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Affaires de famille [Tour I - Terminé]
MessageSujet: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptySam 9 Mai - 10:47

"Lady Daena. Un nouveau corbeau de Marée Haute. Il serait vraiment temps de répondre à votre mère vous savez."

La jeune fille, qui marchait d'un bon pas en direction de la cour intérieure du château, laissa échapper une grimace alors qu'elle attrapait le pli que lui tendait le Mestre la mine pincée. Elle savait pertinemment ce que contenait la missive. Sa mère voulait qu'elle revienne à la maison. Après ce qui s'était passé, il était difficile de lui en tenir rigueur mais Daena ne voulait pas. Mais elle n'arrivait pas à trouver les mots juste pour répondre à Mère et lui expliquait que sa maison, désormais, se trouvait ici à Peyredragon et auprès de sa Reine, quand bien même elle ne lui était pas d'une grande utilité ces derniers jours.

Réalisant que le Mestre attendait visiblement toujours une réponse, elle agita le pli d'un geste impatient avant de hausser les épaules.

"Ne vous en faites pas, je vais m'en occuper."

Puis, voyant qu'il ne semblait pas du tout convaincu, elle ajouta, le menton relevé, sentant l'agacement poindre le bout de son nez.

"C'est promis."

Et, comme à son habitude, elle lui décocha son plus beau sourire qui eut un effet immédiat. Le Mestre hocha la tête avant de s'éloigner d'un bon pas, laissant la jeune fille avec une lettre qu'elle n'avait pas la moindre envie de lire.

C'est perdue dans ses pensées qu'elle continua de marcher, ses doigts triturant un peu nerveusement la missive qu'elle gardait encore soigneusement fermée. Peut-être que Mère souhaitait la voir avant son départ pour Goëville. Ou, pire encore, souhaitait-elle qu'elles y aillent ensemble. Les préparatifs allaient bon train et Daena était partagée entre l'excitation d'assister à de telles festivités et l'appréhension de tout ce qui ne manquerait pas d'arriver une fois là-bas. Si elle ne savait pas exactement quelles seraient les réjouissances, elle se doutait pertinemment qu'il s'agissait de bien plus qu'un simple anniversaire à fêter. Et qu'il risquait d'y avoir des conséquences bien plus importantes sur le long terme, Rhaenys étant maintenant sur le devant de la scène et la cible de tous les regards, aussi bien haineux qu'amicaux. Difficile de faire la part des choses, surtout pour Daena qui ne comprenait encore pas grand-chose aux rouages de la politique.

Se laissant tomber sur l'un des bancs de pierre qui jalonnait les murs de l'enceinte intérieure, Daena soupira sans retenue, toujours pas décidée à ouvrir ce satané courrier. Son regard se perdit dans la contemplation des alentours, alors qu'elle réalisait à quel point tout lui était devenu bien plus familier que chez ses parents. Elle remarqua alors une silhouette familière qui avançait dans sa direction. Ravie de ne plus avoir à se focaliser sur ce qu'elle pourrait répondre ou non à sa mère, elle agita la main, faisant fi de la discrétion qui devait être celle d'une dame lui répétait-on sans cesse.

Son visage se fendit alors d'un large sourire alors qu'elle arrivait enfin à sa hauteur.

"Oh Evaenys, bonjour. Comment vas-tu ?"

Malgré les années, elle ne savait toujours pas comment l'appeler. Mère lui avait formellement interdit de la nommer comme sa sœur et, même si elle avait bravé de nombreux interdits en se rapprochant autant de la bâtarde de son père, la petite Velaryon n'avait pas encore réussi à passer celui-là. Peut-être était-ce dû à cette distance qui se maintenaient entre elles en dépit des années, Daena se sentant bien souvent bien plus proche de Rhaenys que de celle qui partageait le même père.

Réalisant qu'elle tenait toujours sa missive dans la main, elle leva les yeux au ciel et se retint de la chiffonner alors qu'elle tapotait sur le banc de pierre juste à coté d'elle.

"J'espère que tu n'es pas trop occupée et que tu as un peu de temps pour discuter."


Dernière édition par Daena Velaryon le Lun 18 Mai - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyLun 18 Mai - 1:46



Une histoire de famille


Enfin un peu de tranquillité, il était temps, je n'avais pas eu un petit peu de temps pour moi depuis quelques jours et j'en avais réellement besoin. La solitude j'en avais à foison certes, la Reine avec son emploi du temps chargé ne jouissait pas beaucoup de ma compagnie et n'en avait guère besoin. J'étais un peu la laissée pour compte, comme d'habitude je me retrouvais à une place qui n'était pas la mienne et où personne ne m'y voulait réellement. J'avais bien conscience que Rhaenys Targaryen ne m'avait acceptée auprès d'elle qu'en considération de mon père, et mon père lui ne m'avait permis de rester au palais que parce que c'était plus simple pour tout le monde. En effet les histoires de famille chez les Velaryon étaient bien assez compliquées sans qu'il n'y ait besoin de ma présence pour en rajouter. Avec un soupire de tristesse je repensais à mon père, mon oncle et ma tante qui me manquaient.

Pour ce qui concernait mon demi-frère je ne l'avais presque jamais rencontré, tout comme ma demi-sœur d'ailleurs qui n'était qu'une correspondante assidue que j'appréciais mais qui ne faisait que me montrer tout ce que je n'aurais jamais. C'est sur ce cheminement de pensée qu'une voix familière m'arrêta dans mes pérégrinations. Elle se tenait devant moi, la jeune Lady Velaryon avec le sourire aux lèvres et l'innocence des nobles personnes n'ayant aucun problème de condition sociale. Je l'enviais énormément, et non pas uniquement en raison de sa beauté époustouflante, de son statut social ou encore de sa relation privilégiée avec Rhaenys Targaryen ou Orys Baratheon, je l'enviais car elle représentait tout ce que je ne serait jamais et cela avait le don de me déprimer sérieusement. Cependant jamais je ne le lui avouerais, je l'aimais trop pour qu'elle se sente inutilement coupable pour des choses qui n'étaient absolument pas de son fait. Je lui rendis donc son lumineux sourire. Depuis toutes ces années jamais elle n'avait osé affirmé haut et fort notre lien de parenté, je la soupçonnais d'en avoir honte, je me prêtais donc à cette mascarade sans broncher.

« Lady Velaryon ! C'est une joie de vous revoir, vous êtes resplendissante. En ce qui concerne mon état ne vous en préoccupez pas, il n'est guère important en cette belle journée. »

Je ne voulais pas lui paraître morose, ou préoccupée, ou encore moins déprimée. Je lui parlais avec courtoisie, et avec toujours cette distance que les années et notre différence de statut social avait placé entre nous pour notre plus grande tristesse. J'avais toujours rêvé d'avoir une petite sœur, quelqu'un que je pourrais aimer et protéger et qui serait pour moi un appui et une confidente. Le destin est parfois un bien cruel farceur, je ne pouvais trop m'étendre avec ma demi-sœur, sans craindre de terribles représailles de sa mère à mon égard. En effet j'étais le némésis de cette femme blessée qui ne voyait en moi que la preuve de l'absence d'amour passionnel de son mari. Croyait-elle réellement que m'éliminer le rendrait plus tendre à son égard ? Je n'en savais rien mais je ne pouvais pas l'avoir en mon cœur, sachant que par sa faute j'aurais pu de nombreuses fois trépasser étant enfant.

Avec étonnement je réalisais qu'elle m'invitait à prendre place à ses côtés, n'avait-elle pas peur que les espions de sa mère rapporte cette tentative de rapprochement bien trop flagrante. Pensait-elle aux ragots ou à la baisse terrible que cela apporterait à sa réputation que de traîner avec sa bâtarde de sœur ? Peut-être était-elle trop jeune pour penser à tous ces tenants et aboutissants et je la trouvais adorable de me proposer cela avec une telle candeur, cependant je ne voulais en rien lui nuire, et je me devais d'être franche avec elle.

« En effet j'ai le reste de ma journée de libre, mais je ne sais pas encore quoi en faire. Lady vous ne pouvez vous permettre d'être vue en ma compagnie, après tout je ne suis guère votre égale et cela pourrait être mal considéré par Madame votre mère, qui comme vous le savez ne me porte pas en haute estime. Cela m'attriste de devoir refuser votre aimable proposition. »
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyVen 22 Mai - 22:31

Daena fixait la jeune femme avec ce mélange de curiosité et de bonne humeur qui était sien depuis toujours. Elle ne connaissait pas bien Evaenys, ne l'ayant que peu croisée dans son enfance, jusqu'à son arrivée à Peyredragon et, les années passant, leurs chemins ne se croisaient guère, les deux demoiselles n'étant pas du même monde et n'ayant pas vraiment les mêmes occupations.

Pourtant, elle l'appréciait, beaucoup trop d'après Mère. Peut-être était-ce dû au fait qu'elle retrouvait certaines expressions de Père lorsqu'elle la croisait ou, tout simplement, savoir qu'elle partageaient le même sang lui donnait l'impression qu'elles étaient liées d'une certaine façon, même si cela différait de ce qu'elle ressentait pour ce lointain petit frère qu'elle n'avait que peu vu ces dernières années. L'espace d'un instant, elle ressentit un pincement au cœur en réalisant qu'elle tenait plus à certaines personnes présentes sur cette ile que pour les propres membres de sa famille mais, plutôt que de s'appesantir sur le sujet, elle se focalisa sur la jeune femme.

Aux premières paroles d'Evaenys, elle arqua un sourcil, sans même essayer de masquer sa perplexité. Personne ne l'appelait Lady Velaryon, en tout cas, personne à Peyredragon qu'elle côtoyait au quotidien en tout cas. Secouant imperceptiblement la tête, elle reprit, de son ton léger habituel, son sourire ne quittant pas son visage.

"Resplendissante ? C'est un peu fort non ? Je crois que c'est la première fois que j'ai le droit à un tel qualificatif. Mais c'est agréable, merci."

La fixant alors quelques secondes avec intensité, elle hésita un instant avant de savoir si elle devait rebondir sur le reste de ses propos. Le fait d'écarter de façon aussi abrupte sa question l'avait quelque peu déroutée. Etait-ce si inhabituel que cela de demander comment on se portait ? C'est alors qu'elle refusa poliment mais fermement son invitation à prendre place à ses cotés. Décidément, il y avait quelque chose qui lui échappait totalement en cet instant et son sourire laissa place à une mine pensive alors qu'elle se mordillait la lèvre inférieure.

L'espace d'un instant, sa susceptibilité lui souffla de la laisser filer. Si elle ne voulait pas passer du temps avec elle, et bien tant pis. Mais cette idée ne dura qu'une seconde à peine et elle haussa les épaules, laissant échapper un profond soupir.

"Et bien, madame ma Mère comme tu dis, aura une raison de plus de m'en vouloir. Elle ne doit plus être à ça près maintenant. D'ailleurs, c'est elle qu'on appelle lady Velaryon, pas moi. Je pensais que tu t'en rappelais."

Agitant la lettre, elle finit par la replier avant de désigner une nouvelle fois l'espace libre à ses cotés.

"Si c'est vraiment la seule raison qui t'empêche de t'assoir à mes cotés, je ne peux pas l'accepter. Maintenant, s'il y a autre chose, je suis toute ouïe. Que je comprenne ce qui ne va pas. Je ne suis pas sotte Evaenys tu sais. Ce n'est pas parce que tu prendras quelques minutes à prendre place à mes cotés que ma réputation va en pâtir. Et puis, si c'était le cas, auprès de qui ? De Rhaenys ? D'Orys ? Tu crois qu'ils s'arrêteraient à ça ? Pour les autres, leur avis sur le sujet m'importe peu."

Elle était sincère. Bien évidemment, elle savait que bien des gens rapportaient à Lamarck ce qu'elle faisait de ses journées et, surtout, avec qui elle les passait. Mais tout Peyredragon savait qui était Evaenys et son lien de parenté avec la jeune Velaryon. Cela n'avait jamais été un secret pour personne et, à bien y réfléchir, si elle n'arrivait pas à considérer la jeune Waters comme une sœur à proprement parler, Daena n'arrivait pas à comprendre ce qui les empêchait de devenir amies, ou, tout du moins, de pouvoir converser sans avoir cette impression qu'il y avait un mur entre elles deux.
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyMer 27 Mai - 21:01



Une histoire de famille


Cela faisait longtemps maintenant que je me mouvais au sein de la Cour de Peyredragon, et comme tous les entourages royaux j'avais pu constater que les intrigues y étaient présentes et que les réputations pouvaient se révéler des atouts importants, voilà pourquoi je ne voulais en rien ruiner celle de ma demi-sœur et par ricochet son avenir et le nom de sa maison, qui était aussi un peu la mienne, plus par le cœur que par la réalité. Je souriais de sa candeur face à mon compliment, pourtant il n'était en rien exagéré. Daena possédait une beauté toute naturelle et donc d'autant plus merveilleuse, elle arborait d'ailleurs les cheveux si caractéristiques de son affiliation au sang de l'ancienne Valyria. La jeunesse ne faisait que renforcer l'avantage de sa splendeur et je ne doutais pas que notre père devait recevoir nombre de demande en mariage pour sa petite perle. De mon côté je la voyais d'une fragilité effrayante dans sa beauté, presque faite de verre qui pourrait se briser et je ne voulais absolument pas que son innocence et sa joie lui soit enlever par quelque rustre mal embouché. Je faisais donc de mon mieux pour la protéger, garder un œil sur elle de loin, et par mes faibles moyens lui garantir un environnement paisible.

« Je n'exagère jamais, et je suis trop franche et entière pour me répandre en flatteries stupides. Vous êtes réellement splendide, faites attention aux ardeurs des gentilshommes qui ne doivent pas manquer de vous poursuivre de leurs assiduités ! »

J'agrémentais mon conseil d'un sourire rassurant, pour qu'elle comprenne que je n'étais qu'une grande sœur inquiète et que ce n'était en rien un reproche ou une insulte voilée par une ironie malfaisante. Je n'étais que très rarement méchante, et je ne le serais sans doute jamais avec ma charmante parente, non pas que je n'en ai pas le droit, mais que je n'en aurais aucune envie en aucune façon. A vrai dire je nourrissais une réelle affection pour elle, mais j'avais simplement trop de barrières pour le montrer correctement. Ces barrières n'étaient d'ailleurs pas toutes bien réelles et je me montais parfois la tête toute seule. Je me rendis compte que mon attitude plus que respectueuse, presque froide blessait ma parente qui s'était certainement attendue à ce que je saisisse l'occasion immédiatement. Cependant elle n'avait pas encore pleinement conscience de tout ce que son comportement et ses fréquentations pouvaient entraîner pour elle. J'étais néanmoins désolée de lui causer la moindre peine. Elle finit par prendre un ton de reproche qui me mis mal à l'aise, je pensais pourtant avoir fait preuve de toute la politesse et la gentillesse possible mais elle ne me semblait pas du tout contentée par mes efforts. L'évocation de sa mère me fit presque froid dans le dos tant les souvenirs que mon enfance m'avaient laissé d'elle étaient traumatisants.

« Je suis sûr qu'elle ne veut que votre bien et que vous êtes la prunelle de ses yeux. Comment dois-je vous appeler dans ce cas... Car pour tout vous avouez on m'a très clairement défendu de paraître trop familière avec vous, même si j'aimerais beaucoup me rapprocher de celle que je considère comme faisant partie de ma famille, même si je n'en suis pas digne. »

En effet la Lady Velaryon, la femme de mon père avait été très claire dès l'entrée de sa fille au sein de la cour, elle m'avait même envoyé plusieurs courriers contenant bien peu de courtoises phrases pour me signifier que je n'étais en rien autorisée à me présenter à elle ou encore à converser avec elle comme si j'étais son égale. Elle m'avait violemment rappelé ma condition de bâtarde et vanté la supériorité sociale de sa fille légitime. Je n'avais jamais répondu à ces courriers mais j'avais néanmoins fait ce qu'on me demandait, ne voulant pas causer de problèmes à mon père par un comportement qui le ferait s'opposer à son épouse. Daena ne voulait donc pas en rester sur mon refus et je ne pu que m'incliner à sa volonté. J'étais heureuse de ne pas être forcée à partir, car j'avais toujours voulu en apprendre plus sur elle et avoir l'occasion de me rapprocher un peu plus de sa personne.

« Non il n'y a absolument aucune autres raisons, et jamais je ne sous-estimerais votre intelligence ! Vous êtes certainement très cultivée et bien plus au fait des choses que moi. D'ailleurs vous avez la chance de côtoyer nos illustres personnages royaux, cela doit être une véritable aventure. Si telle est votre volonté je n'irais pas plus longtemps à l'encontre et me joindrais à vous avez joie. »

C'est ainsi que je pris place à ses côtés sur le banc, en faisant bien entendu attention à ne pas me mettre trop prêt d'elle, pour que si des observateurs s'attardaient à notre comportement ils puissent croire que j'étais simplement fatiguée et que j'avais demandé à la Lady la possibilité de me reposer près d'elle. Un sourire doux sur le visage je me rendais à ma douce demi-sœur et j'étais heureuse de pouvoir partager un peu de temps en sa compagnie. J'attendis qu'elle commence la conversation car je ne savais pas ce dont elle voudrait discuter.
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptySam 30 Mai - 21:16

Au premier abord, si elle avait été contente d'apercevoir Evaenys au loin, la jeune Velaryon s'était très sérieusement demandé si elle allait vraiment s'arrêter auprès d'elle, que ce soit pour des raisons de convenance ou, pire, pour des raisons personnelles. Daena savait pertinemment que tout le monde ou presque à Peyredragon était envahi par ce genre de considérations et elle se doutait que ce ne serait qu'une question de temps avant qu'elle aussi doive faire ses choix principalement en fonction de ce qui serait bon pour l'image des siens avant tout le reste. Mais elle espérait pouvoir reculer autant que possible ce moment et, en attendant, elle essayait de faire ce qui lui semblait juste sans pour autant lui déplaire, comme la compagnie de la jeune femme en cet instant.
Si le compliment qu'elle lui adressa était plaisant, elle ne put s'empêcher de pouffer de rire au reste des propos d'Evaenys et de secouer la tête, franchement amusée.

"Je n'ai pas souvenir d'avoir jamais eu à réfréner les ardeurs de qui que ce soit, ne t'en fais pas pour ça. Tout le monde ici me considère encore comme une enfant et quand je ne suis pas à Peyredragon, c'est pour être à Lamarck ou auprès de Père."

Elle esquissa un sourire avant de reprendre, d'un ton un rien plus songeur.

"En tout cas, la franchise est une qualité importante. Et j'espère que tu le seras toujours avec moi, quoi qu'il arrive à l'avenir."

S'entendre appeler lady Velaryon eut un effet pour le moins immédiat sur la jeune fille qui ne se priva pas pour en faire part à Evaenys dont les arguments n'étaient pas particulièrement plaisants. Elle n'était même pas étonnée d'apprendre que sa mère pouvait avoir imposé ce genre de choses à la bâtarde qui lui faisait face et elle laissa échapper une nouvelle fois un soupir.

"C'est fort probable. Mais elle veut tout autant le bien de notre Maison et elle fait toujours ce qu'elle juge nécessaire pour cela. Même si cela peut heurter les sentiments de certains."

Daena ne critiquait pas réellement sa mère, elle n'aurait jamais vraiment osé le faire et encore moins devant Evaenys. C'était plutôt un constat et, après tout, elle ne pouvait pas lui reprocher de vouloir le bien des Velaryon avant celui de chacun. Quant à la façon dont elle pouvait avoir traité sa demi-sœur… si à son arrivée, la jeune fille n'avait pas compris pourquoi on pouvait s'acharner de la sorte, avec les années, elle avait fini par saisir certaines subtilités de la vie et par adoucir le jugement qu'elle avait autrefois porté à lady Velaryon. Après tout, il était peut-être compliqué de vivre en ayant sous les yeux le symbole même d'une union si discordante que même ses enfants en bas âge pouvaient s'en apercevoir.

"Je ne pense pas que tu puisses dire cela. Tu es au service de la Reine légitime de Westeros, beaucoup rêveraient d'être à ta place. Tu peux voir et entendre bien des choses, être au cœur de bien des évènements sans pour autant avoir à être sur le devant de la scène. Pour moi, ça te rend bien plus digne que tu ne sembles le croire non ?"

Elle laissa filer quelques secondes avant d'ajouter, toujours de ce ton doux qui était le sien.

"Daena quand nous sommes toutes les deux, c'est très bien. Et pour éviter les tensions inutiles, lady Daena quand les autres sont là. Tout le monde m'a toujours appelé comme ça, inutile de faire autrement, tu ne crois pas ? Si tu le faisais, ça ne ferait que mettre en avant une situation différente et ce n'est pas ce que veut ma mère je pense."

Elle laissa échapper un sourire innocent avant de lui demander s'il n'y avait rien d'autre qui l'empêchait de prendre place à ses cotés. Visiblement, ce n'était pas le cas et c'est avec une joie non dissimulée qu'elle la vit enfin s'installer à ses cotés. La jeune fille finit alors par souffler, la mine complice.

"J'ai vraiment cru que j'allais devoir te supplier de t'assoir à coté de moi et par me demander s'il ne fallait pas que je reprenne un bain et que tu n'osais tout simplement pas le dire. Je te l'accorde, ça aurait pu être une situation particulièrement délicate."

Laissant filer quelques secondes de silence alors qu'elle s'installait un peu mieux sur son banc, repliant ses jambes  contre sa poitrine, elle croisa ses bras et appuya son menton sur ses genoux, chiffonnant encore plus la lettre qu'elle n'avait toujours pas ouverte. Plein de questions se bousculaient dans son esprit. Qu'est ce que Mère avait bien pu lui raconter d'autre ? Etait-elle en contact avec leur père également ? Et si c'était le cas, quelles pouvaient bien être leurs relations ? Daena n'était pas jalouse, elle était simplement curieuse. Elle ne ressentait aucun manque affectif à combler et connaissait sa place, en tout cas depuis la naissance de son frère. Mais ce genre de questions n'était peut-être pas des plus appropriés, en tout cas, pas dans l'immédiat.

Relevant les yeux en direction d'Evaenys, elle souffla, d'un ton rêveur.

"Nous allons bientôt partir pour Göeville. Tu n'es pas excitée à l'idée de tout ce que nous allons pouvoir voir ? Et tous les gens que nous allons croiser ? Moi je le suis en tout cas. Et puis, je suis aussi un peu inquiète…"

Sa bouche se tordit en une moue pensive alors qu'elle resserrait son étreinte et rapprochait encore ses jambes tout contre sans même qu'elle ne s'en rende compte. Daena savait que beaucoup de choses se jouaient durant les festivités et elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur pour les gens qu'elle aimait.
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyJeu 2 Juil - 19:24



Une histoire de famille


La jeune Daena avait l'innocence et la douceur qui allait parfaitement avec son visage d'ange et cela avait le don de m'adoucir le cœur, je ne pouvais pas résister plus longtemps à sa gentillesse et à son envie de rester un peu plus longtemps en sa compagnie. Elle avait bien grandit depuis nos derniers entretiens et si nous n'avions jamais réellement perdues le contact au travers des courriers que nous pouvions nous envoyer, j'étaitquelque peu triste de voir ma demi-sœur entrer peu à peu dans le monde cruel qu'est celui des adultes. J'aurais tout fait pour retarder le plus possible les moments douloureux qui ne manqueraient pas de pleuvoir sur sa vie, comme un mariage forcé et l'obligation de devoir à la perfection toujours représenter les siens avant même de pouvoir penser à elle-même. Dans un sens Daena était certes noble mais elle était bien plus prisonnière des convenances que ce qu'on aurait pu penser. C'est avec un doux sourire que j'accueillis les paroles rassurantes de la demoiselle.

« Je suis heureuse de l'entendre, j'aimerais pouvoir encore vous gardez telle une enfant, mais ce ne sera malheureusement pas toujours le cas. »

Par un petit sourire triste je mis fin à ce sujet de conversation. L'évocation qu'elle avait pu faire de notre père m'emplit d'une émotion peu agréable. Il me manquait terriblement, et je n'avais pu le voir que pour me faire réprimandé pour mon comportement. Je n'oublierais jamais la note de désapprobation et la déception que j'avais pu lire dans ses yeux. Je préférais ne pas y penser outre mesure, bien que ce souvenir restera gravé en moi à jamais, et malgré toute ma bonne volonté de vouloir rattrapé les choses je ne voyais absolument pas comment rattraper mes bêtises et faire tourner les choses à mon avantage. Heureusement Daena poursuivi la conversation comme si de rien n'était et m'offrit l'occasion de sortir de ces idées moroses.

« Ne vous en faites pas pour cela, vous plus que quiconque possède une place de choix en mon cœur et je n'oserais jamais vous mentir ou vous cacher la vérité, si dur soit-elle à entendre. Cependant j'espère ne jamais être porteuse de mauvaise nouvelle, votre avenir semble si radieux et chatoyant qu'il ne faut pas vous miner l'esprit avec des idées si tristes. Peu importe ce que les autres peuvent dire, ou ce qui pourrait arriver, vous êtes de mon sang et je ferais tout mon possible en mes maigres moyens pour veiller sur vous, alors soyez tranquille. »

J'aurais voulu la prendre dans mes bras pour sceller avec toute l'affection d'une sœur ce serment des plus sincères, malheureusement je ne pouvais me le permettre et je me contentais d'un sourire radieux et d'un regard chaleureux et empli de toute l'affection que je pouvais lui porter. Elle n'était plus une enfant désormais, la vérité de son physique et la maturité de son mental me le criaient mais je ne pouvais m'empêcher de vouloir la sauvegarder d'un monde qui je le savais pouvait être des plus cruels et affreux.
Le sujet de la mère de Daena revint sur le tapis et je me sentis de nouveau mal à l'aise, je ne voulais pas qu'elle croit que je critiquais sa génitrice, je ne pouvais que comprendre les sentiments qu'elle nourrissait à mon égard et les manœuvres de mort qu'elle avait pu avoir à mon encontre n'était que la suite logique de son raisonnement. Pour elle je n'étais qu'une souillure dans la vie de famille parfaite qu'elle aurait désiré, femme bafouée elle désirait se venger du destin en attaquant la manifestation physique de son mariage à la dérive. Je ne pouvais lui en vouloir pour cela. Je ne dis rien en réponse aux paroles de Daena, je ne voyais pas quoi dire et de plus j'aurais eu trop peur que mes paroles soient mal interprétées.
Le sujet qui suivit n'était guère très plaisant non plus et je baissais les yeux dès que ma demi-sœur évoqua mon statut de dame de compagnie de la Reine. Je ne pouvais pas cacher plus longtemps mon abattement ou ma tristesse.

« Certes j'ai pu côtoyer Visenya et nos rapports m'enchantaient tant elle a pu m'apprendre énormément de choses. Cependant notre Reine ne semble pas très encline à accepter ma compagnie. Nos premiers échanges ont été un fiasco et j'ai même fini au cachot. Vous avez certainement dû en entendre parler. Je ne vois pas comment me faire aimer d'elle et lui prouver que je ne souhaite que la servir et l'alléger de ses souffrances qui en ce moment doivent être grandes. Malheureusement elle a choisi de me tenir à l'écart et elle ne souhaite plus être plus d'une minute en ma compagnie. Je suis perdue et assez déprimée de cette situation. Mais bon passons, je ne veux pas vous appesantir le cœur avec des soucis qui ne sont pas les vôtres, et je ne voudrais pas voir en vous également la déception que je peux inspirer au sang de notre père. Sinon je serais ravie de vous appeler Daena lors de nos entrevues secrètes, et je ne manquerais pas de me rappeler de ne pas offenser votre mère, c'est la dernière chose que je souhaiterais. »

Je laissais après mon monologue un long silence s'installer le temps de refouler mes larmes, il me fallait rester digne, je ne pouvais me comporter en gamine qui va cafter à tout le monde ses moindres soucis. Je lui adressais donc un petit sourire triste en soulevant légèrement les épaules en signe d'impuissance. Finalement je pris place à ses côtés sur le banc et je ris à sa remarque, elle ne pouvait pas sincèrement penser cela d'elle-même ! D'autant que sa peau diffusait un parfum délicieux qui provenait certainement des plus belles fleurs de Peyredragon, et ces flacons luxueux comportaient des flagrances enivrantes qui n'étaient absolument pas désagréables !

« Vous savez parfaitement que ce n'est absolument pas la raison de ma réticence ! C'est plutôt moi d'ailleurs qui devrait aller prendre un bain. Je ne me soucie que de vous et n'ai absolument aucune réticence à me trouver en votre compagnie, si les circonstances étaient toutes autres j'aurais grands plaisirs à profiter de celle-ci plus souvent et vous le savez bien. »

Ce fut donc à elle de commencer notre joyeux conversation et celle-ci s'orienta tout naturellement vers notre futur voyage vers Goëville et les festivités de la Reine Sharra Arryn. L'excitation n'était pas tellement le mot pour l'émotion qui m'étreignait en ces instants d'attentes avant le départ. Je décidais d'être franche avec Daena.

« Je ne pas vraiment excitée, j'ai été étonnée de savoir que la Reine me voulait tout de même auprès d'elle durant ce voyage. Il m'a déjà été donné de voyagé mais jamais vers Goëville, certes si je suis curieuse des beautés que peu offrir l'endroit, les enjeux qui vont se décider en cet endroit me terrorisent, j'ai surtout peur pour notre Reine, je ne pense pas que notre nation supporterait la perte de notre ultime joyeux, mais elle sera certainement bien protégée. Mais bon elle sait aussi se défendre par elle-même et je lui fais confiance pour prendre en compte au mieux les intérêts de son peuple et de celui des septs couronnes. Mais dites-moi Daena qu'est ce qui vous inquiète tant ? Je n'aime pas vous voir tourmentée... »

Croisant son regard pensif je m'inquiétais de plus en plus, il était normal que la demoiselle soit excitée de découvrir le monde, surtout dans l'entourage proche de la Reine, cela serait une expérience inestimable, et certainement merveilleuse, mais elle ne devait pas s'emplir de pensées néfastes et négatives qui lui gâcheraient ce beau moment. Bravant la frontière invisible qui toujours se tenait entre nous je me décidais à lui prendre la main avec sur le visage une lueur d'inquiétude qui ne m'était pas coutumière.

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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptySam 4 Juil - 13:09

L'idée d'être courtisée était quelque chose qui semblait tellement irréel que la jeune fille ne pouvait qu'être amusée à cette idée, se demandant tout de même, l'espace d'un instant quelle serait sa réaction si cela arrivait un jour.

Haussant les épaules, elle souffla, gardant toujours cette mine amusée qui était la sienne.

"Je crois que tu n'es pas la seule à vouloir me garder dans un cocon. Et je t'avoue que j'aimerais pouvoir me dire que je pourrais passer ma vie entière ici, sans avoir à me soucier de quoi que ce soit. Mais j'ai l'impression se passent rarement comme on le souhaite. J'espère juste que, lorsque ce genre de choses arrivera, je n'en serais pas malheureuse."

Au reste des propos de la jeune femme, Daena fronça imperceptiblement les sourcils, visiblement guère convaincue par ce qu'elle entendait.

"Tu penses réellement que mon avenir sera radieux et chatoyant ? Je t'avoue que je ne suis pas sure que ça moi-même. Le monde entier semble vouloir se faire porteur de mauvaises nouvelles ces derniers temps. Mais je suis contente de t'entendre me dire ça. La vérité semble être quelque chose de trop délicat pour bien des gens."

La jeune Velaryon reprit, d'un ton léger, abordant les sujets qui lui passaient par la tête. Bien évidemment, son existence avait toujours été centrée sur Rhaenys, son modèle d'aussi loin qu'elle se souvienne. Il était donc évident qu'elle parle d'elle et, surtout de la place qu'Evaenys occupait maintenant à ses cotés. La réponse de la bâtarde la laissa pensive quelques instants et elle finit par souffler, d'un ton précautionneux.

"Je n'ai pas eu vent des détails qui t'ont amenée au cachot. La mine furieuse de Père quand il est venu ici m'a dissuadée de poser toute question à ce propos. Et je ne voulais pas importuner Rhaenys avec ce genre de questions. Donc je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé mais visiblement, l'affaire était plutôt grave pour que Père arrive de la sorte. Tu as de la chance d'avoir pu rester ici, il faut te focaliser là-dessus et non sur le reste."

La Velaryon n'avait croisé son Père que pour quelques heures, le temps de partager un repas avec lui. Il fulminait littéralement mais il avait tout de même semblé heureux de la voir et de sa façon de gérer les choses. Mais, maintenant qu'elle y repensait, le contenu de la lettre de Mère était peut-être tout autre. Il avait probablement du l'avertir de l'incident et elle s'imaginait maintenant sa mal ce qu'elle devait avoir à lui dire.

"Les choses sont difficiles pour Rhaenys en ce moment. Elle a beaucoup à faire et à gérer alors qu'elle devrait avoir juste le droit de pleurer de tout son soûl la mort de son frère et de sa sœur. Je sais que si j'étais à sa place, si je la perdais, j'aurais juste envie de rester cachée dans ma chambre pour le reste de ma vie. Et que la terre pourrait bien s'arrêter de tourner, je n'en aurais cure. Mais elle a cette force qui lui permet d'avancer malgré tout."

Elle poussa un léger soupir, son regard se perdant dans le vide alors qu'elle reprenait, d'un ton plus doux.

"On ne peut pas obliger les gens à nous aimer. Ses souffrances ne peuvent être soulagées par personne et je pense que seul le temps pourra faire son œuvre. En revanche, tant qu'elle ne souhaite pas ta compagnie, il y a des dizaines de façon de te rendre utile. Peyredragon est en veille, tous attendent des nouvelles du monde extérieur mais en attendant, il faut que le château vive, que nous soyons toujours prêts à accueillir les visiteurs et à faire honneur aux Targaryen et aux Velaryon. Tu es peut-être une Waters mais tout le monde sait qui est ton père. Tes actions ont des répercutions plus importantes que tu sembles le croire."

Impossible de ne pas voir qu'Evaenys cherchait à refouler les larmes qui menaçaient de couler. C'était une bonne chose de ne pas vouloir montrer sa faiblesse, même devant la jeune fille qu'était Daena.
Avec les épreuves qui  n'allaient pas manquer d'arriver il leur faudrait être fortes. C'était au minimum ce qu'elles devaient faire pour les Targaryen à défaut de pouvoir réellement se rendre utiles. Ne pas montrer la moindre trace de faiblesse, que l'on soit proche de la Reine ou simple servante, c'était ce qui importait le plus en cet instant.

Lui laissant le temps de reprendre une contenance, la jeune fille finit par laisser filer, d'un ton léger, qu'elle avait eu peur d'être obligée de prendre un bain pour avoir le droit de lui tenir compagnie. La réaction d'Evaenys ne se fit guère attendre, son rire tranchant avec la mine morose qu'elle avait arboré quelques instants plutôt.

"Oh un bon bain chaud. En fait, à bien y réfléchir, ce serait une chose à laquelle je ne dirais pas non moi non plus. Il faudra que j'y songe plus tard."

Daena n'était pas une Targaryen et elle était nettement plus sensible aux températures élevées de l'eau même si sa tolérance était supérieure à la moyenne. Mais, en cet instant, l'idée de se délasser dans un bain n'était pas pour lui déplaire. Si elle avait appris à se débrouiller sans avoir à supporter une tripotée de servantes, la jeune Velaryon ne pouvait pas tout faire toute seule et elle savait qu'elle devrait les appeler dès qu'elle serait de retour dans sa chambre.

A l'évocation de leur futur voyage à Goeville, la jeune fille laissa tout de même échapper un soupir inquiet. Son regard se posa sur la main que venait de prendre Evaenys sans qu'elle ne réagisse vraiment, Daena n'étant guère habituée au moindre contact physique, mis à part Rhaenys avec qui elle se sentait suffisamment à son aise pour la serrer dans ses bras sans éprouver le moindre scrupule ou avoir l'impression d'être déplacée. Se contentant de hausser les épaules, elle souffla, essayant de ne pas avoir l'air trop inquiète, avec un succès tout relatif.

"Et bien c'est un peu comme toi. L'idée de découvrir le Val me plait. Après tout, je n'y ai encore jamais mis les pieds et il va y avoir plein de monde à rencontrer, de choses à faire. Rien que le tournoi risque d'être passionnant à regarder, j'ai parfois peur de ne pas avoir assez de mémoire pour me souvenir de tout. Mais comme tu le dis si bien, beaucoup de choses vont se jouer là-bas. Et j'ai peur pour Rhaenys. D'autant que toi comme moi ne pouvons absolument rien faire pour l'aider. Elle va être très occupée et l'avenir de Peyredragon va probablement se jouer en grande partie là-bas."
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyVen 10 Juil - 15:29



Une histoire de famille


C'était une situation peu habituelle pour moi d'avoir ce sentiment si prenant de vouloir à tout prix protéger quelqu'un, plus même que ma propre vie, je n'y avais pas souvent été confronté. Pourtant avec Daena à mes côtés je me surprenais à être surprotectrice et à vouloir à tout prix l'éloigner de la moindre chose qui pourrait transformer son si beau sourire en expression de tristesse. Cette douceur dans son minois ne pouvait qu'inspirer compassion et envie de protection, le fait qu'elle soit en plus de mon sang, et ce malgré ce que tous pourraient dire, me donnait le sentiment d'avoir un devoir envers elle, de devoir tout faire pour lui donner une vie agréable et la protéger de tout, dû-je me salir les mains pour cela.

« Il est vrai qu'il nous faut tous un jour ou l'autre affronter les rudesses de la vie mais ne vous en faites pas, vous êtes bien entourées et jamais ceux qui vous sont chers ne vous laisseront partir là où vous risquez d'être malheureuse. »

Je lui fit un sourire des plus rassurants, je n'en savais bien sûr absolument rien, et je ne pouvais m'enlever de la tête qu'en temps qu'aînée des Velaryon elle pourrait subir un mariage arrangé pour le profit de sa maison avec un mari non seulement peu courtois mais violent ou pire encore. Je me refusais à voir le côté négatif de la chose et me concentrais plus sur l'instant présent, je savourais de pouvoir goûter sa compagnie rafraîchissante car c'était un plaisir qui m'étais très rarement accordé. C'est alors qu'elle m'interrogeait sur son avenir et je ne pus qu'allonger mon sourire fasse à ses inquiétudes.

« Je pense que votre avenir est prometteur et qu'il n'appartient qu'à vous d'en faire une destinée splendide. Toutefois si jamais vous faites de mauvais choix ou que vous êtes dans une posture qui provoquerait votre malheur n'hésitez pas à faire appel à moi ! Je jure solennellement de venir à votre secours, après tout je suis votre grande sœur, tout du moins je le ressens ainsi dans mon cœur, et j'ai pour devoir de m'assurer que vous ayez un futur des plus heureux possible. En ce qui concerne la vérité, j'ai la tare d'être bien souvent trop franche, mais je ne veux pas de secrets à vous cacher, ainsi je me tiendrais à ce que je vous ai dit, vous n'aurez jamais de mensonges sortant de ma bouche. »

Je parlais avec la sincérité de mon cœur, je redoutais néanmoins qu'elle me remette à ma place ainsi avais-je vite déplacé la conversation sur un sujet qui m'était récemment arrivé. Mais sitôt après l'avoir lancé je regrettais d'avoir parlé de mon humiliation, surtout face à ma demi-sœur si parfaite aux yeux de notre père mais aussi de la Reine et de la cour. Je ne voulais pas être jugée une nouvelle fois et détournais le regard pour ne pas lire dans les siens la déception ou la tristesse. Mais contrairement à ce que je m'attendais elle me montrait plutôt le côté positif de la chose et je pu donc lui répondre avec une petite voix sans croiser son regard.

« Ne m'en voulez pas si je ne vous raconte pas la teneur de l'affaire, j'ai bien trop honte de mon comportement. Mais oui vous avez raison j'ai eu beaucoup de chance que père ait bien voulu intercédé en ma faveur. Il me faudra maintenant trouver un moyen de me racheter. »

Elle poursuivit son discours pour m'expliquer la peine que son Altesse devait ressentir, je n'en étais que trop consciente, et je lui avais pardonné depuis longtemps son geste de me jeter aux cachots... Celui-ci était même mérité et je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même. Malheureusement il semblait que Daena avait parfaitement cerné mon problème. Cependant une question me torturait l'esprit, s'il s'agissait de ma personne, serait-elle autant accablée ? Je connaissais probablement la réponse, je n'étais guère aussi importante pour elle et cela me fit une nouvelle entaille au cœur avec laquelle je devrais vivre.

« Je ne peux que comprendre les raisons de son Altesse, et je ne la blâme en rien, elle a même agit comme il se devait, cela m'a donné l'occasion de réfléchir. Vous avez raison, elle est d'une force mentale et de caractère incroyable. »

Continuant sur le sujet Daena mis le doigt sur mes lamentables tentatives pour me faire apprécier de Rhaenys et énonça une vérité écrasante et pourtant bien évidente, on ne peut forcer personne à nous apprécier, et tous les efforts du monde n'y changerait rien. Baissant le regard je répondis à la demoiselle avec une petite voix.

« Oui vous avez parfaitement raison, ne vous en faites pas, je trouverais bien une façon de me rendre utile et de ne plus déshonorer votre famille. Je me dois d'ailleurs de m'excuser aussi auprès de vous pour l'opprobre que je jette sur votre nom par mes actes irréfléchis. J'espère que vous saurez me pardonner. Je vais m'employer de toutes mes forces à aider notre dirigeante, par tous les moyens qui seront en ma possession soyez en assurée. »

Daena me redonnait quelque peu espoir même si mon moral n'était toujours pas au beau fixe. Je réussis même à plaisanter avec la jeune femme et pendant un temps notre conversation repris un ton légèrement plus léger. Avant malheureusement de repartir sur des sujets plus graves comme le voyage à venir qui était source de grandes inquiétudes comme de grandes espérances. Voyant qu'elle ne rejetait pas mon contact physique je fus un peu plus soulagée et sentait la barrière entre nous se fissurer petit à petit. Je comprenais et partageais les inquiétudes de la jeune femme mais je ne pouvais la conforter dans ses peurs. Moi aussi je me devais de lui rendre le sourire et de lui faire voir le positif de la situation.

« Certes tous cela est inquiétant. Mais vous ne devriez pas tant vous angoissez pour son Altesse, elle a été élevée par les meilleurs et saura donner le meilleur d'elle-même pour le bien de tous les peuples de Westeros. Il faut avoir foi en elle et en ses capacités. De plus je suis sûr que la sécurité sera renforcée et que vous l'épaulerez de votre mieux dans ces instants difficiles et c'est ce dont je pense elle aura le plus besoin. Apparemment vous savez si bien lui changer les idées et lui remonter le moral que je suis sûr que tout se passera pour le mieux. Et pour ce qui est du reste, il n'appartient pas à nous pauvres mortels d'en décider, il faudra donc attendre et faire avec ce qui se présentera, avec force et dignité. Tout du moins m'y appliquerais-je. Ne vous en faites pas, je suis sûr que tout se passera pour le mieux.  »

Tout doucement je retirais ma main des siennes, sans brusquerie, juste pour lui signifier que j'avais parfaitement compris qu'elle n'appréciait pas tellement cette proximité physique et que je ne voulais pas la mettre mal à l'aise plus longtemps.
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyDim 12 Juil - 17:46

Si elle n'avait guère eu le temps de vraiment apprendre à connaitre Evaenys, Daena se sentait en tout cas en sécurité à ses cotés ou pour le moins, n'avait-elle pas l'impression de risquer quoi que ce soit. C'était probablement pour ça que, même si Mère y était opposée, elle n'avait pas réussi à interdire totalement à Daena de la voir, n'ayant guère de raisons objectives à opposer à lord Velaryon.
A ses propos, elle haussa néanmoins les épaules, esquissant un sourire un brin fataliste.

"On sait toutes les deux que si les circonstances le réclament, mon bonheur ne sera pas la priorité, quelle que soit l'affection que peuvent me porter ceux qui décideront pour moi."

L'idée lui déplaisait fortement d'avoir à quitter Peyredragon pour un lieu où elle se trouverait pas son bonheur. Mais, à mesure que passait le temps, elle essayait de se convaincre que si cela pouvait servir son royaume et sa famille et bien, elle ferait en sorte d'y trouver un coté positif malgré tout. Tous les couples n'étaient pas destinés à être comme celui de ses parents, tout du moins l'espérait-elle.

Levant un regard en direction d'Evaenys, son sourire se fit un brin plus assuré et plus malicieux alors qu'elle répondait avec un mélange d'amusement et de tendresse.

"Oh parfois j'ai des doutes quant au fait que mes choix influeront vraiment sur ma destinée mais j'aime à le croire que ce sera le cas. Quant au reste… ta promesse me touche, vraiment. J'espère que si un jour je suis en difficulté je saurais tout de même m'en sortir par moi-même mais je saurais que je peux faire appel à toi en cas de besoin, c'est toujours bon à savoir."

Le sujet dériva bien vite sur les dernières mésaventures de la jeune femme. Daena n'en avait pas les détails mais elle avait suffisamment honte pour qu'elle ne cherche pas à en savoir plus sur ce qui s'était passé. Après tout, elle n'était pas du genre à la pointer du doigt mais elle espérait sincèrement qu'elle avait retenu la leçon. Rhaenys pouvait se montrer sévère mais ce n'était jamais sans raison et la jeune Velayon souhaitait pour Evaenys qu'elle n'ait pas à pâtir de son offense sur la durée sans pouvoir rien y faire. Elle laissa alors filer, d'une voix douce.

"Je ne chercherais pas à savoir ce qui s'est passé. Comme ça tu seras sure qu'au moins une personne ne sera au courant de rien."

Au vu de la curiosité de la jeune fille, la chose ne serait pas aisée. Les gens parlaient et, au vu de l'évènement il était fort probable que les informations finissent par lui revenir d'une façon ou d'une autre. Mais, au moins, elle n'irait pas les chercher d'elle-même, ce serait toujours ça de pris pour la bâtarde. Daena continua alors d'essayer tant bien que mal d'expliquer ce que pouvait ressentir Rhaenys. Elle la connaissait bien mieux qu'Evaenys, c'était une évidence, ayant passé tout son temps ou presque depuis son enfance à la suivre et à l'admirer mais elle ne voulait pas trop en dire non plus. Après tout, l'image que Rhaenys voulait donner à ses suivantes et au reste du monde différait de celle qu'elle offrait à la jeune Velaryon, Daena commençait tout juste à réellement s'en rendre compte.

Elle lui rendit un doux sourire avant de répondre, d'un ton pensif.

"Ce n'est pas auprès de moi que tu dois t'excuser Evaenys. C'est auprès de Père et de Rhaenys qu'il faut te racheter. Je ne suis pas mêlée à cette histoire et je ne compte pas l'être. Je pense que tu as compris comment tu devais te comporter avec Rhaenys. Laisse-la respirer et montre-toi serviable sans chercher à l'étouffer ou à influer sur l'opinion qu'elle pourra avoir de toi. Sois toi-même et fais toi honneur avant d'essayer de faire honneur aux autres. Le reste viendra de lui-même."

Evoquer d'autres sujets fit visiblement du bien à Evaenys qui se rassérénait à mesure que passaient les secondes. Pourtant, si l'idée d'aller à Goeville ne pouvait que plaire à Daena qui s'imaginait d'avance les festivités auxquelles elle pourrait participer, l'idée de savoir Rhaenys et Orys en danger la travaillait bien plus qu'elle n'oserait jamais l'avouer, même si, pour une fois, elle exprimait cette pensée à haute voix. Elle hocha doucement la tête à la réponse de la jeune Waters, laissant tout de même filer un soupir inquiet, son sourire habituel se tordant en une moue qu'elle n'abordait que rarement.

"Je sais qu'elle est forte et qu'il ne nous est pas donné de décider de quoi que ce soit. Ces choses nous dépassent de beaucoup. Mais ça ne m'empêchera pas de trembler pour elle chaque jour même si je ferais en sorte qu'elle ne le sache jamais et d'avoir toujours le sourire en sa présence. C'est le moins que je puisse faire. Et toi aussi."

Intérieurement, la jeune fille se promettait de faire plus, bien plus. Mais ça, elle ne pourrait le dire à haute voix, de peur de la réaction d'Evaenys.
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [Tour I - Terminé]   Affaires de famille [Tour I - Terminé] EmptyLun 13 Juil - 13:35



Une histoire de famille


Je n'avais pas pris le temps de regarder l'heure, je n'étais pas du tout pressée de quitter l'agréable compagnie de ma demi-sœur, même écrasée dans des convenances superflues j'aimais notre conversation presque à cœur ouvert, j'aurais voulu me sentir son égale, pouvoir lui afficher mon affection clairement et non dans des discours qui ne resteraient que lettres mortes sans actes les corroborant. Je n'aimais cependant pas tellement son réalisme face à la situation qui risquait de tomber sur elle en tant que Lady de bonne famille. Je ne pouvais lui mentir, ni la bercer dans de vaines illusions de contes de fées mais je ne voulais pas la savoir si grave et avec une telle peur au ventre.
 
« Ne doutez pas de l'amour de vos proches, cela se voit dans leurs yeux que vous êtes pour eux un joyau inestimable, j'ai toute confiance en notre père mais aussi en notre Reine, ils ne vous placeront pas dans les mains d'un destin funeste, j'en suis intimement persuadée. Je vous sais parfaitement capable de vous débrouiller toute seule, mais parfois malheureusement cela ne suffit pas, voilà pourquoi vous bénéficierez toujours de mon appuis et de mon soutien, si humble soit-il. »

Des certitudes je n'en avais pas, mais je pouvais bien lui livrer mes espoirs la concernant. J'étais heureuse que ma promesse lui ait plus et je me sentais enfin un peu utile et estimée dans ce monde un peu trop rude parfois. Je ne pouvais me permettre de la prendre dans mes bras pour la rassurer mais je lui envoyais toute la tendresse possible dans un sourire réconfortant. Elle avait je ne sais par quel miracle réussit à me remonter un peu le moral et je pouvais laisser s'envoler pour quelques temps mes pensées sombres et mes déceptions. Cependant le sujet revint bien vite sur le tapis, mais la jeune Lady n'eut pas du tout la réaction à laquelle j'aurais pu m'attendre. Étant moi-même d'un naturel plus que curieux j'aurais parfaitement compris qu'elle se fâche gentiment et qu'elle me harcèle de question pour savoir le fin mot de l'histoire. Je n'avais néanmoins aucun doute qu'elle finirait par savoir tous les détails de ma sinistre mésaventure.

« Je ne suis pas naïve vous savez, mais je vous suis reconnaissante de ne pas me forcer la main pour que je vous raconte la chose. Je préfèrerais justement ne pas être présente lorsque vous finirez par connaître la teneur de l'évènement. Pour ce qui est du reste vous avez parfaitement raison, cela ne devrait pas être votre rôle de me conseiller, la situation devrait être inverse, vous êtes si pleine de sagesse et de maturité pour votre âge. »

Faire profil bas, ce n'était décidément pas facile pour moi qui avait trop espéré et surtout trop vite, je n'avais pas réussi à intégrer les vertus de la patience et je ne récoltais que les fruits avariés de l'entêtement et de l'empressement. Tout était de ma faute, je ne pouvais blâmer personne d'autre et il me fallait prendre mes responsabilités. Je redressais un peu la tête pour appliquer ses conseils, pour essayer de restaurer un honneur en miette que j'avais moi-même brisé. Je ne voulais pas que mes actes éclaboussent de honte son nom ou celui de mon géniteur. Prenant une grande respiration je réfrénais pour de bon les larmes et reprenais une contenance.

C'est avec plaisir donc que je conversais sur le futur voyage à venir. J'étais intriguée du ton que prenais Daena mais je ne la connaissais pas assez pour savoir ce qu'il pouvait bien cacher, ses paroles douces et empruntes de vérité ne pouvaient que me toucher et je hochais la tête ne sachant que rajouter. C'est alors que je vis que le soleil haut dans le ciel c'était déjà déplacé et bien plus rapidement que ce que j'escomptais. Je me devais de mettre fin à l'entretien à mon plus grand regret, ayant des tâches ingrates qui m'attendaient et surtout je devais faire connaître à l'intendant de Peyredragon le changement de ma condition pour qu'il m'assigne de nouvelles tâches, toutes très peu intéressantes et loin de la royauté. C'est donc avec un petit sourire triste que je me levais et m'inclinais légèrement vers ma demi-sœur comme le protocole l'exigeait.

« Ne vous en faites pas je m'efforcerais de suivre vos conseils avec assiduité. Je dois malheureusement quitter votre très agréable compagnie, ayant des tâches importantes qui réclament mon attention. De plus je ne veux pas vous monopoliser plus longtemps. »

Avec un sourire aux lèvres et le cœur un peu moins lourd je quittais la jeune Lady avec la joie de la connaître un peu mieux et dans l'attente excitée de notre prochaine rencontre, j'espérais alors pouvoir lui faire part de quelques actes ayant redoré ma condition et son nom par la même occasion.


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