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Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]
MessageSujet: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyVen 3 Nov - 21:08


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
Eléanor savait que l’armée ne tarderait pas à se remettre en marche. On lui avait appris la grande nouvelle la concernant. Son père s’en était chargé et ils avaient eu des mots assez durs l’un envers l’autre. Eléanor avait confiance en lui et il l’avait trahi. Il la vendait à ce Nordien pour sceller l’alliance entre les Tully et les Stark. La jeune femme savait qu’elle n’avait pas le choix mais ce n’était pas pour cette raison qu’elle l’accepterait facilement. Non. Elle savait pourtant où se trouvait son devoir. Et elle savait au fond d’elle-même qu’elle ferait son devoir. Elle n’avait certes pas le choix. Elle avait rencontré l’Empereur qui l’avait grandement impressionné. C’était un homme courtois et un grand guerrier. Une simple pucelle comme elle ne pouvait que ressentir de l’admiration et une pointe d’angoisse à l’idée de le rencontrer. Mais tout s’était bien passé. Elle avait ensuite rencontré son promis, bien involontairement. Froid. Elle avait été avenante mais il était resté distant.

Elle était à Haye-Pierre pour l’heure, après avoir risqué sa vie sur la route. Elle avait été sauvée uniquement, sa mère, Jeyne Lannister et elle-même, que par l’intervention de l’Impératrice sur son dragon. Elle avait été subjuguée par la beauté de la bête. Et depuis, elle tenait l’Impératrice en grande estime, elle l’admirait même. Elle avait toujours voulu être une combattante mais la naissance de son frère et la bienséance l’en avait empêché.

Pour l’heure, elle trompait son ennui en marchant dans le château. La garnison était conséquente. Nombre de Nordiens l’observaient de travers. Après tout, il y a peu, ils étaient ennemis, son père étant l’homme lige d’Harren le Noir. La famille Tully avait bien souffert de cette allégeance. Harren le Noir était un suzerain tyrannique et cruel. Eléanor avait vu son père déchiré entre sa loyauté envers son suzerain et la justice élémentaire que l’on pouvait exiger. Eléanor sentait pour l’heure les regards parfois hostiles des guerriers autour d’elle.

Elle continua cependant de marcher d’un pas lent et sûr, la tête haute. Elle serait bientôt leur Reine. Elle ne parvenait pas encore à se faire à cette idée. Cela l’angoissait. Elle allait avoir des responsabilités auxquelles elle n’avait pas été préparée, loin de là. Alors qu’elle continuait sa promenade, son regard rencontra celui d’un homme. Elle le connaissait. Il s’agissait d’un membre de sa famille, de façon éloignée. Voir un visage qui semblait amical lui fit du bien. Elle n’oublia pas ses manières et le salua d’une révérence.

Je vous salue, Messire. C’est un plaisir de vous rencontrer.  
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Dernière édition par Eléanor Stark le Sam 28 Avr - 11:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyLun 6 Nov - 14:04

Organiser l’avancée d’une armée relevait autant de l’horlogerie de précision que du chaos le plus total, de façon générale. Bowen l’avait expérimenté tout au long de la descente des troupes nordiennes vers le Conflans, et encore, grâce aux mesures prises par l’ancien roi du Nord avant leur départ et à ses réformes, tout avait été fait grâce au Train Royal pour faciliter l’intendance. Le pays tout entier était tourné vers la guerre, et si économiquement, ce n’était guère viable à long terme, force était de constater que pour le conflit en cours, il y avait énormément d’avantages. Pour autant, la tâche qui l’attendait alors que le départ de la Haye-Pierre se profilait était d’une toute autre nature, puisqu’il lui revenait à présent la lourde charge d’organiser l’avancée de deux armées autrefois ennemies. Autant dire qu’outre la tournée des capitaines riverains, il avait passé un certain nombre de nuits à s’arracher les cheveux sur la disposition de chaque régiment, sans compter le problème posé par la méfiance des uns et des autres. Certes, il ne fallait pas s’attendre à ce que, immédiatement, nordiens et riverains s’apprécient. A vrai dire, cela tenait de l’utopie. Sauf qu’il valait mieux que l’encadrement soit au point, dans ce cas. Bref, le jeune homme était débordé. Il avait à peine eu le temps d’écrire à sa sœur et à son épouse, aussi profitait-il d’une accalmie dans le tohu-bohu permanent de ses devoirs pour marcher avec précipitation vers la volière du mestre afin de lui confier ses missives, ainsi que celles que lui avaient transmis ses deux beaux-frères et son beau-père avant qu’ils ne partent pour leur contingentement respectif, qui n’étaient pas le sien. La nouvelle de la grossessse de Maedalyn avait réjoui son paternel qui envoyait ses félicitations. Quant au frère … Nul doute qu’il devait éprouver un mélange de jalousie et de bonheur à l’idée d’avoir un neveu ou une nièce tout en comprenant brutalement que, définitivement, sa sœur était à un autre homme qui l’avait possédée. Il se souvenait très bien lui-même de ce qu’il avait ressenti quand Alysane lui avait parlé de sa première grossesse, cette impression douce-amère de la voir aussi épanouie tout en étant définitivement devenue une Manderly et non plus une Glover.

Songer à cette première expérience de son aînée, qui s’était conclue de manière tragique par la perte de l’enfant, arracha un frisson au Poing du Nord. Il savait que sa propre mère avait eu autant de fausses couches que d’enfants vivants. Quant à sa sœur … Elle avait été moins prolifique, et les dieux avaient été plus cruels que bienveillants envers sa descendance. Il ignorait les antécédents de la famille de Maedalyn, cependant. Son épouse serait-elle aussi fertile que sa propre ascendance sans souffrir de la malédiction des fausses couches ? Il l’espérait ardemment, car perdre cet enfant en étant en plus éloigné de sa femme comme il l’était serait particulièrement douloureux, surtout qu’il ne pourrait s’empêcher de s’en sentir responsable, pour ne pas avoir pu la soutenir. Bien entendu, un tel sentiment était idiot, puisque, présent ou pas, il n’avait guère de pouvoir sur les mystères et souffrances du corps féminin, homme inutile qu’il était ! Et pourtant, l’irrationnalité de sa pensée ne pouvait être évitée quand il s’imaginait ce petit bout d’homme qui grandissait dans le ventre de sa femme. Aurait-il les traits Glover ou Cerwyn ? Si c’était une fille, il espérait de tout cœur qu’elle ressemble davantage à sa mère qu’à lui … Au-delà de ça, serait-il un bon père ? S’il adorait les petits, Bowen avait conscience que, si les événements venaient à se profiler comme les avaient prophétisés Torrhen Braenaryon, si Jon était amené à l’élever à de plus hautes fonctions … Alors il serait amené à ne pas profiter autant de sa famille qu’il l’aurait pensé au départ. Pas question pour autant de refuser, car il considérait qu’ainsi, il pourrait assurer à sa maison la sécurité et la gloire qui lui manquaient désormais. L’existence ne venait pas sans sacrifice. Il en était tristement conscient.

Il en était là de ses considérations quand une voix féminine vint le sortir de ses pensées, l’interpellant manifestement. Destabilisé, il manqua renverser il ne savait quel gentilhomme marchant en sens inverse de lui à cause de son arrêt brutal, avant de vérifier autour de lui si quelqu’un d’autre répondait à l’appel. Et vu que ladite damoiselle lui faisait la révérence … C’était donc bien à lui que la salutation était destinée. Préférant tout de même ne pas montrer davantage son trouble pour ne pas embarraser la jeune fille qu’il ne reconnaissait guère, il répondit aussi galamment que possible :

« Tout le plaisir est pour moi, ma dame. »

Détaillant son interlocutrice, il cherchait du regard un indice sur sa maison d’appartenance, sans succès, hélas …

« Excusez-moi, mais à qui ai-je l’honneur, Lady … »

Soudain, la vue d’une truite brodée apparut sous ses yeux, alors que le souvenir furtif de l’arrivée du carrosse sauvée par l’Impératrice lui revint en force, ses lèvres s’arrondissant pour former un léger rond :

« Non, attendez … Lady Tully, voilà. Excusez ma mémoire défaillante et ma vue manifestement basse pour ne pas avoir vu vos couleurs plus tôt. C’est que si j’ai beaucoup entendu parler de vous, les affres de l’éloignement ne m’ont que peu renseigné sur votre apparence. Sinon, croyez bien que j’aurais retenu les traits de votre beauté sudière. »

Se penchant vers la jeune femme, il prit très doucement sa main dans ses gantelets pour la survoler d’un baiser, attentif à ne pas toucher la peau comme il convenait pour un baise-main dans les convenances. Il ne faudrait tout de même pas que la jeune femme s’imagine que le nordien soit un rustaud sans éducation !

« Je serais fort heureux et très honoré de discuter plus avant avec vous, cependant, j’ai des lettres à envoyer et le mestre ne va pas tarder à faire voler ses corbeaux … Bien sûr, si cela vous agrée, vous pouvez m’accompagnez jusqu’à sa volière et nous deviserons de concert. »

Il ne pouvait quand même pas s’en aller en plantant là sa parentèle éloignée qui prenait le temps de le saluer, non ?



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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyMer 15 Nov - 20:16


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
Eleanor semblait soucieuse. Et elle l’était. On le serait à moins. Elle allait épouser, comme bon nombre de femmes, un homme qu’elle ne connaissait absolument pas. Certes, ce qu’elle entendait de lui était flatteur, il paraissait être un homme droit, juste, fidèle. Mais froid, elle en avait fait l’amère expérience. Alors même qu’elle-même tentait d’être aimable, il avait fait preuve d’une retenue déroutante pour la jeune fille qui était habituée à rire et à parler librement. Sûrement la différence entre une fille d’une simple famille du Conflans et le fils d’une famille suzeraine du Nord. Eleanor n’avait pas été élevée pour devenir Reine, elle ne connaissait pas les usages et il était reconnu que les Sudiers étaient plus joviaux que les Nordiens. Mais Eleanor ne comprenait pas pour le moment celui que finalement, elle ne venait de rencontrer que depuis quelques jours.

Tout ceci la bouleversait, l’inquiétait. Sa vie entière allait changer. Elle pensait retrouver enfin son père, elle avait été soulagée d’apprendre qu’il était vivant, malgré sa capture par les troupes nordiennes. Et puis, le soulagement avait fait place à la curiosité, son père l’appelait auprès de lui pour une nouvelle importante. Elle avait affronté une attaque pendant le voyage et n’avait dû son salut qu’à l’intervention de l’impératrice sur Meraxès. Et elle avait alors appris pêle-mêle que son père avait trahi son suzerain Harren le Noir, était devenu par la grâce de Torrhen Stark Roi du Conflans Libre et qu’elle-même allait devenir Reine du Nord en épousant Jon Stark. Ca faisait quand même beaucoup en si peu de temps pour une jeune personne.

Mais Eleanor n’était pas une Tully pour rien. Le devoir était gravé dans son sang. Elle embrassait sa destinée, même en rechignant et en tempêtant contre son père. Elle serait une épouse comme il faut. Du moins, tenterait-elle de faire de son mieux, ce qui ne serait peut-être pas suffisant…

En parcourant la cour, son regard s’était attardé sur un visage qu’elle connaissait vaguement, mais c’est surtout l’emblème qui l’avait fait s’arrêter. Le poing de la maison Glover. Une maison parente de la sienne. Si elle se souvenait bien, lord Glover était un cousin de sa mère. Elle le salua donc selon les convenances. L’homme semblait troublé. Il percuta un homme qui passait non loin, bredouilla en lui rendant son salut, et n’avait manifestement aucune idée de qui elle était. Elle sourit, légèrement gênée de la situation embarrassante.

Mais finalement, il parvint à remettre de l’ordre dans ses pensées et trouva de lui-même l’identité de la jeune fille. Elle sourit, acquiesçant de la tête.

Quel fin limier vous êtes ! Vous m’avez démasquée ! Vous êtes bien trop aimable, de la part d’un gentilhomme tel que vous, je suis particulièrement touchée.

Elle le laissa prendre sa main et l’effleurer à peine de ses lèvres. L’homme avait des manières irréprochables. Il souhaitait manifestement faire oublier la déconvenue de leur première rencontre. Sursautant légèrement, elle s’empressa de répondre :

Oh, je suis navrée de vous déranger ! Si vous avez des lettres à envoyer, je ne vais pas vous retenir plus avant… je ne désirai que connaître davantage ma parentèle éloignée et ces curieux gens du Nord.

Elle sourit à sa proposition.

C’est avec grand plaisir que je profiterai de votre compagnie.

Elle attrapa délicatement son bras et tenant ses jupons précautionneusement de l’autre main, se mit à marcher de concert avec lord Glover.

Vous êtes un cousin éloigné de ma mère, c’est bien cela ? J’ai appris naturellement la grossesse de votre épouse, je vous en félicite de tout cœur. J’espère qu’elle vous donnera de grands et solides fils. Tout se passe bien ?      
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyMer 15 Nov - 22:17

« Allons, ne me flattez point de la sorte, ou sinon mon ego risque d’en être passablement enflé, ce qui ne plairait guère à mon épouse … Et encore moins aux portes que j’aurais grand-peine à passer. »

Aux propos amusants de la jeune Tully, Bowen se surprit à répondre par une galéjade du même acabit, retrouvant les habits du courtisan avec facilité. S’il savait qu’un certain nombre de nordiens n’avaient que peu d’affection pour les habitudes de cour, lui avait toujours apprécié les jeux de l’esprit, éduqué à ces derniers très tôt par sa mère, qui avait pris pour devise le fait de répéter à son époux que ses fils ne seraient sous aucun prétexte des rustres sans éducation, et qu’être un fier guerrier n’empêchait pas d’avoir des manières. Le Glover l’avait d’ailleurs bien vu au contact de son mentor, quand il était l’écuyer de Torrhen : ce dernier, brutal sur le champ de bataille et adoptant avec aisance le langage de la troupe, n’avait aucun mal à entretenir une conversation fine quand les usages de la diplomatie devaient prévaloir, ou quand il s’agissait de parler à une dame bien-née … Que ce soit dans des buts avouables ou non, le garçon ayant perdu ses illusions sur les vertus des ladys, y compris du Nord, face aux promesses susurrées, qu’elles soient galantes ou de pouvoir. En soi, si les hommes étaient si faibles face à la chair, pourquoi les femmes n’en profiteraient-elles pas, que ce soit pour se consoler d’un mari désagréable, d’une vie difficile ou tout simplement pour avancer leurs propres pions ? Il eut fallu être sot pour ne pas penser à cela. Non pas qu’il approuvât, évidemment … Mais il comprenait, à tout le moins.

D’une certaine façon, si les jeux de pouvoir pouvaient le répugner, Bowen aimait l’art de la conversation, et n’y était pas le moins doué, s’il lui était permis d’exprimer un brin de fierté mal placée. Mais c’était un fait : il adorait écouter les autres, analyser les conversations, trousser un joli compliment … Longtemps, sa timidité avait fait de lui un spectateur, et non un acteur de cet art raffiné. A la réflexion, ce n’était peut-être pas une perte, car il avait ainsi eu tout le loisir de s’instruire, et donc de policer son langage, d’examiner les mécanismes de la discussion et d’appréhender les règles délicates de l’étiquette. Il savait que sa franchise avait tendance à lui jouer des tours, à ce sujet. Evidemment, il ne serait jamais à la hauteur d’un de ces mirliflors sudiers qui passaient leur temps à se pavaner en se piquant d’un bon mot. Mais il estimait ne pas avoir à rougir de son éducation, encore moins de ses manières, et comprenait que les usages de la société soient différents de ceux d’un campement de la soldatesque. Le tout était que l’ensemble reste dans des limites convenables, et que jamais la cour du Nord ne se transforme en l’un de ces bourbiers grotesques que pouvait par exemple être la Cour de l’Ouest. Parler avec Gareth Kenning n’avait pas nécessairement amélioré la vision que Bowen avait des nobliaux du sud du Neck, au contraire même.

Alors que la damoiselle agréait à sa proposition, clamant vouloir mieux connaître le Nord et sa parentèle éloignée, le Poing du Nord lui tendit son bras, qu’elle attrapa délicatement, et ils commencèrent à marcher, le jeune homme veillant tout de même à maintenir une distance de bon aloi entre eux, afin que les commérages ne soient pas attisés par leur rencontre, comme il en avait l’habitude dès qu’il cheminait avec une dame n’étant ni sa sœur, ni une femme de sa famille proche. Et encore, par respect, il avait toujours essayé de se montrer aussi irréprochable que possible aux yeux des autres en ce qui concernait Jeyne, étant légèrement plus familier avec Lynara quand ils devisaient en public. En privé, évidemment, c’était autre chose. Les questions de la jeune fille, en tout cas, furent grandement apprécié par son chevalier servant d’un jour, qui appréciait son effort pour tenter de connaître les Glover, même s’il se doutait qu’elle espérait en retour quelques informations sur le Nord. Néanmoins, c’était bien amené, et il comprenait aisément une telle démarche. Lui-même en aurait fait de même à sa place, comme il savait que Maedalyn avait interrogé certains de ses proches pour tenter de mieux le connaître.

« Si fait, ma dame. Ma mère était la fille de feu l’ancien Lord Nerbosc … Votre arrière-grand-père, si je calcule bien. Elle est tombée sous le charme d’un jeune aventurier passé par Corneilla qui s’est révélé nordien, et votre aïeul n’a point voulu s’opposer à l’idylle naissance, de ce que je sais. Enfin, peut-être que partager nos dieux a aidé à conclure ce mariage peu commun, à moins qu’il n’ait un temps caressé l’idée de faciliter la paix entre nos royaumes. »

Il y avait peut-être aussi la possibilité que la jeune Lady Nerbosc d’alors n’ait guère défendu sa vertu et que le paternel ait consenti à des épousailles avec l’étranger plutôt que de voir sa maison déshonorée … Evidence que le jeune homme se refusait à admettre, bien entendu. Imaginer sa génitrice autrement que comme un modèle absolu en matière de vertu féminine lui était totalement impossible. C’eut été, à ses yeux, insulter sa mémoire, même s’il savait parfaitement qu’au vu des circonstances, c’était hélas le plus probable. Au fond, seuls ses parents savaient la vérité, et à présent, ils l’avaient emporté dans la tombe. Paix à leur âme.

« En revanche, j’ignorais que ma future paternité était à ce point un sujet connu … Aurais-je trop parlé aux noces impériales ? Le contraire ne m’étonnerait pas ! Mais je vous remercie pour vos vœux, j’espère en effet que nos épousailles seront fécondes et que nous pourrons reconstruire la maison Glover après les ravages sauvageons … Si du moins, les dieux nous sont favorables, et pour le moment, Dame mon épouse vit des premiers mois difficiles, si j’en crois ses corbeaux. Il est possible que le voyage depuis notre fief jusqu’à Winterfell ait aggravé son état, néanmoins, avec la menace fer-née sur mes côtes, il était impensable de l’y laisser tant qu’elle pouvait encore se déplacer. Son Altesse le Prince Walton a eu la bonté de l’accueillir, et l’Empereur a d’ailleurs vivement encouragé cela, ce dont je leur suis fort reconnaissant.

Je vous remercie pour votre sollicitude en tout cas. »


Tandis qu’ils avançaient, il finit par lui demander gentiment :

« Cette union avec mon souverain vous angoisse-t-elle tant pour que vous veniez ainsi me trouver ? Il m’en a touché quelques mots. Mes félicitations, ma dame, et je comprends bien que vous essayiez de mieux connaître le Nord.

Si vous avez des questions, je puis tenter d’y répondre. »



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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyVen 17 Nov - 18:53


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
Eleanor éclata de rire.

Je ne vous flatte point, mon cher ! Ce n’est que simple vérité !

L’homme avait le sens de la répartie. Un sens délicieux qui contrastait férocement avec les manières des gens de son pays. Les Nordiens, Jon en tête, étaient bien loin des mondanités futiles que l’on pouvait s’échanger pour badiner. C’était une agréable surprise, après les tensions avec son père, la rencontre glacée avec son promis et l’impressionnant échange avec l’Empereur. Lord Glover était inconnu d’elle mais il constituait un visage avenant à regarder et semblait fort divertissant pour une jeune fille perdue comme elle l’était.

Eleanor n’avait jamais été timide, bien au contraire. Elle était impulsive, disait toujours ce qu’elle pensait. En cela, elle ressemblait bien plus à son père qu’à sa mère. Cette dernière lui avait fait la vie dure lorsqu’elle était enfant. Toujours à la réprimander, la brimer. Lui rappeler qu’elle n’était qu’une fille lorsque son frère avait le droit de chevaucher et de manier l’épée. Elle avait toujours vécu cela comme une injustice. Mais la société était ainsi faite. Les femmes n’étaient pas les égales des hommes. Eleanor savait bien se tenir, faire ses travaux d’aiguille, tisser mais elle n’y avait goût que pendant quelques temps seulement. Elle aimait chevaucher plus que tout. Combien de fois avait-elle quitté le château, pour pouvoir, à l’abri des regards, monter comme un homme ? Mais tout cela était bel et bien terminé. Elle allait quitter le Conflans pour le Nord, pour Winterfell, au milieu d’hommes qu’elle ne connaissait pas. Elle allait quitter son père, sa mère et son frère. Tout cela lui brisait le cœur, même si elle accomplirait son devoir. Elle n’avait pas d’autre choix.

Malgré ces funestes nouvelles, elle avait à cœur de comprendre le Nord, sa nouvelle patrie, et ses habitants. D’être une bonne épouse. Seul le temps lui permettrait de comprendre Jon Stark. Mais elle pouvait se renseigner sur lui pour le comprendre plus rapidement. Elle espérait que lord Glover pourrait lui apporter les réponses aux questions qu’elle se posait. Mais elle était également intéressée par l’homme en face d’elle. Elle désirait en savoir plus. Il était de bonne compagnie. Elle posa donc sa main sur son bras, conservant une distance respectable entre eux et lui emboîta le pas. Elle sourit à l’explication qu’il voulut bien lui fournir.

Ainsi notre arrière-grand père a permis qu’un descendant fort avenant et de bonne compagnie voit le jour. Je lui en sais gré, vraiment. Voir un visage ami parmi tous ses étrangers est d’un certain réconfort, j’ose l’admettre.

Elle lui adressa un franc sourire.

J’ai le regret de vous dire que vous avez dû en effet trop parler, j’en ai peur. Je vous souhaite tout le bonheur que vous méritez et plus encore. Oh… Je suis navrée d’apprendre que Dame votre épouse est faible… Je lui souhaite un prompt rétablissement. Ce doit vous être difficile d’être loin d’elle dans ces conditions… J’ai bien hâte de faire sa connaissance lorsque je rejoindrai Winterfell.

La question de lord Glover la prit de court. Il l’avait bien cerné et il avait parfaitement compris pour quelle raison elle l’avait abordé. Elle lui répondit cependant honnêtement.

Vous dites vrai, Ser… Cette union m’angoisse quelque peu… J’ignore tout de mon promis. Il me semble être quelqu’un de très froid d’un prime abord mais ce n’est qu’une première impression. Je suis assez… déroutée, je l’avoue. J’essaye de bien faire mais je suis d’une maladresse… Sûrement car je désire aller trop vite… Pourriez-vous me parler de votre suzerain ? Quels sont ses goûts ? Ses aspirations ? Que je puisse être une épouse qui comble ses vœux.        
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyVen 1 Déc - 23:45

« Je suis heureux de savoir que vous estimez suffisamment notre parentèle, malgré les oppositions qui existaient jusqu’à encore récemment entre le Nord et le Conflans pour considérer mon visage comme amical … Le compliment est agréable, et je l’estime à sa juste valeur, croyez-le bien venant de la future reine de mon royaume, et d’une damoiselle charmante, qui plus est. »

Bowen avait parfaitement conscience que beaucoup risquaient d’accueillir fraîchement la jeune femme, qui avait le triple handicap de venir d’une autre contrée que le Nord, de surcroît d’un pays qui avait été en guerre contre Winterfell pendant de longues années, et d’une lignée que certaines mauvaises langues estimeraient parvenue. Contrairement à une Lannister, Arryn, Durrandon, Gardener ou même Martell, son nom n’apporterait que peu de lustres à la maison du Loup, remontant aux premières heures des Premiers Hommes. Oui, il lui serait difficile de se faire accepter, que ce soit auprès d’un peuple qui n’avait que peu d’appréciation envers les étrangers, ou même d’un époux qui n’aurait peut-être pas choisi les Tully s’il avait pu obtenir une épouse par lui-même. Connaissant Jon, il aurait préféré une nordienne, ou à défaut, une dame d’une maison aussi ancienne et prestigieuse que la sienne. La tâche s’annonçait rude pour la fille de la Truite, cependant le Glover n’était pas homme à s’opposer sciemment à la jeune femme. Il comprenait parfaitement les raisons politiques d’une telle union, et les approuvaient, sans compter qu’à son humble avis, obtenir des alliances au sein de l’Empire nouvellement formé n’était pas une mauvaise idée. Son mentor avait beau dire, le Poing du Nord demeurait persuadé que les royaumes fédérés lutteraient âprement, avec les années, pour maintenir leur influence, quitte à fomenter des complots les uns contre les autres. Le jeune homme n’était pas naïf : malgré leurs assurances d’une voix de chaque royaume, les Braenaryon feraient en sorte de contrôler l’Empire par leur emprise sur Peyredragon, que l’épouse de Torrhen contrôlait toujours, ayant préféré conserver le pouvoir plutôt que de le léguer à son demi-frère, sa Main, ou même son oncle …  Mais aussi sur le Nord, car l’influence de l’ancien Roi demeurait forte. Nul doute, ainsi, qu’ils essayeraient d’éviter un rapprochement entre un Bief vaincu et l’Orage de la Durrandon, pour ne pas se retrouver face à des fédérés trop puissants, à même de les renverser. Du reste, en offrant un Roi à la fille du Tully, ils s’attachaient sa reconnaissance. Politiquement, l’édifice était habile. Un peu trop à son goût par moment, et en même temps, si la paix dans sa famille était à ce prix … ? Parfois, la stabilité était au prix de quelques arrangements, douloureux certes, mais nécessaires. Il ne l’ignorait pas. Le déplorait quelques fois. Cependant, peut-être qu’ainsi, son enfant ne connaîtrait pas la guerre … N’aurait pas à vivre avec la peur de perdre son père, son oncle … N’aurait pas à manier une arme à douze ans pour défendre les terres l’ayant vu naître. Il ne voulait pas que sa descendance ait à subir ce que lui-même avait eu à traverser. Le Nord ne serait plus seul pour repousser les sauvageons ou combattre les fer-nés. Motte-la-forêt ne se reproduirait plus. C’était tout ce qui comptait, à ses yeux. S’il avait un fils, ce dernier n’aurait pas à s’inquiéter du sort de son épouse alors qu’il était à la guerre, et s’il avait une fille, elle n’aurait pas à quitter leur fief enceinte pour éviter les déprédations des chiens des mers. Pour lui, l’Empire, c’était cet ensemble de promesses. Pour lui, l’union entre Eleanor Tully et Jon Stark demeurait son meilleur espoir de croire en un avenir meilleur, pour le Nord certes, mais aussi pour sa famille. Pour ce Glover que Maedalyn portait en son sein et protégeait du mieux qu’elle le pouvait.

« Détrompez-vous, ma dame. Mon épouse est forte, plus forte que je ne le serais jamais. Elle a entrepris un voyage éreintant, sous la menace fer-née, pour mettre notre enfant à l’abri, et je ne cesserais jamais de l’admirer pour cela.

Mais parfois, la nature réclame son tribut quand nous poussons trop nos corps, que le combat soit la guerre des hommes ou l’enfantement des femmes. Je sais qu’elle fera au mieux. Je l’ai choisi parce que j’avais foi en elle pour devenir la mère de mes enfants. Et je sais que j’ai eu raison.

Même s’il m’est infiniment douloureux de ne pas être là en personne pour voir le futur de la maison Glover grandir, et pour ne pouvoir les protéger que par l’intermédiaire de quelques ordres si dérisoires envoyés à ma garnison. »


Il avait dit tout cela d’une voix douce, montrant tout le respect qu’il avait pour son épouse et les sacrifices qu’elle avait été amené à effectuer au cours de ce mariage si mal débuté, et qu’elle n’avait même pas voulu. Mais Maedalyn était une femme de devoir, de caractère, et il avait su en son for intérieur qu’elle était une Lady capable de tout pour protéger ceux qu’elle aimait … Y compris ceux qu’elle n’avait pas encore vu, comme son futur enfant. Ce petit être qui grandissait en elle, qui était le fruit de leurs étreintes furtives à Blancport, de leur nuit de noces … Bowen oserait-il un jour dire qu’il ne pourrait jamais être plus reconnaissant à sa femme que par le simple fait qu’elle lui avait accordé descendance si rapidement ? Tout comme il savait en son for intérieur que la perte de son enfant serait insoutenable. Pas après tout ce qu’il avait vécu, pas alors qu’il était loin … Si sa dame faisait une fausse couche, il ne se le pardonnerait jamais … Et poursuivrait les fer-nés de sa vengeance pour cela.

« Je lui transmettrais vos vœux, qui lui seront d’un grand réconfort, j’en suis certain. Quant à faire sa connaissance … Ma foi, je ne sais quand vous arriverez dans le Nord, mais je présume que ce sera aux alentours de la fin de sa grossesse, donc vous pourrez passer du temps en sa compagnie, si cela vous agrée. Je suis sûr qu’elle saura vous accueillir comme il se doit et vous parlez de Winterfell au mieux, comme Lady Manderly, ma sœur aînée. »

En tout cas, la jeune femme semblait quelque peu déboussolée par son futur immédiat. Diantre, si on avait dit quelques années auparavant qu’il ferait le panégyrique de Jon Stark à sa fiancée, il en aurait ri, quoiqu’un peu jaune. Et voilà qu’il allait tenter de le faire en toute honnêteté, comme un ami vantant les mérites d’un autre à une damoiselle dont il serait épris … Dans le même temps, l’image de Maedalyn en train de se renseigner auprès de Lynara lui revint en tête, et un sourire tendre passa sur son visage, qu’il effaça rapidement pour se composer une expression plus neutre. Les dames avaient décidément les mêmes appréhensions.

« Avec tout mon respect, ne prenez pas de la réserve pour une quelconque froideur. Si, bien sûr, nous avons chacun des caractères différents, comme tout un chacun, sachez que le Nord n’est guère la terre la plus propice à l’expression de nos sentiments personnels. Il est de bon ton … qu’il y ait une certaine distance entre les époux, pour ne pas prêter à médire. Encore que cela est coutumier un peu partout à Westeros, sauf à Dorne, mais les mœurs de la Principauté sont … trop particulières pour s’y attarder. »

La moue de dégoût du jeune homme exprimait assez bien sa pensée vis-à-vis des coutumes libérales des dorniens. La simple pensée qu’un couple adultérin puisse s’afficher sans choquer lui arrachait des frissons d’horreur !

« Songez plutôt que Sa Majesté a connu une enfance et une adolescence bercée par la guerre contre Harren Hoare. Il n’avait pas neuf ans que son père s’engageait dans un conflit dramatique et perdait un oncle, puis un autre, et encore un antre en l’espace de quelques années, avant que sa mère ne s’éteigne. Les sauvageons lui ont encore coûté un oncle il y a quelques mois. La mort … fait partie du Nord, et des Stark. Nos vies sont rudes et brèves. Ce n’est guère propice à des débordements, surtout que Sa Majesté a à cœur de faire honneur à son rang et à nos coutumes. C’est un homme de traditions que vous allez épouser, ma dame. Essayez donc de connaître ce qui fait le Nord, notre foi … Et déjà, je pense qu’il en sera satisfait. Votre mère étant Nerbosc, je présume que vous n’êtes pas complètement étrangère aux Anciens Dieux mais … je gage que vous engager dans une démarche sincère auprès d’eux saura trouver grâce aux yeux de votre époux, puisque vos enfants seront élevés dans cette religion. »

Quant à décrire plus avant Jon Stark …

« Sa Majesté n’a d’autres aspirations que de servir le Nord. Et d’avoir, je gage, une épouse qui saura tenir son rang de Lady de Winterfell. Qui comprendra son peuple et saura être son réconfort quand les temps seront difficiles. »

La regardant, il lui dit gentiment :

« Soyez patiente. Essayez peut-être … d’obtenir son amitié, avant de vous considérer trop tôt comme son épouse. On gagne parfois plus à vouloir obtenir le respect d’un mari ou d’une épouse que son affection, et je pense que là est le ciment de toute union agréable.

En fait … Soyez comme vous l’êtes à cet instant avec moi. »



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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyDim 3 Déc - 0:44


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
La famille a pour moi une grande importance et je lui accorde bien évidemment un profond respect. Vous êtes trop aimable avec moi, Messire. J’ai une beauté bien terne en comparaison de vos femmes du Nord.

Bowen semblait indulgent et clément à son endroit, ce qui changeait agréablement des regards que les nordiens lui lançaient, à elle et à sa famille. On n’effaçait pas des années et des années de guerre entre deux royaumes par une simple union. Quand bien même cela se faisait pour assurer une stabilité à l’Empire et amener un jour la paix à tous. Les vieilles rancœurs étaient tenaces. Des Nordiens avaient été tués par des Riverains et vice versa. Eleanor n’avait pas été élevée au milieu des regards de reproche et elle ne savait trop comment y répondre. Elle y répondait donc par sa bonne éducation et se contentait de sourire gentiment aux soldats qui la dévisageaient. Elle espérait que cela passerait avec le temps. Elle avait conscience de la précarité de sa situation. Elle devrait faire ses preuves auprès des Nordiens, ces gens allaient devenir son peuple, elle allait être leur Reine. Rien que cette pensée la terrorisait mais elle prenait sur elle pour ne pas se laisser submerger par la panique. Famille, devoir, honneur. Telle était la devise de la maison Tully et elle entendait bien la respecter du mieux qu’elle pouvait. Rien n’allait être moins simple que cela. A commencer par son union en tant que telle. Eleanor était une pucelle jeune et naïve. Elle espérait un homme qui la fasse vibrer, une romance fleur bleue. Naïf et bête de sa part. Et elle avait été mortellement déçue lorsqu’elle avait réalisé que son père la donnait à un homme qui ne semblait pas avoir de points communs avec elle. D’ailleurs, comment aurait-elle pu découvrir des points communs sous cette armure de glace qu’il conservait en permanence ? La jeune Tully n’avait pas l’expérience nécessaire pour la percer. Elle était peut-être aussi beaucoup trop impatiente. Son père le lui avait répété milles fois. Elle devrait attendre que les choses se fassent et non pas les précipiter, ce qui ne mènerait à rien de bon. Eleanor était une jeune fille intelligente, malgré sa jeunesse et son impulsivité. Elle comprenait parfaitement la nécessité politique d’une telle union. Elle s’était rebiffée seulement parce que son père lui avait promis de la prévenir lorsqu’il envisagerait un prétendant à lui imposer. Et qu’il n’en avait rien fait. Certes, c’était puéril de lui en vouloir. Mais elle n’avait pu s’en empêcher sur le coup. Elle reporta son attention sur Lord Glover. Un homme avenant et cordial, cela faisait un bien fou. Il évoqua son épouse et Eleanor acquiesça, pleine de compassion.

En effet, elle possède une force peu commune, je vous le concède. Mon Dieu, quelle frayeur elle a dû ressentir de voir cette menace peser sur elle et sur votre enfant à naître ! Ainsi, est-ce vous qui l’avez choisi ? Quelle belle histoire ! Est-ce inconvenant de vous demander de ma la raconter ? Comment l’avez-vous rencontré ? Oh, je comprends votre douleur d’être loin de votre foyer. J’espère de tout cœur que mon union ainsi que les combats que riverains et nordiens réunis mèneront aideront à terminer la guerre au plus vite et à enfin vous permettre de rentrer chez vous.

L’expression de l’admiration de Lord Glover pour son épouse l’avait beaucoup touché. Comme quoi, les Nordiens pouvaient se montrer délicats et tendres. Mais peut-être lord Glover n’était-il qu’une exception, après tout.

Je serai ravie de l’accompagner dans les derniers moments de sa grossesse. Je prendrai bien soin d’elle pour vous, je vous en fais le serment. Je serai également ravie de rencontrer dame votre sœur dont on m’a déjà vanté la beauté et la courtoisie.

Le sourire tendre qui passa sur le visage de Bowen lorsqu’elle évoqua ses craintes concernant son union l’amusa. Elle avait bien compris que ce sourire était pour lui-même, un sourire à ses propres souvenirs. Son épouse avait-elle également conçu de vives inquiétudes de leur union ? Il était inconvenant de poser pareille question, aussi préféra-t-elle se taire et écouter lord Glover lui parler du Nord et du caractère de ses habitants.

Je comprends, Messire. Pardonnez-moi, j’ai toujours connu les coutumes du Conflans où les époux peuvent se montrer une certaine forme de tendresse. Dans l’intimité bien sûr. Dorne est… certes particulière.

Elle eut l’air gênée. Effectivement, elle avait entendu parler des coutumes étranges de ces Dorniens. Fort inconvenants, selon elle. Lorsque Bowen évoqua l’enfance de Jon, elle écouta avec beaucoup d’intérêt. Il avait connu les affres de la guerre, elle le savait bien sûr. Eleanor hocha la tête et répondit :

En effet, ma mère m’a appris les prières aux Anciens Dieux mais j’ai reçu mon nom dans la lumière des Sept. Je suis résolue à respecter la religion de mon époux, comme il se doit. Nous nous marierons devant l’arbre-cœur et je veillerai à éduquer nos enfants dans le respect des Anciens Dieux. Mais cela suffira-t-il pour trouver grâce aux yeux de sa Majesté ?

Elle en doutait fortement. La suite des paroles toucha Eleanor. Elle s’arrêta et observa Bowen d’un air surpris. Etre avec Jon comme elle était avec lui. Oui. Peut-être venait-il de lui donner la clef pour comprendre ses erreurs. Avec lord Glover, elle n’avait aucune attente, seulement celle de passer un moment agréable en bonne compagnie. Aussi devisait-elle simplement, sans chercher particulièrement à lui plaire. Il avait visé juste. Elle lui adressa un grand sourire.

Je comprends, cher ami ! Pardonnez-moi cette appellation mais vous venez de m’ouvrir les yeux ! Je cherche en effet bien trop à me faire apprécier de lui avant même de le connaître. Je suis impatiente de nature et je me dois, si je veux être une bonne épouse et une bonne Reine, de tempérer un peu mon tempérament ! Je vous sais vraiment gré de ce conseil ! Comment pourrais-je vous remercier de votre gentillesse ? Demandez-moi ce que vous voulez !

Sa joie enfantine et naïve était belle à voir.
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyJeu 4 Jan - 19:59

« L’attachement à la famille est une valeur cardinale au Nord. Il me plaît de savoir qu’elle est partagée ailleurs, et par celle qui est amenée à régner sur nos terres, qui plus est. Quant à vos charmes, ne vous dédaignez point. Seules les beautés hypocrites sont ternes, car leurs appâts ne durent qu’un temps avant de révéler tout leur venin. »

En parlant ainsi, Bowen ne visait pas les artifices utilisés par la gent féminine pour plaire au sexe fort, même s’il préférait les beautés naturelles à celles trop fardées, sans pour autant médire d’un brun de rouge aux joues. Tout était affaire de proportion, après tout. En revanche, selon lui, celles et ceux qui se présentaient sous des atours favorables pour manipuler le monde et cacher leurs intentions ne méritaient guère son attention, et ce type de courtisan n’était pas inconnu de certaines cours … Cependant, ses propres goûts n’étaient pas nécessairement l’alpha et l’oméga de la beauté, aussi il se contentait finalement de juger davantage la fin que le moyen. Et pour le moment, il n’avait pas l’impression qu’Eleanor Tully fut dans cette catégorie. Ou sinon, elle s’y prenait mal, vu que sa première rencontre avec son auguste fiancé ne paraissait pas avoir eu l’effet attendu sur les promis, le nordien ne trouvant point le goût pour sa dame, alors que ladite dame paraissait décontenancée par le caractère de son futur époux. Quelque part, il se rendait grâce à cette royale déconvenue de la chance qu’il avait eue. Certes, Maedalyn n’avait guère montré d’empressement à se voir mariée … Mais n’avait pas non plus trop renâclé à l’idée de le découvrir. Du moins en apparence, ils étaient parvenus à une entente cordiale. Etait-ce alors une question de personnalités qui s’étaient accordées ? D’efforts mutuels ? Y avait-il une facilité de par leurs origines communes et leur connaissance, ou bien la délicate alchimie qui pouvait naître d’un couple arrangé ne pouvait-elle naître que d’une subtile balance entre l’intérêt réciproque, l’harmonie des caractères et la capacité à trouver un terrain d’entente ? Sans doute qu’il n’aurait jamais la réponse, même s’il avait, au vu des indices collectées, quelques idées sur la question. En tout cas, voilà qui lui offrait un regain d’affection pour sa femme, quand bien même il devrait détromper Lady Eleanor sur le côté romanesque de leur union. Evidemment, présenté comme il l’avait fait … Il était normal qu’une jeune fille s’imagine quelque histoire galante et romantique. A son grand regret, il n’en était rien.

« Nullement, mais je vous préviens, je crains de ne décevoir vos attentes en vous expliquant précisément quelle a été la genèse de votre union. Il n’y avait là aucune belle histoire, j’en ai bien peur. »

Sa gorge se serra alors qu’il pensait aux siens, comme à chaque fois qu’il se replongeait dans cette période douloureuse de son existence, qui ne datait que de quelques mois et continuait d’imprimer sa marque au fer rouge dans son cœur.

« Après le massacre de ma famille … Il était impératif que je contracte des épousailles au plus vite afin s’assurer notre lignée. J’ai demandé à Sa Majesté, dont je fus l’écuyer, quels noms il pouvait me proposer, et le cas échéant, s’il le pouvait, d’intercéder en ma faveur. Je voulais une dame du Nord, d’une maison avec laquelle ma propre famille n’était point encore liée, qui puisse comprendre ce qui l’attendrait à Motte-la-forêt et ce que la maison Glover a vécu, qui soit en mesure d’assurer pleinement, seule, la gestion de nos terres … et qui était évidemment en mesure de me donner des fils rapidement.

J’ai choisi mon épouse en connaissance de cause et Lord Cerwyn a accepté cette union. Je savais que, de par son caractère, elle saurait s’imposer rapidement à la tête de Motte-la-forêt, et que son père lui avait donné une éducation conforme aux attentes de tout homme nordien.

Je ne le regrette aucunement, même si, comme vous pouvez le voir … Il n’y a rien, dans notre union, de romanesque. Le devoir a prévalu, comme cela doit toujours être le cas. »


Il avait conscience que son discours pouvait sembler terre-à-terre, voir décourageant pour la jeune femme. Le fait est qu’il était parfaitement véridique. Il crut bon d’ajouter néanmoins, pour tempérer cette froide déclaration de faits :

« Cela ne m’empêche aucunement notre mariage de m’être précieux, même si notre temps ensemble fut court. Et d’espérer revenir vers elle avec gloire et honneur, pour accueillir convenablement l’enfant qu’elle me donnera bientôt, à la mesure des sacrifices qu’elle a consentie en m’épousant, et en endurant cette épreuve qui demeure le champ de bataille du beau sexe et pour lequel nul homme ne pourra jamais rivaliser de courage. »

Lui souriant, il conclut :

« Votre serment me va droit au cœur, Votre Altesse. Et à l’avenir, en retour, je suis certain que mon épouse serait enchantée de vous aider à trouver vos marques à Winterfell. Je sais qu’elle serait heureuse de se rapprocher des terres Cerwyn, qui jouxtent le domaine Stark, et je ne compte pas la tenir enfermée à Motte-la-forêt si ce n’est point son désir et qu’elle est plus utile pour le royaume ailleurs.

Je ne puis parler pour ma sœur, même si je suis charmé d’entendre de tels compliments la concernant, au vu de ses occupations éminentes à Blancport, mais je gage qu’elle voudra rencontrer aussi vite que possible sa nouvelle suzeraine. »


Eleanor se montra touchante, par la suite, quand elle parla de Jon, de ses craintes. Quelque part, la voir si empressée et si maladroite, en même temps, émouvait Bowen plus qu’il ne l’aurait cru. Il y avait une forme de fragilité chez cette jeune fille qui attendait tellement d’un époux qui lui, n’attendait guère plus que des héritiers pour le moment. Elle représentait à elle seule la tragédie féminine dans toute sa splendeur, et celle, plus généralement, des difficultés d’époux qui avaient du mal à s’accorder. Peut-être que le temps résoudrait ces différences de tempérament et de culture. En attendant, il ne pouvait qu’être honnête.

« Non, bien sûr … Mais ce peut être un début. Du respect naît l’affection, et parfois la tendresse. Se conformer à nos traditions démontrera votre volonté d’apprendre. Néanmoins … Je crains qu’en définitive, seul le temps et vos succès en tant que Reine feront la différence. »

En tout cas, quel enthousiasme face à ces conseils ! Bowen ne cacha pas sa surprise face à sa nouvelle appellation, encore moins vu l’enthousiasme de la jeune fille. Décidément, il eut fait un mestre spécialisé en conjugalité de premier ordre, n’eut-il point été aîné et noble. Il n’allait néanmoins point rejeter un tel élan, au contraire :

« Il n’est jamais galante de refuser une telle appellation venant d’une dame, Lady Eleanor. Loin de moi l’idée de le faire, par conséquent, même si j’en surpris. Positivement, cependant. Il est agréable de savoir que mes maigres conseils puissent être d’une quelconque utilité à ma future souveraine, et à ma cousine surtout. »

Avec un sourire amusé, il continua :

« En revanche, je ne serais point un gentilhomme si mes conseils étaient intéressés, ma dame. Quel goujat serait-je de profiter de votre engouement pour demander quelque faveur. Tâchez donc d’être la Reine que le Nord attend depuis la mort ma cousine, Sa Majesté regrettée feu Sygin Stark. Rien ne saurait m’agréer davantage, car j’ai choisi de me consacrer au Nord et à son Roi, Lady Eleanor, et je ne désire rien d’autre que sa prospérité … et son bien-être. »

Parlait-il du Nord, ou du Roi ? Les deux, assurément.  

« Et si vraiment cette réponse ne vous convient pas … Parlez-moi simplement du Conflans, et des Nerbosc. J’aimerais en savoir plus sur les origines de ma mère … Et sur la vie et les espoirs de ceux qui sont désormais mes alliés. »



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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptySam 20 Jan - 10:14


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
La famille fait partie de la devise de ma maison, c’est dire à quel point les Tully l’honorent. Oh, ne me pensez pas fausse modeste, Messire. Je ne me considère nullement comme une beauté. Les nordiennes ont une grâce mystérieuse dont les Conflanaises sont dépourvues, j’en ai peur.

Eléanor ne se complaisait pas dans l’attrait de sa propre beauté. Elle était une jeune fille modeste, qui ne se mettait pas spécialement en avant. Naturellement, Lord Glover n’était nullement le premier à vanter sa beauté, elle n’était donc pas naïve. Mais elle n’était pas le genre de femme à se gargariser de ce genre d’avantages. Elle avait beau être une pucelle emplie de rêve romanesque, elle était loin d’être uniquement une petite écervelée, uniquement concentrée sur le physique des autres et du sien. Elle espérait être une bonne souveraine pour le Nord et tous ces derniers événements s’étaient enchaînés si vite qu’elle commençait tout juste à se rendre compte de ce que cela impliquait pour elle. Elle allait devoir quitter sa famille, quitter tout ce qu’elle aimait pour rejoindre Winterfell, froide citadelle du Nord. Elle comptait demander à son amie de toujours, sa dame de compagnie, Cordelia Nerbosc, de la suivre. Mais elle ne désirait nullement le lui imposait. Elle-même n’avait pas le choix mais elle préférait que son amie décide de la suivre de son plein gré. Elle vivait suffisamment mal son déracinement pour ne pas l’imposer à une autre. Cependant, la discussion avec lord Glover lui mettait beaucoup de baume au cœur. L’homme était avenant, gentil et d’une excellente compagnie. Eléanor ne connaissait que peu les Nordiens et ce qu’elle avait pour le moment vu de Jon n’avait rien fait pour la rassurer ni lui donner une bonne image de ce peuple froid et austère. Bowen ramenait un peu l’équilibre. La jeune femme était curieuse de nature et elle appréciait la compagnie de ses semblables, aussi se permit-elle de poser des questions à Lord Glover concernant la rencontre avec son épousée. Eléanor espérait que sa question ne serait mal prise car elle était très personnelle. L’homme sembla replonger dans ses souvenirs à la fois avec bonheur et nostalgie et la jeune femme ne pouvait l’en blâmer. La guerre éloignait les hommes de leurs épouses comme de leurs filles, elle ne l’avait que trop bien vécue avec son propre père.

Vraiment ? Vous aiguisez ma curiosité davantage. Je vous écoute.

L’histoire que l’homme relata laissa Eléanor pensive à plusieurs niveaux. Lorsqu’il évoqua le massacre de sa famille, elle ressentit sa détresse et eut naturellement le geste de serrer son bras en signe de compassion. Elle ne pouvait imaginer la douleur que c’était de perdre les siens. Lorsqu’elle avait cru son père mort, elle n’avait qu’entraperçu ce que c’était. Ainsi donc, lord Glover avait sollicité Sa Majesté pour intercéder en sa faveur. Eléanor estimait cependant que lady Maedalyn avait d’une certaine façon plus de chance qu’elle-même. Certes, lord Glover n’avait pas vécu une passion dévorante dès le départ avec sa fiancée mais il l’avait choisi d’une certaine façon. Il désirait, comme il le précisait, une femme du Nord. Ils avaient une culture commune, des façons proches, qui facilitaient grandement les choses. Eléanor avait toujours imaginé s’unir à un homme du Conflans tout comme Jon avait admis penser s’unir à une Nordienne. Jon ne l’avait pas choisi, cette union avait été voulu par leurs pères respectifs, pour le bien du Royaume et de l’Empire. Ce contexte était fort différent. Elle répondit délicatement :

La perte de votre famille a été un crime odieux et je suis sincèrement navrée de ce que vous avez dû traverser. Votre histoire avec dame votre épouse n’est certes pas romantique mais vous avez eu la chance de pouvoir la choisir, du moins choisir une femme de votre patrie, qui connaissait vos valeurs, votre culture. Je suis naturellement d’accord que le devoir doit toujours prévaloir mais ne pensez-vous pas que lorsque l’époux choisit sa dame, il y a plus de chances que le mariage devienne heureux ?

Bowen crut bon de rajouter à quel point son mariage lui était précieux et Eléanor sourit, trouvant l’attachement de l’homme pour sa femme très touchant. Elle était jeune et l’expression d’une tendresse lui fit presque mal au cœur. Mais elle se reprit rapidement. Lord Glover était marié depuis quelques temps, les époux avaient appris à se connaître. Elle ne pouvait décemment pas espérer que Jon Stark, qui ne la connaissait que depuis quelques jours, lui montre un attachement immédiat. C’était stupide et puérile. Eléanor savait qu’elle devrait grandir et vite. On ne lui laissait plus le loisir d’être une petite fille, elle allait devenir Reine et devrait répondre à ses devoirs avant toute chose.

Je suis convaincue que vous saurez vous couvrir de gloire dans les guerres à venir et que votre épouse ne sera que plus heureuse de vous retrouver pour vous présenter votre enfant. Je ne sais encore rien des batailles que les femmes doivent endurer mais ma mère avait coutume de dire à mon père que si les hommes voyaient ce qui se passe dans les chambres des accouchées, ils révéraient bien plus leurs femmes qu’ils ne le font.

Elle sourit à cette remarque. Ses parents étaient très proches et amoureux, n’hésitant pas à se taquiner parfois. Elle écarta la pensée que bientôt elle serait loin d’eux pour toujours.

Quelle Reine serais-je si je ne prends pas soin de mes sujets ? Votre épouse sera la bienvenue à Winterfell, mais je ne la manderai que si son état le lui permet, je ne souhaiterai nullement la fatiguer davantage. La naissance est prévue pour quand ? J’enverrai une missive à votre sœur car il me tarde de la connaître. Si elle est aussi aimable que son frère, nul doute que nous deviendrons rapidement des amies !

Eléanor se sentait bien avec lord Glover. Le courant passait. Peut-être était-ce ses origines Conflanaises qui le rendaient plus joviales que ses contemporains. Elle l’ignorait mais sa gentillesse était fort agréable. Elle percevait chez cet homme une bienveillance, comme si sa situation lui tenait à cœur et l’émouvait, elle pouvait le sentir et c’était ce qui la poussait à se confier à lui, à lui accorder sa confiance peut-être trop rapidement. Elle avait évoqué ses craintes envers Jon. Elle était de bonne foi, elle voulait aider son époux, le connaître et l’aimer. Car Jon avait raison, elle aimait une idée, non le Roi lui-même. Comment le pourrait-elle ? Elle ne savait rien de lui ou si peu. Aussi avait-elle tempéré son caractère et s’était-elle résolue d’en savoir plus sur celui avec qui elle allait passer sa vie. Lord Glover était sans nul doute celui qui le connaissait le mieux. Il évoqua face à ses craintes le temps qui serait son meilleur allié en définitive.

Vous avez raison. Malheureusement, sa Majesté et moi ne disposons pas d’autant de temps que nécessaire. Je ferai de mon mieux.

Eléanor avait surpris l’homme en face d’elle, cela se voyait à son visage. Elle craint de l’avoir froissé par son enthousiasme mais il n’en était rien. La jeune fille possédait la joie et le tempérament du Sud qui pouvait parfois paraître un rien impulsif. Elle tentait de le tempérer, de le museler mais cela prendrait du temps.

Vos conseils m’ont réellement ouvert les yeux et je serai bien ingrate de ne pas vous en remercier. Vous rendez-vous compte, vous serez peut-être celui qui est parvenu à rapprocher le Roi et la Reine du Nord !

Son ton de voix était amusé, une petite plaisanterie rien de plus. Elle sourit.

Vous êtes un noble cœur, je le sais. Désintéressé, j’en suis convaincue. Mais quelle souveraine serais-je si je ne récompense pas mes fidèles sujets lorsque ceux-ci m’accordent leur aide ? Si c’est cela que vous souhaitez, je m’y emploierai du mieux que je pourrais. Pour vous, pour Jon, pour le Nord et l’Empire. Pour que votre enfant grandisse dans un monde enfin en paix.

La question suivante fit hocher la tête à Eléanor et un sourire doux s’afficha sur ses lèvres. Le Conflans. Son pays, ses habitants…

Le Conflans est un pays merveilleux, mais vous vous doutez bien que je ne suis guère objective puisque j’y ai grandi. Verdoyant, moins que le Bief certes, mais emplit de collines, de bois et de rivières. La Ruffurque prend des couleurs bleue azur lorsque le ciel est dégagée ou vert bois lorsque le tonnerre gronde. Avec d’autres enfants de maisons nobles, nous allions nous baigniez dans ses affluents chaque été. Les habitants du Conflans sont des personnes franches et enjouées. Marqués par la tyrannie d’Harren le Noir et résolus de trouver enfin la paix. Ce sont des gens loyaux, c’est ainsi que le ralliement de mon père à la cause du Nord et de l’Empire a pu être mal perçu car nous étions auparavant ses vassaux. La famille Nerbosc est une famille forte et puissante dans le Conflans. Ma dame de compagnie est Cordelia. Les Nerbosc ont une grande noblesse d’âme et un dévouement sans borne. Ce sont des gens avenants mais rancuniers si vous les blessez.        
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyMer 7 Fév - 21:55

« Eh bien, vous voyez, vous venez de découvrir au moins une valeur cardinale que le Nord et le Conflans, que les Tully et les habitants d’au-delà du Neck ont en commun. Nous ne sommes pas si différents. Fut un temps où le Conflans n’était peuplé que des Premiers Hommes, et depuis six siècles, le Nord est plus familier des Andals et de leurs coutumes avec l’arrivée des Manderly sur nos terres. Vous connaissez certaines de nos traditions, de nos croyances, et la réciproque est vraie. Ne vous tourmentez donc plus. Le reste … Vous l’apprendrez avec le temps.

Et la beauté de l’esprit et de la coutume vous rendra aussi nordienne qu’une dame née dans nos contrées. Ne vous dépréciez donc point.»


Là encore, le compliment était subtil. Peut-être qu’en d’autres circonstances, avec une demoiselle de sa connaissance, Bowen aurait insisté sur sa dernière phrase, ou troussé une galanterie prompte à faire sourire la jeune fille. Cependant, sa haute idée de la bienséance lui interdisait une telle familiarité. C’était une chose que de complimenter une dame sur ses atouts, c’en était une autre que d’insister. La frontière entre le discours de cour et la séduction polie était parfois bien mince, surtout au Nord, et elle en était donc d’autant plus importante à préserver. Il parlait à la fiancée de son Roi, à la future Reine de son royaume. Cela demandait des précautions certaines. Il ne fallait point donner à médire sur la jeune femme. D’autres s’en chargeraient de toute manière aisément. Nul doute que certains nordiens la trouveraient à leur goût, du reste, elle n’avait pas besoin de s’inquiéter. Serait-ce le cas de son époux ? Le Glover ne connaissait pas précisément les attirances physiques de Jon, et pour cause : s’ils avaient grandi ensemble, à l’époque, ils n’étaient guère proches. C’était même tout le contraire. Aussi n’y avait-il eu aucun épanchement masculin sur les belles drôlesses sous leurs yeux. Le jeune homme ignorait tout des premiers émois du Stark, tout comme lui-même ne parlait jamais de son dépucelage, à vrai dire. En fait, en y réfléchissant, il n’avait jamais vraiment parlé de ce genre de choses avec d’autres hommes, du moins en ce qui le concernait. Plus jeune, il trouvait cela gênant. Et inconvenant. Même si certains ne se privaient pas de commenter telle hanche de pouliche ou telle poitrine opulente devant lui, surtout les soirs où Torrhen Stark réservait une auberge pour sa garde rapprochée, et que les rires gras augmentaient à mesure que les mains se faisaient de plus en plus lestes quand les serveuses passaient. Les commentaires étaient souvent encore moins délicats que ceux qui venaient de lui revenir. Mais … parlait-on de la même manière d’une fille à trousser pour une nuit avinée que d’une épouse ? Le Poing du Nord en doutait. Encore que … Parfois, quand les conversations dérivaient sur les ladys … Les expressions n’étaient guère plus flatteuses. Enfin … seule l’expérience dirait si la dame était au goût de son royal époux.

Quant à savoir si cela suffirait, impossible à dire. De même qu’il se trouvait bien embêté face à la nouvelle question de la jeune truite. Qu’est-ce qui conditionnait la réussite d’un mariage ? Bien sûr, le choix était toujours plus agréable que la contrainte … Mais souvent, ledit choix relevait d’une contrainte à celle que les parents imposaient à leurs enfants. L’on voulait une dot, une descendance … L’amitié conjugale, l’amour même, étaient totalement secondaire dans le choix personnel d’une épouse. Certes, tant qu’à faire, si cela était possible, on choisissait une femme point trop laide. Mais à moins d’être confronté à une infirme ou à la pire des laideronnes, tant que la donzelle était à peu près regardable pour l’alcôve … C’était, in fine, une question de second plan. A moins de ne baser son choix que sur l’élan du cœur. Dans l’immense majorité des épousailles nobles, ce n’était pas le cas. Le bas peuple était en cela un peu plus privilégié. Si les unions arrangées existaient, les mariages d’amour n’étaient pas non plus excessivement rares. Enfin … quand la venue d’une grossesse précoce ne contraignait pas des amants légers à convoler au plus vite pour rendre la situation acceptable. Quant aux bourgeois, beaucoup avaient adopté les manières nobiliaires, à défaut d’en être, et unissaient leurs filles à des barbons désargentés pour avoir du sang bleu, ou à d’autres marchands riches pour augmenter le capital familial. Autant dire que, là encore, sa vision n’était sans doute pas ce qu’attendait la damoiselle. Il convenait d’agir avec tact.

« Tout dépend des raisons qui ont conduit à ce choix … et de l’attention que l’époux entend prodiguer à la dame qui portera son nom. De la capacité de sa femme à accueillir cette attention, sans doute. »


Il ne savait que dire d’autre. L’alchimie au sein d’un ménage résultait d’un équilibre délicat … et d’une bonne dose de chance. La dernière remarque de la jeune fille lui arracha un rire franc. Une fois calmé, il répondit, toujours légèrement amusé :

« Que voilà des paroles de sagesse ! Encore que je n’en ai jamais douté. Chaque sexe mène le combat qui lui est propre … et hélas, celui des femmes ne peut connaître de paix, car enfanter fait partie du cycle naturel de la vie.

Je ne crois pas, cependant, qu’il existe de plus belle lutte. Et notre gloire à nous, pauvres mâles, fait pâle figure face aux cicatrices de l’amour maternel.  De nous deux, je sais pertinemment qui contribuera le plus à la grandeur de notre maison. »


Et ce n’était pas lui. Il le reconnaissait sans mal. Ce qu’il accomplirait au cours de son existence ne serait qu’un fragment de la longue histoire des Glover. Maedalyn, elle, inscrirait leur famille dans les mains des dieux, par les enfants qu’elle lui donnerait. Elle serait le réceptacle de l’âme de Motte-la-forêt, quand lui en serait une énième itération.

« La naissance est prévue pour la toute fin du troisième mois de l’an prochain, peut-être la première semaine du quatrième mois, si l'enfant tarde un peu. J’espère que l’hiver aura cédé la place au printemps à ce moment-là, pour que les conditions soient plus aisées pour la survie de l’enfant. »

Neuf mois après leur nuit de noces et les quelques jours qu’ils avaient pu passer ensemble à Blancport, exactement, avec la marge d’erreur ordinaire pour le calcul de ces choses-là. Avec quatre frères plus jeunes, Bowen savait bien qu’il demeurait des impondérables, en ces questions. Avec un gentil sourire, il écouta la jeune fille, et finit par lui répondre :

« Si c’est le cas, quand la paix sera revenue, peut-être envisagerais-je de me faire mestre. Mes talents de conseiller conjugal trouveront là matière à s’exprimer, j’en suis sûr. »

Deux fois qu’on le remerciait pour ce qu’il estimait du bon sens au niveau des rapports entre les hommes et les femmes ! Il avait clairement raté sa vocation … tout en sachant parfaitement que son père n’aurait jamais supporté de savoir que son premier fils portait la chaîne des mestres. Il écouta attentivement la description du Conflans et de ses gens qu’Eleanor lui offrit, un sourire mélancolique naissant sur ses lèvres alors qu’elle évoquait les Nerbosc.

« Oui … cela ressemble fort à ce que Mère disait de son père et de son frère … J’aurais aimé les connaître. »

Mais l’un était mort depuis longtemps, et l’autre avait été fauché par les lances de son beau-père à la bataille de Paege, ce qui le chagrinait fort. Si lui-même n’avait pas souillé ses mains du sang familial, s’épargnant la malédiction des dieux, savoir que sa belle-famille avait endeuillé la maison de sa mère l’envahissait d’une tristesse infinie.

« J’ai entendu parler de Lady Cordelia et voulait lui présenter mes hommages, mais … Peut-être que je vais attendre. Elle ne doit guère vouloir entendre parler d’un cousin inconnu, encore moins d’un homme qui est marié avec la fille du meurtrier de son grand-père. Même si la guerre a ses impératifs, et que le devoir a été accompli, même si nous savons tous deux que, si les choses avaient été inversées, Lord Nerbosc n’aurait pas hésité à tuer les Cerwyn … Je doute qu’une jeune fille veuille entendre ce genre de vérité amère. »

Conscient de la lourdeur de ses propos, il ajouta :

« Vous parlez du Conflans comme Mère. Rarement, elle se laissait à évoquer ses souvenirs, les rivières baignées de lumière et les champs verdoyants, ainsi que le Barral imposant de Corneilla. Mais elle parlait davantage de Motte-la-forêt, des profondeurs du Bois-aux-loups et de la beauté du manteau neigeux, de ses habitants francs et durs à la tâche. »

Il conclut :

« J’espère qu’avec le temps, vous saurez faire de même. Nous sommes un peuple qui paraît dur, mais c’est simplement que les frimas et la lutte incessante contre les sauvageons nous obligent à connaître le prix de chaque minute, de chaque amitié. Rares sont ceux à grandir sans perdre un proche du froid ou de la guerre. Cela apprend la gravité … et aussi le respect dû à des forces qui nous dépassent, aux ancêtres qui ont rejoint trop tôt les dieux et à ceux qui ont survécu pour continuer à transmettre l’héritage de notre peuple, intouché depuis des temps immémoriaux, qui contient les coutumes des premiers d’entre nous à peupler Westeros. »



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 Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] Glover10

 Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] Maewen


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Bowen Glover

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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyJeu 15 Mar - 22:09


UN VISAGE AMI ENFIN ?
BOWEN & ELEANOR
Je ne doute aucunement de notre parenté et de la proximité de nos cultures mais les vôtres me paraissent parfois si étranges. Cependant, vous devez avoir raison, il vaut mieux se concentrer sur nos ressemblances que sur ce qui nous sépare. Vous êtes fort aimable de tenter de me rassurer mais je n'en ai nul besoin. Je saurai me montrer digne du Nord et de ses habitants.

Cette remarque pouvait paraître froide mais elle ne l'était nullement. Eléanor tentait seulement de se mettre dans la peau de la Reine qu'elle était appelée à devenir et non pas de la petite fille apeurée qu'on mariait à un inconnu. Elle ne pourrait compter que sur elle-même une fois dans le Nord, et au vu des premiers contacts avec son époux, nul doute qu'elle avait beaucoup de choses à apprendre afin de ne pas le décevoir encore davantage. Eléanor avait parfaitement saisi la délicatesse du compliment de lord Glover qui démontrait son extrême finesse. Il n'avait pas été aussi lourd et insistant que la plupart de ses coreligionnaires. Il était d'une galanterie et d'une tenue irréprochable tout en étant d'une compagnie rafraichissante pour la jeune Tully. Certes, elle n'avait guère l'habitude de la compagnie des hommes. Cela n'était guère séant pour une jeune fille noble de badiner avec la gent masculine et elle s'y était toujours bien gardé. A présent, il lui fallait cependant en tant que promise du Roi du Nord s'accoutumer de côtoyer ses soldats, ses seconds qui étaient parfois loin de la galanterie qu'on pouvait attendre d'eux. Eléanor n'était pas une jeune pudibonde qui s'effarouchait d'un rien. Elle était curieuse et parfois, elle avait surpris des conversations entre les soldats de son père sur telle ou telle donzelle. Les remarques osées l'avaient fait rougir mais après tout, elle était curieuse et cela l'avait également amusée. Nul doute que si Bowen s'était montré trop familier, elle l'aurait rappelé à l'ordre. Eléanor tenait à être une future souveraine digne de ce nom. On attendait beaucoup d'elle et même si elle était un cœur tendre, elle devrait s'endurcir et vite, de gré ou de force. Et surtout, on attendait d'elle qu'elle soit irréprochable, rien de moins.

Naturellement, Eléanor n'était pas sotte. Jamais elle n'aurait eu l'occasion de faire un mariage d'amour, même avant de devenir Princesse du Conflans. Les choses ne fonctionnaient pas ainsi dans l'aristocratie. On lui aurait bien sûr choisi un époux. Mais au moins, un Conflanais aurait eu l'heur de partager sa culture, le tempérament de son pays. Jon était bien différent de cela. De plus, homme et femme n'attendaient pas du tout la même chose du mariage. Eléanor était encore jeune et elle avait imaginé une grande romance, une histoire d'amour bien naïve et fleur bleue. Elle aimait déjà l'idée d'un époux avant d'en avoir un, c'était d'ailleurs ce que lui avait reproché Jon. C'était bien loin des préoccupations que pouvait avoir son royal époux avec la guerre qui ravageait les royaumes. Eléanor avait conscience de l'avoir profondément déçu et elle le regrettait amèrement. Mais pour l'heure, elle ne pouvait rien y faire. Seul le temps et la patience permettrait éventuellement de corriger cette erreur. Une de ses amies conflanaises avait eu un heureux mariage, il y avait de cela quelques mois. Elle lui avait envoyé des lettres pour lui exprimer son bonheur d'avoir trouvé un époux Conflanais qui avait su ravir son cœur en même temps que sa dot. Eléanor l'avait envié, elle avait cru en apprenant ces nouvelles que c'était possible d'obtenir l'amour de celui que l'on n'avait pas choisi. Mais elle craignait aujourd'hui de s'être trompée. La réponse de Glover la laissa songeuse. Elle avait bien envie de dire que Jon ne se montrait pas spécialement curieux de sa personne. Mais elle avait en face d'elle son second et ami proche. Nul doute qu'il serait fort déplacé d'être aussi directe sur le Roi du Nord. Elle se contenta donc d'un silence pensif pour toute réponse.

Cependant, le commentaire sur sa mère avait fait rire Glover. Elle remarqua la beauté de ce sourire. Non pas qu'Eléanor ait quelque pensée badine en tête, cela non. Elle remarquait juste sa beauté comme on remarque celle d'un paysage ou d'une peinture. Glover irradiait de joie lorsqu'il riait et dans le morne contexte dans lequel elle se trouvait, cela lui fit l'effet d'un pur rayon de soleil.

Ma mère a effectivement toujours fait preuve d'une grande sagesse. J'ignore tout de ce combat mais je saurai le mener courageusement pour donner des héritiers au Nord. Oh, ne vous dépréciez donc point. Vous êtes un noble cœur et un vaillant soldat, je n'en doute pas et je sais que vous contribuerez à la grandeur de votre maison. Et croyez bien qu'en cette entreprise, vous trouverez en moi une fidèle alliée.

Glover évoqua la date présumée de naissance de son enfant et cela intéressa naturellement Eléanor. Elle aurait ainsi le temps de rencontrer son épouse avant que l'enfant ne vienne. Bowen devait être impatient de retourner auprès de sa moitié. Elle tremblait à l'idée que la guerre puisse les éloigner définitivement mais elle n'en dit rien.

Je vous le souhaite mais également que la guerre vous ait ramené près d'elle. Il est bien cruel que vous soyez tenu loin d'elle comme tant d'autres vaillants soldats. J'espère que l'union du Conflans avec l'Empire saura accélérer la défaite du Noir et permettre à une paix durable de s'installer…

Elle n'avait jamais rien désiré aussi ardemment. Afin que son père lui revienne. Et à présent, elle allait de toute façon partir loin de lui, sans possibilité de le revoir avant longtemps, guerre ou non. Eléanor éclata d'un rire cristallin face à la proposition de Bowen de devenir conseiller conjugal.

Nul doute que vous trouverez grand succès dans cette entreprise !

Elle continua de rire, se sentant détendue et en confiance. Mais elle se reprit lorsqu'elle évoqua le Conflans. Le regard de Bowen se fit lointain et le cœur d'Eléanor se serra à ses paroles. Ses pertes avaient été terribles. Elle ne put s'en empêcher et déposa délicatement sa main sur son épaule, la serrant en signe de compassion. Elle rétorqua :

Vous faites bien. Peut-être un jour le temps sera venu de faire sa rencontre. Mais Lady Cordelia est assez… impulsive et franche. C'est en cela que je l'apprécie beaucoup. Elle sait naturellement demeurer à sa place mais nul doute qu'elle aurait du mal à vous considérer avec douceur. Je lui vanterai cependant votre personnalité particulièrement charmante et ainsi, cela devrait sûrement lui faire entendre raison.

Eléanor hocha la tête en réponse à la description du Nord et de ses habitants. Elle poussa un soupir.

J'ai bien conscience de la dureté de la vie au Nord. Le froid, les éléments impétueux, nous n'avons pas à lutter contre cela dans le Conflans. Je ne peux qu'imaginer ce qui m'attend… Mais je tenterai de comprendre le peuple du Nord, mon peuple à présent, du mieux que je le puis. J'espère être à la hauteur et ne pas décevoir quiconque. Encore moins Jon.

Elle se pencha vers Bowen, sourire aux lèvres.

En tout cas, je suis sincèrement ravie d'avoir fait votre connaissance, Ser. Vous êtes quelqu'un dont la compagnie est un vrai délice et je tenais à ce que vous sachiez que vous avez d'ores et déjà mon amitié.

C'était sûrement rapide et immature mais Eléanor avait toujours été quelqu'un de direct et de franc. Et Bowen avait su lui remonter le moral plus que quiconque ici.          
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MessageSujet: Re: Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé]    Un visage ami enfin ? [Tour IV - Terminé] EmptyLun 16 Avr - 23:42

Eleanor Tully avait à cœur de bien faire. De cela, Bowen pouvait se réjouir. Etait-ce suffisant pour la tâche qui l’attendait, à savoir se faire respecter d’un peuple que son père avait combattu une partie de sa vie, qui avait sans doute fauché la vie de fils, de pères ? A défaut de l’être, cela s’avérerait sans nul doute nécessaire face aux défis à relever. Qui sait, peut-être que les jeunes femmes du Nord se retrouveraient un peu dans cette étrangère livrée aux mains d’un mari inconnu et devant s’imposer sur des terres éloignées des siennes ? Il espérait pour la demoiselle que ses consœurs sauraient être charitables à son encontre, et que les dames qui lui serviraient de compagnie ne l’ostraciseraient point, la forçant à rester avec peut-être une ou deux compagnes venues du Conflans et qui se verraient forcés de trouver des époux complaisants ou de partir et de la laisser seule. Après tout, il n’était pas aisé de tenir Winterfell même quand on venait du royaume même, ou un fief à l’autre bout du Nord … En témoignaient les difficultés des reines précédentes à vivre avec le poids de la couronne. Non, les Stark n’avaient pas eu de mariages heureux, ces derniers temps. Est-ce que ce couple serait différent ? Rien ne permettait de l’affirmer. Il ne fallait qu’espérer, car le Glover préférerait sûrement que la jeune fille ne se sente point esseulée, jusqu’à haïr ce pays qui l’accueillait, tout en sachant que de par sa position, il serait avant tout solidaire de son Roi. Cela ne l’empêchait pas d’éprouver de l’empathie pour quelqu’un qui n’avait pas été élevé pour régner, ou même vivre dans son royaume. Sans doute que Tully avait promis à sa fille qu’il lui trouverait un gentil garçon du Conflans, un héritier quelconque, pas plus et qu’elle s’était imaginée élever ses enfants tranquillement sans d’autres responsabilités que celles de tenir un fief modeste. La couronne avait un poids douloureux, et lui-même ne pouvait que l’effleurer, pour avoir vu ce qu’il en avait coûté, pendant tant d’années à Torrhen pour maintenir les apparences … et ce que, déjà, Jon semblait vouloir sacrifier au devoir.

Au fond, Eleanor avait toutes les cartes en main. Elle semblait se préparer à ce mariage plus sérieusement que beaucoup ne le soupçonnerait, paraissait emplie de bonne volonté … Si elle jouait correctement, elle pouvait réussir à obtenir le respect, l’amitié, voir l’affection du Stark. Jon, tout pétri de devoirs qu’il était, délaissé par son père, avait une place à combler dans son cœur. A défaut d’amour, Bowen ne doutait pas que, si la jeune femme se montrait consciente de son rang et attentive à avancer prudemment, alors le Jeune Loup saurait être attentif à ses besoins. Dans le cas contraire, il la traiterait avec attention, bien sûr, sans plus. Tel était son caractère.

Du fond de son âme, il lui souhaitait silencieusement bonne chance et bon courage pour affronter son destin, espérant qu’elle trouverait en son époux ce qu’il espérait avoir été pour Maedalyn. Sa femme avait-elle été traversée des mêmes doutes, à l’idée de partir pour Motte-la-forêt, sans lui qui plus est ? Evidemment. Il le savait, mais voir une autre femme traverser ces tourments lui faisait apprécier encore davantage celle avec qui il était uni devant les dieux, car malgré tout ce qu’il lui avait imposé, celle qui était née Cerwyn avait fait face avec dignité, et porté haut le nom de Glover dès leurs noces, et même bien avant. Leurs conversations, franches, lui revenaient en mémoire avec davantage encore de délicatesse, et il se surprenait à les chérir plus que jamais, car il estimait que sans ce dialogue précieux, leur entente n’aurait pu être la même. Cependant, tous deux étaient aussi plus âgés que le futur couple royal … Plus mûrs, peut-être ? Ou du moins, plus enclins à se donner mutuellement une chance ? Cela revenait à confirmer, en tout cas, ce qu’il avait annoncé auparavant : l’entente ne provenait, en définitive, que des efforts de chacun pour obtenir l’attention de l’autre, s’adapter à son caractère …

Déjà, ils arrivaient au pied de la roukerie, et Bowen sut que leurs échanges touchaient à leur fin. Cela le peinait légèrement, car il aurait apprécié de bénéficier de plus de temps pour connaître davantage la jeune femme, qui était d’agréable compagnie. Cependant, il avait d’autres devoirs qui l’attendaient, et il ne pouvait accaparer Eleanor plus longtemps. Avoir obtenu un tel échange privé était un privilège qu’il mesurait à sa juste valeur. Souriant à la jeune femme, il se détacha doucement de son bras, prit sa main dans la sienne avant de déclarer :

« Je suis arrivé à mon but et je n’oserai vous contraindre à subir les marches menant jusqu’à la roukerie du mestre. Je gage que nous aurons d’autres moments pour discuter, ma dame, même si notre présente discussion touche à son terme, je le crains.

Ce fut cependant un plaisir partagé que de m’entretenir avec vous de la sorte, et je m’enorgueillis de cette amitié que vous me témoignez. J’espère m’en montrer digne à l’avenir.

Que les Anciens Dieux veillent sur vous, Lady Eleanor. »



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