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 [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]

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MessageSujet: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 10 Juil - 0:44

09:56:59
An -7 - Essos, Myr

Lorsque Deria m’avait annoncé qu’elle allait voguer vers le vieux continent, et que je pouvais l’accompagner, je fus des plus heureuses et des plus excitées ! J’allais enfin pouvoir fouler à mon tour ces terres qui ont fait l’objet de nombreux récits, chants et contes et qui continuaient à fasciner avec les marchandises exotiques proposées par les marchands d’Essos. Un enchantement et une joie qui ne résistèrent à ce long voyage en bateau, aux premières déceptions gustatives ou aux premières confrontations « culturelles ».

Pourtant, il était bien difficile de faire face seule à de nouveaux gens, avec leurs croyances et leurs us et coutumes propre. J’avais naïvement pensé pouvoir apprécier du temps libre avec ma tendre sœur, mais celle-ci était constamment occupée soit par ses obligations, soit par les nobles de ces contrées. Et ces derniers me toléraient mais m’offraient clairement un tout autre accueil que l’on donnerait à une noble de naissance. Il semblerait que, qu’importe le continent, j’étais une « tare » par ma naissance : la bâtarde née d’une union nullement bénie ou reconnue, et qui porterait toute son existence la faute de ses parents.

Des lois et des règles inscrites dans l’inconscient d’hommes et des femmes mais dont les sources étaient bien mystérieuses et la légitimité tout autant douteuse. Qu’importe, mes espoirs d’un semblant de reconnaissances s’étaient bien vite évanouis dans ce monde-ci. Heureusement, je n’étais nullement vilaine ni stupide, et je pouvais espérer attirer la sympathie et l’amour tantôt par charme, tantôt par esprit. De plus, malgré la réticence à l’égard de ma naissance, Dorne et ses voisins outre mers faisaient preuve de tolérance, octroyant même de hautes fonctions.

- … R’hllor !


Je me retourne, inconsciemment, vers cette personne qui invoquait cette divinité. Dès les premiers jours dans les environs, j’avais remarqué que bien du monde jurait par « R’hllor » et montrait grand respect à ce qui semblait être des prêtres et des prêtresses. De fil en aiguille, et à travers quelques questions d’apparences anodines, j’avais appris que c’était le nom de leur divinité, et qu’elle était reliée au feu. Malheureusement, ma compréhension, comme ma connaissance, de cette religion s’arrêtait là. Pourtant, aujourd’hui, je désirais pousser cette réflexion un tantinet plus loin, et mieux appréhender la signification de ce cœur ardent, ou ce que ce divin représentait. La Principauté avait toujours su faire preuve de tolérance aux croyances – comme à ceux qui ne croyaient nullement –, au grand étonnement de certains voisins qui ne juraient que par une religion.

Je profite d’approcher d’un marchand qui vend quelques bijoux d’humbles matériaux. Après une discussion de quelques minutes concernant trois bagues, je ne tarde pas à poser la question qui me taraude vraiment.

- Très bon monsieur, pourriez-vous me dire s’il est bon ton d’apporter des offrandes ou des présents aux serviteurs du Dieu R’hllor ? Je souhaite m’entretenir avec l’un d’eux, afin de mieux comprendre leur Foi. Je ne désire nullement froisser ces grands esprits ou faire preuve d’incivilité ou d’irrespect.


Certes, la Principauté pouvait accepter bien des croyances, mais la réciproque ne se vérifiait pas toujours. Bien des religions étaient véhémentes, voire accusatrices, et acceptaient peu de recevoir des esprits curieux qui n’avaient nulle intention de se convertir. Bien consciente de ce danger, je prenais mes précautions en cherchant à soutirer quelques informations cruciales, tout en gardant le garde attribué à ma personne à mes côtés.



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Arianne Martell
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 13 Juil - 1:48

Finalement, Myr n’est pas si différente de Lys. Ou en tous cas, de ce qu’elle se souvient de Lys. De la chaleur, des esclaves, la mer, des prêtres rouges… Et quelques autres représentants de cultes moins populaire. Des cultes marins. Plutôt barbares. Elle les connaît, Shaera, parce qu’elle a entendu leurs histoires, dans les tavernes de marins… Les légendes de la Demoiselle du clair de lune, ou encore du roi Merling… Aquan, le taureau rouge, la Dame des Pleurs, Pantera, Yndros du crépuscule… En Essos, les dieux sont légions, et chacun est libre de prier qui ça lui chante… Selon celui vers qui on adresse ses prières, ce peut juste être plus ou moins difficile. Ainsi, en Myr, on trouvera peu d’adeptes du dieu Cheval, figure emblématique du panthéon des Dothrakis.

Shaera, elle, apprécie cette multiculturalité autant qu’elle l’irrite. En guise de représentante de la foi majoritaire, les choses sont plus aisées pour elle, puisque les Myriens se montrent obligeants et obligés envers les prêtres rouges. Portant, comme il se doit, sa robe écarlate et son collier orné d’un rubis, Shaera jouit, malgré son jeune âge, d’une certaine crédibilité. Elle le sent, de façon plutôt prononcé, quand elle arpente les rues de la cité qu’il y a un monde entre le commun, qu’il soit riche ou pauvre, et elle. Sans se positionner ni au-dessus, ni au-dessous, Shaera fait partie de ces gens qui se retrouvent en marge… Intégrés, parfois essentiels au fonctionnement de la communauté, mais résolument à part. ça lui convient, à elle, qui a l’impression d’avoir été ostracisée depuis sa naissance. Du reste, ses prêches semblent faire mouche, parler à ces inconnus desquels elle n’a plus qu’observer le quotidien. Elle prend le temps de leur parler, de les écouter, de recueillir leurs doutes, leurs peurs, de les partager… Et puis elle a fini par comprendre pourquoi, de Volantis, le Haut-Prêtre du Maître l’a envoyée, comme d’autres, parcourir les cités libres. Toujours ébranler ses certitudes pour mieux les consolider, apprendre qui sont les fidèles, les comprendre, pour mieux les guider dans la Lumière du Maître…

… Ou bien sauver d’indiscrètes questions un marchand seulement intéressé par la vente de ses produits. Flânant dans la rue, nez et chevelure argentée au vent, Shaera n’a pu que s’arrêter en entendant la question posée par la jeune dame à l’accent étranger, l’accent d’au-delà du détroit. Dans le dos de cette dernière, l’homme semblant assurer sa sécurité laisse tomber un regard méfiant, ouvertement hostile, à la dame en rouge, qui joint sagement ses mains dans son dos en s’approchant, mais pas trop, pour lui signifier qu’elle n’entend rien faire d’idiot avec sa commanditaire. Le regard du marchand, d’abord dardé sur la jeune et jolie dame, dévie sensiblement vers la gauche pour rencontrer celui de Shaera, lorsque celle-ci s’approche. Voyant sa robe écarlate, il se mure dans le silence, ses yeux en revenant à l’étrangère, décidant de lui-même de s’effacer face à une prêtresse rouge. Bien sûr, la femme aux cheveux argentés ne rate rien de cela, et laisse un large sourire fleurir sur ses lèvres. « Ce n’est pas le tout de faire des offrandes, ma Dame… » Elle souffle, difficile à cerner. Autant que puisse en juger son interlocutrice, Shaera pourrait autant être particulièrement gaie, que sur le point de déchaîner les foudres d’une femme de foi insultée…

Se tenant à bonne distance du garde de la dornienne, mains aux doigts toujours noués contre ses fesses, son sourire sibyllin demeure, tandis qu’elle détaille ouvertement la jeune femme, de la tête aux pieds. La hanche de Shaera se cambre, appuyant son attitude désinvolte. « L’offrande en elle-même compte moins que l’intention que vous y mettez… Si vous pensez acheter le temps d’un prêtre avec des biens ou des denrées qui vous semblent « convenables », vous récolterez précisément ce que vous avez semé… Des réponses que nous estimerons convenable pour vous… » Elle sourit, se laissant voir ouvertement narquoise, et marque une pause, avant de reprendre. « Vous voyez, pour un esclave, recevoir en don une grenade est d’une extrême valeur… C’est un fruit délicieux, difficile à obtenir pour un être en servitude… Le même fruit en don de la part d’un nanti sera, en revanche, totalement insipide… Avec l’offrande vient le sacrifice. » Les yeux de Shaera se font pétillants. « Que seriez-vous prêtre à sacrifier, ma Dame, pour obtenir les réponses à vos questions… ? » Elle demande, indubitablement dévorée de curiosité.



   
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Shaera de Volantis
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 24 Aoû - 0:50

Avec le temps, j’avais appris que la beauté était insuffisante pour plaire à son interlocuteur : le charme était primordial. Un don qui est attribué aux hommes dès leurs naissances, mais qui n’est guère évident pour ces derniers. Certains savent en user dès qu’ils sont doués de réflexion, d’autres doivent cultiver de longues années. Malheureusement, pour la majorité, ledit charme ne se manifeste que timidement et dans l’intimité d’un foyer chaleureux.

Je faisais partie de cette catégorie de fortunés qui avait appris à user et à abuser de leur charme très jeune. Je dois avouer que j’eus l’aide des courtisanes expertes du bordel où travaillait ma mère. Chacune m’avait offert sa perle de sagesse, et avait offert une démonstration pour illustrer leurs arguments – dans la limite de la décence et de la pudeur pour une gamine de sept ans.

Alors, j’usais de ce charme. Un regard doux, un timbre de voix chantant, des mots soigneux, des gestes délicats … Tout était calculé, tout était travaillé. Je misais sur ma beauté et à ma grâce pour soutirer autant d’informations que possible de ce marchand, et sans le presser ou l’inquiéter ou le gêner. Un homme qui se sent pris au piège, ou qui pense « perdre son temps » et donc son argent, devenait bien vite grognon et impatient, offrant des conseils malavisés. Or, l’erreur n’est jamais permise avec des hommes dévoués à une religion – ou à une quelconque croyance mystique.

Le charme s’opère mais, subitement, il se brise. Le regard de l’homme me quitte le temps de quelques secondes et aussitôt, il se tait. Surprise par ce revirement inattendu de situation, et d’attitude. J’eus bien vite réponses aux questions qui germaient dans ma tête en la personne d’une silhouette féminine, cheveux argentés et habillés de rouge. Les paroles de cette inconnue piquèrent ma curiosité grandement. Je compris que j’avais affaire à une prêtresse rouge et que, ironie du sort, j’étais un tantinet prise au piège.

Comme à mon habitude, je prenais grand soin de réfléchir aux mots que j’allais prononcer. Au sein de la Cour de Dorne, et de ma famille, j’avais tôt appris que la parole avait autant d’importance qu’un parchemin signé et daté.

- Les offrandes n’ont jamais été un sujet aisé. Les regards, les paroles et les présents sont un tout qui nous permettent précisément de montrer nos intentions. Pourtant, vous avez bien raison : l’offrande n’est pas la finalité, mais l’introduction.

Les présents n’ont jamais été véritablement au cœur des affaires. Ils permettent avant tout de partir d’un bon – ou mauvais – pied dans les différentes négociations ou visites. Plus l’offrande était grande, et plus il y avait des chances que les demandes qui s’ensuivront seront grandes. Personne n’offrait par grandeur d’âme, et gratuitement ! Même entre un frère et une sœur !

- La question suivante, et sûrement la plus importante, est le sacrifice. Vous me demandez ce que je serais prête à sacrifier pour obtenir des réponses à mes questions.

La réponse s’imposa tout naturellement : Tout, sauf mes frères et ma sœur. Je serais capable de bien des choses pour ces derniers, les seules personnes que je chéris plus que tout en ce monde. Autrement, en dehors de ces trois-là, tout est éphémère et passager, mensonger et illusoire à la fois. Si un choix m’était donné, je serais fortement heureuse de vivre dans mon propre domaine, en me pavanant de belles robes et en apprenant et en chantant des poésies jusqu’à vieillir et mourir. « L’ambition » dont je faisais preuve, au regard des autres, de temps à autre n’était animée que par ma volonté de protéger ma fratrie et rien d’autres.

- Si je suis prête à faire des sacrifices pour des réponses à des questions, alors l’affaire est fort simple : soit « rien », soit ma personne.

J’avais prononcé cette réponse d’une voix ferme et assurée. Je ne bluffais pas, je ne craignais pas. Je le pensais sincèrement.

- Estimer une valeur à la vérité est impossible. Par ce procédé, nous nous flouons et, comme vous l’avez bien souligné, nous ne récolterons que ce que nous semons. Or, la vie est sacrée pour tous les peuples, qu’importe leur culture ou leur croyance, en raison de tout ce qu'elle représente : un corps, un esprit, un passé, un présent, un futur ... Ainsi, par offrir ma vie, je ne parle pas de la mort mais m'amputer d'un élément qui compose ma personne.

Et j’attends de voir si j’avais répondu à la dame convenablement, et si elle acceptait de rester encore un peu avec moi et – qui sait – me parler de sa religion un brin plus en détail. Si la prêtresse restait, j'inviterai mon garde à s'éloigner de quelques pas, afin que je puisse discuter paisiblement et discrètement avec elle.



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Arianne Martell
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptySam 5 Sep - 13:26

La curiosité, c’est bien, parfois. Essayer de comprendre, les gens, l’environnement… ça peut être bien, voire très bien. En fait, ça s’arrête d’être bien quand ça devient irrévérencieux, voire insolent… Un peu comme cette jeune étrangère l’est, face à Shaera. La prêtresse, bien que son opinion concernant la belle dame se dégrade un peu plus à chaque mot prononcé, reste parfaitement stoïque, conserve un très léger sourire, de convenance, au coin de ses lèvres. Elle note comme la dame tente de se montrer spirituelle, et comme son esprit, aiguisé au demeurant, pourrait faire mouche… Mais pas avec elle. Shaera est, peut-être, trop acérée. Au plus on lui donne, au plus elle attend. En l’occurrence, la dame lui donne beaucoup, beaucoup de perspicacité, beaucoup d’esprit, beaucoup de rhétorique, quelque part… Arianne aurait été plus idiote, Shaera aurait pardonné sa bêtise et aurait pris le temps de l’éclairer. Là, ce n’est pas assez, au point que c’en est décevant. Un esprit suffisamment clair pour en arriver à ce degré de réflexion devrait pouvoir aller plus loin… Mains élégamment jointes devant elle, la prêtresse rouge écoute jusqu’au bout chacun des mots d’Arianne avec beaucoup d’attention…

Quand son interlocutrice a terminé, Shaera est décidée. Il est hors de question qu’elle partage avec elle les secrets de R’hllor, du moins tant que sa spiritualité sera aussi… cartésienne. La prêtresse rouge est une femme de foi, pas une politicienne, hors, cette femme a une vision de la foi totalement politisée. Ça ne la surprend qu’à moitié. C’est aussi le cas dans les hautes sphères du pouvoir. On fait des offrandes pour recevoir, sans la moindre piété. C’est bien ce qu’elle déteste le plus. Quelque part, Shaera comprend, à retard, à quel point sa question était piège. La seule réponse acceptable qu’Arianne aurait pu lui donner aurait été « Celui qui fait le sacrifice ne peut estimer lui-même le juste prix de son sacrifice… Autrement, il s’agit simplement d’une transaction mercantile. » Et Shaera n’est pas une marchande. Ce n’est pas une conteuse d’histoires, une marchande de morale et une femme auprès de laquelle on peut s’acheter une conscience… Elle est de ceux qui jugent, qui établissent certaines limites, des repères, des codes moraux… Libre à qui veut de désobéir, de dépasser ces limites, mais elle, elle refuse de se laisser duper par une feinte contrition…

« Il faut que votre vision de l’offrande soit profondément pervertie pour que vous en veniez à penser que ce n’est qu’une introduction… » Elle assène, yeux brillants et sourire aux lèvres. « Une offrande, une véritable offrande, ne se fait pas dans l’attente de recevoir une faveur en retour… Faut-il que la Foi à Westeros soit à ce point dégénérée pour que les gens de votre peuple pensent qu’il suffit d’une offrande pour s’attirer les bonnes faveurs d’un dieu ? Pensent-ils que la piété obtient toujours récompense ? N’êtes vous pas d’accord que le sens même de l’offrande ou du sacrifice est perdu, s’il n’est fait que sur « une base raisonnable » et dans l’idée de recevoir ? » Elle secoue négativement la tête. « Il y a tellement d’orgueil dans vos paroles… Et c’en est d’autant plus désolant que vous êtes naïve par rapport à votre propre orgueil, que vous ne vous en rendez même pas compte... » Le violine des yeux de la prêtresse se fait plus dur. « Pensez-vous que votre personne, ou quoi que ce soit venant de vous, puisse avoir cette valeur ? Puisse avoir de la valeur aux yeux d’un Dieu ? » Elle dévisage Arianne. « Rien, ou vous-même ? Ma Dame, vous n’êtes absolument pas prête à sacrifier quoi que ce soit… Vous donnez pour recevoir. Vous ne sacrifiez rien, vous marchandez. » Par l’intermédiaire des paroles d’Arianne, qui pourtant se voulait pleine d’humilité, Shaera dresse le procès des Westerossis et de leur foi pervertie. « Le sacrifice de soi pour une idée n’en porte que le nom. L’acte reste entrepris pour sa propre gloire, qu’on espère perdurer après soi… Le véritable abandon dans la foi se fait dans la conviction profonde de la toute puissance de son Maître, de son omniscience, de son omnipotence… Avec la conviction que ses largesses ne nous toucheront jamais, et que si elles devaient venir à nous, alors nous en serions indignes… La piété vise à remettre les fils de nos existences invisibles dans la tapisserie géante que nous sommes à nous tous, Ma Dame… Vous ne me semblez absolument pas prête à recevoir les perles de sagesse du Maître… » Elle conclut son plaidoyer, toujours aussi calme, pendant que, près d’elle, le marchand se fait tout petit… A aucun moment la prêtresse rouge ne s’est adressée à lui, mais son prêche l’a touché, le renvoyant à son grand dam à sa propre vanité, à son propre orgueil… Preuve en est qu’il en quitte l’arrière de son étal, et vient brièvement s’agenouiller près de Shaera, prend sa main dont il porte le revers à son front, avant de ranger ses produits et de filer d’un pas rapide. De son côté, la prêtresse l’a regardé faire, toujours aussi insondable. Est-ce que ça l’amuse ? Est-ce que ça la satisfait ? Ou bien… Est-ce qu’elle s’en fiche, de voir un homme aussi contrit ?



   
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 27 Sep - 23:46

J’essayais de suivre et de comprendre le raisonnement de la prêtresse rouge. En vain. A mon grand désarroi, chaque phrase sonnait comme un terrible énoncé de toutes mes fautes, avant que le jugement final ne soit prononcé – froid et non négociable : j’étais indigne de recevoir les perles de sagesse du « Maitre ». Dans mon dos, je sens une agitation. Je ne tarde pas à en découvrir l’origine : le marchand. L’homme salue – ou cherche la reconnaissance ou le pardon – auprès de dame en rouge pour aussitôt déguerpir. Essos était, assurément, un continent curieux mais je n’avais nullement le loisir de m’y pencher.  J’étais rouge, agitée par de multiples émotions telles que la Honte, la Colère et l’Envie.

La Colère pour m’avoir jugé « indigne », me rappelant ces longues années auprès de la Princesse Ravena et du traitement octroyé par cette dernière. Certes, les deux ne me jugeaient pas « indignes » pour les mêmes raisons mais la finalité était malgré tout un jugement défavorable. Trois ans que je respirais enfin, trois ans que je pouvais enfin me dire batarde sans subir le courroux moqueur de la défunte Princesse.

La Honte pour avoir failli à la tache de plaire et de complaire à mon interlocutrice. Depuis mon introduction à la Cour de Lancehélion, j’avais appris à force d’écouter et d’observer. Or ces deux taches ne peuvent se faire que si votre présence est acceptée ou tolérée ou appréciée. J’avais toujours fait de mon mieux pour être agréable à autrui, et ainsi attirer ses bonnes grâces à mon égard.

Et puis, l’Envie de faire face à une femme qui semblait avoir mon âge, mais qui semblait jouir d’une forme d’indépendance – à ce monde – et soumission – à ce Maitre – libérateur, lui conférant aussi une maturité insoupçonnée. Elle était forte, à n’en point douter, alors que je vacillais encore sur mes propres jambes – au sens figuré, évidemment.

- Vous dites que je ne suis pas prête à recevoir le savoir, mais je ne peux pas m’empêcher de me poser des questions. J’ose espérer qu’en posant ses questions, je ne dépasse pas mes droits, finis-je par dire après plusieurs minutes de silence, tentant de ravaler cette bile acide et amère et cherchant à savoir sur quels pieds danser.

Mon ton était tremblant et mes joues encore en feu, preuve que cette marée d’émotions ne s’était pas calmée. Je n’avais pas pour habitude d’agir spontanément. Les seules occasions ou je m’étais abandonnée aux sentiments étaient lorsque l’autre « semblait » me promettre ce que je recherchais désespérément : un amour inconditionnel.

- Dites-vous que nous sommes des tisserands insignifiants d’un grand ouvrage, sous le regard ou sous la direction d’une Entité ? Vous dites que si nous … une personne recoit les largesses du Maitre, elle en est toujours indigne. Dois-je en conclure que tout homme est indigne, quoi qu’il fasse, quoi qu’il pense, qui qu’il soit ? Vous semblez me décrire une fatalité, qu’il n’existe rien de beau, de grand ou d’honorable en ce bas monde, et donc qu’il n’y a nul intérêt de s’y battre ou d’y vivre …

Père m’avait prévenu, pourtant, contre ces prêtres rouges. Or, j’avais désobéi. Je voulais discuter, comprendre et peut-être trouver enfin des réponses à mes questions. Je m’étais fourvoyée, et je subissais les courroux impitoyables d’une dame à cet instant-ci. Je devrais la quitter mais j’étais fascinée en même temps. Je désirais savoir ce qui l’animait avec une telle passion.

- Au sein de la Principauté, il y a de nombreuses croyances. Dans le reste du Westeros, il existe effectivement une « Foi », mais je ne connais que peu de choses sur elle à vrai dire. Les échos que j’entends … ne m’inspirent pas, avouais-je.



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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 1 Oct - 12:17

C’est visible, la jolie jeune dame est ébranlée par les mots de Shaera, qui la détaille, le visage toujours résolument dénué de la moindre expression. Oh, elle a de l’empathie. Ce que la prêtresse vient d’établir n’est absolument pas agréable pour la demoiselle… Qui le prend peut-être d’autant plus mal que la personne à la juger aussi durement n’est en rien son aînée. En fait, Shaera et elle n’évoluent, pour un millier de raisons, pas dans le même monde. C’est à peine si leurs univers se croisent… Elle pourrait, la jeune femme à la chevelure argentée, faire preuve d’autant de curiosité pour le continent westerossi que ce qu’en montre l’étrangère. D’une certaine façon, c’est le cas. Seulement, vivre pratiquement coupée du monde pendant ses années d’apprentissage de prêtresse, et la philosophie inculquée par le Haut Prêtre ne la font pas du tout aborder la chose de la même façon que sa vis-à-vis. L’étrangère, elle, a la possibilité de s’émerveiller, de découvrir les choses avec naïveté si elle le souhaite. Shaera, elle, a été conditionnée pour voir l’âme humaine, autant dans sa beauté nue que dans le terrible de sa laideur. Les prêtres rouges sont formés à cela, à discerner chez l’autre qui de l’Autre ou de R’hllor domine, à lire dans les cœurs ce que les bouches ne disent pas, à comprendre les âmes… Car au mieux on les comprend, au mieux on les manipule. Elle s’est entraînée, au terme de sa formation, sur ses frères et sœurs… Le résultat a été probant. Ce sont les seules personnes qu’elle a voulu détruire. L’étrangère, à aucun moment elle n’a voulu lui faire de la peine. En revanche, elle a tenu à lui faire comprendre qu’il ne suffirait pas de minauder pour qu’on lui donne R’hllor sans confession. Peut-être se trompe-t-elle, mais la prêtresse, en la voyant discuter avec le marchand, a eu la désagréable impression que cette dame comptait sur son charme pour obtenir tout et n’importe quoi… Pour elle, c’est insupportable. De façon brutale, elle a tenu à faire comprendre à cette dame qu’il était hors de question que les secrets de sa religion se retrouvent au même niveau que les piécettes qu’on peut distribuer aux catins.

Et, au rouge qu’elle voit monter à ses joues, Shaera comprend que le message est bien passé. Elle n’a, à titre personnel, rien contre cette dame, si ce n’est cette assurance presque déplacée qu’elle lui oppose, comme s’il était normal qu’elle tombe immédiatement sous sa coupe, comme une imbécile superficielle. Ce jeu est pratiqué à très haut niveau dans les cités libres. C’est l’une des raisons pour lesquelles Shaera préfère les bas-fonds, les gens plus modestes, pour qui la spiritualité n’a pas de prix car elle est leur unique planche de salut, et qui ne font pas semblant de vous écouter en pensant à ce que cette écoute va leur rapporter.

Estimant qu’elle avait été assez claire dans son prêche, et disposée à laisser la jeune femme se reprendre, elle l’invite d’un signe de main conciliant à poser ses questions, et en vient à se faire la réflexion que cette situation est réellement très étrange pour elle… Elle est tellement jeune, d’ordinaire, la révérence des croyants est réservée aux prêtres de plus haut grade, plus anciens. Là, ça l’interpelle de se rendre compte de l’emprise qu’elle a, indirectement, sur cette jeune femme. Ce constat ne fait que la renforcer dans l’idée qu’elle fait bien de la laisser s’exprimer et poser ses questions. Certes, Shaera a été très dure avec elle, mais elle ne lui est en aucun cas supérieure. Marginale, c’est une certitude. Supérieure, jamais.

Avec lenteur, l’étrangère a à peine commencé que Shaera commence à lentement secouer la tête en signe de négation. Seulement une partie de son message était passé. N’importe, c’était une partie importante. Attendant que la jeune femme finisse de s’exprimer, la prêtresse rouge laisse un petit sourire venir étirer ses lèvres. « Ma chère, vous avez tout compris de travers. » Elle rit un peu, sans moquerie cependant, sans cruauté. « Nous ne sommes pas tisserands… Nos vies sont les fils qui composent une immense tapisserie, dont le tisserand est le Maître… » Elle précise. « Aucun mortel ne peut juger si l’un ou l’autre est digne de recevoir les faveurs de R’hllor… » Elle poursuit, plus durement. « Les dessins du Maître sont impénétrables, il est le seul à voir la tapisserie dans son ensemble. Nous, nous n’avons accès qu’à de minuscules détails… Qui peut dire à quel moment la faveur du Maître fera la différence ? » En l’occurrence, le Maître peut, s’il le souhaite, rendre la vie aux défunts s’il estime qu’ils ont encore un rôle à jouer… C’est la raison pour laquelle la cérémonie du baiser est si capitale. Si les prêtres rouges ne la pratiquent pas, il est possible qu’ils passent à côté d’un homme à la destinée voulue exceptionnelle par R’hllor… « J’ai dit que quelqu’un de pieu se jugera toujours indigne de recevoir les faveurs du Maître, pas qu’il le serait… La nuance ici est capitale. »

Un petit temps s’écoule, temps que Shaera abandonne à l’étrangère, pour la laisser remettre les choses dans le bon ordre. Quand elle estime que c’est suffisant, elle reprend. « Les raisons de se battre, comme vous dites, de vivre, varient d’une personne à l’autre… Chaque âne a sa carotte. » Elle hausse les épaules. « Les intentions comptent autant que les actes, demoiselle… Un acte chevaleresque perd tout de sa beauté si l’intention première est sa gloire personnelle… Voilà l’exemple parfait de ce qui peut être beau à l’extérieur, et laid à l’intérieur. Sauver une vie humaine ne semblait pas suffisant pour le sauveur de vivre, mais le statut de héros qui en découle, oui… Il ne suffit pas de dire qu’une chose est belle ou laide pour qu’elle le soit. L’âme des hommes est rarement tout l’un ou tout l’autre… L’idée, c’est de faire en sorte qu’il y ait plus de lumière que de ténèbres… Vous comprenez… ? » Elle demande, incertaine que son prêche soit clair pour qui ignore la dualité qui existe entre R’hllor et l’Autre, au sein de tous les hommes. Le cas échéant, Shaera prendre la peine de s’expliquer… Peut-être.



   
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 13 Oct - 10:54

Je n’avais pas reçu une éducation religieuse, et pourtant j’avais toujours été curieuse à l’égard de ces hommes et de ces femmes qui semblaient prier et attendre un miracle d’une force invisible et mystérieuse. Leur dévotion était presque enchanteresse, mais à n’en point douter louable. Un avis qui n’était pas toujours partagé par les miens. Mère disait que croire faisait plus de mal que de bien. Père soutenait que la religion était la nourriture des plus pauvres. Anders me conseillait de ne pas y réfléchir, et que la religion me priverait de mes libertés. Grand-mère avait été la seule à m’écouter jusqu’au bout, ou à répondre à quelqu’une de mes questions, terminant souvent ces rares séances presque chaleureux et agréables par quelques mises en garde – et notamment, avec sa préférée : « tu gagneras plus à te montrer stupide, qu’intelligente, avec ton joli minois ».

Un adage qui prenait tout son sens aujourd’hui. La blondinette intimidait considérablement, mettant en face les erreurs et les défauts de chacun. Face à cette silhouette enveloppée de rouge, les hommes fuyaient et les femmes se ratatinaient. Pourtant, elle était à peine gênée. Elle semblait vivre pour autre chose qu’être aimée ou être acceptée par autrui. Elle semblait avoir trouvé sa voie, et s’y être accomplie dedans. J’en avais la certitude. En comparaison, je faisais bien pale figure. Je cherchais encore le consentement de l’autre, en mettant en confiance des hommes tantôt las, tantôt oisifs, en écoutant les langues déliées de femmes tantôt prudes, tantôt scandaleuses. Je me contentais d’écouter, plus que de m’affirmer ou de réussir à m’illustrer dans une quelconque conversation. A nouveau, je brillais davantage pour ma stupidité que pour mon intelligence. Grand-mère avait bien raison : j’étais surement belle, mais j’étais une belle idiote. Il serait temps que j’accepte mes propres faiblesses et que je cesse de me croire ce que je ne suis pas.

Et puis, un rire retentit et telle une légère brise, elle apporte un semblant de douceur aux feux qui embrasent mes joues. Un rire qui me redonnait un semblant de courage pour écouter un tantinet plus les paroles de la dame, cherchant à saisir les nuances qu’elle me présentait. Et elle termine son prêche sur cette dualité constante entre Lumière et Ténèbres.

- Selon vous, la Tapisserie du Maitre serait donc faite principalement de Lumières soit des hommes et des femmes humbles qui combattent pour un idéal. A n’en point douter, vous décrivez là un beau monde dans lequel il n’y a pas besoin de souffrir, dis-je sincèrement, en repensant à toutes ces paroles. Un monde remplit de Ténèbres, à l’inverse, serait dominé par la recherche d’une gloire personnelle, d’actes tout autant égoïste à l’égard de tout vivant.

Des hommes honorables et des femmes agréables et un monde sans perfidie et hypocrisie. En somme, une vie simple, exactement comme je la rêve. Si mes frères, et ma sœur, rêvant d’aventures et bouillonnent de passion et de fureur, j’étais davantage ce cours d’eau calme qui faisait son petit chemin au gré des caprices de la terre et du vent et des hommes. Je me faufilais pour continuer ma route jusqu’à ce que je devienne la substance d’une vie plus importante que moi : une plante, une terre, un humain … Oui, je crois comprendre ce que la prêtresse dit lorsqu’elle soutient que nous ne sommes que des fils d’un destin inconnu et trop grand. Nullement atteinte dans l’orgueil, ma curiosité n’en était plus grande, tout autant que cette envie de connaitre davantage le pédigré de cette femme qui avait mon âge. J’étais prête à ravaler, encore, cette honte et cette colère qui m’avaient animé tout à l’heure. C’est ce que je faisais toujours, car c’est ainsi que j’avais survécu dans la Cour de mon père. Une attitude lâche, assurément, mais une attitude nécessaire.

- Il est malheureusement impossible d’éradiquer ces Ténèbres, je conçois. Etrangement, nous apprenons bien plus de l’humanité auprès de monst… auprès de personnes avec peu de convictions
, me rattrapais-je bien vite. Est-ce que cela veut aussi dire que le Maitre a une part de Ténèbre ?

La question me semblait abrupte et je crains, subitement, d’avoir manqué de respects.

- Je m’excuse, si j’ai outrepassé mes droits. Je ne souhaite nullement insulter le Maitre, et encore moins remettre en question vos paroles. J’essaye simplement de comprendre, du mieux que je le peux. Je n’ai jamais reçu une éducation religieuse, et je pense que je peine à faire preuve de la sensibilité nécessaire. On m’a surtout appris à écouter, plutôt qu’à parler. Il serait, peut-etre, plus avisé si je me tais.

Douce manière de dire que je ne pourrais pas être plus charmante ou plus rude que je ne le suis déjà, et qu’elle était libre de quitter ma compagnie si elle était jugée inintéressante ou – en l’état – encore et toujours indigne.



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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 13 Oct - 17:15

Shaera considère l’étrangère avec perplexité. De la jolie jeune femme, certaine de ses atouts, qu’elle a vu aborder, avec une confiance prête à faire chavirer les navires, le marchand un peu plus tôt, il lui semble qu’il ne reste rien, que cette belle assurance a fondu comme neige au soleil face au refus de la prêtresse de céder à ses charmes au premier coup d’œil. Tout cela la laisse penser que la personnalité de la jeune femme est factice, que tout ce qu’elle affiche, ce qu’elle offre d’elle à penser quand on la voit, est moins l’expression de sa personnalité que l’expression d’une personnalité qu’on l’a forcée à adopter… Cette hypothèse germant, et grandissant, la prêtresse se voit piquée par la curiosité. Que trouvera-t-elle, si elle gratte ? Que fera donc cette jeune fille des perles de sagesse du Maître si Shaera l’autorise à en faire un collier ? Prête à marchander les connaissances à propos de R’hllor, voilà que l’étrangère se révélait prête à philosopher… Ce qui n’est pas pour déplaire à la prêtresse qui, face à une âme égarée rendue à l’humilité, peut se révéler être le guide spirituel qu’elle a été formée à devenir.

Certes, une fois encore, elle n’a pas saisi, ou pas correctement, le message que Shaera a tenté de lui faire passer, mais elle donne à la femme à la chevelure argentée l’impression d’essayer, vraiment, ce qui est, au final, tout ce que la prêtresse réclame. Celle-ci, d’ailleurs, commence par secouer lentement la tête en signe de négation. « Le Maître n’écarte personne de sa tapisserie. Nous en faisons tous partie, que nous croyons en lui ou pas, avec ou sans humilité. Le Maître compose ses desseins avec les fils de nos vies, qui sont ce qu’elles sont. » Elle espère que cette précision permettra à sa vis-à-vis de comprendre que les Dieux prennent autant en compte ceux qui les prient que ceux qui les nient, que le monde est ce qu’il est et qu’ils composent avec, qu’ils influent sur lui en en tenant compte.

A nouveau, Shaera secoue la tête quand l’étrangère la questionne sur le Maître, loin de se froisser. Elle coupe court aux excuses de la demoiselle d’un signe de main. Celle-ci cherche à comprendre, plutôt qu’à marchander. Peut-être comprendra-t-elle que ce que Shaera cherche à lui transmettre n’a pas de prix. C’est une chose que la prêtresse est prête à tenter. Elle lui sourit donc gentiment. « Non, le Maître n’est que Lumière. En revanche, les ombres sont Ses servantes, car dans l’obscurité totale, elles cessent d’exister… » Elle lui souffle, mystique. « Les Ténèbres ne peuvent pas être plus éradiquées que la Lumière. Il n’y a que le Maître qui ne soit que l’un, et l’Autre qui ne soit que l’Autre. Dans le cœur de l’homme, les deux cohabitent, mais l’homme a le pouvoir de choisir qui de R’hllor ou de l’Autre il souhaite voir dominer. » Elle établit avec fermeté. « Les monstres sont des monstres. Tout ce qu’un homme bon peut apprendre à leurs côtés, c’est que l’imagination n’a pas de limites, que ça soit en matière de cruauté ou d’autre chose. Un homme profondément bon n’a pas besoin de connaître le malheur pour se montrer généreux, ou de réchapper d’une catastrophe pour se mettre à croire, ce qui sonne comme une rétribution après un service… » Même si elle essaie très fort, la jeune prêtresse qu’est Shaera ne parvient pas à se retenir de lever les yeux au ciel. « L’humanité, de tous temps, est capable du pire comme du meilleur. La seule question que le Maître veut que nous nous posions, la seule question que nous devrions nous poser, est « Quel genre d’homme voudrions-nous être ? ». C’est ça, la question. Qu’est-ce qui anime votre cœur ? Qu’est-ce qui vous pousse à agir ? Est-ce la peur ? Est-ce l’égo ? » Elle lui demande, rhétorique, avant de reprendre. « La posture que vous aviez à mon arrivée, vis-à-vis du marchand, n’est pas du tout la même que celle que vous avez maintenant. Je le vois. » Elle la dévisage avec intensité de ses yeux violines. « Vous n’êtes pas la même femme, et seulement quelques minutes se sont écoulées. Diriez-vous que l’authentique « vous » était celle face au marchand ? Ou celle face à moi ? Y’en a-t-il seulement une qui soit fasse ? Comment expliquiez-vous que vous soyez passée de l’une à l’autre en aussi peu de temps ? » Un bras replié sous sa généreuse poitrine, l’une de ses mains s’agite dans l’air, comme si elle démontrait une évidence. Bien sûr, Shaera connaît les réponses à toutes ces questions. Mais qu’en est-il de sa vis-à-vis ? Se connaît-elle elle-même… ?



   
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 1 Nov - 13:35

J’essayais d’assimiler les différentes notions, telles que les Ombres et la Lumière, le Maître ou l’Autre… Une dualité constante, à l’image de l’âme humaine : celle-ci n’était jamais noire, ou blanche. Elle était grisée, avec différentes nuances selon le pédigré et les expériences de la personne. Contrairement à certaines croyances qui inculquaient – ou imposaient – une ligne de conduite, celle-ci semblait mettre en avant davantage une recherche de soi. Que voudrions-nous être ? Mon seul désir, et assez banal et simple en vérité, est de me marier à un beau jeune homme, de m’établir dans un domaine et être une maîtresse aimée et respectée. Un destin qui aurait pu être possible, pour une bâtarde du nom de Sand, mais qui serait née au sein d’une autre maison et grandie auprès d’une autre belle-mère.

- Je n’ai pas de grands rêves, ni de grandes ambitions, susurrais-je.

Et puis, la prêtresse posa la question inattendue, qui me cloue littéralement le bec.

Qui suis-je ? La question me déroute considérablement, rejoignant mes propres interrogations qui me rongent depuis des années. La question semble évidente, de prime abord, mais se révèle bien complexe lorsqu’il faut répondre. Il n’existe nulle définition pour « Arianne Sand » ou pour tout autre personne, ce luxe n’est réservé qu’à des mots ou des concepts.

Qui suis-je ? Comment puis-je me définir dans ce monde si vaste ? Est-ce avec un prénom et un nom de famille ? Est-ce avec l’ensemble de mes actes passés et présents ? Est-ce avec les épreuves que j’ai eu à subir et à surmonter ? Est-ce que ce sont mes rêves et mes craintes ? Est-ce la vision des autres qui prime ?

- Je suis Arianne Sand, et je viens de la Principauté de Dorne, commençais-je. L’identité était assurément l’élément le plus important – du moins, de mon point de vue – mais également la moindre des courtoisies. Oui, la femme qui parlait au marchand et celle qui vous parle maintenant sont différentes.

Comment lui expliquer ce changement d’attitudes soudain ? Moi-même, je ne pourrais pas véritablement le dire ou, plutôt, je n’osais pas l’avouer à haute voix au risque de paraître encore plus idiote. Pourtant, à cet instant-ci, j’étais comme poussée à me révéler un tantinet à cette femme, que je ne reverrais sûrement plus jamais, mais qui pourrais apporter des réponses que je cherchais désespérément. Celle que j’étais était l’une de ces questions qui me hantaient.

- J’aime être jolie, à porter les plus belles toilettes et à offrir les plus beaux sourires. Ce sont mes seuls atouts pour pouvoir être appréciée par d’autres. Sans eux, voilà ce que je suis …

Est-ce que cela fait de moi une meilleure ou une misérable personne comparée à d’autres ? Je ne saurais dire. Feu ma belle-mère avait tendance à dire que ma simple existence était déjà une tare, et que je devrais remercier mon père pour chaque jour où je vis dans ce confort et au sein de cette famille, et non dans un bordel comme simple et vulgaire et anonyme courtisane. Avec ces jeux de rôle, je cherchais à cacher tous ces défauts soulignés par cette femme, et à être – d’une certaine façon – irréprochable. Une habitude que j’avais pris dans son vivant, et qui perdurait encore aujourd’hui malgré qu’elle soit morte depuis quelques années…



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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 9 Nov - 14:08

Elle laisse le temps, Shaera, à la jeune étrangère de réfléchir. Celle-ci est, manifestement, en pleine introspection. Arianne n’aura peut-être pas les réponses qu’elle cherchait à propos de R’hllor, mais si la prêtresse rouge, par son refus et ses questions, lui permet de se connaître un peu plus elle-même, alors elle pourra l’avoir mise sur la route du Maître, route qu’elle pourra éventuellement choisir d’emprunter plus tard, dans quelques années, quand l’absence de spiritualité de son mode de vie superficiel aura drainé toutes ses forces vitales, et qu’il lui faudra plus de réponses… Pour avoir fréquenté la royauté, Shaera n’a plus la moindre illusion concernant les puissants de ce monde. Du reste, la position sociale ne change les hommes qu’en mal. Les leaders qui se révèlent compétents et choisis par un caprice du destin sont des raretés sans nom. La plupart du temps, le pouvoir corrompt l’âme humaine et rend les puissants fous. Orgueil, arrogance… Ils finissent par se détacher même de la race humaine, se voyant pour une quelconque raison, des élus des dieux… Mais Shaera le sait, elle. Azor Ahaï, le héros qui fut promis, peut venir de n’importe où. Le pouvoir et la richesse, la prêtresse les voit comme des visages de l’Autre, des tentations auxquelles les mortels peinent à résister… A moins de totalement se détacher. Comme elle. Mais elle, c’est différent. Elle, on ne lui a pas laissé le choix, même si, avec le recul, elle s’en réjouit. Elle pense, Shaera, aider bien plus de monde en étant prêtresse rouge qu’elle ne l’aurait jamais fait en étant princesse… Et s’il plaît au Maître, Arianne fera partie des âmes qu’elle aura pu guider.

Alors elle lui laisse le temps de chercher, et d’exprimer ce qu’elle veut exprimer. Si elle ne dit rien, « ne pas avoir de grandes ambitions » lui semble assez inexact. Certes, selon elle, ses ambitions peuvent sembler humbles, mais la prêtresse doute qu’une femme bien née, ou dans une grande maison, puisse ne pas avoir de grandes ambitions… Au moins des ambitions qui rencontrent son rang…, songe Shaera, ce qui est déjà bien plus que ce à quoi aspirent l’écrasante majorité des vivants… Qui, eux, espère simplement ne jamais mourir de faim, à tout le moins. Qu’elle puisse espérer plus est un luxe, le luxe du rêve, qu’elle ne peut se permettre que parce que sa sécurité est assurée en permanence, comme le montre le garde qui la suit, que ses besoins primaires sont tellement satisfaits de jour en jour qu’ils en deviennent banals… Mais la vérité, l’effroyable vérité, c’est que pour la plupart des gens, ça n’est pas le cas. Qu’Arianne culpabilise d’être née où elle est née ? Non. La culpabilité a toujours été contre-productive aux yeux de la prêtresse. Non, ce que Shaera veut, et espère, c’est qu’Arianne comprenne qu’en dépit des malheurs qu’elle a pu connaître, ses ambitions sont déjà supérieures à celles du commun des mortels.

« …Et la personne que vous êtes maintenant est différente de la personne que vous étiez il y a dix ans. » Conclut-elle donc, pour chasser le drame qui se dégage d’avoir soulevé sa tentative de « séduction » avortée du début de leur échange. D’un geste de la main, Shaera balaie ce constat qui n’a plus lieu de les empoisonner maintenant qu’il a été dit à voix haute. « Donc, ce que vous voulez, c’est que les autres vous aiment… » A grand peine, la prêtresse se retient de soupirer de dédain. D’un classique… « Mais comment voulez-vous savoir s’ils vous aiment vraiment si vous faîtes tout pour leur plaire et jamais ce dont vous avez réellement envie ? Je pense que vous préférez l’idée que les gens vous aiment, parce que vous avez peur qu’ils rejettent le vrai « vous »… » Elle secoue la tête en signe de négation. « Je pense que vous vous êtes égarée, jeune Dame… Et que vous devriez commencer à apprendre à vous connaître pour prendre des décisions avec lesquelles vous êtes en accord, plutôt que d’essayer de plaire à des tiers qui ne feront, quoiqu’il arrive, que vous blâmer quand vous finirez par échouer… Parce que croyez-moi, on ne peut vivre éternellement dans le mensonge. Et c’est ça, au final, que vous faîtes. Vous demandez à des tiers d’aimer un mensonge. » Extrêmement perturbant à entendre, de la part d’une femme aussi jeune. Ça ne semble pas choquer Shaera, qui continue. « Nous naissons et mourrons seul. Au terme de votre vie, vous repenserez à tous vos actes manqués, aux fois où vous avez pris sur vous de faire ce que les autres attendaient plutôt que ce dont vous aviez réellement envie. Vos regrets seront légions, et vos questionnements, vos « et si » plus nombreux encore… Et ça vous torturera pendant vos vieux jours. » Elle annonce, comme un oiseau de mauvais augure. « Mais tout n’est pas encore perdu. Vous pouvez encore réagir, vous chercher… Vous trouver, et être en accord avec vous-même… ça prend du temps, et une multitude d’expérience, mais si vous vous obstinez, au crépuscule de votre vie, vous serez en paix… » Et l’Autre ne pourra plus étendre son froid en elle. Se voulant rassurante, Shaera se permet de poser doucement sa main sur l’épaule de l’étrangère. « Vous n’êtes pas prête à recevoir les enseignements de R’hllor… Ne le prenez pas comme une punition, ni une sanction. Vous êtes déjà tourmentée par vous-même et votre propre recherche. La sagesse du Maître ne trouve pas d’écho dans une âme tourmentée… Prenez-le temps de continuer à vous chercher, et dans quelques années, nous parlerons de nouveau. Vous et moi, ou vous et un prêtre de R’hllor, et là, vous serez prête, autant dans votre corps que dans votre cœur, que dans votre esprit, à nous écouter… » Un petit sourire encourageant vient étirer les lèvres de la prêtresse qui, son franc à la conversation donnée, s’apprête manifestement à prendre congé.



   
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 22 Nov - 1:27

Les rudes paroles de la prêtresse faisaient étrangement échos à celles de ma grand-mère, la Princesse Meria Martell. Ces deux femmes à l’esprit des plus aiguisés et au charisme des plus captivants soulignaient avec justesse mon besoin irrépressible de plaire et d’être aimée, qu’importe le mensonge ou le rôle que j’avais à jouer. Si leurs conclusions étaient similaires, le cheminement qu’elles me proposaient différait considérablement. La Princesse de la Principauté me pressait constamment pour que j’atteigne un but que j’ignorais, me forçant à me plier à ses différents exercices incongrus ou encore à me charger de quelques menues missions. A l’inverse, la Prêtresse introduisait la notion d’un voyage, s’étalant sur le temps et sous-entendant diverses expériences personnelles. Etrangement, la proposition faite par cette dernière m’effrayait considérablement.  Le chemin n’était pas montré, les dangers non dévoilés et, plus important, il était question de faire face à soi-même. Or, mon âme est à l’image du corps de ces vieux guerriers : rabougris et couverts d’hideuses cicatrices, suite aux multiples humiliations et coups lâches de ma défunte belle-mère.

Il y avait bien une peur d’être rejetée, encore, par « l’autre » mais il y avait aussi un profond et oppressant sentiment de honte. Les années passées à la Cour de Lancehélion m’avait appris à ne jamais parler de ma naissance ou de mon statut, à cacher mes erreurs et à me taire face aux Grands – ou à user de mots justes, pour ne pas les froisser. Ma beauté, ou mon talent pour la danse et le chant, étaient mes seuls mérites, qui m’octroyaient un soupçon de gentillesse et de reconnaissance par autrui, des mérites que le temps allait faucher un beau jour. Il y avait aussi cette affaire de dot qui attisait quelques convoitises de maisons désœuvrées ou de marchands avides de richesse. Un sac d’argents et de promesses qui était ma seconde garantie de pouvoir m’établir un beau jour, à défaut de pouvoir accéder à un bonheur domestique simple.

« Nous naissons et mourrons seul ». Cette phrase m’attristait. Si mes frères et ma sœur avaient toujours été à mes côtés, la solitude pesait pourtant. Je ne compte pas le nombre de secrets, de ressentiments, de joie ou de colère que j’aurais voulu exprimer, mais que je dois garder pour moi pour les préserver – ou pour ne pas être détestée par eux. Et pourtant, j’aspirais à ce bonheur domestique pour, enfin, ne plus être seule. Or, la Prêtresse soutenait le contraire, remettant en cause bien de mes pauvres aspirations.

Je sens sa main sur mon épaule. Elle était chaude, mais elle m'arrachait un frisson. Cette femme était aussi effrayante que fascinante, et je serais bien heureuse de parler davantage, à mes risques et périls.

- Vous êtes jeunes comme moi, et pourtant vous semblez avoir trouvé votre voie. Vous dîtes que rien n’est perdu, mais je suis persuadée du contraire. En comparaison de vous, lorsque je me serais retrouvée, il sera déjà bien tard.

Je me tais quelques instants pour inspirer, ne sachant pas si ma question était stupide ou intéressante et surtout si elle aura droit à une réponse. Au vu de ce bref échange, tout me semblait possible mais j’espérais pourtant qu’elle ferait preuve de clémence et qu’elle apportera au moins un début de réponse, à défaut de fournir toute la réponse.

- Je me permets de vous retenir davantage, pour formuler une dernière demande. Si je ne suis pas prête à recevoir les enseignements de R’hllor, pourriez-vous me dire comment débuter cette quête personnelle ? Vous dîtes que nous en parlerons dans quelques années, ou que je pourrais échanger avec un autre Prêtre, ou Prêtresse, mais nous habitons dans deux continents différents, et je ne connais pas encore votre nom.



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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 23 Nov - 14:45


Elle le voit bien, Shaera. La jeune femme qui lui fait face n’aime pas ce qu’elle lui raconte. Ce que lui impose la prêtresse est pénible pour elle, l’oblige à naviguer en eaux troubles, à se sonder elle-même… L’expression sur son visage où elle lit tour à tour la culpabilité, la peine, l’angoisse… Tellement de choses… Des choses qui n’arrivent pas à ceux qui sont en paix avec eux-mêmes et leur passé, ceux qui apprennent à considérer leurs erreurs comme des rites de passage, qui ne doivent donc pas être niés, mais qui doivent être expié, d’une façon juste et mesurée, si ça n’a pas encore été le cas. Arianne est loin d’être la première âme perdue à laquelle Shaera est confrontée. Ça lui arrive toutes les semaines, même si pas forcément dans une telle ampleur. Généralement, ce sont les guerriers qui manquent de philosophie, ces hommes qui se battent, qui deviennent doués pour cela, qu’on encense pour cela, qui arrivent, peu avant le crépuscule de leur vie, sans rien d’autre d’accompli à se demander « à quoi bon ? »… Si pour ces pauvres erres il n’est guère trop tard, ça ne l’est pas plus pour la toute jeune femme qui lui fait face, des milliers d’interrogations en tête, à la recherche d’une aide quelconque. Pour ne pas se noyer. Pour voir la lumière au bout du tunnel. Pour savoir à quel saint se vouer… Shaera serait ce saint. C’est son devoir. Aussi lui sourit-elle avec bienveillance. « La foi en le Maître répond à toutes les questions que je peux me poser d’une façon qui me satisfait… Il ne sera trop tard qu’une fois que votre âme quittera votre corps… Et pas avant. Nombreux sont ceux qui se cherchent toute leur vie, vous savez. Vous avez beaucoup plus de temps que vous ne le pensez… » Elle répond, presque de connivence sur sa dernière phrase, un sentiment de paix sans commune mesure exhalant de chacun des pores de la peau de la prêtresse. C’est une évidence pour qui la regarde, que l’on croit en ce maître de lumière ou pas, que Shaera, elle, ne se contente pas d’y croire bêtement… Mais elle la vit, cette foi. Les principes de l’Eglise du Cœur de Feu sont ses propres principes. Les comprendre et les exprimer est d’une déconcertante facilité pour elle. Contrairement à Arianne qui se laisse troubler par des détails, qui remet toute sa personne en question dès lors qu’elle se retrouve face à un opposant, Shaera reste fermement campée sur ses positions, n’est pas même secouée, ne serait-ce qu’un peu, par le dépit et la haine qu’on pourrait lui porter… ça glisse sur elle comme l’eau glisse sur les plumes d’une oie. Shaera est libre. Elle est libre de vivre, parce qu’elle ne craint pas la mort, qui, elle le sait, finira par la faucher. La prêtresse, comme beaucoup des siens, a fait la paix avec l’idée que sa vie était une clepsydre qui ne se remplirait jamais, entièrement dans les mains du Maître. Seulement, le temps qui lui est imparti est sien, jusqu’une certaine mesure… Quoiqu’il en soit, le résultat n’en demeure pas moins que Shaera pourrait être la paix de l’esprit faite femme, dans son élément dans la vie, de laquelle elle s’accommode des remous sans sourciller.

Prête à partir, elle est pourtant retenue par une dernière question de l’étrangère, qui ne manque pas de la faire sourire plus largement. « Mon nom n’a pas d’importance, mais comme je sens qu’il pourrait vous tirailler… Je m’appelle Shaera. » Elle répond, avec simplicité, avant de venir joindre ses mains devant elle avec élégance, pour répondre à la véritable question d’Arianne. « Apprenez à vous connaître vous-même… » Elle répète, sa main caressant gentiment le haut du bras de la jeune femme. « Tentez de vous observer avec du recul, soyez dedans et dehors… Acceptez de ressentir ce que vous ressentez, mais questionnez-vous… Pourquoi le ressentez-vous ? Cela va-t-il durer ou bien le temps va-t-il l’estomper ? » Elle lui sourit, un brin amusée. « Peu importe la réponse à cette question, la vengeance est rarement une solution… » Joueuse, la femme en robe rouge gratifie l’étrangère d’un clin d’œil. « Apprenez à vous connaître. Ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas. Choisissez quelques valeurs, trois par exemple, celles qui vous parlent le plus, et élevez-les en art de vivre… Générosité, sagesse, écoute, intelligence, courage… Au plus vous en prendrez, au plus le chemin sera difficile mais l’expérience gratifiante. » Elle lui assure, pleine de détermination, avant d’ajouter. « Et, pour vous aider, je vais me permettre de vous transmettre une leçon du Grand Prêtre de Volantis… » Parce que ça lui semble le moment idéal pour la transmettre. Pour autant, elle ne fait pas de cette révélation un secret, puisqu’elle poursuit sur sa lancée, sans même abaisser la voix. « Tous les maux humains ont pour racine la peur et l’égo. Lorsque vous êtes soumise à des sentiments négatifs comme la colère ou le ressentiment, ou même positifs comme, sous certains auspices, la satisfaction de soi, ils découlent soit d’une peur que vous avez, soit de votre égo qui a été bafoué, et très souvent, d’une combinaison des deux. Aussi, la jalousie par exemple, est l’expression de la peur de la perte d’un tiers ET d’un orgueil mis à mal, que ça soit par soi-même -je ne suis pas assez bien pour le ou la retenir- ou par le tiers lui-même qui joue avec votre perception du soi, vos insécurités et donc, votre égo. » A nouveau, elle sourit à Arianne. « Dans tous les cas, acceptez que vous n’avez aucun pouvoir sur ce qui vous arrive, à vous ou autres, ou même sur les choix des autres… Mais seulement sur votre façon de réagir. Votre chemin sera pavé d’embuches, c’est le cas pour la majorité d’entre nous… » Une fraction de seconde, Shaera repense à sa patrie de naissance, à ses parents qui ont voulu la brûler vive, à ses frères et sœurs qu’elle a conduit vers l’adultère et le mépris de soi… Avant d’en revenir à Arianne, sans perdre quoique ce soit de son sourire ou de son air tranquille. « Mais ça n’est en rien une fatalité. Servez-vous de votre expérience pour élever votre âme. Votre statut peu changer, en mal ou en bien, de même que votre personne. Voyez le fait que ce qui n’évolue plus stagne, et ce qui stagne trop longtemps finit irrémédiablement par décliner… Assurez-vous d’avancer toujours. Parfois, vous aurez l’impression de faire du sur place ou de reculer, mais ce n’est pas grave, tant que vous ne vous laissez pas aller trop longtemps… » Amicale, elle vient prendre les mains d’Arianne dans les siennes, et les secoue légèrement. « Vous verrez, tout ira bien… Nous sommes tous les débiteurs d’autres, mais si vous prenez le temps de réfléchir à tout ce que je vous ai dit, vous verrez que plus personne n’arrivera plus à entrer dans votre tête… Parce que tout le monde y arrivera. » Le sourire de la prêtresse se fait aussi pétillant que son regard. « Il n’y trouveront que l’espace du vide, de la paix… Et ne pourront plus rien contre vous. » Mais avant cela, Arianne avait un long chemin à parcourir, chemin au bout duquel, Shaera en est certaine, elle n’aura aucune peine à parvenir.



   
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Shaera de Volantis
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MessageSujet: Re: [FB] R'hllor, qui es-tu ? [Tour VIII - Terminé]   [FB] R'hllor, qui es-tu ?  [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 26 Nov - 23:20

Nous avions assurément un âge similaire et, pourtant, la Dame brillait par son éloquence et sa sagesse. Un court instant je m’interroge sur son parcours et sur les difficultés rencontrées. A n’en point douter, les obstacles avaient dû être durs et impitoyables pour forger un esprit aussi mûr. A cette triste pensée, la colère et la honte qui m’avaient habitées un peu plus tôt s’estompèrent. Il ne restait plus qu’une forme de fascination, ou de curiosité. Contrairement aux femmes que j’avais admiré ou jalousé pour leur beauté, la Mystérieuse m’avait charmé avec son discours et son intellect, sur des sujets peu évoqués au sein de la Principauté, ou du moins dans la Royauté.  

Un sentiment qui ne perdait pas de sa force ou de son éclat, malgré les dures paroles et les promesses chimériques et bien trop lointaines faites. Le concept que le Destin était immuable et déjà écrit était décourageant, et semblait nous inciter à accepter passivement bien des événements. Nous n’avons aucun pouvoir sur notre avenir, ni sur celui d’autrui, ni sur les choix des uns et des autres. Le Destin n’était plus promesse d’un bel avenir, mais d’une fatalité inévitable. Evidemment, la Prêtresse prêchait une autre attitude, celle d’agir convenablement et selon les préceptes ou les valeurs de ce Maître si cher à son cœur. Elle préconisait un exercice fort simple : chérir trois valeurs et tenter d’en devenir une personnification. Si le nombre était bien petit, l’infinité des choix et la difficulté que chacun représentait rendait cette sélection bien rude. Une réflexion que je me promets de reporter à plus tard, à tête reposée.

Les mains chaleureuses de la Prêtresse me confortaient, m’arrachant un petit sourire. A quel instant est-ce que cette intimidante Dame avait disparu au profit d’une autre personne, au regard pétillant et au sourire charmant ?

- Merci beaucoup pour ces conseils, Prêtresse Shaera. Je vais m’appliquer au mieux dans cet exercice que vous proposez. Je vous promets, aussi, que je prendrai un soin plus particulier à avoir un enseignement spirituel au sein de Lancehélion. Vous m’avez prouvé que mes connaissances sont bien piètres, et superficielles. Et que je ne les trouverai pas en agissant comme je l’ai fait. Comprendre … est une finalité, qui nécessite bien des efforts.

Ecouter. Observer. Ressentir. Accepter. Se remettre en question. Se renseigner. Etudier. Et tant d’autres actions différentes. Lire, ou poser des questions aux Prêtres ou Prêtresses des différentes croyances ne suffiront jamais. Au sein de la Principauté, j’ai bien rencontré quelques croyants, mais aucun n’a le regard de Shaera. En effet, lorsque mon regard se plonge dans le sien, je saisis pleinement cette notion d’espace du vide et de paix.

- Je vous remercie encore. Cette journée sera assurément gravée dans mon esprit, et dans mon cœur. Je ne vais pas vous retenir bien plus longtemps que nécessaire, et je vais prendre congé de vous, Prêtresse, indiquais-je, offrant une révérence que j’avais l’habitude de faire, au sein de la Principauté.

Comprendre était donc une finalité, et je n’y étais pas encore. Jusqu’à ce que j’aie suffisamment de recule, ou de connaissances, je me promettais de reporter cette rencontre avec ce fameux Maître et ses disciples, sur les terres de ce continent nouveau.



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