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Livre II, Intrigue N°3 - Faiseur de Veuves
MessageSujet: Livre II, Intrigue N°3 - Faiseur de Veuves   Livre II, Intrigue N°3 - Faiseur de Veuves EmptyVen 27 Déc - 23:47




  • Bloody Crown
L’Héritier


L’instant était grave. Le moment solennel. Le jeune Prince attendait de savoir ce qu’il fallait encore tenter. On le fit entrer dans la chambre, et son cœur se souleva de l’odeur immonde de la putréfaction, de la maladie, de la mort. Son père déjà ne bougeait plus. Et la mère avait peut être pleuré ; son maquillage avait un peu coulé mais plus nulle trace de larmes dans ses yeux. Rien d’autre que le feu et la détermination. Elle lui dit que le Royaume comptait sur lui. Petites gens et nobles de haut parage. Tous s’en remettraient à lui. Qu’il serait seul, désormais. Comme jamais il ne l’avait été avant, car tout le monde se reposerait sur lui et sur ce qu’il serait capable de faire. Elle ne le prit pas dans les bras. Ne le consola pas non plus. Elle lui rappela tous ses devoirs et responsabilités. Elle ne le toucha qu’au moment de lui dire qu’elle pourrait toujours compter sur elle, sa mère. Qu’elle avait la noblesse de ce royaume dans le creux de la main, et sa roture se tuerait pour éviter un regard pesant d’elle. Elle lui souffla, main sur le bras, qu’elle n’aura de cesse d’enquêter et de rechercher les responsables à la mort prématurée du Roi, de celui qui l’avait précédé sur le trône. Et qu’il fallait qu’il prépare le Royaume, qu’il était temps de se rappeler du courage et de l’honneur, que la richesse ne faisait pas tout. Bientôt, le Roc serait en guerre, et l’on ne parlerait plus de loups ni de dragons, mais du Lion qui vient prendre la place qui lui est dûe. Elle ne lui laisse que quelques secondes pour reprendre ses esprits avant de l’attirer dehors en le tirant par la manche sans forcer ; la Reine n’avait jamais eu besoin de malmener pour se faire respecter. Le Prince n’avait pas encore pu dire au revoir à son père tant aimé, pas plus qu’il n’avait pu le faire à sa plus jeune sœur, quelques mois plus tôt. Il sortit avec elle, qui restait deux pas derrière. Dans le large couloir, des hommes par dizaines. Blasons Crakehall, Brax ou Farman. Tous étaient déjà là, répondant à l’appel de la rumeur.

Sa mère s’avança d’un pas et lui leva le bras de sa main.

| Le Roi est mort. Vive le Roi ! |

Cri reprit en cœur, épées levées. Vive le Roi, Le Roi Lyman, Lannister !






  • Bloody Crown
L’Empire des Royaumes Fédérés


La guerre reprenait déjà ses droits, sitôt l’hiver terminé. La mort et le sang continuaient d’abonder pourtant, dans le Nord. Le Roi Jon Stark, à peine couronné, devait faire face à la grossesse difficile de son épouse Eléanor, qui perdait tant et tant de sang que l’on pensait qu’elle ne survivrait pas, pas plus que l’enfant, à l’accouchement qui ne tarderait plus. Ni les épée ni les prières n’aidaient la Reine, pas même celles d’une authentique servante des Anciens Dieux comme Ingheam Harclay, dont les potions et les conseils pouvaient toutefois soulager les corps et les âmes. Le Roi pouvait trouver réconfort dans quelques amitiés déjà, comme la jeune Alysia Flint à jamais féale ou celle de son propre frère, le Prince Walton, qui a tenu le Nord pour lui des mois durant malgré son jeune âge. Déjà l’heure des adieux avant le dénouement de ce drame familial et politique, pour Maedelyn Glover notamment, qui ne peut qu’embrasser son époux Lord Bowen, Sénéchal du Nord, qui s’apprête à repartir en guerre pour guider les armées du Nord. Il peut compter sur l’aide de Roland Stark, cousin du Roi, avide de faire ses preuves. L’homme a déjà gagné un navire aux dés, reconvertit en vaisseau de combat de fortune pour le compte de la flotte du Loup. Ils sont si jeunes, tous, et ont besoin du conseil de leurs aînés, comme de Nelya Omble, partie rejoindre son époux dans le sud, à Fort-Darion. Le sud qui va encore aspirer tant de nordiens vers leur destinée.

Le Conflans vit des heures plus dures encore. A peine éclos et déjà menacé, dont le Roi Lyham, couronné par l’Empire sur les ruines d’un Empire Hoare en voie de disparition, vient de perdre son épouse. La Reine Alysanne, morte en couches, le laisse seul dépositaire de l’autorité royale en ses domaines. Ceux-ci sont pressés sur la côte par la Flotte de Fer, qui pille et ravage tout, ou au sud qui voit le dernier des Hoare s’agiter pour reconquérir ses terres. Le Roi Lyham est soutenu par sa sœur, Lysara, qui continue d’œuvrer pour la stabilité du Royaume, ses travaux de défense ou ses relations avec une Foi corrompue qui appelle à leur mort à tous. Jusqu’au jeune Sacha Racin, qui se bat pour les nouvelles couleurs de son pays, déjà parcouru de nouveau par les armées et par la guerre. Le renfort tout proche de Fort-Darion, capitale impériale, et de Lord Omble maréchal d’Empire, peuvent aider le jeune royaume à survivre. Orane Whent, déléguée de l’Empereur à Fort-Darion, fait aussi de la capitale le centre logistique des armées coalisées.

Peyredragon reste une terre de mystères et de héros. Son Prince Régent Orys Baratheon mène ses armées à la guerre, accompagné de son fidèle mentor, Baal Forel. Ensemble, ils travaillent à la vengeance de leurs chers Aegon et Visenya, rêvant de s’illustrer dans une nouvelle campagne de Printemps qui verrait leur victoire. En attendant, arsenaux de Peyredragon et entrailles de la forteresse-dragon s’enfièvrent d’une activité folle, armant troupes et flottes, comme celle de l’amiral Nathael Velaryon, qui tient à distance les immenses armadas du Bief ou des Iles de Fer. Beaucoup de sang coulera encore avant que la bannière au dragon ne dirige plus les troupes. Et la flotte notamment, peut s’enorgueillir de cumuler les talents avec le fantasque capitaine Salfalaise, fer-né d’origine et apatride, qui a manqué il y a peu de mettre fin à la guerre contre le Tigre d’Essos.

L’Orage est, parmi tous les royaumes, la patrie la plus en danger. Complots et fanatisme y côtoient bandes armées qui écument l’arrière-pays. Les fidèles de la Reine y combattent séides de la Seule Vraie Foi, combattant du Bief pour l’essentiel. Si Accalmie est entachée par de sombres histoires d’attentats et de complots, l’Empire fournit grands espoirs dans la contre-attaque qui doit dégager l’ouest envahi. La Reine Argella peut ainsi compter sur le soutien de sa mère Rowenna, habile en politique comme en intrigues, ou la loyauté de Dovan Caron, de Nymeria Castelfoyer, qui peuvent compter parmi ses plus honorables sujets. La Biche est également renforcée du retour d’exil de Stannis Morrigen, mercenaire jadis banni du royaume, qui revient avec son expertise, ainsi que de l’aide de Mina Swann, née bieffoise, qui est habile pour convaincre et parlementer ; beaucoup comptent sur elle pour éviter le bain de sang.

En sus de ses loyales épées, la Reine Argella peut compter sur des renforts de poids. L’Empereur et l’Impératrice, Torrhen et Rhaenys Braenaryon, sont venus avec des renforts de qualité. Alaric Lothston, Aylan Redwyne ou Garlan Goldwyne, tant de vétérans de la campagne précédente, chevauchent avec eux vers le couchant pour imposer l’unité à ceux qui leur opposent le poignard et l’opprobre. Ces héros ont tous hâte d’inscrire leur nom en lettres écarlates dans les annales impériales, par idéal ou pour leur propre compte. La suite impériale se renforce de talents moins martiaux que d’esprit ; Daena Redwyne, fidèle de Rhaenys et guérisseuse, apportera sa pierre à l’édifice impérial, tout comme Mahée Allyrion, dornienne exilée par le Bief qui n’a soif que de revanche contre les bourreaux de son peuple. Avec toutes ces bonnes volontés, l’Empereur tisse sa campagne la plus complexe et décisive, leur marche à tous éclairée par l’ombre de l’Impératrice-Dragon chevauchant la terrifiante Meraxès.

La récente déconvenue de la flotte impériale, brisée dans une tempête, ne remet pas en question la volonté des Braenaryon de se battre ; victoire ou mort, il n’y a pas d’autre choix. De partout serpentent flottes, armées et convois pour irriguer la guerre de ses munitions.






  • Bloody Crown
Le Brochet


Toute l’armée est présente. Ils l’entourent de leurs bannières. Tully, Nerbosc, Mallister, Vance et d’autres encore. Ils sont là, toutes les maisons ayant juré fidélité. Armée du Conflans renaissant. Et lui, Lyham Tully, en est le premier Roi depuis des siècles, après l’oppression de dizaines de conquérants. Le Royaume est revenu à la vie dans le sang et les sacrifices. Des batailles ont été perdues. Il a failli être lui-même tué. Sur la côte, les boutres sèment la désolation. A l’intérieur des terres, des bandes d’écorchards subordonnés au bâtard Hoare sèment le chaos depuis des mois sans que ses hommes ne parviennent à éradiquer la menace. Sans l’Empire, le Royaume des Rivières et des Collines aurait déjà vécu. Mais Lyham Tully est un homme fort. Son pays souffre depuis si longtemps… Et sa famille aussi. Sa femme vient de mourir en couches, avec un enfant mort-né en son sein. Sa propre fille, devenue Reine du Nord, est elle aussi menacée. Tout le monde saigne en son pays, tout le monde endure. Ils sont pourtant là, par milliers autour de lui. Anciens rebelles ou fidèles d’un autre Roi avant lui, ils sont là parce qu’ils ont cru en son idéal, ils ont cru en cet esprit d’unité, en cette ferveur et cette fierté qui ont été trop longtemps bafoués par l’étranger. Que des riverains, dans cette armée ; leurs frères d’armes sont ailleurs. Tully, comme ses plus grands capitaines, mesure bien l’importance qu’ils se libèrent et se battent aussi par eux-mêmes, et ne soient considérés par quiconque comme des auxiliaires. L’Impératrice est venue l’aider et le réconforter, lors des funérailles. A dos de Dragon, rappelant les alliances qui les font tous survivre. Il préférerait être chez lui plutôt qu’ici, dans la boue d’un Conflans pluvieux qui lui gâche déjà ses retrouvailles avec l’armée d’une averse matinale fraîche et soutenue. Il ne se laisse pas démonter par l’intempérie, par le contretemps. Ce destin, c’est lui qui se le forge. Il regarde ces jeunes piquiers de Beaumarché, ces vougiers d’Atranta. Tous ont peur, mais tous sont là. Le Roi met pied à terre, retire son casque couronné. Il marche jusqu’au centre de l’armée, et monte sur un chariot. Il mesure l’étendue silencieuse autour de lui, la pluie se calme, et ne tombe plus dru.

| Hommes du Conflans ! Seigneurs et soldats, cousins et amis. Je suis honoré de reprendre ce jour votre tête pour marcher vers notre destin commun. Je ne viens pas sans nouvelles ; nos alliés marchent ensemble pour nous rejoindre à la bataille. Tout ne repose néanmoins pas sur eux, mais sur nous. C’est en notre cœur et en notre âme qu’il nous faut trouver la ressource pour nous libérer définitivement du poids des chaînes qui furent nôtres. Cela ne fait pas un an que notre Royaume a été libéré et pourtant regardez-vous ; fiers fils des Rivières et des Collines, féaux compagnons de notre indépendance, vous êtes venus nombreux. Vous avez répondu à l’appel qui court des montagnes à la mer, des collines aux grands marais du Trident pour vous joindre à la bannière commune contre les despotes qui nous ont jadis tenus prisonniers de leurs fers, soumis à leur conquête. Je ne vais pas vous mentir, soldats du Conflans Libre. L’ennemi est encore nombreux. Féroce et déterminé. Nos frères et nos sœurs souffrent partout, et partout nos forces combattent cet ennemi obstiné, qui n’aura de cesse de vouloir nous assujettir de nouveau. Le Noir a englouti trois générations de notre sang ; que reste-t-il de tous ces héros partis se battre pour les conquêtes d’un autre ? Je suis fier d’être aujourd’hui à vos côtés, au milieu de mes compagnons du Conflans, et de nous battre pour notre patrie et pour l’idée qu’un jour nos efforts et notre sang achètent la paix commune qui verra les générations futures rester dans leurs foyers pour les faire prospérer. L’anniversaire de notre indépendance retrouvée ne reviendra jamais sans qu’on se souvienne, pour l’éternité, du sacrifice de tous et chacun d’entre nous. Je serais fier d’appeler chacun d’entre vous mon frère d’épée, car qui se tiendra à mes côtés devant les affres de la destiné aura mérité de la reconnaissance de la patrie, demain et à tout jamais. Je suis Lyham Tully de Vivesaigues, porté à la couronne par votre volonté pour libérer notre royaume. Et je vais combattre et souffrir avec vous jusqu’à la fin. |

Les hommes grondent, cognent leurs armes contre leur plastron ou contre leur bouclier ; on crie les noms de Tully, du Conflans Libre, de l’Empire. Plus que les autres, les cris qui font saigner le cœur du noble riverain, ancien général du Noir, sont ceux qui rappellent son père, tué devant Vivesaigues par la croisade, ou ceux d’Alysanne, morte avec son fils et son cœur arraché. Plein d’une détermination renouvelée, le riverain rejoint le ballet des armées qui va bientôt s’écharper pour le continent.






  • Bloody Crown
Les Puissances Centrales


Harren le Noir se serait sans doute retourné dans sa tombe, s’il voyait ce qu’il advenait de sa lignée. Privé de fils par l’ambition de son aîné, privé de fille par mariage avec une autre puissance, il a promu un bâtard au rang des autres pour prendre sa succession. Et le demi-fils qu’il a s’est fait trahir par son propre sang. Le Roi Yoren n’a jamais été aussi isolé. Sujet aux complots et aux félonies, il redressait tout juste son royaume, à l’aide de son épouse riveraine Helena qui ne ménageait pas ses efforts. Ensemble, ils faisaient surmonter peu à peu leurs différences entre fer-nés et riverains, malgré tout ce qui les opposait. Et puis le jeune Beron, son neveu et fils de félon, s’est mis en tête qu’il saurait mieux que les autres comment diriger le Royaume, du haut de son adolescence. Il a convaincu une partie du conseil du royaume de se liguer avec lui, et sacrifia sa mère sur l’autel de son ambition. Sa mère Myria qu’il accusait de toutes les trahisons, quand elle avait peut être trouvé une issue favorable pour ce Royaume qu’il voulait voir changer, au fil de ses tractations diplomatiques. Tout fut jeté aux orties quand du rang des fer-nés la trahison émergea et que l’on se tuait dans les rues de Pierremoutiers. Yoren était aussi fort et déterminé qu’il était habile politicien. Il écrasa la rebéllion, qui se déroula sous les yeux de sa cour, de ses otages, comme Arianne Martell, gage de la paix dornienne. Les traîtres, pourchassés partout, finirent par ironie de l’histoire par atterrir entre les mains d’ennemis et rivaux du Royaume des Rivières et du Crépuscule ; les équipages fer-nés qui avaient trahis furent massacrés par des mercenaires loyaux au Roi puis exécutés par l’Empire qu’ils avaient tant combattu, tandis que Beron lui-même était prisonnier du beau-frère du Roi, le souverain du Bief. Son pouvoir ainsi consolidé, le Roi Yoren pouvait se lancer dans la reconquête de ses domaines. Il prit la tête de son armée accompagné de sa femme, tandis qu’il envoyait ses sbires, comme Rodrik Harloi, à l’assaut du Nord et du Conflans par la mer. La dynastie Hoare n’était pas morte, et ses soubresauts allaient faire trembler l’Empire, par le Sel et par le Fer.

Même si Yoren Hoare faisait tout pour redonner à sa patrie de naissance sa place de puissance de premier plan, il fallait bien avouer que c’était le Bief qui menait de l'avant ce qu’on appelait les Puissances Centrales. Ses flottes étaient immenses et ses armées tout autant. Du Conflans à l’Orage, ses bannières étaient partout et le Roi Manfred Hightower, qui avait fondé une nouvelle dynastie à la mort au combat du dernier des rois Gardener, était le premier à avoir fait plier Dorne en des siècles. Fort de son alliance avec les Rivières et le Crépuscule des Hoare par son mariage avec Eren, fille d’Harren le Noir, l’homme consolidait sa position. Un subtil mélange de peur, de chantage, d’ambition et de menace avait permis aux derniers récalcitrants de son accession au trône de rentrer dans le rang. Fort de ses conquêtes, le jeune Roi avait dépensé sans compter pour faire de la Mander la colonne vertébrale de son règne, tout en faisant tourner les chantiers navals du sud à plein régime. La machine militaire du Bief était disséminée sur un territoire très vaste, mais pouvait s’enorgueillir d’être mieux préparée que jamais. Aux carnages du printemps précédent, le Royaume avait su annexer une partie de Dorne, y compris de précieuses bases pour sa flotte, tandis que son armée occupait une partie de l’Orage. La Reine Eren elle-même menait des négociations ardues avec les royaumes neutres et n’avait jamais rompu le contact avec la Flotte de Fer qu’elle avait commandée pendant bien des années avant que son jeune frère Yoren ne prenne sa place quand était venue l’heure de son mariage, un an plus tôt. Bien que difficilement acclimatée au Bief, la fer-née avait trouvé dans son royal compagnon le partenaire idéal pour leurs ambitions communes, et les deux monstres ne tardèrent à s’apprivoiser. Le Roi pouvait compter sur un précieux atout dans sa manche, si modeste en apparence. Sa sœur bâtarde, Solvej de Villevieille, avait pu ramener de ses voyages quantité d’informations utiles pour son Roi de frère, jusqu’au propre sang des Martell qui avait fructifié en elle et arrondissait son ventre.

D’autres gens de ces royaumes vivaient encore peu concernés en apparence par le conflit. Siam Volmark, dernière rescapée de sa maison, ignorait tout de la trahison de son sang et de la terrible vengeance du Roi contre son domaine. De son côté, Taïna Redwyne en était encore à faire ses premiers pas à la cour du Bief, ne se rendant pas compte qu’elle allait jouer un rôle essentiel dans la guerre à venir contre son frère, qui déjà plaçait ses pions pour prendre la tête du pays si l’Empire finissait par vaincre.  






  • Bloody Crown
Le Marin de Blancport


La vague était immense. La galère fut soulevée et l’espace d’une seconde, il crut qu’ils pouvaient le faire, qu’ils arriveraient à la chevaucher. Au sommet de la lame de fond, la coque de bois se mit à craquer d’un son terrible, venu des profondeurs de la mer alors que la pression terrible fendait les madriers composant l’armature du vaisseau de guerre. Des hommes crièrent autour de lui ; un glissa sur le pont devenu rivière et disparut dans les eaux sombres. Le bois explosa littéralement et la brume d’échardes de bois et d’écume mit en pièces les marins qui couraient en tous sens ; beaucoup mouraient et tombaient atteints de centaines de petits débris. L’avant de la galère tomba de dizaines de mètres par l’avant de la vague tandis que la nef du navire basculait sur la pente de la vague qui dévalait vers l’île non loin, visible comme une ombre dans les éclairs stroboscopiques que la foudre provoquait. Des dizaines d’hommes finissaient dans les eaux ténébreuses, pour ne jamais reparaître. Le marin de Blancport, lui, noua à la barre de timonerie son propre buste et misait tout sur le fait que cette partie de la coque, encore solidaire, flotterait jusqu’à ce que les autres navires le repêchent. A aucun moment il ne pensait que l’orgueilleuse flotte était secouée en tous sens par le typhon sudien ; il devait se raccrocher à quelque chose et ne pouvait pas croire que le destin de tant de navires était de sombrer comme leurs aînés de jadis, dans la guerre contre le Noir, sous le commandement d’un des frères Stark. La flotte fantôme, qu’on avait appelés ces dizaines de vaisseaux disparus.

La coque heurta un récif et l’homme fut propulsé contre le roc. Il y perdit un temps connaissance, attaché toujours aux débris qui restaient plaqués par le vent contre la dent de pierre solitaire qui découpait les flots. Un hurlement bestial, du tréfonds des âges, couvrit le tumulte des flots déchaînés et de l’orage qui illuminait le ciel. C’est là qu’il les vit. Ces ombres noires, se jeter du ciel et fendre les eaux pour atterrir sur le pont des navires ballottés comme des coques de noix, lacérant et déchiquetant les équipages qui hurlaient et se jetaient d’eux-mêmes à la baille, dont ils savaient pourtant qu’ils n’y survivraient pas. L’homme resta là des heures durant, giflé par les vagues, la pluie, la rétine imprimée des entrelacs d’éclairs parcourant le ciel.

Quand il fut secouru au petit matin par le navire du capitaine Sturge, il avait les traits vieillis et les cheveux devenus blancs, le regard vide. Son âme était restée sur le rocher, à entendre les tourments de ses camarades dévorés vifs tandis qu’il ne sentait plus que l’odeur du sel, la magie lui picotait la langue et lui donnait un goût de sang dans la bouche. Il savait très bien ce qu’il avait vu. Et il savait aussi qu’on ne le croirait jamais. Mutique, personne ne l’avait remarqué enjamber le bastingage du vaisseau et tomber à la mer, lorsque la nuit fut tombée. En coulant à pic dans les ténèbres, il se dit au moins que lui était certain d’en réchapper, tout plutôt que retourner dans ces eaux maudites.  






  • Bloody Crown
Les Royaumes Neutres


Le Roi Loren Lannister était mort. Il rejoignait au panthéon des souverains de son époque Argilac le Grand, Harren le Noir, Jehan le Preux ou Mern le Sage. On l’affubla du surnom de Lion ou de Roc, mais ceux qui l’avaient bien connu savaient que c’était aussi vrai que son contraire ; le Lion se battait jadis comme le héros des légendes, mais ne secouait plus sa crinière que pour galvauder un charme qui lui était attribué de naissance en multipliant les conquêtes. Il avait sauvé son royaume plus d’une fois, mais plus jamais de façon aussi éclatante que l’épée à la main vingt ans plus tôt ; l’histoire ne retiendrait pas son ambassade auprès de l’Empire ou ses efforts auprès du Bief. Le Roi Lyman montait à sa suite, porté à sa succession par la Reine-Mère Jordane Lannister. Quantité de défis attendaient le jeune souverain. Le Royaume se relevait des croisades et des révoltes paysannes, de la fronde de ses seigneurs. La Lannister, sa mère, avait su consolider la société, par la douceur ou par la force. Il était accompagné de sa femme Jeyne pour naviguer le navire de l’Ouest dans les eaux troubles dans lesquelles il se trouvait ; personne mieux qu’elle symbolisait les contradictions de l’Ouest ; fille du Nord, lien ténu mais bien réel avec un Empire tantôt adoré, tantôt abhorré. Beaucoup rendaient son sang responsable de la mort de Loren. Lyman était sage, pourtant. Il avait déjà montré de grandes qualités. Il était aussi bien entouré. Sa sœur Megara avait fait preuve d’un grand sens de l’honneur et de la justice en aidant les faibles du royaume, et avait épousé Gareth Kenning, pair du Royaume et ami du jeune souverain. Ils étaient aussi soutenus d’individus plus âgés, comme Edwin Marpheux, qui venait tout juste de rétablir pacifiquement sur son fief le jeune William Potter, dernier survivant de sa lignée, spolié par les fanatiques religieux du pays. Le jeune noble confirmé dans son bon droit se fiançait avec Alys Kenning, sœur de Gareth. La multiplicité des liens interpersonnels, de féodalité et d’honneur, irriguait le pouvoir royal rétabli par la Reine. Tous nourrissaient une loyauté indéfectible pour les Lannister ou pour le Royaume et les voix dissonantes avaient été réduites au silence. Tout le monde se tournait toutefois vers le jeune souverain avec une question muette. Puisque guerre il y aurait pour feu le Roi Loren, de quel côté se ferait-elle ?

Le Royaume du Val et de la Montagne était passé par le même genre d’épreuves au cours de l’année écoulée. La force de la Reine Sharra avait permis d’éviter la guerre civile, mais n’avait pas encore permis d’étouffer les querelles religieuses allant toujours plus loin, entre fidèles des Sept et païens affiliés aux Anciens Dieux. Les deux communautés vivaient des tensions toujours plus exacerbées et le Roi peinait à fédérer son royaume. Aidé de puissants étrangers, comme Valarr de Braavos, Ronnel Arryn raffermit sa puissance et sa richesse pour la défense du Val. Il entreprit une visite de ses domaines pour des mois et des mois, désirant les passer auprès des puissants comme des gueux de son royaume, dispendieux de ses richesses et de sa miséricorde. L’initiative fut chaudement accueillie par le peuple et par la noblesse, du moins pour ceux qui n’étaient pas les plus extrémistes, car nombre de septons se firent bientôt relais du Souverain Pontife de Villevieille. Le Roi devait clarifier sa position ; il devait affirmer sa Foi ou subir le courroux des Dieux. Et la Foi n’était pas tolérante. Certainement pas avec ceux qui faisaient le lit de l’hérésie et de l’Empire. Les Sept étaient majoritaires, au Val, mais les Anciens Dieux étaient encore défendus par de puissants noms et l’Ordre du Barral, athée et défendant les intérêts de la Couronne, se retrouvait tiraillé. Loin des idéaux de son fils, la Reine-Mère s’activa en coulisses pour noyer les braises avant qu’elles n’incendient le Val tout entier.

D'autres neutres, comme Azhana zo Taraq, continuaient d'être ballottés par le Destin, fétus de paille qui allaient et venaient au gré des drames et catastrophes qui ponctuaient leur existence.






  • Bloody Crown
Le Disciple du Dieu Unique


Il inspirait à pleins poumons. L’air iodé de la mer du Détroit était bon pour ses bronches, si souvent accablées de cendres et de produits chimiques. L’homme dominait la grève de toute sa hauteur. Il regardait le ciel, et l’ombre qui passa fugace devant l’astre lumineux. Au loin, les navires rescapés de la tempête, qui tâtonnaient comme des orphelins, après qu’on les ai privés de leurs parents. Plus bas sur la plage, des corps rejetés en pagaille. Des légionnaires valyriens, des marins de Lys, de Braavos, de Tyrosh. Tous noyés. Certains à demi dévorés par les squales, ou par ses propres bêtes. Il sourit. Ils s’étaient admirablement comportés, la veille. Et avait accompli le destin du Dieu de la Lumière avec tant de brio qu’il en avait le cœur gonflé de la fierté. Il marcha sur la plage, les galets crissant sous ses pas. Quelques silhouettes bougeaient encore, dans la masse des corps gorgés d’eau et de sel. Quelle chance ; il avait failli lui échapper. Failli. Mais l’homme était un roc. Et il rampait sur la grève, à bouts de force. Du bout du pied, le prêtre le retourna sur le dos. L’homme était beau, sans doute. Mais ses yeux étaient d’un bleu gris et rougis sur leur pourtour, comme brûlés par le sel. Ses cheveux étaient sales. Sa barbe, nouée. Les lèvres gonflées, fendues, gercées, suintant le sang et le sel. Les égratignures couvraient le reste du visage. L’homme inspira alors que l’autre haletait et grognait.

| Cleitos Caradreon, Diadoque de Valyria, Empereur auto-proclamé du Nouvel Empire, Dictateur de Volantis, Chef de la Faction des Tigres, Potentat des Cités Occidentales… Tu es vaincu. Tu es battu parce que tu as oublié quelque chose d’essentiel, dans ta conquête. |

Le prêtre s’agenouille, donne de l’eau au naufragé.

| La nuit est sombre et pleine de terreur. |
Le Cyvosse
Le Cyvosse
Chaos is a ladder. Many who try to climb it fail, and never get to try again.
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