reconnaître la silhouette de Lady Lynara Brax, en quelques pas d'elle. Ce qui n'avait rien d'affreusement étonnant, les jardins étant disponibles à tous, contrairement à certaines alcôves et pièces du château. Tenant cependant à s'assurer que sa vision ne lui faisait point défaut, la Princesse s'approcha de quelque peu, avant de se voir confirmer qu'elle n'avait en rien confondu la Nordienne avec quelque autre membre féminin de la Cour royale de Castral Roc. Contrairement à ce que certaines langues de vipères pouvaient bien persifler, les femmes du Nord n'étaient en rien aussi velues que des louves ! S'approchant avec grâce et douceur, refusant de s'imposer malgré son rang princier, la jolie blonde tenta d'adresser son sourire le plus franc à la jolie brune, espérant fortement que celle-ci n'en viendrait pas à penser qu'il y avait quelque obligation que ce soit entre elles. Elle était la cousine de l'actuelle Reine, là où Megara était la sœur du Roi, et donc la belle-sœur de la même dite Reine. Certes. Mais au delà de cela, la Princesse avait apprécié les quelques instants qu'elles avaient déjà pu toutes deux passer en compagnie l'une de l'autre, ce qui la poussait à aborder la Nordienne, en ce jour. Parce qu'elle en avait envie et non point parce qu'elle s'en sentait l'obligation, là où, de toute façon, sans doute ne devait-elle jamais réellement se sentir obligée de quoi que ce soit, de par son rang guère supplanté, en ces lieux, que par celui de son frère, de sa belle-sœur et de sa mère. ❧ Lady Lynara, quel plaisir de vous voir. Je vois que vous aussi avez trouvé en cet endroit un petit havre de calme, loin de l'agitation de la Cour. ❧ Cependant, son visage souriant et avenant s'écarquilla quelque peu d'une lueur rougissante en apercevant la jeune silhouette de la fille de Lynara. Ne l'ayant point aperçue jusqu'au dernier moment, elle s'en voulut quelque peu de potentiellement perturber un instant mère-fille. ❧ Toutes mes excuses, je n'avais point réalisé que vous n'étiez pas seule ❧ Tout à fait prête à reculer et à prendre congé, elle attendit tout de même de voir et d'entendre la réaction de son interlocutrice, tant par politesse que par envie brusque de ne pas forcément se priver d'un instant auprès d'une jeune femme qu'elle savait autant prompte qu'elle à protéger les nouveaux monarques débutant tout juste leur jeune règne.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyMar 5 Jan - 22:31

Après avoir pu apercevoir la princesse du Roc je m'efforce d'ignorer sa présence. J'essaie même de me persuader que je m'inquiète pour rien puisque son chemin bifurquera certainement avant d'arriver à ma hauteur. Je n'ai à dire vrai que bien peu de rapports avec la famille royale en dehors de ma chère cousine et nouvelle reine. Son époux comme le reste des Lannister semblent ne pas attacher une très grande importance à ma personne, ce dont je ne leur tiens pas rigueur car je ne suis sommes toute qu'une noble comme une autre dans ces contrées. Cependant contrairement à mes prédictions la princière silhouette se plante devant nous, un sourire sur les lèvres et une amicale salutation à me présenter. Je suis quelque peu étonnée que ma vision suscite une telle joie et ne peux que m'en sentir honorée. Attrapant mon joli petit trésor afin de ne pas la quitter des yeux ne serait-ce qu'une seconde je la tiens contre mon cœur afin de répondre avec le même entrain à la royale demoiselle.

« La bonne journée à vous votre altesse. Je ne peux que vous affirmer que votre joie est partagée. Oui, je dois vous avouer que je ne goûte guère les grands rassemblements des courtisans et j'avais à cœur de me ressourcer avec sérénité. »

Nulle doute qu'elle comprendrait parfaitement mon sentiment, en tant que princesse la pression de la cour devait être bien pesante même si elle avait toujours constitué un élément de son univers. Un peu gênée je repousse une mèche de mes longs cheveux derrière mon oreille. Ma coiffure n'est pas aussi sophistiquée que celles de la plupart des dames mais elle me plaît et c'est je pense l'essentiel. Mes longueurs ont été emprisonnées dans un chignon tressé et ne subsistait que quelques mèches folles sur les côtés du crâne. Cela me permettait de supporter bien plus aisément les chaleurs qui tout doucement avaient repris leur droit sur le Roc. L'hiver n'était pas encore totalement effacé mais il ne demeurait plus rien des basses températures qui étaient autrefois mon quotidien. Reportant mon attention sur ma fille je souris tendrement au gazouillis qu'elle émet, comme pour saluer elle aussi notre hôte de marque. Alors que je repose promptement mon regard sur cette dernière je suis de nouveau étonnée de remarquer qu'elle semble soudain mal à l'aise de découvrir que je n'étais pas seule. Son statut et son autorité lui autoriserait à ne pas ressentir le moindre embarras pour quoi que ce soit, après tout elle est ici en son château et face à une personne telle que moi ses volontés pouvaient faire figure d'ordres. Je n'opposerai d'ailleurs aucune résistance ni entêtement si elle décidait de me congédier et d'occuper ce petit espace de tranquillité que j'avais trouvé.

Ayant quelque peu oublier de lui faire la révérence je penchais la tête avec déférence ne pouvait exécuter des mouvements avec plus de liberté maintenant que je tenais ma fille contre mon cœur. Malheureusement la petite beauté qui continuait à babiller sans honte elle n'est pas du tout en capacité de comprendre qu'elle devrait montrer plus de respect. Caressant presque machinalement son petit crâne déjà fortement chevelu, je lançais un petit regard faussement mal à l'aise à mon interlocutrice. Le tempérament doux de cette altesse royale me poussait à croire qu'elle serait indulgente et que cela pourrait même l'amuser.

« Il n'y a aucun mal votre majesté, c'est plutôt nous qui devrions être embarrassées, après tout nous sommes en votre demeure. En tous les cas j'espère que vous excuserez ma fille, elle ne maîtrise pas encore correctement l'art de la révérence. »

C'était une évidence même que j'énonçais là mais je cherchais surtout à détendre un peu l'atmosphère. Glissant un petit regard par derrière la royale silhouette, je constatais que les petits princes étaient également de sortie et j'en profitais pour les détailler quelque peu. Peut être que je cherchais un petit détail physique qui les rapprocheraient de Gareth mais j'étais bien incapable de réussir à y parvenir. J'étais plus que perplexe face à eux mais je devais reconnaître qu'il s'agit là de magnifiques bambins débordant de santé. Ils sont un peu plus âgés que ma petite chérie, et cela me donne un petit aperçu de ce Jyanna serait capable d'accomplir dans les mois à venir. Les nourrices qui suivaient la jeune mère semblaient quelque peu en difficulté avec leur chargement princier. Cela aurait pu me faire sourire mais je ne voulais rien faire de déplacer devant leur mère, après tout je sais où est ma place et quelle est la sienne.

« Si vous me le permettez vous semblez également en recherche d'un coin de quiétude votre altesse et je m'en voudrais de troubler votre quête par ma présence. »

Secrètement j'espérai qu'elle me congédierai avec soulagement. J'essayais de maintenir à distance toutes les questions et angoisses qui m'assaillaient mais je ne sais pas combien de temps encore je pourrais conserver une façade impassible.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyLun 8 Fév - 16:54

Il était indéniable que la Cour avait son utilité, non sans avoir en plus un rôle à jouer. Si tel n’était pas le cas, il y aurait sans doute bien longtemps que les monarques de l’Ouest auraient chassé cette foule de courtisans, renvoyés dans leurs fiefs d’origine avant de débarrasser le plancher et de cesser de polluer l’air par leurs flagorneries et leurs compliments bien trop mielleux pour ne pas virer au fielleux une fois que vous aviez le dos tourné. Il était donc certains que si les souverains royaux et léonins continuaient de tolérer en leurs murs tous ces jeunes damoiseaux, toutes ces damoiselles et tous ces Lords et leurs épouses, c’était parce qu’ils y trouvaient un intérêt. Un intérêt qui allait bien au-delà du fait de simplement peupler couloirs et appartements de cette immense forteresse qui, sans toute cette foule, pourrait rapidement apparaître vide, morne et sans vie. Mais Megara n’était point de ces personnes qui cherchaient à débattre de l’importance, ou non, de la présence de tous ces courtisans en ces lieux. Sans pour autant que cela ne la tienne dans l’ignorance du fait que les moindres alcôves de la forteresse pouvaient se révéler être de potentiels abris à des oreilles indiscrètes et à des bouches bien trop promptes à persifler, répandre ragots et commérages, et à vous attaquer par derrière après vous avoir bien flatter par devant. Et ce bien que, les Sept en soient loués, il existait tout de même des havres de paix et de sécurité au sein de ces mêmes murs qui l’avaient vue naître. Ses appartements, en premier lieu, mais pas seulement. Preuve en était ce lieu. Là où Lynara Brax était également la preuve que l’on n’avait point besoin d’être Princesse pour vouloir trouver quelque répit au milieu du tumulte. La jolie brune devait sans doute avoir eu besoin d’aide, au début, pour trouver un espace hors du temps, n’étant point native du Roc, à moins qu’elle n’ait pu suffisamment explorer les lieux de par elle-même pour se faire sa propre idée. Après tout, en tant que cousine et dame de compagnie de Jeyne, et ce même lorsque celle-ci n’était encore « que » Princesse, elle avait pu bénéficier de certaines facilités et de certains passe-droits qui passaient sous le nez des courtisans. ❧ Nous voilà donc parfaitement en accord sur ce point. Lors de festivités ou d’occasions spéciales, qui m’entourent de nombreuses personnes, j’en viens parfois à entendre mes oreilles continuer de bourdonner pendant encore de longues minutes, même après avoir regagné mes appartements ! ❧ Sensation désagréable et agaçante, qu’elle n’appréciait que peu, mais contre laquelle elle ne pouvait rien. Même si cela n’était pas sans la crisper quelque peu, rien que d’y repenser.

Les contrariétés de la vie pouvaient contribuer à en faire le sel, pour peu qu’elles ne soient point trop trompeuses, et qu’on parvienne encore à exercer une influence et un contrôle suffisants sur elles. Car comme tout plat, trop de sel tuait entièrement le goût, parfois jusqu’à vous en faire vomir. Au sens propre comme au sens figuré. Mais il était sans doute tout de même important de ne point être entièrement privée de cette somme de contrariétés. C’était en tout cas ce qu’avait fini par apprendre Megara, car après la pluie vient le beau temps, là où, quand ce beau temps s’est trop éternisé, l’ondée, une fois arrivée, s’avère si brutale, si perturbante, qu’on en a l’impression d’y être noyée, submergée. C’était ce qui lui était arrivé lors de la manifestation de ses premiers troubles. Quand elle restait trop longtemps sans vivre une crise, l’anticipation d’une récidive incontrôlée et imprévue lui vrillait presque les tripes. Dans le même temps, les pertes successives de sa sœur et de son père l’avaient fait mûrir plus que jamais, lui brisant le cœur et lui écharpant les reins. Les petits plaisirs du quotidien avaient donc gagné en saveur et en intensité, pour elle, tout comme ces petits contre-temps et ces petites contrariétés. Surtout quand elles émanaient d’un enfant. Nullement vexée ou offensée par la réaction de la fille de Lynara, comprenant parfaitement que le bambin était bien trop jeune pour comprendre quoi que ce soit à la déférence et au protocole, cela lui tira même un sourire que de la voir babiller aussi gaiement, totalement ignorante de ce qui se passait réellement autour d’elle. ❧ Cette forteresse est suffisamment grande pour vous accueillir et permettre de vous ressourcer sans que cela ne vienne m’encombrer. Je préfère même de loin quelqu’un comme vous qui en profite pleinement et sainement plutôt que quelqu’un qui n’y voit qu’un lieu propice aux commérages et aux desseins pernicieux. ❧ Plissant quelque peu les yeux en souriant, la jeune femme reprit. ❧ Ne vous inquiétez point Lady Brax, je n’y vois nul mal et nul irrespect. Votre fille est en effet encore bien trop jeune pour que l’on puisse escompter d’elle qu’elle s’en tienne aux convenances. Son innocence et son ignorance sont de précieux biens à garder et à entretenir, tant que cela est encore possible. La gravité et la réalité des choses la rattraperont bien trop vite, tout comme cela fut le cas pour nous, auparavant ... ❧ Après tout, elle était bien placée pour parler : ses deux fils, bien que titrés princes, ne démontraient pas le comportement le plus approprié par rapport à leur rang, si l’on oubliait le fait qu’ils n’avaient même pas encore un an et que, donc, leur compréhension des choses demeurait encore limitée.

Au moins les deux plus jeunes princes du Roc progressaient-ils chaque jour dans bien des domaines, apprenant de plus en plus à ne point rendre leur repas alors qu’ils étaient bercés par l’un de leurs parents, tout comme ils étaient de plus en plus capables de maîtriser leurs gestes, ce qui évitait à Megara de se faire trop souvent éborgner par l’un de leurs petits doigts cherchant initialement à se saisir de l’une de ses longues mèches de cheveux blonds. Présentement, la charge des jumeaux était aux bons soins de leurs nourrices, mais la Princesse n’était pas sans être pleine de sollicitude avec ces dernières. Après tout, à mesure qu’ils grandissaient, Tybalt et Cadwyn gagnaient aussi du poids. Et de l’agilité. Ce qui, parfois, les faisaient se comporter comme deux bons saumons sortis de l’eau et s’agitant en tout sens, glissant sans cesse de l’étreinte grâce à laquelle on cherchait à les tenir et à les retenir. Bientôt, ils sauraient marcher, et une autre aventure s’ouvrirait autant à eux qu’à leurs parents. Et rien que de songer à tous les nombreux défis qui les attendaient, Gareth et elle … Cela donnerait presque le tournis à Megara, même si, de fait, elle pouvait déjà se préoccuper de ce que l’avenir lui réservait de nouveau, alors qu’elle attendait de nouveau un enfant. Tournant le regard vers ses fils et leurs nourrices, un doux sourire amusé prit place sur ses lèvres. ❧ Votre présence ne trouble rien, bien au contraire. Il m’est important de ne point vous laisser à penser que d’être en votre présence ne me sied point. Vous êtes la cousine de notre Reine, qui est également ma belle-sœur. Et j’ai à cœur de pouvoir convaincre notre relation mutuelle qu’elle n’a point à redouter quelques froideurs dans son entourage proche. Ce qui ne peut être réalisable qu’en apprenant à réellement vous connaître et à apprécier votre compagnie, lorsque j’en ai l’opportunité. De plus … ❧ Observant de nouveau ses fils, elle laissa fuser un éclat de rire d’entre ses lèvres, tout en secouant quelque peu la tête. ❧ Je crains fort que nos deux jeunes princes n’autorisent point leurs nourrices à continuer de leur refuser le plaisir et la joie de se poser quelque peu … Oh, Lady Brax, ces deux là risquent fort de bientôt se lancer dans des cavalcades sans fin, dès lors qu’ils sauront alignés deux pas devant l’autre. Et il y a fort à parier que le Prince Martyn ne sera lui non plus pas en reste ! ❧ Et peut-être en sera-t-il de même avec la fille des époux Brax, bien qu’il était sans doute encore trop tôt pour réellement pouvoir se prononcer sur le sujet. Car les choses variaient bien trop à mesure des années, tout comme le cours de la vie.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyJeu 25 Mar - 13:11

Il pourrait être malvenu d'exprimer aussi clairement mon manque d'entrain face à la vie de cour. Parmi les nobles courtisans et puissants seigneurs il est d'une évidence même que les dames ne peuvent que se complaire dans les fastes des fêtes royales et des occasions mondaines. Pour certaines cela devait être le cas, pour les autres ce n'est qu'un jeu d'apparence, une mascarade de sourires forcés et de coup d’œils inquiets. J'appartiens à cette seconde catégorie qui toujours ne peut que se sentir mal à l'aise face à tant de richesses dilapidées, gênée de cette atmosphère si particulière de ragots et de méchancetés murmurées à voix basse. Je n'avais jamais été élevée dans un tel environnement, les dames du Nord avaient toujours beaucoup trop à faire pour se laisser le temps de persifler sur leurs comparses ou tout autre âme. Bien entendu il y avait toujours des caractères prompts à la minauderie et aux vicieuses remarques, mais ce n'était pas comme ici la majorité des riches gens. Même après tout ce temps passé au Roc je ne savais toujours pas vraiment comment réagir face à tous ces comportements déroutants, j'avais surtout pris le parti de feindre l'indifférence et de les ignorer tout bonnement, mais il se trouve des situations où c'est bien plus facile à se répéter qu'à exécuter. Ma longue absence lors de ma grossesse avait laissé des traces, et des bruits de couloir avaient pu circuler quant à ma faible constitution et à mon manque de chance de survie. Je suis bien aise d'avoir pu leur donner tord, même si je n'arrivais pas à concevoir cette méchanceté gratuite, ceux qui souhaitaient si ardemment ma mort ne me connaissaient presque pas.

Bien entendu la convoitise guidait l'essentiel des actes des opposants de ma royale cousine, en tant que dame de compagnie et parente je suis aux yeux de certains bien trop proche et d'une détestable influence sur la nouvelle reine du Roc. Cela m'effraie, car je m'estime bien vulnérable dans ces couloirs tortueux et ces nombreux espaces propices à des pièges mortels. J'essaie tant bien que mal de me rassurer en me berçant de l'illusion que ce statut qui me vaux tant de haine est aussi ma protection, aucun noble ne prendrait le risque de s'attirer les foudres des nouveaux souverains et de la famille Brax en attentant à mes jours. Il valait mieux rester prudente malgré tout, car les derniers évènements nous avaient démontrés que même les plus puissants de ces terres restaient vulnérables. La princesse semble amicale à mon endroit, et à ma surprise m'avoue partager mes sentiments vis-à-vis des bains de foule. Pour elle, qui avait littéralement grandi parmi les courtisants et cette ambiance si particulière, je ne pensais pas que ce serait une telle source d'aversion, d'autant qu'elle semble alors jouer une comédie divine tant elle semble à l'aise et joyeuse lors de ses apparitions publiques. Je commençais à me demander si sa douceur, son amabilité et ses manières pouvaient cacher des facettes plus sombres de sa personnalité. Bien entendu il est évident que ce personnage publique de princesse ne pouvait correspondre entièrement à la Megara, cette femme tout simplement humaine comme nous tous. J'avais l'exemple parfait avec Jeyne, mais je ne pensais pas qu'il pourrait y avoir des similarités dans l'adaptation au statut de princesse entre ma cousine et cette lionne vivant dans le luxe et le faste. Je glisse un petit sourire, comprenant que cette confidence est sincère et qu'elle semble assez à l'aise pour ôter quelque peu le voile de son titre en ma présence.

« Je m'imagine que cela doit être très épuisant. D'autant que nombreux sont ceux à se disputer votre attention votre altesse, parfois avec une persévérance et une insistance qui force l'admiration. »

Cette remarque, énoncée avec calme mais chaleur a pour but de continuer sur un sujet léger et évident. Je m'interroge sur la possibilité pour cette dame d'être parfois seule et des envies de tranquillité qui pourraient l'étreindre. Passant rapidement sur cette pensée sans s'y attarder, je ne souhaitais pas m’appesantir sur sa condition, elle n'est après tout pas vraiment à plaindre face aux pauvres gens de la capitale mais je ne pouvais me montrer hostile envers elle qui fait preuve d'une telle gentillesse à mon égard. Nous faisions presque partie de la même famille, tant notre quotidien est étroitement lié et nos familiers partagés. Bien qu'aucun lien de sang ne nous unisse il me fallait faire preuve d'une grande attention et presque de bienveillance à l'égard de cette femme qui pourtant m'avait volé mon premier amour. Certes, elle n'en avait rien su, et j'étais certaine que jamais elle ne l'aurait fait consciemment, c'est ce qui me permet de ne pas lui en vouloir. La seule gêne qui me ronge face à elle c'est surtout la culpabilité de mes actes, tant vis-à-vis d'elle que de son mariage. La honte peut être une puissante force destructrice et j'espère qu'elle ne prend pas mon comportement réservé pour du ressentiment à son encontre.

Je me montre surprise lorsque la princesse poursuit la conversation. Je ne pensais pas que ma plaisanterie sur le manque de manière de mon nourrisson serait prise au sérieux. Cependant je ne montre nulle trace de moquerie et continue de sourire à mon interlocutrice. Je suis heureuse qu'elle ne trouve aucun affront dans mon comportement, elle sera peut être la seule à ne pas être critique sur ce point tant les ouestriens avaient pu se montrer d'une grande intransigeance face à l'apprentissage de leurs manières. Cela avait été ardu à assimilé, alors que Jeyne et moi avions toute notre vie été conditionnées à réagir en nordiennes. Cette rencontre fortuite pourrait finalement s'avérer une excellente surprise, même si j'ai du mal à me départir de ce malaise qui m'enserre le cœur. J'essaie de ne pas trop m'attarder sur les beaux bébés qui gesticulent et observent le monde avec curiosité. Je ne veux pas avoir le cœur serré de découvrir des traits partagés avec leur père.

« Je vous accorde sans rougir votre altesse que cet art de la critique particulièrement apprécié en ce château ne m'intéresse guère. J'ai d'ailleurs énormément de mal à me lier avec les dames de par ce fait je suppose. Mais je n'y trouve ni plaisir ni gratification. Ma nature est peut être trop dans la bienveillance et l'entraide pour faire de moi une personnalité intéressante et appréciable. » Je marque une pause pour accompagner ces mots d'un haussement d'épaule. Mon manque de popularité ne m'atteint pas trop, je ne m'en inquiète pas, sauf pour les répercussions que cela pourrait provoquer sur l'image de Jeyne. « Je vous remercie de ces belles paroles votre altesse, je pense que c'est un point commun à tous les coeurs de mère de souhaiter que l'innocence de leur enfant ne disparaisse jamais. Il est un constant rappel de ce que nous éprouvions autrefois en effet. »

La princesse fait preuve d'une poésie qui me plaît et j'en viens presque à souhaiter continuer cette conversation que quelques secondes auparavant je priais pour fuir. Je me demande si elle va se joindre à moi sur le tissu étendu, je n'ose cependant lui faire cette proposition ne sachant comment elle pourrait être perçue. D'un autre côté peut être est ce que la royale dame attend de moi et je suis un instant déboussolée sur la conduite à adopter. Je ne veux surtout pas la blesser, tant dans son orgueil princier que dans sa sensibilité de femme. Après tout si on mettait de côté ce passé inavouable entre son époux et moi, je n'avais strictement rien contre la princesse, et j'étais même poussée à l'apprécier tant l'amabilité de son caractère pouvait trancher avec la détestable attitude des dames de la cour qui ne s'étaient pas montré très accommodantes avec ma personne. Bien entendu tout restait toujours courtois et d'un ton bien trop léger et presque amusé. Mais je n'étais ni sotte ni naïve et j'avais bien pu observer les regards méfiants et les attitudes peu confiantes. Mon sourire s'élargit aux bons mots qu'elle m'adressa à nouveau. Je ne pouvais pour rien au monde en vouloir à cette âme généreuse et soucieuse du bien-être de la reine. Je pouvais voir dans ses yeux son attachement à sa belle-sœur et rien que pour ce point commun entre nous je me devais de faire des efforts pour dépasser ma gêne.

« Il me serait insupportable de cause quelque trouble à notre souveraine. Si vous êtes prête à vous adjoindre ma compagnie je n'oserais pas vous refuser cette aventure votre altesse. D'autant que je ne peux que me réjouir de pouvoir profiter de votre conversation et de votre compagnie. D'autant que nous avons de nombreux points communs qui ont dû générer de croustillantes anecdotes. » Je lui adresse un franc sourire de joie, et le cœur emplit de joie je ne peux que fondre face à sa conduite exemplaire. Je n'avais pas habitude d'autant de bienveillance en dehors de mon époux, de ma cousine et de quelques familiers bien trop rares. Alors que les jeunes princes commençaient à s'agiter plus que de raison leur mère décida de faire le premier pas et de s'imposer sur mon petit espace aménagé. « Oh votre altesse, oui je vous en prie joignez vous donc à nous, je suis navrée de ne pas vous avoir invitée plus tôt mais à vrai dire je ne trouvais pas la formule adéquate pour vous proposer une installation si frugale. Mais je serais plus qu'honorée que vos fils tiennent compagnie à ma petite Jyanna dans ses explorations. »

Je me décalais quelque peu pour qu'elle puisse aisément s'asseoir en quelques pas. Pendant ce temps ma fille ne pouvait décrocher ses yeux d'un bleu très pâle de la crinière d'or de cette royale femme qui se tenait en face d'elle. Babillant joyeusement elle semblait fascinée et hypnotisée. M'amusant de cet état de fait je lui caressais de l'index la joue pendant que Megara énonçait l'avenir proche de petits princes parcourant avec entrain le Roc pour y faire les pires bêtises. J'eus un petit rire de joie et de sérénité. Cette vision était délicieuse, même si cela serait certainement très éprouvant pour elle puisqu'elle avait une double charge de travail. Avec bienveillance j'accrochais ses yeux dans les miens pour la rassurer.

« Quel beau tableau ce sera votre altesse. Je ne doute pas que les gardes du Roc auront quelques difficiles courses avec ces bambins plein de vie, mais ils seront entourés et protégés mieux que personne. Je ne doute pas qu'ils seront une véritable source d'inquiétudes à plein temps, mais ces enfants apportent une lumière qui égaille toutes les contrariétés quotidiennes. Je suis certaine qu'ils trouveront mille astuces pour vous amadouer, faire fondre vos colères avec une grande facilité. Je ne doute pas de plus que Jyanna saura tempérer leurs excentriques velléités d'aventures. J'ai moi-même eu deux frères, des jumeaux eux aussi, je leur ai plus d'une fois évité de terribles ennuis, mais ce fut une merveilleuse période. »

Je me perdis quelque peu dans ces souvenirs bénis de moments plus légers, de jeux innocents et de crise de rires incontrôlables. Mes petits-frères étaient des êtres vaillants, parfois trop téméraires, mais ils avaient toujours su retrouver la raison lorsque leur grande sœur insistant, d'autant que mes colères pouvaient être aussi terrifiantes que celles de notre mère. J'essayais de ne pas repenser au décès de Tylen, ni à celui de notre père, et encore moins à l'état d'extrême solitude dans laquelle devait se trouver mon dernier frère Andren. Il me manquait plus que de raison et j'étais plus qu'attristée de ne pas pouvoir lui présenter ma fille ou mon époux. Les distances étaient trop grandes, les conflits trop présents pour que je puisse lui faire une visite. J'avais si peu de nouvelles de lui qui écrivait si peu, je me promettais d'ailleurs de lui écrire très prochainement pour lui faire part de mon amour et de ce manque qui me brisait le cœur.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptyLun 19 Avr - 21:54

La monarchie était une organisation bien huilée, là où chacun avait sa place et se devait de la tenir, sans outrepasser ses droits et les limites qui étaient fixées. Sans doute cela pouvait-il également s'apparenter à un vaste jeu, un peu comme le Cyvosse, où chaque pièce avait sa fonction et son utilité. Alors, pour peu que l'on connaisse les règles du jeu par cœur et qu'on les maîtrise jusque sur le bout des doigts, sans doute n'avait-on rien à trop craindre à jouer à la limite, à la bordure de ce qui était permis et autorisé. Du côté des courtisans, cela signifiait pour Megara d'accepter d'être au centre de leurs attentions et préoccupations, à certains instants, sans trop pouvoir les renvoyer dans leur quartier pour peu qu'ils n'outrepassent pas les règles posées et fixées. Un peu comme une nuée d'abeilles au-dessus d'un bosquet de fleurs, là où on ne pouvait chasser les insectes d'un revers de main, car elles avaient leur utilité et qu'elles ne faisaient rien d'autre que de tenir leur rang et d'exercer le rôle qui leur était alloué. Il fallait composer avec tout ceci, ce qui n'était pas toujours agréable et aisé, mais avec le temps venaient l'expérience et la technique. Là où la jeune femme n'était tout de même pas isolée seule, pouvant partager certaines de ses remarques avec ses proches, et pouvant également se reposer sur eux pour la tirer de certaines situations où elle n'avait alors rien plus besoin que de voir les louanges mielleux des courtisans être interrompus par l'arrivée de son frère, ou encore de son époux. ❧ Là où venait auparavant vanter mes mérites et ma beauté, désormais, je reçois moult conseils et compliments quant à mon rôle de mère. Parfois même de la part d'hommes qui n'ont sans doute jamais dû rien faire d'autre que de laisser l'éducation de leurs propres enfants à leur épouse ou à des nourrices. Qu'y connaissent-ils réellement ? ❧ Arquant quelque peu un sourcil réprobateur, la jeune femme finit par hausser les épaules, avant de se dire que son interlocutrice devait sans doute subir le même traitement, et ce même de façon amoindri. Même s'il était toujours agaçant de se voir confier une foule de conseils inutiles et quelque peu déplacés à certains endroits. Accordant cependant de nouveau sa pleine attention à la jolie brune, Megara se sentit peinée pour elle d'apprendre qu'elle ne s'acclimatait pas aussi bien que cela à la Cour. Ce que la Princesse comprenait parfaitement, dans le fond. Elle savait après tout, très bien, que si elle n'était pas issue de ce Royaume, et si elle n'avait pas été leur Princesse, une foule de courtisans et de dames ne se seraient sans doute pas privées de se montrer critiques et pointilleuses quant à son caractère et ses inclinaisons de l'âme et de l'esprit. ❧ Ne laissez point leurs médisances ternir vos qualités d'âme Lady Lynara. Il n'y a rien de répréhensible à préférer l'empathie et la compassion à la jalousie et l'envie. Ce sont là des richesses qu'ils ne possèdent pas et qu'ils ne posséderont jamais. ❧ Peut-être Megara se faisait-elle trop rude et sèche concernant son ressenti à l'intention de tous ces courtisans, mais c'était ce qu'elle pensait, sincèrement, et comme elle se disait que Lynara n'irait point faire entendre tout ceci à qui de droit, la jeune femme souhaitait être elle-même. Surtout si cela pouvait permettre à la native du Nord de se sentir à l'aise et plus détendue en sa présence. Et de pleinement pouvoir se sentir comprise et non jugée, que ce soit en tant qu'elle-même qu'en tant que jeune mère.

Maintenant que l'atmosphère semblait se faire moins guindée et protocolaire entre elles, Megara accepta l'invitation de Lynara avec un beau sourire, s'installant donc à ses côtés et à ceux de sa fille. Mais avant cela, elle s'affaira à d'abord déposer chacun de ses fils au sol, les prenant dans ses bras après les avoir fait quitter ceux de leurs nourrices. Ils semblaient bien heureux de pouvoir toucher le sol, et d'être libérés de toute entrave, même si, dans le même temps, leur premier réflexe n'était pas de s'enfuir à quatre pattes bien loin. Très probablement parce qu'ils adoraient plus que tout être au cœur de l'attention de leur mère, et qu'ils avaient eu tôt fait de comprendre que si elle ne les voyait plus, alors ils s'en trouveraient privés. Congédiant un instant les nourrices de quelques mots polis, Megara put à son tour s'installer, veillant tout de même à le faire avec suffisamment de grâce et d'élégance pour ne pas froisser ses vêtements, ni même malencontreusement écraser l'une des petites mains des jumeaux, dont l'un des premiers désirs sembla être de taper joyeusement des mains, visiblement enchantés. ❧ Tout vient à point qui sait attendre, comme on dit. ❧ Portant de nouveau son attention sur Lynara, la jeune femme ne manquait tout de même pas de garder une certaine attention sur les jumeaux, au cas où. C'était l'un l'une des nouvelles capacités qu'elle avait développé depuis qu'elle était mère, et ce même si cela semblait plutôt venir réveiller des apprentissages qu'elle avait pu acquérir auparavant, lorsque, par exemple, Nymeria et elle apprenaient la couture et que Megara devait se focaliser sur son ouvrage tout en surveillant du coin de l’œil les bouderies de sa cadette. ❧ Ma mère, la Reine douairière Jordane, n'est pas sans m'avoir avertie : les jumeaux semblent être un parfait mélange des bambins que nous étions, à notre époque, mon frère, ma défunte sœur et moi-même. Si l'on s'en tient au panache caractéristique de notre royal souverain et à la boule d'énergie qu'était Nymeria ... Quant à moi, je n'avais pas mon pareil pour observer les moindres recoins de cette Forteresse afin d'y trouver tous les raccourcis et passage-secrets qui me permettraient de me dérober quelque peu au risque de rencontrer des courtisans ! ❧ C'était là une confession relevant sans doute du domaine de l'intime, mais qui ne mettait point en péril le prestige de la Couronne, et qui ne représentait aucune source de risque ou d'inquiétude. Ce qui aboutissait sur une confession partagée avec joie et plaisir, sans prudence requise. ❧ Tybalt et Cadwyn tiennent également de leur père quant il s'agit de m'amadouer et de me faire fondre, alors, je crois que, hélas, mon cas soit déjà tranché ! ❧ Un petit éclat de rire franc et joyeux fusa d'entre ses lèvres, avant qu'elle ne reprenne. ❧ Je sais que la Reine Jeyne n'a nulle intention que la petite Jyanna grandisse hors de l'entourage du Prince Martyn. Alors si mes fils peuvent aussi bénéficier de sa future présence apaisante et raisonnable dans leur vie, je n'y vois rien à redire. Nous savons toutes deux à quel point les femmes, aussi jeunes soient-elles, ne doivent pas être sous-estimées. Derrière chaque grand homme se dissimule une femme, après tout. ❧ Cependant, l'humeur de Megara se fait quelque peu changeante en prenant en compte les ultimes propos de Lady Brax. Bien qu'elle ne connaissait pas tout des familles du Nord, elle savait que l'un des frères jumeaux de son interlocutrice avait rejoint les Ancienx Dieux. Une connaissance acquise tant par intérêt réel pour la patrie natale de sa belle-sœur, que parce que le défunt était justement un proche de Jeyne. ❧ Lady Lynara, je suis désolée, pour votre frère. Je n'ambitionne en rien à vous peiner en vous parlant de mes propres jumeaux. ❧ Franche et sincère, elle espérait réellement ne pas avoir briser l'atmosphère entre elles.


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MessageSujet: Re: Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister   Ce que tu ne sais pas ne peut pas te nuire | Ft Megara Lannister EmptySam 12 Juin - 19:41

Le cadre merveilleux qui nous entoure semble sortir d'un conte, mêlant fleurs et végétations en tout genre j'hume avec délice tous ces parfums qui s'entremêlent avec une certaine harmonie, mes compliments aux jardiniers royaux. Si je n'avais pu le voir de mes propres yeux peut être n'aurais je jamais cru que cela pouvait exister, que la prospérité et l'opulence ne sont pas que des mots vides de sens tant les efforts que l'on déploie pour les atteindre ne sont jamais couronnés que de maigres succès. Le froid et l'austérité du Nord me manquent parfois, mais plus parce qu'ils ont teinté l'arrière plan de la toile de mon enfance que pour eux-même. Aucune âme ne choisirait les difficultés et les privations consciemment ou alors la personne en question n'a plus toute sa tête. Je ne peux m'empêcher alors que je suis ainsi étendue dans la sérénité de m'interroger sur l'état de mes proches du Nord. J'ai un mal terrible à me couper totalement de mes terres natales, même si je n'ai plus la capacité de leur écrire souvent. De plus, les nombreux conflits et la distance rendent ces échanges en soi dangereux. On ne peut de cette manière échanger de manière sécurisée, il ne vaut alors mieux échanger que des banalités ou des informations dissimulées sous des métaphores et autres codes. Ce n'est pas pour autant que mon affection pour ceux qui étaient ma famille s'estompe, au contraire l'éloignement tend à idéaliser ces relations brisées. Un instant je m'attarde sur le souvenir de la lettre de Jon, mon royal cousin semblait si torturé que j'avais eu du mal à lui fournir une réponse, ne pouvant apaiser son mal et son sentiment d'abandon par des mots vides de sens.

La voix de mon interlocutrice me ramène au temps présent et aux terres de l'Ouest, au chant des oiseaux et à la mer qui se fracassent sur les falaises en contrebas à grands bruits. J'acquiesce doucement à ses paroles avec un air grave. Lorsque la maternité se révèle il est souvent d'usage pour toutes les âmes environnantes d'y aller de leur petit conseil, du plus utile et pragmatique, au plus stupide et invraisemblable. Pour ma part je n'en avais eu que quelques uns, les plus précieux m'ayant été délivrés par ma mère dans une correspondance fournie que je conserve précieusement et qu'il me plaît parfois de parcourir. Pour le reste j'ai rapidement dû garder la couche pour assurer la grossesse et préserver ma santé, cela avait donc créer une petite bulle de sérénité de ce côté là, je ne sais pas si j'aurais pu facilement accepter ce genre de démonstration d'intérêt dans mon état, les hormones rendant mon caractère peu appréciable et mes colères tranchantes et implacables, sauf envers mon conjoint. Quentyn avait toujours eu cette qualité de diplomate, sa douceur m'a toujours apaisée, sa présence silencieuse et rassurante se suffisait souvent à elle-même. Maintenant que j'avançais sur les pas de la maternité j'ai appris à me faire confiance, à ne consulter que mon époux en ce qui concerne mes choix éducatifs et personne d'autre. J'avais pu essuyer quelques remarques acerbes de quelques personnalités hostiles et xénophobes mais il n'avait pas été difficile de les balayer d'un regard de glace.

« Les hommes se font souvent un exceptionnel devoir de contrôler chaque aspect de la vie des femmes, ce sont ceux qu'il faut fuir avec la plus grande force. Dans mes contrées natales nous avons coutume de dire que faire la guerre est plus simple que d’élever ses filles. Notre sexe nous prédispose à la maternité, notre instinct nous guidera plus sûrement que le verbe de ces mâles ignorants. Pour ma part j'ai choisi d'être tolérante avec moi-même, créer la vie n'est pas une mince affaire et c'est déjà un petit miracle que de l'accomplir. Pour le reste, je me repose très souvent sur la sagesse de nos aînées qui sont déjà passées par des épreuves similaires. Je ne vous ennuierai pas avec un conseil de plus mais je sais que ça a pu m'aider grandement de simplement discuter de mes difficultés avec quelques femmes de confiance. »

Je suis dur, peut être trop, car dans le fond parfois les hommes sont peut être mû simplement par un désir sincère et altruiste d'aider. Cependant leur nature dirigiste et suprématistes les poussent trop souvent à se croire pourvu d'une sagesse infinie qu'ils sont loin de posséder et d'autant plus sur ces sujets. Je ne voulais pas me croire inférieur aux hommes, encore plus dans ce domaine qui nous est exclusivement réservée, je me considère bien supérieure à eux car c'est mon corps qui m'en donne le privilège. Pour toutes les questions qui peuvent me tourmenter, tant dans les modifications corporelles que pour les difficultés pratiques pour prendre soin de ma fille, je me tournais souvent vers les connaissances de mes paires. Elles sont déjà passés par ce chemin tortueux mais magnifique, elles sont souvent de très bons conseils ou alors simplement rassurantes sur le caractère normal de mes angoisses. Il peut également être sains d'en discuter librement avec d'autres femmes qui sont en plein dans le même état que moi, comme ma royale cousine, lorsqu'elle a quelque temps libre pour le faire bien sûr.

La conversation dérive sur un autre sujet, je ne veux pas me plaindre de mon statut, j'estime d'une part que c'est parfaitement inutile de m’apitoyer sur mon sort et d'autre part que je n'en souffre pas tant que cela, j'énonce simplement la réalité de la situation. Cette relative solitude ne me pèse pas tellement, je n'ai jamais eu une particulière passion des relations sociales, je privilégie souvent la qualité de celles ci à la quantité. La popularité ne m'attire guère et je suis même bien plus comblée en me suffisant à moi-même ou en ne cultivant que ma proximité avec ma cousine. On peut y voir quelques malsaines intensions ou une réticence à l'intégration, mais ce n'était pas cela, simplement que je préfère être toute seule que tristement accompagnée, car parfois les relations peuvent se révéler aussi toxiques que du poison. J'adresse un doux sourire à la princesse, repoussant d'un petit geste amical de la main l'émotion que semble avoir provoqué en elle ma révélation. Elle est d'une grande empathie mais je veux lui signifier qu'il n'y a aucun besoin de cela.

« Je ne m'afflige pas de la solitude, car je sais parfaitement l'utiliser pour me rendre heureuse. Votre altesse vos paroles me touchent et je vous en remercie. Je m'interroge un peu sur votre nature cependant, car votre opinion vous rapproche bien plus de mes précieuses connaissances nordiennes que des étranges ouestriens. »

Je ris gentiment, pas pour me moquer d'elle mais simplement parce qu'énoncer ma pensée à voix autre a quelque chose de saugrenue. Peut être me trouvera t-elle étrange, ou bizarrement directe pour être sincère, cependant je lui livre cela avec toute l'honnêteté de mon cœur. Je me détourne de son regard, ne sachant quel effet va lui faire cette comparaison, pour moi il s'agit d'un grand compliment mais peut être ne partagera t-elle pas mon point de vue tant les nordiens sont vus de manière péjorative en ces terres.

Je laisse la princière silhouette me rejoindre sur mon petit vaisseau de fortune perdue sur un océan d'herbe douce et éclatante du soleil printanier. Je ne veux pas me montrer condescendante en lui proposant une aide dont elle n'a pas besoin, de plus ses nourrices seront bien plus capables de lui porter assistance le cas échéant. Je me déplace légèrement, gardant ma petite demoiselle dans la sécurité de mes bras. Voir ainsi ma comparse se dépatouiller avec ses deux beaux bébés est une remembrance pour moi de ma mère s'agitant en tout sens avec mes petits-frères. J'avais beaucoup aimé soutenir l'effort maternel en prenant soin de l'un ou de l'autre puis des deux par ma surveillance. Je conserve le silence lorsqu'elle se tourne de nouveau vers moi pour me conter l'avis de la reine-mère sur ses petits-fils. Je lui souris écoutant avec intérêt ces anecdotes de son enfance. Je me doute que cela doit lui causer une émotion certaine, surtout en évoquant sa jeune sœur emportée trop tôt par le trépas. J'ai quelque difficulté de l'imaginer comme une enfant exploratrice tant son caractère s'efface dans la douceur et la contenance.

« Les enfants sont souvent un savant mélange de l'héritage de leur parentèle. J'ai quelque difficulté à vous concevoir en intrépide aventurière votre altesse ! Pour ma part j'étais une enfant douce et mesurée, peut être est ce le poids des responsabilités qui m'ont très tôt été confiées. J'ai souvent été chargée de veiller sur mes proches, de m'atteler à les soulager des peines de l'existence. J'espère que contrairement à moi Jyanna pourra avoir l'insouciance de vivre pleinement une enfance tranquille. »

Le Nord n'est pas une garderie tendre et insouciante. Très vite les guerres teintes les jeux d'enfants de pertes atroces, rapidement il faut apprendre à survivre, à prendre soin des autres pour conserver des chances lors des périodes de pénuries. La misère se voit souvent et n'est pas dissimulée au-delà de portes infranchissables du peuple. Je ne voulais pas rentrer trop dans les détails avec elle, je doute même qu'elle puisse comprendre mais sa description de ses tendres années ont rempli mon cœur de l'espoir que Jyanna puisse elle aussi profiter des douceurs de ces terres pour vivre pleinement sans devoir constamment sentir l'écrasant poids du devoir et des soucis. Je ne me considère cependant pas malchance ou lésée, car malgré tout j'ai pu bénéficier de larges facilités dans l'existence de par ma condition et mes relations, mais on est loin de ce que l'Ouest peut offrir à sa progéniture. Je laisse mon interlocutrice me livrer ses impressions sur ses enfants et cela me fait sourire, elle semble assez à l'aise pour discourir sans tellement avoir de retenue ou de gêne. Je ne sais si c'est une façade qu'elle m'offre mais j'ai envie de croire qu'elle se sent un peu entière avec moi et je n'ai pas envie de la brider dans son discours même si je ne sais trop quoi lui répondre. Il est vrai que les enfants ont ce don de très vite devenir les abuseurs de leurs parents, avec plus ou moins de succès. Elle me paraît sincère dans son élan de courtoisie à mon endroit et j'aime ses projections concernant ma fille, je ne peux qu'être d'accord avec elle.

« J'étais pour ma part excessivement douée pour esquiver les colères parentales, j'espère que Jyanna ne partagera pas cette caractéristique ou son éducation risque d'être bien ardue. Elle semble déjà tellement attentive à son environnement que je doute qu'elle n'ait pas déjà révélé un héritage de mon caractère. Elle ne fait encore que babiller mais elle a un éclat dans les yeux qui ne trompent pas. Je saurais faire en sorte qu'elle connaisse sa puissance en tant que femme ne vous en faites pas. »

J'ai avec elle un sourire de connivence car nous savons toutes les deux que notre sexe est loin d'être la quintessence de la faiblesse comme certains essaient de nous le faire croire. Cette propension à sous-estimer les femmes a été très surprenant pour moi en venant habiter au Roc, mais je me fais le devoir d'enseigner à ma fille qu'elle est tout autant capable qu'un autre et qu'au contraire cette méprise pourrait lui servir à faire de grandes choses.
De nouveau la conversation dérive vers un pan moins réjouissant des évènements récents. Le trépas fraternel n'est pas très ancien, mais la nouvelle est encore relativement fraîche car elle a mis du temps à se frayer un chemin jusqu'à moi. Mon expression s'est un peu refermée mais je ne veux pas faire croire à mon interlocutrice qu'elle m'a blessée, ce sujet n'est en rien tabou même s'il m'est douloureux.

« Nul affront n'a été commis votre altesse. Mon frère et mon père ont vécu et les évoquer est une joie pour moi même si la douleur de cette annonce n'est pas encore apaisée par le temps. Le Nord s'est vu ravir beaucoup d'âmes vaillantes et méritantes, je sais qu'ils ont été honoré de prouver leur honneur par le sacrifice de leur vie. Cependant ils me manquent terriblement, je me plais à me remémorer le temps que nous avons pu partager ensemble. Ce n'est pas un sujet à éviter, au contraire, parler d'eux c'est raviver leur flamme pour quelques instants. »

Je lui offre un petit sourire triste. Je ne sais pas si elle comprendra ma perception du deuil, mais je me détourne quelque peu d'elle pour déposer un petit baiser sur le haut du crâne de mon bébé qui a toujours ses grands yeux fixés sur la princesse.


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