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Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]
MessageSujet: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptyLun 18 Mar - 19:37


If we burn, you burn with us

I’ve made a dream from the ashes of the Glory wich has burned my house down. A magnificent and impossible dream inherited from a man I've despised all my life. And I'll give all my fire to make it become true. Fight till my last breath like a shark, like a wolf, like a dragon. Don't fuckin care as long as i will. cause I have black blood in my veins and hope in my heart.
Yoren & Siam

Les festivités du mariage appartenaient d'ores et déjà au passé quant bien mème cela ne faisait tout au plus qu'une semaine que le Noyé et les Sept nous avaient vu nous unir Helena et moi à l'instar de nos peuples respectifs. Qu'il était passablement curieux de constater que les moments qui marqueraient l'Histoire étaient souvent aussi brefs que relativement empreints d'une théâtralité excessive. Une semaine ne représentait pas grand chose à l'échelle d'une vie ou de l'existence d'un royaume cependant dans les circonstances présentes d'un héritage en lambeaux au dessus duquel pesait la menace impériale telle une épée de Damoclès placée sur nos tètes ces quelques jours formaient une modeste fraction d'éternité. Une vulgaire et pathétique victoire sur un camp ennemi tout puissant festoyant certainement la fin d'un tyran sans se rendre compte qu'il avait accouché d'un autre ou du moins sans s'en soucier car si une guerre érigeait bien un trait de caractère en critère émérite c'était bien l'hypocrisie. Une victoire car chaque instant qui nous verrait inspirer et expirer de cet air détestablement glacial incarnerait un pied de nez à l'empire et ses séides. Une insulte à cet hydre, cet agglomérat de territoires ayant fait le serment d'anéantir le nom qui était désormais le mien autant que notre lignée de mème que notre emprise sur des terres acquises de haute lutte un siècle auparavant.



Certes, nous n'étions guère plus qu'un ramassis de survivants de la plus terrible boucherie qu'avait connue ce continent depuis le siècle de sang ou l'Age de l'aube. Des survivants dont la majorité écrasante se laissait sombrer dans le désespoir et la peur de l'avenir. Des hommes et des femmes brisés sous le joug de l'humiliation car bien conscients d'avoir autrefois représentés le bras armé de la plus grande puissance Westerosie depuis des générations. Oui, nous n'étions que les débris d'une grandeur incommensurable, un faible écho d'un tapage formidable ayant fait trembler ce monde de nos pas, un ramassis de combattants éreintés par une année de conflit marquée d'une série de défaites successives. La lucidité imposait ce constat implacable mais tout chasseur pouvait vous l'affirmer. L'animal blessé encore plus s'il s'agissait d'un prédateur était mille fois plus dangereux à présent que le gout de son propre sang suintait sur ses lippes car le fait de n'avoir rien à perdre le rendait imprévisible. Or, à l'instar de ma royale personne dont les blessures étaient plus que visibles au vu de tous par la quantité de bandages sous mes atours ainsi que ma démarche claudicante, mes mimiques de souffrance et mon addiction au lait de pavot c'était toute mon armée qui se trouvait dans la posture du loup acculé pourléchant ses plaies à l'affut du bond vengeur qui apprendrait au chasseur que l'on ne s'en prenait point au Conflans et aux Iles de Fer, aux Fleuves et au Crépuscule, au Sel et au Roc impunément.



Pour ma part, je m'activais en tout sens en dépit de la douleur et des recommandations du mestre quant à mon repos. Que je crève en tentant de réformer ce qui devait l'ètre ou sur un champ de bataille ne changerait rien. Il restait des Hoare pour me remplacer certes trop vert et trop jeunes mais le sang Noir restait le sang Noir. Et tandis que j'ébauchais les fondations d'une nouvelle nation des cendres du rève d'un fol héritier en m'épuisant à la tache car chaque chantier était aussi compliqué et vaste que le précédent, je devais composer avec des drames personnels qui venaient géner ma vision en blessant mon coeur. Les festivités n'avaient que trop illustrées à quel point la rivalité entre continentaux et insulaires était tenace, que la situation pitoyable dans laquelle nous nous trouvions donnait matière à une rancoeur séculaire, que ce qui ne faisait qu'un à mes yeux autant qu'à ceux de mon épouse restait dualité et le ferait encore longtemps à moins de prendre des mesures radicales. Les riverains considérant les fer nés comme des sauvages et les fer nés les riverains comme des faiblards responsables de nos échecs dans cette guerre, la partition d'équilibriste que je devais me coltiner était proprement épuisante. Je savais parler au fer nés, j'avais le respect des fer nés, j'étais un fer né. Aux yeux des Illiens je représentais le descendant de la Poigne non souillé du sang riverain comme le fut Joren et à ceux des continentaux j'étais le batard qu'Harren avait légitimé par nécessité.


Mon choix d'épouse avait été décriée par mon peuple de naissance. Les riverains étaient faibles, responsables de nos échecs, indignes du rang royal... La liste des revendications était longue comme le bras. Là, ou je voyais un moyen d'affermir mes prétentions de roi du Conflans en perpétuant la tradition de mes aieux tout en récompensant la maison qui avait été la plus loyale à ces mèmes aieux parmi les riverains sans oublier d'entretenir les ardeurs loyalistes continentales par la rivalité avec les Nerbosc maison d'alliance maritale de l'usurpateur eux ne voyaient qu'un choix trahissant la préférence pour le continent au détriment des Iles. J'avais parfois l'impression que les miens manquaient cruellement de sens stratégique autant que politique. Comment leur en vouloir tout étai si simple dans notre culture ou l'antique voie régissait tout ? La double célébration avait eu lieu dans une ambiance tendue au sein de laquelle un incident aurait pu éclaté à tout moment entre riverains et insulaires faisant ainsi le jeu de l'empire et des sécessionistes. Le contingent fer né ne se gênant point pour afficher leur désapprobation. Mais de toutes ces mines désabusées et exaspérées, une seule avait réellement compter à mes yeux ou du moins deux en réalité pour ètre parfaitement exact cependant évoquer l'intéressé était un peu plus suffisant. Le visage de ma seconde, conseillère, meilleure amie, amante d'un soir et amour impossible avait pourtant été impassible tout du long seulement je la connaissais depuis mes dix ans et la réciproque étant vraie nous ne pouvions guère nous masquer nos états d'humeur réels quand bien même nous y aspirerions de toutes nos forces.



Je savais que je l'avais blessé, je savais que je l'avais déçu, je savais que je l'avais attristé et tout cela m'avait plus que gâché la ripaille en dépit des apparences que j'avais su maintenir avec brio comme se devait de le faire tout souverain. D'autre part, je ne voulais point blesser Helena dont l'affection à mon égard était sincère. Peu de choses pouvait me donner l'impression de me noyer avec une armure lourde, de sentir un poignard s'enfoncer dans mon cœur ou de mourir flamber par le feu d'un dragon mais rendre ma Renarde Sanglante malheureuse en faisait partie et occupait d'ailleurs une très bonne place sur cette liste bien courte. Je m'en voulais qu'elle ait pu pensé que les jolis mots amoureux que je lui avais servi n'étaient que du vent pour obtenir son corps car chacune de mes paroles furent aussi sincères que celles que j'avais échangés avec Myria Hoare quelques jours plus tôt. L'amour était un sentiment auquel je ne comprenais pas grand chose mais je savais que j'aurais pu passer une vie entière sur les flots avec la Volmark à piller et semer la terreur sans aucun regret. Bien sur, il m'avait été impossible de le lui faire comprendre car son attitude s'était faite glaciale à mon encontre dans la foulée. Chose que je pouvais comprendre. J'avais néanmoins remarqué que si Ivar Volmark un capitaine que je respectais énormément pour ses exploits et le fait que sa batardise de naissance me le rendait plus sympathique que d'autres avait encaissé sans fioriture mon choix malgré sa relation proche avec sa demi-sœur, la cadette dont je ne savais que bien peu de chose n'avait pas réagi de la même manière.



En même temps, Ivar était plus ou moins l'un de mes lieutenants au vu de ses compétences et du fait que nous nous connaissions depuis un certain temps là ou Siam était une véritable inconnue pour moi. J'avais convoqué celle-ci après avoir été prévenu de son retour au camp fortifié après un départ précipité coïncidant après le mariage royal. Un membre de la garde royale, colosse au corps entièrement tatoué fit entrer la fraicheur dans mon pavillon en rabattant le lin pour me prévenir que la Volmark était devant l'entrée. Assis nonchalamment sur un fauteuil de campagne une coupe de vin au lait de pavot à la main je regardais une carte des environs tandis que Victarion capitaine de ma garde était assis à mes cotés. Des gardes royaux la grande hache sur l'épaule et le casque nasal sur le visage étaient tapis dans les recoins de la vaste tente. La sœur d'Heda pénétra sur les lieux d'un pas plein de morgue et je laissais un sourire étirer mes lippes. Au vu de la douleur de mes plaies celui-ci dut se rapprocher d'un rictus amer. "Ainsi voilà donc la fameuse sœur rebelle de ma chère Heda ! Siam si je ne m'abuse ? Ton départ du camp n'est pas passé inaperçu. Mon mariage t'aura donc fait si mauvais effet. De l'ale, du vin, du tord boyau ?" Si, le même sang que celui d'Heda coulait dans ses veines elle se rendrait vite compte que l'on allait l'interroger sur ce départ mais la guerrière étant la sœur de ma meilleure amie je comptais bien la ménager.


Dernière édition par Yoren Hoare le Sam 27 Avr - 21:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptySam 30 Mar - 20:30

Le Requin face au Léviathan
Yoren & Siam
You can't escape, you can't outrun your DNA, what's in your blood. You're not such an easy target, one minute I know you then I don't.

Do you feel safe?

Le retour au camp s'était fait avec la boule au ventre pour Siam. Toujours les mêmes personnes, les mêmes allées crasseuses, les mêmes tentes ternes, et la morosité du paysage en aval de cette peinture sinistre. Siam n'était pas une princesse, loin d'accoler à son titre de Lady les manières et la prestances qui devraient lui seoir et que sa mère avait pourtant essayé de lui inculquer. Lady Volmark n'était pas une guerrière, elle n'était rien qu'une femme, une mère de famille qui après avoir vu sa première fille lui échapper et obtenir de si grands rôles dans sa vie, avait espéré pouvoir s'approprier le destin de la seconde. Mais à défaut d'être une fière combattante engagée à la première cause qu'on lui tendait, Siam avait préféré l'aventure. Là où Heda se montrait fidèle, loyale, implacable, disciplinée et bourrée d'ambition, Siam n'aspirait qu'à la découverte des terres qui lui étaient inaccessibles. Une ouverture d'esprit bien marginale pour l'époque, y compris au sein d'un peuple de voyageurs des mers. Sa mère refusait de comprendre l'obstination de Siam à quitter le foyer chaque fois qu'elle s'apprêtait à lui trouver un potentiel mari. Heda ne cautionnait pas que sa cadette ne soit pas plus docile et vouée à son roi. Son père aurait probablement trouvé l'égarement de sa fille plutôt mignon à voir, mais à terme il lui aurait également reproché de ne pas concevoir sa vie uniquement au service de son royaume. Parce que la seule raison pour laquelle Siam était là, l'unique, l'exclusivement imparable, c'était Heda. Heda qui voulait tout dire, Heda qui comptait plus que tout, Heda pour qui elle vouait une admiration sans borne et qu'elle voulait protéger corps et âme. Le pays passait au troisième plan, après son envie de vivre. Autant dire que son patriotisme était complètement écrasé par l'ombre de ses plans personnels.

L'absence de Siam avait été courte, une semaine tout au plus, le temps d'arriver dans une petite bourgade qui lui plaisait, de s'y vider la tête, puis de revenir. N'importe qui avec un peu de jugeote savait parfaitement que la jeune femme n'avait pas déserté malgré son absence, il suffisait de la connaître pour savoir qu'elle avait juste cédé à ses caprices de vagabonde. Le seul petit détail qui pouvait éventuellement poser problème et faire parler les mauvaises langues, c'était que sa promenade coïncidait étonnamment avec le mariage du roi. Mais là aussi, encore fallait-il que quelqu'un sache qui elle était pour, et remarquer son absence, et s'en étonner. Sauf que Siam n'était personne. Elle n'était que la petite soeur de la grande Heda Volmark, un pion de plus à sacrifier dans cette guerre qui l'exaspérait à mesure que le temps passait. Et pourtant elle l'aimait, sa terre natale. De tout son coeur, de toute son âme, elle chérissait sa maison, sa culture et ses paysages, et même ses foutues traditions maritimes qui l'envoyaient en mer bien trop longtemps pour qu'elle n'y crève pas d'ennui. Mais elle était décidément trop jeune et définitivement pas assez suicidaire pour tout donner à cette terre salée, au ciel beaucoup trop souvent gris et pluvieux, à ce temps venteux et à ce froid persistant. C'est clair que comme fer-né on aura vu mieux, mais tout ça n'était que ruminement dans sa petite tête et seule sa soeur avait droit à la vérité du fond de ses pensées. Si quiconque s'intéressait assez à la jeune Volmark pour avoir un doute sur sa loyauté et sa dévotion, il ne pouvait dépasser le stade des suspicions, faute de preuve ou de parole égarée.

Siam était rentrée depuis une petite heure maintenant. Ivar était absent de la tente familiale, Heda aussi, et ce n'était pas plus mal. Siam avait prévenu sa soeur qu'elle n'assisterait pas à la cérémonie, mais Heda ne s'était probablement pas doutée qu'elle disparaîtrait une semaine entière. Au choix, soit elle se ferait engueuler, soit elle aurait droit à l'irremplaçable regard plein de jugement et de reproche. Elle ne s'attendait pas à une étreinte de bienvenue de toute façon. Elle avait Nótt pour ça. Mais à ce moment de la journée, la petite hermine toute blanche dormait profondément sur l'épaule de Siam. C'est avec délicatesse que la jeune femme la souleva pour la poser sur son lit de camp, et si la bestiole ouvrit les yeux quelques secondes pour réaliser où elle avait atterri, elle les referma aussitôt pour mieux se rouler en boule sur la couverture et se rendormir. Entre Ori et Nótt, Siam s'était affublée des animaux de compagnie les plus paresseux de l'histoire de l'humanité. De véritables larves. Mais au moins l'aimaient-ils. Pendant que Nótt faisait sa sieste de la journée, Siam en profita pour se faire une toilette rapide. Elle se procura une bassine d'eau et un linge propre et profita qu'il n'y ait personne dans la tente pour virer ses vêtements et se décrasser. S'il y avait bien une chose qui lui manquait avec la vie à la maison, c'était les bains réguliers. L'eau chaude apportée par les serviteurs, le savon à l'eau de mer et les huiles odorantes. Autant de choses qui n'existaient pour ainsi dire absolument pas dans un milieu comme celui du camp. Un regret de plus à ajouter à la longue liste de raisons qui faisait que Siam détestait cette guerre un peu plus chaque fois : la puanteur des soldats.

Siam s'était rhabillée depuis quelques minutes et avait enfin réussi à remettre la main sur sa copine la bouteille lorsque l'ouverture de la tente s'écarta brusquement. Elle s'était automatiquement rapprochée de son épée posée à côté de l'hermine, mais en reconnaissant le colosse qui servait de membre de la garde royale, elle avait laissé tomber l'idée en soupirant. Y manquait plus que ça. L'ordre de convocation se fit autoritaire et sans détour, et si avec qui que ce soit d'autre elle aurait juste envoyé voler l'intrus, dans l'immédiat elle ne pouvait pas se le permettre. Son insolence avait une certaine limite et Siam savait encore la fermer lorsque c'était nécessaire. Par ailleurs, elle se doutait que si elle était convoquée ce n'était pas pour parler hermine ou huiles essentielles mais bien parce qu'elle s'était absentée. Si le temps n'avait pas été à la guerre, elle aurait pu s'étonner que son éclipse ait été remarquée. Mais les morts s'empilaient effectivement et quelque part, malgré son insouciance, elle comprenait qu'on puisse désavouer son comportement. Alors la jeune femme laissa son épée où elle était et suivit le colosse sans rechigner, défiant du regard quiconque aurait une œillade sur elle qui ne lui plairait pas. L'avantage, à vivre dans la tente de la conseillère du roi, c'était que le trajet ne dépassait pas les cinq minutes de marche. Et loin d'être impressionnée par la grosseur de la toile du roi, elle sentit tout de même la désagréable sensation d'être toute nue lorsqu'elle passa entre les gardes de l'entrée sans son épée sur elle. Devant elle, le colosse annonça son nom et, sans doute avec l'accord du roi, la laissa entrer.

La tête droite mais la démarche légère, la Volmark n'avait absolument rien de l'aspect solennel de sa soeur aînée. La silhouette élancée, le visage malicieux, elle paraissait autant confiante qu'insouciante, et pourtant elle n'avait pas encore ouvert la bouche. Elle s'arrêta à une certaine distance du roi, comme si une trace blanche au sol délimitait le seuil de sécurité à respecter, et machinalement son regard balaya la pièce dans un soucis du détail. Le colosse qui l'avait amené ici n'était apparemment pas unique en son genre. Un sourire, léger et discret, mystérieux, se dessina sur les lèvres de la jeune femme dont les pensées restèrent pourtant closes. Son observation s'était faite en quelques secondes à peine et elle reposa aussitôt les yeux sur le roi, inclinant légèrement son buste en avant en guise de politesse. "Ainsi voilà donc la fameuse sœur rebelle de ma chère Heda ! Siam si je ne m'abuse ? Ton départ du camp n'est pas passé inaperçu. Mon mariage t'aura donc fait si mauvais effet. De l'ale, du vin, du tord boyau ?" Ma chère Heda. Et puis quoi encore ? Un frisson traversa l'échine de Siam qui, pourtant, garda le contrôle. Son sourire se fit un peu plus voyant sur son visage, et pourtant il avait l'air plus malicieux que poli ou séducteur. Elle n'était pas là pour l'embobiner, et pourtant il n'allait rien avoir de plus comme informations que ce qu'elle aurait donné à quiconque. "Rebelle est un bien grand mot. J'ai toujours eu une très mauvaise mémoire des dates." lâcha-t-elle avec toute l'innocence du monde, assumant pleinement son mensonge éhonté. Bien sûr qu'elle n'avait pas oublié la date du mariage, et bien sûr que sa petite escapade n'était pas tombée par hasard au même moment, et évidemment qu'elle ne pensait pas le roi assez bête pour croire à ce qu'elle venait de lui dire, au contraire. Mais qu'aurait-elle pu répondre d'autre ? "Rien, merci, vous en avez plus besoin que moi." Et vu l'état pitoyable dans lequel était Yoren, ce n'était pas peu dire. Il fallait au moins tous ces alcools pour se déchirer la tête et oublier les douleurs que son corps devait endurer. C'était au moins une chose que Siam ne pouvait pas enlever au roi. "Je suppose que ma convocation concerne ma petite escapade et pas uniquement l'envie de partager ces boissons infectes qu'on peut trouver partout dans le camp ?" suggéra-t-elle en connaissant parfaitement la réponse. Il ne l'avait jamais calculé -à raison d'ailleurs, il n'y avait jamais eu de prétexte pour que ça se fasse et c'était très bien comme ça- jusqu'à ce qu'elle déserte le mariage, ce qui, en soi, devenait une excellente excuse pour la réprimander. Heda la grondait déjà régulièrement, et si Siam pouvait survivre aux remontrances de sa terrifiante soeur aînée lorsqu'elle était énervée, elle pouvait survivre aux questions d'un roi.

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Dernière édition par Siam Volmark le Mer 24 Avr - 21:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptySam 6 Avr - 14:59


If we burn, you burn with us

I’ve made a dream from the ashes of the Glory wich has burned my house down. A magnificent and impossible dream inherited from a man I've despised all my life. And I'll give all my fire to make it become true. Fight till my last breath like a shark, like a wolf, like a dragon. Don't fuckin care as long as i will. cause I have black blood in my veins and hope in my heart.
Yoren & Siam

Le fessier posé sur une chaise de campagne trésor d'ingénierie fait pour se replier jusqu'à n'atteindre que la taille d'un bouclier rond insulaire, je profitais de la position pour allonger mes jambes ankylosées. Des fourrures diverses amortissaient la dureté du bois ce qui s'avérait appréciable car bien que je sois plus qu'habitué à vivre de manière spartiate eu égard à mon passé d'éxécuteur de basse oeuvre de feu mon royal père, les blessures d'Eysines elles ne me laissaient guère en paix plus de quelques instants. Faisant apparaitre grimaces douloureuses ou rictus déformés à l'occasion de mouvements faciaux anodins. Me contraignant à me noyer dans l'alcool anésthésiant de breuvages coupés au lait de pavot. L'ironie de la chose voulut que je pouvais enfin me laisser aller à la débauche dyonisienne sans me souffrir les regards réprobateurs de ma féroce meilleure amie et première protectrice. Impossible de se voiler la face néanmoins, Heda devait probablement condamner ces excès comme elle avait passée toute notre vie commune à le faire. Du pont du Requin Noir aux tavernes des iles de Fer, des ripailles à n'en plus finir aux festivités débridées des catins autour du cou. J'avais durant des années pu me réveiller avec un sceau d'eau glacé sur la tronche et la sempiternelle expression déplaisante de ma seconde dressée au dessus de ma couche de fortune. Nul mot prononcé durant ces moments là innombrables tantot témoins de ma mauvaise humeur tantot d'une hilarité éméchée.


Avec le temps, j'avais pris le pli et appris à décuver bien plus rapidement. Il m'était arrivé de dégainer une dague pour la pointer sur l'impudent que je n'aurais eu aucun scrupule à seriner pour avoir osé me priver de quelques instants supplémentaires de sommeil. Cependant, chaque fois que j'avais reconnu le visage ténébreux de ma meilleure amie j'avais laissé choir cette dernière et n'avais manqué de rester fidèle à moi-mème en lui faisant des avances déplacés. Pure vengeance au fait que la Volmark représentait cette raison froide et implaccable m'empechant de sombrer dans la folie doucereuse d'une batardise pesante. Et nous nous étions élevés à travers la flotte de fer. Non pas seulement Heda et moi mais toute la clique de jeunes loups des mers qui avaient eu la bonne idée de se glisser dans mon sillage. De Victarion Valleuse à Tristifer Botley et bien d'autres. Le temps des anciens était mort avec Harren au cours de la boucherie des environs de Noblecoeur. Repenser à tout cela m'était hautement couteux car une nuit divine suite à notre arrivée salvatrice dans le sud Conflans m'avait permis de découvrir, comprendre, encaisser et regretter. Si la Volmark avait été une véritable ombre pour moi durant toutes ces années cela n'avait pas été seulement par amitié, dévotion ou ambition mais parce que des sentiments forts l'avaient liés à ma misérable carcasse sanguinaire.


Et qu'avais je fait moi l'élu des dernières volontés du Noir ? Moi le récompensé d'Eren ? Moi le bénéficiaire de l'inconséquence de Joren ? J'avais manqué de respect à l'une des personnes comptant le plus en ce bas monde pour moi. J'avais trahi cet amour pur, dévoué et silencieux. J'avais profondément blessé une femme primordiale à mon existence. Combien de fois Heda m'avait sauvée la vie au cours d'une bataille ? Combien de fois m'avait elle conseillée efficacement ? Combien de fois avait elle assurée le commandement à ma place alors que je m'enivrais ? Il faisait bien longtemps que je ne comptais plus. Car, cela s'avérerait un coup à me coltiner une migraine en plus de la souffrance émanant de mes plaies bandées. Quoi qu'il en fut je ne pouvais nier que je sentais bien que ma conseillère m'évitait sciemment en dehors de ses obligations politiques et martiales. Et que cela m'attristait et me blessait. Je le méritais bien pourtant cependant que pouvais-je lui dire. Heda était aussi butée qu'une mule lorsqu'elle le voulait. Puis, mon osmose avec Helena ne pouvait que venir détromper toute affirmation de nécessité politique de ce mariage.


Et puis il y avait également Myria... C'était bien ma veine ! Alors que le sort de tout un royaume reposait sur mes épaules je devais composer avec des affaires de coeur. Si, j'avais convoqué la cadette d'Ivar et de Heda c'était bien plus pour me faire une idée précise de la guerrière indocile et originale qui complétait une fratrie entièrement loyale tant à la cause de ma maison qu'à ma personne que pour la réprimander d'aller se promener à travers le sud. Le fait que je connaissais Heda depuis mes dix ans et Ivar depuis quelques années désormais tandis que j'avais appris seulement récemment l'existence de cette SIam rendait ma méfiance logique. Ainsi ce départ déplacé eu égard à mon union avec Helena n'était qu'un prétexte. J'espérais que nul ne se voilerait la face au cours de cette entrevue. Il s'avérait parfois rafraichissant de déblatérer avec des gens ne vous offrant pas du protocole à tire l'arigot. J'espérais bien que la Volmark ne jouerait pas les hypocrites à mon encontre. Finalement, un membre de la garde royale immense semblable à un colosse de plates et d'acier au visage aussi tatoué que l'ensemble de son corps le casque nasal sur le crane et la hache de deux pieds à la main rentra dans mon antre souveraine pour m'annoncer l'arrivée de la jeune noble.


Le géant s'effaca devant un petit brin de femme harnachée de cuir et d'acier qui s'avanca d'un pas nonchalant. Je me fis la réflexion qu'elle n'avait pas grand chose de commun avec son ainée austère et sérieuse, pulpeuse mème dans son affinement. Non, Siam était élancée et arborait une mine mutine. Son visage irradiait littéralement la confiance autant que l'insouciance. La guerrière s'immobilisa à quelques pas de ma chaise près de l'atre crépitant et son regard balaya les environs de manière inquisitrice. S'attardant quelques instants sur Victarion et les autres membres de la garde royale similaires à celui l'ayant guidé. Des tueurs froids, taciturnes, méthodiques et arborant la mème tenue. Il eut été aisé de les prendre pour une unique série d'un mème colosse. Un fin sourire illumina un visage décidemment fait pour la moquerie aussi subtile puisse t'elle ètre. Ses yeux se posèrent sur ma personne alors que je reprenais ma contemplation des flammes dévorantes. Un coup d'oeil sur sa révérence légère mais respectueuse me tirait un maigre sourire. Mon ouverture ne sembla pas franchement plaire à la Volmark puisqu'un sourire un peu trop faux de par son éclat s'imprima sur les lippes. Ce sourire empreint de malice me parut bien trop solaire pour prétendre à la sincérité. J'éclatais de rire devant l'impertinence de sa réponse. Non, Siam n'avait définitivement rien de commun avec Heda. Décidant de me jeter dans ce jeu de dupe plutot que de menacer avec quelque chose comme c'est un très grand crime que de mentir à son roi par amour pour la maison Volmark. J'éclatais d'un rire franc et rauque qui s'acheva par une quinte de toux abominable.


"C'est un mot qui te va bien il me semble. Ah les dates ! Une véritable plaie n'est ce pas ? J'ai parfois moi mème du mal à m'y retrouver. Fut un temps ou seul le soleil et le vent dans mes voiles me permettaient de savoir combien de temps avait passé depuis mon dernier pillage." Son refus de boire avec moi ne me vexa en rien au contraire mon amusement se fit plus sincère devant la lueur de pitié que je décelais dans ses yeux. Je tirais ma couverture sur mes épaules comme si le feu brulant devant moi ne suffisait guère à réchauffer mes os glacés par le souffle de la mort. Je levais néanmoins ma coupe à son intention. "Cela pourrait ètre considéré comme une insulte de refuser une coupe de son roi mais je n'en ai cure à dire vrai. J'aurais plus de boisson à cuver pour le coup et t'en remercie. Ainsi que l'excuse parfaite pour que ni Helena ni Heda ne m'en tiennent rigueur. J'aurais du ètre mourant plus souvent. Cela m'eut épargné les sourcils froncés de ta soeur un lendemain de beuverie." D'un geste je l'invitais à s'assoir sur la chaise voisinne de la mienne. Ordre qui cette fois ne saurait-ètre refusé. Un léger sourire plus proche du rictus de douleur se peignit sur mes traits.


"Installe toi je te prie. Tu es très perspicace Siam. Non, tu as raison j'aurais pu trouver n'importe quel autre volontaire pour me tenir compagnie. Volontaire qui aurait été heureux et honoré de me raconter ses exploits en mer ou sur le champ de bataille pour me distraire les idées et m'assurer de son zèle face aux bains de sang à venir. Infectes dis tu ? J'imagine qu'elles le sont. Mais, elles me paraissent douces. Peut-ètre que mes blessures ont altérées mes papilles qui sait. Tu partages cette exécration de l'alcool avec ta soeur. Le fait qu'Ivar soit un grand buveur compense j'imagine. Parle moi donc de cet escapade. Fut-elle agréable ? T'a t'elle permis de penser à l'avenir ? Jusque ou es tu allée ?"  


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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptyMer 24 Avr - 23:22

Le Requin face au Léviathan
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You can't escape, you can't outrun your DNA, what's in your blood. You're not such an easy target, one minute I know you then I don't.

Do you feel safe?

Pour l'honnêteté, on repassera. Siam ne connaissait pas son roi, celui que tout le monde adulait et suivait aveuglément pour des bouts de terre que, personnellement, elle rêvait de quitter pour plus de soleil et de paysages. Il n'était ni un ami, ni une idole, encore moins un héros. Il était juste celui vers qui son chemin avait été tracé, en partie à cause de sa soeur qui, elle, l'admirait complètement. Alors dans les faits Siam comprenait parfaitement qu'on puisse vouloir protéger ses terres, sa culture, son histoire, et tout le champ lexical de ces trois thèmes, mais elle avait une si grande soif de découvrir le monde qu'elle n'arrivait juste pas à accepter le fait qu'on puisse autant se battre pour un endroit quand il y en avait tant d'autres à conquérir. Ce n'était pourtant pas faute d'être un peuple mobile, avec une flotte assez importante pour s'emparer d'une bonne partie des côtes attirantes. La stratégie militaire n'était clairement pas le fort de Siam qui voyait les choses au singulier ou, au mieux, à un petit groupe restreint. Elle était jeune, les responsabilités et les impératifs ne lui parlaient pas. Elle n'avait jamais eu à s'occuper de quoi que ce soit et si elle s'était pliée à la rude éducation des fer-nés et à la formation en navigation à bord du Requin Noir, ça n'en faisait pas d'elle une guerrière disciplinée. Elle avait quitté le navire sur un coup de tête quand elle en avait eu assez de parcourir les mers, s'était jointe à une caravane de marchands sur un coup de tête, avait mis le temps qu'elle voulait pour rentrer sans se poser plus de question, et, encore et toujours sur un coup de tête, elle avait du jour au lendemain décidé de rejoindre Heda dans ses batailles lorsque sa mère était devenue beaucoup trop insistante sur ses propositions de mariage. Toute la vie de Siam reposait sur des coups de tête et aujourd'hui encore elle suivait une philosophie de vie complètement aléatoire. Sauf la désertion du mariage, ça, elle l'avait décidé un peu avant de se prendre la tête avec Heda et de changer de tente. Un confort bien moins agréable que celui de la tente familiale mais une tranquillité beaucoup plus appréciable. C'était à peine si elle pouvait supporter de voir ne serait-ce que l'ombre d'Ivar et plus elle se tenait loin de lui, mieux c'était.

Au moment où le garde royal était venu la chercher, Siam savait qu'elle allait avoir des problèmes. Honnêtement, elle n'avait pas pensé que son absence au mariage se ferait remarquer. Elle n'était que la petite soeur d'Heda, un soldat de plus, qu'est-ce que ça pouvait bien foutre à qui que ce soit ce qu'elle faisait et où elle allait ? Quoi qu'elle comprenait bien qu'en des temps aussi troublés le roi se méfie d'une quelconque trahison, ce qui était parfaitement logique, mais c'était Siam. Juste Siam. Alors clairement, ça l'emmerdait plus qu'autre chose d'avoir à se justifier aujourd'hui. "C'est un mot qui te va [...] depuis mon dernier pillage." Grand silence du côté de Siam. Elle avait menti, il savait qu'elle avait menti, ils prétendaient tous les deux prendre l'autre pour un con, magnifique. Cette conversation ne pouvait que mal se terminer. "Cela pourrait ètre considéré [...] lendemain de beuverie." Pour le coup, Siam fut incapable de réprimer le sourire sincère qui s'installa sur ses lèvres. Un sourire qui donnait un tout autre aspect à son visage malicieux, à la limite de la bienveillance. Dans la mesure du possible lorsqu'on est une fer-née qui adore piller les côtes avec sa soeur. "Ne vous leurrez pas, son air sévère sera de retour dès le moment où vous arriverez à lever le bras pour boire sans grimacer." En réalité, et Siam se garda bien de le partager, elle avait encore la nausée rien que de penser à sa dernière cuite qui ne datait pas de si longtemps. Alors forcément, debout comme ça, la tête relevée fièrement, elle jouait la maline. N'empêche que deux jours plus tôt elle avait été incapable de se lever de la journée sans vomir à cause de sa fête de la veille. Et elle aussi, elle avait eu droit au regard sévère de sa soeur.

Si la jeune Volmark avait osé refuser l'alcool de son roi, il ne lui serait pas venu à l'esprit de lui refuser de s'asseoir. Ils étaient là pour discuter, cordialement à priori, sinon elle ne doute pas que le soldat qui était venu la quérir aurait fait ça de façon plus musclé. Elle frôlait souvent avec l'insolence mais n'avait encore jamais sauté pieds joints dedans devant quelqu'un de plus élevé qu'elle dans la hiérarchie. Insolente mais pas suicidaire. "Installe toi je te prie. Tu es très perspicace Siam. Non, tu as raison [...] bains de sang à venir [...] L'armée de Yoren était probablement prête à se sacrifier pour lui et pour ses idées. Ce n'était effectivement pas le cas de Siam. Sa présence ici ne résultait que de son amour pour sa soeur, ce qui en soi était un gage suffisant de loyauté, le reste elle s'en foutait complètement. Le bain de sang en perspective ne l'enchantait guère mais parce qu'elle avait l'impression que c'était eux qui se faisaient massacrer et pas l'inverse. La dernière bataille avait assombri sa positivité et elle craignait que la prochaine bataille ne soit la dernière. Du haut de ses 20 ans, elle paniquait à l'idée de mourir autant demain que dans plusieurs mois pour une guerre dont elle ne voulait pas, et si elle avait pu remonter le temps pour retourner à l'époque où elles étaient des petites filles insouciantes avec sa soeur, elle aurait tout donné pour que ça arrive. "Infectes dis tu ? J'imagine qu'elles le sont. Mais, elles me paraissent douces. Peut-ètre que mes blessures ont altérées mes papilles qui sait. Tu partages cette exécration de l'alcool avec ta soeur. Le fait qu'Ivar soit un grand buveur compense j'imagine. [...] Siam ouvrit la bouche, comme pour répondre, mais sembla se rendre compte que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Elle la referma alors et pinça ses lèvres entre elles en haussant les sourcils de cette façon qu'elle avait d'exprimer un "ouais, on va dire ça" alors que ce n'était pas du tout ça. Le fait est qu'elle picolait un peu trop, surtout dernièrement, et que c'était infecte... Ben juste parce qu'elle ne s'était pas encore remise de sa dernière cuite. Mais elle ne s'inquiétait pas, elle n'avait que vingt ans et son corps lui permettait encore bien des excès sans la punir. "Parle moi donc de cet escapade. Fut-elle agréable ? T'a t'elle permis de penser à l'avenir ? Jusque ou es tu allée ?" Le regard de Siam se fit progressivement plus sombre à mesure que Yoren posait des questions pourtant basiques. L'évocation de l'avenir n'avait rien de bien joyeux pour elle, et pourtant elle n'allait pas le lui dire. "Du moment que ma mère ne me trouve pas un nouveau prétendant plus vieux que les premiers hommes et plus gros que le boulanger, j'aurai tout le temps de penser à l'avenir après la guerre." glissa-t-elle sur une fausse note d'humour pour détourner la conversation. A savoir qu'elle préférerait encore mourir sur le champ de bataille que d'avoir à se marier. Elle ne fit évidemment pas l'affront de dire que, effectivement, la balade avait été agréable, et elle passa directement à ce qui intéressant vraiment : où était-elle allée et qu'avait-elle fait. La jeune femme croisa les jambes avec une pointe de nonchalance, non sans garder le dos aussi droit que sa prestance. "Je suis allée dans un petit village entre Pierremoutier, Chateau-Rosières et La Glandée. Je ne sais pas quel était son nom, j'étais fatiguée, je m'y suis arrêtée, je n'ai pas cherché plus loin." le devança-t-elle avant qu'il ne demande le nom dudit village. "J'ai un peu traîné, alors je dirais que c'est à un ou deux jour grand maximum à cheval, j'en ai mis trois. C'est très rustique, quelques maisons de fermiers, une auberge, une écurie. Mais aucun ronflement de soldat ivre et pas non plus le bruit incessant de l'armure des guetteurs qui font leur ronde." Et ça, ça lui paraissait quand même assez valable comme excuse, surtout qu'une fois de plus ce n'était qu'un demi-mensonge. Sa désertion du mariage s'était mue en une fuite du bruit des soldats trop grossiers plutôt qu'en un sombre dérangement de l'union qui était passée sous le nez de sa sœur. Le regard émeraude de Siam planté dans celui de Yoren, la Volmark croisa les bras sur sa poitrine en attendant la suite de l'interrogatoire, avec l'envie presque incontrôlable de lui demander une bonne fois pour toute si il en avait vraiment quelque chose à foutre qu'elle ne se soit pas présentée au mariage ou si il avait juste peur d'une trahison royale. Une question qu'elle se garda bien évidemment de poser, préférant attendre sagement la suite.
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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptySam 27 Avr - 21:23


If we burn, you burn with us

I’ve made a dream from the ashes of the Glory wich has burned my house down. A magnificent and impossible dream inherited from a man I've despised all my life. And I'll give all my fire to make it become true. Fight till my last breath like a shark, like a wolf, like a dragon. Don't fuckin care as long as i will. cause I have black blood in my veins and hope in my heart.
Yoren & Siam

Il ne fallut qu'un infime et fugace instant pour que la véritable jeune femme ne se laisse déceler délestée des frasques faciales promptes à la colère teintée de morgue que je lui connaissais à travers les receuils au sujet de sa personne. Chuchotements dans le creux d'une oreille souveraine est toujours dangereux clamait un adage politique. Pourtant, en ce moment précis au coeur duquel un sourire dévoila une once de sympathie au milieu d'une vague de malice coutumière j'eus pu me laissé aller à une méprise regrettable. Car, il apparaissait évident que l'outrecuidance de la menterie tordait ces jolies lèvres. En cela, las la lueur d'intelligence dans ce regard cédant aisément au jugement ne constituait qu'une preuve trop évidente. Je me figurais qu'il devait probablement s'avérer bien moins malaisé de tenter l'illusion sur un autre que moi. L'un de ces souverains accouchés dans la soie soyeuse d'un royal entrecuisse et qui n'avait connu que le luxe de l'opulence dès leur princière merdaille certifiée digne d'un destin tracé avec plus de droiture que la trajectoire d'un carreau vrombissant d'une mortelle arbalète.


Malheuresement pour la cadette de ma Renarde je n'étais point de ceux-là et ne le serais jamais car nul artifice ne saurait faire oublier qu'une catin m'avait porté en son sein. Sa majesté Yoren Ier de la maison close plaisante cocasserie lorsque l'on exudait de mon passé que mon premier foyer fut une maison de plaisir. Cocasserie savoureuse au vu de ma réputation de coureur de jupons. Enfin, cette batardise avait le mérite suffisant de me faciliter céans l'exercice de lecture primordial à toute couronne ceinte. Une double ascendance m'ayant amené à cotoyer la plèbe autant que la féodalité, les soldats autant que les pirates, les insulaires autant que les riverains... Je savais que l'effronterie suintait l'haleine du mensonge or digne soeur de ma conseillère cela ne lui avait guère échappé. Diantre voilà que cet entretien commencait de bien douteuse manière alors que je souhaitais simplement m'encquérir de certaines choses. Anodines selon d'aucuns mais bigrement cruciales à mes yeux. Le requin n'est à l'aise que sous les vagues. A défaut, il devrait se muer en autre chose par simple instinct de survie. Douloureuse métamorphose aux fragances occultes que celle-ci. Le pouvoir souverain ne changeait pas les hommes il les annihilait.


Comment pourrait-il en ètre autrement alors que des dizaines de milliers d'ames reposaient sur les épaules plastronnées d'une seule ? Pourtant, il semblait néamoins que l'essence elle s'accrochait tenace semblable à la lie et imprégnait pleinement ce costume théatral. D'autant que je ne cessais d'improviser comme un barde ou un skalde avant sa première entrée en scène. La remarque guoguenarde de la Volmark m'arrachait un éclat de rire franc, rauque et empreint d'une hilarité saugrenue eu égard à la situation. Il était en effet fort possible que Heda m'offrisse de nouveau ce regard si particulier qu'elle n'avait eu de cesse de m'admonester depuis nos premiers raids dans l'équipage de la Garce Mortelle.


"Oh mais je ne me leurre point à ce sujet. C'est d'ailleurs la source de l'une des rares joies à me trouver en pareille déchéance physique. Echapper à la vindicte puritaine pleine de sagesse de ta soeur. Je gage d'ores et déjà qu'en dépit de ma triste condition son jugement est déjà rendu en son for intérieur." Mon éclat de jovialité s'acheva promptement sur une toux adippeuse autant que souffreteuse et je balayais mes lèvres d'un mouvement rageur comme pour souffleter le liquide acre débordant de mes lèvres. J'inivitais la guerrière à s'installer près de moi devant l'atre de campagne crépitant férocement d'un flamboiement réconfortant. Omettant volontairement de souligner qu'il était désormais tout autant envisageable que ma seconde de toujours se considère comme dégagée de ses élans protecteurs envers ma propre personne du moins en ce qui concernait mes excès. Et que cela tenait désormais de la responsabilité de l'épouse que je m'étais choisi. Une déchirure fulgurante dans mon torse recouvert de bandages et de baumes aux effluves mesquines. Tu lui as brisé le coeur Requin. Ce n'était pas la première. Certes mais ce fut la seule qui vit le mien subir le mème sort.


Chasssant ces considérations rendant amère l'antre de mes mots, je portais une fois de plus ma coupe d'alcool aux lèvres me délectant de ce gout détestable mais plus encore du feu qui s'écoula dans mon gosier resséré. Je menais ensuite la discussion lentement mais certainement en direction de la véritable raison de sa convocation en ces lieux hantés par un roi tout juste entré dans la fleur de l'age mais rendu moribond par les blessures létales qui n'avaient su m'emporter loin de cette sempiternelle litanie macabre. Ou auxquelles je n'avais pas permis de m'emmenner claquemuré dans une rage de survivre digne du sang noir. Compliments pour mettre à l'aise la soeur inconnue de l'une des femmes pouvant se targuer d'avoir déposé une marque au fer rouge en ma carcasse cynique et désabusée. Piètre manoeuvre qui ne pouvait que s'avérer futile. Lorsque je disgressais sur le tord boyau et la méfiance de Heda face à ce fuel destructeur je ne pus que constater l'envie cinglante de m'esbourdir le balafré caquet d'une pique bien sentie. Ivar ? Sujet sensible visiblement. Intéressante que cette divergence d'opinion sur la progéniture illégitime de feu lord Volmark.


Heda et Ivar étaient très proches liés tant par le devoir à une couronne que bien d'autres choses au premier rang desquelles se trouvait la fraternité du sang non pas celui partagé par la couche paternelle mais celui des guerriers servant cote à cote. A moins que cela ne fut point la raison de ces lippes pincées durement tandis que ses sourcils se dressaient pour s'arcquer telle une division de sergents rodée par l'expérience du combat. L'alcool peut-ètre ? A mieux y regarder ou plutot à mieux laisser le museau inhaler des relents caractéristiques semblaient flotter autour de la jeune fer née. Rien de bien surprenant étant donné que les tonneaux avaient été mis en perce par centaines pour les festivités. Heda était donc la seule à s'imposer une discipline de septa fanatique. Bref, il était temps de rentrer dans le vif du sujet. Cette disparition inquiétante des jours derniers. Assombrissement dans le regard me faisant face telle une eclipse masquant le soleil. Réponse fougeuse mais bien convenue. Cette discussion n'aurait rien à voir avec celles que je pouvais naturellement me permettre d'avoir avec le reste de la maisonnée au liévathan. Je ne pouvais que me montrer méfiant d'une soeur apparue bien mystérieusement et dont Heda ne m'avait o grand jamais parlé en plus de dix années de complicité maritime.


Cependant, il y avait méfiance et méfiance et en vertu de la confiance pleine et entière que je placais dans la maison Volmark à l'instar d'une poignée d'autres je ne jaugeais guère durement la jeune femme. Après tout, si celle-ci était bien celle que la rumeur dépeignait soit une irrémediable amoureuse de sa liberté se retrouver coincée dans un ost défait au milieu d'un hiver rude et agressif ne devait guère faire autre chose que lui peser lourdement sur le coeur. Cette fois seul un sourire amusé fissura mon impassibilité face à sa remarque. "Ah le mariage... Comme je te comprends. Si je n'avais pas été la dernière volonté d'Harren il est certain que je n'aurais guère passé le pas. Plus vieux que les premiers hommes et plus gros que le boulanger dis-tu. Si jamais, ce sont là tes seules réserves je puis t'assurer que mon armée ne manque guère de jeunes capitaines insulaires qui se damneraient pour t'avoir comme femme roc. Maintenant, si tes réserves sont plus viscérales et dictées par la passion de l'indépendance alors je crains de ne rien pouvoir faire si ce n'est faire miroiter à ta mère une belle union avec un lord prestigieux pour que tu puisses savourer ton célibat. Quant à l'après guerre et l'avenir je ne me projette pour ma part pas aussi loin pour l'heure je le confesse."


Balayant ma chaleureuse inquisition la Volmark croisa les jambes avec élégance non sans garder le dos droit. La nonchalance se disputant la primauté à la prestance dans cette posture bien orgeuilleuse tandis que pour ma part je me calais confortablement contre le dossier de ma chaise. Le silence plana longuement dans la vaste toile de tente. Suffisamment longuement pour que je me lasse de contempler la danse moqueuse des flammes embrasant l'atre me faisant face. Je portai finalement de nouveau la coupe à mes lèvres pour en avaler le liquide sombre. "Un petit village dis-tu ? Village se situant bien au nord de notre position défensive et qui plus est en territoire renégat et ennemi si je ne m'abuse. A moins que l'alcool ne m'abrutisse déjà tout à fait l'esprit en entrainant mon esprit sur les sentes de la brume de plomb. Bah, si tu es là devant moi c'est que tu n'as pas été inquiétée par une patrouille impériale. Tu m'en vois ravi. Rustique oui bien sur. Ah le manège assourdissant de la soldatesque. Je t'accorde qu'il puisse s'avérer un brin ennuyeux. Du moins lorsque l'on n'y est guère habitué. Enfin, si tu as pu te ressourcer c'est là l'essentiel. Je ne te semoncerais pas pour avoir choisi de ne pas assister à mes noces de cela je me moque royalement. Le fait que les fer nés ne sont pas très heureux de mon choix marital n'est un secret pour personne. Non, si je te sermonnerais en ce jour c'est pour ètre allé te fourrer loin de la protection relative du dernier bastion en ma possession. Que ce serait-il passé si tu avais été capturée ou pis ? Est ce que tu penses à l'effet que cela produirait sur Heda ?" Comme si j'avais besoin de cela alors que ma conseillère s'était déjà éloigné de moi pour des motifs que je pensais que nous étions les seuls à connaitre. "Quoi qu'il en soit tu es en vie mais la prochaine fois qu'il te prend ce genre d'envie d'évasion. Prends la peine de prévenir. La suspicion a tendance à régner en maitresse lorsqu'un royaume se délite sous les affres de la trahison. Parle moi de ce village ? Etait il déserté ? Combien d'habitants y avaient-ils ?"

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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptyDim 5 Mai - 22:14

Le Requin face au Léviathan
Yoren & Siam
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Do you feel safe?

Si Siam avait pensé pendant quelques secondes que son détournement de conversation avait marché, elle avait vite compris que le roi n'était pas assez torché pour se laisser avoir si facilement. Bien que la jeune Volmark n'aime pas spécialement entendre Yoren parler de sa soeur -de quel droit le faisait-il ?- comme si c'était encore sa meilleure amie de toujours et que rien ne s'était passé, elle préférait ça que de devoir se justifier pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait pas d'excuse. Elle était juste partie, sous la frustration et la colère, sans réfléchir aux conséquences. Elle avait juste suivi l'appel capricieux au fond d'elle et en était revenue un peu moins fâchée mais l'esprit plus noir et plus résigné. Elle avait déménagé de tente après sa dernière dispute avec Heda et n'y était pas revenue à son tour. Elle n'appréciait pas partager sa chambre avec Ivar, qu'elle pouvait difficilement croiser sans ressentir une haine profonde remonter en elle -de la jalousie pure et simple contre celui qui, à son sens, lui volait sa soeur- et au final elle appréciait plutôt bien son intimité. C'était assez prévisible, elle s'étonnait même de ne pas avoir opté pour une place, beaucoup plus petite mais complètement seule, dès le départ. Siam aimait sa soeur, mais l'expérience avait prouvé que la jeune femme aimait être seule, dans sa bulle, avec de l'espace autour d'elle, et cet espace n'était pas compatible avec la présence de deux personnes qui pouvaient entrer et sortir de son lieu de repos à tout va.

L'habitat du roi était spacieux, bien gardé et carrément chaleureux pour un endroit qui se voulait de secours. Et pourtant, Siam se disait qu'il devait ou se sentir bien seul dans un si grand espace, ou justement être frustrée d'avoir autant de place et de ne jamais pouvoir être seul pour sa propre sécurité, surtout en ce moment. Et puis elle se souvint qu'elle se foutait du bien-être de ce coureur qui avait blessé sa soeur et ses pensées n'allèrent pas plus loin. Dans d'autres circonstances, elle aurait probablement ri à sa remarque sur le mariage et les bons partis qu'il pouvait lui trouver, mais au moment présent elle ne ressentait rien. Alors elle se contenta de sourire poliment. "Je vais être dans l'obligation de refuser votre aide, ma mère s'ennuierait si elle n'avait plus cette activité ô combien distrayante dans sa vie." s'excusa-t-elle. Et de toute façon elle comptait effectivement bien rester célibataire, surtout si ce n'était pas pour épouser un homme qu'elle aurait choisi. Son père se retournerait probablement dans sa tombe s'il savait à quel point sa fille était si difficile et égoïste, mais paix à son âme, il n'était plus là pour avoir son mot à dire et Siam était responsable d'elle-même. Lord Volmark avait échoué dans cette entreprise, personne ne pouvait se targuer d'avoir l'ombre d'une chance d'y arriver.

La tentative de détournement complètement ratée, Yoren revint sur cette histoire de village et Siam dut faire un effort considérable pour ne pas lever les yeux au ciel en soupirant comme elle le faisait avec sa soeur. Elle n'était pas avec sa soeur, mais avec le roi. Toutefois il devenait difficile de les dissocier tant ils lui exposaient le même discours. Sauf que Yoren était mille fois plus agaçant et que Siam ne pouvait pas simplement lui dire d'aller se faire mettre. Toutefois, et malgré tout le contrôle qu'elle pouvait avoir d'elle-même, Siam commençait à perdre patience. Non parce qu'il lui faisait des remarques sur les dangers extérieurs, les conséquences que ça aurait pu apporter et tout le reste, en ça il avait bien raison et pendant un moment Siam baissa même les yeux lorsqu'il évoqua la potentielle réaction d'Heda si elle n'était pas revenue, mais bien vite elle les avait relevé avec une haine bien plus profonde dans le regard. Une haine qui ne le visait pas particulièrement, comme elle ne visait ni Heda, ni les règles du camp, mais tout ça en même temps. "Heda a bien d'autres priorités que de s'occuper des lieux où se rend sa cadette. Elle est en très bonne compagnie avec son nouveau frère, vos hommes et ses plans tactiques par centaine, grand bien lui fasse. Elle est habituée à mes escapades et elles lui apporteront moins d'inquiétude que ses propres états d'âme." siffla-t-elle en laissant passer le sous-entendu accusateur sous un tel brouillard flou qu'il posait un sérieux doute sur ses intentions. La jeune femme avait croisé les bras, pas d'un air enfantin boudeur mais d'une posture qui trahissait un renfermement que le sujet "Heda" avait clairement créé. "Je n'ai pas compté les habitants, c'était un petit village de fermiers d'une dizaine de maisons, je suis allée à l'auberge, j'ai mangé, j'ai dormi, et je suis repartie. Mais si cela vous cause tant d'inquiétude, ou à quiconque voudrait lancer des rumeurs désobligeantes sur les raisons de mes escapades sans plan de route détaillé, alors je ne quitterai plus le camp." répondit-elle sans aucune trace d'animosité mais avec une froideur non dissimulée que la douceur naturelle de sa voix rendait dérangeante. Elle venait d'ériger un mur entre lui et elle sur des bases préalablement montées lorsqu'elle avait eu vent de son histoire avec Heda, et elle n'était pas prête de le détruire. Une barrière dont elle se doutait qu'il devait se foutre royalement, mais qui allait les priver l'un comme l'autre de l'honnêteté nécessaire en temps de guerre. Dans tous les cas elle préférait rester sous sa tente que de devoir demander la permission -parce que c'était comme ça qu'elle le prenait- pour s'évader de cette vaste blague qu'était ce camp en perdition.
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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptyJeu 30 Mai - 7:18

La tension écrasant la vaste pièce unique de ce royaume de toile et de peaux est si palpable que mème les mains d'un fer né sur le corps d'une catin -dans l'un des nombreux bouges miteux de la pseudo capitale d'un empire agonisant n'étant plus que l'ombre de ce qu'il avait été durant un magnifique siècle- eurent paru douces en comparaison. Il ne fait aucun doute aucun que la cadette miraculeusement débarquée de nul part de la maison du Liévathan de jais ne m'apprécie guère. Cela aurait certainement fort bien pu me passer bien loin au dessus de ma goule à jamais couturée en temps normal cependant nous ne nous trouvions guère dans de telles circonstances. De dextre à senestre dès que je tournai la tète une avalanche détestable de merdailles que dis-je de royales merdailles me contraignaient à bruler mes forces vives ou du moins le peu que j'avais recouvré de bien mystérieuse manière étant donné que je m'asseyais comme un cheval sauvage rétif au dressage sur les avis éclairés du vieux mestre. Un Hoare tout fils de catin et donc partie roturier qu'il était ne saurait agir autrement que comme un membre de la noire lignée. Non, Siam Volmark ne m'aime pas et ne m'aimera jamais. Il suffit de laisser mon regard inquisiteur d'une grisaille plus mordante que l'acier de la lame que je porte au coté chatouiller ce visage si différent de celui de son ainée pour s'en rendre compte.


A un point tellement flagrant que je m'interroge un instant sur cette jeune femme. Cette fer née ne croit en rien or cette catégorie de personne si elle m'est vaguement sympathique pour la simple et bonne raison que j'en ai moi-mème fait partie durant de longues années sur des motifs m'apparaissant comme foutrement plus légitimes que ceux d'une noble des Iles de Fer avide de liberté personelle n'en reste pas moins carrément dangereuse. Oui, le chien fou du Sautoir que je fus n'avais nullement oeuvré à la construction de sa légende sanglante pour des questions d'allégeance mais bien par amour de sa liberté. Quoi qu'il en soit, le Yoren en question mort à Eysines avec des dizaines de milliers de compatriotes insulaires ainsi que son glorieux géniteur aurait probablement passé les caprices de cette Siam en les mettant sur le compte de la fougue de son sang fer né. Ce batard aurait certainement ri de bon coeur devant la défiance de la guerrière et se serait amusé de ses sentiments à peine voilés à son égard. Parce que j'avais traversé cette vie implaccable au coeur de laquelle la part de royauté dans mes veines ne m'avait jamais donné droit à autre chose que du mépris des biens nés ou du labeur des basses oeuvres dénué de reconnaissance chez feu le souverain le plus ambitieux du continent de cette manière.


En pissant sur les murmures accompagnant mon passage, arrachant des vies sans état d'ame, en m'élévant tout en servant et surtout surtout à l'instar de n'importe quel double solde ou affranchi en vivant le jour présent comme s'il serait le dernier. Bien plus aisé que de comprendre toutes mes frasques lorsque l'on savait caler sa pyschée sur la mienne. La moitié insulaire de mon armée le comprenait elle puisque ces excès représentaient la quintescence de la culture pillarde. Cependant, quelques excentriques du genre de ma première conseillère et sa soeur tombée du ciel s'attendaient visiblement à ce que je me comportasse autrement. Mais, je n'étais plus ce Yoren et si je ne comptais absolument pas devenir un Harren bis les grands axes de ma politique ainsi que la marée de réformes en cours ne l'indiquant que trop bien je n'avais plus en moi l'insouciance suffisante pour me gausser de l'inconfort dans laquelle elle se trouvait visiblement. Cette couronne de fer d'ébène aux reflets de cendre sur mon crane que cette pourriture Braavosie avait du trouvé bien dur et coriace signifiait que j'incarnai ce royaume éclaté, morose, défait, démoralisé, pitoyable...


Or tant qu'il me resterait un souffle de vie mes pensées, mon énergie, mon corps de mème que mon ame seraient tout entier tournés vers sa sauvegarde. Et si je devais pour cela engendrer des réactions négatives telle que celle ci alors soit grand bien m'en fasse parce que je le referais mille fois sans hésitation. Siam en dépit de son ascendance qui aurait du nous rendre aussi familier que je pouvais l'ètre avec son demi-frère ou sa soeur du moins par le passé avait choisi la voie de l'opposition. Cela me chagrinait quelque peu mais dans le fond je m'en foutais comme d'une guigne ou la première prise de guerre que j'avais troussé. Son attitude revèche aurait pu m'amuser si je ne portai désormais point l'avenir du Sel et du Roc sur les épaules douloureuses de ma carcasse meurtrie. Que l'on m'aime, me craigne, m'adule, me déteste je m'en fous royalement tant que l'on obéit avec célérité car il ne saurait y avoir d'amis dans une patrie en détresse. La postérité se souviendrait de Yoren le mal né, le Requin Noir, le Réformateur comme elle le souhaiterait et il était fort possible que si cette guerre venait à s'achever sur un autre Eysines le souvenir du batard ayant repris le flambeau de son demi-frère honni ne tarderait nullement à disparaitre. Durant un instant, je compris parfaitement l'obsession de l'histoire du Noir avant de balayer l'image du vieux salopard ayant pris le parti de dresser toute sa maison contre elle-mème parce que c'était ainsi qu'il avait toujours fonctionné.


Oui, je me contrefoutai de l'avis de Siam Volmark sur ma personne car contrairement à cette derniière je me trouvais dans une position ou la mesquinerie du coeur n'avait pas sa place. Situation dans laquelle les déboires de mon idylle avortée avec sa soeur ne pouvait se permettre de me distraire un seul instant du grand objectif que m'avait légué Harren sans m'offrir les moyens nécessaires en contrepartie. Aussi, faisant fi de mon enjouement coutumier et presque naturel je laissais mes traits couturés se parer d'un masque d'impassibilité plus glacial que le vent mordant d'une brise agressive. Au dieu des Tornades et ses malheurs les mots agréables et les sympathies sincères pour Heda. A ce mauvais diable également l'apparence de soleil qu'une certaine politicienne avisée m'avait soufflé de devenir pour mon peuple au cours d'une nuit d'ébats sauvages. Si, je voulais bien briller pour les miens afin de représenter cette rennaissance m'obsédant tant jour et nuit telle une chimère à jamais poursuivie mais ne daignant guère se laisser attraper je le ferai sans renier la noirceur de mon héritage. Un soleil noir voilà ce que je serai. De toute manière, il suffisait de se montrer un brin lucide si je parvenai par miracle à vaincre les ennemis du royaume il me faudrait mater le plus durement possible les vélléités rebelles afin que la désunion ne vienne plus jamais souiller de sa putride empreinte le domaine continental du Sautoir. Si, je mourrai au combat je ne le ferai guère sans tacher d'endommager si durement la toute puissance impériale que celle-ci deviendrait la proie des puissances extérieures.


Si, je survivais mais me voyais contraint de fuir je renoncerai à ce titre parce que j'estimerai avoir failli tant à mon sombre géniteur qu'à toute la lignée. Je n'étais que le fusible qui serait frappé de tout le poids des échecs de mes prédecesseurs si l'histoire du Sautoir et si jamais je réussissais le sang que j'aurai sur les mains par nécessité viendrait me rapprocher du Noir. En vérité, le dernier cadeau d'Harren était à l'image de tout le reste un poison que je m'enfilerai cul sec jusqu'à la lie car c'est bien connu une fois l'hydromel tiré il convient de le boire. Beron profiterait de mon sacrifice car j'avais bien peu d'espoir de voir une fratrie naitre de mon labour dans le champ riverain de ma dresseuse de chevaux. Et c'était parfait ainsi car les choses rentreraient dans l'ordre naturel et souverain des choses. La chape de plomb dominant mon pavillon ne me dérangeait aucunement. Comment pourrait-ce ètre le cas alors que je connaissais cette tension comme une amie intime depuis qu'un roi au regard de rapace avait posé ses prunelles sur ma silhouette alors frèle dans l'enceinte d'une monumentale forteresse aux allures de tombeau ? Je portai distraitement ma coupe de tord boyau aux lippes laissant le feu liquide dégouliner dans mon gosier et glisser au creux de mes lèvres.


Echappée bien vite balayée d'un revers rugueux de la manche de l'imposante cape de voyage rabattue sur ma personne. "Ah les mères et leurs adorables passes temps... On ne peut décemment point leur oter ces petits plaisirs aussi détestables puissent-ils apparaitre à nos yeux. J'imagine que vous avez déjà vos tactiques de bataille afin de rompre les rangs face à la perspective du mariage. Et, je n'ai aucun doute quant au fait qu'à l'instar de votre soeur vous n'épouserez jamais un homme que l'on vous imposerait."


Le cynisme et le sarcasme deviennent véritablement une seconde nature lorsque l'on apprend à aborder le monde de la vision d'une tète couronnée cependant à ce niveau je n'ai aucun mérite car j'ai abattu plus d'hommes que ma mémoire ne saurait me le rappeller sur et en dehors de champ de bataille. Après les premiers morts, ils finissent tous par se ressembler et le geste se fait machinal en dépit de la passion artistique pour le combat. Ce que je veux dire c'est que la multitude de réflexions afférentes à cette discussion stérile défilant dans mon esprit embrumé par la violence de l'alcool dans mes mains est en l'état proprement cocasse. Au fur et à mesure de l'avancée louvoyante de la conversation le comportement de la jeune femme se fait plus explicite. Finalement, c'est engoncée dans une posture d'enfant boudeuse qu'icelle acceuille mes arguments relatifs à l'inquiétude évidente que causerait sa disparition à sa soeur. Or, si celle-ci conchiait littéralement sur des termes tels que loyauté, honneur, serment, féal ce n'était fort heureusement guère le cas de ma seconde de toujours.


La réaction de la cadette en disait néanmoins long sur celle-ci. Egoiste, irresponsable, impulsive et hypocrite voilà comme je la percevais. Réagir ainsi face à ma diatribe me laissait un sale gout dans la bouche. Cette petite écervelée se targuait certainement de me détester parce que j'avais séduit sa soeur tout en sachant que mes choix politiques ne pourraient que la faire souffrir mais elle venait de prouver qu'elle ne méritait pas l'amour fraternel de la Renarde. En effet, ne pas se sentir plus concerné que cela sous couvert du fait qu'Heda était débordée à mon service me paraissait détestable. Comme si ses devoirs de conseillère aussi exigeants fussent-ils auraient préservé ma seconde d'un effondrement émotionnel si un garde était venu lui rapporter la mort de sa sœur.


Une soeur morte pour la simple raison qu'elle ne pouvait pas tenir en place alors que mon contingent de fer né composé de vieux briscards, de sauvages, de spadassins indisciplinés parvenait à s'en tenir aux ordres et au bon sens. La haine que ses prunelles m'offraient si généreusement trouva un miroir intérieur sous mon impassibilité. Sa voix glaciale ne fit que renforcer mon impression sur sa personne. Ainsi Heda était habituée à ce comportement chez sa soeur. Parfait, en ce cas qu'elle ne vienne point m'importuner s'il venait à lui arriver quelque chose. Nous étions en guerre par le Noyé ! "De l'aigreur envers Ivar comme cela est charmant. Serait-ce la faute à ton demi-frère si sa mère s'est faite engrossé par feu lord Volmark ? Quoi qu'il en soit cela ne m'étonne guère tu te sens comme un oiseau en cage ici au milieu de cette armée dont tu ne partages visiblement point les aspirations, les espoirs ou mème les peines. De la mème manière que tu te sentais prisonnière entre les murs de ta forteresse natale raison pour laquelle tu t'en es enfui pour aller explorer le monde."


Penchant le chef sur le coté avant de soutenir ce dernier de mon poing gauche le coude calé contre le rebord du siège de campagne, je détaillais longuement la jeune femme en silence durant un long moment. Je repris finalement d'une voix neutre mais rendu rauque par la douleur de mes blessures encore jeunes.


-"Oui, Heda est très occupée parce qu'elle a décidée de l'ètre. Il aurait suffi d'un mot pour qu'elle puisse prendre un chemin différent du mien. Elle a choisi de lier son destin non pas à ma personne mais à celui de son royaume. Un concept te paraissant probablement bien étrange j'en conviens. Seulement, si tu t'imagines qu'elle ne se soucie pas de toi parce qu'elle ne le montre pas en permanence ou qu'elle fait passer ses obligations avant son coeur tu te fourvoies lourdement. Etre habituée à te savoir instable et dispersée aux quatre vents ne signifie pas forcément qu'elle ne s'inquiète pas pour toi. Si, tu ne l'as pas remarqué malgré les murailles garnies, le camp fortifié et les entrainements nous sommes en guerre. Mais cessons de parler de ton ainée car je vois bien que cela t'exaspère. Quant à ce foutu village ainsi que tes envies de bougeottes je m'en contrefous à égale mesure. Fais comme bon te semble. Si, cela ne pose aucun problème à ma conseillère alors qu'il en soit ainsi. Non, tu as énormément voyagé ce me semble ? Raconte moi donc tes pérégrinations voyageuse."


Passer du coq à l'ane de la sorte n'est guère bien cohérent. Seulement, je considère le sujet initial comme clos et si j'ai parfaitement compris que la Volmark ne m'appréciera jamais la réciproque étant vraie autant qu'elle serve son souverain d'une manière ou d'une autre. Alité malgré ma soif de mouvement, agité en dépit des instructions du mestre, drogué au lait de pavot à défaut d'ombre du soir de la lointaine Quarth dont m'avait parlé Euron Timbal je comptais bien tirer quelque chose d'utile de cette délétère entrevue. Les histoires sont la racine de la culture fer née c'est notre bien le plus précieux disait le vieux Balon ancètre de l'équipage du Requin Noir. J'attendais de la Volmark une histoire sur ses aventures. Cela la frustrerait peut-ètre de devoir se replonger dans ce passé béni au cours duquel elle se sentait aussi libre que le vent mais une fois de plus je m'en moquai bien. Le souverain coincé au milieu d'une tempète déchainée que j'étais avait besoin de s'évader. Oh, il y avait bien des milliers de candidats conteurs potentiels dans les rangs insulaires mais puisque j'avais Siam sous la main...
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MessageSujet: Re: Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé]   Le Requin face au Liévathan [Tour VI - Terminé] EmptyJeu 20 Juin - 19:42

Le Requin face au Léviathan
Yoren & Siam
You can't escape, you can't outrun your DNA, what's in your blood. You're not such an easy target, one minute I know you then I don't.

Do you feel safe?

Yoren n'avait pas réussi à arracher sa place de roi sans raison. Il avait le caractère qu'il fallait pour assumer ce rôle, pour le revendiquer. Condescendants, orgueilleux, rabaissant. Ce dernier sentiment était clairement ce que Siam ressentait lorsqu'il rappelait la condition d'Ivar, la raison pour laquelle il existait et l'injustice complète de la réaction de Siam envers lui. Plus encore, Siam se sentait agressée et humiliée lorsqu'il rappela à quel point elle était antipatriotique, presque dissidente. Ses mots la touchaient, non parce qu'elle portait un quelconque intérêt à ses insultes polies, mais parce que Heda pensait certainement la même chose à ceci près qu'elle l'aimait, donc se contentait de le déplorer en silence. Les jointures des mains de Siam étaient devenues blanches à force de serrer les accoudoirs du siège dans lequel elle était assise. Si elle avait pu se lever à cet instant pour venir coller une droite à sa majesté, elle l'aurait volontiers fait. Mais bien plus que les gardes qui gardaient un oeil sur elle, la menace venait du roi en lui-même. Même blessé elle ne doutait pas qu'il puisse la mettre au tapis. Et puis c'était le roi, et elle n'avait aucune envie de se faire exécuter sur un coup de colère. Elle contint son impulsivité en prenant une discrète et profonde inspiration, et souffla doucement par le nez. Doucement, ses doigts se desserrèrent et elle reprit doucement le contrôle de ses émotions. Il devenait urgent qu'elle apprenne à maîtriser sa colère, mais elle la perdait automatiquement à chaque fois que quelqu'un pointait quelque chose de vrai chez elle et qu'elle était d'accord avec ça. Parce que clairement, elle n'aimait pas Yoren mais elle ne pouvait contester sa raison. Et elle s'en voulait de ne pas être cette personne que tout le monde aurait aimé qu'elle soit, cette femme bonne à marier que voulait sa mère ou cette guerrière prête à mourir pour son royaume que voulait sa soeur. Chaque jour elle culpabilisait de se sentir si mal à l'aise, parce qu'elle savait qu'ils avaient raison. Même Yoren avait raison. Siam n'était pas normale, elle était marginale, sûrement retardée, aux yeux des autres. Mais elle n'y pouvait rien, ses émotions étaient fortes et elle ne contrôlait que difficile ses réactions et ses envies soudaines. Et rien que pour ça, rien que parce qu'il lui rappelait à quel point elle se détestait de penser différemment, Siam détestait un peu plus Yoren. Elle le détestait, mais elle le respectait pour sa vision claire des choses.

-"[...] Raconte moi donc tes pérégrinations voyageuse." Un blanc s'installa pendant une seconde, alors qu'elle avalait la demande un peu de travers. Elle ouvrit la bouche, prête à lâcher un "quoi ?" incertain, mais la referma en se rendant elle-même compte qu'elle avait très bien compris et qu'elle n'y échapperait pas. Qu'il fasse ça pour la punir ou juste par ennui (après tout le pauvre gaillard était coincé sur sa chaise avec son lait de pavot pratiquement toute la journée), il lui avait demandé quelque chose et elle devait s'y atteler. Et le pire, c'était qu'elle pensait lui devoir au moins ça, pour toute cette indiscipline dont elle avait fait preuve. Et aussi un peu pour cette haine injustifiée (la même qu'elle avait pour Ivar) qu'elle ressentait pour lui. Et puisque ses souvenirs de voyage étaient toujours agréables à revoir, elle s'y attelait sans sembler la moins gênée du tout par ça. En fait, elle semblait même y prendre un certain plaisir. "Je ne suis partie qu'une fois, mais pendant deux ans et demi. J'avais terminé ma formation avec Harald et j'ai rejoint Heda sur le Requin Noir. Mais si je n'avais jamais eu aucun problème avec les ordres de mon capitaine, j'en venais à détester ma soeur et sa supériorité." Quitte à passer pour une emmerdeuse, autant le faire jusqu'au bout, mais qu'il ne se méprenne pas. "Ce n'était pas de la jalousie ! Juste... C'était ma grande soeur. Et on était beaucoup trop collées quand on était gamines pour que je supporte sa froideur. Tout était... Méticuleusement calculé. Chaque pillage, chaque itinéraire, chaque horaire de repas, de sommeil, de "temps libres", ça me rendait folle. Mais je n'avais pas non plus envie de saper son autorité devant les autres, alors je suis partie..." expliqua-t-elle. Machinalement, alors qu'elle parlait, elle croisa ses bras sous sa poitrine et commença à jouer avec l'une de ses mèches de cheveux. "Je crois que je suis restée à peu près un an à bord avant de descendre à un port dont je ne me souviens plus du nom. C'était juste un village côtier où on s'était ravitaillé et on avait quelques jours avant de repartir, j'en ai profité. Alors évidemment Heda n'était pas d'accord et j'ai eu droit au sermon le plus long qu'on m'ait jamais fait, mais c'était juste pour la forme, elle savait bien que ça ne changerait rien. J'avais trouvé une caravane marchande qui cherchait des mercenaires pour protéger le convoi et bon sang, j'ai eu du mal à l'avoir ma place !" dit-elle avec un petit sourire amusé mais fier. Son regard se posa sur les flammes et s'y perdirent un instant, jouant le rôle d'une page où elle y dessinait ses mémoires et chaque détail qui acceptait de remonter à la surface. "Il y avait une autre femme, mais elle était fermée, jalouse aussi je crois parce que je n'avais aucune difficulté à me rapprocher des hommes alors qu'elle se faisait souvent chambrer. J'en sais rien, peut-être que ces hommes espéraient plus et qu'ils étaient sympathiques pour ça, mais en tout cas je les aimais bien. On était solidaire, et chacun avait compris qu'une vie valait de l'argent, alors personne n'avait d'intérêt à nuire à qui que ce soit." Quelques expressions remontèrent à la surface, des rires grossiers, des langages vulgaires, des paroles encourageantes. Les visages en eux-même étaient flous, elle n'était pas sûre de reconnaître ces mêmes personnes si elle les revoyaient aujourd'hui, mais il y avait quelques particularités qui ressortaient aussi clairement qu'une pierre dans de l'eau de roche. "On est passé par l'Ouest du Bief, on s'arrêtait parfois quelques jours ou quelques semaines dans des villages ou des villes selon la popularité de notre convoi, de la difficulté d'écouler et de retrouver des marchandises. Je ne me suis pas trop occupée de ça, ce n'était pas mon rôle et ça ne m'intéressait pas. Et quand j'avais quartier libre, j'allais me promener. Je passais assez inaperçue à l'époque, j'étais jeune, ma tenue n'avait rien de vraiment représentatif et bon, même si une épée aussi fine que soit la mienne passe mal sur une femme, en général la voir suffit à susciter la méfiance nécessaire pour qu'on me fiche la paix. Et puis j'étais rarement seule, la plupart du temps on partait à deux ou à plusieurs." Elle passa outre les beuveries et autres nuits alcoolisées qui s'étaient terminées à dormir dans les fermes ou avec des migraines carabinées pendant plusieurs jours, mais dans sa tête les quelques souvenirs qui revenaient à ce sujet la faisaient sourire. "On est descendu jusqu'à Dorne, et je crois que j'ai jamais vu une ville aussi belle. Il y fait chaud, clair, tout est vert et fleuri, le soleil est toujours là, et on rentre dans la mer de Dorne comme dans un bain." Elle releva un peu les yeux du feu, comme pour mieux réfléchir à ses mots. Elle ne savait pas si Yoren avait déjà mis les pieds en dehors de sa zone de royauté mais elle partait du principe que non, après tout c'était lui qui lui avait demandé. "En revanche l'eau potable est vraiment rare, les après-midi sont étouffants et il y a du sable PAR-TOUT." Ce n'était pas le paradis, clairement, mais elle avait aimé passer par là et ça se voyait. "La vie semble plus légère la-bas, les gens plus ouverts, et en même temps... Je sais pas, ça semble plus chaotique." Elle reposa une seconde les yeux sur Yoren, pour voir s'il ne s'était pas endormi, puis reprit son récit en liant de nouveau un certain rapport avec les flammes. "On est reparti quand le chef du convoi a décidé qu'il avait assez récolté de vin et d'olives. On est repassé évidemment par le Bief, à peu près la même route qu'à l'aller à quelques différences près, puis on est monté jusqu'à Castral Roc. Je crois que j'ai détesté cette ville, mais pour de mauvaises raisons. Elle est sale, agressive, on dirait une fourmilière dans laquelle on aurait mis un coup de pieds." Soudain, elle sembla se souvenir d'un petit détail. Elle n'était pas rentrée seule chez elle. "Le convoi repartait dans l'autre sens, alors j'ai décidé de rentrer. La route a été beaucoup moins agréable toute seule, on me regardait de travers, me faisait des propositions indécente, j'ai plusieurs fois été suivie, parfois même agressée." Elle reposa ses yeux verts sur le roi et sourit avec légèreté. "Je ne sais pas comment j'ai fais pour rentrer vivante. Mais sur le chemin du retour, dans le bief, j'ai croisé une hermine blessée et je me suis occupée d'elle. Nótt m'a suivi et quand un animal ou un intrus s'approchait, je ne sais par quel instinct, il s'agitait. La majeure partie du temps, je fuyais. Je suppose que ça m'a bien aidé. Et puis j'ai embarqué sur un navire à Falaise, je ne risquais plus grand chose." Elle déroula une dernière fois sa mèche de cheveux autour de son doigt, la laissant cette fois pendre sans la torturer d'avantage. "Heda avait prévenu notre mère de mon voyage par lettre et je me suis faite incendier en rentrant chez moi. Fin de l'histoire." conclut-elle. Elle avait eu une chance insolente durant ce voyage, c'était évident. Mais qu'elle en ait conscience ou pas, ça n'avait pas l'air de la freiner dans ses envies de vagabondages.
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