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(Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]
MessageSujet: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyJeu 4 Juil - 21:51


Un Fer-né ...

ou un faible ...



L’Ile d’Harloi était en effervescence, les préparatifs pour le départ vers les Mers du Sud étaient en marche. Même si Lord Harloi était revenu blessé de l’embuscade contre Aegon Targaryen, la fierté que leur suzerain ait participé à la mise à mort de deux dragons suffisait à gonfler les guerriers de la Maison de fierté. De son côté, Rodrik discutait avec sa mère et ses frères des prochaines directives à donner en son absence. Si Maron venait avec lui, Gerolt était chargé de veiller sur les femmes Harloi. Il était donc primordial que tout soit en ordre, ne sachant pas quand il reviendrait. C’est donc en pleine discussion dans le hall de l’imposant château des Dix-Tours que la famille Harloi était réunie. Seule Kyra, sa sœur, était manquante et pour cause, son frère aîné lui avait confié une tâche bien particulière. D’ailleurs, elle devait sans doute être sur le chemin du retour à l’heure qui l’était et avec leur invité de marque, le jeune Prince Beron Hoare.

« Franchement, je me demande bien ce que riverain vient faire dans les Iles de Fer … »

Maron avait un avis bien tranché sur ce Prince dont ils ne savaient pas grand-chose. Joren avait épousé une Frey et leurs enfants n’avaient presque jamais mis les pieds sur les Iles de Fer, ce qui n’inspirait pas vraiment la confiance des Fer-nés. Gerolt se fut plus diplomate, comme toujours, soulignant l’importance de ne pas heurter le futur héritier du trône mais bon, Rodrik n’en ferait de toute façon qu’à sa tête. En attendant, vu que le petit Prince voulait venir rencontrer les vassaux fer-nés de son grand-père, autant lui offrir la compagnie d’une ilienne le temps du trajet entre le port et le château. Malgré tout, en tant que Lord et vassal d’Harren Hoare, il se devait d’éviter la confrontation directe. Il calma donc les pulsions de Maron, tout en conseillant à Gerolt de ne pas trop cirer les bottes d’un gamin qui ne connait rien à la guerre.

« Maron, je comprends ton sentiment. C’est un gamin qui a été élevé comme un riverain. Il nous reste à voir ce qu’il sait des fer-nés et si la Maison Harloi pourrait le suivre si un jour, il viendrait à gouverner. On essayera de ne pas le tuer ! Hahahahahahaha !!! »

Alors que les trois hommes riaient, un des gardes entra pour les prévenir que le Prince Beron était arrivé. Ne souhaitant pas vraiment prendre part à cette farce, Maron s’éclipsa avant son arrivée. Rodrik donna ses dernières directives concernant les mines et les constructions prévues sur l’île, avant de finalement voir les deux gardes escorter son invité, suivi de près par Kyra. Vu qu’elle n’appréciait pas énormément être utilisée de la sorte, son frère refusant toujours qu’elle l’accompagne en mer, elle n’avait pas dû être particulièrement agréable avec le Prince mais bon, ce n’était très important. En attendant, Lord Harloi se retrouva face à ce gamin et avec un certain scepticisme, se dirigea vers lui.

« Prince Beron, bienvenu aux Dix-Tours ! J’espère que vous avez fait bon voyage et que les vents vous ont été favorables. Ma sœur a-t-elle été de bonne compagnie ? »

Prenant virilement l’avant-bras du Prince pour le saluer, Rodrik eut droit à un raclement de gorge de Gerolt afin de lui rappeler que même s’il s’agissait d’un gamin, cela restait un Prince. Malheureusement pour le plus diplomate des frères, il n’était guère question de faire des courbettes plus que nécessaire. Pour l’aîné des Harloi, ce respect se gagnait par les actes et non par la naissance. Beron Hoare avait donc encore tout à prouver avant de mériter son respect. De son côté, Kyra soupira aux paroles de son frère. Au final, elle s’était contentée d’attendre le bateau du Prince avec des chevaux et après de brèves salutations, elle l’avait conduit jusqu’ici. Tout comme les autres fer-nés, elle n’avait pas forcément une haute opinion des riverains et pour elle, le petit prince en était un. Elle avait donc soigneusement évité de rentrer dans des discussions pouvant laisser transpirer ses pensées.

« Que me vaut le plaisir de votre visite ? Vous venez visiter les Iles de Fer ? »

A dire vrai, il avait déjà entendu parler des petites visites aux différents Lords fer-nés que le prince avait été voir mais bon, il valait mieux parfois jouer l’ignorant afin de voir ce que son interlocuteur a à l’esprit. En attendant, Kyra semblait impatiente de se retirer et pour cause, les entraînements avaient lieu dans la cour et elle comptait bien y participer. Malheureusement pour elle, sans l’aval de son frère, elle se devait de rester là. Nerveusement, elle tapotait du pied, j’étais des coups d’œil vers la porte menant à la cour, comme si ça allait accélérer les choses.


Feat. Beron Hoare


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Rodrik Harloi

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Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyVen 5 Juil - 22:04


Un Fer-né ...

ou un faible ...


An 0, mois 3

L’Ile d’Harloi le siège de l'une des plus puissantes maisons, pour ne pas dire la plus puissante des Îles de Fer, se dressait devant la proue du navire qui portait le jeune garçon dans son périple depuis plusieurs semaines. Il avait fallu  plus de deux semaines pour rallier Dix-Tours en partant de Grand Wyk où il avait été accueilli par la bien plus modeste maison Sparr. Beron avait à cœur de n'oublier aucune maison venue se placer sous la bannière Hoare. Ce n'était pas tant pour leur allégeance à son grand-père qu'il admirait ces féaux, mais pour leur réputation et leurs faits d'armes. Du plus prestigieux au plus humble, chaque étendard se devait d'être honoré et connu de lui pour avoir lutté aux côtés des Noirs. Le contraste entre les deux qui se succédaient dans son ordre de visite était flagrant pour les yeux mais Beron ne s'attardait guère aux démonstrations d'opulence que dessinait déjà Dix-Tours. Opulence toute relative dès qu'on évoquait les Îles de Fer, mais tout de même remarquable face à la rude communauté Sparr.

Le boutre qui avait hissé pavillon Hoare à l'entrée au port, ayant voyagé incognito entre les Îles, accosta le long d'un appontement surchargé de navires de guerre dans lequel il était bien peu aisé de se frayer un chemin. Il fallut toute la dextérité de l'homme de gouverne pour louvoyer entre les caraques, les boutres et les galères. Le jeune Prince sourit à la vue de ce déploiement de force qui ne pouvait signifier que la préparation d'une offensive prochaine mais qui était aussi un étalage visible de puissance. Quelle puissance exhiberait ainsi ses navires de guerre à la vue de tout un chacun dans le port ouvert au commerce, et facilement dénombrables par un espion d'une intelligence lambda ? Les yeux plissés à cause du soleil matinal qui rasait l'horizon, le jeune Hoare avait déjà dénombrée et classée la flotte en s’appuyant sur ses études et ses conversations avec sa tante Eren. L'expédition n'était pas prévue pour une contrée voisine mais pour une destination plus lointaine.

Lorsqu'il mit pied à quai, vêtu fort simplement comme un jeune fer-né en voyage, d'une tunique de lin sur laquelle il avait passé une légère cuirasse en cuir cousu, mais suivi à distance des hommes qui veillaient à sa protection, force lui fut de constater qu'il régnait une effervescence fébrile sur le front de mer. Chaque corps de métier semblait avoir convergé vers le port et s'affairait à livrer commande faite sur les navires de guerre. Beron s'attarda un peu entre les charrettes qui encombraient le quai, qui chargées d'arbalètes, qui de barriques, qui de fagots de lames ou de carquois. Il y sentit l'odeur du poisson mariné à la baie acide des landes, les caillots de fromages de chèvre aux herbes sauvages qui avaient tellement séché qu'ils ressemblaient plus à des gadins grisâtres qu'à des fromages mais avaient une teneur en calcium et sels minéraux bien appréciables dans l'épreuve. Il y vit les salaisons de poissons séchés et saliva au souvenir de leur consistance aussi dure qu'une écorce mais aussi nourrissante qu'une lame de bœuf séché. Il fallait mastiquer ferme pour en venir à bout et avoir de bonnes dents pour ne point en perde une plantée dans la chair devenue aussi fibreuse qu'une ligne de cordage, mais les sucs qui s'en dégageaient au contact de la salive apaisaient la faim et donnaient énergie et cœur au ventre. Des pots de miel des fleurs des collines, qui avait cette particularité d'être peu sucré mais faisait merveille comme cicatrisant. Des petits sachets d'herbes sauvages dont il reconnut le parfum et se souvint des vertus désinfectantes en décoction ou en application directe sur une plaie. Enfin, et il s'y attarda sans s'en rendre compte, la charrette couverte d'une ridelle de cuir cloutée sur des arceaux métalliques, celle du maître forgeron qui venait faire sa livraison d'épées, de dagues, de haches à deux mains. Le gamin ôta ses gants de cuir et les passa à sa ceinture avant de tendre la main vers le manche qui portait cette lame démesurée et de forme pendulaire.

- Hé là, bas les pattes, le mor...

Un homme de taille impressionnante était sorti de derrière le chariot et s'approchait les poings serrés et la mine fermée. Immédiatement la garde princière fit un pas en avant pour faire barrage à un potentiel sujet mal luné. Mais ils n'eurent pas besoin de défourailler. L'artisan qui portait tablier en cuir et bracelets de force avait vu l'écusson de la garde sur leurs boucliers.

- C'est qu'c'est la commande de notre suzerain Lord Rorik. J'y veille donc comme sur la prunelle de mes yeux.

Beron fit signe à sa garde de reculer et hocha lentement la tête.

- C'est tout à fait ce qu'il faut faire, Compagnon Forgeron. Vous avez là du bel ouvrage qui honore la vaillance de nos fer-nés. Vous servez bien votre suzerain. Et vous avez raison, il vous protège contre les ennemis et, si bien armé, rapportera des pillages de quoi tenir l'hiver ! Je voulais juste soupeser le poids d'une telle merveille. Je rêve de fendre le crâne à quelques usurpateurs avec une telle lame et d'en faire une sanglante bouchère ! Mais je gage qu'il me faudra quelque entraînement pour ne point me couper les doigts de pied en me la faisant tomber dessus ! Ajouta le Prince en jetant un clin d’œil à ses gardes qui s'esclaffèrent de bon cœur, bientôt grassement suivis par la petite troupe de badauds qui commençait à s'agglutiner.

Un sourire solaire et doux éclairait le visage du jeune Hoare. Sa main s'éloigna un peu du manche de la hache gigantesque et se hasarda sur la pleine lame de l'arme, sa paume s'y posant avec légèreté et son index effleurant le bord tranchant et incurvé de l'arme.

- Petit seigneur, n'allez pas vous blesser ... mon Lord pourrait me trancher la main pour ça ... Objecta l'artisan forgeron.

Beron fronça les sourcils en contemplant son reflet dans le plat de la lame.

- Vraiment ? Il vous trancherait la main, vous qui faîtes merveilles à armer ses troupes, et ce à cause de l'imprudent caprice d'un Prince ? Je n'en crois rien. Lord Harloi n'a pas la réputation d'être un sot. Mais soyez tranquille, je ne me blesserai point. Je veux juste sentir son poids dans mon bras. Le poids qui donne la mort. Le poids des décisions. Le poids du pouvoir. C'est mon devoir.

L'un des gardes, un riverain de la maison Frey, s'avança.

- Prince Beron ... Votre mère a consenti à ce voyage à une condition ...

Lentement, Beron pivota tout en gardant la main sur la lame.

- Et quoi ? Pensez-vous que plus tard, ces hommes, énonça-t-il d'une voix en pleine mue, mais néanmoins ferme, pensez-vous qu'ils vont obéir à un Roi qui aura pris ses ordres de sa mère alors qu'il était en âge de tenir une hache? J'ai bien dit, tenir et non utiliser pour tuer! Seriez-vous assez benêt pour croire que je ne connais pas mes limites et que je ne sais pas encore ce qu'il me reste à apprendre ?

Puis, avisant à nouveau l'artisan:

- Compagnon ? Maître des Lames ? M'autorisez-vous à soupeser votre ouvrage ? J'en serai honoré!

Un rire, plus couvé et tendu, cette fois, secoua l'assistance. Le géant des forges haussa les épaules.

- Si vous voulez vous faire une luxation de l'épaule, petit Prince !


Beron ignora le sarcasme. Il était coutumier de toutes sortes de sarcasmes sur son sang moitié riverain supposé. Il n'en avait cure. Il ordonna à ses gardes :

- Trouvez moi une grume de bois à assassiner !

- Y a guère de grumes ici mon Prince, on n'est plus à Grand Wyk !


- Hmmm c'est ma foi vrai ! Trouvez moi une vieille barrique alors, qui serait inutilisable, je ne veux pas gâcher. Ça, il doit bien y avoir sur toutes les Îles de Fer !

Les gardes semblaient désemparés et peu enclins à satisfaire leur Prince, mais le salut vint de la foule, trop pressée de voir le gamin se ridiculiser.

- Y a un vieux tonneau décerclé chez Krik, un chariot l'a bousculé hier ! lâcha un gamin tout barbouillé de suie.

- Parfait! s'exclama Beron en riant. Qu'on me l'apporte ! Nous seront deux cintrés en lice !

Ainsi fut fait dans une joyeuse cohue.

- Et vous, les gardes de la Princesse, écartez-vous. Je ne voudrais pas vous blesser avec une esquille de bois.

A regrets, le chevalier riverain s'écarta la main sur le pommeau de son épée. Beron adressa un coup de menton entendu au forgeron et se cracha dans les mains avant d'empoigner la cognée. Un drôle de silence se fit lorsqu'il ancra ses pieds au sol avant de fléchir légèrement les genoux, buste penché en avant. Il souleva le mastodonte en ahanant. Le poids de la lame le déstabilisa par surprise et il entama une sorte de danse étrange pour retrouver son équilibre puis finit par s’immobiliser la lame au dessus du cadavre alcoolisé. Ses bras tremblaient légèrement mais il se raisonna. Son cul princier de jeune blanc-bec faisait contre poids avec la lame impressionnante. Il plissa les yeux comme chaque fois qu'il évaluait une situation, tic que son maître d'arme lui faisait payer d'un coup de trique chaque fois que nécessaire, parce qu'en combat, c'était un livre ouvert offert à l'adversaire. "Impassible, indéchiffrable tu dois rester, si tu veux rester une énigme pour tes ennemis." Le Prince leva lentement les deux bras et hissa le mastodonte au dessus de sa tête. L'impressionnante cognée le faisait à paraître deux fois plus grand, mais si jeune et frêle dans le même temps. Des murmures diagnostiquant qu'il allait se fendre le crâne en s'effondrant sous la lame courraient dans les rangs de la foule assemblée. Mais Beron, lui, arborait toujours ce sourire doux et énigmatique.

A ses pieds, son ombre s'étalait sous le soleil matinal. Et elle n'avait rien de ridicule ...

Il abattit et fendit le tonneau en deux d'un seul coup, puis releva sa lame en criant avant d'abattre à nouveau encore et encore, jusqu'à ce que la barrique ne fût qu'un amas de petit bois et de ferraille éclaté. Il allait encore abattre avec une rage débridée lorsque le chevalier s'avança pour poser son bras sur celui du Prince.

- C'est bon, là. Il ne reste que du petit bois et des cerceaux tordus ! Prince ... Un émissaire est envoyé du Château pour vous quérir. Voici Lady Kyra Harloi

Beron pivota, le regard noyé de rage.

- Quoi ? Déjà ? Je commençais juste à m'amuser !

Puis se ravisant en voyant l'émissaire que son garde lui désignait avec amabilité, il se radoucit.

- Mais j'ai grand hâte de faire connaissance de la Maison qui a honoré mon grand père de son appui lorsqu'il abattit les usurpateurs.

Il ravala sa rage qu'il devait réserver à ses seuls parents, pour lui imposer la réclusion à Harrenhall et se dirigea, en serrant les dents--par le Dieu Noyé elle était pas légère cette hache et il avait dû s'étirer le dos parce que ça faisait un mal de chien--vers la jeune fille, assez plaisante à voir qui semblait avoir été désignée pour le guider dans le nid des Harloi. Reposant lentement et avec précaution l'arme qui lui donnait à présent une sensation d'ivresse, il ajouta à l'attention du forgeron.

- Elle est exceptionnelle. Elle fendra un homme sous son heaume du crâne aux couilles, ainsi vous ferez le double de cadavres à chaque coup! Haha ! La fendeuse d'âmes !

Puis, le plus naturellement du monde, comme s'il venait simplement de fendre une pomme en deux avec un petit couteau, il emboîta le pas à la jeune fille après l'avoir saluée  de la façon la moins orthodoxe possible, ce qui tira un soupir navré et résigné à son commandant de la garde.

- Ohh je lis déjà dans tes yeux toutes les ténèbres que tu me voues, Kyra Harloi, tu me prends pour un fou ! Mais guide moi, après mon pâle exploit, vers tes illustres frères, héros des Îles de Fer !

Sans plus rechigner, il se laissa conduire jusqu'aux deux chevaux qui les attendaient. Il congédia sa garde d'une voix qui ne souffrait aucune contradiction. Les riverains se retirèrent en fulminant contre ce sale gosse qu'on les avait chargés de materner. En réalité, il n'avait nul besoin de l'être, à l'aise du haut de ses onze ans, au milieu de ce peuple de barbares. Bien plus à l'aise peut-être que son propre père pourtant renommé sur les champs de bataille. La chevauchée fut silencieuse, d'un silence lourd et imposé, tant par le plaisir de renouer avec...la chevauchée, que par les sombres pensées que ressassait Beron et la défiance que ruminait la Harloi. Beron la comprenait. Il avait déjà entendu des Fer-nés parler à son sujet. Les Fer-nés se foutaient bien que vous ayez un ancêtre ou un père portant couronne sur la tête, une autre sur la bite, et une troisième qui lui pique le cul, si vous n'étiez qu'un héritier qui n'a pas fait ses preuves, vous étiez un parvenu par la mauvaise porte. Il n'essaya donc pas de forcer la conversation, se demandant juste quelle part de sa bataille à la hache contre une barrique elle avait pu voir.

Lorsqu'ils arrivèrent en vue de Dix-Tours, le château, Beron dut bien admettre qu'il était assez imposant pour ... en imposer aux autres Îles, mais un pet de nonne comparé à Harrenhall. Pourtant, Beron aurait donné cher pour passer sa jeunesse à Dix-Tours plutôt qu'Harrenhall. Et si terrible que puissent être les frères Harloi, jamais ils ne pourraient rivaliser avec ce qu'il éprouvait comme aversion mêlée d'admiration pour son grand père Harren le Noir. C'est donc serein qu'il descendit de cheval et se laissa conduire à côté de Kyra par deux gardes Harloi, jusqu'à leur suzerain. L'accueil lui fit l'effet d'être un chien dans un jeu de quilles et il s'employa à prendre une mine ... impassible, ce qui était fort difficile étant donné le premier duel à la hache qu'il venait de livrer. Un sérieux soubresaut commençait à le tarauder et il s'efforça de se figurer Harren pour ne point éclater de rire.

En réalité, il y avait plus de gueules en chien de bois que de mines accueillantes dans cette assemblée mais Beron ne s'en formalisa pas. Il avait déjà reçu accueil plus rude en d'autres îles. Comme des caisses de poisson daubé sur la tête par exemple, mais, grâce à son intrépidité et son indiscipline, Beron était un Prince tout terrain. Les seuls à ne pas le voir étaient bien entendu ses parents. Le contact du Harloi sur son bras le fit vriller un quart de seconde, comme tout contact direct et non annoncé le faisait toujours. Pourtant au fil des années il avait appris à ne plus cabrer et à intérioriser cette difficulté qu'il avait à accepter qu'on pose la main sur lui. Pathologie qui lui avait parfois valu d'être qualifié de distant. Fort heureusement un autre interlocuteur qui devait être le frère de Rodrik émit un raclement de gorge qui se voulait discret et son hôte libéra Beron de sa pogne.

- Lord Harloi ! Merci de m'accueillir chez vous ! Quant à mon voyage, je vous sais gré de vous en préoccuper ! Ce voyage m'a vivifié! Quoi de mieux que de gros paquets de mer dans la gueule pour faire pousser le poil au menton et au cul ! Quant à votre sœur, elle m'a fait tomber le même menton tant sa beauté distante m'a plu. Et je ne parlerai pas du cul !Ajouta Beron en s’approchant de celui qui l'accueillait pour passer sa main sur son épaule, un contact consenti, cette fois. Puis, jetant un coup d’œil circulaire et acéré sur la noble assemblée qui se tenait devant lui, lui vouant une mine de merlan frit, Mais je crains fort ne point arriver à propos. Vous semblez bouillonnant de préparatifs tandis que votre sœur piétine d'impatience de franchir ce seuil comme un sauvageon au pied du mur!

Beron se figea à la question du Harloi. Son front se plissa et il darda sur lui un regard interrogateur, limpide et franc.

- Visiter ?  Visite-t-on sa propre maison natale ? Je reviens chez moi, parmi vous en vérité. C'est là que je vis vraiment, depuis que je suis né. Je crève sur le continent, même s'ils sont dévoués et que je leur en sais gré. Je n'ai que faire du dévouement. Il m'étouffe, surtout lorsqu'il est acheté par les deniers de ma Mère. Je veux de la loyauté, de l'allégeance. Ça se mérite. Ça ne s'achète pas ! Et vous, Lord Harloi, qu'est ce qui vous fait vibrer ? A part le souvenir de vos blessures contre le dragon et la pensée de votre épouse, j'entends !
Feat. Beron Hoare


Dernière édition par Beron Hoare le Lun 8 Juil - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyDim 7 Juil - 22:22


Un Fer-né ...

ou un faible ...



De prime abord, le jeune prince ne semblait pas avoir de problème de timidité et ce malgré son jeune âge mais bon, il en fallait plus pour parvenir à éveiller l’intérêt de Rodrik. Ce dernier rigola bruyamment à la remarque de Beron et ne put s’empêcher d’envoyer une remarque à sa sœur pour compléter la scène.

« Tu vois Kyra, tu jouerais un peu plus du cul, tu pourrais conquérir le Prince Beron ! Hahahahahahaha !!! Méfiez-vous tout de même, je suis persuadé qu’elle pourrait couper les couilles au pauvre malheureux qui ne serait pas à la hauteur de ses attentes. Hahahahahahaha !!!! »

La jeune femme ne releva pas les remarques des deux hommes mais bon, un soupir d’agacement ne manqua pas de sortir de sa bouche, alors que son regard se fit un peu plus noir à l’encontre du jeune prince. En tout cas, celui-ci avait su tomber dans le côté machiste du Lord Harloi sans trop de difficulté et c’était une chose appréciable. Même Gerolt avait craint le pire à l’évocation de Kyra mais bon, le petit Prince était parvenu à retomber sur ses pieds en évitant les mielleries. Le Suzerain de l’Ile d’Harloi balaya d’un revers de main les inquiétudes du jeune Beron.

« Ne vous en faites pas, les Harloi sont toujours prêts à prendre la mer et ravager les ennemis de la Maison Hoare ! Ne vous inquiétez pas pour ma sœur, elle apprendra docilement la patience ! Ca ne peut pas lui faire de mal. »

Le ton de Rodrik s’était fait nettement plus froid sur sa dernière phrase, faisant clairement comprendre à sa sœur qu’elle allait devoir se calmer car il ne tolèrerait pas le moindre écart de conduite en présence d’un membre de la Maison Hoare. D’ailleurs, la jeune femme le comprit immédiatement, son impatience se faisant plus discrète. Rodrik écouta ensuite avec un certain amusement les propos de Beron sur sa nature profonde de fer-né et l’étouffement qu’il ressentait sur le continent. Il ne put s’empêcher de rire à l’évocation de ses blessures face au dragon et à cette supposée femme qu’il n’avait pas.

« Prince Beron, pour vivre, il n’y a rien de tel que payer le fer-prix ! Si vous voulez quelque chose, il faut le prendre ! Après, il faut juste ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Ce qui me fait vibrer est sans doute la même chose que pour chaque fer-né, des combats, des femmes et l’alcool ! Sentir sa lame arracher la vie de son ennemi, sentir sa queue démolir le cul d’une noble dame qui vous aurait craché au visage dans d’autres circonstances, le tout arrosé de quelques bières, il n’y a rien de comparable ! »

Cette fois-ci, ce fut Annalys, la mère de Rodrik qui toussa subtilement pour rappeler à son fils qu’il était en présence d’un prince. Malgré cet avertissement, Lord Harloi continua son discours passionné sur les batailles et le sexe, manquant de faire rougir sa mère, alors que son frère et même sa sœur souriraient.

« Je devais avoir un an de plus que vous lorsque j’ai participé à mon premier raid dans le Nord. Ce plaisir indescriptible de tuer et de faire saigner ses ennemis, le visage en pleurs de cette femme que j’ai honoré de ma queue … Quel souvenir fantastique ! Quand comptez-vous participer à votre premier raid ? Vous pourriez y combler aisément le vide qui semble le vôtre ! »

A ce moment, Kyra ne put s’empêcher de pouffer de rire vu la scène à laquelle elle avait assisté au port. Il était évident que ce gamin n’avait jamais connu le moindre combat et que si elle le voulait, elle pourrait l’égorger en quelques secondes. Chez les Harloi et presque chez tous les fer-nés, le combat et la guerre faisaient parties de leur existence et dès leur plus jeune âge, ils y étaient entraînés. Dès l’âge de 5 ans, Rodrik aurait été capable de faire bien mieux que Beron tout à l’heure. Bien sûr, la vipère Harloi ne manqua pas l’occasion de proposer à son frère une petite démonstration pour se venger des propos du Prince à son égard.

« Mon frère ! Peut-être que le Prince Beron voudrait croiser le fer avec toi, tu n’arrêtes pas de répéter que les hommes ne peuvent se connaître qu’en s’affrontant. Le Prince pourra ainsi jauger la valeur de notre Maison ! »

Un petit sourire narquois s’afficha sur le visage de Kyra, persuadée qu’elle était que le Prince allait trouver une parade pour se dérober à cette humiliation programmée. De son côté, flatté dans ses propres paroles, Rodrik ne put s’empêcher d’aller dans le sens de sa sœur, ne sachant pas les lacunes du Prince en la matière.

« C’est une bonne idée ! Mes hommes sont justement occupés dans la cour. Nous pourrions nous entraîner un peu histoire de patienter avant que le repas soit prêt. Gerolt, tu viens avec nous, ça fait trop longtemps que tu cours après les femmes plutôt que les batailles ! Qu’en dites-vous Prince Beron ? Le lien du combat est un lien qui ne s’oublie pas, bon comme mauvais ! »


Feat. Beron Hoare


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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyLun 8 Juil - 13:14


Un Fer-né ...

ou un faible ...

Beron se taisait à présent, laissant le Harloi lui faire l'article de sa Maison, en bon fer-né qu'il était. La fierté et la jactance étaient des attributs partagés par bon nombres de peuples en Westeros, dès qu'il s'agissait de mettre en avant la vaillance de leurs armées, mais aucun verbe n'était aussi savoureux et haut en couleurs, aussi imagé que le parler fer-né. C'était aussi pour cette truculence naturelle que Beron les aimait. Un futur souverain devait aussi savoir écouter son peuple et ses bannerets, se mettre en retrait et leur laisser la parole pour mieux connaître leurs aspirations et les servir. Un sourire de connivence étira les lèvres du jeune garçon face au tableau exalté et pourtant véridique que brossait Rodrik Harloi. Oui, c'était bien ainsi qu'étaient les fer-nés et ce qui les rendaient si chers au cœur de Beron: cette insouciance de la mort, cet amour de la vie dont on profite des bienfaits sur le champ sans se poser de question, bienfaits souvent arrachés par le sang et la vaillance, car rien ne tombait tout cuit dans le bec des insulaires, mais quand ils le tenaient, il l'avalait tout cru, sans attendre, sans se perdre en conjectures au sujet de l'avenir. Oui, c'était cela qui les rendait touchants: ils étaient comme des enfants qui jouissent de leurs jeux présents sans se soucier des lendemains moins généreux au delà de l'hiver à venir. Beron écoutait tout cela avec ce même sourire aimant, mais n'en pensait pas moins.

Il n'avait peut-être que onze ans et son enseignement martial, sans être négligeable car il avait quand même eu quelques uns des meilleurs maîtres d'armes servant les Frey et les Hoare, était certes loin d'être accompli comme celui de ces hommes qui l'entouraient à présent, mais il était probablement moins gamin que ces braves qui se battaient pour se battre, sans avoir besoin d'y trouver d'autre raison que prendre une vie ou violer un chatte. Bien entendu, ils étaient loin d'être les seuls guerriers à raisonner ainsi. Les Nordiens, et même les peuples dits "plus civilisés" avaient parmi eux d'irréductibles massacreurs qui se plaisaient à être le fléau des nations. Mais il n'y avait que les fer-nés pour avoir élevé cela au rang d'art de vivre clairement revendiqué. Le jeune Prince, lui, avait déjà compris que comme une terre trop sollicitée devient infertile, comme une mer trop pêchée finit par ne plus être poissonneuse, il fallait trouver une alternative à la guerre et au pillage et n'y revenir que quand le moment s'y prêtait. Il aurait pu objecter sur le fameux fer-prix car il avait son opinion à ce sujet mais il préféra se taire. Il n'était pas prêt, pas encore, et surtout, eux, n'étaient pas prêts à entendre ce qu'il aurait un jour à leur dire quand il monterait sur le trône. Moissonner des vies, brûler des terres, ruiner des commerces, tout cela avait duré et fonctionné un temps, relativement long d'ailleurs, ce qui pouvait donner l'illusion aux hommes qu'il ne finirait jamais, mais Beron savait que ce mode de vie finirait par assécher le vivier de richesses disponibles et repousser les limites d'exploration et de pillage jusqu'au moment ou le monde fini serait entièrement exploré et épuisé. Il fallait aussi donner naissance, repeupler, semer, oui semer, et commercer aussi pour que le cycle perdure. C'était une évolution nécessaire pour vivre et c'était son rôle que d'y préparer son peuple, sans le brusquer, parce qu'une réforme imposée par la violence et la force ne donnait jamais d'aussi bons résultats qu'une consentie et comprise. Mais pour préparer les Fer-nés, il faudrait bien deux générations. Son père, Joren, lui avait parlé de ce qu'il entreprenait et de ce qu'il voulait pour le Sel et le Roc, et plus largement pour Westeros.

Le Boucher était admiré pour sa cruauté au combat, ses faits d'armes, ses écarts de conduite avec la gente féminine, lesquels déplaisaient à Beron au plus haut point d'ailleurs, mais il était méconnu sur ses visions du monde. Il le lui avait dit une fois, au retour d'une bataille qui avait débouché sur une victoire en demi-teinte. "Je sais les mener au combat! Je suis un meneur d'hommes sur un champ de bataille, ils m'écoutent et me suivent. Mais que je leur parle politique, il n'y entendent rien. Je ne sais pas trouver les mots pour leur faire comprendre qu'on ne se bat pas seulement pour de l'or ou des terres ou des femmes, mais aussi pour faire des Îles de Fer un véritable royaume qui ne dépendra plus des richesses qu'il prend aux autres ou d'alliances incertaines. Toi, un jour, Beron, tu sauras le faire ! Tu feras les deux. Tu les mèneras sur le champ de bataille et tu les mèneras vers un avenir meilleur. " Lorsque l'enfant, alors âgé de dix ans avait levé les yeux étonnés vers lui et avait demandé comment il pourrait savoir mieux le faire que son propre père, Joren avait souri. " Tu as déjà lu plus de livres que moi en toute une vie, et même que ton grand-père. Tu es né pour cela, Beron, tu tiens aussi cela de ta mère. Tu veux comprendre comment fonctionne le monde avant de le démonter et le remonter en mieux. Tu ne te borneras pas à le piller. Tu ne veux pas tout brûler pour t'élever, comme nous autres, tu veux toujours comprendre comment arrivent les choses ... toutes ces questions que tu poses en permanence, c'est épuisant, tu sais pour ta mère, pour moi et aussi pour tes précepteurs. Je ne sais pas ce que tu fais des réponses que nous essayons de t'apporter, mais il doit s'en passer dans cette tête !" Et le père avait caressé le front de son fils avec fierté. Avec amour.

Le souvenir fugace de ce moment précieux fit passer un éclat de regret dans les yeux du jeune prince. A présent ses deux parents avaient consenti à le livrer, eux disaient le "confier", à Harren le Noir. Tout en Beron se cabrait à cette perspective et il avait arraché un sursis à sa mère qui avait consenti à ce périple débuté par une visite à Eren, sa tante aimée. Beron aurait voulu que celui-ci ne finisse jamais et de remettre entre les mains rudes de ces fer-nés pour qu'ils l'éduquent en bon Prince du Sel et du Roc. Malheureusement, il était impossible à Beron d'échapper aux exigences d'Harren Hoare et au poids du nom qu'il portait. A ce constat, un goût d'amertume envahit le jeune prince mais la gêne occasionnée à une dame qui devait être parente de Rodrik par les propos crus qu'ils échangeaient le tira de sa mélancolie. Il avait du respect pour les mères et pouvaient comprendre qu'elles se troublent à l'évocation de leurs exploits sexuels. Les femmes en général, c'était différent, cela dépendait de leur caractère. Certaines se choquaient rapidement, d'autres aimaient partager les blagues graveleuse des hommes et être traitées à leur égal concernant ces choses. En fait tout était exactement comme pour les hommes. Certains se froissaient vite qu'on évoque leurs exploits au lit et d'autres aimaient en jouer. Beron était entre les deux. Enfin, il n'avait encore guère d'exploits sur lesquels s'étendre à onze ans à par expérimenter des choses avec ses mains ou se faire caresser par une fille, mais Beron avait d'autres préoccupations en tête depuis toujours et s'il avait pensé tenter sa chance avec la femme de chambre de sa mère, il avait trouvé infiniment plus compliqué de trouver comment agencer les mots pour lui demander de le toucher que de lire un traité de guerre écrit pas Harwyn la Poigne.

La question du Harloi au sujet d'une participation à un raid lui vrilla le cœur. Il eut envie de répondre aussitôt mais se ravisa car Kyra revenait dans la conversation. Enfin, on entrait dans le vif du sujet ! Un entrainement avec des fers-nés et parmi les meilleurs. Beron s'efforça de cacher sa satisfaction à la perspective de prendre une bonne leçon parmi ces guerriers qu'il conduirait peut-être un jour si le Dieu Noyé l'estimait digne de vivre et de le faire.

- Mais quelle bonne idée que voilà, Lady Kyra ! Lord Harloi, je serais honoré et fier d'apprendre en m'entraînant avec vous. Je ne suis guère équipé que de mon épée comme vous le voyez, mais si vous choisissez une autre arme, je ne doute pas que vous puissiez me la fournir. Pourrais-je également choisir aussi un de vos fameux boucliers ?

Puis, s'avançant vers Kyra, il s'inclina légèrement et lui tendit son bras pour l'accompagner jusqu'à l'arène d’entraînement

- Je vous laisse me guider, belle guerrière ! murmura-t-il en lui lançant un regard de braise.




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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyVen 12 Juil - 21:46


Un Fer-né ...

ou un faible ...



Bien consciente que sa proposition révèlerait les manquements martiaux du jeune prince au regard exigeant de son frère, Kyra fut surprise de voir le prince accepter aussi facilement. Après tout, Rodrik n’était pas connu pour sa retenue lors des combats et les entraînements ne faisaient pas exception. Sans doute espérait-il un traitement de faveur car il était l’héritier du trône mais bon, son statut de riverain ne manquait pas de faire jaser dans les îles de Fer et par conséquent, il ne devait pas trop en attendre des Harloi. Quoi qu’il en soit, Lord Harloi écouta avec un large sourire la réponse de son invité, alors que sa mère se montra plus inquiète. Il serait particulièrement dommageable de blesser le jeune prince si peu de temps avant de partir pour le sud et cela risquait surtout de provoquer la fureur de leur Roi, ce qui n’était pas une très bonne chose. De son côté, Rodrik se montrait enthousiaste à l’idée, pensant déjà que Beron jouait de modestie vu ses origines et son grand-père qui maniait les armes comme un démon.

« Ne vous inquiétez pas, si vous êtes plus à l’aise avec une épée, qu’il en soit ainsi. J’ai moi-même une préférence pour l’épée, même si je dois reconnaître que fendre le crâne d’un ennemi avec une hache est une sensation particulièrement jouissive ! »

Gerolt ne manqua pas d’y aller de son petit commentaire, s’amusant de l’attrait de son frère pour les batailles et les carnages.

« Il parait que plus d’un homme préfère ça aux trous secs des nordiennes ! Hahahahahaha !!! »

Bien sûr, Rodrik ne manqua pas de rire bruyamment à la blague de son frère, tout comme Kyra qui afficha un sourire discret. Il n’y avait qu’Annalys Harloi qui resta plus tempérée et digne lorsqu’une parole graveleuse était lancée. Il faut dire qu’elle commençait à avoir l’habitude et ce n’était plus vraiment cela qui risquait de la choquer. En attendant, Rodrik reprit de plus belle et continua en parlant des armes et surtout, du bouclier qui semblait faire de l’œil au jeune prince.

« Un bouclier de la Maison Harloi vous sera offert avec plaisir. Allons voir mes hommes, vous pourrez déjà avoir un aperçu de ce qui attend nos ennemis ! »

Alors que Rodrik se dirigeait vers la porte donnant vers la cour, il s’amusa de l’attention du Prince envers sa sœur. Evidemment, elle n’était pas vraiment du genre Lady, même si de son côté, il ne la voyait que comme une façon de sceller une alliance avec une autre Maison des Iles de Fer. Malheureusement pour lui, elle n’était pas du genre docile, ni même féminine, comme beaucoup de femmes fer-nées. C’est donc avec un sourire carnassier qu’elle accueillit la galanterie de Beron, lui prenant le bras pour s’assurer de lui faire regretter son attitude la reléguant au simple faire-valoir. De toute sa poigne, elle agrippa le bras du jeune garçon, lui montrant que niveau force, elle n’avait rien à envier à la plupart des hommes.

« J’espère que je ne vous fais pas mal mon Prince, c’est que les femmes des Iles de Fer ont l’habitude de montrer aux hommes qu’elles sont fortes également. Voyez cela comme une coutume ! »

Bien qu’il n’en soit rien, Kyra ne faisait que serrer aussi fort que possible le bras du Prince, l’entraînant à la suite de son frère. Une fois dehors, elle lui lâcha le bras en s’inclinant légèrement.

« Si vous voulez bien m’excuser, je dois aller m’entraîner. »

Sans perdre de temps, Kyra partit sur le côté, embarquant au passage une hache et un bouclier. Comme à son habitude, la jeune Harloi se lança dans un entraînement de mêlée contre trois adversaires. Le combat était féroce et rien qu’à la voir bouger, bloquer les coups et riposter, on pouvait facilement comprendre qu’elle n’était pas une débutante. Malgré tout, Rodrik n’adressa même pas un regard aux prouesses de sa sœur, se contentant de demander à l’un de ses hommes d’aller lui chercher un bouclier. Une fois en main, il le donna au jeune Prince.

« Voici l’un de nos meilleurs boucliers. Aucun ennemi n’a encore survécu assez longtemps pour le briser ! Venez avec moi, nous allons échanger quelques coups pour voir si vous parvenez à le manier. Si le centre est en bois, nous avons rajouté un cerclage en métal pour contrer les coups d’épée avec la tranche, mais aussi attaquer l’ennemi. Vous verrez qu’une fois bien maîtrisé, il devient une arme redoutable. »

En réalité, il n’y avait qu’à regarder la jeune Kyra qui parvenait à repousser les trois opposants, tout en leur assénant nombres de coups de bouclier dans les côtes et dans le visage. Lord Harloi fit bouger ses hommes afin de libérer la place au centre de la cour et dégaina son épée. Cette dernière était splendide et digne d’un suzerain qui était connu pour ses prouesses martiales. Il l’a fit tournoyer plusieurs fois afin de s’échauffer et rien qu’à entendre le bruit lorsqu’elle fendait l’air, on pouvait comprendre qu’un coup de cette lame ne devait pas laisser beaucoup de chances.

« Commençons calmement, à vous d’attaquer ! »

C’est donc armé de son épée en main droite et d’une hache en main gauche que le Fer-né fit face au Prince Beron. Les guerriers Harloi s’étaient arrêtés afin de voir leur Lord en action, se demandant si le jeune Prince parviendrait à tenir face à lui. En tout cas, Gerolt et Kyra ne pouvaient s’empêcher de sourire à l’idée que leur gros balourd de frangin blesse le petit fils d’Harren le Noir.

Feat. Beron Hoare


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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyLun 15 Juil - 3:17


Un Fer-né ...

ou un faible ...

Beron ne manqua pas de remarquer les expressions variables que son empressement à accepter le défi provoquait sur les visages du clan Harloi. Le Lord semblait véritablement se réjouir d'échanger quelques passes avec un petit prince qu'il estimait sans doute fort peu, comme tout fer-né considérant la descendance Hoare plus riveraine qu'insulaire, celui qui devait être son frère tentait d'amener un peu de légèreté par des plaisanteries qui avait la patte du sel et du roc, quant à la dame d'âge mur, elle semblait redouter qu'on égorge la poule aux œufs d'or ou qu'on tue l'âne providentiel par excès de ... fer-naissance. Beron se rit de lui-même d'avoir songé à ce mot inventé: la fer-naissance. C'était beau comme une effervescence, une fierté naissante, un geyser maritime ... Il fallait satisfaire tous ces nobles guerriers et leur famille. Les rassurer aussi. Mais lorsqu'il sentit l'emprise d'une main d'acier sur son bras il comprit que je jeu avait commencé et qu'en fait ce n'était, n'avait jamais vraiment été un jeu, même quand il n'avait que quelques mois et emmerdait toute la maisonnée Hoare en hurlant à plein poumons au beau milieu de la nuit.

En fait, en dépit du palais qui l'avait vu naître, le monde autour de celui-ci puait le souffre et les excréments, la mort et la putréfaction. Bien évidemment suivant la caste dans laquelle on avait vu le jour, encore fallait-il qu'elle en ait la volonté, la famille parvenait plus ou moins à dissimuler cette sinistre vérité au nouveau-né. Cette farce faisait plus ou moins long feu d'ailleurs suivant l'acuité de l'enfant. Beron était né dans une famille où on égorgeait l'ennemi à tour de bras-ça c'était papa- et où on baisait dans la soie (bon peut-être qu'on y faisait des choses moins élégantes aussi auxquelles les riverains ne peuvent songer sans dégoût) -ça c'était maman. Tout allait bien, ce la ne choquait personne car en Westeros, ma foi, ou la votre, c'était monnaie courante, à cette époque. Il avait rapidement perçu que derrière les soies et les parfums, les bijoux et les cérémonials, étaient tapis bien des monstres dont on lui taisait encore le nom.

Beron, petit prince indiscipliné, avait grandi entre ces deux constantes: violence et luxe. Chez la plupart de ses contemporains cette proximité des deux était bien vécue et ne suscitait que peu de réflexion. Pour son malheur, mais peut-être le bonheur des générations futures, qui sait, le jeune Beron n'arriva point pendant ses premières années, à accorder les deux. Comment pouvait-on écarteler un voleur de poules alors qu'on festoyait à s'en faire éclater la panse plusieurs fois dans le mois ? Ne valait-il pas mieux lui donner une de nos poules, dont on disposait à profusion et lui expliquer qu'elle pondrait des poussins qui feraient d'autres poules et qu'ainsi il n'aurait plus besoin de voler pour nourrir sa famille ? Les théories naïves de l'enfançon pouvaient charmer. Elles devinrent plus dérangeantes  au fil des années. Un bon mestre précepteur lui apprit à ne point clamer tout haut ces idées étranges mais à plutôt les expurger de son esprit en les jetant sur le papier. Ainsi on fit croire à Beron que ces vilaines idées allaient passer et qu'il fallait s'attacher à considérer ce qu'on avait et non ce que les autres n'avaient pas. L'éducation étant un puissant moule dans lequel se forge une pensée, les choses parurent s'aplanir dans le caractère du petit prince.

Mais c'était sans compter le sang fer-né qui lui donna l'occasion de faire escale rapide sur les îles avec ses parents ou de rendre visite d'une année à l'autre, à sa tante Eren qu'il admirait beaucoup pour son humour et sa liberté d'esprit parmi de féroces guerriers. Il eut l'occasion de se forger bien des convictions lors de ces visites.Et là, le monde était encore plus féroce, et l'odeur de la merde était juste supplantée par celle des marées et des embruns. Tout d'abord, la terre ne donnait pas la même chose à tout le monde et pour l'heure, le peuple dont il partageait le sang devait arracher sa subsistance en pillant, volant, tuant, détruisant. C'était ainsi et nul ne songerait à incriminer la terre pour son manque d'équité. Ensuite, le corrélat de ce constat était que son peuple infligeait et s’infligeait bien des pertes, pour tenter de rééquilibrer cette mauvaise distribution. Cette solution mortifère n'était d'ailleurs que provisoire, sans cesse remise en jeu chaque fin d'hiver où il avait réussi à survivre de ses pillages. Pendant ce temps, d'autres territoires comme le Conflans, prospéraient tant et si bien qu'ils devenaient des cibles pour leurs avides voisins jaloux. Peu enclins à se battre, les fermiers riverains demandaient alors l'aide des fer-nés pour contenir leurs frontières. Les terres arables étaient traversées par des armées, alliées ou ennemies, venues se livrer bataille, ou des pillards et perdaient ainsi chaque année une partie non négligeable des récoltes.

Dans ce que la plupart considéraient comme un mode de vie indiscutable ou une fatalité, Beron ne voyait qu'un gâchis de vies, de travail et de terre. Ainsi ses déplacements dans les îles à observer la vie des uns et des autres, pendant que ses parents remplissaient leurs devoirs de prince et de princesse, lui firent prendre conscience qu'il y avait effectivement un souci qui dépassait les simples frontières du Sel et du Roc ou du Conlfans et qu'une complémentarité ne s'imposerait jamais durablement par la force mais par la mise en place d'une autre forme de relations. Cette force imposée, il la ressentait dans la main de Kyra qui lui pressait le bras. Elle lui disait tu n'es rien, tu ne comptes pas. Tu ne tues pas donc tu n'existe pas. Et il allait lui prouver qu'on pouvait "être" sans prendre une vie. Et il faudrait bien qu'un jour il parvienne à leur faire comprendre à tous que les fer-nés n'avaient adopté ce mode de vie au fil des générations que parce qu'aucun d'entre eux n'arrivait à en concevoir un autre sur leur caillou aride.

Beron devait composer pour le moment, enfin pour l'heure, car il espérait bien semer ici et là quelques germes qui pousseraient, ou pas dans le raisonnement Harloi, mais pour l'instant, il avait préféré répondre à son hôte et l'un de ses parents avec une simplicité désarmante.

- Ohh j'ai encore bien trop de lacunes au maniement d'une hache et j'aurai beaucoup à apprendre de vous. Vos gens pourront en attester, même si je sais y mettre du cœur. En revanche, pour ma corpulence, je me débrouille à l'épée, surtout quand j'ai dans l'autre main un bouclier bien affûté.

Puis répondant à la blague de l'autre Harloi, il avait ajouté:

- Ma foi, avec leur climat glacial, je pense qu'il doit falloir réchauffer la glace pour qu'elles deviennent humides, mais il faut convenir que c'est un défi qui demande un bon équipement et de l'endurance.

Il passa au bras de Kyra devant la dame maîtresse de la maison et la gratifia d'un sourire angélique puis une fois arrivé dans l'arène et tandis que sa guide le libérait enfin de sa poigne vengeresse, il lui glissa à l'oreille une phrase bien sentie qu'il avait entendu prononcer dans un bouge de Pyke et qu'un certain Wynch lui avait expliqué.

- Demoiselle, je ne doute pas que vous soyez forte et si vous savez serrer autrement qu'avec votre main, je gage que vous devez faire le bonheur de vos amants.

Sans savoir si elle avait perçu le caractère osé de ses paroles, Beron la regarda s'éloigner pour son entraînement et put noter qu'elle mettait du cœur et de la hargne dès son entrée en lice. Il accueillit avec reconnaissance l'excellent bouclier qu'on lui confiait car il en apprécia immédiatement la légèreté relative et la robustesse. Rond comme l'étaient fréquemment ceux des fer-nés, son cerclage métallique lui conférait un potentiel létal souvent sous estimé par l’ennemi. Il en apprécia le bord du bout de l'index et sortit posément un aiguisoir de son surcot pour en affiner le tranchant. Puis, après l'avoir rangé prestement, il soupesa sa nouvelle arme et dégaina son épée de jeune prince, laquelle, bien que fort simple et n'ayant pas encore goûté le sang, était bien à sa main et équilibrée. Tout en cherchant le point d'équilibre entre ses deux bras, il laissa Lord Harloi s'échauffer rapidement et admira la beauté de ses armes, épée comme hache, en estimant aussi le poids, qui, ajouté à celui du guerrier, lui donnait une assez bonne idée de ce qui pouvait le perdre ou lui donner l'avantage.

- Sire, apprenez-moi, je serai votre obligé... Rossez-moi comme vous le feriez d'un de vos fils ...

Un puceron puceau s'attaquant à un géant qui avait déjà dû générer une flopée de bâtards n'avait aucune chance de l'emporter, mais il pouvait tenter de piquer et d'user son adversaire. Bien conscient du poids des regards qui pesaient sur lui, il fit mine de fendre à senestre mais pivota et tandis que son épaule gauche protégée derrière son bouclier venait frapper le plat de la hache, de son épée, il s'appliqua à croiser à nouveau à gauche puis à droite celle de son adversaire. Conscient du risque de cette tentative, il se dégagea et prit de l'espace pour mieux évaluer la vitesse de mouvement du Harloi. Il parvint à esquiver quelques coups et s'efforça d'en donner autant. Chaque fois les parades de son adversaire s'appliquaient et leur force irradiait dans ses bras. Chaque fois son amplitude n'était pas suffisante pour prétendre toucher l'adversaire. Le combat était visiblement inégal entre les deux, tant par l'expertise que la corpulence mais Beron cherchait à faire de cette différence un avantage. Ruse, vitesse, légèreté, mobilité. Comment les conjuguer pour tenir et apprendre face à un tel pugiliste ?



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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyVen 19 Juil - 15:54


Un Fer-né ...

ou un faible ...



Si les réponses du Prince n’avaient pas manqué de faire rire les deux frères, sa petite attention envers leur sœur ne manqua pas d’enrager celle-ci qui espérait bien que ce jeune prétentieux se fasse raccourcir par Rodrik. La hargne qu’elle mettait dans son entraînement était pour une fois dirigé sur quelqu’un d’autre que le Lord de la Maison Harloi et ce n’était pas peu faire que de réussir un tel exploit. Un gosse de seulement 11 ans qui venait lui murmurer ce genre de propos, même les plus courageux des Fer-nés n’oseraient pas sans avoir un certain statut. Il était clair que ce gamin osait utiliser les privilèges de sa naissance royale mais bon, dans les Iles de Fer, le mérite passait bien avant une quelconque lignée. Toutefois, lorsque le combat fut sur le point de commencer, la belle brune s’arrêta un instant, posant un regard froid et rancunier sur Beron, espérant bien que sa face d’enfant soit lacérée.

De son côté, Rodrik s’échauffait et ne manqua pas de sourire aux paroles du petit Prince. S’il voulait être rossé comme s’il combattait sa progéniture, il allait être servi. Glissant la lame de son épée sur le tranchant de sa hache dans un bruit annonçant bien souvent du sang, il accueillit l’offensive du gosse cherchant à voir de quoi il était capable. Au moins, il n’était pas complètement stupide et usait du seul élément à son avantage, sa taille et sa vivacité. Malheureusement pour lui, le poids de ses armes ou simplement le manque de force, ne lui permettait pas de transposer cette rapidité dans ses attaques, ce qui les rendaient facile à lire. C’est donc avec force que le Harloi contrait chaque coup, lui faisant bien ressentir le poids d’une arme maniée avec puissance. Entre deux passes d’armes, le Seigneur des Dix-Tours ne manqua pas de prodiguer quelques conseils à son jeune adversaire.

« Nous ne sommes pas des riverains ici ! Un Fer-né a un avantage que les continentaux n’ont pas, la rage ! Quand on est surpassé par la technique, c’est cette foutue rage qui nous fait gagner le combat ! »

Histoire de démontrer ses propos, Rodrik poussa un cri bestial qui sembla galvaniser ses hommes, comme le réveil d’une bête en sommeil qui figerait ses ennemis. D’un coup, il se montra bien plus offensif. Bloquant le coup d’épée de Beron avec la sienne, il utilisa sa hache pour écarter son bouclier et lui administrer un coup de semelle au niveau du thorax, projetant le Prince au sol. En un instant, il avait montré à son adversaire comment un Fer-né se battait. Il n’y avait pas de place pour la beauté de la technique, juste vaincre le plus rapidement et le plus efficacement possible. Quelques soient les ruses à utiliser, Rodrik les utiliserait si cela lui apportait la victoire. En même temps, les duels n’étaient pas monnaie courante pour les îliens et lors des combats de masse, il fallait savoir passer d’un ennemi à l’autre rapidement.

Laissant le jeune prince se relever, Rodrik fit à nouveau passer sa lame sur le tranchant de sa hache.

« Vous avez vu ce bouclier comme un moyen d’encaisser les coups mais pour le manier correctement, il faut avoir la force d’éviter qu’il soit écarté. Il faut créer l’accès pour tuer, que cela soit par la ruse ou par la force. Bien souvent, vous n’avez besoin que de cinq enchaînements maîtrisés à la perfection pour vaincre la plupart de vos ennemis. Vous êtes encore petit et par conséquent, vous devriez vous concentrer sur l’esquive et l’attaque du bas du corps. »

Montrant ses genoux à Beron pour essayer de lui faire comprendre clairement ce que le bouclier pourrait faire s’il utilisait son corps entièrement, et pas seulement ses armes, Rodrik s’approcha à nouveau de son adversaire. Bien sûr, il ne comptait pas se laisser blesser par ce gosse, surtout avant une campagne mais bon, si cela pouvait inculquer à ce jeune prince une partie du sens du combat fer-né, cela serait utile un jour.

« Tant que vous penserez comme un chevalier, vous ne vaincrez personne ! Pensez comme un Fer-né ! »


Feat. Beron Hoare



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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyDim 21 Juil - 0:34


Un Fer-né ...

ou un faible ...

L’enchaînement de passes démontra bien vite à Beron qu'il ne faisait littéralement pas le poids face au Harloi. L'enfant s'en doutait avant d'entrer dans la danse mais il prit la mesure de la différence qu'il y avait entre affronter ses maîtres d'armes pourtant chevronnés, à la cour et se battre avec un Lord fer-né qui n'avait cure de le ménager ou de le préserver d'une bonne torgnole. Il songea avec amertume que cela résultait de cette fâcheuse tendance de la Princesse Myria à le surprotéger. Comme un écho à ses propres déductions, les paroles du seigneur de l'île résonnèrent avec bon sens à ses oreilles. Il hocha brièvement la tête en signe de reconnaissance et d'acceptation.

Mais il avait demandé à ne point être épargné et put constater que Lord Rodrik répondait à sa requête lorsque, après avoir bloqué son épée avec la sienne, il écarta le bouclier de l'enfant pour lui asséner un magistral coup de pied dans le thorax. Beron vit un vol plané et se retrouva à plusieurs mètres de son adversaire sur son cul princier. Il serait mort depuis longtemps en combat réel au cœur d'une bataille. Transpercé, empalé, éventré, égorgé, décapité. Beron comprit alors qu'il devait tout oublier. S'affranchir de tout ce qu'on lui avait enseigné en matière de combat et n'écouter que son coeur et son âme.

Tandis que l'héritier d'une antique lignée du sel et du roc lui prodiguait ses conseils sans aucun ménagement mais avec une franchise qui mettait du baume à l'esprit fer-né qui sommeillait en l'enfant, et avant même que le guerrier aux légendaires faits d'armes ne prononce le mot, Beron la sentit naître en lui et croître jusqu'à irradier sa colonne vertébrale et contracter les muscles de ses bras et ses jambes. La rage ! la rage de n'être pas né ici, de n'avoir pas grandi ici, de n'être pas fils d'un tel guerrier. Le Prince était fier d'être le fils de Joren et Myria, fier des faits d'armes de son père, fier de la vivacité d'esprit et de la force mentale de sa mère, mais que ne l'avaient-ils exilé sur les Îles pour dompter à bon escient son esprit rebelle ? Que n'avaient-ils point confié à un Sparr et un Harloi, l'éducation de leur rejeton ? Sa tante Eren était trop occupée pour s'en charger elle-même à cause de sa charge de Commandante de le Flotte de Fer ? Soit ! Beron le comprenait aisément. Mais il aurait suffi d'un mot de sa part pour que Beron embarque sur un boutre appartenant à l'une de ces illustres familles fer-nées. Eren n'aurait pas refusé de le recommander à leurs bonnes rosseries. La seule explication à ce manquement était le refus d'une mère trop aimante à confier son fils, son premier-né à la rugosité des insulaires. La rage contre lamour maternel explosa en Beron et dans une douloureuse révélation, il ressentit la souffrance de trahir, de repousser en son cœur cet amour si fort et fusionnel qui le liait à Myria.

Beron se releva et raffermit dans sa main la prise du bouclier. Il peinait à recouvrer son souffle tant la pointure du géant dans son torse avait impacté sa respiration et ses jeunes muscles. Demain il aurait un large hématome sur le poitrail mais le porterait avec fierté comme un blason. Le petit prince se ramassa derrière son bouclier, formant une masse compacte. Il ramena près de lui le bras qui tenait son épée et son regard se plissa, jusqu'à ne laisser qu'une mince fente qu'il darda un instant sur le visage de son enseignant. Puis tout se verrouilla en lui et il fit abstraction du visage rugueux, des larges épaules auxquelles des bras aux muscles saillants étaient rattachées, ces mêmes bras tenant une hache impressionnante et une fort longue épée.

Le regard se perdit dans le vague et s'interdit de descendre fixer le point qu'il voulait viser. Beron avait bien compris la suggestion de Rodrik de viser les parties basses du corps. Mais il s'agissait d'un des plus fidèles sujet de la couronne. Et s'il le blessait à la veille de son départ pour une campagne lointaine ? Ne laisse pas tes sentiments impacter ta résolution, se morigéna-t-il ? Que valait-il mieux ? Eviter de blesser un homme loyal à sa lignée, ou prouver à tous qu'il serait digne de combattre un jour à ses côtés ? Beron se souvint de ses cours d'anatomie humaine avec le Mestre Pascalus. Tandis que son regard fixait celui de Rodrik, l'enfant poursuivait un monologue intérieur qui dura une fraction de seconde. Pas le genou parce que si tu atteins le ligament il boitera et cela le gênera pour combattre l'ennemi. Une balafre à la cuisse sera moins préjudiciable mais le marquera suffisamment et durablement pour qu'il se souvienne que son jeune prince n'était pas un pleutre.

Beron n'était plus qu'une boule de chair et de sang bouillonnant, de rage et d'énergie, prête à bondir comme un ressort. Il se ramassa autant qu'il lui était possible et fusa dans un cri en direction des jambes du colosse. Son bouclier s'inclina tandis qu'il bondissait et le tranchant en déchira la pante du seigneur sur sa cuisse gauche, tandis que l'enfant roulait comme une boule sur lui-même, il se reçut sur le dos entre les jambes du guerrier et, trop court pour viser plus haut, lui taquina l'entrejambe de l'estoc de son épée, trouant la pante une nouvelle fois. Il vit en contre plongée la hache et l'épée se mettre en mouvement au dessus de sa tête.

Maintenant, il allait mourir.




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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyMer 24 Juil - 15:00


Un Fer-né ...

ou un faible ...



Si l’attaque brutale de Rodrik avait projeté le petit Prince plusieurs mètres en arrière, la plupart des hommes du Seigneur des Dix-Tours ne montrèrent aucun signe d’inquiétude pour ce dernier. Après tout, il était habituel pour un Fer-né de prendre des coups lors des entraînements et ce, quelque soit son âge. De son côté, Kyra sembla particulièrement amusée de la situation et un petit rictus satisfait apparu sur ses lèvres. Ce gamin n’avait finalement que ce qu’il méritait et à ses yeux, il n’était clairement pas digne de devenir son Roi. Quoi qu’il en soit, le combat se poursuivit et le jeune garçon se releva pour à nouveau faire face à Rodrik qui faisait tournoyer son épée et sa hache, démontrant son aisance dans leur utilisation. Ses armes étaient comme le prolongement de son corps et il n’avait donc aucun doute quant à son habilité à tuer et vaincre avec celles-ci.

Après son petit discours, Lord Harloi afficha un sourire sur son visage, voyant clairement au regard de son adversaire que ce dernier comptait y mettre enfin plus de volonté. Il espérait clairement que le Fer-né au plus profond de lui allait jaillir pour montrer un peu plus de rage mais bon, était-ce réellement possible pour un gamin ayant été élevé comme un riverain par sa surprotectrice de mère ? Il n’allait sans doute pas tarder à le savoir. Finalement, sous un cri bestial de rage, le petit Prince chargea son adversaire qui l’attendait de pieds fermes. Comme Rodrik s’y attendait, Beron avait compris que le meilleur moyen de gagner lorsque la différence de taille était conséquente, c’était de viser les jambes. Toutefois, la surprise fut de la partie lorsque l’enfant sauta pour porter son attaque. Il s’agissait bien plus d’une attaque suicide qu’une attaque décisive et rien que pour cela, il méritait déjà une bonne correction. Malheureusement pour Lord Harloi, le tranchant du bouclier parvint à lui érafler la cuisse, déchirant le tissu de son pantalon.

Si cela aurait pu être suffisant pour bon nombre de Maîtres d’Armes riverains, il n’en était rien pour le Fer-né qui allait riposter, jusqu’à ce qu’il sente la pointe de l’épée de Beron manquer de le castrer. A ce moment, son sang ne fit qu’un tour et la rage prit le dessus sur sa raison, comme en plein champs de bataille où c’est tuer ou être tué. Il esquiva rapidement le bout de l’épée de son adversaire, histoire de ne pas perdre sa virilité, avant de porter un coup de hache à pleine puissance sur le bouclier du Prince. Son visage montrait la rage qui l’habitait et cela devait être un spectacle de bons nombres de ses ennemis avaient dû voir avant de mourir sous ses coups. Un autre coup suivit le premier et ne ménageant pas son potentiel futur roi, il donna un coup de pied dans son bras tenant l’épée, l’écrasant au sol pour l’immobiliser. A chaque coup porté sur le bouclier, un cri de rage émanait du Capitaine de la Faux Sanglante, jusqu’à ce qu’il le fasse voler au loin, laissant Beron à sa merci.

A ce moment, Kyra s’arrêta pour profiter de la fin du spectacle, Annalys mit la main devant sa bouche pour s’empêcher de crier à son fils d’arrêter, alors que tous les hommes Harloi se demandaient si leur suzerain prendrait la vie du Prince. Seul Gerolt ne semblait pas plus inquiet que ça, souriant à l’idée des ennuies que cela pourrait causer. En attendant, Rodrik fit tournoyer son épée pour la pointer vers sa cible et d’un coup, sans la moindre hésitation, l’abattit sur le sol. La pointe s’enfonça dans la terre, à seulement un petit centimètre de la gorge de Beron. A ce moment, le combat était terminé pour le fier guerrier des Iles de Fer et sa rage disparut d’un coup. Il ôta son pied du poignet de l’enfant, retirant son épée du sol, tout en s’écartant. Bien sûr, il ne l’aida pas à se relever et reprit son instruction afin de lui faire comprendre que sa tactique comportait de grosses lacunes.

« Je suis assez déçu … Si votre objectif n’est pas la victoire, vous n’avez rien à faire sur un champ de bataille ! Partir dans une attaque suicide juste pour couper un peu son adversaire, c’est stupide ! Un Fer-né meurt en emportant ses ennemis avec lui, c’est pour lui le meilleur moyen d’honorer le Dieu Noyé ! Votre attaque revient à lancer votre épée en espérant que l’ennemi en face de vous ne bouge pas. Si ne vous n’attaquez pas avec l’intention de tuer, la mort vous bercera rapidement. »

Un peu plus calme, Rodrik inspecta les dégâts au niveau de son pantalon et s’assura que son service trois pièces n’ait pas trop souffert. Fort heureusement, rien ne semblait avoir subi trop de dégâts. Un peu plus loin, sa sœur tentait tant bien que mal de se contenir, mais ne put retenir son fou rire en réalisant que le gamin prétentieux s’était fait botter le cul en manquant d’émasculer son frère. En attendant, la mère des Harloi soupira de soulagement, tandis que son fils revenait devant Beron.

« A l’heure actuelle, pensez-vous survivre si vous deviez participer à un raid ? Vu la situation du Royaume, vous devez grandir plus vite et vous endurcir sans délai ! Vous avez la rage, vous avez des couilles, il ne manque plus qu’à les mélanger avec de l’entraînement et vous pourriez être un guerrier ! »

Feat. Beron Hoare



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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyMer 24 Juil - 21:35


Un Fer-né ...

ou un faible ...


Ce qui était le plus terrifiant, impressionnant, n'était pas le mouvement de ces armes mortelles au dessus de sa tête, mais bien le visage, le regard transfigurés de son adversaire lorsque la pointe de l'épée de Beron vint taquiner la virilité du suzerain. Le jeune prince vit le visage de la mort s'incarner sous les traits du Harloi. Haine, rage, fureur, destruction se côtoyaient dans ce regarde flamboyant de colère. Tout être sain d'esprit en aurait conçu une terreur glaciale et Beron n'échappa pas à la règle car il était humain avant tout. Et il tenait à le rester. Foutaise, selon lui ces contes  qui prétendaient qu'un souverain devait être insensible aux souffrances du guerrier, sans peur et sans failles, déifié. Un monarque, un suzerain, ou même un prince, n'étaient qu'un assemblage de chair et de sang, de sentiments divers allant de la rage à la crainte et tous, devant la mort avaient à affronter les mêmes affres. Seuls les idiots ne redoutaient pas la mort et la souffrance, mais seuls les couards n'arrivaient pas à les surmonter. Le courage n'existait que par la conscience de ce qu'on risquait de perdre. En l’occurrence, la vie.

Une pluie de coups de hache s'abattit  sur le bouclier du Hoare, tandis que son adversaire éructait de fureur puis un coup de pied fulgurant frappa le bras d'épée du prince, immobilisant et écrasant son poignet sur le sol. Un magistral coup de hache fit voler le bouclier  du prince loin de sa main. Beron pouvait sentir la satisfaction simple de l'assemblée autour de lui. Leur seigneur venait de terrasser un prétendant au trône  que tous estimaient illégitime par le simple fait qu'il soit demi sang. Cela aurait dû le décourager, l'abattre et saper toute velléité de combattre. Pire, une arrogance de rang aurait pu jaillir mal à propos pour tenter une sortie se justifiant par un crime de lèse majesté. Il n'en fut rien. Beron sentit le sifflement de la lame adverse contre sa gorge. Il l'accueillit comme un chant de reconnaissance et d'allégeance. Non envers son titre de prince et pas encore à l'égard de son sang fer-né, mais bien destiné au guerrier qu'il pourrait devenir.

Tandis que son nouveau maître d'armes exprimait sa déception, après avoir pris du champ, Beron soufflait, non pas de fatigue mais d'une rage inextinguible qui montait en lui submergeant toute autre considération. Sa main encore juvénile s'affermit sur la poignée de son épée tandis que les mots du suzerain s'enfonçaient plus sûrement dans son cœur et son âme qu'une lame chauffée à blanc. Il vit le Harloi s'éloigner de lui et inspecter ses pantes et son entrejambe avant de reprendre la parole afin de lui asséner une ultime sentence.

Pour Beron ce fut le signal d'une dernière provocation. Alors que le suzerain revenait vers lui, il se ramassa et bondit lame en avant, la fureur au ventre et, portant tout le poids de son corps dans l'attaque, comme  il venait de lui être conseillé, frappa de toutes ses forces décuplées par la rage. La taille de son épée  se heurta à la lame du Harloi qui l'écarta une fois puis deux. Le prince parvint tout de même à effleurer le bras tenant la hache de la pointe de sa lame avant que celle-ci ne fût bloquée par la force de son adversaire. La main de Beron infléchit la poussée et il fut repoussé encore une fois.

- Un bon ennemi est un ennemi mort, Lord Harloi ! Vous m'avez épargné parce que vous savez au fond de vous que je ne suis pas votre ennemi, mais qu'en moi coule le sang fer-né. C'est la même raison qui fait que je n'ai pas sectionné le tendon qui tient le muscle avant de votre cuisse à votre genou. Vous auriez boité durant des semaines. Enfin, la même raison qui fait que je n'ai pas pointé mon estoc dans votre queue et vos bourses.

Le prince recula en inspirant pour reprendre son souffle avant de poursuivre devant une assistance en pleine expectation.

- Mais vous auriez dû pour le moins m'assommer afin de vous assurer que je ne me relève point contre vous. Un fer-né ne renonce jamais au combat à moins d'être mort ou inconscient. Mon père me l'a enseigné, ma tante me l'a démontré et ma mère me l'a martelé en mots. Oui, je suis petit, oui je suis jeune et inexpérimenté. Mais je ne vous laisserai pas croire que je ne suis pas fer-né. Croyez vous qu'un fer-né laisse son adversaire décider quand le combat est fini ?  Non ! Toujours il se relève jusqu'à son dernier souffle !

Beron se tenait l'épée à la main, sans autre protection que sa rage et sa fierté attisées. Il toisa dans un regard circulaire  toute l'assemblée qui lui avait voué des œillades si haineuses et son regard s'arrêta sur Kyra un bref instant avant qu'il reprenne la parole.

- Lord Rordik Harloi, vous agissez en noble suzerain de ces terres, en fer-né indomptable. Mais qui cherchiez-vous à éprouver dans ce combat ? Ma vanité ou ma loyauté envers vous et mon peuple. Pensiez-vous votre prince stupide au point de risquer de blesser un des plus valeureux guerriers du royaume ? Un des plus glorieux défenseur des Îles de Fer ?  Pensez-vous enfin que j'ignore qu'en combat singulier, je n'ai actuellement aucune chance de vaincre contre vous ?

Le prince avança vers son valeureux maître d'armes et poursuivit à quelques pas de son visage, en levant la tête parce qu'il était fort plus grand que lui.

- Pensez-vous que je suis venu ici pour apprendre à tuer mes futurs sujets ? Croyez-vous que c'est ce que je viens quérir comme enseignement auprès de vous ?  Non,ce que je veux apprendre de vous c'est à tuer nos ennemis  et croyez bien que si vous étiez l'un d'entre eux, j'aurais tenté de vous infliger la mort, au péril de ma vie. Ne me sous estimez pas à cause de ma naissance et de mon âge.

Le jeune prince fronçait les sourcils et lançait un regard furieux à son adversaire puis se radoucit avant d'ajouter:

- Vos hommes et votre Roi  vous veulent en pleine possession de vos moyens et debout pour embarquer dans la campagne que vous préparez... Et entier pour trousser les conquêtes ... Et si nous allions boire à présent un des claque bec dont notre peuple a le secret ?  Votre enseignement vaut bien un bon rince gosier après l'effort ? Je vous suis redevable pour la leçon Lord Harloi! ajouta-t-il dans un sourire tandis que la rage commençait à refluer en lui, laissant place à la gratitude.

Un silence suspendu suivit les mots du Prince sans qu'il lâcha le regard du Harloi. Regard insondable en cet instant.



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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyJeu 1 Aoû - 20:50


Un Fer-né ...

ou un faible ...



Les remarques cinglantes de Lord Harloi ne manquèrent pas de piquer au vif le jeune Prince et pourtant, il ne faisait que souligner la naïveté de son mode de combat. Se lancer dans une attaque suicide pour seulement blesser son adversaire à la cuisse était une erreur grossière. Toutefois, la fierté de Beron sembla le pousser à réagir comme un vrai guerrier et sans attendre, il se releva pour se jeter sur Rodrik. Faisant honneur à sa fougue et sa rage, la Capitaine de la Faux Sanglante ne manqua pas d’appuyer ses coups en retour, repoussant les attaques de son adversaire jusqu’à ce qu’il le repousse plus violemment après s’être fait toucher légèrement le bras de la pointe de son épée. Un sourire s’afficha sur le visage du Harloi, alors que Beron commença son discours sur l’essence même d’un fer-né.

Il était clair que l’assemblée réunie autour de lui ne lui était pas acquise et bien que rien ne sembla transpirer de leurs pensées à l’encontre du jeune prince, les hommes de la Maison Harloi le voyaient plus comme un Prince riverain que comme un Prince fer-né. Certains ne comprenaient même pas l’intérêt que pouvait avoir leur suzerain pour ce gosse, ce qui valait bien sûr pour Kyra qui soutint le regard de Beron sans dévier une seconde, comme pour lui montrer que son nom ne lui inspirait aucune peur et aucun respect. A ses yeux, un nom ne représente rien si la personne qui le porte n’en fait rien. De son côté, Rodrik regarda le Prince continuer son discours, se demandant quand il allait s’arrêter car il perdait en crédibilité face à ses hommes en laissant sous-entendre qu’il aurait pu le blesser grièvement. Pourtant, il le laissa terminer, voulant savoir ce qu’il pourrait dire et si ses paroles allaient rencontrer ses attentes. Malgré les flatteries faites à son encontre, Lord Harloi ne vit pas en ce Prince les discours pleins de rages d’Harren le Noir, ou même de son propre père, Theon Harloi.

Pour preuve de ce malaise, le silence se fit dès que le Prince Beron eut fini son monologue, la plupart des hommes de Rodrik se demandant comment un gamin sans fait d’arme pouvait avoir une aussi haute opinion de lui-même. Le sourire du Harloi s’était effacé tout au long du discours de Beron et bien qu’il aurait voulu lui répondre très clairement, ce n’était pas devant ses hommes qu’il devait le faire. D’ailleurs, sa mère et Gerolt étaient prêts à intervenir pour couper court à un discours trop agressif du Seigneur des Dix-Tours.

« Ne vous inquiétez pas de mes capacités, Prince Beron. Mes hommes savent très bien que même avec un pied à la table du Dieu Noyé, je les mènerai à la victoire ! N’ai-je pas raison ?! »

La question de Rodrik galvanisa d’un coup ses troupes qui répondirent par un brouhaha impressionnant qui rassemblait des cris et des coups d’épée et de haches sur les boucliers. La confiance que Lord Harloi inspirait à ses hommes n’était pas basée sur son nom, mais bien sur les innombrables batailles qu’il avait mené à leur côté. Chacun de ses hommes avait vu le démon à l’œuvre sur le champ de bataille et rien que pour cela, ils le suivraient jusqu’à la mort. Il n’était pas le genre de Capitaine à rester en retrait, il combattait au côté de ses soldats, perçant les lignes ennemies avec eux pour aller chercher la victoire. D’un signe de la main, Rodrik calma les esprits et ordonna à ses hommes de continuer l’entrainement, avant de s’adresser au jeune Prince.

« Allons boire ! Morak a brassé une nouvelle bière qui est encore meilleure que l’ancienne. »

Le sourire revenu à ses lèvres, la Lord Harloi rangea sa hache à sa ceinture et son épée dans son fourreau. Sans perdre plus de temps, ses hommes s’étaient remis à l’entrainement, plus motivés que jamais. Gerolt, Annalys et Rodrik accompagnèrent le Prince Beron dans la grande salle où ils étaient précédemment, Kyra préférant se concentrer sur son entrainement, même s’il y avait très peu de chances que son frère la prenne avec lui pour la prochaine campagne dans le Sud. Annalys invita le jeune Prince à s’asseoir avant d’aller passer ses ordres en cuisine. En peu de temps, quelques victuailles arrivèrent sur la grande table, ainsi que des chopes remplies de bière. Rodrik leva sa chope en direction du jeune prince et sans dire un mot, se mit à boire. La première passa comme de l’eau et alors qu’il était resservi, il s’adressa à Beron de façon plus sérieuse.

« Jeune Prince, dire qu’on est quelque chose ou quelqu’un sur les Iles de Fer, ça n’apporte aucun crédit ! La seule chose que les Fer-nés comprennent, ce sont les actes ! Il est vrai que la Maison Hoare règne sur les Iles de Fer depuis longtemps, mais contrairement aux riverains, les fer-nés ne suivent pas un Nom, nous suivons un homme. Si Urron Greyiron n’avait pas rendu la royauté héréditaire, les états généraux de la royauté auraient toujours cours dans les Iles de Fer. Une personne se voyant Roi des Iles de Fer, devrait se poser cette simple question, si les états généraux auraient lieu, serais-je celui qui sera élu ? »

« Rodrik ! »

La mère du Harloi ne manqua pas de le rappeler à l’ordre mais bon, c’était peine perdue face à ce fils aussi direct qu’une flèche. Il leva sa chope en direction de sa mère, but une grosse gorgée et poursuivit sa discussion.

« Vous devez vous entrainer, devenir un homme que vos vassaux pourront suivre sans peur. Quand votre père accèdera au trône à la mort de votre grand-père, vous aurez sans doute une vision plus proche du poids du pouvoir. D’ici-là, devenez un guerrier capable de galvaniser ses hommes d’un coup d’épée ou même d’un simple cri. Si vous y parvenez, alors les discussions sur votre mère riveraine n’auront plus lieu d’être. Ne vous justifiez pas de ça, jamais ! C’est un aveu de faiblesse qui ne fait qu’accentuer le doute. La prochaine fois que nous croiserons le fer, je vous conseille de ne pas songer une seconde à me ménager pour une quelconque raison car à ce moment, je vous montrerai les portes de la demeure du Dieu Noyé. Il vaut mieux retenir sa lame au dernier moment que de viser des endroits pas trop dangereux car ça pourrait éventuellement être un handicap. J’espère que vous prenez conscience de la différence de spectacle que cela offre aux hommes ? »



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MessageSujet: Re: (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé]   (Ile d'Harloi / Dix-Tours) Un Fer-né ou un faible ... [FB] [Tour I - Terminé] EmptyVen 2 Aoû - 1:43


Un Fer-né ...

ou un faible ...


Après un moment de latence plutôt tendu, Beron qui s'était préparé à toute éventualité, malgré le ton enjoué qu'il avait voulu laisser paraître dans ses derniers mots, dût faire face à la réaction du suzerain des lieux et à celle de ses guerriers rassemblés là pour l'entraînement. Campé sur ses deux jambes, l'épée encore à la main, le Prince écouta, avec respect ceux qui l'avaient également écouté jusqu'au bout dans l'expression de ses convictions sincères. Le même sourire doux et humble se dessina sur les lippes juvéniles de l'enfant. Un éclat nouveau brûlait à présent dans son regard malgré la dureté à laquelle il était exposé. Ses yeux brillants laissaient transparaître son émotion face à la réaction de toute l'assemblée. Le Prince était au bord des larmes, mais pas pour les raisons que ce peuple fier et farouche pouvait imaginer. Son torse de gonfla de fierté et d'amour à leur égard quand il prit la mesure de cette vaillance, de cette allégeance souscrite non par le titre, non par le rang, pas plus que par le nom, mais par le courage et les faits d'armes. Il prit la parole d'une voix brisée par l'émotion:

- Un jour je prouverai par mes actes que je suis digne d'être l'un d'entre vous et vous pourrez dire avec fierté, tous, que vous avez étés parmi les premiers artisans de cette transformation. Merci à vous peuple d'Harloi ! Merci à vous Lord Rodrik !

Loin de prendre ombrage de la véhémence à laquelle il s'était sciemment exposé, le gamin sentit en son cœur et son âme qu'il touchait là du bout des doigts l'essence du peuple fer-né auquel il s'était senti appartenir depuis l'enfance, manifestant dès le plus jeune âge un caractère rétif à tout formatage. Il avait causé bien des soucis à ses parents qui voulaient en faire un noble accompli et n'avait jamais accepté de gré et de cœur les préceptes prévalant à la cour du Noir. Beron voulait comprendre la fondation de chaque règle, de chaque code et sa quête de compréhension s'appliquait aussi au peuple auquel il se sentait lié. Il n'aimait dans le Conflans que les perspectives de chevauchées sauvages sur un fier coursier et le labeur de ces fermiers qui le peuplaient et arrachaient à la terre la survie de leurs familles. Les complots, les jeux de pouvoirs, il les vomissait à chaque leçon du Mestre. Il savait ne pouvoir y échapper à cause de sa naissance, mais la politique n'était pour lui qu'un jeu de marionnettes auquel il ne pourrait se dérober.

Parmi ces fer-nés qui frappaient fièrement leur bouclier pour manifester leur allégeance à leur chef de guerre, il se sentait loin de toutes ces manigances et pourtant, mesurait combien il allait lui falloir en surmonter pour assurer la survie de cette ferveur. Pour empêcher qu'elle soit détournée à des fins qui ne lui étaient pas destinées. Le mal était déjà entamé, il le savait. Combien de batailles exigées par Harren avaient déjà impliqué ces farouches guerriers suivant par loyauté un homme qui avait su porter son nom ? Était-ce suffisant pour le suivre aveuglément dans ses choix ? Beron s'arc-boutait sur sa conviction que chaque décision qui les menait au combat aurait dû être choisie par ces hommes et non par un souverain qui manœuvrait pour sa gloire personnelle.

L'enfant rengaina son épée et hocha la tête aux propos de son aîné. Puisse le Dieu Noyé lui donner la force de se battre, comme pouvait le faire Rodrik Harloi, même blessé, même face à l'adversité, et de mener son peuple à la victoire, mieux, à une autre vision. Se mordant la lèvre avec nervosité, Beron se retint d'en dire trop et s'inclina pour remercier l'assistance de la leçon qu'il venait de recevoir. Il en avait appris plus sur ce qu'était "être un fer-né" en une leçon qu'en quatre ans de séances avec Mestres et maîtres d'armes. Il avait aussi appris la simplicité auprès de Lord Sparr et là, il touchait à l'autre tenant de l'esprit des Îles de Fer, la rage de vivre au delà de la survie. Mais il savait qu'il était nécessaire de l'inscrire dans un dessein plus vaste. Il ignorait encore comment, mais il s'y emploierait.

Après toutes ces émotions, l'invitation du Harloi fût accueillie par Beron comme un répit déguisé en nouveau test, mais il s'y plia avec joie. Parce qu'il avait sans doute trop parlé, il se tût. Il suivit le maître des lieux et sa suite dans la salle où il avait été accueilli précédemment.

- Je boirai volontiers le nouveau brassage de maître Morak à la santé de votre maison, Lord Harloi.

Le clan au complet, excepté Kyra qui devait décidément le haïr, s’installa à la table, Lord Harloi siégeant comme il se doit à son extrémité. Beron inclina la tête devant Lady Annalys qui l'invitait à s’asseoir à côté de son fils avant de s’éclipser dans les cuisines. Sitôt sa mère absente, le Lord se pencha vers son Prince pour lui dispenser quelques conseils en ayant pris soin de vider deux choppes coup sur coup. Le Hoare trempa ses lèvres dans la sienne et, d'abord circonspect, il s'y abreuva amplement, trouvant le breuvage fort à son goût. Ayant étanché un début de soif, le gamin répondit d'une voix emprunte de réflexion. D'un sourire, il désarma l’inquiétude de Lady Annalys, promptement revenue à la table après avoir donné ses consignes et préoccupée face à la hardiesse de son fils.

- Je pense comme vous Lord Harloi, que l’allégeance se mérite par les actes, au jour le jour. Un meneur d'hommes doit sans cesse remettre en jeu son statut. A chaque bataille, qu'elle soit victorieuse ou pas. Il doit convaincre ses hommes de le suivre vers une nouvelle victoire ou de prendre la revanche sur une défaite.

Beron prit un souffle et une autre grande gorgée avant de poursuivre son raisonnement, bien conscient que cela pourrait passer pour un acte de rébellion à l'encontre de sa propre maison et de son terrifiant grand père.

- Si je vous disais que vous m'ôtez les mots de la bouche. Que vaut un nom quand l'avenir de tout un peuple est engagé ? Ne serait-il pas plus avisé de le laisser choisir qui va le guider ? Mais vous avez raison, pour cela, il faudrait réhabiliter les Etats Généraux. Nous savons tous deux que ce n'est guère à l'ordre du jour actuellement.

La protestation de Lady Annalys, toute légitime dans son souci de protéger sa maison et son premier né, ne suffit pas à entamer la franchise des deux interlocuteurs. Beron poursuivit avec un air songeur, en tendant sa choppe vide, qu'on lui remplit aussitôt avec empressement.

- Vous avez infiniment raison, Lord Harloi. Il me faut m'entraîner encore et encore. Et croyez bien que ma conscience du poids du pouvoir va croissante, mon cher hôte. J'ai bien à l'esprit qu'il me faudra m'affranchir de certains traits de ma nature hybride pour devenir l'un des vôtres.

Tandis qu'il écoutait le Harloi l'honorer de conseils avisés, Beron eut la révélation qu'il lui faudrait peut-être un jour blesser ou sacrifier des êtres chers pour parvenir à ses desseins. Pourtant, tout en lui se cabrait contre cette idée, mais dans le contexte où il se trouvait, chaque mot, chaque phrase du Lord faisait sens. Il fallait juste qu'il se les approprie et en use à bon escient, en cas de force majeur, avec parcimonie. Il s'en fit intérieurement la douloureuse promesse.

L'esprit en pleine maturation du jeune prince travaillait à analyser et faire siens les mots du fer-né. Ainsi, un Roi dans les îles de Fer ne devait-il pas se contenter d'être juste et bon, d'être courageux et victorieux mais devait s'employer à donner démonstration de sa valeur et de son art au combat ? Beron n'aimait pas particulièrement passer inaperçu mais avait appris à briller plus par son esprit, frondeur certes, que par un déploiement théâtral de la force physique qu'il n'avait d'ailleurs guère encore. Il veillait déjà depuis assez longtemps sur ses deux jeunes frères, dans l'ombre, prenant sur lui toutes les frasques de leurs jeux d'enfants, les corrigeant  quand cela était nécessaire. Il avait grandi dans l'ombre de parents pour qui les mises en scène et les prises de becs tonitruantes, la violence étaient le lot quotidien. Marqué par leurs coups d'éclats et leurs querelles magistrales suivies de réconciliations tout aussi passionnées, il avait pris le parti d'embrasser la réserve et le détachement d'un adulte. Mais, face au Harloi, il comprenait à présent que cette modération qu'il avait imposée, par son éducation, à son caractère bouillonnant était un obstacle à sa vision des choses.

S'il ne comptait pas se défaire complètement de cette mesure, il savait désormais qu'il lui faudrait la mettre de côté en certaines circonstances. Mais il avait tant à apprendre encore avant d’embrasser pleinement le rôle qui était le sien. Ne retenir que le meilleur des deux lui semblait cependant la voie à suivre. On l'avait éduqué, instruit dans bien des domaines ignorés des Fer-nés. Il devait y avoir une raison, un sens. Et même sa curiosité naturelle l'y poussait sans qu'on eût à l'y contraindre. Tout cela n'était pas sans raison, mais certainement la volonté du Dieu Noyé de cultiver dans son cœur l'amour des îles dont on l'avait tenu éloigné toute son enfance.

Beron voulait, plus que tout, comprendre le peuple fer-né dont il se réclamait, en simple sujet.

- Lord Harloi, parlez-moi de vos ancêtres. Vos grand-pères, vos grand mères, vos parents... Vous savez sans doute tout des miens et j'aimerai connaître un peu l'histoire, la vie des vôtres. Car voilà des choses qu'on n'apprend pas des Mestres du Conflans. Hasarda Beron tandis qu'un jeune garçon qui devait avoir son âge apportait des plats de victuailles dans lesquelles tous les convives piochaient. Beron les imita mais se garda de mordre dans la chair de poisson qu'il venait de saisir avant que son hôte ne se fût servi lui-même.




Feat. Beron Hoare
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