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 Un objet du passé [Tour VII - Terminé]

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MessageSujet: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyDim 27 Oct - 20:07

 Les navires impériaux débarquèrent leur flot de troupes, matériel et montures il y a plusieurs jours de cela dans les alentours d’Accalmie. Garlan s’était maintenant pleinement remis de cette traversée, qui n’avait pas été de tout de repos pour sa personne. Il pestait néanmoins toujours encore contre son mal de mer, comment pouvait-on être né sur une île, où était censé avoir le pied marin, est être sujet de ce mal ? Là était la question ! Mais en soit, c’était passé et le bieffois espérait ne plus remettre un pied sur ces maudites embarcations avant un sacré bout de temps.  Le jeune homme avait participé aux festivités organisés pour l’arrivée de l’Empire à Accalmie. Bien qu’au début, il n’avait pas eu l’intention de s’y présenter, car il ne pensait pas que la situation se prêtait à l’organisation de tels événements, il avait changé d’avis. Cela lui avait permis de retrouver sa sœur, lui qui pensait qu’elle resterait en sécurité à la capitale, il s’était bien trompé à ce sujet.

Il put également faire la connaissance de certains orageois, ces individus, il serait très probablement amenés à les côtoyer tout le long de la campagne à venir. Autant apprendre à les connaître pour augmenter la cohésion entre les royaumes, cela permettait de les jauger également. Pas sur leurs capacités martiales, il n’avait pas vu de quoi ils étaient capables au combat, ce temps-là viendrait. Non il voulait voir ce qu’ils valaient en tant que personne. C’était important à ses yeux et ça l’aiderait afin de savoir s’il pouvait compter sur eux lorsque les premiers combats éclateraient. En soit ce n’était qu’une première rencontre, il aurait tout le temps de les côtoyer et de s’en faire une idée dans les mois à venir.

Les journées de Garlan étaient ponctuées par les entraînements et les manœuvres, autant dire qu’elles étaient bien chargées, il n’avait pas le temps de lambiner. Mais à vrai dire, ça lui plaisait, au moins il ne voyait pas le temps passer. Puis il arrivait à entrevoir son épouse et cela lui suffisait amplement. En tout cas, son escadron se devait d’être prêt pour le début des hostilités, ils ne devaient pas se reposer sur leurs acquis. Toute la matinée, la pluie était tombée et pas qu’un peu dans la région d’Accalmie, l’hiver touchait à sa fin, mais il savait bien que cette partie des terres de l’Orage était souvent théâtre de rudes intempéries. En soit, l’escadron s’entraîna tout de même plusieurs heures, Garlan savait qu’il y avait des risques pour les montures, le terrain se voulait glissant et boueux. Cependant, ils ne choisiraient pas le terrain, ni le temps, pour leurs futurs affrontements. Ils devraient faire avec, autant que ses hommes s’habituent à évoluer dans des terrains difficiles.

Le capitaine était recouvert d’une bonne couche de boue, surtout ses bottes et son pantalon, mais son visage était également bien marqué, ainsi que son armure. Ses hommes étaient dans le même état. Ils se décrassèrent un peu, mais il faudrait bien plus d’attention pour retirer la boue qui s’était incrustée sur les vêtements et la peau.  Mais pour l’heure, les estomacs criaient famille, si bien qu’ils mangèrent tous ensemble, c’était important pour Garlan de partager ce genre de moment avec  ses cavaliers afin de renforcer les liens entre eux. Une fois qu’ils eurent terminés, ils échangèrent ensemble pendant un moment, puis il leur laissa une partie de leur après-midi pour qu’ils se reposent et surtout qu’ils entretiennent leur équipement. Il leur laissa supposer qu’une tournée d’inspection était prévu en cette fin d’après-midi, le chef de corps de la cavalerie la présiderait probablement. Son escadron se devait d’être exemplaire.

Ses hommes partirent donc en petits groupes, certains préférant nettoyer leur équipement de suite, d’autres souhaitaient d’abord se reposer un peu avant de s’adonner à cette tâche. Quant à Garlan, il allait se rendre à l’intérieur d’Accalmie pour aller quérir des éventuels ordres auprès du chef de corps. Au moins en ce début d’après-midi, la pluie avait cessée, les nuages étaient toujours présents, mais les rayons du soleil essayaient de se frayer un passage à travers eux.  Quand il arriva à l’entrée de la cour du château, ses yeux tombèrent sur une personne qui était présente lors des festivités. Celle qu’on lui avait identifiée comme Lady Mahée Allyrion. La veuve d’Idriss Allyrion. Il n’avait pas eu l’occasion d’échanger avec elle lors du banquet et ça n’était certainement pas le lieu pour cela. C’était le moment ou jamais pour aller lui parler, c’était la première fois qu’il la revoyait depuis le banquet, il ne savait pas s’il aurait prochainement une nouvelle occasion.

Mais avant cela, il prit le chemin par lequel il était venu en courant, il ne pouvait pas se présenter en elle sans cet objet. Arrivé à la tente, il fouilla dans ses affaires et retrouva l’objet en question, un objet qu’il ne pensait jamais pouvoir lui remettre. Une fois récupéré, il retourna dans la cour, toujours en courant, espérant qu’elle n’était pas partie, sinon il aurait fais tout cela pour rien. Mais une fois arrivé sur place, elle était toujours là. Il alla se présenter alors devant elle, un garde était sur ses talons, une dornienne ne pouvait pas se balader comme bon il lui semblait dans ce château sans surveillance probablement. Au moment du repas, il avait retirer son armure, si bien que son haut n’était pas tâché par les traces de boue, mais malgré un décrottage rapide, son visage, ses bottes, ainsi que son pantalon, étaient bien marqués. Il n’était vraiment pas présentable, mais en soit au vu du contexte, il pensait qu’elle n’y tiendrait pas compte. Il s’approcha d’elle et de son garde.

C’était une belle jeune femme, les dorniennes possédaient bien souvent une farouche beauté, et Lady Allyrion ne dérogeait pas à cette règle, c’était certain. Il s’éclaircit la voix pour ne pas trop surprendre la dornienne qui semblait dans ses pensées et afin qu’elle se retourna vers elle.  Il inclina respectueusement la tête pour la saluer. «Lady Allyrion, j’espère ne point vous importuner, ni troubler le cours de vos pensées.» Il fit une brève pause avant d’enchaîner par les présentations : «Ser Garlan Goldwyne, capitaine dans la cavalerie impériale. Je pense que mon nom doit vous être inconnu, Lady Allyrion, mais...» Ce n’était jamais évident de parler de ce genre de sujet, il devait trouver ses mots. «J’ai pu faire la connaissance de Lord Allyrion à Hautjardin, je tenais à vous présenter en personne mes condoléances pour cette perte. »


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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyLun 28 Oct - 13:59


Avec le retour d’Argella et la présence du couple Impérial entre les murs d’Accalmie, la présence de Mahée aux côtés de la reine-mère se veut moins désirable que pendant les quatre mois qui ont précédé toute cette agitation… Certes, la dornienne n’a montré aucune animosité, que ça soit envers les orageois ou les impériaux, mais dans le jeu de la guerre, la question n’est pas de savoir dans quel esprit s’est installé la paranoïa… La question à se poser, c’est de savoir si chacun l’a été suffisamment. Au jour du jugement dernier, au jour du jugement de son âme par les Dieux, et, Mahée l’espère, la déesse de l’amour lysienne au culte de laquelle Idriss l’a convertie sur le tard, verra que sa disciple est loin de l’avoir assez été. Peut-être ce que ce sera sa perte. Peut-être que c’est par manque de méfiance que sa vie se verra précocement écourtée, et la raison pour laquelle l’Empire et les Durrandon lui survivront. N’importe. Elle ne pense pas à mal, n’a rien à leur cacher. Dorne ne peut pas aller plus mal, et elle en est à un tel stade de mépris pour les Martell qu’elle se fiche de ce qu’il peut leur arriver. De ce fait, que ça soit l’Orage ou l’Empire, il n’y a rien qu’ils ne puissent lui prendre qu’elle ne leur donnerait, et puisqu’elle compte sur leurs armées pour affaiblir le Bief, leur entailler le flan d’une trahison serait contreproductif.

Pour autant, sa présence dans les Terres de l’Orage n’est pas sans soulever des questions de la part des Lords vassaux d’Argella, présents pour le banquet, ou encore des impériaux. Qui plus est, Mahée pourrait essayer autant qu’elle le voudrait, elle serait incapable de se fondre dans la masse, de prétendre être de l’Orage, quand son teint parle avant même sa voix. Du reste, elle a horreur de la duplicité, et rien que l’idée de renier ses origines, même en temps de guerre, l’écœure. De ce fait, Rowenna a décidé de lui attribuer un garde. Tentée de prendre la mouche, ne lui ayant donné aucune raison de douter de son honneur lors des derniers mois, en habile politicienne, la reine-mère a déguisé le garde sous l’atour du garde du corps. Ainsi, l’homme d’armes n’est pas là pour surveiller la dornienne, pour aviser Rowenna de ses faits et gestes si tant est qu’ils soient suspects, mais bel et bien pour veiller à sa sécurité. Ayant d’abord l’impression d’être prise pour une idiote, Mahée a dû se rendre aux arguments pertinents de la mère de l’Orage, en l’occurrence que si elle, en tant que née Dayne, n’a aucun souci avec sa présence en ces murs, ce n’est pas le cas de tous les vassaux de sa fille, contraints à plusieurs reprises au cours des dernières décennies, d’affronter des dorniens. Certains ont perdus des fils ou des pères et à la bataille, il serait malheureux qu’un tempérament aveugle de vindicte s’en prenne à elle lors de ses errances dans le château. Avec un soupir, Mahée avait fini par se plier à la chose, sans grande gaieté de cœur.

Tentée d’ignorer le garde dans un premier temps, la dornienne revient vite sur cette position. Ce pauvre homme ne fait que suivre les ordres qui lui ont été donnés, et il est probable que les journées s’écouleront encore plus lentement pour lui que pour elle. Alors, plutôt que d’en faire son ombre, une ombre muette au sein de laquelle pourraient grandir des ténèbres, elle décide de se montrer avenante et de lui simplifier la tâche. Quand l’envie lui prend de lire, elle lui laisse le choix du livre et lui fait la lecture. Jamais il ne se plaint du poids de l’armure sur ses épaules, mais c’est une peine que Mahée devine sans peine pour avoir souvent entendu son père la relever. Alors, régulièrement, elle le fait asseoir, boire et manger, montrant autant de considération pour l’homme que pour la fonction. Au début réticent, méfiant, après quelques jours le garde a fini par se prendre au jeu, et s’est vu bien plus zélé dans sa tâche, parce qu’à force de patience, ils se sont appropriés, tous les deux, quelque chose qui était à la base impersonnel pour en faire quelque chose d’unique qui n’appartiendrait qu’à eux.

Aujourd’hui, Mahée a besoin de prendre l’air en dépit du temps orageux. Une cape passée sur ses épaules, le vent ne manque pas de la faire s’ouvrir sur une robe d’un rouge profond, lie de vin, asymétrique. Un côté a une manche, l’autre pas. Longue et brodée, près du corps, elle souligne joliment les formes pulpeuses de la dornienne. Accompagnée de son acolyte, c’est en devisant à voix basse que Mahée gagne la cour du château. Mains jointes devant elle, le soldat sur ses talons, ils discutent des ambitions de ce dernier, de ce qu’il espère gagner de la guerre. Il parle beaucoup, ce qui laisse penser à la dornienne qu’il n’a pas souvent l’occasion d’être écouté. Pour sa part, ça convient très bien à Mahée qui, ainsi, ne s’expose pas. Elle écoute, dispense des conseils aussi judicieux qu’elle le peut çà et là, et l’invite à réfléchir. L’homme est une bonne pâte, son fond est bon. Le contact passe donc bien.

L’arrivée de Garlan, qui perce leur bulle, d’une façon très polie au demeurant, surprend Mahée et, si elle surprend le garde, il n’en montre rien puisque, rapide et alerte, il s’interpose immédiatement entre le chevalier et la dame, en chaperon de celle-ci. La dame, quant à elle, reste bien à l’abri derrière son garde, dardant sur l’intrus des yeux sombre et curieux, le dévisageant alors qu’il se présente, s’incline, lui rend hommage. C’est que c’est la première fois qu’un inconnu qui n’est pas un notable l’aborde de façon aussi abrupte, sans présentations en bonne et due forme préalables. Pour autant, elle écoute ce que le ser Goldwyn, nom qui lui dit vaguement quelque chose, a à lui dire jusqu’au bout. D’abord perplexe quant au geste de l’impérial, Mahée finit par se souvenir pourquoi son nom lui est familier, à la mention d’Idriss, qui, malheureusement pour lui, n’aura jamais été Lord de Gracedieu puisque décédé avant son père… Mais elle pardonne l’impair, Mahée, parce que les déboires de sa famille sont difficilement accessibles aux Impériaux, et que dans le reste de Westeros, les mâles sont mis plus en avant que les femelles… N’importe.

S’extirpant de l’ombre de son garde, la dornienne s’approche de l’impérial, auquel elle tend sa main, en Lady, attendant à ce qu’un chevalier la traite comme telle. Le garde, pour sa part, fait un pas de retrait, mais reste visiblement alerte, zélé, à se demander qui de Mahée ou de Garlan a besoin de protection. « Bonjour Ser Goldwyn, et merci… Je suis ravie de vous rencontrer en personne. Idriss n’a pas tari d’éloges à votre sujet dans ses corbeaux. Vous êtes sans doute l’une des seules personnes dont il ait apprécié la compagnie, lors de ces festivités. Je suis heureuse qu’il ait pu vous rencontrer avant d’être honteusement massacré. » Bien que douce dans son ton, Mahée n’en reste pas moins dornienne, et donc aussi piquante que les vipères des sables. Le choix de ses mots, ainsi, n’est absolument pas aventureux mais pesé avec soin, cherchant ainsi à manifester tout de l’animosité et du dégoût que lui inspirent les événements de Hautjardin. Elle sait, de toute façon, qu’elle ne risque pas grand-chose à la laisser éclater ici. Les Bieffois, à Accalmie, sont encore plus mal vus que les dorniens, et dans le pire des cas, elle passera pour une veuve encore éplorée de la perte de son époux, duquel elle a dû être profondément amoureuse… Dans un cas comme dans l’autre, ça lui est égal. « Vous avez dit être Capitaine de cavalerie pour l’Empire ? De mémoire, Idriss vous a affilié au Bief. Erreur de sa part ou trahison de la vôtre ? » Elle demande, sur un ton léger malgré la gravité de ses accusations, inclinant la tête sur le côté de curiosité. Dans son air, son regard, sa posture… Aucune agressivité. Juste de la perplexité qui a besoin d’être assouvie.



   
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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyLun 6 Jan - 21:18

Il n’était jamais évident d’aborder un parfait inconnu. Dans leur société, on pouvait certes leur enseigner les mœurs et coutumes, des protocoles à respecter tout le long de leur vie avant de ne pas choquer les convenances. Certes, cela était plus ou moins ancré dans la culture des différents royaumes de Westeros. Dans ce cas spécifique, Garlan avait essayé de se montrer poli, tout en essayant de ne pas la brusquer, tout en sachant qu’il devait lui remettre un objet du passé qui risquait de raviver de vieux souvenirs chez la dornienne. Enfin peut-être, il ne la connaissait pas du tout et ne pouvait prétendre deviner la réaction qu’elle aurait face à cette découverte. Voilà bien des éléments qui faisaient qu’il ne savait pas vraiment quel était le comportement le plus judicieux à adopter pour l’aborder.

Suite à son approche le garde qui accompagne Lady Allyrion se dresse devant elle, s’interposant entre le chevalier et elle. Il ne s’était pas encore présenté, et l’homme ne faisait que respecter les ordres qu’on avait pu lui donner. Protéger cette jeune femme ? Ou bien était-ce pour s’assurer qu’elle ne s’échappe pas ? Il ne le savait pas trop, peut-être en apprendrait-il plus sur elle s’il réussissait à entretenir suffisamment la conversation pour cela. Garlan toisa un moment l’homme d’armes qui ne faisait qu’accomplir son devoir, puis son regard se reporta sur la dornienne, bien apprêtée il fallait le reconnaître, qui le dévisageait comme s’il était une bête sauvage. Elle finit par s’extirper de la protection de son garde, qui ne resta pas bien loin d’eux de tout de façon, pour s’avancer vers lui et lui présenter sa main. Le Bieffois fit alors un pas en avant, il s’incline, vint disposer sa main en dessous de celle de la dornienne pour la souteniret procéda à en un baisemain en bonne et due forme.

Il se redressa alors, plongeant son regard dans celui de la jeune femme du Sud, relâchant alors sa main. Elle le remercie pour ses mots concernant son mari, échange quelques politesses, mais l’informe également sur le fait que Idriss lui avait déjà parlé de sa personne en échangeant par missive. Cela surpris quelque peu le chevalier, après tout, il est clair que les relations entre les bieffois et les dorniens n’avaient jamais été au beau fixe, même pendant les festivités liées au Carnaval  de l’Opulence, qui n’avaient fais que dégrader des échanges qui étaient déjà des plus tendus. Mais la particularité de tout ceci était que Garlan avait pu apprendre qu’Idriss n’était pas un dornien à l’origine, il l’était devenu par la force des choses, par son mariage. Mais en tout cas, cela avait réussi à attiser sa curiosité, et il avait longuement échangé avec lui, cherchant à connaître un peu l’endroit d’où il venait, les particularités de sa culture.  

A l’époque, il se souvenait que l’homme ne fut pas avare en détail et ce fut alors un plaisir d’échanger avec lui, les deux individus apprenant à se connaître de façon réciproque. Mais de là à apprendre qu’il avait pu parler du bieffois par missive à son épouse, il ne l’aurait jamais cru, c’était certes la preuve qu’il n’y avait pas eu de faux semblants entre eux et qu’il avait apprécié leurs échanges. Peut-être qu’avec le temps, qui sait, cela aurait pu mener à une franche amitié qui aurait pu servir d’exemple pour adoucir les relations entre le Bief et Dorne. C’était peut-être un peu idéaliste, mais en soit, ils ne le sauront jamais. Car comme le faisait remarquer la dornienne, car Idriss avait péri lors de l’émeute. Une terrible tragédie et on pouvait sentir des reproches et de la rancœur dans les propres de Lady Allyrion, c’était parfaitement son droit en ce qui concerne cet événement. « Je me souviens que nous avions longuement discuté alors, je garde de bons souvenirs de cette rencontre en elle-même. Il m’a semblé être un homme de bien, passionné par sa contrée d’origine, ça se voyait à sa façon d’en parler et je dois avouer que cela avait attisé ma curiosité et je l'ai questionné longuement en ce qui concerne Lys pour la satisfaire. Il m’a également parlé de Dorne bien entendu. Je suis tout de même surpris qu’il vous ait parlé de moi dans vos échanges par missive, bien qu’il soit vrai que nous nous étions bien entendus. Peut-être que si la situation n’avait pas tournée ainsi, qui sait, nous aurions pu correspondre et forger peut-être une amitié à la longue, enfin… » Il ne réussit pas à terminer sa phrase. Il aurait certainement voulu dire « qu’ils ne le sauraient jamais », mais c’était bel et bien le cas.

Parti trop tôt comme on pouvait le dire, mais Lady Allyrion l’avait bien résumé dans ses propos à vrai dire. Il rebondit alors sur une des dernières phrases de la dornienne, c’était un sujet délicat, il devait se montrer compréhensif et assez solennel également. « Ce qui s’est produis est on ne peut plus…tragique. Je peux entendre et même comprendre votre ressentiment Lady Allyrion. L’émeute n’a fais que raviver les tensions entre les deux royaumes, alors que la tenue du carnaval avait justement été organisée pour essayer de les apaiser et tenter de partir sur des bases plus seines. J’ai moi-même perdu des connaissances et des amis dans l’événement…Des mesures de sécurité avaient été prises pour prévenir d’un incident, mais cela c’est révélé insuffisant devant un mouvement d’une telle ampleur… Cela n’excuse en rien la perte que vous avez subie, à Westeros, il est du devoir de l’hôte, selon les lois de l’hospitalité, de tout faire pour assurer la sécurité de ses invités dans sa demeure. C’est une question d’honneur et de tradition.  Cela ne fut pas fais et c’est un déshonneur, en mon nom et au nom des anciens souverains que j’ai pu servir, je ne suis que vous présenter mes  sincères excuses Lady Allyrion, bien que conscients que le pardon ne peut pas être obtenu dans une telle situation tellement la perte est grande. »

C’était une tradition bien ancrée dans la culture à Westeros, qui remontait aux premiers hommes, mais avait réussie à persister même dans les royaumes du Sud. En soit, on pouvait dire que Garlan essayait de faire amende honorable du passé, bien qu’il savait que ça ne serait clairement pas suffisant. Lui-même avait considéré cet événement comme un échec personnel, il avait essayé de protéger les personnes à sa portée, mais il n’avait pas pu protéger les personnes englouties par la cohue. Ces innocents. Un échec à ses vœux. Il s’était senti honteux.  Elle rebondit sur un sujet tendu, enfin tendu, disons qu’il pourrait créer des tensions selon comme il répondait à cela, surtout qu’elle s’était montré piquante dans ses propos et en fonction des réactions de la jeune dornienne. Il prit une profonde inspiration et eut un léger soupir avant de répondre à sa première question rhétorique : « C’est bien cela, Lady Allyrion, votre écoute fut bonne. Il n’y avait pas d’erreur de sa part, je servais le Bief, j’ai prêté serment à la maison royale Gardener et également au Connétable, le prince Kevan Gardener. Je l’ai servi pendant plus de dix ans et lorsque ce dernier a été accusé de trahison, après tout ce qu’il a pu faire pour le royaume, alors j’ai pris la décision de le suivre. Une décision, qui ne fut point facile à prendre, car je trahissais un serment pour en respecter un autre ; c’est une partie de ma vie que j’ai dû mettre de côté, par respect pour mes principes, mais devant à ce moment-là tourner casaque à un royaume que j’ai contribué à défendre depuis que je suis en âge de le faire. »

Il s’arrêta là, il en avait dis bien assez, surement s’était-il laissé légèrement emporter. C’était que c’était un sujet sensible. Garlan se tenait bien d’en dire davantage en état, de tout de façon il était presque certain qu’elle ne le lâcherait pas sur ce sujet. Il passa sa main dans sa barbe, balançant légèrement sa tête vers l’arrière, l’air pensif. Le bieffois lui demanda alors : « Me serait-il possible, Lady Allyrion, de connaître les raisons de votre présence en ces lieux ? D’après les informations que je possède, les relations entre l’Orage et Dorne sont loin d’être au beau fixe et vous êtes bien loin de chez vous… »


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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyMar 7 Jan - 12:10




   
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Le fait qu’elle évoque Ydriss lui fit rappeler bien des souvenirs. Celui d’un homme de bien avec lequel il s’était bien entendu. Bien qu’étranger à la Principauté de Dorne à l’origine, ce dernier s’y était rapidement accoutumé et il avait une vision ouverte du monde qui l’entourait. C’est surement ce qu’il lui avait le plus apprécié dans leur échange. Garlan aurait aimé mieux le connaître, pouvoir créer un vrai lien avec lui. Cela peut paraître stupide en sachant qu’ils appartenaient à deux royaumes bien distincts et que tout opposait. Mais en soit, le bieffois avait cru cela possible sur l’instant. Mais en soit, le destin s’était montré bien cruel en prenant la vie du dornien, ne laissant aucune chance de laisser mûrir cette idée. Le bieffois se demandait si la femme qui lui faisait face était de la même trempe de son défunt mari ou tout son contraire. Même s’il n’était pas simple de passer outre l’animosité bieffois-dorniens, après tout cette dernière avait toujours été présente, régissant les relations entre les deux peuples depuis des siècles.

Garlan s’était montré courtois et n’avait fais qu’exposer les faits de sa rencontre avec Ydriss, ce qui s’était passé et comment les événements avaient tournés en sa défaveur. Dans ce contexte, il ne voyait pas comment il aurait pu faire pour émettre une quelconque rancœur contre la jeune femme, autant dornienne soit-elle. Il se sentait responsable en partie de la mort du dornien, cela pouvait être assez ridicule et comique pour certaines personnes. Mais en soit, il était armé au moment des événements, il avait fais de son mieux, mais cela n’avait guère suffit. Il n’avait pas pu protéger toutes ces personnes innocentes qui s’étaient rassemblées lors de cette soirée pour essayer de rapprocher leurs peuples. Le poids de cet échec ne faisait que se rajouter à bien d’autres et il ne pouvait exprimer qu’aujourd’hui des regrets face à tout cela.

Le chevalier finit par lui demander ce qu’elle faisait à Accalmie, ne s’attendant pas à y trouver un dornien. Il se posait tout un tas de questions à son propos et il espérait qu’il réussirait à obtenir des réponses. Cependant, la veuve semblait se tromper sur ses intentions et s’offusqua. Les yeux de Garlan roulèrent sur le côté l’espace d’un instant, un léger soupir quitta ses lèvres. Il aurait dû s’en douter, c’était évident que leur discussion allait tourner court pour terminer en une joute verbale. Visiblement vexée, le bieffois allait faire une unique tentative pour essayer de calmer le jeu, mettant ses deux en avant et les agitant frénétiquement pour induire le calme, il mit les deux pieds dedans dans le jeu de la dornienne : « Non ce n’est point ce que j’ai voulu dire voyons, Lady Allyrion ! J’étais juste surpris que… » Puis son rire retentit, elle venait de se payer sa tête. Le capitaine cessa alors tout mouvement, sa tête se pencha sur le côté, un léger sourire se forma au coin de ses lèvres : « Oh je vois… Vous vous moquez ! »

Elle vint lui proposer de faire quelques pas en sa compagnie pour qu’elle lui raconte ses aventures et ce qui l’avait conduis en ces lieux. Il la laissa poser sa main sur son avant-bras et donner le rythme de la marche, il la suivrait alors. Garlan se contenta d’hocher la tête afin de lui donner son accord. Lady Allyrion tenait à revenir sur ce qu’il avait déclaré précédemment, sur les excuses qu’il avait pu formuler en ce qui concernait son défunt mari. Elle lui faisait comprendre qu’il n’avait pas à lui demander son pardon, car à ses yeux, il n’était pas pleinement responsable de ce qui s’était passé. Sous-entendant par là que ses anciens souverains, le roi Mern Gardener n’avait pas fais tout ce qui était nécessaire pour protéger ses invités. Il ne pouvait l’empêcher de dire cela, car après tout, le résultat de la défaillance des mesures de sécurités fut la mort de nobles et de gens du peuple qui s’étaient regroupés pour l’événement.

Le Bieffois ne s’était cependant pas attendu à un tel comportement de la part de la dornienne, elle le surprenait, c’est le moins que l’on puisse dire. Et il lui était difficile de dissimuler cela. Il inclina respectueusement la tête dans sa direction et affirma humblement : « Je vous remercie pour vos mots, Lady Allyrion. Je me doute que cela doit être on ne peut plus compliqué pour vous, je saurai m’en souvenir. » Ce n’était pas là une promesse, car il n’en faisait jamais à la légère. Mais il était un homme capable de se souvenir ce qu’il devait aux autres. Et les mots de la dornienne sonnaient forts dans l’oreille du bieffois, qui l’eut cru un jour. Le poids de la culpabilité était toujours bel et bien là, il le porterait comme un fardeau jusqu’à la fin de ses jours, mais le fait qu’elle le maudisse pas pour la mort d’Ydriss l’adoucissait peut-être un peu.

Ils continuèrent à marcher, l’épisode de son arrivée à Accalmie semblait un peu difficile, douloureux à ressasser ? Du moins, à la manière dont elle en parlait, c’était l’interprétation qu’il s’en faisait. Elle lui explique avoir assistée et s’être faite capturer par des bieffois lorsqu’elle essayait de s’enfuir. Ses compatriotes l’avaient par la suite vendus à des pirates. Un fait révoltant ! En effet, si des chevaliers de la trempe de Garlan étaient présents dans la troupe, cela ne se serait certainement pas passé comme cela. Mais le jeune homme n’en était pas dupe pour autant, il connaissait la réalité de la guerre. Des roturiers quittaient leurs champs et leurs familles pour aller combattre dans des contrées qui leur étaient étrangères, pour certains pouvoir mener des actions de ce genre leur permettaient de récolter quelques pièces dans tout ce chaos. Il y avait même des gens de la noblesse, des chevaliers parmi eux, qui n’hésitaient pas à s’adonner à des actions de la sorte. La guerre coûtait cher et il fallait pouvoir entretenir le matériel et payer la solde des soldats.

Même s’il n’acceptait pas cela, c’était la réalité de la guerre, cette dernière était cruelle. Car tant qu’il y aura des guerres et des soldats pour les mener, le cycle ne s’arrêterait pas. « Sa majesté Durrandon, la reine-mère, s’est montrée bien généreuse en agissant de la sorte, en effet. Je suis tout de même surpris qu’elle ait fais affaire avec des pirates. C’est un risque de traiter avec des individus de leur espèce, et sa réputation aurait pu en être entachée. Mais si elle ne l’avait pas fais, qui sait quel coup du sort ou destin auriez-vous alors connue…Son action s’est simplement limitée à votre personne ou a-t-elle pu aussi venir en aide à certains de vos compatriotes, Lady Allyrion ? » Sa question semblait quelque peu désintéressée et il pouvait sembler réellement s’inquiéter sur le sort des dorniens qui pouvaient l’accompagner. Mais en tout bieffois qu’il était, et même si ça lui faisait mal de le reconnaître, ça l’indifférait quelque peu, bien que cela restait des vies humaines. En soit il voulait savoir quel avait pu être l’intérêt d’une aussi haute personnalité que Rowenna Durrandon pour la veuve des sables.

Lady Allyrion vint à lui poser des questions bien délicates, souhaitant savoir comment il réussissait à tenir en sachant qu’il allait devoir affronter ses compatriotes sous la bannière du loup et du dragon tricéphale. Il prit quelques instants pour peser les mots qu’il allait utiliser. Il se demandait également ce que cherchait la dornienne en lui posant de telles questions. Lors du banquet, elle semblait s’être montrée assez proche du couple impériale et des autres têtes couronnées. Du moins, peu avait le mérite de pouvoir être à leur table. Il y avait des éléments qu’il ne possédait pas, peut-être arriverait-il à recueillir quelques informations auprès d’elle. Il prit une inspiration, car ce n’était pas facile d’exprimer ce qu’il allait dire à haute voix. « Je m’en accommoderai jamais tout simplement, Lady Allyrion. Parce qu’ils sont mon peuple. Je suis l’un des leurs, j’ai combattu pour eux, avec eux et pendant de nombreuses années. Je ne prendrai jamais plaisir à devoir porter ma lame contre eux et faucher leurs vies, ni à m’y résoudre pleinement. Cependant, je dois faire ce qui doit être fait, c’est mon devoir. J’ai déjà dû affronter mes anciens compagnons d’arme une fois. Ce fût à la Seconde Bataille de Tinivel, combattant aux côtés du prince Kevan Gardener. Une épreuve difficile, encore une fois je le fis par devoir, bien qu’en face je savais qu’il y avait mes compatriotes, mes anciens frères d’armes, des individus pour qui j’aurai tout donné. Et lorsque je faisais couler le sang d’un d’entre eux et lui ôtais la vie, je savais que c’est une page de mon passé qui se tournait, des souvenirs que j’enterrai. Jamais je ne l’oublierai et je devrai vivre avec jusqu’à la fin de mes jours. Bien que je sache que cela se reproduira et très prochainement…   »

Il lâcha un lourd soupir, visiblement triste, ses paupières s’abattirent comme un voile sur ses yeux. Se remémorant quelques instants les visages qui avaient agrippés son regard lors de la bataille, se rappelant des bieffois qu’il avait dû tuer à contrecœur au cours de cette bataille. Pensant à certains de ses amis… Enfin anciens amis très probablement, qui avaient peut-être participés à cette bataille, peut-être y avaient-ils même péris. Ses yeux se rouvrirent sur le monde extérieur, il tourna sa tête vers la dornienne. « Je le fis par devoir. La mort dans l’âme en sachant que je trahissais une part de moi-même et non des moindres…   » Il laissa planer un silence pendant quelques secondes pour reprendre, son ton était empreint de conviction, son regard se renforça pour agripper le regard de la dornienne :« Mais la prochaine fois, cela sera différent… Oui je combattrai mes compatriotes par convictions. Celles que m’inspire l’Empire, car je partage ses idéaux. Car je suis persuadé que lui seul est capable de pouvoir apporter une paix durable, ou du moins d’instaurer de bonnes bases, sur ce continent. Et même si pour cela je dois combattre les soldats rangés sous la bannière de l’Usurpateur. Même si pour cela je dois porter ce poids jusqu’à mon dernier jour. Car nous nous battons pour une idée bien plus importante et grande que nous, Lady Allyrion. Nous combattons pour l’avenir de nos royaumes et celui de nos enfants également. Nous devons être prêts à faire ce qu’il faut pour que cette idée voit le jour… Je ne puis qu’espérer que mes compatriotes ouvrent les yeux, comme moi, sur ce que peut apporter l’Empire et qu’ils se rangent sous sa bannière, bien que je ne suis pas dupe en me faisant à l’idée que cela ne sera pas facile… »

Afin qu’elle prenne le temps de digérer ses paroles, il lui laissa quelques instants. Lui aussi avait besoin de réponses. Il vint donc à lui demander : « Je présume que vous ne me demandez pas cela sans arrière-pensée, Lady Allyrion. Si bien, me serait-il possible de connaître le rôle que vous allez devoir jouer dans le conflit en cours  ?   »



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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyVen 13 Mar - 15:39


Elle n’oublie pas, Mahée, toute la rancœur qui peut être la sienne envers le Bief. Si jamais d’aventure elle se laissait apitoyer, le souvenir des expatriations massives de dorniens refusant de se soumettre aux injonctions des Septons suffirait à raviver tout de son fiel… Ce fiel dusse-t-il devenir un comburant, elle aurait de quoi alimenter à elle seule toutes les cheminées d’Accalmie pour des années. Impossible, donc, de se montrer complaisante envers le royaume voisin, aussi belliqueux qu’un bouc mal léché… Pour autant, son père l’a bien élevée -peut-être sera-ce là le drame de sa vie- et s’il lui est impossible de montrer la moindre pitié envers le royaume de la Treille, il lui est aussi totalement impossible d’être injuste et de mauvaise foi face à un homme, un expatrié, qui, en plus, a la démarche de venir lui présenter ses excuses. Les choix de la nations sont discutables, mais certainement pas les intentions de l’homme, qui lui semblent bonnes, et désintéressées. Désintéressées car, après tout, en étant une dornienne otage de l’Orage, quel intérêt pourrait-elle avoir à ses yeux ? Il semble donc rapidement évident pour Mahée que le Sieur Garlan, en se présentant à elle, ne fait que répondre aux besoins impérieux de sa propre conscience, tente, par les moyens qui sont les siens, de palier de son mieux à ce que lui vit comme une faute. Elle ne pardonnera jamais au Bief. Jamais. Mais elle pardonne à Garlan, parce qu’il a l’air sincère, parce qu’il dit avoir fait tout son possible pour empêcher cette boucherie, et que les circonstances ne lui prêtent pas à penser qu’il gagnerait quoique ce soit à mentir. Par ailleurs, d’un point de vue plus pragmatique, même si elle n’y pense que de façon extrêmement superficielle, comme une raison de plus loin d’être primordiale, il est plus avisé de faire en sorte de ne pas susciter son inimitié… Se faire des ennemis ici, alors qu’elle est si vulnérable, équivaudrait à un suicide. Cela étant, rien ne l’empêche de jouer quelque peu avec ses nerfs, à peine, ce que se permet Mahée. Et Garlan ne marche pas… Il court ! Compréhensible, bien sûr, compte tenu de leur passif. Alors oui, Mahée s’amuse un peu à ses dépens, et aussi aux siens, puisque le chevalier n’a pas le moindre mal à se figurer la dornienne assez susceptible pour croire à ces âneries… C’est de bonne guerre. Elle lui pardonne, et espère qu’il lui pardonnera aussi. Du reste, la plaisanterie n’a vocation qu’à les faire rire tous les deux, à détendre quelque peu une atmosphère tendue. Peut-être ne seront-ils jamais amis, mais il est important pour la dornienne de passer pour être une femme de valeurs et de principes, ce qu’elle est, fondamentalement. Alors elle sourit, hoche gentiment la tête en signe d’assentiment, et l’invite à cheminer un peu avec elle.

Elle lui explique, avec ses mots à elle, quelque peu maladroits sans doute, qu’elle ne tient pas rigueur au chevalier… L’objectif, de faire savoir à son interlocuteur qu’elle savait faire la part des choses, semble être atteint puisqu’il lui assure qu’il saura s’en souvenir. La tête de Mahée se baisse légèrement avec reconnaissance. Elle n’en demande pas tant. Elle ne demande rien d’autre que de ne pas être abattue à vue, à ce stade. Elle porte en elle d’innombrables espoirs, pour son peuple et sa famille surtout, mais ne s’attend pas à un quelconque traitement de faveur. A ce stade, elle est déjà plus que reconnaissante qu’on la traite humainement… Les faveurs dont la dispense sa majesté Rowenna éveillent donc chez elle une gratitude sans équivalent. Jamais Mahée n’oublie qui elle est, mais elle n’oublie pas non plus la précarité de sa situation. En l’occurrence, même si elle est d’un rang supérieur au chevalier, il reste celui ayant le plus d’appuis, et, si ça ne conditionnera jamais l’opinion qu’elle peut avoir ou non de l’homme, ce paramètre lui semble néanmoins trop important dans sa situation pour être négligé. Par ailleurs, elle n’oublie pas que dans Westeros, le cas d’Argella demeure isolé. Sur le continent, les hommes ont très peu de confiance dans le leadership des femmes, ce qui rend de facto Mahée indigne de leur attention, respect ou même considération, indépendamment de sa qualité d’otage, pour la simple raison qu’elle est une femme.

A la question concernant les largesses de la générosité de la reine-mère, Mahée choisit d’être évasive. « Sa Majesté Rowenna en a fait autant qu’elle a pu… » Ce qui veut tout dire et son contraire. Aucune manœuvre politique là-dedans, seulement un profond désir de ne pas s’appesantir sur le sujet. Mahée a eu de la chance. Sans le bijou de sa mère, elle serait encore aux mains de ce maudit pirate. D’autres de ses compagnons, hélas, n’ont pas été aussi bien lotis, et elle s’en veut. Elle culpabilise, se sent responsable de leur situation, et impuissante à la changer. Refuser d’en parler, chasser le sujet, n’est pas tant une façon de se mettre des œillères que de donner rendez-vous à cette culpabilité, lorsque la dornienne sera en mesure de composer avec de façon constructive… Ce qui n’est évidemment pas le cas en compagnie du bieffois.

A la place, il lui semble beaucoup plus intéressant de recueillir les confessions du chevalier quant à sa position ambivalente au sein de l’Empire… A tort ou à raison, la jeune femme ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre la situation du bieffois et la sienne, et, quelque part, se demande si l’avenir de Ser Garlan ne serait pas prophétique pour le sien… Hélas, sa réponse, bien qu’étant complète, convaincante et convaincue, ne l’aide pas. Elle espérait une solution miracle que le chevalier ne peut lui donner, puisqu’elle n’existe pas. Dans la guerre, il n’y a pas de bon ou de mauvais côté… Il n’y a que des assassins, des vainqueurs et des vaincus. Cependant, la foi de Garlan, perçue très forte par Mahée, la pousse à se poser des questions, à se remettre en question, elle et ses choix, à les challenger, à se challenger… « Oh, aucun… Je ne suis rien ni personne, aussi il est très improbable que j’ai le moindre rôle dans cette affaire… Je me contenterai de subir ses répercussions, les choix des uns, des autres… Comme c’est le lot des petites gens. Je ne suis rien de plus qu’un intermédiaire. » Elle sourit, mais sans joie, et se retient difficilement de soupirer. « Je me posais juste la question, puisque votre position est sans doute celle dans laquelle ma patrie me verra. Je cherche encore comment assumer. » Elle ment, c’est évident, même si elle compte sur la réputation déshonorable des dorniens pour faire valoir ce mensonge auprès d’un bieffois qui, à priori, n’aurait aucun mal à penser une dornienne assez lâche pour mentir aux siens… Pour autant, ce mensonge sans substance est à peine sorti que Mahée l’a déjà oublié, la tête ailleurs. « Vous vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait le continent si nous nous rendions sans combattre au Bief ? » Elle pose cette question, sur un ton de réflexion absent. « Je veux dire… Combien de vie seraient épargnées ? Des dizaines de milliers, voire une centaine de milliers. Plus ? » Elle hausse les épaules, elle-même dubitative face à son propre discours. « Pas de terres brûlées, des champs pour les peuples… Pas de famine, pas de maladies engendrées par les conditions sanitaires et mortuaires catastrophiques… » Elle serre les dents, baisse les yeux. « J’imagine que la foi des Sept deviendrait la seule foi tolérée… Et que si le peuple aurait besoin de temps pour se faire à la transition, il finirait pas s’y plier… » Ses dents se serrent toujours, à s’en fracturer la mâchoire. « Je sais pour quel idéal se bat l’Empire… Mais vous, Ser Garlan, vous êtes-vous déjà demandé si le combat n’était-il pas pire, plus égoïste, que la reddition ? Si autant de vies perdues sont un prix raisonnable, acceptable, pour vos idéaux ? » Elle demande, avec une curiosité palpable. Garlan pourrait penser, éventuellement, qu’elle cherche à le piéger. Si tel est le cas, il doit sans doute lui reconnaître de grandes qualités d’actrice… En vérité, Mahée n’a pas l’esquisse d’un piège en poche. Elle partage juste des réflexions très internes, très philosophique, démontre simplement sa capacité à remettre ses choix en question ainsi que leur pertinence, le caractère éclairé ou non, dans un contexte qui dépasse largement sa petite personne…



   
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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyMar 31 Mar - 0:36

Garlan ne connaissait que très peu de choses sur la reine Rowenna Durrandon. Avant d’arriver à Accalmie, il ne la connaissait que de nom et comme la mère d’Argella. Il l’avait depuis aperçu à quelques reprises, notamment à l’arrivée de l’armée impériale dans la capitale du Royaume des terres de l’Orage et également lors de la cérémonie organisée pour leur arrivée. Mais il ne lui avait jamais adressée la parole, un chevalier de si basse extraction que la sienne, et qui était originaire du Bief, n’en avait pas l’opportunité. Et en tant qu’orageoise, elle aurait surement dédaigné lui adresser la parole, même pour lui adresser de simples banalités ou politesses d’usage. Il ne la connaissait donc pas et ne savait que très peu de choses sur elle. Depuis qu’il était sur ces terres, il avait entendu plusieurs rumeurs à son égard, il n’était pas homme à croire à ces racontars.

Il n’était donc pas possible pour lui de définir ce qui avait motivé vraiment cette décision de recueillir une dornienne capturée par un pirate. Et surtout qu’elle aurait pu souiller sa réputation en traitant avec des individus de cette espèce. Car en achetant un prisonnier à un pirate, on fait proliférer son commerce, on l’accepte en quelque sorte et on pourrait même dire que l’on ferme les yeux sur la notion de l’esclavage. Mais enfin ce débat n’était pas au goût du jour. Comme dis, il en savait que très peu sur la reine-mère pour savoir ce qui l’avait poussé à prendre cette décision. Et ce n’est pas par Lady Allyrion qu’il obtiendrait des informations. Cette dernière se montra assez succinct avec sa réponse en prétextant simplement que la mère d’Argella avait fais du mieux qu’elle pouvait. Garlan comprit que ce n’était pas la peine d’insister et qu’il n’arriverait pas à satisfaire sa curiosité sur ce sujet-là. Tant pis, ce n’était pas bien grave, ni important à ses yeux.

La dornienne vint répondre à son interrogation, lorsqu’il lui avait demandé le rôle qu’elle allait avoir dans cette guerre. La réponse, qu’elle lui fournit, le fit émettre un léger sourire, qui était assez faux d’ailleurs, son esprit analysait ses propos. Aucun individu ne pouvait prétendre n’être personne, pas dans cette guerre. Tout aussi petit qu’il soit, chaque individu avait un rôle dans ce qui allait se jouer. Un rôle plus ou moins ingrat, mais tout ne dépendait pas de une ou deux personnes dans chaque camp. De plus, elle était une notable issue de la noblesse de Dorne, elle n’était pas ici par hasard, la reine Durrandon ne l’avait pas choisie par hasard. Non il y avait quelque chose d’autre, ça semblait assez évident et elle ne semblait pas vouloir lui en parler, ou peut-être se voilait-elle la face. En soit, il reviendrait sur ses propos plus tard.

Pendant ce temps, il continuait d’écouter attentivement la jeune femme alors qu’ils continuaient leur avancée, le garde n’était pas très loin derrière. S’imaginer ainsi au bras d’une dornienne il y a moins de deux ans… Il ne l’aurait jamais cru, il en aurait ri. Encore une fois, il ne haïssait pas ce peuple, il nourrissait une certaine animosité certes, pour ce qu’il avait perdu dans les conflits avec le peuple de Dorne. Mais pas au point de les haïr, car il imaginait qu’eux aussi, ils avaient énormément perdus de la faute du Bief. Mais voilà, ils se promenaient, presque innocemment, avec Lady Allyrion. C’était encore une fois la preuve que les temps changent et les individus avec eux. Sa voisine vint à lui poser une question surprenante, mais loin d’être saute et inintéressante. Oui, elle amenait une piste de réflexion qui méritait toute son attention.

Cela le poussa à réfléchir quelques instants, c’est vrai qu’il ne s’était jamais vraiment posé la question. Il avait dû faire des choix. Celui de suivre Kevan lors de sa désertion de l’armée royale. Celui de ne pas le suivre davantage dans sa folie. Mais il était un chevalier, un soldat. Il obéissait aux ordres et les suivait en faisant de son mieux. Cependant, jamais il ne s’était demandé ce qu’il en aurait été si les deux superpuissances de ce continent ne seraient pas entrées en guerre l’une contre l’autre et que l’une aurait capitulée. Jamais, non. Car il ne se trouvait pas à un niveau décisionnel qui le poussait à une telle réflexion. Mais maintenant qu’elle lui en laissait l’opportunité, il pouvait mûrement méditer à ce propos. Ses lèvres restèrent cousues l’une contre l’autre pendant un assez long moment, on aurait même pu croire qu’il n’était pas décidé à répondre à ses questions. Puis tout à coup, il commença à s’exprimer : « Peut-être avez-vous raison, Lady Allyrion. Peut-être avez-vous tord. Je ne faisais pas parti des forces qui ont marchés sur Dorne récemment, mais j’ai pu obtenir des échos de ce qui s’y est produis. De ce que votre peuple a dû concéder afin d’obtenir la paix. Selon vous, la reddition totale, sans même combattre, est-elle acceptable si vous devez cesser de croire à tout ce qui a animé votre existence jusqu’alors ? Vos valeurs ? Vos traditions ? Votre culture ? Votre religion ? C’est ce qui motive chaque être à vivre sa vie et c’est aussi grâce à cela que différentes peuplades ont vu le jour sur le continent. Céder, c’est tirer une croix sur son identité, seriez-vous prête à la perdre ainsi, Lady Allyrion ? »

Il la fixa dans les yeux, puis reprit : « Et à quel prix, Lady Allyrion ? Vous parler de centaines de milliers de morts, mais vous savez qui sont les alliées de l’usurpateur, le roi Manfred Hightower. Les fanatiques de la Foi. Des individus aveuglés par les sermons du grand septon qui est prêt à faire couler le sang d’innombrables personnes pour arriver à ses fins. Pour faire la guerre, alors que la religion devrait être synonyme de paix. Alors que chaque individu devrait avoir le droit de croire en ce qu’il souhaite, peu importe sa croyance tant qu’elle ne nuit pas aux autres. Si nous ne luttons pas, si nous ne l’emportons pas. Ces individus imposeront leur volonté sur l’ensemble du continent. Comme vous le dites, il n’y aura alors plus qu’une religion. Ces fanatiques n’hésiteront pas à massacrer tous les individus qui seront jugés être des païens, des lieux de culte seront saccagés et détruits, les rebellions seront réprimés dans un violent carnage. Si Dorne a décidé de capituler, pensez-vous que les royaumes fédérés en feraient autant ? Il y a de très nombreuses maisons des royaumes fédérés qui croient aux Anciens Dieux, majoritairement dans le Nord. Les hommes du Nord sont fiers et n’abandonneront pas leur religion ainsi. Méritent-ils d’être complètement éradiqués, parce que nous n’avons pas voulu prendre les armes ? Ne pensez-vous pas, Lady Allyrion, que justement, ça serait être là égoïste d'agir ainsi?  Au final, nous n’arrivions peut-être pas au même bilan humain, mais à quel prix ? Si c’est pour vivre sous le joug d’individus qui veulent balayer votre culture et vous imposer leur volonté. Si c’est pour abandonner et trahir vos anciens amis et alliés. Pour finalement finir votre vie dans la peur, une vie que l’on vous a imposé, et de tirer un trait sur vos valeurs.   »

Il marqua une courte pause, légèrement pensif pendant un instant, ressassant le passé.Lorsque j’ai récité  mes vœux de chevalerie, j’ai fais le serment de les respecter. Mais au cours des années qui ont suivis, j’ai vite réalisé que parfois ces derniers n’étaient pas applicables dans certains contextes. Lorsque vous tuez un adversaire, comment pouvez-vous prétendre protéger la veuve et l’orphelin ? Alors que l’homme était peut-être un mari et un père. J’ai alors compris qu’être chevalier, c’était faire de son mieux pour respecter les idéaux dictés par le code tout au long de son existence, même si ces dernières ne pouvaient pas être applicables dans tous les instants. C’était faire de son mieux pour essayer de protéger au mieux les intérêts de son royaume et de son peuple, de venir en aide à son prochain lorsqu’il en avait le besoin. Ce sont des valeurs qui ont animés mon existence, jusqu’ici, Lady Allyrion. Et c’est pour celles-ci que je combattrai prochainement sur les champs de bataille sous la bannière de l’Empire.

Vous pensez au nombre de vies perdues, moi je pense aux vies qui seront préservées. Aux cultures qui pourraient être sauvegardées. Mais également aux individus qui feront le sacrifice de leur existence pour défendre leurs valeurs et les intérêts de leur royaume, car ce sont aussi les leurs. De ceux qui combattront pour ceux qui sont dans l’incapacité de le faire.  
» Garlan se perdit dans le vide pendant quelques secondes, il répondit alors à la dernière interrogation de Mahée : « Ce que je crois. C’est qu’il est préférable de combattre pour ses valeurs et ce que l’on pense être juste, quitte à y laisser la vie. Et non pas, finir ses jours dans son lit de mort, en ayant peur et honteux de l’existence que l’on a mené. Ou plutôt que l’on n’a pas pu mener, manquant de courage au bon moment pour défendre ses idéaux. Si pour ce que je crois, vous devez me juger comme un être égoïste et peu conscients du bien-être d’autrui, alors soit, mais cela ne changera pas ma façon de penser.   »



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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyMar 7 Avr - 14:00


Elle le voit bien, Mahée, qu’elle le contrarie, le chevalier, en éludant ses questions les unes après les autres, un mensonge poussant une réponse vague qui, de ce fait, n’en est pas vraiment une… Mais elle n’a pas mieux à lui dire pour l’instant. L’entrevue avec le couple impérial est trop récente pour qu’elle s’appuie réellement dessus. En fait, Mahée ne s’appuie plus vraiment sur rien ni personne… Depuis la mort de son père, elle se sent comme une feuille emportée par le courant d’une rivière… Encore entière, qui parvient à flotter vaille que vaille, mais dans l’impossibilité d’imprimer une quelconque direction au sens de sa vie… Tout ce qu’elle peut faire, c’est saisir les opportunités qui se présentent à elle quand elle se présente, mais la dornienne est forcée de reconnaître, si elle veut survivre, qu’elle est la dernière des personnes à avoir son destin entre ses mains. Que dire, alors, au chevalier ? « Je suis une poupée, une femme de paille que l’Empire agitera devant son nez quand bon lui chantera pour tenter de déstabiliser Deria Martell. Et vous savez quoi ? J’ai tellement envie de voir cette petite princesse pourrie gâtée descendre de son piédestal que je suis prête à me prêter à cette ridicule pantomime… » Tellement vrai. Tellement direct. Tellement honnête quant à sa totale désillusion concernant les leaders de ce monde… Elle sait qu’elle ne se hissera jamais à leur niveau, et ne souhaite pas nécessairement l’atteindre. Elle aimerait juste… Que ça soit plus facile. Difficile à envisager comme possibilité quand on sait que l’appel du pouvoir et de la puissance rend sourds les hommes depuis toujours…

Mahée, elle, en est presque au-delà de ça, se veut plus philosophe. Elle a de la gratitude pour ce qu’elle a, et ne nourrit pas spécialement de désir d’expansion. Ce qui la décide à se rebeller contre l’autorité de Deria Martell sont justement les raisons qu’évoque Garlan. Elle a l’impression que la princesse brade les frontières de leur pays, et a cessé de se battre pour défendre ses citoyens, pour leur droit de continuer à vivre selon les mœurs dans lesquels ils ont été élevés et ont élevés leurs enfants. Mahée n’est pas aveugle, ni idiote, ni naïve. Sans connaître le roi Manfred, elle n’a aucun mal à s’imaginer sa soif de pouvoir et de territoire sans limite… Dans l’esprit de la dornienne, mordre un bout dans la principauté aura aiguisé les crocs du fauve, qui prend le temps de se remettre des multiples attaques qui lui parviennent de toutes parts, mais le répit sera de courte durée… Mahée craint que si rien n’est fait, le Bief finira de mettre Dorne à genoux, et avec la principauté disparaîtra la singularité de Westeros, un mode de vie différent de tous ces bonnes gens… L’uniformisation sous la bannière du plus fort… Pensée qui, si elle est insupportable, a besoin d’être réfléchie à grande échelle, selon elle.

Les traits fermés, elle écoute le plaidoyer du bieffois, sans jamais le regarder, gardant les perles d’onyx de ses yeux obstinément tournées vers l’horizon. Bien sûr, elle réfléchit, de façon visible, à tout ces coups moralisateurs et enflammés qu’il lui assène… En l’entendant, Mahée ne doute absolument pas de sa détermination ni de sa passion, et il est même très étonnant qu’il énonce, de lui-même, pourquoi Dorne ne devrait pas être anéantie, pourquoi il est primordial d’épargner la Principauté, si cela était possible… Elle n’est même pas certaine qu’il puisse s’entendre plaider la cause de Dorne. Tout ce qu’il voit, et à juste titre, c’est la menace qui pèse sur tout le sud du continent, et l’hostilité qu’il peut avoir à voir la foi des Sept écraser tout le monde… Cette réflexion-ci fait relever les yeux à Mahée dans sa direction, et pendant plusieurs longues secondes, c’est à peine si elle l’écoute. Déception ? Rancune ? Il est inconcevable que cette obstination qu’elle perçoit chez le bieffois ne soit due qu’à un heurte contre des principes, pas s’il est en accord avec ces principes… Il y a forcément une raison qui l’a poussé hors de l’emprise de l’endoctrinement de la foi… C’est une piste qu’elle creusera. Plus tard. Pour l’instant, la logorrhée du bieffois se poursuit, et plus elle se poursuit, plus elle s’enflamme, et plus elle s’égare en conjectures… Qui sont bien loin de la vérité.

« Vous vous êtes égaré dans le sujet, Seigneur Goldwyne, et avez beaucoup spéculé… » Elle répond, sans agressivité, calmement. « Si vous pensez que c’est la peur qui me pousse à me poser ce genre de dilemme, vous n’avez qu’à moitié raison. J’ai peur, effectivement, que les décisions que je prenne puissent être pires que mieux… Pas pour moi, mais pour mes gens. » Elle pousse un discret soupir. « Votre position est très noble, dans tous les sens du terme. Mais au propre comme au figuré, cette noblesse n’est pas accessible à tous, pour la simple et bonne raison que se comporter noblement est un luxe. Un luxe qui se paie souvent avec la vie d’autrui… Et plus vous grimpez l’échelle sociale, plus le comportement noble sacrifie de vies. » Son visage demeure stoïque. « Vous avez raison, Sir Goldwyne, quand vous dîtes que céder reviendrait à laisser Dorne se faire dévorer par le Bief, que notre culture s’éteindrait… Cela étant, indépendamment de ma rage à cette idée, je me dois tout de même de me poser la question… Est-ce que mon désir de voir ma culture perdurer vaut le sacrifice de vies qui ne sont pas la mienne ? Moi, je sais très bien ce que je serai prête à sacrifier pour empêcher que cela n’arrive… Et je le ferai. Mais je ne veux pas être inconséquente, ou balayer ces sacrifices comme s’ils n’étaient rien. Les populations s’adaptent aisément au changement. Le plus gros levier des nobles sur ceux qui ne le sont pas sont les taxes. Si la taxe reste mesurée, le changement pourrait même passer inaperçu. On intégrera dans leur vies de nouveaux rites, leur routine va changer un petit peu, mais… Dans le fondamental, peu importe qui ils ont au-dessus de leur tête, ils continueront à retourner leurs terres, ensemencer, arroser, laisser pousser, récolter… Et ainsi de suite. Par contre, la vie des nobles, eux, change. Le changement le plus évident pour Dorne est la revue à la hausse de la pénibilité de ses mœurs… Jusqu’ici, nous jouissions d’une certaine liberté de corps et d’esprit… Nous vivions la dévotion aux Dieux ou pas selon nos penchants et besoins spirituels. Je crois, bien sûr, que ce serait une perte effroyable que de devoir y renoncer… Mais peut-on mettre en parallèle l’exécution ou l’adaptation de quelques centaines de personnes que compte la noblesse, et les centaines de milliers qui partent au front pour défendre leurs propres idées ? » Mahée tourne un visage grave vers Garlan. « Se battre, et se sacrifier pour des idées sont le matériel de base des balades et épopées… Sans apologie d’une idée sur l’autre ni le besoin vital de faire perdurer sa propre conception du monde, sans considération de valeur pour les principes que chaque côté défend, de façon totalement absolue… Le combat pour le combat, dépouillé de tous ces artifices qui l’anoblissent, et le rendent légitime… La vision d’hommes à la vie simple et ronronnante que vous arrachez à leurs champs pour leur mettre une arme en main et les faire défendre leurs frontières, frontières établies de façon arbitraires sur des cartes que la terre ne reconnaît pas… Quelle raison donnez-vous à son sacrifice, ou à celui de son voisin ? Celle de se battre pour la liberté ? Mais de son point de vue, la liberté n’aurait-elle pas été la même, à quelques nuances près, sans qu’il n’ait à donner sa vie si la personne qui lui était supérieure en rang avait montré plus de discernement ? » Bien qu’elle demeure d’un parfait stoïcisme, la voix aussi froide que la mort, Mahée ne parvient pas à s’apaiser. Elle continue de ruminer, de ruminer encore toutes ses incertitudes… Et continue de se frustrer elle-même. Comment pouvait-elle être aussi décidée à suivre le couple impérial, et autant douter de prendre les bonnes décisions pour les siens ? Et si la Grâcedieu venait à être réduite en cendres ? Et si elle faisait tout ça pour rien, puisque rien ne restera du fief de ses aïeux ? « Nous sommes tous les héros de notre propre histoire… » Elle soupire, enfin. « Je suis persuadée que Manfred, en croisant son reflet dans le miroir, ne voit pas le monstre que nous voyons… Et que si nous devions l’écouter, il aurait lui aussi de grands principes nobles pour lui servir de justification face à notre destruction… Ce que je me demande, c’est ce qui conforte les rois de ce monde dans la conviction que tous ces sacrifices sont nécessaires… » Elle, elle n’a qu’une poignée d’hommes à sa charge, sous sa responsabilité, et elle a déjà toutes les peines du monde à s’imaginer leur demander de sacrifier leur vie pour des idées… Ce poids lui semble peser une tonne sur ses épaules, tant elle ne parvient pas à se sentir légitime de disposer d’un tel pouvoir, d’une telle responsabilité…



   
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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyDim 3 Mai - 23:00

 Lorsqu’il était venu présenter ses condoléances à Lady Allyrion pour la mort d’Idriss lors de l’émeute suite aux festivités à Hautjardin, il ne s’attendait à avoir ce genre de discussions avec elle. En effet, avant de l’aborder, il s’était attendu à ce que leurs dialogues soient alimentés par l’animosité légendaire et naturelle entre les bieffois et les dorniens. Que le ton monterait probablement, que des critiques peu constructives soient formulées des deux côtés et que l’échange tournerait court. Pourtant il n’avait pas hésité une seconde à se rendre auprès de la dornienne, bien décidé à respecter la dernière volonté d’un mourant qui ne souhaitait que rendre à sa chère épouse un de ses biens. Une façon qu’elle se rappelle de lui probablement. Ils étaient mari et femme, mais il ne connaissait pas la nature précise de leur relation, si bien qu’il était difficile pour lui de juger et dans tous les cas, il ne le permettrait pas. S’il était à la place du dornien, il aurait fais surement la même chose pour Yesaminda.

Sa vie n’était pas sans risque, il en était conscient, et avec la reprise des conflits imminente, il y avait un risque non négligeable qu’il passe de vie à trépas. On ne pouvait pas écarter cette éventualité dans ce contexte, cela devait restait dans un coin de sa tête, sans que cela devienne une fatalité dévorante qui vous obnubile. Juste une possibilité, une réalité, qui vous permettait également de savourer chaque instant de votre vie.  En venant présenter ses condoléances, il ne s’attendait pas non plus à ce qu’ils partent sur des sujets à débat comme ceux-là. En effet, ils risquaient de passer un bon bout de temps à exposer tous leurs arguments. A converser. Exposant leur point de vue l’un après l’autre. Les confrontant. En parlant de temps, il ignorait s’il pourrait passer des heures en sa compagnie, il avait des responsabilités auprès de son escadron. Il ne pouvait se permettre de s’absenter trop longtemps et trop régulièrement, sinon le chef de corps de la cavalerie lui tomberait probablement dessus.

Malgré son statut d’otage si l’on peut dire, ou plutôt « d’invité » auprès de la reine-mère, Rowenna Durrandon, elle avait peut-être des obligations auprès de l’orageoise. Elle ne lui avait certainement pas sauvé la vie par simple bonté d’âme après tout. Il arriverait surement à en apprendre plus, que ce soit de ses mots pendant la suite de la discussion ou par la bouche de quelqu’un d’autre. Ses sourcils arqués, témoins d’une légère contrariété lorsqu’elle vint à lui annoncer qu’il se méprenait quelque peu sur son compte. Il avait ses défauts et il était homme à reconnaître ses tords et à se remettre en question si on lui avançait les arguments convaincants de sa bêtise. Il s’était surement quelque peu emporté, il est vrai, le sujet l’avait énormément inspiré il faut dire. Très probablement parce qu’il se sentait concerné par celui-ci. Et également parce qu’il avait été à la place de la dornienne en quelque sorte.

Cette place où il devait faire un choix. De passer pour un traître auprès des siens pour aider à contribuer à quelque chose de plus grand. C’est ce qu’il avait fais de son côté, pour Kevan uniquement au départ. Puis par conviction. Le bieffois écoutait patiemment ce qu’elle avait à dire, étudiant chacun de ses propos et de ses positions. Il était forcé de reconnaître qu’elle avait un esprit avisé et qu’elle semblait déjà bien avoir étudié la question en l’écoutant parler. Mais malgré cela, il y avait un échange qui était en train de se créer, lui posant des questions, souhaitant connaître son avis sur certains sujets. Il trouvait cela on ne peut plus intéressant alors. Garlan n’avait pas spécialement l’impression qu’il avait évoqué le Bief et Dorne en exemple dans son discours. Mais enfin, il s’était tellement emballé que c’était plausible après tout. Ce qu’il avait voulu dire que ça pouvait concerner n’importe quel royaume de Westeros.

Chaque royaume était différent de son voisin, de part sa religion et ses traditions, sa culture en quelque sorte. Un voisin envahisseur pouvait mettre à mal le quotidien des personnes qui y vivaient et changer leur mode de vie.  Il reprit la parole, balayant chacun des sujets abordés, les uns après les autres. « Il est normal d’avoir peur, Lady Allyrion.  Que ce soit pour votre propre personne, comme pour les autres. Cela montre que vous êtes consciente de vos responsabilités. Vous vous montrez sage en agissant ainsi. Avoir peur n’est pas une fatalité, c’est naturel, aucun individu ne pourra prétendre n’avoir aucune peur, ça serait un odieux mensonge. J’ai moi-même peur, non pas de perdre la vie lors des combats, car je l’ai bien vécu, et dans une guerre, cela fais parti des risques. Mais ma peur est tournée vers mes proches, vers mon épouse, qui porte notre enfant, ainsi que ma sœur et ses enfants. Je donnerai tout pour eux, comme vous le feriez pour vos gens, je comprends alors votre position.»

Il est vrai que lorsqu’on était un simple chevalier sans fief et un seigneur, les responsabilités n’étaient pas du tout les mêmes. C’était une charge et celle-ci ne quittait jamais vos épaules, à aucun instant. Des vies reposées sur vous et par vos décisions, certains en paieraient le prix. C’était une triste réalité, mais la plupart du temps cette dernière était nécessaire.   «Je présume que cela dépend des stratégies et tactiques employées, bien que j’ai pleinement conscience que plus on évolue dans l’échelle hiérarchique, plus davantage de vies repose sur chacune de vos décisions. Et l’une d’elles, prise trop à la hâte ou en considération de certaines valeurs, peut balayer l’existence de tous les vies entre vos mains. Mais le sujet de discussion est assez intéressant, c’est loin de la première fois qu’on veut m’ouvrir les yeux sur cette réalité…  » Le capitaine repensait alors à toutes les discussions qu’il avait pu avoir dans le passé. Dont l’une des dernières avait été avec la fer-née, à ce moment-là princesse, Eren Hoare. «Mais je sais très bien dans le monde que nous évoluons, je ne suis pas dupe sur celui-ci. Comme j’ai pu le rétorquer à ceux qui m’ont interpellé à ce sujet, je ferai tout mon possible pour respecter mon serment de chevalerie et les valeurs qui sont les miennes. Mais j’ai pleinement conscience que cela ne peut pas s’appliquer dans toutes les situations. Il ne tient alors qu’à moi de tout faire pour rattraper ces manquements, car un homme qui ne respecte pas ses serments, ou qui ne fait pas tout pour les respecter en tout cas, est un moins que rien.»

Il s’était quelque peu égaré, il eut un petit sourire gêné et se tourna brièvement vers la dornienne pour s’expliquer : «C’est l’homme qui a fais de moi un chevalier qui m’a transmis cette pensée et cette dernière a dictée une majeure partie de mon existence et sans cela je ne serai certainement pas ici aujourd’hui à vrai dire.»   Dans sa réponse, il avait une réponse partielle à la question qu’il se posait précédemment. Sur la réelle raison qui avait poussée la reine-mère du royaume de l’Orage à sauver une noble de Dorne. Peut-être qu’elle et l’Empire avaient l’ambition  d’essayer de « l’utiliser » d’une manière ou d’une autre dans un jeu de pouvoir contre la Principauté. C’est ce à quoi il pensait à l’instant, il verrait par la suite s’il avait tord. «Je ne puis que vous donner raison sur la plupart de vos propos, Lady Allyrion. Je ne puis prétendre connaître davantage votre peuple que vous-même. Puis je dois dire que l’aversion naturelle entre nos deux peuples ne m’a jamais poussé à en apprendre davantage, à part par le biais de votre défunt époux. Cependant, il me semble bien que la devise de la maison Martell est « Insoumis, invaincus, intacts », et plus qu’une devise de maison, il me semble bien que c’est un code suivi par de nombreux dorniens, une sorte de profonde détermination, un esprit de résistance. C’est en tout cas l’idée que je me suis fais d’eux de par les multiples affrontements à la frontière bieffoise auxquels j’ai participé. J’y voyais alors une profonde volonté de protéger leur territoire, mais d’autant plus leur style de vie si différent du nôtre. Si bien que si vous ne jouez pas le rôle que vous êtes destiné à jouer, peut-être que l’un des votres se soulèvera pour cela plus tard. Trop tard. Et plus rien alors ne sera possible…   »  

Il n’avait jamais pris le temps d’avoir une telle pensée. Comment se voyait l’usurpateur ou le roi Hoare lorsqu’il apercevait leur reflet ? Pensaient-ils faire ce qui est juste ? Pensaient-ils être dans le « bon camp » ? Il y avait sujet à réflexion, mais Garlan fit en sorte de ne pas trop y penser, car il était persuadé de leur cause et il ne voulait pas qu’il se mette à douter ou à réfléchir, surtout s’il se retrouvait prochainement en pleine action contre ses anciens compagnons d’arme bientôt. « Malheureusement, lorsque la diplomatie ne suffit plus, la guerre ne se gagne pas sans son lot de pertes humaines, innombrables. Pour la grande majorité des gens du Peuple qui ne peuvent pas percevoir toute la portée du conflit dans lequel ils se retrouvent emportés. Quelque soit le roi, il doit porter ce poids sur ces épaules. Je pense qu’un bon roi fait en sorte de l’emporter en préservant un maximum ses gens. »  Ils avancèrent par la suite dans une petite cour, un plateau d’argent traînée sur un rebord de fenêtre, ce dernier avait du vécu, mais Garlan s’en saisit et le dressa devant la dornienne : « Si je me puis me permettre, Lady Allyrion, et vous que voyez-vous lorsque vous voyez votre reflet ? Comment souhaitez-vous que l’histoire se souvienne de vous ? »  
 


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MessageSujet: Re: Un objet du passé [Tour VII - Terminé]   Un objet du passé [Tour VII - Terminé] EmptyLun 18 Mai - 19:03

Elle sent bien, la dornienne, que le chevalier bieffois tente de l’aider, sincèrement, de son mieux… Mais en dépit de tous ses efforts, Mahée n’y voit pas plus clair. Elle l’entend qui essaie de se montrer conciliant avec elle, de la rassurer quant à ses peurs, mais plutôt que de la rassurer, l’effet obtenu est inverse. Bien qu’elle n’en montre rien, la dornienne s’agace. Admettre qu’elle a peur n’a pas été facile, mais ça lui semblait nécessaire pour la suite de la conversation. Plutôt que de s’avouer effrayée, peut-être aurait-elle dû prétendre être inquiète. C’était, au demeurant, plus proche de la vérité. Mahée est effectivement inquiète que ses décisions entraînent une réaction en chaîne au dénouement catastrophique, pour les siens ou la Grâcedieu. Contrairement à ce qu’avance le chevalier, elle n’y voit aucune noblesse, seulement de la faiblesse, le genre de faiblesse que justement peut se permettre un chevalier, guidé, selon son code, uniquement par des principes nobles et de sacrifice, mais pour diriger de façon éclairée, est-il concevable qu’un chef de maison doive sacrifier son âme et ses principes ? Elle en doute, même si c’est la question qu’elle pose, indirectement, à Sire Garlan, et sa réponse ne l’avance pas d’avantage. Elle garde donc le silence, et écoute, sans mot dire, son long plaidoyer.

Il poursuit en disant comprendre que plus on grimpe à l’échelle sociale, plus les répercussions de ses décisions sont graves. Soit. C’est un point capital, et poursuivre la discussion sans sa compréhension n’aurait pas eu de sens. Pourtant, il esquive toute la difficulté de la conversation en refusant d’admettre la question principale : que faire si l’ennemi ne se montre pas chevaleresque ? Puisque c’est ça, au final, le nœud du problème, la question soulevée par Mahée… A ses yeux, Manfred n’a rien de chevaleresque ni d’honorable. A cause de sa conquête de Dorne et du combat insensé du grand Septon, des centaines de familles souffrent, sont déshonorées, envoyées sur les routes, expulsées de chez eux, dépossédées de leurs biens. Que faire, en réponse à cela ? Comment concilier les obligations du seigneurs concernant les vies de ses gens, et celles concernant leur bonheur ? Le peuple pardonnerait-il à un Seigneur d’avoir voulu voir à long terme, c’est-à-dire à trois générations ? Le temps pour les plus anciennes de disparaître, ne laissant survivre que la doctrine des conquérants. Elle se le demande, Mahée. L’histoire est écrite par les vainqueurs, c’est certain, et elle aimerait plus que tout avoir une boule de cristal pour connaître celui de cette guerre-ci, pas pour son propre bien puisque son propre bien ne saurait admettre la doctrine du conquérant, mais pour celui de ses gens. Elle-même ne cesserait jamais de se battre contre lui, d’essayer de venger un père aimé, perdu pour rien, broyé par le pouvoir d’une princesse capricieuse, mais connaître le dénouement lui permettrait de prendre les meilleures décisions pour la Grâcedieu, et ainsi, le cas échéant, passer les rennes à son frère, à défaut de pouvoir être philosophiquement en harmonie avec les décisions qui s’imposent.

Elle demeure toujours silencieuse, Mahée, quand Garlan évoque la devise des Martells qui, très justement, est un crédo vécu par beaucoup des dorniens. Ils sont aussi fiers que le pense le bieffois, aussi déterminés à conserver leur liberté et leur indépendance, mais ils sont surtout aussi en train de vivre la guerre la plus destructrice de leur histoire. Jamais auparavant ils n’ont perdu de terrain. Le désert a eu raison de leurs envahisseurs. Que les Bieffois soient parvenus à s’introduire dans leurs terres est un coup terrible dans l’orgueil qui les porte, d’ordinaire, sans compter les privations bien plus pragmatiques qui découlent de cette situation, ou la peste rouge qui les a frappés de plein fouet. A l’heure actuelle, les dorniens sont fatigués, la principauté est économiquement exsangue, et Mahée est convaincue qu’ils n’en seraient pas là si cette peste de princesse avait mobilisé son armada quand elle le devait. Quoiqu’il en soit, le résultat reste identique. Le Sire poursuit son laïus, toujours persuadé que la dornienne attend de lui qu’il lui donne des raisons de se battre, alors qu’elle ne doute pas de ses raisons propres, mais uniquement de la meilleure façon de tenir son rôle de chef de famille.

La dernière manœuvre du chevalier, par contre, la surprend visiblement. Ses yeux s’écarquillent, elle cille à plusieurs reprises, et marque un temps d’arrêt. Elle n’a pas la moindre envie de répondre à cette question, qu’elle estime bien trop personnelle. Elle n’est même pas certaine de vouloir laisser une emprunte quelconque dans l’histoire… Tout ce qu’elle veut, c’est de ne pas être à l’origine de la ruine de sa famille et de son fief, que la lignée des Allyrion ne s’éteigne pas à son fils, décapité en place publique par les Martell pour la traîtrise de sa mère, que ses frères et sœurs ne soient pas écartelés ni sacrifiés, et sa mère contrainte à regarder ce spectacle déchirant… Sa bouche finit par s’entr’ouvrir, dans ce qu’elle sait être une tentative de réponse évasive, mais avant qu’elle n’ait eu à produire le moindre son, un servant vient les interrompre. « Pardonnez-moi Lady Allyrion, mais sa Majesté Rowenna vous fait mander. » Mahée tente de cacher son soulagement le mieux possible. « J’arrive tout de suite. » Le servant s’incline, et s’écarte de quelques pas, attendant que la dornienne prenne congé, ce qu’elle fait sans tarder. « Merci pour cette promenade enrichissante Sire Garlan, et de m’avoir rendu la broche de mon époux. Je saurai me souvenir de l’amitié qui vous a liés, et de votre patience lors de cet échange philosophique. » Elle esquisse une révérence élégante. « Que les Dieux vous gardent. » Et, après un ultime sourire, se détourne du chevalier pour en retourner à ses attributions de dame de compagnie de la reine-mère de l’Orage.



   
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