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 Become another person [Tour VIII - Terminé]

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MessageSujet: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 11 Mar - 21:58

Plus rien ne serait comme avant, tout serait différent maintenant. Connaître ainsi l’amour, celui avec un grand A, celui qui vous anime pour lequel vous seriez prêt à faire n’importe quoi. Pour lequel aucune autre force n’est comparable. Une fois que vous avez connu cela et qu’il vous est arraché brutalement, alors vous êtes en droit de remettre en question tous vos choix. Ces derniers qui vous ont menés là vous êtes aujourd’hui. Sans lesquels vous ne seriez pas la personne que vous êtes. Il suffisait d’un seul événement, d’une seule prise de décision, et le destin d’un individu en aurait été changé. Alors bien sûr Garlan s’en était fais la réflexion, et il se la faisait encore. Comment aurait-il pu empêcher la mort de sa femme et de leur enfant à naître ? Quelle est la mauvaise décision qu’il avait pu prendre ? Qu’est ce qu’il aurait faire pour ne pas que ça se reproduise ?

Être là à leur côté, c’était impossible et il le savait avant de s’engager réellement dans cette relation. Il s’était trouvé honteux en pensant que s’il ne l’aurait jamais aimé, elle serait peut-être en vie aujourd’hui. Deux vies auraient été préservées, peut-être que Yesaminda aurait eu assez de force à opposer à ses assaillants en attendant que la garde n’intervienne. Oui cela aurait été bien différent. Il n’avait pas été là pour les protéger, et par cette réflexion, il se montrait particulièrement dur et cruel avec lui-même. Mais dans un sens, cela dépeignait une triste réalité et il savait qu’il avait besoin de tirer le drap de la responsabilité sur sa personne, que cela ne servait à rien de nier et que ça ne l’aiderait pas. Donc oui, c’était sa décision, sa responsabilité, sa faute. Et aujourd’hui, il en porterait la conséquence jusqu’à la fin de ses jours.

Aujourd’hui, il reprenait pleinement ses activités, en ses temps troublés, il ne lui était pas possible de faire complètement le deuil de son épouse. Le combat était proche et il devait faire en sorte que son escadron soit prêt à en découdre. Cependant, son esprit ne cessait de penser à Yesaminda, à ce qu’il aurait pu faire, à ce qu’il n’avait pas fais. Il devait s’efforcer d’être dans l’instant présent, mais c’était difficile. Une fine pluie s’abattait dans les alentours d’Accalmie, rendant la surface du terrain d’entrainement boueuse et glissante à force des piétinements des hommes d’armes qui se succédaient dans leurs passes d’arme. Garlan avait fais réunir son escadron, un des derniers entrainements avant le grand départ. Il les pensait prêt, mais il avait besoin d’insister de nouveau sur certains points. Au programme d’aujourd’hui, l’entrainement face à un ennemi ayant un meilleur équipement comme de l’infanterie lourde et parfois face à une supériorité numérique qui plus est.

Il leur avait davantage appris à se battre en formation et groupée plutôt qu’individuellement, mais parfois les capacités individuelles pouvaient permettre de s’en sortir face à un ennemi et donc d’avoir la vie sauve. Il allait commencé son deuxième combat, il était recouvert de boue de la première passe d’arme, ses cheveux étaient collés par un mélange de terre et d’eau. Son souffle hatelant de l’effort produit précédemment. Garlan s’était avancé une nouvelle fois au milieu du terrain d’entrainement et avait demandé à deux individus de le rejoindre. L’un des membres de son escadron, équipé d’une épée courte et d’un équipement léger typique des chevau-légers et un autre individu, armuré comme un chevalier, un ancien compagnon d’arme de la troupe de feu le roi Kevan Gardener. La pluie s’abattait sur nos combattants, un cercle s’était formé autour du terrain d’entrainement, les soldats étaient attentifs au combat s’y déroulant. Les guerriers avaient enclenchés l’engagement, le jeune homme s’était entraîné à maintes reprises à des situations de lutte contre un ennemi supérieur en nombre et il avait également pu y être confronté lors des batailles auxquelles il avait pu participer.

Il savait que bien des éléments pouvaient alors permettre de rester en vie, la force brute n’en faisait pas parti, il fallait savoir réfléchir, analyser la situation,  et agir avec les éléments en sa possession. Il pouvait essayer de prendre le dessus avec son agilité, c’est pour cela qu’il ne s’était pas équipé trop lourdement. Le terrain était glissant avec cette boue et la pluie qui continuait à tomber, cela représentait une contrainte pour tous les combattants, mais d’autant plus pour ceux équipés d’une armure lourde. Les corps étaient en mouvement depuis deux minutes, attaques, parades, esquives. Coup de lame, de bouclier, de pied. Il fallait savoir faire usage de tous les éléments en sa possession. Garlan devait se montrer plus fort, plus impitoyable qu’auparavant. C’était ce qu’il s’était promis, devenir plus fort. Aussi bien physiquement que mentalement, il devait se forcer de devenir une autre personne, c’était une dure leçon que cela et il le devait, et il ferait tout son possible pour cela. Car c’était une nécessité.

Il n’avait pas réussi à tenir ses promesses, à protéger ceux à qui il tenait. Donc il devrait tout donner et combattre le peu qui avait de la valeur à ses yeux et pour cela il devait devenir une autre personne. Reprenant son souffle, il dut affronter un nouvel assaut du chevalier en armure, parant à trois reprises sa lame, il le vit élancer son bras gauche pour lui assener un coup de bouclier sur la partie supérieur de son corps. Son équipement léger permettait à Garlan une bonne mobilité et il tenta d’esquiver l’impact d’un brusque mouvement vers l’arrière. Cependant, son corps, mit à rude épreuve par les entrainements et par le manque conséquent de sommeil de ses derniers jours, n’était plus très frais, ainsi que ses réflexes. Si bien que le léger retard de sa manœuvre fit qu’un côté du bouclier vint heurter son casque.

Un tel choc le fit chanceler en arrière, son équilibre était perturbé, il entendait comme un bourdonnement dans ses oreilles, il ressentait une vive douleur au niveau de son arcade sourcilière. Par chance, son chancellement lui permit d’esquiver un coup de pied de son camarade bieffois et par réflexe, le Goldwyne tenta une attaque latérale dès plus maladroite au vu de son état. Le chevalier esquiva, mais dans son mouvement, il glissa dans la boue et chuta lourdement au sol, et se débattait pour essayer de se relever. Garlan retira son casque, il avait l’impression que ce dernier lui comprimait le crâne suite au coup reçu. Il essayait de retrouve l’entièreté de ses sens. Il porta sa main au niveau de sa douleur, une légère plaie, mais elle faisait couler de façon continue un filet de sang. Il essaya de se remettre en garde lorsque son dernier adversaire fonda sur lui et enchaîner les coups d’estoc et de taille. Garlan réussit à en contrer quelques-unes avant de se faire désarmer, encore semé par le coup reçu. Alors qu’il tomba un genou à terre, il vit le cavalier hésiter un instant. Un comportement qu’il ne comprenait pas pour le coup et qui fit monter en lui une certaine colère. Il en profita pour puiser dans ses réserves d’énergie pour lancer sa masse sur lui et le plaquer au sol. Les deux corps s’effondrèrent dans la boue, le bieffois reprenant des plus difficilement le dessus sortit un couteau d’un étui à sa ceinture pour le disposer près de la gorge de son adversaire pour lui faire comprendre qu’il était hors-jeu.

Ce dernier ne chercha pas à protester, le capitaine releva son regard vers le chevalier, ce dernier se débattait toujours et commençait à s’extraire de la boue. Garlan se dirigea de façon nonchalante vers lui, encore assommé par le coup reçu, son corps était fatigué, des beaux cernes en dessous de ses yeux, son teint était assez livide et avec sa plaie au niveau de son arcade. Non il faisait bien piètre figure, je puis vous l’assurer ! Arrivé près du chevalier alors que ce dernier avait réussi à s’accroupir, il vint percuter son épaulière avec son pied pour le plaquer de nouveau au sol. Le capitaine tomba alors sur lui, le maintenant à terre de sa masse avec son genou droit en dessous de l’abdomen, il vint de nouveau disposer sa lame au niveau de la jointure entre le gorgerin et le casque, cela intima à son compère le respect et le calme. D’une voix assez forte pour que le reste de l’escadron l’entende, il tonna : « Vous vous retrouverez à coup sûr contre des chevaliers si nous croisons le fer avec les armées du Bief. Ces derniers sont de redoutables combattants que ce soit à cheval ou à pied. Cependant leur équipement lourd  contraint leurs mouvements et comme vous avez pu le voir, un terrain difficile les handicape. Vous ne devrez manquer aucune occasion, saisir chaque opportunité qui s’offre à vous ! Leur armure est lourde et vous ne saurez par la percer, cherchez donc les points faibles de leur carapace pour les vider de leur sang. Entre chaque pièce d’armure. » Il allia le geste à la parole, en montrant son couteau au niveau du gorgerin. « Entre le gorgerin et le casque. Sous les aisselles. Ou bien même au niveau de l’entrejambe. Ils n’auront aucune pitié, n’en n’ayez aucune ! »

Il jeta un coup d’œil circulaire sur sa troupe, quelques signes de tête approbateurs lui permirent de comprendre que la leçon était comprise. Il se releva assez difficilement, rangea son couteau et aida le chevalier à se relever. Alors qu’il se dirigea vers son épée pour aller la récupérer, il vit l’autre combattant rejoindre ses camarades, il l’interpella alors : « Vous ! » Le soldat en question se retourna, le capitaine en profita pour ramasser son épée et se diriger vers le cavalier concerné. La troupe resserra son dispositif autour de ces deux personnes. « Pourquoi avez-vous renoncé ? Vous aviez toutes les chances de l’emporter. Vous n’aviez pas à hésiter ! » Le cavalier scruta un moment son supérieur et après avoir tourné deux fois sa langue dans sa bouche, il lâcha : « Vous étiez désarmé, capitaine, cela n’aurait pas été loyal. Puis je craignais de vous blesser gravement, Ser.» Garlan continua à sentir cette colère ressentit tout à l’heure, monter en lui, il scanda : « Vous aviez l’avantage ! L’hésitation est ce qui pourrait causer non seulement votre perte, mais également celle de vos camarades ! »

On pouvait voir le cavalier hésiter, semblant chercher le soutien de ses camarades du regard pour s’exprimer, mais il n’en trouva pas : « Vous êtes notre capitaine et… » Il marqua une pause et reprit : «avec ce que vous … »  Il n’osa pas continuer, Garlan s’avança d’un pas en sa direction, il semblait particulièrement mauvais en cet instant : « Et bien ! Continuez, soldat ! » Cinq secondes, qui semblèrent bien longues, s’écoulèrent sans qu’aucune réponse ne vienne, le bieffois haussa le ton : « J’attends ! » Toujours rien, il entendit quelqu’un se rapprocher de lui par l’arrière et la voix d’un sergent, de son second s’éleva : « Capitaine. Je pense que William ne cherchait pas à vous manquer de respect…» Garlan continua à fixer le soldat en question, puis déclara : « Peu importe le rang qui est le mien ! Et ce que je peux traverser… » Puis il désigna le soldat du doigt : « Je ne veux aucun traitement de faveur que ce soit de vous ! » Puis il se retourna précipitament pour désigner l’ensemble de la troupe : « Ni d’aucun d’entre vous ! »

Il n’eut qu’un silence en guise de réponse et cela lui convenait bien. Le bieffois donna alors ses ordres : « Par groupe de deux, un assaillant en armure, entraînez vous dans un premier temps à ce que vous venez de voir. Puis dans un deuxième temps, par groupe de trois, deux assaillants, un en armure lourde et un en armure légère, seulement un défenseur afin de simuler l’infériorité numérique au combat. Sergent, veuillez vous assurer de la bonne réalisation de l’entrainement. » La troupe se dispersa, le bourdonnement venait de disparaître seulement maintenant, le sang continua à couler sur sa joue, il coupa une partie de sa manche avec son couteau pour faire pression sur sa plaie, il commençait à retrouver son calme.


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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 25 Mar - 17:31

La situation continuait d’être complexe. Et dangereuse. La guerre allait bientôt reprendre ses droits. La campagne allait commencer. Les dernières pièces se mettaient en place avant que le plateau tout entier ne se mette à bouger. Pendant encore un moment il y aura possibilité d’avoir un peu de contrôle sur la situation. Je disais bien un peu, car le contrôle total lui, était quasiment exclu. Quoiqu’il en soit il commençait à y avoir beaucoup d’incertitudes sur cette guerre qui reprenait ses droits. Les gens qui nous entouraient avaient peur. Beaucoup détournaient leur regard en croisant le nôtre. Pour quelle raison exactement ? Allez savoir. On ne saura si c’était parce qu’ils craignaient pour leur vie ou pour celle de leurs proches, ou s’il s’agissait avant tout ce qu’ils voyaient dans notre propre regard qui ne leur convenait pas. Forcément dans ces circonstances, personne ne savait vraiment quoi faire ou quoi dire, et il n’était pas question de commettre le moindre impair compte tenu de la situation globale ; tout le monde avait le sentiment de marcher constamment sur des œufs.


Je n’étais pas le seul à avoir perdu des gens, et risqué d’en perdre bien plus. Il y avait un homme qui avait perdu beaucoup plus que moi, c’était Garlan Goldwyn. Un homme loyal et droit, un homme aux besoins simples. Marié à l’une des dames de l’entourage impérial, et en particulier du prince et de la princesse, il avait perdu son épouse dans le dernier acte de celle-ci ; de l’héroïsme pur, à l’état brut. Elle avait donné sa vie pour tenir le temps que les secours arrivent. Et elle avait perdu tout espoir d’avenir et son enfant en même temps que la lame fatale transperçait sa chair.


Goldwyne était quelqu’un de fort, de solide. Il n’était pas du genre à renoncer. Je le savais atteint, parce qu’en lui annonçant la nouvelle j’avais bien vu le choc dans ses yeux et ce qu’il s’était passé au fond de ceux-ci. Mais je lui avais laissé le temps. Je savais qu’il n’avait pas mis de côté ses responsabilités, car il avait une centaine d’hommes sous son commandement et je le connaissais assez pour savoir qu’il ne voudrait pas que des gens meurent pas sa faute. Il devait ronger son frein en silence, jeter des pelletées de terre meuble sur son chagrin et continuer à avancer, comme l’a jadis fait un Roi du Nord de votre connaissance qui enterrait sa femme après avoir découvert quantité de ses secrets, et leur funeste épilogue. Tout cela me renvoyait à une partie de ma vie que je préférais oublier, qui me semblait parasiter mes autres pensées et toutes les obligations qui étaient aujourd’hui les miennes.


On m’indiquait que sa troupe s’exerçait à un endroit bien précis du camp que je rejoignait. Mon fidèle Brennus était mort à Buron, comme tant d’autres braves montures. Je faisais avec un nouveau destrier, tout aussi ombrageux que Brennus, un peu moins fort mais plus rapide. Il trotta avec constance et agilité au milieu du camp ; poulain de la monture d’un de mes plus vieux cavaliers, le canasson était robuste et appris depuis toujours à vaquer parmi les grands rassemblement d’hommes et de ses congénères que la guerre pouvait provoquer.


J’arrivais à distance alors que la manœuvre était toujours en cours ; combat à cheval de toute évidence. Contre des individus équipés lourdement, et l’homme montrait les failles d’une armure classique pour être en mesure de donner le coup fatal. Le discours du capitaine tonne, quand il explique comment les terribles chevaliers ennemis peuvent être dangereux mais quels sont les dangers inhérents à leur équipement et à leur manière de se battre. Dans tous les cas ils sont un danger avéré pour des cavaliers moins lourdement équipés et Goldwyne y connaissait son affaire ; il avait lui-même trop longtemps porté l’armure du chevalier natif des terres bordant la Mander… Personne n’était mieux placé que lui dans ces circonstances. Je ne voulais en aucun cas qu’il garde pour lui son expertise…


Alors je le laissais continuer à houspiller et à secouer ses hommes autant qu’il le jugeait nécessaire, car les choses pouvaient rapidement dégénérer sur une ligne de bataille et il fallait que l’entraînement soit dur pour que le caractère des gens qui nous entouraient le soit tout autant. Il fallait que les hommes ne lâchent rien, à aucun moment. Il avait raison en tout cas de les pousser dans les retranchements et même s’il était dur, il ne faisait que dire la vérité. Je le laissais terminer tranquillement tandis qu’il changeait les modalités de l’entrainement. Au bout d’un moment, je piquais des deux et ma monture avança vers l’homme qui s’occupait d’une blessure superficielle au visage. Les hommes cessèrent l’entrainement et regardaient le trio qui s’avançait vers eux ; deux Demalion dont un porte-bannière de l’étendard impérial, et moi, armure recouverte d’une cape en peaux de loups.



| Le bonjour, soldats. |


Je les toisais d’un air sévère et un peu dur alors qu’ils saluaient en se débarrassant de leur couvre-chef. Ou de leur casque, ce qui revenait au même.


| Ma présence ne signifie pas fin de l’entraînement, messieurs. Travailler les techniques données par votre capitaine vous fera vivre plus longtemps que de regarder la vilaine trogne de votre Empereur. |


Je les secouais à mon tour, même si je voyais chez certains la plus grande déférence, le plus grand respect et de la compassion, mais ce n’était pas le moment. Je me penchais vers Goldwyne, qui venait donc de se rendre compte de notre présence.


| Capitaine Goldwyne. Comment progressent vos hommes ? Seront-ils prêts, lorsque nous nous mettrons en marche ? |



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Torrhen Braenaryon
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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 31 Mar - 23:31

 La discipline était un facteur primordial dans une armée. Comment voulez-vous qu’une armée obéisse aux ordres sans une discipline stricte ? Comment voulez-vous qu’ils tiennent leurs positions même au plus fort de la tempête au cours d’une bataille ? Comment voulez-vous tempérer leurs ardeurs lorsque leurs instincts les plus bestiaux s’éveillent ? Si Garlan pouvait paraître dur, c’était parce qu’il voulait que son escadron survive le plus longtemps possible. Que ses cavaliers combattent fièrement pour l’Empire, en faisant de leur mieux, tout en restant en vie. Il avait déjà assez perdu comme cela, il ne voulait pas voir les membres de son escadron mourir à leur tour. Bien qu’il était conscient que dans les conflits à venir, cela était inéducable. Certains perdraient la vie, d’autres les remplaceraient. Car comme lui, ils étaient aisément remplacés. On pouvait remplacer un cavalier ou un capitaine. Ce n’était que de simples pions dans l’échiquier.

Bien entendu, la discipline régnait dans l’armée du Bief, mais aux yeux de Garlan, c’était complètement différent de celle qui était appliquée dans l’armée impériale. Peut-être que c’était parce que les armées bieffoises étaient majoritairement composées de piétons mal entraînés et équipés, et que les chevaliers, aussi bien armurés et compétents qu’ils soient, pouvaient mettre à mal les meilleures stratégies de part leur impétuosité. Le chevalier avait pu longuement discuter avec des officiers de l’armée nordienne et d’autres royaumes fédérés. Il avait apprécié ces échanges, car il en était ressorti grandi d’une certaine manière. Oui, il avait appris de nouvelles façons de commander, des nouveaux exercices et comment inculper la discipline à ses hommes. Non pas qu’il ne savait pas déjà comment s’y prendre dans le passé, mais cela l’avait grandement aidé dans sa prise de poste au sein de l’armée impériale.

Garlan avait donc donné ses directives et même s’il avait donné à son second la consigne de veiller à la bonne réalisation de l’exercice par l’escadron, il superviserait aussi cela de près. N’hésitant pas à refaire une démonstration si nécessaire, à répondre à d’éventuels questions et s’adonnait de nouveau à l’exercice, car il était important qu’il s’entraîne avec ses hommes, c’était même primordial pour la cohésion de l’unité. Le bieffois était occupé à panser la blessure à sa tête, encore légèrement sonné, donc distrait, il ne vit pas arriver l’Empereur et son escorte, ni l’entendit. Il ne se rendit compte de sa présence que lorsque ce dernier l’interpella directement. Le capitaine se tourna alors, ployant le genou devant le plus haut représentant de l’Empire, yeux rivés un instant vers le sol et il le salua respectueusement : « Sire. »

Il attendit que le vieux loup lui indique qu’il pouvait se relever pour s’exécuter. Adoptant une posture droite, il retrouvait pleinement ses esprits. Il se trouvait assez surpris de voir l’Empereur, les seuls où il avait été amené à discuter avec cet homme, ce fut au collège impérial et également à plusieurs reprises dans les quartiers impériaux. Mais après tout, est-ce que cela était tout à fait surprenant ? Pour ce qu’il avait vu et entendu, le nordien était un individu proche de ses hommes, surement souhaitait-il s’assurer que ses troupes s’exerçaient correctement et s’adonnait-il à une inspection de routine. « L’escadron s’exerce quotidiennement, mais depuis Fort-Darion, je constate qu’une grande majorité a nettement progressé, Sire. Les plus expérimentés aident à combler les lacunes des plus jeunes qui n’ont connus aucun conflit jusqu’alors. Je peux dire avec certitude que dans la théorie, ils sont prêts. Je ne pourrai que juger s’ils l’étaient réellement après le premier engagement, Sire. »

Alors que ses hommes commençaient l’exercice sous la surveillance étroite de ses sergents, le jeune homme vint à demander à son supérieur : « J’ai entendu dire que notre départ serait imminent, Sire. Je ne suis pas homme à croire tout les ragots que l’on peut colporter, mais est-ce véridique ?   » Surement plus que quiconque il avait envie de quitter les alentours de la capitale orageoise, synonyme pour lui de malheur et d’un destin brisé…


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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 7 Avr - 13:56

On se retrouvait donc avec Goldwyne, au milieu de toute une armée qui n’allait pas tarder à se mettre en branle, au milieu de forces qui ne demandaient plus qu’à se mettre en marche pour aller affronter leur destin. Quoiqu’il en soit, j’étais fier de faire partie de ce tout. De le diriger aussi, d’une certaine façon. Je n’étais pas seul aux commandes, cette fois. Je devrais composer avec la Reine de l’Orage, mais aussi avec mon épouse. Avec elles et avec plusieurs généraux d’armées, principalement des orageois mais pas seulement, il y en aurait d’autres. La composante navale n’était certainement pas à négliger, loin de là. Je ne pouvais pas dire que la conduite des opérations ne m’inquiétait pas ; ce serait un mensonge éhonté. Jamais de toute ma vie je n’aurais eu à conduire une campagne aussi complète que complexe et les choses pouvaient prendre une terrible tournure dûe à plusieurs de ses composantes… Mais fondamentalement parlant, s’il y avait un risque plus grand -et assumé- pour certaines forces, chacune, même dans les missions les plus secondaires et théoriquement éloignées des grands combats, rencontrerait sans aucun doute son lot de dangers et d’imprévus.


L’état de santé physique et psychique du jeune Goldwyne était un facteur de risques, bien malgré lui je n’en doutais pas. Mais il me semblait assez clair qu’il ne pouvait pas y avoir de bienfaits à sa situation personnelle dans sa conduite des troupes. Lui-même avait été personnellement touché par les événements d’il y a peu. Et quelle que soit sa réaction il n’y avait que peu d’avantages à ce qu’il ait été ainsi touché. Peut être seulement dans sa résolution à se battre et à ne rien lâcher ? Difficile à dire. Les réactions à ce genre de deuil n’étaient jamais les mêmes, et elles pouvaient même prendre des formes très diverses d’un individu à l’autre. J’étais venu aussi bien pour prendre de ses nouvelles que le jauger ; le pauvre n’avait pas besoin de ça mais il en allait de l’efficacité de sa troupe, et donc par extension de l’armée, et cela je n’avais jamais pu transiger sur ce sujet.


L’homme salue, genoux à terre. Ses hommes rabroués sont déjà remis au travail et je ne m’empêchais pas de questionner l’individu pour savoir comment les choses se passaient, à l’échelle de son escadron. Le bieffois m’explique la progression de ses hommes et qu’il y a un bon transfert d’expérience entre les vétérans et les autres, et qu’il n’est pas question qu’il en soit autrement. Garlan s’engage mais seulement en « théorie ». Il a raison de dire toutefois que le premier engagement sera sans doute déterminant pour la suite des événements… Je hochais la tête en guise d’assentiment.



| J’en suis fort aise, Ser. Vous avez raison sur l’importance du premier choc. Il conviendra de prendre bien soin des modalités de votre premier engagement. C’est lui qui formera l’état d’esprit de vos troupes pour longtemps. S’il est trop facile, vous risquez le bain de sang lorsque surviendront les difficultés. S’il est trop dur, le moral pourrait en pâtir. |


Je n’avais pas dit cela à haute voix et escomptais sur le rideau des Demalion autour de nous pour étouffer des bruits de paroles déjà éclipsés par le bruit des entrainements non loin.


| Nous ne pourrons pas choisir comment les choses se dérouleront en cours de campagne, Capitaine. Nous serons tributaires des mouvements de l’ennemi. Mais ne soyez pas trop exigeant envers vos hommes le temps de les tester. Encadrez-les, poussez-les en avant, mais n’attendez pas qu’ils rompent les lignes ennemies ; cela viendra en son temps. |


Je le toisais désormais d’un regard neutre, fixe, quand il évoquait les circonstances du départ.


| En avez-vous hâte, Goldwyne ? Oui, nous allons partir. Le beau temps se maintient. Il nous faut en profiter avant que l’ennemi ne s’échappe.



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Torrhen Braenaryon
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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 10 Avr - 11:51

Sa troupe était repartie pour s’entraîner, ils avaient les consignes pour l’exercice et les sergents veilleraient à sa bonne réalisation. Garlan comptait beaucoup sur eux, il espérait que tout ce qu’il avait entrepris, tout ce qu’il avait essayé d’apporter à cette unité depuis son arrivée à sa tête. Oui, il espérait que ses efforts paieraient leurs fruits. Que chacune des composantes de son escadron se montrerait efficace aussi bien en mission, que sur le champ de bataille. Qu’ils survivraient le plus longtemps possible à ce qui les attendrait, au pire. La mort était une fatalité pour le plus grand nombre à la guerre, les armées du Bief étaient nombreuses et leur cavalerie était plus que redoutable. Bien qu’il savait que certains d’entre eux, voir la plupart, n’en réchapperaient pas. Le Bieffois essayait de les préserver de cette issue. Cela avait toujours été le cas, mais ça l’était encore probablement davantage depuis la mort de Yesaminda.

Il s’investissait énormément dans cette unité, car se plonger  à bras ouverts dans l’entrainement et commandement de l’escadron, cela lui permettait probablement d’essayer de penser à autre chose. Essayer de ne plus trop penser à la mort de son épouse aimée et leur enfant à naître. Une diversion. Un subterfuge. Est-ce que cela fonctionnait ? Un peu et c’était déjà ça. Yesaminda avait marqué profondément son esprit à une vitesse foudroyante. Elle avait laissé une trace en sa personne et celle-ci ne s’effacerait très probablement jamais. Et ce n’était pas sa volonté de toute manière. Le capitaine salua le vieux loup avec tout le respect dû à son titre et ce qu’il pouvait lui inspirer.  Ce dernier semblait de son avis dans la manière qu’il avait de préparer les cavaliers. De leur façon à surmonter la difficulté du premier engagement qui se présentera à eux.

Depuis qu’il connaissait l’Empereur, du moins le terme « connaître » était très mal employé, disons plutôt… Depuis qu’il l’avait rencontré, Garlan était preneur de tous les conseils de ce qu’un homme de son expérience pouvait lui apporter. En effet, il avait connu bon nombre de guerres et en était ressorti vivant ; il avait porté le titre de « roi invaincu » pendant de nombreuses années, ce n’était pas pour rien. Donc oui il était à l’écoute et encore plus depuis… la mort de Yesaminda. Il devait devenir plus fort, dépasser ses limites. Quitte à salir ses mains blanches de chevalier comme avait pu lui stipuler l’Empereur lors d’un précédent échange.  Il était persuadé que cet homme pouvait l’aider dans cette tâche, oui c’était une certitude.

Il répondit donc simplement en opinant du chef.« En effet, je comprends, Sire. Et il n’y a que très rarement de juste milieu dans ce genre de situation. La difficulté est également de pouvoir s’intégrer à une tactique globale. La force d’un seul escadron n’est pas  déterminante sur un champ de bataille, il lui faut corréler ses efforts dans un ensemble. Et notamment avec les autres escadrons de chevaux -légers. En accord avec le chef de corps de la cavalerie impériale, j’ai pu organiser, en sa compagnie des manœuvres, ces dernières semaines. Nous verrons si cela aura porté ses fruits le moment venu…  » Comme le sous-entendait son supérieur, tous les entraînements du monde pouvaient paraître superflus sur le terrain. En effet, certaines stratégies de l’adversaire étaient imprévisibles, même pour les meilleurs esprits militaires qui sont vus bercer dans les guerres passés ne pouvaient pas prévoir les mouvements de certains individus.

Car des personnes échappaient à toutes règles de conduite, ils pensaient différemment qu’à l’accoutumé, ce qui les rendaient dangereux et redoutables. Le nordien le poussait à la modération en ce qui concernait ses attentes vis-à-vis de son escadron. Avait-il été trop loin dans sa volonté de les endurcir pour qu’ils soient prêts le moment venu ? Peut-être. Ils n’étaient que des hommes après tout, avec leurs limites. Il n’avait souhaité que les préparer au pire, mais il avait raison, cela viendra avec le temps et avec l’expérience des combats du champ de bataille.  Le Bieffois hocha la tête pour montrer qu’il avait bien assimilait ce qui venait d’être dis et qu’il en prendrait bonne note pour ses futures consignes et entraînements. .« Comme vous l’avez stipulé, Sire, il nous faut profiter des beaux jours afin de pouvoir nous déployer et affronter l’ennemi là où nous le voulons. Certains terrains, encore détrempés suite aux intempéries de l’hiver, ne permettront peut-être pas de tirer une excellente manœuvrabilité de la cavalerie, mais d’ici quelques semaines, cela sera passé à mon sens. J’ignore totalement ce que l’ennemi a pu nous réserver, Sire, mais au vu de l’esprit de l’usurpateur, le roi Manfred Hightower, ainsi que le génie de certains de ses généraux, rien de rassurant pour nous, j’en ai peur.  »

Garlan hésita un instant à continuer sur un autre registre, sur celui de sa personne. Après tout, il était l’Empereur, il ne souhaitait pas le déranger avec cela. Mais s’il était présent en ces lieux aujourd’hui, ce n’était probablement pas pour s’assurer seulement du bon déroulement de ses troupes. Après un moment d’hésitation, il se lança : « J’ai hâte en effet, Sire. Ces lieux ne sont synonymes que pour moi de malheur. Et ils me rappellent en permanence mon échec…»


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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyVen 17 Avr - 16:32

La pluie et le beau temps n’étaient pas bons qu’à rythmer les temps de la nature et ceux de la récolte, ils rythmaient aussi le calendrier de la mort et des façons de l’abattre sur l’ennemi. Dans tous les cas tout continuait de se passer selon les plans, malgré les événements qui avaient touché la famille Braenaryon et par extension, tous ceux qui étaient plus ou moins proches des victimes collatérales. Ser Goldwyne avait été aussi touché, bien sûr. Et de la pire des manières. Perde son épouse dans ce genre de circonstances n’était sans doute jamais la façon la plus facile, aisée, d’encaisser les choses. Mais on n’avait pas toujours le choix, on ne pouvait que rarement préférer une façon de partir à une autre. Il n’y avait que ceux qui n’y connaissaient rien qui disaient que tous les deuils se valaient. Voyez votre père mourir de maladie dans son lit, âgé et prospère, une vie bien remplie malgré un âge toujours trop tôt pour rejoindre le royaume des dieux, et vous vous direz que la mort pouvait être douce, bien que douloureuse. Au contraire, retrouvez votre épouse à demi éviscérez ou la gorge tranchée, votre enfant mort dans ce qu’il lui reste d’entrailles… Morte seule et sans espoir, dans la terreur la plus absolue, et son souvenir vous hantera toute votre vie dans la totalité de vos cauchemars.


Goldwyne est pourtant un jeune capitaine de cavalerie des plus prometteurs. Peut être un nouveau Brandon ? Moins chevelu et moins barbu, moins fort en gueule mais aussi plus dévoué, l’homme avait mis ses compétences et son expérience au service de l’Empire quand son pays continuait de se fourvoyer totalement dans ses choix politiques. Je savais d’expérience que pouvaient aider à tenir bon la sensation que tout irait mieux, un jour, et la conviction profonde que l’on avait une place dans ce monde. C’était dans cet état d’esprit que le jeune bieffois se lançait sans aucun doute dans la préparation de ce qui serait la nouvelle œuvre de sa vie, au moins pour un temps ; l’accomplissement de sa mission martiale au sein des armées de l’Empire. Je pouvais quoiqu’il en soit comprendre le besoin de s’éprouver au contact des ennemis de notre fédération.


J’acquiesçais à l’idée de la cohésion des unités. Mais il fallait reconnaître que nos armées restaient féodales, basées sur l’origine des hommes et de leurs chefs. Comme Garlan Goldwyne, il y avait des exceptions, mais nous n’avions pas trouvé de moyens de rationnaliser la guerre au-delà de tout cela, car il y avait des coûts qui restaient insupportables à porter pour l’essentiel des états du monde.



| Bien. L’Empire est encore jeune, tout comme son industrie, son artisanat et tout le reste. Nous sommes encore en train d’élucider les uns après les autres les problèmes liés à une logistique aussi gigantesque et il n’est pas question de toute façon de faire de ces sergents montés une cavalerie plus lourde ; vous devrez toujours faire avec moins qu’une force de chevaliers, dont vous aviez peut être plus l’habitude. Mais votre mission est différente. Il faudra peut être apprendre à vos hommes de savoir lire. J’y réfléchis encore. |


L’alphabétisation était une forme de pouvoir des plus dangereuses, car elle soulignait l’importance des mots, lieux et emplacements, elle permettait aussi de s’y retrouver sur une carte qui allait au-delà d’un schéma. Je rêvais de troupes entièrement autonomes à la plus petite des échelles… Mais la lecture donnait accès à beaucoup de savoirs. Et de connaissances sur le monde, ce qui remettrait sans aucun doute une forme de société en question pour plonger dans l’inconnu d’un monde plus culturel, plus technique. Les mestres souscriraient-ils à la perte de la primauté de leur savoir ? Difficile à dire. Tout cela n’était de toute façon encore qu’une utopie. De nombreux nobles nordiens de ma connaissance savaient encore à peine déchiffrer les missives envoyées et c’était même parfois purement et simplement leur mestre qui leur faisait la lecture de tout, tout le temps. Il fallait toujours mesurer ses rêves à l’aune de la réalité. Je mesurais les implications de ce que l’homme me disait sur le climat de son pays.


| Y a -t-il à craindre que certains fleuves et rivières du cœur de votre pays soient encore sorties de leur lit ? On m’a dit que le temps printanier pouvait parfois être fort humide. Nous allons avoir besoin de ponts en état ou de passages à gué, si nous ne voulons pas nous retrouver piégés en terrain adverse… |


L’homme hésite, et avoue ses sentiments. Je le toise longtemps. Neutre, mais pas indifférent. Je jauge l’homme. Comme toujours. Je ne reprends qu’après un long moment à le toiser de la sorte, à prendre sa mesure pleine et entière.


| Ne souhaitez pas trop vite échanger un endroit de malheur pour un autre, Capitaine. Il n’y aura rien de plaisant à être là où nous nous trouverons, dans quelques jours ou quelques semaines. Ce n’est pas ici votre échec. Ici, c’est le mien, non le vôtre. A nous de ne plus nous laisser prendre par surprise, Ser. |`


Ton ferme et résolu, à mille lieux de la colère et de l’impatience que je nourrissais.



Soothsayer, can you save them? Can you see the streets in blood? The remnants of your name? Soothsayer, can you save them?Soothsayer, let these words set you free. And now, give this leave and come away with me

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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 27 Aoû - 19:14

L'armée impériale était jeune. Cependant elle ne manquait pas d'expérience. Ce qui pouvait surprenant au premier abord si on omettait le fait que l'Empire regroupait les forces de plusieurs royaumes fédérés : le Nord, le Conflans Libre, l'Orage, Peyredragon. Un ensemble de couronnes qui s'était maintes et maintes fois illustré sur les champs de batailles. On comptait donc des vétérans de plusieurs campagnes, des officiers chevronnés et des troupes spécifiques à certaines régions. La composition de l'armée impériale avait été choisie intelligemment en prenant les forces de chacune des armées de royaumes fédérés pour en faire un ensemble cohérent et complémentaire. Elle n'était certainement pas sans défaut, car c'était impossible et sa jeunesse faisait qu'il y aurait probablement des ajustements à apporter au fur et à mesure qu'elle se roderait dans les batailles à venir. Mais le jeune homme restait impressionné par toute la logistique mise en place pour que chaque armée ne manque de rien et que son efficacité ne soit pas remise en question par des manques d'approvisionnement sur le terrain.

L'Empereur l'informe bien que le fait que les chevaux-légers n'ont pas d'autre avenir que celui qu'ils possèdent actuellement, comprenez par là qu'ils n'auront pas d'autres rôles. Garlan l'entendait, après tout, ils en avaient assez comme ça et leur utilisation à bon escients pouvait être déterminante sur le champ de bataille. Mais il est vrai qu'il était habitué aux troupes plus lourdement armurés pour avoir été dans la troupe du Connétable pendant plus de dix ans, mais c'était une expérience intéressante pour lui et au moins il savait comment contrer un tel adversaire pour en avoir fais parti si longtemps. Le Vieux Loup exposait le fait qu'il pourrait être intéressant que les hommes apprennent à lire. C'était assez surprenant, et cela fit arquer les sourcils d'étonnement du chevalier. C'est vrai que cela pourrait permettre à certains officiers de se reposer un peu plus sur des sergents par exemple ou des individus moins gradés afin de constituer des plus petits groupes indépendants. Afin de savoir lire des missives, décrypter des cartes afin de pouvoir improviser des tactiques une fois sur le terrain et ne pas perdre de temps à consulter le commandement. Mais dans un sens, cela pouvait être à double tranchant.

De plus,dans leur monde, les roturiers sachant lire, et également écrire, étaient très rares, des exceptions. Une frontière entre deux le Peuple et la noblesse qui existait depuis toujours, elle permettait aux gens de la « haute » de conserver du pouvoir sur plus petits qu'eux, car oui enfin la lecture et l'écriture étaient des outils de pouvoir. Et casser cette frontière pouvait entraîner de lourds changements, inimaginables en état. Mais l'Empereur devait savoir cela et il était hors de question de lui faire la réflexion, car cela pourrait paraître offensant. De plus, de son côté, Garlan trouvait que cela pourrait permettre d'apporter davantage d'équilibre entre les classes, bien qu'en état, était-ce le bon moment ? En ces temps de guerre ? Cela risquait de provoquait une levée de boucliers de la part de la noblesse, et en cette période, l'instabilité, c'était un élément dont tout le monde s'en passerait bien.

Le bieffois se contenta donc seulement de réagir sur l'intérêt militaire d'un tel sujet. « Il est vrai que cela pourrait s’avérer des plus intéressants, Sire et il est certain que les hommes pourraient en tirer avantage sur le terrain, ainsi que dans leur vie de tous les jours. Bien qu’un apprentissage demande beaucoup de temps et d’investissement, et des moyens humains assez conséquents, pensez-vous qu’en temps de guerre qu’une telle entreprise est envisageable, Sire ?   »  Car il était certain que les mestres ne seraient pas suffisants pour un tel travail, mais alors qui ? Bien sûr, il serait aisé de missionner ceux qui savaient déjà lire, mais auront-ils seulement le temps en période de guerre d’aider à une telle mission ? Telle était la question. Ils enchainent ensuite sur le sujet du climat de son lointain pays et de son hydrographie. Garlan connaissait le moindre recoin de sa verte contrée pour l’avoir vadrouiller de long en large.

« En effet, c’est probable, Sire, vous êtes bien renseignés. Il est possible que certains passages à gué soient impraticables un moment le temps que les cours d’eau en amont recrachent leur excédent vers l’aval. La Mander possède de nombreux affluents qui divise le Bief en territoires, si bien que je ne pourrai que vous conseiller, Sire, de conserver jalousement chaque passage à gué et pont que vous pourriez prendre afin d’éviter de vous retrouver encercler sans moyen de rebrousser chemin.   » Il y a un moment de silence lorsque Garlan fait part au nordien du fait que plus il se tenait à l’écart d’Accalmie, plus ça lui allait. Il se doutait que demain serait on ne peut plus dangereux, mais il préférait se confronter au danger que de lutter contre son chagrin. « J’entends vos mots, Sire. Cependant, il est du devoir d’un homme de protéger sa femme, d’autant plus que j’ai manqué à la promesse que j’ai pu lui faire. Une personne qui ne peut pas tenir ses promesses est un moins que rien, c’est ce que l’on m’a enseigné…   » Il savait ce qu’il était donc aujourd’hui. « Puis-je m’enquérir, Sire, sur le fait que vous possédez des pistes sur les commanditaires de cette attaque ?   »


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MessageSujet: Re: Become another person [Tour VIII - Terminé]   Become another person [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 3 Sep - 14:01

Il n’y avait pas de secret dans ce que nous faisions. Apprentissage, expérience, adaptation, il s’agissait des maîtres mots de tout ce que nous étions amenés à faire en campagne, sans avoir à nous complaire sur nos réussites, à nous reposer sur nos lauriers. Dans tous les cas, nous étions forcés d’agir et de réagir, en fonction de nos coutumes et habitudes mais aussi en fonction de l’adversaire. Parfois, nous étions forcés d’agir sur des choses que nous aurions préféré négliger, ou exécuter d’une autre manière. Le jeune homme en face de moi pouvait nous apporter bien d’autres choses que ce que nous avions déjà, le tout soupoudré de l’élan de sa jeunesse. Il fallait encore se méfier de sa propension peut être à chercher la revanche… Mais sa connaissance des forces armées bieffoises autant que de la topographie et de la culture de son pays suffisaient bien à lui donner force valeur dans notre armée. Je le savais en sus loyal, et il était digne et capable d’assumer quantité de missions différentes sous la bannière du loup et du dragon formant l’étendard impérial. Il avait sans doute encore beaucoup à apprendre, autant sur la conduite de la guerre que d’une troupe, mais il était de bonne tête et avait des dispositions pour la débrouillardise. Pour un poste dans la cavalerie il n’y avait sans doute pas besoin d’autre chose.


L’homme s’étonne de mes recommandations. Je peux le comprendre. Tous les nobles ne savent pas lire alors de simples hommes de troupes… Il y avait les mestres comme principaux non-nobles à avoir des connaissances de type académique. Eux et les fils de bourgeoisie commerçante qui émergeait à Westeros, en particulier dans les grandes villes portuaires ou lieux de grands marchés. Dans les troupes en général, il n’y en avait pas beaucoup qui savaient lire ou écrire. Pour la simple et bonne raison qu’il s’agissait d’enseignements longs, coûteux, qu’il fallait trouver des gens pour les inculquer et le temps, l’espace… Bref, cela faisait beaucoup de contraintes.


Mais dans la guerre que je menais, j’avais compris l’intérêt des cartes et de ceux qui savaient les lire. Cela changerait tant et tant de choses qu’il serait sans doute compliqué sinon impossible à envisager toutes les conséquences, mais l’idée continuait de faire son bonhomme de chemin dans mon esprit. L’homme finit par me répondre, indiquant plutôt son ouverture à l’idée. Quant à sa remarque, plutôt judicieuse, je ne pouvais certes pas négliger son intérêt.



| Non. Du moins, pas tant que l’armée sera en opération. Et si nous le faisons un jour nous devrons procéder avec méthode et requérir un grand nombre de mestres. Trouver des lieux et de bons esprits aussi. Ca ne se fera peut être même pas de mon vivant. Mais imaginez capitaine, que tous les chefs de groupes puissent lire des cartes, rédiger des missives, en lire le contenu ? Nous aurions là une armée impossible à arrêter, bien plus agile que celle de nos ennemis. |


Tout cela ne pouvait rester qu’un vœu pieux. C’était en tout cas moins urgent que la seconde question que je posais au sudien. Le compliment glisse sur moi mais l’homme a néanmoins tout mon intérêt quand il s’agit de son pays et des indications qu’il peut donner. Bien sûr, son conseil je l’ai déjà en tête. Mais ce qui m’intéresse avant tout c’est de savoir si les gués eux-mêmes peuvent déjà être impraticables à cause des pluies.


| Je n’ai pas tellement peur de l’encerclement que de devoir prendre d’assaut les points de passage, capitaine. |


Car se battre dans d’aussi petits goulets d’étranglement valait de renoncer provisoirement à la supériorité numérique et qualitative pour s’appuyer sur le seul terrain et ses attributs. Dans le cas des types d’escarpement détaillés plus tôt, c’était quelque chose qui ferait beaucoup de sang que de les prendre d’assaut. Le sujet devient plus grave. Et si je comprends parfaitement ce que veut dire le capitaine même si ce n’est pas forcément l’attitude dont j’ai maintenant besoin… Je dois donc composer entre ce que je veux et la nature même des choses. J’attends qu’il termine, le fixe et lui réponds.


| Non. Nous n’avons pas vraiment pu découvrir de qui il s’agissait avec certitude. Mais les orageois corrompus l’ont été par des agents de votre pays. La suite logique est donc d’accuser Hightower de cette vilénie… |


Lui ou un autre au fond, qu’importe ; on ne pouvait se prémunir de tout et il était bien plus important de savoir protéger les vivants que de venger les morts, en tout cas dans notre situation aussi exposée en rase campagne. Ma voix s’adoucit un rien.


| Il y a des choses qu’on ne contrôle pas, Ser. Jadis j’avais une femme, des frères, et un visage. Tout ne peut pas être que de notre fait… Prenez soin de vous et de vos hommes, et continuez de progresser. L’ennemi recevra bientôt la monnaie de sa pièce. |


Je hoche la tête pour le saluer et pique des deux sur ma monture pour lui intimer l’ordre de nous éloigner.

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