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Cause you’re made of strength and mercy
MessageSujet: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyVen 3 Jan - 17:46



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je ne me sentais pas bien aujourd’hui. Cela faisait maintenant quelques jours mais j’avais refusé de le reconnaitre. Il n’était pas question d’en parler, ou de le montrer. Il n’était pas question que notre cortège prenne du retard par ma faute. Alors j’avais pris sur moi, persuadée que cela allait passer. Mais ce n’était pas le cas. J’en avais pris conscience en manquant de tomber de Meraxès, à une bourrasque de vent un peu plus forte que les autres. Elle avait grondé après avoir basculé pour que je ne quitte pas son dos. Cela n’aurait jamais dû arriver. J’avais déjà volé sous la pluie et des vents bien plus fort que celui-ci. Me couchant totalement sur ma sœur, je frappais doucement les écailles de sa tête. Elle la secoua doucement avant de plonger vers le sol. Je fermais les yeux pour ne pas le voir approcher aussi vite, pour retenir ce haut de cœur qui menaçait de faire vomir. J’attendais d’être certaine qu’il soit passé avant de descendre de son dos, mais à peine mes pieds touchèrent terre, que mon corps en décidait autrement. Grondant, Meraxès m’entoura de son corps alors même que j’étais on ne peut plus vulnérable, incapable de me défendre si on venait à s’approcher de moi. Je me relevais difficilement, en m’appuyant sur ma dragonne, gardant ma main sur son corps, à la fois pour l’apaiser et pour me rester debout. Je me saisi de la gourde d’eau, pour me rincer la bouche, avant d’en boire quelques gorgées. C’était… Terriblement douloureux, tout comme mâchonner l’une des herbes dont je ne me séparais jamais. Mais c’était nécessaire si je voulais remonter sur son dos, avant que toute l’armée n’arrive ici, sur les dents, se demandant quels dangers m’avaient poussé à m’arrêter ici, dans cette clairière. Je ne pouvais pas me permettre d’être malade. Je ne pouvais pas laisser penser à nos hommes que quelque chose n’allait pas.

Tenir jusqu’à la fin de la journée fut très compliqué. Plus d’une fois Meraxès dû se poser, jusqu’à ce que je la pousse à aller plus vite que nous le devions, jusqu’à l’endroit où nous devions établir notre campement. Voler m’était devenu trop insupportable, trop douloureux. J’étais restée avec mes dragons jusqu’à ce que tous arrivent, jusqu’à ce que le camp soit monté, jusqu’à ce que la nuit ne commence à tomber. Personne n’était venu à ma rencontre. Il aurait été dangereux de le faire, pour ne pas dire suicidaire car ma sœur et mon frère m’auraient laissé personne s’approcher. Et j’avais préféré attendre que le soleil amorce sa descente pour quitter les miens, profitant de l’obscurité naissante pour masquer l’aspect pitoyable que je devais avoir. Ma garde m’attendait un peu plus loin et ses soldats m’entourèrent rapidement dès qu’ils me virent. Je secouais légèrement la tête négativement au regard que me lança le capitaine. A peine avais-je passé les pans de la tente, que je me courais vers une bassine pour vomir de nouveau. Je ne relevais pas la bassine en entendant quelqu’un arrive, pas même quand cette personne rassembla mes cheveux, et passa sa main sur mon front. Kora. Elle parla doucement, demandant que l’on fasse venir un mestre à je ne sais pas qui. Elle m’écarta doucement du sceau pour m’en donner un autre, avant de m’aider à m’asseoir sur la couche de fortune installée plus loin. Elle m’interrogera avec sa voix douce et réconfortante, puis s’écarta pour laisser un homme que je n’avais pas entendu arriver m’examiner, ôtant au fur et à mesure les différentes pièces de mon armure. Ce fut un soulagement pour lui comme pour moi quand il finit par s’éloigner. Je n’aimais pas qu’un inconnu me touche, alors même que je n’étais pas capable de me défendre. J’avais manqué une première fois de lui vomir dessus. Et la seconde fois, ses chaussures ne furent pas épargnées. Je l’avais insulté en Valyrien, plusieurs fois, non sans lui faire savoir que l’odeur de sueur qui se dégageait de lui était plus que dérangeante. Je savais que ce n’était pas spécialement sympas de ma part, et surtout injuste mais j’étais sur les nerfs. Et je savais que s’il ne m’avait pas répondu c’était uniquement parce que j’étais Impératrice, car plus d’une fois je l’avais vu serrer les lèvres pour garder sa remarque pour lui. Alors oui, ce fut un soulagement pour lui comme pour moi qu’il finisse par s’écarter pour venir ensuite échanger quelques mots bas avec Kora. Je la vis froncer des sourcils tout en lui répondant, avant qu’elle ne finisse par acquiescer d’un signe de tête. Elle sorti quelques plantes et laissa le mestre s’occuper de mélanger je ne sais pas trop quoi le temps de nettoyer avec une efficacité surprenante l’endroit. Puis, elle me fit boire ce truc infecte qui eut au moins l’effet de calmer mon estomac et me faire doucement sombrer.

J’ouvrais les yeux en entendant Torrhen arriver. Je me sentais mieux, plus alerte aussi. Kora s’inclina devant lui, avant de sortir de la tente. Assis sur une chaise, le mestre se leva, refermant puis posant le livre dans lequel il était plongé jusque-là. Il s’inclina respectueusement devant mon époux, avant de le saluer Votre Altesse Impérial… . Il me jeta un rapide regard avant de se concentrer sur le Nordien ce qui ne me plu absolument pas. Sire… L’impératrice doit, ces prochains jours, se reposer et rester sous surveillance. Il est encore trop tôt pour en être certain mais au vu de ses symptômes, soit elle a été empoisonnée – ce qui aux dires de vos gardes et de sa servante, est peu probable-, soit elle attend un enfant. Dans les deux cas… Si je n’avais pas été assise, je serais sans aucun doute tombée. J’interrompais le mestre en disant Non c’est impossible. mais il m’ignora et continua à parler à Torrhen. Il est primordial qu’elle se repose et reprenne des forces. Si vous m’y autorisez, j’aimerai prendre les dispositions nécessaires concernant son alimentation et ses breuvages, afin que nous soyons fixés sur le mal qui la touche. Non. Non. Non et non. Ce n’était pas possible. Ni l’un ni l’autre. Il se trompait, il n’y avait pas d’autres explications. J’avais saigné il y avait peu. Kora avait dû lui dire. Je ne pouvais pas attendre un enfant. Et pour ce qui était d’être empoisonnée, Torrhen l’aurait été tout autant que moi. Depuis notre départ, nous ne voyons certes peu mais il mangeait toujours les mêmes mets. C’était lui qui m’en laissait toujours dans une assiette.  Il arrive que certaines femmes soient encore touchée par la Lune même en attendant un enfant. Cependant en interrogeant sa Camériste, et au vu de l’attitude de l’Impératrice, je pense qu’il s’agit non pas de cela mais de signes de détresse venant de l’… Sortez. lui dis-je, les poings serrés. A ces paroles, ma douleur et ma tristesse avaient repris le pas sur mon âme et mon cœur. Je n’étais pas de bonne compagnie depuis qu’on m’avait ce qui m’était chère, depuis qu’on s’était attaqué aux miens. J’étais toujours en colère, très en colère, trop en colère. J’évitais Torrhen. J’évitais tout le monde d’ailleurs, même Kora, à qui je parlais peu. J’avais toléré le mestre jusqu’ici mais ce qu’il sous-entendait, je ne pouvais pas l’accepter. Il jeta un coup d’œil à Torrhen et ce fut la goute de trop.  Sortez ! lui hurlais-je dessus cette fois ci, tout en me levant, le corps tremblant de rage.  









Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine des sept royaumes de Westeros
Âge du Personnage: 26 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Rhaenys Braenaryon
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Caractère : Ambitieuse ● Combattante ● Sans compromis ● Intègre ● Libertine ● Déterminée ● Non conventionnelle ● Charismatique ● Vengeresse ● Passionnée ● Violente avec ses ennemis
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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyVen 3 Jan - 19:11

La marche était longue. Les bataillons s’étiraient à perte de vue ; cohortes impériales à gauche, levées de l’Orage à droite, unités du Nord ou de Peyredragon à la suite, cavaliers du Conflans… L’Empire était une mosaïque qui pouvait paraître bien morcelée par moments et par endroits, mais il n’en restait pas moins que la vision était magnifique. Des centaines de bannières claquant au vent, hallebardiers et vougiers reposant le fer de leur arme sur leur épaule tandis que tous traînaient sur le dos ou au côté le baluchon de leur matériel et de leurs quelques vivres. Les chariots appesantissaient le tout et se faisaient chaque jour distancer, avant de recoller à l’armée lorsque la nuit tombait. Le tout générait des colonnes interminables, où des montagnes d’excréments de chevaux côtoyaient les reliefs de repas et de nuits passées sur place par la troupe. Le tout se faisait dans le bruit et dans l’agitation, quelques sonneries de cors des patrouilles sans parler des tambours de l’infanterie ou des trompes de la cavalerie. Tout ce petit monde marchait vers son destin, qu’il s’agisse du lancier de Blancport jusqu’au piquier de la Griffonnière, en passant par les arbalétriers des Epois ou des cavaliers de Fellwood. La direction réelle restait encore un mystère pour beaucoup de gens, car bien peu étaient ceux disposant de cartes dans leurs foyers, et la plupart des soldats de l’armée n’étaient même pas orageois. Tous savaient en revanche que cette marche était celle de leur destin.


Je guettais l’horizon, non loin des chariots spéciaux affrétés pour mes enfants, scrutant souvent que tout était toujours bien en place autour d’eux tandis que je passais aussi mon temps entre deux estafettes à tenter de voir par delà les nuages si j’obtenais un signe de Rhaenys ou de son dragon… Appelé aux avant-postes d’un escadron de chevaux-légers, je ne sus qu’elle était de retour qu’en fin de journée, peu avant le crépuscule. On m’informa quand je revenais au trot avec un escadron de la garde, que l’Impératrice était souffrante.


Je jurais dents serrées, dans ma barbe. Qu’avait-elle attrapé, pauvre dame, dans ces cieux printaniers encore chargés de vent et de pluie ? Je mettais pied à terre, et arrivais devant un drôle de conciliabule ; Rhaenys qui se faisait examiner, en tunique puisque sa tenue de guerre était retirée, tandis que Kora l’aidait et semblait la soulager des attentions d’un mestre que je connaissais de vue qui semblait tester les réactions de son corps. Rhaenys redressa ses yeux violets vers moi alors que le mestre se leva pour s’incliner, et me raconter ce qu’il se passait. Ce qui déplaisait fortement à ma femme.



| Eh bien ? | l’incitais-je vertement à poursuivre.


Il m’expliqua qu’elle avait été… Empoisonnée ? J’écarquillais les yeux, furieux, les yeux rouges de rage et de haine, points déjà tremblants, main sur la garde de ma lame comme pour me protéger et la protéger elle, surtout. Elle avait ce que j’avais de plus précieux en ce monde avec mes enfants, et je l’aimais. Mais je me taisais, bouche ouverte et yeux plus écarquillés encore -signe rare d’une surprise sans pareille- quand il me disait que l’autre solution, c’était qu’elle était enceinte. Rhaenys le contredit, mais il poursuivait. Et Rhaenys, excédée, l’envoya paître. Violemment. Apeurée, Kora se tourna vers moi et je confirmais d’un signe de tête, et elle emboîtait le pas au mestre. Je restais un instant à reprendre mon souffle, yeux vers le foyer au centre de la tente. Avant de redresser le regard vers Rhaenys et de reprendre, d’une voix rocailleuse.


| C’est vrai ? |


Ici, au milieu de la boue ou de la poussière, des troupes, après tous ces mois à s’aimer sans penser que ça reviendrait si vite, sans penser que… Et puis, il y avait la guerre. Les enfants. Et ce qu’on avait essayé de leur faire. Je me rapproche vers elle. Lentement, comme devant une bête furieuse, mais que je connaissais mieux que toute autre. Je me plante devant elle alors que je sens sa rage. Et la serre doucement contre moi, contre mon plastron. Prends sa main, puis la lâche, pour poser mes mains de part et d’autre de son visage, et redresser ses yeux dans les miens, alors que je pouvais contempler chaque nuance du violet au jaune de ses si beaux yeux. Je la serre contre moi.


| Je t’aime, Jentys-Zaldrïze |


Et l’embrasse, doucement. Lèvres contre lèvres, yeux fermés, mains sur son visage, l’attirant contre moi. Et la relâche, glisse mes mains de chaque côté de son abdomen. Ce n’était pas le moment ni l’endroit. Ca allait la mettre en danger, et l’enfant aussi. Et les nôtres, ceux que nous avions déjà. Mais comment bouder cette bonne nouvelle ? Je lui souriais, comme le jeune loup que j’étais jadis, dévoilant toutes mes dents. Mais je comprenais son état. Sa peur.


| Je t’ai promis qu’on gagnerait. Ensemble. Voilà une raison supplémentaire. Pour Aeden, pour Athynéa. Et pour leur petit frère ou leur petite sœur. Pour tous ceux à qui nous tenons. Nous devons gagner, mon amour. |


Je l’embrasse à nouveau. Plus fort. Ris doucement, contre elle de ma grosse voix rocailleuse.


| A ce rythme-là, il va falloir agrandir le donjon de Fort-Darion, ma Dame, car nubile comme tu l’es, le château tel qu’on l’a prévu ne sera jamais assez grand. |


Je ne voulais pas aborder le reste. Pas le fait qu’elle allait déjà devoir se mettre en retrait. Que les choses pouvaient mal se passer. Que tout serait plus dangereux. Pas maintenant. Je l’aimais, et c’était tout ce qui comptait.




~~~
Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

~~~


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Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyVen 3 Jan - 20:01



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je chasse le mestre ivre de colère. Il valait mieux pour lui de ne plus revenir ici. D’ailleurs devrait-il rentrer à Accalmie et disparaitre pour de bon des environs. Je ne donnais pas cher de sa peau si je venais à le recroiser. Et j’avais bien des idées sur la manière de lui faire payer ses mots et son attitude. Alors que je pensais à tout cela, je vois Torrhen s’approcher. Mon regard ne se fait pas moins colérique ni plus tendre. Loin de là même. Mon humeur est massacrante, et inchangée. Non c’est faux. Je suis encore plus en colère que ce matin en me levant. Je n’avais pas pensé que cela soit possible et pourtant c’était le cas. Le nordien m’interroge et mes poings se serrent tout comme mes lèvres. Il devrait partir, lui aussi. Me laisser seule. Oui, j’ai besoin d’être seule. Je n’aspire qu’à ça ces derniers temps, même si je suis ébranlée. Je ne peux pas… Je ne veux pas… Non. Impossible. Je m’y refuse. Le Nordien ignore mon regard colérique, passe outre. Il continue de s’avancer, doucement. Je ne recule pas parce que mon orgueil s’y refuse. On ne recule pas face à un Loup, pas quand on est un Dragon. Je ne bouge pas. Pas d’un pouce. Même pas quand il finit par me serrer contre lui. Rien ne peut apaiser ma peine. Rien ne peut apaiser ma colère. Pas même lui, pas même ses mots si tendres.

Je ne le repousse pas. Mon amour à son écart s’y refuse. Mais je ne fais toujours pas un geste.  Je l’observe sans rien dire, sans rien faire. Il semble… Heureux. Pourtant, il n’y a rien à fêter, rien dont nous devions nous réjouir. Il essaye de me réconforter, de me tirer un rire, mais c’est trop de demander. Tout cela… C’est trop. Ses mains sur moi, sa joie, ses baisers, son rire. Arrêtes… S’il te plait Arrêtes. finis-je par lui dire. Je me sens de nouveau nauséeuse, mais pour de toutes autres raisons qu’un empoisonnement ou qu’un… Non, je ne préférais pas y penser. Je secouais la tête, et si je ne m’éloignais pas c’était uniquement pour ne pas le blesser. Si je l’avais tant évité ces derniers temps c’était pour cela d’ailleurs. J’étais si… En colère…   Si c’est vrai… Si c’est ce n’est pas un empoisonnement… Je ne… peux pas. lâchais-je avant de me passer une main sur le visage comme pour gagner du temps, ne serait-ce que quelques secondes. Qrugh ! jurais-je en valyrien. Nous ne gagnerons pas comme ça ! Je ne gagnerai pas comme ça ! Je ne pourrais pas les venger comme ça !   lui dis-je non sans rage. Je serai bonne à rien ! Un danger ambulant. Non, pire, un problème ambulant ! Je m’éloignais de Torrhen pour venir piétiner le sol un peu plus loin, faisant des allers et retours. Qui seront les prochains à mourir par ma faute ? Kora ? Daena ? Mina ? Barge ? Pire encore ? Toi, nos enfants ? Il y avait déjà eu Visenya, Aegon, Yesaminda, son enfant et Leslyn. Sans compter tous les autres soldats. Oui j’étais en colère, si en colère. Contre nos ennemis, mais surtout contre moi. Je n’avais pas su les protéger. Ils avaient été tués à cause de mon incompétence. Si je n’avais pas relâché mon attention, si je n’avais pas été trop confiante, tout ça… Tout ça ne serait pas arriver. Ne le vois-tu donc pas ? finis-je par lui dire, en le regardant dans les yeux. Ne vois-tu donc pas que tous ceux que j’aime finissent par mourir ? Que je n’arrête pas de pêcher par excès de confiance ? Que, dès que je relâche ma garde et mon attention, les miens meurent ? Oui j’étais si en colère, si malheureuse aussi. Tu as manqué de mourir à Burron. Parce que je n’étais pas là. Ae’ et Vis sont morts parce que je n’étais pas là. Yesaminda et Leslyn sont mortes parce que je n’étais pas là pour protéger nos enfants… Je te connais Torrhen. Tu n’accepteras jamais. Tu me demanderas de rester en retrait. Tu exigeras que je sois en sécurité même si cela signifie que toi, tu ne le serais pas ! Je hurlais. Je ne m’en apercevais même pas, mais je hurlais toute ma frustration, toute cette culpabilité qui me rongeait, toute cette colère et cette tristesse qui ne me lâchaient pas. Je ne lui hurlais pas dessus. Ce n’était pas à lui que je m’attaquais mais à moi et à moi seule.









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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptySam 4 Jan - 1:25

Rhaenys est d’un caractère passionné. Cela signifie qu’elle peut aimer sans détour et sans réserve, et passer l’instant d’après dans des niveaux de colère et de frustration assez incroyables, qui peuvent lui valoir de voir son cœur jouer les montagnes russes. Je comprenais vite de quoi il en retournait et cela me laissait moi-même dans un drôle d’état ; je ne savais pas trop comment me positionner. Je savais que je ressentais une profonde joie, qui me gonflait le cœur, mais le palpitant était également douloureux, comme si les plaies à vif d’avoir su mes enfants en danger de mort immédiat, d’avoir vu ma fille dans les flammes qui gagnaient sur elle et de craindre en même temps que mon fils ait déjà été exécuté… Je frémissais de colère et de peur en égale mesure rien que d’y penser. Et avoir Rhaenys toute tremblante contre moi n’aidait pas forcément à me calmer ; c’était toujours une épreuve quelque part de la voie, elle d’ordinaire si forte, se décomposer… Ca fait mal. Mais d’un autre côté, je suis aussi plus fort que ça. J’ai l’habitude de l’adversité, des problèmes à régler et de la discipline à avoir pour tenir bon. Je la serre contre moi, mais… Forcément, elle se tend, me dit d’arrêter.


Je la regarde. Neutre, sourire fâné. Je ne suis ni triste ni déçu, je m’y étais attendu, mais j’espérais quand même lui tirer sourire et baiser, un peu de bonheur au milieu des terribles nouvelles que nous avions reçues. Je la regarde et elle n’a pas l’air bien, alors qu’elle semble elle-même douter que la nouvelle que nous venions de recevoir n’était peut être pas ce que l’on pensait… Elle se passe une main sur son visage, jure et enrage. Elle commence à marcher, et je savais fort bien que c’était sa réaction habituelle à chaque fois qu’il y avait un problème à régler. Je comprenais tout ce qu’elle disait, et quand elle me regardait à nouveau, se stoppait, je soutenais sont regard. Et je la laissais finir tout ce qu’elle avait à me dire, jusqu’à s’arrêter totalement. Et je me rapproche d’elle à nouveau.



| Oui, je te le demanderais. Et tu sais pourquoi ? Parce que je n’ai confiance en personne autant qu’en toi. Parce que je serais plus rassuré avec quelqu’un auprès des enfants. Parce que tu n’es pas obligée d’être sur Meraxès pour te battre. Parce que tu peux jouer mon rôle, et moi le tiens. |


Je prends sa main, la caresse du pouce. Je souris, un peu bête.


| Je ne parlais pas de chevaucher le dragon, mais d’aller au plus fort des combats pendant que tu commanderas l’armée. Tu n’as pas mon expérience mais tu es vive, intelligente. Tu connais tout le monde, et tout le monde te respecte. Tu auras la garde, et moi les cohortes impériales. Si tu le souhaites, tu donneras tes propres ordres à ta grande sœur, et à ton petit frère. |


Je m’agenouille devant elle, ce qui me fait grimacer de douleur et je relève enfin les yeux vers elle.


| Et quoi ? Après tous les malheurs qui nous touchent ? Nous avons tous deux perdus nos parents il y a longtemps. Tous nos frères, et nos sœurs. Plus quantité d’amis, de camarades. On essaie de nous tuer sans cesse. Et de tuer ceux que nous aimons. Et l’on ne devrait pas se réjouir ? |


J’embrasse sa main prise dans la mienne. Me redresse à nouveau, l’attire contre moi, main au creux des reins.


| Tu avais rêvé d’avoir une famille comme celle-ci aussi vite ? C’est un signe des dieux. Des tiens, des miens, des deux côtés, qu’importe. Je t’aime, Rhaenys. Et j’aime cet Empire que nous forgeons avec tous ceux qui y croient également. Alors, ne t’énerve pas. Ce qui doit arriver arrivera. Ce qui compte, c’est qu’on soit ensemble pour l’affronter. |




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Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyVen 10 Jan - 16:36



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je crie. Cela ne me ressemble pas. Ou plutôt si. Cela ne m’est pas arrivé depuis bien longtemps surtout. J’ai toujours été enflammée. Dans mes joies, mes passions, mes amours principalement. Mais aussi dans mes colères, dans mes terreurs. Et c’est ces deux derniers sentiments qui n’animent depuis plusieurs jours, depuis qu’on me les a pris, depuis qu’on a essayé de me les prendre. Je doutais. De tout, de moi surtout. Comment entrevoir un moindre bonheur ? Je n’en étais capable. J’avais si mal, oui si mal. Et Yesaminda n’était pas là pour m’aider, me consoler, me faire avancer. Elle ne serait plus jamais là. Plus jamais. Et Leslyn ne serait plus là pour couvrir mes arrières, pour me faire me sentir en sécurité, pour me donner la certitude que mes enfants vont bien et ne craignent rien. Elles ont donné leur vie pour eux, pour l’Empire. Comme elles l’avaient promis. Je savais que tous disaient que leur sacrifice n’avait pas été vain, nécessaire pour sauver Athy et Ae’. Pourquoi ? Pourquoi avaient-ils été nécessaires ? Cela n’aurait jamais dû arriver.

Elle me manquait tant. On m’avait arraché une partie de mon cœur, de mon âme. Je ne voulais pas voir le « bon côté des choses ». Je ne voulais pas qu’on m’en parle non plus. Je refusais tout cela. Car… Qu’il y a-t-il de bon dans la mort de deux jeunes ? Qu’il y t-a-il de bénéfique à cela ? Rien. Rien du tout. Et comme avec Visenya et Aegon, je leur en voulais tellement à toutes les deux. Elles m’avaient abandonné. Elles n’avaient pas assez lutté. Elles n’avaient pas lutté assez longtemps pour que les renforts arrivent. Elles avaient baissé les bras trop vite, accueilli trop vite en leur sein la mort. Elles m’avaient laissé. Et je les détestais pour cela. Oui, je les détestais autant que je les aimais, que je les pleurais, que je m’en voulais. Voler me faisait oublier tout cela. Avoir un but, combattre nos ennemis, leurs ôter la vie de ma lame comme ils ont nui à ma maisonnée. Cela m’aidait à me lever le matin, à m’équiper d’une armure que je détestais, à voler toute la journée, à être à l’affut du moindre danger, à redescendre sur terre le soir venu pour me reposer et recommencer encore et encore, un jour après l’autre.

Mais tout cela allait m’être enlevé. Tout ce qui m’aidait à tenir. Torrhen ne saurait accepter une autre situation. Et ne me laisserait pas le choix même si je m’y opposais. J’étais Femme. Et je savais que si nous nous opposions devant nos gardes, ils l’écouteraient lui. Ou Peyredragon prendrait les armes contre le Nord. Et cela, il n’en était pas question. Tout se bousculait dans ma tête. J’étais fatiguée, et si en colère. Non, je ne voulais pas crier sur Torrhen même si je pensais qu’il allait me couper les ailes. Il ne méritait pas mes cris, pas alors qu’il essayait de faire tout ce qu’il pouvait pour me soutenir. Il s’approche de nouveau de moi. Le Loup aurait dû fuir face au Dragon furieux. Mais il ne le fait pas comme le Dragon ne l’aurait pas fait face à lui. Nous étions partenaires au-delà d’être époux et épouse et il ne renoncerait pas. Sa voix est douce, tout comme sa main qui prend la mienne alors qu’il me parle, essaye de m’apaiser, m’explique ce qu’il entrevoit désormais. Torrhen est un homme réfléchi, intelligent, stratège. Il laisse à penser que ce qu’il propose, il y a déjà longuement pensé alors que ce ne peut être le cas. Il s’agenouille devant moi et je ne manque pas de remarquer sa grimace de douleur. Mais je ne fais rien, ne dis rien. Il sait ce qu’il fait. Il parle, encore et encore, embrasse ma main avant de m’attirer une fois de plus contre lui. Sa présence me calme, et je finis par poser mon front contre son épaule. J’ai si peur… finis-je par souffler. Comme je n’ai jamais eu peur. Athynea et Aeden en sont la cause. Mais je n’ai pas besoin de lui dire pour qu’il le comprenne. Je n’y arriverai pas… lui dis-je alors qu’une larme puis une autre coule de mes yeux. Je n’ai pas su les protéger… Si Ebryon… Je n’arrivais pas à finir ma phrase j’en étais incapable. J’étais mortifiée. Terrifiée. En Colère. J’ai échoué Torrhen. J’ai échoué. Je comprenais à présent ce qu’avait pu ressentir mon père et pourquoi il avait été si extrême après l’agression dont j’avais été victime plus jeune. Nous avons tous deux échoué, échoué à protéger, préserver nos enfants. Alors un autre? Encore plus vulnérable? Encore plus dépend de moi?










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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyVen 10 Jan - 18:27

Ensemble pour l’affronter. Parce que c’était un combat, quelque part. Une vraie bataille. Pour les gens comme Rhaenys et moi, avoir un enfant n’était pas une bénédiction. Pas seulement en tout cas. Parce que nous devions avoir des yeux derrière la tête. Nous devions être prudents à chaque instant. Parce que des salauds voulaient nous retirer nos gosses, parce qu’ils feraient tout pour les atteindre avant et après leur naissance. Tant que nous aurions des ennemis, avoir les joues roses et joufflues de tendres bambins ne les protégerait pas ; les mettre au monde ne se faisait pas sans leur dessiner une cible bien voyante, lumineuse et mortelle, sur leur visage. C’était terrible ; ils ne vivraient jamais en paix. Même si nous en venions à gagner la guerre, enfin, alors il y aurait toujours des gens pour réclamer leur place, pour en vouloir à leur statut, à leur nom. Rhaenys le sait. Moi aussi. Nous pouvons faire notre maximum pour les protéger, mais ce ne sera peut être pas suffisant.


Nous devons apprendre à vivre avec ça sur la conscience. Ce serait difficile. En perdre un, ou même simplement qu’il ou elle soit blessé… Ce serait dramatique. Je ne savais pas comment elle réagirait pour de bon, ni moi non plus. Mais nous sommes parents, maintenant. C’est de notre responsabilité. On ne peut plus la fuir, plus la contourner. Ce sera avec nous, en nous, maintenant et à tout jamais.


Je ne suis pas fataliste, en réalité ; je suis pragmatique. Comme nous devrons vivre avec cette lourde charge sur nos épaules en plus de toutes les autres, je me devais de choisir entre en faire un calvaire, une croix à porter, ou bien quelque chose qui pouvait s’avérer positif dans une certaine mesure. Si on savait qu’ils étaient en danger, on pouvait aussi tenter de prévoir en conséquence la meilleure sécurité possible. Se préparer au pire pour ne jamais avoir à l’affronter. Rhaenys est fragile, dans ce genre de moment. Et c’est bien normal. Je le suis aussi, bien que j’ai depuis longtemps recouvert mon cœur de glace pour affronter la vue de milliers de mes hommes gisant dans la boue, ou les villages ravagés sur mon passage. Rhaenys est solide. C’est la femme la plus costaud que j’ai jamais rencontré.


Ma belle me souffle qu’elle a peur. Ca fige mon cœur, car dans nos pires moments de doute, après Paege, après Buron, jamais nous n’avions exprimé tant de craintes à voix haute. Ca m’attristait terriblement de voir Rhaenys dans cet état. Je la serre contre moi.



| Moi aussi, j’ai peur. |


Pour mes enfants. Tous mes enfants. Pour elle. Pour les hommes que j’envoyais se faire tuer, tout le temps. Pour moi-même ; peur de revivre un autre Buron. La douleur, le sang, le froid et la solitude dans la défaite. Elle souffle et pleure doucement, contre mon torse alors que je la serre, me souffle qu’elle n’y arriverait pas. Qu’elle n’a pas su les protéger. Elle dit qu’elle a échoué. Je la serre plus fort encore. Je souffle, caressant ses cheveux, encadrant ses reins de l’autre main pour la garder contre moi. Je fronce les sourcils. Serre les dents et déglutis en silence. Je ne veux ni ne peux craquer. Je suis le Nord. Enfin, je l’étais. Même devant mon épouse, je ne pouvais pas me permettre le moindre écart de conduite.


| On n’a pas failli. Pas encore. On peut l’empêcher. Tous les deux. Avec tous ceux qui nous aident et nous suivent. Avec ton petit frère, et ta grande sœur. Avec toutes les bonnes volontés que l’on pourra trouver. On est le Loup et le Dragon. On fera ce qu’il faudra. |


Je prends son visage entre mes mains, bouche à deux doigts de la sienne, yeux dans les yeux. Les miens, si sombres, dans les siens aux couleurs irisées… Je la regarde, un long moment. J’épouse des yeux chaque arc de ses nuances de couleur. Je vois son âme. J’aime ce que j’y lis, comme au premier jour. Quand je ne l’aimais pas encore elle, mais que j’appréciais déjà ce que je voyais de son âme.


| Je sais qu’on y arrivera. C’est notre gloire et notre malédiction, d’occuper nos places. Nous nous plaindrons quand nous serons vieux, tous les deux. Aujourd’hui, nous avons une guerre à mener, des enfants à élever. Même celui-là… Qui pointe déjà le bout de son nez. |


Main, dure et calleuse, glaciale, par-dessus son plastron de cuir, pièce de son armure. Sur son ventre. Que je caresse, doucement. Sourire, ému cette fois. Je chasse la peur. Il sera toujours temps de la ressentir plus tard. Ma main glisse plus bas alors que lentement, mon visage se rapproche du sien.


| Je t’aime, Rhaenys. Jentys-Zaldrïze. Comme je n’ai jamais aimé. |


Et l’embrasse. Ferme les yeux. Lèvres contre lèvres. Longtemps. Jusqu’à plus de souffle. Puis, encore, après avoir repris une bouffée d’air. Plus fort, cette fois. Souffle contre elle, poumons empli de son odeur.




~~~
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Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyDim 26 Jan - 14:59



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

La tête contre la poitrine de Torrhen, les yeux débordant de larmes, je dis à voix haute ce qu’il savait surement déjà. J’avais eu besoin d’être seule, seule pour faire le point sur ce que je ressentais, sur ce que je devais faire. Il ne m’avait pas obligé à m’ouvrir à lui. Il ne m’avait pas forcé à me secouer. Non. Il avait attendu patiemment que je finisse par lui parler, que je finisse par lui dire combien j’avais peur et combien je m’en voulais. Il n’y avait plus de place pour les contes et les fables, mais tellement pour les regrets. Toutes ses pensées dans ma tête n’arrêtaient pas de me torturer. Je voulais qu’elles cessent mais en vain car je m’y accrochais comme un naufragé à un morceau de bois flottant. J’avais toujours été forte face à lui, invulnérable, brulante. Ce genre de faiblesses, rares étaient ceux à déjà y avoir assisté. Orys, Baâl, Yesaminda, et dorénavant Torrhen. Ils étaient ma maison, ma famille. Le Nordien me serre contre lui, tout en m’avouant que lui aussi avait peur. Je savais combien Buron l’avait marqué et au fond, je me rendais compte que je le savais. Sa main caresse mes cheveux, son corps supporte le mien qui manque de s’écrouler alors que je continue, lui indiquant que j’avais failli, failli à protéger ceux qui tenaient pour moi. Tout cela, c’était ma faute, et uniquement la mienne. J’avais péché par orgueil. J’avais fait confiance à Argella aveuglément, une fois de plus. Je m’étais reposée sur sa parole, sur ses serments. Et j’avais eu tort. Cela n’était en rien sa faute, mais la mienne. J’aurais dû passer outre son sentiment de sécurité et faire le nécessaire. Mais il était trop tard maintenant, oui bien trop tard.

Mes bras enserrent mon époux, et glissent dans son dos. Les rivières s’écoulant de mes yeux ne tarissent pas, mais je me sens mieux, mieux parce qu’il est là, qu’il me parle, qu’il m’écoute, qu’il me soutient. Il prend mon visage dans ses mains si grandes et rugueuses jusqu’à ce que ses yeux sombre trouvent les miens. Je peux y lire sa détermination et son amour. Surtout cet amour qu’il me porte, cet amour dont j’ai cruellement besoin. Je ne peux pas y arriver seule. Mon cœur était trop tendre, mon âme trop solidaire pour supporter la solitude. J’ai besoin d’Orys. J’ai besoin de Torrhen. J’ai besoin de savoir que je ne suis pas seule. Jamais. J’avais toujours été entourée et je ne savais pas faire autrement. A travers mes larmes, Torrhen m’arrache un léger sourire, teinté malgré tout de tristesse. Mes doigts essuient l’eau salé tandis qu’il caresse mon ventre, persuadé que le mestre a vu juste et que nous allions avoir un nouvel enfant. Je le regarde et vois l’émotion qui le prend à cette idée. Cela éloigne un peu ma peur, et mes lèvres viennent trouver les siens après ses dernières paroles que je sais sincère. Je ne peux pas lui dire la même chose, pas totalement mais cela n’a pas d’importance pour lui. Il sait que je l’aime, et cela est suffisant. Ma vie est unie à la sienne, non seulement par notre mariage, mais par notre famille… Surtout par notre famille d’ailleurs. J’étais sienne, il n’y avait aucun doute à avoir.

Je laisse ses baisers chassaient mes larmes, son amour réchauffer mon cœur. Il est à bout de souffle, mais nous n’avons rien à faire. Je respire contre ses lèvres, avant de poser mon front contre son épaule. Je reste ainsi, enlacée contre lui plusieurs minutes. Gūrogon ñuha ondos, gūrogon ñuha giez ābrar tolī lui glissais-je doucement, en fredonnant. Ces quelques vers venaient d’un poème que ma mère affectionnait. Nous en avions faits une chanson avec les miens, reprenant quelques phrases, les changeant pour d’autre. La dernière fois que je l’avais chanté, c’était aux funérailles de mon père. Elle était la chanson qui définissait cette affection qu’il y avait entre mes parents, cet amour qu’ils partageaient l’un pour l’autre… Je te la chanterai, un jour… lui soufflais-je, dans un murmure, dans une promesse. Aujourd’hui, je n’en avais pas le cœur. Mais plus tard je le ferai. Oui, plus tard. En attendant, je restais contre lui dans ses bras, réchauffant mon âme, mon cœur, mon corps à son contact.









Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyJeu 30 Jan - 19:55

Les choses ne sont jamais simples dans l’existence, et c’est encore pire quand on règne. De mon point de vue, que je savais condescendant mais conditionné par ma propre existence, il était plus difficile de vivre avec des responsabilités que sans aucune. Certains souverains étaient débonnaires ; ils se fichaient bien d’accomplir tout ce qu’on attendait d’eux pourvu qu’ils puissent jouir de leurs prérogatives sans s’inquiéter outre mesure des conséquences. D’autres, qui savaient que leur règne n’était pas plus éternel que leur propre existence, avaient parfaitement conscience que beaucoup de choses reposaient sur eux et qu’il était donc tout à fait normal et habituel de sentir un poids aussi familier qu’écrasant sur chacune de ses épaules. Rhaenys et moi vivions comme cela. Nous faisions l’expérience, depuis des durées différentes et à des intensités qui changeaient elles aussi, de l’écrasant héritage de deux dynasties saignées dans notre jeunesse. Plus le sort de notre peuple, de notre culture. Le poids de l’idéal commun, pour lequel nous avions tout sacrifié, et pour lequel nous misions nos vies. Cela ferait beaucoup pour n’importe qui et j’avais au moins la chance d’avoir la couenne dure, le cuir tanné, depuis mes premières années de règne. Rhaenys était plus jeune, moins expérimentée. C’était aussi sa force.


Je la serrais contre moi. Parce que c’était ce dont elle avait besoin, même si je n’étais pas familier de ce genre de geste de proximité, d’intimité. Elle avait besoin de moi. Et plus encore, elle était peut être enceinte. Encore un cadeau du ciel. Un signe des dieux, qui nous soufflaient de tenir bon malgré les circonstances, malgré les dangers et la mort qui rôdait. Je l’aimais tellement, Rhaenys. Et savoir qu’elle porte peut être à nouveau la vie, le fruit de notre union et de notre amour, cela faisait gonfler mon cœur de fierté. Elle pleure, et ça m’attriste. Mais ça ne me fend pas le cœur ; sa tristesse n’est qu’appréhension pour une vie qui nous est féconde, qui nous récompense, malgré tous les coups qui nous tombent dessus en permanence. Je continue de la serrer alors, sans bouger. Menton contre son front, nez dans ses cheveux, qui hument son odeur de braises encore chaudes.


Elle est si belle, quand elle me sourit malgré les larmes qui lui baignent le visage. Je lui souris à mon tour, essuie du pouce ses larmes quand mes mains se portent de chaque côté de son visage. Nos baisers me réveillent, encore. Et je me sens à nouveau victorieux et conquérant, prêt à renverser tous les obstacles, à faire en sorte que ça marche. Que tout marche. Nous, la guerre, l’Empire. Dans cet ordre. Nous restons enlacés, et elle me souffle quelques mots en valyriens. Je la regarde, mais elle ne m’explique pas. Je connaissais quelques mots choisis, d’ordre militaire ou intime, les deux seules choses pour lesquelles je pouvais avoir besoin de converser avec Rhaenys en valyrien. Je fronce les sourcils, en frôlant son nez si parfait du mien, déformé par les cicatrices.



| Qu’est-ce que cela veut dire, mon aimée ? |


je continue de la garder contre moi. La serre un rien plus fort.


| Tu veux que nous nous allongions ? Je pourrais rester près de toi. Pas de travail ce soir. Demain la marche sera longue. Et nous pourrions profiter un peu du temps ensemble. |


Nez qui s’enfouit dans ses cheveux, j’inspire à pleins poumons alors que ma main droite descend sa chute de reins et empoigne ses fesses, tandis que l’autre se pose sur l’un de ses seins par-dessus son vêtement, pressant légèrement.


| Ou alors, tu me rappelles que je suis un père avant d’être un grand-père, et un époux avant d’être général… |


J’avais essayé de paraître un rien espiègle comme elle pouvait l’être, au moins pour le faire sourire.




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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMar 31 Mar - 15:09



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je déposais un léger baiser sur les lèvres de Torrhen pour toute réponse à sa question. Plus tard, plus tard, je lui chanterai cette chanson en entier et je lui dirais ce qu’elle signifie. Plus tard, même si cela allait quelque part le frustrer. Je ne m’en sentais pas la force de le faire en cet instant, culpabilisant à chaque fois de ressentir du bonheur alors même que Yesaminda et Leslyn n’étaient plus de ce monde pour elles aussi en connaitre. C’était mon fardeau, mon péché. Lorsqu’il me propose que nous nous allongions, je lui réponds d’un signe de tête, tout en restant dans son étreinte. J’ai besoin de sentir ses bras autour de mon corps, la chaleur qu’il dégage, et ce sentiment de sécurité qu’il m’inspire. Je me raccroche à lui. Il est le soutient dont j’ai besoin pour ne pas totalement m’effondrer. Tant de choses se bousculent dans ma tête. J’ai peur, peur de ce que demain nous apportera, peur pour notre avenir. Jamais encore je n’ai eu peur d’une telle manière. Cela ne me va pas, ne me réussi pas. Je dois apprendre avec ce nouveau sentiment mais en attendant d’y arriver, je m’accroche à lui. Je laisse mon époux la porter avec moi, pour moi. Il était assez fort pour cela, là où je n’étais que faiblesse. Je souris dans son cou, tendrement, et amusée aussi alors que ses paroles et ses gestes se font plus luxueuses. Je ne suis pas d’humeur, mais ni lui ni moi ne nous en offusquerons. Nous nous aimions assez pour cela. Je caresse doucement son dos, avant de prendre sa main baladeuse dans la mienne pour nous conduire jusqu’à notre lit, réconforter à l’idée que ce soir, nous ne serions qu’à l’autre. Je pose ma tête sur son torse, mon oreille contre son cœur que j’écoute battre. Mes doigts caressent doucement le reste de son torse, mon corps lové contre le sien. Cela n’est pas trop étrange pour toi d’être devenu Père en même temps que grand père ? Et d’avoir des enfants en même temps que tes propres enfants ? Nous n’en avons jamais parlé. lui demandais-je doucement. Il avait toujours été évident que notre lignée aurait des héritiers. Et je ne lui avais jamais caché que je rêvais d’une grande famille, qui emplirait de rires et de bruits notre demeure. Mais je n’avais pas réalisé que Torrhen était à un âge où un homme devenait désormais grand père. Ses gestes, ses attentions, son amour pour nos enfants me faisaient oublier qu’il n’était pas uniquement un Père. Il n’aimait pas moins Aeden et Athynea même s’il avait déjà eu le loisir d’être à trois reprises Père. Penses-tu que c’est pour cela que Walton et Jeyne m’apprécient si peu ? Je ne veux pas qu’Athynea et Aeden puissent souffrir de nos choix. Je veux qu’ils soient proches de tes enfants, de tous tes enfants. ajoutais-je non sans inquiétude. Jon les accepterait. Je n'avais aucun doute sur ce point là. Nous avions beaucoup parlé lui et moi et jamais il n'avait semblé gêné par ma grossesse. S'il n'avait pas été présent à leurs naissances, dans sa lettre, il avait indiqué qu'il voulait les rencontrer et j'avais assez foi en lui et ce lien que nous avions su créer pour être persuadée que ce n'était pas un mensonge. Mais Jeyne et Walton... C'était une toute autre histoire. Je pouvais supporter leur mépris. Mais je ne voulais pas qu'il se répercute sur Athy et Aed.











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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMar 31 Mar - 19:26

J’accueille le baiser de mon épouse et je comprends alors qu’elle n’est pas prête à me dire de quoi parle la chanson. Elle sonne en tout cas comme un certain écho de la nostalgie de sa patrie détruite jadis par le Fléau, par ce monde qu’elle n’a jamais connu mais qui je le sais, l’imprègne toujours toute entière. Je le vois toujours dans ce genre d’instant, au plus profond de ses yeux. Parmi ces stries jaunes et violettes, sous la couleur de lin de ses prunelles ; elle n’est pas comme nous autres, descendants d’Andals et des Premiers Hommes en Westeros. Elle n’est pas comme nous, et pas même un tout petit peu. Je l’aime malgré ces différences béantes entre nous, qui pourraient nous séparer sans cesse mais qui pour l’instant nous maintiennent unis. Je savoure le goût de ses lèvres, leur douceur. Son odeur, généralement, que j’aime avoir sur moi. La belle accepte au moins que nous nous allongions et met un terme à mes approches ; elle ne veut pas de cela, ce soir. Cela me coupe dans mon élan et me rapporte à ce qui va nous séparer, les prochaines semaines, tout ce temps passé vers d’autres obligations que celles qu’il existait entre nous, époux et amants, et regrettais sa décision. Elle me ramenait toujours à de vieilles peurs secrètes, à cette indécision permanente par rapport à qui j’étais et ce que je faisais de ma vie. Toujours tenaillé par le sentiment vivace de la trahison et de la jalousie, bien conscient que je ne la méritais ni de corps ni de cœur.


Mais nous nous allongeons et la voilà qui me passe une main dans le dos. Je la caresse à mon tour sur le flanc, flattant le bas de ses côtes et remuant sur son ventre qui peut être déjà à nouveau accueillait la vie. Je savoure encore un peu plus le poids de sa tête sur mon torse. J’aimais sentir sa douceur et sa chaleur ; elle me faisait la sensation d’être comme ces œufs de dragon qu’elle trimballait avec elle, elle pouvait prendre des aspects rugueux mais pourtant être douce au toucher, et en son sein couvait une chaleur qui n’était pas qu’humaine. J’écoute ce que la belle me dit, me questionne. Je haussais les épaules dans notre lit.



| Non. Cela me fera sans doute quelque chose de plus quand je rencontrerais ce sang qui est un peu de moi. Pour l’instant, ces petits-enfants restent lointains. Je connais leur nom ; j’aime l’idée d’être grand-père et entouré de marmaille, mais… Il est temps que mes enfants volent de leurs propres ailes, malgré leur jeunesse. Celle-ci disparaîtra bien vite, tu le sais, mon amour… Et je suis content d’avoir des enfants, avec toi. Je pensais que ce mariage serait une obligation pour tous deux ; je ne pensais pas que je pourrais encore aimer. Et je ne pensais pas que tu puisses m’aimer, moi, le vieux loup. Alors, c’est une chose bonne et belle, non ? |


Je déposais un baiser contre son nez, la chatouillant de ma barbe au passage. Je regardais plus gravement mon épouse quand elle évoquait Walton et Jeyne. Mais aussi de nos premiers nés. Je savais bien que c’était une inquiétude chez elle, et elle était qui plus est légitime. Je prenais le temps de lui répondre, regardais le plafond de la tente et la fumée du foyer s’évacuer par l’orifice en son centre, pour éviter de nous assommer de vapeurs empoisonnées. Je pesais ma réponse…


| Walton et Jeyne voient dans leur mère la seule personne qui les a élevés. C’est évidemment faux, mais ils ont dû grandir plus vite à cause de mes propres insuffisances. Ils pensaient que l’amour que nous nous portions, Sigyn et moi, était beau et pur. Cela donnait du sens à ce qu’ils ont vécu enfants. |


Je la serre un rien plus fort contre moi.


| Laisse faire le temps, Jentys-Zaldrïze. Quand ils verront nos enfants et notre relation, quand ils verront tout ce que nous construisons ensemble, ils changeront d’avis. |


Je l’embrasse sur le front.


| Mais avant cela, nous allons devoir encore voir beaucoup de sang, mon amour. |




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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMar 31 Mar - 22:43



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J’aimais me trouver ici, dans l’étreinte de Torrhen. Pouvoir entendre son cœur battre sous mon oreille, sentir ses doigts glisser sur ma peau ou dans mes cheveux, caller ma respiration sur la sienne. Il me donnait l’impression que nous étions dans une sorte de cocon, et que rien ne pouvait nous atteindre. Cette sensation, je ne l’avais qu’avec lui et Orys. Mon frère me manquait, affreusement. Je me forçais à ne pas penser à lui, à ne pas m’inquiéter pour lui. Il y avait des jours plus faciles que d’autres. Torrhen, lui et mes enfants étaient mes derniers refuges. Je ne pourrais supporter en perdre l’un d’eux, pas après avoir perdu Yesaminda et Leslyn. Je l’avais déjà dis à mon époux, j’étais incapable d’avancer seule. Là était ma plus grande faiblesse. J’avais besoin des miens pour continuer, pour me battre, pour triompher. Je le faisais pour eux et non pour moi. Je me fichais bien du pouvoir, et de la gloire. Ce qui me tenait à cœur c’était leur sécurité, leur bonheur.

J’interrogeais l’homme sur ce nouveau rôle qui était désormais le sien. Je n’avais jamais abordé ce sujet avec lui. Nous n’en avions pas vraiment eu l’occasion d’ailleurs. J’avais peur, peur quelque part que cette vie que je lui imposais ne soit un fardeau. Peut-être désirait-il ne plus avoir à pomponner alors même que c’était désormais à ses enfants de le faire ? Alors je l’écoute avec attention. J’embrasse son cœur à ses mots et lui soufflais le plus sincèrement du monde Avy jorrāelan. Je reposais ensuite ma tête contre lui et ajoutais Tu ne devrais jamais en douter. Tu es un homme formidable et toute femme aurait beaucoup de chance de t’avoir pour époux. Je lis en toi Torrhen. Je sais quel homme tu es, réellement, sous cette couche de glace que l’on voit en toi. Tu es aussi fait de feu. de passion et d’amour. Nous étions semblables sur ce point même si personne ne le savait vraiment. Il fallait le connaitre réellement pour cela et j’étais, pour l’heure, la seule à pouvoir me targuer de connaitre la nature de son cœur. Et j’aime l’idée que nos enfants soient issus non pas d’arrangement mais d’amour. Vois comme ils sont magnifiques. Ils étaient ma plus grande fierté et je ne pensais pas pouvoir aimer d’une manière aussi inconditionnel de si petits êtres avant d’être mère. J’avais très mal vécue ma grossesse, mais depuis qu’ils étaient avec moi. Si cela m’était donné, je passerai mon temps avec eux, Torrhen et Orys. Je n’avais pas besoin de plus pour être réellement heureuse.

J’évoquais ensuite Jeyne et Walton en toute franchise. Je savais combien il les aimait mais qu’il ne prendrait pas pour autant offense de mes interrogations et inquiétudes. Peut-être ne les partageraient-ils mais il les comprendrait. Parce qu’il savait qu’il n’y avait aucune mauvaise intention, aucune arrières pensées. Je n’avais aucun ressentiment vis-à-vis des siens. Je ne voulais pas les écarter de la vie des nôtres mais qu’ils fassent parti de cette famille, aussi étrange soit elle. je peux vivre avec l’idée qu’ils me détestent tu sais ? Ils peuvent me jeter la pierre et penser que j’essaye de ravir cette partie de mon cœur qui appartiendra toujours à Sigyn. Je suis assez forte pour le supporter. Mais Athynea et Aeden sont innocents de tous mes péchés. Je ne veux pas qu’ils en souffrent tu comprends ? Qu’ils se sentent rejetés sans comprendre pourquoi. Ils sont autant ton avenir que tes aînés. Je ne veux pas de rivalité entre eux. Non je ne pouvais pas concevoir pareille famille. Peu importe la quantité de sang versé. Si cela leur assure à tous un avenir serein et paisible, je continuerais encore et encore.. A tes côtés.









Hēnkirī



Dernière édition par Rhaenys Braenaryon le Mer 22 Avr - 21:29, édité 1 fois
Rhaenys Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMer 1 Avr - 12:17

Je sentais que cela faisait du bien à Rhaenys que de se retrouver ainsi, contre moi. Nous n’étions qu’à demi-nus, à demi-prêts vraiment à aller nous coucher puisque j’aurais aimé avant cela fait un brin de toilette et sans doute qu’elle aussi, mais le confort de l’instant, physique comme mental, faisait le plus grand bien. Je me sentais un peu apaisé ; pas comme si nous étions à la maison avec nos enfants juste à côté, mais ça y ressemblait malgré tout. Sa tête contre mon torse me tenait chaud, avec sa longue chevelue en bataille qui retombait sur tout le haut de mon corps, et je la sentais prêter oreille attentive aux impulsions de mon palpitant dans ma cage thoracique. Je la sentais passionnée par le sujet qu’elle évoquait dès à présent sur ma nouvelle paternité ; il était vrai que nous n’avions pas l’habitude entre nous de parler de notre mariage et de ses conséquences, les belles comme celles qui l’étaient moins. Mais nous avions malgré tout assez de recul pour savoir nous poser et réfléchir ensemble sur tout ce qui nous arrivait. Ce n’était jamais une promenade de santé, de cela j’étais certain, mais il ne fallait pas pour autant que nous baissions les bras. L’entraide entre nous devait être la plus forte possible.


Elle m’embrasse et je goûte la délicate sensation sur le pectoral et la peau dure et gelée qui le recouvrait ; elle était pour moi un véritable havre de chaleur, un corps nimbé de flammes qui irradiaient mon corps tout entier. Je souris à ses mots en valyrien.



| J’ai encore des progrès à faire, je ne savais pas qu’on pouvait le dire aussi directement mais j’ai reconnu la base grammaticale… |


Je frottais ma joue sur son front, alors qu’elle me disait que je ne devrais jamais douter de ses sentiments et de la valeur qu’elle m’accordait. Je n’étais pas convaincu que j’étais une chance pour ma compagne, mais je n’allais certainement pas la contrarier. Je souris quand elle me dit que j’étais le feu.


| Pourtant, c’est toi qui est brûlante, ma jeune dame… |


Et nous nous complétions totalement, de ce point de vue là en plus du reste. Je comprenais ce qu’elle disait à propos de nos enfants ; certes tous les parents considèraient leurs enfants comme autant de merveilles du monde. Mais il y avait quelque chose de spécial, dans les nôtres. Mes premiers enfants étaient des loups. Pas Aeden et Athynéa. Ils étaient encore autre chose, et il me tardait de le découvrir concrètement. L’avenir serait une belle chose, avec eux.


| Ils ont la chance d’avoir les traits fins de leur mère… Et sa gouaille, déjà. On m’a rapporté qu’Aeden hurlait pour manger la moitié de la journée. Lui aussi veut prendre des forces… Athynéa est plus discrète. |


Je pensais qu’elle effrayait un peu certaines de ses nourrices, présentes en journée dans le wagon du Train Impérial, doublé de mailles fixées les unes aux autres et le toit recouvert de peaux de bêtes humides pour protéger tout risque d’attentat. Par sécurité, les autres wagons de ravitaillement affectés à la maison impériale avaient suivi le même traitement et les enfants embarquaient aléatoirement dans un nouveau chariot à chaque jour de marche. Je hochais la tête quand elle évoquait les sentiments de nos enfants, à l’avenir.


| Charge à nous de les rendre assez solides, et charge à moi de faire entendre raison aux plus grands. Gageons déjà que la solidité de notre Constitution permette d’éviter à tous les querelles d’héritage… Ce sera déjà une belle épine de retirée dans leurs pieds à tous. |


Je souriais, frôlant son nez du mien, mettant sous ses yeux l’immonde balafre.


| T’ai-je déjà dit à quel point ta demie-armure et le sang des combats te rendait désirable ? C’est terrible, presque honteux, mais rien ne te rend plus belle que cet aspect si terrible que les combats te font revêtir. |




~~~
Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

~~~


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Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMer 22 Avr - 21:54



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je souris en voyant mon époux le faire, et laisse échapper un léger rire à sa réponse. On le peut, comme dans la langue commune… Tout comme je peux le faire dans ce dialecte moins étranger à tes oreilles. Je t’aime Torrhen. Puisses-tu ne jamais en douter mon amour. Je ne lui promettais pas l’exclusivité sur mon cœur. C’était là quelque chose dont je n’étais pas capable. Pour autant, mon affection pour lui n’en était pas moins, moins importante. Je savais aimer comme peu le pouvait. Mon cœur et mon âme ne se divisaient pas entre eux, mais se multipliaient pour eux. Pour Orys, pour Torrhen. Je les aimais différemment mais tout aussi intensément, passionnément. Je n’étais complète que s’ils étaient tous deux à mes côtés, même si je savais que cela ne pourrait arriver. Nous avions nos propres obligations et je ne pouvais les forcer à les mettre de côté pour mon simple bonheur. Ils savaient tous deux ce que je ressentais pour eux, et que, quoi qu’il puisse arriver, cela resterait immuable. Torrhen était devenu l’un de mes faiblesses au même titre que mon Valonqar… Et dans cette lignée mes enfants. Je les aimais eux aussi différemment, bien plus à bien y réfléchir que les deux hommes. Mes précieux trésors pour qui je détruirais le monde à renfort de flammes si cela pouvait les garder en sécurité. Mon âme avait toujours été assez sombre pour le supporter. Et je savais que, si cela devait arriver, Torrhen se trouverait à mes côtés, tout comme mon frère d’ailleurs. Et ils auront ta force et ton courage. ajoutais-je en déposant un léger baiser sur son nez. Athynéa tient déjà plus de toi que de moi. Là où je suis la tempête comme Aeden, tu es le calme qu’elle incarne. Pour l’instant elle est plus fragile, mais cela ne durera pas. Nos enfants ne seront jamais des proies ni vulnérables. Nous leur apprendrons à être Loups et Dragons. HĒNKIRĪ… Ensembles. Nous étions bien plus forts à deux que séparés.

Nous n’en avions jamais réellement parlé avant mais cela me tenait à cœur d’évoquer les enfants que Torrhen avaient eu avec Sigyn. Je ne niais pas leur existence. Je ne leur voulais aucun mal non plus. Ils appartenaient à cette famille que nous étions désormais, même si je craignais qu’eux, ne voient pas les choses de cette manière. Où du moins deux d’entre eux. Jon. J’avais confiance en Jon pour prendre soin d’Athynea et d’Aeden s’ils devaient nous arriver quelque chose. Je ne pouvais pas en dire autant de Jeyne ou de Walton et cela me désolait. Je ne veux pas qu’ils soient réduits à cela mon aimé, à la constitution. Je veux qu’ils puissent entretenir une véritable relation, qu’ils se fassent confiances, qu’ils soient les remparts des uns et des autres, qu’ils soient la preuve de cette unification que nous voulons pour Westeros. Le Nord, l’Empire, Peyredragon, l’Orage, Le Conflans Libre, Dorne, le Bief et le Val si les Dieux nous sont favorables… Et l’Ouest qu’incarnera Jeyne lorsqu’elle sera Reine. Peut-être étais-je trop utopiste ? Peut-être en espérais-je trop ? Pourtant, nous avions déjà tissé tellement de liens solides. Je voulais y croire. Non. J’y croyais. Sincèrement.

Torrhen détourna le sujet et m’arracha de nouveau un rire. Ma main se pose sur sa joue, caressant son visage qu’il juge laid, immonde, balafré. Il ne se voit pas comme moi je le vois. Je suis toujours terrifiante. Ne suis-je pas un monstre, moi le Dragon ? lui soufflais-je d’abord avant d’ajouter C’est parce que mon âme trouve écho dans la tienne. Tant de personnes doivent me trouver repoussante, impure même. Je ne suis pas une femme de la cour. Je ne l’ai jamais été. Pourtant n’est-ce pas ce que l’on attend d’une Reine, ou d’une Impératrice ? Ne suis-je pas sensée n’être qu’un ornement à ta couronne, un accessoire décoratif et joli à ton bras ? Une femme tout juste bonne à se taire en public, à te faire des enfants et à attendre ton retour dans ton château, à l’abris de tout dans sa tour?








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Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyJeu 23 Avr - 12:13

Ma jeune épouse me tenait chaud, ainsi blottie contre moi. Son corps irradiait d’une douce chaleur, qui n’était pas brûlante au toucher mais qui se diffusait par capillarité. Elle me faisait l’effet d’un œuf, comme ceux de ses dragons. La chaleur ne se répandait par tous les pores de votre peau qu’en cas de contact prolongé, et sans jamais vous étouffer ou vous oppresser. Forcément, ses douces paroles ne peuvent sonner que comme autant de tendresse à mes oreilles, peu habitué à de telles débauches de sentiments énoncés tout haut. Je savais aussi que son cœur, je devais le partager. Mais quand elle était là comme ça, contre moi, et qu’elle me regardait de cette façon, j’étais prêt à tout, et certainement pas à me rebiffer. Je hoche la tête en déposant un baiser sur son front, encore un. Je n’avais jamais été très tendre ou très doux avec les femmes qui avaient accompagné ma vie. Même celles que j’avais aimées. Sigyn n’était pas de ce genre de tempérament. L’union avait sans doute été plus tempétueuse, plus passionnelle peut être. Plus physique, en tout cas. Sans parler des femmes qui avaient été là plus pour satisfaire des besoins et combler la solitude qu’autre chose, comme Mathie. Cela ne m’avait pas empêché de développer des sentiments, de l’affection et de l’attachement… Mais sans commune mesure avec ce que je ressentais pour Rhaenys.


La belle embrasse mon nez, marqué et entouré par les cicatrices. En espérant que nos enfants aient certaines des qualités qu’elle m’attribuait. Je souris en l’entendant en parler, alors qu’ils étaient encore si petits et pourtant déjà tellement pris à partie par ce monde qui attendait tellement d’eux. Ce n’était ni une gloire ni une malédiction. Ce serait à nous de faire qu’ils puisse atteindre la première et refuser la seconde.



| Et ils seront bientôt rejoints par une petite sœur ou un petit frère, à ce qu’il paraît… |


J’avais répliqué en caressant son ventre, sans déraper cette fois. En le couvant d’une grosse main qui pour l’instant, en recouvrait une bonne superficie. J’étais heureux de fonder cette famille avec Rhaenys, même s’il était clair que le souverain avait besoin d’héritiers potentiels il ne servait à rien de nier que j’aimais cette idée que d’avoir des enfants avec la Targaryen, et d’emplir ce qui nous servait de maison de rires et de pleurs d’enfants. Je caressais doucement les cheveux sur sa nuque quand elle expliquait vouloir aller bien au-delà de relations prévues et compartimentées par traité fondateur de l’Empire. Je pouvais comprendre son embarras, Rhaenys était depuis toujours très sensible, sous ses dehors inflexibles. Je ne pouvais qu’abonder dans le sens de mon épouse.


| Jeyne est déjà reine, ma douce. Enfin elle le sera officiellement prochainement. Nous avons reçu missive depuis notre départ dont je t’avais adressé copie, mais l’estafette s’est peut être perdue… J’enquêterais. Le Roi Loren est mort de ses blessures. Il y a de fortes tensions, dans l’Ouest. Il est possible qu’on nous reproche ces tentatives d’assassinat, même si je ne sais pas ce qui guiderait nos ennemis sur cette voie… Peut-être parce qu’eux-mêmes ont des choses à se reprocher ? Jon t’apprécie, je le sais. Walton, je ne suis pas sûr qu’il m’apprécie moi-même. Il faut laisser faire le temps, et ne pas relâcher nos efforts, mon aimée. |


Ses caresses me font fermer les yeux alors que je lui confiais mon sentiment sur son physique de guerrière. Mais je secoue la tête quand elle prononce le mot « monstre ». je ne peux m’empêcher d’user d’ironie quand elle parle de ce qui devrait normalement l’attendre.


| Si cela me permettait au moins de pouvoir t’admirer en robe échancrée avant de te la retirer avant de t’aimer, je signerai plus vite encore que la constitution impériale. Et quoi que tu en dises, tu es bien plus dame de cour que moi, mon amour. Tu aimes tant de ces choses de la paix et de la fête… Et c’est tout à ton honneur. |


Mais je glisse, taquin, au creux de son oreille que je mordille.


| Mais c’est bien en armure que je te préfère. |




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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMar 16 Juin - 21:14



Les terres de l’Orage, An 1, mois 10, semaine 1

Je souris tendrement à Torrhen et pose ma main sur la sienne. Je restais encore un peu inquiète pour la suite des évènements mais je savais qu’il serait là. Et tant que ce serait le cas, tout irait bien. Ou du moins au mieux. Je ne serais plus jamais seule. Cela était impossible, alors qu’il était mon époux. Fiable, aimant, attentif. Tout cela il s’était, sans aucun doute plus que ne l’avait jamais été Aegon, ou encore Orys. Il n’était pas toujours d’accord avec moi, mais il m’écoutait et quelle que soit sa position de départ, il était prêt à faire des concessions jusqu’à ce que nous tombions d’accord, là où Aegon, lui, aurait imposé son point de vu, là où Orys, lui aurait sans doute fini par me donner entièrement raison. Cela ne m’empêchait pas de les aimer non. C’était simplement… Différent. Ils se retrouveraient cependant sur un point : comme mes frères, jamais il n’avait essayé de me couper ou me briser les ailes. Il m’acceptait tel que j’étais, pleine et entière, avec tous ces défauts que le temps ne gommerait jamais. Ils m’aimaient, non pas comme une femme qu’ils avaient idéalisée, mais pour celle que j’étais au plus profond de moi.

J’avais conscience de la chance que j’avais. Je n’étais pas, comme je venais de lui dire, une jolie chose qu’il pouvait exhiber, avant de la laisser au placard. Il ne m’attachait pas à une maison que je devais tenir, à des enfants que je devais élever, à un rôle de simple procréatrice, bonne à écarter les cuisses selon ses besoins et des envies. Il ne se sentait ni menacé, ni émasculé parce que je prenais les armes et parce qu’on avait mis entre main du pouvoir et une couronne sur la tête. Je ris doucement à sa première réponse, avant de déposer un léger baiser sur sa bouche. Pour rien au monde je ne renoncerai à ce genre de robe si cela peut te rassurer. Je pourrais vivre nue, si cela n’était pas aussi mal vu. Après tout, ce n’est que de la chair et je trouve cela triste de cacher ce qu’il y a de si beau dans ce monde. J’aimais les corps, des hommes comme des femmes, aussi uniques pouvaient-ils être. Les voluptueux, les brindilles, les immaculés, les marqués par la vie… Je savais trouver la beauté là où elle était, et ne pas voir que ce que les autres qualifiaient de « laideur ». Je déteste les fêtes mon amour. Mais j’aime la paix, la musique, l’art et la liberté. ajoutais-je tout en caressant doucement son torse, même si tout cela il le savait. Ou du moins tout sauf le premier fait. Les fêtes… Cela était toujours bien trop marqué par le protocole. Je savais le mettre un peu de côté pendant oui, mais il se rappelait que trop souvent à moi pour que je puisse en profiter réellement. Et moi c’est nu que je te préfère. Lui répondis-je le plus sérieusement du monde alors qu’il me souffle à l’oreille et vient mordiller ma peau.










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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy EmptyMer 17 Juin - 14:05

Le sourire de la jeune femme est communicatif. La chaleur de la paume de sa main réchauffe la mienne, toujours si froide. Je ne pouvais pas dire que tout irait bien mais j’avais confiance dans notre avenir commun et notre capacité à le surmonter ensemble. Nous avions déjà prouvé que nous étions capables de grandir ensemble, en tant que couple autant que comme binôme, et j’apprenais à ses côtés le poids des idées, et plus seulement ceux du devoir ou de l’honneur. La jeune femme était désormais au centre de mon existence ; difficile de concevoir autre chose que notre duo, désormais. Notre alliance régissait tant de choses dans le monde que la mettre à bas provoquerait la ruine de beaucoup. Nous devions tenir, pour nous comme pour les autres. Cette proximité me rassénérait, me redonnait de la force. J’en avais bien besoin au milieu de ces semaines d’efforts, de travail et d’angoisse, et d’attente, surtout.


La belle me fait sourire comme un gosse, déformant à nouveau mes traits, quand elle me dit qu’elle resterait bien nue. Je ne pouvais pas dire que ça ne m’amusait pas mais il n’était pas question, pas un seul instant pour moi, de considérer que vivre sans vêtements soit une solution. Je fis la moue, avec un peu d’ironie pour essayer de lui arracher un nouveau rire cristallin.



| De si beau, de si beau… Toi tu n’as jamais vu les matronnes de Fort-Terreur… L’idée de les voir nues serait à peu près aussi réconfortante que celle de passer la nuit seul et tout nu au-delà du Mur. |


Je dépose un baiser sur son nez, caresse son ventre en passant ma main de son plexus à son nombril.


| Toi, tu es belle, et te concernant j’aurais bien du mal à te partager à la vue de tous, je l’avoue volontiers… |


Nulle contrainte, car cela faisait partie des accords que nous avions au départ ; je n’avais pas mon mot à dire sur ses relations, pourvu qu’elles soient discrètes et qu’elles ne la mettent pas en cloque. Passé cela… Rhaenys me rappelle ce qu’elle aime, même si je suis plus attentif aux caresses sur mon torse, au travers de ma pilosité, gonflant les muscles sous son passage. L’avantage de manier depuis plus de vingt ans un espadon au poids terrible, c’était que j’avais la carrure d’un taureau adulte. Mais vieillissant. Elle semblait si belle et si douce, à côté du monstre que j’étais…






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MessageSujet: Re: Cause you’re made of strength and mercy   Cause you’re made of strength and mercy Empty

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