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[FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]
MessageSujet: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMar 20 Aoû - 22:39

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Après avoir donné congé à la poignée de mercenaires qui nous accompagnait, suite au départ de Siam, j'avais poursuivi seul ma route jusqu'à Fort Darion. J'avais obliqué vers le cours de la Néra et en suivait la rive depuis plusieurs jours, ne dormant que la journée d'un mauvais sommeil, caché dans un bosquet ou à l'abri d'un surplomb rocheux. Je ne faisais pas de feu, pour ne pas être repéré et n'avançais que de nuit lorsque la lueur laiteuse de la lune était suffisante pour me permettre de progresser à travers bois. Ce périple m'en rappelait un autre, lorsque j'étais à la tête d'une phalange de archers lorathis, envoyé par mon père en renfort vers la Cité de Norvos.

Il me semblait qu'un siècle s'était écoulé depuis ce périple qui m'avait mené vers celle qui deviendrait ma reine. Souveraine d'un royaume condamné à subir la dévastation du Tigre de Volantis. J'avais tout perdu dans le siège de Lorath, et l'exil qui s'en était suivi m'avait même ôté la mémoire. J'avais voulu mourir mais la mort n'avait pas voulu de moi. La vie ne me semblait désormais qu'une quête vers la revanche et la rédemption. Le Tigre, Lorath, mes deux objectifs avant de passer. J'étais à l'aube de mes trente cinq ans, déjà presque vieux pour les Westerosi. Pourtant en Essos et particulièrement sur Lorath, le temps n'était pas mesuré à l'aune d'une seule vie, mais à celle d'une civilisation.

Je progressais en longeant dans le bois qui surplombait le cours de cette rivière qui m'avait mené à Pierrmoutier. Depuis quelques semaines, je refaisais le chemin en sens inverse, tout en m'étant offert quelques détours. Harrenhall, Sombreval, j'avais erré des jours en quête de moi-même, le temps de me retrouver intimement avec mes souvenirs. Le temps d'accepter que mon destin serait difficilement compatible avec celui d'un autre être. La Néra commençait à s'élargir, annonçant qu'elle allait bientôt épouser les flots salés d'une vaste étendue. Ce détail topologique n'était pas anodin dans ma culture. Le mariage d'un fleuve et d'une mer, ou d'une rivière et d'un océan, était signe d'un renouveau, d'une ouverture à l'inconnu.

C'était presque mystique. Erik aurait ponctué cette étape d'un rite sacré mais je n'étais qu'un iconoclaste comparé à lui et je poursuivis ma route simplement satisfait à la perspective que mon premier but soit à portée. Rallier Fort-Darion. Mon cousin n'aurait pas manquer de souligner aussi qu'il était étrange que ma route en partance de Pierremoutier ait dévié ainsi vers le sud après avoir tracé droit en direction de la capitale de l'empire. Peut-être aurait-il eu raison. Quelque chose d'indéfinissable me liait à cette rivière qui avait reçu ma carcasse à demi morte dans son estuaire après le naufrage de mon slanghaven.

Je progressais sous la canopée, évitant les tâches claires qui filtraient dans les clairières. Je faisais halte régulièrement pour me repérer à la course de la lune. Entre deux, je talonnais Finstern, vieil hongre réformé que j'avais acheté à l'armée conflanaise. Le bougre avait une allure nonchalante si on ne le sollicitait pas. Pourtant il s'était révélé capable de belles échappées au grand galop, mais son tempérament naturel était à la ballade. Tranquille compagnon. Aussi fus-je alarmé lorsque je le sentis soudain nerveux, inquiet. Je marquai un temps d'arrêt pour écouter le vent dans les feuillages. Puis je repris ma route, l'oreille aux aguets. Nous étions suivis. De l'autre côté de la Néra et aussi au dessus de nous. Des ombres bruissaient dans les bosquets, d'autres, plus hautes passaient furtivement d'un arbre à l'autre. Des fantassins et quelques cavaliers.

Je m'immobilisai derrière un arbre, tentant de calmer ma monture qui renâclait. Lentement, levant ma main droite derrière mon dos, je sortis en silence, Knus av ild* de son fourreau et continuai à longer le cours de la rivière. Les ombres se resserraient autour de nous. Amies ou ennemies ? L'heure n'était pas à ces spéculations. En terre inconnue, j'étais un étranger, donc naturellement un ennemi pour eux. J'avais le choix entre deux options. Talonner ma monture et tenter de fuir comme si j'avais peur ou quelque chose à me reprocher, ou les laisser approcher et m'annoncer dignement, comme un Roi. Mais avancer toujours. Les ombres décideraient de venir à moi et pas l'inverse. Je ne leur voulais aucun mal, elles n'étaient pas ma finalité. Mais si elles se mettaient en travers de ma route, ce ne serait pas sans risque. Pour elles comme pour moi.  

Je pressai les flancs de Finstern pour le mettre au trot, puis au galop, mais sans le pousser. Peut-être que si je ne faisais que passer ... C'est alors que je vis en contrebas les lueurs d'un bourg, non, d'une cité ... Je puisai dans mes souvenirs de jeunesse ...L'enseignement de mon Mestre ...  Au sud de la Nera... Une cité ... Fengué ...

* épée à deux mains de Lyderik, "lame de feu" en lorathi.


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Dernière édition par Lyderik Mortensen le Jeu 12 Sep - 0:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 25 Aoû - 23:48









When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

Les éclaireurs envoyés par Argella pour repérer les 2000 puînés qui avaient saccagés plusieurs hameaux entre le Bec Massey et la Whend avaient repérés… un cavalier solitaire. Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'ils le suivaient à couvert, aussi discrètement que possible en espérant qu'il les mène au campement de ses compatriotes mercenaires. Mais une fois arrivés en contre haut de Fengué, ils se demandèrent ce qu'il pouvait bien faire pour s'approcher seul de la cité fortifiée. Qu'il reconnaisse le terrain pour une bataille ou un siège ou qu'il espionne les mouvements de l'armée stationnée dans la baie de la Nera, il n'en savait peut-être pas encore trop et il fallait le cueillir avant qu'il n'ait l'occasion de s'enfuir. En tout cas, les soldats en étaient certains, c'était un essossien. Il avait une tête d'étranger, ou de Nordien, mais il aurait alors été sacrément perdu. Et son épée ne ressemblait à aucune arme de Westeros, sauf Glace qu'ils avaient jamais eut l'occasion de voir. Ainsi, ils encerclèrent le cavalier et resserrent la nasse autour de lui m, ne se révélant que lorsqu'ils furent assez près. Deux archers, dont un perché dans un arbre le tenaient en joue, flèche encochée et corde tendue. Le troisième homme tira son épée au clair et le héla.

__ Au nom de la Reine Argella, déclinez votre identité !
__ Sérieux Lars, faut que t'arrêtes avec ça. Il peut bien nous épeler son nom qu'on saura toujours pas qui c'est en encore moins ce qu'il vient foutre ici.
__ Oui bon. En fait, rendez-vous. Vous êtes ici sur les terres de Fengué, sous la protection de la Reine de l'Orage.
__ Ah bah niquel, maintenant il sait qu'elle est à Fengué, Si c'est un espion Puîné ou un sbire du Tigre et qu'il arrive à se barrer, c'est jackpot.
__ Oui ben si t'es si malin, démerdes toi.


L'intéressé haussa les épaules et visa à nouveau sa cible. Ce n'était pas le cavalier portant une cuirasse, mais l’œil de sa monture.

__ Mettez pied à terre et posez votre épée devant vous. N'opposez pas de résistance et il ne vous sera fait aucun mal.

L'archer parlait très lentement, d'une voix monocorde et très posée, il respirait doucement afin de ne pas perdre sa cible de vue un seul instant et de ne pas bouger d'un cil.

__ Nous allons vous mener à Fengué afin de confier votre sort à quelqu'un qui pourra décider quoi faire d'un étranger foulant ses terres en pleine zone de guerre et ce quelque semaines seulement après qu'une bande de mercenaires n'ait accosté dans le coin.

Ils attachèrent les mains et les pieds du prisonnier et l'attachèrent sur son cheval afin de l'emmener jusqu'à la forteresse.

***

__ Prisonnier !
__ Prisonnier !
__ Ouvrez les portes !
__ Les portes !


Les hommes rentrèrent avec leur prise du jour et comme il ne se passait pas grand chose depuis l'alerte contre les Puînés et la réorganisation de la défense de la cité par la Reine elle même, c'était une attraction et tout le monde y allait de son petit commentaire. Sauf que si les éclaireurs étaient motivés pour présenter leur prisonnier à la Reine en personne, lorsqu'ils arrivèrent devant ses appartements. Ils entendirent un raffut de tonnerre et se raviserent. La Durrandon était connue pour ses sautes d'humeur et tout le monde savait qu'il ne vallait mieux pas la rencontrer si elle n'était pas dans le bonnes dispositions.

__ Putain de Puînés de merde, vous êtes où ?

Fut entendu très nettement par la petite assemblée pétrifiée dans le couloir. Puis, après une oeillade furtive à ses compagnons éclaireurs, Lars confia précipitamment le prisonnier aux deux chevaliers en faction devant la chambre.

__ Bon ben les gars, ravi de vous avoir connus. Voilà le prisonnier.

Les deux gardes échangèrent des regards incrédules en tenant Lyderik plus par réflexe que par conviction tandis que les soldats s'eloignaient en échangeant des messes basses sur la marche à suivre.

__ On va boire un coup en ville ?
__ Franchement, moi je repars directe sur la mission. Si on a merdé, vu l'humeur de la Reine, on a plutôt intérêt à pas être là.
__ Ouais c'est pas faux…
__ C'est côtelette que t'as pas compris ?
__ Hein ?
__ Rien, laisse tomber, je sais même pas pourquoi j'ai dit ça.


En attendant, la tempête dans la chambre de l'impétueuse semblait s'être calmée et les gardes frappèrent à la porte.

__ QUOI !
__ Votre Majesté, on nous a…
__ ENTREZ !


Les deux gardes entrèrent avec le prisonnier et ses armes qu'ils déposèrent devant la Reine. Argella, en armure de cuir et de mailles était debout derrière son bureau avec son épée posée sur la table, sa main sur le pommeau et son autre poing posé sur une carte de la région. À en croire les parchemins hachés menus, elle venait de passer ses nerfs sur une série de missives et avait aussi renversé le mannequin destiné à recevoir son armure ainsi que sa lance et son arc. De plus, trois couteaux étaient plantés dans la porte.

__ Votre Majesté, on nous a apporté un prisonnier.
__ Oui je vois ça. Je peux savoir ce qu'il fout dans mes appartements ?
__ Oh pardon...


Les gardes s'apprêtèrent à ressortir avec Lyderik quand la Durrandon leva une main pour les arrêter et baissa la tête en soupirant sur une mine blasée.

__ Nan mais maintenant qu'il est là, vous me le ficelez solidement sur un fauteuil. Je vais pas en plus m'amuser à lui courir après. Mais normalement, les prisonniers vont dans les geôles.

Ils acquiescèrent, s'inclinèrent et entreprirent d'attacher le prisonnier pendant que la brune rengainait son épée. Elle l'observa tout en contournant le bureau afin d'aller récupérer ses couteaux et les autres armes jonchant le sol avant de retourner vers son bureau et de tirer l'épée du prisonnier de son fourreau afin de l'observer.


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Argella Durrandon

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Titre de Noblesse ou Métier: Reine de l'Orage
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Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Argella Durrandon
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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyLun 26 Aoû - 23:02

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Finstern piaffa puis renâcla. Je flattai son encolure de ma main libre pour le rassurer mais mon cheval avait de bonnes raisons d'être effrayé. Dans les buissons, les ombres ne faisaient même plus l'effort d'être discrètes et je perçus nettement une agitation anormale dans le feuillage d'un grand chêne qui bordait le chemin. Soudain un archer sortit des taillis et me barra la route, arc bandé, prêt à décocher dans ma direction. Un second surgit à cheval et sauta à bas de sa monture puis dégaina son épée. Je tirai sur les rênes pour arrêter la mienne et affermit ma main sur la fusée de mon espadon. Calme, à présent immobile, j'allais m'annoncer et leur demander de simplement me laisser passer, expliquer que je ne faisais que traverser cette contrée. Mais le dialogue qui se joua sous mes yeux fit naître tout d'abord une grande perplexité dans mon esprit. Je ne comprenais pas parfaitement la langue parlée à Pierremoutier et si celle dont usaient les importuns y ressemblait, ils avaient un accent très différent ce qui me rendait malaisée la compréhension de leur échange.

J'étais là, assis sur mon cheval et ces deux lascars semblaient plus absorbés par leur querelle que par ma présence. Le premier m'ordonna, me semblait-il de m'arrêter au nom d'une reine dont je ne saisis que partiellement le nom. Quel accent à couper au couteau ! Je fronçai les sourcils et commençai par dire:

- Cet homme est déjà à l'arrêt ... Il ne va pas bivouaquer par ici ... Un Roi ne saurait s'arrêter sur les ordres d'une Reine ... Vous parlez au Roi Lyd...

Peine perdue, l'attention de mon interlocuteur fut captée par son acolyte qui le rabrouait. Puis on me demanda de me rendre. Je souris, un rien narquois. Mais mon visage se figea quand j'avisai un second archer perché dans l'arbre dont le feuillage s'était agité auparavant. J'eus confirmation que j'étais bien aux abords de Fengué et l'homme mentionna à nouveau une reine puis un orage. Je regardai le ciel constellé d'étoiles. Aucun orage à l'horizon.

- Vous êtes certains ? Le ciel est pourtant clair. Cet homme n'a pas besoin de protection. Il se protège très bien tout seul. Merci de votre obligeance.

Je commençai à m'impatienter et m'agitai sur ma selle. Qu'est- ce que c'était que cette mauvaise farce ? Les deux hommes se prenait le bec sur la façon de m'appréhender. J'avais l'impression d'être tombé en pleine représentation d'une pantomime. Mais ce qui était sérieux, en revanche,c'est que j'avais clairement entendu le second mentionner le Tigre. J'aurais pu décliner ce nom dans tous les idiomes existant sur Westeros, tant ma haine nourrissait mon intérêt pour cet homme. Ce qui l'était tout autant, c'était les deux flèches qui pointaient vers moi.

- Pourriez-vous vous entendre sur ce que cet homme doit faire ? On ne va pas y passer toute la nuit !

Ahh enfin une sommation en bonne et due forme.

- Vous auriez pu le dire tout de suite. Rétorquai-je un sourire en coin en sautant à bas de mon cheval. J'avançai les mains en vue et  à regret, déposai mon épée à mes pieds.

Tant qu'ils me menaient à quelqu'un qui pourrait me parler du Tigre, j'étais prêt à tenter le coup. Et après tout, s'ils avaient eu l'intention de m'abattre, ils auraient déjà tiré sans sommation. Mon regard allait de l'un à l'autre des soudards, me demandant dans quel ost j'étais tombé étant donné qu'ils ne portaient aucun écu, ni sur leur bliaud, ni sur leur bouclier. Argillac Durrandon, si c'était lui, n'était pas une reine, mais le Roi de l'Orage. Le seul dont je me souvenais dans mes leçons avec les Mestres. Et puis l'homme avait très mal prononcé son nom, sans doute l'accent. En revanche l'évocation à l'orage prenait sens. Effectivement je devais avoir pénétré sur le territoire de ce royaume. Qu'on me conduise au Roi et nous aurions vite fait de tomber d'accord sur le fait qu'il ne pouvait que me laisser passer. Je me tendis davantage quand le houspilleur évoqua une bande de mercenaires débarqués. S'agissait-il d'un de mes navires ? D'un de mes équipages qui aurait été pris pour des mercenaires. Entre espoir et inquiétude à leur sujet, je me laissai ligoter et  attacher sur mon cheval. Le trajet jusqu'à Fengué fut ponctué tout du long des piques acerbes que se lançaient mes gardiens. Dans quel guêpier étais-je tombé ?

La ville était en effervescence et bien gardée, ce qui fit grimper mon inquiétude en flèche. Apparemment j'étais tombé en plein conflit. Je commençais à regretter mon détour par le cours de la Nera. Détour motivé par l'espoir de croiser des survivants du naufrage qui nous avait jeté à l'embouchure de ce fleuve. Quand j'avais suivi le cours de la rivière à contre courant, j'étais en état de choc  et je ne me souvenais pas du périple qui m'avait mené à Pierremoutier. Mais j'y étais arrivé dans un tel état, amnésique et presque mort, qu'il était probable que j'ai croisé quelques belligérants auxquels j'étais parvenu à échapper au prix de blessures et d'horions qui couvraient presque tout mon corps. Je me demandais si je n'allais pas avoir droit au même traitement en sens inverse. Pour l'heure j'étais escorté comme un paquet ficelé dans le fortin qui devait servir de résidence au Roi. De la poterne par laquelle nous étions entrés, jusqu'à la porte cloutée de ce bâtiment, des curieux nous suivirent, me dévisageant, m'interpellant et s'étalant en conjectures à mon sujet. Bon sang ! J'avais pourtant bien dit qui j'étais ...Non, en fait, ces deux hurluberlus ne m'en avaient pas laissé placer une. Je rongeai mon frein, bien déterminé à me faire connaître au Roi Argillac qui, prenant conscience de la façon injurieuse dont ses hommes m'avaient traité, les réprimanderait sévèrement et m'apporterait peut-être assistance pour la suite de mon voyage.

Ma descente dans les enfers de l'absurdité se poursuivit néanmoins au delà de ce que j'aurais pu imaginer. Nous enfilâmes un couloir éclairé par des torches et j'entendis des vociférations d'une amplitude sans pareil et perchées dans les aigus. Plus nous avancions, plus mes gardes chiourmes rentraient la tête dans les épaules. Il faut dire que ça gueulait, ça gueulait et cette voix roulait résonnait contre les murs du couloir. Nous tombâmes bientôt face à une porte gardée par deux chevaliers de belle allure, ce qui aurait dû me rassurer. Il n'en fût rien. Les deux hommes se tenaient à leur hallebarde comme un naufragé en pleine tempête s'accroche au mât de son vaisseau. La porte vibrait, derrière elle on entendait des chocs, des bruits de mobilier renversé. Nouveau gros froncement de sourcil de ma part.

- Vous avez capturé des lions, des  heu .. hyènes ... ? C'est un rituel ? Avec une sorcière ? Non parce que si vous voulez éprouver cet homme, il préfère le duel judiciaire plutôt que la pâture aux fauves hein !

Mais les trois larrons ignorèrent mes doléance, prononcées, il est vrai, avec un accent lorathi qui les rendaient fort peu compréhensibles surtout avec le tapage environnant. Ces trois lâches me confièrent aux deux gardes en faction et déguerpirent sans demander leur reste en mentionnant une côtelette. Çà je l'identifiai aussitôt, comme "boire un coup". Les mains liées et entre les deux chevaliers, ma patience commençait sérieusement à s'émousser, d'autant que je pris conscience que j'avais faim et soif. Je me serais bien avalé quelques travers de porc. Les deux larrons n'avaient pas l'air pressés de m'introduire dans la pièce contenant la bête fauve et je pouvais les comprendre. Une voix insultait des Puînés et si je savais ce qu'il étaient, je me demandais bien pourquoi on voulait les trouver. C'était une engeance qu'il valait mieux éviter, sauf si on voulait les payer. Peut-être que cette voix voulait les engager. Dans ce cas-là je savais comment il fallait s'y prendre, mais en général c'était eux qui vous trouvaient et pas l'inverse. Après l'être lassé de contempler les murs, les dalles du sol et le plafond, je le jetai des regards un peu perdus, aux deux chevaliers, me demandant si j'allais me faire bouffer. Soudain, les vitupérations cessèrent et ils risquèrent une approche. Une voix impérieuse leur ordonna d'entrer et ils me poussèrent dans la salle. Il y régnait un désordre incroyable et je jetai des coups d’œil dans les coins, m'attendant à voir surgir un lion ou un ours. J'avais crains de me trouver face à des corps déchiquetés, ou suppliciés. Il y avait juste trois couteaux plantés dans la porte. Cela me rassura. L'un des hommes posa mes armes sur une chaise mon épée, mes deux couteaux, ma dague, mon carquois, mon arc long, mon espadon et enfin mon bouclier, ce qui prit bien deux bonnes minutes parce que tout ce fatras se cassait la gueule de la chaise dans un bruit de ferraille. L'autre me poussa sur un fauteuil tandis que je protestais:

- Hé! Prenez soin de mon équipement. Et de mon cheval aussi. Râlais-je en dégageant mon épaule de la poigne du chevalier.

Il jeta un regard inquiet en direction du milieu de la pièce, en direction d'une très belle femme portant une tenue de guerrière et plantée debout devant une table couvertes de petits bouts de parchemin. Elle avait une main sur le pommeau d'une très belle épée et semblait très en colère. Son autre poing était rageusement fermé sur des cartes déroulées sur la table.

- Hé bien, il y a eu un orage ici ? Quelle en est la raison ? On vous a fourni des cartes obsolètes ?

La pantomime reprit de plus belle. Cette fois la dame reprochait à ses gardes de m'avoir conduit dans ses appartements au lieu de me mettre en geôle. Elle affirma qu'elle ne voulait pas me courir après. Je me demandai s'il était question d'une partie de chasse. Je fus ficelé comme un voleur sur le fauteuil. La guerrière rengaina son épée et je me demandai si elle s'en était servie pour hacher menu les parchemins. Déglutissant péniblement, je cherchai des traces d'entailles dans la table tandis qu'elle semblait avoir décidé de faire un peu de rangement. Il fallait reconnaître que ce n'était pas du luxe. Puis, elle s'intéressa à mon épée qu'elle sortit de son fourreau.

- Rangez-là. Vu l'état dans lequel vous avez mis cette pièce avec la vôtre vous risquez de blesser quelqu'un. Ce n'est pas un cure dent. Cet homme souhaite voir le Roi Argillac. Il doit reprendre la route tantôt. Il a des affaires pressantes à régler. Cet homme n'est pas un bandit. Pourquoi ces liens ? Est-ce ainsi que les Durrandon traitent leurs invités ?

Je me demandais si je n'étais pas face aux effets d'une épidémie. Une maladie qui rendrait les gens fous. Peut-être était-ce la guerre qui les avaient menés à cette folie ? Je ne savais que trop bien qu'elle pouvait mener des hommes et des femmes de valeur à la folie. Mais je devais composer avec ces gens, et tâcher d'apprendre ce qu'ils savaient sur le Tigre, et au sujet de ces fameux mercenaires qui avaient débarqué quelques semaines auparavant.

- Vous cherchez des Puînés, parait-il ? Excusez cet homme, il n'a pas pour habitude d'écouter aux portes ... mais ...



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Dernière édition par Lyderik Mortensen le Mar 27 Aoû - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMar 27 Aoû - 14:53












When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

L’archer silencieux avait vaguement entendu que le cavalier solitaire se disait roi, mais il n’y croyait pas un instant, il avait vu le Roi du Nord, l’Empereur, le Roi du Conflans et même le Prince Régent de Peyrdragon et l’inconnu ne leur ressemblait pas. Il imaginait mal l’Usurpateur du Bief ou le bâtard Yoren se balader tout seul dans la région et le Roi Loren était blond, tout le monde le savait. Essos étant tout entier soumis au Tigre, il n’y avait plus aucun Roi là-bas, donc soit il venait d’Asshaï Lès Ombres soit il mentait. Mais de toute façon le soldat n’y prêta pas plus attention que ça, écoutant ses camarades se disputer sur la manière d'appréhender le prisonnier tout en tâchant de garder sa cible dans la ligne de mire.

Les trois éclaireurs se regardèrent un instant sans comprendre si le cavalier plaisantait à propos de l’Orage ou s’il n’avait vraiment aucune idée de ce dont ils parlaient. Argilac Durrandon avait guerroyer pour Braavos contre les esclavagistes Pentoshi et était revenu dans l’Orage couvert de gloire et de richesses. C’est pourquoi il était relativement connu sur Essos, c’est aussi pour cela qu’Argella avait proposé à l'Empereur d’essayer de reprendre contacte avec les anciens amis de son père afin d’occuper le Tigre à l’Est. Quand aux Puînés, ils venaient eux aussi d’Essos, c’est d’ailleurs pour cela que les éclaireurs chargés de les retrouver avaient suivi ce cavalier qui ressemblait à un Nordien mais n’en avait ni l’accent ni les manières et qui n’avait rien à faire ici tout seul quand bien même aurait-il été nordien, ce qui avait de quoi éveiller la curiosité de quelques soldats qui rentraient bredouille d’une chasse à l’homme. Les soldats haussèrent les épaules et se gardèrent de répondre d’autant que finalement, tout ce petit monde avait trouvé un terrain d’entente lorsque Lyderik avait accepté de se rendre sans opposer de résistance. L’archer perché dans l’arbre attendit que l’épéiste eut ramassé ses armes et l’ait fouillé afin de s’assurer qu’il ne dissimulait aucune autre lame avant de descendre de son perchoir pour rejoindre ses compagnons.

Aucun risque de fuite ne fut pris par les trois soldats, comme l’avait souligné l’orageois, si c’était un espion, il en savait bien trop pour retourner auprès de ses maîtres afin de leur donner les informations dont il disposait. S’il avait vu les soldats gardant le pont, c’était pire, mais cela il n’en savaient rien. Heureusement, la cité fortifiée étant en vue, ils n’en eurent pas pour longtemps avant de se trouver devant la porte principale. Une dizaine d'arbalétriers gardaient la poterne et les remparts adjacents, ils reconnurent bien vite leurs compagnons et ne bandèrent donc pas les arcs. Puis la porte s’ouvrit sur une cité pleine à craquer d’hommes d’arme. Certains s'entraînaient d’autres prenait du bon temps et d’autres gardaient les points stratégiques au milieu des civils qui continuaient à vivre presque comme si de rien n’était. Deux lanciers se trouvaient derrière la porte quand Lyderik entra dans Fengué, la citadelle quant à elle était juchée de seulement deux archers longs, mais deux lanciers gardaient aussi la porte. Un jeune palefrenier vint au devant des hommes afin de prendre les montures et de les emmener dans les écuries adjacentes. L’épéiste détacha les pieds du prisonnier, l’archer silencieux récupérer ses trop nombreuses armes, non sans peine, et l’orageois ouvrit la marche, traversant la cour puis s'engouffrant dans la bâtisse qui elle aussi était bourrée de soldats.

Les deux chevaliers en armure qui montaient la garde devant la porte des appartements de l'Impétueuse arboraient les couleurs de l’Orage et faisaient partie de ses épées liges, ils étaient habitués aux frasques de la brune, mais là, avec les puinés introuvables ainsi que quelques autres rumeurs dont ils avaient eut vent en rapport avec son ancien amant le Roi du Bief, ils avaient pu constater qu’elle était particulièrement irritable. Il y avait aussi des éléments qu’ils ignoraient et elle se garderait de leur relevé toutes les raisons de son humeur massacrante. De plus, cela faisait bien trop longtemps qu’elle n’avait pas guerroyer, et il semblait que cela lui manquait plus que de raison. La campagne de printemps approchant à grande enjambées, elle avait hâte et ne s’en cachait pas. Alors imaginez. Coincée ici, à Fengué, obligée de garder la cité, une cité qui faisait partie du Royaume de Peydragon et même pas du sien, sans encore avoir revu Accalmie depuis des lustres. Ses amis étaient au front, enfin à la recherche des puînés introuvables eux aussi, mais au moins ils s’amusaient ils chevauchaient, comme en campagne déjà et elle, elle était coincée ici. C'est toujours les mêmes qui s'amusent. Pour le moral des troupes, pour sa sécurité. Oui bon elle n’était pas idiote, elle savait que c’était mieux ainsi, si elle avait eut le moindre doute là-dessus, elle aurait prit son coursier dornien isabelle et se serait fait la belle afin de rejoindre les éclaireurs, après tout elle était aussi chasseuse et archère. Mais tout cela mis bout à bout faisait qu’elle ne rongeait plus son frein mais piaffait d’impatience à chaque instant, ne dormant presque, plus passant son temps sur la lice à taper dans tout ce qui bougeait. Vivement qu’elle retrouve Papy Selmy ! Au moins elle aurait suffisamment mal après l'entraînement pour avoir vraiment besoin de repos.

La Durrandon se faisait chier et tout ça pour quoi ? Pour ne rien trouver, pas une seule trace de 2000 mercenaires débarqués sur ses côtes et ayant pillé des villages, ses villages ! Elle en était devenue enragée à force de lire de maudites missives qui disaient toutes la même chose. Rien ici, rien là, rien par-ci, rien par là. Disparus, évaporés. Probablement déjà arrivés à destination. Rien pour se faire les dents avant le Bief. Un temps précieux perdu, le Bois du Roi trop peu sûr pour être traversé avec sa maigre escorte, Accalmie si lointaine et le printemps qui bourgeonnait partout. Il ne manquerait plus que le Bief attaque tiens. Ou que Kevan les trahisse une fois de plus.

__ Le seul fauve dans cette pièce est une biche.
__ Elle a plus prit du cerf quand même.  


Un prisonnier ? Ils avaient donc reussi à attrapper un Puîné ? Excellente nouvelle ! Même si le fait qu’il ait vu les cartes plaisaient nettement moins à la Reine de l’Orage. Cela dit, il n’y avait aucune figurine dessus parce que celles qui signalaient les forces coalisées étaient tombées dans la tempête et qu’elle ne savait pas où mettre celles qui représentaient les puînés parce qu’elle n’avait toujours aucune information valable. Elle ne se donna d’ailleurs même pas la peine de les ranger, en revanche, elle éloigna ses armes du prisonnier. Elle ne put s'empêcher d’afficher un large sourire quand elle vit son attirail et se retint de rire en voyant l’archer peiner à tout faire tenir sur le fauteuil. Mais elle finit par perdre patience et pris ce qui était tombé pour la dixième fois afin de mettre les armes les plus encombrantes sur son mannequin. Il était encore plus equipé qu’elle, elle en aurait presque été jalouse s’il n’avait pas été en train d’être ficelé à un fauteuil.

L’arc et le carquois que la Durrandon accrocha au mannequin étaient magnifiques, elle le banda pour en éprouver la force avant d’en détacher la corde avec un amour infini. Puis elle prit l’espadon et regagna sa table, pensive. C’était étrange pour un mercenaire de posséder des armes d’une telle qualité, et encore plus de parler comme un braavosi, et… Elle se tourna vivement vers lui et ouvrit de larges yeux. Il venait de mentionner son père, de l’insulter, tout le moins sa dextérité à l’épée et de se prendre pour un invité. Elle ouvrit la bouche pour l’insulter, mais comme elle hésita un peu trop longtemps entre ça et lui lancer un couteau, elle finit par se raviser et ne pas répondre. Elle eut un sourire en coin en fixant le prisonnier, constatant par la même occasion qu’il était parfaitement comestible... heu... séduisant. Faut vraiment que je retourne au front moi, ça va pas mieux.

Argella baissa les yeux vers l’épée et l’observa une nouvelle fois. De bien belle facture, encore une fois, bien trop belle pour un mercenaire. Il y avait quelque chose qui clochait. Elle passa doucement le doigt sur le fil. Etait-ce de l’acier valyrien ? Elle jeta quelques coups d’oeils à Lyderik sans chercher à cacher sa perplexité. Elle la rengaina d’un coup sec en relevant promptement le menton et planta son regard azur dans celui du jeune homme, à l'évocation des Puînés, elle se raidit. Elle ne pensait pas qu’il en fasse partie, c’est d'ailleurs pour ça qu’elle s’était présentée, sans quoi elle se serait contentée de le torturer pour lui extirper des informations sans prendre cette peine. Mais il venait de piquer sa curiosité, ou plutôt son désir infini d’en découdre une bonne foi avec les mercenaires pour pouvoir se défouler avant de passer à autre chose. Elle parla d’un ton plus avide qu’elle ne l’aurait voulu

__ Vous savez quelque chose ? Vous les avez vus ?

En faisait-il partie finalement ? Quel second fils portait de telles armes. La jeune femme regarda plus de nouveau ce qui se trouvait sur la chaise et sur le porte-armure. Le bouclier m'interpelle grandement, on aurait dit un bouclier Fer-Né, mais l’homme n’en avait pas l’accent. Un Puîné ? Un Fer-Né ? Qui était-il donc ? Seul un officier de la troupe de mercenaires pouvait posséder une lame de cette qualité, or un officier ne serait pas partie en reconnaissance tout seul. Elle fit signe aux chevaliers de quitter la pièce et ils ne se firent pas prier pour obéir. Elle fit lentement le tour du bureau et s’y appuya, toujours en fixant le prisonnier et sa lame à portée de main des fois que ce soit un assassin Fer-Né venu pour l’abattre et que ses hommes l’aient mal fouillé.

__ Je SUIS l’Orage !  

Dit l’Impétueuse avec force et conviction avant de reprendre d’un ton non moins assuré, mais sans crier cette fois.

__ Je suis Argella Durrandon, Reine fédérée de l’Orage, fille d’Argilac le Grand et vous n’êtes pas mon invité mais mon prisonnier.  

Il n’y avait que sa propre fille qui l’appelait Argilac le Grand, mais elle portait une telle admiration à son paternel qu’il lui était difficile de taire ce titre, aussi fictif soit-il.

__ Évitez de me provoquer ou il pourrait me prendre l’envie de tester le tranchant de mon épée sur votre gorge plutôt que sur ses missives.

La Reine Orageuse s’en voulait un peu pour les dégâts occasionnés par sa colère, en effet, l’imposant bureau d’acajou recouvert de cuir vert aux poignées de tiroir dorées était dans un piteux état. Elle allait probablement devoir affûter sa lame après sa furieuse bataille solitaire contre l’inutilité de toutes ces missives. Mais sa culpabilité fut de courte durée. Un bureau, aussi beau soit-il ne faisait pas le poids face à des villages ravagés par le passage des renforts du Hoare qui restaient introuvables depuis son arrivée à Fengué.


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Argella Durrandon

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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMar 27 Aoû - 21:25

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




La belle guerrière dont l'équipement ne masquait en rien les courbes inspirantes sur lesquelles je m'attardai longuement et avec une insolence naturelle, s'appliquait à examiner mes armes en détail. Elle avait passé en revue mes deux couteaux de lancer, ceux que j'avais acquis à Pierremoutier, mais s'en était détournée rapidement. Bien que de belle facture et parfaitement équilibrés pour leur usage, tout en possédant une lame effilée et aiguisée pour trancher des gorges et poignarder des cœurs, ils ne présentaient aucune marque particulière. Elle s'était saisie de l'arc long que j'avais également fait fabriquer par un artisan de la cité conflanaise, y ajoutant par la suite mes propres améliorations, tant techniques qu'artistiques. J'avais travaillé la poignée pour la faire à ma main, et sculpté le dos de l'arc en traçant avec une gouge fine des volutes typiquement lorathis dans l'aubier. Une inscription l'ornait également à la verticale "raskere enn vinden, sikter mot hjertet"* Un axiome transmis chez les Mortensen de génération en génération. La corde était en soie, comme tous les arcs utilisés par ma maison et j'avais eu du mal à me la procurer à Pierremoutier, pour remplacer celle d'origine en chanvre.

Les flèches en peuplier étaient empennées de plumes d'oie blanche et les encoches étaient en corne portant des runes dont mon père m'avait décliné le sens et l'origine sans lien avec Lorath. Je les avais moi-même marquées une par une. Les pointes étaient en métal et prévues pour perforer le plus dur cuir, voire même certaines parties d'une armure. J'avais fait d'un arc de bonne facture mais produit à plusieurs exemplaires, une arme unique. Je destinais particulièrement quelques flèches à Cleitos Caradreon et leur préparation m'avais pris des soirées durant mon périple. Le carquois qui les portait avait également été travaillé par mes soins lorsque le danger m'imposait d’interrompre mon périple et de rester au couvert d'une grotte durant la journée. Je l'avais martelé pour y dessiner l'Ouroboros qui ornait le blason des Mortensen. Aussi étais-je légèrement crispé de voir cette femme les examiner avec une lueur d'envie dans le regard.

Un regard magnifique d'ailleurs. Je n'avais pu m'empêcher de le remarquer. Elle sembla vouloir me dire quelque chose, ses prunelles d'azur me détaillant sans vergogne et je reconnus cette lueur que j'avais vu plusieurs fois dans les yeux d'autres femmes. Celle de la concupiscence. Ce constat me tira un petit sourire narquois et je soutins son regard sans ciller, me perdant dans ce bleu d'une beauté singulière teinté ... d'orage. Elle reporta son attention sur mon épée, l'examinant en détail, allant jusqu'à passer son doigt sur la lame effilée. Je levai les yeux au plafond. Ce geste aurait pu lui valoir une belle coupure, mais de toute évidence elle savait manipuler les lames. Je me fis la réflexion que je l'avais peut-être sous-estimée. Elle avait soulevé Knus av ild avec aisance malgré l'envergure de celle-ci. Je la vis s'attarder sur la lame ouvragée dont le plat avait été travaillé par un orfèvre avec art. Un art mystérieux, oublié et dont mon père m'avait conté les origines. Elle avait été offerte à notre lointain ancêtre par un guerrier aux cheveux d'argent qu'il avait sauvé d'un naufrage. L'origine de ce donateur était inconnue de mes ancêtres, mais depuis des générations, l'épée s'était transmise à l'aîné des Mortensen. C'était il y a fort longtemps, sur l'île de Skaggos... Skaggos ... Mon regard se troubla et je sentis mes muscles se crisper dans tout mon corps. Un de mes ascendants avait inclus cette ambre magnifique au pommeau. C'était le seul ajout que ma lignée avait fait à cette arme insolite.

J'étais très attachée à Knus av ild, comme tout guerrier l'est à ses armes et particulièrement à sa lame, mais plus encore, c'était le seul héritage qu'il me restait de ma lignée, avec le pendentif qui ornait mon cou... L’Ouroboros aux yeux de rubis, le dragon des mers qui se mord la queue, symbole d'un cycle infini. Le même qui avait été reproduis sur mon bouclier de facture conflannaise par l'artisan qui l'avait façonné à la demande de Mestre Jonos, ce brave Mestre. Celui des Mortensen avait des yeux rouges, signe de nos origines sauvages. Une part de mon héritage que j'avais encore du mal à assimiler, préférant celui, maternel, de Lorath. J'avais lu le livre que Mestre Jonos m'avait offert à Pierremoutier du début à la fin, plusieurs fois. L'ambre, disait la légende, permettait de voir le destin de celui qui portait la lame. Mais je n'étais pas formé comme mon cousin Erik à lire les présages. Il m'arrivait parfois d'observer un paysage ou le ciel à travers le corps translucide de l'ambre, mais l'avenir demeurait obscur à mes yeux. Je ne m'accrochais qu'à deux buts, à présent que j'avais tout perdu. Rendre à mon peuple son royaume et tuer le Tigre.

Perdu dans mes souvenirs et pensées, je sursautai à la question soudaine et tendue de ma geôlière.

- Cet homme les a déjà combattus, mais pas dans un affrontement terrestre. Il y a quelques années. Ils sont redoutables mais ne répondent qu'à une deux appels. Celui de leur libre choix et l'appât du gain. Les deux sont comme le balancier d'un pendule. Nul ne peut les engager s'ils ne l'ont décidé. Et c'est le prix qu'on y met qui les décide, jamais la cause. On ne les trouve pas. Ils nous trouvent et selon le prix qu'on y met, ils acceptent ou pas. La rumeur d'un gain substantiel les attire, comme une charogne attire les mouches, c'est ainsi qu'il faut procéder.

La guerrière congédia ses deux gardes qui disparurent promptement derrière la porte et vint se placer devant moi, plus près de moi. Prenant appui contre la table massive qu'elle avait malmenée, elle parla d'une voix pleine d'autorité. C'était impressionnant et dévoila la personnalité habituée à voir ployer le monde sous son ordre. Bien des hommes se tenant debout auraient courbé l'échine face à sa déclaration pleine d'emphase et de conviction. J'étais assis, et j'avais ployé déjà face à l'envie de mourir, face à l'anéantissement de mon royaume, mais il me restait ma fierté et mon nom. Même assis je ne ploierai pas devant une inconnue. Je me redressai sur le fauteuil sur lequel ses hommes m'avaient ligoté.

- Fort bien, qu'est-ce à dire ? Vous êtes l'Orage. Cet homme qui se tient devant vous est le fils du feu et des tempêtes, ainsi l'ont nommé ses sujets. Qu'allons-nous faire à présent ? Dévaster cette pièce en pétant des éclairs et des tornades ou discuter comme des personnes qui peuvent peut-être s'allier dans un but commun ?

Ma mémoire était encore confuse sur certains points, et si j'avais à présent la certitude de faire face à des sujets du royaume de l'Orage, je n'avais de souvenance qu'au sujet d'Argillac Durrandon, qui en était le roi. Roi connu, redouté et respecté d'un royaume de Westeros. Le seul, peut-être, à s'être risqué à combattre en Essos. Sa renommée était parvenue jusqu'aux rivages de Lorath, le royaume le plus septentrional et isolé d'Essos, l'un des derniers à avoir résisté au Diadoque. Enfin j'apprenais qui elle était ! Faisant fi des menaces explicites de la Reine, j'inclinai légèrement la tête, rivant sur l'azur de son regard mes prunelles teintées d'ironie et de défiance et sans me départir de ce sourire un rien narquois, car il était dans mon caractère de défier la mort avec un sourire.

- Hé bien, c'est un honneur, votre Majesté, de faire la connaissance d'Argillac le Grand par l'entremise de sa fille. Pour un Lorathi, l'individu n'est que de peu d'importance. Ce qui compte, c'est la façon dont il agit pour servir son peuple. Votre père le servit bien. Mon père donna sa vie pour Lorath, et je suis prêt à en faire autant face à Cleitos Caradreon. L'homme qui vous parle et que vous tenez ligoté est Lyderik Mortensen, Roi de Lorath. Il peut être votre allié, ou votre ennemi. Un allié ligoté n'est pas très utile. Un ennemi ligoté est déjà mort. Le choix vous appartient. Cet homme n'est pas votre ennemi, Argella Durrandon, reine de l'Orage, à moins que vous ne le décidiez. Cet homme n'est pas votre allié, à moins que vous ne le persuadiez que Lorath pourrait y gagner.

* plus vite que le vent, vise le cœur



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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMer 28 Aoû - 23:26












When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

L’arc d’aubier ouvragé de volutes et d’une phrase dont elle ignorait la langue, mais qui ne semblait pas être du Haut Valyrien, la corde de soie. Les flèches parfaitement équilibrées à l'empennage blanc avec des inscriptions runiques. La brune aux yeux céruléens n’en connaissait pas non plus le sens, mais elle savait que le peuple libre utilisait encore ce langage. Le carquois portait un blason qu’elle ne reconnaissait pas, il ne s’agissait donc ni d’une Maison de Westeros, ni des armoiries de Braavos, Lys, Myr, Pentos ou Volantis dont elle connaissait les symboles. Enfin, elle s’attarda sur l’espadon avec le pommeau d’ambre, ce n’était pas la première fois qu’elle vérifiait le fil d’une lame tranchante, elle avait l’habitude et savait comment s'y prendre pour ne pas perdre un doigt. Ce n’étaient pas des armes de second fils, de mercenaire, c’étaient des armes de Roi. Elle se souvint alors qu’un naufragé avait été amené à Fengué par Lyle Salfalaise et qu’il avait parlé de Lorath, de bateaux, d’une tempête avant de quitter les lieux pour retrouver les siens, perdus lors du naufrage. Était-ce là le Roi de Lorath dont il avait parlé ?

Argella détaillait les armes avec envie, mais à moins qu’il ne soit un puîné, elle ne les lui prendrait pas. Elle avait les siennes, d’excellente facture elles aussi et mieux adaptées à sa force et à sa technique, avec ses couleurs. Elle n’avait pas besoin de voler celles d’un autre, jamais. Quand elle ne dormait pas avec un homme, elle dormait avec elles, et parfois les deux, c’était sacré. Sa lance dotée d’une hampe de bois doré était dotée d’un fer et un pommeau d’acier noirci avec un talon en forme de bois de cerfs. Son épée, elle aussi d’acier noirci était gravée de la devise de sa maison et la poignée était dorée avec le blason Durrandon frappé sur le pommeau. Le fourreau de cuir ouvragé attaché à sa ceinture présentait les mêmes symboles et couleurs. Ses couteaux de lancer étaient d’un bel acier, tous portant le sceau noir et or de sa maison sur la poignée. Quand à son arc, lui aussi en if noirci était gravé d’un entrelacs d’andouillers et d’éclairs dorés, la corde était en lin à torsion inversée, mais elle se dit que la soie devait être sacrément résistante et moins craindre l’eau.

Quand à l’armure de l’Impétueuse, elle était d’or et de noir, elle aussi à l’effigie de la Maison Souveraine de l’Orage. De larges spallières de cuir taillées en pointe et courbée vers le haut à l’allure agressive étaient lacets de cuir doré et décorée de rivets frappé du sceau au cerf couronné, elles étaient attachées par des sangles de cuir se croisant au dessus de sa poitrine sur sa maille d’acier noirci. Une bandoulière partant de son épaule gauche jusqu’à sa hanche droite portait les trois couteaux de lancer. Son gorgerin de cuir noir était doté d’une sorte d’un large collier de métal recouvert d’or et taillé en pointe. Sa ceinture tenait, en sus de son fourreau d’épée, une jupe fendue devant derrière et sur les côtés qui tombait jusqu’à ses chevilles sur un pantalon de cuir noir lui aussi et des cuissardes du même cuir. Elle n’avait pas mis ses plates d’acier noirci sur les bras et sur les jambes qui étaient sur le mannequin. Elle ne portait aucun bijoux et ses cheveux étaient simplement tressés. En réalité, elle était prête à partir au combat et le ferait avec plaisir si seulement elle savait où trouver ses ennemis.

__ Je ne souhaite pas les recruter, mais leur faire payer ce qu’ils ont fait à mes gens.

Répondit la Reine de l’Orage en dardant son regard sur son interlocuteur. Mais elle se demanda si là n’était pas la meilleure solution finalement, retourner les puînés contre leur employeur afin de les recruter à son tour. Sauf qu’elle n’avait hélas pas les moyens, hélas. L’Empire oui, mais Torrhen n’accepterait jamais. Elle quitta un instant Lyderik du regard pour réfléchir aux options, mais de toute façon, il aurait encore fallu les trouver, et ce n’était toujours le cas, sans compter qu’elle s’attardait dangereusement ici alors qu’elle avait une guerre à préparer. Mais pouvait-elle les laisser ravager la baie de la Nera en toute impunité ? Certainement pas. Seulement elle n’aurait peut-être pas le choix vu qu’ils semblaient avoir disparus. Pour peu qu’ils aient investi le Bois du Roi, et cet endroit deviendrait un foutu guêpier, surtout si un jour elle rejoignait Accalmie comme prévu avec sa maigre troupe. Elle ne pouvait décemment pas dépouiller Fengué de ses troupes pour se protéger d’une hypothétique embuscade, à moins que cela ne soit un plan où elle servirait d'appât. Elle proposerait cette stratégie à Bââl et Garlan quand ils arriveraient avec les renforts.

La jeune femme revint à l’instant présent quand son prisonnier se mit à parler de nouveau. Elle trouvait sa manière de parler vraiment étrange avec ses “cet homme”, mais elle ferait avec. Elle écoutait. Des indices sur son identité, il parlait de sujets. Un Roi, cela tendait à le confirmer. Elle sourit à l’idée de péter des tempêtes et des tornades, se pourrait être amusant effectivement, de voir comment il se débrouillerait avec cette épée. Mais, raisonnable, elle hocha la tête avec une moue désappointée et se ravisa. Elle fut surprise de l’entendre parler d’alliance alors qu’il était ficelé à un fauteuil en bien mauvaise posture. Il ne manquait pas d’aplomb, elle avait déjà pu le constater lorsqu’il avait essayé de se dégager du garde et quand il avait bombé le torse en l’écoutant se présenter. Elle eut un sourire en coin. Ils n’en étaient pas là, mais s’il était Roi de Lorath, une alliance était envisageable oui. Son sourire s’élargit encore quand, alors qu’elle le menaçait, il la fixa du regard avec ce même sourire qu’elle arborait face à lui et face au danger. Et elle ne cessa de sourire, entre méfiance et défi tandis qu’il déclinait sa propre identité et ajoutait des compliments envers Argilac qui ne manquèrent pas de la toucher ainsi qu’une vérité sur les devoir d’un Souverain qu’elle ne pouvait que rejoindre.

__ Cleitos Caradreon ? N’est-ce point le Tigre de Volantis dont vous parlez ? Hé bien nous sommes nombreux à le vouloir mort.

Ceci confortait Argella dans son idée qu’il disait la vérité sur son identité, même si le souvenir de ce qu’on lui avait rapporté sur le naufragé, les armes avait déjà fortement entamé l’idée qu’il était un Puîné. Un espion du Tigre aurait probablement dit la même chose, mais avec peut-être moins de conviction et un accent bien différent, plus proche du Haut Valyrien que l’était celui du Mortensen. Comme il l’avait si justement dit, un ennemi serait mort, mais seulement après qu’elle l’ait torturé pour savoir où se trouvaient ses petits copains, en revanche, l’ennemi d’un de ses ennemis était plus utile en vie, comme allié. Mais elle ne s’occupait pas de la politique extérieure de l’Empire, et il s’agissait bien de politique extérieure. Torrhen connaissait ses idées sur la stratégie à tenir vis à vis du Tigre, en prenant contacte avec les plus fervent défenseurs de la liberté sur Essos, tels les habitants de Braavos, mais hélas, ils avaient tous tant à faire, elle y compris que tout ceci passait au second plan. Se serait probablement le cas tant que le Tigre se terrait on ne sais où dans la Mer de Dorne ou ailleurs, et ensuite il serait peut-être trop tard pour agir. Mais qu’y pouvait-elle alors que ce n’était pas dans ses attributions selon la constitution impériale, et alors qu’elle avait un Royaume en perdition à gérer et à reconquérir contre le Bief et ce foutu Manfred, et des Puînés en liberté sur ses terres.

Sans rien ajouter, la Durrandon s’approcha en dégainant lentement un de ses couteaux de lancer de la bandoulière prévue à cet effet sans quitter Lyderik du regard. Elle passa à côté de lui en laissant sa main se balader sur son épaule, puis son bras, jusqu’à ses poignets. Alors, elle fit tourner sa lame sur sa paume avant de s’en saisir promptement pour couper un des liens retenant le Roi en exil au fauteuil, puis un autre et encore une autre, avec rapidité et précision. S’il bougeait, elle le blesserait, s’il était malin, il ne bougerait pas, ce petit jeu l’amusait follement. Elle sectionna la dernière corde qui le retenait au fauteuil et, passant derrière lui coupa celle qui liait ses mains d’un coup sec en lui glissant à l’oreille.

__ Votre Majesté Lyderik Mortensen, Roi de Lorath, vous êtes désormais mon hôte. Bienvenue à Fengué.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 29 Aoû - 3:32

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Tandis qu'Argella Durrandon m'examinait avec autant d'attention qu'elle avait accordé à mes armes, je ne me privai pas d'en faire autant. Le peuple de Lorath était assez libre dans ses mœurs et ses coutumes pour ne pas s'embarrasser de fausse pudeur et de regards fuyants. Et mon sang pour une part skaggi n'avait rien pour assagir cette attitude qui pouvait passer pour de l'insolence. Ainsi Heda s'était-elle offusquée plus d'une fois que mon regard s'attarde trop longtemps sur ses courbes. Cela n'avait en rien tempéré mon comportement naturellement provocateur et taquin. Cependant je me trouvais à présent devant une Reine et j'étais Roi. D'autres enjeux se jouaient là qu'un simple jeu de séduction. Je savais faire la part des choses et la douleur toujours vivace qui étreignait mon cœur, la perte d'Iselda et d'Andala avaient largement entamé ma soif de plaisir charnel. La solitude de mon périple m'y avait aussi contraint. J'en étais venu à oublier ce qu'était désirer une femme et en être désiré. Mestre Jonos avait guéri le corps mais l'âme restait aussi meurtrie et blessée depuis que j'avais tenu mon épouse et notre fille moribondes entre mes bras.

Pourtant la Reine réveillait en moi l'instinct du jeu et du défi, et, jamais très loin chez moi, celui du charme. Je n'avais croisé de femme en armes qu'à Pierremoutier, les fer-nés acceptant leurs femmes dans les batailles. Mais je n'avais jamais vu une reine guerrière. Helena Hoare, même si elle prenait part aux entraînements, n'avait jamais fait ses preuves sur un champ de bataille. Mon Royaume, Lorath, n'avait jamais eu de Reine guerrière autrement qu'à travers les arts et l'éducation promue pour le peuple, les traités diplomatiques et commerciaux. Jamais ma grand mère ou ma mère n'avaient pris part à un combat par le fer. J'étais fasciné d'imaginer que cette Reine put diriger des charges et mener des troupes à l'assaut d'un ennemi. Pourtant, sa mise était évocatrice à l'évidence d'un état de guerre déclaré ou imminent.

Son attitude parut changer progressivement et, alors que je l'écoutais attentivement, bien conscient que ma vie et aussi l'accomplissement de mon but étaient subordonnés à sa décision, elle choisit finalement de me libérer, décidant de me croire. Peut-être en savait-elle suffisamment sur Lorath pour corroborer mes affirmations. Je ne bronchai pas quand elle trancha mes liens avec son couteau bien que le froid de sa lame effleurât ma peau mais je ne pus réprimer un frisson lorsqu'elle promena sa main sur mon épaule. Je tournai la tête pour la suivre du regard, en coin.

Rien n'échappait à l’œil du guerrier, du chasseur que j'étais. J'avais peut-être une mémoire défaillante mais les réflexes du prédateur étaient ancrés en moi et ne m'avaient jamais pris en défaut. Le souvenir du goût du sang, de la fureur des batailles, de l'élan des abordages me submergea sans que je puisse l'endiguer.

- Si vous voulez leur faire payer en les poursuivant, alors vous paierez aussi le prix fort. Ils sont, par nature insaisissables, comme un essaim de frelons qui se disperse une fois qu'il a pillé une ruche d'abeilles. Leur ruse n'a d'égal que leur avidité de sang et de richesses. N'oubliez pas que ces seconds fils ont été offerts à l'indigence par leurs familles qui n'en voulait pas. L'instinct de survie est le plus puissant des leviers avec la vengeance.

Mon regard esquiva celui de la Reine et je murmurai

- Parfois quand le premier fait défaut, la seconde nous intime de nous relever. Si vous voulez vous venger d'eux sans trop de dommages, arrangez -vous pour les jeter contre un ennemi en surnombre. Un grand surnombre car, nous autres en Essos, ne nous battons pas comme vous, pour des idées ou la politique. Nous nous battons pour protéger ce que nous chérissons et écraser nos ennemis. Tous les peuples d'Essos ont connu par le passé le feu des Dragons, mon royaume plus que tout autre. C'est ancré en nous. L'instinct de survie plus fort que tout débat de conscience. Chez les Puînés cet instinct est encore plus affirmé. Ils n'aiment que leur propre personne et l'or qu'ils amassent dans leurs pillages. Chacun se bat pour soi dans leurs rangs, et aucune idéologie ne pourra las rallier ou les asservir tous.

Alors qu'elle m'avait libéré de mes entraves, je me frottais les poignets et me levai lentement pour dégourdir mes jambes ankylosées. Je ne montrai aucune animosité en me déplaçant dans la pièce, l'arpentant d'un pas félin. Des armoiries à l'effigie du cerf, des blasons de leurs bannerets, des râteliers présentant des armes. mais aucun coffre ayant pu contenir les symboles de la royauté. Je détaillai l'agencement de la pièce qui me révélait bien des indices. Nous étions dans une sorte de garnison où la Reine avait ses habitudes, mais ce n'était pas sa maison.

- Durrandon, le Cerf ... Un animal que nous n'avons pas chez nous. Pas de forêts sur Lorath ... Ces protubérances sur son crâne sont comme une couronne. Ce doit être ... magnifique d'en croiser un ... Cela vous est-il déjà arrivé ?

Mes anciennes leçons avec les mestres que nous rendions chèvres Ulrik et moi-même, Erik étant le plus studieux de nous trois, me revinrent en mémoire.

- Votre Maison, votre capitale n'est pas ici. Accalmie, je crois me souvenir ... C'est plus au .. sud ? Que faites-vous là, si loin de vos terres, jeune biche...

Je levai les mains en signe d'innocence et avec un sourire tout aussi innocent, en apparence.

- C'est ainsi que vos soldats vous nomment ...

Ma main s'attarda sur le mannequin qui supportait à présent mon arc et mon carquois, et en même temps la lance de la biche. Je caressai la pointe de métal noircie.

- C'est étrange, cela me rappelle la légende sur le verredragon ... Vous affectionnez l'ombre  parce que l'orage s'en détache mieux ? Ou est-ce la pénombre de vos forêts ?. Pourquoi avoir noirci l’acier de toutes vos armes, jusqu'à cette ... robe de maille ... qui vous vêt ... N'est-ce point trop incommodant  de porter tel habit ?  Nous ne connaissons que la cuirasse sur Lorath, et l'azur rivalise avec le soleil et l'argent irisé de l'écume. Nos lames ont toutes l'éclat de l'argent, excepté la mienne qui a ces reflets bleutés...

Je me détournai du râtelier et du mannequin.

- Vos armes, votre armure, sont magnifiques, ... tout comme celle qui les porte. Sombres mais magnifiques ..., ajoutai-je en lui adressant un sourire très allusif, sans pour autant perdre de vue le sujet qui nous occupait.

Je m'avançai vers la reine de l'Orage, lentement, plongeant mon regard dans le sien.

- Vous vous apprêtez pour une guerre, Argella. Si vous êtes de ceux qui veulent voir le Tigre mort, alors cette guerre pourrait devenir la mienne. Lorath a déjà porté appui à des alliés par le passé. Je me battis, il y a bien des années pour Norvos. Je pourrais me battre pour Accalmie de la même façon. Si vous m'aidez à retrouver les miens et à anéantir le Tigre de Volantis. Je suis probablement le dernier à incarner la résistance d'Essos face à ce tyran. Puisse Westeros ne jamais connaître un tel joug !

Ma main se posa sur son épaule et trouva étrange le contact froid du metal.

- Si je suis votre invité, à présent, Reine Argella, traitez-moi comme tel et rendez-moi mes armes, laissez-moi m'assurer que mon cheval va bien et dormir à ses côtés. A moins que vous ne préfériez que nous discutions de la façon dont je pourrais m'allier à votre combat. Me parler du Tigre, autour d'un repas et d'une bonne pinte de votre cru.

Je sentais en elle l'envie d'en découdre et de mettre le monde à feu et à sang, une lueur perçue dans son regard qui faisait écho à quelque chose qui affleurait en moi, et pas seulement dans mes pantes. Tous deux, nous avions la même soif de vengeance, pour des raisons différentes mais convergentes. Elle aussi voulait se venger des bourreaux de son peuple. Comment était mort le Roi Argillac ? Dans quelle situation se trouvait exactement l'Orage ? Autant de questions qu'il me brûlait de poser. Mais il était trop tôt. Argella Durrandon n'était pas une forteresse qu'on investissait facilement. Mais j'avais jadis franchi les portes de Novros alors qu'on m'avait pris pour un mercenaire. Je pouvais aussi bien tenter de me faire de l'Orage un allié, d'Argella une sœur d'armes ...Certaines questions attendraient encore, comme certaines réponses. L'agonie de Lorath était sans doute anecdotique à l'échelle de Westeros et personne ici ne pouvait soupçonner ce que mon peuple avait enduré, ce que le Diadoque réservait à ceux qu'il prenait d'assaut et conquérait. S'ils savaient, ils cesseraient de s'entre déchirer, ne commettraient pas la même erreur que les Cités Libres. Était-il encore temps ?



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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptySam 31 Aoû - 11:30








When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

Argella écouta Lyderik parler des Puînés, toute information était bonne apprendre, mais à part dire qu’ils étaient insaisissable ce qu’elle avait cru comprendre vu le temps perdu à les chercher en vain, cela n’allait pas arranger ses affaires de savoir tout cela. L’armée qui les poursuivait était vaste, mais elle ne pouvait rien avant de savoir où les débusquer. Or, une autre guerre était à venir, et l’armée qu’ils allaient devoir combattre était plus vaste encore, terrifiante, bien plus qu'une troupe de mercenaires. Non, elle n’avait pas peur, pas plus de Manfred Hightwer que des guerriers d’Essos. Appelez ça courage ou folie, mais elle ne tremblait pas à l’idée de croiser leur route, bien au contraire, si elle tremblait c’était de la fébrilité de combattre, de sentir l’adrenaline inonder son corps, le sang de ses ennemis mouiller ses lèvres. Elle avait terriblement hâte d’entrer en campagne et elle ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre ici que cet imprévu soit réglé. Elle enrageait d’imaginer que le Bief, pendant ce temps, avait tout loisir de se préparer à l’offensive, ayant déjà conquis la moitié de ses terres à l’ouest de Pierheaume.

Et le Tigre qui se terrait, lui aussi introuvable malgré les recherches de Lyle Salfalaise. Il sortirait certainement quand l’Orage et le Bief seraient en pleine guerre, trop occupés à s’entretuer et tirerait partie de cette situation. Mais que faire d’autre que se préparer au mieux à cette éventualité en éliminant les ennemis qui pouvaient l’être avant que les combats ne reprennent ? Oui, les Puînés, le Tigre, et non, impossible sans savoir où ses étrangers se trouvaient. Grâce à l’Empire, l’Orage était bien protégé, mais aucune muraille n’était infranchissable, la Dame d’Accalmie le savait. Il fallait qu’elle rentre chez elle, au moins pour être à Accalmie, s'entraîner, voir ses hommes, encourager ses soldats. Des mois qu’elle était partie, tout juste couronnée, mariée, endeuillée et séparée. Evidemment qu’elle avait fort à faire à la Capitale Impériale et qu’elle n’était pas partie simplement pour retrouver ses amis, son amie. Ils construisaient l’avenir de Westeros et elle voulait y participer, mais maintenant il était grand temps qu’elle rentre chez elle. Eddard Thorne et Mina Swann sauraient défendre les intérêts de l’Orage tout en construisant l’Empire des Royaumes Fédérés, peut-être bien mieux qu’elle. Elle, elle était faite pour la guerre, pas pour la politique ou les réunions à n’en plus finir où on la jugeait trop impétueuse alors que si elle s’était écoutée elle aurait tranché la gorge de Kevan sur la table du Collège Impérial.

Il murmura. “Parfois quand le premier fait défaut, la seconde nous intime de nous relever.” Intéressant. Contrairement à ce que beaucoup pensaient, l’Impétueuse avait un instinct de survie, mais elle aimait trop se battre pour reculer devant le danger. Quant à la vengeance, ça oui, cela lui parlait grandement. Se venger des Hoare, c’était presque fait, mais il restait Yoren, Myria et les rejetons du Boucher du Bois du Roi. Se venger du Bief qui avait saigné son Royaume plus qu’à son tour, conquis des territoirs et désormais essayait de gagner le coeur de l’Orage en la traitant d’hérétique. Elle n’était certe pas la figure parfaite de la Mère et encore moins de la Jouvencelle pas plus que de l'aïeule, mais elle n’en était pas moins pieuse. Elle était le Guerrier, que cela plaise ou non au Grand Septon de Villevieille qui pouvait aller brûler dans les Sept enfers lui aussi tiens. Personne ne reprochait jamais au Guerrier de baiser la pucelle qu’il avait sauver, dans bien des contes, il l'épousait, dans les chansons, il la prenait. Elle n’avait jamais cru aux contes, elle ne savait que trop bien que ce n’étaient que des histoires pour les jouvencelles et non la dure réalité du champ de bataille. Les putes à Soldat, le sang, la peur, la mort. Cela réveillait les plus bas instinct chez l’homme, et chez une femme telle que l’Orageoise, tout autant.

__ C’est nous l’ennemi, et la dernière campagne nous a amputé de bien des soldats de métier fort précieux. Mais vous vous méprenez, nous nous battons pour la même chose, protéger notre Royaume qui est notre famille.

La brune aux yeux céruléens observa Lyderik tandis qu’il marchait de cette même démarche souveraine et prédatrice qu’elle avait elle même. Alors qu’il regardait ailleurs, elle en profita pour le déshabiller du regard et détailler ses atouts.

__ J’en ai croisé plus d’un. J’en ai tué aussi. C’est une prise de choix, une prise royale lors d’une partie de chasse. Et pourtant quand je les vois, dans la brume d’un petit matin d’automne, en train de bramer tant et plus, je les trouve si majestueux et beaux que j’hésite toujours un petit instant avant de décocher ma flèche. Alors j’en ai raté. Beaucoup. Et je dois la vie à ma monture.

La brune aux yeux céruléens ne s’offusqua pas du surnom que l’étranger lui avait donné, elle ne s’offusquait pas de grand chose à vrai dire, et certainement pas de ce surnom que lui donnaient ses hommes. Tant qu’ils ne l’appelaient pas ainsi en sa présence, tout allait bien, après tout elle était jeune et elle était femme, alors cela lui allait bien, même si l’Impétueuse, ou Barge lui allaient bien mieux, mais elle se garderait de faire étalage de ses autres Surnoms. Ses hommes l’appelaient Majesté quand ils le devaient et c’était très bien ainsi. Quand au Roi de Lorath, elle n’estimait pas qu’il venait de lui manquer de respect. De toute façon, ils étaient tous deux du même rang et s’il se permettait quelques familiarités, elle pouvait donc faire de même. Elle lui rendit son sourire avec un regard qui disait “essaye donc de me chasser si le coeur t’en dis.”

__ Je suis peut-être une biche, mais je ne me mords pas la queue…

Envoya la jeune femme avant de reprendre plus sérieusement pour répondre à la question.

__ J’étais à Fort Darion, la Capitale Impériale et je rentrais chez moi lorsque j’ai appris que les Puînés avaient attaqués des villages sur la côte de l’Orage avant de filer vers l’Ouest. Alors je garde Fengué, le temps d’en savoir plus.

La Reine de l’Orage fronça les sourcils un court instant, furieuse de ne rien trouver et de ne pouvoir avancer. Rentrer chez elle, enfin. Son regard se perdit à travers la mince fenêtre sur son côté droit et elle dit, comme pour elle même.

__ Mais cela fait déjà trop longtemps que je suis absente…

Le Roi de Lorath interrogea ensuite la guerrière sur ses armes. C’était un sujet on ne peut plus sérieux auquel elle répondit on ne peut plus sérieusement.

__ Le verredragon vous dite ? J’ignore ce que c’est. L’acier noirci évite la rouille, et chez moi, dans l’Orage, il pleut souvent. De plus, j’en apprécie l’ombre, les éclairs font miroiter mes lames d’une lueur terrifiante. Enfin, l’or et le noir sont mes couleurs, je les porte avec fierté. Quand à la maille, c’est très lourd effectivement, mais on s’y habitue et la mienne est travaillée à mes mesures afin d’être la plus légère possible. C’est l’avantage quand on est Reine. Mais cela protège bien mieux que le cuir et reste moins encombrant que la plate.

Argella fut quelque peu surprise par la dernière remarque de Lyderik. Elle se ressaisit au plus vite et eut un petit sourire en coin. Puis elle le laissa approcher sans bouger, avec le port fier qui la caractérisait et le regard rivé sur lui. Soulevant un sourcil de défi, une sourire en coin accompagnant sa remarque, elle répondit :

__ Les vôtres aussi… Sire.

La Reine de l’Orage ne releva pas l’absence de “Majesté”, peu importait, même si à la réflexion, elle aurait préféré étant donné le sujet. En revanche, elle se dégagea promptement de son contact. Il n’y avait que trois personnes au monde qui pouvaient mettre ainsi leur main sur son épaule avec une telle familiarité, et ses trois personnes étaient, peur deux d’entre elles à Fort-Darion et pour la dernière à Accalmie.

__ Je ne m’apprête pas à combattre le Tigre. Mais je devrais probablement lui faire face aussi. Tôt ou tard. Je serais ravie de l’affronter avec ceux qui ont été dépossédés de leurs droits et de leur liberté par sa sa tyrannie. Le Roi mon père s’est battu aux côtés de Braavos contre Pentos, je sais que les Braavosiens sont attachés à la liberté plus que quiconque. Mais je n’ai pas le droit de vous promettre quoi que ce soit. Pour obtenir une alliance, il vous faudra vous rendre à Fort-Darion et rencontrer l’Empereur. Et… j’ai honte, mais je ne pourrais même pas vous fournir d’escorte. En revanche, j’ai eut vent du passage de naufragés de Lorath, ici même, à Fengué. Demain, vous pourrez demander au Mestre plus d’informations sur vos gens, je sais seulement qu’il les a recueillis et soignés avant de les laisser partir. Eux aussi cherchaient les leurs, peut-être sait-il par où ils sont partis. J’espère que vous les retrouverez, et que vous obtiendrez votre vengeance.

Argella se garda bien de rendre ses armes à Lyderik. Mais elle n'avait pas encore mangé, aussi, l'idée d'un diner lui mit l'eau à la bouche, même si la perspective de le laisser dormir aux écuries comme un palefrenier pouvait être amusante.

__ Vous n’y pensez pas ! Je ne laisse pas mes hôtes dormir avec leur cheval.

La Durrandon appela ses gardes et leur demanda de trouver un serviteur pour se renseigner sur le cheval du Roi de Lorath, information qu’elle donna sans ciller mais qui les fit blêmir, même s’ils ignoraient très probablement ce qu’était Lorath, ce qui la fit finalement sourire, et une autre serviteur pour leur porter à boire et à manger. Puis, elle ouvrit la double porte qui donnait sur une autre pièce richement décorée avec autant de symboles de l’Orage que de Peydragon et de l’Empire, mais surtout de la Maison Fengué, de pal ondé vert sur champ doré fretté de vert. C’était un petit salon avec, d’un côté deux fauteuils douillets et une méridienne placés face à la cheminée dans laquelle brûlait un bon feu, et de l’autre, une table sans parchemins, ni carte, ni trace, de lame avec deux chaises. Elle se retourna vers Lyderik et l’invita à prendre place près de l’âtre d’un geste de la main.

__ Alliance ou non, vous êtes mon invité, Sire. Si vous voulez bien profiter le confort de mon petit salon avant l’arrivée du repas afin me donner le temps de me changer.

La Reine Guerrière poussa une autre double porte et se retourna afin de les refermer derrière elle, jetant un dernier regard au Mortensen. Plusieurs serviteurs entrèrent quelques minutes plus tard dans la pièce et déposaient deux assiettes sous cloche dont s’échappait un fumet de miel et de vin ainsi que plusieurs cruches de diverses boissons qu’ils laissèrent sur une desserte. Ils disposèrent sur la table une miriade de petits ramequins remplis d’olives, de noix, de friture de petits poissons, de dragées, de fruits confits, de raisins secs, d’amandes, de morceaux de lard fumé, de morceaux de pommes à la cannelle, de fromage, d’écrevisses, de petits pâtés, de beignets aux champignons, de bouchées de pois chiche à l’ail, de porée blanche, de Pain d' épices, de tartelette à l’oignon, de purée de lentille au safran, de calissons, d’orangeats. Il y en avait tant que la table fut à peine assez grande pour accueillir tous les mets. Il y avait aussi deux bolées de potage de courge aux amandes effilées. Les serviteurs remplirent les coupes d’hypocras et en apportèrent une à Lyderik puis disparurent à l’exception d’un échanson qui se posta près de la table sans plus bouger jusqu’à ce qu’on lui demande quelque chose.

Lorsque la brune aux yeux azur ressortit, plusieurs minutes plus tard, elle portait une robe ajustée sur le buste et sans manche, en soie dorée brodée de motifs floraux en fil d’or et un serre-taille en cuir noir gravé d’entrelacs dorés avec des crochets dorés et une chaine elle aussi dorée. Toujours pas l’ombre d’un bijoux et elle avait gardé sa tresse de guerrière, tant pour aller plus vite que parce qu’elle n’avait pas de camériste sous la main pour la coiffer.

__ Passons nous à table ?


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 1 Sep - 4:12

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Parler quand il le faut et se taire pour choisir ses mots. Des préceptes que mon père, mes précepteurs et mon cousin Erik n'avaient cesser de tenter de m'inculquer avec plus ou moins de réussite, refaisaient surface et prenaient une valeur différente dans ma mémoire en reconstruction. Je me tus donc en écoutant la Reine de l'Orage. Elle ne m'avait pas rendu mes armes, mais cela viendrait tôt ou tard, quand la confiance serait de mise. Si cela n’advenait pas, alors je serais mort et j'aurais perdu mon honneur. C'était le risque à prendre. Ses propos m'en apprenaient beaucoup sur la situation dans laquelle elle se trouvait et sur la femme qu'elle était, beaucoup aussi sur un plan plus général de la situation en Westeros, encore qu'il me fallait faire un effort pour décrypter les indices et les croiser avec mes connaissances historiques du continent. J'étais un étranger, et mes leçons avec les Mestres remontaient à plus de vingt ans. Je n'étais pas un homme à me plonger dans les livres comme mon cousin Erik. Mes schémas étaient un peu datés. Je devais faire un travail d'adaptation.

J'étais un exilé, un Roi qui ignorait ce qu'il était advenu de son royaume, de sa terre. J'aurais voulu lui crier" hâtez vous sur vos terres dès que vous le pourrez" mais ce cri aurait trahi ma propre souffrance que je m'efforçais de masquer depuis des mois. J'avais été un enfant rieur et facétieux, un adolescent plein de rêves et d'espoirs, un peu irrévérencieux, mais la réalité obscène de la guerre m'avait bien vite happé dans mes premières années d'homme. Des charniers, j'en avais foulés, emplis des miens ou de mes ennemis, des navires, j'en avais vu sombrer portant mon pavillon ou celui d'une flotte d'envahisseurs. Je connaissais bien des façons de faire mourir un homme et j'en avais vu tellement mourir de façons que je n'aurais pu imaginer. J'avais connu trente cinq printemps et autant d'étés embrasés. La guerre avait toujours été à nos portes autant que je me souvienne. Un jour je serais vieux, et il n'était pas si loin, ce jour, et je ne pourrais plus prétendre à tenir tête à ce monstre, à l'éradiquer.

Mais ce soir, il me fallait temporiser, prendre patience, encore. Ecouter cette femme magnifique qui pourrait être une alliée. J'avais compris qu'elle ne souffrait pas trop de familiarité et qu'il me fallait éviter de prendre l'initiative d'un contact physique. Les mœurs des westerosis différaient sans doute des nôtres. Tenter de nouer un lien ne devait pas s'accompagner d'un geste ou d'une accolade, mais simplement passer par le regard. J'apprenais...J'apprenais qu'un regard de convoitise ne permettait pas forcément un contact. Il y avait d'autres règles. Étaient-ce celles de ce continent, ou celles d' Argella Durrandon ? Je le découvrirai plus tard, mais pour l'heure, j'étais assez intelligent pour sentir que même si la biche était presque aux abois, elle ne se livrerait pas au premier loup venu. Je m'en rassurai en me disant qu'une alliée qui consent aussi facilement aurait été un piètre soutien. Si elle me résistait, elle résisterait de la même façon face à nos ennemis communs. Je relevai son trait d'humour au sujet de mon blason mais ne l'accompagnai que d'un sourire des plus charmeurs et d'un regard de braise. Le lorathi avait le sang chaud mais le skaggi savait réserver ses piques.

Avec une légère touche de nonchalance, je me laissai guider dans une pièce adjacente qui dévoila un confort auquel je m'étais déshabitué. Un feu brûlait dans l'âtre et des divans et fauteuils invitaient au repos. C'était une situation des plus inattendues, si l'on considérait que quelques heures auparavant je chevauchais, fourbu et cerné par des ombres menaçantes. J'acceptai le geste d’invitation de mon hôtesse et pris place sur la méridienne qui semblait pouvoir offrir plus d'aises que les fauteuils. Je pensais qu'elle allait s'asseoir à mes côtés et me presser de questions sur ce qui m'avait amené su loin de mes terres, mais il n'en fût rien. La Reine me laissa aux bons soins de ses gens et disparut dans une autre pièce. Chaque peuple avait ses usages ou alors avait-elle peut-être quelque obligation due à sa charge qui réclamait sa présence.

Mon regard, en son absence, fût captivé par les flammes. Je me laissai absorber par leur danse tandis que des serviteurs allaient et venaient dans mon dos pour apprêter la table. Je ne sortis de ma contemplation que lorsqu'un jeune échanson vint à ma gauche et me tendit un verre contenant une boisson qui m'était familière et que j'avais cherchée en vain dans les tavernes de Pierremoutier. Je hochai la tête en signe de remerciement et de satisfaction et trempai mes lèvres dans le breuvage avec délectation. L'idée qu'il pût être empoisonné me traversa l'esprit mais je ne m'y attardais point. Si j'avais dû mourir ce soir, j'aurais été égorgé sur mon fauteuil. Au lieu de quoi Argella Durrandon m'avait libéré et jeté plusieurs regards pour le moins équivoques. Si elle voulait ma mort, ce n'était pas pour tout de suite ou alors d'une façon bien plus insidieuse, symbolique, que le poison. La chaleur du feu et du vin miellé et les épices eurent tôt fait de me détendre. Je laissai ma tête reposer sur l'accoudoir et allongeai mes jambes pour les détendre de ma longue chevauchée. Ayant vidé ma coupe je la posai sur la table et fermai les yeux un instant... Quelques secondes. Une torpeur m'avait déjà gagné lorsque je rouvris les yeux au son d'une voix que j'avais entendu hurler du couloir, il n'y avait pas si longtemps. Je me redressai et saisis ma coupe sur la table basse, puis me levai en souriant, prêt à louer la saveur de la boisson qu'on m'avait servi, mais les mots se bloquèrent dans ma gorge. Ce n'était plus une guerrière qui se tenait devant moi, mais une femme d'une beauté dangereuse.

Je me ressaisis en songeant à la raison de ma présence en ces lieux, je tentai d'invoquer l'image de ma défunte épouse, mais rien ne pouvait détacher mon regard de cette vision magnifique.

- Je ... oui bien sûr, volontiers.  Veuillez m'excuser, je crois que la chaleur de l'âtre m'avait quelque peu entraîné dans le monde des songes. Passons à table. Majesté, cet hypocras est le meilleur que j'ai bu depuis ... bien longtemps. Cannelle et gingembre ? Je suppose ?

Mon aveu trahissait bien plus qu'une longue privation d'hypocras. Depuis combien de temps n'avais-je pas connu la proximité d'une femme que je trouvais désirable ? Et qui, surtout, pût me désirer ? Des leurres, il y en avait eu. Heda, Siam ... Aucune n'avait jeté sur moi le regard que cette reine m'avait lancé. Mais cela ne signifiait rien. Cela n'était sans doute qu'un jeu. Un jeu pour lequel elle s'était apprêtée.

- Ce n'est pas très correct... J'aurais dû prendre un bain avant de me présenter à votre table. Désolé, aucun ruisseau ne s'est présenté entre ma capture et votre foyer.

Je m'avançai vers la table, lui proposai mon bras pour la guider à sa place. C'était l'usage de Lorath mais qu'en était-il dans l'Orage ? Je l'ignorais.

- Vous êtes resplendissante, Argella...Dans cette robe autant que dans votre haubert de nuit. La Reine prend place où il lui sied. Quelle chaise dois-je prendre, Majesté?

J'avais tant de questions à lui poser, surtout au sujet de ces naufragés dont elle avait parlé, mais je savais qu'un empressement trop manifeste pouvait se révéler une faiblesse, et surtout, je n'arrivais pas à croire que je pouvais être à cet endroit précis avec une Reine d'une si grande beauté, alors que je venais de traverser des bois denses pendant plus de quatre jours et que je m'étais nourri de baies sauvages et de menu gibier que j'avais chassé, rarement pour ne point me mettre en retard dans mon voyage. Je n'arrivais pas à croire que l'exilé, amnésique se trouvait à présent inviter à partager un repas aussi pantagruélique à une table royale de Westeros.

- Pardonnez ma maladresse, je vous prie. J'ai quelque peu perdu l'usage des bonnes manières ces derniers mois. Votre hospitalité m'honore. Murmurai-je en la dévisageant malgré moi, ma main toujours offerte pour l'accompagner à sa chaise.

A bien y réfléchir, j'avais déjà partagé un repas royal en Westeros, à la cour du Roi Yoren. Une autre réception, un autre fumet, moins de faste sans doute. La rudesse des fer-nés. Je me surpris à songer à ce qu'il pouvait advenir d'eux. La guerre obligeait à faire des choix, toujours douloureux, et pas toujours les bons. J'avais adressé une missive au Roi. L'avait-il reçu ? J'en doutais. Ce continent semblait en proie au chaos. Un chaos que je ne connaissais que trop bien pour l'avoir vu noircir Essos. Soudain, envahi par des visions d'horreur, je m'exclamai d'une voix pleine de rage:

- Argella, je me bats depuis de nombreuses années contre Cleitos Caradreon ... J'ai repoussé maintes fois les assauts de sa flotte et je l'ai combattu à terre également. S'il envahit Westeros, vos ennemis actuels seront le cadet de vos soucis. Il faut qu'ils deviennent vos alliés.



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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 8 Sep - 1:35








When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

La Durrandon avait connu bien des guerres et des batailles menées par son paternel durant son enfance, mais sa propre entrée dans la mêlée était récente. Par trop récente à bien y réfléchir, une jeune Reine pleine de volonté qui s’était cassé les dents sur le Bief, mais qui, au moins savait s’entourer, car elle aurait bien besoin de toutes l'expérience de Torrhen, le vieux loup de guerre, pour mener ses troupes à la victoire, surtout après avoir perdu presque tous ses commandants les plus expérimentés et nombre de soldats aguerris. Evidemment elle avait mené des hommes aux combat et gagné maints duels avant d’être couronnée. Evidemment il y avait la sortie d’Accalmie et Tiniviel, mais à quel prix ces victoires avaient été arrachées, et combien de défaites à déplorer avant elles et encore après. Il faudrait encore des montagnes de cadavre, elle en était consciente, pour voir émerger le jour où elle pourrait vivre en paix et pourtant elle espérait, même si elle était taillée pour la guerre. Heureusement elle n’était plus seule, il y avait l’Empire derrière elle. Quatre Royaumes fédérés, un Empereur presque invaincu, une Impératrice Dragon. Personne n’était imbattable, sauf peut-être Torrhen que les Dieux qu’il ne priait pas semblaient pourtant avoir choisi pour mener la charge. Mais ils étaient prêts à affronter les ennemis de l’unification nécessaire de Westeros, pour qu’enfin, les peuples puissent connaître la prospérité. Qui veut la paix prépare la guerre.

En sortant de sa chambre et en le voyant se lever, hésitant, presque chancelant, Argella, constata que Lyderik semblait épuisé, probablement par son voyage et bien plus encore, un naufrage, la perte de son Royaume et de ses compagnons, tout ça pour échouer sur une terre en proie au chaos elle aussi. Elle demanda donc à l'échanson de lui faire préparer une chambre confortable pour le reste de la nuit. Celui-ci inclina brièvement la tête et sortit des appartements de la Reine pour aller quérir un serviteur, ce qui ne lui prit pas très longtemps, puis il revint, toujours avec une grande discrétion.

__ Cannelle, gingembre, miel, girofle, poivre et cardamome. De quoi réchauffer les corps épuisés et les coeurs meurtris. Sourit la brune avant d’en boire une bonne gorgée et d’en humer tous les parfums les yeux mi-clos.

La jeune femme était consciente qu’elle avait eut l’occasion de se changer pour plus de confort durant le repas, et qu’elle n’en avait pas laissé l’occasion à son hôte. Mais l’heure avancée, la fatigue du voyageur et probablement la faim, plus le temps de faire monter de l’eau chaude dans les appartements qui lui seraient destinés, elle pensait qu’il était plus approprié de le laisser manger avant toute chose.

__ Voulez vous que je fasse préparer un bain chaud ? Il sera prêt après manger. Mais j’ai pensé que vous auriez plus besoin de vous désaltérer et de vous restaurer que de vous laver. Quand à moi, n’ayez crainte, je suis habituée à l’odeur de mes hommes en campagne, croyez bien que vous ne sentez pas si fort que ça.

La Reine de l’Orage leva les yeux au ciel et se détourna du bras du Roi de Lorath, est-ce qu’elle ressemblait à une jouvencelle en mal de Prince charmant ? Oui bon, elle était en robe maintenant, déguisée en femme, en Reine, mais tout de même, il y avait des limites, elle n’avait besoin du bras de personne pour faire deux mètres dans ses propres appartements. Il présentait son bras, faisait le galant, mais l’appelait par son prénom. Il serait de bon ton qu’il apprenne les usages de Westeros avant de s’en prendre une. L'échanson tira la chaise de sa souveraine comme il était d’usage et elle s’installa à sa place habituelle avant de désigner l’autre siège à son hôte. Le jeune serviteur fit le tour afin d’écarter son siège pour l’aider à s’assoir.

Surprise par le ton péremptoire du Mortensen, l’Impétueuse leva la tête sur ses yeux azur grand ouverts. Mais la rage ne s’adressait pas à elle, elle en fut rassurée, elle n’avait plus son épée au côté ni ses lames de lancer sur la poitrine. Il y avait bien le couteau et la fourchette situés près de son assiette pour se défendre au cas où, mais elle se sentait néanmoins presque nue ainsi vêtue. Cependant, un robe était tout de même plus appropriée qu’une armure pour manger et nettement plus confortable qu’une cotte de maille, qui, en plus de la vaisselle, faisait un boucan infernal pour un dîner au calme. Elle avait prit une olive et manqua de s’étouffer avec lorsqu’il suggéra de s’allier à ses ennemis contre le Tigre. Elle se retint d’éclater de rire, comme s’il était possible de s’allier avec ce scélérat de Manfred Hightower ou ces barbares des Îles de Fer. Elle voyait bien qu’il était on ne peut plus sérieux et ne voulut pas le vexer en riant de son idée. Elle attendit pour reprendre tout son sérieux et pris le temps de la réflexion avant de répondre, buvant une gorgée d’hypocras pour faire passer l’olive dans sa gorge.

L’orageuse guerrière inspira profondément, les yeux posés sur la table, mais partis bien plus loin, par delà la Nera, sur le lieu où les archers du Conflans avaient pris les hommes de son père pour des cibles d'entraînement, à la lisière du le Bois du Roi, à l’endroit où son père était tombé. Encore plus loin, Tiniviel où Lord Buckler s’était sacrifié avec son arrière garde pour permettre à l’armée de fuir la puissante armée de Mern Gardener. Les souvenirs de la campagne précédente étaient encore bien présents dans son esprit, comme un rappel à l’ordre pour celle à venir. Il y en avait encore tant d’autres, elle n’avait pas le temps de tous se les remémorer sans quoi son hôte s’endormirait avant qu’elle n’ait répondu. Elle sentit son corps entier frémir à cette idée. Se battre, le champ de bataille, les défaites cuisantes, peut-être encore des echecs, certainement même, mais une victoire ou la mort. En pensant à cela, sa vengeance, pour son peuple, pour son père, pour Karnal, pour Beric, pour tous les autres, elle serra son couteau dans sa main comme s’il s’agissait de la poignée de son épée ou de la hampe de sa lance. Pardonne lui, car il ne sait pas ce qu’il dit… Elle essaya de garder un ton calme, mais il était aussi sec et glacial que le vent du Nord, glaçant même, tant le tonnerre grondait en son coeur sans qu’elle le laisse sortir de sa bouche.

__ Je ne puis ni oublier, ni pardonner ce que mes ennemis ont fait à mon peuple, à mon Royaume. La guerre n’excuse pas tout.

Sa main crispée sur le manche de son couteau trahissait son état d’esprit, ses yeux, à présents braqués sur Lyderik étaient plein des foudres dévastatrice de la Maison Durrandon, héritière des tempêtes.

__ La guerre n’excuse ni la mort de mon père à l’orée du Bois du Roi, ni celle d’un millier de lanciers exécutés comme des chiens par Joren Hoare. La guerre n’excuse pas les exactions de Manfred Hightower dans les villes et villages qu’il a pris, ni ses manigances contre ma personne, ni les insultes du Grand Septon de Villevieille sur ma foi et ma façon de vivre. La guerre n’excuse pas l'extrémisme religieux et la volonté d'éradiquer toute autre forme de pensée, ni de violer, massacrer et piller des bourgs sans défense. La guerre n’excuse pas de se comporter comme des sauvages sans foi ni loi tout en accusant l’autre camp d’être les sauvages à abattre.

Argella reposa son couteau, mais, ni son regard ni sa voix ne s'adoucissent, en revanche elle passa d’un ton de vengeance guerrière à un ton de sagesse de Souveraine. Consciente que la guerre implique de nombreux morts et de grands sacrifices, que son père était tombé au champ d’honneur et que c’était ainsi que les Rois belliqueux meurent, ainsi qu’elle mourrait elle aussi, plus que probablement. Consciente que si certaines exactions étaient impardonnables, d’autres étaient simplement des faits de guerre. Mais que ce n’était pas pour cela qu’elle était prête à pardonner. Mais que ce n’était pas non plus la raison qui empêcherait toute alliance. Non la raison était tout autre, elle n’avait rien à voir avec l’ego, rien à voir avec la vengeance ou le sang versé.

__ Donc non. Je ne m’allierais jamais à mes ennemis de Westeros, jamais. Parce que je sais parfaitement que, même si je faisais cet effort de faire table rase du passé, pour la meilleure cause qui soit, ils attendraient le bon moment pour me planter un couteau dans le dos afin de prendre possession de mes terres et de ma couronne. Sachant cela, je préfère ne pas signer le moindre accord avec ses pervers et être contrainte de penser comme eux, et d’agir à un moment plus opportun qu’eux pour les doubler avant qu’ils ne me doublent. Je préfère m’allier avec ceux en qui je peux avoir confiance et tenter de construire l’Empire afin de nous sauvegarder de toute incursion extérieure, même si cela présente le risque d’être submergés par les ennemis.

Se rendait-il compte que c’était presque une insulte ? Ou peut-être était-il vraiment totalement ignorant de la situation, tout simplement. Se serait comme lui demander de s’allier à Cleitos contre n’importe quel despote de Westeros ou d’on ne sait où.


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Argella Durrandon

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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 8 Sep - 17:50

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




J'avais eu jadis un Mestre qui avait tenté de m'inculquer les différents usages d'autres civilisations mais autant ces leçons passionnaient Erik, mon cousin, autant elles nous barbaient prodigieusement son jumeau Ulrik et moi-même. Nous passions ce temps à moquer le brave homme lorsqu'il nous faisait mimer les protocoles de chaque cour. Une fois nous étions allés jusqu'à nous déguiser en femmes pour venir au cours, ce qui avait ulcéré ce gentil Erik et notre enseignant. Je ne savais pourquoi ces épisodes heureux me revenaient en mémoire à ce moment mais je l'expliquai par l'air outragé de la Biche lorsque je lui avais tendu mon bras. Lui aurais-je offert un cobra qu'elle n'aurait pas réagi différemment. Cela ne me vexa point à la réflexion, cela fit même revenir ma bonne humeur alors que je glissais, malheureusement, déjà trop vite sur un terrain sérieux en parlant guerre et alliances. Après tout, nous avions la soirée et nous aurions peut-être demain pour prolonger nos échanges sur ce point. Mais c'était plus fort que moi, j'étais trop pressé, comme toujours, prompt à vouloir de l'action, des actes au delà des mots. Il fallait que j'arrive à contrôler cette facette de ma personnalité qui me rendait impétueux et même colérique. Après tout ce que j'avais traversé, et avant ce qui m'attendait encore dans la suite de mon périple, la mort serait probablement au rendez-vous et je pouvais bien m'octroyer un pur moment de détente auprès d'une hôtesse royale et magnifique. Mais non! Il avait fallu que je la mette en rage avec ce foutu caractère volcanique qui était le mien. Quant à Argella, elle semblait aussi prompte à passer de la prévenance à la rage si j'en croyais sa réaction face à mon éclat de voix. Je songeai que la Reine de l'Orage avait un caractère tout à fait approprié à son Royaume. Ce qui n'était pas pour me déplaire, tant j'aimais avoir un répondant en face de moi.

Malgré son air courroucé, je lui adressai donc un sourire en prenant place sur la chaise que l’échanson venait de tirer pour moi, face à elle. Un sourire sincère et plein de malice.

- Je me mords peut-être la queue, mais je sais survivre aux tempêtes, et le serpent de mer appréciera grandement un bain. Je vous remercie de votre hospitalité. Quant à votre cerf, sait-il voguer sur les mers et y nager avec aisance ? dis-je en m'installant.

Je me penchai en avant, plongeant mon regard dans le sien, fermement convaincu que je parviendrais à ramener un ton plus léger dans notre conversation.

- Pardonnez mes maladresses quant à votre protocole. Je n'étais guère assidu aux leçons de maintien de notre Mestre étant enfant. Je préférais de loin les entraînements et les cours de navigation, d'abordage, et aller me baigner dans la mer. Mais, il n'y a pas que cela qui explique ma ... gaucherie , poursuivis-je en cherchant mes mots tandis que l'échanson nous resservait à boire et que je le remerciais d'un signe de tête. Il y a aussi le fait que cet homme qui vous parle a beau être Roi tout comme vous êtes Reine, il est grandement troublé par votre beauté, Argella. Avouais-je avant de tremper les lèvres dans ma coupe.

Je la reposai sur la table, lentement, puis repris toujours en contemplant mon hôtesse avec admiration.

- Cela vous gêne-t-il que je vous appelle Argella ? Sur Lorath, nous avons toujours appelés les Rois qui étaient nos alliés, tout comme nos ennemis par leur prénom et ils en faisaient de même. D'égal à égal, en y ajoutant des qualificatifs variables, louanges ou insultes selon les relations, bien entendu. Vous pouvez m'appeler Lyderik, je n'y verrai aucune offense.

Je fronçai les sourcils en constatant qu'elle peinait à abandonner le courroux que mon éclat de voix avait fait naître. De toute évidence, j'avais touché un point sensible et mes paroles l'avait meurtrie.

- Ne voyez pas d'offense non plus à mes paroles au sujet de vos ennemis. C'est en ami que je veux vous mettre en garde. Lorath en a eu beaucoup, avant d'affronter le Tigre. Et je n'ai pas pu leur pardonner non plus pour tous les êtres valeureux et chers qu'ils m'ont pris. Tyrosh nous a assiégé et convoité bien des fois, tandis que certaines des Cités libres nous attaquaient régulièrement dans le but d'anéantir la concurrence commerciale que nous leur faisions. Nous avions bien plus d'ennemis que d'alliés à vrai dire et je n'ai jamais connu la paix depuis que je suis né. J'ai grandi l'épée à la main et vécu en combattant. C'est probablement ainsi que je mourrais, je le crains, même si j'aspire à la paix pour mon Royaume et pour les autres. La cruauté était mon quotidien, la dévastation mon horizon. Mais jamais cela n'avait atteint un tel degré d'horreur avant l’avènement du Diadoque de Volantis.

Je posai mon regard sur cette main fine et délicate qui serrait le manche de son couteau de table et ma voix se fit plus douce et chargée de peine quand mes yeux cherchèrent les siens à nouveau.

- Vous avez raison, Argella ... La guerre n'excuse pas tout ... Jamais ...

Devant mes yeux, ce n'était plus le beau visage d'Argella qui s'imposait, ni sa silhouette sculpturale, mais la vision d'horreur de mon peuple agonisant de faim, de maladie, puis les flammes de l'incendie du palais que j'avais moi-même allumé par désespoir. Ma femme serrant contre elle le petit corps sans vie de notre fille, puis son visage ravagée par l'épuisement et la maladie, son regard au bleu si étrange, presque mauve, qui s'éteignait, la vie qui quittait son corps, dans mes bras. La tête de mon père, séparée de son corps, que le Caradreon m'avait envoyée le jour de mon anniversaire. Trop ému à ces souvenirs, mon regard se déroba pour la première fois et ne put soutenir le sien, la souffrance me faisait baisser les yeux, la douleur me faisait baisser ma garde et me laissait voir tel que j'étais, un homme brisé. Mon regard se perdit dans les flammes de l'âtre, un long moment, dans le silence, troublé uniquement par le crépitement du feu. Puis ma voix s'éleva à nouveau, avec cet accent rocailleux, propre aux Mortensen, qui avait traversé trois générations sans se perdre, malgré l'influence de Lorath. Je murmurai d'une voix où sourdait la rage et la haine:

- Mais ce qu'il vous fera, à tous ... Est bien au delà de ce que vous pourriez imaginer. Des ennemis cruels, sans honneur, vicieux, j'en ai combattus, maintes et maintes fois. Je n'ai jamais vu chez aucun d'entre eux la même folie destructrice, la même volonté annihiler toute vie sur son passage. Aucune forme de civilisation n'a grâce à ses yeux. Il ne laissera rien. Il reconstruira à sa vision, son propre monde. S'il négocie, c'est un leurre, pour mieux vous jauger, et revenir ensuite, vous anéantir. Il a fait cela tant de fois avec des Cités qui pensaient pouvoir préserver un peu de leur mode de vie. Avec lui, négocier c'est embrasser la mort. Le combattre, c'est la seule option. Vous avez sans doute connu des tyrans en Westeros. On dit que le pire fut Harren le Noir, dites moi si je me trompe ? Dites-vous que même celui-ci était humain comparé au Tigre. Il a fait certainement des choses abjectes. Ses généraux vous ont pris des êtres chers, des milliers de soldats. Ils ont violé les femmes, tué les enfants, j'entends votre souffrance. Je la connais, vous n'imaginez pas à quel point. Mais vous êtes toujours là, votre royaume perdure malgré les ravages qu'il a causés et il se relèvera après la guerre que vous préparez.

Je marquai une pause, soupirant en songeant que ma résolution de rester léger n'avait pas tenu bien longtemps face à la mine sombre de la Reine.

- Même si vous la perdez, ce que je ne souhaite nullement, il restera des institutions, des lois, des coutumes, des traditions dans l'Orage. Une économie pour nourrir la population ayant survécu. Vos ennemis ont -ils pour projet de détruire ce qu'ils veulent conquérir ? Je ne pense pas. Ce sont des êtres humains assoiffés de pouvoir, cupides, orgueilleux, cruels, fourbes. Tout ce qu'on peut trouver de néfaste chez un ennemi. Mais sont-ils animés d'une folie qui les poussent à ravager, anéantir ce qu'ils conquièrent ? J'en doute. Vous avez avec eux une Histoire commune, même si elle est émaillé de haine et de conflits. Vous formez un continent. Pour le Tigre, vous n'êtes qu'un vaste terrain de jeu pour exprimer sa folie et sa soif de construire un monde à son image. Dans ce monde, il n'y aura aucune place pour tout ce que vous connaissez actuellement. Ce sera la fin de vos civilisations, de vos cultures.

J'avais du mal à revenir à plus de légèreté après avoir prononcé cet avertissement funeste.

- Je ne sais de quelle façon il a pris contact avec certains royaumes sur Westeros, qui il a attaqué, qui il a épargné pour l'heure. Je ne sais combien de bateaux il a amené avec lui, mais qu'il y en ait cinquante, ou cent, vous n'avez encore rien vu. Quand le moment viendra, ils seront plus de mille à s'égrener sur votre horizon. Il a les plus belles flottes d'Essos derrière lui, dont une partie de la mienne ... Il attend, Argella. Il attend que vous vous soyez entre-tués, affaiblis mutuellement, pour attaquer. Quand le moment viendra, il rassemblera ses forces et Westeros tombera comme un fruit mûr. Il sait comme personne utiliser les divisions et les conflits, il les sème au besoin, pour amoindrir ses ennemis.

Je la regardai à nouveau, un désespoir profond et sincère au fond des yeux.

- Je suis tellement désolé ... tellement ... Que ne pouvez-vous remettre votre guerre à plus tard, tous. Il sera très difficile, impossible même, de tenir deux fronts dont un contre lui. Lorsqu'il aura mis pied à terre sur Westeros, rien ne pourra l'arrêter. C'est en mer qu'il faut le tenir, tant qu'il est encore temps. Je pourrais vous y aider. Je l'ai déjà fait sur Lorath, pour laisser à mes gens le temps d'embarquer. Jamais il n'a pu fouler notre sol tant que nous étions présents. Je le ferai, parce que je ne veux pas revoir ce que j'ai vu mon peuple, tous les peuples d'Esssos subir. Oui ... d'une manière ou d'une autre, avec vous, vos alliés, ou d'autres, je lui tiendrai tête, je me dresserai devant lui ...

Je me tus, le cœur lourd face à cet avenir sombre qui s'annonçait. Croyait-elle vraiment que le pire étaient les rois qu'elle s'apprêtait à affronter ? Elle en paraissait persuadée et je pouvais la comprendre. Le Tigre n'était encore qu'une vague rumeur, un danger imprécis, alors que des ennemis bien concrets se massaient probablement contre son Royaume.

- Je vous en conjure, simplement, ne faites pas la même erreur que nous. Ne restez pas divisés face à lui ...

J'avais  d'autres choses à avouer à la Reine de l'Orage, des choses qui ne lui plairaient sans doute pas, mais qu'elle devait entendre. Peut-être que cela l'aiderait à y voir plus clair, ou peut-être me verrait-elle comme un ennemi après. Mais je devais être honnête, si je voulais espérer m'en faire une alliée.

- Je suis porteur de bien mauvais présages, pardonnez-moi. J'en oublie la bien séance. Je serais honoré de partager votre repas et heureux de découvrir la gastronomie de votre royaume.


J'en avais non seulement envie, mais aussi besoin. Après des jours de chevauchée et de repas frugaux, j'allais goûter à nouveau des mets royaux.



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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 15 Sep - 0:46









When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

__ Nul ne peut se targuer de savoir chevaucher nos mers sans prendre le risque d’un naufrage, vous en avez fait l’amère expérience et j’en suis, en vérité, navrée; pour vous et vos gens. Mais je vais vous conter l’histoire de ma maison afin que vous compreniez pourquoi je suis si fière que mes eaux soient si dangereuses et que malgré ce fait, nous sachions naviguer.

La Durrandon eut un sourire en coin, plein de défi, car l’Orage avait en sus de ses légendes et de ses tempêtes, une longue histoire de piratages et de naufrageurs.

__ Quand j’étais petite, mon père me contait cette légende pour m’endormir après que ma Septa et ma mère aient tenté de le faire avec des récits faits d’amour sereins et de douceur enfantine. Elenei, fille du dieu des mers et de la déesse des vents tomba amoureuse d’un mortel : le fondateur de la Maison Durrandon et premier Roi de l’Orage, un des très nombreux Durran de ma lignée. Ils étaient fous l’un de l’autre, il y a un peu de conte de jouvencelle là-dedans n’est-ce pas. Mais attendez la suite.

La brune aux yeux céruléens s’approcha au dessus de la table sur un air de confidence, chuchotant presque, elle prit le même ton que son père, plein de mystère.

__  La nuit de leurs noces, elle offrit à son aimé sa virginité, se condamnant elle-même à une vie mortelle.

Alors, Argella écarta les mains et mima la tempête se déchainant sur l’Orage, ainsi que le faisait Argilac quand il lui racontait cette histoire, elle se souvenait de ses gestes, de son visage amusé face au regard émerveillé de sa fille, toujours attentive, même si elle connaissait cette histoire par coeur.

__ Ses parents entrèrent dans une telle fureur que les éléments se déchaînèrent sur le fort qui abritait leurs amours, tuant famille et amis du marié ainsi que tous les convives, écrasé par les ruines des murs ou noyés par les flots. Seul Durran fut épargné par les rafales et les rouleaux, préservé par les enlacements de son épouse.

La jeune femme avait terminé sur un ton plus calme, mais reprit de plus belle avec force gestes et emphase, elle adorait quand son père faisait cela, il avait le même ton quand il parlait à ses troupes et alors elle sentait son coeur galoper dans sa poitrine.

__ A l’aube, il déclara la guerre aux dieux en promettant de rebâtir la forteresse. Durran édifia tour à tour cinq châteaux, chacun plus étendu et grandiose que le précédent. Les vents et les vagues les abattirent les uns après les autres comme autant de fétus de paille. Les vassaux et bannerets lui conseillèrent de construire dans les terres, les prêtres de rendre Elenei à la mer pour calmer les dieux, ils se heurtèrent à un roi résolu.

L’Impétueuse frappa du poing sur la table, faisant vaciller les coupes et trembler la vaisselle.

__ Le roi de l'Orage bâtit alors un château tel que la fureur divine ne put l'anéantir. Durran et Elenei vécurent protégé des tempêtes, derrière les murs d’Accalmie pendant un millier d'années.

La Reine de l’Orage laissa l’emphase pour la confidence mystérieuse à nouveau.

__ Les rumeurs racontent que les enfants de la forêt auraient aidé Durran, d’autres qu’un petit garçon lui aurait indiqué comment procéder, ce garçon n'étant autre que le futur Brandon le Bâtisseur.

Alors que les yeux de la brune riaient déjà à l’évocation d’un passé de mauvais élève commun au sien, la révélation de Lyderik effaça son sourire. La surprise d’une telle annonce la désarçonna et elle se redressa soudain en essayant de n’en rien laisser paraître. Elle ne se pensait jamais femme, désirable ou belle. Elle savait qu’elle pouvait l’être et elle se déguisait parfois en dame, comme ce soir avec cette somptueuse robe. Mais elle ne s’imaginait pas ainsi dans les yeux de ceux qui l’observaient, elle était avant tout une guerrière, elle se voyait plus souvent en maille et cuirs, épée au côté qu’en robe, elle se voyait comme instrument de mort plutôt que de désir. Cela ne l'empêchait pas d’aimer, d’être aimée, de désirer et d’être désirer, mais elle avait tendance à l’oublier le plus souvent, d’autant plus que la plupart des personnes avec qui elle passait le plus de temps étaient des hommes, et qu’ils ne se seraient jamais permis de lui faire la moindre remarque sur son charme. Elle mit un peu de temps à répondre, cherchant ses mots, ne sachant pas si la soudaine chaleur qui lui montait aux joues se voyait.

__ Ah oui je vois… Hé bien… Hum

Argella baissa les yeux et observa un instant son assiette entre gêne, désir, sens du devoir et de la retenue, quelque chose de tout nouveau pour elle. Rhaenys lui apparut et elle se demanda ce que la blonde ferait. Elle ne ferait pas pareil, mais elle ne ferait pas non plus ce qu’elle aurait fait avant que la Braenaryon lui rappelle quels étaient les enjeux. Cela était encore plus vrai pour elle qui était scrutée par le Grand Septon et par un peuple qui suivant la foi des Sept où la luxure et la liberté d’une femme était si mal vue

__ Ca a le mérite d’être directe. Et j’aime la franchise. Cependant…

L’Orageuse releva la tête et sourit en coin. Elle hocha la tête, mi sérieuse, mi amusée.

__ Ce n’est pas que vous n’êtes pas à mon goût, mais j’ai promis d’être sage voyez vous. Je suis Reine… le devoir, blablalabla.  Aussi, si je vous prends, je serais obligée de vous tuer afin d’être certaine que vous ne disiez rien à personne.

La Souveraine eut un léger sourire tandis qu’il disait que selon la situation, ils ajoutaient derrière le prénom divers qualificatifs positifs ou insultants.

__ Alors peut-être devrions nous en rester à nous appeler par nos titres tel que cela se fait à Westeros, sauf entre amis proches éventuellement. Nous ne nous connaissons pas suffisamment pour nous insulter ou nous encenser.

La Durrandon n’avait jamais eut à reprendre quiconque vis à vis du protocole. Le respect qui lui était dû était chose évidente pour tout le monde et ce n’est qu’au fil des années et des missions communes que l’intimité s’installait et que certains osaient l’appeler par son prénom, ses proches, ses épées liges, des hommes qui veillaient sur sa sécurité depuis des années. Bref, les choses se faisaient toutes seules comme cela lui convenait, parce qu’elle s’en fichait pas mal dans l’absolu et que le reste du temps un regard suffisait à recadrer les choses. Mais elle ne pouvait lancer son regard d’Orageuse à un Roi qui n’y entendrait probablement rien. Ainsi, si pour elle, cela allait sans dire, peut-être que pour le Mortensen cela allait mieux en le disant.

La guerrière leva un regard déterminé sur Lyderik.

__ Je sais ce qu’il fait. Je le pressent comme une évidence en vérité. Je sais aussi que je ne négocie pas, ni ma culture, ni ma couronne, ni mon royaume, ni la vie de mes gens. Mais tout ce que vous dites sur le Tigre, je pourrais le dire des Hoare ou de Manfred Hightower. Je pourrais le dire de Dorne aussi, contre qui nous avons combattu des siècles durant. Pourtant, sur les conseils de ma mère, nous nous sommes alliés, mariés, mais lorsque nos Royaumes ont tout deux été en danger, le Martell est retourné chez lui me laissant seule ici, enceinte de son enfant, face à la guerre. Je pouvais faire face, là n’est pas la question, mais son choix en dit long sur la place que l’Orage et notre mariage avait pour lui, sur le Roi qu’il aurait été si je lui en avait laissé l’occasion. Cela en dit long aussi sur la capacité qu’ont certains Royaumes à tenir leurs engagements, à ne pas trahir les autres ou simplement, et cela est probablement légitime, retourner se battre pour les leurs quand leur pays est en danger. Westeros est peut-être un continent, mais il est loin d’être unifié et croyez bien que chaque royaume préférera se protéger lui plutôt que de venir en aide à son voisin. C’est d’ailleurs pour ça que l’Empire est la cible principale du Tigre. Torrhen et Rhaenys sont parvenus à rassembler une partie des Royaumes et à leur faire faire cause commune. Il doit savoir qu’il est encore temps de faire tomber ce challenger, mais que s’il veut Westeros, il ne doit pas le laisser trop grandir. Mais si les autres Royaumes ne se sont pas encore ralliés, c’est tout simplement parce que tant qu’ils auront le choix, il refuseront d’abandonner un peu de leur souveraineté pour la paix, pour la prospérité, pour justement, faire face à l’invasion du Tigre. Le Bief compte bien que nous soyons divisés entre lui et les armées de Volantis pour en tirer profit, j’escompte que le Tigre ne s’y frottera pas, mais rien ne me garantit qu’ils ne s’associeront pas avant de s’entretuer une fois l’Orage tombé. Je ne saurais laisser le Hightower prendre possession de mes terres, et c’est à ce prix qu’il acceptera peut-être de nous aider avant de nous trahir. Se serait une trahison envers mon père, mes hommes, les villageois massacrés par ses armées. Une trahison envers mon peuple, ma maison et alors, non seulement je perdrais le respect de mes soldats et de mes généraux, mais surtout, je perdrais tout respect pour moi même. Quand bien même je parviendrais par miracle à garder ma couronne, que je ne la mériterais point. Je ne puis m’allier à un conquérant ambitieux et malin pour en éradiquer un autre, cela n’a aucun sens.

La jeune femme darda un regard sur celui qui disait connaître la guerre et semblait pourtant garder un vision bien naïve de la situation tout en la prenant à priori pour une idiote. Elle était peut-être jeune, elle était peut-être une biche, mais elle avait été élevée l’épée à la main elle aussi et les guerres de son père étaient devenues les siennes, car c’était ainsi que les choses doivent être. Il était naïf de croire que pour vaincre un ennemi extérieur, aussi terrible soit-il, il suffisait d’oublier les rancunes intérieures. C’était un mensonge, pis, une illusion.

__ Je connais suffisamment la guerre pour savoir les combines que mes ennemis peuvent utiliser, moi aussi je vois le risque immense qui pèse, au sud, à l’est, à l’ouest. Vous croyez m’apprendre quelque chose, mais écoutez un peu car vous auriez beaucoup à apprendre si au lieu de penser que votre ennemi est pire que les miens vous entendiez un peu ce que je vous dit. Un ennemi est un ennemi, pire ou non, cela n’a pas de sens, le Tigre vous semble pire parce qu’il a réussi là où d’autres ont échoué, celui qui perd tout en veut en premier lieu à celui qui lui a  fait tout perdre, et c’est bien naturel. Mais moi, je n’ai pour l’instant rien perdu à cause du Tigre, j’imagine bien qu’il viendra lorsqu’une opportunité de nous abattre facilement se présentera, ou plus tard, quand il aura rassemblé toutes ses flottes et ses armées. En attendant mon ennemi est Manfred qui m’a privé de la moitié de mes terres, de bon nombre des mes seigneurs et de mes cités et forteresse. En attendant, mon ennemi est celui qui a fait tombé mon père et saigné mes armées. Mon ennemi est face à moi et je lui fait face, car si je regarde en arrière en même temps, il ne fait aucun doute que l’ennemi de devant en profitera pour me rouler dessus sans ménagement. Vous pensez tout savoir, avoir tout vu, tout entendu, tout vécu certainement, mais ne me prenez pas pour une imbécile ou une naïve, apprenez simplement que combattre une ennemi invisible c’est perdre une énergie considérable pour rien et se priver de l’opportunité de vaincre les autres avant qu’il n’attaque.

La brune aux yeux azur s'adossa à son fauteuil et but sa dernière gorgée d’hypocras. L’échanson la resservit aussitôt tandis qu’elle piquait une olive.

__ Cependant, si ce que vous dites est vrai, s’il peut réunir plus de mille navires et, je gage, de quoi les remplir de soldats vaillants, d’esclaves ne craignant pas la mort, comme les immaculés que j’ai libéré, alors il est inutile que nous nous allions avec nos ennemis, même nos flottes rassemblées ne tiendront pas longtemps devant une telle Armada. Mais il n’a aucun besoin de semer la discord en Westeros, elle existe, elle est bel et bien là, à tous les niveaux entre tous les Royaumes, des siècles de guerre, de destruction, de haine. Une alliance pourtant, improbable peut-être, mais elle existe. Elle n’est peut-être pas parfaite, pas suffisante d’après ce que vous me dites, et pourtant, ce sont là des personnes en qui j’ai confiance, des personnes qui ne se déroberont pas au moindre imprévu à la moindre défaite. Que dire de mes ennemis si ce n’est ce que je vous ai déjà dit. S’allier avec eux serait pure folie, ce serait me planter moi même un couteau dans le dos. Nous serions en danger alors non seulement contre le Tigre, mais contre nos alliés même. Ce n’est pas une erreur que de refuser de faire cause commune avec des gens qui ne rêvent que de nous détruire, si non, je puis faire cause commune avec Cleitos, qui sait, il a bien plus à m’apporter que les Fer-Nés et les Bieffois, et il n’a encore fait aucun mal aux miens.

La Reine  invita son hôte à goûter au potage fumant et fit de même, en prenant parfois une pause afin de picorer une bouchée de lard fumé, une tartelette à l’oignon ou une cuillère de friture de petits poissons. puis, lorsque les potages furent terminés, l’échanson retiré les bolées et souleva les deux cloches en même temps afin de découvrir un carré de sanglier rôti dont l’os portait l'étendard de l’Orage. Il était délicatement posé sur une sauce au vin rouge et au miel ornée d’une couronne de brins de laurier, de thym et de romarin. C’était splendide et très appétissant. Elle sourit et profita de tous les fumets de la viande mêlée à la sauce, en fermant les yeux un instant. Une fois de plus le chef s’était surpassé ce soir, il lui faisait grand honneur depuis son arrivée lui concoctant pour chaque souper des mets aussi beaux que bons. Cela lui permettait de recevoir son hôte Royal en bonne et due forme, sans quoi elle aurait dû lui offrir des œufs durs et du fromage avec du pain, mais elle se demandait si l’homme ne cherchait pas à se faire engager à Accalmie, et avec ce dîner, elle y songeait plus que jamais.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyLun 16 Sep - 1:55

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Le repas nous fut servi et je pus apprécier le raffinement culinaire de l'Orage, en parfaite harmonie avec celui de mon hôtesse. J'avais écouté l'Histoire de la fondation d'Accalmie et cela m'avait charmé, la voix d'Argella jouant tour à tour avec solennité et chuchotement. J'avais été happé par ce récit mythique mais n'en avait rien dit, laissant la magie opérer avant de présenter des excuses pour mes entorses au protocole orageois. Puis j'avais beaucoup parlé à mon tour de tout autre chose, ne relevant pas immédiatement le retrait de la Reine qui préférait s'abriter derrière le protocole. J'avais dit ce que je pensais, sans tenter de déguiser la vérité. Mais cela ne devait pas convenir aux mœurs de Westeros. Le reste de l'entretien fut à l'avenant de ce constat et j'écoutai de bonne grâce, avec courtoisie, celle qui m'offrait le gîte et le couvert. Je pouvais comprendre sa réticence

Je goûtais donc avec délectation les divers mets qui m'étaient présentés avec un potage et appréciai particulièrement la viande que je n'avais guère eu le loisir de savourer depuis ma fuite de  Lorath, et encore moins à Pierremoutier. Je souris en voyant la pièce de venaison portant fièrement l'étendard de l'Orage et ne pus, m'empêcher, redevenu malicieux, de l'ôter pour le glisser dans un anneau de ma cuirasse, sur le pectoral gauche, non sans m'être fendu d'un sourire charmeur. Ayant dégusté le sanglier avec renfort de vin dont l'échanson veillait à provisionner mon verre, une douce chaleur commença à me gagner, tandis que je ne me privais pas d'un autre plaisir tout aussi appréciable en contemplant la maîtresse de la Maison. Je m'étirai d'aise comme un chat et m'adossai à ma chaise après avoir fini ma coupe.

- Vous devriez surveiller votre cuisinier ... je pourrais bien l'emmener dans mes bagages ... Il remonte à loin, fort loin, le jour où j'ai mangé aussi bonne chair. Reine de l'Orage. Je vous remercie pour ce mémorable repas. Ainsi que pour votre magnifique histoire de la famille Durrandon. Je cerne mieux les raisons de votre caractère bien trempé et de votre divine beauté à présent que je connais la sublime légende de vos ancêtres. Ajoutai-je dans un sourire audacieux.

J'hésitai à me lever car il me semblait que le repas n'était pas encore fini. Sans doute, des fromages ou desserts pouvaient être prévus, mais peut-être que les coutumes de l'Orage différaient aussi sur ce point. Je me résolus à me dégourdir les jambes afin de sortir de la fascination qu’exerçait sur moi cette femme magnifique.

- Vous savez ce qu'on fait  pour faire glisser un repas royal sur Lorath, Reine Argella ? On danse ! Nos danses sont un savant mélange des nobles pas hérités de Valyria et du folklore des terres ancestrales de la Maison Mortensen.

Au même instant une braise claqua dans l'âtre et un brandon atterrit sur le tapis devant la cheminée. Avant qu'un des serviteurs eut le temps de réagir, je me précipitai pour le saisir entre mes doigts et le rejeter dans le foyer. La danse des flammes capta mon regard comme un aimant. Puis je me tournai à nouveau vers la Reine.

- Un incendie est si vite arrivé. Le bois est parfois humide en cette saison et il faut faire attention aux mauvaises combustions.

Je regardai mes doigts, cherchant une éventuelle trace de brûlure. Mais il n'y avait rien. Je m'avançai un peu embarrassé et vint m'appuyer contre le dossier de ma chaise avant de reprendre:

- Je crois qu'il y a eu méprise quant à notre conversation au sujet des ennemis. Je vous ai fort écoutée. Je ne prétends pas mieux connaître les vôtres que vous même. Je suis un étranger ici. Je peux cependant affirmer en toute humilité mieux connaître le Tigre que vous. J'ai eu tort de vous laisser à penser que je voulais vous imposer un classement des ennemis selon leur capacités de dévastation. Ce serait pure perte de temps. Je vous crois sur parole si vous dites que les Hoare ont été votre fléau ainsi que ce Hightower dont je connais à peine le nom. J'en étais resté aux Gardener régnant sur le Bief. Je ne suis plus à jour et j'ai beaucoup à apprendre de vous. J'ai eu bien d'autres fauves à fouetter ces derniers mois pour me plonger dans l'Histoire récente de Westeros.

Mes mains serrèrent le dossier en bois sculpté et je soupirai profondément.

- Sachez juste que ce que j'ai vu de la Maison Hoare ne ressemble plus en rien à ce fléau que vous décrivez. Je vous dois la vérité, j'ai séjourné dans leur capitale actuelle, j'ai été leur captif, puis leur serviteur pour devenir une sorte d'invité sans réel statut. Je dois la vie à l'une d'entre eux, une femme, une guerrière qui m'a fait soigner après m'avoir trouvé moribond. J'étais amnésique à l'époque. J'ai affronté en duel leur Roi. Il m'a vaincu mais pas sans difficulté. Je ne savais pas alors qui j'étais. Si cela se reproduisait maintenant, il en serait peut-être autrement. Je n'ai pas d'animosité envers lui, tout comme vous dites ne pas en avoir envers le Tigre. Voyez que nous ne sommes pas si différents. Il est humain de ne pas haïr l'inconnu qui ne vous a pas fait offense.

Je haussai les sourcils en la regardant droit dans les yeux.

- Croyez bien que je ne suis pas votre ennemi, même si vous n'envisagez pas que je puisse être votre allié dans l'immédiat. Je dois me rendre à Fort Darion, tenter de retrouver les miens peut-être. Qui peut savoir où ils sont et s'ils ont survécu. Ce qui me différencie de ceux qui vous ont trahie ou abandonnée, c'est que contrairement à eux, je n'ai plus de royaume à défendre. Il m'a tout pris. Ne me reste que mon honneur. Et j'entends le garder. J'aurai besoin de soutien pour reconquérir Lorath et je suis bien conscient que je ne l'obtiendrai qu'en me battant aux côtés de ceux qui se dresseront contre le Tigre. Si vous me dites que l'Empire dont j'entends parler depuis des mois est la seule coalition possible actuellement, alors c'est à lui que je dois me rallier. Le Tigre est pour le moment mon seul ennemi parce qu'il a soumis tous mes anciens ennemis, et aussi mes anciens alliés, malheureusement. Mais vous me dites qu'en Westeros se dressent des ennemis contre cette coalition, alors ils deviennent les miens. Et ils doivent être défaits avant toute chose. Mais, Argella Durrandon ...

Je hochai la tête vigoureusement.

- Ne vous leurrez pas en pensant vous faire un allié du Tigre ... Il n'a pas d'alliés, juste des vassaux qu'il asservit. Il n'y a point d'honneur et de salut à son service. Juste de la souffrance et du mépris.

Contournant ma chaise je repris place à la table et vidai d'une traite la coupe qu'on m'avait à nouveau remplie.

- En revanche, je serai honoré de combattre à vos côtés un jour prochain ou peut-être sur mer, car c'est ce que je fais le mieux, même si j'ai déjà tenu et remporté des batailles terrestres, dont un siège et du côté des assiégés...

Puis je m'approchai de la table en tirant ma chaise et me penchai vers la Reine.

- J'ai assez parlé guerre et ennemis pour ce soir, à moins que vous ayez des questions, mais laissez moi vous conter à mon tour l'Histoire de ma Maison. Mon ancêtre, Erik Mortensen était un charpentier qui construisait pour les plus nobles maisons de Skaggos. Cela n'allait pas bien loin si l'on considère la rusticité de cette île. La plupart des gens du peuple vivait dans des grottes, et seule la noblesse bâtissait des fortins en bois, des palais, des temples somme toute modestes. Erik caressait d'autres rêves, voulait voir ce qu'il y avait au sud, ailleurs qu'à l'ouest de notre île où s'étendait le royaume du Nord. Mais les seuls navires qui accostaient Skaggos étaient ceux des nordiens ou des sauvageons. Un jour de tempête, pourtant, un étrange esquif s'échoua sur les rochers déchiquetés des côtes. Le seul survivant du naufrage était un guerrier à l'armure noire et à la chevelure d'argent qu'Erik soigna et nourrit comme il le put. L'homme disparut un beau jour, non sans avoir laissé une de ses lames à Erik. Cette lame, vous l'avez tenue dans vos mains, Reine Argella, elle se nomme Knus av ild, ce qui signifie en skaggi "lame de feu". Elle passe de génération en génération d'un Mortensen à l'autre. Depuis plus de deux siècles. L'envie de partir à l'aventure fut plus forte encore chez Erik, après la rencontre avec ce mystérieux guerrier. Il se mit à construire des bateaux en secret, et s'isola de plus en plus de sa communauté.

Je dessinais  de mes mains les silhouettes des esquifs élancés d'Erik et leur mouvement souple dans les flots.

- Erik se mit à dos le chef qui dominait tous les clans de l'île principale et le bannissement tomba lorsqu'il refusa de construire un énième temple dans lequel des sacrifices humains étaient pratiqués avec la plus terrible barbarie. Les Skaggs sont réputés cannibales, et je ne sais ce qu'il en est à présent, mais à cette époque, ils mangeaient non seulement leurs ennemis, mais les nouveaux-nés des clans inférieurs. Mon ancêtre n'eut d'autre choix que d'embarquer sur ses propres navires avec tous les membres de son clan. En l'An - 230, il aborda, après un long périple sur une île situé bien au sud. Lorath. C'était un rude gaillard, à la chevelure d'ébène et au regard d'acier, à ce que dit le chant des Mortensen. Son navire était sa maison. Mais quand il croisa le regard d'Erylis, la fille du Roi de Lorath, il sut qu'il avait trouvé son port d'attache. Elle était l'incarnation même de la douceur et de la beauté, une poétesse à la chevelure d'argent et aux yeux violine. Contre toute attente, elle tomba amoureuse de ce sauvage débarqué du nord. En ce temps là, Lorath vivait repliée sur elle-même mais dans une relative opulence et en paix. Le Roi se résolut à marier sa fille à ce marin qui construisait de curieux bateaux effilés comme des oiseaux, capables de louvoyer comme des serpents entre les récifs. Erik avait promis une flotte invincible et rapide à son beau-père et il tint parole. La renommée de Lorath s’amplifia et fit de l'ombre aux puissances continentales d'Essos, et avec la gloire commerciale, vinrent les guerres déclarées par des voisins pleins de convoitise. Ensemble, devenus Princesse et Prince consort, ils tinrent en échec plusieurs vagues d'envahisseurs. Ils eurent trois enfants dont Erik le Rouge, mon grand père ainsi surnommé à cause de sa chevelure flamboyante. Puis il y eut le fléau et, Erik, s'auto-proclama Roi de Lorath. Il épousa une jeune fille de la noblesse lorathi et qui lui donna deux fils, Rorik, mon père et  Alric. Ils ont fait de moi le guerrier que je suis...

Je murmurai, en faisant tourner mon verre entre mes mains, l'air songeur  avant de fixer la Reine d'un regard fiévreux.

- Ce qui est étrange c'est qu'il m'a fallu échouer dans la Nera pour retrouver le récit de l'origine des Mortensen. Mon père ne m'en avait jamais fait qu'un résumé très parcellaire... Il semble qu'une sorte de rite se perpétue dans notre lignée ... Chaque naufrage marquant un nouveau cycle. Ce qui explique le blason que vous moquiez, belle Reine ! Et la suite est tout aussi incroyable ... Je ne le croirais moi-même si je ne l'avais vécu. Mais peut-être attendrais-je un peu pour vous la conter. C'est le genre de récit qu'on aime écouter au coin du feu, pour pouvoir se réchauffer des frissons qu'il procure...





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Dernière édition par Lyderik Mortensen le Mar 17 Sep - 23:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMar 17 Sep - 15:51









When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

Argella sourit et fit un signe de tête en guise de remerciement lorsque Lyderik mit les couleurs de l’Orage sur sa cuirasse. Elle délaissant la viande le temps de boire un coup avant de poser son dos contre le siège en soupirant d’aise et de satiété outrageusement outrepassée. Elle n’avait plus faim depuis un moment déjà et c’était la gourmandise qui parlait tandis qu’elle s'efforçait de goûter à tous les mets plus succulents les uns que les autres. Mais là, elle arrivait à ses limites et il était temps d’arrêter. Cela tombait bien, son invité aussi semblait avoir terminé. Elle sourit de plus belle en écoutant les compliments ourlés de plaisanteries.

__ Je crois plutôt que je vais l’emmener avec moi. Il me régale ainsi presque tous les soirs depuis mon arrivée. Soit c’est un envoyé de Manfred destiné à me faire prendre de l'embonpoint avant la reprise des hostilités, soit il mérite amplement de travailler à Accalmie afin de continuer à me régaler ainsi que mes hôtes. J’espère avoir un jour l’occasion de vous y voir votre Majesté, afin de vous entendre me conter l’histoire de votre Maison et de votre Royaume. Ainsi vous pourrez admirer la forteresse construite à l’épreuve des Dieux.

La brune aux yeux céruléens eut un sourire en coin. Elle savait que nul château n’est imprenable, mais la capitale de l’Orage avait déjà résisté à bien des sièges. comme il était de coutume, tout avait été servi en même temps, entrées, plats, fromages et dessert. Il n’y avait que lors des grands banquets que ce n’était pas le cas, tout simplement parce que tous les mets ne pouvaient tenir sur les tables. Mais là il s’agissait d’un service certes aussi copieux que soigné, mais simple étant donné que la visite de l'hôte de marque était aussi impromptue que tardive. Cependant, les coupes d’hypocras furent remplacées par du clairet et le serviteur entreprit de dégager la table afin de n’y laisser que les douceurs. Ainsi, était-il fort occupé lorsque la braise incandescente atterri sur le tapis et le temps de poser les coupelles de fruits secs, Lyderik avait réglé le problème.

__ Kevan Gardenner est Roi du Bief fédéré, mais il ne possède ni terre ni armée, juste un nom, dont il fait le pire sage possible. Je crains fort pour la pérennité de sa Maison qu’il ait déserté pour me rejoindre et que son frère ait périt dans mes geôles. J’ai l'ennemi que je me suis créé j’imagine.

La Reine guerrière baissa la tête, car oui, si elle n’était pas responsable de l'ambition de Manfred, elle était au moins impliquée dans son succès, depuis sa relation houleuse avec Kevan jusqu’à la capture de Mern. Et ensuite, les turpitude de son amant éconduit qui avaient viré à la folie., à la trahison, à l’infamie, il avait choisi cette voie, Garlan le lui avait rappelé, mais elle était consciente que sans elle croisant la route du Prince du Bief, tout aurait pu se dérouler autrement. Après une courte pause pleine de pensées sombres, elle releva la tête lentement et darda son regard azur couvant la tempête sur le Roi de Lorath tandis qu’il parlait. Elle le laissa finir malgré la fureur qui était sienne, grandissant dans son cœur, gonflant sa poitrine et faisant bouillir ses veines de sang bleu.. Lorsqu’il eut terminé, elle le regard faire le tour de son fauteuil et vider sa coupe avant de reprendre. Elle ne broncha pas, se contentant de le fixer tandis qu’il racontait l’histoire de sa Maison. C’était une fort belle histoire, elle valait probablement celle d’Argella, même si en quelque sorte, elle était moins glorieuse, mais aussi moins fantasque. Mais cela ne suffirait pas à lui faire oublier ce que le jeune homme s’était permis.

Le serviteur compris que quelque chose n’allait pas. Si Argella pouvait être impressionnante quand elle exprimait sa rage, elle était bien plus effrayante quand elle la retenait. Pendant un moment, le Serviteur resta pétrifié en se demandant s’il devait amener les douceurs et le clairet près de feu ou les laisser sur la table, mais il avait jugé plus prudent d’éviter tout déplacement de vaisselle ou même de sa personne pendant que la biche sauvage était dans cet état. Elle prit le temps de boire son vin blanc aux épices et de se lever lentement, trop lentement. Elle appuya ses poings sur la table, les serrant à s’en faire blanchir les jointures. Puis, après un fugace sourire, elle rappela une dernière fois les usages :

__ Votre Majesté Argella !

Les excuses de l’ignorance des usages ne tenaient plus, il savait parfaitement ce qu’il faisait, et sa façon de la traiter comme une enfant ne lui convenait guère, mais la jeune femme se contint, grondant intérieurement du tonnerre de ses terres.

__ Si vous étiez mon ennemi, vous seriez déjà mort. Alors croyez bien que vous n’êtes pas mon ennemi, et si vous n’êtes pas mon allié, c’est seulement que je n’ai pas le pouvoir de m’allier avec vous. En me fédérant à l’Empire, afin de vaincre nos ennemis communs, j’ai renoncé à certaines choses, parce qu’il le fallait, pour le bien de mon peuple et pour la survie de ma Maison. Lorsque vous serez à Fort-Darion, allez voir l’Empereur Torrhen et l’Impératrice Rhaenys, dites leur que vous avez croisé mon chemin et que vous apportez avec vous l’espoir de voir Essos se soulever contre le Tigre comme je l’avais proposé. Mais ne leur dites pas de s’allier à Yoren, ni à Manfred. Ne leur dites pas de combattre un Tyran en s’associant avec le fils de celui qui est responsable de la mort de tous leurs frères et sœurs et de tant de leurs hommes. Ne leur demandez pas de me trahir en laissant Manfred s’emparer de l’Orage. Ils vous répondront la même chose que moi. Il vous diront qu’ils préfèrent se battre sur deux fronts que se donner l’illusion de n’en avoir plus qu’un.

Argella baissa la tête entre ses épaules et ferma un instant les yeux en respirant profondément afin de garder son calme. Puis elle se redressa avant de reprendre, le bout des doigts posés sur la table.

__ C’est vous qui vous méprenez, Sire, si vous pensez parler à une jeune biche. Je ne suis pas une douce poétesse qui tombe amoureuse d’un brun ténébreux aussi beau soit-il et se laisse conter fleurette avec la naïveté qu’on prête aux pucelles. Je ne suis pas votre Erlirys et je ne le serais jamais. La seule musique qui me sied est celle de l’acier et j’ai renoncé à l’amour pour devenir celle que je suis aujourd’hui et faire mon devoir. Je suis une Reine ET une guerrière et si mon Royaume avait connu des jours meilleurs, j’aurais été une conquérante, comme mon père et ses ancêtres avant lui, comme le Tigre, comme Harren, comme Aegon et comme votre aïeul. Je ne suis pas une dame, je suis la lame de l’Orage, forgée par Argilac le grand dans le feu des éclairs et la pluie battante des tempêtes. Mon père ne m’aurait jamais permis de porter une épée s’il avait eut le moindre doute sur ma capacité à m’en servir et il m’aurait trouvé bien vite à un époux s’il avait eut le moindre doute sur ma capacité à gouverner et à diriger l’armée alors que la guerre faisait rage tout autour de nous. Je l’ai déjà fait en libérant Accalmie du siège des Fer-Nés et en les boutant hors de l’Orage, je l’ai déjà fait en arrêtant l’avancée du Bief à Tiniviel. Et c’est ce que je vais faire, encore, que je gagne ou que je perde. Parce que je ne suis ni la Jouvencelle, ni la Mère, mais le Guerrier, que cela plaise ou non au Grand Septon et à toutes ces grenouilles de bénitier.

La Durrandon souffla, furibonde, comme un cerf avant la charge et son ton, jusqu’alors mesuré à défaut d’être doux, se fit plus sec, plus incisif. Elle parla ainsi tout en faisant le tour de la table pour se retrouver face à au Roi de Lorath.

__ Aussi, je vous conseil de cessez sur le champ de me prendre pour une idiote attendant le Prince Charmant. Vous croyez être le seul ici à savoir ce qu’est la guerre ? Que croyez vous que je faisais pendant que vous vous battiez avec vos ennemis de l’Est ?! Vous croyez que je brodais sagement dans ma chambre en écoutant les histoires romanesques de ma Septa ? Imaginez vous que je puisse prendre les armes aujourd’hui en tant que Reine de l’Orage, femme et dernière de ma lignée sans avoir prouvé ma valeur sur la lice et sur le champ de bataille ? Imaginez vous qu’il est aisé pour une Dame de devenir une guerrière, que je suis arrivée où j’en suis en me tournant les pouces et en attendant qu’un homme vienne me dire quoi faire pour me protéger de mes ennemis ? Le Tigre est un conquérant, comme l’était mon père, comme l’était Harren le Noir, comme l’est Manfred Hightower, comme moi, si j’avais eut le choix des armes. Je sais PARFAITEMENT la menace qu’il représente. Je sais PARFAITEMENT que s’il s’alliait avec moi, ce serait pour obtenir l’Orage. Il en est de même pour les autres, Harren, Joren, Manfred. Tous c’est ce qu’ils veulent ! MON ROYAUME ! Je n’ai dit cela que pour souligner l'ignominie de votre proposition et le déshonneur qui en découlerait. Mais vous préférez me pensez assez bête pour m’allier à un autre de mes ennemis que de faire le constat de votre erreur.

Le serviteur avait profité que l’Orage éclate sur quelqu’un d’autre pour se retirer avec les plats vides et aller s’enquérir de la préparation des appartements de l’hôte de sa Reine. Il n’avait pas nécessairement envie de se prendre une cruche à travers la tête. Mais lorsque les gardes l'interrogèrent du regard, hésitant à entrer en entendant le tonnerre gronder, il fit une tête étrange qui les décidèrent. Argella n'était pas en danger, juste furieuse, comme elle en avait l’habitude, mais ils comprirent que c’était peut-être pire que ses colères habituelles. L’Impétueuse avait donc fait le tour de la table et s’approcha brusquement de Lyderik. Les sourcils froncés, le ton rageur, le regard planté dans celui de son hôte, elle termina entre ses mâchoires serrées.

__ Je ne laisserai personne me prendre mon Royaume sans me battre. Jusqu’à la mort s’il le faut, car je ne souffrirais de m’agenouiller devant personne et je n’épouserai personne d’autre que celui qui me servira jusque dans les Sept Enfers, pour l’honneur et pour la gloire, pour l’Orage.

Les gardes restèrent sur le pas de la porte du petit salon, se regardant sans trop savoir quoi faire tandis que le silence retombait sur le serment de la tempétueuse brune qui foudroyait le Mortensen de ses yeux aussi bleus que les eaux de saphir de l'Île de Torth.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMar 17 Sep - 23:02

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik





La plaisanterie et la détente semblaient enfin avoir leur place dans nos échanges et j'appréciai ce tête à tête avec une femme qui comptait sans doute parmi les plus belles que j'aie eu la chance de contempler. Aussi l'évocation d'une possibilité d'être un jour accueilli à Accalmie amicalement me surprit-elle fort agréablement. C'était sans nul doute une marque de respect pour le Roi et d'un début de confiance envers l'homme. Aussi répondis-je avec l'enthousiasme et la franchise qui me caractérisaient souvent, faisant contrepoint avec un deux autres traits de mon caractère moins agréables sans doute: la colère et le sarcasme. J'étais assez détendu pour ne montrer à ce moment que mon côté espiègle et ripailleur.

- Par les Dieux du Labyrinthe ! Comment pourrais-je ne pas honorer une telle proposition ? Passer du temps en votre compagnie, déguster les plats savoureux que votre cuisinier maîtrise avec art, et découvrir cette légendaire merveille architecturale qu'est Accalmie, édifiée en des temps mythiques  avec l'aide de créatures féeriques, sur les conseils de celui qui accomplit la prouesse d'élever le Mur ? Encore que la perspective de vous y revoir suffise seule à m'y conduire.

Cependant, le ton enjoué de notre discussion changea peu à peu lorsque j'évoquai la Maison Gardener. J'appris la situation précaire de son héritier et réagis avec une retenue qui m'était peu coutumière.

- En effet, s'il s'est fait de vous une ennemie, cet homme est sans doute malavisé. Je suis, comme lui, un Roi sans terre et j'espère l'être davantage pour espérer votre amitié.

J'avais vu très clairement le visage de mon hôtesse s'assombrir à l'évocation de cet homme et je soupçonnai qu'un différend profond et insurmontable le liait à Argella. Chercher à en savoir davantage aurait été déplacé de ma part et, en l'état, un autre sujet me taraudait. Toujours avide de franchise, je ne souhaitai pas passer sous silence mon séjour dans le Conflans, dans ce qu'il restait du Royaume des Hoare. De fait, je n'avais rien à avouer qui fût déshonorant étant donné ma situation lorsque j'y séjournai. Cependant, je réalisai un peu tard que j'avais choisi un fort mauvais contexte pour l'avouer. De sombre et peut-être mélancolique, l'humeur de la Reine devint rageuse et vindicative. Balayant mon invitation déguisée à poursuivre mon récit au coin du feu, elle vida d'une traite la coupe de vin blanc qu'on lui avait servi et serra les poings de façon suffisamment démonstrative pour ne me laisser aucun doute sur sa fureur en dépit d'un sourire qui n'en était que plus glaçant.

Elle mit en avant un détail, ou du moins ce qui ne semblait être qu'un détail à mes yeux. Quoi ? J'avais omis de mentionner son titre ?  Ce fut à mon tour de sentir se lever un déplaisir teinté de lassitude. Les présentations étaient faites, et nous savions tous deux à qui nous avions à faire. Allait-elle me balancer à chaque phrase du "Votre Majesté" et devrais-je en faire autant ? Au diable ces circonvolutions quand deux personnes se respectaient et avaient à parler de sujets aussi graves que légers qui auraient du les rapprocher ! Cependant, je gardai à l'esprit que j'étais son invité et que je devais lui témoigner reconnaissance pour l'accueil qui m'était fait. Par ailleurs la suite de ses récriminations m'éclaira un peu sur sa réticence à me voir comme un allié. Prenant une profonde inspiration je serrai le pied de la coupe de vin que le serviteur venait de me remplir avant de commencer à desservir. Si son explication quant à ce qui la liait à l'Empire était tout à fait légitime et compréhensible, si je comprenais fort bien que la décision de faire de moi son allié ne lui appartenait pas, la suite me crispa un peu plus. Me prenait-elle pour un demeuré capable de refaire deux fois la même erreur en proposant au couple impérial dont elle était féale de s'allier à leurs ennemis ? Fixant ses lèvres qui confessaient fureur et outrage, je me contins et répondit d'une voix bien plus tranchante que je l'aurais voulu:

- Votre Majesté Argella, insistai-je en articulant chaque mot, je suis peut-être un étranger maîtrisant mal votre langue, mais il ne m'a pas échappé, avec ce que vous m'avez expliqué, qu'aucune alliance n'est possible entre vous et vos ennemis actuels. Je le redis, j'ai compris à quel point ils vous ont fait tort. Je ne sais absolument pas de quoi il retourne concernant la puissance militaire du Bief, mais quand je disais que les Hoare n'étaient plus le fléau que vous décriviez, je voulais simplement souligner que leur situation me semblait plus que précaire. J'ai vu une place forte de modeste conformation, dont la population était rationnée. De redoutables guerriers, il est vrai, mais dont le nombre me semblait fort éloigné de ce qu'on m'a narré dans ma jeunesse, quand le Mestre nous exposait les razzias fer-nées comme des fléaux ravageant tout sur le passage telle une nuée de sauterelles lâchée dans un champ.

Je levai ma coupe comme pour boire à cette annonce et poursuivis en tentant de me faire entendre tandis qu'elle poursuivait sa diatribe.

- Et si vous et vos alliés avez deux fronts à tenir, ne croyez pas que cela me dissuade de proposer mes services à l'Empereur. L'insulaire que je suis sait ce que signifie tenir sur plusieurs fronts.

Rien n'y fit et tandis que les serviteurs s'éclipsaient fort prudemment, emportant les reliefs de notre festin pour ne laisser que des douceurs, le ton de notre échange, lui, n'avait plus rien de doux. Elle se leva et se mit à vitupérer en se dressant d'un air menaçant. Ainsi l'avais-je apparemment offensée sans prononcer aucune des paroles qu'elle me prêtait à présent. Oui j'avais eu l'audace de proposer une alliance des royaumes westerosis, guidé par le souvenir cruel de ce qu'il était advenu d'Essos. Oui j'avais usé de trop de familiarité, sans doute, parce que deux chats se reconnaissent comme tels et n'ont pas besoin d'aboyer pour se comprendre, quand miauler leur suffit. Du moins le pensai-je. Elle voulait que nous usions de nos titres pour nous désigner ? Fort bien ! J'allais lui servir pompeusement du votre Majesté, tandis qu'elle me nommerait Roi Lyderik. Si tel était l'usage sur ce continent, je m'y plierai. Mais qu’essayait-elle de me dire avec ses histoires de pucelle et de prince charmant ? De broderie et de naïveté ?

Ce fût à mon tour de me lever, pâle comme un linge.

- Jamais je n'ai fait offense à vos ancêtres, Majesté ! Je vous serez grée d'en faire autant en ne méprisant point mon aïeule sans la connaître. Elle fût une grande réformatrice et tint tête autant que son époux aux assauts de leurs ennemis. Elle le fît simplement avec d'autres armes que le fer d'une lame.

Je repoussai ma chaise et me levai à mon tour, mâchoires serrées, loin de reculer tandis qu'elle avançait dans ma direction, je fis un pas, puis deux, soutenant le regard d'azur qui me défiait.

- Qu'est- ce qui peut vous laissez accroire que je vois en vous mon Erylis ? Qui vous dit que je ne l'ai pas déjà trouvée ? Quand vous ai-je traitée d'idiote alors que j'affirme que je serai honorée de me battre à vos côtés ? Pensez-vous que je dirais cela si je vous voyais comme une jouvencelle brodeuse au coin de l'âtre ?

Je fis encore un pas, tandis qu'elle avançait aussi, jusqu'à se trouver prête à pointer mon torse de son doigt menaçant. Soutenant son regard, j'y plantai le mien, dont le bleu avait viré au gris des tempêtes.

- Vous a-t-il semblé que j'avais perdu la vue, lorsque, contemplant votre armure et vos armes, j'en vantais la beauté ? Sont-ce là les aiguilles et le fil d'une brodeuse ? Croyez-vous que j'ignore qu'elles ne pouvaient qu'être méritées par des actes qui en soient dignes ? Enfin, que dois-je dire de plus, pour faire taire vos reproches ? Vous auriez pu me tuer en effet.Et j'ajoutai en jetant un regard en direction de la porte où ses gardes semblaient hésiter quand à la conduite à tenir. Je préférerai encore ce sort que d'endurer de votre part haine et mépris.

Même si je la dépassai d'une bonne tête en stature, je la toisai comme je l'aurais fait avec tout adversaire qui n'avait rien à m'envier, mais tout autant, comme une femme désirable que j'avais furieusement envie d'embrasser. Autant que de gifler. Elle clamait haut et fort que jamais elle ne céderait son royaume à quiconque, ni ne ploierait le genou devant quiconque, pas plus qu'elle n'épouserait un homme à moins qu'il ne la serve dans les Sept Enfers, pour la gloire, pour l'honneur et pour l'Orage. Je n'avais jamais eu la prétention de conquérir un autre Royaume, pas plus que de faire ployer qui que ce soit, j'ignorai ce qu'étaient les Sept Enfers mais je savais que désormais on ne pouvait plus rien me prendre que l'honneur et un espoir ténu de revanche. Alors l'Enfer pouvait bien ouvrir, béantes, ses sept gueules, je n'avais rien à lui céder, mais tout à lui arracher. Quant à l'Orage, il m'appartenait de prouver de quelle manière je pouvais prendre part à sa destinée.

- Si cela peut vous convaincre de ce que je suis et de mes intentions, rendez-moi mon épée et faites moi l'honneur de me combattre séance tenante, dans cette salle ! murmurai-je alors que je sentais son souffle sur mon visage.



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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 19 Sep - 23:25









When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

La brune aux yeux céruléens se sentit rougir au compliment de Lyderik sur le fait que la seule perspective de la revoir suffirait à le faire venir à Accalmie. Elle sourit et essaya de ne pas baisser les yeux en gloussant comme une idiote. Mais le répit enjoué fut de courte durée, l’évocation de Kevan, pour lequel elle s’était fourvoyée par amour, par passion et en oubliant tous ses devoirs tout comme lui, hélas, jeta un froid. Elle se souvint de ce que sa relation avec le Gardenner lui avait coûté, en alliés, en honneur, et en rage à présent, et cette rage ressurgit. Elle n’avait pas pu laver son honneur par un duel judiciaire, non seulement celui de femme bafoué, de Reine trompée, mais surtout celui de guerrière, car elle pensait avoir apporté à l’Empire un atout, un Roi, et finalement, il n’en avait rien été, au contraire, elle avait apporté un traître en puissance dont elle craignait qu’ils ne retourne sa veste en pleine campagne de printemps mettant à mal toute la stratégie. Elle ne pouvait tolérer cela, mais elle n’avait pas pu prendre les mesures qui s’imposaient, tant lors du collège que par la suite, ni s’opposer à la proposition de l’Empereure dont elle espérait de tout son coeur qu’elle changerait les choses. Elle se souvint des nuits de luxure passées en sa compagnie, du tourbillon de la passion qui les avaient menés jusqu’au lointains rivages de l’amour fou et pur. Mais ce rivage n’était qu’un mirage, il n’y avait pas d’amour, ni de folie ni de pureté en ce bas monde, seulement le sexe, le devoir, et une réalité qui rendait leur union impossible. En entendant le Roi de Lorath lui conter l’histoire de sa maison, elle se reconnut en Erlirys, même si elle prétendit ensuite le contraire, et même si elle n’était pas une douce poétesse, elle s’était laissée charmée par un étranger, leur mariage aurait pu être beau et heureux s’il ne s’était pas comporté en rustre, leur alliance fructueuse s’il n’y avait eut les revers qui l’avaient menés à fuir le camp de son frère pour la rejoindre. Elle ne savait toujours pas si elle devait lui en être reconnaissante ou si cette trahison annonçait celles qui avaient suivi. Tant de déboirs. Et elle qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de tromper Roward Martell avec son Prince Charmant dès le retour de ce dernier à Accalmie, mettant le premier coup de poignard dans le contrat qui liait Dorne à l’Orage. Même si elle ne se l’avouerait jamais, elle savait au fond d’elle, que cet adultère y était pour beaucoup dans la décision du Prince de Dorne de retourner chez lui lorsque la guerre avait éclaté.

Ainsi, lorsque Lyderik l’appela par son prénom et son nom, brisant une fois de plus la distance qu’elle avait tenté de mettre, et qu’il la mis en garde contre le Tigre, ses plans sa puissance, comme on met en garde une petite fille n’ayant jamais connu la guerre, cela la fit définitivement sortir de ses gonds. S’en était trop ! Elle pensait que le débat sur le Tigre était clos, qu’ils avaient tous deux dit ce qu’ils avaient à dire et qu’elle avait largement répondu à ce qu’il envisageait et montré dans le même temps qu’elle n’en était pas à sa première guerre et qu’elle savait parfaitement ce qu’elle faisait et pourquoi. Mais non, il en rajouta une couche, une couche de conseils, de mises en garde. Pensait-il vraiment qu’elle s'allier avec le Tigre alors qu’il avait défait Braavos, soumis Essos, abandonné Dorne après une défaite et que les rumeurs disaient qu’il visait à présent directement l’Empire ? Le jeune homme n’était peut-être pas au courant de tout cela, mais comment pouvait-il imaginer un seul instant après tout ce qu’elle lui avait dit sur le Bief, sur les Hoare. Tout ce qu’elle avait dit sur ses alliés, qui eux étaient des gens fiables en qui elle avait toute confiance, qu’elle connaissaient réellement, et pas seulement comme opportunité d’alliance pour sauver son royaume. Ils étaient ses amis, ils étaient sa famille et ils feraient front, ensemble, et ils vaincraient, ou ils tomberaient, ensemble. Il pensait donc qu’elle se laisserait asservir ? Assujettir ? Elle était la Reine de l’Orage, personne ne pouvait faire d’elle une vassal. Il avait remporté des batailles ? Grand bien lui fasse ! Il serait honoré de se battre à ses côtés pour s’allier aux ennemis du Tigre ? Qu’il arrête en tout premier lieu de la prendre pour une idiote.

Il fallait à présent mettre les choses au point, qu’il comprenne une bonne fois pour toute que, contrairement à ce qu’il pensait, contrairement à ce que son jeune âge et sa robe pouvait laisser à penser, elle aussi avait déjà remporté des batailles, dont un siège du côté des assiégés, et aussi qu’elle avait perdu, tant et plus. Il fallait qu’il comprenne qu’elle ne s’alliait pas à n’importe qui, qu’elle ne faisait pas confiance à n’importe qui sous prétexte d’avoir un ennemi commun. Que sa confiance se gagnait, et pas seulement avec des belles paroles et un peu de séduction. Non. Plus maintenant ! Plus après Kevan Gardenner ! Plus après ce que Rhaenys lui avait rappelé : “Nous avons de trop lourdes responsabilités pour les oublier en place publique, pour nous oublier… Et si cela gâchait ce que nous avons ? Je ne peux pas prendre le risque. Tu comprends ? Ce n’est pas que je ne désire pas ton corps. Ni même que je désire pas la femme que tu es. Au contraire… Et c’est pour cela que je préfère me montrer raisonnable.”
Il y avait eut bien d’autres mots, mais ceux là résonnaient encore en elle. il y avait eut tout l’amour que la blonde portait à la Durrandon. Cela avait été si dur d’écouter sans l’embrasser, et de renoncer à cette passion pour faire preuve de raison. La Braenaryon était plus avisée, mais Argela apprenait et si elle pouvait parfois être raisonnable, elle l’avait rarement été. Seulement désormais, avec le poids qui reposait sur ses épaules, au delà même de l’Orage, la construction de l’Empire, les héritiers Braenaryon, l’absence d’héritier Durrandon, son testament, sa promesse à son peuple à ses vassaux, d’épouser celui qui se montrerait digne de devenir Prince consort de l’Orage ou peut-être Roi. Mais aussi les rumeurs sur son hérésie, les manœuvres du Grand Septon et de Manfred, son mariage chaotique avec le Martell, les erreurs commises envers lui et Dorne, sa relation avec Kevan avant et pendant et encore après, sa trahison, ses trahisons.
Le Mortensen avait peut-être tout perdu, mais pas elle, pas encore, et elle était consciente qu’elle pouvait tout perdre au Printemps, voir avant si elle ne se montrait pas raisonnable. Une étincelle qui mettrait le feu aux poudres, un rumeur, un rien, la Reine qui couche avec un étranger, avec une femme, avec le premier venu. Elle ne pouvait pas se le permettre. Elle le savait et elle luttait de la seule manière qui lui était familière : La Fureur.

__ Vraiment ? Alors si cela ne vous a pas échappé, pourquoi me refaites vous quasiment le même discours en osant oublier mon titre alors que je vous ai demandé de nous en tenir à ceux-ci il y a de ça moins de cinq minutes ? Vous pensez peut-être que, parce que vous êtes charmant et que je suis en robe, vous pouvez oublier ma requête et continuer à me suriner vos arguments fallacieux sur l’union de Westeros sans que je réagisse ? Je me fiche complètement de vous dissuader de proposer vos services à l’Empereur en vous disant la vérité, si vous n’avez pas les couilles de faire face, alors vous n’avez rien à faire à mes côtés et encore moins aux coté de Torrhen et de Rhaenys. Je ne vous ai par ailleurs, rien demandé, je n’ai fait que vous donner un conseil, et tandis que je supporte les vôtres depuis tout à l’heure, inchangés malgré mes arguments que vous avez soit disant écouter, vous ne supportez pas le moindre avertissement de la part d’une amie de ceux chez qui vous vous rendez afin de retrouver les vôtres ? Alors soit. Plus de conseil, le sujet est clos.

Elle venait de terminer lorsqu'il la provoqua en duel. Un sourire s’élargit sur les lèvres de l’Impétueuse et son regard qui n’avait déjà plus rien de celui d’une docile femme se mua en celui d’une prédatrice.

__ TRÈS BIEN !

Argella fit demi tour et alla chercher ses armes et celle de Lyderik dans la pièce d’à côté passant devant ses gardes sans s’arrêter dans sa fureur. Elle prit l’épée du jeune homme et la sienne et revint dans le petit salon. Elle lui lança sans vraiment se soucier qu’il la rattrape ou non, de toute façon elle n’avait aucun doute là-dessus. Elle releva sa robe et la coinça dans sa culotte afin qu’elle ne la gène pas, puis, elle dégaina et jeta le fourreau de sa lame un peu plus loin. Elle dit en jetant un oeil autoritaire aux chevaliers :

__ Premier sang. Si vous me tuez ici vous ne sortirez jamais vivant.

Ce n’était pas un avertissement, juste un fait qui les empêchaient de pousser le duel jusqu’à la mort, peut-être était-ce mieux ainsi pour tout le monde, mais à cet instant, Argella ne réfléchissait pas vraiment à l’avenir de sa maison, de son royaume etc, on l’avait défiée, et qu’elle en comprenne ou non les raisons, elle n’allait pas reculer.
Les chevaliers regardaient le manège avec stupeur, ce n’était pas la première fois qu’elle relevait ainsi un duel, même si c’était une première dans ses propres appartements avec un Roi invité qui avait d’abord été son prisonnier. La dernière fois qu’ils avaient essayé de la protéger dans de telles circonstances, ils s’étaient fait sévèrement rabrouer. Il ne fallait pas la prouver d’une occasion de se battre et encore moins d’une occasion de défendre son honneur, quand bien même elle mettait son honneur en danger. Alors déjà qu’elle fulminait de ne pas avoir pu tuer Kevan Gardenner en duel, s’interposer était vraiment une mauvaise idée, tout le moins à première vue, d’où leur hésitation. D'ailleurs lorsque l'un d'eux s'avança et ouvrit la bouche pour émettre une opinion, elle leva un doigt inquisiteur à son encontre et il se remit à sa place.

La Reine de l’Orage s’approcha, inclina la tête et frappa du plat de sa lame du Lorathi pour signifier le début du combat. Elle recula d’un bond, et se mit en garde, souple sur ses jambes, prête.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptySam 21 Sep - 23:08

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Le sourire de l’impétueuse biche fit écho au mien. J'avais enfin compris que nous étions rendus à un stade où mes paroles glissaient sur elle comme la pluie sur son armure et où les siennes toujours pleines de défiance avaient fini par user tous mes arguments. Je ne lui en faisais pas grief. Chacun de nous avait son vécu qui oblitérait forcément certaines perspectives. Nous tendions vers des buts différents mais qui pourraient se rejoindre un jour. Je devais patienter et attendre ce jour où elle me dirait " je vous l'avais bien dit, ce sont des monstres", ou je lui dirais "je vous l'avais bien dit, battons nous ensemble face à lui, jusqu'à la mort, s'il le faut". Pour l'heure j'étais las des discussions, comme peut l'être un guerrier. Elle aussi, je le sentais. Autre chose nous taraudait tous deux jusqu'à la moelle. Cette envie d'en découdre. Contre nos ennemis déclarés, mais aussi contre l'autre qui opposait une résistance peut-être encore jamais expérimentée. Qui, hormis le Tigre, avait osé s'opposer à moi et me résister de manière aussi virulente qu'elle, même si c'était par les mots ? A vrai dire, personne. Pas même mon irrévérencieux cousin Ulrik qui avait toujours fini par se ranger à mes arguments, même en maugréant. Qui avait osé argumenter aussi longuement avec elle sans renoncer mis à part moi ? Je l'ignorai véritablement, mais sans doute, peu d'hommes avaient-ils osé lui tenir tête hormis ses ennemis naturels.

Je la regardai franchir le seuil de la pièce et entendis, baissant la tête pour masquer mon rire, un bruit de ferraille provenant du bureau où elle m'avait reçu. Personne ne bronchait parmi sa garde. Le moment était lourd d'une tension que je ne partageais pas. Bien au contraire. Lorsque je la vis jaillir de la pièce tenant en main son épée magnifique et Knus av Ild, ma main était déjà prête à la recevoir, comme si elle devait lui revenir naturellement. Je l'attrapai au vol malgré son envergure imposante et ressentis le plaisir indicible de la tenir enfin dans ma paume. Après quelques moulinets pour m'échauffer le bras, j'empoignai mon espadon à deux mains et baisai sa lame comme d'usage chez les Mortensen. Un sourire enjôleur étira mes lèvres lorsque je répondis à la Biche.

- Si je vous tuais, je perdrais une raison de vivre et gagnerais une raison de mourir.

Puis, dans un mouvement circulaire je commençai à jauger mon adversaire, notant avec intérêt qu'elle avait su modifier sa vêture d'une façon amusante pour combattre. Lorsqu'elle vint frapper ma lame du plat de la sienne, je sus que le combat était engagé et attaquai à deux mains par une botte en trois croisés contre sa lame. Les étincelles jaillirent entre les deux langues de fer, tandis qu'elle parait avec rapidité et précision. Même si j'avais pu paraître las de mon périple, la fatigue semblait s'être envolée à la perspective de ce duel. Durant les premières passes d'armes nous évaluâmes la vélocité apparente de l'adversaire. Encore que chacun pouvait donner l'illusion qu'il voulait au début de ce combat. Je paraissais plus lent et massif, moins agile, mais j'en avais surpris plus d'un avec cette technique de combat bondissante propre aux marins aguerris à l'abordage. Mais je gardai ces capacités pour plus tard.

Après qu'elle eût paré mes premières passes, je reculai puis me fendis d'une attaque à dextre qui visait clairement à éprouver son bras d'épée. Le fil de nos lames tournoyant dans leur danse crissa en un chant aigu puis je me dérobai d'un bond sur sa droite lors de son dernier contre et la laissai s'engouffrer dans le vide laissé par mon bond de côté. Mon estoc vint caresser sa cambrure tandis que je marquai d'une belle estafilade la soie de sa robe, sans pour autant léser la chair qu'elle recouvrait.. Je relevai ma lame tandis que la sienne venait de prendre une nouvelle trajectoire et qu'elle pivotait. Aurais-je le temps d'éviter une belle balafre? Je savais avoir de trop baissé ma garde dans l'action.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyDim 27 Oct - 2:17







When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

Les Reines n’ont pas l’habitude qu’on s’oppose à elle, on peut bien être en désaccord profond avec sa souveraine, soit on se tait, soit on le dit avec des pincettes, et si Argella avait appris à entendre les avis divergeant et allait même parfois jusqu’à les écouter voir à les prendre en compte, elle décidait. Elle décidait seule, en son âme et conscience, et on ne s’opposait pas à ses décisions, certains avaient essayés, ils s’en étaient mordus les doigts, et c’était cela gouverner : décider, que cela plaise ou non. Faire de son mieux la plupart du temps, pour concilier les intérêts des uns et des autres avec ceux du Royaume, mais parfois, imposer, ordonner, parce que cela était nécessaire afin que les choses avancent. L’Orageuse n’était pas connue pour ses talents de diplomate, et c’était bien le cadet de ses soucis, surtout depuis qu’elle avait décidé de laisser les rênes du Collège impérial à plus apte aux palabres qu’elle. Elle en avait marre de discuter, elle voulait combattre effectivement, reprendre ses terres et guerroyer. Son père était belliqueux et elle était faite du même bois. Elle préférait rompre que plier. Elle préférait que sa vie ne tient qu’au fil de son épée le cul posé sur un cheval de guerre, plutôt que de faire de la politique à l’abri des remparts le cul posé sur une chaise. Et cela faisait bien trop longtemps qu’elle ne s’était pas battue. Il était temps de retrouver le goût du sang et la douceur de le douleur, cela serait salvateur, même si ce n’était pas un duel à mort.

L’un des deux gardes, celui qui ne s’était pas avancé, leva les yeux au ciel, mais ils ne bronchèrent pas pour autant, gardant simplement la main sur leur garde afin d’intervenir si la vie de leur Reine était en danger. Avec la lame effilée du Lorathi, peut-être interviendraient-ils trop tard, hélas, s’il avait de mauvaises intentions, mais même si le risque n’en valait pas la chandelle, Argella avait décidé de le prendre. Et tout compte faits, peut-être valait-il mieux qu’elle se défoule sur un étranger que sur eux. Une seule chose était certaine à présent, si Lyderik tuait la Durrandon, il serait mort en moins de trente secondes. C’était probablement un excellent combattant, comme l’était la jeune biche, mais la garde personnelle de cette dernière était composée de chevaliers expérimentés et excellents bretteurs, comme il se doit. De plus, ils étaient en armure, de plate, et si cela pouvait présenter quelques inconvénients pour l’agilité, cela présentait l’avantage certain de pouvoir se jouer de l’allonge du Mortensen en acceptant de se prendre un coup pour lui en porter un fatal aisément puisqu’il n’avait que peu de protection. Enfin, le château était blindé de soldats en alerte à cause des puînés et qui, pour beaucoup, avaient vus le prisonnier arriver un peu plus tôt, alors même s’il arrivait à tuer les deux hommes, il lui faudrait traverser le couloir, l’escalier, passer devant la grande salle et descendre les marches du perron avant de traverser la cour et sortir d’une cité dont la défense avait été renforcée et réorganisée par Argella. Alors certes, c’était surtout dans le but de ne laisser entrer personne, mais les aller venues étaient très contrôlées en règle général et les remparts,chargés d’archers et d'arbalétriers.

Les deux guerriers se mirent à se tourner autour comme deux fauves prêtes à se jeter l’un sur l’autre, et c’était bien ce qu’ils étaient, des fauves. Des fauves ravis, l’un comme l’autre, d’en découdre et de cesser les palabres une bonne fois pour toutes. Il était temps de laisser la politique à ceux que ça intéressait et de se mesurer acier contre acier. Que l’ouragan et l’orage se déchaînent et que le tonnerre résonne, que les éclairs illuminent le ciel. Comment aurait-il pu en être autrement pour une telle rencontre ? Le bruit des lames s'entrechoquant était la plus belle des musiques et Argella sentit un frisson remonter le long de son échine, son sourire en coin se fit plus carnassier encore. L’excitation de cette danse féline macabre et pourtant si vivante était à son comble tandis que les étincelles se reflètent dans le regard enflammé dont elle gratifia Lyderik en grognant avant de le repousser avec force. Elle attaqua à son tour, une passe simple, sans fioriture, mais sans prise de risque inutile. Elle le jaugeait, il la jaugeait. Elle se laissa prendre naïvement à la feinte du jeune homme qui en profita pour fendre une robe d’une grande valeur. La Reine mère serait probablement furieuse, mais Argella n’en avait cure. Elle s’était fait avoir une fois mais pas deux, et elle profita de l’opportunité laissée par le temps que le Mortensen mit à relever sa lame après avoir pris garde de ne pas la blesser. D’un coup puissant, elle reposa la lame vers le bas et l'extérieur la laissant au contact afin de passer l’allonge, ainsi rapprochée elle lui mit un crochet du gauche légèrement plongeant en pleine mâchoire avec tout l’élan du mouvement.

L'Impétueuse était rapide et agile, elle pouvait sembler moins forte, mais elle avait des années d'entraînement dans les pattes, un corps de femme, mais un bras d’acier. Heureusement pour son adversaire, elle avait frappé avec le bras gauche et non le droit, son bras le plus faible donc, de plus, il avait été plus rapide qu’elle (13) et donc, elle ne parvint pas à repousser le coup de manière optimale et à frapper avec toute sa force. Mais ce n’était pas terminé et malgré le semi échec, elle continua dans son élan. Le Mortensen pouvait sembler plus lourd, quelque chose lui disait qu’il pouvait se montrer aussi bondissant qu’elle s’il le voulait. La précision et la vitesse de son coup précédent avait commencé de lui mettre la puce à l’oreille. Voulant vérifier cette théorie, elle pivota sur elle même dans l’élan du coup précédent et attaqua avec une passe rapide dans son dos, mesurant sa force pour éviter de le tuer s’il ne parvenait pas à parer. Puis, feintant finalement un coup de taille aux épaules, elle roula au sol et lui balaya les chevilles avec une jambe puis se remit sur pieds en fin de roulade. (16)


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptySam 9 Nov - 0:43

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




J'avais relevé, non sans amusement, l'étrange ballet de regards des deux gardes de l'Orageuse qui avaient sans doute la délicate mission de la protéger sans entraver sa volonté, ce qui ne devait pas être tâche aisée au quotidien. Un pas en avant, deux en arrière. D'un seul regard, d'un seul geste, elle avait donné ses directives. Un combat au premier sang, c'était là tout ce que je désirais, n'ayant jamais eu pour dessein d'attenter à sa vie, bien au contraire. Nous étions deux fauves, butés et meurtris, je le sentais confusément, elle avait en elle une rage, une colère trop puissantes pour n'être mues que par un caractère ombrageux. Qui l'avait blessée ? Qui avait pu atteindre une femme aussi forte et impétueuse ? J'avais bien senti aussi que la vindicte dont j'avais fait l'objet dans nos derniers échanges ne résultait pas de ma seule argumentation. A travers moi, c'était contre d'autres qu'elle s'emportait, d'autres griefs qui s'exprimaient. Un jour, peut-être, me dirait-elle lesquels et qui lui avait fait autant de tort, autres que ses ennemis, pour la mettre dans un tel état. Si ce jour venait, alors cela signifierait que nous étions devenus amis. Car tout me laissait à penser dans ses réactions, qu'elle n'était pas femme facile à se livrer, tant au lit, qu'à la confidence.

J'étais d'un naturel confiant, trop sans doute. Il en avait toujours été ainsi. Je n'étais pas de ces hommes ravagés par la paranoïa et voyant des ennemis partout, même là où il n'y en avait pas, ni redoutant l'ombre qui pouvait dissimuler une main traîtresse. Chaque homme devait mourir un jour, il ne servait à rien de se ronger les sangs à redouter la mort, il fallait vivre tant qu'on le pouvait et se battre pour rester en vie quand l'ennemi se révélait. Westeros me semblait remplie de personnes qui vivaient en perpétuelle angoisse d'un complot, d'une trahison, comme si les prévoir, les anticiper pouvaient le faire échapper à ce qui était écrit. Sur Lorath, nous vivions différemment. Nous renforcions nos défenses, engrangions des vivres pour tenir et partions piller quelques navires de commerce, ou soutenir quelque allié dans son combat. Mais il y avait longtemps déjà que le Royaume de Lorath avait renoncé à conquérir et asservir d'autres royaumes, préférant vivre à l'écart des conflits, tant qu'ils ne venaient s'imposer sur ses rivages. Notre seul combat offensif se cantonnait au commerce et à quelques représailles contre ceux qui l'entravaient. Nous n'étions pas un peuple belliqueux. Ce qui ne voulait pas dire que nous ne savions pas nous battre. Il faut autant de bravoure et de courage pour défendre ce qu'on possède et chérir la paix que pour aller arracher des possessions étrangères et porter la guerre sur un sol qui n'est pas nôtre. Parfois, il est même plus courageux de choisir la paix que la guerre, d'être l’assiégé que l'envahisseur. Mais je doutais que l'impétueuse partage cette vision de la vie.

J'aimais me battre contre un adversaire valeureux, j'aimais le fracas des batailles, mais j'aspirais bien plus encore à la sérénité et au bonheur. Je savais pourtant que cet aspect mesuré de ma personnalité avait été grandement mis à mal par l'agonie de mon peuple et que face au Carradreon le sang le plus sombre qui coulait en moi se déchaînerait. Et j'avais eu, à Pierremoutier, un aperçu de ce dont j'étais capable quand cette facette brute et sauvage se réveillait, lorsque j'avais combattu contre Yoren Hoare. Il me fallait éviter que cela se reproduise avec la Reine Argella. Lui mordre la cuisse ne serait pas la meilleure façon de s'attirer ses faveurs, sa confiance ou son amitié. Encore que fendre sa magnifique robe n'était pas sans risque non plus. La riposte à mon audace ne se fit pas attendre et je me pris un royal crochet dans la mâchoire. Surpris, je m'ébrouai pour rassembler mes esprits tout en lâchant un rire franc et sonore. Quelle fougue, quel panache ! Aurait-elle été moins jeune et moins hystérique, j'aurais pu tomber amoureux. Mais je ne devais pas me laisser distraire par le charme qui irradiait de cette femme magnifique, car pour l'heure c'était la douleur qui irradiait aussi mon maxillaire et la vibration de ses parades dans mon bras d'épée. Caractère de merde et frappe d'acier, j'avais l'impression de me battre contre mon alter ego féminin. J'eus à peine le temps de me masser ma mâchoire qu'elle attaqua de rechef en pivotant sur elle-même sur sa lancée pour se retrouver en une fraction de seconde derrière moi. (16) Je parai par un coup arrière croisé qui bloqua sa lame du bout de mon espadon et l'empêcha d'atteindre mon dos, mais le poids de ma lame me déséquilibra et je ne pus sauter pour éviter d'être fauché lorsque sa jambe heurta mes chevilles. Je me retrouvai sur les fesses tandis qu'elle roulait puis se relevait dans le même élan. Cette femme était aussi souple que les lianes des mangroves. (6)

Un peu piqué au vif de m'être ainsi laissé surprendre, je me remis sur pied en bondissant et me replaçai en garde basse cette fois, me méfiant plus que jamais de son joli jeu de jambes et de ses poings vicieux. Elle voulait jouer à ça ? Reprenant mon épée  des deux mains, j'enchaînai trois passes croisées et me dérobai subitement sur le côté pour la faire plonger en avant tout en lui décochant un coup de la fusée de Knus av Ild dans les côtes, puis je bondis en arrière pour mettre de la distance entre nous et, tandis que ses cheveux volaient dans les airs accompagnant le mouvement qu'elle amorçait, ma lame frôla une de ses mèches dans un crissement soyeux. Après la robe, avais-je réussi à lui voler un souvenir plus intime ? Je déviai mon coup pour qu'il aille frapper sa lame et non son bras gauche qui m'avait outragé. Je ne voulais pas déjà le premier sang, j'avais envie de prolonger un peu le plaisir. Un sourire narquois étirant mes lèvres, je balayai du regard le sol, cherchant une éventuelle trace de sa carnation. Un éclat facétieux brilla dans mes yeux lorsque de la pointe de ma lame je soulevai le trophée tant convoité que je déposai délicatement sur la table avant de me remettre en garde. Nos deux regards se confrontaient à nouveau et quelque chose me disait que l'orage n'était pas loin d'eéclater. (17)


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptySam 9 Nov - 23:07







When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

Argella n’eut pas le temps de sauter sur son adversaire déséquilibré qu’il se releva. Elle fit une moue rageuse accompagnée d’un grognement et dut se remettre en garde rapidement avant qu’il ne soit en mesure de frapper à son tour. Elle para les trois passes rapides sans difficulté. Sans surprise, le combat venait de passer à la vitesse supérieure. (17) Elle s’y attendait et ne se laissa pas emporter par son élan. Elle pivota afin de faire face à son adversaire et eut tout juste le temps de voir le coup arriver. Elle ne put l’éviter mais seulement l'arrêter avec son bras plutôt qu’avec ses côtés. Seulement contrairement à d’habitude, elle n’avait pas d’armure, aussi, c’était moins douloureux, mais douloureux quand même. Qu’importe, elle en avait vu d’autres, elle s’en était pris de bien plus méchantes de la part de Trystan Selmy entre autre. Elle allait juste avoir pendant plusieurs jours un énorme bleu sur le bras. Et la douleur avait ceci d’exquis, qu’elle réveillait plus encore les instincts du combat. Elle plongea son regard céruléen dans celui de Lyderik et sourit. Elle tounoya avec sa lame, mais quand celle-ci arriva sur le Mortensen, il avait reculé et elle passa, à plat, à quelques centimètres de son diaphragme. Dans le même temps, il avait frappé de taille avec l’allonge supérieure de son épée et coupé une mèche de ses cheveux qui tomba avec légèreté sur le tapis. Les lames s’entrechoquèrent avec fracas et des étincelles jaillirent de l’acier. C’est alors qu’elle s'aperçut que de l’outrage fait à sa chevelure, Lyderik venait de ramasser ses cheveux et les déposa sur la table. Il eut beau se remettre rapidement en garde, il s’était déconcentré et ramollie afin de faire le malin et elle n’allait pas laisser passer cette chance.

La Durrandon se précipita, peut-être un peu trop vers son adversaire. (9) Elle feinta un coup d’estoc vers la jambe gauche de Lyderik, et tailla de droite à gauche. A la fin du mouvement, elle redressa son arme d’un mouvement du poignet pour repousser celle du Lorathi avant de tourner sur elle même en s’approchant au plus près de lui pour le frapper au visage avec son coude gauch. Puis, en continuant de pivoter elle se remit face à lui attrapa son bras d’épée avec sa main gauche pour le tenir à distance et ramena son épée sur sa droite afin de le couper doucement avec en plongeant son regard dans le sien, leurs visages tout proches, le sien furieux.

Pour les gardes, rester sans rien faire alors que leur Reine se battait avec un parfait inconnu tous deux doté de lames parfaitement affutées était un véritable supplice. Il fallait avoir confiance en elle, mais aussi confiance en lui, or, s’ils avaient tout confiance en les capacités de la brune à rester en vie, ils ne pouvait en revanche pas complètement se fier à l’étranger présent malgré le fait qu’il ne semble pas avoir eut de velléité de tuer l’Orageuse. En cas de mauvais coup, en cas de piège, même en cas d’accidents, c’était une catastrophe. Rowenna ne manquerait pas de les faire exécuter tous les deux, mais surtout, Accalmie resterait sans souverain et sans héritier aucun, l’Orage risquait de sombrer dans la guerre civile au pire moment. Heureusement s’il arrivait que la jeune biche s’occupe de politique, entre deux combats, parfois, quand elle en avait envie, eux non, et ils connaissait suffisemment leur Guerrière de Dame pour ne pas entraver un duel, même s’il leur fallait serrer les fesses et parfois même fermer les yeux. Evidemment ils avaient tous deux toujours la main sur leur garde, prêts à arrêter un coup, prêts à se jeter devant elle pour la protéger et se prendre l’espadon à sa place, prêts à tuer Lyderik ou à l’arrêter pour aller chercher le Mestre en courant. Mais cela restait une folie, une nouvelle, de la part de l’impétueuse, ils le savaient, elle le savait aussi, et elle s’en fichait royalement. La caresse de la mort la rappelait à la douceur de la vie. Ainsi était la Cavalière de l’Orage, Barge la surnommait-on désormais à Fort-Darion. Ils n’y pouvait rien. Deux chevaliers constipés et à l'affût du moindre signe de volonté meurtrière de la part du Mortensen ou d’un coup trop dangereux ne pouvait rien contre la rage, le feu, la tempête, la mémoire d’Argilac.

Elle était née femme alors qu’il aurait fallu un mâle pour assurer l’héritage et la lignée des Rois de l’Orage. Elle n’avait pas choisi son sexe, mais elle avait choisi sa voie, la plus dangereuse, parce qu’elle était une Durrandon, parce que personne ne mènerait l’armée à sa place. Elle n’était pas née forte et impétueuse, elle l’était devenue, par la force des choses, parce qu’elle n’avait pas d’autres choix. Qui l’avait blessée ? Sa mère qui n’avait jamais accepté qu’elle ne veuille pas devenir une Dame, une Lady comme elle qui attend que les hommes la défendent. Son père qui avait continué d’attendre un fils, encore et toujours, même après qu’elle ait commencé l'entraînement, même après qu’elle se soit illustrée ,en tournoi sur le champ de bataille. Il n’avait jamais cessé d’attendre malgré le resepct et l’amour qu’il avait pour elle. Et elle n’avait jamais cessé de craindre que l’arrivée d’un fils la relègue au rang de princesse à marier pour assurer une alliance. Sa place était loin d’être assurée, encore moins sûre et sans danger, pas plus que son règne et sa couronne, pour légitime soit-elle, mais au moins, il n’y aurait pas une petit frère qu’elle haïrait autant qu’elle l’aimerait.

Les petites filles sages vont au Sept Paradis, les autres vont où elles veulent. Mais les chemins de traverse ne sont jamais dénués d'embûches, de souffrances, de blessures, de conscience exacerbées des injustices et des potentialités étouffées par les carcans de la société. On y marche sur les os de ceux qui les ont empruntés avant nous, on n’y voit jamais le bout du tunnel, la lumière divine, l’aube pleine d’espoir. On n’y ressent pas la chaleur du soleil, la terre se dérobe sous nos pieds à chaque pas, on y avance à l’aveugle, sans repères, sans autre armure que notre âme, sans autre arme que la volonté de continuer, où qu’ils nous mènent. Le froid de la solitude y règne en maître et les prédateurs prêts à vous dévorer ne sont jamais loin. Les chemins de traverses sont sombres, chaotiques, ils sont emplis de mort, de sang et de peur.


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Argella Durrandon

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Argella Durrandon
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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyMer 13 Nov - 2:30

When Storm meets Hurricane
Argella x Lyderik




Ce duel commençait vraiment à prendre son envol, une tournure que j'avais espéré. L'armure et la lame de l'impétueuse n'étaient pas usurpées. Le coup que j'espérais asséner dans les côtes à mon adversaire aurait pu atteindre plus d'un vaillant guerrier car je l'avais amorcé avec traîtrise et fulgurance, en bon guerrier habitué aux combats navals qui doivent se conclure rapidement. On ne guerroyait pas sur le pont d'un slanghaven comme sur la terre ferme. Pourtant elle parvint, cette diablesse, à le détourner sur son bras. Certes, elle avait dû sentir la douleur, mais ce n'était rien en comparaison d'un coup porté au côté, qui peut vous fêler ou vous briser quelques côtes et vous couper le souffle. En outre, ce n'était pas son bras d'épée que mon coup avait atteint.

J'avais fanfaronné en tailladant sa robe, en coupant une mèche de sa belle chevelure, et je savais bien, au fond de moi, pourquoi je m'efforçais de rester dans ce ton léger du batifolage de lames. Tant qu'il s'agissait de faire montre de notre habileté mutuelle, je restais à l'abri de voir ce monstre resurgir en moi. Si cela devait arriver, je n'avais aucune chance de m'en sortir. Je pourrais tuer dix gardes ou plus dans ma frénésie sanguinaire, mais je n'e sortirais pas vivant, et même, si cela pouvait advenir, je ruinerais toutes mes chances de trouver en l'Orage une armée à laquelle me rallier, offrir mon bras. Je me discréditerais aux yeux de ses allié de l'Empire qu'elle avait l'air de tenir en haute estime. Perdre aujourd'hui pour gagner demain. L'accepter était plus facile à penser qu'à faire, lorsqu'elle me défiait de son regard si limpide, si bleu. Pourtant je devais me préparer à de telles déconvenues et pas uniquement dans le duel des lames. Le verbe avait passablement échoué ce soir. Certes j'étais passé du statut de prisonnier à celui d'invité. Mais je sentais intuitivement que je n'étais pas pour autant le bienvenu en ces lieux, perturbant par ma seule présence l'emploi du temps chargé d'une souveraine se préparant à une guerre qui n'était pas encore la mienne.

Je me confrontais aussi à une logique qui n'était pas mienne. Westeros pulsait différemment d'Essos dans ses soubresauts. Il ne suffisait pas d'avoir un ennemi commun pour devenir des alliés ici. Trop de blessures non cicatrisées, de haines jamais éteintes secouaient ces royaumes pour qu'ils acceptent de former une union sacrée contre une menace extérieure. C'était leur destin. Cela leur coûterait sans doute plus qu'ils n'imaginaient. Cela leur vaudrait peut-être un chaos terrifiant, mais je ne pouvais pas lutter contre le cours d'un fleuve dont je ne comprenais pas la destination. J'étais sincère dans ma volonté d'allégeance mais je ne pouvais perdre mon temps à me heurter à des murs de défiance et d'incompréhension. Sans doute si j'avais abordé l'Orage ou l'Empire à la tête d'une flotte complète de quelques quarante navires de guerre, aurais-je été autrement écouté et considéré. Je n'avais que ma lame et mon expertise, ma rage d'en finir avec le Tigre à offrir. Ce n'était pas assez pour ouvrir certains yeux. J'irais trouver l'Empire et tenter de le convaincre, et si j'y échouais, je me tournerai toujours et encore vers mon destin. Si ce continent, cet empire ne voulaient prendre au sérieux la menace qu'était le Diadoque de Volantis, alors mon devoir serait de rallier les miens et de les mettre à l'abri en Westeros, sur le dernier territoire que le Tigre songerait à attaquer. Quel était-il ? Je l'ignorais encore à ce jour.

Pour l'heure, je devais affronter un fauve hybride portant des andouillers et j'avais perdu quelques précieuses secondes à déposer mon trophée sur la table. Perdu, en apparence, car c'était bien cela que je m’efforçais de maintenir. Un apparence d’innocuité, de non menace.

La contre attaque fut des plus instructives, toute en feinte, tandis que ma jambe senestre était visée puis finalement évitée pour mieux me frapper au visage d'un coup de coude. Encore un. Décidément, il semblait que l'adversaire préférât les atteintes de corps que de lame. C'était justifiable dans un combat au premier sang si on souhaitait le prolonger encore un peu. Et, à vrai dire, je n'avais pas encore envie que cela se termine. Pourtant, il y avait une fierté qui m'empêchait de trop céder. On pouvait me frapper au visage, on pouvait dévier ma lame, mais me saisir le bras, me toucher physiquement d'une main c'en était plus que je ne pouvais supporter sans réagir. Sa main bloquait symboliquement mon bras d'épée. Son coup de coude marquait encore mon visage. Puis sa lame vint  effleurer ma joue et la marqua d'une estafilade sanglante. Encore une qui s'ajoutait à d'autres cicatrices antérieures.(5) Mais pourtant elle avait baissé une autre garde en se rapprochant ainsi de moi. Elle pouvait afficher regard plein d'une ire injustifiée et tenter de m'humilier. Mes yeux dont le bleu avait viré à la tempête ne se baissaient pas pour autant, la défiant tout au contraire. J'appuyai le mouvement pour me rapprocher encore davantage jusqu'à ce que nos lèvres s'effleurent et que nos souffles se mêlent, puis, alors qu'un sourire enjôleur éclairait mon visage, ma jambe gauche se replia et mon genou vint frapper son aine tandis que je croisai ma lame pour la repousser au loin et dardait dans le même mouvement  la pointe de Knus av Ild contre son cou délicat. (14)

Rien de décisif sur le plan purement technique car sa botte basse pouvait m'atteindre mortellement, mais jamais Lorath n'accepterait de voir son bras armé contenu. Je n'étais pas un de ses gardes qui se pliait à son bon vouloir, et lui passait tous ses caprices. Je n'étais pas son instructeur qui ne travaillait que ses réflexes face à une situation classique. Je pourrais faire couler le sang de sa jugulaire tandis qu'elle m'éventrerait. Nous mourrions tous deux et deux royaumes perdraient leur défenseur. Mais ce n'était pas à cela que je voulais en venir. Bien au contraire. Si j'avais été un assassin infiltré, déguisé en roi, prêt à mourir pour mener sa mission à bien, ce serait déjà fait. Le comprendrait-elle ? Seule sa rage démesurée l'avait poussée, du moins le pensais-je, à s'exposer autant.

Je reculai et me signai, plaçant mon épée à la verticale devant mon visage, tout en la repoussant brutalement.

- Majesté, votre colère pourrait vous coûter la vie face à l'ennemi. Elle vous gouverne face à moi, alors que je n'en suis pas un. Je n'ose imaginer ce qu'elle vous ferait prendre comme risque inconsidéré face à ceux qui vous menacent réellement.

Ayant dis cela, je m'adossai à la table, mon épée en garde basse. Je la scrutai en essayant de masquer cet étrange trouble indéfini devant une femme qui avait tout pour me plaire mais dont l'intempérance me déroutait.

- Ne vous trompez pas d'ennemi. Et surtout ne devenez pas votre pire ennemi. Je vous en conjure, car il n'est rien que je désire moins que de vous voir périr et me priver du plaisir de vous revoir. Reprenons, si vous le souhaitez encore... Dis-je d'une voix forte, en négligeant la balafre sanguinolente qui barrait ma joue.


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MessageSujet: Re: [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé]   [FB] When Storm meets Hurricane [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 21 Nov - 12:39








When Storm meets Hurricane
Lyderik & Argella

La Durrandon sourit tandis que le Mortensen soutenait son regard, encore heureux qu’il ne se laisse pas intimider, elle ne pouvait en attendre moins d’un Roi, d’ailleurs, sa rage ne l'empêchait en rien de s’amuser, beaucoup. Elle était presque triste qu’il n’ait pu parer son coup et que le combat qui enfin devenait intéressant prenne fin si vite. Mais elle lui avait fait payer son affront, tant pour la robe que pour les cheveux, alors c’était peut-être mieux ainsi. Tandis qu’il la regardait avec la même rage qu’elle lui adressait, elle ne baissa pas plus les yeux que lui et pas davantage lorsqu’il la tira contre lui. Elle se contenta de le regarder en respirant fort après l’effort fourni, soulevant quelques mèches de cheveux à chaque expiration. Que cherchait-il donc ? Elle avait gagné. Elle lui aurait bien mit un coup de tête dans le nez, mais le combat était terminé à quoi bon lui faire mal gratuitement. Elle aurait aussi pu lui mordre la lèvre au sang et lui mettre un coup de genoux dans les parties avant de le repousser, mais elle n’en fit rien. Attendant de comprendre ce qu’il cherchait en frôlant ses lèvres avec les siennes.

Le coup de genoux à l’aine fut très douloureux, d'autant plus qu’elle ne s’y attendait absolument pas. Elle se plia en deux sous le coup de la douleur et ne put aucunement réagir à ce qui suivit. Lorsque la lame du Lorathi effleura le cou de la Reine de l’Orage, l’entaillant juste assez pour que le sang se mette à perler sur sa gorge d’albâtre, les gardes eurent ensemble un mouvement vers l’avant et dégainèrent leurs armes, les pointant sur l’invité. Trop tard, Lyderik recula, les lames le suivirent, menaçantes. Argella était toujours en vie, s’il avait voulu la tuer se serait fait et si elle avait voulu le tuer, il serait mort en premier. Elle fit signe à ses gardes de reculer et ils s'exécuterent. C’est avec un sourire narquois qu’elle accueilli la vengeance mesquine du vaincu. Recueillant le sang avec son pouce et s’en faisant une marque sur la joue, elle affirma :

__ J’ai gagné.

La jeune biche désigna l’entaille faite sur son visage un instant plus tôt.

Ainsi donc, il mit fin au combat après s’être vengé. Soit. Et le voilà reparti dans un de ses sermon. L’écoutant vaguement d’une oreille, la guerrière de l’Orage alla ranger son épée dans son fourreau. Elle se tourna ensuite vers lui et haussa les épaules avant de répondre :

__ Vous êtes mauvais perdant. C’est tout.

Elle soupira.

__ Croyez vous que je charge l’armée adverse en robe avec mon épée seule ? Vous pensez que ma rage me joue des tours, mais elle me garde en vie tout au contraire. Si en lieu et place d’un duel au premier sang, c'eût été un combat à mort, vous seriez tombé avant d’avoir pu répliquer. Alors cessez un peu de me faire la leçon parce que vous vous privez tout seul du plaisir de me revoir.

Qui tentait d’humilier qui et qui se sentait humilié au point de ne plus accepter la défaite comme un guerrier ? Elle avait frappé, elle avait coupé, c’était un duel. Il faisait mumuse avec robe et cheveux, soit, et c’était encore plus humiliant que de se battre pour de vrai. Pour qui se prenait-il donc et pour qui la prenait-elle pour imaginer qu’elle continuerait longtemps ce petit jeu où elle était nécessairement perdante puisque vêtue d’une robe qu’il pouvait taillader à l’envie. Lui pouvait humilier et elle n’avait pas le droit de répliquer. S’il voulait cueillir des pâquerettes, il pouvait aller le faire avec une servante, en attendant, il avait relevé le défi avec la Reine de l’Orage et elle ne se battait pas en s’attaquant aux vêtements ou aux cheveux des autres. Elle se battait pour gagner, ou vivre selon les cas.

__ Bonne nuit.

La Reine Orageuse l’invita à sortir. Elle n’avait aucune envie de l’entendre encore une seconde de plus déblatérer ses conneries sans queue ni tête au sujet de la colère qui gouverne. Elle était l’Impétueuse, évidemment qu’elle prenait des risques, elle était une guerrière, une guerrière prenait nécessairement des risques. Quand on vit par l’épée il faut s’attendre à mourir par elle, c’était quelque chose qu’elle avait compris très tôt et qui n’avait jamais quitté son esprit. Mais elle était aussi parfaitement consciente de ses responsabilités et de son statut, sauf que toute Reine soit-elle, si en tant que guerrière elle ne menait pas ses troupes en tête de charge, elle perdait le droit de porter les armes et on la relèguerait bien vite à Accalmie à pondre des héritiers. Si elle avait acquis une telle réputation et avec elle, la loyauté de ses hommes et de ses généraux, c’était bien parce qu’elle prenait des risques. Et ses risques, elle les mesurait toujours à l‘aune de l’absence d’héritier, des combats encore à mener et de sa lignée.


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