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La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]
MessageSujet: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Mer 7 Oct - 17:17


La revanche de la nuit.


Orys "The Weakness's Queen", & Rhaenys "The Cold Queen"

Je ne sais pas réellement quand est-ce que le sommeil a fini par me rattraper, simplement que l’un de mes gardes étaient en train de me secouer. J’avais ma tête couchée sur les nombreux courriers et cartes qui ornaient ma table. Et je criais. Pas fortement, mais je criais quand même. C’était ce qui avait attiré ma garde rapprochée, et l’avait fait entrer dans cette pièce que j’occupais à Sombreval. On me tirait de l’un des cauchemars qui me hantaient depuis que nous avions pris la place forte. Tous mes remords et toute ma culpabilité refaisait surface lorsque je dormais… Si bien que j’hésitais un maximum de dormir. Je ne voulais que personne ne sache ce qui était en train de me ronger de l’intérieur, personne. Heureusement pour moi, même si l’un de mes hommes m’avait réveillé, il ne parlerait pas. Il semblait simplement inquiet, comme tous ceux qui m’encadraient. Malgré tout, il ne me questionna pas. Je lui fis un vague signe de tête et sans aucun mot, ils sortirent aussi rapidement qu’ils étaient surement entrés. Je pris quelques minutes pour faire le point, avant de me passer de l’eau froide sur le visage. J’avais besoin d’air. Maintenant. J’enfilais rapidement une cape et rabattais la capuche pour cacher mes traits. J’avais noué à ma ceinture le fourreau de Noire-Sœur, qui, dorénavant, ne me quittait plus.  En sortant de la pièce, j’ordonnais à mes gardes de rester en place et de ne pas me suivre. Ils hésitèrent, mais obéirent à cet ordre direct que je venais de leur donner.

Ce cauchemar que j’avais fait, était plus intense que tous les autres, plus douloureux. J’avais revu tous les visages de ses personnes que j’avais tués. Et parmi leurs cadavres se trouvaient le corps d’Aegon, et de Visenya. Orys était là lui aussi, aux genoux d’une femme qui n’était autre que moi, me suppliant de l’épargner. Je le regardais à travers mes yeux, ou plutôt à travers ses yeux. J’essayais de l’empêcher de faire ce qui allait suivre, mais j’étais impuissante. Quelqu’un d’autre avait pris les commandes. Mon frère me suppliait, me disait qu’il m’aimait, qu’il n’avait agi que pour mon bien et en appelait à ma clémence. Comme avec tous ceux qui s’étaient trainés à mes pieds à Sombreval, je m’étais vue lever mon épée, et je l’avais tué. J’avais enfoncé ma lame dans son cœur, l’assassinant en quelques secondes, sans que mon visage ne laisse transparaitre la moindre peine, dans une indifférence totale. Son sang avait coulé jusqu’à ma garde et mes doigts en étaient plein et pourtant, et pourtant, mon corps restait de marbre. « Je devais faire des exemples » Cette phrase tournait en boucle dans ma tête, alors que mon cœur, lui saignait. Comment… Comment avais-je pu faire une chose pareille ? Comment ?

Je secouais la tête pour chasser ce cauchemar, tout en pressant un peu plus rapidement le pas. Quelque chose clochait. Je m’en rendis compte au détour d’un couloir. On me suivait. C’était léger et discret, mais mes nerfs étaient à fleur de peau et ma vigilance extrêmement redoublée. J’avais conscience d’avoir encore des ennemis ici, et me balader seule leur donnaient l’occasion de me faire du mal. Je tournais rapidement au détour du couloir et sortait noire sœur. J’attendais que l’inconnu s’approche pour le frapper en un éclair. Pas de pitié. Je n’essayerais même pas de connaitre le pourquoi du comment. Je le tuerais purement et simplement. Et ensuite, son visage viendrait me hanter, comme tous les autres. Mais pour l’heure, j’étais calme et sereine. Quand la silhouette d’un homme se découpa, à la lueur des torses, je le bousculais fortement – non sans me faire mal – pour le déstabiliser. Je plantais aussitôt Noire-Sœur sur sa cotte de maille, commençant à l’enfoncer avec l’intention de le tuer en quelque seconde, en embrochant son cœur. Je tournais mon regard vers le sien au moment de percer sa protection et lâcha aussitôt mon arme comme si elle venait de me brûler les doigts et jurant. Orys. Ce n’était pas un ennemi mais Orys qui était à ma merci. Quelques secondes de plus, et je l’aurais tué. S’il n’avait pas porté sa cotte de mailles, il ne serait d’ailleurs plus parmi nous. Je m’écartais aussitôt, en colère. Contre lui, contre moi. Je lui dis alors férocement, en ancien valyrien, sans même m’en rendre compte Tu es devenu idiot depuis ton séjour dans le Val ? Qu’est-ce qui t’as pris de me surprendre ? Ne refais plus JAMAIS ça ! Je le regardais furieuse, avant de ramasser Noire-Sœur et de tourner les talons. Je ne l’aidais pas à se relever. J’avais besoin de ces quelques secondes pour avancer et m’en aller. Je ne voulais pas qu’il me suive. Je ne voulais pas lui parler. Je ne voulais pas me retrouver seule avec lui. Je m’étais parfaitement arrangée depuis son arrivée pour que cela n’arrive pas. J’avais changé en quelques jours. J’étais devenue un monstre, un assassin. Il n’y avait plus rien dans mon existence à présent si ce n’était mon rôle de Reine. Rhaenys était morte dès que j’avais enfoncé Noire-Sœur dans le corps d’un civil qui avait préféré Hoare à ma souveraineté. J’avais tué avant pendant le combat, mais ils avaient tous pu se défendre et me combattre. Lui non. Il était à genou, vulnérable et n’avait aucune chance de survivre. Et il avait été le premier d’une longue série. Certains étaient restés fiers, d’autres avaient pleuré et supplié, et les derniers m’avaient insulté et craché à mes pieds. Et ils étaient tous morts. Pas seulement mes ennemis, mais aussi mes hommes, mes propres hommes qui avaient désobéis à mes lois et à mes ordres en s’en prenant à des femmes et des enfants civils sans défense. La Reine que j’étais avait fait ce qui était nécessaire pour maintenir l’ordre et si cela était à refaire, je ferais les mêmes choix. J’avais stabilisé ma position de Reine et avait montré à mes ennemis et à mes alliés également qu’il ne fallait pas sous-estimer ma volonté. J’avais fait ce que je devais faire et n’avais pas une seule fois montré de la pitié, de la clémence, ou de la culpabilité. J’étais restée froide, fière et détachée. J’étais bien déterminée à rester dans ce chemin là, et pour cela je devais éviter à tout prix de me retrouver seule face à Orys. Il chercherait à savoir, à comprendre, et il finirait par découvrir. Je ne le voulais pas. Je ne voulais qu’il se rende compte à quel point tout cela m’affecté. J’avais besoin de rester forte et digne, et il était capable de faire s’écrouler tous mes murs. Hors, je ne le voulais pas. Je ne pouvais pas me permettre de craquer et de laisser mes émotions l’emporter et prendre le dessus. Je ne suis plus Rhae. Rhae est morte. Je suis dorénavant la Reine Rhaenys Targaryen, digne héritière des dragons, vengeresse et conquérante. Et Orys devait se faire à cette idée, et le plus tôt serait le mieux. Il s’épargnerait ainsi la douleur d’une grosse déception plus tard. Je n’étais pas sotte. S’il m’avait bien plus aimé que Visenya, et autrement que notre sœur, c’était pour les mêmes raisons qu’Aegon : pour ma douceur, ma liberté, ma passion pour l’art, ma vision idéalisée du monde, ma naïveté, mes espoirs, et mon innocence. Je n’étais plus rien de tout cela. Rhae était morte. Allez-vous couchez Messire Baratheon. Demain une longue journée vous attend. Et c’est un ordre de votre Reine. dis-je froidement tout en continuant à marcher dans le couloir. J’avais entendu de nouveau ses pas derrière moi. Je n’avais pas été assez claire la première fois. Avec Orys, une grande distance était requise, celle d’une Reine envers d’un de ses sujets. Il n’était peut-être pas n’importe lequel, mais il en était un malgré tout. Rhae s’était toujours refusée à le voir ainsi mais la Reine, elle, le devait. Plus rien ne devait me toucher, ni m’atteindre. Et je craignais que les ennemis ne s’en prennent à lui pour m’atteindre, m’ébranler et me faire chuter. Il était ma seule faiblesse, une faiblesse que je m’efforçais dorénavant d’effacer. Personne ne devait plus le savoir, personne. Pas même lui, même si pour cela, je devais agir comme il l’avait fait avec moi jadis, le faisant souffrir, et me faisant également souffrir par la même occasion. Mais c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, pour lui.








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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Jeu 15 Oct - 20:01


Rhaenys me fuyait. C'était un doute qui avait persisté plusieurs jours, avant de se changer progressivement en cruelle certitude. Pourquoi ? Je n'en avais pas la moindre idée, et brûlait de mettre les choses au clair. Pourtant, depuis mon arrivée à Sombreval, tout s'enchaînait à une vitesse folle et le temps me manquait... Nous manquait. Je savais pertinemment qu'elle se servait de cette excuse pour mettre de la distance, s'arrangeant toujours pour ne pas se retrouver seule en ma présence, quand elle n'était pas directement fourrée dans les pattes de Meraxès. Je préférais ne pas me risquer auprès de la dragonne blessée, au risque de finir estropié avant même d'avoir combattu sur le champ de bataille. La patience n'était pas mon fort, mais j'avais appris à en faire preuve avec Rhaenys. J'avais attendu, longtemps, me cantonnant à mes tâches de Main de la Reine. J'étais dans mon élément, ici. De fer et de sang. Je n'avais jamais su comment me comporter à la cour de Peyredragon, mais tout changeait dès que l'on me donnait l'occasion de commander des armées et réfléchir à des plans de bataille. Je pouvais passer des journées entières à étudier nos opportunités, ou à voir pour en créer quand il n'en existait pas encore. Je prenais note des chiffres, des spécificités du terrain, de l'équipement de nos armées et du moral des troupes... Autant de détails qui pouvaient influer les batailles à venir en bien comme en mal. Certains se contentaient de réflexions froides, en petit comité devant cette carte stratégique, mais il me fallait aussi sortir et arpenter la place forte de Sombreval tout comme les campements de nos troupes. Je devais passer autant de temps à réfléchir conjointement avec Baâl, Nathaël et les autres commandants, que de prendre le pouls auprès de nos soldats. Je devais m'assurer qu'ils étaient prêts au combat, car Sombreval ne s'apparentait qu'à un interlude. Ce qui nous attendait aux Antlers risquait d'être d'un tout autre registre... Mais si nous parvenions à vaincre, nous marcherions alors sur la place forte d'Harrenhal. Cette même forteresse d'orgueil que je m'étais juré de démolir briques par briques quand cette guerre prendrait fin.

Je sentais cette tension qui ne me quittait plus, comme à la veille de chaque bataille. Je brûlais d'envie d'en découdre dans l'instant, d'enfourcher Ardent et de partir au devant du danger. J'aurais bien du mal à me contenir, le jour venu, pour ne pas partir en premières lignes et mener la charge. Je savais que Rhaenys ne me le permettrait pas... Ou peut-être que si, car elle ne s'en soucierait pas. J'avais l'impression de respirer l'air glacial du Nord rien que de songer à elle. Nous nous étions quittés en mauvais terme, suite à l'annonce de son mariage. Certes... Mais nous avions eu l'occasion de nous expliquer par les corbeaux, jusqu'à ce que cette missive froide et formelle me parvienne de Baâl, pour me récapituler la prise de Sombreval. Et depuis, tout ce dont j'avais eu le droit était cet éternel "messire Baratheon" soufflé comme une insulte. Elle me traitait à nouveau comme si nous étions de parfaits inconnus, et j'enrageais. Cette fois-ci, c'était elle qui avait fait deux pas en avant, pour en faire trois en arrière.

Je songeais encore aux opportunités que pourraient nous offrir les batailles à venir quand j'en entrevis une au détour du couloir que je suivais. Il faisait nuit noire et il était plus que de temps d'aller se reposer, même si certaines tâches n'attendaient que rarement le lendemain. Elle était bien la dernière personne que je pensais croiser... Seule, sans gardes. Je grognais d'un air peu amène et lui emboîtait le pas, sans chercher particulièrement à me faire discret. Je savais bien qu'elle allait finir par me reconnaître et fuir au plus loin, comme toujours ces derniers jours. Elle me surprit en choisissant une approche... Bien plus agressive.
J'avais les bras ballants quand Noire-Sœur vint m'accueillir, d'un reflet argent dans la pénombre. Je sentais sa pression sur ma cotte de maille et retins ma respiration, tombant à la renverse pour éviter qu'elle ne m'empale sur le coup. J'avais les yeux grands écarquillés, sentant cette fin inéluctable, assénée par ma propre sœur. L'acier valyrien pouvait pénétrer mes protections comme du beurre et en finir aussitôt avec mon existence... Mais elle s'arrêta juste à temps, dans un cliquetis fracassant. Ce ne fut bientôt plus que l'éclat de sa colère que j'entrevis. J'étais encore trop choqué pour répondre, malgré ses paroles chargées de rancœur. J'avais vécu bien assez de combats pour m'en rendre compte par moi-même : Elle avait eu l'intention de me tuer. Ce regard meurtrier ne pouvait pas me tromper.

- Rhaenys...?

Elle s'était déjà détournée de moi, reprenant sa route d'un pas furieux. Je me remis sur pied en quelques secondes, la main encore plaquée à ma cotte de maille, là où Noire-Sœur avait manqué de percer. Elle l'aurait fait, s'il ne s'était pas agi de moi. Et je l'appelais, parce que je doutais encore que ce fut elle qui tenait cette arme. Sauf que cette chevelure d'argent ne pouvait appartenir plus qu'à une personne. Cette démarche, pourtant, ne révélait qu'une assurance empruntée. C'était Rhaenys, mais Rhaenys emmurée dans une forteresse aussi difficile à prendre qu'Harrenhal. Je grimaçais en entendant à nouveau ce titre proféré. Je pris une longue inspiration pour m'inciter au calme et ne pas renchérir. Quand on pointait une arme sur moi, on avait tendance à en faire les frais bien assez vite... Mais non, je me contentais de la suivre d'un pas tranquille. Si elle savait à quel point elle m'apprenait la patience ces derniers temps...

Elle ne me laissa pas vraiment l'occasion de la rattraper, pressant le pas si je me prenais l'envie d'en faire autant. Parfait. Je n'allais pas me démonter pour si peu, seulement empruntée une vieille technique à Visenya pour rompre la glace. Je sortis mon épée de son fourreau. Je la fis teintée au sol, une unique fois. Je prévenais, mais n'allais pas m'arrêter en si bon chemin.

- Rhaenys, retourne-toi !

Je décrivis un arc de cercle depuis le sol, assez lentement pour qu'elle ait le temps d'obéir et de dégainer pour se défendre... Mais si elle ne prenait pas cette peine, mon arme risquait de la jeter violemment à terre même si je frappais du plat de la lame. Je la tenais à une seule main afin de minimiser l'impact. Je rétablissais ma garde pour lui faire face, le regard froid et résolu, comme à tout entraînement. Je ne plaisantais pas, mais je ne laissais pas plus la fureur guider mon bras. C'était la sienne que je voulais faire sortir.

- En garde.
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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Mar 20 Oct - 17:54


La revanche de la nuit.


Orys "The Weakness's Queen", & Rhaenys "The Cold Queen"

Je ne laissais pas à Orys l’occasion d’engager la conversation. J’avais déjà repris mon chemin, lui donnant pour ordre de ne pas me suivre et d’aller se coucher. Si je ne m’étais pas arrêtée à temps, il serait mort, par ma lame. Noire-Sœur était mortelle à tous les coups. Un peu plus et elle embrochait son cœur, et le transperçait de toute part. Elle serait venue à bout sans problème d’une cotte de maille. Elle n’avait fait que la ralentir, me laissant toute juste le temps de me rendre compte de l’erreur que je m’étais apprêtée à commettre. Je ne me le serais jamais pardonnée si j’avais été la cause de la mort d’Orys. Car je l’aurais tué. S’il avait été masqué ou caché dans un capuchon, je l’aurais tué sans aucune hésitation, le prenant pour un ennemi que je me devais d’abattre, de la même manière que tous ceux qui avaient osé défier mon autorité et mes lois. Une de plus ou une de moins sur ma conscience n’aurait pas fait grande différence de toute façon.

Je ne me retournais pas quand mon frère m’ordonna de le faire. Je ne recevais aucun ordre de personne. J’avais entendu son épée teinter contre le sol, et ma main s’était d’ailleurs posée sur la garde de mon arme instinctivement. Pour autant, je ne me retournais pas et continuais d’avancer. Non content de me désobéir et de me donner des ordres, Orys m’attaqua, et je le contrais de justesse, sortant au dernier moment Noire-Sœur pour repousser son assaut, non sans devoir reculer de quelques pas pour retrouver mon équilibre. S’il ne m’avait pas crié « en garde », je ne l’aurais pas fait et me serait retrouvée à terre. Il n’avait pas tapé fort, et le plat de son épée avait frappé contre la tranche de mon arme qui y laissa d’ailleurs une emprunte bien visible. L’acier ne pouvait pas rivaliser avec de l’acier Valyrien. Je sautais, aussi agile qu’un chat, en arrière pour remettre de la distance entre nous et avoir des appuis bien plus solides. Mes yeux lavande se plantèrent dans les siens, lui montrant toute la fureur et la colère que je ressentais à son égard. Il m’avait non seulement attaqué mais en plus ne l’avait même pas fait avec une réelle conviction. Je savais comment il se battait pour l’avoir regardé le faire mainte et mainte fois. Orys tenait son épée à deux mains et il frappait bien plus fort qu’il ne venait de le faire. Il m’avait ménagé, supposant que je n’étais pas capable de me défendre face à un véritable combat contre lui. Comment osait-il me sous-estimer, moi qui, quelques minutes plus tôt aurait pu le tuer ? Moi qui avait fait tomber Sombreval et qui avait laissé mon épée se repaitre du sang de mes ennemis. Je n’étais pas une chose fragile.

Non.

Je n’étais plus une chose fragile. J’étais parfaitement capable de me défendre toute seule et de faire face à mes ennemis. Je l’avais d’ailleurs prouvé à Baâl une nuit. Non seulement, vous n’écoutez pas les ordres de votre Reine Messire Baratheon, et vous vous montrer familier, mais en plus vous vous permettez de brandir votre épée contre ma royale personne? Ce sont des affronts bien suffisants pour que je fasse installer votre tête sur une pique. Lui dis-je d’un ton cinglant lui faisant comprendre combien j’étais sérieuse. Enfin je l’aurais été réellement s’il n’avait pas été question d’Orys. Jamais sa tête ne trônera sur une pique appartenant à Peyredragon. S’il me poussait vraiment à bout, je le bannirais. Mais jamais, je ne m’attaquerais à son intégrité physique. Tout monstre que j’étais, j’en étais incapable. Pour autant, il n’était pas obligé de le savoir et lui faire peur n’était pas un mal. Cela servirait à comprendre que Rhaenys n’était plus là. Je ne me répèterais plus. Allez-vous couchez Messire Baratheon. Et c’est un ordre de votre Reine. Désobéissez et je serais dans l’obligation de vous punir moi-même. Et vous et moi savons combien Noire-Sœur n’est pas tendre. Je laissais une menace planer dans mes paroles, afin qu’il se rende compte de combien j’étais sérieuse. S’il continuait à me défier, je le combattrais et je gagnerais. Je ferais couler son sang avec l’aide de Noire-Sœur afin qu’il comprendre que me sous-estimer était une erreur. Je suis un dragon, et je ne crains personne en ce bas monde, personne. La guerre m’avait transformé en véritable monstre sans pitié et s’il continuait dans cette voie là, il en ferait les frais. Il apprendra à me détester et à se tenir à distance. Tel était l’avenir qui nous était réservé de toute manière. Le temps de l’amusement et de l’amour était passé et bel et bien révolu. Il était plus que temps qu’il ouvre les yeux et avance. Il était temps de faire disparaitre cette faiblesse qu'il était pour moi. Je devais être la seule à savoir qu'il l'était. Il devait lui aussi l'ignorer, pour son bien.





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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Jeu 29 Oct - 0:23


Je n'eus que quelques secondes d'hésitation, Rhaenys ne se retournant pas malgré ma mise en garde... Mais elle avait néanmoins porté sa main à la garde de Noire-Sœur, prête en toutes circonstances. Bien, dansons.

Je ne fus pas étonné de la voir contrer mon premier coup, même si elle le fit au dernier moment. Ma sœur ne devait pas se douter que je l'attaquerais par derrière, sans aucune cérémonie. C'était pourtant ainsi que j'avais appris avec Visenya, qui ne m'avait pas lâché ces dernières années, me mettant constamment au défi. Je me souvenais encore, avec nostalgie, de nos premières joutes. Elle aussi avait réellement mal pris que je ménage mes coups, parce qu'elle était une femme selon elle. Bien malgré moi, je n'avais pu que lui donner raison, sans pourtant relever ce malaise persistant qui ne me faisait pas la considérer comme un partenaire d'entraînement. Elle s'était évertuée, encore et encore, à me prouver le contraire, jusqu'à parvenir à renverser la distance et rompre la glace. A aucun moment Visenya ne m'avait laissé le choix des armes, du lieu et de l'heure. J'en faisais de même avec Rhaenys, avec les mêmes intentions. Je voulais que sa colère éclate au grand jour, qu'elle fasse sortir ce qu'elle gardait sous silence, au plus profond d'elle. Je savais qu'elle en avait besoin, même si elle ne s'en rendait pas compte elle-même. Rhaenys pensait peut-être tenir, m'écarter, rester de glace... Nos propres expériences m'avaient révélé qu'un tel comportement n'était pas viable à terme. On finissait par céder, toujours. Il valait mieux qu'elle le fasse maintenant, devant moi, que sur les prochains champs de bataille.

Un fin sourire ourla mes lèvres alors que je l'observais reculer, pour reprendre son équilibre. Je ne lui laissai pas le temps de le faire, franchissant en deux foulées rapides la distance qui nous séparaient pour fondre à nouveau sur ma cible. Je pris l'arme à deux mains, dans la ferme intention de la faire chuter avec. Ma lame vibra dans l'air sans rencontrer aucune résistance, alors qu'elle esquivait tel le félin, se campant à nouveau sur ses appuis. L'opportunité était passé. Je me remis en garde à mon tour, bougeant sur le côté afin de trouver une faille. Ce fut l'instant qu'elle choisit pour reprendre la parole, non sans persister à briser toute tentative de discussion.

- Ose seulement ne serait-ce que songer à cette éventualité, petite sœur. Brûles-tu tellement de te débarrasser de moi, définitivement ? Est-ce vraiment ce que tu désires, Rhaenys ? Non, ne réponds pas. Je n'en croirais pas un mot. Nous avons déjà trop partagés, en bien comme en mal, pour que tu te permettes de me laisser de côté. L'oublier, c'est t'oublier.

Encore et toujours ce messire Baratheon... Elle l'assénait comme autant d'insultes à mon encontre, à chaque fois que j'avais le malheur de la contrarier. Sauf que, à force de l'employer à tort et à travers, j'allais finir par m'y faire et ne même plus relever. Je lâchai un bref rire à sa répartie qui manquait de poigne.

- A d'autres ! Me punir ? Tu crois vraiment me faire peur ?

Je rompis notre brève immobilité, saisissant une opportunité... Qui disparut presque aussitôt. J'entendis le fer contre le fer résonner dans les couloirs de Sombreval avec un écho dérangeant. Les murs m'oppressaient pour combattre, moi qui avait pour habitude de compter sur mon allonge et ma force. Je la repoussai, frappai directement dans sa lame pour la déstabiliser avant de viser finalement ses jambes. Elle était souple, presque fluide dans ses mouvements... Si on omettait certaines raideurs qui témoignaient encore de la dureté des combats menés en ces lieux. Je ne me privai pas d'en profiter, sachant sa lame bien meilleure que la mienne. Je sentais que chaque coup porté risquait de me la coûter définitivement, incapable de s'opposer correctement à de l'acier valyrien. J'aurais pu donner le change avec une autre arme peut-être, mais je n'avais guère envie de risquer celle de Lord Grafton, qui trônait dans mon dos, pour de simples passes d'entraînement. Tout du moins, c'est ce qu'elles auraient dû rester si Rhaenys ne s'était pas montrée si vindicative. En cherchant à l'économiser encore un peu, je pris le parti d'esquiver une frappe d'estoc pour mieux l'envoyer face contre la pierre.

Je grimaçai de douleur. Je repris mon épée bâtarde à une main et me remis en garde, impassible. Je n'avais pas esquivé assez vite Noire-Sœur qui avait traversé la maille pour mordre directement la chair de mon bras droit. Décidément, elle ne plaisantait pas...

- Alors, satisfaite ? Ca ne sera pas suffisant pour m'arrêter, tu le sais.
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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Mar 3 Nov - 10:38


La revanche de la nuit.


Orys "The Weakness's Queen", & Rhaenys "The Cold Queen"

Je voulais qu’Orys s’en aille. Je voulais qu’il me laisse tranquille et qu’il arrête de me suivre. Je voulais qu’il suive justement mes ordres, mais le bougre ne voulait rien savoir. Il ne m’écoutait pas et n’en faisait, encore une fois, qu’à son bon vouloir. J’avais toujours cédé face à lui… Mais pas cette fois ci. Cette fois ci, ce serait lui qui cèderait et m’écouterait. Il ne gagnera pas cette fois ci. Les enjeux étaient trop importants et je ne désirais pas le voir l’emporter. Les ordres ne marchant pas, je le menace alors pour qu’il me fiche la paix. Ce que je lui disais, j’étais capable de les donner… Seulement pour tout homme qui ne soit pas lui et il en avait cruellement conscience, tout comme j’en avais conscience de mon côté. Il était le dernier membre de ma famille, un membre à qui, physiquement, je ne pouvais pas faire de mal. Ou du moins, pas volontairement. Je n’ai pas d’ordre à recevoir de toi ! Je suis LA REINE ! Il est temps que tu t’en rappelles ! lui criais-je au visage, pour seule réponse à cette question à laquelle finalement, il m’avait ordonné de ne pas répondre. Il était bien plus simple pour moi d’être La Reine Rhaenys Targaryen qu’autre chose. Elle avait pris le pas sur tout le reste et Orys serait bien forcé de s’en rendre compte. Lorsqu’il me demanda ensuite si je croyais vraiment lui faire peur, ma colère grimpe d’un cran supplémentaire. Je laisse et la Reine, et la Dragonne planter ses yeux dans les siens, faisant peser un regard menaçant et colérique sans précédent. Tu ferais mieux, en effet d’avoir peur de moi. Je t’aurais tué tout à l’heure si tu n’as pas été toi, ne l’oublie pas. Et s’il fallait en venir aux armes pour cela alors soit. Je sortais Noire Sœur, et l’affrontais puisqu’il y tenait tant après tout. Je retenais mes coups, mais je n’en restais pas moi violente et vindicative. Je ne frappais pas fort mon épée qui aurait pu trancher plus d’une fois sa chair, profondément, et détruire son épée. Mais je le touchais toujours justement, avant de reculer pour ne pas qu’il en fasse de même. Nous dansons avec nos épées dans les mains et je fis couler le premier sang. Il n’avait pas su esquiver assez vite mon épée, et s’était laissé prendre à mon jeu. Il était peut-être un bon combattant, mais il n’était clairement pas sérieux en cet instant. Ou du moins, pas autant que je l’étais. Il avait voulu me donner une leçon, oubliant que c’est la Reine qui en donne et non elle qui en reçoit. J’étais on ne peut plus motivée à lui prouver que je n’étais plus une petite fille douce et naïve. Cette Rhaenys n’existait plus. La Reine est impitoyable, meurtrière et déterminée. Il était temps qu’il ouvre les yeux et s’en rende compte.

Je lâchais un ricanement méprisant lorsqu’il me demanda si j’étais satisfaite, et que cela ne suffirait pas à l’arrêter. Satisfaite ? Alors que Ma Main décide de m’attaquer et de me provoquer en duel ? Tu n’as encore rien compris. Je te pensais pourtant plus intelligent que cela. N’as-tu donc pas écouté les rapports de mes généraux ? N’as-tu donc pas prété attention aux rumeurs de la populace ? Il est plus que temps que tu ouvres les yeux. lui lançais-je de manière colérique et méprisante. Je rangeais mon épée dans son fourreau, avant de détacher ce dernier et lui envoyer. Je savais que par réflexe, il l’attraperait et je comptais la dessus. Comme je comptais sur le fait qu’il ne m’attaquerait pas si j’étais désarmée. Je l’avais blessé. J’avais fait couler le premier sang. J’avais gagné. Et au fond de moi, je m’en voulais pour cela. J’avais fait du mal à Orys. Certes, pour lui donner une leçon, mais je lui avais quand même fait mal. Et ça, j’allais devoir vivre avec, rajoutant ce fait là sur ma conscience déjà bien lourde. C’était d’ailleurs pour cela que je lui avais envoyé Noire-Sœur. Je mettais fin au combat parce que je ne voulais plus être obligée de lui faire du mal. Plus jamais. Et je ne craignais pas que mon épée soit perdue ou abimée avec lui. Il en prendrait soin et me la referait porter rapidement. Je resterais en attendant sans arme, mais cela ne me faisait pas franchement peur. Qui oserait s’attaquer à moi ? Surtout que je comptais rejoindre ma fidèle amie, pleine de piques et de crocs, capable de déverser des torrents de braiser de sa gueule.

Je ne courrais aucun danger avec Meraxès à mes côtés… Et aucun avec Orys dans mon dos. Je le savais trop têtu pour retourner dans ses quartiers et trop protecteur pour me laisser déambuler dans le château sans arme pour me protéger. Je perdais mon temps et brassais de l’air dans le vent j’en avais conscience. Malgré tout, je lui dis une dernière fois, me retournant pour le regarder droit dans les yeux Va-t-en Orys. Il n’y a plus personne à sauver dorénavant. Il est trop tard à présent pour cela. Plus tôt tu le comprendras, mieux ce sera pour toi. Les instants de naïveté, de joie, d’euphorie, de bonheur, de clémence et de rire sont révolus et appartiennent définitivement au passé. Il n’y de la place que pour le pragmatisme, la réalité et la guerre. La sœur joyeuse et aimante n’existe pas. Ne reste que la Reine déterminée, cruelle et impitoyable.





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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Lun 16 Nov - 15:22


Je ne prêtais pas attention à ma blessure qui me brûlait et me lançait à l'épaule. Elle était certainement bénigne, et surtout, mon sang bouillonnait tellement que j'en ressentais à peine les piques douloureuses à travers ma fureur. Je lui avais donné l'opportunité de se défouler, mais elle rompait les hostilités pour fuir à nouveau ma présence. C'était ainsi depuis mon arrivée à Sombreval, à jouer les étrangers l'un pour l'autre comme après chaque dispute. Sauf que, s'il y en avait eu une entre temps, je n'avais même pas dû m'en rendre compte. Je poussai un profond soupir, agacé, secouant la tête négativement. Je n'eus même pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que Noire-Soeur m'atterrit dans les mains. J'avais rattrapé le fourreau par le sangle, de ma main libre, restant le regard interdit à contempler l'épée valyrienne. Elle ne comptait même plus se défendre ? Non, elle se contentait de se démunir de son arme pour ne plus avoir de raison de croiser le fer avec moi. Parfait... J'avais peut-être été présomptueux, à croire que ce duel lui permettrait d'évacuer, de lui faire du bien. Elle n'était pas Visenya après tout. Rhaenys était infiniment plus compliqué à comprendre... Et surtout, je n'avais plus l'envie de faire le moindre effort. Ce n'était pas dans ma nature d'endurer sans riposter, de garder mon calme en toutes circonstances. J'avais toujours répondu au feu par le feu. Je pouvais avoir une grande patience avec ma sœur, mais elle avait fini par épuiser mes dernières réserves.

- Tu n'as jamais été moins Reine qu'en cet instant, Rhaenys. On dirait une enfant capricieuse qui tape du pied, mécontente qu'on ne l'écoute pas. Non mais tu t'entends parler ? C'est comme ça que tu comptes diriger, en criant que tu es la reine dès qu'on a le malheur de te contredire, à défaut de meilleurs arguments à opposer à tes conseillers ? Si tu comptes agir ainsi, tu as intérêt à me le rappeler souvent en effet.

Je lui emboîtai le pas, enroulant la sangle du fourreau autour de ma main gauche, à laisser pendre Noire-Sœur le long de mon bras. L'obliger à la reprendre serait peine perdue. Et je n'étais pas certain de le vouloir sachant que son tranchant venait de ruiner mon matériel... Je rangeais mon épée, désormais inutile. Je lâchai un rire, amer, à la suite des invectives.

- Il n'y a qu'à toi que tu fais peur, Rhaenys. Ce que tu dis n'a aucun sens... Si je n'avais pas été moi ? Et bien je le suis, et ça ne risque pas de changer. Tu deviens déraisonnable. Un tel incident ne se serait jamais produit si tu avais ta garde rapprochée. Nous sommes en guerre et en territoire étranger, tu ne peux pas te permettre d'être aussi imprudente. Tu te défais même de Noire-Sœur... Et tu me demandes encore de partir alors que personne ne peut assurer ta sécurité ? Es-tu à ce point affectée par les événements pour en appeler la mort ?

Je la rattrapai en quelques foulées, parce qu'elle pressait le pas. Je sentais qu'elle comptait mettre fin à la discussion d'une manière aussi radicale que la dernière fois. Dès que je la contrariais, elle recherchait une échappatoire, que souvent elle trouvait entre les pattes de sa dragonne. Elle ne se rendait pas compte à quel point cette manie m'énervait. Un jour, j'allais finir par me faire brûler vif par Meraxès parce qu'elle ne représenterait plus qu'un obstacle entre ma sœur et moi, et non plus le dragon tant aimé de Rhaenys. Je n'avais déjà plus la moindre affection pour sa créature.
Je l'attrapai par le bras et la forçai à se retourner vers moi, ne relâchant ma prise à aucun moment.

- C'est à toi d'ouvrir les yeux, Rhaenys ! Regarde dans quel état tu es. Il est hors de question que tu partes au front dans cet état d'esprit, tu m'entends ? Tu ne vas réussir qu'à te faire tuer !

Je la forçai à me regarder, quitte à la bousculer un peu, comme s'il était possible de la sortir de sa transe ainsi. Je commençais à me dire que c'était impossible, que tout ce que je pourrais faire ne servirait à rien. Aegon aurait su, mais il n'était plus là. Il aurait agi avec bien plus de mesure. Elle avait réussi à m'énerver, et rarement aussi bien depuis de longues années.

- A quoi croyais-tu que ressemblait la guerre, Rhaenys ? De la terreur, des tripes et de la merde ! Les actes de bravoure n'existent pas, nous ne sommes que des bêtes. Les vaincus luttent pour survivre. Les vainqueurs prennent ce qui les intéressent. Les faibles périssent sous les exactions des forts. Les innocents subissent le passage de la guerre. C'est ce que le parjure nous a obligé à faire, Rhaenys... A noyer nos nobles idéaux dans le sang pour qu'ils en ressortent souillés, altérés. Nous leur avons dit que nous leur apporterons justice et nous l'avons fait... Cette justice sauvage qu'est la vengeance. Rentre à Peyredragon si tu n'es pas capable de voir cette réalité en face, ou reste si tu es prête à te comporter en Reine et cesser tes jérémiades !

Bien sûr que j'avais lu les rapports. Bien sûr que j'avais prêté une oreille attentive aux rumeurs de Sombreval. Je savais à quel point tout cela avait pu être dur pour elle, et je lui en voulais encore de m'avoir envoyé au loin, négocier dans le Val, plutôt que d'être un soutien durant cette première bataille. Tout cela pour quel gain ? Rien. Rien du tout ! J'avais eu tort de l'écouter, tort de croire en elle. Bientôt son précieux masque de reine de glace ne tromperait plus personne et elle amorcerait notre déchéance, parce que Peyredragon n'avait pas placé ses espoirs en celle qui se tenait devant moi. Elle allait craquer, au mauvais moment, et tous nous faire chuter à sa suite... Parce qu'elle estimait que ma sœur n'était pas assez forte pour endurer les atrocités d'une guerre.

- J'ai eu tort de croire que tu avais les épaules pour être Reine, ce n'est pas le cas. Je croyais en celle pour qui j'ai demandé à façonner cette couronne. Je ne crois plus en celle qui se tient face à moi. Elle ne sera pas en mesure de prendre les bonnes décisions pour son royaume, parce qu'elle est incapable de ressentir leur peine, leur souffrance, de les partager avec eux en maintenant la ligne de ses idéaux. Comment le pourrais-tu ? Tu t'es perdue, et nous le serons tous bientôt aussi.

Je la repoussai, relâchant enfin la pression sur son bras. Je restais campé sur mes positions, n'ayant plus à coeur de la suivre.
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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Lun 16 Nov - 22:39


La revanche de la nuit.


Orys "The Weakness's Queen", & Rhaenys "The Cold Queen"

Je lâchais un rictus mauvais aux paroles de mon petit frère. J’étais en colère, et j’en devins d’ailleurs injurieuse. Il ne faut pas pousser un dragon à bout, jamais. Lui mieux que personne le savait et pourtant, il l’avait fait. Oubliait-il qui il avait en face de lui ? Je n’avais jamais été aussi colérique d’Aegon ou Visenya, mais je l’étais tout aussi fort, si ce n’était plus. Que croyait-il ? Qu’il était le seul à se laisser emporter et à devenir haineux ? Je le savais honnête et cela était le plus dire à encaisser. Il pensait chacun de ses mots, je le savais parfaitement et c’était pour ça que je réagissais à mon tour aussi violement  Tu sais ce qu’elle te dit l’enfant capricieuse qui tape du pied, qui ne s’entend pas parler,  et qui compte tout diriger en criant ? Elle t’emmerde Orys. Elle t’emmerde. Je n’étais jamais grossière, jamais. Je ne jurais jamais et je n’utilisais jamais de vocabulaire vulgaire. C’était une grande première déclenchée par la seule personne encore vivante capable de le me le faire faire : Orys. Je l’aimais oui. Mais je ne permettrais à personne de me parler et me qualifier ainsi, personne, pas même lui. Il était clairement en train de jouer avec le feu et mon ton et mes yeux lui faisaient clairement comprendre qu’il allait trop loin. Et si ma présence le dérangeait tant que ça, pourquoi s’acharnait-il donc à me suivre et à me parler ? Pourquoi avait-il tenté plusieurs fois de s’entretenir en privé avec moi ?

Au fond, ce qui arrivait ne m’étonnait pas. J’avais été lâche, préférant la fuite à la confrontation, consciente que, lorsque nous nous parlerions, nous mettrons un terme à cette relation si particulière qui nous liait. Il ne pouvait pas comprendre. Non. IL ne voulait pas comprendre. Tout cela, je ne l’ai jamais voulu. Il oubliait que je n’étais ni Visenya, ni Aegon. Le pouvoir ne m’intéressait pas. La conquête, je préférais la laisser aux autres. J’étais née pour être libre, libre de faire ce que je désirais, de voler, de dessiner ou de combattre si l’envie m’en prenait. Je n’aurais jamais dû être Reine et le poids de Peyredragon n’aurait jamais dû reposer sur mes épaules. Je n’étais pas assez forte. Pour y arriver, je devais devenir quelqu’un d’autre. Je devais devenir Visenya et Aegon et laisser tout le reste derrière moi. Il ne pouvait donc pas me dire ce genre de choses. Il n’en avait pas le droit.  Maintenant je suis égoïste et suicidaire ? Et bien je n’avais pas imaginé que tu avais une telle opinion de moi. A se demander ce qui a pu te pousser alors à m’aimer jadis puisque la femme que tu dépeints semble te donner envie de vomir. lui crachais-je aux yeux haineuse au possible, essayant en vain de me dégager de sa main sur mon bras pour qu’il me lâche. Je ne voulais pas qu’il me touche. Je ne voulais plus qu’il le fasse. Pas alors qu’il semblait me mépriser autant. Oh mais mes yeux sont grands ouverts mon cher Valonqar, ils le sont plus que jamais. Tu n’étais pas là alors ne parle de choses dont tu ne sais rien ! Ce n’est pas à tes pieds qu’ils ont rampé pour demander ta clémence ! Ce n’est pas à ton visage qu’ils ont craché en te traitant de sale putain. Ce n’est pas toi qui les as tués d’un coup d’épée simplement pour asseoir ton autorité. J’ai pas tué des guerriers, j’ai assassiné des civils et des hommes sans armes et sans défense. Alors ne vient pas me parler de la réalité des choses. Tu ne sais pas de quoi je suis capable, de tout ce dont je suis capable pour Peyredragon et pour eux. J’éclatais, me laissant aller à la colère que je ressentais, ne retenant plus mes mots, plus mes pensées. Il m’avait poussé à bout. Il était injuste. Il n’avait pas le droit de me tenir de tels propos, pas alors qu’il n’était pas là, pas alors qu’il n’avait jamais été forcé d’agir ainsi. Mon père m’aurait comprise lui, lui qui avait ôté la vie dans de pareilles circonstances. Aegon et Visenya aurait été à l’instar d’Orys, incapable de le faire. Parce que ce fardeau, ils me l’avaient laissé. Et une part de moi, qui grandissait de jours en jours, leur en voulait pour cela.

Heureusement qu’Orys finit par me lâcher. Je l’aurais forcé à le faire, quitte à lui et me faire mal. Je n’étais plus en colère, oh non plus du tout. J’étais dans un état bien pire. Je le regardais droit dans les yeux, et lui dis, sur un ton calme, froid, et  impersonnel, quasiment dans un murmure.  Alors va-t’en… Que fais-tu ici puisque je suis une si pitoyable Reine à tes yeux ? Je ne te retiens pas Valonqar. Je ne l’ai jamais fait. Tu es libre, comme tu l’as toujours été. Nous devions te l’annoncer demain, mais qu’importe. Félicitation Orys. Cette Reine tant détesté et pathétique a fait de toi un Prince, et l’héritier de Peyredragon s’il lui arrivait malheur. Je te libère de tes engagements de Main et de Conseiller. Ainsi, plus aucune obligation ne t’oblige à rester. Tu peux t’en aller conter fleurette ailleurs et attendre sagement que je sois tuée pour ma place, et gouverner comme tu l’entends. Ou du moins s’il reste quelque chose à gouverner puisqu’à tes yeux, je vais mener les miens à leur perte. Sur ces mots, je récupérais brutalement mon épée Noire Sœur de ces mains. Ainsi, il ne sera pas obligé de venir me la rapporter. Je ne le regardais plus. Il venait de me briser le cœur comme lui seul en était capable, à l’aide de simples mots mis bout à bout pour former une tirade que j’aurais préféré ne jamais entendre sortir de sa bouche. J’aurais préféré qu’il me plante un couteau dans le cœur plutôt qu’il me dise pareilles paroles. Cela aurait été moins douloureux. Adieu Raqnon Lui dis-je avant de me retourner et de partir d’abord d’un pas pressé, puis au détour d’un couloir en courant. Je ne pleurerais pas. Non. Je ne pleurerais pas. Je me l’interdisais. Je me l’étais promise. Même pour lui, je ne verserais pas de larme. Je me contentais de descendre une ribambelle de marches jusqu’à arriver dans la cour intérieur du château. Je n’avais pas envie de voir ma dragonne. J’avais besoin d’être seule, et qu’on me laisse en paix. Alors… Le meilleur endroit où je devais aller m’était apparu comme une évidence. Dans l’un des coins de la cour, il y avait un grand arbre ressemblant à s’y méprendre à l’un se trouvant à Peyredragon. Ses branches seraient mon refuge, comme sur mon île qui me manquait plus que jamais. J’étais fatiguée et meurtrie, mais mes réflexes refirent surface. Peu importe si je n’avais plus l’âge pour grimper dans un arbre. Peu importe si mes gardes allaient se mettre en alerte pour me retrouver. Ma robe se déchira par endroit à mesure de mon ascension. Mais je me fichais bien de tout cela. Je me concentrais sur ma tâche : monter le plus possible. La réalité finirait par me rattraper bien trop rapidement.




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MessageSujet: Re: La revanche de la nuit. [Tour II - Terminé]   Mar 24 Nov - 16:04


J'avais échoué. Je m'en rendais compte en affrontant ce regard de braise. Bien qu'elle n'avait aucun argument valable à m'opposer, Rhaenys était bien incapable de se remettre en cause. De nous deux, c'était peut-être bien elle la plus butée, quoi qu'on en dise. Ses insultes auraient pu simplement me faire sourire si la situation n'était pas si grave, si je n'étais pas si certain qu'en décidant de la lâcher je perdrais toute emprise sur son existence. C'était pourtant une cruelle vérité à laquelle j'aurais dû me faire, dès que nos chemins s'étaient séparés à Goeville. Nous en étions là. J'avais encore besoin d'elle, mais elle était morte de l'intérieur. Et elle n'avait plus besoin de moi. J'aurais dû m'en douter. J'aurais dû défier ses ordres bien plus tôt, alors qu'elle m'intimait de partir pour les Eyriés. Je me fichais des conséquences diplomatiques, alors pourquoi avais-je fini par céder ? J'aurais dû me tenir là, à ses côtés. Je m'en voudrais certainement toute ma vie, de ne pas m'être écouté.

Finalement, ce qui l'avait tué plus sûrement que le reste était ce manque de confiance en elle. Avais-je donc était le seul à croire à son triomphe ? Impossible. Peyredragon ne l'aurait pas suivi dans une entreprise aussi périlleuse si elle n'avait pas leur confiance. Le savoir ne lui suffisait pas. Celle qui se trouvait entre mes doigts n'avait plus la force de déployer ses ailes et de prendre son envol. Elle était brisée, et pire que tout, elle ne me laissait pas l'aider. Difficile d'oublier les liens du sang, mais le reste ... Oui, c'était facile dans cet état d'esprit. Parce qu'elle rejetait tout en bloc, moi y compris.

- Arrête ça. Je m'inquiète pour toi... Mais réveille-toi Rhaenys ! Celle que j'aime, tu cherches à la tuer ! Tu crois qu'Aegon l'aurait voulu ainsi ? Que tu te sacrifies au nom de cette guerre qu'il a cherché à nous éviter ?

J'avais envie de la secouer pour la réveiller. J'avais ce même feu qu'elle qui pulsait dans mes veines. Les mots sortaient, chargés d'amertume, avant même qu'il ne me soit possible de réfléchir à leur portée.

- Je n'étais pas là, exact. Tu as fait tout ce que tu as pu pour me tenir à l'écart, et tu le fais encore maintenant. Tu vas te briser, Rhaenys. A vouloir porter tout le poids de cette guerre seulement sur tes épaules, tu vas te briser pour de bon. Et aucun masque ne pourra rien changer à cet état de fait. Tu as besoin d'aide, même si tu refuses de l'admettre.

Elle avait vécu un enfer, mais elle ne se protégerait pas ainsi, quoi qu'elle en dise. Ses choix qu'elle avait fait, il était impossible de revenir dessus, mais je ne la connaissais que trop bien pour savoir que la glace ne lui allait pas. Si elle m'avait permis de se tenir à ses côtés, j'aurais pu la conseiller sur la marche à suivre et me charger à sa place d'appliquer la sentence. Je n'étais pas comme elle. J'avais appris, à la mort de père, que la colère pouvait me faire commettre des actes terribles. J'avais passé un certain nombre de vies au fil de l'épée, des innocents parfois, quand ils risquaient de nous compromettre. J'avais déjà mené mes batailles, en mer contre les pirates de Lys, mais surtout dans l'ombre pour servir Aegon. A aucun moment je n'avais lésiné sur les moyens. Certains diraient que j'aimais le goût du sang, et je n'étais pas certain de pouvoir leur donner tort. Mais Rhaenys... Elle n'était pas ainsi, et ne le serait jamais. Il fallait qu'elle cède pour retrouver son équilibre, quitte à me cracher au visage toute sa haine et sa rancœur. Je ne savais pas comment l'aider autrement. Je me rendais à peine compte de cet immense fossé qui nous séparait, que nous avions mis du temps à combler et qui se reformait... Inlassablement, tout se répétait. Et cette fois, c'était elle qui prenait la décision de s'éloigner.

- Ce que je fais ici ? Ce que je tente désespérément de faire à chaque fois. J'essaie de sauver ce qui peut l'être, même si on m'a entraîné à tuer, pas à protéger.

Je lui rendis un regard profondément perplexe alors qu'elle m'adressait ses félicitations. J'attendais le sarcasme à venir, de nouveaux reproches s'abattre ou... Mais je ne m'attendais certainement pas à pareilles nouvelles. Prince de Peyredragon ? Et maintenant elle m'annonçait ne plus désirer ma présence en tant que Conseiller et Main ? Difficile de cacher ma confusion, alors que je nageais en plein brouillard. Elle avait pris ses dispositions, s'il lui arrivait malheur. Je n'appréciais vraiment pas la tournure que prenait cette discussion, qui sonnait comme un rejet cruel et implacable.

- Rhaenys...

Elle m'arracha Noire-Sœur des mains, certainement pour s'assurer que je ne ressente plus aucune obligation à son égard. J'étais à court de mots, parce que c'était insensé. Aucunes félicitations ne tenaient. Elle me remerciait, voilà ce qu'elle faisait. Elle avait décidé de se passer de mes services, et par la même occasion, s'empressait de briser tout ce que nous avions pu construire. Deux pas en avant, trois pas en arrière. Encore une fois.

Je cillai, revins tardivement à la réalité alors qu'elle m'adressait ses adieux. Je ne répondis pas, c'était inutile. Je ne comptais pas lui adresser en retour, ni marteler encore alors qu'elle se fichait bien de ce que je pouvais lui dire. Je lui avais déjà répété, à plusieurs reprises, que je me moquais de cette liberté qu'elle désirait me donner. Elle avait un goût de finalité, de mort. Baratheon... Mais j'étais bien incapable de me constituer une identité propre, en dehors d'eux. Je ne luttais que pour eux, depuis toujours. Et maintenant, quel sens donner à ce titre de Prince ? Je n'étais pas un ambitieux. Contrairement à beaucoup d'autres... J'avais rêvé de servir. Je n'avais pas pensé ma vie en dehors des Targaryen. Elle l'avait fait pour moi.

Mes épaules s'affaissèrent et mon regard se porta vers la voûte étoilée. J'avais froid, ainsi dépourvu de ma colère qui s'était envolée. Rhaenys m'avait libéré. Et je ne m'étais jamais senti aussi seul.

- Aegon... Je l'ai perdu.
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