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La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]
MessageSujet: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 18 Juil - 13:16

La larme dans l'oeil est
la blessure dans le coeur
Trois semaines, c'est long. Nous serons peut-être amis d'ici là. [An 1 Mois 7 S4]

Nous sommes arrivés à Winterfell depuis environ deux ou trois jours, le trajet avait été fort long sous la neige du Nord. Il y a une semaine de ça, alors que je préparais nos affaires pour que nous retournions sur l'île aux Ours, nous avons reçu l'ordre de rester à Winterfell. Nous devons être présents pour le début du mois prochain, ce qui nous empêche de faire l'aller-retour de l'île jusqu'ici, puisque le trajet prend 2 à 3 semaines dans un seul sens.

Je ne peux cacher ma déception l'idée que mes hommes ne retrouvent pas les survivants de leurs familles, et ne puissent visiter les tombes de leurs proches. Une part de moi est tout  de même soulagée, contre mon gré. Je n'aurais pas à voir la tombe de Nesrin, elle pourra vivre un peu plus longtemps dans mon coeur, comme un fantôme. Mais ce n'est pas autant que je vais bien. En remontant le Conflans, j'avais eu hâte de revenir, j'avais cru que l'air du Nord me ferait du bien, qu'il guérirait mon coeur. Mais ce n'est pas le cas. Le Nord est là, tout autour de moi, et je ne peux cesser de penser à l'île aux Ours. Plus d'un demi-millier de kilomètres me sépare de la tombe de Nesrin, de mon peuple et du reste de ma maison. Je ne peux noyer mon chagrin qu'avec mes hommes, ils sont les seuls qui puissent comprendre. Aucun soldat allant à la guerre ne s'attend à survivre à sa famille. C'était à moi de mourir, pas à Nesrin, pas aux centaines de gens de l'île aux Ours.

J'ai besoin de temps seul, en tête à tête avec moi-même. Je passe beaucoup de temps dans le Bois des Dieux, entre le plan d'eau et l'arbre sacré. Je ne viens pas pour prier, loin de là. Je n'ai plus la force de prier depuis des mois. Je viens pour la paix, le calme et la solitude.

Je suis adossé contre un contre d'arbre, à même le sol enneigé recouvert d'une petite couverture pour que mon cul ne gèle pas. Depuis une semaine, j'ai trouvé une occupation simple pour me vider l'esprit. À côté de moi réside un petit sac rempli de petites bûches en bois, toutes à peine épaisses d'environ deux pouces. Avec un simple couteau, je sculpte les morceaux de bois en forme d'ourses, parfois des guerriers, parfois différents ours costumés. J'avais le projet d'un faire seulement un, pour Nesrin. Mais me voilà entrain d'en faire pour tout les morts. Je ne suis guère un artisan du bois, chaque ours m'occupe tout juste une demi-journée.

Alors que je sculpte un énième ours en bois, j'entends un craquement plus loin derrière moi. Le bruit me fait faire un sursaut, et le couteau m'entaille légèrement la main. Je grogne sous la douleur, pestant intérieurement.

- "Merde, fait chier !" dis-je d'un ton courroucé en cherchant d'une main un mouchoir dans ma veste.

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MessageSujet: Re: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptyDim 4 Aoû - 22:24

« Dis, Oncle Bowen ? »

« Oui, Benjen ? »

« Pourquoi est-ce que tu vas dans le Bois Sacré et pas moi ? »

Benjen Manderly était un petit garçon adorable, qui avait la capacité de faire fondre l’aspect rude de son cher oncle en l’espace de trente secondes, ce qui était probablement un exploit presque impensable de l’avis général. C’était aussi un moulin à paroles, un débiteur de questions à la rapidité légendaire, et avec un don certain pour ne poser que les plus gênantes. Comme quand il avait demandé à Maedalyn d’où venait Torrhen. Bref, Bowen débordait d’affection pour son neveu, mais là, il venait de lui poser une question à laquelle il ne s’attendait pas, et n’avait absolument aucune idée de comment lui expliquer, et surtout quelles étaient les limites tolérables par son beau-frère. Il savait que Benjen avait une septa qui l’avait suivi jusqu’à Winterfell et qui s’occupait de son éducation, mais il admettait ne pas savoir exactement quelles étaient les connaissances de l’enfant. Et avait du mal à trouver les mots pour s’attaquer aux questions religieuses avec un garçonnet de cet âge, qui de surcroît n’était pas son fils, et se trouvait être l’héritier d’une autre maison que la sienne. Une fois de plus, le Glover se mit à regretter amèrement l’absence d’Alysane et de Byron, car même si l’enfant ne manquait de rien, il avait conscience que cette longue séparation lui pesait cruellement, et il était prêt à parier que cette interrogation avait davantage à voir avec ses parents qu’avec les dieux. Un bref instant, il hésita même à ne pas répondre, mais Benjen tira légèrement sa cape avec insistance. Pas moyen d’y échapper donc. Même si Bowen le gronda doucement :

« On ne fait pas cela, jeune Lord. »

« Pardon, mon oncle. »

Sa mine contrite dura l’équivalent de deux secondes, avant qu’une bouche un rien édentée par une fuite soudaine de dents de lait ne se découvre pour répéter :

« Alors ? »

Un long soupir échappa au Sénéchal, qui se baissa à la hauteur de son neveu, repérant ça et là les traits de sa sœur sur le visage de son fils, et par là-même, les caractéristiques des Glover. Malgré son jeune âge, Benjen avait déjà la face longue et les traits marqués, un physique typiquement nordien, et qui lui rappelait celui de son père et de son frère cadet. Oui, il y avait quelque chose d’Edwyle, et peut-être plus encore de Tonnie, son troisième frère, dans cette lippe mâchonnée nerveusement et légèrement prononcée, rouge et charnue, dans ces oreilles rondes et dans ce regard espiègle. Et, comme souvent, Bowen fut traversé d’une bouffée de nostalgie alors qu’il ramenait une mèche de cheveux à l’arrière du crâne du garçon, pour y déposer un léger baiser.

« Je vais au Bois Sacré parce que je prie là-bas, alors que toi, tu pries dans un Septuaire, Benjen. »


« Pourquoi ? »


« Parce que … mes dieux, les Anciens Dieux, sont dans le Bois Sacré. Alors que les dieux de ton Père, tes dieux, sont dans le Septuaire. »


Bon, c’était une version un peu raccourcie, mais il n’allait pas rentrer dans des détails théologiques immédiatement.

« Pourquoi ? »


Oh misère !

« Parce que … ta septa ne t’a pas expliqué ? »


Fuite.

« Si. »

Espoir.

« Mais j’ai pas tout compris. Alors Oncle Bowen ? »

Echec et mat.

« Eh bien … les Anciens Dieux sont dans la nature, tout autour de nous, mais on dit que leur présence est plus … facile à entendre auprès d’un Arbre-Cœur. Que tous les esprits y habitent. Tu comprends ?

Alors que les Sept … il faut un septuaire, et souvent un septon ou une septa pour les appeler. »


« Les Sept sont plus sourds que les Anciens Dieux alors ? »

Mais … d’où est-ce que cela sortait ? Oh, et puis tant pis. Bowen était prêt à acquiescer, en désespoir de cause, pour passer à autre chose. Au lieu de ça, Benjen détourna la tête, fixant le sol avec insistance, et finit par murmurer :

« Tu crois que les Sept entendront quand même, si je prie pour Grand-Père et Grand-Mère ? Parce que toi, tu vas au Bois Sacré pour le faire. Et tu dis qu’on entend mieux avec un grand arbre. »

Surpris, car ne s’attendant absolument pas à cette question, Bowen sentit une vague d’amour le submerger à l’endroit du garçonnet, ainsi qu’une irrépressible envie de le serrer contre lui. C’était la pureté d’une âme d’enfant qui s’exprimait là, dans toute sa maladresse, et le Glover se sentait terriblement ému par ce petit bout d’homme qui pensait, malgré son jeune âge et le temps qui passait, à la meilleure manière de prier pour ses grands-parents. Il dût prendre une respiration profonde pour chasser l’émotion qui lui nouait la gorge et murmura à l’oreille de Benjen :

« Ils t’entendront. Parce qu’ils veillent sur toi, tu sais. »

« Tu es sûr ? »

« Certain. »

« … je peux venir avec toi dans le Bois ? »


Bowen hésita encore puis finit par conclure qu’au fond, cela ne ferait pas grand mal. Benjen avait l’air d’avoir compris que ses dieux étaient les Sept. Alors … il ne faisait rien de mal, non ? Doucement, son oncle lui prit la main et hocha la tête, avant de se mettre en route, traversant le château avec rapidité, l’enfant trottinant sur ses talons. Finalement, ils arrivèrent au bout d’une dizaine de minutes à l’entrée du Bois Sacré. Tenant toujours la main de Benjen, le Glover passa derrière l’enfant puis entreprit de joindre ses petites menottes l’une à l’autre, comme il avait vu faire certains croyants des Sept, et donna une petite tape dans le dos du garçon pour lui faire signe d’avancer.

« Ta septa t’a enseigné des prières ? »


« Oui, Oncle Bowen ! »

Comme affecté par la majesté des lieux, l’héritier Manderly avait commencé de lui-même à chuchoter, sa voix n’étant qu’un filet difficilement perceptible.

« Bien. Alors … tu vas les réciter dans ta tête, en disant qu’elles sont pour Grand-Père et Grand-Mère, et moi, je prierai mes dieux dans ma tête, d’accord ? »

Le petit garçon hocha la tête et ferma les yeux, sa bouche articulant avec application les mots qu’il récitait tant bien que mal. Alors, Bowen inclina sa propre tête, et pria pour ses parents, pour qu’ils veillent sur Benjen et Torrhen, sur Maedalyn et Alysane, sur toute leur famille … et pour les assurer que leur souvenir demeurait vibrant, et qu’ils n’étaient pas oubliés. Que par-delà le deuil, les vivants continuaient à les aimer, au-delà même des barrières religieuses. Et il était certain que leurs esprits ne s’offusqueraient pas d’avoir été invoqué au nom des Sept par leur petit-fils. Ils restèrent un moment ensemble, en silence. Puis Benjen fit le signe des Sept maladroitement avec ses doigts, et Bowen toucha l’Arbre-Cœur de sa main. Ils avaient terminé.

« Merci mon oncle. »

« De rien Benjen. »

La voix un peu enrouée, Bowen tendit sa main à l’enfant, et ce dernier la prit. C’est alors que son pied heurta une branche, provoquant un craquement sonore, bientôt suivie … d’un juron ? Manifestement, ils n’étaient pas seuls mais n’avaient rien remarqué ! Et aussitôt Bowen de reprendre ses esprits et de déclarer de sa voix grave :

« Qui va là ? »

Tenant toujours son neveu par la main, il se dirigea vers l’endroit d’où provenait l’interjection, pour découvrir le Lord Mormont entouré d’une montagne de petite figurine en bois et avec une légère entaille à la main. Avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, Benjen s’était détaché de lui et sortait de son vêtement un mouchoir brodé :

« Tenez, Messire Lord. Ça fait mal ? »

Posant sa main sur l’épaule de Benjen, Bowen déclara à son tour :

« Toutes nos excuses pour vous avoir surpris, Lord Mormont. Mon neveu et moi-même n’avions pas réalisé que nous n’étions pas seuls dans le Bois Sacré. La ferveur de la prière nous a rendu sourd et aveugle. »


« On a prié pour Grand-Père et Grand-Mère ! »

L’avantage des enfants, c’était leur inépuisable capacité à s’enthousiasmer pour les choses les plus douloureuses, et Bowen y trouvait curieusement une source de réconfort. Et nul doute que Lord Mormont devait avoir son propre lot de prières aux morts à offrir. Les seigneurs du Septentrion étaient ceux qui avaient peut-être le plus soufferts de tout le Nord. D’une voix douce, le Glover murmura :

« J’espère que les Anciens Dieux ont entendu vos prières, quelles qu’elles soient, Lord Mormont. »



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MessageSujet: Re: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptyMar 6 Aoû - 21:28

La larme dans l'oeil est
la blessure dans le coeur
Trois semaines, c'est long. Nous serons peut-être amis d'ici là. [An 1 Mois 7 S4]

Le couteau m'entaille légèrement la main. Je grogne sous la douleur, pestant intérieurement et en lâchant un juron. De ma main libre, je cherche un mouchoir dans une poche intérieure de ma veste. Un craquement de bois m'avait fait sursauter, et bientôt une voix d'homme s'ajoute, demandant qui va là. Ce que je trouve assez ironique en l'occurrence parce qu'il est clair que j'étais seul ici, et que c'est cet homme qui vient là.

Les pas se dirigent dans ma direction, et je découvre derrière moi le Lord Glover, accompagné d'un enfant. Je plisse un peu les yeux en les regardant, un peu gêné de la situation. Une montagne de petites figurines en bois sont entassées entour de moi, et ma main est légèrement entaillée. Avant que je puisse dire quoi que ce soit, l'enfant se détache pour sortir un mouchoir brodé de sa veste. Il me le tend, et je l'attrape avec douceur pour appuyer le tissu sur ma peau blessée. Je lui souris doucement pour ne pas l'effrayer avec mon allure d'ours mal léché.

- "Un peu, merci à vous jeune homme." dis-je doucement.

Bowen Glover pose sa main sur l'épaule du garçon, puis il prend la parole. Il s'excuse de m'avoir surpris, et il m'éclaire sur l'identité du garçon, son neveu. Un petit rire m'échappe lorsqu'il annonce que la ferveur de la prière les a rendu sourd et aveugle. Je secoue négativement de la tête d'un air léger. L'enfant ajoute ensuite qu'il a prié pour ses grand-parents, un bon garçon.

Bowen me murmure d'une voix douce qu'il espère que les Anciens Dieux ont entendu mes prières, et je hôche doucement de la tête en regardant la figurine que je sculptais juste avant d'être dérangé.

- "J'espère aussi. Comme j'espère que toutes ces figurines emporteront chacune un peu de la magie de ce lieu. Elles sont.. une sorte de dernier hommage, un dernier cadeau pour tous les miens qui ont perdu la vie." dis-je doucement en prenant une figurine en main.

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MessageSujet: Re: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptyMar 1 Oct - 19:42

En apercevant les sculptures de bois au pied de Lord Mormont, Benjen Manderly parut voir dire quelque chose puis, avisant son oncle, se renfrogna et ferma sa bouche, comme un poisson ayant gobé sa langue. Bien qu’encore sujet aux douceurs naïves de l’enfance et à ses emportements, le garçon, de par son éducation, savait aussi quand se taire et écouter, surtout lorsqu’il comprenait que la conversation avait une tonalité plus grave que ce qu’il ne pouvait penser. Et il n’était pas idiot : il avait, comme tous les nordiens restés à Winterfell, entendu parler du massacre de l’Ile-aux-ours, tout simplement parce qu’à l’époque, sa mère était encore à ses côtés dans le nord et qu’elle s’inquiétait des ravages que la troupe de pillards menée par Merlyn avait causé aux côtes de sa région natale, avant de finir leur accumulation sordide de cadavres dans le domaine des Ours. Bowen, presque paternellement, serra un peu plus l’épaule du garçon, lui intimant par ce geste de se montrer plus circonspect, plus respectueux. Pour autant, il ne lui fit pas signe de repartir voir sa septa. La pensée lui avait traversé l’esprit, évidemment, pour autant, il avait décidé de ne pas renvoyer son neveu, pas encore du moins. Aussi cruel que ce soit, il arrivait à un âge où il devait s’endurcir, et si les malheurs des dernières années avaient, sans nul doute, contribué à le faire mûrir, c’était autre chose que de se confronter à la douleur des autres, car il y avait toujours un monde entre sa propre souffrance et celles des autres hommes. Il fallait la comprendre, l’accueillir, et voir toutes les facettes de leur existence, pour terribles qu’elles soient. Un jour, il serait le lord de Blancport, le plus riche seigneur du Nord. Il devait apprendre ce que cela voulait dire, au-delà des leçons de gestion et d’étiquette, d’héraldique et d’histoire.

Etendant son regard vers les figurines, le Sénéchal les observa au départ sans mot dire, ses yeux se voilant néanmoins, comme si elles lui rappelaient un passé lointain. Le travail du bois avait toujours été un de ses passe-temps favoris, et il continuait d’en user en campagne, le soir sous la tente. Plus jeune, ces modestes présents avaient été offerts à sa famille. Ainsi, à la naissance de Benjen, il avait offert à sa sœur un poing taillé afin de glisser le porte-bonheur dans les langes de son fils, pour lui assurer la protection des ancêtres de la maison Glover. Il savait que son père avait coutume d’en faire présent à sa mère, quoiqu’il soit infiniment plus doué que lui dans cet art, et que cette dernière les entreposait précieusement dans un petit guéridon dans leur chambre. Lorsqu’ils étaient retournés à Motte-la-forêt pour la première fois, après la Mort-aux-loups, son père avait cherché le meuble désespérément, avant de le trouver éventré. Son contenu avait été pillé par les sauvageons, probablement brûlé. Et Bowen avait vu une peine indescriptible sur le visage de cet homme devenu soudainement un fantôme, comme si la perte de ces objets avait définitivement sonné le glas du lien qu’il avait entretenu avec sa chère épouse décédée durant le sac. Un bref instant, il se demanda si le Lord de la maison Mormont avait eu pareilles attentions envers sa femme, et s’il essayait de recréer ce qui avait été perdu, comme pour se convaincre qu’il existait encore un moyen d’atteindre ainsi ceux qui lui étaient chers. Il n’osa cependant pas poser une telle question, infiniment trop personnelle, et opta donc pour une approche plus mesurée. Certes, il aurait pu s’incliner et rebrousser chemin, cependant, il lui semblait important de s’enquérir de l’état d’un de ses commandants, parce qu’il avait connu une situation semblable, et que son propre père n’avait pas survécu à son chagrin.

« Je comprends. Ce seront des offrandes qui plairont aux dieux, j’en suis certain, et vous aideront à ressentir la présence des esprits de l’Ile-aux-Ours. »

La gorge un peu serrée, il ajouta, moins solennellement :

« Mon père n’a plus jamais réussi à tailler le bois, après le sac de notre demeure. Cela lui rappelait les cadeaux qu’il faisait à ma mère, et il ne pouvait pas … se détacher de ses souvenirs.

Je ne dirai pas que j’espère vous voir y parvenir, parce que je n’en suis moi-même pas capable. Et je sais aussi que mes paroles ne sont pas plus réconfortantes maintenant qu’elles ne le furent lorsque nous avons appris pour les vôtres mais …

Un jour, vous travaillerez à nouveau le bois pour créer, et non plus pour rendre hommage. En attendant que ce jour arrive, je n’ai hélas que mon concours à vous offrir, pour vous aider en quelque matière que ce soit, bien que ce soit de peu de poids, j’en ai bien conscience. »



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MessageSujet: Re: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptySam 26 Oct - 15:00

La larme dans l'oeil est
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Trois semaines, c'est long. Nous serons peut-être amis d'ici là. [An 1 Mois 7 S4]

Le neveu de Lord Glover semble vouloir dire quelque chose en apercevant mes sculptures de bois à mes pieds, mais finalement, il se ravise. Je peux remarquer que mon compagnon de batailles serre un peu plus l'épaule du garçon, lui intimant certainement de se montrer respectueux.

Je regarde bien évidemment les regards des deux sur les figurines, je les regarde quelques instants. Je n'ai pas prévu de croiser quiconque ici, j'ai très certainement l'air d'un homme aux abois, vulnérable, déchiré. Ce n'est pas faux, revenir dans le Nord me fait revivre ma peine. Je n'ai pas pu faire mes adieux à Nesrin, ni même à tous les habitants qui sont morts. Je n'ai pas non plus assisté aux enterrements, je ne reverrais jamais un seul de leurs visages. Tout ce que je peux faire pour eux, c'est leur offrir une petite statuette, qui les accompagnera et leur rendra un dernier hommage.

Lord Glover semble comprendre ce que je ressens, il comprend que ce sont des offrandes qui plairont aux dieux et aux morts. Je lui offre un léger signe de tête en remerciement de ses mots. Je suis un peu soulagé de savoir que je ne ressemble pas à un fou, et que ces statuettes ne sont pas des présents inutiles. Il continue de prendre la parole, la voix un peu moins solennelle. Il me raconte que son père travaillait le voix, mais qu'il n'y parvenait plus après le sac de leur demeure. Celui-ci tallait des cadeaux pour sa mère, et il était attaché à ses souvenirs. J'écoute avec attention ses mots, je suis reconnaissant de sa compassion.

- "Je vous remercie Lord Glover pour vos mots, ils sont réconfortants. Quand j'aurais offert ses statuettes, je devrais mettre de côté ma peine pour avancer, je le dois aux survivants. La prochaine fois que je travaillerais le bois... ça sera pour faire plaisir à quelqu'un.. enfin j'espère." dis-je doucement en offrant un mince sourire.

J'observe quelques instants la surface gelée de l'étendue d'eau. Tout semble figé autour de nous, la neige recouvre tout de son manteau blanc. Je regarde de nouveau le duo à côté de moi.

- "J'appréhende de retourner sur l'île-aux-Ours, car toutes les descriptions que l'on m'a envoyées deviendront concrète à mes yeux. Malgré la reconstruction, je verrais les stigmates de l'attaque... Autant sur la pierre et le bois, que sur les visages des survivants. Tout ça me semble encore si récent.. Et pourtant.. quelques mois se sont déjà écoulés. Quand nous retournerons en campagne.. Je le ferais avec l'objectif d'en finir avec les exactions des fer-nés." dis-je.

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MessageSujet: Re: La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]   La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé] EmptyVen 15 Nov - 23:12

Parler à Lord Mormont faisait ressurgir tellement de souvenirs chez Bowen qu’il en aurait presque chancelé, s’il n’avait pas appris à se dominer depuis si longtemps. Tout en lui résonnait tel un écho à ses peines, à ses doutes, à ses souffrances. Il se revoyait, dans ce même Bois Sacré, avouer à Jeyne le plaisir barbare et pervers qu’il avait ressenti en voyant le sang sauvageon couler, en crucifiant les premières piqueuses, les survivants … cette haine brûlante qui l’avait envahi et demeurait à l’endroit de ces sauvages d’au-delà du Mur qu’il ne rêvait que d’exterminer définitivement, même encore aujourd’hui. Et plus tard, les fer-nés, pour tous ceux qui étaient morts sous leurs coups, sur ses terres, sur l’Ile aux Ours, dans le Conflans … et par leur faute, puisque les armes dans les mains des sauvageons, d’une telle facture, n’étaient pas arrivées là par hasard. Il repensait au choc en découvrant Motte-la-forêt ravagée, à ce moment lugubre où ils s’étaient réunis, les deux fils Glover restants et le patriarche pour rendre un hommage à leurs morts, à se demander comment ils pourraient payer des caveaux, parce qu’il ne leur restait rien. Sa douleur, jamais partie, se ravivait brutalement, et les images qui continuaient de le hanter la nuit, parfois, dansaient devant ses yeux, comme dans ses cauchemars, ceux qui le réveillaient et qui le laissaient en sueur, à guetter la moindre ombre dans la chambre qu’il partageait désormais avec Maedalyn. Sa présence, leur vie construite à deux, sur les cendres des siens, l’avait apaisé. Mais rien ne le ramènerait aux temps bénis et révolus de sa jeunesse. Rien ne lui ferait entièrement oublier la douleur. Pas même ce massacre qu’il appelait de ses vœux. Était-il condamné à traîner sa mélancolie, tel un boulet accroché à son âme, toute son existence ? Il en venait à le penser.

Alors, de tout cœur, il espérait qu’en effet, un jour prochain, l’homme face à lui trouverait quelqu’un pour le faire à nouveau espérer, pour retrouver une vie, un avenir … Il savait tout ce qu’il devait lui-même à son mariage, à la venue au monde de son fils. Mais contrairement à Lyam, Bowen n’avait pas perdu une épouse. Seulement … une mère, deux petits frères, un oncle, une tante … puis un cousin. Un père. Son grand-père, empalé sur les lances de la famille de sa propre épouse, à Paege. Son cousin Karstark, puis son petit cousin, encore. Et la liste continuerait à s’allonger, jusqu’à ce que chaque nom ne devienne plus qu’une répétition grotesque des pertes précédentes, et que son cœur s’endurcisse pour de bon, jusqu’à ne plus rien ressentir. Jusqu’à ne plus exprimer qu’un haussement d’épaules, en entendant les nouvelles sordides, et biffer un peu plus son arbre généalogique. Devait-il aussi lui souhaiter de s’endurcir à ce point, de ne plus se concentrer que sur un noyau de quelques personnes, pour ne plus ressentir … tout cela ? Parce qu’il avait déjà perdu le principal, le reste, avec la guerre qui reprendrait, ne serait qu’une pointe supplémentaire dans un cœur déjà entièrement troué ? La nausée le submergeait presque, alors que ce constat amer s’ancrait dans sa tête. Et il ne put que dire, avec trop de tristesse inexpliquée et inexplicable à quiconque dans la voix :

« Je l’espère aussi. Pour vous. »

Même si ce serait insuffisant. Même si la douleur resterait, sourde, et viendrait frapper à sa porte, la nuit, le jour, tout le temps, parce qu’un mot, une expression, une couleur la raviverait. On n’avançait pas : on se traînait, parce qu’il n’y avait pas le choix. Et les nouvelles joies n’enlevaient pas les peines anciennes, tout en oblitérant les récentes. Devenir insensible tout en restant marqué à vie, tel serait son destin. Bowen n’avait pas envie de le révéler : Lyam le comprendrait de lui-même, à mesure que les mois passeraient. Il ne pouvait que tenter de colmater les brèches. Et ça … Bowen pouvait l’y aider, au moins un peu. Partager sa souffrance, encore une fois. Son regard se fit lointain, alors qu’il se remémorait Motte-la-forêt, brisée, martyrisée, libérée, mais à terre. Cette peur de rentrer chez soi, de rendre réel la destruction, le massacre, il le comprenait. Mieux que quiconque.

« J’en ai conscience. Je sais à quel point il est difficile de revenir, à quel point on le redoute. Et je ne dirai pas … que ce ne sera pas terrible, quand vous verrez … ce qu’il en est. Parce que ce le sera. J’ai cru devenir fou, quand nous sommes revenus à Motte-la-forêt, après la Mort-aux-loups.

Mais une fois le choc passé … vous pourrez retrouver quelques objets, essayer au moins. Avoir quelques souvenirs qui survivent avec vous. Et rendre hommage à vos morts, leur offrir une sépulture décente, et une prière aux Anciens Dieux, sur le lieu de leur trépas, là où leurs esprits reposent. Cela … cela apaise, je crois. De réaliser les derniers rites. »


Et pour le reste … ses poings se contractèrent, comme sa mâchoire, tandis qu’il lâchait :

« Quand le Printemps arrivera … Vous repartirez sous mes ordres. Et nous le ferons pour anéantir tous nos ennemis, d’où qu’ils viennent. Nos terres ont trop souffert de leurs déprédations.

Croyez-bien qu’au Collège Impérial, Sa Majesté et moi-même plaidons et plaiderons pour la plus grande fermeté à leur encontre. Et que si nous en avons la possibilité, des têtes tomberont pour venger votre nom.

Je vous en fais le serment. »



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La larme dans l'oeil est la blessure dans le coeur [Tour VII - Terminé]
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