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King and Queen [PV Jeyne]
MessageSujet: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyJeu 9 Jan - 23:39

Loren Lannister n’était plus. Ses plaies suppurantes tâchaient le lit, et la sueur perlant sur son visage à cause de la fièvre qui l’avait tant habité durant ces derniers moments n’avait pas fini de sécher. L’odeur, mêlant suppuration et putréfaction, était atroce. Le visage même de celui qui avait été si bon vivant, si bien portant, paraissait marqué par les ravages d’un millénaire, les os ressortant déjà, tandis que son corps semblait soudain bien maigre, bien frêle. L’espace d’un instant furtif, Lyman posa ses doigts sur la paume de la main de son père mort, pour se souvenir, au moins un peu, de la chaleur de son toucher, alors que la vie pourtant l’avait quitté. Il savait qu’il garderait jusqu’à la fin de sa vie cette image de son géniteur. Pourquoi n’aurait-il pu conserver en mémoire les yeux rieurs, le sourire charmeur et le rire tonitruant du Lion ? Il aurait cent fois préféré cela, pouvoir finalement se remémorer son père tel qu’il avait été durant toute son existence, et non point ce cadavre pitoyable qui avait tellement souffert avant de rejoindre l’Etranger. Non, ce macchabée n’était point son père : ce dernier était parti depuis plusieurs semaines déjà. Il n’y avait là qu’une ombre, un vestige, une coquille vide. Une seconde, le regard du jeune homme se posa sur le visage de Loren : curieusement, il y lut la paix, comme s’il était parti dans un souffle, doucement. Il aimait, en tout cas, se l’imaginer, pour ne pas ajouter à sa peine. Peine qu’il ressentait d’ailleurs tout en ayant l’impression d’être transporté dans un autre monde et d’avoir sa conscience comme extérieure à son enveloppe physique. Il se voyait là, sa mère à ses côtes et le cœur déchiré, alors qu’aucune larme, pourtant, ne coulait sur ses joues. Anesthésiée, sa conscience s’était réfugiée dans une partie lointaine de son être profond. Il se vit enlacé par sa mère, il l’entendit lui murmurer ses conseils. Il la vit lui lever le bras. Il observa les soldats se mettre au garde à vous. Il écouta les cris qui acclamait son nom, les vivats qui lui vrillaient les temps :

« Vive le Roi ! Vive le Roi Lyman ! »

Mécaniquement, il marcha aux côtés de sa mère, recevant les hommages. On s’inclinait sur son passage, on pleurait aussi, on braillait. Les silhouettes se confondaient, de même que les jupons des dames et ceux des servantes, les livrées des valets et les pourpoints des nobles. Ce kaléidoscope ne s’arrêtait pas. Il se voyait relever les uns, saluer les autres, incliner sa tête d’un air grave, définitivement hors du temps, hors de lui-même. Lyman Ier Lannister venait de monter le trône et occupait son rang, sa place. Lyman le fils de Loren pleurait silencieusement, dans les tréfonds de son âme, sa perte. Il pensait à sa sœur, partie à Godric Hall, inconsciente de ce qui se nouait à Castral Roc, et qu’il devrait prévenir. A Gareth, qui lui avait confié son affection pour ce père adoptif, finalement. A son fils, qui n’aurait donc pas la chance de grandir autrement que comme lui, en premier prince héritier alors qu’il aurait voulu lui épargner cela. A Jeyne, surtout, désormais Reine. Ou donc était son épouse ? Avait-elle été prévenue ? Il devait la voir. Il devait lui dire. Il devait … Mais on s’en chargeait pour lui. Des serviteurs courraient partout, annonçant la nouvelle à travers toute la forteresse. La foule grossissait, chacun essayait de se placer sur la trajectoire du Roi, même si la garde, attentive, veillait à maintenir tout le monde à distance. Et Lyman marchait, marchait, sa mère à ses côtés. Combien de temps cela dura-t-il ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne savait qu’arpenter le sol, recevoir les hommages, entendre sans cesse les acclamations pour être le fils d’un homme qui venait de mourir. Il arriva dans une grande salle. Prononça un discours, improvisé par Lyman Ier Lannister, son alter ego façonné par Jordane durant tant d’années, avant de donner rendez-vous dans peu de temps à ses vassaux pour une cérémonie où il pourrait tous lui rendre hommage s’ils le désiraient. Le reste, il avait du mal à s’en souvenir. Tout se confondait dans son esprit brouillé par le souvenir du visage hâve de Loren, par l’odeur de la mort, par tous ce qui soudain lui revenait : son père lui présentant fièrement un poney à bascule taillé dans le bois le plus précieux et l’aidant à monter dessus, son père le prenant sur ses épaules, à la grande horreur de Jordane et sous les rires de Megara, son père en train de rire en plein banquet et de loucher peu discrètement dans le décolleté d’une servante gracile, avant de remettre son nez dans son assiette tel un gamin pris en faute alors que son irascible épouse lui lançait un regard noir … puis profiter de sa conversation reprise pour décocher une œillade enflammée à la fille, son père le couteau à la main et un morceau de viande au bout déclamer joyeusement son amour du gibier abattu dans les règles de l’art de la chasse, son père s’élançant en tournoi contre son adversaire du jour, radieux dans son armure noire et or, et renversant sans peine son opposant d’un tour du poignet adroit, son père encore observant Martyn avec une tendresse folle, son père toujours alors qu’il essayait, un jour, de lui parler des femmes, qu’elles apportaient tout et trop et qu’il devait trouver celle avec qui il voudrait régner et ne plus jamais la laisser partir, son père enfin lui disant simplement qu’il l’aimait. Son père. Parti.

Il se rendit à peine compte que sa mère l’avait laissé devant ses appartements et entreprenait de donner des ordres pour préparer la salle du trône. Normalement, d’ici une dizaine de minutes, des couturières arriveraient en hâte pour retoucher des vêtements, ajouter des emblèmes et il partirait, avec Jeyne, s’installer à leurs places légitimes pour prendre possession des symboles de leur pouvoir, jusqu’à leur vrai couronnement du moins. En attendant, il entra et eu l’impression de retrouver le sol, brutalement, en voyant son épouse. Alors, il balbutia :

« Père est mort. »

Elle le savait déjà. Mais le dire, c’était rendre cela réel. Trop réel. Toujours raide, sans aucune expression, il ajouta :

« Il va falloir … aller dans la salle du trône. »

Ensemble. Parce qu’il était Lyman Ier Lannister, et qu’elle était Jeyne Lannister la Reine du Roc, la Lionne Blanche pour rappeler le blason de ses ancêtres, peut-être serait-cela son surnom dans quelques années, à moins que la Louve ne reste. Mais ce pour quoi ils avaient scellé leurs épousailles était arrivé : Jeyne Stark succédait à Jordane Crakehall sur le trône du Roc, au côté d’un Lannister. Sauf que cela le laissait de marbre : car Jeyne avait perdu un beau-père attentif, un soutien fidèle, et lui … son père, son père, le mot revenait, tourbillonnant sans cesse autour de lui tel un oiseau de proie décidé à le tourmenter. Pourquoi soudainement cette appellation si douce prenait-elle des allures de menaces ? Ni Lyman Ier Lannister ni Lyman fils de Loren n’avaient la réponse à cette question. Il savait juste qu’il était avec Jeyne, pour un tout petit temps, et qu’il avait envie de se fendre le crâne contre le mur ou de hurler à la mort. Il n’en fit rien, se contentant de s’enfoncer encore un peu les ongles dans la paume de sa main, jusqu’au sang.

« Je … »

Suis Roi. Tu es Reine. C’était cela qu’il voulait dire, et cela qui resta dans sa gorge, étranglé par les émotions qui affluaient et qu’il peinait à contenir, parce que ces positions avaient un goût de cendre et de putréfaction. Ils avaient l’odeur de la chambre de Loren, mort de ses blessures et du poison, mort infamante pour un guerrier de sa trempe, mort ressemblant avant même sa décomposition à ceux qui avaient été laissés aux charognards, à la Mort-aux-loups. Il aurait voulu dire tellement, et rien ne venait. Comme figé, Lyman regardait Jeyne, cherchant à retrouver qui il était, même quelques minutes, avant de retrouver cette sorte de mode automatique, d’héritage de Jordane qui lui permettait de tenir son rang. Il voulait se perdre dans ses yeux et y retrouver Lyman. Juste Lyman.



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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyVen 24 Jan - 15:41

Je n'étais pas allée voir Loren sur son lit de mort. Je ne tenais pas spécialement à garder cette image là gravée dans mon esprit. Et il n'était que mon beau-père. Le recueillement était plutôt réservé à sa femme et ses enfants. J'ignorais ce qu'ils avaient bien pu se dire dans cette chambre aux odeurs nauséabondes, malgré le soin particulier apporté à faire brûler toutes sortes d'herbes pour rendre cela supportable. J'admirais les mestres qui pouvaient évoluer là dedans sans sourciller. Je m'étais rendue plusieurs fois au chevet du roi, avec Lyman, jamais seule. Pourquoi l'aurais-je fait ? Mais il n'était rien que je ne puisse faire, hormis aider mon époux à tenir le coup alors que son père semblait pourrir sur place, sans que la mort ne vienne le délivrer. C'était enfin chose faite. Les dieux s'étaient enfin montrés miséricordieux... Après tant de mois d'agonie, il n'était aucun espoir de rémission. J'avais vu assez de blessés suite à des batailles, à Winterfell pour reconnaître le masque de la mort. Et il s'était emparé de Loren Lannister depuis bien longtemps...

Je pris Martyn dans mes bras. Je le berçai doucement. Peut-être ressentait-il l'agitation environnante, la mienne également, alors qu'il se mettait à pleurer. Des pleurs pas très convaincus. Je le serrai contre moi, chantant une vieille berceuse du Nord, l'une de celles que me chantait maman quand j'étais petite, que j'avais chanté à Walton... j'avais le cœur gros. J'aimais bien Loren. Il était bien plus abordable que Jordane, il s'était montré chaleureux avec moi, même taquin. C'était un bon vivant, malgré ses défauts, dont ses infidélités répétées. Mais ils formaient un couple plutôt complémentaire avec la reine. Il s'était effacé au fil des années, et tout le monde ne voyait plus que par Jordane... C'était dommage. Comment vivait-elle ce veuvage maintenant ? Elle devait faire face bravement... Et Lyman... Il était le nouveau roi. Il n'avait pas le temps de pleurer. J'entendais les rumeurs, quelques servantes entrèrent et ressortirent tout aussi rapidement. "Me voilà Reine..." Je murmurais ces mots à mon fils, incrédule. Je cherchais à appréhender la réalité, mais je n'y parvenais pas vraiment.

Finalement, on vint me dénicher et je confiai Martyn à sa nourrice, tout en me laissant vêtir pour la circonstance. Le noir. Déjà, la façon dont les servantes s'adressaient à moi avait changé. J'étais reine. Et si je n'en étais pas convaincue encore, ces premiers changements subtils me pesaient déjà. Je levai la tête quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois, mais cette fois, ce fut mon époux qui entra. Il était pâle. Trop à mon goût. Et son regard était ailleurs. Je me levai alors qu'il annonçait, un peu perdu, que son père était mort. Et là, je reconnaissais le fils qui se rendait compte de la dure réalité. J'approchai de lui, posant une main sur son bras, alors qu'il continuait, automatiquement, me confiant la suite des événements. Aller dans la salle du trône. Oui, bien sûr. Je hochai la tête, avant de le lâcher et de me diriger vers la porte, l'ouvrant pour simplement ordonner au garde de ne laisser entrer personne jusqu'à nouvel ordre. Je ne voulais pas que quiconque puisse nous déranger. Nous avions besoin de quelques minutes seuls. Lyman avait besoin de quelques minutes pour souffler avant de reprendre cette mascarade et se conduire en roi.

Quand sa voix s'étrangla, je l'attirais à moi, glissant mes doigts dans ses boucles blondes. "Personne ne nous dérangera. Pour quelques instants, sois juste Lyman." Sois juste un fils au cœur meurtri par la mort de son père qu'il adorait. Je tentai d'imaginer ma peine si Père venait à mourir. Mon cœur se serra alors que je me souvenais dans quel état je l'avais retrouvé quand j'avais voyagé à sa rencontre il y a presque un an de cela. J'avais eu peur pour lui. Davantage que je n'avais eu peur pour ma propre vie quand nous avions été attaqués... "Repose-toi sur moi mon amour. Et ensemble nous affronterons les épreuves qui nous attendent. Nous serons leurs Majestés Lyman et Jeyne Lannister. Mais accorte-toi le temps de le pleurer. Il mérite notre recueillement."



   
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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyJeu 9 Avr - 18:59

Un homme ne pleurait pas. D’aussi loin que ses souvenirs remontaient, Lyman avait toujours entendu cela revenir. Pleurer était le privilège des enfants et des femmes. C’était peut-être l’une des premières choses qu’il avait apprises en passant aux hommes, comme on disait, soit en quittant les habits de la toute petite enfance pour prendre ceux d’un jeune page, en quelque sorte, car il restait fils de Roi. Mais du jour où il avait été décidé que son éducation de prince commencerait, qu’il fallait le séparer de sa sœur, enfin de ses sœurs même si à l’époque, Nymeria ne comptait pas réellement puisqu’elle était encore un poupon dans son berceau, il avait retenu cette leçon serinée par tous les hommes de l’entourage de son père, mais également par celui-ci et par sa propre mère. Il était un homme, un Lannister, un futur roi : une larme versée était une honte sans fin. Megara en avait droit, car elle était du beau sexe. Et son père, alors que ses yeux s’étaient emplis de liquide après la réprimande maternelle lorsque leur jouet fétiche, un cheval à bascule peint et orné comme un vrai, s’était brisé, avait posé sa main sur son épaule avant de lui murmurer qu’il était un homme, maintenant, un vrai, et qu’il fallait se montrer fort. Alors le petit garçon avait ravalé sa tristesse, et attendu le soir pour mouiller ses joues. Il avait compris : il n’avait pas le droit d’être malheureux. Ou plutôt, il n’avait pas le droit de le montrer. Peu importait les avanies, les douleurs, il s’était efforcé de respecter cette règle sociale, plus encore en grandissant, parce qu’on le trouvait trop féminin. Et en soit, précisément, c’était parce qu’il était si sensible qu’il s’était efforcé de trouver des exutoires à ses sentiments, notamment dans les arts. Ses pleurs étaient réservés à l’intimité, à la solitude. Les émotions d’un Roi, disaient encore son père, n’appartenaient qu’à lui. Il pouvait, bien sûr, partager une bonne humeur contagieuse, comme lui-même s’y employait, et Lyman également, quoique dans un registre généralement moins paillard. Mais les tourments ne devaient pas être mis sur la place publique. Ils devaient, en cas de deuil, être exposés, certes, mais de façon mesurée. L’on se drapait de noir, la mine sévère, et l’on observait les rituels funèbres.

A vrai dire, Lyman ne se souvenait pas d’avoir vu un jour son père pleurer. Loren enterrait ses humeurs malignes dans les bras des femmes. Il réfléchissait, à propos de sa mère. Il aurait juré qu’elle avait eu les yeux humides, lors de la mort de Nymeria. Il l’avait vu vaciller, il en était certain. Il aurait parié qu’elle avait séché quelques larmes, une fois seule dans ses appartements. Mais évidemment pas en public, même pas devant ses enfants : la Lannister ne connaissait pas ces faiblesses, pas officiellement du moins. Et lui-même … en avait fait de même. Il avait enduré, contenant son immense tristesse à l’intimité, et encore. Même face à Jeyne, une forme de pudeur le retenait, et il avait fallu un moment pour qu’il consente à abaisser ses barrières. Cette fois encore, il était nécessaire qu’il fasse de même, car le Roi ne pouvait paraître devant les siens les yeux rougis. Néanmoins, tandis qu’il sentait ses mains parcourir ses cheveux, il se sentit perdre pied. Impulsivement, ses bras entourèrent ceux de son épouse, faisant fi du bazar probable qu’il mettait dans sa tenue. Il avait besoin confusément de sentir la vie contre lui, d’avoir un cœur battre à l’unisson pour conjurer l’odeur de la mort qui collait à ses vêtements. Il ressentait l’impérieuse nécessité de se perdre en elle, de n’avoir plus pour horizon que Jeyne : Jeyne et son parfum, sa peau, sa voix, Jeyne, Jeyne, Jeyne … Le prénom tournait dans sa tête, comme un mantra, alors qu’il la serrait un peu plus fort contre lui, trop peut-être, et qu’il plongeait sa tête dans sa chevelure, humant sa flagrance avec plaisir. Il lui chuchota, un peu à la volée, sans savoir vraiment ce qu’il voulait dire :

« Reste avec moi. »

Maintenant, toujours, juste, ne m’abandonne pas, et peut-être aussi, ne me laisse pas me perdre trop loin de toi. C’était tout cela qu’il avait envie de dire, qu’il avait synthétisé en trois mots trop petits pour contenir l’étendue de sa douleur, et trop lourds pour être agrandis. Homme à la dérive, au cœur meurtri, Lyman se raccrochait à son épouse comme un bateau ivre, cherchant le réconfort espéré dans sa présence, dans son amour aussi, dans un besoin de se rassurer, de se dire qu’elle, ils ne l’emporteraient, quand bien même il ne savait pas s’il parlait des Sept et de l’Etranger ou des assassins de son père. Ou juste pour se rappeler que lui était vivant, et que l’existence ne s’arrêtait pas. Il devait être fort, pour elle aussi, pour ce qu’ils allaient vivre, pour leur fils. Mais il avait encore un tout petit peu de temps avant de l’être, et à cet instant, il se contentait d’être un simple humain, qui se perdait dans une chevelure aimée pour étouffer ses sanglots silencieux, visibles à travers les soubresauts de son torse néanmoins. Et il restait ainsi, ou plutôt ils restaient ainsi, imbriqués l’un dans l’autre, dans cette étreinte ardente et cette envie irréelle de plonger entièrement dans Jeyne, de ne plus jamais quitter cette ancre pour éviter qu’il ne dérive tout à fait, frêle esquif perdu dans les embruns du destin. Enfin, il consentit à relâcher son étreinte, d’abord pour éviter que son épouse ne meure asphyxiée. Puis il finit par murmurer :

« Père ne méritait pas une telle mort … »

C’était peu de le dire. Une belle mort au champ d’honneur lui aurait mieux convenu, ou dans son lit, tranquillement, en vieux guerrier vaincu par l’ultime ennemi. A la place, il s’était presque décomposé sur place, pourrissant littéralement à mesure que ses plaies suppuraient sans fin. Et dire qu’il avait, percé de deux flèches, encore trouvé la force de repousser un second assassin. Il avait fallu lutter pour l’avoir, la peau du Lion. Mais ils avaient réussi, ceux qui cherchaient si fort à abattre Loren Lannister. Ils étaient parvenus à leurs fins, et même au-delà, en réduisant l’homme fort et charismatique à une sorte de vieillard avec la peau tendue sur le crâne, les muscles atrophiés … une infamie. Et cette puanteur … Y repenser lui donnait des frissons.

« Le pire c’est que … quand je suis entré, j’ai juste pensé … c’est horrible. J’ai juste pensé que l’odeur était insupportable.

Je voyais Père, et j’entendais Mère parler mais … en passant le seuil, c’est vraiment la seule chose qui m’est venu à l’esprit. Que ça puait la mort. »


Une brève inspiration, avant de conclure :

« C’est pathétique. J’ai déjà vu des morts, j’ai tué des hommes, je … mais là, c’était … l’odeur de mon père qui mourrait. Et je n’ai jamais senti quelque chose d’aussi atroce. »



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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptySam 11 Avr - 14:59

Quel soulagement.

Contrairement au dernier deuil, il semblait enclin à se laisser aller et à accepter de me montrer sa fragilité. La mort de son père était-elle un choc plus rude que celle de sa sœur ? J'en doutais. Rien ne nous avait préparé à ce qu'une jeune femme en pleine santé ne décède aussi brutalement. Etait-ce la leçon qu'il avait retenu de la dernière fois ? Que quoiqu'il advienne, j'étais à ses côtés et assez forte pour l'aider à supporter la tourmente ? Etait-ce la mort de trop, qui le laissait sans défense ? Probablement un peu de tout cela, mais j'étais heureuse qu'il me permette ainsi d'avoir un aperçu des souffrances de son âme meurtrie par la vie. Les coups étaient rudes, rapprochés. Longtemps, l'Ouest avait été épargné, mais le destin semblait s'acharner désormais. Et il fallait tenir. Il fallait faire face. Et je trouvais une utilité dans ce rôle de soutien auprès de mon époux. Du Roi. En plus d'être sa femme, j'étais son amie... Et même... j'osais l'espérer... Sa confidente. J'espérais qu'il avait pu comprendre avec le temps que j'étais assez forte pour supporter ses épanchements. Que je n'avais pas besoin d'être protégée. C'était davantage le cas quand j'étais enceinte, parce qu'alors, je n'étais plus vraiment maîtresse de mes émotions. Mais au jour d'aujourd'hui... J'étais prête. J'étais pétrie de peurs alors que je devenais reine, mais je pouvais affronter la tempête.

"Toujours." Sa supplique me fit mal au cœur. C'était un réel aveu de détresse et de fragilité de sa part. Si Lyman n'avait pas la carrure d'un guerrier et qu'on pouvait le penser fragile, il avait toujours offert aux yeux des autres l'image d'un homme pondéré et neutre, qui ne se laissait pas guider par ses émotions, mais davantage par son intellect. Quitte à prendre des décisions déchirantes. Mais c'était une facette qui s'estompait quand nous n'étions que tous les deux et je chérissais ces moments là, où il se montrait tel qu'il était. Il me serrait plus fort, désespérément, mais je ne bronchais pas, me contentant de faire aller ma main dans de lents va et vients reposants et apaisants. J'avais tant de fois consoler Walton ainsi... Et même Jon, bien qu'il soit mon aîné. Il avait beau être pudique, il n'avait jamais su me cacher ses peines. Et jamais il ne m'avait refusé une étreinte. Beaucoup le pensaient froid, mais il ne l'était pas tant que ça. Ah ce n'était pas le moment de me remémorer ces moments de notre enfance, quand nous étions une fratrie soudée contre le monde, avec une mère décédée et un père absent. C'était la porte ouverte à une nostalgie personnelle qui n'avait pas lieu d'être ici et maintenant.

"C'est vrai." Loren ne méritait pas de mourir ainsi. "Cela aurait-il été plus doux à tes yeux si cela s'était passé autrement ?" Aurait-il eu moins de chagrin à devenir orphelin de père si il s'était illustré sur le champ de bataille et avait péri l'épée au poing ? Probablement pas. Mais il en aurait conçu une amertume moins violente. La mort de Loren n'était pas digne de son rang. Je n'étais pas certaine que l'on puisse juger de la légitimité d'un type de disparition, mais aux yeux du fils adorant son père, c'était avilissant. Humiliant. Et surtout, profondément injuste. "Il s'est beaucoup battu. Il a repoussé son heure autant qu'il a pu. Il a mené une âpre bataille avant de se laisser emporter par l’Étranger." Est-ce que cela pouvait seulement consoler mon époux ? [color:0a5f=##CD5C5C]"Ce n'est pas horrible. C'est... a vérité. La mort n'a rien de beau ou de glorieux. La réalité est toute autre." Je soupirais. "Lyman... C'était ton père. Et tu l'adorais. Personne ne peut exiger de toi de l'indifférence. Son..." J'hésitais, espérant ne pas le heurter en parlant trop franchement : "..agonie a été terrible. C'était atroce. Mais tu es entré. Tu n'as pas reculé. " Quand bien même il l'aurait fait, personne n'aurait pu lui jeter la pierre. Mais j'étais fière de lui qu'il ai trouvé le courage de passer outre son dégoût. "Le pire juge de tes actes... c'est toi." J'hésitais un instant, avant de souffler, songeuse : "J'aurais peut-être du venir avec toi..." Même si je n'étais pas conviée, ni attendue, car cela concernait le roi et son fils amené à lui succéder. C'était intime. Et ce n'était pas ma place. Je n'étais pas certaine non plus que j'aurais été d'une grande aide à ce moment là ou que l'odeur ne m'aurait pas intimé de fuir. Je n'étais peut-être pas si courageuse. Mais j'aurais pu l'épauler.



   
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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyMar 19 Mai - 20:08

« Je … Oui. C’est idiot, et si cela avait été le cas, je ne penserais sûrement pas pareil … mais c’eut été une mort plus digne. Et plus rapide aussi, que cette … décrépitude que tu décris si bien. »

Lyman n’avait pas répondu tout de suite à la question de Jeyne, se contentant de hocher la tête, puis de l’écouter le consoler, le rassurer, et même lui assurer que son ressenti était normal, qu’il ne lui répugnait pas. De son point de vue, c’était là l’une des grandes qualités de son épouse : elle avait ses principes et ses idées, mais ne jugeait que rarement ses proches sur leurs états d’âme, se contentant souvent gentiment de pointer ce que cela avait de juste, ou de farfelu, mais sans leur dire qu’ils étaient complètement stupides, ou faibles ou … Bref, elle était une oreille attentive qui savait accueillir les confidences. Le Lannister l’avait vite vu à travers Gareth, qui se confiait peut-être parfois davantage à Jeyne qu’à lui sur certaines choses, sans parler de sa cousine, de la petite sœur de Gareth … En fait, il était certain qu’avec le temps, Megara en viendrait aussi à s’épancher davantage. Lui-même, pourtant un homme pondéré et plutôt secret sur ses pensées intimes, fendait l’armure, y compris dans des moments comme celui-ci, ayant appris du deuil de Nymeria, aussi cruel que ce soit de songer qu’il pouvait mettre à l’épreuve de tels enseignements si peu de temps après la survenue du premier drame ayant secoué la maison au Lion. Il savait que dans le Nord, Jeyne avait était la glue qui avait longtemps retenue la maison Stark, et quelques-uns de leurs familiers. Il semblait donc bien qu’il s’agissait là d’une qualité intrinsèque de son épouse. Bien sûr, il ne dirait pas que ces quelques mots l’avaient remis entièrement d’aplomb, c’eut été mentir, car personne ne possédait un tel pouvoir de persuasion, mais … il se sentait un peu rasséréné, d’être compris, et de voir qu’elle n’avait pas balayé cet aveu peu glorieux ou pire, qu’elle ne tente de lui expliquer le contraire. Non, c’était une mort immonde, putride, et son père avait été rendu à l’état de charogne humaine.

« J’aurai aimé que tu sois là, oui. Et en même temps, je préfère que tu n’aies pas eu à subir un tel spectacle. Père mérite qu’on se rappelle de lui autrement, je pense. C’est pour ça que je suis … partiellement heureux que Megara ne soit pas présente. Même si la pensée qu’elle l’apprendra dans quelques jours, par ma propre plume … »

A nouveau, Lyman se tut, torturé par cette seule idée, de devoir annoncer à sa sœur que leur père n’était plus, qu’il avait choisi, pour s’éteindre, le seul moment où elle avait déserté Castral Roc après plusieurs semaines d’attente. Et pourtant, il était hors de question que quelqu’un d’autre que lui le fasse, même sa mère, bien qu’il aurait pu lui en laisser la lourde charge. Il lui semblait impossible de se dérober à ce devoir aussi royal que fraternel, à savoir annoncer au royaume et à sa Princesse que le Roi était mort, et que vive le Roi. Comme il lui paraissait impensable de ne pas être celui qui le lui dirait, c’eut été une forme de trahison de leur amitié, retissée pas à pas ces derniers mois, ou plutôt renforcée par leurs discussions, leur volonté de se comprendre, mue par une promesse mutuelle à leur père de veiller l’un sur l’autre, sentiment renforcé chez lui par la mort de Nymeria. Oui, cette tâche lui incombait, et il ne faillirait pas. Mais elle lui coûterait infiniment. Quels mots pouvaient être couchés sur le papier pour dire l’indicible ? Des enfants Lannister, si Lyman faisait figure de favori, car il était un fils, et un héritier, il était certain que, dans le secret de son cœur, Loren avait toujours eu une préférence secrète pour sa première fille, sa petite princesse qui se laissait dorloter et cajoler, contrairement à l’indomptable et secrète Nymeria. Ils avaient toujours été très proche, et d’une certaine façon, l’éducation de Lyman avait creusé une forme de petit gouffre entre le père et le fils au profit de Megara, avec qui Loren pouvait être simplement un père adoré, et non uniquement le Roi et le mentor – surtout quand le pupille en question était bien maladroit dans ses arts préférés, à savoir les armes. Il n’en avait pas conçu de jalousie, peut-être parce qu’il estimait dans son arrogance de mâle qu’il pouvait bien concéder ce petit quelque chose à sa sœur.

« Est-ce que … tu te sens prête ? Je veux dire … à être la Reine de l’Ouest ? »

La question était presque double, autant qu’elle était rhétorique. Jeyne était son épouse, aussi l’interrogation était nulle et non avenue. Pour autant, il se sentait obligé de la poser, de s’assurer que son épouse, malgré les doutes qui devaient la ronger, comme lui-même avait l’impression de perdre pied par moment, était parée à ce qui allait suivre, aujourd’hui et au-delà. Et aussi … il y avait ce poids de la couronne. Princesse, c’était énorme, mais … Reine, c’était être celle vers qui les dames se tourneraient, qu’on célèbrerait comme l’incarnation de la Mère dans le royaume, qui était censée apaiser les tourments des ouestriens, les encourager par sa beauté, sa prestance, son intelligence. C’était aussi succéder à Jordane, une gageure en soit. Malicieux, il ajouta d’ailleurs :

« Et à ravir sa couronne à ma mère ? »



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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyVen 29 Mai - 16:47

Je n'étais pas surprise par sa réponse concernant la fin de son paternel. Nous avions tendance à idolâtrer les nôtres et leur souhaiter une vie heureuse et une fin glorieuse et douce. Et cela n'avait pas été le cas pour Loren Lannister. Je n'aurais su dire si il avait été un grand homme, le lion de Castral Roc ayant été souvent évincé par l'aura écrasante de son épouse, mais du peu que je l'avais connu, c'était un homme simple et bon, malgré ses travers, communs à beaucoup d'hommes. Je caressais doucement ses boucles blondes alors que je tentais de le rassurer concernant ses sentiments. Il n'y avait rien d'avilissant là dedans. D'être un fils pleurant son père. Je ne savais pas si j'agissais de la bonne manière... Je n'avais jamais cherché à travestir la vérité ou à dire à mon interlocuteur ce qu'il voulait entendre, quitte à mentir. Je disais ce que je pensais, même si j'avais appris à être plus... douce dans mes propos. Surtout face au chagrin, j'étais plutôt sensible à ce genre de sentiment. Mais en tous les cas, Lyman ne se braquait pas. Je n'allais pas dire que la mort de Loren était glorieuse, ce n'était pas le cas, il était un cadavre vivant, que les vivants approchaient avec répugnance, parce que personne n'aime être ainsi confronté à ce qui l'attends une fois le dernier souffle rendu.

Et même si cela m'avait répugné, j'aurais pu être là, pour le supporter. Pour lui assurer mon soutien, aussi silencieux et discret soit-il. Mais ce moment là ne m'était pas réservé. Cela me fit chaud au cœur pourtant qu'il ai souhaité que je sois à ses côtés. Je serrais légèrement son épaule de mes doigts quand il évoqua l'absence de Megara. Et surtout le fait de devoir lui annoncer la mort de leur père. Megara allait-elle s'en vouloir de ne pas avoir été présente ? D'être partie avec son époux, en sachant son père au plus mal ? A sa place, j'aurais culpabilisé de ne pas avoir assisté à ses derniers instants, en en ayant la possibilité, et avoir adouci sa fin. Je savais que si cela arrivait à mon propre père, il me serait très difficile de me rendre auprès de lui... Mais que je ferais des pieds et des mains pour pouvoir me rendre à son chevet malgré tout. Mais au delà de cela, Lyman devait trouver les mots pour l'enjoindre de revenir car le pire était arrivé. "Si tu veux de l'aide pour lui annoncer la nouvelle, tu sais que je tu peux compter sur moi." Ce n'était pas une grande aide, mais c'était tout ce que je pouvais lui offrir.

Cependant, sa question à mon encontre me prit par surprise. Est-ce que j'étais prête à devenir reine de l'Ouest ? J'eus un sourire un peu amer : "Ai-je vraiment le choix ?" Bien sûr que non. Cependant, je savais qu'il attendait une réponse bien plus personnelle. "Je ne sais pas. Je ne réalise pas encore je pense... Je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite. J'ai l'impression de ne pas être encore parvenue à me faire ma place... Mais il faudra bien assumer." Je tentai un petit sourire rassurant, même si j'étais loin d'être sereine. Il y avait Jordane encore. Et c'était difficile de prendre sa suite. D'ailleurs, Lyman pensait la même chose. "Cela va être compliqué... Ta mère en impose tellement et a été habituée à gérer l'Ouest d'une main ferme et sûre... Passer les rênes du pouvoir va être compliqué. Que ce soit à moi... Ou à toi." Il avait beau être le roi, le mâle, le fils, sa mère prenait beaucoup de place. "Mais ensemble, nous y parviendrons." Parce qu'ensemble, nous pouvions accomplir bien des prouesses.



   
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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyHier à 21:17

« Je veux bien, oui. »

Comme pour remercier Jeyne de son soutien, Lyman enroula sa main dans la sienne avant de la porter à ses lèvres et d’y déposer un baiser empli de tendresse et d’affection. Ce n’était pas parce qu’il s’agissait de sa tâche qu’il ne pouvait pas en partager le fardeau, et encore moins accepter l’aide offerte ainsi. Peut-être que cela l’aiderait à trouver, au début, les bons mots. Le reste viendrait tout seul, parce qu’il restait un frère écrivant à sa sœur, et qu’il éprouvait ce qu’éprouverait Megara en lisant. Oui, c’était de parvenir à se lancer qui était le plus difficile, quand on était face au parchemin, la tête pétrie de souvenirs et de tristesse, que la solitude soudaine après tant de temps à ravaler sa douleur faisait naître de véritables vagues de chagrin difficilement contrôlables. Avoir son épouse à ses côtés rendrait la chose plus douce, afin de transformer la souffrance en mélancolie, ce qui serait déjà un grand pas en avant pour rendre cette épreuve plus supportable. Bien sûr, il avait hésité, un quart de secondes, considérant que ce serait le moyen de rester seul, justement, de pouvoir s’adonner dans le secret à sa peine et lui donner toute latitude, pour au moins quelques minutes. Mais il s’était repris instantanément. Aujourd’hui, tout était différent de la mort de Nymeria. Ce n’était pas cette surprise, ce choc qui emportait tout. Il avait eu le temps de s’y préparer, et aussi, il avait mûri sur ce point, conscient qu’il blessait Jeyne en se refermant sur lui-même comme il l’avait fait quelques mois auparavant. Gareth avait essayé de l’en avertir, mais emmuré dans sa douleur, il avait refusé de considérer cela. Et finalement, il avait fallu qu’ils en parlent, pour qu’il comprenne que non, tout le monde n’était pas comme lui, à préférer se réfugier dans son monde, et qu’il n’y avait pas de dérangement, de mal à accepter une main tendue. Sa femme le faisait par amour, par amitié aussi, alors … il n’y avait pas de honte à se reposer sur elle, et simplement aussi, à apprécier cet effort fait pour lui. Comme beaucoup d’autres à venir, il en avait conscience, car sa position venait de se transformer, et cela venait avec son lot de difficultés.

Pourtant, Lyman avait une confiance inébranlable dans la capacité de Jeyne à les surmonter. Bien entendu, prendre la suite de Jordane, et du vivant de cette dernière n’était pas chose confortable. Néanmoins, il était certain qu’elle avait les armes pour s’imposer. Et du reste, il espérait que ces longues semaines d’agonie auraient au moins le mérite de faire réfléchir sa mère à la place qu’elle désirait occuper dans le royaume. Parce qu’elle changerait, il ne pouvait en être autrement. Il était prêt à faire des efforts de son côté, comme lui conserver une position dans son Conseil, mais il avait toujours été clair sur une chose : il gouvernerait. Et il déciderait. Jordane pouvait-elle attendre autre chose de son propre fils, de celui qu’elle avait façonnée dès le plus jeune âge ? Sûrement pas. Peut-être même qu’une part d’elle attendait qu’il s’impose, qu’il la contraigne à lui donner les rênes. C’eut été dans son genre, que d’imaginer un dénouement aussi tordu, pour lui apprendre, encore et encore, comme elle l’avait fait avec l’Amiral Rowlson, entre autres. Rien ne valait l’exemple, n’est-ce pas ? Lui-même avait eu le temps de réfléchir, avec Gareth au départ, puis seul, à ce moment. Il savait ce qu’il convenait de faire. Il savait ce qu’il voulait. Et c’était le trône dans toute son entièreté. A partager avec son épouse, et à écouter des conseillers qui … seraient des conseillers précisément. Charge à sa mère d’apprécier sa confiance, et de ne point s’interposer davantage. Sinon, il se résoudrait à prendre des mesures. Et charge à Jeyne d’évoluer en dehors de son ombre.

« C’est toi la Reine désormais. Tu es libre de sortir de son ombre et de t’imposer. Tu n’es plus une Princesse, Jeyne. C’est toi qui à l’oreille du Roi. C’est toi la mère de l’héritier de la Couronne. Il ne tient qu’à toi de t’emparer de ta place. Rien ne t’en empêche.

Mais j’aurai une conversation avec Mère rapidement. Je pense qu’elle aura à cœur de servir ce pour quoi elle s’est battue toute sa vie, c’est-à-dire la grandeur de la maison Lannister. Et cela passe par une Reine aussi respectée que la Reine-Mère. »


Déjà, il imaginait une cérémonie de couronnement grandiose, où Jeyne serait couronnée à sa suite. Oui, ce serait le mieux pour asseoir définitivement leur légitimité. Et s’il y avait encore un chemin à parcourir … ils avait déjà accompli beaucoup, sacrifié aussi. Tout cela les avait mené à ce moment, où ils allaient entrer en majesté dans la salle du trône pour recevoir les hommages de la noblesse, où Jeyne ceindrait la couronne des Reines de l’Ouest.

« J’ai confiance en nous, mon amour. Merci de m’avoir redonné du courage. »



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