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Destins croisés [Tour VII - Terminé]
MessageSujet: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyLun 8 Juil - 0:57



Destins croisés

Arianne & Lyderik

Après mon entrevue bouleversante avec Siam et mes aveux incomplets sur l'homme que j'étais vraiment, j'avais passé une mauvaise nuit en ressassant les choix que nous avions fait mutuellement. Sa décision de me suivre, même si je la savais motivée par une réelle envie de changer d'air et non par le désir de suivre un roi errant, soulevait en moi quelques inquiétudes. Bien sûr, elle aurait fini par quitter Pierremoutier où elle étouffait, bien sûr Siam était le genre de femme qui choisit librement son destin et cela cadrait assez mal avec la situation actuelle de la capitale du royaume du Crépuscule et des fleuves. Bien sûr nous nous étions mis d'accord sur le fait que nous serions chacun responsables de nos choix et libres de nos actes en cours de route, il n'en restait pas moins que je me sentais responsable de sa sécurité, surtout dans le territoire où je m’apprêtais à me rendre. En outre, mes préoccupations quant à la sécurité de Siam étaient alimentées par quelque chose de bien plus troublant que je me refusais à admettre par peur de gâcher notre amitié récente et encore fragile. Tout à ces questionnements, je m'étais tourné et retourné sur ma couche une bonne partie de la nuit et lorsqu'il me fallut prendre mon poste de domestique au service d'Heda, je n'étais guère frais et reposé. Fort heureusement il commençait tôt mais finissait dans l'après-midi qui était habituellement réservé aux entraînements. Pour une fois, on ne m'y verrait pas et je m’octroierai une bonne sieste avant mon départ nocturne en compagnie de la cadette Volmark.

Du moins était-ce que je pensais faire, juste avant d'être abordé par le contremaître de la domesticité royale. Cet homme bourru et qui ne m'appréciait guère m'interpella sans ménagement pour me dire que d'autres tâches m'avaient été assignées et que j'étais désormais au service d'une invitée royale venue de la Principauté de Dorne. Je masquai ma contrariété pour ne pas éveiller les soupçons mais cela venait singulièrement contrarier mes préparatifs de départ. Lorsque je voulus m’enquérir de la nature des services demandés le grincheux me répondit que je devais me mettre au service de cette invitée qui résidait dans des appartements privés, sans restriction et sans poser de questions. Après m'être rafraîchi le visage et lavé les mains et le dessous des aisselles avoir remis de l'ordre dans ma longue chevelure indisciplinée, je me rendis donc devant la porte de ces fameux appartements. Je devais ronger mon frein pour accomplir cette dernière tâche qui m'était assignée, non que cela heurtât véritablement ma nature royale, car j'avais été élevé dans certains principes, parmi lesquels, le respect de chaque métier, et la nécessité d'improviser, de s'adapter pour parvenir à ses fins. Mon père m'avait aguerri à des tâches et des missions bien plus répugnantes que servir les nobles de Pierremoutier.

Par ailleurs, cette invitée prestigieuse venue de Dorne aurait peut-être quelques renseignements sur des navires Lorathis échoués. Bien qu'il fût improbable qu'un de nos trois slanghavens se soit perdu si loin au sud, je ne pouvais l'exclure totalement. Je devais donner le change malgré la hâte que j'avais de partir à la recherche des miens et d'affronter le Tigre. J'étais prêt à tout, pour atteindre ces deux buts et j'avais complété les informations déjà glanées du temps de mon amnésie par des recherches plus précises chez Mestre Jonos et dans les tavernes de Pierremoutier. Des rumeurs, il y en avait beaucoup qui circulaient, mais les seules qui m'intéressaient vraiment étaient celles pouvant faire état de Lorathis exilés ou du Diadocque de Volantis. Point de nouvelle de mon peuple, pour l'heure, mais le Tigre, lui, avait fait parler de lui en Westeros. Ce n'étaient que des rumeurs de colporteurs, de marchands mais il se disait qu'il avait engagé des batailles contre la flotte impériale avec le soutien d'un royaume non fédéré. Il se disait des choses, beaucoup de choses mais tout ce qui m'importait, c'était de savoir qu'il vivait, pillait, tuait encore et que j'allais pouvoir venger les miens... Un jour ... bientôt !


Je me recomposai une mine avenante, tirai sur ma tunique de lin avant de frapper à cette porte et d'entrer après qu'une voix m'ait invité à le faire. Je passai le seuil, m'avançai après avoir refermé la porte avec douceur, je m'inclinai légèrement, et gardant les yeux baissés:

- Dame Martell, cet homme est à votre service. Que peut-il faire pour vous ? Je me mordis la lèvre et repris Que puis-je faire pour vous ?




Dernière édition par Lyderik Mortensen le Mar 23 Juil - 23:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyMar 23 Juil - 19:58

Ma fidèle Perle s’activait silencieusement dans la pièce qui m’a été attribuée, virevoltant d’un coffre à un autre avec ses pas légers. Pour ma part, je me contentais de l'observer et d’admirer sa souplesse, sa concentration ou encore sa loyauté. En effet, elle avait quitté ses siens aux Météores pour me suivre, jusqu’à Lancehélion et ses intrigues, jusqu’à Hautjardin et son bain de sang, jusqu’à Pierremoutier et ses murs de pierre. Malgré les difficultés rencontrées, les horreurs dont nous avions été témoins ou les injustices que nous avions subi, elle n’avait jamais émis la moindre plainte et encore moins exprimé une quelconque réticence à continuer à être ma fidèle compagne. Ces murs gris me minaient considérablement le moral, mais ils ne semblaient avoir absolument aucune emprise sur la volonté de fer de mon amie. Elle était indifférente à ces choses-là, mais davantage sensible vis-à-vis des tâches qu'elle s'attribuait et qu'elle voulait mener à bien - et à la perfection. Je la voyais fronçer les sourcils pour la première fois depuis notre arrivée, le regard rivé entre deux objets et deux emplacements: elle était perdue dans son monde, où chaque objet, chaque accessoire et chaque étoffe devait être en harmonie avec l’ensemble et à portée de main lorsque l’usage s’en fait sentir. Elle fronça une seconde fois les sourcils, lorsque son corps bougea que de quelques pouces un coffre.  

Subitement, elle s’immobilise. A l’image d’un chien, son petit nez se pointe dans les airs, sa tête est immobile et ses oreilles semblent faire preuve d’une activité plus intense que d’ordinaire. Une ou deux secondes plus tard, quelqu’un toquait à la porte.

- Je vous en prie, entrez, indiquais-je.

Quelqu’un finit par entrer et se présenter. Un homme agréable de figure, et qui ne semblait pas passer ses journées en cuisine ou dans une taverne. En somme, quelqu’un qui pourrait apporter son aide à Perle dans sa tâche du jour. Cependant, sa façon de s’exprimer me surprit, faisant référence à sa personne comme s’il parlait d’un autre – d’un être invisible qui serait présent dans la pièce. Il reprit la même phrase, mais en parlant clairement en son nom. Sa figure ne présageait pas une telle chose mais serait-il simple d'esprit ? Un court instant, je me questionnais sincèrement sur les aides envoyées par Yoren – ou ceux qui lui obéissaient – et si c’était une farce de mauvais goût de m’envoyer untel être. Pourtant, ses yeux semblaient indiquer qu'il était pourvu d'une intelligence vive. Curieux.  

- Je vous remercie de venir apporter votre aide, commençais-je, hésitante encore sur l’approche à adopter. Je vous présente ma suivante, Perle.

Je ne connaissais pas les us et les coutumes de ces terres, la place que la femme occupait et la considération que les hommes avaient à leur égard. Enfin, plus important, comment était jaugée la force de l’autre ? Était-ce à travers une attitude hautaine, ou distinguée, ou froide, ou au contraire chaleureuse ?  J’avais la terrible sensation d’être redevenue cette enfant qu’on introduisait à la cour de Lancehélion, et qui cherchait sa place. Enfin, était-il nécessaire que je cherche une place dans ce méli-mélo ? Avais-je une quelconque chance de pouvoir rentrer auprès des miens, sans incident, bien vite et aussi libre que j’étais avant cette requête – sans entrave d’une promesse, ou d’un accord ?

- Il manque du bois pour un feu, et ma suivante a également besoin d’aide pour déplacer certains meubles ou coffres, indiquais-je, répondant à la place de Perle, sachant pertinemment que cette dernière refuserait de parler à moins de n’avoir nul autre choix. Ce n’était pas une affaire de timidité : elle était tout simplement très avare de mots, et vivait plus par les actions que par les paroles. Une enfant sauvage, perdue dans la civilisation en somme. Enfin, j’avais choisi attentivement mes mots : elle avait besoin d’un peu d’assistance, nullement qu’on la destitue de sa tâche qu’elle s’était attribuée. Elle pouvait être un tantinet susceptible. Je pense aussi que votre prénom ou votre nom est une nécessité, pour que je puisse vous appeler autrement que par « vous » ou « oyé », soulignais-je avec douceur, un sourire plus ou moins amical aux lèvres.
Arianne Martell

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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyMer 24 Juil - 19:11



Destins croisés

Arianne & Lyderik

Je me tenais à présent dans une pièce où étaient disséminées par touches délicates des détails féminins qui tranchaient de façon remarquable avec l'austérité de la bâtisse fortifiée qui tenait lieu de Palais royal. Les épais murs de pierre grise froides et humides étaient agréablement adoucis par les effets personnels de l'invitée. Ces détails réchauffaient l’œil qui faisait le tour des lieux. Deux jeunes femmes se tenaient devant moi mais tandis que l'une restait en retrait l'autre prit la parole pour me répondre. Je ne pus m'empêcher de remarquer que cette dernière était magnifique et perçut dans son élocution l'assurance de la noblesse. La plus discrète semblait bien moins avenante et plutôt sur la réserve, m'observant et me jaugeant d'un air dubitatif ou méfiant peut-être. Alors que j'étais captivé par les requêtes de sa maîtresse, car il était évident que l'une servait l'autre, je me sentis mal à l'aise. Qu'étais-je finalement à Pierremoutier ? Devais-je continuer pour quelques heures à être Islander ou affirmer ma réelle identité ?

Mon regard erra dans la pièce tandis que je tentais de me redonner une contenance puis accrocha les beaux yeux de mon interlocutrice et finalement se porta en direction du sol pour masquer mon embarras. Mais le ton de la jeune femme était encourageant, en rien hostile, presque amical alors qu'elle s'adressait à ce qu'elle pensait être un valet. Cela me toucha et me redonna du courage face à ces deux femmes, moi qui n'en manquais jamais au cœur de la bataille. Dans cette douceur des artifices répandus à la hâte pour masquer la rigueur d'une captivité, je perçus comme une tentative d’endiguer un désarroi proche de celui que j'avais pu ressentir dans les premiers jours de mon exil à Pierremoutier. J'imaginas quelque peu leur mélancolie d'être si loin de leur foyer et dans un environnement aussi différent de leur terre natale. Pourtant, je percevais un courage face à l'adversité et cela plût à l'exilé que j'étais. Ma contrariété de voir les préparatifs de mon projet différés s'estompa pour faire place à une compassion teintée d'intérêt sincère. Durant mes longues séances d'instruction auprès des mestres de ma maison, j'avais étudié les royaumes de Westeros. Dorne était une principauté du Sud qui se démarquait des autres royaumes tant par son climat que par ses mœurs beaucoup plus libres que ses voisins.

Séjourner entre ces murs froids et sis sur une terre propice à la pluie, au vent, à la neige devait être très éprouvant pour ces deux jeunes femmes. La mer devait leur manquer peut-être autant qu'à moi. Le vent qui murmure ou hurle, l'éclat du soleil dans l'azur du ciel, le sable qu'on foule sous nos pieds, l'odeur des embruns. Un sourire chaleureux se dessina sur mes lèvres et je m'efforçai de travailler mon langage pour ne plus trahir mes origines. Je m'inclinai et dis d'une voix douce:

- Votre Grâce, je vais aller chercher du bois pour allumer un feu. L'hiver est mordant ici et il a juste amorcé son recul. Ensuite je serai à votre disposition pour vous aider dans votre emménagement.

C'était parfait, j'avais repris pied dans mon rôle et je maîtrisais mieux mes mots. Pourtant lorsque elle employa un ton légèrement humoristique pour me demander mon nom, je perdis mes moyens et répondis dans un murmure.

- Cet homme a plusieurs noms  je  ... je m'appelle ...

Je peinais à décider comment je devais m'appeler face à ces deux inconnues qui partageaient pourtant avec moi le destin de l'exil non désiré.

- Ici on m'appelle Islander  parce que ... jusqu'à cette nuit... je n'avais pas de nom.

Je tus  le surnom que m'avait donné Siam parce qu'il me semblait qu'il n'appartenait qu’à nous deux.

- Mais vous pouvez m'appeler Lyderik. Puis-je aller chercher les bûches, votre Grâce, ou préférez-vous qu'on commence par aménager l'endroit ? demandais-je en m'inclinant.


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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyJeu 15 Aoû - 23:57

Qui aurait pu croire que demander le nom et le prénom d’un homme pouvait autant égarer ? Deux prénoms signifiaient deux identités et deux histoires. Une situation atypique qui avait su éveiller ma curiosité et qui avait plongé mon esprit dans un flot d’interrogations et de scénarios romanesques et improbables. Inconsciemment, l’homme m’avait donné matière à réfléchir à autre chose qu’à ma misérable situation, ou encore à me morfondre sur l’absence de ma fratrie.

- Cette formule de politesse, « Votre Grâce », me semble inappropriée au vu de mes fonctions auprès de la Princesse Deria ou encore de mon rang entre ces murs.  Dites-moi donc, comment appelez-vous les femmes ayant un sang noble, mais qui ne sont nullement dirigeantes d’une maison ou d’une contrée ? demandais-je, encore peu habituée ou peu familière avec de telles formules pompeuses.

Il y a deux ans, je n’étais que la bâtarde de Nymor, une femme qui partageait le sang des Martell mais qui portait le nom Sand. Cette position particulière me permettait de côtoyer nobles et populaces, de parler franchement à l’un ou à l’autre ou encore être appelé tout simplement par mon prénom, Arianne. Certes, j’étais dorénavant une enfant « légitime » et mon sort s’en était grandement amélioré. Pourtant, certaines habitudes restaient : je continuais à parler aussi librement avec les uns et les autres, et surtout il n’était pas rare que j’insiste pour que certaines personnes – ceux que j’appréciais grandement, et qui ne m’avait jamais traité comme un être dangereux, ou gangréné – continue à m’appeler « Arianne ».

Pourtant, si les choses me semblaient plus ou moins claires à Dorne, l’affaire était tout autre en dehors des frontières. L’étiquette avait une importance cruciale, et chaque mot ou chaque titre semblait représenter un tout : une histoire, une richesse, une force et des alliances. Être dépourvue d’une quelconque appellation, ou d’un quelconque titre spécifique, semblait être le signe d'une pauvreté sociale.

Je me contentais d’offrir un affable sourire à l'homme, avant qu'il ne quitte la pièce.  Aussitôt après, je retourne à mon occupation première, baladant mon regard sur quelques effets personnels ou plongeant ma main dans quelques coffres. Cependant, je ne m'attardais jamais, cherchant plus particulièrement un petit coffre, contenant trois fioles, enroulées par divers tissus doux et épais à la fois. Je ne tarde pas à repérer le coffre, et à profiter de l’absence de l’homme pour en étudier attentivement le contenu et m’assurer qu’aucune fiole n’était cassée.

- Je pourrais ne pas boire ces fioles. Je risque d’être légèrement souffrante. Peut-être que ce serait une excuse suffisante pour retourner à Dorne, soufflais-je, le regard fixé à ces trois fioles.
- Vous devriez économiser vos forces, et prendre soin de votre santé. Votre situation est particulière, et peut changer à tout instant. Vous devez être capable d’agir, pleinement et en toute conscience, répondit Perle, abandonnant les affaires qu’elle avait en main pour s’agripper au coffre en question et l’éloigner de moi. Je vous préparerai vos potions.

Il y a quelques mois de cela, j’avais été victime d’un mal inconnu, qu’aucun mestre de Dorne n’arrivait à comprendre ou à démêler. On prédisait une mort certaine, lente et agonisante. La situation avait été suffisamment désespérée et sérieuse pour qu’un fidèle ami demande l'aide d'un mystérieux étranger, sur lequel circulait quelques bonnes rumeurs. A la surprise générale, le guérisseur s’était révélé très doué et en peu de temps, j’avais repris conscience et couleurs.

Malheureusement, ce que mon corps abritait semblait être tenace et solide, et nécessitait une prise de potions régulières sur plusieurs mois. Selon le guérisseur, dix lunes devaient passer avant que je n’abandonne ce rituel. Quatre étaient passés, il n’en restait plus que six.
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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyLun 19 Aoû - 21:38



Destins croisés

Arianne & Lyderik

J'hésitai quant à la réponse à donner à la question de celle que je devais servir encore aujourd'hui, craignant de me trahir en étant trop direct mais le sourire chaleureux de cette dame m'encouragea à être aussi franc que possible . Après tout elle devait connaître probablement ma provenance exotique et si ce n'était déjà le cas, elle ne tarderait pas à en être informée, si je ne m'étais déjà trahi par mon accent et mes maladresses langagières.

- Cela dépend , Dame ... D'où je viens ... Si la Dame est de notre parentèle on dit Ñuha ānogar ōños. * dans la Noblesse, mais dans le peuple c'est Ñuha tolie nyke**. Mais à vous, noble Dame que je ne connais point je dois dire jaqiarzir hen ābrar***

Je ne me sentais pas très à l'aise à vrai dire, même si c'était les mots de ma langue natale que je maniais devant ces deux femmes. Il y avait une part de moi qui n'y appartenait pas. Une part venue d'un Nord cruel et sanglant dont j'ignorais tous les idiomes. Le sang de mes origines lointaines sommeillait pourtant en moi, mais mon cœur appartenait à Lorath pour toujours. C'était le seul royaume que je me reconnaissais. Et les apports de la noble langue Valyrienne y avaient imprimé sa splendeur. Lorath avait aménagé, embelli cette pratique, et l'avait mêlée à cette propension à ne se désigner qu'à la troisième personne quand on se mentionnait soi-même, réflexe atavique qui m'était revenu au grand galop dès que ma mémoire avait surgi des limbes de l'oubli et que je tentais de combattre pour ne pas saper mes efforts de communication avec les habitants de Pierremoutier.

Pour un Lorathi, la communauté prévalait sur l'individu et cet héritage des temps anciens de mon île avait encore cours dans le langage et les idéaux. Nous n'étions qu'une pierre dans un édifice plus grand que nous et peu importait si elle se trouvait au sommet ou à la base. Chacune avait son importance. Pourquoi ces deux femmes étaient-elles à Pierremoutier ? Leur apparence, leurs manières étaient issues d'une autre culture. Elles me faisaient penser à deux fleurs délicates et exotiques qu'on essayait d'acclimater à un autre climat. J'avais été instruit au sujet des royaumes de Westeros et Dorne y avait toujours tenu selon mes lectures une place à part des autres. Dorne était une Principauté déjà contrairement aux autres territoires. Alors même que sa superficie était largement supérieure à celle de mon propre royaume. Cette particularité m'intriguait mais je dus remettre mes extrapolations à plus tard. Celle que je servais à présent  m'envoyait chercher du bois pour allumer un feu dans l'âtre. Je m'éclipsai donc sans attendre pour aller chercher de quoi faire un bon feu, laissant à mon interlocutrice le loisir de méditer sur mes paroles.

Je me hâtai vers la remise à bois mais lorsque je fis mine de me servir pour approvisionner mon service, un garde fer-né me stoppa sans animosité mais avec détermination.

- Ça, c'est pour les appartements royaux. Toi, tu dois débiter ce que tu prends ...

Qu'à cela ne tienne ! J'allai puiser dans les coupes de billes entreposées plus loin et je pris un quart que je déposai sur le billot puis avisant la hache qui se trouvait à sa proximité, je la saisis, non sans appréhension et fermai les yeux. C'était la première fois que je tenais une hache entre mes mains. Le contact avec sa cognée me fit battre le cœur à la folie. Je respirai en abattant le tranchant sur la bille de bois et la fendit en deux puis en quatre avec justesse, comme si j'avais fait cela toute ma vie. Je suais en débitant le bois, enchaînant les billes et tentant de faire abstraction du garde qui m'observait et de ses commentaires.

- Ahh ben tu ferais un bon bûcheron, l'Islander ! On dirait que t'as fait ça toute ta vie !

Jamais de ma vie, je n'avais manié de hache et le pauvre diable ne pouvait le savoir. Tout comme il ne pouvait se douter que tandis que je fendais les veines juteuses des fibres végétales, je m'efforçais de ne point me focaliser sur son cou, ses épaules, son aine, de ne point visualiser de quelle manière je pourrais débiter ce corps qui se tenait devant moi. Je songeai à mon projet, à ma vengeance, à ma destinée. Il n'était rien, en comparaison, juste un moucheron venu me bourdonner aux oreilles, un innocent , si tant est qu'un fer-né put être innocent de quoi que ce soit en ce monde. Mais il n'était pas mon ennemi, donc je n'avais aucune raison de le débiter en morceaux. Je n'avais pas faim, aucun clan à nourrir, donc aucune raison de le débiter en morceaux. Je me récitai cette litanie en accomplissant ma tâche et, une fois le travail achevé, je reposai la cogné contre le poteau où je l'avais trouvée et commençai à charger mon bras gauche des bûches que j'avais débité. Une fois chargé au maximum, je m'avançai et l'homme s'écarta. Je murmurai à son oreille en passant à côté de lui.

- Le surplus, t'as qu'à l'ajouter à la stère royale !

Je refis le chemin en sens inverse jusqu'aux appartements de la Dornienne et y arrivai en sueur et les cheveux en désordre suite à l'effort. Alors que je m'apprêtais à frapper à la porte, j'entendis les voix des occupantes échangeant à mi-voix.
Il était question de potions. Mon cœur se serra en songeant à Erik, mon cousin, guérisseur, qui maîtrisait cet art mais n'avait pu sauver ma femme et ma fille des griffes de la mort. Les avait-il rejointes dans le dernier repos ? Je cognai à la porte, et abaissai le loquet de mon coude pour faire irruption dans la pièce et décharger mes bûches. devant l'âtre froid.

-  Désolé pour le temps que j'ai mis jaqiarzir hen ābrar, je me suis un peu perdu dans les communs.
Mentis-je.

Je ne voulais pas entamer le moral de la Dame et de sa suivante en mentionnant que le bois débité d'avance ne leur était pas accessible. Je m'activai à allumer le feu en rassemblant quelques brindilles disséminées dans l'âtre puis les allumaient avec mes pierres à silex. Je soufflai dessus, à quatre pattes puis une fois le feu pris, j'ajoutai des branchettes. Ayant saisi une des bûches j'attendis que le feu se fortifie avant de l'ajouter. Je m'étais assis devant l'âtre, fasciné par le feu et je tendis la main dans les flammes.

- Je  ... j'ai entendu ... Dis-je contre toute prudence... Vous connaissez l'art des potions, ñuha ābri ****

* lumière de mon sang
** mon autre moi
*** gloire de la vie
**** mes Ladies



Dernière édition par Lyderik Mortensen le Dim 8 Sep - 21:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyDim 8 Sep - 19:28

La situation s’éclaircit considérablement lorsque l’homme parla une langue qui ne m’était pas totalement étrangère. En effet, comparée à ma sœur ou à mes frères, je n’avais jamais été une grande fervente de l’art de la guerre ou encore des entraînements aux armes. J’excellais davantage dans l’apprentissage des arts, incluant ainsi la poésie et les chants. En tant que fille ainée – mais bâtarde – de Nymor Martell, je ne manquais pas de présents de la part de ce dernier, ou encore de quelques nobles qui voyaient au-delà du sang et des protocoles. Ainsi, j’avais reçu à quelques reprises des ouvrages en langues étrangères, qu’un Mestre avait bien voulu m’aider à déchiffrer. J’avais donc quelques connaissances, mais nullement suffisantes pour pouvoir converser longuement et clairement avec un natif.

- Oh, je reconnais ces termes. Vous me flattez, à être si élogieux, dis-je. Ils sont souvent utilisés dans certaines poésies ou chants.

Une conversation inachevée, chacun ayant à vaquer à ses affaires. Lorsque le serviteur revint avec les bras chargés de bois, il présenta quelques plates excuses sur son retard. Je me contentais de sourire, ne relevant pas le fait qu’il était couvert de petits copeaux de bois par-ci et par-là dans sa chevelure ou dans le pli de ses vêtements, preuve qu’il avait dû s’atteler à la tâche personnellement. Silencieuse ombre, je reporte à nouveau mon attention sur un petit coffre qui contenait quelques huiles et parfums. Je m’arrêtais un court instant à ma tâche pour humer les premiers effluves du bois brûlé. Est-ce que je pourrais apprécier longuement ce luxe ou alors est-ce que j’allais faire face à quelques privations dans les semaines à venir ? Une question qui me taraudait, une incertitude qui me poussait à m’assurer d’avoir les vêtements convenables dans les jours à venir – quitte à me délaisser de quelques trésors dorniens pour obtenir ce dont j’avais besoin.

- Je ne connais pas un art aussi complexe. Je dois bien avouer que j’ai été beaucoup trop occupée par l’apprentissage des arts. Enfin, même les Mestres de Dorne ne connaissent pas « ces » potions. Elles ont été concoctées par un homme qui, comme vous, parle une autre langue que la nôtre.  

Avant que je ne puisse prononcer un mot supplémentaire, Perle prit les devants et parla avec sa franchise déconcertante habituelle. « Il faut ranger le coffre », « il faut déplacer le lit » … des phrases courtes, concises, claires. J’aurais pu rire un tantinet mais je n’étais subitement plus d’humeurs. Est-ce qu’il avait également entendu cette folle idée qui m’avait traversé, celle de me faire souffrante pour « peut-être » retourner sur Dorne ? Folle, car si jamais j’étais souffrante, j’aurais droit à un Mestre au mieux, et je serais isolée, au pire. Dorne ne sera pas – et jamais – une option, jusqu’à que la relation change, pour le bien ou pour le pire.

La journée avait pris fin depuis bien longtemps lorsque le duo termina de ranger comme il se devait la pièce. Je devais admettre que ma suivante avait fait un petit miracle, apportant à la fois de l’espace et de la chaleur. Les teintures, ou encore les petits éléments, aux couleurs de Dorne me rappelaient ma patrie – m’emplissant à la fois de joie et de nostalgie.

- Je vous remercie pour vos efforts. Je vous prie, asseyez-vous, dis-je aux deux.

J’en profite pour me diriger vers une étagère où était entreposée cinq bouteilles. Du vin de Dorne – et notamment mon préféré – que Perle avait jalousement protégée de tous les aléas de la route.   Pendant ce temps, ma suivante en profita pour étaler une fourrure à même le sol, et déposer plusieurs coussins. Je n’avais jamais apprécié les chaises, préférant de loin m’étaler sur des coussins confortables à même le sol, ou sur une méridienne. Cette dernière manquant à la pièce, le sol était la seule solution possible.

- Vous connaissez une langue bien magique. Je l’ai toujours apprécié pour la poésie ou pour les chants. Elle apporte du rythme, du mystère ainsi qu’un double langage. Une chose est dite, mais il est possible de rêvasser sur une autre signification, commençais-je, tendant la coupe au brun ainsi qu’une autre à ma suivante. Je savais que cette dernière ne boira que quelques gorgées, de toute la soirée. Elle avait ce besoin d’être pleinement maîtresse de son corps, « au cas où » aimait-elle dire. Je vais réciter quelques chants que j’ai appris durant mon apprentissage. Vous pourrez juger de mon accent.

Et je débute. L’histoire d’un homme qui doit unifier un royaume morcelé. La poésie était longue et pouvait durer une nuit entière. Je préférais me contenter de la première partie, celle où les qualités de ce grand homme sont décrites et où les messagères d’un être divin lui communiquent sa destinée.
Arianne Martell

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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyLun 9 Sep - 18:42



Destins croisés

Arianne & Lyderik

La réponse de Lady Martell au sujet des potions me fit lever le sourcil mais je n'eus guère le loisir de la questionner sur cet homme qui avait concocté ces potions, la suivante de la dame ayant décidé de me mettre à contribution pour aménager leurs appartements. Je me pliai de bonne grâce à leurs requêtes, prenant sincèrement plaisir à égayer leur exil par ma modeste contribution. Les meubles étaient relativement lourds à déplacer et des bras aguerris n'étaient pas de trop pour mener à bien cette tâche. J'avais pris un plaisir particulier à l'aider à fixer les tentures qui donnaient quelque chaleur à la pièce en dissimulant le froid gris de la pierre. Sous mes doigts, les étoffes richement décorées avaient une douceur agréable qui contrastait avec la toile rêche de ma tente et de ma paillasse. Elles me rappelaient les fastes de la cour de Lorath à l'époque de sa grandeur, les soies et velours, les tapisseries patiemment tissées par nos ateliers. Un sourire nostalgique naquit sur mes lèvres tandis que Lady Martell contemplait le résultat de l'aménagement avec un air visiblement satisfait avant de nous inviter à nous asseoir pour une pause bienvenue. La nuit n'allait pas tarder à tomber. J'avais fini mon service, mais je n'avais pas le cœur de refuser l'invitation quand elle sortit une bouteille et que Perle étalait une fourrure et des coussins pour nous installer confortablement. Un usage qui, encore une fois, me rappelait ma patrie, ravivant une mélancolie à laquelle la tombée du jour était propice.

- Ces riches tissus viennent de votre terre natale, n'est-ce pas ? Comme cette bouteille ? C'est une chance que vous ayez pu emmener avec vous un peu de votre pays... J'aurais tant aimé pouvoir le faire ...

Je pris place sur les coussins, ayant pris soin de sortir dans le couloir auparavant pour secouer les copeaux de bois que j'avais accumulé dans mes vêtements lors de la coupe. Tandis que Perle s'activait à rassembler trois verres sur un plateau finement décoré et que la Lady s'appliquait à déboucher la bouteille je proposai:

- Voulez-vous un peu d'aide ? J'ai souvent observé comment s'y prenait notre échanson quand il nous servait.

Je me mordis la lèvre, soudains conscient d'avoir donné un indice quant à mes origines. Pouvais-je faire confiance à ces deux femmes et dévoiler mon identité sans éveiller leur curiosité et risquer qu'elle posent des questions à mon sujet à leurs geôliers ? Au Roi ? A Heda ? Cela pourrait compromettre mon départ. Certainement Yoren Hoare ne laisserait pas un souverain quitter aussi facilement son royaume qu'un simple valet. Il me ferait surveiller pour le moins et peut-être consigner dans un appartement comme l'était Lady Martell. Je préférai revenir aux deux questions qui me brûlaient les lèvres.

- Quel était cet homme qui vous prépara ces potions ? Cette langue est très ancienne et si vous l'avez reconnue, vous savez qu'il s'agit du Haut Vallyrien et vous avez raison, elle recèle une magie ... Sans vouloir me montrer indiscret, quel mal ces élixirs sont-ils censés soigner ?

Je trouvais navrant qu'une otage soit prête à se rendre malade pour échapper à sa condition.

- Je ne pense pas que vous priver de soin soit la solution. Malade, vous seriez un souci pour votre "hôte" et cela mettrait en péril la valeur d'otage qu'il vous accorde. Ils semblent tellement aux abois, ici. Je crois qu'une indisposition vous affligeant les paniquerait plus qu'elle ne les pousseraient à vous libérer. Et même si cela était, entreprendre le voyage de retour dans un état de faiblesse mettrait en péril votre vie. Il faut être raisonnable. Si cet homme qui vous a prescrit ces potions parle la même langue que moi, il a certainement été formé à la plus ancienne et secrète des confréries d'herboristes d'Essos... Vous a-t-il dit son nom ?

Je répugnai encore à avouer qu'un membre de ma famille avait reçu son initiation d'un de ces grands mestres.

- Soyez patiente et raisonnable jaqiarzir hen ābrar. Prenez soin de vous ...


Je fis taire mon impatience d'avoir réponse à mes questions car mon hôtesse du jour se mit à entonner une douce mélopée et je n'eus pas de mal à me laisser charmer et porter par les intonations poignantes et le récit exaltant qu'elle contait. Celle d'un homme au destin hors du commun ... J'écoutais, le regard brillant, la gorge serrée ...


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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptySam 28 Sep - 1:29

Il fut une époque, j’aurais été bernée et abusée par le langage fleuri et la conversation agréable que ce parfait inconnu offrait. Ainsi, ayant expérimentée à bien des reprises la tromperie du sexe opposé, je savais dorénavant lire à travers leurs paroles, ou leurs gestes. Plus il parlait, et plus mes doutes sur ses intentions se confirmaient. Un simple regard à Perle me suffit pour que les doutes deviennent une certitude. Il faut dire, nous avions tant d’aventures ensembles – de bonnes, comme de mauvaises – que les mots ou les gestes étaient futiles et inutiles pour se comprendre. Le regard, un sourire imperceptible suffisaient bien souvent pour communiquer devant tout le monde, mais à leur insu.

Le désir d’apporter des effets personnels, les échansons, le Haut Vallyrien, les manières, l’apparence, la bonne santé ou encore sa capacité de réflexion … tant de détails insignifiants qui commençaient à former une réponse claire et précise une fois assemblée. L’énigme se résolvait petit à petit, et le brouillard se dissipait. Pourtant, je me refusais de lui révéler le fond de ma pensée, préférant jouer le jeu : l’homme qui cache un secret et qui tente d’en arracher une autre à la naïve Dornienne. Actrice naïve de cette pièce, j’interprétais à merveille ce rôle. Mon regard surpris au mot « échansons » devint interrogateur puis triste quand il dévia le sujet sur les potions. Le ton maîtrisait convenablement, un soupçon de honte et de gêne mêlée à la crainte, j’exposais le cas.

- Si je comprends bien, nous ne pouvons pas être un soigneur ou un herboriste sans faire partie d’une confrérie au sein d’Essos ? Ainsi donc, nous pouvons croire que tout homme qui vient de ces contrées et qui se proclame herboriste doit être pris au sérieux, et non comme un vulgaire menteur qui tente de profiter de la crédulité d’hommes et de femmes aux abois, pour s’enrichir les poches ?

Je parlais beaucoup volontairement, refusant sciemment de lui donner la réponse qu’il désirait tant trop vite. Il fallait qu’il boive, que sa langue se délit, pour vraiment obtenir des réponses sincères et sans mensonge. Du moins, je l’espérais. L’alcool pouvait rendre certains encore plus menteurs, en plus de la stupidité. Finalement, lorsque je considère la coupe suffisamment vide, je lui offre un regard mi-réprobateur, mi-amusé.

- Vous semblez plus intéressés par cet homme que par ma personne. Je vais finir par être jalouse par un tel intérêt que vous portez pour un parfait inconnu, alors que je suis devant vous et que je vous offre le meilleur vin, un cadre idéal et quelques chants, dit-elle, embêtant volontairement la pauvre âme, et s’amusant à s’encenser, un exercice qui n’est guère difficile pour la narcissique qu’elle est. Cet homme a été d’une grande aide et ces potions sont très importantes. Je dévoile l’identité du guérisseur qu’aux personnes avec des intentions pures. Et je ne révèle mes faiblesses qu’à mes amis les plus intimes.

Je profite de boire une gorgée de vin pour m’interrompre, l’observant attentivement par-dessus le verre.

- Nous ne pouvons pas devenir de tels amis en si peu de temps, alors je ne peux pas vous dire le mal que ces potions combattent. Par contre, pour vos intentions, peut-être pourriez-vous me prouver qu’elles sont louables et sans mal pour quiconque. Ce qui m’amène à cette question essentielle : comment m’assurer de vos intentions ?
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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyDim 29 Sep - 21:45



Destins croisés

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Il était compréhensible à mes yeux que Lady Martell soit suspicieuse étant donné son statut qui me semblait tenir plus de  celui d'otage que d'invité à la cour du Roi Yoren. Après tout, je n'étais pour elle qu'un valet travaillant pour la Maison qui était devenue sa cage. Je soupirai, mon verre encore en main, à la bouche cette saveur de Dorne et réfléchis à la question qui me prenait de cours. Je savourai un deuxième verre.

- Je suppose qu'il y a des escrocs partout et que prêter serment ne change pas foncièrement la nature d'un homme mauvais, à moins que la cause qu'il rallie ne bouleverse radicalement sa vision du monde. Mais utiliser son statut pour tromper des âmes venant à lui quérir une aide expose ce malotru à la mort, car tout défaillant sera puni par ses pairs, pourchassé jusqu'à être retrouvé et exécuté. Mon cousin vous l'expliquerait bien mieux que moi. En outre, l'apprentissage est terriblement éprouvant et le rite d'initiation périlleux. Pourquoi un malhonnête homme en passerait-il par ces embûches alors qu'il existe malheureusement des manières bien plus simples de s'enrichir aux dépens d'une âme en peine ?

Je pris conscience en écoutant le flot de paroles de mon hôtesse inattendue que j'avais sans doute pu paraître bien ingrat face à sa chaleureuse invitation à partager chants et bon vin. Je m'en sentis honteux, et quand bien même je nourrissais une grande nostalgie en songeant aux miens, et à mon cousin, guérisseur de son état, cela n'excusait en rien mon indélicatesse involontaire.

- Mille pardons, Lady Martell, je ne voulais point vous offenser... C'est que ... votre situation a ravivé des souvenirs récemment retrouvés, au sujet d'un être cher ... qui maîtrisait lui aussi l'art des potions ... Je pense qu'il est mort à présent ... Nos bateaux ont été séparés par la tempête... Achevai-je sans pouvoir masquer ma tristesse.

Le vin réchauffe le corps et le coeur, c'est bien connu. Celui de Dorne devait avoir des propriétés particulières sans doute, car bien que je tins habituellement l'alcool, je me sentais étrangement las, peut-être le contrecoup de toutes les émotions des derniers jours se faisait-il sentir ? Une lassitude particulière, comme une invitation à lâcher prise et à me détendre un peu. Ce n'était pourtant pas le moment, à la veille de mon départ, pourtant cette noble dornienne qui me lorgnait par dessus son verre, sondant mon âme d'un air innocent avait le don de me faire différer mon retour dans ma tente de laquais. J'avais d'abord logé dans la chambre d'Heda, dormant sur une paillasse au pied de son lit, mais au fil des semaines, mon statut avait évolué, eu égard à ma science du combat que je montrais aux entraînements. Mais surtout, elle avait retrouvé un capitaine fer-né de sa connaissance, un certain Harald Winch, et il était évident qu'avoir un serviteur qui dort au pied de son lit n'était pas la meilleure façon de renouer avec un ancien amant. On m'avait donc alloué une tente d'un confort spartiate, ce qui allait aussi bien avec ma nature profonde. Mais le côté lorathi en moi ne crachait pas sur un peu de confort. J'étais en compagnie agréable avec ces deux femmes, et j'avais eu l'espoir de converser amicalement, avant que le sujet du guérisseur et du mal dont il l'avait soignée ne vint sur le tapis.

Tapis, c'était le cas de le dire puisque nous étions assis à même un tapis. Ahha, je ne refusai pas lorsque Perle me proposa un troisième verre de vin en lançant un regard matois à sa maîtresse. Je m'adossai contre les coussins et levai mon verre :

- Au soleil de Dorne, dont vous êtes l'incarnation ! lançai-je d'un ton soudain enjoué que me permettait un état de légère griserie.

- Par les Dieux du Labyrinthe ! Erik ne dirait pas mieux que vous ! Gardez secret le nom de vos amis et ne vous confiez trop à ceux qui n'en sont point !

Je bus une seconde gorgée en levant mon index :

- Mais ... mais ... si je ne suis point votre ami, je ne puis être votre ennemi ! Un Lorathi n'a d'ennemi que ceux qui lui ont nui! Je suis comme vous, un étranger ici, point otage, juste laquais. Mais cela ne saurait durer, cela va changer ! Le Destin de Lyderik Mortensen est ailleurs, et il doit partir pour le réaliser ! Bientôt, je ne serai plus là, alors comment pourrais-je vouloir vous nuire ? Et pourquoi ? On m'a demandé de me mettre à votre service pour cette journée et votre accueil m'a touché. Je connais l'exil, le sentiment d'être loin de sa terre natale, séparé des siens. Je connais tout cela. Nous ne nous connaissons pas, mais il y a ce trait d'union entre nous. Nous sommes des exilés, tout juste tolérés ici. La différence entre nous, c'est que ... chut je plaçai mon doigt sur ma bouche pour demander discrétion sur mon secret ... Ils ne savent pas pour moi. Ils ne doivent pas savoir! Non non, pas savoir, car s'ils savaient, peut-être que je deviendrais aussi leur otage. Je ne peux pas devenir leur otage. D'abord je ne leur servirais à rien, parce que personne ne m'attend sur mon île, personne ne paiera de rançon pour moi ou ne leur obéira en échange de ma libération. Personne,  puisqu'ils sont tous morts, probablement, ceux qui ont préféré rester sur Lorath ... Et puis je dois les venger, tous, tous mes morts, mes chers disparus ... Vous comprenez ?

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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyDim 13 Oct - 22:34

Le vin que j’avais apporté de Dorne était particulièrement délicieux et enivrant, mettant à mal les résistances d’hommes solides ou habitués à la boisson. Moi-même y prenait grand garde, goûtant au nectar par de petites gorgées, comme un oisillon qui s’abreuvait dans une fontaine de fortune. Si la journée avait été fructueuse, et harassante, j’aurais complété cette tablée par quelques gourmandises. Etant en terre étrangère et ayant déjà expérimentée à cette amère expérience d’être otage, je savais que mes journées allaient être fades et tristes, se partageant entre de longues balades sans sens ou encore des lettres écrites dont le contenu était sans danger. En somme, une existence monotone que je ne pouvais pas noyer sous la nourriture, au risque de devenir grasse et laide.

Je sursaute subitement, lorsque l’homme s’exclame avec joie. Tantôt il me complimentait, tantôt il invoquait un dieu quelconque, tantôt il était question d’un ami dont le prénom ne m’était pas étranger du tout. Je me garde d’afficher un sourire victorieux, gardant toujours cet avenant et affable. Maintenant, la tâche la plus délicate se présentait à moi : m’assurer que cet étranger ne boive pas plus de raisons, et surtout qu’il continue à parler. Si tout ce qu’il disait était vrai, alors la situation était des plus intéressantes et une opportunité semblait même se présenter à moi. Mon regard se glisse discrètement vers Perle, pour capter son attention, puis désigner du menton un coffre où était stocké papier, encre, plume et cire.

- Oh, vous venez donc d’une lignée noble, de Lorath ? J’ose espérer que je ne vous ai pas offensé sitôt dans la journée, avec mes demandes, dis-je, sachant par avance la réponse à cette question : non.

Il n’était pas déshonorant de servir une Lady, au contraire ! Voilà l’un des rares avantages que les dames de ces environs semblaient bénéficier. Un avantage que la Dornienne que j’étais avait eu du mal à saisir : une femme se devait d’être forte, indépendante et séduisante, et obtenir par ces avantages-ci et non par un simple titre.  Une différence culturelle qui m'avait fortement frappée mais dont je saurais m'accommoder à la perfection.

- Cependant, ne cédez donc pas aussi vite au désespoir. Peut-être que tous ces hommes ne sont pas morts. Vous disiez que votre ami, Erik, était sur un autre bateau avec d’autres hommes. Les mers et océans sont capricieux mais il n’est pas rare d’y survivre. Vous-même, vous respirez et vivez. Je sais à quel point il est douloureux d’être séparé d’êtres chers. Cet homme, Erik, à quel point étiez-vous proches de lui ? Et cette île, comment est-elle ? commençais-je, posant délicatement une main sur la sienne.

Perle était revenue, fidèle ombre aux mains chargées par les outils dont j’avais besoin. Je patientais encore. Si l’homme allait parler, je le laisserais faire. S’il désirait se taire, alors je continuerai comme suit.

- Je crains de causer de faux espoirs mais, il existe bien un guérisseur qui s’appelle Erik qui s’est établi à Dorne avec quelques compagnons. Ils sont tous étrangers. Je ne pourrais guère vous dire de quelle terre il est originaire, ou encore s’il est un homme rejeté par la mer …

J'attends encore, cherchant à savoir si j’avais éveillé dans son cœur et son âme une flamme d’espoir, cette même flamme qui le conduirait à la Principauté de Dorne. Si ses pas se portaient là-bas, alors il pourrait me servir dans un simple dessein, celui d’envoyer quelques lettres à différents destinataires, sans la crainte qu’elles soient lues par quelques autorités de cette forteresse. Evidemment, le pari était risqué car cet homme qui s’appelait « Lyderik » était un parfait étranger également, et pouvait profiter de lire et d’user à son avantage mes écrits.
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MessageSujet: Re: Destins croisés [Tour VII - Terminé]   Destins croisés [Tour VII - Terminé] EmptyMar 15 Oct - 22:25



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Bientôt, les questions de la noble dornienne se firent plus intrusives et j'hésitai à y répondre totalement en dévoilant mon identité. Devais-je avoir confiance ? C'était à mon tour de me montrer suspicieux mais le vin aidant, ma maladresse dans cette langue que je maîtrisais encore mal me firent bafouiller avec émotion.

- On peut dire cela. Cet homme est de noble lignée. Mais cela ne compte guère ici. Un étranger sans royaume, sans sujet, un roi errant ... On pourrait dire que ça ne compte que pour attirer des ennuis. Vos demandes ne m'ont en rien offensé. Pourquoi le devraient-elles ? Vous n'avez rien demandé de déshonorant.

Mon regard se voila à l'évocation d'Erik et de Lorath. La honte me fit baisser la tête tandis que je répondais à mon hôtesse d'infortune.

- Erik est mon cousin. Nous avons grandi ensemble, partagé bien des batailles et des joies. C'est le plus bon et fidèle des hommes que je connaisse. Il m'a suivi dans cet exil forcé lorsque nous avons dû fuir Lorath. Un déchirement pour lui autant que pour moi. Il y a laissé le temple du Labyrinthe dont il était le gardien initié, j'y ai laissé moi, les corps de ma femme et de ma fille, ensevelis dans les dunes de la place de Lorassyon. Erik était un bon Capitaine, mais n'aimait pas la guerre. Peut-être a-t-il survécu. Je prie chaque nuit pour lui. S'il est vivant, je sais qu'il fera tout pour revenir sur Lorath un jour...

Un sourire nostalgique étira mes lèvres alors que mon regard s'éclairait d'un éclat passionné.

- Lorath est parfois appelée la Perle de la Mer Grelotte. Ses hautes falaises abruptes lui ont donné la réputation d'être imprenable. Noire citadelle naturelle veinée d'ocre, battue par les vents. Nous sommes un peuple de pêcheurs, à l'origine, mais devenus de farouches guerriers par la force des choses au fil des millénaires. A une époque, nos possessions s'étendaient jusqu'à Norvos mais Valyria vit cela d'un mauvais œil envoya ses dragons calciner l'armée Lorathi qui s'y était installée puis plus de cent d'entre eux incendièrent nos îles dont Lorassyon, et son légendaire labyrinthe. On dit qu'il aurait gardé dans ses entrailles le feu des dragons. On dit beaucoup de choses sur Lorath, mais il faut avoir vu sa beauté pour comprendre la force sauvage qui en émane et pourquoi elle s'est chaque fois relevée de ses cendres. Voilà pourquoi je ne renoncerai jamais à la reconquérir. Poursuivis-je surpris du contact de cette main chaleureuse mais néanmoins étonné de l'agitation soudaine de Perle, sa servante. Pourquoi présentait-elle à sa maîtresse encre, parchemin et plume ?

Je n'étais guère au bout de mes surprises et je dardai un regard fiévreux sur mon interlocutrice lorsqu'elle prononça des mots qui éveillèrent en moi un fol espoir.

- Par le Dieu Aveugle ! Comment était-il ? Souvenez-vous ... Portait-il une longue chevelure de la même couleur que la mienne ? Son front était-il marqué par un signe ressemblant à un dédale ? Quel âge avait-il ? Combien de compagnons l'accompagnaient-ils ?

J'étourdissais sans m'en rendre compte la noble dornienne avec mes questions mais si nous parlions bien de mon Erik, mon cousin, que j'aimais comme un frère, une multitudes d'autres suivraient...

- Dans quelles circonstances l'avez-vous connu ? Est-ce lui qui vous ... porta soin ? Quand l'avez-vous croisé pour la dernière fois ? Demandai-je d'une voix pleine d'espoir en serrant la main gracieuse entre les miennes.



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