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[FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]
MessageSujet: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptySam 18 Mai - 0:17

An 1, mois 6

Mon regard était rivé sur l’horizon qui s’étendait sous mes yeux pour aussitôt s’échouer un peu plus bas, sur cette ville dont j’avais arpenté les rues à mainte reprise depuis que j’avais sept ans. En temps ordinaire, je me serais adonnée à un jeu enfantin que j’avais nommé « les mille lucioles ». La règle était assez simple : chaque participant devait indiquer une petite flamme mouvante, et imaginer la vie de cet homme ou de cette femme durant un court laps de temps. Il n’y avait nul vainqueur, nul perdant : seulement des rires, ou des larmes, selon l’imagination de chacun. Ce soir, il semblerait que les larmes sortiraient grand vainqueur contre les rires joyeux.

Je ne voulais pas quitter Lancehélion, et encore moins les territoires de Dorne. Si beaucoup de jeunes filles désiraient découvrir de nouveaux territoires, rencontrer des hommes forts ou beaux des autres régions, je n’avais nullement cette curiosité. J’avais assez vu – et peut-être même « trop » vu – pour comprendre que nous ne sommes heureux qu’auprès des nôtres. « Pierremoutier » était un nom étrange donné à un endroit inconnu : je n’avais nul allié, nul ami là-bas. J’allais être seule, à nouveau. On m’avait assuré qu’une ou deux personnes allaient m’accompagner mais quelle garantie avais-je que ces dernières allaient me soutenir, ou encore avoir le droit de rester à mes côtés ?

Il semblerait que ce soit ma dernière nuit – ou avant dernière-nuit – avant mon départ. J’ai ouïe dire que la discussion était encore en cours, vis-à-vis du chemin à emprunter. Certains prêchaient que la voie des mers était limitée mais bien plus sûre. D’autres affirmaient que rien ne valait un chemin en petite comité, avec de bons cheveux et assez de vivres, sur terre ferme. On m’avait posé la question à plusieurs reprises mais je m’étais contentée de garder le silence. Ces questions-là, j’en discutais souvent avec mes frères, bien plus habitués que moi à vagabonder d’un bout à l’autre de Dorne au gré des batailles et au gré de leurs envies. J’avais abandonné ces hommes à leur discussion et à leur logistique, et je m’étais retirée dans mes appartements.

Je réfléchissais, à comment dépenser ces dernières nuits paisibles. Devrais-je broyer du noir toute seule dans mes appartements ? Je m’y refusais. Devrais-je rendre visite à ma fratrie ? Je craignais qu’une dispute éclate, encore. Devrais-je me mêler à la population, anonymement ? Dorne avait perdu, Dorne était en colère, voilà une bien mauvaise idée. Il ne restait plus qu’une solution : apprécier une dernière fois la quiétude de notre domaine et de ses richesses, en me baladant dans les jardins, sans lumière.

Je ne craignais pas les ténèbres, car j’avais grandi en son sein les premières années de ma vie. Lorsque le bordel ouvrait ses portes, ma mère me cachait dans une pièce plutôt vide et sans grande lumière – si ce n’est les rayons de la lune qui se frayaient par une fenêtre. Je m’y endormais tout naturellement. Enfin, et plus important, ma mère m’avait appris à aimer la nuit plus que le jour. La nuit n’était pas synonyme de danger et de folie, mais de magie et de quiétude – un moment où tout homme et toute femme baissait sa garde. Un instant où nous pouvions être soi-même, et surtout un instant où nous pouvions s’interroger.

La lune m’a conté en runes argentées le pays qui n’existe pas
Pays, où tous nos souhaits
seront merveilleusement exaucés,
pays où nos chaînes tomberont
pays où nous trempons nos fronts blessés
dans la fraîche rosée de la lune*


Je me fredonne cet air, appris récemment. J’aimais les arts – et surtout les chants – depuis mon enfance, un art auquel ma mère m’avait précisément introduit, pensant que j’allais partager son destin plus tard, c’est-à-dire être une courtisane prête à séduire les plus offrants. Je fredonne encore, et encore, jusqu’à ce qu’un bruit me coupe dans cet élan.

- Il y a quelqu’un ? demandais-je, le ton assuré, nullement apeuré. Non, la nuit était une amie, pour ceux qui savaient l’apprécier.



*Poème d’Edith Södergran
Arianne Martell

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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyLun 10 Juin - 16:57

Il n'aurait pas du avoir le cœur aussi sombre... Mais comment pourrait-il en être autrement alors que tout lui échappait ? Il était tellement pétri de regrets que cela le rongeait. Regrets sur la situation de Dorne, mais également regrets sur sa situation personnelle. tant de choses qu'il aurait dû faire, mais qu'il avait manqué. Tant d'opportunités... Mais le plus grand en ce moment, c'était bien de devoir laisser sa sœur partir sans avoir pu discuter avec elle. Sans avoir pu réparer ce qui avait été brisé par les mots. Parfois, on prônait que seule la vérité était préférable à toute autre chose, mais il s'était rendu compte que dire la vérité ne permettait aucun retour en arrière et fissurait les liens. Il avait été honnête avec Arianne, concernant son attachement à elle, que beaucoup auraient qualifié de malsain, que tous auraient condamné. il avait fini par céder à la pression et se libérer de ce lourd secret envers la principale concernée... Et plus jamais ils n'avaient retrouvé leur complicité d'antan. Plus jamais Arianne n'avait lancé de plaisanterie sur leur charme réciproque, plus de piques, plus d’œillades complices... Des fois qu'il ai vu là dedans une réponse favorable à ses attentes. Et de son côté, conscient qu'elle ne pouvait lui donner ce qu'il attendait d'elle, il s'était éloigné, pour cesser de souffrir. Mais ce baiser échangé alors qu'il se lançait au combat avec une mort potentielle au bout avait ébranlé ses résolutions et ses certitudes... Avant qu'il n'expérimente encore la douche froide.

Mais demain... Arianne partirait. Et il ne savait pas quand il la reverrait. Il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'elle allait partir pour un temps indéterminé et se retrouverait entre les mains de l'ennemi. Peut-être ne la reverrait-il jamais... Il ne s'était pas posé la question quand il était parti se battre, même s'il savait qu'il pouvait y laisser la vie. Mais ce n'était pas la même chose... Arianne avait déjà été otage au Bief, pourquoi encore elle au juste ? Après avoir été enlevée et séquestrée sur un navire (même si, cela n'avait finalement pas été si déplaisant pour elle), confinée dans le Bief, voilà qu'elle retournait avec son premier ravisseur... C'était trop pour que le jeune homme ne bouillonne pas de rage en y songeant... En songeant également que Hoare allait pouvoir obtenir ce qu'il voulait de la dornienne... Et qu'il n'allait peut-être même pas avoir besoin de beaucoup forcer pour qu'elle s'offre à lui...

Le jeune homme serra les poings à cette pensée qui le révulsait, alors qu'il se trouvait à errer dans le jardin après avoir pris congé du bordel de Lancehélion. Il avait pensé que cela lui ferait du bien de profiter de la compagnie de créatures magnifiques et totalement occupées à satisfaire ses mâles envies... Mais il s'était lourdement trompé et cela n'avait pas calmé son agitation alors qu'il savait bien qu'il n'y avait qu'une chose qui pourrait l'apaiser. Avisant le plan d'eau proche, il se rafraîchit alors le visage, humidifiant ses cheveux, alors que sa tunique était entrouverte sur son torse. Il se figea pourtant en entendant une voix chanter et s'interrompre, tandis qu'il la reconnaissait. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il fut tenté de ne pas répondre... De fuir sur la pointe des pieds. Et Arianne n'en saurait jamais rien. Et il ne la reverrait qu'au moment du départ, de façon formelle et protocolaire... Il prit sa décision aussitôt, et s'avança vers sa sœur. "Tiens donc, si je m'attendais à te croiser ici à cette heure..." Encore, qu'Anders soit seul en pleine nuit, c'était presque normal, autant Arianne, c'était plus choquant quelque part. Profitait-elle du jardin une dernière fois avant de lui dire adieu ? C'était totalement plausible... Et il se retint d'en faire la réflexion d'un ton narquois. Surtout qu'elle n'y était pas pour grand chose, elle obéissait aux ordres, tout simplement... "C'est peut-être une bonne chose finalement..." Ils allaient pouvoir parler au creux de la nuit, sans oreilles indiscrètes, sans personne pour les déranger... Il ajouta, mélancolique : "Tu es venue graver une dernière fois tout ça dans ta mémoire ?" Comment aborder d'une autre manière son départ imminent ? Arianne n'avait pas assisté à son courroux en apprenant qu'elle devait partir cette fois, mais cela avait été le cas quand elle avait du rester au Bief. Elle devait savoir que cela le rendait malade.


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Anders Martell

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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyDim 16 Juin - 23:25


L’apparition me laissa pantoise. Je ne pourrais pas dire si je suis heureuse ou malheureuse de revoir cette figure ou d’entendre à nouveau cette voix. Si mon esprit peinait à savoir comment réagir face à mon demi-frère, mon cœur décida bien plus vite et avec bien plus de facilité. Avant même que je ne puisse arrêter mes pas et brider convenablement mes sentiments, en quelques enjambées, je m’étais jetée sur lui et l’enlaçais sans retenu et avec toutes mes forces.

- Tu m’as tellement manqué.

Il avait fauté. J’avais fauté. Et nos cœurs désiraient tous deux un interdit – et dans mon cas, un ennemi en supplément. Pourtant, dès que je l’ai vu, j’oubliais tous nos griefs passés pour ne penser qu’au présent, celui où je le revoyais après bien des semaines – sans chaperon, sans protocole, sans public, sans mondanité – et surtout celui où je pouvais dire mes adieux en bonne et due forme.

Finalement, j’ose à nouveau relever la tête pour plonger mon regard dans le sien. Je lis comme un livre ouvert en lui, et je voyais toute cette colère enfouie ou encore toutes ces suspicions qui empoisonnaient son esprit et qui envenimaient chaque rencontre. A nouveau, je ne contrôle plus ni les sentiments, ni mon corps, et ma main vient claquer la joue d’Anders.

- Arrête ça ! Arrête de penser qu’à de mauvaises choses ! Tout de suite ! Je te l’ordonne ! finis-je par dire, élevant le ton, durcissant mes traits et fronçant mes sourcils. Si je t’inspire que de la colère ou du dégoût, alors va-t’en. Ce soir … je ne veux graver que le meilleur, dans ma mémoire.

Je le haïssais autant que je l’aimais car avec lui, tous les faux-semblants que je peinais à maintenir au quotidien volait en éclat. J’étais tout simplement incapable de dissimuler ou de contrôler tous ces sentiments, toutes ces pensées ou toute ma personnalité dès qu’il était là, dès que nous étions ensemble. Avec lui, j’étais libre. Et j’avais toujours espéré que la réciproque était vraie.

- Je ne m’excuserai pas encore pour mes actes passés, et je ne me justifierai pas non plus. Si c’est ce que tu recherches, alors oui, va-t’en. Mais cela ne veut pas dire pour autant que je renie le nom Martell : je vais regagner le droit de porter ce nom, par mes actes futurs. Je te le jure, Anders.

Je me tais enfin, et j’attends sa décision. Ou plutôt, sa réaction. Nous avions toujours été ainsi, lui et moi, à agir avant de parler. Deux traits de caractère que nous avions en commun et qui ne cessaient de nous tourmenter respectivement. Par le passé, il n’avait pas été rare que par un élan passionné, on ait commis des impairs envers l’un ou l’autre, ou alors envers les connaissances de l’un ou l’autre. Cependant, à ce jour, aucun acte n’avait nécessité un pardon : nous n’avions jamais dépassé ces limites invisibles et implicites que nous nous étions fixées. Aujourd’hui, qu’en est-il de ces « limites » ? Je ne saurais dire.

J’étais perdue et bêtement, j’attendais qu’il m’aide. Que nous retrouvions un chemin que nous pourrions arpenter ensemble.

- Aide-moi, susurrais-je, dépitée et lasse de tous ces efforts de ces derniers mois, et désespérée à la perspective future. Je m’étais donnée l’illusion d’être forte, mais la vérité était que j’avais peur de moi-même, de mes propres défauts, de mes propres passions. Serais-je réellement à la hauteur du nom Martell ? Pourrais-je vraiment continuer à être la sœur d’Anders sans que je ne le fasse succomber encore, ou que je ne succombe ?  
Arianne Martell

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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyLun 1 Juil - 18:23

Dire qu'il fut surpris par l'étreinte d'Arianne aurait été un euphémisme. Il s'était attendu à un moment de gêne où aucun des deux n'aurait vraiment su comment agir, empruntés par leur histoire commune pleine de quiproquos, de secrets et d'amertume, mais sûrement pas à ce qu'elle se jette à son cou comme... comme avant. Et il referma naturellement ses bras autour de son corps mince, fermant les yeux alors qu'il inspirait profondément, s'enivrant de son parfum. Et de ses paroles. Elle lui avait manqué aussi, évidemment. Plus que de raison. Mais il s'était contraint à cette distance avec elle, parce que c'était trop douloureux d'être proche et de guetter des signes qui ne viendraient jamais. Parce que je m'étais mépris sur son affection me concernant. Même si ce baiser... Lui, n'avait pas menti. Il desserra son étreinte alors qu'elle levait la tête vers lui. Et la claque retentissante le saisit aussi brusquement que si elle l'avait jeté dans l'eau glacée. il s'écarta, la lâchant totalement, déboussolé par ce changement d'humeur soudain. Son regard sombre se chargea d'orage. Il n'était plus un gamin et supportait très moyennement de se faire houspiller de la sorte. Ni qu'on lui ordonne quoique ce soit. "Parce que tu lis dans les pensées maintenant ?" Il l'épingla du regard. "Je n'ai aucun ordre à recevoir de ta part." Il avait parlé d'un ton un peu trop calme, qui présageait une colère prête à éclater si elle insistait. "J'aimerai aussi ne conserver que le meilleur et les gifles n'en font pas partie." Pas ce genre de claque en tous les cas. Mais mieux valait ne pas laisser son esprit s'égarer dans un autre genre de fessées, cela ne l'aiderait pas à conserver la tête froide.

Sauf qu'Arianne semblait décidée à vider son sac alors même qu'Anders n'avait rien dit, ni demandé. Mais tout cela couvait tellement entre eux... Il fallait bien aplanir les choses avant de se dire au revoir. Ou peut-être adieu. Non, il ne pouvait pas penser ainsi, c'était intolérable de se dire qu'il pouvait ne plus jamais la revoir. Il l'adorait. Malgré leurs désaccords, malgré le lien trouble qui les unissait, il la chérissait et la désirait même. Ce qui n'était pas normal. Il en avait bien conscience et il essayait vraiment de changer ça. Mais qu'elle parle ainsi de son aventure avec son Fer-Né, tout en disant que finalement, il n'avait rien à dire et que le sujet était clos... c'était la meilleure façon de le faire partir au quart de tour. "Que peux-tu savoir de ce que je recherche au juste ?" Sa voix claqua, sardonique. "Je mentirais en disant que je suis enchanté de ton départ. Évidemment que cela me rend furieux. Et fou d'imaginer que tu vas retourner avec... lui." Il cracha le dernier mot avec une haine évidente. Et de la jalousie bien sûr. "Mon imagination tourne à plein régime." Et c'était bien ça qui me rendait dingue d'ailleurs. "Et je ne sais même pas quand je te reverrai..." Sa voix s'était adoucie, alors qu'il s'était fait fataliste. "J'imagine pas qu'on puisse se quitter... Comme ça." En s'engueulant, en se jetant des noms d'oiseau. En laissant la rancune parler.

"J'ai envie d'y croire Arianne." Comment allait-elle s'y prendre ? Surtout en territoire hostile, seule ? Pourtant, sa sœur était dévouée à Dorne et s'était montrée une conseillère posée et avisée pour Deria, l'assurant de sa loyauté indéfectible. Même si elle avait flanché à quelques reprises. Ils avaient tous commis des erreurs. Il haussa un sourcil surpris à sa supplique. Et soupira, abandonnant le combat et ses griefs, alors qu'il posait une main sur le crâne de sa sœur. "Toujours." Finalement, il rompit le contact et alla s'asseoir sur le banc proche tout en tapotant la place libre à ses côtés : "Tu me manques aussi... Nos conversations, notre complicité. Avant, c'était toi et moi contre le monde entier. Et maintenant, ce monde nous sépare... J'aurais aimé... Pouvoir étouffer mes sentiments. Ne jamais les éprouver. Et ne jamais te les confier. Cela n'aurait pas dégradé ainsi notre relation. Mais c'est trop tard. J'ai attendu de toi davantage que ce que tu pouvais me donner et cela m'a rongé. Je crève de jalousie à imaginer ce qu'il adviendra quand tu seras partie, livrée à ce bâtard. Mais tu es une Martell, Arianne. Je t'aiderai, autant que je le pourrai."


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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyVen 19 Juil - 15:56

Au fil des paroles et déclarations d’Anders, différents sentiments se déchaînaient en moi.

Une sourde colère s’était nichée au creux de mon estomac, lorsqu’il exprimait son dégoût à l’idée que je retournais auprès du « bâtard » ou encore ses franches et malsaines pensées sur les échanges que je « pourrais » avoir avec ce même homme. Je me mordais furieusement la langue, pour m’empêcher de parler et de lui révéler à mon tour le fond de ma pensée. Pensait-il que je n’éprouvais nullement une once de jalousie lorsqu’il revenait de ses nuits avec d’autres, puant leurs parfums, exhibant fièrement les marques d’un amour d’une nuit – ou de plusieurs nuits ? Croyait-il qu’il était le seul en droit de vouloir posséder, sans être possédé ?

Aussitôt, cette boule colérique devenait qu’une boule piquante de frustration. J’aimais et je me consumais constamment pour l’interdit, et je ne cessais de me mentir que ce n’était qu’un caprice passager, qu’une folie de jeunesse qui disparaîtra. Une belle illusion à laquelle je m’étais bercée, et qui s’était brisée lorsque la vérité m’a été frappé en plein visage, ou qu’il était temps de faire des choix. Inconsciemment, je repensais aux baisers échangés – bon gré, mal gré – avec le jeune homme qui me faisait face et tantôt, je rougissais de honte, tantôt pour avoir osé un tel acte, tantôt pour n’avoir absolument aucun regret.

La honte, ma plus belle amie durant ces dernières années. Celle d’avoir succombé à un Fer-né, celle d’avoir joué avec mon sang et celle de m’être éprise des mauvaises personnes. Ma famille, comme le peuple dornien, me haïra si jamais l’un ou l’autre des secrets était connu. Une insulte que je ne pourrais pas essuyer, une insulte qui touchera à peine le Roi Fer-né, mais une insulte qui pourrait mener à la perte d’Anders.

Une honte qui me condamnait à la solitude. Anders disait vouloir être comme avant, qu’il n’aurait pas dû exiger plus que je ne pourrais donner … tant de belles paroles qui pouvaient être résumé à un seul et unique mot : l’abandon. Un temps était révolu, des choix ont été faits et ce qui était perdu l’est à tout jamais. Il ne sera plus ce même frère – mon soutien, mon pilier et mon reflet – mais un ersatz de ce qu’il avait été, et il oubliera toutes ces choses dans d’autres bras, persuadé que la réciproque n’était pas vraie.

« Il vaut mieux ce mensonge, que la vérité »
pensais-je, et pourtant.

- Deria et Roward comptent sur nous, et cette confiance ne peut pas être trahie par ces sentiments bannis, susurrais-je, restant volontairement vague sur mon propre ressenti. Je soupirais, et repensais à ses dernières paroles, celles empreintes de jalousie. Je l’enviais de pouvoir s’exprimer aussi franchement. Si je promets que cet homme ne me touchera plus, est-ce que tu pourrais retrouver un semblant de paix ? Si cela est insuffisant, que devrais-je faire pour enfin t’apaiser ?

Il était aussi agité que moi, et ce qui pourrait le calmer ou l’apaiser pourrait tout autant avoir le même effet sur moi. En somme, la question était un tantinet égoïste dans le fond, une double lecture qu’il ne pourrait pas saisir tant je dissimulais tout ce que je pouvais et garder cette attitude calme et mature.
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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyLun 12 Aoû - 20:12

Arianne prit le parti de ne pas répondre aux provocations de son frère, même s'il était clair à son regard et à sa façon de se tenir, qu'elle bouillonnait elle aussi. Mais cela n'aurait probablement fait qu'empirer la situation. Il lui avait dit ce qu'il avait à lui dire... Qu'il ne voulait pas qu'elle parte aussi loin, loin des siens, loin de lui, et surtout sous la coupe de ce foutu Hoare, qui avait déjà foutu sa vie en l'air il y a plusieurs mois de cela. Qui l'avait poussée à leur cacher des choses. Et si elle retombait sous son charme ? parce qu'Anders aurait voulu croire qu'elle avait été forcée par lui, manipulée, mais malheureusement, elle avait bien éprouvé quelque chose pour son ravisseur. Elle disait avoir fait ce qu'il fallait pour survivre quand il l'avait enlevée, mais il ne l'avait pas violée. Et elle l'avait protégé... C'était difficile pour le dornien. Il était rongé par la jalousie également. Arianne lui était inaccessible, il devait faire avec. Elle était bien plus raisonnable que lui. Elle l'avait toujours été. D'ailleurs, elle lui rappela que Deria et Roward comptaient sur eux et que rien ne devait venir parasiter ça... Il serra les mâchoires, tendu.

Voilà, elle avait totalement balayé le peu d'illusions qu'il aurait pu lui rester... Il s'était totalement livré à elle. Il n'avait conservé ce secret que trop longtemps. Mais quand il s'était enfin décidé à lui exprimer, il avait fait voler en éclats leur relation fraternelle et depuis, ils marchaient sur des œufs l'un avec l'autre. Il avait pourtant encore, imprimé sur les lèvres, le souvenir de ce baiser qu'elle lui avait volé, le pensant parti vers une morte probable. Pourtant, contre toute attente, elle lui proposa de ne plus se laisser toucher par le Pyke devenu Hoare, afin d'apaiser son esprit. Mais cela l'apaisait-il ? Si elle lui promettait cela, n'était-ce pas parce qu'elle songeait que cela pouvait éventuellement arriver de nouveau ? Une expression douloureuse passa sur son visage. "Qu'éprouves-tu pour lui maintenant ?" Cette question était douloureuse en vérité. Et il n'était même pas certain qu'elle allait lui répondre sincèrement. "Tu sais ce qui pourrait m'apaiser." Il lui attrapa le poignet et l'attira jusqu'à lui, enserrant sa taille de son bras libre, fermement. "Laisse-moi emporter un souvenir agréable." Il posa alors ses lèvres sur celles d'Arianne. Ils étaient seuls dans ce jardin, en pleine nuit. Personne pour les déranger. Cette occasion ne se reproduirait plus. Demain, Arianne serait partie. Il serait seul. Seul avec ses regrets, avec ses secrets. Avec sa colère et sa jalousie. De nouveau à endosser le rôle du frère bâtard de la princesse, son soutien. Il savait qu'il n'avait le droit à rien, que sa vie n'était que sacrifices pour sa princesse. Il n'était pas à plaindre, mais il n'avait aucun pouvoir sur son destin. Alors cette nuit, il prendrait ce pouvoir, pour une poignée de minutes. Quitte à choquer Arianne. Quitte à ce qu'elle le frappe pour son audace... Qu'elle s'enfuit. Il venait de lui dire qu'il renonçait à elle, sachant que c'était proscrit et voilà qu'il l'embrassait. Il n'y avait aucune logique, aucune cohérence chez Anders. C'était simplement le résultat de la lutte entre la raison et la passion.

Et la passion avait momentanément gagné.


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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyDim 8 Sep - 23:48

Je regarde Anders, incrédule, lorsqu’il osait demander ce que je ressentais à l’égard de Yoren. Le charme qui s’était opéré à cette époque-ci avait disparu pour ne laisser place qu’à la colère, celle que l’on ressent lorsque l’on sait qu’on a été le jouet d’une fourberie ou encore d’une décision égoïste et humiliante. Par sa faute, la situation entre Dorne et Bief s’était envenimée. Par sa faute, j’avais à quitter ma terre pour être sous sa coupe, ainsi que celle de sa femme – car le Roi avait épousé une Reine.

- Cette question n’a plus lieu d’être, répondis-je.

Non, il n’était plus nécessaire de poser une telle question. Mes illusions passées – celles d’une passion passagère, mais réelle – s’étaient brisées une à une, suite au mille et une jeux dont Dorne et moi-même n’ont été que des victimes. Aujourd’hui, il n’était plus qu’un dirigeant parmi tant d’autres, soit un homme avec ses qualités et ses défauts, qui n’était ni un allié, ni un ennemi. J’avais espéré qu’Anders comprendrait, que je n’aurais pas à avouer encore toutes ces désillusions à voix haute. Un espoir qui trouva réponse dans un acte inattendu et surprenant.

Je ne répondis pas, ni ne repoussais le baiser. Telle une statue de marbre, gardant fermement ses lèvres fermées, j’attendais que l’impulsivité de ce demi-frère passe, que nos regards se croisent encore et que nous puissions à nouveau faire usage de notre langue pour parler. Mon regard était à l’image de cet étrange baiser à sens unique : aucune colère, ni aucun remord.

- Je suis fatiguée. De tous ces baisers volés. De tous ces non-dits. De tous ces sentiments cachés puis révélés puis cachés, finis-je par dire, sentant que cette situation échappait à notre contrôle, que partir maintenant signifierait que rien ne serait résolu, que nous ne faisions que du mal à l’un et à l’autre. Je vais être honnête. Peut-être que tu comprendras alors, à quel point cette situation m’est intolérable. Peut-être que tu auras enfin pitié de moi.

J’inspire, profondément, et je débute.

- Je t’ai aimé, et je t’aime encore. Cet amour qui attise ma jalousie lorsqu’une femme t’approche ou que tu la courtises. Cet amour qui souligne cruellement ton absence à bien des reprises. Cet amour qui rend les hommes qui m’entourent bien insignifiants. Mais à chaque fois, je me sens mal. Mal d’être jalouse de toutes ces femmes, et d’être odieuse avec. Mal d’avoir à penser à toi plus que je ne devrais. Mal de te comparer aux autres. Lorsque nous sommes ensembles, j’ai l’impression que nous ne faisons rien de mal, qu’importe les lois de ce monde. Mais lorsque je croise Deria, ou Roward, je suis pétrie de honte et de culpabilité. Est-ce que tu comprends ? Je me fiche des autres, et de leur avis et de leurs lois. Mais je ne peux pas décevoir … je ne peux plus vous décevoir. Deria, Roward … toi.

Ma voix se brisait, tantôt par la colère, tantôt par la déception. Si nous ne partagions pas un tel lien, j’aurais cherché le salut auprès de lui, en étant constamment présente, et surtout fidèle. Malheureusement, c’était impossible.

- Je vais t’offrir, ce que tu souhaites réellement. Cependant, c’est mon seul et unique présent en tant que femme. Un baiser, que tu souhaites, et que je souhaite. Un baiser qui n’est ni volé, ni bref. Un baiser qu’un homme et une femme échange, en sachant que c’est le dernier. Et après, nous cesserons Anders. Nous devons cesser, tant qu’il est encore temps pour nous.

Je lui offrais une possibilité. Celle de clore une histoire chaotique, et d'en débuter une autre avec des promesses plus belles.


Mon âme a son secret, ma vie a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu : Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire, Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
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Arianne Martell

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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyMar 24 Sep - 15:52

Arianne coupa court à la discussion au sujet de Yoren, en répondant simplement que la question n'avait plus lieu d'être. Vraiment ? Le dornien l'observa attentivement, cherchant le moindre signe qu'elle pensait tout autrement sur son beau visage. La jalousie le dévorait, comme la colère qu'elle se soit ainsi offerte à l'ennemi. Il savait que les sentiments ne se contrôlaient pas, davantage encore quand on avait le sang des Martell dans les veines, mais il ne parvenait pas à oublier. C'était peut-être cette rage étouffée qui le poussa à effacer le souvenir de cet autre homme, d'imprimer sa propre marque sur les lèvres d'Arianne. Le désespoir de la voir partir au loin aussi, sans doute. La peur de la perdre. La tristesse de son départ. Il n'avait plus rien à perdre finalement, demain, elle serait loin... Mais elle ne lui rendit pas son baiser et il la relâcha, avec dépit. Et un sentiment de honte alors qu'il avait l'impression de l'avoir... forcée. Ou de n'être qu'un enfant têtu qui ne savait pas discipliner ses sentiments. Et ce n'était pas un sentiment très agréable, loin de là. Ainsi n'était-il pas dans les meilleures dispositions pour l'écouter par la suite...

Et il accusa le coup, demeurant muet, alors qu'il sentait quelque chose se briser face à la froideur d'Arianne. Pourtant, si le début de ses paroles, semblait indiquer qu'elle ne ressentait rien pour lui, la suite montra tout autre chose... Elle était amoureuse elle aussi. Mais ce sentiment n'était pas suffisant pour balayer les remords. Et il ne connaissait que trop ce sentiment de honte face aux regards des autres, qui ignoraient tout de leurs pensées coupables. Parfois, Anders se disait que Roward pouvait comprendre, qu'il pouvait lui parler et qu'il trouverait du soutien auprès de son jeune frère. Mais, Deria, elle, serait sans pitié. Elle avait bien plus urgent et important à gérer que des sentiments de ce type, et rien ne passait devant le bien de la principauté...

Il ne répondit pas de suite à sa proposition. Accepter... C'était pour toujours enterrer ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Ils n'y reviendraient plus. Ils passeraient à autre chose. Il avait essayé mais il n'y était pas parvenu. Le pourrait-il cette fois, avec ce seul baiser en souvenir et en lot de consolation ? Il aurait aimé pouvoir anesthésier son cœur. Commander à cette partie traîtresse et cesser d'aimer cette femme qui n'était pas pour lui et ne le serait jamais. Il avala péniblement sa salive, l'air soudain très grave. Cette honte face à Roward et Deria, il la connaissait bien. Il parvenait à vivre avec. Arianne, non. Il sourit doucement et passa une main sur sa joue, hochant doucement la tête. "C'est un adieu, Arianne. Je ne peux pas te promettre que tout disparaîtra par magie. Mais je vivrais avec. Et je ne te l'imposerais plus." Il porta la main d'Arianne à ses lèvres, la baisant avec tendresse et regret. "C'est une promesse." Il attira alors la jeune femme à lui, posant sa main dans son dos, tenant toujours sa joue dans son autre main. Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres, mais il lui laissait la décision d'honorer ses paroles par ce fameux dernier baiser. Et alors qu'il souriait tristement, mais calmement, il sentait les fracas de son cœur résonner dans son esprit.


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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyLun 25 Nov - 0:08

« Adieu » sonnait comme un terrible glas. Avait-il eu une prémonition d’un funeste destin, celui où je n’étais plus qu’une pauvre morte dans une tour étrangère et lui, un corps inanimé dans un champ de bataille ? Ou alors était-ce la promesse que rien ne sera comme avant entre nous deux, et que la complexité prenait fin ? De multiples questions qui se turent immédiatement lorsqu’il porta une de mes mains à ses lèvres afin d’y déposer un baiser.

Je souris, je ressens des papillonnements au ventre, je rougis… malgré moi. Il y a bien longtemps que je n’avais pas ressenti ce sentiment propre aux jouvencelles, un mélange entre frayeur, pudeur et excitation. Je ne pourrais pas vraiment dire si mon acte était bon ou mauvais, si je regrettais l’acte – de le faire, comme de ne pas le faire.

La distance était minime entre nos lèvres. Nos souffles et nos odeurs s’entremêlaient intimement, et nos cœurs battaient à l’unisson. Il ne manquait qu’un pas pour briser cette dernière barrière invisible, et commettre cet acte défendu. Un court instant – le temps d’une seconde -, la crainte d’être surprise fut présente. Une crainte qui disparut dès que je me plongeais à nouveau dans son regard. Je me sentis aussitôt courage et audacieuse. Mon corps épouse finalement le sien, et mes lèvres se déposent sur les siennes. Fébriles de prime abord, je gagne bien vite en assurance. Mes mains s’agrippent tantôt à ses solides épaules, tantôt à son abondante chevelure.

Je ne pourrais pas dire combien de temps ce baiser dura. Enivré par l’odeur d’Anders, je m’étais perdue dans un nouveau monde où le temps ne semblait avoir aucune emprise, et où il n’existait nulle notion de bien ou de mal. Je supposais qu’il était long car j’ai dû y mettre un terme pour reprendre mon souffle – par à-coup, comme si j’avais couru bien trop longtemps. Fiévreuse, je l’étais. L’envie de prolonger ce baiser venait se fracasser à ma volonté de respecter la promesse d’un seul et unique baiser. Soudainement, ce courage et cette audace dont j’étais si fière devinrent davantage des poisons, distillant cette folle idée que je « pourrais » céder encore. Je cherchais le regard d’Anders, pour une réponse ou pour une aide. Était-ce réalité ou perverse distorsion de mon esprit mais j’avais l’impression qu’il partageait la même envie, la même fièvre. Je supposais que c’était le regard que deux coupables complices s’échangeaient lorsqu’ils commettaient un même crime.

- Adieu, finis-je par dire.

Je devais couper court à cette folie, quand j’avais encore un brin de conscience. J’en profite pour m’écarter aussi brusquement que je m’étais approchée de lui, comme s’il n’était plus fait de chair et de sang mais de feu et de braise. J’aimerai dire que je reprends doucement mais sûrement mes esprits avec l’air frais ambiant, mais ce n’était malheureusement pas le cas. Garder un air digne était peine perdue, surtout devant lui et surtout après ça.

Je me contentais d’être figée là, et d’attendre qu’il prenne soin de moi. Comme ça avait été le cas, et le sera toujours.


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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyVen 6 Déc - 16:38

Elle céda... Dans un soupir de soulagement, il accueillit ses lèvres, sa main gauche se glissant derrière sa taille pour la rapprocher encore de lui, alors que sa main droite agrippait sa nuque et qu'il se laissait aller à ce baiser, le feu coulant dans ses veines rendant le baiser passionné. Il avait conscience des mains d'Arianne sur ses épaules ou dans ses cheveux, alors qu'elle s'agrippait à lui comme si elle allait tomber, emportée par le tourbillon de ces années de passion inavouée et contenues qui explosait enfin. Et surtout, il avait cruellement conscience que ce serait la dernière fois. Il avait promis. Après, il ne réclamerait plus rien, il ne ferait plus aucune allusion à ce sujet. Il se comporterait en gentil petit frère. Et il s'éloignerait forcément un peu, pour ne pas souffrir, il avait ses limites... Alors ce baiser avait des allures de désespoir. Il en profita, autant qu'il le put avant de manquer d'air. Se détacher d'elle, c'était se dire adieu. C'était renoncer totalement... Et autant dire que là.. Le désir était monté, flambant de plus belle en sentant la propre envie d'Arianne. Il serait difficile de respecter sa promesse... Vraiment difficile. Peut-être que... Peut-être qu'il pourrait profiter de la faiblesse de la jeune femme pour enfoncer ses réserves et consommer enfin cet amour. Et aussitôt qu'il eu songé ainsi, il se fit horreur.

Et ce fut peut-être cette prise de conscience, que ses pensées dérivaient bien trop facilement, dans une direction interdite, qu'il cessa. Il avait le souffle court, autant parce qu'il manquait d'air que parce qu'il devait contrôler son corps qui le poussait à l'allonger sur le sol et la faire sienne. Une petite voix vicieuse lui soufflait que cela aurait pu se faire, qu'Arianne n'aurait pas forcément protesté beaucoup. Elle avait le regard luisant, les lèvres gonflées. Les yeux d'Anders se perdirent sur sa poitrine, qui se soulevait un peu trop vite au rythme de sa respiration saccadée. Il se reprit et l'observa, croisant la même envie coupable dans ses yeux sombres. Misère... Cela avait été une très mauvaise idée.

Arianne recula violemment, le congédiant. Adieu. Ce mot résonna douloureusement à ses oreilles, le rappelant à la réalité. Il recula. Un pas. Deux. Il s'arrêta, indécis. Partir maintenant ? Comme ça ? Il allait emporter ce souvenir avec lui, il le savait. Et il le chérirait aussi, de façon coupable. Cela resterait à jamais entre eux. Il n'en parlerait pas. Est-ce que ce serait pire que ce qu'il vivait actuellement ? Sans doute pas. C'était injuste. Qu'elle parte. Il avait envie de hurler. Il avait envie de l'enlever, loin de tout ça, lui permettre d'échapper à cet odieux marché. Doucement, il caressa sa joue et poussa un long soupir de regret, avant de simplement l'attirer vers lui pour la prendre dans ses bras. Il voudrait lui dire que tout ira bien, mais il ne pouvait promettre une telle chose. "Comment je vais faire sans toi ?" Elle avait toujours été la voix de la raison. Elle l'avait consolée bien des fois, quand il n'était qu'un petit garçon qui ne comprenait pas le mépris des nobles ou de la princesse à son encontre. C'était toujours étrange d'être plus grand qu'elle maintenant. Plus fort. De pouvoir la protéger. Mais là, il ne le pouvait pas. Elle partait seule, en territoire hostile. Et ce serait à elle de prendre soin d'elle. "Si je pouvais je viendrais avec toi..." Mais ce n'était pas possible. Le devoir d'Arianne était d'être otage. Le sien, de seconder Deria.


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MessageSujet: Re: [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders]   [FB] Je rêve de ce pays qui n'existe pas [Anders] EmptyDim 15 Déc - 21:50

Sa grande main qui se pose sur ma joue, ce corps bien plus fort que le mien … tant d’éléments qui me troublaient. Je voulais rester, à l’abri entre ces murs et surtout parmi ceux que j’aimais, autant que je voulais partir, loin des erreurs que je pourrais commettre et qui sonnerais le glas de nous deux. Il parlait mais ses paroles n’étaient que de lointain écho, qui transperçaient difficilement les battements furieux de mon cœur. Si ce n’était pas le cœur qui venait boucher mes tympans sur ce monde, c’était mes propres pensées qui venaient envenimer la situation.

- Deria est toujours là, et c’est le plus important, susurrais-je. « Deria » sonnait comme un mot magique. Elle était cette force légitime. Elle était cette Dirigeante que notre fratrie chérissait. Nulle jalousie, nulle envie animait les frères ou moi-même mais uniquement de l’amour et de la loyauté à son égard. Et non, tu dois rester, pour veiller sur « eux ».

Depuis le premier jour où nous avions mis pied dans la cour de Lancehélion, Anders et moi-même, pas un jour n’était passé sans que la Princesse de cette époque-ci ne nous rappelle constamment notre condition de « bâtard ». Une Princesse grâce à qui j’avais appris à user de mille et une ruses, de mille et une tournures de phrases … pour échapper à diverses punitions ou crises de jalousie. Je ne compte pas non plus le nombre de fois où j’avais été le bouclier d’Anders, bien plus jeune et insouciant que moi, contre les ruses et malices des nobles de la Cour – dont la Princesse elle-même. Et puis, avec le temps, il était devenu un solide chevalier qui réussissait à grapiller le cœur des belles, à défendre l’honneur des Martell sur un champ, devenant un bouclier à son tour.

J’étais fière de l’homme qu’il était devenu. Cependant, j’étais également effrayée, de son audace ou encore de son inconscience.  

Le silence finit par s’imposer, et j’en profite. Je n’hésite pas à susurrer un « chut » lorsque je sens qu’Anders allait parler et briser ce doux calme, presque irréel. Le temps pouvait détruire bien des monuments et des empires, mais nullement certaines beautés intemporelles comme une belle nuit étoilée bercée uniquement par les chants de quelques invisibles insectes.

- Je dois partir.

Je dois rentrer dans mes appartements, pour me reposer, pour me remettre de mes émotions et surtout pour réfléchir longuement – et une dernière fois – sur cette terrasse chérie, donnant une belle vue sur les petits bâtiments de Lancehélion. J’aurais voulu partager cette dernière soirée, au calme, avec Anders mais je craignais grandement de prolonger un quelconque moment avec lui. Et puis…

- Je n’ai toujours pas fait mes adieux à Roward.

Roward avait toujours eu une place particulière dans le cœur de chacun et surtout dans le mien. Dernier-né de la famille, j’avais l’impression qu’il était ce petit gamin qui ne grandissait jamais, que j’avais vu alors qu’il n’avait qu’un an, qui braillait avec ses jolies joues rouges, qui salissait ses couches constamment au grand dam de ses gouvernantes et qui aimaient sauter dans chaque fontaine d’eau qu’il pouvait croiser. Je sentais que si j’avais à verser des larmes, ça serait avec lui.

Je m’écarte, définitivement, et je lance un dernier regard à Anders. Je n’avais plus de cœur à prononcer le moindre mot. Je préférais me fondre dans cette nuit noire, seule et presque fantomatique.
Arianne Martell

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