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De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]
MessageSujet: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyLun 2 Sep - 23:07

De bien étranges retrouvaillesArianne & Yoren

Je savoure pleinement mon rétablissement complet en sentant la mécanique complexe de ma carcasse mille fois marquée jouer sous ma peau tandis que je m'échine à vaincre ser Arthur Royle. Mon maitre d'armes et proche le plus taciturne se contente d'afficher une expression placide alors que je laisse exploser une brutalité trop longtemps contenue. Oui, je ne me bats pas seulement en cet instant précis. Je me décharge d'une colère insoutenable autant que d'une haine dévorante masquant une douleur sourde. A chacun de mes assauts je revois le visage de l'un des renégats ayant tenté de me déposséder de mon rang, mon héritage et ma voie. L'on dit souvent que combattre avec la rage au ventre est une bonne chose à condition de ne point se laisser posséder par elle. Je ne suis pas d'accord. Me faire trahir par des personnes en qui j'avais le plus confiance à tracé un sillon aussi profond que sanglant dans mon ètre. Désormais, je comprends pleinement les élans paranoïaques de feu mon sombre géniteur.


Tout en luttant contre la tentation tenace d'y succomber à mon tour. Aussi, cette rage dévorante autant qu'insatiable me sert de carburant. Or, de la haine j'en ai plus que suffisamment pour bruler tout ce continent. Mon royaume en putréfaction ne manque guère d'ennemis tant nombreux semblent avoir juré d'effacer jusqu'au nom de ma lignée. Qu'importe, je me battrais jusqu'à l'épuisement pour achever ce rêve dont j'ai posé les fondations. Afin que l'on se souvienne du roi batard comme de celui qui aura transformé le domaine Hoare en profondeur pour le meilleur et non plus le pire. Pour l'heure, je ne pense guère à tout cela car si j'ai appris quelque chose sur la Garce Mortelle c'est que le combat est un art exigeant sur lequel il faut se focaliser entièrement à moins de vouloir le payer cher. Le puissant chevalier réplique en me donnant tout ce qu'il a et sait que je lui en sied grée. Je pare et encaisse la contre attaque fulgurante avec la force de l'habitude en cédant volontairement du terrain avant de repartir à l'assaut un rictus féroce aux lippes. Je ne saurai dire combien de temps nous passons ainsi à nous marteler de coups implacables. Ce que je sais c'est que je finis par émerger de ma transe guerrière éreinté par ce duel.


Echangeant un regard complice avec le géant cuirassé, je lui indique que la séance est terminé d'un signe du chef avant de lancer ma lame à un garde royal puis de tourner les talons. Défoulé, je puis de nouveau réfléchir convenablement. La neige a fondue. Elle fond toujours. Et voilà le printemps à nos portes. Bientôt, le massacre reprendra et maintenant plus que jamais je ne pense pas que mon peuple dispose d'amis sur qui compter. Nous sommes seuls contre le monde en dépit de tous mes efforts. Le nom de Hoare à jamais honni. Pourtant, le Sautoir ne mourra pas tant qu'il me restera un souffle de vie dans les poumons. Croisant une suivante de la princesse Dornienne dans les couloirs j'envoie l'un des gardes sur mes talons l'envoyer quérir. Si les ennemis d'hier peuvent devenir les alliés de demain le destin n'est peut ètre alors pas inexorable. Une fois dans mes appartements, je me défausse de ma cuirasse et de mes atours pour entrer dans la cuve bouillante prévue à mon intention.


La brulure de l'eau estompe mes courbatures tandis que mon esprit vagabonde sur le discours que je compte offrir à mes soldats afin de leur redonner foi tant en ma personne qu'en une victoire quasiment improbable. Les préparatifs de campagne m'occupent au moment ou mon regard croise un cruchon de vin attrayant hélas hors de portée. Du rouge Dornien si je me fie à l'odorat. La vie est par trop cruelle. Lorsque la porte s'ouvre doucement, je me trouve dos à celle-ci et me maudis d'avoir fait quérir Arianne avant d'ètre prêt. Bien que je m'en moque dans le fond. Considérant le protocole comme bien trop lourd et épuisant. Le garde royal annonce d'une voix de stentor.


-"Arianne de la maison Martell. Princesse de la Principauté."


Un sourire énigmatique se fige sur mes lèvres. Cette entrevue tout sauf formelle me rappelle la prise de sa galère princière il y a une éternité de cela  à présent. Quel genre de roi suis-je donc ? Un roi fidèle à lui-même à tout le moins.


-"Altesse vous me voyez navré de vous recevoir en pareille circonstance. Cela manque quelque peu du faste de nos rangs respectifs mais qu'y puis-je ? Je ne me doutais point que vous seriez si ardente de me revoir."


Je reconnais que jouer ainsi est terriblement malvenu. Mais allons bon ? Notre passif était tel que je ne parvenais point à ne pas me montrer familier. Nous avions partagé quelque chose de particulier dans ce qui me semblait à présent une autre vie. Point de messéance Helena me tuerait dans mon sommeil ou pire me couperait les parties. L'épisode de Myria n'était guère effacé.


-"Pourrais-tu me servir une coupe de ce cru ? Il s'agit d'un vin de ton pays. Cadeau diplomatique ce me semble. Sers toi également je t'en prie. Je m'excuse de n'avoir pu te recevoir plus tôt. Le poids de la couronne..."

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Yoren Hoare

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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyDim 8 Sep - 21:14

Le Roi Yoren Hoare m’appelait enfin, pour un entretien privé. Je devais avouer que lorsque les jours étaient devenus semaines et que les semaines étaient devenues presque un mois, et que je n’avais toujours pas pu obtenir le moindre entretien privé avec l’homme que j’avais connu lorsqu’il se faisait encore appeler Yoren Pyke – et moi-même Arianne Sand –, j’avais perdu tout espoir que j’avais encore un quelconque poids ou une quelconque importance – et gagné la certitude de n’être qu’un vulgaire trophée de guerre. Ainsi, lorsque je n’espérais plus rien, on était venu me chercher. Cependant, je prenais garde de ne pas agir trop vite par surprise, invitant poliment la personne qui était venue me chercher de patienter quelques minutes à l’extérieur de mes appartements, le temps que je me prépare pour un entretien.

Avec le temps, j’avais appris que les hommes ne sont que tactiques et stratégies. Pour capturer leur attention, ou s’attirer un semblant d’égard de leur part, il fallait savoir être attrayante. Le choix de la tenue, la délicatesse du parfum ou encore la finesse des traits de khôl autour des yeux … chaque petit détail avait son importance. Certaines Dorniennes brillaient davantage pour leurs arts à tenir une lance ou une épée, d’autres séduisaient davantage avec un regard souligné de noir. Je faisais clairement partie de la seconde catégorie. Bon gré, mal gré, je m’accommodais de l’homme dont j’avais capturé l’attention – un rustre ou un raffiné, qu’importe.

Une prouesse que je commençais à maîtriser avec le style de cette contrée – des étoffes plus épaisses et moins voluptueuses ou des couleurs plus ternes – mêlant au style dorninen et offrant donc quelque chose de particulier. Ainsi, par-dessus cette robe dornienne à manche longue aux voiles légers, j’avais mis cette épaisse robe sans manche faite de cuire et de laine de couleurs brunes. Le tout caché sous un manteau épais et large. Je ne m’étais toujours pas habituée aux températures froides de ces contrées. Ainsi, emmitouflée, je suivis le serviteur et finis par m’introduire dans une pièce.

A demi-surprise, je remarque que le fameux Roi est encore dans son bain. Il commence à parler, avec protocole et à grande pompe. Pour toute réponse, je lui offre un regard interrogateur. Allions-nous vraiment nous embêter de ces stupides règles de la Cour, lorsque personne n’entendait ou ne voyait ? Je savais que la Couronne changeait un homme, mais pas aussi drastiquement. Une demi-peur qui s’envola aux dernières paroles. Alors, mon regard interrogateur laissa place à un regard plus joueur.

- Roi Yoren Hoare, de la maison Hoare, fondateur et dirigeant du royaume des Fleuves et du Crépuscule, je suis honorée d’être reçue dans votre intimité.


Je me dirige vers le fameux vin et reconnais effectivement l’odeur caractéristique d’un vin dornien.

- J’ai également un autre vin, de la principauté. Si le poids de la Couronne et du Mariage te sont ôtés le temps d’une soirée, je t’invite à venir apprécier une coupe.

Douce manière de dire « jamais ». La Couronne ne quittait un homme – ou une femme – que lorsque cette personne rend son dernier soupir. Quant au mariage, heureux ou malheureux, il façonne au quotidien chacun – tantôt en rapprochant, tantôt en éloignant. La personne qui pensait être « non Roi » ou « non Marié » le temps d’une seconde était simplement une personne plein d’illusions.

Je me rends compte que la pièce est plus chaude que les couloirs de la Forteresse et me permet d’ôter le grand manteau, déposant ce dernier sur un quelconque support. Un tantinet plus léger et plus libre, je m’empare de la carafe et y verse le contenu dans deux verres. L’un allait être offert à sa Majesté, et l’autre m’était destiné.

- Je suis sincèrement désolée, pour Heda, soufflais-je. J’avais été l’invitée sur son navire il y a quelques années et j’avais pu être témoin à quel point ces deux partageaient un lien particulier, basé sur la loyauté et la confiance. Je ne doutais pas un instant que la fameuse traîtrise de la demoiselle était un coup dur pour l’homme qu’il était, un homme devenu Roi, un homme qui perdait petit à petit ses plus fidèles hommes et femmes. Un prix que l’on paie, lorsque l’on porte une couronne. Alors oui, un court instant, j’éprouvais une forme de sympathie. Un agréable sentiment occulté aussitôt par la colère d’avoir été piégée ici, par caprice ou pour un dessein que j’ignorais encore.

Je me pose sur le rebord de la baignoire, nonchalamment, à peine perturbée par la nudité apparente de l’homme. Ce n’était guère la première fois que je le voyais dans sa plus simple tenue, et il n’était clairement pas le premier homme – ni le dernier – dont j’apprécierais les qualités. Je profite même pour glisser ma main libre sur la surface de l'eau, et déterminer ainsi si elle était brûlante, chaude ou froide. Un court instant, je me disais qu’une huile serait parfaite pour apporter quelques bienfaits à un corps malmené par l’effort ou par l’esprit. Une pensée que je me gardais pour le moment : la situation ne se prêtait pas à proposer une telle futilité.

J’avais l’impression de sentir de loin les regards noirs ou inquisiteurs de ma fratrie, cherchant à savoir si j’allais commettre encore la même erreur. Nullement, je le promettais à ces fantômes qui ne sont issus que mon imagination, alimentée par une culpabilité toujours présente.
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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyLun 9 Sep - 18:19

La tournure particulièrement flatteuse pour ne pas dire extrêmement courtisane de l'entrée en matière d'Arianne Martell me tire un infime sourire en coin. Ce modeste pli de mes lippes traduit un amusement certain ainsi qu'autre chose. Quelque chose que je pensais avoir été éteint au plus profond de mon ètre suite à l'inique trahison de ma seconde. Le spectre joueur bien qu'éthéré d'une complicité endeuillée. Icelle appartenant à une autre vie, un autre Yoren plus insouciant et plus heureux, un pirate vivant sur la mer par elle et pour elle. Un moment de flottement voit cette expression dangereusement séductrice danser sur mes traits ainsi qu'une lueur espiègle dans mes prunelles d'acier. Cependant, je finis par briser volontairement cette magie semblable à celle dont elle avait usée pour m'ensorceler sur le Requin Noir au plus grand dam d'Heda. De prise de guerre et femme sel elle avait su s'élever à un rang autrement plus enviable sans que je ne sache même comment elle y était parvenu. Il ne s'agit là que de talent diplomatique tout à fait naturel pour une dame de sa naissance. Pour preuve, je savais captiver mes hommes par des discours enflammés. Signe que la batardise n'était qu'une excuse des bien nés pour s'assurer que nous ne leur prenions pas ce sans quoi ils ne peuvent se sentir exister. Le prologue résonne agréablement bien à mes oreilles car il semble porter en lui cet espoir pour lequel je mourrais de mille morts.


-"C'est une bien belle description de mon rang pour le souverain d'un royaume à l'agonie. Je t'en suis grée. Epargne moi ces formules de politesse veux tu ? Cela fait plaisir de te revoir. Il me semble que nous nous en sommes plutot bien sorti pour des enfants illégitimes."


Cette fois un sourire plus large vient se dessiner sur mes lèvres. Le poids de la couronne que j'évoque peut prendre bien des formes. Mon histoire personnelle me permet de compter nombre d'amis intimes parmi mes officiers. Nobles des Iles de Fer de ma génération, compagnons d'armes de longue date, membre de mon ancienne escadre et partenaires de beuveries mémorables. Je n'étais pas de ces rois qui s''offusquaient pour une entorse au protocole royal. Cependant, même les plus fidèles de mes proches ne pouvaient faire abstraction de mon statut. Arianne représentait un interlocuteur salvateur car hormis le fait qu'elle aurait en tète l'intérêt de sa contrée et le sien propre celle-ci n'était point un de mes sujets. Qui plus est notre passé rendait la discussion plus aisée. Raison pour laquelle j'avais choisi Arianne en tant qu'otage. Je souhaitais me faire de Dorne un allié solide en dépit de notre passé sanglant. Je m'étais figuré qu'elle serait plus facile à convaincre que l'un de ses frères. J'entends ses pas s'éloigner pour se diriger vers le meuble supportant la boisson si désirée.


-"Hélas ma chère. Je ne crois pas que ce poids me sera ôté d'une autre manière que sur le champ de bataille lorsqu'une lame impériale trouvera le défaut de mon armure. Mais, je pourrais essayer de trouver le temps entre deux offices. Si dame mon épouse ne me surveille point."


Fermant les yeux l'espace d'un instant, je laisse la brulure de mon bain détendre mes muscles endoloris par l'entrainement matinal. Le bruit de l'étoffe lourde d'un manteau de fourrure que l'on ôte et dépose. Celui de coupe que l'on remplit lestement. Deux hanaps de vin corsée du sud. De nouveau des pas si aériens que l'on put les confondre avec un murmure. Mon sourire s'efface brutalement dans la foulée d'une condoléance teintée pourtant d'amitié. Oui condoléances car Heda est à présent morte à mes yeux comme à mon cœur. Un moment la fureur me reprend alors que le souvenir de la Volmark s'éloignant à bord de l'un de mes boutres fluvial me revient. Je prends néanmoins sur moi en chassant Heda de mes pensées. Lorsque mes yeux s'ouvrent sur mon environnement je me fends d'un unique et laconique.


-"Merci."


La jeune femme au teint caramel si délectable mais tellement incongru au nord des Montagnes Rouges s'installe ensuite nonchalamment sur le bord de ma baignoire de cuivre sans s'offusquer de me contempler en tenue d'Adam. Il fallait dire qu'elle connaissait mon intimité autant que je connaissais la sienne. Je note finalement qu'elle porte une tenue typiquement Dornienne en permanence cachée sous le lourd manteau d'hermine et de poil d'ours qu'elle arbore depuis son arrivée sur nos terres devant lui sembler barbares bien loin du raffinement septentrional. Une bouffée de parfum exotique me frappe de plein fouet tel un poison délicieux. A la voir ainsi mutine et confiante sans rien faire pour s'avérer séduisante je comprends mieux comment elle m'avait manœuvré sur le Requin Noir. Mon navire adoré. La femme du Dornien était à la vérité une chanson particulièrement bien trouvée. Une main frêle passe sur la surface de mon bain afin d'en déterminer la température. Plaquant un sourire canaille sur mon visage, je reprends finalement.


-"Ne me dis pas que tu souhaites partager mon bain ? J'avais pourtant ordonné aux servantes que l'on te traite avec tous les égards. Je crains fort de prendre bien trop de place hélas. Et puis pour ètre honnête si Helena te trouvait ici en ce moment je crains fort qu'un incident diplomatique vienne entacher ma bonne volonté à rapprocher nos deux contrées."


Plongeant mes yeux dans les siens, je la jauge un instant afin de tenter de déceler si la Martell face à moi tenait encore de la Sand ou si tout comme moi la légitimation l'avait rendu plus forte et tout simplement changée. Exercice périlleux à dire vrai. L'on ne rencontre guère de batards légitimés tous les quatre matins. Difficile à la voir si resplendissante aussi loin de chez elle qu'elle ne devrait guère s'habituer au modeste faste de Pierremoutier. Je porte ensuite mes prunelles sur les deux hanaps attendant tristement que nous les engloutissions.


-"A moins que tu ne veuilles me faire mourir de soif, pourrais-tu me passer cette coupe ma chère ? Histoire que nous trinquions à l'amitié Hoare Martell à laquelle j'aspire. Ensuite tu pourras me donner tes impressions sur le Conflans et mon royaume. Sans aucune langue de bois s'il te plait."



       



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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptySam 28 Sep - 1:01

Mutine et silencieuse, je ne répondis à aucune de ses provocations, blagues ou réflexions. Je me contentais de l’observer et de l’écouter, telle une curieuse créature qui cherchait à comprendre son nouvel environnement ou à connaître ce nouveau maître de sa destinée. De temps à autre, la frêle créature que j’étais allais obéir aux ordres de ce maître inconnu, comme lui tendre ce verre de vin dornien suite à sa seconde demande. Par contre, je ne trinquais pas mais je ne fuyais pas non plus : je jouais à la statue immobile, qui n’était qu’un art sublime à la merci de l’autre. Ma main immobile, le verre attendait cette rencontre sans l’initier et sans y participer.

- Je suis déçue, mais nullement surprise. Ma compagnie a toujours été une utilité plutôt qu’une joie, pour toi, soufflais-je, le ton guère accusateur. Je ne disais que l’évidence de la situation, et surtout sans « langue de bois », comme il demandait. A vrai dire, cette situation est extrêmement similaire à celle où nous étions, lors de notre première rencontre. Pyke est devenu Hoare, Sand est devenue Martell. Le capitaine d’un navire est devenu le roi d’une terre, et la femme-sel est dorénavant une « otage de marque ». La seule différence entre ces deux situations, c’est toi.

Mon doigt échoue sur le torse de l’homme. Je repensais à une promesse faite, encore, et je me demandais si je la brisais en le touchant aussi légèrement – à peine un effleurement. Je pose mon verre à même le sol, me penchant un tantinet pour aussitôt reprendre ma position initiale. Cependant, je me contente pas « juste » de rester ainsi, adoptant quelques manières ou petits gestes que je sais qu’il avait aimé à l’époque – et que peut-être il aimait encore.

- Le capitaine dont j’ai souvenir se moquait des lois, était hargneux, avait bien des ressources à disposition. Tu es celui qui a capturé la bâtarde d’un Prince de Dorne et arrachait une rançon. Tu es aussi celui qui a détruit une tentative d’alliance entre deux vieux voisins, tantôt ennemis, tantôt alliés. Et surtout, tu es ce bâtard qui est devenu roi, et qui a mis à genoux une nation avec un allié avec mille et une règles et en arrachant même des terres.

Douce manière de le remettre un tantinet dans le contexte, en présentant le point de vue d’une Dornienne. La Principauté avait trop perdu, et il n’était plus question « d’amitié ». Esclavage ? Asservissement ? Honte ? Voilà les trois mots qui se promenaient dans les bouches, et qui mettaient en péril l’autorité et la position de ma sœur. Dorne n’avait plus rien à offrir, et il était temps que les conquérants l’apprennent.

- Or, aujourd’hui, je vois un roi qui demande l’avis d’une femme qui vient d’une Nation à genoux, victime des caprices des femmes et qui semble dénigrer ses terres ou ses forces si durement gagnées ou protégées. Je pense seulement que les hommes qui t’ont connu ne savent plus quoi penser de la situation, soit avoir un pied marin mais être coincé dans un lieu comme ici. Et les hommes que tu as acquis avec ce titre te sont de parfaits inconnus. Ce que je pense ? Que tu es allé trop vite.

Je me tais, pour aussitôt reprendre.

- Cependant, je suis une bien piètre conseillère qui n’a pas su conseiller sa Princesse. Tu devrais échanger davantage avec tes alliés, du Bief, glissais-je, cette fois-ci, le ton accusateur.

Et j’attends, avec un peu d’appréhension, la sentence de cet homme. Allait-il chercher à faire une preuve de virilité et clouer une langue trop pendue ? Allait-il s’apitoyer davantage ? Ou alors, est-ce qu’il avait encore ce pouvoir de surprendre et d’étonner ?
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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyDim 29 Sep - 16:21

Nulle réaction de connivence à mes provocations naturelles. Rien d'autre que la docilité contrainte d'un oiseau aussi rare qu'exotique mis en cage. La mort de l'alchimie est la naissance de la lucidité. Le contraste saisissant entre le glacier solaire et le feu liquide de mon environnement immédiat est aussi net que la coupure d'une lame dans une chair. Seuls ces superbes prunelles teinte ambre semblent se mouvoir à l'instar d'une vipère des déserts oubliés vifs et silencieux. Je peux sentir ce regard indéchiffrable sur ma peau couturée de centaines de trophées arrachés à la plus terrifiante des maitresses. Celle devant laquelle chacun ne peut que s'incliner lorsqu'elle décide que votre rôle dans la valse du temps est achevé. Que le grand carnaval macabre, triste et froid pourra désormais se passer d'une marionnette de plus. J'aime passionnément ces cicatrices car chacune d'entre elles raconte une histoire faite de bravoure, de sang, de larmes, de rage et d'orgueil. Ces marques sur ma peau albâtre définissent ce que je suis. Définissent qui je suis et qui je resterais quoi qu'il advienne. Une sombre calligraphie de violence témoignage d'une vie de lutte. Il ne semblait faire aucun doute qu'à l'image de notre première rencontre sur la nef de sa galère princière que je venais d'aborder autant que vider de ses défenseurs le duo se composait de la proie et son prédateur. Hélas, ce serait menterie éhontée que d'affirmer que je n'avais point conscience d'ètre une proie pour les ennemis de mon royaume à l'agonie. Oh, jamais je ne saurais néanmoins me sentir comme tel. Le Sang Noir coulant dans mes veines, l'héritage d'Harren Mortdragon ainsi que mon propre caractère m'en empêchant implacablement. Un loup de mer coincé sur terre pansant ses plaies dans une antre trop étroite. Voilà, le tableau dans son éclatante exactitude.


Face à la raideur de mon invitée je ne m'offusque guère de la désertion d'une complicité jadis illusoire. Saisissant ma coupe de vin sans chercher à faire plus et me moquant comme d'une guigne d'un contact physique autrefois délicieusement tentateur je porte celle-ci à mes lippes d'un geste fluide brassant le bouillon dans lequel je marinais. Un sourire énigmatique se peint sur mes lèvres offrant à mes traits durs et abimés une expression hybride à mi chemin entre l'encanaillage satisfait et le rictus cynique. Maintenant mes lèvres sur le rebord de la coupe argentée, je la laisse poursuivre sans l'interrompre. La Martell souligne avec emphase que nos situations étaient si différentes et similaires à la fois que cela tenait probablement d'un sens de l'humour un brin douteux des dieux après avoir rappeler que j'étais loin de ces nombreux courtisans Dorniens j'imagine. Un de mes sourcils se dresse tandis que j'éloigne le métal glacé de ma bouche. En effet, l'effleurement de mon torse me parait déplacé eu égard à la fraicheur affichée. A dire vrai, si je n'aurais pas hésité à agir comme le Yoren que je fus quelques mois plus tôt je me défiais de ce désir qui me tenaillait en la contemplant ainsi si alléchante. Ce teint caramel tranchant avec la pâleur des habitants du continent est si ravissant que je dois réprimer l'envie de caresser ce minois m'ayant terrifié sur le Requin Noir dans une autre vie pour ce qu'il faisait naitre en moi. La Dornienne dépose sa coupe vide sur le sol non sans faire preuve d'un étalage de gestes précis n'ayant que pour but de m'aguicher. Seulement, je me remémore ce que m'avait dit Harren peu après ma légitimation. Quand tu dirigeras ne penses pas avec ta queue. Cela vaut pour les guerriers mais pas pour les rois. Le Noir connaissait bien son héritier de fortune. Je ne pense pas avec ma queue ni mon cœur ni même la tète. Seule la volonté pure se doit de me guider sur ce chemin tapissé de dangers et de pièges par centaine.


Je parviens donc à faire abstraction de la passion me dévorant les veines. Avale une rasade de spiritueux dans la foulée avant de me figer lorsqu'elle détaille mes exploits les plus notoires tout en me faisant habilement comprendre que l'amitié n'était guère à l'ordre du jour avec sa contrée natale. Pas après cette guerre impitoyable ayant causée la ruine de son peuple. Je voudrais lui hurler que tous mes exploits n'étaient rien en comparaison de ce qui m'attendait. Une tache si imposante qu'elle m'effrayait parfois. Moi, le Requin Noir sans peur. Je voudrais lui cracher au visage que c'était sa chère sœur qui s'était laissée embrigader par les forces d'outre détroit dans une guerre qui ne la concernait en rien. Que Deria Martell était la seule responsable du sort de sa principauté pour avoir voulu jouer les idéalistes contre un royaume dont elle aurait pu se faire un solide soutien. La neutralité que la vielle Meria Martell chérissait avait été foulée au pied par son héritière. Et, celle-ci avait le culot de s'en plaindre. Qu'elle assume les conséquences de ces choix. Dorne était la première coupable de son état. Son évaluation de la situation me tire un sourire mauvais. Je garde pourtant le silence et penche même la tète sur le coté afin de la contempler de biais. A l'instar de son raisonnement biaisé sur ce point. L'accusation que je lis dans son ton à propos du Bief fait passer une moue interrogative sur ma face meurtrie. Que lui chaut mon éloignement diplomatique envers un roi en lequel je n'accordais qu'une confiance relative pour ne pas dire minimale ? A moins que... Faisant tourner ma coupe dans mes doigts je finis par la porter de nouveau à mes lippes et la vide d'un trait avant de la laisser tomber sur les dalles dans un choc sourd. Puis lassé de cette toilette je me redressais et quittais la cuve d'un pas nonchalant pour me recouvrir d'une fourrure d'ours. Posant mon séant sur le baldaquin, je restais ainsi un long moment avant de reprendre la parole.


-"Je ne suis pas allé trop vite. Depuis que mon royal géniteur m'a recueilli je n'ai vécu qu'à un seul rythme. Ce rythme est celui de la guerre. Et la guerre est comme une flèche, un carreau d'arbalète ou un javelot lancé vers l'ennemi. Une fois dans les airs impossible de la stopper. Je ne suis pas allé trop vite Arianne. C'est elle cette maitresse exigeante qui va trop vite et si l'on ne suit pas son rythme elle vous broie sans aucune pitié. J'ai été légitimé à cause de la stupidité de mon demi-frère. Jamais je n'aurais du porter cette couronne. Mais, elle me va mieux qu'à lui."


Me relevant, j'allais me sécher devant le feu toujours couvert de cette épaisse toison. Lui tournant le dos, je reprenais.


-"Tu dénigres ta condition ma chère. Mon ambassadrice est une femme, mon ancienne première conseillère que le Noyé maudisse son âme en fut une et ma reine est une dirigeante néophyte mais prometteuse. Mon modèle était Eren et c'est une femme. Mais si c'est le fait de demander conseil à une Dornienne qui te chiffonne sache que j'ai toujours eu un grand respect pour ta contrée. Nous sommes bien plus similaires que vous le reconnaitrez jamais. Hais et honnis par nos voisins. J'ai eu la stupidité de croire que nos nations pourraient dépasser le passé. Car après tout, mon royaume se trouve dans la même situation que la votre d'une part et d'autre part vous êtes les seuls responsables de votre tragédie. Vous laisser convaincre par la Targaryen de vous en prendre au royaume alors le plus puissant du continent. L'empire vous a utilisé et abandonné. Exactement comme tu dis que je l'ai toujours fait avec toi."


Une fois sec et réchauffé car quitter le bassin n'avait que plus souligné la fraicheur automnale de mes appartements je m'en retournais vers le baldaquin et y jetais la peau d'ours avant d'entreprendre de me passer des chausses et une tunique de jais. Ce fut seulement une fois couvert que je me tournais vers mon otage de marque.


-"Que mes fer nés n'apprécient guère le fait de se trouver loin de la mer ne change rien. C'est aussi mon cas. Mais, je ne suis plus leur capitaine mais leur roi. Ce qui dans notre culture n'est pas très éloigné. Quant aux riverains que je sois un batard les gène certainement mais pas au point de ne pas me suivre aveuglément. Car vois-tu je suis le seul et dernier espoir de cette lignée, cette dynastie dont les rêves de grandeur confinaient autrefois à la folie. J'ai le respect de mes hommes, leur dévotion ainsi que leur admiration. Les riverains m'ont choisi parce que contrairement à ces ordures de renégats je ne souhaite pas les abandonner aux griffes de l'ennemi pour fuir sur mes iles natales. Les fers nés m'ont choisi parce que contrairement à ces chiens de traitres j'incarne pleinement la vaillance de notre mode de vie et cherche à défendre notre patrie tout en conservant la gloire qui les illumine. Tu as tord de penser que tout est allé trop vite ma chère Arianne. Ce rythme je l'ai fait mien il y a bien longtemps."


Je me relevais une fois de plus pour aller saisir le cru Dornien d'une main leste et le portais à  ma bouche avant de la balayer d'un revers de la jumelle. Un sourire mauvais revint s'installer sur mes traits tandis que je me remémorais ce qu'elle avait lancée quelques instants plus tôt.


-"Oui, je suis tout cela. Le batard devenu roi. Et le meilleur capitaine de la Flotte de Fer après ma sœur. Oh mais rassure toi je ne respecterais aucune loi si c'est le prix à payer pour sauver mon peuple, mon héritage et assurer l'avenir de mon fils. Quant à la hargne j'en ai plus que je n'en ai jamais eu. Rien n'a changé et tout a changé comme tu l'as dit. Je suis le roi et toi une princesse mais les rôles ne semblent pas vouloir changer en effet. Je n'ai hélas que bien peu de ressources mais les stratèges les plus talentueux ne comptent point sur le nombre des armes mais leur qualité. Il n'y a plus que des hommes d'honneur dans mes rangs maintenant que la vermine s'est enfuie."


Déposant la cruche à sa place, je m'approchais d'Arianne jusqu'à empiéter son espace et plongeant mes yeux dans les siens je la contemplais avec une attention dérangeante.
-"Tu n'es pas une piètre conseillère. Je suis certaine que tu as mis tout ton cœur dans les conseils prodigués à ta sœur. Preuve en est tu viens de souligner un écueil important. Mes relations avec mon seul et unique allié. Je préfère largement ta compagnie à celle de Manfred Hightower cela dit. Je devrais en effet cependant je me méfie des serpents. L'on dit que vos terres arides en sont pleines. Parle moi du Bief. Parle moi de lui.  Ainsi que du grand septon."



       



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Yoren Hoare

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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyDim 13 Oct - 23:49

Yoren Hoare, né Pyke, parlait. Chaque mot qu’il prononçait était implacable, froid et plein de vérité, brisant toutes mes certitudes passées et réduisant à néant tous mes espoirs de survivre dans cet environnement et d’avoir encore un droit sur mon avenir. Pourtant, loin de me briser, il était davantage un forgeron forgeant une nouvelle lame. Il était celui qui m’avait jeté dans des flammes rougeoyantes en me capturant – corps et âme – mais aussi celui qui m’y avait extirpé en jouant de ma naïveté par le passé. Aujourd’hui, le forgeron finissait un travail inachevé. Il me plongeait dans une eau glacée avec ses titres, son nouvel environnement ou sa nouvelle situation, rappelant inconsciemment que le passé était le passé, et que j’étais encore et toujours un butin de qualité. Enfin, il martelait avec ses mots, donnant petit à petit forme à la lame. Fine pour le moment, la lame était encore grossière et émoussée mais qui allait s’affiner avec le temps. La question était de savoir si j’allais me retourner contre lui, ou le servir dans quelques desseins communs.

Cependant, je comprenais maintenant ma position. Il était devenu Roi, préoccupé par son propre Royaume et ses Guerres, et j’étais devenue Conseillère, préoccupée par une Nation en dérive et une sœur isolée. L’époque où il ne rêvait que d’or et moi que d’aventure était révolue. En somme, j’étais cet otage de marque mais qui ne pourra pas sortir son épingle du jeu comme sur un Navire. Si je désirais avoir un quelconque poids sur mon avenir – s’il m’appartenait encore –, je devais chercher du soutien ailleurs ou atteindre cet homme d’un angle bien plus différent que quelques réminiscences juvéniles du passé. L’évidence s’imposa tout naturellement : la Guerre, la terrible maîtresse de tout homme.

Je souhaitais, pour pouvoir m’élever et avoir voix au chapitre des événements futurs, et pourtant le silence scellait ma langue. Je me rappelais soudainement de mes conseils et erreurs du passé, des coups durs essuyés par Dorne – par ma faute, ou non – ou encore les expressions de ma tendre petite sœur. Oui, je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir responsable de la défaite de la Principauté, un sentiment de remord qui m’avait forcé à quitter Lancehélion pour me jeter dans quelques échoppes d’artisans ou nobles, pour tenter de rétablir la situation, de remplir les coffres … tout sauf rester au Palais et continuer à prodiguer des conseils.  

Un battement de cœur semble avoir manqué, lorsqu’il prononce le mot « Fils ». Ce mot sonnait comme le dernier coup de marteau du forgeron. Effectivement, il avait fait sien ce nouveau rythme, mais j’avais grand mal à m’y adapter. Je vivais dans le passé, alors qu’il regardait vers le futur et y marchait droit vers lui. Perdue dans mes pensées, je remarque que trop tardivement son rapprochement soudain.

- J’ai failli à ma sœur, à ma famille, à mon pays, Yoren, dis-je, la voix cassée à ma grande surprise. J’avais à lever le regard, et pourtant j’hésitais. Je savais que mes pupilles devaient parler bien plus pour moi. La honte, la désillusion, le remord, la culpabilité … tant de sentiments qui ne me donnaient qu’un haut-le-cœur et un désir de prendre un cheval et chevaucher sans réfléchir à la destination, sans penser ni au passé, ni au futur, mais uniquement au présent. Je ne dénigre pas ma condition de femme, mais plutôt mes compétences. Tu as fait sien un rythme auquel je peine à suivre, à comprendre ou à me familiariser.

Je me mords la langue, et inspire. Geste futile et stupide, car voilà que l’odeur de cet homme emplissait mes narines. Je finis par mettre ma main à ce collier que je ne quitte jamais, représentant un divin à deux faces. Il m’avait été offert par ma mère, avant que je ne quitte les Météores pour la Capitale, pour suivre ce père que je ne connaissais pas. Un collier qui m’apportait courage et force, quand je m’en sentais dépourvu et surtout un bijou qui me rappelait les conseils avisés de ma mère.

- J’accepte de te parler, que si tu ne fais pas appel à la piètre conseillère que je suis, mais plutôt à la Dornienne qui a découvert un monde bien curieux et des personnages bien atypiques, dis-je, les joues légèrement rosées. Le Bief est riche. C’est … vert partout. Le bétail, les champs … Je ne suis pas étonnée qu’il y ait autant de nobles ou de taverniers si grassouillet. Une richesse qui m’inquiète, vis-à-vis des rumeurs qui courent ici. On raconte qu’un siège va se tenir mais c’est de la folie, n’est-ce pas ? Pendant qu’on mourra de faim entre ces murs, l’armée à l’extérieur pour cueillir et se nourrir toute une année ou plus. [/b]

Je n’avais pas pu m’empêcher d’exprimer cette angoisse qui me tenaillait depuis le début.

[b]- Quant à la seconde question. Je ne connais pas personnellement cet homme, Manfred Hightower, mais j’ai eu vent de rumeurs. On raconte qu’il est un homme méticuleux et organisé, et extrêmement doué en politique. Je le suppose, il est devenu Roi, alors qu’il n’était que le frère de la Reine.


Je me tais, réfléchissant à la troisième question.  

- Quant au grand septon, ses fidèles sont dérangeants et fanatiques. On dirait des pantins faits de chair et de sang, qui n’obéissent qu’à lui aveuglément. Je ne sais pas comment un homme peut réussir la prouesse d’asservir des hommes et des femmes libres d’une telle façon … Il doit être éloquent et il doit connaître la nature humaine mieux que quiconque.

Deux hommes qui semblaient dangereux ou trop ambitieux, et auxquels Yoren s’était allié. Est-ce qu’il savait manier la politique aussi bien qu’une épée ? Une question que je me retenais de poser. Qui étais-je pour me permettre une telle impertinence ?
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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyLun 21 Oct - 19:21

Ma carcasse meurtrie par cent batailles dressée orgeuilleusement à l'instar d'une statue de grès à quelques centimètres à peine de ce corps si désirable et cet esprit si brillant me remémore de bien agréables souvenirs. Ceux d'une autre époque, une autre vie au cours de laquelle j'étais infiniment plus libre tout en étant pourtant esclave de l'ambition dévorante d'un royal géniteur. La couronne ce cercle d'acier sombre réhaussé d'or était le plus grand fardeau qu'un homme était succeptible de devoir supporter. La vérité était qu'en dépit des apparences majestueuses et altières ainsi que du discours plein d'applomb que je venais d'offrir à mon invitée de marque les doutes ne cessaient de m'assaillir à chaque instant du jour et de la nuit. Comment eut il pu en ètre autrement ? Alors, que je n'avais été éduqué que pour représenter le bras armé de la maison Hoare un chien de guerre sans remords ni états d'ames. Et non pas considéré et traité à minima comme un fils illégitime d'ascendance royale. Je ne regrettais rien de mon histoire aussi apre put elle etre car tout cela m'avait mené à cet instant. Je savais montrer l'exemple aux nobles, au peuple, à l'armée et mème à mes proches pour la simple et bonne raison que j'avais été guerrier avant d'ètre capitaine, capitaine avant d'ètre prince et prince avant d'ètre roi. Le commandement m'était naturel. Cependant, j'improvisais depuis le début de mon règne et je continuais d'improviser. Gérer un royaume mème au bord de l'anéantissement avait été un exercice délicat mais j'étais parvenu à le faire. La guerre... La guerre était mon domaine. Ce qui expliquait cette impatience fébrile qui me tenaillait à l'idée de repartir plonger mes mains dans le sang et la boue.


Oh, j'avais été sincère dans tout ce que j'avais dit à Arianne. Ce rythme je l'avais épousé de la plus implacable des manières. Finalement, je m'étais adapté à ce nouveau rang comme tout capitaine digne de ce nom devait ètre capable de le faire face aux caprices de l'océan. J'avais désormais fixé un cap et je n'en dévierais pas à moins de tomber au champ d'honneur comme Harren avant moi. Un sourire en coin mi mauvais mi malicieux se dessine sur mes lippes face à sa réaction quant à mon rapprochement physique inopiné. La princesse devait avoir bougrement la tète ailleurs pour ne pas avoir prété attention à mon itinéraire. Bon, il fallait reconnaitre que j'avais bondi à l'instar du Requin dont je tirais mon surnom de capitaine une fois mes atours et parures enfilés lestement. Cette proximité n'était pas déplaisante mais là n'était pas le plus important. Non, c'était le fait que la sirène exotique ne pourrait pas se perdre de nouveau dans des pensées distrayantes. Seulement, je n'étais pas préparé à contempler Arianne quasiment brisée mine basse et son éclat naturel dissipé par une voix cassée et un regard chargée d'une peine indiscible. Mon sourire canaille ne tarde pas à disparaitre pour céder le pas à une moue de stupéfaction. Mème alors qu'elle était captive de mon batiment et de ma cabine la née Sand ne s'était jamais laissé aller à pareil abandon. En la voyant planter résolumment son regard dans le sol des appartements royaux, je n'hésite pas un instant et relève délicatement mais fermement son menton.


-"Tu ne leur a pas failli Arianne ! Si tu as fait tout ce que tu pouvais animée des meilleures intentions du monde à leur encontre ce n'est en rien de ta faute. Il arrive que les évènements dépassent de loin nos volontés. Cela arrive mème très souvent. Je l'ai fait mien sans jamais avoir le choix. Je suis un Hoare. Tu y arriveras j'en suis certain. Tu en es plus que capable. Après tout tu as su apprivoisé un Requin autrefois."


La contemplant sans esquisser le moindre mouvement de recul, je la laisse se remettre de ses propres émotions en attrapant un collier de facture assez commune qu'elle serre avec abnégation comme s'il s'agissait d'un trésor. Je dois me faire violence pour réprimer l'envie de franchir allègrement cette frontière immatérielle liée à nos rangs respectifs pour la réconforter de mes bras dans une étreinte puissante et possessive. Je me retiens néanmoins en me fustigeant. L'affection que j'éprouvais encore pour elle ainsi que le feu que sa seule présence suffisait à rallumer en moi des choses que j'avais espéré fuir lorsqu'elle avait été racheté par sa famille suite à ma prise.


-"D'accord alors va pour la Dornienne que tu es. Mais, je suis moi-mème allé dans le Bief. Alors épargne moi les détails champètres. J'ai été témoin de leur abondance et de leur richesse insolente. Ainsi que de leur culture raffinée et propice à la fourberie. Tout n'est là bas qu'apparence."


Le rosissement de ses joues me donne envie de passer une main cailleuse et couturée dessus mais une fois de plus celle-ci reste le long de mon corps.


-"Bien sur que ce serait une belle folie. Laisser mes innombrables ennemis conquerir ce qu'il me reste sans mème lever le petit doigt. Moisir comme un prisonnier attendant le gibet ou la crémation par la bète de la Valyrienne. T'ai-je un jour donné l'impression d'ètre fou. Enfin, probablement à dire vrai. Mais pas ce genre de folie Arianne. Je me battrais pour ce qui me revient de droit. Et je le ferais selon mes termes. Oh mais il n'y a hélas plus grand chose pour se ravitailler dans les parages je m'en suis assuré."


Face à l'inquiétude de son visage, je cédais finalement à mon envie de contact et caressais ce minois sudien avec une délicatesse mal assurée. Je m'en voulais presque de la trainer dans le bourbier dans lequel j'allais m'engager à l'instar d'Helena. La différence était que mon épouse souhaitait ardemment me suivre dans ce bain de sang tandis que la Dornienne n'avait juste pas le choix.


-"Tu ne m'apprends rien ma chère. Je connais toutes les rumeurs le présentant comme le sauveur de la grandeur Bieffoise. Je souhaitais en apprendre sur des vices cachés potentiels afin d'avoir de quoi le faire plier au besoin. Il est néanmoins normal que tu ne sois guère plus au fait que moi de ce genre de choses. Je te remercie."


Je l'observe tel un aigle une proie tandis qu'elle se plonge dans une réflexion vis à vis de la troisième question. Mais, je la scrute avec une seule question en tète. Otage ou non dans quel camp se situera t'elle quand le chaos dominera réellement nos existences ?


-"Je partage totalement ton avis considérant ces culs bénis d'adorateurs des sept. Hélas, j'ai besoin de ce dernier et son armée de fanatiques intolérants. Non pas que ce vieillard ait la moindre estime pour moi ou mon peuple. Il ne s'agit que d'une question d'intérèt commun. Je n'arrive pas à dire si Manfred est sa créature ou si c'est l'inverse. Tu as l'air de vouloir poser des questions Arianne. Cesse donc d'afficher une telle expression et délie ta langue."



       



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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyLun 25 Nov - 0:48

Les paroles de Yoren avaient des airs d’encouragement et de réconfort. Elles réussirent même à m’arracher un sourire, lorsqu’il disait qu’un Requin avait été apprivoisé. Je ne saurais dire s’il se moquait de moi ou s’il venait d’avouer inconsciemment une faiblesse passée, celle qu’un fer-né s’étant entiché d’une « femme-sel ». Si tel était le cas, alors est-ce que je pouvais croire que ma présence en ces lieux ne s’expliquait pas « uniquement » pour des raisons politiques mais également pour une affaire de cœur – ou de nostalgie ? Malheureusement, ses paroles, ses gestes ou ses regards ne s’accordaient point. Tantôt il était ce Roi étranger qui m’avait forcé à venir en ces contrées froides et grises, tantôt il était ce jeune Capitaine fougueux et sûr de lui, et tantôt cet amant maladroit et caché.

Finalement, une main de ce curieux personnage que je redécouvre se pose sur ma joue. Consciemment, et volontairement, je m’engouffre un tantinet plus dans le creux de cette grande main. Elle était toujours aussi sèche, preuve que la vie nomade de ces contrées n’avait pas émoussé ses origines. Je savais que je commettais une grossière erreur, que je trahissais surement certaines promesses faites ou encore que je risquais bien des choses si par mégarde quelqu’un venait à entrer ici et répandait des rumeurs qui pourraient aller aux oreilles d’une certaine Reine.

« Reine ». « Roi ». Et maintenant « Prince ». Je soupire, et finis par quitter ce nid de chair. Mon regard est à nouveau las. La flamme qui m’animait naturellement à Dorne disparaissait petit à petit, comme un feu étouffé par des milliers de tissus faits de laines, de cotons, de rumeurs, de murmures et surtout de regrets.

- Oui, j’ai effectivement bien des questions que je ne peux que poser à toi, finis-je par dire, fatiguée de cette solitude. Certes, j’avais bien deux compagnons avec moi et je parlais régulièrement avec quelques personnes de cette Cour. Malheureusement, aucun ne détenait véritablement les réponses à certaines questions que je considère comme « capitales ». Les premiers cherchaient à égayer mes journées, alors que les seconds tentaient vainement de dévoiler quelques secrets. Malheureusement, je doute de pouvoir toutes les poser. Elles sont nombreuses, et je crains que tu ne manques de temps.

Initialement, je ne pensais avoir qu’une question. Durant à notre entretien, j’avais subitement cinq autres questions. Maintenant, j’en avais bien une dizaine qui se baladait dans les recoins de mon esprit. Dix questions n’auraient représenté rien à une époque où nous n’étions que deux bâtards dans une cabine d’un navire, perdu au milieu d’un horizon bleu.

- Je vais donc me contenter de te poser trois questions. Est-ce que la Reine est au courant de notre passé commun ? Oh, ma question n’est nullement une menace cachée ou je ne sais quelle fantaisie un homme peut imaginer. Non, je voudrais seulement savoir par quel égard je serais traitée par la Souveraine des lieux, si tu venais à t’absenter considérablement.

Une femme jalouse pouvait être bien plus dangereuse et mortelle qu’une lame ou un poison. Si de surcroît, elle était dotée d’un titre, la méfiance était de mise pour toute personne qui avait pu commettre le moindre impair à son égard ou avec l’époux en question.

- Enfin, puis-je être d’une autre utilité que d’errer comme une âme en peine entre ces murs ? demandais-je, l’inactivité me démangeant furieusement, et malmenant mon esprit naturellement tourmenté.

Il devait le savoir, lui, qui m’avait retenu prisonnière que j’avais autant soif d’apprendre que de besoin de plaisir. Je ne faisais pas partie de ces demoiselles qui monnayaient cœurs et corps pour quelques pièces ou quelques belles paroles. J’exigeais d’être admirée oui, mais également d’être considérée comme un égal. Ainsi donc, j’avais cherché à capturer le cœur d’un marin non pas pour me soumettre ou le soumettre, mais en faire un amant, mon égal. Lui apprendre, autant qu’apprendre lui. Auprès de lui et de son équipage, j’avais appris quelques rudiments de marins – les cartes des mers, les rationnements, les caractéristiques des navires ou encore interpréter les différents signes pour prédire la météo des jours à venir.

Aujourd’hui, loin de mes siens, et auprès d’étrangers, je voulais apprendre. Et reprendre contrôle de mon destin.
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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyVen 29 Nov - 2:13

Ce contact aussi fugace que délicat offert à une ancienne amante au rang de prise de guerre m'étonne moi même autant qu'icelle. Car, si elle incarnait à elle seule une époque bénie de libertés, pillages, moments de gloire et promesses de richesses innombrables ma relation sincère avec mon épouse m'avait conduit à penser que ces retrouvailles ne s'avéreraient en rien douloureuses. Il ne suffit que d'un unique instant pour que m'assaillent des souvenirs enfouis à défaut d'avoir été oubliés. La vision d'un pavillon princier battu par la brise méridionale. L'excitation de mon équipage face à une telle bataille. Mon échange de regards complice avec ma seconde. Ses ordres beuglées aux loups de mer avides de sang. L'accostage dans la violence et le bain de sang. Ma surprise devant la découverte de cette jeune femme aussi batarde que moi mais aussi Martell que j'étais Hoare. Le sourire carnassier sur mes lippes à l'idée d'en faire ma femme sel. Tout cela et bien plus encore en une poignée de secondes. Je m'en veux presque immédiatement pour cette trahison de l'esprit moi l'invétéré coureur de jupons.


Et j'aurais mis brusquement fin à cette complicité doucereuse si Arianne n'avait pas déposée sa gracieuse tète dans ma paume dans un élan de mélancolie. Cette action aisément qualifiable de nostalgique me surprend totalement en même temps qu'elle réveille quelque chose en moi. Quelque chose de dangereux dont j'avais complètement oblitéré la présence. Quelque chose d'amer autant que détestable. Des regrets... Cette modeste étreinte manuelle du minois le plus agréable du sud du continent me replonge dans un tourbillon de sensations délicieuses me rappelant bien pourquoi mes hommes et ma seconde avaient commencé à s'inquiéter de mon état.


L'on dit les nordiennes sorcières cependant ces mégères du froid ne sauraient arriver à la cheville de l'épouse du Dornien. Ensorcelé par les charmes de la Principauté le fameux Requin Noir craint et redouté sur toutes les mers occidentales. Apprivoisé et maté le prédateur des fonds marins. Le cannibale des eaux. Le cauchemar des navigateurs. Seulement, le charme se rompt implacablement lorsque ma bouche formule des mots d'époux et de souverain. Le soupir fuyant les rouges lippes de mon otage de marque n'indique que trop bien la mort de cette grâce irréelle. Le sort est exposé au grand jour alors que je reprends mes esprits.


"S'il est vrai que je suis devenu un homme très occupé depuis mon couronnement. Et ce d'autant plus vu l'état de mon royaume. Mais sache que j'aurais toujours du temps pour toi Arianne. Ne te gène surtout pas je te prie. Si, je ne puis y répondre aujourd'hui je continuerai demain ou un autre jour je te l'assure."


La remarque de la Martell ne me surprend guère car j'ai rapidement découvert lors de notre cohabitation passée à quel point Arianne était une femme curieuse et vive d'esprit. Elle l'avait démontrée à de multiples reprises que ce soit en prenant les devants suite à sa capture ou en me poussant à lui apprendre des notions de navigation au sein de l'intimité de ma cabine. Excellente élève elle avait appris plus rapidement que certains mousses. L'exaspération aurait du me saisir à présent face à tant de mise en abyme de notre passé commun mais je ne parviens pas à m'emporter. Après tout, j'étais celui responsable de sa présence ici comme autrefois. J'aurais pu réclamé n'importe qui d'autre. Mais j'avais choisi mon ancienne amante en toute connaissance de cause. Il me fallait accepter de souffrir ce choix désormais.


"Eh bien, le récit de ta capture ayant fait le tour de tout le Sel et le Roc je doute fort que mon épouse ne soit pas au courant de nos aventures tumultueuses en eaux troubles. Je ne lui ai rien confié à ce sujet néanmoins. Le passé est le passé. Tu es avant toute chose une otage prestigieuse ainsi qu'une ambassadrice de Dorne en ces lieux. Nul doute que les commérages doivent l'importuner mais ma reine est une femme d'une trempe admirable. Tu n'as aucun souci à te faire à ce niveau. Elle ne tentera point de te faire planter un poignard dans le dos à la première occasion. Qui plus est bien qu'enceinte, elle partira en campagne à mes cotés."


La méfiance d'Arianne me fait pourtant bel et bien sourire. Helena avait hélas eu à souffrir ma réputation de coureur à deux reprises en quelques mois de règne et de vie conjugale. Heda et Myria deux rivales rayées du tableau par le destin l'une honnie et morte à mes yeux comme mon cœur et l'autre loyale à notre cause brave et dévouée. Quoi qu'il en soit, je ne compte guère récidiver même avec une beauté fatale sudienne. La fierté dans ma voix en évoquant mon épouse est plus que sincère. Je ne ferais plus d'affront à Helena. Elle ne le mérite pas et d'ici à ce que je tombe au combat au milieu de nos hommes je n'aurais point le temps d'aller courir la gueuse. Sans compter qu'elle me comblait parfaitement.


"Oh Arianne. Bien sur que tu le puis. Et de bien des manières différentes qui plus est. Tu peux t'assurer que la guerre ayant causé tant de tords à nos contrées respective ne se reproduira plus jamais en jouant les ambassadrices auprès de ma cour et de mes nobles. Le coup d'état de cette chienne et de mon serpent de neveu ont privé mes services de nombreux éléments primordiaux. Espionne pour moi afin que je sois au fait des loyautés et de leur niveau de sincérité. Les temps sont terriblement incertains. Je pense que tu sais très bien que ta survie dépend de ma bonne fortune ? Enfin, tu pourrais enseigner aux épouses et femmes de ma noblesse à enserrer leurs cœurs dans une chape de bravoure ce dont elles manquent cruellement. Je crains fort que de nombreux deuils et moments douloureux viennent émailler l'avenir et raccourcir les généalogies. Tu vois ma chère tu n'as nullement de quoi t'ennuyer en mon domaine. D'autres questions ?"



       



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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 5 Déc - 23:58

- Tu as bien fait de ne rien partager. Quoi que l’on fasse, les rumeurs ne cessent jamais, répondis-je tout naturellement.

Je n’étais pas une femme vertueuse, ayant jurée vœu de chasteté jusqu’au mariage comme de nombreuses autres nobles. Cependant, je pouvais au moins avoir la conscience tranquille et me targuer de ne pas être pétrie d'hypocrisie comparée à ces mêmes nobles dépucelée dans le secret de quelques alcôves et qui tremblaient à l'idée de la première nuit avec l'époux. Enfin, et plus important, qu’importe si j'avais fourni des efforts de pudeur, j'aurais été honni en raison de mes origines : j’avais grandi au sein d’un bordel et avais appris dès mon plus jeune âge à séduire et à charmer parmi les plus belles et les plus talentueuses de la Principauté. Un environnement qui m'avait donné goût à plaire, et qui avait inscrit ce trait de caractère comme partie intégrante de ma personne. Tant d'ingrédients qui me rangeaient tout naturellement parmi les "putains" de la cour., avec mille et une rumeurs fantasques pour celles qui s'ennuient terriblement. Alors, j'avoue ne pas m'être retenue et j'avais eu de nombreux amants jusqu'à aujourd'hui. Je n’étais donc pas étrangère à ces bruits de couloirs et j’avais compris avec le temps comment composer avec ou cohabiter avec les nouvelles épouses d’anciens amants. Celles de Dorne pouvaient faire preuve d’une jalousie exécrable voire empoisonnée, au sens figuré comme littéraire du terme.

- Ma vie m’importe peu, Yoren. Cependant, l’avenir et la fortune de la Principauté sont mes principales préoccupations. Je serais ambassadrice et espionne à ta volonté, je serais l’épaule sur laquelle tes veuves et tes orphelins pourront pleurer mais aussi celle qui rallumera un semblant de feu en eux.  J’obéirais à bien de tes volontés, à une seule et unique condition.

Mon regard se durcit le temps de quelques secondes, pour appuyer mes prochaines paroles.

- Je n’exige que ta parole, qu’un simple et clair accord entre toi et moi. Je me fiche des traités, des signatures et je ne sais quelles autres absurdités administratives. Si tu es loyal à ta parole, je serais la plus docile. Si tu trahis cette dite parole, il vaudra mieux que tu me coupes la tête avant que je ne l’apprenne.

Mes paroles étaient aussi dures que la situation dans laquelle une poignée d’hommes m’avait condamné. Ma bonne fortune était effectivement liée à celle de Yoren mais je refusais de m’abaisser à le servir dans mon unique intérêt. Rien à part ma famille – et donc, par extension Dorne – ne pourrait me faire baisser cette tête dorénavant. Je me l’étais promise. Si je pouvais être traîtresse à la parole donnée à d’autre, je ne l’étais pas à moi-même.

- Si tu promets que tout projet que je nourrirai pour Dorne sera supportée par ta personne ouvertement ou implicitement, ou du moins non gênée par tes ambitions.

Tant que j’ai un souffle, je souhaite l’épuiser avant tout pour mes siens plutôt qu’égoïstement pour une vie bien vécue pour une femme. J’avais bientôt la trentaine et je devais admettre que j’avais obtenu tout ce que je souhaitais, j’avais vécu tout ce qu’il était possible – sauf peut-être les douleurs et les joies de l’enfantement –  et surtout je n’avais nul regret si j’avais à mourir le lendemain. Oui, je n’avais absolument rien à perdre. Nul honneur, nulle réputation, nulle gloire et surtout nulle existence.

- Avons-nous un accord, Yoren Hoare, Roi des Fleuves et du Crépuscule ?
Arianne Martell

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MessageSujet: Re: De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé]   De bien étranges retrouvailles [Tour VII - Terminé] EmptyMar 24 Déc - 15:54

Comme il était parfois profondément curieux de constater à quel point certaines choses anodines parvenaient à vous plonger dans un abime sans fond de mélancolie. Ce superbe minois exotique autant qu'aguichant incarnait à lui seul le deuil. Mort du Yoren qui avait été ce batard princier au statut décrié cette engeance de catin au sang de la noire lignée dilué. Un pirate audacieux, sauvage et sanguinaire le plus jeune chef d'escadre de l'histoire de la flotte de fer. Un chien de guerre au service de son rapace de géniteur. Un outil rien de plus qu'une arme. Ce Yoren dont la seule aspiration fut de prendre le commandement de l'armada insulaire. Cet autre qui avait été et ne pouvait plus ètre me paressait avoir connu un sort mille fois plus enviable que l'enchainement à un trône o jamais désiré. La liberté véritable pure et désirable de celle enivrant les marins comme les explorateurs m'était désormais interdite. Car, contrairement aux apparences cette couronne n'avait rien d'un présent offrant une suprême délivrance. Preuve que ce que les hommes désiraient souvent le plus au monde s'avéraient aussi nuisibles que les épines vous arrachant des lambeaux de chair comme autant de cuisants rappels de cette sagesse méprisée. Ainsi, Arianne représentait infiniment davantage qu'une otage inestimable sur un plateau de Cyvosse.


La prise devenue conquérante réveillait en mon ètre bien plus que du désir charnel. C'était une bien étrange nécromancie qu'icelle de la superposition déchirante des deux faces d'un même ètre en une seule carcasse. Passé et présent se combattant pour un futur à l'incertitude assurée. Tout ce que je possédais de raison s'échinait à faire plier le sauvage dans mes veines pour qui la tentation de combler l'infime écart entre nos deux visages était aussi tenaillante que douloureuse. Comme si plaquer brusquement mes lippes contre les siennes parviendrait à faire disparaître ce présent compliqué sous une vague de souvenirs liés à un passé érigé au rang de paradis perdu. Cependant, je détestais que l'on me dicte mon attitude. Seul le Noir avait pu s'en targuer. Aussi, je repoussais ce désir non tant par fidélité envers Helena que refus de céder. Une fois de plus, la tension naissant de la présence de la Martell s'évanouit brutalement tandis qu'un soupçon de culpabilité m'enserra finalement le coeur. Un étirement des lippes plus proche du rictus carnassier que du sourire s'imprima sur mon visage couturé.


-"Et elles ne cesseront jamais car nous sommes et resterons deux batards peu importe ta légitimation et peu importe la couronne sur mon front. Laissons les aboyer. Mieux donnons donc leur ce qu'il souhaite. De la matière pour leur détestables cancanages. Ca les occupera."


Je sus que la princesse allait évoquer le sujet lui tenant fort logiquement et naturellement le plus à cœur lorsque son superbe minois se para d'une expression empreinte d'une détermination à toute épreuve confirmant mes impressions précédentes. Arianne n'était plus celle que j'avais capturé dans les eaux de la Principauté. La femme sel ayant été capable de piéger son hote d'infortune dans ses filets au point que mes propres marins s'en inquiètent à l'instar de nos sirènes légendaires compagnes du Noyé. Dorne donc. Seule sa contrée et son sort pouvait faire naitre une lueur aussi vive dans ses yeux anthracites. Je ne serais pas Yoren Hoare ou Pyke si la chute des propos princiers ne me tirait pas un sourire goguenard. Je me contraignis néanmoins au sérieux par égard pour une femme que je respectais depuis cet épisode malheureux de son histoire.


-"Ne dis pas cela Arianne. Cela déplairait à tes frères. Eux ne considèrent pas que ta vie n'a pas d'importance. Et moi non plus. Ou est donc passé le fier esprit Dornien ? Tu vois c'est précisément pour cela que tu as été et restera une excellente conseillère pour ta sœur qu'importe les échecs. Je ne puis hélas en dire autant de certains des miens. Oh, je crains fort d'avoir parlé trop vite. Tes qualités me seront en effet utiles mais nous ne resterons pas à Pierremoutier. Vas y énonce ta condition."


Mu par une curiosité certaine, je me crispai une poignée de secondes à l'affut de la révélation nécessaire à la conclusion de cette alliance secrète de fortune entre une otage et le souverain l'ayant fait mandé et donc traversé la moitié du continent. Mes épaules se relâchèrent lestement suite à ses paroles. Nouveau sourire sur mes lippes.


-"Des menaces rien que cela ma chère. Mais ou est donc passée la Arianne de notre rencontre ? Dorne n'a guère besoin d'un tigre puisqu'elle a déjà des tigresses. Te couper la tète serait un immense gâchis. Mais, je te crois lorsque tu affirmes que je m'en repentirais durement. Tu as bien raison la paperasse est d'un ennui. Laissons cela aux inconnus. Ma parole dis tu ? Fut une époque ou tu méprisais celle du pirate que je suis."


Il y avait une véritable dureté dans le discours autant que la posture interlocutrice. Cela me plaisait. Arianne n'était plus une proie facile pour une meute de loups de mers mais une guerrière à sa manière à elle soit en subtilité et charmes mais une guerrière tout de même. Cela ne fit que renforcer mon choix. Lissant ma barbe d'une main distraite, je plongeais mon regard gris acier dans le sien.


-"Crois le ou non mais j'ai toujours apprécié Dorne et pas simplement de la manière que tu connais. Vous vous êtes révélé un adversaire redoutable autant que digne. Que vous l'acceptiez ou non nous partageons de nombreux points communs. Deux peuples fiers à en mourir rompus au pillage et dénigrés par leurs voisins. Si cela n'avait tenu qu'à moi j'aurais tenté de vous attirer dans une alliance mais ta sœur a fait des choix stupides et décidé de servir les envahisseurs de l'est ce qui fut foutrement ironique vu vitre histoire. Bordel, je t'aurais même épousé. Enfin, nous avons en effet un accord Arianne de la maison Martell."



       



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