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 J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]

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MessageSujet: J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]   J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 18 Juin - 0:46

Dernier jour de la dernière semaine du 10ème mois de l'an 1

Le monde semble tourner plus lentement. Ou est-ce simplement une impression ? Castral Roc semble s'être figé dans le silence et le recueillement. Je ne peux pas dire que c'est une surprise, mais je reste étonnée de l'inhabituelle atmosphère qui en résulte, cette citée d'ordinaire si tumultueuse semble s'être arrêtée, comme si elle ne parvenait tout simplement pas à refaire surface et à faire face. Peut être n'est ce qu'une simple perception de ma part, influencée par le fait que je me sens exactement dans cet état d'esprit. Je ne sais exprimer ma stupeur, ma tristesse et ma consternation. Tant pour le trépas du roi Loren, qui même s'il était prévisible a affecté toute la population de façon terrible, que par le retour de Gareth et de la princesse Megara. J'avais accompagné Quentin jusqu'aux abords du parvis du château, je n'avais pas pu me permettre de garder contre mon cœur notre petite Jyanna, car j'étais encore trop faible pour supporter une longue stature debout, mais aussi parce que la petite n'était pas encore en mesure de bien comprendre son environnement et il n'était pas bienvenu qu'elle attire à elle une attention qui devait se porter sur d'autres. Je l'avais regretté, sa présence savait de manière pérenne me tranquilliser, me permettre d'affronter sans trembler mes démons et les visions du passé.

Quelques jours ont passé, j'ai donné rendez-vous à la nouvelle reine, Jeyne, dans une partie très privée du château, un lieu qui n'est pas connu de nous seules mais qui nous est presque dédié tant nous y avons passé de longues heures pour nous confier, pour nous retrouver et pour apprivoiser ce nouvel environnement que nous avons dû affronter presque seules contre tous. Il s'agit d'un petit kiosque à musique, qui surplombe la côte et l'océan. La structure de fer est fine et élancée, le métal est couplé à des pierres, donnant une alliance insolite mais élégante. Cet endroit, protégé des yeux indiscrets se situe dans une des cours réservées presque exclusivement aux membres de la famille royale, mais ma qualité d'intime m'y a introduite sans grande difficulté. Tout autour, des fleurs multicolores offrent au tableau une touche bucolique. Bercée par le ronronnement cyclique des flots, je me perds dans une foule de pensées, aussi diverses que variées, et me questionne sur ce que sera à présent l'avenir. Ma chère cousine n'est plus aussi accessible, même pour moi, et il me semble presque révolu ce temps de l'insouciance où nous pouvions nous permettre de débattre des heures sur nos sentiments et nos visions de ce qui pouvait nous arriver. Comme du sable fin dans un sablier le temps s'écoule trop vite, à peine ai-je le temps de fermer les yeux que l'heure de notre rencontre est déjà bien entamée. Aurait-elle oublié ? Je ne saurais le dire, mais avec tout ce qui est à présent sur ses épaules je ne pourrais pas le lui reprocher.

Je suis déçue néanmoins, j'aurais eu tellement de choses à lui raconter, tellement à partager avec elle et surtout tant à lui demander. Non pas que je pense uniquement à mes petits problèmes, au contraire, je m'inquiète bien plus pour elle que pour ma propre situation. Je ne crains rien de moins que de la savoir emmurée dans des frayeurs indicibles. Néanmoins j'avais toute confiance en son époux, Lyman, désormais notre roi, pour prendre soin d'elle et apaiser quelque peu les terreurs de ses nuits. Si je pouvais pourtant moi aussi avoir quelque rôle à jouer dans son bien-être je comptais bien répondre présente. Poussant un soupir je glissais un dernier regard vers le bout de plage que l'on pouvait apercevoir d'ici, refoulant un souvenir qui remontait insidieusement. Cet endroit avait témoin de mes premiers émerveillements face à l'océan, mais aussi à quelques balades en charmante compagnie, quand cela était encore possible et que l'avenir semblait pleins de promesses. Je n'ai plus remis les pieds sur le sable depuis ma grossesse, cela ne me manque pas vraiment, c'est plus la personne qui parcourait cette bande de terre avec moi qui me manque. Je n'ose pas m'autoriser à y penser, ce serait stupide en plus d'inutile.

Je devrais partir, et au moment où je me fais cette pensée un pas se fait entendre à l'entrée du kiosque. Il n'est quasiment pas possible d'entendre ou d'apercevoir une personne qui me rejoindrait à cet endroit, en effet l'entrée de ce trésor d'architecture est dissimulée par une alcôve de verdure et un petit passage végétal de rosiers et d'autres espèces entremêlées effectuées un petit virage ce qui ne permet pas de distinguer le moindre visiteur avant son arrivée à destination. Cela offre également un véritable écrin de discrétion, c'est ce qui avait attiré notre choix, à Jeyne comme à moi, comme lieu de confession. Je glisse un regard discret vers la silhouette qui s'est figée presque face à moi, m'attendant à ce que la nouvelle reine de l'Ouest toute échevelée s'excuse avec une petite ironie de son retard. Au lieu de cela ce n'est pas sa crinière de jais qui me surplombe mais un tout autre visage que je ne pensais plus retrouver aussi proche du mien. Le temps alors se stoppe totalement, sinon comment expliquer qu'il soit encore à sa place, le visage indéchiffrable. Il s'en ira probablement dans une seconde, me fuyant comme la peste, se montrant aussi vif que ce que j'avais pu démontrer à son égard. Gareth Kenning, la respiration agitée, ne bougea cependant pas d'un pouce.

L'air de surprise amusé avait quitté mes traits dès que j'avais analysée que c'était mon ancien amant qui me faisait face. Je quittais ses iris qui longtemps avaient troublé mon sommeil, hanté mes fantasmes comme mes malédictions. Reportant mon attention sur l'océan je ne trouvais rien à dire, rien qui serait à la hauteur dans pareille situation. Qu'avais-je d'ailleurs à lui dire ? Pendant les longs mois qui ont suivi son mariage, je n'ai pas su trouver les mots, j'y ai préféré le silence. Muette je l'étais devenue, esquivant la moindre occasion de me retrouver trop proche de lui. Taisant ma colère sourde comme l'amour qui avait pu enflammer mon âme. Je voulais me guérir de lui, je n'avais pu que refouler des sentiments qui maintenant m'éclataient à la figure. La honte, le ressentiment, la peur, la passion et surtout le regret. Tout cela m’empourprait le visage, sottement, et démontrait une façade de fragilité que je détestais. J'aurais voulu pouvoir soutenir son regard, ne pas avoir terriblement honte de ma personne, pouvoir lui cracher tout ce que mon cœur ne pouvait plus contenir, mais rien ne sortait de mes lèvres scellées. Je ne savais pas comment le retenir alors qu'une partie de moi ne désirait que s'enfuir loin, retrouver le mari et la fille que l'histoire m'avait forcé à avoir, et lui aussi d'une certaine façon.

J'aurais voulu le blâmer pour tout cela, j'aurais voulu lui cracher une haine dévorante que je ne ressentais pas pour lui dans le fond, car quand je pus ne serait-ce que diriger mon regard vers ses pieds je sus que jamais je ne pourrais entretenir la moindre colère à son endroit. L'instant semblait s'étirer sans fin, alors que ma perception de la réalité était très certainement faussée, il ne s'était à tout le moins écoulé que quelques secondes, mais c'était déjà une éternité pour moi. Rassemblant le peu de courage que je pouvais posséder je rassemblais mes mains sur mes genoux, sur les belles coutures et broderies d'une robe presque trop belle pour une dame de ma condition. Quentin avait peut être tendance à me gâter par ces belles toilettes, mais il avait au moins su me remonter le moral dans des périodes compliquées. Cette robe était la seule présentable à une entrevue avec une reine, mais c'est finalement un autre interlocuteur qui m'était offert. La voix posée, camouflant presque la tristesse je ne pus l'accueillir qu'avec ces mots.

« Son altesse ne pourra pas venir ? Je ne pouvais que m'en douter. Je suis navrée si je ne m'adresse pas à vous de manière convenable. Mais je vous avouerai que je ne sais même pas quel est le titre approprié à vous donner à présent.  »

Tant de froideur, tant de distance, je n'aurais jamais cru cela possible entre nous, alors qu'une autre époque nous voyait partager des rires, des caresses. Maintenant un mur nous séparait, sans que nous ne sachions bien qui de nous ou du destin en était le responsable. Si je n'étais pas autant capable d'un certain contrôle de moi, peut être une larme aurait-elle pu poindre mais je ne pouvais me montrer faible. De plus, en quoi cela aurait-il pu changer quelque chose ? J'espérais qu'il ne verrait pas dans mes propos une insolence malvenue. Ce n'était que le reflet d'une douloureuse honnêteté, mais aussi le sous-entendu d'une incompréhension plus profonde. Qu'étions nous à présent l'un pour l'autre ? Indécise je ne sus pas très bien quelle était la conduite à adopter. Devais-je m'enfuir ? Une fois de plus éloigner ma compagnie de la sienne pour enfouir et refouler bien trop de choses. Je ne voulais pas faire face à la réalité d'une certaine manière le fuir était plus facile que de confronter le futur qui m'avait été enlevé à ce qui était réellement arrivé.  

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]   J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 8 Juil - 7:37

Très franchement, j’aurais eu le choix, je ne suis pas sûr que j’aurais accepté la demande de Jeyne. Mais à son ton impérieux, je n’ai pas vraiment osé dire non, de peur de sentir le blizzard souffler sur moi durant plusieurs jours si ce n’est pas plus. Notre Reine n’a pas changé. Pas avec moi en tout cas. Et elle m’a rappelé, non pas gentiment bien entendu, que j’étais tout de même capable de porter un simple message, tout ouestrien que je suis. Alors, c’est ainsi que je me retrouve à quelques mètres à peine du kiosque à musique que je leur ai fait découvrir à leur arrivée, hésitant, à ne pas oser prévenir Lynara qu’elle ne sera pas disponible.

J’inspire longuement avant de finir par me décider. Et je me fige, attendant sa réaction, sans savoir le moins du monde ce que je souhaiterais voir apparaitre sur ses traits. Peut-être va-t-elle se contenter de se lever et de partir, sans même m’adresser un mot. Ce ne serait pas si surprenant après tout, vu que nous fonctionnons de la sorte depuis des mois, sans même avoir eu besoin de nous accorder sur quoi que ce soit. Mais elle se décide à prendre la parole la première et j’ai une grimace contrite. « Son Altesse a eu un empêchement. Elle m’a demandé de venir ici, vu que je savais où était le kiosque et… » J’agite une main dans les airs, incapable de réellement finir ma discussion. Avant de soupirer profondément. Et de souffler, un peu plus sèchement que je le voudrais. « Il n’y a pas de … manière plus convenable qu’une autre lady Brax. Vous… » Je ferme les yeux, essayant de garder mon calme qui semble quant à lui vouloir prendre la poudre d’escampette. « C’est stupide. Tout cela est totalement stupide. » C’est probablement dans cette optique que Jeyne m’a envoyé jusque-là. Pour que je réalise à quel point ce comportement est ridicule, de ma part comme de la sienne. De là à me dire que c’est à dessein qu’elle ne s’est pas montrée disponible, il n’y a qu’un pas que je n’hésiterais pas à franchir la connaissant.

J’ai un temps de silence, m’approchant un peu plus d’elle. « J’ai discuté avec Quentyn il y a quelques jours. C’était une bonne chose, je ne sais pas s’il t’en a parlé. » A mesure que passent les secondes, je me dis que c’est probablement la seule occasion que j’aurais de mettre les choses à plat avec elle avant qu’il ne soit trop tard. Sauf si c’est déjà le cas. Mais autant que je continue de toute façon sur ma lancée. « On ne peut pas continuer comme cela Lynara. A s’éviter, à faire comme si nous ne nous connaissions pas tout en sachant que… » Il s’est passé ce qui s’est passé. Et je lui ai dit que je ne pouvais pas regretter ces moments avec elle. Parce que les sentiments que j’ai éprouvés pour elle étaient sincères. Ils le sont toujours, même si cette distance instaurée entre nous m’a permis de me focaliser sur mon mariage. Et de tomber amoureux de Meg, ce que je ne pensais pas possible. Pour autant, je n’ai pas à agir de la sorte, à faire comme si elle n’était plus importante. Elle le sera toujours, d’une façon ou d’une autre. « Tu es la personne la plus proche de Jeyne. Et moi de Lyman. Nous ne pourrons pas passer notre vie à faire comme si l’autre n’était pas là. » J’attends son assentiment avant de continuer et, tout en parlant, je m’écarte légèrement, pour lui laisser la place de partir, de me laisser en plan, sans que je la dérange. Après tout, j’ai le droit aussi de la laisser faire ce qu’elle veut, quand bien même j’aimerais profiter de cette occasion pour… à dire vrai, je n’ai pas la moindre idée de la façon dont cette discussion pourra se terminer. Mais si au moins, nous pouvons lever ce voile de gêne entre nous, ce serait bien non ?

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MessageSujet: Re: J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]   J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 9 Aoû - 0:22

Dernier jour de la dernière semaine du 10ème mois de l'an 1

Tout cela est une immense plaisanterie du destin. Un cocasse traquenard qui ne me fait pas rire, même pas remuer les commissures de lèvres. Je ne sais pas quoi faire, quelle attitude serait la plus digne et quel visage composer pour lui faire croire qu'il n'a plus aucune influence sur moi. C'est un mensonge, aussi parfaitement exécuté que le visage que j'ai pu présenter à la cour ces derniers mois avant mon alitement. Les faux semblants semblent être devenus une détestable seconde peau pour moi, une pelisse inconfortable qu'il me faut endosser pour supporter tout ce qui a pu m'arriver. Tenir bon, pas pour moi, mais pour Jeyne qui a tant besoin de moi, presque désespérément maintenant, mais aussi pour Quentin, qui a su me démontrer sa valeur et se rendre estimable à mes yeux, et les dieux savent que ce n'était pas forcément bien parti, mais avant tout pour ma fille, ce trésor ne mérite pas de voir sa mère s'écrouler, pas maintenant. Je ne sais rien de la raison de sa présence ici, mais elle m'est instantanément insupportable. Mon corps se tend, d'une douloureuse façon, comme si un danger mortel se tenait là prêt à mettre fin à mes jours. Pourquoi une telle réaction ? N'ais-je donc pas évolué depuis la dernière fois que nos regards s'étaient liés et qu'il portait une main bienveillante sur la princesse souriante avec laquelle il venait de s'unir ? D'ailleurs était-ce elle qu'il s'attendait à trouver à ma place ? Toutes ces questions me rendent malades, presque autant que les palpitations de mon cœur.

Je ne sais ce qui est le plus troublant, cette dichotomie consistant en un fort émoi de le revoir après tout se temps et la lancinante douleur qu'il ravive par sa simple présence. Je ne sais ce que je dois choisir entre la fuite salutaire et le sourire d'une joie sincère. Mieux vaut conserver un calme apparent, prétendre que tout ceci n'est qu'un insignifiant contretemps, ne rien dévoiler d'une faiblesse qu'il ne pourrait pas apaiser. Je ne veux pas voir la déception, la colère ou le dégoût dans ces iris qui autrefois me couvaient presque d'adoration. L'esquiver a été une technique probante jusqu'à présent et la raison aurait dû me contraindre à l'abandonner ici, sans un mot ni aucune considération, ne lui offrant qu'un traitement mérité pour l'opprobre qu'il m'avait poussé à endosser. Pourtant je ne pouvais me montrer si hautaine, si méchante, alors que cela n'avait jamais fait partie de mon caractère. De plus j'étais fatiguée de me retirer, me déniant ainsi le droit d'être en sa présence, faisant ainsi l'aveu d'une terrible déconvenue. Il me fallait affronter mes démons comme mes tentations dans les yeux, sinon peut être que cette blessure ne pourrait jamais guérir, elle serait condamnée à suppurer pour l'éternité sans jamais pouvoir  connaître l'apaisement de la cautérisation. Tout traitement est douloureux, que ce soit physiquement ou psychologiquement, et maintenant que la source de tout mon devenir dans les terres de l'Ouest se trouvait devant moi, s'étalait devant moi la révélation que ce n'était pas en lui offrant mon dos à chacune de nos rencontres que tout ceci se résoudrait.

L'issue ne me plaisait pas, mais je ne pouvais être une petite fille effrayée fuyant la réalité de nos situations. C'est pourquoi je m'étais décidée à faire le premier pas, même s'il se montrait bien trop froid par rapport à ce que j'aurais voulu lui dire. Il ne semble pas ravi de cette initiative, peut être que nos évitements lui convenaient parfaitement, peut être n'avait-il pas envie de perdre son temps avec cette maîtresse passée devenue plus une source d'ennuis qu'autre chose. Peut être que je lui fais perdre son temps d'ailleurs à lui donner ainsi une occasion d'une discussion, car ce n'est certainement pas de sa propre initiative qu'il m'a rejointe dans cette alcôve de tranquillité. J'en ai d'ailleurs immédiatement la confirmation alors que ses lèvres se mettent enfin à bouger. Il reprend, plus sèchement et je ne peux m'empêcher de planter un regard dur et froid dans l'irritation de ses iris. Je me sens prête pour affronter son courroux, ses humeurs n'étant rien comparées aux miennes. Je le laisse faire montre de son agacement, restant imperturbable et je l'espère plus que digne dans tout ce marasme qui nous entoure. Seuls les mélodieux chants des oiseaux perturbent notre tête à tête mais en mon sein c'est une mer déchaînée qui est tant bien que mal muselée.

« C'est votre jugement de la situation. Je ne prêtant pas avoir l'attitude la plus pondérée et mâture dans l'immédiat, Ser, mais je m'efforce de composer avec ce qui m'est offert. Ce qui est toute l'attitude que l'on m'a laissé. »

Le ton est égal au sien, aussi tranchant qu'un poignard parfaitement aiguisé. Je ne supporte pas l'insinuation qu'il m'assène. Je me rends bien compte que tout ceci ne s'est envenimé que parce que je n'ai pas pu supporter la douleur, la colère, la frustration et la tristesse. J'aurais dû connaître les rouages de mon cœur, lui commander avecI froide résolution de cesser ces stupides sentiments totalement inutiles, mais les choses ne peuvent se dérouler ainsi. Je suis humaine, pas une âme glaciale du Nord sans émotions, comme certaines dames de la cour peuvent en rire derrière mon dos. Je voudrais lui faire mal, ne serait-ce que pour effacer de son visage cette lisse expression qu'il m'offre depuis des mois, pour pouvoir ne serait-ce qu'un instant retrouver ce Gareth qui me permettait de percer à jour sa véritable personnalité, qui me faisait don de ses sincères réflexions, et non pas ce simulacre de gentilhomme qu'il m'a fallut côtoyer de loin. Le silence s'étire entre nous, je m'attends à ce qu'il tourne les talons et me laisse dans la solitude à laquelle il m'a condamné en me préférant le devoir. Une partie de moi le déteste au plus haut point pour ce choix, mais le reste n'est que compréhension, car ma raison me souffle que j'aurais fait exactement le même choix. On ne peut refuser de démontrer sa loyauté, de soutenir ceux que l'on considère comme sa proche famille et si je ne comprends pas pourquoi les Lannister lui ont offert leur fille, je ne peux pas décemment lui jeter cette pierre. Je suis également préparée à ce qu'il me hurle dessus, ou tout simplement à ce qu'il finisse de me délivrer son message d'une voix égale, insensible.

Pourtant il crée la surprise en s'installant près de moi. Je manque de sursauter tant je ne m'attendais pas à ce revirement dans sa conduite. Je ne le connais pas aussi bien que ce que j'aurais cru. J'ai un petit mouvement de recul, que je ne termine pas. Je sais, j'espère qu'il ne me ferait pas de mal, et un simple regard sur son visage achève de me convaincre. Je fronce les sourcils, me demandant quel est son but d'agir ainsi. Je reste empêtrée dans le paradoxe qui m'assaille, devant me concentrer fortement pour ne pas perdre le fil de ses paroles tant sa proximité me perturbe. Les mots qu'il me livre abattent mes défenses, aussi facilement que s'il s'agissait d'un insignifiant château de carte. Je suis désarmée, et l'absurdité de mon comportement me saute aux yeux comme une insupportable erreur dans l'élaboration d'une broderie complexe. Je me donne le temps de digérer tout cela avant de lui répondre. Je prends une discrète inspiration, espérant me donner ainsi le courage de lui faire face. La glace craque, sans pour autant se fendre totalement, et si je me radoucis le temps de lui délivrer une réponse je n'en suis pas pour autant détendue.

« Mon époux m'en a touché quelques mots, il a semblé véritablement soulagé d'avoir pu renouer le dialogue avec toi. » Nos actes n'ont pas seulement eu de terribles conséquences sur nos personnes, les dégâts collatéraux n'ont pas manqué de blesser Quentin, dans des proportions que j'ai du mal à évaluer. Ses paroles sont pleines de bon sens, et d'une certaine façon cela est horrible, car cela démontre qu'il a dépassé de loin le simple déchaînement des émotions et qu'il réfléchit à tête reposée, ce que je suis dans l'incapacité de faire. Le voyant hésiter à terminer sa phrase je prends la suite. « Que ce n'est pas la vérité. Ne crois pas que c'est une partie de plaisir, que j'ai soudain développé une passion pour le mensonge. Je déteste cela... » Je laisse les mots mourir dans un souffle, déployant des trésors de maîtrise pour ne pas pleurer ou lui montrer comme tout ceci me pèse. « Je n'ai pas trouvé d'alternative pour gérer la situation. Aucune autre attitude ne nous aurait été bénéfique, tu le sais. Puisqu'il a été décidé que je n'avais aucune place à tenir à tes côtés il valait mieux m'effacer, totalement. Et d'une certaine façon t'effacer toi aussi, tant de mon environnement que de mon coeur. » Les mots sortent sans que je le veuille vraiment. Mon regard se perd dans les roses qui s'épanouissent autour de nous, dérivant vers une vérité qui est douloureuse mais qui a besoin d'être énoncée. « Ce n'est pas une réussite, ça je veux bien l'admettre. Il est hors de question que quoique ce soit puisse être préjudiciable à Jeyne, tout comme à Lyman d'ailleurs.». Cela est plus simple à dire qu'à faire, mais au moins aura t-il la satisfaction de savoir que je suis d'accord avec lui.

Je me ressaisi, comme sortant d'une torpeur d'honnêteté qui me serait préjudiciable. Je ne sais pas comment il analysera ce que je viens de dire. J'ai tout à fait la latitude pour m'éclipser, pour perdurer dans cette attitude peu productive mais qui a au moins le mérite de me permettre de demeurer en paix, pour quelques temps du moins, avant de devoir de nouveau croiser sa route. Il n'a pas tord, ce château a beau être vaste, nos positions respectives tout comme nos liens avec la famille royale ne nous permettent pas de devenir de parfaits étrangers et de faire nos vies sans plus devoir s'inquiéter l'un de l'autre. Et dans le fond, le désirerais-je réellement ? Je sais très bien que non, car en dehors de toutes ces émotions atrocement contradictoires, il m'est précieux. D'un soubresaut mon regard se durcit à nouveau, projetant sur lui un aperçu de la bataille qui peut se dérouler sous mon crâne.

« Malheureusement Gareth, je ne suis dans l'incapacité de tout balayer d'un revers de main. Je ne peux, même après tout ces mois, tirer un trait sur tout ce qui a été notre passé commun. Je ne peux empêcher mes mains de trembler, ou la douleur de m'assaillir. Peut-être as-tu pu trouver le moyen de m'oublier, et en un sens je l'espère, car au moins tu es en paix. Mais je n'ai pour ma part pas encore réussi à retrouver la sérénité. Comment peux-tu croire qu'il est facile de discourir aisément et avec légèreté, quand nos actes auraient dû sceller un destin autrement différent...  ».

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Est-ce que j’aurais fait demi-tour si j’avais su qu’elle serait aussi froide et distante ? … bon, en vérité, j’aurais fait demi-tour avant même de le savoir, c’est déjà acté. Pour autant, je me vois mal maintenant tourner les talons et faire comme si de rien était. Si j’ai réussi à apaiser la situation avec Quentyn, je dois aussi le faire avec elle, ne serait-ce que pour avancer et nous permettre à tous d’être dans la même pièce sans qu’il y ait une ambiance tendue ou bizarre, sujette à question pour ceux qui ne seraient pas au courant. Je leur dois au moins cela, même si je souffle, d’un ton plus sec que je le voudrais à sa répartie des plus froide. « Vous ne trouvez pas cela stupide lady Brax ? Je vous ai connue capable de composer de façon plus objective avec ce que nous avions en main. A croire que je me suis trompé à votre sujet. »

Une fois de plus, j’ai envie de partir. Mais je ne peux pas faire que ce qui m’arrange, je l’ai bien compris, surtout avec elle. Alors je m’installe non loin d’elle, espérant ne pas commettre une erreur qui finirait de briser toute possibilité d’arranger un peu les choses. « J’ai été heureux de le retrouver aussi. C’est un de mes meilleurs amis. Il m’a manqué. Et nous avons été tous les deux stupides. » Au moins, les choses se sont arrangées avec lui. Alors j’essaie. D’être honnête, de lui faire comprendre que la situation finira par être trop compliquée à gérer pour moi comme pour elle. Je grimace quand elle reprend la parole mais je hoche la tête. « Je sais. » Je n’aime pas entendre qu’elle a essayé de m’effacer moi aussi, alors que je devrais en faire fi, que c’est la meilleure des solutions qu’elle a pu trouver. Pour autant, j’aurais aimé que les choses se passent autrement, sans être capable de donner une option viable qui ne blesse pas tout le monde. « Cela n’a pas été une grande réussite de mon côté non plus. Mais Jeyne et Lyman sont plus importants que tout le reste. » Elle n’imagine même pas à quel point de son côté et il est hors de question que je lui en parle.

Je fronce les sourcils quand elle reprend et je penche la tête sur le côté, la fixant avec intensité. Avant de laisser filer un sourire sans joie. « Parce que tu crois que c’est ce que j’ai fait ? Que j’ai oublié comme ça, en un claquement de doigts, la première femme que j’ai aimée ? Que je n’ai jamais songé à l’avenir qui aurait pu être le nôtre en d’autres circonstances ? » Je secoue la tête, presque déçu de voir qu’elle semble persuadée que les choses ont été faciles pour moi. « J’ai eu la chance de tomber sur une épouse compréhensive et bien plus abordable que je l’aurais cru. Mais… c’est toi que je voulais épouser Lynara. Je pensais avoir au moins ce choix dans mon existence et on me l’a enlevé. Oh, je suis un sacré veinard, j’ai épousé une princesse, peu de personnes dans ma situation peuvent s’en vanter. Et je… j’ai une vraie relation avec Meg. » Je mords l’intérieur des joues, cherchant mes mots. « Ce n’est pas facile pour moi. Et jamais je ne pourrais t’oublier. Mais il nous a fallu aller de l’avant. Je pense que tu tiens à ton mariage autant que je tiens au mien. Je me trompe ? » Mon regard accroche le sien et je continue, le plus sérieusement du monde. « Je ne ferais rien qui pourrait blesser Megara ou Quentyn. Pour autant, ça ne veut pas dire que j’ai tiré un trait sur tout ce que nous avons pu vivre. Tu as été la première personne avec qui, en dehors de Lyman ou de Quentyn, j’ai été moi-même. Tu crois que je peux l’oublier comme ça ? » En étant un prétendu valet de pied, voilà qui peut sembler pour le moins paradoxal. Et pourtant, c’est le cas. Et, même si j’aime profondément Meg, même si chaque jour je m’attache un peu plus à elle, rien ne pourra effacer cela. C’est aussi ce qui m’a permis de connaitre Jeyne et de la voir comme la Reine à laquelle je ne pouvais que prêter serment.

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Dernier jour de la dernière semaine du 10ème mois de l'an 1

Ce que j'ai crains de voir apparaître dans ses yeux ne tarde pas à se dévoiler. Cet éclat de fureur prend possession de ses iris que j'avais tant admirés autrefois. Il est contrarié de mon attitude, et comme pourrait-il en être autrement, je suis tout simplement détestable. Le Nord a su me préparer à ne montrer que mépris et froide indifférence à mes adversaires. Ce n'est pas la première fois que je suis courroucée envers quelqu'un, pas la première fois que je le lui fais clairement comprendre. Pourtant la dernière fois que j'avais pu être aussi brûlante de rage envers sa personne il avait su donner une très plaisante issue à notre entrevue. Je sais que cette fois il n'en sera rien et le soulagement comme la déception me transpercent. Il va finir par réellement me faire perdre l'esprit, je me sens déchirée entre deux facettes de ma personne totalement opposées. Il a créé en moi une césure que rien ne semble pouvoir complètement guérir. Si Quentyn a pu me permettre de me reconstruire quelque peu, même si j'ai pu créer des ponts entre ces deux parts de moi-même, rien ne pourra combler le gouffre. Ces sentiments sont tels une tempête indomptable, ils m'emportent dans leur ballet frénétique, sans me laisser le luxe de réfléchir ou de reprendre contenance. Je n'ai pas l'habitude d'être aussi froide, surtout pas avec lui, mais je n'ai que ma colère comme armure.

Il me désarme bien trop aisément avec ses réflexions, je n'ai même pas la satisfaction de voir que je l'ai manifestement contrarié. Il a toujours su avoir une bonne répartie, peut être est-ce aussi cela qui m'a séduite. Son esprit aiguisé n'a pas manqué de retourner vers moi le reproche qui je lui avais asséné. « L objectivité n'est que rarement présente dans les affaires de coeur, Lord Kenning. Son absence, vous en conviendrez, ne peut m être imputable alors que cette histoire est si intime. De plus, je ne vois pas pourquoi je devrais prendre en considération votre sentiment sur ma conduite, qui devrait somme toute vous être indifférente. Pour ce qui est du reste, c'est, je le crains un constat partagé, l'erreur nous est commune, car je vous croyais moi homme capable de déployer des trésors de ressources pour obtenir ce que votre cœur désirait. » Mon constat est terriblement injuste, mais je n'ai pas la faiblesse de me montrer tendre avec lui. Je rends coup pour coup, sortant les griffes et lui faisant clairement comprendre qu'il n'aurait cette fois pas le dessus sur moi. Je ne pouvais plus me permettre de lui laisser mener la danse de nos échanges.

Secrètement j'ai également peur de ce qu'un assouplissement de mon attitude pourrait engendrer. Adoucir cette rage qui me consumait n'aurait-il pas pour effet de me faire souffrir bien plus car une fois ce sentiment destructeur évanouit il ne me restera que les regrets et l'infinie tristesse. Pourtant il faut bien que je tente le coup. Je suis effrayée, bien que je ne le lui avouerai à aucun prix. Je crains d'abaisser les quelques défenses que j'ai pu ériger autour de ce cœur brisé. Retrouver un semblant de joie de vivre m'a coûté plusieurs mois, et ce n'est que par l'arrivée de ma fille que j'ai pu rassembler assez de courage pour relever la tête. Je me suis autorisée à vivre sans lui. Sa simple présence ne peut que me faire replonger dans ce désespoir que j'ai eu tant de mal à quitter. Je me suis résolue cependant à ne plus fuir, je conserve mon apparente indifférente mais en moi ce n'est qu'un maelstrom de sentiments contraires que je peine à comprendre. Je glisse un regard sur son visage qui s'est radouci, et manque un battement. J'essaie de respirer calmement pour chasser au mieux les réminiscences des sentiments que j'avais pu éprouver des mois auparavant, avant que le devoir détruise tout ce qui aurait pu être notre avenir.

Comme pour faire diversion la discussion s'engage sur mon époux, et je ne peux que me faire violence pour ne pas me noyer dans de mauvais souvenirs. Quentin ne méritait pas le désordre de mon âme, je me devais de me ressaisir pour lui et surtout pour la famille que nous sommes en train de construire. Sans pour autant laisser transparaître quoique ce soit je m'efforce d'apaiser mes pensées, de faire comme si je parlais à tout autre. Le loisir ne m'était pas laissé de m'échapper loin de Castal Roc, mes propres engagements envers Jeyne m'enchaînaient à ce château, lui cracher tout le venin possible n'arrangerait absolument rien. Je hochais donc la tête calmement et lentement. Je n'émettrai pas de jugement sur l'attitude que mon époux avait pu avoir envers Gareth. J'en avais moi-même été quelque peu surprise, car je ne pensais pas susciter en lui tant de sentiments qu'il se mette à jalouser celui qui avait été mon amant. Pourtant ces secrets avoués à demi-mots avaient gangrénés la relation des deux hommes. Je m'étais tenue à l'écart car je savais bien que j'étais la principale source de leur désaccord. Pourtant pour le bonheur de mon époux je ne pouvais que me réjouir du réchauffement de leur amitié. Quentyn avait semblé plus que satisfait d'avoir pu mettre les choses au clair avec son ancien comparse. Je n'ai pas trop cherché à le questionner, après tout il pouvait très bien ne pas apprécier que je me montre trop curieuse au sujet de Gareth.

« Je ne peux que me réjouir que vous ayez pu faire un pas l'un vers l'autre. J'ai bien conscience que tout ceci est en lien avec moi. Je n'ai jamais voulu être un tel poison pour votre amitié. Sache que je ne l'ai jamais poussé à s'éloigner de toi. Il était rongé par bien trop de pensées et je n'avais malheureusement pas réussi à apaiser ses craintes. »

L'allusion est plus qu'évidente. Ma grossesse était survenue très rapidement après mon mariage de convenance, la date de conception était d'ailleurs plus que trouble et aurait parfaitement pu se confondre avec ma faute avec lui. Je ne peux pas nier que cette possibilité a gangréné mes pensées, générant des craintes atroces, et alimentant tous mes sentiments contradictoires à son endroit. Aujourd'hui je peux affirmer qu'il est bien plus commode pour nous tous que Jyanna ne soit pas sa fille, et que je me réjouis de cet état de fait. Pourtant une part de déception demeure, j'aurais peut être alors gardé quelque chose de lui, une chose qui n'appartiendrait qu'à moi. Ma voix n'a pas tremblé et je m'en félicite tandis que je me garde de croiser son regard. Je ne sais pas quel effet cela pourrait avoir sur lui, je n'ose lui demander ce qu'il peut ressentir vis-à-vis du fait que nous aurions pu engendrer quelque chose de notre erreur, que nous l'avons peut être fait car après tout rien ne serait jamais définitivement certain bien que ma fille présente quelques ressemblances avec Quentyn.

Petit à petit je me sens un peu mieux en sa présence, j'essaie de combattre la colère pour me guérir de lui. Je repousse l'amour qui pourrait m'inciter à me rapprocher de lui. Je conserve une prudente réserve même si mes paroles ne peuvent trahir qu'un trop plein de l'émotion qui me submerge. Je plonge mon regard dans le sien lorsque sa voix retentit à la suite de la mienne.  « Si tu le sais alors pourquoi prends tu plaisir à me torturer ainsi Gareth ? Ton souffle si près du mien est déjà une souffrance bien trop cruelle pour moi ». Je ne peux que constater qu'il a troqué le faux gentilhomme contre le Gareth que je croyais connaître. Je ne peux donc pas lui mentir plus longtemps. Je lui assène un froncement de sourcil de mécontentement, mais il doit sentir que je me suis un peu détendue, que le reproche que je viens de lui faire est surtout teinté de la douleur qu'il génère en moi. Il s'ouvre à moi, comme il avait pu le faire autrefois et je ne peux que lui être reconnaissante des mots qu'il m'offre. Mon cœur palpite de ces révélations mais ma raison sait cette fois museler les espoirs stupides qui pourraient en découler. Je ne sais pas si je suis totalement soulagée de savoir que cela n'a pas été si facile pour lui non plus. Je me sens en tous les cas moins affligée, sans pour autant me réjouir de la souffrance qu'il a pu traverser. « J'ai bien conscience de la nécessité d’œuvrer pour être un véritable soutien pour eux. Sinon tout ces sacrifices n'auront eu aucun sens ». Mon ton est doux, fataliste, car après toute cette tristesse il ne devait en ressortir qu'une plus grande force à servir Jeyne. Je soutiens pour la première fois le regard qu'il me renvoie. Je ne défaille pas, car la crainte s'estompe au fur et à mesure que je la défie. Il est beau, dans son accoutrement de cour, peut être était-il d'ailleurs en conseil restreint avec les souverains peu de temps avant de me retrouver.

« Que voulez tu donc que je crois ? A te voir si rapidement entrer dans ta nouvelle vie d'homme marié, de constater la rapidité avec laquelle tu as donné à ta lignée des héritiers ? Ne penses-tu pas que c'est une déduction logique lorsque je n'ai eu aucun souffle du moindre signe d'inquiétude de ta part lors de la dégradation de mon état, lorsque j'ai parfaitement réalisé à quel point tu m'avais effacée avec aisance de ta vie alors que tu continuais à hanter la mienne... ». J'ai besoin de lui livrer ces poignards qui m'ont été assénés, un par un, avec la cruelle indifférence de spectatrice de cette vie qui serait désormais la sienne. Heureusement pour moi je n'avais eu que peu d'occasions de le croiser en compagnie de Megara ou en présence de ses enfants mais je ne sais pas, même aujourd'hui, si j'aurais pu en supporter davantage. Ces rares visions m'ont donnée à voir un bonheur qui aurait pu, aurait dû être le notre, et cela n'a fait qu'alimenter la bile de mon désespoir.  « Croit bien que je suis sincère lorsque je dis que je suis réellement ravie pour toi que tu ais pu trouver une compagne qui sait te contenter, mais tu ne peux pas me blâmer de te détester pour le choix que tu as fait. Tu m'as préféré le devoir, si on regarde ça avec la froide raison c'est compréhensible, et lorsque j'arrive pendant quelques secondes à éloigner mes sentiments de tout cela, je te comprends, mais ça n'apaise pas la fureur, cela n'apaise pas non plus la tristesse ou l'horrible impression de gâchis. » Je souris, un rictus de tristesse pure qui ne fait qu'assombrir mes traits. Il sera peut être le seul à découvrir ce visage qu'il a engendré, je n'ai jamais osé le faire découvrir à Jeyne de peur qu'elle prenne véritablement peur et que cela la détourne de sa tâche.

Sans trop réfléchir à mes gestes je soulève mes doigts pour venir caresser sa joue droite, c'était un besoin trop impérieux pour que je puisse le combattre, et je dois avouer que je n'ai pas tellement lutter pour cela. Ce geste vient comme pour tourner une page, il s'étire lentement comme un pont entre nous. Sa peau est aussi douce que la dernière fois que j'ai pu la goûter, mais contrairement à la dernière fois je m'efforce de ne pas en profiter. Quelque part au fond de moi j'espère qu'il va me prendre la main, que cette discussion débouchera sur autre chose qu'un apaisement des tensions, que nous soyons amené à créer plus de problèmes qu'à en résoudre. Mais la raison reprend le dessus et je coupe bien vite le contact que j'ai moi-même initié. « Tu aurais dû être cet homme grâce auquel je peux m'endormir en tout quiétude, je suis certaine que nous nous serions offert un mariage d'amour. Je t'ai livrée toute mon âme Gareth, et si toi comme moi ne pouvons oublier il va en effet falloir vivre avec. En dépit de tout cela, je ne peux te haïr, combien je le désirerai réellement, la seule autre option qu'il nous reste est de devenir ce que nous aurions peut être dû rester, d'amicales connaissances unies par leur ferme volonté de soutenir leur souverain plus que tout. Je ne peux te promettre d'être une amie, je ne sais pas si je pourrais guérir assez de toi pour cela. »

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MessageSujet: Re: J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]   J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 12 Oct - 9:37

Je le savais pourtant. Qu’elle serait comme ça. Je suis habitué d’une certaine façon au blizzard nordien depuis que j’ai appris à connaitre certaines de leurs ressortissantes. Et pourtant, j’ai été assez stupide pour croire que le temps aurait fini par l’apaiser, qu’être heureuse, épanouie dans son mariage, sa maternité, lui permettrait d’être moins rancunière ou, tout du moins, de savoir composer avec ce que le destin nous avait donné comme cartes. Mais visiblement, je me suis bien trompé. Et j’avoue, je suis un peu déçu.

J’ai un bref froncement de sourcils quand elle répond, me contentant de souffler, avec un haussement d’épaules. « Vous avez raison, ne prenez pas en considération ce que je peux dire ou penser, c’est bien mieux. » Je finis par me figer à ces derniers mots, me contentant d’un rire sans joie alors que je secoue la tête. « Ravi de connaitre enfin la façon dont vous me voyez vraiment lady Brax. Je tâcherais de m’en souvenir. » J’ai été sec. Bien plus que je pensais pouvoir l’être un jour avec elle. Mais visiblement, nous en sommes là. J’ai cru, sottement donc, que quelque chose de positif pourrait finir par ressortir de tout cela. Et je me suis bien trompé une fois de plus.

Et je ne sais pas pourquoi je ne me lève pas pour partir pour de bon, sans me retourner. Peut-être pour être sûr d’avoir cette fois fait de mon mieux pour arranger ce qui pourrait l’être, pour ne pas avoir de regrets. Avoir parlé avec Quentyn m’avait donné bon espoir la concernant mais, plus les secondes passent, plus je suis conforté dans le sentiment de me heurter à un mur. « Ce n’était pas uniquement ça. Il y avait nombre de non-dits entre nous, mais c’est réglé désormais. Je ne sais pas si nous retrouverons notre complicité d’antan lui et moi, mais je pense que nous pouvons œuvrer de concert pour Lyman. C’est le plus important. » J’ai parlé d’un ton neutre, beaucoup trop neutre à mon goût. Pour autant, j’ai du mal à agir autrement au vu de la façon dont elle se comporte elle-même.

J’inspire longuement, essayant pourtant d’être moi-même. Comme j’ai pu l’être avec elle il y a si longtemps. Sauf que cela ne me réussit guère à l’entendre. Et je fronce de nouveau les sourcils, la fixant un instant, incapable de répondre quoi que ce soit. « Pardon ? Tu crois que je prends du plaisir à te torturer ? Bon sang Lynara, si tu veux que je m’en aille, assume et dis-le clairement. Mais ne t’attend plus à ce que je t’adresse la parole autrement que par obligation à l’avenir. » Plus clair que ça, je ne peux pas le faire. Et je commence à perdre patience. Comment est-ce que j’ai pu croire que je pourrais arranger quoi que ce soit ? Je me contente de secouer la tête quand elle continue, avant de me figer de nouveau à sa nouvelle attaque. « Je vois. Tu me vois navré de ne pas t’avoir harcelée contre tout sens commun. Mais quand une dame fait demi-tour quand je la croise plutôt que d’avoir à me parler, je finis par me dire que je ne dois pas insister. C’est un peu idiot, j’en suis conscient. Tu ne sais pas si je me suis inquiété, tu n’en as pas la moindre idée parce que tu m’as tout autant rayé de ta vie Lynara. Alors ne me lance pas des accusations quand toi-même tu n’as pas fait mieux depuis plus d’un an. »

Et je me passe une main sur le visage, soupirant profondément, alors qu’elle vient d’attaquer de plein fouet ce qui fait l’essence même de mon existence. « Evidemment que j’ai préféré le devoir. Et ce sera toujours le cas. Et tu es injuste Lynara, tu m’en aurais tout autant voulu si j’avais fait autrement, si je t’avais arraché à Jeyne parce que je me moquais de nos devoirs respectifs. Mais soit. Tout est de ma faute, je suis le seul à blâmer. Si c’est comme ça que tu souhaites voir les choses, faisons ainsi. » Je n’ai plus envie de me battre et, l’entendre prononcer ces paroles achève toute envie que j’ai de vouloir un semblant de réconciliation avec elle.

Et, quand elle lève la main pour caresser ma joue, j’ai un froncement de sourcil, retenant tout juste un mouvement de recul alors que je la regarde, sans trop comprendre à quoi elle joue. Ce geste, j’aurais aimé le voir il y a quelques mois, ou sans les paroles qu’elle vient de prononcer. Là, j’ai juste le sentiment qu’elle se joue de moi. Alors je préfère l’ignorer. Et je finis par lâcher après de longues secondes de silence. « Tu dis que tu ne peux pas me haïr, mais tu viens de me cracher tellement de haine et de colère au visage que j’ai encore du mal à comprendre pourquoi je suis toujours assis là Lynara. C’est… bizarre. Jusqu’à présent, je ne regrettais ce que nous avions vécu que parce que cela t’avait causé du tort. Mais je me demande à quel point c’était une erreur à présent. Je pensais que tu me connaissais suffisamment pour ne pas penser tout cela de moi, mais visiblement, ce n’est pas le cas. » Je me suis fait plus froid, fixant le vide alors que je songe à tout ce qu’elle a appelé, à juste titre, un gâchis. « Je t’ai aimée Lynara. Je ne pensais pas aimer quelqu’un comme j’ai pu le faire. Mais là… je ne pensais pas être autant un monstre sans cœur à tes yeux. Mais soit. Comme je te l’ai dit, si c’est ainsi que tu vois les choses, je ne me fatiguerais plus à essayer d’y faire quoi que ce soit. » Je soupire longuement, me passant une nouvelle fois les mains sur le visage. « Tu as un homme auprès de qui tu peux t’endormir en toute quiétude. Quentyn tient énormément à toi et vous pourriez vivre une belle histoire. En ce qui me concerne… ne t’en déplaise, mais je l’ai. Mon mariage d’amour. Et je ne compte rien faire qui risquerait de le gâcher. » Et je joue un instant avec la chevalière que m’a offert Meg, laissant filer de nouveau un silence. « J’aurais aimé que ce soit toi. Cela n’a pas été le cas et visiblement, tout est de ma faute. Je pense que c’est une conclusion satisfaisante de notre entretien non ? Quant à devenir amis… » Je me contente de hausser une épaule. Je pense qu’elle aurait pu devenir une véritable amie, comme l’est Jeyne pour moi désormais. Mais visiblement, ce ne sera pas le cas. Et oui, c’est probablement aussi de ma faute. Comme le reste. « Vous avez autre chose à me dire Lady Brax ? Quitte à vider votre sac, autant bien le faire, que nous puissions vraiment tirer un trait sur tout cela. » Je me suis fait de nouveau distant, me refusant à la regarder, parce que je n’ai pas particulièrement envie de prendre nouvelles remontrances.

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MessageSujet: Re: J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé]   J'aimerais pouvoir repousser les pensées qui empoisonnent ma joie, et pourtant je prends un certain plaisir à m'offrir à elles [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 24 Nov - 12:46

Dernier jour de la dernière semaine du 10ème mois de l'an 1

Cet entretien inattendu révèle un aspect de ma personne que je n'aurais jamais voulu découvrir. Les mots qui sortent de ma bouche ne semblent pas être ceux que je souhaiterais, je ne sais plus me révéler qu'à travers la rage et la tristesse qui me définissent à présent. Tout cela est encore plus terrible que tous ces mois de silence qui laissaient au moins au soin de mon imagination les possibles issues de discussions fictives. Je ne peux pas fermer les yeux sur mon attitude exécrable à son endroit et d'autant plus injuste qu'inutile. L'Ouest m'a t-il métamorphosée à un point que je ne puisse même plus me regarder dans un miroir après tout ce qui vient de se passer ? N'ais-je plus d'autres solutions que de singer ces dames aigries et détestables qui foisonnent à la cour, l'insatisfaction a le don de ronger les âmes comme les relations sociales. Ne suis-je pas après tout drapée dans un égoïsme écœurant dissimulé par la fausseté d'une trahison légitime. Je reste muette après nos échanges. Je ne vois pas quoi ajouter à toute la haine qu'il me renvoi en miroir de ma propre attitude. Pour la première fois depuis des mois j'ai la sensation de pouvoir voir réellement tout le maelstrom que j'ai contribué à créer, que j'ai initié pour certains choix. Toutes ses paroles me font l'effet d'une claque abyssale, de plusieurs même tant le choc m'ébranle. Je comprends que ces mots ne me sont livrés que parce que je l'ai provoqué, que j'ai suscité cette haine car d'après ce qu'il m'expliquait elle n'était pas présente auparavant. Je ne peux pas croire que tout ce que nous avons partagé ce finisse ainsi. J'ai l'impression de me noyer dans un océan de sentiments négatifs, de ne pas parvenir à trouver la berge qui me permettrait de sortir de tout ce gâchis.  

« La colère nous fait dire des stupidités. Gareth, je ne voulais pas en arriver là, je ne souhaitais pas ta haine ni toute cette situation. Je ne sais tout simplement pas comment réagir face à toi .»

Cette déclamation semble tellement impromptue après tout ce que j'ai moi-même pu lui dire, mais pour reprendre l'une de ses premières affirmations tout ceci ne sont que des stupidités, des gamineries, des idioties d'une naïveté déstabilisante.

« Tu as raison, et je ne suis pas fière de l'admettre. Mon comportement est détestable, je ne me reconnais pas, je ne me retrouve plus dans tout cela. Je suis désolée Gareth, et même si c'est trop tard pour cela et que tu n'as plus qu'une envie c'est de quitter mon atroce compagnie je te parle avec sincérité. Je ne m'explique pas ces paroles car elles ne reflètent qu'une colère mal placée, car dans les profondeurs c'est contre moi que je suis furieuse. »

Je parle trop, je devrais le laisser partir et ne plus jamais rien faire qui pourrait lui faire du mal. La rage et l'énervement me quitte brusquement, comme un ouragan passe subitement en laissant derrière lui une terre dévastée. Il ne me reste que la honte de mon comportement et la tristesse de ne pas avoir pu au moins agir avec dignité dans tout cela. Je ne peux que réaliser mon manque de maturité, et constater que lui en face de moi incarne cette tranquille assurance de celui qui a su dépasser toutes ces puériles considérations. Les ravages d'un premier amour m'ont conduit dans une folie et si je ne peux pas revenir en arrière je lui dois au moins l’honnêteté qu'il attend.

« Oublie tout ce que je viens de te dire. C'était terriblement idiot, très loin de ce que je peux penser. Je ne peux pas t'expliquer pourquoi alors ces mots ont franchi mes lèvres. Tout ce que je sais c'est que je suis pleine de regrets. Je suis loin du comportement que je voulais adopter depuis le début de cette histoire. Je n'ai jamais voulu de ces silences pesants ni de ces fuites qui ne menaient nulle part. Je ne souhaite pas que nous nous quittions dans la colère et la déception. Je sais que je suis celle qui a initié tout cela, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même mais je suis dans une impasse. »

Les larmes apparaissent sans que je ne puisse plus les contrôler. Je m'éloigne quelque peu de lui, détourne le regard pour qu'il ne voit pas les sillons humides qui se perdent sur le tissu de ma toilette. Comment arrive t-il ainsi à me chambouler ? Je ne saurais l'expliquer, mais je ne pleure pas vraiment pour lui, je le sais, c'est pour moi que je suis brisée, je m'en veux également d'avoir générer autant de haine alors que ce n'est absolument pas constructif. Autrefois j'aurais certainement su revenir plus tôt à la raison. J'aurais certainement pu affronter son regard et conserver au moins la prestance et le bon sens d'un échange entre adultes. Je ne suis plus qu'une petite fille prise en faute et je ne sais pas comment terminer cet entretien sur quelque chose de positif.

« Tu es loin d'être l'unique à blâmer, je me suis fustigée bien trop souvent pour ne pas le reconnaître. Comme je te l'ai déjà dit je reconnais parfaitement que tu as trop souvent raison dans cette situation. Cela me fait très mal de reconnaître que je n'ai pu agir que comme une fillette blessée et incohérente. J'étais terriblement perdue, agitée par des vents contraires bien trop puissants. Je ne peux qu'espérer qu'un jour tu sauras trouver le moyen de me pardonner. »

Ma voix est quelque peu brisée, mais j'essaie de ne pas trop le montrer, je refoule les sanglots pour ne laisser que les gouttes salées souiller mes joues. L'entendre m'avoue qu'il a à présent trouver un mariage de conte de fée me fait mal, mais étrangement cela ne suscite aucun nouvel accès de rage, je crois que je suis heureuse pour lui, et peut être que mon cœur se serre de tristesse mais je ne veux pas y penser. Pourrais-je sauver quelque chose de nous ? J'en doute, mais cette fois je ne peux pas me dédouaner et fuir une nouvelle fois. J'aurais au moins fait un ultime effort, même si cela semble dérisoire après toutes les attaques que j'ai pu lui asséner.

« Rien n'est satisfaisant dans cette situation pour moi. Je voudrais arranger les choses, j'ai longtemps cru que ce serait en esquivant tout moment en ta compagnie, mais je dois avouer que tu me manques, pas romantiquement, mais ce qui a été notre brève amitié avant tout cela. »

Je ne le regarde pas, je ne l'ose plus. Doucement je me saisi d'un mouchoir gravé à mes nouvelles initiales pour masquer les manifestations de mes émotions. Il me donne une dernière occasion de lui livrer mes pensées et je reste quelque peu interdite. Je sens même sans le voir qu'il ne souhaite que déguerpir et comme il a pu l'exprimer je m'étonne qu'il ne l'ai pas déjà fait, après tout cela aurait été mérité.

« Que reste t-il à dire après tout cela. Peut être serait-il préférable que je suive Quentyn sur ses terres, et que j'y reste. Je ne sais si je pourrais être un véritable soutien pour Jeyne, car dernièrement je ne suis plus capable de faire autre chose que de tout détruire autour de moi. Il m'a prié de l'accompagner pour connaître ses terres et semble décidé à ce que je me familiarise avec un rôle qui finira par être le mien. Cela sera peut être une solution à tout cela, je m'en voudrais de te causer une souffrance de plus. »

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Plus les minutes passent, plus nous échangeons et plus je sens la colère poindre le bout de son nez. Contre elle parce qu’elle est injuste, parce qu’elle n’a pas cherché à arranger les choses et que, pire encore, elle m’attaque sur la seule chose de vraiment sacrée pour moi. Et contre moi… pour l’avoir aimée, pour avoir cru qu’elle me connaissait mieux que personne. Je suis un idiot et, à mesure que je l’écoute, je me promets de ne plus jamais retomber dans le panneau. Je fronce les sourcils quand elle finit par reprendre la parole et qu’elle semble essayer de s’excuser à sa manière.

Et j’ai un sourire sans joie à ses propos. « Personnellement, j’ai pensé tout ce que j’ai dit Lynara. La colère n’a pas animé mes propos. La douleur peut-être. Ou la… déception. Mais je sais à quoi m’en tenir désormais, cela m’apprendra à être aussi crédule. » Parce que c’est ce que j’ai été au final. J’ai un silence quand elle continue, soufflant, à mi-voix un « moi aussi je suis en colère contre moi-même. Ce n’est pas pour autant que j’ai tout fait pour te mettre à terre. C’était… je ne pensais pas mériter une telle haine à dire vrai. » Surtout venant d’elle. Je l’ai aimée profondément et, si elle n’avait pas dit tout cela, j’aurais pu affirmer sans hésitation qu’une part de moi l’aimerait toujours. Mais là, elle a réussi à tout démolir, brique par brique, avec une hargne qui me laisse encore pantois.

Je lève un sourcil quand elle reprend, nullement ému par les larmes qui semblent sur le point de déborder. « Oublier ? Tu sais très bien que c’est impossible Lynara. La situation a été difficile pour moi aussi. J’espérais t’épouser, vivre avec toi et on m’a imposé un autre choix. J’ai fait mon devoir, la tête haute et j’aurais aimé trouver un terrain d’entente avec toi, pour ne pas te perdre. J’ai été stupide de croire qu’il pourrait en être de même pour toi. » J’ai un profond soupir, brusquement las de tous ces échanges et je souffle, à mi-voix. « Je ne te comprends pas Lynara. Tu ne peux pas… me déverser autant de haine et, la minute d’après dire l’exact opposé. Comment tu veux que je réagisse au juste ? » La question est sincère en vérité. Je ne sais plus quoi dire ou quoi faire face à elle et je me demande à quel point il ne serait pas judicieux de tourner les talons sans demander mon reste.

Quand elle reprend la parole je la fixe un instant sans rien dire, passablement dubitatif. Et je réponds, un peu sarcastique pour qu’elle ne puisse pas ne pas le remarquer. « Mon amitié te manque ? Vraiment ? Je suis… surpris. Cela ne colle pas vraiment avec tout ce que tu viens de dépeindre à mon propos. » Comme je l’ai dit, oublier est impossible, surtout pas maintenant. Le reste me prend quelque peu au dépourvu et je secoue la tête avant de reprendre, m’efforçant de ne pas garder le même ton, sans grand succès. « Ne joue pas à ça Lynara. Si tu veux quitter le Roc, ne m’utilise pas comme motif de départ. Je gère ma souffrance depuis des mois sans que tu t’en sois souciée, alors ce n’est pas la peine de commencer. Jeyne a besoin de toi, ton devoir envers elle passe avant tout. Et il serait temps d’assumer pleinement ton rôle. Tu n’as rien détruit, c’est notre relation qui l’a été, par la force des choses. Alors ne te cache pas derrière cet argument non plus. » Je soupire longuement, accrochant le regard de Lynara pour la fixer sans rien dire. Je ne sais pas si elle arrivera à capter mes regrets sur la façon dont tout cela a pu tourner et je gage qu’elle a bien compris la colère qui m’animait dans l’immédiat. Pour autant, je ne lui veux pas de mal. Pas après tout ce que nous avons vécu.  

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