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Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]
MessageSujet: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyMar 3 Oct - 19:34

Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
La journée s’achevait paisiblement en harmonie avec le déclin de l’astre flamboyant rougeoyant à l’horizon qui se laissant engloutir par la surface miroitante de la mer de la baie des crabes sur laquelle son reflet aux allures de tache pourpre s’étirait avec magnificence. Oui, la journée s’achevait sur la ville devenue pour l’occasion le cœur politique de tout un continent grâce à la volonté de la reine régente Sharra Arryn de rassembler les grands de ce monde afin de désamorcer les germes d’un conflit long, couteux et meurtrier qui couvait depuis le début de cette année. Elle s’achevait de bien diverses manières pour les hommes et les femmes présents par milliers dans la seule agglomération urbaine du prospère et glorieux royaume du Val et de la Montagne. Se concluait différemment selon son rang, son choix, ses motivations profondes, son sang mais elle se concluait.

Et si les marchands de la ville se faisaient en quelques semaines autant d’argent qu’ils se faisaient ordinairement en une année, les nobles sires et leurs dames quant à eux baignaient dans l’effervescence permanente des festivités liées tant à cet appel puissant à la paix et la tempérance qu’au quatorzième anniversaire du prince Ronnel appelé à devenir le souverain de l’un des royaumes les plus puissants de Westeros. Quant au petit peuple, il trouvait son compte de diverses manières mais louait bien aisément le nom des Arryn lorsque des distributions de restes des festins étaient religieusement organisés. Le ventre d’un homme…Pour ma part cette journée s’achevait sous de bons auspices puisque j’avais vaincu sur la lice pour la plus grande fierté de ma maison et du peuple Valois très porté sur le patriotisme sous le regard du prince Ronnel. Ma satisfaction était au beau fixe et ma suite se prenait à rêver d’une victoire Valoise lors d’un tournoi Valois parmi les plus somptueux que le continent avait connu depuis des générations. Pour ma part, je ne m’enflammais guère et restais lucide sur la suite des réjouissances. Car les bâtards Baratheon et Martell étaient réellement exceptionnels et époustouflants de technique.

Ce qui froissait grandement une part des nobles assistant au tournoi. Pour ma part, je ne m’étais pas attendu à tant de compétence de joute chez un Dornien et un Peyredragonien. Loin de moi l’idée de dire que ces deux royaumes n’étaient pas renommés pour leur chevalerie mais il fallait dire que le Bief et le Val étaient censé dominé les débats sur le parchemin. Pour l’heure, je me décontractais les muscles dans un bain sous le regard goguenard de dame mon épouse qui me taquine en me disant que j’étais bien ardent de défendre sa faveur pour un trentenaire. Une salve d’eau chaude accueille sa pique moqueuse et les cris effarouchées de Lyra Royce me tirent un grand sourire amusé. S’approchant imprudemment du bord du bassin, dame mon épouse a la fâcheuse surprise de constater que je réclamais un peu plus de reconnaissance pour mon éclat en son nom sur la lice lorsque je la fais basculer dans mon bain pour la sentir contre moi.

(…)

Vêtu convenablement pour un festin organisé par lord Grafton le seigneur de la cité en compagnie de mon épouse, de ma sœur, de ma mère j’avance vers la forteresse encadré de gens de ma suite chevaliers, écuyers et bacheliers. Paré de l’ocre de ma maison, je marche d’un pas guilleret le bras de Lyra sous le mien tout en discutant avec Megara Royce de la future union d’Ysilla et du prince loup. Voir ma petite sœur partir dans le nord me causerait nécessairement un pincement au cœur car j’adorais littéralement ma cadette et nous avions toujours été très proches malgré la nette différence d’âge nous séparant. Mais l’union du nord des loups et de la montagne des faucons ne pouvait se sceller que par un mariage afin d’en assurer la stabilité. Le prince Ronnel était déjà promis, la princesse Jeyne également, le prince Jonos était trop jeune et le roi loup n’avait qu’une fille et deux fils. Il fallait donc une épouse parmi les plus grandes maisons du Val et de la Montagne. Je m’étais dévoué de bon cœur pour offrir à Ysilla une union inespérée avec un prince étranger.

Et Torrhen avait accepté, préférant certainement la sœur cadette d’un lord dévoué aux anciens dieux qui avait de l’amitié pour le nord qu’une disciple des sept qui aurait du mal à se faire au caractère des nordiens. Sans compter notre ascendance liée aux premiers hommes. La date des fiançailles n’était pas actée mais la question réglée. Croisant le regard de ma cadette, je lui adresse un sourire mélancolique comme si elle me manquait déjà alors même que rien de concret n’était accompli pour l’heure et qu’elle n’en était pas à préparer ses affaires pour le grand exil vers Winterfell. Ysilla me rend mon sourire avec une lueur malicieuse dans le regard indiquant assez clairement qu’elle savait à quoi je pensais.

Sur le chemin relativement court vers la salle de bal mon convoi rencontre un autre assemblement de nobles personnages arborant des couleurs Orageoises. Dame ma mère sert les dents se retenant visiblement de briser toute bienséance en insultant le peuple des meurtriers de son frère aîné. Lyra me laisse pour soutenir Megara. Tandis que les hommes de mon escorte se tendent d’eux mêmes et échangent des regards assassins avec les invités sudiens. Pour ma part, je porte la main à la garde de Lamentation presque par réflexe mais l’animosité silencieuse, tacite et palpable de ce face à face ne débouche pas sur un drame et nous atteignons le festin quelques instants plus tard. Derrière moi mes chevaliers ne se privent pas d’injurier les hommes du cerf et je laisse faire. Jehan aurait du être là en ce jour.

(…)

Le festin est lancé depuis près d’une heure maintenant. Les bardes et les musiciens donnent de leur personne pour enchanter la grande salle bondée. Les réjouissances s’étalent jusqu’au jardin tant le nombre est important. Sur la piste, les couples s’en donnent à cœur joie insouciants quant au sort du monde se jouant dans les entrevues secrètes des dirigeants des sept couronnes. Les toasts s’enchainent, les plats également. Le brouhaha est assourdissant et l’ambiance agréable et légère.

Voyant le roi du nord quitter les lieux, j’avale ma coupe de vin d’une traite avant de le suivre à l’extérieur. Je n’y ai pas été invité aussi je ne m’étonne nullement d’ètre arrêter par deux gardes royaux malgré mon statut mais les occasions de converser avec le souverain sont assez rares malgré la future alliance de nos deux maisons. Le roi est fort logiquement un homme débordé même lors d’un conclave prônant la paix. Torrhen Stark fait signe à ses hommes de me laisser passer et je le rejoins sur le rempart de la forteresse Grafton à l’abri de l’effervescence grisante mais fatigante du festin. Votre majesté je vous remercie de m’accorder cette entrevue. Dis-je en m’inclinant respectueusement. La chaleur des festins et leur agitation est aussi délicieuse que dérangeante lorsque l’on a quelque chose en tête. Comment trouvez-vous Geoville votre majesté ?
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Dernière édition par Asher Royce le Mer 1 Nov - 20:19, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyVen 6 Oct - 14:17

[HJ j’ai zappé ; Les fiançailles n’ont jamais été arrêtées mais les discussions étaient en cours, Torrhen assez favorable, mais voulait patienter que l’alliance entre les deux royaumes entrent dans sa phase militaire pour l’accepter de manière définitive]


Les nouvelles étaient chaque jour plus mauvaises. La veille, un corbeau de Lord Flint était arrivé. Il avait mené deux mille nordiens du septentrion vers le sud, au travers du Bois-aux-Loups. Rattrapé par des milliers de guerriers tribaux des sauvageons, son combat d’arrière-garde, bien qu’héroïque, avait laissé des centaines de nos soldats dans la tourbe de la forêt. Il n’avait pas été submergé, mais n’avait pu sauver ses troupes et les sortir de la nasse que d’extrême justesse. Ce n’était pas une bonne nouvelle ; l’ennemi avançait rapidement et même si je décidais de partir demain, alors je mettrais encore plusieurs semaines avant d’arriver à Winterfell. Lord Bolton m’avait envoyé la nouvelle selon laquelle ses propres forces, coincées par la masse adverse, devaient contournaient les collines orientales par le sud. Elles feraient leur jonction avec les forces Manderly avant de soutenir Winterfell. Ce qui m’inquiétait le plus, c’était encore les missives des seigneurs du nord-ouest qui relataient les incursions toujours plus loin vers l’ouest de groupes sauvageons eux aussi de plus en plus importants. Cela semblait vouloir dire que l’ennemi ne cherchait pas à s’installer, comme d’habitude, sur les terres Omble ou vers la Garde de Nuit.


L’ennemi cherchait à me leurrer, et pour le moment je ne disposais pas de toutes les cartes pour aller le détruire.


Las et dans l’expectative de nouvelles toujours plus graves, j’avais décidé d’aller au banquet donné par le seigneur des lieux, ce soir-même. Je savais que la Reine Arryn arrosait d’or toutes ces festivités, mais je n’avais pas à me plaindre ni de l’accueil qui m’avait été fait, ni des quartiers mis à ma disposition. C’était même plutôt tout le contraire. J’avais appris la politesse et les usages depuis bien longtemps et ma fonction me laissait toujours dans l’obligation de bien me comporter et de remercier mes hôtes. Je venais donc me sustenter, en compagnie de mes pairs. La Reine de Peyredragon échangeait avec la Princesse de Dorne et son propre frère, tous trois semblaient relativement connivents. Les Lannister rendaient leurs politesses aux convives les entourant, notamment les Gardener avec qui il y avait quelques tensions. Je discutais avec le Durrandon pendant un long moment, ne faisant que picorer, buvant toutefois de larges quantités de cette bière assez forte qu’ils disaient venir des montagnes. Argilac était déterminé à attaquer Harren, mais il ne me posait pas de questions sur l’implication du Nord ; nous savions tous deux que le Nord n’avait pas à se positionner pour ou contre une rebéllion de nobles et des querelles de fiefs dans la Néra. Finalement, je refusais poliment un nouveau toast et faisait un signe de tête à Conrad pour qu’il approche la Garde ; il était temps de partir, j’avais encore beaucoup de travail cette nuit pour rédiger la loi sur le Train et calculer le ravitaillement pour dresser la carte des dépôts à bâtir sur mon royaume.



J’allais marcher quelques instants sur les fortifications du château qui dominait la ville, quand j’entendis une légère cohue derrière moi ; mes gardes-loups encadraient un seigneur que je reconnaissais comme Lord Royce ; je l’avais croisé le jour des présentations. Et si les choses suivaient leur cours, nous pourrions devenir beau-pères du prochain couple royal du Nord. L’homme profitait sans doute de mon isolement pour venir converser. Je levais une main en signe d’apaisement, et sans un mot les soldats s’écartèrent, relâchant la main sur le pommeau de leur épée.



| Tout doux, mes loups. Lord Royce est bien chez lui ici que nous-mêmes. |


L’homme s’avance alors qu’un léger vent frais souffle sur la baie. On entend encore au loin le bruit de la musique, des rires... Chevaliers et guerriers d’été, combattants de tournois et dames de printemps. L’hiver vient, et celui-là pourrait bien tous nous engloutir. L’homme monte quelques marches et me rejoint, me remercie de lui accorder cette entrevue. Il s’incline. Je réponds d’un hochement de tête poli. Je note l’allusion, avant qu’il ne me pose la question. Comment trouvais-je cette ville ? J’inspirais son air iodé et en appréciais les bruits de vie, même en pleine soirée.


| Je l’apprécie, Lord Royce. Il y a beaucoup de vie et d’animation dans cette cité, et son port me paraît lui aussi très animé. Cette ville est très différente de la mienne au Nord... Il y a quelque chose de très attirant dans tout ce tapage. Mais j’avoue que je suis plus familier des forteresses que des cités grouillantes. |


Je plisse les yeux, essayant sans succès de distinguer les blasons arborés par une caraque qui vogue sous le ciel sans nuage, ses voiles grises illuminées par la lune. Je ne saurais dire de quel pays est ce bateau.


| J’imagine que Sa Grâce vous a mis au courant de la teneur de nos discussions. Il est question que le Val et le Nord se rapprochent pour affronter ensemble la tempête qui approche. On m’a proposé le nom de votre fille, pour mon fils. Que pensez-vous de cette perspective ? Votre fille chez nous, au milieu des hommes en armes, des loups et des sauvageons. |




~~~
Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

~~~


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Torrhen Braenaryon

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 38 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptySam 7 Oct - 19:00


Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
La réaction tendue des gardes loups est parfaitement compréhensible car rassemblement extraordinaire en faveur de la paix ou non un souverain restait toujours une cible pour ses ennemis potentiels. Ce réflexe féroce est tout à leur honneur puisqu’il prouve qu’ils prennent leur rang suffisamment à cœur pour se méfier de n’importe quel intrus fusse t’il seigneur du royaume hôte. Il n’en est pas moins attendu d’eux que cette propension à la violence leur soit naturelle. Mieux valait avoir des remords que des regrets à un tel poste. J’aurais personnellement réagi de même si je composais l’escorte de la famille royale du Val et de la Montagne. Néanmoins, cette nervosité ne me semble nullement anodine et semble n’ètre que le reflet du propre état d’esprit de leur souverain.

Bien peu de lords nordiens avaient fait le déplacement pour accompagner leur roi ce qui ne pouvait vraisemblablement être un signe de défiance au vu des relations plus que cordiales qui liaient nos deux royaumes. Et, le peu de représentants présents de la noblesse de l’hiver étaient tous préoccupés, peu enclins à se laisser aller à cette sauvage ripaille qui venait pourtant si aisément aux fidèles du loup gris. L’explication semblait naturelle car le nord comme le val partageait un désagrément en commun. Les sauvageons représentaient l’ennemi intérieur du royaume glacé bien qu’ils provenaient d’au-delà du mur tout comme les clans des montagnes représentaient ceux du royaume du faucon. Quelques discussions avec les membres de l’escorte réduite du roi invaincu avaient suffi à confirmer malgré la fierté nordienne. Sans compter le fait que ma position au sein du conseil du faucon m’amenait à connaitre les mêmes informations que la reine régente. Oui, le nord était menacé comme il ne l’avait jamais été ainsi la mine austère et fermée des hommes du froid était fort logique.

Et cela en sus du mépris d’un peuple pour qui se battre n’avait rien d’un jeu de fanfaron expliquait assez bien le fait que le nombre de participants nordiens à la joute ou la mêlée se comptait sur les doigts de la main. J’imagine qu’ils devaient nous trouver ridicules à nous pavaner ainsi sous les cris de la foule pour le regard ou un signe d’une dame, pour l’amusement et le plaisir, pour la gloire galvaudée et l’honneur festif d’un anniversaire mais pour moi ces combats amicaux et ces batailles expéditives étaient plus qu’un divertissement ou un entrainement. Elles étaient un exutoire bienvenu au guerrier que j’étais. La dernière guerre qu’avait connu le royaume datait d’hier. Deux ans à peine. Deux ans que l’Orage avait saigné mes compatriotes, violé nos terres et abattu notre roi. Deux ans, que j’avais gagné mon surnom de sauveur du Val pour une action, une charge dont je ne tirais pourtant aucune fierté. Car plutôt que de représenter le tournant décisif de la bataille de la porte sanglante j’aurais préféré me trouver près du roi à l’instar de feu mon père et de lord Rougefort et prendre le coup mortel à sa place. Les tournois me permettaient de me défouler et d’évacuer la rage latente refoulée dans les recoins les plus sombres de mon cœur et de mon esprit.

Mais, la fièvre de la bataille avait été refroidie par le trépas de Jehan raison pour laquelle j’avais appuyé de tout mon poids la politique neutraliste de la reine mère. Oh, ma rancœur était telle que je prendrais du plaisir à blesser des Orageois durant le tournoi ? Cela ne me dérangerait nullement. Cela ne me déplairait aucunement mais ma vision de la chevalerie m’empêchait d’agir de la sorte. Ma main s’était dirigée naturellement vers la garde de Lamentation tout à l’heure et je savais pourquoi. Même les chevaliers dans mon genre dont l’ardeur du combat frisait la frénésie étaient capable de reconnaître les bienfaits de la paix et les méfaits de la guerre. Le Val avait fait le bon choix. La reine avait fait le bon choix. Le royaume avant tout. Le reste n’avait que peu d’importance. Pour autant, le nord était un ancien ennemi valeureux et un allié potentiel d’une tout aussi grande valeur. Et, je n’avais pas hésité avant de proposer Ysilla comme parti potentiel au prince loup. Combien de nobles pouvaient se targuer d’avoir une fille princesse dans un royaume étranger ? Bien peu car ces temps qui étaient les nôtres faisaient la part belle à l’isolationnisme protecteur.

Le voisin était l’étranger tantôt allié tantôt ennemi mais toujours méfié d’autant plus dans certains cas que d’autres. Mes raisons de proposer ma fille aînée et unique à cette union n’était pourtant nullement liées à la fierté personnelle, l’orgueil de la maison Royce ou quoi que ce soit de ce gout mais bien dans l’intérêt du Val. Les critères de ce ciment entre nos royaumes respectifs étaient clairs. Une grande maison pour pallier à l’impossibilité d’unir les deux maisons royales, une connivence religieuse afin de faciliter les choses entre les deux épousés et une certaine beauté car quel prince ne préférerait pas épouser une belle jeune femme à une demoiselle non gâtée par la nature. Ysilla avait du sang Arryn dans les veines par sa grand-mère Megara, révérait les anciens dieux de nos ancêtres et avait héritée de la beauté gracile de sa mère. Les discussions étaient en cours et les négociations denses et âpres. Ce n’était pas tant la main d’Ysilla ou sa dot qui posaient problème mais bien les attentes et les obligations découlant de l’accord scellant cette union.

De la politique en somme ainsi qu’un zeste de diplomatie. Exercices loin d’ètre mes préférés mais que j’avais appris à maîtriser comme tout seigneur Valois. Pour l’heure, rien n’était certain mais tout du moins en bonne voie du moins, j’en avais l’impression. Passant le cordon protecteur du roi guerrier de l’hiver, je m’excuse poliment de mon intrusion déplacée sous certains égards. Le souffle du vent marin caresse mon visage et fait voleter mes cheveux ainsi que ceux plus fournis de Torrhen Stark. Tout en m’approchant de celui qui deviendrait peut être le beau-père d’Ysilla je laisse l’air marin me revigorer. Celui de la montagne était infiniment plus pur mais étant venu au monde sur une cote j’appréciais l’iodé à sa juste valeur. Dans le fond sonore se détachent les rires, les cris de joie, la douce mélopée des musiciens ainsi que le brouhaha des conversations comme un mirage à la fois proche et lointain, un bourdonnement qui hante la perception sans pouvoir être saisi. Le Stark me répond d’un hochement de tête poli avant d’inspirer une goulée d’air urbain et marin pour se décider.

Geoville est une cité marchande débordante d’activité votre majesté. Si la porte sanglante représente la porte d’entrée du Val et de la Montagne. Geoville représente quant à elle son ouverture sur le monde et cela se ressent dans ses ruelles, ses bordels, ses allées, ses places et bien entendu son port. Dans le Val, nous sommes attachés à notre isolement protecteur pouvant passer pour un rejet de l’extérieur mais ici à Geoville le monde entier est un peu présent. Laissant passer quelques instants au cours desquels le regard du roi du nord se porte sur les voiles d’une caraque d’Ibben, je reprends finalement. L’agitation a tout autant de charme que la tranquillité il s’agit je pense d’une question d’état d’esprit. Mais les forteresses peuvent elles aussi parfois se révéler tapageuses si je me fie à mon expérience. Quoi qu’il en soit, je pense que lord Grafton est ravi que vous appréciez sa cité. Je n’ai pas encore eu la chance de visiter Blancport. Un jour peut être. Il s’agit d’un vaisseau marchand Ibbénen votre majesté.

Inspirant à mon tour une gorgée d’air marin, je laisse mon regard dériver au gré de ma contemplation de la baie des crabes. Contempler et savourer la beauté simple d’un panorama saisissant m’était venu assez tôt. La vie est trop courte pour ne pas prendre le temps de ce genre de moment. Enfin, courte sauf pour un lord Descarpes. Le roi Stark reprend finalement la parole après quelques instants et c’est à mon tour de réfléchir pour donner mon avis. En effet, la reine Sharra a informé le conseil de ce rapprochement nécessaire votre majesté. Rapprochement qui me réjouit je vous prie de le croire. Et bien. Le père que je suis est bien évidemment triste à l’idée de voir partir sa fille au loin fusse pour devenir princesse. J’aime profondément ma fille votre majesté et elle me procure une immense fierté. Mais tel est le destin de nos filles et nous n’y pouvons rien. Nous ne faisons que choisir la main à laquelle nous la confierons et prier les anciens dieux pour que les regrets ne viennent pas se greffer à la mélancolie.

Adressant un sourire au roi du nord, j’observe respectueusement celui qui pourrait connaitre mes petits enfants avant moi. Oh mais votre fils Jon a la réputation d’ètre un gentilhomme. Un loup certes mais un jeune homme d’honneur également. Les hommes en armes, les loups et les sauvageons n’effraieront pas Ysilla. Elle est une Royce. Les runes et le bronze font partie de nous. Le bronze n’est pas le plus bel alliage mais bien l’un des plus résistants. Ma fille n’est pas une petite chose fragile. Elle a du caractère et c’est bien pour votre fils que je m’inquiète en cet instant. Quant à la menace représentée par les sauvageons je vous fais entièrement confiance pour l’annihiler vous qui portez l’épithète d’invaincu. Si cela ne tenait qu’à moi, je monterais dans le nord à vos côtés pour apporter ma pierre à l’édifice de cette sauvegarde tant par solidarité entre voisins victimes d’ennemis intérieurs que pour m’assurer moi-même de l’avenir de ma fille.
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Dernière édition par Asher Royce le Lun 23 Oct - 19:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyDim 8 Oct - 20:58

Je me disais souvent, ces derniers jours, que je n’aurais pas dû descendre si loin au sud alors que la tempête menaçait. Mais j’étais Roi du Nord, et les regrets étaient un luxe que je ne saurais tolérer ; mon mode de vie était spartiate, rustique, pour le plus grand plaisir des détracteurs de la maison Stark mais je considérais de mon côté que cela faisait partie de nos forces. Bref. Il ne fallait pas qu’on nous trouve à tirer l’épée contre des valois, plus encore parce qu’on se trouvait à l’intérieur de leurs propres frontières. Ce serait malvenu, surtout après toutes les discussions sur la paix et sur la coopération à venir entre nos royaumes. Rien n’était encore fait ; nous avions évoqué avec la Reine Sharra Arryn l’ouverture de nos ports respectifs et nous avions fait une déclaration commune de non-bélligérance dans les problèmes des sudiens, mais nous n’avions pas encore d’ambassade ou de relations officielles. La coopération entre nos deux royaumes n’en était encore qu’à ses balbutiements, et si l’avenir paraissait un peu moins sombre maintenant qu’il y avait deux semaines, nous n’étions pas encore du tout tirés d’affaire. Mais malgré tout ce besoin que nous avions de renforts et d’aide du sud, nous ne pouvions rester sans afficher la prudence la plus élémentaire. Nous n’avions pas que des amis sous ces latitudes, rien ne saurait de fait être plus éloigné que ça de la réalité. Le danger nous encerclait, aujourd’hui.


Et ils aimaient se pavaner, bravaches, ces sudiens qui confondaient guerre et spectacle. Ils se donnaient tous à la lie populaire, sous couvert de l’enjeu sportif et de la gloriole, alors que partout saignaient les justes, ceux qui suaient sang et eau pour que leurs congénères voient un nouveau jour se lever. Je nourrissais du dédain pour ces pratiques, parce qu’en sus je restais convaincu que cette manie de simulation n’avait pas grande prise avec le réel, une bataille n’avait rien à voir à l’exhibition devant la foule. Ce n’est pas si souvent le plus talentueux qui l’emporte, mais le plus endurant, le plus déterminé, le mieux entouré aussi. La mort prélève son dû aléatoirement sur le champ de bataille. J’avais vu des héros percés de flèches tombées au hasard, j’avais occis des esthètes du duel à l’épée en usant de ma garde ou d’une dague tirée au bon moment. Le plus malin avait souvent le dernier mot, et on devenait malin en survivant aux véritables combats. Rien n’était encore décidé. Dans un an, dans deux, le Val participerait peut-être avec le Conflans à la prochaine invasion du Nord. Des discussions étaient ouvertes tout azimut pour marier Jon. La Princesse Argella était un parti intéressant, la Reine Targaryen également, mais il y avait aussi la voie Valoise, et la jeune Royce que l’on disait gironde.


L’homme me parle de Goeville, et j’ai déjà identifié l’endroit comme l’une des plus grandes forces du Royaume mais aussi l’une de ses plus grandes failles. Si l’ennemi n’était pas assez stupide pour se jeter tête baissée dans le piège des Portes Sanglantes, un débarquement ici aurait toutes les chances de fonctionner et il n’y aurait plus, dès lors, d’espoir pour ceux qui seraient encore tournés vers les plaines du Conflans. L’homme parle des bordels, et me surprend même si je n’en montre rien. Les sudiens m’avaient semblé plus ampoulés dans leur manière d’être.



| Il y a ici infiniment plus de trafic maritime qu’au Nord. Je viens de signer nos premiers accords de commerce. Auparavant, Blancport ne nous ravitaillait qu’en denrées et en ressources maritimes limitrophes de nos propres côtes. Tout cela va changer. Ibben… On dit leur peuple aussi noir que la nuit, mais d’un caractère enflammé. Je ne sais pas grand-chose de ce monde par delà les mers ; de tous temps les nordiens se sont avérés piètres marins et nageurs encore plus moyens. Nous ne sommes pas un peuple de marins. D’artisans, éventuellement. De Trappeurs, de mineurs, de chasseurs, de guerriers. Mais pas de marins. La dernière fois que nous avons eu une flotte, elle a fini engloutie dans les mers du crépuscule avec mon propre frère… Mais qui sait, peut-être qu’un jour Blancport aura le même genre d’activité que cette cité. |


L’homme me répond que la Reine l’a bien mis au courant, et qu’il se dit réjouit de la nouvelle. Je l’imaginais aisément, ce n’était pas tous les genres qu’une fille de noblesse, aussi ancienne soit-elle, soit propulsée potentiellement au rang de princesse d’un royaume prestigieux de Westeros. L’homme se laisse aller à quelques confidences sur l’amour qu’il porte à sa fille, et cela me met en confiance vis-à-vis de lui. Je pensais la même chose concernant Jeyne, et je n’avais eu d’autres choix que d’envisager de la marier aux Lannister. Je hochais finalement la tête à ses paroles, en guise d’acquiescement.


| Je vois ce que vous voulez dire, Lord Royce. Rien n’est encore fait et je ne saurais m’engager avant plusieurs mois. Je serais transparent avec vous ; j’essaie de faire épouser le meilleur parti possible à mon fils, pas en guise de richesse ou de puissance, mais de lien diplomatique. Si l’Orage ou Peyredragon me font une offre, je pourrais difficilement refuser d’unir mon garçon à une Reine ou une Princesse. Mais je suis ravi déjà, de votre ouverture à cette idée. Si elle devait se concrétiser, nous serons au moins sur la même longueur d’ondes. Et pour ce que cela vaut, je puis au moins vous garantir la sécurité de votre fille si elle devait se rendre au nord. |


Je notais que l’homme disait prier les Anciens Dieux, ce qui ne m’étonnait guère ; les Royce avaient cette réputation et cela me confortait au moins dans l’idée d’une acclimatation plus aisée pour sa fille si elle devait finir par épouser Jon. Je ne pus m’empêcher de sourire plus franchement quand Royce qualifia Jon de « gentilhomme ». En revanche, je me concentrais plutôt sur ses dernières paroles, plissant les yeux.


| En quoi ne seriez vous pas libre de le faire, Lord Royce ? Le Nord comme la Garde manquent de bras. Ce sont cinquante mille sauvageons qui déferlent sur mes côtes et ravagent nos villages. Je ne les arrêterais pas facilement, et pas sans y sacrifier encore une génération de nordiens. Quant à mon fils, il accompagnera l’armée. Avec mon petit dernier également. Tous les Stark marcheront ensemble à la guerre. Mais Jon n’est pas un gentilhomme ; c’est une tête brûlée. Un jeune homme tantôt raisonnable, tantôt fougueux. Il a hâte de faire ses preuves, comme tous les jeunes loups qu’il y a eu et qu’il y aura encore. |





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Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptySam 14 Oct - 18:57

Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
Le Nord et le Val d’Arryn avaient connu nombre de conflits tous plus sanglants les uns que les autres. Conflits meurtriers pour la puissance, une rivalité, une expansion, le règlement d’un différend ou même une opposition religieuse entre un royaume dont la conquête par les chevaliers Andals avait arrachée à ce paradis rugueux la domination des anciens dieux prônée par les premiers hommes parmi lesquels les Royce de Roche aux runes pour la remplacer par la foi puissante des sept venue de l’est. Mais, la religion n’était plus un problème au sein de ce royaume depuis des générations et des générations. Le royaume de la montagne était devenu presque naturellement un exemple de tolérance et de respect religieux. L’intérêt national passant largement avant tout autre chose et bien plus que fidèle de l’une ou l’autre religion, nous nous sentions Valois et faisions toujours passer notre sang avant notre foi. En tant que représentant le plus puissant des nobles du Val et de la Montagne fidèles aux vieilles coutumes de nos ancêtres révérant les barrals, je veillerais à ce qu’il en soit toujours ainsi. Des Valois avaient péri par milliers au cours de batailles face aux hommes des rois de l’hiver durant les millénaires précédents et l’inverse était également véridique le Val avait abattu des milliers de nordiens dans ces terribles guerres.

La plus célèbre d’entre toutes fut surement celle ayant pris naissance dans le viol des trois sœurs. Le roi Mathos Arryn aurait eu ces mots restés célèbres dans le Val « mieux vaut pour voisin un pirate qu’un loup ». Combien de Royce étaient tombés au cours de ces guerres contre le royaume glacé ? Bien plus que je ne saurais m’en souvenir. Les rudes nordiens sont de formidables adversaires. Si mes ancêtres avaient pris les armes pour leur roi contre des frères de religion c’était bien la preuve que le sentiment national écrasait implacablement la foi. Ce qui ne pouvait qu’ètre légitimement le cas dans un royaume ou deux religions cohabitaient avec aisance et ou la foi n’était plus un sujet de discorde depuis bien longtemps désormais. Si Jehan avait préféré opter pour une stratégie défensive tout au long de la guerre avec ces maudits Orageois ce n’était pas parce que le Val était faible. Le Val ne l’avait jamais été et ne le serait jamais. C’était parce que mon cousin ne voulait pas voir le sang de son peuple couler inutilement à cause des velléités de conquête d’un homme n’ayant que le gout du sang à la bouche. Il avait malheureusement échoué et notre peuple avait durement saigné.  Mais ses intentions étaient bonnes, profondément justes et nobles. Ce furent celles d’un grand roi, d’un roi aimant son peuple. Et voilà comment il avait été récompensé. Par une mort au cours d’une victoire qu’il ne serait plus là pour fêter.

Combien de Royce tomberaient encore contre le Nord, l’Orage ou le royaume du Sel et du Roc ? Combien ! Oui, j’étais un guerrier né, un chevalier accompli et la violence faisait partie de moi mais j’avais inlassablement et fermement soutenu la politique neutraliste, pacifiste et commerciale de la reine Sharra qui avait en cela parfaitement repris le flambeau de la vision de son défunt époux. Sharra était une bonne reine quand bien même je n’appréciais que moyennement le fait qu’elle soit devenue si proche du Rougefort à peine deux années après la fin de notre roi. Certaines reines portaient le deuil toute leur vie et une telle attitude ne pouvait pas manquer de soulever les soupçons entretenus par Jehan de son vivant. Ce conclave était presque incongru sur notre continent belliqueux de royaumes querelleurs et il avait été organisé par le Val d’Arryn. Si les choses venaient à mal tourner j’espérais sincèrement que l’histoire retiendrait ou les bonnes volontés se trouvaient réellement juste avant que la tragédie ne devienne une institution. Cette union potentielle entre ma chère et précieuse Ysilla et un prince d’un peuple qui avait été l’ennemi du mien pendant plus de temps que je ne pouvais l’appréhender était telle une chance de paix dans un monde bien sombre, une étincelle de lumière au milieu d’une nuit noire.

Cette union scellerait potentiellement la fin d’un âge entre le Nord et le Val et le début d’un autre jamais vu. Une force armée Nordo-Valoise serait à même de faire trembler tout le continent et d’assurer la paix à nos frontières respectives car nul conquérant fut il affublé du surnom de noir ne serait assez fou pour tenter de s’en prendre à une telle alliance. Ma fille n’était certes pas une princesse mais sa grand-mère en était une. Le symbole était fort. Ysilla portait en elle le sang des premiers hommes et des Andals, des fidèles des sept et ceux des anciens dieux, des Arryn et des Royce. Les lions de l’ouest n’avaient pas levé le petit doigt lorsque l’arrogant s’était présenté à nos portes malgré nos traités. Le Nord n’agirait pas ainsi l’honneur était censé ètre une de leurs valeurs cardinales. Mais, je n'étais pas idiot et savais le Stark pragmatique et stratège. L’union qu’il cherchait à mettre en place n’était pas tant censé lui apporter des troupes dans le nord pour lutter contre les sauvageons mais des troupes dans le sud pour disposer d’un allié de poids face à Harrenhal. Ysilla n’était pas une princesse et les Arryn pourraient toujours jouer là-dessus pour s’affranchir de certaines obligations. La politique était parfois un jeu révulsant. Or, ce genre d’attitude signait la fin de toute alliance.

Pourtant malgré ce statut d’outsider les autres prétendantes ne me paraissaient pas éminemment crédibles. Argella Durandon était la fille unique d’Argillac. Il n’avait eu ni fils ni même autre fille. Comment pourrait-il se séparer de son héritière pour que celle-ci aille régner sur le nord au côté de son époux ? Léguer le trône à un cousin éloigné, cela ne me semblait nullement possible vu le caractère de l’homme. Qui d’autre ? La Targaryen venue d’Essos elle laisserait donc son trône à son demi-frère et se contenterait de jouer les faire valoir elle la dernière maîtresse des dragons. Restait l’Ouest et Dorne. La guerre couvait en Westeros et cette soudaine appétence pour les mariages et les fiançailles ne faisait que souligner que la guerre se préparait dans les esprits, les cœurs, les manœuvres des uns et des autres. Ce conclave serait donc un lamentable échec.  Un lamentable et tragique échec malgré la volonté du Val, du Bief et de l’Ouest de favoriser la paix. Je pouvais parfaitement comprendre la haine d’une Targaryen ou d’un Stark face à Harrenhal mais ne pouvais que regarder impuissant les étincelles consumer les départs de ce qui pouvait bien devenir le brasier qui nous réduirait tous en cendres. J’éclaire le roi du nord sur la provenance du navire marchand ayant attiré son regard après lui avoir présenté la cité portuaire Valoise à ma manière.

Le commerce est un moyen pacifique d’assurer sa puissance, le bien être de son peuple et de s’ouvrir sur le reste du monde pour découvrir ce qu’il est susceptible de nous apporter. L’autarcie est certes une protection bien utile mais le monde est tellement vaste que se confiner revient à s’infliger une vie avec des œillères. J’ai pour ma part toujours été curieux de ces territoires dont les mestres s’échinaient à dresser les caractéristiques exotiques. Je n’ai néanmoins jamais voyagé en dehors du Val ce qui est paradoxal. Geoville me fait voyager à sa manière j’imagine. Ce que l’on dit est finalement assez proche du compte à leur sujet mais mieux vaut ne pas le leur jeter à la figure, ils sont plutôt irascibles. Et bien j’imagine que chaque peuple a ses forces et ses faiblesses. Certains font de piètres marins, d’autres de piètres cavaliers. Ainsi va la vie. Vous faites un très bon choix concernant Blancport votre majesté et le Nord n’en sortira que plus grandi. Qui sait en effet.

Je me laisse aisément aller à quelques confidences au sujet de ma fille, de la puissance du lien nous unissant et de mes espoirs et craintes concernant son avenir. Je ne suis plus le seigneur de Roche aux runes ou un membre du conseil restreint du Val en cet instant mais simplement un père se confiant à un autre au sujet de l’avenir. Alors certes, il est évident que si ma petite rune comme je l’avais surnommé enfant et qui n’était décemment plus en âge d’ètre affublé d’un tel surnom -puisque la petite rune était devenue une superbe jeune fille ayant héritée de sa mère et de sa grand-mère- devenait princesse puis reine du royaume du nord ma fierté serait proche d’atteindre les cieux naturellement. Comme n’importe quel seigneur le serait à ma place. Pourtant, je savais également que je ne pourrais cesser de m’inquiéter pour elle et me connaissant passerais alors une bonne partie de mon existence à échanger par corbeaux avec elle. Quelque part, une part de moi préférait la voir unie à un Bellmore ou un Froidesaux qu’à un loup. La plus égoïste j’imagine. Mais si le choix final du roi venait à se porter sur elle, cela ne manquerait pas d’ètre un pas décisif pour les relations entre nos royaumes respectifs. Et de cela, je ne pouvais légitimement que me réjouir.

Et, je vous remercie de cette transparence car vous pourriez tout aussi bien me faire miroiter quelque chose que vous n’aviez aucunement l’intention d’accomplir. Cette franchise me va droit au cœur. Je suis parfaitement conscient que mon parti est loin d’ètre le plus avantageux pour un prince de sang et que si une famille royale vous faisait une position celle-ci serait légitimement privilégiée. J’agirais naturellement de même si je me trouvais à votre place votre majesté. Le simple fait que vous vous soyez tourné vers les Royce nous honore énormément ainsi que vous pouvez l’imaginer. En effet, nous ne pourrions qu’ètre sur la même longueur d’onde si cette idée prenait finalement forme. Cette garantie ne m’étonne nullement venant de vous votre majesté et me voilà désormais rassuré à ce sujet quand bien même me connaissant je ne pourrais pas me défaire de mon inquiétude au sujet de son voyage. Tous les pères sont-ils aussi protecteurs que moi ou suis-je un brin abusif ?

Un pressentiment m’amène à penser qu’Ysilla ne deviendrait pas l’épouse du futur roi du plus vaste royaume de Westeros. Vous savez ce genre de sentiment que vous ne compreniez pas et qui vous frappait par surprise comme une flèche tirée au petit bonheur la chance mais qui avait le malheur de faire mouche. En cet instant, je sens la fraicheur de la brise marine et sa caresse salée avec plus d’acuité que de coutume. Mais, ce pressentiment ne vaut pas grand-chose vu le rang même d’Ysilla dans ces négociations. Quoi qu’il en soit, je me rends compte que ma sincère solidarité pour la souffrance nordienne vient de me placer dans une position inconfortable mais ma réponse est tout aussi nette que cette solidaire sortie. Ma fille n’est pour l’heure aucunement princesse du nord aussi je n’ai pas de droit individuel à lever mon ban pour aller guerroyer pour la sauvegarde d’un royaume étranger avec lequel le mien partageait une histoire longue, compliquée et pour le moins sanglante mais ma réponse n’aura nullement trait à cela.  Esquissant un sourire suite à sa remarque sur son fils, je décide de commencer par ce point nullement sujet à polémique.

Ne l’avons-nous pas également été votre majesté ? Jeunes, fougueux et impatients de faire nos preuves. On ne devient raisonnable qu’avec le poids des années sur les épaules car la fougue a cela de merveilleux qu’elle efface les questionnements et pousse à avancer avec vigueur peu importe les épreuves. Fut un temps où nous étions bien plus fougueux que nos propres fils votre majesté. Fut un temps. Et bien il a tout le temps pour en devenir un. Il est vrai que vous loups de l’hiver n’appréciez guère ce titre. Trop pompeux si je ne m’abuse. Laissant défiler quelques instants durant lesquels, mon regard se plonge dans les eaux relativement calmes de la baie des Crabes, je finis par reprendre.

Allons votre majesté. Vous savez comme moi que je ne pourrais lever mon ban sans disposer de l’aval de mes suzerains. Comment réagiriez-vous si l’un de vos plus importants vassaux passait outre votre avis pour mener ses troupes combattre les clans insoumis de nos montagnes. Loin de moi l’idée de comparer la menace sans égale de cinquante mille sauvageons déferlant sur vos terres avec nos belliqueux rebelles mais je ne suis pas sûr que vous accepteriez de voir les forces de votre royaume amputé pour les intérêts d’un royaume étranger. Je vous ai dit si cela ne tenait qu’à moi et il s’avère que cela ne tienne pas qu’à ma personne. Pour la même raison que votre premier choix pour votre fils ne saurait logiquement pas être ma fille, je ne puis me permettre de monter dans le nord avec mon ost alors que je suis le gardien officiel de la porte sanglante. Vous savez comme moi que le noir n’attend que le genre de situation qu’est la vôtre actuellement pour frapper dans le dos de ses voisins. Je suis persuadé que c’est là le point principal empêchant la reine Sharra de permettre au royaume d’aider le vôtre.  L’Orage a saigné nos forces lors de la dernière guerre et sans Argilac Durrandon nos effectifs seraient actuellement supérieurs de plusieurs milliers d’hommes. Avec une menace intérieure au cœur de notre royaume, tout mouvement à l’extérieur de nos terres s’avère délicat.

Je sais ce que vous vous dites en cet instant. Que je ne fais que me chercher des excuses. Mais, soyons sincères nos royaumes se sont hais durant des siècles et nous ne sommes qu’à l’ouverture d’une nouvelle voie commune. La situation du nord me touche profondément mais vous m’en demandez beaucoup. Le Val a toujours envoyé ses forçats à la garde de nuit et ce malgré les relations qu’entretenaient nos deux royaumes. Certains politiciens interpréteraient mon soutien martial à la cause du nord de manière erroné et ne se priverait pas d’en user contre moi. Je suis un des poids lourds du conseil et par cette voie je peux agir en vertu de mon amitié envers le nord mais je ne suis pas le suzerain du Val. C’est à la reine Sharra que vous devez demander un soutien militaire dans votre campagne contre les sauvageons et non pas à un lord. Nous parlions de fougue à l’instant. Si j’étais encore le jeune homme d’autrefois, je n’aurais pas hésité une seule seconde et serais déjà en train de lever mon ban votre majesté. Mais, je ne le suis plus.
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyMer 18 Oct - 8:45

Les événements allaient prendre une tournure inattendue encore deux ans plus tôt. Le plan élaboré en huit ans n’était pas abouti, il n’était pas prêt non plus et il était évident que je n’avais pas anticipé la rebéllion de la Néra, qui aujourd’hui changeait tout. Je pensais qu’Harren viendrait achever le Val déjà largement diminué. Il en avait les capacités, tant militaires qu’économiques. Il avait assuré ses arrières avec l’Ouest et avec le Bief. Il avait la force navale pour opérer un contournement, une fois la flotte de guerre des Iles de Fer et du Conflans amarrée à Sombreval ou dans l’embouchure du fleuve, à Salins. Il aurait pu faire s’effondrer la « première puissance de Westeros » d’un coup de mâchoire, comme ce qu’on racontait des squales gigantesques qui infestaient le Détroit dans certaines zones. Mais il ne pouvait plus le faire. Plus avec Peyredragon sur le dos, même s’il s’agirait bien vite du combat de David contre Goliath ; Peyredragon pouvait tout au plus recruter dix à quinze mille hommes et encore, en puisant trop largement dans son seul corps de métier qui soit stratégique, sa marine. Des mercenaires, peut-être ? Le Noir avait lui aussi les ressources pour en attirer un grand nombre. Peyredragon avait encore un dragon, d’ailleurs. Que je n’avais pas encore vu ; hors de question pour la Targaryen de l’amener à ces discussions. Bref. Peyredragon n’arrêterait pas bien longtemps le Noir. Pas tout seul en tout cas.


L’Orage serait un morceau autrement plus difficile à avaler. Le Durrandon n’était pas le meilleur stratège de Westeros, car il semblait avoir toujours manqué, de son propre aveu, du talent politique pourtant nécessaire à tout chef de guerre. Il était fin tacticien et grand organisateur, mais il ne savait pas exploiter ses victoires. Encore tout à l’heure, il m’avait confié en riant qu’il avait une fois perdu trois jours à se perdre dans un bordel de la Néra plutôt qu’à poursuivre l’armée valoise vaincue vers les Portes Sanglantes. Bien sûr, il en rajoutait. Mais ça ne changeait rien au fait qu’il serait un morceau coriace, avec son armée semi-professionnelle, pour les larges armées de conscrits et de marins d’Harren le Noir. Quoiqu’il en soit, il n’en reste pas moins qu’au lieu de devoir porter assistance à un Royaume de la Montagne en difficulté, il y avait des chances pour que mon ennemi se disperse de lui-même sur un large front qui pouvait laisser à nouveau une grande valeur à la manœuvre, à la prise d’initiatives. Cela faisait longtemps que je voulais rationnaliser la mobilisation et le déplacement comme le ravitaillement des troupes ainsi déployées, j’avais déjà tâté le terrain auprès de la noblesse, enfin mûre pour quelque réforme d’envergure de notre appareil militaire, au moins de son organisation en tout cas.


Le Royce me parle de commerce, du pouvoir de l’argent comme de celui de l’entre-soi. L’homme me fait part de son désir de voyage et de découverte. Je ne le partageais pas. Le vent faisait voleter mes cheveux autour de mon visage, tanné par le soleil sans chaleur du Nord, par le froid et la rigueur des éléments.[ :i]


| Je n’ai jamais eu envie de voyager. Le Nord est déjà si vaste, qu’il m’a fallu une vie pour le connaître en entier. Et l’étranger ne nous a jamais trop réussi, au Nord. Si je parviens à revenir en un seul morceau, ce sera bien ma première escapade à bientôt quarante ans, qui se sera achevée sans effusion de sang. |


[i]Je ne savais pas si Jon, de son côté, était plus prêt que je ne le fus jamais à embrasser l’étranger, en couchant avec comme je le préparais peut être. Il était si jeune, mais après ce qui se préparait au Nord, il ne pourrait plus jamais être qualifié de garçon. Je savais qu’il avait déjà flirté avec de jeunes nordiennes. Elles le trouvaient séduisant, de ce que j’en avais vu. Un jeune prince, fougueux et déjà la mine austère du guerrier qui avait survécu… Il n’avait pas encore fait ses preuves, mais il avait malgré tout cet élan irrésistible de la jeunesse qui renversait tous les obstacles. S’il survivait à la campagne à venir contre les sauvageons, elles se damneraient pour passer une nuit avec lui, comme elles se damnèrent jadis pour une autre portée de loups, du dernier au premier-né sans le moindre scrupule. Mes frères me manquaient tellement ; je ressentais leur manque et leur absence chaque jour que les Anciens Dieux faisaient. Ils auraient pu m’aider à sauver le Nord, à le mettre définitivement à l’abri. L’homme me parle avec une grande franchise, en tout cas. Me parle de cœur, mais pas dans le sens sentimental ; cela faisait plutôt écho au sens de l’honneur familial, sans nul doute. Je ne pouvais que frémir moi-même à ce qui attendait mes enfants, l’une expédiée à la cour du Roc, au diable vauvert, tandis que les deux autres me suivraient dans un maelstrom de mort et de sang. Quand viendra la guerre, la vraie guerre, là Lord Royce craindrait pour de bon pour sa progéniture, et il en perdra totalement le sommeil.



| Oh, je ne peux vous cacher que je ne connaissais votre maison que de nom. C’est Sa Grâce la Reine Sharra qui vous a suggérés pour remplir cette mission, si elle devait avoir lieu, car il n’y a pas de femmes Arryn de l’âge de mon fils, autrement. Je ne vous cache pas non plus que je préférerais voir mon fils épouser une future dirigeante pour m’assurer de la solidité de l’alliance à venir, mais je ferais avec les moyens à ma disposition et je ne doute pas que les Royce compensent en honneur et en force ce qu’une jeune princesse aurait pu apporter à mon fils. Votre nom est suffisamment ancien et plein de lustre, qu’il ait été entendu à Winterfell malgré la guerre permanente sous laquelle nous vivons ; l’essentiel des familles sudiennes ne sauraient en dire autant. Et j’imagine que vous-même auriez pu espérer un promis plus proche à votre fille. Peut-être aussi quelqu’un de moins frustre qu’un Stark de Winterfell. Jon est un jeune homme talentueux et capable… Passionné. Dans tous les aspects de sa vie. Je ne puis vous garantir que votre fille se ferait à cette terre de luttes permanentes pour la survie, mais au moins se fera-t-elle aisément à sa vie aux côtés du jeune Loup. |


Si elle savait se faire aimer de lui. S’il montrait la fidélité et l’honneur que j’étais en droit d’attendre de mon fils, même si je savais bien que les tentations étaient nombreuses pour un jeune Roi. Moi, j’avais eu Sigyn pour me serrer la visse. Si j’avais eu le malheur de culbuter une gueuse, j’aurais pu m’attendre à me faire battre à coups de tisonnier une fois endormi dans le lit conjugal. Ou alors, me faire arracher les parties à coups de dents. Sigyn ne m’aimait pas, en tout cas pas au début, et certainement pas à la fin. Mais cela ne l’avait pas empêchée de se montrer possessive ; j’étais SON Roi avant d’être celui des autres. Il y avait cet aspect exclusif dans notre relation, qui nous avait parfois aidés, ou parfois empoisonnés. Bref. C’était fini depuis longtemps. Maintenant, il ne me restait plus qu’à l’idéaliser, à le rêver. A penser que j’avais changé, que j’étais devenu quelqu’un d’autre de plus sage.


| C’est un fait que nous avons mûri. Mais je dirais qu’il y a chez nos jeunes hommes d’aujourd’hui, l’appréhension supplémentaire de ce que sera leur propre histoire sachant l’enchaînement d’événements dramatiques qui nous conduit tous sur le chemin de la guerre, tandis qu’ils ont en sus la lourde tâche, née de notre propre gloriole, de vouloir nous égaler. Mon propre fils s’est mis en tête, j’en ai peur, d’égaler –sans leur fin funèbre- les exploits de la fratrie qui l’a précédé, pour se montrer à la hauteur de son héritage. Sans doute aurais-je eu la même réaction à son âge si mon père aurait encore été en vie, mais j’avais la « chance », dès lors que je connaissais le goût et le prix du sang, de ne plus avoir de « modèle » de chair et d’os à suivre. |


Je hochais la tête. Le pouvoir royal, central, des maisons souveraine s’était accru au fil du temps. Il y avait une génération de cela, les nobles partaient parfois en guerre dans des conflits qui ne concernaient pas directement leurs souverains. Aujourd’hui, l’émergence d’Harrenhal nous avait tous forcé de serrer la vis de nos vassaux.


| Oui, je le sais. Vous avez une souveraine de grand talent, qui sait gérer les affaires de son royaume, et qui ne vous impliquera pas, si elle finit par le faire, à la légère. Sur LE fond, toutefois, nos avis divergent, monseigneur. Le sacrifice permanent du Nord pour tous les autres royaumes m’incline au moins à ne pas négliger les causes communes lorsqu’elles se présentent à moi. Si je ne nourris qu’assez peu d’empathie et de proximité avec la cause des rebelles de la Néra, la Reine de Peyredragon et le Roi de l’Orage, je suis forcé de me considérer aujourd’hui comme plus proche d’eux que de la position du Bief, par exemple. Cela dit vous avez raison. Nous n’avons pas de traité avec le Val et même si les discussions évoluent, il est possible que d’ici quelques mois nous nous retrouvions opposés ; les tourments de l’histoire ne sont pas un vain mot sachant les retournements diplomatiques que peut causer un conflit de grande ampleur. Je ne le souhaite pas. J’ai besoin de temps, à défaut de renforts, pour m’occuper de la menace sauvageonne. A l’heure actuelle, c’est la seule chose qui me tient concentré. |




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Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

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Spoiler:
 
Torrhen Braenaryon

Feuille de personnage
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyJeu 19 Oct - 20:28

Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
Au cœur d’un continent sur lequel les guerres entre royaumes duraient parfois des siècles ainsi que pouvait en témoigner l’histoire consignée par les mestres, il apparaissait de manière évidente que la diplomatie était un art essentiel mais pourtant terriblement incertain aux résultats naturellement décevants de par le contexte lourd de rivalités entre autres conflits politiques d’une part et le manque de volonté d’autre part. Les haines séculaires des différents voisins que l’on se trouvait au nord ou au sud freinaient largement toute initiative entreprise au nom d’une quelconque vision apaisée de la géopolitique globale de Westeros. D’ailleurs, force était de reconnaitre que posséder une vision apaisée de la chose représentait en soit un défi bien réel. Et, je pouvais parler en connaissance de cause quant à certains royaumes. La vérité brute était qu’il était bien souvent extrêmement compliqué de passer outre le passé sanglant unissant des voisins. Cela pouvait être en raison d’un proche tombé au combat, d’un père ou d’un fils, de dépravations ravageant un lieu ou de n’importe quelle autre cruauté laissé à la limite de l’imagination humaine. Les raisons ne manquaient aucunement à la poursuite d’une mentalité d’hostilité aux ennemis d’hier. La rancœur à l’instar de bien d’autres sentiments négatifs s’enracinaient plus facilement et plus profondément dans le cœur des hommes et encore une fois je ne faisais nullement exception à la règle.

Or, lorsque l’on ne connaissait l’étranger que sous le visage de l’ennemi il était d’autant plus malaisé de tenter de faire le premier pas dans un sens comme dans l’autre. Pour parvenir à mettre de côté le cœur pour se forcer à la raison, il fallait disposer d’une belle force de caractère, d’ètre un dirigeant conscient de la nécessité d’avancer malgré le poids éventuellement étouffant du passé ou simplement un opportuniste souhaitant gagner du temps afin de s’ôter une préoccupation de l’esprit le temps de faire bouger des pions sur le plateau de Cyvose. Quoi qu’il puisse en ètre, la diplomatie était un domaine bien inconstant à Westeros à l’instar des alliances qui se formaient au gré des intérêts convergents de manière plus ou moins temporaire, suivant une doctrine partagée ou tout simplement pour des raisons stratégiques diverses. On ne s’alliait pas avec ses voisins sur notre continent mais avec les voisins de ses voisins afin de s’arroger une sécurité supplémentaire si des traités militaires avaient été signés. L’adage l’ennemi de mon ennemi est mon ami prenait souvent tout son sens sur notre continent belliqueux en proie à des accès de violence cyclique au cours des âges. Pourtant par bien des aspects, nous nous trouvions à un tournant inattendu de la situation des alliances et de la scène diplomatique. La guerre couvait partout du nord au sud et seuls quelques-uns espéraient sincèrement affaiblir les flammes plutôt que de les attiser et cette fois les choses semblaient différentes. Les choses semblaient différentes parce que la course aux alliances stratégiques et aux mariages pour les lier avec le sang, engagement bien plus solide que les mots était en soit une modeste révolution dans les relations entre royaumes mais une évolution tout de même. Car, l’entre soit avait été la norme depuis des millénaires. Depuis que les innombrables modestes royaumes de rois et de roitelets avaient disparu au profit des puissances que nous connaissons aujourd’hui. Nous nous marrions entre nous, les stratégies d’alliance étaient plus tournées vers l’intérieur que l’extérieur.

Le mariage étant un outil puissant pour régler des querelles, apaiser des différends, récompenser des vassaux, sceller des alliances politiques ou même augmenter drastiquement le prestige de sa maison. La vertu de nos sœurs, de nos filles avait sa nécessité et le signe évident que nous étions en train de changer de paradigme était que j’étais en cet instant sur le rempart du castel de Geoville en train de discuter de l’union potentielle de ma fille unique avec le roi du nord en personne. Une telle perspective aurait été impensable quelques générations plus tôt. Quelques générations plus tôt, un tel conclave n’aurait jamais été organisé non pas parce que les souverains des sept royaumes n’auraient pas voulu y assister mais parce qu’aucun n’aurait eu l’idée ou la volonté ferme de rassembler les puissants de ce monde afin de tenter de les faire s’entendre sur des points sur lesquels nul ne s’étaient jamais entendu depuis des siècles. Quelques générations plus tôt, je serais probablement parti combattre avec mon ban dans le nord et personne n’aurait pu y trouver à redire suzerain ou non car si je devais loyauté et répondre à l’appel de mon suzerain ce que j’aurais pu faire de mes hommes en dehors de cet appel n’aurait regardé que moi. Ou peut être que quelques générations plus tôt mon aïeul n’aurait pas proposé la main de sa fille à un Nordien fut il prince de l’hiver en personne.

Étaient-ce les mentalités qui évoluaient ou simplement que les dirigeants actuels étaient indéniablement plus pragmatiques que leurs prédécesseurs ? La main du noir était en soit notablement responsable de cette évolution. A force de chercher querelle à la plupart de ses voisins il fallait bien s’attendre à ce que ces derniers finissent par chercher à s’unir pour l’arrêter. Peu importe les motivations au final, le changement lui était indéniable et le temps ou chaque royaume ne comptait que sur lui-même semblait bel et bien révolu. Restait maintenant à voir si ce qu’il en sortirait serait résilient si ces alliances et ces grandes intentions étaient capables de résister à l’épreuve du temps ou s’effondreraient tels des châteaux de cartes sous une brise trop vive. Le poids des traditions pouvait se révéler particulièrement pesant. J’étais donc tout autant spectateur de cette évolution politique qu’acteur de par ma position dans le Val et cette possibilité de voir ma maison s’élever encore plus haut que là où elle n’était déjà. L’amitié que je portais au royaume du roi loup teintée de connivence religieuse somme toute naturelle sur un continent ou le culte des anciens dieux ne subsistait plus qu’en majorité au nord du Neck et de compassion pour un voisin valeureux qui avait à subir des outrages comparables à ceux que nous causaient les clans de la montagne me poussait à espérer que quand bien même Ysilla Royce ne devenait pas Ysilla Stark, les discussions entreprises ici, les négociations entre mon royaume et le sien ne débouche pas sur un coup dans l’eau mais bel et bien sur une relation de confiance, de solidarité et de respect mutuel.

Le prestige accru de ma maison m’importait bien peu face à l’intérêt du royaume et l’intérêt du royaume me semblait se trouver dans cette main tendue de part et d’autre. Cette poignée de main diplomatique dépassant plus de cinq cents ans de guerre était un grand pas en avant qui ne devait pas être pris à la légère. A l’échelle de Westeros l’alliance naissante qui se profilait à l’horizon pour nos deux royaumes était irrémédiablement un message d’une certaine teneur mais je m’intéressais également à la dimension plus locale du voisin à un autre voisin. Quoi qu’il en soit toute cette toile de fond dans mon esprit fertile d’analyste aguerri n’entrave en rien mon sens de la discussion ni mon instinct de père aimant, ni de conseiller politique et encore moins de seigneur Valois. Aussi plaisante soit cette conversation que je veux marquer du sceau de la franchise la plus absolue qui soit je suis bien conscient que les choses restaient fragiles entre nos deux contrées et que les efforts n’en étaient qu’à leurs balbutiements. Un retournement de situation majeur et toute cette sympathie pouvait fondre comme neige au soleil. Je nourrissais probablement l’espoir stupide que si les choses venaient à prendre une sale tournure dans nos relations diplomatiques pour une raison ou une autre. Le Stark se souviendrait de cette conversation et esquisserait un modeste sourire plutôt qu’une moue colérique.

Ma vision du commerce et de ses bienfaits évoqués au souverain je laisse ma curiosité naturelle à l’égard du vaste monde prendre le pas sur le reste. Sa réponse m’indique qu’il ne partageait guère mon gout pour l’aventure exotique et je ne pouvais que le comprendre au vu de ses arguments. Je ne vous comprends que trop bien votre majesté. Lorsque l’on a passé son existence à vadrouiller sans intermède il est logique de ne rien désirer de plus que de connaitre enfin la paix de son foyer. Tandis que lorsque l’on a seulement connu la paix de son foyer il n’est guère étonnant de ressentir le contraire. Une vie me dites-vous, je crois que j’aime bien trop le Val pour risquer de mourir loin des terres de mes ancêtres. Le nord est donc si vaste…Un bref sourire éclaire mes traits lorsque je reprends. Je pense que vous êtes en bonne voie d’y parvenir votre majesté. Bien que je pourrais tout à fait comprendre un accès d’exaspération de votre part. Faire un brin d’humour subtil ne semble guère approprié mais l’idée même qu’il puisse dégainer et rompre les négociations d’un coup d’épée me semble risible car le roi du nord semble être un homme intelligent et entièrement dévoué à ses objectifs peu à même de déclencher un incident diplomatique par pur caprice ou frustration. Ce qui est une noble position lorsque l’on est un suzerain. Il allait avoir son comptant de sang contre les sauvageons aussi en faire couler maintenant n’aurait grand intérêt et serait particulièrement décevant venant d’un homme de son calibre.

Une certaine complicité semble présente dans nos propos sur nos enfants respectifs. Je parle avec franchise sans chercher à jouer les politiciens intéressés. Je parle de cœur et avec le cœur sans me cacher. Ma famille était le ciment de mon existence et ma fille Ysilla l’une de mes plus grandes fiertés. Je me doute en l’entendant qu’il en va de même pour ses propres enfants. Il n’y avait rien de plus important que le sang pour bien des gens si ce n’est l’intérêt d’un royaume lorsque l’on était son suzerain. Et, je suis plus que reconnaissant à son altesse douairière d’avoir pensé à la maison Royce pour ces négociations cela va de soi. Les choses seraient en effet bien plus simples si une princesse Arryn s’avérait disponible. Hélas, cela n’est point le cas. Vous me flattez votre majesté, vous me flattez. Il est vrai que ma maison a une histoire glorieuse et que sa force et son honneur sont bien réels néanmoins je comprends parfaitement votre préférence pour l’avenir de votre fils. Encore une fois, j’agirais certainement de même si je me trouvais à votre place. Une alliance de sang à un tel niveau se doit d’apporter des garanties que je ne suis point en mesure de vous fournir à mon plus grand dam malgré toute l’amitié que je porte à votre royaume. Il est vrai que marier ma fille à un compatriote eut été à mes yeux un brin moins douloureux. Mais, la réputation des loups n’y est pour rien. C’est simplement que le père que je suis aurait bien du mal à ne voir sa progéniture qu’une fois par an au mieux. Désir égoïste que celui-ci car il faut bien laisser les enfants s’envoler à un moment ou un autre. Je suis plus que satisfait de le savoir votre majesté car au-delà de l’alliance de nos deux contrées c’est le bonheur de ma fille qui me préoccupe comme tout père aurait à cœur celui de son enfant dans la mesure du possible.

La discussion quitte le terrain du mariage potentiel de la rune et du loup pour se porter sur la génération de nos fils, la fougue naturelle de la jeunesse et les risques de cette dernière. Mon fils unique n’était qu’un gamin pas encore un enfant aventureux et encore moins un adolescent mais il n’en restait pas moins que je ne doutais nullement qu’il serait aussi fougueux que je l’avais moi-même été dans mes jeunes années. Il était un Royce après tout. Et puis, je pouvais toujours comparer à la nouvelle génération de nobles qu’il s’agisse des fils de mon parrain Jasper Veneur ou d’autres membres de la jeune garde. Il est vrai que la nouvelle génération doit composer avec un présent particulièrement sombre et compliqué et qu’elle ne verra plus le monde de la même manière suite à cette grande guerre qui couve si elle venait à se concrétiser. Car, c’est bien souvent dans l’horreur de la guerre que meurent les derniers vestiges de l’insouciance. Donnel est bien trop jeune pour tout cela mais chaque fils de seigneurs ou de chevaliers du royaume n’a qu’en tête de défendre le royaume comme leurs pères face à l’Orage et le Sel et le roc avant celui-ci. Le poids sur leurs épaules est aussi lourd qu’il ne fut sur les nôtres si ce n’est plus comme vous le dites votre majesté car les temps à venir semblent porter les germes d’une terrible tragédie. Nous avons certainement tous pris nos pères en modèles mais espérions secrètement dépasser leurs exploits. Ainsi va la vie. Nous finissons il me semble par nous affranchir de ce modèle à un moment ou un autre. Il en sera de même pour votre fils votre majesté. Quel âge a le prince ? Mon expression se fait plus grave alors que nous passons au sujet de la solidarité entre royaumes, de la prédominance des maisons suzeraines et la menace sauvageonne pesant sur le Nord.

Et si la reine Sharra venait finalement à décider que le Val monterait dans le Nord pour soutenir son voisin et je l’espère nouvel allié, je serais certainement le seigneur de ce royaume le plus déterminé à œuvrer à l’annihilation de la menace ayant passée le mur. Dans le cas contraire, je serais fort désolé de son choix mais pourrais le comprendre. Vous avez raison votre majesté votre situation vis-à-vis du mur tempère le degré de comparaison que j’ai pu faire entre nos deux situations. Nos avis divergent certes puisque la position Valoise sur la scène diplomatique que je soutiens serait en effet quant à elle plus proche de celle du Bief ou du moins de l’Ouest qui est notre allié. Nos avis divergent mais de la même manière que je pourrais comprendre les deux choix de la reine. Je comprends tout à fait votre avis. Les causes communes sont nobles mais pour ma part la situation de la Nera ne m’intéresse que peu là ou celle du nord me préoccupe. Peut être suis-je un brin trop rancunier mais le fait est que tout est question de point de vue dans l’existence. Et, je ne souhaite pas non plus voir un tel retournement diplomatique se produire et encore moins les conséquences qu’il pourrait engendrer votre majesté. Le temps vous est précieux en effet et je me doute que votre esprit est tout entier tourné vers le Nord.
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyLun 23 Oct - 0:04

Me sentirais-je chez moi pour de bon à Winterfell, si je cessais de vadrouiller ? Peut être, mais rien n’était moins sûr. Winterfell, je m’en étais senti dépossédé tant de fois et par tant de choses différentes que je me retrouvais maintenant à considérer ma maison comme la tante d’état-major dont je me servais lorsque je battais la campagne, militaire ou non. Mon foyer, c’était le feu de camp sous l’ouverture centrale, et le lit en peaux et en fourrure qui me servait de couche. Rien de plus approprié, pour un loup. Je n’avais plus de femme depuis huit ans, plus d’histoires aussi complexes que la chose étrange et iridescente que j’avais vécue avec Sigyn. C’était peut être ça finalement, la liberté. Pouvoir aller où je veux, quand je veux, y rester aussi longtemps que je le voulais, et tout ça. Ce que je ne pouvais pas faire quand j’étais marié, car je devais me conformer à un protocole bien plus strict qu’actuellement. Maintenant, plus personne ne venait m’emmerder, et ma réputation d’homme de guerre particulièrement ombrageux arrangeait bien mes affaires, cela me portait à avoir bien plus de patience de la part de mes hôtes, qui me laissaient relativement tranquilles. En sus d’attendre de moins en moins de choses de ma part. Bref. J’échangeais avec le Valois, qui avait l’air relativement jovial, en tout cas heureux de pouvoir converser avec moi, malgré la carapace et la morgue que j’affichais, par déception, du fait du non-aboutissement de toutes ces négociations qui ne servaient plus à rien dans l’immédiat, maintenant que je savais que le Nord une fois encore, combattrait tout seul.


Je le laissais parler, visiblement ravi de la perspective de voir sa fille épouser le futur Roi du Nord. Je me doutais qu’il ne se rendait pas tout à fait compte de la situation réelle dans laquelle nous nous trouvions. Il fallait dire que si je criais « au loup », non sans ironie, cela ne faisait que brouiller paradoxalement le message que je portais. Je n’avais fait qu’éveiller des opportunités, pour les plus mauvais, et que des leviers de négociation pour les autres. Le Nord était prêt à tomber, même si nous n’en étions qu’aux premières batailles c’était l’évidence même, du fait du rapport de force, qu’il était tout à fait possible et envisageable que mon fils se retrouve à la tête d’une bande de gueux qu’il faudrait mener, en anabase forcée, jusque dans un sud supposé plus accueillant. Il me tardait de rejoindre mes troupes. Je n’avais rien à faire ici, où je n’étais pas utile. Loin de là. Le Val avait trop peur du Noir et du Dragon pour se séparer de ses troupes, le Dragon attaquait le Noir a un contre dix, l’Orage voulait se venger du Noir, l’Ouest ne voyait dans tout cela que des opportunités financières, tout comme le Bief, sans parler de Dorne qui s’était mis en tête, sans trop que je comprenne comment, de soutenir Peyredragon. Allez comprendre quelque chose dans la situation présente. J’avais envie de gifler ces nobles dames et de hurler sur ces butors ; le vrai ennemi était au-delà du Mur, et une fois repu de mes loups, ne manquerait pas de pousser plus au sud ! Bref. Je me retrouvais ici, par une belle soirée d’été, à échanger avec un homme qui pourrait devenir, comme moi, le grand-père d’un futur Roi du Nord. Les événements nous poussaient à nous rapprocher, même si je n’avais pas plus le sentiment d’être proche des Valois que le matin même, quand j’échangeais avec leur Reine, si raffinée et si différente des autres femmes, dans le Nord.


C’était d’ailleurs aussi compliqué pour elle de me comprendre que l’inverse. Certes, elle avait perdu son mari à la guerre. Et le Val avait connu quelques autres conflits. Mais aucun qui le ravage profondément, de fond en comble, à l’intérieur même de ses frontières. Sharra n’avait jamais vu de la guerre que les corbeaux qui en revenaient. Et les Valois, si prompts à se targuer d’une grosse bataille contre les armées d’Argilac et d’escarmouches sur la frontière, ne pouvaient se retrouver proches des nordiens qui combattaient chaque année depuis leur naissance contre les Sauvageons, les fer-nés, les riverains, les pirates, les valois même, pour les moins chanceux. Je m’amuse un instant de la réponse du Valois, bien que ma barbe ne se fende pas d’un sourire à m’en dévoiler les dents, mais il y avait malgré tout de l’amusement dans ma réaction.



| Oh, ne présumez pas trop de mon savoir-vivre. Je reste un barbare du Nord, et je suis en présence, même ici dans le Val, d’individus que je ne serais que trop heureux d’estourbir. Et réciproquement, d’ailleurs. C’est tout moi, ça. Je ne peux pas m’empêcher de me faire des amis où que j’aille. |


Je venais peut être de me laisser aller à un rien d’ironie, mais je savais que le Valois n’en ferait pas vil usage ; je n’accordais ma confiance à aucun étranger, et même chez les nordiens c’était une marque de proximité très rare, mais je savais, je sentais plutôt, que l’homme était bien plus porté par l’esprit de l’instant que sur le bête calcul politique de court terme ; il voulait bien placer sa fille, pas fâcher le futur beau-père de celle-ci. Donc j’y allais. Et quand bien même, j’étais las et fatigué ; je ne ressentais pas le besoin de mettre plus de formes que nécessaire dans mon propos. L’homme me parle de l’honneur qu’il ressentait à être ainsi mis en avant par la Reine Arryn, et je ne pouvais que hausser les épaules, en réponse tout aussi honnête que sa propre franchise. C’était sans doute cela qui gâtait le plus mon « talent » diplomatique.


| Je ne peux pas vous garantir son bonheur. Le père que je suis ne supporterait pas ce mensonge, alors je ne vous l’infligerais pas. Winterfell est une base militaire avant d’être une capitale et la totalité de la vie du Nord est rythmée par l’équipement et l’approvisionnement des troupes. Ce n’est pas là mon rêve, mais pour le moment c’est malgré tout sa réalité, son existence, son passé, présent et avenir au moins proche. Si elle vient, elle basculera dans un environnement marqué par une bélligérance de tous les instants. En vingt et une années de règne, je n’ai pas connu plus d’un an sans raid fer-né ou sauvageon, sans invasion des riverains. Une année complète. Cela fait officiellement huit ans que mon royaume est en paix. Et sur ces huit années on recense plus d’une trentaine de raids d’envergure diverses des séides du Noir… Sans parler des sauvageons, dangers constant pour les terres du Septentrion ou de l’est, les Bolton ont reçu dix ans plus tôt la visite de sauvageons jusque dans leur château, les Mormont ont dû se défendre au moins une dizaine de fois en autant d’années… Si votre fille vient, ce sera pour soutenir un peuple en guerre de façon presque permanente. Et pour cet état de fait bien précis, je ne peux pas certifier qu’elle sera heureuse. |


Parce que plus encore que dans d’autres situations, l’impératif de donner des enfants à Jon serait plus fort, plus élevé. Elle allait devoir enfanter, et le plus tôt serait le mieux. Et dans l’idéal, elle ne devrait cesser de le faire que lorsque les dieux lui retireront sa faculté à procréer. Dans l’intervalle, elle pouvait donc engendrer toute une nouvelle génération de Stark dont la tâche, non moins ardue que pour leurs prédécesseurs, serait alors de défendre un royaume assailli de toutes parts. Je ne savais pas si elle avait les reins pour cela. Si elle était capable d’aller au bout. Pour le reste, je hochais la tête, l’air plus grave. Je n’excluais rien, dans la situation présente. Demain, je pouvais être allié avec l’Ouest et envahir le Conflans. Ou partir soutenir Dorne, ou l’Orage, en usant des premiers navires de la toute nouvelle flotte nordienne. La seule certitude dont je disposais, c’était que le Noir paierait le prix de sa bélligérance.


| Il a seize ans. Il en aura dix-sept lorsque nous marcherons contre les sauvageons. Pour le reste, le Val n’interviendra pas. Je n’ai pas encore le mot de la fin, mais si cela avait dû être envisagé je l’aurais déjà fait acter par votre souveraine. Le Val se réfugie derrière ses montagnes et ses forteresses, et l’amitié désormais du Nord… Votre Royaume s’engagerait, si l’on va au bout du processus, à nous assister dans le cas d’une attaque sudienne qui, connaissant mon vieil ennemi, ne tardera plus maintenant que les sauvageons avancent depuis le septentrion. Que feront alors les nobles de votre royaume, honoreront-ls cette alliance ? Les nobles et gueux du Val auraient ils à cœur de venir mourir pour les nordiens ? Je l’espère. Car mes nordiens me suivront sans sourciller si le Val devait être attaqué et que nous étions appelés à la rescousse. Bien sûr, cela ne fait pas d’eux de meilleurs hommes, j’imagine que la plupart d’entre eux seraient tentés pour les uns par votre or, pour les autres par vos femmes, et le reste par pure vengeance pour un ennemi commun. L’avenir nous dira à quel point les liens échangés avec Sharra Arryn seront solides, entre nos deux royaumes. Mais vous avez raison, au fond. Je ne suis pas fait pour ces fêtes et mondanités sudiennes. Au Nord, mon armée se bat déjà et recule sous la pression d’un ennemi inombrable. Il m’en coûte d’être ici, bien que cela me change d’air, car jamais je n’ai laissé l’armée se battre sans moi, et l’organiser d’ici m’arrache dix mètres d’entrailles. Je connais la plupart des hommes qui se battent et meurent en ce moment même, la plupart sont des vétérans de plusieurs campagnes que j’ai au moins aperçu. J’ai beaucoup misé sur l’intérêt d’aller au sud et de compenser mon absence par une compensation en terme d’or, d’alliances, de renforts, mais je ne reviens pas les bras aussi chargés qu’escompté. Tant pis. J’aurais au moins accompli ce devoir-là, avant de retourner accomplir mes autres obligations auprès de ceux qui meurent déjà pour moi. |




~~~
Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

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Spoiler:
 
Torrhen Braenaryon

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Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 38 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Torrhen Braenaryon
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Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyLun 23 Oct - 19:10

Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
L’expression sombre et naturellement soucieuse du roi loup semble se fissurer l’espace d’un infime instant pour dévoiler un sourire d’amusement sans éclat car les crocs du rugueux prédateur restent à leur place et ne font point la grâce d’étinceler sous ma boutade. Qu’importe que le soleil n’éclaire guère ces traits rudes et en cet instant même aussi pensifs que depuis l’arrivée de cette tête couronnée dans le prospère royaume du faucon car cette simple ébauche de manifestation d’un autre sentiment que ceux qui doivent légitimement animer l’esprit de l’invaincu est déjà une modeste mais réelle réussite. Pour ma part, je ne peux réprimer un bref éclat de rire suite à sa réponse teintée d’une pointe non négligeable d’ironie. Je suis néanmoins conscient que son humeur ne se prête guère à une telle jovialité mais je suis ce que je suis. Et l’on ne change que bien difficilement au cours de l’existence. Certains n’y parvenaient même jamais malgré bien des efforts.

En ce cas votre majesté, je vais rester sur mes gardes. En espérant ne pas faire partie de ces individus que vous ne seriez pas fâché de pourfendre car l’on dit de vous que vous êtes un bretteur redoutable. Il est vrai que certains y parviennent mieux que d’autres. Une question de caractère à n’en point douter. Cette agréable parenthèse de détente verbale dans un contexte relativement tendu à l’échelle de ses propres préoccupations achevée. La discussion bascule dans la direction de la potentialité du mariage d’Ysilla et du prince Jon Stark. Je me laisse aller à des confidences de mon point de vue paternel et parle avec le cœur bien plus que la raison politique. Je ne cherche pas à calculer quoi que ce soit au cours de cette entrevue mais à entrapercevoir le futur potentiel de ma fille aînée sans cacher la fierté que celui-ci ne manquerait pas logiquement de m’apporter ni l’inquiétude qui allait de pair avec une telle perspective. Je ne masquais rien et me montrais particulièrement franc avec le roi du nord car si le destin et l’homme debout à mes côtés décidaient de faire d’Ysilla une Stark, je représenterais le pont entre le Nord et le Val et aurais un roi étranger pour beau-frère. Si cette relation venait à se concrétiser ce dont je doutais quelque peu désormais tout en l’espérant néanmoins fortement car ce mariage représenterait bien plus que l’élévation de la maison Royce à un nouveau statut.

Bien plus que de telles prétentions à l’orgueil car touchant directement à la vision que nos deux royaumes avaient toujours eu l’un de l’autre. N’étant pas un Arryn et donc nullement père d’une Arryn je savais bien que tout cela restait et resterait extrêmement fragile en cas d’achèvement. Mais, il suffisait parfois d’une belle dose de bonne volonté pour accomplir des choses que l’on clamait impossible à accomplir. Il y avait bien des moyens de solidifier une alliance. Et ce même sans princesses, des nobles nordiens pouvaient prendre pour épouses des Valoises à l’instar de leur prince et inversement des nobles Valois pouvaient prendre des Nordiennes pour épouses. Lorsque l’on voulait vraiment accomplir quelque chose…Mais, je n’étais pas sûr que mon royaume souhaitait vraiment certaines choses. La reine Sharra était pragmatique, compétente mais elle n’était pas Jehan. Si la veuve avait embrassé la vision de son défunt mari, elle l’appliquait à sa manière. L’intérêt du Val passait avant tout et je partageais cette vision mais j’étais de ceux pour qui le pragmatisme trouvait ses limites dans l’honneur. Sinon à quoi bon affirmer que la devise du royaume était une ode à la plus grande des valeurs chevaleresques.

Un sourire fend de nouveau mes lèvres devant le haussement d’épaules royal. La diplomatie nordienne était assurément plutôt sommaire à moins que cela ne soit que l’effet de l’état d’esprit compréhensible du loup. Mon sourire se pare d’une certaine tristesse suite aux propos sans fard du Stark. Hélas votre majesté le bonheur semble un concept utopique dans une époque comme la nôtre. Et, je ne suis que trop conscient qu’il est hors de portée de bien des gens pour des raisons tristement évidentes. Mais, le père que je suis n’a guère pu s’empêcher de penser au bien être de son sang ce qui est un brin égoïste vu ce que traverses votre royaume.  Au vu ce que vous venez de m’exposer je ne puis ètre rassuré sur son sort si elle devenait reine du nord mais je vous remercie une fois de plus de cette sincérité. Je comprends désormais votre point de vue sur bien des questions car le mien serait probablement similaire en pareilles conditions. Votre royaume est peuplé de braves votre majesté. Je n’en ai personnellement jamais douté et m’échinerais à ce qu’il en soit de même autour de moi. Je pense qu’Ysilla aurait les épaules pour remplir une telle fonction de lumière au milieu de ténèbres permanente mais en effet le bonheur serait bien difficilement accessible.

A moins que le courant ne passe extrêmement bien avec votre fils et qu’il puisse être son roc quand elle serait le sien. Pour ma part, je pense que je risquerais de défaillir de crises cardiaques au moindre corbeau inquiétant. La situation du Nord est tragique mais je comprends mieux d’où vous vient cette mine austère. Votre peuple saigne plus qu’aucun autre aussi je ne pense pas que le bonheur de ma fille soit une priorité dans l’équation. Encore une fois, si votre fils s’avère un bon époux pour elle je pense qu’elle s’en contentera. Un tel statut ne saurait guère ne pas valoir de sacrifices et contrairement à ce que vous vous dites probablement en cet instant Ysilla serait capable d’en faire. Le drame serait identique pour n’importe quelle jouvencelle de ce continent princesse ou non votre majesté. A moins que vous ne marriez votre fils à une femme plus âgée que lui et donc plus à même d’encaisser certaines choses.


Je ne doutais nullement que tout serait rude pour ma précieuse enfant. Du dépaysement au bruit incessant de la guerre en passant par les longues séparations avec son époux sans compter la distance la séparant de son royaume de naissance. Je savais tout cela. Je savais qu’elle devrait enfanter rapidement vu les menaces planant sur notre voisin. Car la première fonction d’une reine était d’assurer la continuité d’une lignée. Je savais que cela serait plus qu’éprouvant. Je n’étais pas aveugle. Je le savais dès le moment où j’avais accepté la proposition de la reine Sharra. Qu’on le croie ou non, je n’aurais jamais accepté de proposer ma fille pour ce marché si je ne la pensais pas capable d’incarner l’alliage du bronze et de nos runes chez les loups dans un environnement naturellement hostile. Sharra ne m’avait pas forcé la main et malgré la différence de foi une autre maison prestigieuse du royaume aurait pu se trouver à ma place. Ma relation avec ma fille était telle que je lui avais parlé franchement de tout cela dès que la proposition était arrivée. Ses mots m’avaient rassuré maintenant cela ne m’étonnait guère que le roi soit dubitatif. Après tout la vie dans le Val n’avait rien à voir avec celle dans le Nord et Ysi était encore jeune. Seize années à peine.

Dix-sept ans donc. En effet, votre majesté passons nous de langue de bois je doute fort que nous intervenions dans votre guerre contre les sauvageons car la reine aurait déjà pris des mesures vis-à-vis de notre armée dans le cas contraire. Le nord devra donc faire face seul à cette menace inexorable et vous m’en voyez plus que navré je vous prie de le croire. Nous avons des montagnes pour nous protéger à l’instar de Dorne votre majesté certes mais ces montagnes n’ont pas empêché notre armée de se faire saigner au cours de notre dernière guerre. Il me semble que vous avez de votre côté les marais du Neck et Moat Cailin. Je vous l’ai dit et ne m’en cache nullement la mentalité Valoise est fortement teintée d’isolationnisme. C’est un fait. Je ne puis prétendre parler au nom de tout le royaume car je n’en suis nullement le suzerain mais sachez que pour ma part mon ost obéira à mes ordres et ces ordres seraient conformes à l’honneur. Que mes soldats et bannerets aient à cœur ou non de venir mourir pour honorer notre alliance m’importe bien peu car je peux vous assurer qu’ils le feraient que cela leur plaise ou non. De par ma position politique, je pense pouvoir affirmer que les familles fidèles aux anciens dieux suivraient mon exemple. Je ne saurais me voir fustiger ou condamner par la couronne du faucon car je ne ferais qu’agir ainsi en accord avec les termes de l’alliance. Et, je pense que cela leur forcerait la main.

Maintenant, je ne peux néanmoins rien vous promettre car comprenez bien que je suis un loyal vassal de la couronne et que si cette couronne me contraignait à quelque chose je n’aurais d’autre choix que de m’exécuter. Je pense pour ma part que les Valois devraient se contenter de la vengeance contre le noir sans vouloir vous offenser. En effet, seul l’avenir nous dira si ma reine voyait en vous un simple outil ou bel et bien un allié solide. Cependant, je pense que vous vous doutez que cela serait plus aisé si le noir frappait le premier coup contre vous plutôt que l’inverse. Je comprends votre ressentiment à son encontre mais comprenez que le Val rejette les prétentions de tous les conquérants quels qu’ils soient. Et pour avoir accompli ce devoir alors que cela vous coûtait autant, je pense pouvoir affirmer que vous êtes un bon roi votre majesté.  C’est d’or, d’acier et d’hommes que vous avez besoin mais sachez que mes prières à nos dieux accompagneront votre lutte.

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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptySam 28 Oct - 13:24

La guerre m’appelle. Je le sens dans mes os, dans mes veines. J’ai envie de chevaucher sur les sentiers du bois aux loups, de remonter les colonnes d’hommes d’armes et de hallebardiers, de gueuler des ordres pour dégager les chariots qui comme d’habitude, ne manqueront pas de s’embourber sur ces mauvais chemins. Qu’importe. J’avais juste besoin de ça. Me sentir utile, et guider tout ce petit monde vers un drame un peu moins désastreux que ce qui se passerait sans moi. Ce n’était pas de l’arrogance, mais simplement du pragmatisme. L’armée du Nord ne se battait jamais aussi bien qu’en présence de son souverain. C’était ainsi. Certains royaumes, certaines cultures, étaient moins portées et soutenues par leurs rois et plus par d’autres grands nobles ou grands capitaines. C’était ainsi. J’avais habitué mes meutes de loups à compter sur moi, cela les rendait plus forts. Mais je devais continuer, maintenant. Si je n’y allais pas, mes officiers allaient se disputer le commandement et les uns comme les autres seraient plus guidés par la défense de leurs propres terres alors que l’ensemble était menacé. Prioriser les actions serait donc le plus dur, et aussi le plus important. Si on se laissait emporter par la passion, beaucoup de gens allaient mourir inutilement et arrêter la horde serait plus dur que jamais. Bretteur redoutable… Mouais. Je nepouvais pas dire que j’étais un manche ; loin de là. Vingt années de guerres ouvertes ou d’escarmouches et j’étais là quand tous les autres, en dehors de Conrad, étaient morts. Je n’étais donc pas mauvais.


| Rien à voir avec les esthètes de l’épée que l’on a vanté durant le tournoi ; je ne m’illustre pas tant par la beauté du geste que par la férocité liée au désir viscéral de survivre et de surpasser mes ennemis. C’est tout. La bataille, vous l’avez connu, n’est jamais qu’une boucherie. Etre un bon boucher et être un bon bretteur est peut-être lié ; mais je n’aurais sans doute pas pu l’emporter devant ces danseurs d’eau comme on dit à l’est ; si je ne pouvais pas les tuer, je n’aurais pas pu avoir le dessus. Veuillez me pardonner, monseigneur. Les divagations d’un vieux loup. |


Entre ça et la futilité d’un tournoi, on expliquait facilement pourquoi je n’y avais pas participé. Je n’avais pas les compétences techniques pour surpasser quelqu’un sans chercher à le tuer, et je n’aurais de toute façon pas été très bon sans Glace, sans doute interdite puisqu’aucune lame ou armure ne saurait résister à ses assauts, violents à l’extrême sans nul doute lorsqu’elle était maniée par mes soins. Tuer était devenu un réflexe, vital. Si je tirais l’épée c’était pour en jouer contre Conrad, ou plusieurs de mes gardes-loups pour que l’entraînement soit plus dur, plus intense. Quoiqu’il en soit, je ne prendrais pas le risque de tuer un jeune paon du sud dans un duel à l’épée, de le tuer bien salement devant tout un public, alors que j’étais plutôt venu pour me faire des amis que l’inverse. Parler de mariage était pour moi moins aisé que de parler de guerre et de mort ; je n’avais pas réussi le mien, que je n’avais pas su négocier non plus. Mes frères avaient été heureux quand ils avaient eu leur propre union à préparer et à vivre, je n’avais pas raté cette part. Mais marier des capitaines était plus facile que de jouer de l’avenir de royaumes, entre l’amour et le respect du mari et la fertilité de la femme, le trio gagnant et pourtant aléatoire selon le tirage qui en était fait. Je ne saurais m’avancer pour le bonheur d’une femme.


| Je pense que le Prince du Nord se comporterait bien, avec respect et avec humilité, avec celle qui sera son épouse. Elle pourra être la femme la plus heureuse du monde. Si elle conquiert le cœur du jeune loup, il lui sera à jamais loyal. Et je serais là de toute manière, comme garde-fou. Les mariages princiers ne sont pas toujours de tout repos et vous pouvez compter sur moi pour prendre toutes les précautions pour que les choses se passent bien, et éviter tout malentendu entre les deux partis. |


Ce n’était pas plus rassurant mais il n’en restait pas moins que c’était un engagement relativement solennel que je prenais. J’avais une mine austère, donc. La vérité du seigneur valois ne me prenait pas de cours ; je trouvais ces gens là bien plus agréables et diserts autant que francs, ce qui me changeait agréablement de bien des gens que j’avais pu rencontrer à Goeville, issus d’autres royaumes. Qu’importe, au final. Je ne savais pas encore qui Jon finirait par épouser ; j’avais reçu des débuts de proposition de l’Orage notamment, mais pas seulement. Tout restait à l’étude, à un moment où le contour des alliances et des allégeances respectives était encore particulièrement flou et peu à même de donner la moindre certitude. Jon voudrait d’une princesse, de cela je ne doutais pas. Mais elles avaient tendance à toutes se retrouver vite prises ; le choix se restreignait et je n’étais pas prêt à tout accepter pour le bonheur de mon fils, conditionné à mon sens par le bonheur du Nord. L’homme m’explique poliment que le Val ne bougera pas, pas à moins que le Noir ne nous envahisse, ce que j’étais sûr qu’il ne manquerait pas de faire. Mais une retenue, même à ce stade, ne m’inclinait pas encore à accorder trop grande confiance aux seigneurs de la Montagne. Harren viendrait toquer à la porte du Nord à Moat Cailin et sur nos côtes pendant que j’engagerais la campagne contre les sauvageons, j’en étais certain. Est-ce que le voisin viendrait se plaindre du bruit, comme il venait de s’engager à le faire par traité ? Aucune certitude à ce stade, mais je n’avais aucun moyen d’en obtenir. Les seigneurs de la montagne, pleins de morgue, se targuaient de leur honneur, mais comme le disait Lord Royce ils avaient surtout tendance à ne pas intervenir. Je me retournais vers lui.


| Eh bien, soit, combattons seuls encore une fois. Nous verrons bien si le Val tiendra parole lorsque les bandes de pillards viendront à nouveau razzier nos côtes et les bataillons riverains camper sous les remparts humides de Moat Cailin ; il n’y aura pas de meilleure preuve que l’état de fait, lorsque le moment sera venu. Il fut agréable d’échanger avec vous, Lord Royce, mais je dois maintenant me retirer. J’ai beaucoup de travail cette nuit, pour organiser la campagne déjà en cours sur mes terres. Bonsoir. |




~~~
Soothsayer, can you save them?
Can you see the streets in blood?
The remnants of your name?
Soothsayer, can you save them?
Soothsayer, let these words set you free
And now, give this leave and come away with me

~~~


Spoiler:
 
Torrhen Braenaryon

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MessageSujet: Re: Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ]   Dessiner l'ébauche d'un avenir commun - [Flashback- Terminé ] EmptyMer 1 Nov - 20:24

Dessiner l'ébauche d'un avenir commun
La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante. Ne rien dire, surtout en parlant, c'est la moitié de cet art qu'on appelle la diplomatie. •••
Les divagations d’un vieux loup sont âpres mais lucides votre majesté et en effet toute bataille n’est ni plus ni moins qu’une boucherie. Selon moi le lien entre le bon bretteur et le bon boucher est évident car l’on ne peut être l’un sans l’autre. Que voulez-vous il faut croire que nous aimons parader. Je ne vous cacherais pas quitte à être encore en plus basse estime à vos yeux que j’apprécie bel et bien cette parade. Les rugissements de la foule, la sensation d’union avec la monture, le monde ne se résume qu’à l’étroite vision offerte par le ventail l’espace de quelques instants et puis c’est le choc. Vous vous battez comme un loup et nous nous battons comme ce que nous sommes. Aussi, je ne m’attends pas à ce que nous trouvions un terrain d’entente sur un tel sujet votre majesté.

L’amertume et la pointe de mépris palpables dans les mots du roi du nord n’indiquent que trop bien une seule chose. Qu’il regrette probablement d’ètre descendu chez ses voisins pour participer à un conclave entrecoupé de festins et de tournois alors que son peuple souffrait chaque jour un peu plus de l’invasion sauvageonne. Je ne le comprends que trop bien car je ressentirais certainement la même chose si je me trouvais loin du Val au moment d’une révolte massive des montagnards. Je crois même pouvoir affirmer que mon humeur serait bien plus massacrante que la sienne.

Je n’en ai jamais douté votre majesté. Voyez-vous qui me disiez que le prince n’a rien d’un gentilhomme. Il semblerait qu’il en ait néanmoins les germes. Puisse sa future union être longue et heureuse peu importe la jeune femme qui deviendra son épouse. Je prends note de vos paroles qui sont entendues à leur juste valeur et qui me rassure grandement dans l’optique de la potentialité qui nous unit.


J’appréciais son engagement solennel à sa juste valeur. Les paroles d’un roi avaient une portée sacrée et par conséquent je me sentais plus qu’honoré que le Stark ait pris la peine d’entendre mes inquiétudes somme toute légitimes mais néanmoins futiles à un tel niveau politique et d’y répondre d’une telle manière. Et ce alors que je sentais de mon côté, que mon royaume n’était pas entièrement honnête dans sa démarche vis-à-vis de son voisin. Se servir d’un royaume étranger comme bouclier était certes pragmatique mais dénué de fierté et d’honneur. Deux qualités que je me targuais personnellement de posséder en tant que Valois. Peu importait de quoi l’avenir serait fait. Peu importait si ce mariage se faisait et propulsait ma maison à une autre échelle.

Peu importait que nos royaumes se tournent malheureusement le dos pour des raisons peu louables ou que le jeu des alliances nous tourne l’un contre l’autre. J’avais rencontré le roi du nord et pu me faire une idée assez poussée du genre d’homme qu’il était et cet homme me plaisait. Ce respect, cette franchise, cette amitié pour son peuple que j’éprouvais ne disparaîtrait pas. Il la tiendra votre majesté. Tout le plaisir et l’honneur furent miens. Je vous remercie pour cette entrevue et vous souhaite du courage pour la suite des événements. Bonne fin de soirée à vous.

Ma première affirmation vient du cœur et non de la raison car je ne puis prétendre savoir de quoi demain sera fait. Je sais que de par ma position je pourrais tout juste plaider d’une certaine manière mais si le Val ne respectait pas le traité, je n’y pourrais décemment pas grand-chose. Je reste là debout face aux flots paisibles durant un laps de temps abstrait jusqu’à ce que mon épouse me rejoigne et ne se presse contre moi. Mes bras autour de son corps, je savoure le panorama en me gorgeant de sa chaleur. Après de longs instants Lyra m’interroge du regard. C’est un bon roi et un grand homme. L’avenir sera sombre ma mie. L’avenir sera sombre. Nous retournons dans la grande salle dans la foulée et reprenons le banquet toujours aussi animé.
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