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 L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]

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MessageSujet: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 19 Jan - 14:14

Plus les jours passés, et plus j’avais l’impression que je devenais petit à petit la dame de compagnie de la Reine Helena Hoare. Malgré moi, je l’accompagnais bien souvent dans ses divers déplacements dans le camp, partageais bien des repas avec elle et avait une conversation avec, bon gré, mal gré. Si certains avaient parié que deux Reines règneraient sur le camp, ils s’étaient considérablement fourvoyés. Ceux qui m’avaient connu comme la « femme-sel » de leur Roi assistaient, avec un étonnement certains, à la docilité dont je faisais preuve. Je n’aguichais pas, je ne battais pas des cils, je ne charmais pas avec mes sourires, je ne dévoilais que peu ma chair et je prenais grand soin que mes interactions avec Yoren soient publiques et à peine privées.

La vérité était que je prenais uniquement mes précautions. Je restais auprès de celle dont le ventre s’arrondissait dans ce fol espoir qu’elle devra s’éloigner dès que l’Ombre de la Guerre se présentera au loin, et que dès que cette occasion dorée se présenterait, j’avais à prendre la fuite avec elle. On pouvait me qualifier de lâches, mais je préférais me considérer comme réaliste : je ne connaissais rien à la guerre et à part finir avec une tête coupée, un entrejambe déchiqueté ou encore otage entre de nouvelles mains étrangères, j’avais peu d’espoir de sortir la tête haute.

Et précisément, entourée d’hommes de différentes patries, réunis uniquement par le mariage entre Helena et Yoren, je ne pourrais véritablement dire que je me sentais en sécurité. Ainsi donc, je préférais me réfugier à l’ombre du couple royal, écrasant ma fierté au passage, et cacher mes attributs féminins. L’envie de mettre un pantalon comme ces hommes me démangeaient mais je me retenais autant que possible, ayant opté pour une autre ruse. Le pantalon était là, mais caché par cette robe que je pourrais détachée et arrachée aisément, si l’occasion avait à se présenter. Oui, je prévoyais de courir ou de chevaucher en hâte, si la nécessité s’en faisait sentir.

Malheureusement, une autre journée s’achevait sans cette issue tant espérée à l’horizon, et cette humiliante promesse d’une autre soirée à partager la table de la Reine. Pensées que je ruminais dans mes « appartements », qui se résumaient évidemment à une tente au confort le plus minimaliste, qui accueillait donc ma personne ainsi que mes trois compagnons. Dans ce décor-ci, plus que jamais, le mal du pays se faisait sentir. Adieu les couleurs chatoyantes de mes draps, adieu mes jolis bijoux, adieu mes vins du meilleur crus de Dorne … J’avais bien amené une bouteille mais je l’avais vidée dès la première nuit. Elle n’a pas été d’un grand confort, fort malheureusement. Dorénavant, à part enfouir mon visage dans le paillasson qui servait de lit, je n’avais plus vraiment d’autres loisirs.

Mon seul et étrange plaisir était de voir le ventre d’Helena s’arrondir de jour en jour. Et mon plus grand déplaisir était de constater qu’une femme avait à attendre neuf mois avant de mettre au monde un enfant. La Nature pouvait vraiment être capricieuse, le moment venu ! Et, toujours avec cette pensée, j’entre dans la tente de la Reine pour l’heure du dîner. Mon regard se pose d’abord sur le visage de la brunette, avant de s’échouer un court instant sur le ventre. Il grossissait, mais pas assez vite.

- Vous êtes chaque jour plus rayonnantes, ma Reine. La grossesse vous sied à merveille, compliment que je répétais dès que je jugeais de bon goût. Etes-vous à votre aise ?

Il y a bien longtemps que j’avais abandonné de dorer davantage mes phrases. La dame était suffisamment franche pour me dire ce qu’elle pensait ou ce dont elle avait besoin. En vérité, plus je parlais, et moins elle était satisfaite. Alors, je m’adaptais tout naturellement. J’en profite pour me poser à mon tour, et détailler la table.

Arianne Martell
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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 23 Jan - 1:15

Je regardais mon plat sans grand appétit, bien qu’ayant été gracié par ma grossesse de tous ces désagréments qu’avaient pu m’évoquer les dames de la cour, je n’arrivais à me nourrir uniquement de mes pensées ce soir-là. Je pensais aux aurevoirs froids  que j’avais échangés avec ma mère qui jamais ne m’avait caché sa réticence quant à mon départ pour la campagne. Je la suspectais même d’avoir prié la mère de  m’affliger d’une grossesse difficile, me forçant à rester clouée au lit, tout près d’elle à Pirremoutier. Elle était une Bracken, à sa façon. Pieusement déterminée à imposer sa volonté, à se battre sauvagement parfois contre les ambitions de ses propres enfants, pour leur imposer cette sagesse qu’elle avait durement acquise aux côtés du très difficile Adriel Bracken.

Mon cœur rata un battement, entendant encore les relents de la conversation que nous avions eu la veille de mon départ. Son jugement à mon égard, tant en tant que souveraine qu’en tant que fille, avait été sans appel. Inconsciente et égoïste, m’avait-elle lancé sans faillir d’un millimètre comme elle en avait l’art. Je l’avais détesté pendant quelques heures, puis prenant le départ pour la campagne, j’avais senti le poids du monde s’écraser sur mes épaules et je m’étais mise à le détester à son tour. Pendant nos longs jours de trajets, j’avais ruminé tout ce qui m’exécrait dans cette guerre. A commencé par le fait qu’elle n’aurait jamais dû avoir lieu, que jamais les barons du Conflans n’auraient dû laisser l’Empire profiter de nos faiblesses pour nous diviser. Sans parlé de l’écœurement ressenti face  à la bêtise du Tully qui s’était agenouillé devant une étrangère possédant une arme de guerre redoutable, pour ensuite s’égosiller comme un goret à force d’hurler d’avoir libéré le Conflans. Libérer ? Ne voyaient-ils tous pas l’absurdité de ce mot lorsque l’on était contraint par une impératrice improvisée volant à dos de dragons ? Et par un loup du Nord ayant fait saigné des centaines de riverains ; Etaient-ils tous stupides !  

J’avais beau avoir ruminé ces pensées pendant des jours, elles ne s’étaient pas évaporées pour autant. Bien présentes, plus que jamais là à me couper mon appétit et à m’irriter au possible. Je soufflai de lassitude, vociférant de l’intérieur à défaut de ne pouvoir exprimer la profondeur de ma contrariété,  lorsqu’une voix qui  bien malgré moi m’était devenue familière me sorti de mes ruminations. Je ne pus que laisser planer un silence expressif devant les premières banalités qu’elle me fit de nouveau endurer. Pourquoi Yoren l’avait-il emmené déjà ? Surement par espoir de me faire quitter la campagne plus tôt, à défaut de ne pas avoir pu m’engrosser à temps afin que je devienne si énorme que même un étalon  ne puisse supporter mon poids. A sa question je lui adressai un sourire bref

 « En effet, merci. »

J’étais assez à mon aise pour importuner toute la lignée Bracken de ma présence ici, graciée par la mère pour la facilité qu’elle m’accordait à porter mon enfant.

 « Cette grossesse pour l’instant s’avère bien facile à supporter, seulement je ne trouve nullement l’appétit  »

Fis-je l’effort de lui confier, lui montrant d’un geste vague et las la nourriture intacte qui composait la table, que ce soit la soupe, le pain ou la volaille. Je relevai la tête vers elle, Dornienne en plein milieu des débâcles du Conflans, dont la présence ici sur ce camp était encore plus atypique que la mienne.

 « Et vous ? Comment vous portez vous ? Il aurait été préférable que vous
découvriez les terres boueuses du Conflans dans un autre contexte. »


Enchainai-je sans malice aucune, me forçant à découper un morceau de pain, le portant à mes lèvres pour finir par le déglutir difficilement après l'avoir longuement mâché.

 « J’ose espérer que vous êtes aussi à l’aise que puisse l’être une Dame de votre rang, dans les conditions que nous connaissons  »

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 2 Fév - 19:43

- Je ne connais malheureusement aucun remède qui pourrait ramener un peu d’appétit. La sensation que selon les femmes, cette étape de la vie est appréhendée très différemment. Peu de femmes se plaignent d’un malaise similaire. Certaines ont un grand appétit, d’autres moins. Certaines peuvent courir et se battre, alors que d’autres sont alitées des mois durant.

Malgré tous mes efforts pour me concentrer uniquement sur les traits fatigués de la Reine, mon regard ne peut s’empêcher de glisser vers son ventre rond. Inconsciemment, je pense à mon propre ventre qui a toujours été vide et plat ou encore à ce sang impur qui coule inlassablement et avec répétition entre mes jambes à chaque début de pleine lune depuis que j’avais quitté ma condition d’enfant à femme. Comme à chaque fois que je voyais une femme enceinte, heureuse ou non, j’étais assaillie par cette même question : est-ce que les Dieux m’avaient privé du don de la Vie ? Les guérisseurs, de toute horizon, que j’avais consulté à ce jour m’avaient assuré que j’avais un corps fringuant et solide, en excellente santé, et que je devais être patiente. Et pourtant, le doute était là, persistant, et grandissant de plus en plus en moi. En vérité, le désir d’être mère ne m’animait pas, mais c’était cette idée de ne pas avoir le choix qui me perturbait.  

- Je ne suis pas à mon aise. Il est bien dommage que vous soyez enceinte, car j’aurais bien voulu une compagne pour terminer quelques cruches de vins ce soir, répondis-je en toute franchise, me détachant enfin de ce spectacle gênant, et préférant vider mon verre de vin d’une traite. Je devrais peut-être chercher la compagnie d’un valeureux soldat ou d’un innocent écuyer. Et puis, qui sait, apportera-t-il un peu de chaleur à ma couche ce soir.

A cette dernière phrase, je lance un regard en coin à la dame pour déchiffrer son expression. Allait-elle être courroucée de la frivolité dont je faisais preuve ou, au contraire, rire et s’amuser ? Car je n’étais nullement sincère dans mes propos. Je n’étais pas encore assez folle pour aller enflammer le cœur d’un soldat, de crainte que ce dernier ne passe un quelconque mot et que je devienne la putain de la cour.  

- Je vais cesser mes bêtises et être un tantinet plus sérieuse, ma Reine, soufflais-je. A mon arrivée, vous étiez plongés dans quelques pensées. Est-ce qu’à tout hasard vous reconsidérez votre décision et vous envisagez l’idée de quitter cette campagne militaire de sitôt afin de mettre votre enfant et donc vous-même à l’abri ?

En toute honnêteté, mes espoirs étaient minces. Non, cette question n’était qu’un préambule d’une future demande que j’allais formuler. Une question qui était davantage rhétorique car j’en connaissais déjà la réponse.

- Je vous prie de ne pas vous fatiguer à y répondre. Je devine que la réponse sera « non ». J’admire sincèrement ce désir d’être l’égal d’un homme, même lorsque la situation est des plus critiques et dangereuses. Vous vous affranchissez considérablement de bien de vos traditions associées à votre sexe et je ne doute pas un court instant que votre époux doit vous soutenir dans vos choix.


Je me tais enfin, pour à nouveau plonger mon regard dans le sien.

- Je vais vous épargner tous ces longs discours sur l’importance de la vie que vous portez. Je vous demande qu’une chose, et aussi pénible soit-elle : mangez. Vous imposez un rythme éreintant à une vie qui peine à se former, pour être auprès de votre époux et de vos gens. Si vous désirez insuffler du courage, je vous prie de retrouver un peu de couleurs à ces joues et en arrondissant un peu plus ce ventre.

Je me tais encore pour finalement asséner le dernier coup.

- Je suppose que vous me détestez, à avoir trop parlé. Je m’excuserai, si vous me dites que je me suis fourvoyée dans ma logique et que j’ai oublié un point important.

Arianne Martell
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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 20 Fév - 23:43



«La guerre, les armes, le vin, l’effervescence … autant de choses qui pourraient affecter ma si fragile condition selon les dires de toutes les voix qui pensent bien faire en m’avisant de leur conseil »

Soupirai-je avant de lever les yeux vers elle, quittant du regard par la même occasion la cruche de vin qui trônait sur la table, tentatrice à souhait pour me concentrer sur le visage de mon interlocutrice

« A croire qu’il s’agit là plus d’une affliction que d’une bénédiction, que la suite logique de tout cela serait de me voir y succomber.  Si jamais je n’étais menacé par cet immense danger de ne réussir à enfanter d’un héritier bien portant et d’y survivre ; danger qui apparemment est plus menaçant encore que la guerre, l’empire et le dragon ; je vous assure que je me joindrais à vous Dame Arianne. »

Ma voix ne reflétait aucune agressivité, seulement une impertinence enrobée de sarcasme alors que mes lèvres se laissaient parer d’un léger sourire en coin pour l’illustrer,  comme une réaction presque instinctive aux limitations que m’imposait la vulnérabilité de la vie que je portais. Et par extension ma propre vulnérabilité.

La suite m’arracha un rictus amusé  par la confidence de la Martell, j’avais du mal à imaginer qu’elle arriverait à trouver satisfaction dans les bras d’un des soldats du royaume. Aussi loyaux et courageux que pouvaient être nos hommes, ils restaient des hommes, n’ayant côtoyés de femmes depuis des semaines, des hommes égocentriques, égocentrés sur leur plaisir et tout ce qu’ils pourraient en tirer avant que cette guerre ne les arrache possiblement à la vie.

 « Vous risqueriez d’être déçue, aucun homme aussi soldat et viril soit il n’arrivera à vous faire oublier dans quoi nous sommes embarqué … » je marquai une pause avant d’ajouter, amusée « ni à vous faire oublier à quel point leurs esprits peuvent être trop simples pour consoler les tourments qui nous concernent. Optez plutôt pour le vin … le vin ne déçoit jamais, le vin est bon confident, le vin ne parle pas »

Je ponctuai sourire aux lèvres, tout en poussant vers elle la cruche qui trônait sur la table. Lady Arianne repris son sérieux et avec arriva une question qui m’avait été posé maintes fois, j’inspirai de contrariété, me préparant à attaquer de façon bien acide la bienveillance de la Martell lorsqu’elle me devança. Elle m’avait visiblement assez observé, entendu parler et avait peut-être assez assisté à mon entêtement pour ne pas emprunter la même route que ceux qui s’étaient risqué à me raisonner précédemment. Je déglutis, reposant mon dos sur le dossier de mon siège avant de soupirer, les yeux baissés sur mes mains jointes posées sur la table

 « Être l’égale d’un homme …  »

Répétai-je pensive, pour finir par lever la tête vers la conseillère après avoir laissé échapper un ricanement bref

 « Cette légitimité qu’ils acquièrent au moment même où le mestre pose les yeux sur leur entrejambe. Légitimité qu’ils n’arrêtent pas de rabâcher et de maintenir à chaque fois qu’ils en ont l’occasion …  »  

Je souris légèrement à la Martell avant d’ajouter « Aucune créature saine d’esprit ne prendrait plaisir à sortir sa queue à chaque fois que besoin est de s’assurer de son pouvoir » Je la regardai une seconde puis souris plus franchement pour lui glisser moqueuse « Mais les hommes … eux n’y voit aucun problème »


 « Je veux juste être la reine dont ce royaume a besoin, je suis d’ici. Je connais ces terres, je connais ces gens et je sais pourquoi nous nous battons encore. Ma place est ici. Pas enfermée dans une forteresse à serrer les jambes jusqu’à la délivrance » Je soufflai un coup faisant redescendre mes nerfs, le temps de considérer les paroles aimables qu’elle m’avait adressé et la considération dont elle faisait preuve concernant la vie que je portais.

 « Vous avez raison, je n’irai nul part et ne mènerait personne si je me retrouve fébrile. Sans parler du fait que je donnerai du grain à moudre aux mauvaises langues qui veulent me limiter à un rôle bien précis »

Je la fixai un moment, me rendant décidément compte que je n’avais pas été d’une compagnie appréciable ces derniers temps. Que les temps que nous vivions m’avaient peut être rendue beaucoup moins encline à la conciliation, tant j’étais toujours appliqué à faire en sorte que personne ne barre là route qu’était la mienne.

 « Je ne vous déteste pas. Vous m’agacez parfois, vous, vos bons usages et votre bonne morale mais je ne vous déteste pas. Et vous n’avez nulle excuse à me présenter Dame Arianne »

Je lui montrai son plat et les mets certes limités compte tenu du contexte, mais néanmoins royaux, qui ornaient la table l’invitant donc à se joindre à moi, espérant secrètement que la voir manger me rendrait l’appétit.

 « Je pensais à l’absurdité de cette guerre quand tout le Conflans devrait s’unifier contre l’empire. Au fait que ma mère, la foi et certains riverains ont en horreur le fait de voir une femme qui plus est dans ma condition prendre part à la campagne. Au  fait que mon père et grand-père soient aux mains de l’empire, que mon oncle et mon frère avec nous ici et que ma maison de naissance pourrait disparaitre … pour répondre à votre question»

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyMar 3 Mar - 20:37

- Malheureusement, si votre arme est une lame bien affûtée et une armée, la mienne est le beau langage et des manières agréables. Si je vous agace, c'est que ma propre lame n'est point émoussée et je suis bien aise de le savoir, répliquais-je doucement, sourire factice aux lèvres mais qui trompaient toujours quelques simples d’esprit, et le timbre chantant comme si rien ne m’atteignait, ni cette boue, ni ces restrictions, ni l’inconfort. Beau masque dont je me débarrassais dès que je rejoignais l’abri de ma tente, ou tout autre logement où nul regard ne se posait sur moi si ce n’est celui de mes fidèles serviteurs qui me connaissaient mieux que quiconque. La guerre est peut-être absurde, mais elle est nécessaire pour que les hommes ressentent du plaisir. Comme dirait ma mère, tous les seigneurs n’ont pas le plaisir d’avoir une panse remplie et une virilité vidée chaque soir. Ils n’ont pas d’autres choix que guerroyer.

J’étais la fille d’une courtisane des Météores et j’avais grandi les sept premières années de ma vie dans un bordel. Même si mes souvenirs de cette époque étaient flous, des bribes de paroles persistaient dans ma mémoire et certaines habitudes s’étaient profondément ancrées en moi. Si certains parlaient politique sous des termes bien complexes, en présentant des enjeux comme une terre, une richesse, une influence ou un honneur, je voyais l’affaire d’un autre angle et notamment celui où toute cette mascarade était dirigée par une poignée d’hommes cachés dans leur tente, et considérant les soldats comme des pions et des chiffres. Et dès lors, pour comprendre une guerre, il fallait comprendre cette poignée d’hommes.

- Ma Reine, si je puis me permettre, la défaite m’a bien apprise une chose : tant que l’on vit, il faut savoir profiter un tantinet de la vie.

J’étais un tantinet hypocrite, je le savais. Car, à cause de cette défaite, j’étais plus que prête à faire les sacrifices nécessaires pour Dorne. Une vérité que je préférais dissimuler à une femme enceinte car, même si elle était mariée à un ancien amant, j’avais toujours une certaine faiblesse pour les femmes de cette condition. Elle me rappelait ma propre vulnérabilité et mes peurs, gagnant inconsciemment une forme d’ascendance sur moi. Quel que soit la conclusion de cette affaire, un enfant vivant et beuglant ou un enfant mort et rigide, je ne désirais nullement être de près ou de loin une cause. J’accomplissais le devoir que tout autre personne remplirait à ma place, soit tenter de raisonner un tantinet une femme qu’une partie de l’armée regardait les yeux plein d’un espoir que je ne comprenais pas. Ils couraient tous à leur mort, et avec une femme enceinte à leur tête : uniquement la ruse et un coup de pouce du destin pourraient apporter le miracle nécessaire à une campagne réussie.

Finalement, je m’attaque avec un appétit outrageux à mon plat. Je savais que j’allais regretter cet excès, lorsque je serais mise à nue et que je verrais les premiers signes des abus et du manque d’exercice.

- Comme nous semblons être en désaccord sur bien des sujets, et que vous semblez encline à tergiverser sur de sombres pensées si je me tais ou si je vous abandonne, je vous propose un autre sujet de conversation, qui requiert l’oreille d’une femme et surtout l’expertise d’une guerrière. Je voudrais bien apprendre à me défendre, que me conseillerez-vous comme arme pour débuter un apprentissage et apprendre assez vite ? A savoir, j’ai toujours été plus douée à la danse et aux maniements d’instruments qu’aux arts de la guerre, contrairement à mes frères et sœurs.

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyJeu 2 Avr - 1:45

Lentement, mon regard se détacha de son visage pour descendre vers son cou, puis son torse que je regardai avec insistance. Je déglutis, contrainte de ravaler mes humeurs devant une  Martell qui en aucun cas n’allait se laissé abuser. Nos points de vue étaient différents et si souvent l’on pouvait me reprocher mon manque de tempérance, j’étais bien contrainte de reconnaitre qu’elle maniait ses armes avec expertise. Et pourtant, la voilà qui se montrait curieuse à d’autres enseignements que ceux qu’elle avait côtoyé jusque-là, pour se défendre disait-elle ; et une partie de moi ne pouvait s’empêcher de bougonner a l’idée que la dame doutait certainement de notre capacité à lui fournir protection assez efficace pour la prévenir de prendre les armes.
Je finis donc de la toiser, remarquant que sa poitrine si elle était difficilement dissimulable, ne représentait aucunement une difficulté pour le tir à l’arc.

« Vous pourriez tirer à l’arc  »

Lui glissai je brièvement, me remémorant  mes bravades face aux interdictions de mon père lorsqu’avec la complicité de mon oncle je faisais mes premières preuves un arc entre les mains. Seulement je me rendais aussi compte que je n’étais probablement pas face à mon double et que si j’avais la réputation d’être intrépide, la Dame elle, se targuait d’avoir d’autres qualités, qui pouvaient sembler insignifiantes sur un champs de batailles mais bien utiles face à un agresseur unique, ou lors d’une situation pouvant aisément dégénérer vers une fin des plus tragiques.

«J’ai bien conscience, cependant, que vous ne souhaitez pas vraiment vous former aux arts de la guerre mais plutôt trouver un moyen de ne pas finir éventrée ou encore déshonorée par les temps que nous connaissons » J’articulai d’une franchise placide, m’étant moi-même longuement amusée a imaginer le pire des dénouements.  

Dans ce cas-ci, l’arc serait une arme bien inutile pour la dame, puisque utilisable en temps de guerre ou face à un ennemi lointain et préférablement lent. Il serait, en effet,  complètement superflu face à un agresseur tout proche dont le souffle morbide se ferait entendre à nos oreilles.

«Vous êtes une danseuse selon vos dires et je vous suppose assez adroite et maligne pour dissimuler une arme qui pourrait être à la fois charmante et dangereuse. Comme toutes ses jolies paroles et ses beaux sourires que vous aborder avec tant de constance »

Je lui souris légèrement, prenant quelque gorgée à ma coupe pour finalement grimacer devant la déception de ne rien y trouver d’assez euphorisant.

«La dague vous irait à merveille, puisque vous me demander mon avis. »
L’arme sournoise et inattendue par excellence, larme des assassins et des espions. De ceux qui se glisse au plus près, ceux qui se laissent approcher pour avoir la satisfaction d’en finir en un coup, sec, discret et précis.

Non pas que je me la représentais particulièrement sournoise, seulement, j’avais appris des lèvres de Myria Hoare que les jolies sourires et les belles paroles cachaient toujours un intérêt et tant que je n’étais pas certaine de celui de mon interlocutrice, la prudence, à défaut de la méfiance, était de mise.

« Mais qu’importe, je vous montrerai la lame, la dague ou l’arc si vous le désirez. Cependant, je tiens à vous rassurez sur votre importance en notre royaume et sur le fait que votre sécurité y est évidemment l’une de nos priorités»

Bien que si je me devais d’être tout à fait honnête, j’aurais refusée d’être un quelconque fardeau ou à défendre, si jamais le sort avait voulu que je sois en sa position.

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyLun 13 Avr - 1:35

Si déshonneur était synonyme de la perte de sa virginité, il y a bien longtemps qu’il n’était plus question de se préoccupation d’une telle chose dans mon cas. Au loin, j’entendais déjà les rires mesquins de certaines dames nobles qui attendaient patiemment que leur prince charmant toque aux portes – après qu’il a défloré une à trois jeunes pucelles, évidemment. Qu’importe ! Cependant, je devais admettre qu’être forcée à l’acte par quelques mains barbares était une toute autre affaire, et des moins plaisantes ou attrayantes.

- Vous devriez vous essayer un peu plus souvent aux sourires charmants, ma Reine. Je peux vous assurer qu’avec les belles paroles de votre Roi, et votre beau sourire, vous saurez conquérir bien plus d’hommes que deux discours.

Certes, elle ne sera pas au cœur même de l’action et bien des récits parleront du discours extrêmement enflammé et puissant du Roi mais, pourtant, j’étais intimement convaincue que les regards se tourneront tous – indéniablement – vers cette dame. Une des rares figures féminines de ce campement, mais éclatante dans cette armure et féroce par ses traits et sa détermination. Je préférais ne pas m’éterniser davantage. D’une, je n’avais toujours pas hâte de donner des conseils et de deux, je doutais de saisir vraiment tout l’ampleur de l’action qui se déroulait à cet instant-ci. J’avais toujours été loin des conflits, à l’abri de solides murs de pierre et entourée de gardes.

- Il semblerait que je me suis mal exprimée. Vous avez su prouver que vous êtes une femme de parole, et je ne doute pas un seul instant de votre sincérité, répondis-je sincèrement. Elle avait ce petit quelque-chose que tout Souveraine avait, cette prétention de croire qu’une promesse pourrait être tenue contre vents et marées. Malheureusement, nous sommes en guerre, et cette dernière a bien des aléas. En toute honnêteté, si j’étais votre fidèle amie, je m’inquièterais davantage pour vous et l’enfant à naître, que la victoire ou la défaite, ou l’avenir d’une otage.

Je me tais volontairement quelques secondes, profitant pour encore vider d’une ou deux gorgées la coupe.

- Commençons par la personne la moins importante de cette tente, moi. Si la situation s’enlise et qu’il n’y a pas un bordel aux alentours, je doute que les hommes sauront se montrer patient. Et si la guerre se déclare, et est violente, qui va-t-on protéger en premier ? Vous, ou moi ? Je suppose que la réponse est assez claire.

C’était la seconde option qui m’effrayait un tantinet. Certes, j’étais importante mais à quel point et surtout à quel prix ? Si Yoren n’avait pas été si heureux dans son mariage, j’aurais pu espérer que son attention se reporte un tantinet sur moi et que je puisse prétendre à quelques conforts ou protections supplémentaires. Malheureusement, la réalité était la suivante : je n’étais qu’une ancienne amante, ni plus, ni moins. Une figure qui lui rappelait, au mieux, avec nostalgie un passé bien loin où il était encore assez libre.

- Ensuite, venons-en à vous et à votre enfant qui peut être un garçon. Il risque de porter un nom, et surtout unifier définitivement deux Royaumes. L’empoisonnement est une façon de tuer mais une dague au ventre l’est aussi, comme étouffer un enfant à peine né. Plus vous restez, et plus il va être difficile de vous déplacer rapidement jusqu’à un lieu sûr. Et plus vous devenez grosses, et plus le trajet à faire sera dangereux pour tout le monde. Tout pourrait arriver dans ce court chemin.

Je suis certaine que je risquais d’être dardée d’un regard noir, et peut-être même tout simplement éveiller une méfiance futile … si elle n’était pas avisée. Car, la vérité était que cette situation me mettait complètement à leur merci. S’ils échouaient, j’étais perdue. Alors oui, je préférais être franche car mon avenir s’y jouait un tantinet. Certes, j’avais dit à Deria qu’elle ne doit pas se préoccuper de moi, mais je n’avais pas dit que je me laisserai tuer sans un minimum me battre !

- Je n’ai pas encore gagné suffisamment votre confiance pour vous offrir quelques conseils. Par contre, et sur votre demande, je vous donne un avis assez franc. J’ose espérer que c’est un tantinet plus à votre goût.



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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 19 Avr - 19:59

Peut être que j'aurais du comme elle le disait si bien, me montrer plus facile aux parades, aux jolies paroles et jolis sourires. Peut être que j'aurais du aussi jouer le jeu de la foi et plier face à ses injonctions, ou encore peut être aurais-je du jouer le rôle que nombre d'hommes et de nobles attendaient  et faire disparaître toute forme d'impétuosité chez moi. Les possibilités avaient été nombreuses et j'avais choisi celles qui me correspondaient le mieux, celles qui selon moi m'amèneraient le plus loin possible dans la reconquête de notre royaume. Alors je l'écoutais d'une oreille attentive, tout comme je me montrais de plus en plus attentive à l'agacement qui montait en moi à mesure qu'elle exposait les contraintes que ma condition de future mère, de reine et de femme faisait peser sur mon environnement direct.
Mon regard resta fixe en sa direction, détaillant la moindre de ses mimiques et espérant y trouver de quoi justifier mon manque de tact à venir. Mais rien, la Martell semblait aussi sincère que  prévenante dans sa vision et s'il eut été facile de la traiter de couarde,cela n'en restait pas moins malhonnête et indigne de la souveraine que j'étais.


«  Je … »  n'ai nulle envie de me justifier auprès de vous ! « J'entends ce que vous dites ... »

Dis-je du bout des lèvres tout en saisissant ma coupe d'eau par la même occasion, buvant quelques gorgées comme si ma réserve avait eu le pouvoir de m'écorcher gorge et lèvres.


«  La guerre est violente et laide, ma mère a souvent eu pour habitude de me dire que c'était parce qu'elle était le fait des hommes. Selon elle, seuls eux peuvent faire preuve d'une laideur aussi marquée qu'est celle de la guerre »  

J'eus un sourire subtil en pensant à elle, à son intelligence bien particulière, au fait qu'elle me répétait ces mots dans l'espoir certain de me faire rentrer dans le droit chemin et en me remémorant sa prévenance qui d'une certaine manière rejoignait celle de la Martell  

« Si je ne peux vous garantir que nous y survivrons toutes deux, bien que nous y travaillons sans relâche, je peux en revanche vous garantir que votre place n'est pas sur l'autel sacrificiel. »

Non, la noblesse de Dorne n'était pas venu en mon Royaume, même en tant qu'otage ou semi-otage ou que sais-je,  pour se faire égorger et traîner comme une putain ;et j'osais à peine imaginer la honte ressentie face à un tel aveux de faiblesse et de déloyauté.


«  Et bien que je vous remercie de prévoir à l'avance que je serais assez énorme pour devenir une charge ... »  sourire au lèvres et voix quelque peu amusée à défaut d’être agacée  « Je ne vous apprends pas que ce royaume demande une attention particulière, par son histoire, ses particularités et toutes les subtilités qui en découlent.»

Il n'était pas question d'une fierté mal placé ici, mais d'un héritage en morceau, d'une grandeur perdue et d'une unification à peine imaginable. Nous avions amorcé avec Yoren ce titanesque chantier qu'était la reconquête et l'unification, cependant c'était sans compter sur l'ambition démesurée des Hoare qui s'était manifesté en Beron et la volonté de l'Empire à faire disparaître toute trace de la dynastie Hoare et de son héritage.


«  Vous êtes intelligente ma Dame et si ma confiance n'est accordée que très difficilement compte tenu des circonstances que nous vivons et des multiples trahisons que nous avons du essuyer, cela ne m’empêche pas de reconnaître le sang-froid et la sagacité dont vous faites preuve  »

Il était vrai que si j'avais été à sa place, le souverain qui aurait eu à me supporter en tant qu'otage, m'aurait sans doutes placé sans aucune hésitation sur l'autel sacrificiel tant je me savais incapable de faire preuve d'une constante retenue, je devais reconnaître à la Martell un certain sens de la survie, à défaut d'une témérité que je lui aurais préféré.

«  J'aimerais votre avis sur mes pensées, puisque vous semblez encline à me faire part de vos doutes. L'Empire n'a rien inventé et pire les Targaryen n'ont aucun mérite à régner sur Westeros. Ils n'avaient rien conquit d'autre que leurs dragons quand Aegon s'est autoproclamé roi, alors qu'Harren régnait sur le Conflans, les Iles de Fer et la Néra. Il était contesté parce qu'il avait ce petit coté fer-né bien trop marqué et la tyrannie facile, selon de nombreuses langues. Le fait est que Yoren a hérité de ce nom, de sa réputation et aussi de son histoire aussi glorieuse que sanglante. Pensez vous que son peuple serait allé chercher réconfort auprès d'anciens ennemis s'il avait eu une reine ayant une voix assez forte pour équilibrer aussi bien la réputation que les agissements d'Harren ?    »

Par là, je voulais la laisser entrevoir que j'avais bien plus en tête que la gloire des batailles et l'orgueil d'une guerrière. Je voulais reconquérir ma terre, nos terres et pour cela il fallait se départir de l'image qu'Harren avait laissé. Un mélange subtil entre la férocité fer-né et la vision riveraine, un mélange qui ferait en sorte que le pouvoir des Hoare ne fasse plus l'objet de la morale hypocrite de nos ennemis. Seulement pour ça, je devais m'imposer auprès de tous comme celle pouvant non pas juguler mais enrober la force fer-née d'un gant de velours. Et pour cela, je devais prouver à tous que j'étais assez solide pour embrasser le nom des Hoare sans me laisser submergé par celui-ci.

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyDim 3 Mai - 21:41

J’écoutais paisiblement la Dame, ou devrais-je dire que le vin m’était suffisamment monté à la tête pour apprécier chaque parole sans ressentir une once de colère, de frustration, de désespoir ou d’inquiétude. Je doutais fortement que j’adoptais l’attitude la plus convenable dans une situation bien étrange mais j’étais bien trop lasse en cette belle soirée à faire plus d’effort. J’allais m’abandonner, totalement, à la bonne garde de ma suivante, Perle, ombre qui ne me quittait que peu, dont un regard serait toujours posé sur moi. Peut-être était-elle à l’entrée de la tente, mais je ne doute pas qu’elle ait trouvé une fente ou une faille d’où observer la scène et épier chaque morceau que je mets en bouche. Elle doit désapprouver, assurément, et je subirais sûrement son mécontentement au lendemain ainsi que cette même phrase : les empoisonnements sont bien fréquents, parmi ces gens !

Un sourire m’échappe lorsqu’il est question de dragons. Certes, peut-être qu’il n’est pas question de légitimité mais les faits étaient là : l’Impératrice avait un dragon, et non les autres. Ces « autres » avaient à trouver soit une arme pour contrer cette bête que l’on dit à l’écaille aussi solide et aussi impénétrable que le fer, soit une force de la nature équivalente – et donc tomber sur les traces de vieilles légendes, au risque d’y perdre fortune, temps et raison. En somme, la femme au dragon avait de la chance – ou comme dirait d’autre, que le destin était de son côté.  

- Je ne sais pas s’il est bon de ressasser le passé pour uniquement dénigrer ou glorifier certaines figures, dont une partie est morte aujourd’hui. Vous devriez plutôt étudier les erreurs commises, comme les coups d’éclats et … en tirer une leçon, dis-je, l’esprit de plus en plus allègre, et de moins en moins encline à évoquer des sujets sérieux. Le peuple est un outil maniable : il suivra celui qui l’entend ou celui qui le protège. Quant à vous, certes, vous semblez vouloir corriger des erreurs passées des ancêtres de votre époux. Mais … vous avez les mêmes problèmes que l’ancêtre. Pensez-vous agir différemment ? C’est ce qui m’intéresse, à vrai dire. Car vous pointez bien un problème : je ne connais que peu de choses sur ces terres, sur son histoire et sur son héritage. Je ne peux décemment pas donner raison, ou tort, à quiconque. Ça serait … une décision à l’aveugle.

Je me tais, assez satisfaite de mes répliques. J’offre même un sourire victorieux, le temps de quelques secondes.

- Pour ma part, j’ai promis de ne plus refaire les mêmes erreurs passées, marmonnais-je, perdant subitement mon sourire.

Je repensais à mes frères, et à ma sœur. S’inquiétaient-ils à mon sujet ? Sûrement. Trouvaient-ils solution aux problèmes de la Principauté ? J’espérais. La perspective de retrouver ma terre natale et d’apporter un semblant d’aide étaient bien mes seules consolations à l’heure actuelle, et les seules raisons qui me retenaient ici. Pourtant, le doute était présent : s’ils échouaient à restaurer la gloire d’antan de notre contrée, et si mes efforts étaient finalement vains ? Je mourrais d’envie d’obtenir réponses à ces questions, en envoyant des corbeaux aux concernés, aux conseillers et même à Nalia – malgré une relation tumultueuse, davantage cordiale et froide qu’amicale et chaleureuse. J’avais à patienter, jusqu’à ce que je puisse tremper à nouveau ma plume dans une encre et déposer mes pensées sur un papier.



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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptyMer 10 Juin - 18:30

Il était étrange de constater qu'à mesure que j'échangeais avec la Dame Martell, je ne trouvais en rien passion et rancune. N'était elle pas encline à dénigrer et pester contre tout ceux qui ont participer au sort vécu par Dorne, comment ne pouvait elle pas, passer de longues heures à ressasser tous les événements qui les avaient mené jusque là et comment pouvait elle laisser si loin d'elle tout désir de revanche sur ce qui avait été enlevé. Quant à moi, je pouvais bien passer des heures à penser et repenser les rôles de chacun et la cascade d'actions qui avait plonger le feu royaume des Iles de fer et du Conflans, dans une tourmente relative à sa fragilité présente. Je soupirai à ses mots, j'avais espéré qu'elle comprenne qu'il m'était impossible de détourner le regard de l'ombre du passé, parce qu'elle était énorme et que le poids de son histoire n'avait d'égale que la difficulté de porter une couronne que beaucoup maudissaient. J'avais un certain respect pour Dorne d'une certaine façon, parce qu'ils existaient encore quand la succession d’évènements qui les avait concerné aurait du les faire disparaître d'une façon ou d'une autre et pourtant les Martell étaient encore maître de la principauté, je supposai qu'ils avaient du y concéder beaucoup et ne sauver que peu, un sort que je m'évertuais d'éloigner des Fleuves et du Crépuscule.  

«  Il y a eu de nombreuses erreurs commises et des décisions parfois contestables, tout cela nous aura mené à la situation que nous vivons actuellement. Nous avons hérité de beaucoup des conséquences de ses erreurs, le feu roi du sel et du roc est mort pendant la guerre laissant un royaume divisé en proie à ceux qui voudrait le faire disparaître par le sang ou la politique … Je ne puis malheureusement pas transformé en quelques mois de règne l'héritage laissé par notre précédent souverain  malgré toute la détermination que j'y met  »

L’orgueil piqué par la désinvolture dont elle faisait preuve et le fait que le vin semblait avoir emporté chez elle tout sérieux face à une situation qui pourtant ne cessait de tourmenter la reine que j'étais. Je jetai un regard vers elle, puis vers le vin qu'elle n'avait cessé d'apprécier tout au long de notre dîner et si l'envie de me faire insultante était belle et bien palpable, je fus happée par la curiosité en l'écoute des mots marmonnés avec un certain regret. Je penchai légèrement la tête, subitement bien plus intéressée que  je l'avais été pendant les mots nous venions d'échanger. Je me saisis d'un des récipient avant de la resservir et de demander, la voix calme et paisible.

«  Les regrets sont une blessure bien pénible à porter, surtout lorsque l'on s'en sent responsable, de quels erreurs parlez vous ? »

Prions que le vin lui délie la langue et me permette de pouvoir enfin cerné cette courtisane enrobée de charme et légèreté qui s'était retrouvée imposée à ma cour, à mon royaume et ma personne. J'avais une vague idée du devoir familiale qui la motivait mais je n'avais aucune idée de qui elle était et elle  qui ne cessait d'afficher ce masque courtois perpétuel ne me laissait pas vraiment la chance d'en savoir plus sur ce qu'elle espérait ici. Si le vin m'accordait le délice de faire tomber ce joli masque si tenté qu'il en était un, alors il m'aurait servit à autre chose ce soir qu'à contribuer à une certaine irritation dont je me serais plus que passé.

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MessageSujet: Re: L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé]   L’Ombre de la Vie et de la Mort [Tour VIII - Terminé] EmptySam 27 Juin - 18:26

- J’ai aimé les mauvaises personnes, et j’ai perdu la confiance des bonnes personnes.

A ces mots, de nombreux souvenirs remontaient à la surface. Je repensais à ce séjour de captive, ou femme-sel comme un certain homme aimait dire. Je me rappelais des traits déçus de ma sœur, la seule qui m’avait supporté et qui m’avait sincèrement aimé dans cette impitoyable Cour, qu’importe mes origines et qu’importe l’avis de sa propre mère. Je me souvenais du doux minois de Roward, le plus jeune, le plus aimé, le plus protégé. Et puis, il y avait Anders, qui devait m’aimer autant que me détester.

- J’avais bien entendu ce genre d’excuses, mais de la bouche de pauvres demoiselles qui n’avaient même pas quinze étés. Et me voilà, à mes vingt-sept ans, à dire ces sornettes, dis-je, l’esprit toujours plus léger, la langue plus déliée.

A mes quinze ans, j’avais perdu une grande partie de cette innocence si propre aux demoiselles de bonne famille – ou dont les parents se préoccupaient un tantinet. Tantôt aimée, tantôt moquée. Tantôt inclue, tantôt exclue. Tantôt Martell, tantôt Sand. Tantôt enfant, tantôt bâtarde. L’amour avait été rarement inconditionnel, la famille n’était qu’un combat incessant de légitimité, et les amitiés étaient bien trop souvent surfaites ou fausses.

- Vous avez sûrement entendu de la part de votre époux ou d’autres personnes que je suis née comme Arianne Sand, bâtarde royale du Prince Nymor Martell. J’ai été caché, par ma mère, dès ma naissance. Elle craignait qu’on m’arrache à elle. Je suis restée sept ans à ses côtés, suffisamment pour qu’elle gagne en confiance, celle que sa fille resterait à ses côtés. Elle me destinait à une vie simple : un époux, ni très bon, ni très mauvais, et des enfants, aimants quand ils sont tous petits, puis ingrats quand ils sont bien grands.

Certes, j’étais née dans un bordel mais ma mère avait suffisamment de charmes pour attirer une clientèle agréable. De plus, sa dernière conquête, Nymor, lui avait assuré une vie bien convenable, et suffisamment pour se permettre de refuser des clients. Elle avait de grands espoirs que j’aurais une vie meilleure qu’elle, une vie honnête et simple. Un luxe, pour une bâtarde.

- Et puis, mon père a décidé de se renseigner sur ses anciennes conquêtes et a convoqué ses enfants illégitimes à la cour. Je n’ai jamais su si nous n’étions que deux, mon demi-frère et moi, ou si notre père avait choisi sciemment. Toujours est-il que je me retrouvais dans une belle cour, dont j'ignorais les us et les coutumes, du jour au lendemain. On apprend beaucoup, quand on est bien seul et livré à soi-même.

Mon regard se glisse sur la brunette. Tout son être semblait dire « papa et maman étaient là ». Elle avait sûrement eu son lot d’obstacles et de combats, à n’en point douter. Et pourtant, j’avais constamment cette intime conviction qu’elle, comme tous ces autres enfants bien nantis, n’avait pas ressenti cette profonde solitude, et cette soif d’une reconnaissance ou d’un amour sans condition, sans combat, sans effort et sans sacrifice.

- Je me rends compte que je ne connais absolument rien de vous. Pensez-vous qu’il est fortement impoli ou inapproprié si je vous demande de me parler de vous, ou de votre famille ? Et pas de politique, pour ne pas gâter la soirée et l'humeur !

Une question qui restera sans réponse. Un homme entre, indiquant à la Reine qu'il doit s'entretenir avec elle urgemment. Je comprends que je dois m'éclipser, et ma fidèle compagne Perle ne manque pas d'entrer dans la tente pour m'aider à me relever, et à retrouver mon propre lit.



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