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“Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]
MessageSujet: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyDim 10 Mai - 22:55

Je peinais à dormir, comme souvent ces derniers temps.
Je n'avais rien trouvé de mieux à faire que de m'entraîner à l'arc pour égrener les heures. Je tentais de canaliser cette rage qui ne brûlait que de s'exprimer par un travail de précision et de concentration. Les flèches se plantaient avec irrégularité, lâchées en plusieurs salves meurtrières avant d'être arraché vivement de la cible. Je persévérai jusqu'à ce que mon bras peine à se lever. Le premier tir était toujours en plein centre, mais les suivants se décalaient lentement et sûrement vers le bas, à mesure que la fatigue me gagnait. Je soupirai, rangeai le matériel dans des gestes mécaniques qui confinaient à l'habitude avant de gagner mes quartiers.

Je ne me souvins pas m'être endormi, si bien que j'étais encore tout habillé et encore avec mes gants d'archer quand je rouvris les paupières. Quelqu'un avait ouvert la porte, à peine deux heures après mon retour, et ne l'avait pas refermé. Je n'avais pas eu le temps de l'entrapercevoir... Et j'étais bien trop fourbu pour m'en être préoccupé. La deuxième personne qui passa le seuil réussit sans mal à me tirer de ma torpeur. C'était Baâl. Il ne faisait strictement aucun effort pour paraître discret, ses pas lourds et précipités me faisant sentir l'urgence de la situation. Je cillai et mémorisai difficilement les mots : "avec le dragon..." "...cœur de la nuit" "partie"... Rhaenys.
J'émergeai des dernières brumes du sommeil et me précipitai vers l'escalier, avant de réaliser un détail d'importance et de faire demi-tour pour me planter devant le maître d'armes. Il me suffit d'une seule syllabe dont j'exigeai la réponse... Bâal me pointa la direction que Meraxès avait emprunté pour quitter l'enceinte. Je réfléchis l'espace de trois secondes avant de deviner le refuge qu'avait choisi ma sœur. Bâal tenta de me suivre malgré mon rythme accéléré, m'assommant de questions sur sa destination. Avec le temps, il espérait toujours que je lui révèle les lieux où Rhaenys pouvait se soustraire à sa protection... Si je le faisais, elle se contenterait d'en changer, et cette fois-ci, peut-être sans m'en aviser. Il serait temps qu'il le comprenne.

Je lui faussai compagnie aux écuries alors qu'il s'apprêtait à seller son cheval... J'avais décidé de monter à cru pour gagner un temps précieux sur lui, franchissant les portes dans un galop rapide. Je l'entendis pester derrière moi mais ne m'en préoccupai pas. Je restai focalisé sur l'origine de mes préoccupations, conduisant ma monture en direction du volcan. Du regard, je balayai constamment le ciel dans l'espoir d'apercevoir Meraxès. Rhaenys ne devait pas être en danger, tant que la dragonne serait avec elle... Je m'inquiétais davantage des raisons qui l'avaient poussé à disparaître en pleine nuit à dos de dragon plus que de sa sécurité. Je ne la croyais pas capable de foncer sur l'ennemi avec pour seul renfort Meraxès, elle ne pouvait pas se montrer aussi déraisonnable... Moi si, je l'aurais certainement fait, mais pas elle.
Je forçai la jument baie à maintenir l'allure malgré la montée qui se corsait. Je l'avais choisi pour son pied sûr et sa vivacité, je n'espérais pas qu'elle me détrompe aujourd'hui par un écart malvenu. Je dus pourtant me rendre à l'évidence quand l'espace se réduisit bien trop pour qu'une monture y accède : Il me faudrait parcourir le chemin restant seul. Le regard levé vers les hauteurs, j'entrevis une nouvelle constellation se dessiner dans le ciel quand Meraxès déploya paresseusement ses ailes depuis son promontoire. Je poussai un soupir de soulagement et franchit en quelques foulées rapides la distance qui me séparait d'elle.
Rhaenys était là. Assise, à l'abri des vents tempétueux dans cette cavité à flanc du volcan. Elle profitait de sa douce chaleur en faisant face à l'océan, le regard perdu au lointain. Je n'étais pas certain qu'elle ait surpris mon arrivée, puisque la dragonne ne m'avait pas trahie auprès de sa maîtresse. Je m'assis à ses côtés pour observer la même vue imprenable, tentant de percer le fond de ses pensées dans cette mosaïque étoilée.

- Bâal te cherche partout. Tu n'arrivais pas à dormir, Rhae' ?
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyLun 11 Mai - 0:14


Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.


Orys "the attentive watcher" & Rhaenys "the tormented"

Ae… S’il te plait... Petite sœur adorée, on a déjà eu cette discussion. S’il te plait Ae. Je relevais la tête pour le regarder droit dans les yeux. Ses doigts qui jusque-là caressaient délicatement mon dos nu, se posèrent sur mon visage pour l’encadrer. Ce ne sont que des pourparlers. Je ne crains rien. Et Visenya sera avec moi, ainsi que Balerion et Vaghar.   Alors laisses moi venir avec vous. Ne me laisses pas derrière il me sourit tendrement avant de déposer un baiser sur mes lèvres. J’ai besoin de toi ici mon aimée. J’ai besoin que tu t’occupes de Peyredragon pendant mon absence.   Mais Baâl peut… Baâl n’est pas toi et tu es la seule en qui j’ai assez confiance pour confier notre royaumes Ryry alors… Face à mon insistance, il pouffa avant d’inverser nos positions. Je n’étais plus allongée sur lui, mais le dos contre le lit, et lui au-dessus de moi. Il déposa un baiser dans mon cou, me faisant frissonner. Oui Orys a toute ma confiance seulement… Sa bouche descendit jusqu’à se poser sur l’un de mes seins. Je soupirais de plaisir, mais ne voulant pas me laisser distraire d’une manière, certes bien plaisante, ou d’une autre, je ramenais son visage jusqu’au mien. Il est le fils illégitime de Père aux yeux de tous. Non Rhaenys, ma décision est ferme et définitive. Tu resteras ici.. Je repoussais Aegon, en colère contre sa décision. Je ne voulais pas qu’il me laisse en retrait, encore une fois. Je n’étais peut-être pas aussi forte avec une épée dans la main que Visenya, mais je savais très bien me défendre. Je n’avais pas besoin qu’il me protège, encore. Ils passaient tous leur temps à essayer de me préserver alors que bon sang, je n’étais plus une enfant. Je sortais du lit de mon frère, et me rhabilla rapidement. Je ne suis plus une gamine Aegon. Mais puisque tu ne l’entends pas de cette oreille, je vais regagner ma chambre. Tu n’as qu’à aller voir Visenya, vu que visiblement, tu préfères sa compagnie à la mienne. J’étais injuste, je le savais seulement… Seulement je voulais le mettre autant en colère que je l’étais. Et mes mots firent mouche bien entendu. Je savais très bien que ce qu’il ressentait pour notre aînée n’était pas comparable à ce qu’il ressentait pour moi. Je l’avais toujours su et elle aussi d’ailleurs. Cela n’avait jamais créé de tension entre nous. Nous nous aimions bien trop pour cela. Rhaenys . Aegon se leva mais je filais déjà en dehors de sa chambre. Je n’hésitais pas une seconde et me rendais auprès de Meraxès. Nous nous envolâmes quelques minutes plus tard en direction du volcan. J’avais besoin de faire le vide dans ma tête, même si je n’y parvins pas, même en passant le reste de la nuit à regarder la mer. Rhaenys me souffla doucement à l’oreille mon frère. Il était venu me rejoindre au lever du soleil avec Balerion. Il avait surement dû attendre qu’Orys se réveille pour lui arracher l’emplacement de ma cachette. Quand Aegon voulait quelque chose, il savait se montrer très persuasif et il était le seul qui arrivait à faire plier Orys à mon sujet. Va-t-en Aegon. Rhaenys, ne m’en veut pas s’il te plait… Face à mon silence, il poussa un soupir las. Nous reprendrons cette conversation quand je rentrerais… Et je te promets Rhaenys. Je te reviendrais. Je te reviendrais toujours.   Il déposa un baiser sur l’arrière de ma tête, voyant que je ne daignais toujours pas tourner la tête.  Je l’entendis grimper sur le dos de Ballerion, mais n’essaya pas de le retenir, ou de le faire encore une fois changer d’avis. Silencieusement, des larmes coulèrent sur mes joues. Je détestais ça. Je détestais qu’il me laisse comme il avait si souvent l’habitude de le faire à présent.  Je restais encore plusieurs heures sans bouger, avant de sortir de ma léthargie. Je repris rapidement la direction du château sur le dos de Meraxès. Je ne voulais pas qu’il s’en aille en pensant que je lui en voulais. Seulement c’était déjà trop tard. Ils étaient partis, et si j’aurais pu les rattraper en chevauchant ma dragonne, je n’en fis rien. Lorsqu’il reviendrait, je m’excuserais.

Mais ce jour n'arriverait jamais.


Je me réveillais dans mon lit, les yeux me tirant, et baignées de larmes que je refusais de laisser couler, même dans mes songes. Encore et toujours ce même rêve. A chaque fois que le sommeil m’envahissait, malgré mes journées de plus en plus longues, mes remords refaisaient surface. Si seulement je n’avais pas été aussi sotte cette nuit-là. Si seulement je n’avais pas été aussi têtue, peut-être que les choses auraient pu être différente. Je pris mon oreiller entre mes mains, et le plaqua contre la bouche. Je poussais un cri de douleur et de rage, étouffé par l’édredon, que je jetais ensuite dans ma chambre. Je me levais et ne prenant même pas la peine de m’habiller plus chaudement, je passais la porte. Ma servante m’interpella, mais je ne l’écoutais pas. Quand j’entendis des bruits d’armure à ma suite, je me mis à courir en me faufilant dans les couloirs du château, bien décidé à les semer, ce que je réussis encore une fois à faire. Baâl n’allait pas être content, mais je m’en fichais. J’étais en train d’étouffer et il me fallait de l’air.

Ni une ni deux, je rejoignais l’antre de ma dragonne. Je lui passais sa sangle autour de la gueule, et sans prendre la peine de la sceller, je la fis sortir du château. Au moment où nous envolions, j’entendis le maître d’arme m’interpeller, mais je fis mine de me pas l’entendre. Meraxès n’eut pas besoin que je la guide pour me conduire là où je voulais me rendre. Je n’avais eu qu’à lui indiquer la direction et elle faisait le reste. Ce n’était pas la première fois que nous nous y rendions, et ce ne serait pas la dernière fois. Et là bas, j’étais certaine de ne pas être dérangée. Le pied de nouveau à terre, je déposais un baiser sur le museau de ma magnifique créature avant de lui dire de s’envoler. Elle avait surement besoin de se dégourdir un peu plus les ailes et je savais qu’elle resterait dans les parages, pour veiller sur moi, comme elle le faisait toujours.

Je ne sais pas vraiment s’il s’écoula des minutes ou des heures avant que la voix d’Orys ne me fasse sursauter. Je m’étais perdue dans la contemplation de l’océan qui s’étalait à perte de vue devant moi. Le ciel dégagé et étoilé se reflétait sur l’eau, ainsi que la lune, rendant le spectacle magnifique. J’aurais pris beaucoup de plaisir avant à le dessiner, mais là, mais j’avais juste envie d’oublier tout, de m’oublier même. J’y étais bien arrivée jusqu’à ce qu’Orys ne vienne perturber mes songes. Baâl passe sa vie à me chercher depuis que Père lui a confié ma protection. lui répondis-je vaguement, dans un souffle. Je m’en voulais vraiment, de faire tourner un peu en bourrique le chevalier. Seulement… Seulement je ne pouvais pas le laisser me mettre dans un cocon. J’avais besoin de liberté. J’avais toujours eu besoin de liberté et cela ne changerait jamais. Que fais-tu ici Orys ? Je ne cours aucun danger. ils t’ont inquiété pour rien. Meraxès veille sur moi. Tu devrais rentrer au château et te recoucher. Je n’avais toujours pas tourner la tête vers lui. Parce que, si je le faisais, il verrait combien j’avais mal, et que je n’allais pas bien. Si Baâl passait sa vie à me chercher, Orys lui, comme Aegon, passait son temps a essayer de me protéger et me préserver. Seulement… Seulement il y avait des choses pour lesquels ils ne pouvaient rien, et ma douleur intérieur et ma culpabilité en faisaient parties. J’avais laissé partir Aegon. Je l’avais laissé partir en lui laissant penser que je lui en voulais affreusement. Il y avait tellement de choses que j’aurais voulu lui dire, mais il était trop tard à présent.

A ses pensées, je relevais mes jambes et les serrais tout contre moi, entre mes bras. Je m’étais promis que jamais plus je ne pleurerais et je comptais tenir cette promesse. Je ravalais ma tristesse et la gardais à l’intérieur de moi. J’étais Reine à présent et je ne pouvais pas me payer le luxe d’être faible. Pour lui, pour Visenya, je devais me montrer et paraitre forte, même si depuis l’annonce de leur mort, mon cœur saignait et pleurait leurs pertes.


Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine des sept royaumes de Westeros
Âge du Personnage: 26 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Rhaenys Braenaryon
N'oublies pas qui tu es. Pense, crois, rêve et ose
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Maison : Représentée par un dragon à trois têtes et un loup, aux couleurs rouge, noir et blanc... La maison impériale Braenaryon
Caractère : Ambitieuse ● Combattante ● Sans compromis ● Intègre ● Libertine ● Déterminée ● Non conventionnelle ● Charismatique ● Vengeresse ● Passionnée ● Violente avec ses ennemis
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyJeu 14 Mai - 15:41

Un mince sourire étira mes lèvres quand je la vis sursauter. Elle était partie loin, si loin, que même mon arrivée n'avait pas su troubler sa méditation. J'aurais peut-être dû la laisser tranquille, maintenant que j'étais assuré que tout allait bien... Autant qu'il pouvait être possible en ces temps troubles. Je n'avais aucun mal à deviner vers qui se tournaient ses pensées, ce qui tourmentaient autant ses songes. J'aurais voulu lui dire que je comprenais, mais c'était faux. Je m'abandonnais chaque jour à cette colère qui menaçait de me consumer, me refusant à la moindre nostalgie. Je ne voulais pas laisser le moindre répit à mon esprit pour réfléchir... Je n'étais pas certain d'être encore prêt à me battre pour les vivants si je me laissais songer aux morts, à la tristesse qu'engendrait cette disparition brutale. Je remplissais ce vide laissé par les flammes... Chacun réagissait différemment à ses pertes.

- Baâl s'inquiète pour toi, encore davantage maintenant. Sois tranquille, même sans tricher avec un dragon, je suis capable de le semer. Il ne viendra pas te chercher jusqu'ici.

Je rivai mon regard sur elle, même si elle s'efforçait de ne pas le croiser, statue de marbre dans la clarté lunaire. Elle prétextait n'avoir besoin de personne alors que c'était plus que jamais le cas. Je ne la connaissais que trop bien. Il n'était pas évident d'être une Reine, de gouverner correctement quand votre cœur hurlait sa souffrance. Elle pensait pouvoir la contenir, mais elle se trompait. Rhaenys devait lâcher prise, au moins avec moi. Elle était ma sœur avant d'être ma Reine.

- Je suis ici à ma place.

Mon ton était impérieux, incontestable. Me tenir à ses côtés était la seule certitude qu'il me restait. Je l'observai attentivement tandis qu'elle remontait ses genoux à sa poitrine. Elle se refermait encore sur elle-même, comme à la mort de père. Je ne pouvais pas la laisser recommencer. Je n'avais jamais vraiment su comment m'y prendre avec mes sœurs, mais ça s'imposait à mon esprit comme une évidence. Je passai doucement un bras autour de ses épaules pour la ramener contre moi et supprimer la distance qui nous séparait. J'inclinai la tête vers elle, parlant à voix basse.

- Je n'arriverais pas à dormir en te sachant là, livrée à toi-même. Tu n'as pas besoin de jouer la comédie avec moi, Rhae'. Dis-moi ce que tu as sur le cœur, partage un peu de cette douleur. Tu sais ce que tu peux toujours te reposer sur moi, ne portes pas ce fardeau seule.
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyJeu 14 Mai - 20:38


Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.


Orys "the attentive watcher" & Rhaenys "the tormented"

Je n’étais pas capable de cacher ma peine et mes tourments ce soir. Je souffrais, et les jours qui passaient n’atténuaient en rien ma peine. Mon cœur était trop sensible, et il n’était pas assez fort pour supporter pareille perte. J’avais eu beaucoup de mal à me remettre du décès de mon père. Sans l’aide d’Aegon, j’aurais mis plusieurs mois à m’en remettre. Puis il y avait eu ma mère mais Aegon était, encore une fois, à mes côtés. Maintenant, il m’avait quitté définitivement avec Visenya. Je ne le supportais tout simplement pas. J’aurais encore besoin d’eux, et ils étaient partis dans un univers où je ne pouvais ni les voir, ni leur parler. Pourquoi ? Pourquoi m’avaient-ils été si cruellement arrachés ?

J’étais en colère, tellement en colère. Autant en colère que désespérée. Je continuais à vivre et à me lever le matin pour accomplir leur rêve, en leur mémoire. Je leur devais bien fait et nous nous étions fait la promesse plus jeune, d’unir les sept royaumes sous l’emblème du dragon que nous avions d’ailleurs remanié. Il ne possédait plus une tête comme initialement, mais trois, chacune nous représentant, unis comme nous l’étions.
Mais ils m’avaient quitté et dorénavant j’étais seule et perdue.

J’avais sursauté en entendant la voix d’Orys. Meraxès avait continué son balai comme à son habitude et je n’avais pas remarqué la présence de mon frère, qui finalement arrivait à point nommé. Je n’avais plus Aegon, ni Visenya, certes, cependant il me restait mon Ryry. Je n’avais peut-être pas la même relation avec lui qu’avec mon aîné, mais il était tout aussi cher à mon cœur et je savais que j’étais tout aussi cher à son cœur. Ce n’était pas le genre de chose que nous avions besoin de nous dire. Nous le savions tout simplement, et nos regards, nos sourires, et nos actions parlaient d’eux même. Nous savions par exemple toujours trouver l’autre. Depuis toute petite, je faisais attention aux endroits où il se rendait et lui également. Aegon avait beau m’aimer plus que quiconque, il n’avait jamais su où me trouver quand je décidais de me cacher, ou de m’isoler. S’il venait à me surprendre c’était uniquement parce qu’il avait arraché l’information à notre frère. Notre père nous avait toujours répété combien il était important que nous veillons les uns sur les autres. C’était d’ailleurs ce qui nous avait toujours soudés. Nous n’avions fait aucune différence avec Orys parce que Père ne l’aurait tout simplement pas accepté. Si je n’étais cependant pas certaine que Visenya était aussi proche que je l’ai toujours été d’Orys, elle l’aimait et l’avait toujours protégé à sa manière. Nous étions une famille unie et soudée.
Nous étions, et non plus nous sommes.

Orys m’informa que Baâl avait vendu la mèche. Bien entendu, le vieux chevalier s’inquiétait pour moi. Il n’avait toujours voulu que mon bien et me protéger était sa priorité. Je l’adorais, énormément même. Il avait toujours été comme un second père finalement. Seulement… Seulement, contrairement à Père, il ne comprenait pas ce besoin d’évasion et de solitude qui pouvait m’habiter parfois. S’il ne tenait qu’au maître d’arme, il ne me quitterait jamais des yeux, et me garderait dans une salle sans fenêtre ni porte. Je le sais bien. Malgré les années, il n’arrive pas à comprendre comme Père le pouvait. Et il n’y arrivera sans doute jamais. Il ressemble bien à Mère sur ce point-là, toujours à penser que la pauvre petite chose que je suis va se briser au moindre coup de vent. je poussais un soupir las, avant d’ajouter dans un chuchotement Merci Orys d’avoir toujours garder mes secrets. Toujours ? Non pas toujours puisqu’il en avait révélé à Aegon, mais cela ne m’avait jamais dérangé. Ryry avait toujours su quand il pouvait lui indiquer où je me trouvais et quand il ne fallait pas le faire. Orys savait se montrer inflexible pour mon bien, même face à notre ainé, qui pourtant, était très têtu. Ils tenaient tous deux cela de notre père.

Je ne m’étais pas vraiment aperçu que je l’avais appelé par son prénom, et non par ce diminutif que j’aimais tant. J’étais, ce soir, ailleurs, et mes pensées étaient trop sombres pour laisser la moindre joie passer. Je renvoyais même mon frère au château, alors que jamais avant je ne l’aurais congédié moi-même. Nous parlions d’Orys bon sang, l’homme que j’avais toujours aimé, celui qui avait toujours autant compté qu’Aegon dans mon cœur.

Cela aurait été mal le connaitre que de penser qu’il renoncerait aussi facilement. Quelque part, au fond de moi je suis heureuse qu’il reste. Mais j’étais trop malheureuse pour m’en réjouir. Je gardais toute ma tristesse et toute ma colère uniquement pour moi, et ne voulaient pas les montrer. Je ne pouvais pas le faire, pas alors que j’étais à présent Reine. Je devais montrer l’exemple et être irréprochable, même si je ne rêvais que de rester enfermée dans ma chambre à pleurer mon frère et ma sœur.

Je ne répondis rien à Orys, continuant à regarder droit devant moi. Je ne voulais pas lui laisser voir dans mes yeux l’ouragan d’émotions et de pensées négatives qui me tourmentait. Je pris mes jambes entre mes bras pour les serrer tout contre moi. Je me refermais complètement sur moi-même, voulant tout oublier, quitte à m’oublier moi-même. Aegon aurait su panser mes plaies, mais il n’était plus là pour me prendre dans ses bras, me dire que je n’étais pas seule, et qu’il était là pour moi, à jamais. On me l’avait arraché. Tout comme Visenya d’ailleurs. Elle, elle m’aurait mise dans une colère noire, comme à la mort de Mère. Elle m’avait excédé jusqu’à ce que je ne puisse plus me contrôler et que je lui lâche tout en lui criant dessus. Elle m’aurait ensuite bercé dans ses bras, jusqu’à ce mes larmes se tarissent, sans prononcer le moindre mot. Les mots, ça n’avait jamais été son truc à elle. Elle agissait et ensuite elle parlait. Tout mon contraire finalement.

Je sursautais une nouvelle fois en sentant mon frère passer un bras autour de mes épaules pour me rapprocher vers lui, contre lui. Orys n’avait jamais été du genre tactile, encore moins envers moi. Passé l’enfance, j’avais bien remarqué que les étreintes le mettaient mal à l’aise et j’avais cessé de le prendre dans mes bras comme je pouvais le faire avec Aegon ou Visenya. Ce n’était pas son truc, et je ne voulais pas le gênait. Quelques fois, cela avait été plus fort que moi, mais j’avais toujours écourté au maximum. Il inclina suite la tête pour me parler à voix basse, doucement, comme le faisait toujours Aegon pour apaiser ma peine. Jamais lui soufflais-je à la suite de ses paroles, sans bouger d’un poil. Jamais je n’ai joué la comédie avec toi. Jamais Le mensonge n’avait jamais été mon genre, et s’il m’était arrivé de devoir le pratiquer, je ne l’avais jamais fait envers mes frères et ma sœur. Et ils m’avaient toujours rendu la pareille. Entre nous, il n’y avait jamais eu de tabous, jamais eu de secrets. Et toi, sur qui vas-tu te reposer si je ne suis pas capable d’être forte Orys ? Qui va partager ton fardeau si je n’arrive déjà pas à porter le mien ? Je… je dois devenir forte. Pour toi. Pour eux… Mais ne me demande pas de l’être ce soir s’il te plait. Ce soir… Mon cœur saigne. Je relâchais mes jambes, et après une légère hésitation, je me blottis contre Orys, prenant ses bras pour qu’ils m’entourent. J’avais juste besoin qu’il m’éteigne, ne serait-ce qu’un petit peu. Je comptais m’écarter dès que je le sentirais se crisper. Jamais je ne m’imposerais à lui. Surtout pas à lui d’ailleurs. Te l’a-t-il dit ? t’a-t-il dit avant de partir que je lui en voulais ? Les derniers mots que je lui ai dit, étaient « va-t-en Aegon », ici même. Il m’a demandé de ne pas lui en vouloir mais je n’ai pas daigné, ne serait-ce que tourner la tête vers lui pour le regarder. Je l’ai laissé partir Orys. Je n’ai pas essayé une fois de plus de le faire plier. Il est parti… Jamais plus il ne reviendra. Et le dernier souvenir de moi qu’il a amené était celui où je l’ai repoussé et demandé de s’en aller. Je retenais mes larmes, fixant toujours l’océan, mais mon corps était pris de soubresaut. Je m’en voulais. Oh oui comme je m’en voulais. J’avais été stupidement têtue et jamais plus je ne pourrais lui dire combien je l’aimais. Je l’avais dit à Visenya la veille de son départ. Je l’avais prise dans mes bras après qu’elle m’ait offert Noire sœur, et je lui avais dit combien je l’aimais. Mais je n’en avais pas fait de même avec Aegon. J’étais restée là à bouder, stupidement, alors qu'il partait de Peyredragon pour ne jamais revenir.




Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyVen 15 Mai - 21:07

J'ouvris la bouche, mais les mots me manquaient. Je secouai la tête négativement sans commenter.
Baâl comprenait certainement, mais ne pouvait plus la laisser faire. Elle n'était pas seulement Reine des Sept Couronnes et de Peyredragon, elle était aussi la dernière des Targaryen encore en vie. Le parjure leur avait appris, à leurs dépens, que leurs dragons ne suffiraient jamais à les protéger. Il orienta son regard vers Meraxès qui reflétait la lumière lunaire sur les eaux dans un ballet aussi puissant que silencieux. Trois têtes de dragons pour Vhagar, Meraxès et Balerion, trois pour Aegon, Visenya et Rhaenys. Il n'en restait plus qu'une seule, comme sur l'emblème d'autrefois. Un dragon, un Targaryen... Et l'immensité obscure de leur bannière.

Je pris une longue inspiration. Je l'écoutai parler de père, de sa mère... Je la sentais ailleurs, perdue dans ses pensées, à se remémorer les morts et oublier les vivants. Je n'étais pas parvenu à leur arracher, juste à l'imprégner de ma présence. Je craignais que ces lointains souvenirs ne déterrent de plus récents et douloureux, certains dont nous n'étions pas encore parvenu à faire face. C'était rare que je l'entende prononcer mon nom, et ce n'était pas non plus de bon augure. Je fronçai les sourcils, craignant un reproche qui pouvait surgir sous ses remerciements. J'effleurai encore la surface. Je craignais de me noyer avec elle en essayant de la ramener. L'équilibre fragile que j'étais parvenu à maintenir menaçait de s'écrouler si j'oubliais ma colère, si je me laissais porter par ses souvenirs, bons comme mauvais.

Je l'avais surprise en enlaçant ses épaules. J'affichai un sourire triste en retour. Je m'étais à peine rendu compte que je n'avais plus ces gestes de tendresse envers elle depuis bien longtemps. En grandissant, ils avaient pris une autre signification... Pour Aegon et pour elle. Il avait toujours été hors de question que je me dresse sur leur chemin, que je fasse de l'ombre à mon frère. J'avais moi-même fixé des limites, sans savoir exactement lesquelles étaient-elles. J'avais passé beaucoup de temps en eaux troubles, Waters étant un nom qui me convenait bien à l'époque. Mais je ne pouvais pas tout lui amputer : J'avais deviné assez tôt la relation qu'entretenait Aegon avec mes sœurs. J'avais seulement fait en sorte de paraître aveugle pour que mon frère ne me voit pas comme un danger. Je n'aurais pas supporté de perdre sa confiance... Et il n'avait jamais eu rien à me dire, car le seul statut qui m'avait tenu à cœur était d'être un frère pour eux.
Et maintenant ? Il était mort. Rhaenys aurait eu besoin d'eux, de leur tendresse. Je pouvais fendre l'air autant de fois que je le pouvais pour libérer ma rage, à défaut de pouvoir faire couler le sang des parjures, mais j'étais bien incapable de savoir comment l'aider à faire son deuil. Je m'étais refusé à les pleurer, borné à cette vengeance. J'avais envie de hurler. Je serrai les dents et refermai mes bras autour de Rhaenys avec force. Je ne savais pas qui s'agrippait le plus à l'autre en cet instant, tout comme je n'avais pas de réponses à lui fournir. Je n'avais personne pour m'aider à porter ce fardeau, puisque je n'avais plus qu'elle, mais j'étais prêt à le faire pour deux.

- Tu es plus forte que jamais, Rhaenys. Tu n'en as juste pas conscience encore, mais je le sais. Depuis ce jour où tu as déployé tes ailes, avec Meraxès, je le sais. Peyredragon a besoin de cette force pour se relever, mais pas moi. Je n'ai pas besoin d'une Reine. J'ai seulement besoin de toi. Ce soir, tu peux être juste... Toi, Rhaenys.

Je la ramenai dans mon sillage pour qu'elle s'installe. Je ne comptais pas la lâcher maintenant qu'elle prenait la peine de se confier à moi. Je la sentais trembler par moments dans mon étreinte et n'eus aucun mal à deviner qu'elle se retenait de pleurer. Parler était dur, mais pas moins nécessaire.
Je soupirai et fermai les yeux. Je savais ce qui la tourmentait, désormais. Je m'en voulais d'avoir confié l'emplacement de sa cachette à Aegon. Aurais-je pu changer l'issue de leur entrevue ? Certainement que non, mais c'était tout de même par ma faute qu'elle avait eu lieu. Aegon ne m'en avait jamais rien dit, mais nous lisions l'un en l'autre comme dans un livre ouvert. Nous n'avions pas besoin des mots, mais je me souvenais très bien ceux qu'il avait prononcé, juste avant son départ.

- Non, Rhae'. Il ne m'en a rien dit. Personne ne pouvait le faire plier quand il avait pris une décision. Et je suis heureux qu'il ne soit pas revenu dessus. Ils vous attendaient certainement tous les trois, tu n'en serais pas ressortie vivante et j'aurais perdu la dernière de mes sœurs. Aegon est parti en sachant qu'il avait fait le bon choix, qu'il avait pu te sauver.

J'espérais que mes paroles parviennent à soulager un peu ses regrets. Aegon avait dû croire que ça lui passerait, qu'ils pourraient se réconcilier à son retour. Ce n'était qu'une tragédie de plus. On sait toujours ce qu'on laisse derrière nous quand on part, mais pas ce que l'on va gagner à partir. La mort, voilà le seul remerciement que mon frère aura reçu pour son désir de paix.

- Il m'a demandé de veiller sur toi, Rhaenys, et sur Peyredragon. Et je serais là, à tes côtés, dans tes moments de forces comme de faiblesses. Là pour conter tes exploits ou pour recueillir tes larmes. Je ne compte pas faillir à cette promesse. Tu dois le savoir au fond de toi... Ce que nous a légué Aegon ne se limite pas à ce rêve d'unification, et ce que nous lui avons légué ne se limite pas à ce dernier souvenir. Il n'aurait jamais perdu cette certitude que tu l'aimais.
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyMer 20 Mai - 22:31


Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.


Orys "the attentive watcher" & Rhaenys "the tormented"

Orys se doutait-il de combien j’avais besoin d’être dans ses bras, et qu’il me garde contre lui ? Sans doute pas. Il avait commencé à être distant avec moi dès lors que mon corps avait commencé à changer, et j’avais bien vite compris que cela me mettait mal à l’aise. S’il pouvait étreindre Aegon, il n’avait pas ce genre de gestes ou d’attentions avec Visenya ou moi. Je n’avais jamais compris pourquoi il agissait avec autant de pudeur. Ce n’était pas de la honte, j’en étais certaine. Non c’était autre chose, même si je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Ce n’était pas non plus dû à un dégoût des corps féminins, ça aussi j’en étais certaine. Je l’avais déjà vu dévorer des yeux de sublimes femmes, et discuter de leurs attributs avec Aegon un grand sourire aux lèvres. Et je savais également qu’il avait partagé plus d’une fois la couche de femmes. Il n’était aussi peu tactile finalement qu’avec ses sœurs. Et pourtant, il ne pensait pas non plus comme ses conservateurs, vu qu’il savait parfaitement la proximité et l’intimité que nous partagions avec Aegon, et que cela n’avait jamais rien changé entre nous. D’ailleurs, cela avait commencé bien avant que je ne rejoigne la couche de notre frère. Un jour peut-être, je lui demanderais, même s’il y avait plus de chances que je n’en fasse rien. Le mettre mal à l’aise était la dernière chose que je voulais faire. Je l’aimais bien trop pour cela.

Lorsqu’il referma ses bras autour de moi, j’eu un frisson d’étonnement et de surprise. Il me serra avec force contre lui, réchauffant mon cœur, l’apaisant un peu. Lui seul me pouvait. Il était mon frère, le dernier être humain que j’aimais, encore en vie. Je me blottissais contre lui, m’accrochant à ses vêtements parce que ma vie en dépendait. . J’avais besoin de lui. Il était le souffle du dragon qui me faisait avancer. Si je devais le perdre lui aussi… Je ne le supporterais pas. Même Meraxès ne saurait combler le vide qu’il laisserait derrière lui. Orys était, en dehors de mes parents, la première personne que mon cœur avait vraiment aimée, et cela bien avant Aegon.

Ses mots me touchaient bien entendu, mais ils ne pouvaient pas pour autant me convaincre. La sollicitude dont il faisait preuve apaisait mon cœur, et il arrivait à trouver les mots justes, ces mots que j’avais besoin d’entendre. Seulement… Je me sentais bien trop mal et vulnérable pour croire en eux, pour croire en moi, et en cette vision qu’il me décrivait. Je ne sais pas… Je n’en suis pas certaine. Visenya était forte. Aegon et toi également. Vous ne vous êtes pas effondrés à la mort de Père, puis de Mère, comme ça a été mon cas. Et tu es toujours debout après la perte de nos aînés que tu aimais pourtant, alors que moi je suis à terre. Je ne suis pas forte… Ou du moins pas assez. Mais je ferais tout pour le devenir. Demain. Demain je serais la Reine que je dois être. Je deviendrais forte pour Peyredragon, pour Westeros. Et pour toi. Surtout pour toi Orys. Tu n’auras plus jamais à tout porter et tous assumer. Mais je te soutiendrais en tant que Sœur, et non en tant que Reine. Je ne lui en fis pas la promesse mais fut tout comme. J’avais relevé la tête et pour la première fois de la soirée, je le laissais voir toute la souffrance que je ressentais, mais également toute la conviction qu’il y avait dans mes mots. J’allais m’endurcir et devenir bien meilleure que je l’étais pour l’heure. J’allais prendre exemple sur lui et gardais la tête haute et froide. J’avais devenir forte pour qu’il puisse se reposer sur moi et être enfin un soutien pour lui. J’allais devenir le nouveau Aegon, cette personne que l’on pouvait admirer et qui était fiable.

J’avais bien vite rebaissé la tête, pour la poser sur son épaule. Je passais mes mains autour de lui, sentant que mon contact ne le rebutait pas ce soir. Il devait surement énormément prendre sur lui en cet instant et je m’en voulais de ne pas être capable de m’éloigner et le laisser respirer. J’avais encore en tête ce souvenir d’Aegon, dont je finis par lui parler à demi-mot, une voix pleine de regrets. Si j’avais fais les choses différemment, alors peut-être que ma sœur et mon frère seraient toujours en vie, et arpenteraient de nouveau les couloirs de notre château. Si je m’étais montrée plus forte, plus convaincante alors peut-être que…
Orys mit un terme rapidement à ces pensées. Je savais qu’il avait raison. Lorsqu’Aegon décidait quelque chose, rien ne pouvait le faire changer d’avis. Père avait fait ses enfants à son image : inflexibles. Nous l’étions tous à bien y réfléchir. Je n’en avais toujours fais qu’à ma tête dans ma tendre enfance, même si en grandissant j’avais fini par devenir plus raisonnable. Visenya avait toujours été têtue et la seule personne à être arrivé à la faire fléchir, c’était Père. Même Aegon n’y était pas parvenu. Orys… Orys, il n’y avait qu’Aegon pour lui faire accomplir quelque chose qu’il ne voulait pas, et encore, c’était uniquement si Orys décidait que cela en valait la peine. Quant à Aegon… Il n’en avait toujours fait que comme lui l’entendait, et uniquement lui. Je le savais tout cela et pourtant, je restais persuadée que cette boucherie, j’aurais pu l’éviter. C’était surement naïf de ma part, mais c’était ainsi. Je m’en voulais d’ailleurs parfois d’être encore en vie alors qu’eux ne l’étaient plus. Peut-être qu’il n’en aurait rien fait. Trois dragons auraient été au-delà de ce qu’il pouvait combattre. Si j’avais été à ses côtés, Aegon se serait montré beaucoup plus vigilant. Visenya n’a jamais eu besoin d’être protégée aux yeux d’Ae. Mais il ne pensait pas la même chose me concernant. J’ai toujours été une petite chose fragile qu’il devait protéger. Je lâchais cela avec regrets et amertumes, avant d’ajouter, tendrement Et Ryry… « Personne ne pouvait le faire plier quand il avait pris une décision. » Ce matin-là, il avait décidé de venir me trouver et il y serait arrivé même sans ton aide. Alors… Ne t’en veux pas pour ça. Je me doutais bien que si moi, je m’en voulais, il en était de même pour mon frère. Sans m’en rendre compte, je l’avais de nouveau appelé par ce surnom qu’il détestait tant, ce surnom que moi j’adorais et qui quelque part, réduisait la distance qui pouvait s’installer entre nous. Il était mon Ryry, le seul et l’unique et cela signifiait beaucoup à mes yeux. Je ne surnommais que les personnes chères à mon cœur.

Ces derniers paroles eurent raison de ma volonté de fer. Mes sanglots redoublèrent alors qu’il m’assurait qu’il ne me laisserait jamais et qu’il m’en faisait la promesse. Cela avait un trop grand goût de déjà vu. Mes mains se serrèrent autour de ses vêtements avec force et surtout désespoir, au point de m’en faire mal. Mais les promesses finissent par s’envoler Orys, alors ne me promets plus rien que tu ne sois pas en mesure d’accomplir. Ae… Il avait promis de toujours me revenir, et il a menti. Si tu savais à quel point je lui en veux de ne pas avoir tenu ces engagements. Je lui en veux, et je m’en veux pour cela. Tu as raison, rien ne se limite à ce dernier souvenir. Je sais au fond de moi qu’il avait conscience de tout l’amour que je lui portais, tout comme je connais l’amour qu’il me portait également. Et pourtant, je n’arrête pas d’y penser encore et encore. Chaque nuit il vient me hanter. J’ai tellement de regrets, d’amertumes, et de ressentiments Orys et j’ai l’impression d’étouffer. Cette douleur… Elle ne passe pas, peu importe ce que je fais. Je cachais ma tête contre son torse. J’essayais de me calmer, mais j’en étais incapable. Je souffrais tellement. S’il te plait dis-moi… Dis-moi comment faire pour ne plus avoir mal. Ma voix était suppliante alors que je serrais entre mes poings ses vêtements, au point de m’en faire mal. J’ai besoin de toi Ryry. J’ai toujours eu besoin de toi. soufflais-je dans un murmure alors que des larmes franchissaient la barrière de mes yeux. Je ne pouvais plus les retenir. Entre les bras d’Orys, et en lui dévoilant tout ce que j’avais sur le cœur, je ne pouvais plus faire semblant et sauver les apparences.
Non je n’étais décidément pas forte. Mon frère se trompait.



Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

Feuille de personnage
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Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Rhaenys Braenaryon
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Maison : Représentée par un dragon à trois têtes et un loup, aux couleurs rouge, noir et blanc... La maison impériale Braenaryon
Caractère : Ambitieuse ● Combattante ● Sans compromis ● Intègre ● Libertine ● Déterminée ● Non conventionnelle ● Charismatique ● Vengeresse ● Passionnée ● Violente avec ses ennemis
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyJeu 28 Mai - 22:20

Je la laissais se blottir contre moi, ses mains m'entourant. Je la sentais s'apaiser à mon contact, même si elle s'agrippait à mes vêtements comme si je risquais de disparaître d'un moment à l'autre. Je pris une lente inspiration pour m'inciter au calme. Je ne peinais pas à maintenir cette proximité avec elle, mais j'avais ce besoin impérieux de bouger. Me mettre en action, impérativement, si je ne voulais pas risquer de m'effondrer. Je ne parvenais pas à trouver les mots justes, et chaque parole arrachée rendait cette souffrance plus réelle. En parler lui donnait de la consistance, une emprise sur moi que je ne désirais pas lui donner.
Elle me croyait fort, plus fort qu'elle même. Quelle ironie. Je me contentais de me dérober à ces sentiments qui menaçaient constamment de me faire sombrer dans la folie. J'étais peut-être plus préparé qu'eux, quand père était mort, car j'avais déjà vu ma mère mourir bien des années auparavant. Quand on a cette certitude que vos proches ne sont pas éternels, l'inévitable vous paraît moins cruel. Et pourtant... Ce sentiment qui vous déchire les entrailles ne peut pas être contenu. Je les avais quitté pour me rendre dans l'Orage, à traquer le corrompu, puis peu de temps après en mer, à éliminer la racaille. J'avais multiplié les prouesses guerrières jusqu'à m'élever au rang de Chevalier du Dragon, mais je n'en avais eu que faire. Je ne cherchais qu'une cible, un bouc émissaire pour déchaîner ma rancœur et me rendre le deuil moins pénible. Je n'avais pas su verser des larmes, alors j'en avais fait verser.
L'assassinat d'Aegon et Visenya risquait de me faire prendre un chemin encore bien plus sanglant pour étancher ma soif de justice. Je me sentais le besoin impérieux de partir pour traquer les responsable et les éliminer, tous, sans exception. Cette émotion-là n'était pas le même. Elle avait une origine, une conviction... Elle était capable de vivre d'elle-même, capable de me tuer pour sa cause.
Tout ce qui me retenait, c'était elle. Rhaenys, toujours elle. Je ne pouvais pas la laisser en arrière. Je ne pouvais pas la laisser seule, livrée à elle-même. Ce sentiment était assez fort pour surpasser tous les autres, pour me libérer de leur joug.

Je sentais ma respiration se faire moins difficile. Ma voix n'était pourtant qu'un murmure. Je ne voulais pas prendre le risque qu'elle me trahisse et manque d'assurance.

- Nous puisons tous notre force dans une source différente, Rhae. Aegon la trouvait dans son idéal, qui le poussait à ignorer les revers et toujours aller de l'avant. Il se fixait constamment des objectifs inatteignables, car il ne se sentait jamais plus fort qu'en tentant de rendre possible l'impossible. Visenya était capable de se relever après chaque défaite, plus forte que jamais, jusqu'à ne plus en connaître aucune. Quand nous nous battions, elle m'avait toujours à l'usure. Je pouvais frapper fort, elle ne pliait jamais. Elle dépassait ses limites dans cette défiance constante.

Je me perdais dans ces souvenirs, chargés d'autant de tristesse et d'amertume que de joie et de sérénité. Je ne savais pas par quel miracle je ne peinais pas à en parler, alors que je me murais constamment dans le silence dès qu'on les évoquait autour de moi. Ces souvenirs, je les partageais avec Rhaenys... Je ne voulais pas qu'ils s'effacent dans son esprit, au profit de ces regrets qui ne semblait pas la quitter.
J'hésitai un instant à continuer. Je ne voulais pas lui apprendre que ma force n'avait plus qu'un visage bien sanglant, celui de la vengeance. Au moins pour elle, j'avais l'impression d'être véritablement le Dragon. Celui qui déploie ses ailes et prend son envol, lui ouvrant la voie, l'incitant à faire de même. Je voulais incarner ce Dragon invaincu pour elle.

- Dans mes rêves, les flammes du dragon embrasaient tout. Je me sentais mourir avec eux, les rejoindre, sous cette chaleur suffocante qui n'en finissait plus. J'avais ce feu qui me poursuivait jusqu'à mon réveil, qui menaçait de me consumer. Il a cessé de m'inquiéter quand j'ai appris qu'il m'animait. Ce brasier qu'ils m'ont confié, je le réserve pour nos ennemis.

Des songes, rien de plus. Ils me revenaient souvent, depuis leurs morts... Mais ils n'avaient aucun sens. Ce n'était que des impressions diffuses capables de me réveiller à toutes heures, une invective ardente qui m'incitait à ne pas regarder en arrière.

Je croisai son regard, tandis qu'elle relevait la tête pour me fixer. Je sentis mon cœur se comprimer en lisant toute cette souffrance qui émanait de son regard améthyste. Je l'écoutai sans l'interrompre, sentant cette conviction étincelante filtrer dans sa voix. Ce n'était pas demain, qu'elle serait la Reine, elle l'était déjà. Dans ses gestes, dans ses mots... Je passai une main légère dans sa chevelure argentée, guidé par une envie subite que je n'avais pas su retenir.

-  Là où tu crois voir ta faiblesse réside ta force, Rhae. La force de tes sentiments te guide, envers eux, envers nous, envers ton peuple. Si tu veux devenir forte et juste, chéris-les et reste honnête avec toi.

Je laissai retomber ma main dans son dos. Je secouai lentement la tête en l'entendant s'étaler en conjectures. Je l'interrompis immédiatement, désireux de mettre fin au débat.

- Ce qui est fait est fait. On ne peut pas refaire l'histoire... Je ne veux même pas réfléchir à ce qui aurait pu se produire si tu avais été avec eux. Peut-être seriez-vous tous saufs... Ou tous morts.


Je poussai un léger soupir. Elle était tout, sauf une petite chose fragile... Mais je ne pouvais pas la contredire. L'amour d'Aegon le rendait surprotecteur, bien plus que je ne l'aurais jamais été. Quand il parlait de Visenya ou de Rhaenys, j'avais toujours senti une différence nette, un amour différent tout simplement. Je lâchai dans un murmure songeur, sans même m'en rendre compte :

- Tu as toujours été sa favorite...

Je regrettais déjà mes paroles, dès qu'elles franchirent mes lèvres. Je ne voulais pas m'épancher sur leur relation. C'était bien le seul sujet que je n'évoquais jamais avec Aegon, mais les signes ne trompaient pas. Elle me sortit bien vite de mes pensées en utilisant à nouveau ce surnom, que je détestait tant, mais que j'apprenais à apprécier en cet instant précis. Elle paraissait ainsi tellement moins distante.
J'esquissai un demi-sourire à ses propos, teinté de tristesse. Je me penchai vers elle pour lui glisser un seul mot, de remerciement. Sans même en parler, Rhaenys savait d'elle-même ce qui pouvait me tourmenter. Ses paroles m'apaisaient... Un sentiment que je n'avais pas ressenti depuis bien longtemps, mais qui menaçait de rompre ma volonté. Je l'entendis sangloter contre moi. Je serrai les dents, me maudissant intérieurement. C'était une promesse trahie qui l'avait plongé dans ces tourments, je n'aurais pu l'apaiser en évoquant une autre.
Les mots me manquaient, désormais. Je baissai le regard sur elle, tandis qu'elle me suppliait, me réclamait. A la voir ainsi, je sentais toute la confusion des sentiments que j'éprouvais pour elle ressurgir d'un bloc. J'aurais voulu lui montrer comment ne plus avoir mal, mais rien ne pouvait être pire à mes yeux pour trahir les souvenirs que je conservais d'Aegon. Je me crispai dans cette étreinte, au moment le plus mal choisi. L'étau se refermait, et c'était moi-même qui l'avait provoqué. Je suffoquai avec elle, et me fis force pour ne pas me dégager. Je me haïssais en cet instant, pour cette faiblesse que j'avais envers elle.
Je fixai les étoiles, au lointain, comme si mon esprit pouvait les atteindre et faire abstraction de cette situation inconfortable, s'oublier totalement. Je devais rompre cette immobilité, et parler. Je risquais de la blesser davantage par mon inaction.

- On ne peut pas...

Je respirai lentement, sans percuter immédiatement le double-sens que revêtait cette phrase pour moi. Je devais continuer et ne pas m'arrêter en si bon chemin. J'avais toujours cru que réfléchir était le plus difficile dans le feu de l'action, Rhaenys venait de me détromper.

-  Tant que tu les aimeras, tu ne pourras pas te débarrasser de cette souffrance. Elle est la preuve de la force des sentiments que tu éprouves pour eux. Si tu veux en guérir, tu ne dois pas la chasser. Tu dois l'éprouver pleinement.


Un conseil peut-être judicieux... Si je l'appliquais à moi-même.  
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptySam 30 Mai - 1:27


Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.


Orys "the attentive watcher" & Rhaenys "the tormented"

Orys était le souffle du dragon dont j’avais cruellement besoin pour avancer. S’en rendait-il seulement compte ? Non, pour sur non, il ne s’en rendrait pas compte. Sans doute pensait-il ne pas compter à mon cœur autant qu’Aegon et c’était bien là le problème. Je ne l’avais jamais considéré différemment que mon aîné avec qui j’avais grandi depuis toujours. J’avais été la première à le rencontrer et je lui avais donné toute ma affection dès lors que Père nous avait présenté l’une à l’autre. Je n’avais pas été un peu réticente comme Visenya, méfiante comme Aegon, ni hautaine comme Mère. Je n’avais jamais rien attendu de lui comme Père, et il n’avait jamais eu besoin de faire « ses preuves » pour gagner une quelconque place dans mon existence. Il était Orys mon frère, Ryry comme j’avais toujours tant aimé l’appeler. D’ailleurs avait-il seulement remarqué que je n’avais jamais surnommé que trois personnes : Visenya, Aegon et lui ? Ils étaient les êtres les plus chers à mon cœur, et les appeler par leur prénom, c’était pour moi comme marquer de la distance entre nous. Cela ne reflétait pas la proximité que nous avions, chose que permettait de faire un surnom. Ils étaient les seuls d’ailleurs qui pouvaient se permettre de m’appeler seulement Rhae. Je ne le permettais pas à Daena Velaryon, qui pourtant était chère à mon cœur. Non, cela leur avait toujours été réservé ; lui était réservé dorénavant. Je détestais d’ailleurs lorsqu’il m’appelait « Rhaenys », même si j’avais finis par cesser de le reprendre. Je ne l’obligerais jamais à rien et j’avais bien vite compris qu’il voulait justement instaurer une distance entre nous, même si je ne la comprenais pas, et ne la comprendrais surement jamais.

Être dans ses bras, le laisser me réconforter, et l’entendre si doux et affectueux… S’il devait y avoir un aspect positif à la perte d’Aegon et Visenya, ce serait ça. Je sentais Orys plus près de moi qu’il ne l’avait été depuis très longtemps maintenant et c’est ce dont j’avais besoin. Je n’attendais rien de plus de lui, seulement qu’il soit mon frère, et que nous puissions compter l’un sur l’autre, envers et contre tous. Je ne souhaitais pas remplacer Aegon par Orys. Je les avais toujours aimés de la même manière, avec la même intensité. Ils étaient mes frères, sans distinction, tout comme j’aimais autant Visenya qu’eux. Nous étions les enfants du dragon, par les sept et c’était tout ce qui avait toujours compté. Il était le dernier être qui me restait, le dernier pilier de mon existence, une existence qui menaçait de s’effondrer à tout moment. Sans lui, je n’aurais pas été capable de me relever. Et où puisse-je puiser de la force ? Je ne suis pas comme eux, je ne suis pas vous. Je n’ai pas été élevée pour guerroyer ou régner. J’en ai toujours fais que ce je désirais faire et Père n’a jamais rien trouvé à redire de cela. Je devais être l'enfant, la jeune femme libre de faire ce qui lui plaisait, sans contrainte, et sans devoir répondre de ses actes. Par les Sept, te rends-tu compte que tout cela va à l’encontre de qui je suis ? Je vengerais Visenya et Aegon, car je m’en suis fait la promesse. Je laverai l’affront qui a été fait à notre maison. Je réaliserais leurs rêves. Je ferais ce qui est nécessaire et j’apprendrais à être ce qu’ils auraient voulu que je sois. Je ne faiblirais pas. Je ne faillirais pas, peu importe les difficultés et les obstacles qui se presseront à ma porte. Mais je vais devoir m’oublier et me perdre… Est-ce égoïste de ma part de vouloir retarder tout cela ? Est-ce égoïste de vouloir encore rester Rhaenys, chevaucheuse de Meraxès, poète, artiste, dessinatrice, actrice et surtout libre ? Je lui confie mes peurs, et mes craintes. Je lui confie combien tout cela me pesait déjà et mes doutes de pouvoir tout supporter sans me perdre en chemin. Je ne voulais pas être une autre femme. J’aimais ma vie et je ne voulais pas changer. Je ne voulais pas laisser cette guerre à venir m’arracher un peu qu’elle ne l’avait déjà fait. Et pourtant, je ne voulais pas d’alternative. Si je voulais faire honneur à ma sœur et à mon frère, je devais changer et ne plus être la petite Rhaenys qu’ils ont toujours connu.

Les paroles d’Orys apaisaient les meurtrissures causées par les pertes de Visenya et Aegon. Ce n’était que temporaire, mais qu’importe. Pour l’heure, je me sentais mieux, et c’était tout ce qui m’importait. Je lui ouvrais mon cœur, et j’en éprouvais du soulagement. Et, lorsqu’il en fit un peu de même, lorsqu’il se décida à se confier un peu à moi, je fus des plus touchée. J’avais de nouveau fait un pas en sa direction et lui aurait venait de réduire cette distance qu’il nous avait imposé. Je ne regrettais plus de m’avoir enfui du château en quête de sérénité et qu’il ait cherché à me rejoindre. Sous le regard de la lune, nous nous rapprochions l’un de l’autre. Il n’était finalement jamais trop tard. Je le serrais légèrement contre moi, et lui murmura Si l’héritage de l'ancienne Valyria ne coule pas dans tes veines, et que des cheveux ne sont pas argentés, ni tes yeux lavandes, tu es et tu restera un Dragon Ryry. Tu ne dois jamais redouter les flammes et le feu. Ils font partis des tiens, de ta famille… Sais-tu pourquoi je ne t’ai pas donné le nom de Targaryen, mais celui de Baratheon ? Je l'ai tout simplement fais pour que tu sois libre de fonder ta maison, ta lignée, ton emblème, ta devise. Je veux que tu sois libre de faire tes preuves et de montrer tout ce dont tu es capable. J’ai confiance et foi en toi. Tu n’as pas besoin d’être un Targaryen pour accomplir de grandes choses, même si à mes yeux, aux yeux d’Aegon et de Visenya, tu l’as toujours été. Tu as toujours été et tu resteras pour nous un Targaryen. Tu n’as jamais cessé de nous prouver que tu en étais un. Et… Je suis là Ryry. Tu n’es pas seul. Tu ne l’as jamais été.   Je relève la tête pour qu’il comprenne, et voit par lui-même la sincérité de tout ce que je pouvais lui dire, lui déclarer. Je commençais à me dire qu’il avait besoin lui aussi de moi, de ma présence, et de savoir qu’il n’était indispensable, irremplaçable à mes yeux. Je ne voulais pas qu’il disparaisse de ma vie et je ferais tout pour le garder à mes côtés. Je ne voulais pas devenir sa Reine. Je ne voulais pas qu’il ploie le genou devant moi, ni qu’il me jure allégeance et fidélité. Tout cela, je n’en avais que faire. Ce que je désirais c’est être sa sœur. Rien de plus et rien de moins.

Lorsque sa main se perd dans ma chevelure, je ferme les yeux, savourant la sensation que cela me procure. Cela était à la fois une torture, et un plaisir. Je connaissais mon frère. Il n’était pas tactile, pas démonstratif, et je me doutais qu’il s’était simplement laissé aller, sans réfléchir, sans se retenir, et qu’il allait ensuite le regretter. Il s’imposait une sorte de discipline de fer qui consistait à ne rien montrer, à ne rien exprimer. Il me heurtait énormément en agissant ainsi, mais je ne pouvais lui en vouloir pour cela. Ce n’était pas voulu, je le savais très bien. Les larmes se pressent un peu plus dans mes yeux. Je suis à la fois triste mais aussi heureuse, heureuse et soulagée qu’Orys se libère de ses chaines avec moi.
Je ne suis pas d’accord avec lui, mon esprit bien trop défaitiste pour s’en rendre compte. Je ne pouvais pas encore voir les choses sous un autre angle. Je ne le voulais tout simplement pas. Comment pouvais-je voir de la force dans toute cette souffrance ? Cela m’était impossible.  Cela reste de la faiblesse Ryry, une faiblesse que je vais devoir combler. Sa main retombe dans mon dos. J’attends qu’il me repousse totalement, mais il n’en fit rien. En pleure dans ses bras, je ne l’aurais pas supporté. Je n’aurais pas supporté qu’il me rejette. Je mettais une partie de mon cœur à nu, rompant la promesse que je m’étais fait à moi-même, pour lui. Il n’en avait pas, encore une fois, conscience. Les silences et les cachoteries nous avaient éloignés et je voulais mettre un terme à tout cela.

Je ne répondis rien. Refaire le monde ne pouvait rien nous apporter de tous. Comme il venait si justement de me le dire, nous aurions tous pu revenir sauf, ou tous mourir. Alimenter de faux espoirs en vain qui ne pourraient rien changer de toute façon, ne servirait qu’à me faire un peu plus de mal, et j’avais déjà bien assez mal comme ça.
Le murmure suivant d’Orys m’étonne tout comme la réponse spontanée que je lui donne, dans un souffle Oui. Et Toi le mien. Mais cela n’a jamais eu d’importance, et n’a jamais compté. Il m’aimait et je l’aimais. J’aimais Visenya et elle m’aimait. Aegon aimait Visenya et elle l’aimait en retour. Nous t'avons toujours aimer et tu nous aimais. Le reste n’a jamais compter. Peu importe les directions qu'ont prises toutes ces relations. Elles ont toujours été différentes et pourtant toutes aussi importantes les unes que les autres.. Il va fuir. Je le sais, je le sens, je le connais que trop bien. J’espère qu’il ne le fera pas, parce qu’il avait réduire un miette mon cœur déjà bien dévasté, mais au fond, je sais que c’est inévitable. Il m’avait amené sur un terrain dont il ne voulait rien savoir et j’avais surement dû être trop honnête avec lui, ne pouvant, non ne voulant plus me retenir à lui cacher ce que j’avais vraiment sur le cœur. Je me mets à le supplier, pauvre sotte que j’étais, en m’accrochant à lui. Mais il va s’envoler quand même. Je le sais.  

Il se crispe et s’immobilise.  Un pas en avant et trois en arrière. Ses mots m’achèvent, et je refoule toutes mes larmes. Il essaye de passer à autre chose, mais c’est trop tard, le mal est déjà fait. Je m’écarte de lui brutalement et sèche mes joues rapidement, chassant mes larmes avec mes doigts et forçant mes yeux à tout ravaler. Je regarde l’eau et lui déclare froidement Je m’y refuse. Elle n’apporte rien de plus que de la souffrance. Je dois les oublier pour avancer et réaliser ce qu’ils attendent de moi. Je suis Rhaenys Targaryen, la dernière représentante de la maison des Dragons. Et je dois renoncer à mes sentiments et mon cœur pour avancer. Merci de cette leçon, j’avais besoin de la réapprendre. . Je me détourne et m’éloigne du bord. Je me retourne pour le regarder froidement et ajouter avant qu’il ne puisse me répondre. Laissez-moi à présent. Je n’ai nul besoin de ma main, ni même du protecteur de Peyredragon. Pardonnez-moi de vous avoir faire perdre votre temps. Je prendrais garde dorénavant à ne plus inquiéter Baâl et je le laisserais m’accompagner. Ainsi vous ne serez plus jamais dérangé ni inquiété par mes sorties. Je n’ai nul besoin de nourrice. Voyez-vous, j’ai besoin de mon ainé, mais il est décédé. J’ai besoin de ma Sœur mais elle n’est plus non plus. J’ai besoin de mon frère Ryry mais cela fait longtemps maintenant qu’il a disparu. Laissez-moi Messire Baratheon et regagnez vos quartiers. Demain nous devons préparer notre départ pour le Val. Je le vouvoie et l’appelle par ses titres de Noblesse. Il vient de me rejeter et je lui rends la pareille, essayant de me préserver, même s’il est trop tard pour cela.  Je mets en quelques phrases énormément de distance entre nous.

Meraxès, en me voyant m’éloigner,  atterri sur le sol et je m’avance jusqu’à elle. Je pose ma tête contre son cou et me mets à la caresser. Si elle avait été un chat, elle en aurait ronronné. Je lui parle doucement en Valyrien, l’appelle petite sœur et étoile de Diamant. Je sens monter en elle un grognement, qu’elle dirige en directement d’Orys. Son cheval s’emballe, et s’écarte légèrement de ma dragonne instinctivement. J’attends quelques instants puis lorsque je l’entends montrer les dents à Orys, je repousse sa carcasse en signe d’avertissement. Enfin j’essaye en attirant son attention. Elle sent et entend ma souffrance et s’en prend à la seule autre personne présente ici. J’avais beau en vouloir à l’homme, je ne laisserais jamais ma sublime créature lui faire de mal. Je frappe fortement avec ma paume sur ses écailles lorsque je l’entends de nouveau grogner. Cela lui fait tourner brusquement la tête vers moi et me montrer les crocs. Vraiment Meraxès ? Je ne me laisse pas démonter et m’avance vers elle. Elle claque des dents, me dissuadant de continuer à avancer, mais je m’en fiche. Lorsqu’elle ouvre la gueule, j’entre sans aucune hésitation mon bras droit à l’intérieur. Elle la referme mais quand ses dents percent ma peau superficiellement à plusieurs endroits, elle la réouvre aussitôt. Mon regard n’avait pas quitté le sien. Elle restait un animal sauvage, mais j’étais sa maitresse. Il n’y avait que de la détermination dans mon regard. Elle renifle un peu fortement, donne un coup de langue sur mon bras avant de baisser la tête en signe de soumission. Je pose mes mains de part et d’autre et dépose un baiser sur ses écailles, lui murmurant que c’était bien, qu’elle était ma brave et majestueuse Meraxès. Mon bras saigne légèrement, mais ce n’est rien. Le mestre de Peyredragon soignera cela sans difficulté. Ce n’était pas la première fois que ma dragonne voulait se rebeller et ce ne serait pas la dernière fois. Comparé au coup de patte qu’elle m’avait donné il y a trois ans, ce n’était vraiment rien. J’en gardais toujours la cicatrice, même si elle s’atténuait avec le temps. Allez-vous-en messire Baratheon annoncais-je de nouveau mais plus durement à Orys, même si je venais de prendre son parti face à ma dragonne. Il avait beau se comporter comme un idiot, je ne laisserais personne lui faire du mal, ou le menacer, pas même Meraxès qui voulait simplement éloigner celui qui m’avait troublé. Sa réaction était liée à la mienne, je le savais fort bien et c’était pour cela que je ne lui en voulais pas. Elle avait toujours toléré la présence d’Orys parce qu’il avait souvent été à mes côtés et que je ne lui avais permise de s’en prendre à lui. Mais Orys ne possédait dans de sang de dragon et Meraxès resterait toujours un animal sauvage et moi sa chevaucheuse, sa maîtresse.



Hēnkirī

Rhaenys Braenaryon

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine des sept royaumes de Westeros
Âge du Personnage: 26 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Rhaenys Braenaryon
N'oublies pas qui tu es. Pense, crois, rêve et ose
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Membre du mois : 7
Célébrité : Emilia Clarke
Maison : Représentée par un dragon à trois têtes et un loup, aux couleurs rouge, noir et blanc... La maison impériale Braenaryon
Caractère : Ambitieuse ● Combattante ● Sans compromis ● Intègre ● Libertine ● Déterminée ● Non conventionnelle ● Charismatique ● Vengeresse ● Passionnée ● Violente avec ses ennemis
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MessageSujet: Re: “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé]   “Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.” [Tour I - Terminé] EmptyJeu 4 Juin - 0:29

- Tu peux être les deux, Rhae. Tu peux rester cette femme libre, plongée dans les arts et amoureuse des dragons. Tu peux continuer à l'être avec ceux qui t'importent, qui te comprennent. Baâl, Daena ou bien moi.

Je me savais injuste envers elle. C'était moi qui l'avait propulsé au devant de la scène, qui avait fait fabriquer cette couronne pour elle, lui avait apporté pour qu'elle la revêtisse. Peyredragon avait besoin d'une Reine. J'avais toute confiance en elle pour l'incarner, mais je n'avais pas songé à la douleur que je risquais encore de lui infliger. Avais-je condamné Rhaenys, la poète, en agissant ainsi ? J'espérais de tout cœur que tel n'était pas le cas. J'avais déjà perdu Visenya et Aegon, il n'était pas question que Rhaenys s'oublie. Si ma loyauté envers ma Reine était inconditionnelle, mon amour pour ma sœur l'était tout autant.

- Et tu peux être cette Reine que Peyredragon attend de toi. La dernière Targaryenne encore en vie et l'espoir de tout un peuple. Tu peux être cette femme forte, intransigeante et capable de tout vaincre, qui peut inspirer la crainte ou le respect. Actrice, tu l'es et tu le seras encore. Ce n'est qu'une facette à revêtir, quand le besoin se fait sentir. Il faudra que tu trouves cet équilibre, mais j'ai confiance en toi. Je sais que tu arriveras à incarner cette Reine sans laisser mourir cette part de toi que j'ai appris à apprécier depuis toujours.


Je ne savais pas qui était le plus égoïste de nous deux, finalement. Rhaenys se cherchait, voulait définir plus clairement cette nouvelle identité. Je revoyais encore cette petite fille à la chevelure d'argent, assise dans l'herbe, à me dessiner sans cesse pendant que je tentais vainement de me concentrer sur mon entraînement. Je me souvenais de son rire... Un son que je craignais d'oublier aussi, à force de ne plus l'entendre. Le meurtre froid de nos deux aînés nous avait métamorphosé, mais je n'aimais pas ce que nous devenions. Si j'étais prêt à me donner entièrement pour que justice soit faite, je refusais que Rhaenys me suive dans cette entreprise. Elle n'avait même pas encore connu les horreurs de la guerre. Alors n'était-ce pas plutôt moi qui était égoïste, à lui demander d'être Reine tout en restant elle-même ?

- Ne sacrifies pas cette femme que tu étais sur l'autel de la vengeance, Rhae. Ils n'auraient pas voulu que tu agisses ainsi pour eux, du moins je ne le pense pas. Et... Moi aussi, j'ai encore besoin d'elle. De toi.

Tandis que je l'avais enchaîné davantage à cette existence, je l'écoutai me parler de cette délivrance qu'elle m'avait accordée. Je ne lui avais jamais demandé pourquoi m'offrir ce nom, Baratheon, quand j'avais passé toute mon existence à rêver d'être comme eux, Targaryen. Je m'étais juré de faire entrer ce nom dans la légende, aux côtés du leur. Je n'avais pas une seule fois songé à partir pour lui construire une identité propre, éloigné de ces origines que je chérissais tant. C'était un présent inestimable qu'elle m'avait fait, et fortement réfléchi. Je ne lui rendais pas honneur, pas encore... Mais les occasions seraient nombreuses pour s'illustrer en ces temps troubles. Je ne pouvais qu'être fier, et touché, de toute la confiance qu'elle plaçait en moi.

- Quand bien même, mon seul désir est de voir flotter ce blason aux côtés du tien. J'ai porté le rouge et le noir toute ma vie, et bien davantage ces derniers temps, en tant que Chevalier du Dragon. Cette identité, je ne veux pas m'en défaire, Targaryen ou Baratheon. Mon passé et mon futur. Je voulais t'en parler... Ce blason est déjà défini. Un dragon noir tricéphale sur champ rouge.

Je souris doucement, me doutant bien de ce qu'elle pouvait dire. Je baissai la tête pour la fixer en retour, lui faisant ressentir cette même sincérité qu'elle m'offrait.

- Je conçois que ce blason peut manquer d'originalité... Mais je ne comptais pas remplacer Aegon ou Visenya, en tant que dragon tricéphale. Je ne compte pas pour autant renier ce que je suis. Ses flammes, je veux les porter. Ce blason inversé me conviendra parfaitement, comme dans l'envers d'un miroir. Ma Maison restera toujours liée à la tienne, ma sœur. Ainsi, tu ne seras jamais seule non plus.


Je guettai un signe d'assentiment dans son regard, mais cette discussion pouvait attendre. Rien n'était encore défini, et je ne prendrais jamais un emblème si proche du sien si Rhaenys ne le désirait pas. Je voulais qu'elle sache quel soutien je désirais être pour elle. A vrai dire, quand j'avais songé à ce blason inversé, je n'avais pas eu d'autres volontés que d'incarner ce frère qu'il lui restait. Nous avions le même âge. Nous avions grandi ensemble, vécu toute notre vie l'un avec l'autre. Nous n'étions plus que deux, désormais. Comme deux jumeaux, opposés et complémentaires. A mes yeux, c'était bien ce qu'il représentait.
Je sentais qu'elle n'avait pas le cœur à réfléchir. Je lui offrais mon épaule sur laquelle pleurer et j'attendais l'accalmie, ou l'explosion. Je secouai négativement la tête quand elle mentionnait encore sa faiblesse. Je ne le pensais pas ainsi, mais inutile d'insister. Il fallait qu'elle en prenne conscience d'elle-même, ce n'était pas de simples mots qui pourraient l'aider à faire cette prise de conscience. J'espérais qu'elle la ferait, et ne se perdrait pas en chemin.

Je bloquai. J'avais entendu les premiers mots, avant d'écouter d'une oreille peu attentive ce que je savais déjà. Ceux-là m'interpellaient beaucoup plus. Je secouai la tête, mais je n'eus pas réellement le loisir d'y réfléchir. Elle s'écartait de moi, me repoussait. Je serrai les dents. Elle ne me connaissait que trop bien et ce n'était pas la réaction qu'elle attendait. J'avais tenté de me rattraper, trop tard. Le mal était fait.
Elle continuait de parler, avec une froideur qui contrastait fortement. Je l'avais blessé. Je l'avais perdu. Je le savais. Elle ne me laisserait aucune occasion de retourner en arrière.

- Rhae...

Je m'étais relevé tout en l'appelant. Elle ne s'arrêta pas. Elle se détournait, s'éloignait du bord. J'avançai sur quelques pas pour la rattraper, avant de me stopper net face aux propos qu'elle m'assénait comme une multitude de coups d'épée. Si j'avais su qu'on pouvait faire autant de dégâts avec de simples mots... Voilà bien une arme qu'elle était la seule à détenir, et que je lui avais mis entre les mains. J'étais incapable d'arborer la même froideur qu'elle pour lui faire face, peu importe ce qu'elle pouvait en dire. Je ne cachais pas la peine et la souffrance qu'elle venait de m'infliger, ni la rancœur et la colère qui montait lentement en moi, devant ces représailles qui me semblaient aller beaucoup trop loin. Si elle croyait réellement que j'avais renoncé à mes sentiments, j'avais la preuve jusque dans mes veines que tel n'était pas le cas.
Je craignais de prendre la parole, de prononcer des mots de colère que je regretterais plus tard. Ca ne serait ni la première ni la dernière fois qu'un tel phénomène se produirait. Et pourtant, Rhaenys avait toujours été plus qu'épargnée. J'étais toujours incapable de prendre sur moi, même avec le temps... Même pour elle.

J'ouvrai la bouche pour prendre la parole et me stoppai encore, frustré. J'entendis le vol puissant de Meraxès. Elle revenait pour défendre sa maîtresse. Depuis le temps, j'avais appris à ne plus la craindre. Quand ce grognement hostile monta en elle, j'eus la confirmation que nous avions tous fait plusieurs pas en arrière, même la dragonne. Elle me considérait comme une menace, un danger. Un ennemi.
J'entrevis les crocs étincelés, attrapant les lueurs blafardes de l'astre lunaire. Je ne bougeai pas, le temps pour Rhaenys de la calmer. Je savais comment les dragons fonctionnaient et je ne voulais surtout pas envenimer la situation, au risque qu'elle soit la première touchée. Je n'aspirai plus qu'à partir. Je ne pouvais pas me contraindre à une telle immobilité tandis que Meraxès lui entaillait la peau, par ma faute. J'en avais assez vu, assez entendu. Je sentais la colère couver sous la surface et fut incapable de la retenir, en l'écoutant me chasser à nouveau, avec cette même froideur.

- Ses paroles... Sont celles que tu as prononcé en dernier à Aegon, n'est-ce pas ? Mais puisque tous tes frères sont morts ou disparus, je suppose que tu n'en as cure.

Et pourtant, j'obtempérai. Je lui en voulais pour son attitude, pour ses mots. J'en voulais à Meraxès pour son intrusion, qui me forçait à faire retraite alors que je ne le voulais pas, pour s'en être prise à sa maîtresse par ma faute. Et surtout, je m'en voulais. J'avais trahi la confiance d'Aegon et je me haïssais pour cela. J'avais senti la déception de Rhaenys si cuisante qu'elle n'avait pas dû l'ignorer non plus. Elle pleurait sa mort et moi... A quoi avais-je pensé ?
Elle savait. Elle m'avait rejeté. Je ne méritai pas mieux, pour avoir ainsi bafoué sa mémoire. Peut-être avait-elle raison, finalement. Le frère avait bien disparu.

Je rattrapai ma monture et partit au galop, sans prendre la peine de la calmer. Nous filâmes à toute vitesse, à travers les roches abruptes, au risque de se fracasser le crâne. Je ne la fis pas s'arrêter à la vue du château. Je voulais me délivrer de ses chaînes, goûter à cette liberté pour ce qu'il restait de la nuit... Et ne pas revenir.
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