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King and Queen [PV Jeyne]
MessageSujet: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyJeu 9 Jan - 23:39

Loren Lannister n’était plus. Ses plaies suppurantes tâchaient le lit, et la sueur perlant sur son visage à cause de la fièvre qui l’avait tant habité durant ces derniers moments n’avait pas fini de sécher. L’odeur, mêlant suppuration et putréfaction, était atroce. Le visage même de celui qui avait été si bon vivant, si bien portant, paraissait marqué par les ravages d’un millénaire, les os ressortant déjà, tandis que son corps semblait soudain bien maigre, bien frêle. L’espace d’un instant furtif, Lyman posa ses doigts sur la paume de la main de son père mort, pour se souvenir, au moins un peu, de la chaleur de son toucher, alors que la vie pourtant l’avait quitté. Il savait qu’il garderait jusqu’à la fin de sa vie cette image de son géniteur. Pourquoi n’aurait-il pu conserver en mémoire les yeux rieurs, le sourire charmeur et le rire tonitruant du Lion ? Il aurait cent fois préféré cela, pouvoir finalement se remémorer son père tel qu’il avait été durant toute son existence, et non point ce cadavre pitoyable qui avait tellement souffert avant de rejoindre l’Etranger. Non, ce macchabée n’était point son père : ce dernier était parti depuis plusieurs semaines déjà. Il n’y avait là qu’une ombre, un vestige, une coquille vide. Une seconde, le regard du jeune homme se posa sur le visage de Loren : curieusement, il y lut la paix, comme s’il était parti dans un souffle, doucement. Il aimait, en tout cas, se l’imaginer, pour ne pas ajouter à sa peine. Peine qu’il ressentait d’ailleurs tout en ayant l’impression d’être transporté dans un autre monde et d’avoir sa conscience comme extérieure à son enveloppe physique. Il se voyait là, sa mère à ses côtes et le cœur déchiré, alors qu’aucune larme, pourtant, ne coulait sur ses joues. Anesthésiée, sa conscience s’était réfugiée dans une partie lointaine de son être profond. Il se vit enlacé par sa mère, il l’entendit lui murmurer ses conseils. Il la vit lui lever le bras. Il observa les soldats se mettre au garde à vous. Il écouta les cris qui acclamait son nom, les vivats qui lui vrillaient les temps :

« Vive le Roi ! Vive le Roi Lyman ! »

Mécaniquement, il marcha aux côtés de sa mère, recevant les hommages. On s’inclinait sur son passage, on pleurait aussi, on braillait. Les silhouettes se confondaient, de même que les jupons des dames et ceux des servantes, les livrées des valets et les pourpoints des nobles. Ce kaléidoscope ne s’arrêtait pas. Il se voyait relever les uns, saluer les autres, incliner sa tête d’un air grave, définitivement hors du temps, hors de lui-même. Lyman Ier Lannister venait de monter le trône et occupait son rang, sa place. Lyman le fils de Loren pleurait silencieusement, dans les tréfonds de son âme, sa perte. Il pensait à sa sœur, partie à Godric Hall, inconsciente de ce qui se nouait à Castral Roc, et qu’il devrait prévenir. A Gareth, qui lui avait confié son affection pour ce père adoptif, finalement. A son fils, qui n’aurait donc pas la chance de grandir autrement que comme lui, en premier prince héritier alors qu’il aurait voulu lui épargner cela. A Jeyne, surtout, désormais Reine. Ou donc était son épouse ? Avait-elle été prévenue ? Il devait la voir. Il devait lui dire. Il devait … Mais on s’en chargeait pour lui. Des serviteurs courraient partout, annonçant la nouvelle à travers toute la forteresse. La foule grossissait, chacun essayait de se placer sur la trajectoire du Roi, même si la garde, attentive, veillait à maintenir tout le monde à distance. Et Lyman marchait, marchait, sa mère à ses côtés. Combien de temps cela dura-t-il ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne savait qu’arpenter le sol, recevoir les hommages, entendre sans cesse les acclamations pour être le fils d’un homme qui venait de mourir. Il arriva dans une grande salle. Prononça un discours, improvisé par Lyman Ier Lannister, son alter ego façonné par Jordane durant tant d’années, avant de donner rendez-vous dans peu de temps à ses vassaux pour une cérémonie où il pourrait tous lui rendre hommage s’ils le désiraient. Le reste, il avait du mal à s’en souvenir. Tout se confondait dans son esprit brouillé par le souvenir du visage hâve de Loren, par l’odeur de la mort, par tous ce qui soudain lui revenait : son père lui présentant fièrement un poney à bascule taillé dans le bois le plus précieux et l’aidant à monter dessus, son père le prenant sur ses épaules, à la grande horreur de Jordane et sous les rires de Megara, son père en train de rire en plein banquet et de loucher peu discrètement dans le décolleté d’une servante gracile, avant de remettre son nez dans son assiette tel un gamin pris en faute alors que son irascible épouse lui lançait un regard noir … puis profiter de sa conversation reprise pour décocher une œillade enflammée à la fille, son père le couteau à la main et un morceau de viande au bout déclamer joyeusement son amour du gibier abattu dans les règles de l’art de la chasse, son père s’élançant en tournoi contre son adversaire du jour, radieux dans son armure noire et or, et renversant sans peine son opposant d’un tour du poignet adroit, son père encore observant Martyn avec une tendresse folle, son père toujours alors qu’il essayait, un jour, de lui parler des femmes, qu’elles apportaient tout et trop et qu’il devait trouver celle avec qui il voudrait régner et ne plus jamais la laisser partir, son père enfin lui disant simplement qu’il l’aimait. Son père. Parti.

Il se rendit à peine compte que sa mère l’avait laissé devant ses appartements et entreprenait de donner des ordres pour préparer la salle du trône. Normalement, d’ici une dizaine de minutes, des couturières arriveraient en hâte pour retoucher des vêtements, ajouter des emblèmes et il partirait, avec Jeyne, s’installer à leurs places légitimes pour prendre possession des symboles de leur pouvoir, jusqu’à leur vrai couronnement du moins. En attendant, il entra et eu l’impression de retrouver le sol, brutalement, en voyant son épouse. Alors, il balbutia :

« Père est mort. »

Elle le savait déjà. Mais le dire, c’était rendre cela réel. Trop réel. Toujours raide, sans aucune expression, il ajouta :

« Il va falloir … aller dans la salle du trône. »

Ensemble. Parce qu’il était Lyman Ier Lannister, et qu’elle était Jeyne Lannister la Reine du Roc, la Lionne Blanche pour rappeler le blason de ses ancêtres, peut-être serait-cela son surnom dans quelques années, à moins que la Louve ne reste. Mais ce pour quoi ils avaient scellé leurs épousailles était arrivé : Jeyne Stark succédait à Jordane Crakehall sur le trône du Roc, au côté d’un Lannister. Sauf que cela le laissait de marbre : car Jeyne avait perdu un beau-père attentif, un soutien fidèle, et lui … son père, son père, le mot revenait, tourbillonnant sans cesse autour de lui tel un oiseau de proie décidé à le tourmenter. Pourquoi soudainement cette appellation si douce prenait-elle des allures de menaces ? Ni Lyman Ier Lannister ni Lyman fils de Loren n’avaient la réponse à cette question. Il savait juste qu’il était avec Jeyne, pour un tout petit temps, et qu’il avait envie de se fendre le crâne contre le mur ou de hurler à la mort. Il n’en fit rien, se contentant de s’enfoncer encore un peu les ongles dans la paume de sa main, jusqu’au sang.

« Je … »

Suis Roi. Tu es Reine. C’était cela qu’il voulait dire, et cela qui resta dans sa gorge, étranglé par les émotions qui affluaient et qu’il peinait à contenir, parce que ces positions avaient un goût de cendre et de putréfaction. Ils avaient l’odeur de la chambre de Loren, mort de ses blessures et du poison, mort infamante pour un guerrier de sa trempe, mort ressemblant avant même sa décomposition à ceux qui avaient été laissés aux charognards, à la Mort-aux-loups. Il aurait voulu dire tellement, et rien ne venait. Comme figé, Lyman regardait Jeyne, cherchant à retrouver qui il était, même quelques minutes, avant de retrouver cette sorte de mode automatique, d’héritage de Jordane qui lui permettait de tenir son rang. Il voulait se perdre dans ses yeux et y retrouver Lyman. Juste Lyman.



Hear me Roar
Lyman Lannister

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MessageSujet: Re: King and Queen [PV Jeyne]   King and Queen [PV Jeyne] EmptyVen 24 Jan - 15:41

Je n'étais pas allée voir Loren sur son lit de mort. Je ne tenais pas spécialement à garder cette image là gravée dans mon esprit. Et il n'était que mon beau-père. Le recueillement était plutôt réservé à sa femme et ses enfants. J'ignorais ce qu'ils avaient bien pu se dire dans cette chambre aux odeurs nauséabondes, malgré le soin particulier apporté à faire brûler toutes sortes d'herbes pour rendre cela supportable. J'admirais les mestres qui pouvaient évoluer là dedans sans sourciller. Je m'étais rendue plusieurs fois au chevet du roi, avec Lyman, jamais seule. Pourquoi l'aurais-je fait ? Mais il n'était rien que je ne puisse faire, hormis aider mon époux à tenir le coup alors que son père semblait pourrir sur place, sans que la mort ne vienne le délivrer. C'était enfin chose faite. Les dieux s'étaient enfin montrés miséricordieux... Après tant de mois d'agonie, il n'était aucun espoir de rémission. J'avais vu assez de blessés suite à des batailles, à Winterfell pour reconnaître le masque de la mort. Et il s'était emparé de Loren Lannister depuis bien longtemps...

Je pris Martyn dans mes bras. Je le berçai doucement. Peut-être ressentait-il l'agitation environnante, la mienne également, alors qu'il se mettait à pleurer. Des pleurs pas très convaincus. Je le serrai contre moi, chantant une vieille berceuse du Nord, l'une de celles que me chantait maman quand j'étais petite, que j'avais chanté à Walton... j'avais le cœur gros. J'aimais bien Loren. Il était bien plus abordable que Jordane, il s'était montré chaleureux avec moi, même taquin. C'était un bon vivant, malgré ses défauts, dont ses infidélités répétées. Mais ils formaient un couple plutôt complémentaire avec la reine. Il s'était effacé au fil des années, et tout le monde ne voyait plus que par Jordane... C'était dommage. Comment vivait-elle ce veuvage maintenant ? Elle devait faire face bravement... Et Lyman... Il était le nouveau roi. Il n'avait pas le temps de pleurer. J'entendais les rumeurs, quelques servantes entrèrent et ressortirent tout aussi rapidement. "Me voilà Reine..." Je murmurais ces mots à mon fils, incrédule. Je cherchais à appréhender la réalité, mais je n'y parvenais pas vraiment.

Finalement, on vint me dénicher et je confiai Martyn à sa nourrice, tout en me laissant vêtir pour la circonstance. Le noir. Déjà, la façon dont les servantes s'adressaient à moi avait changé. J'étais reine. Et si je n'en étais pas convaincue encore, ces premiers changements subtils me pesaient déjà. Je levai la tête quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois, mais cette fois, ce fut mon époux qui entra. Il était pâle. Trop à mon goût. Et son regard était ailleurs. Je me levai alors qu'il annonçait, un peu perdu, que son père était mort. Et là, je reconnaissais le fils qui se rendait compte de la dure réalité. J'approchai de lui, posant une main sur son bras, alors qu'il continuait, automatiquement, me confiant la suite des événements. Aller dans la salle du trône. Oui, bien sûr. Je hochai la tête, avant de le lâcher et de me diriger vers la porte, l'ouvrant pour simplement ordonner au garde de ne laisser entrer personne jusqu'à nouvel ordre. Je ne voulais pas que quiconque puisse nous déranger. Nous avions besoin de quelques minutes seuls. Lyman avait besoin de quelques minutes pour souffler avant de reprendre cette mascarade et se conduire en roi.

Quand sa voix s'étrangla, je l'attirais à moi, glissant mes doigts dans ses boucles blondes. "Personne ne nous dérangera. Pour quelques instants, sois juste Lyman." Sois juste un fils au cœur meurtri par la mort de son père qu'il adorait. Je tentai d'imaginer ma peine si Père venait à mourir. Mon cœur se serra alors que je me souvenais dans quel état je l'avais retrouvé quand j'avais voyagé à sa rencontre il y a presque un an de cela. J'avais eu peur pour lui. Davantage que je n'avais eu peur pour ma propre vie quand nous avions été attaqués... "Repose-toi sur moi mon amour. Et ensemble nous affronterons les épreuves qui nous attendent. Nous serons leurs Majestés Lyman et Jeyne Lannister. Mais accorte-toi le temps de le pleurer. Il mérite notre recueillement."



   
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