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"Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]
MessageSujet: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mar 11 Aoû - 10:56


Je claquais la porte, sans mesurer ma force. Le bois vibra, résonnant comme un coup de tonnerre dans les couloirs. Une servante de passage lâcha les draps pliés qu’elle avait en main, sous le coup de la stupeur. Je la dépassais sans me soucier des vagues excuses qu’elle me servait en se baissant pour les ramasser. Je poussai du pied le tissu sur mon chemin. C’était lui rendre service de ne pas m’arrêter. Je sentais une colère démesurée consumer tout mon être, et mieux valait que personne ne reste sur ma route.

Ma sœur… Au bras d’un autre qu’Aegon. Rhaenys s’était fiancée à ce Roward Martell. J’enrageais, sans bien savoir pourquoi. Je m’étais fait à l’idée qu’elle appartienne uniquement à mon frère, tout comme Visenya. Et maintenant qu’il était mort… Je ne sais pas bien ce que je m’étais imaginé. Nous avions besoin d’alliés. J’aurais dû m’y attendre, et pourtant… Impossible de se faire à cette idée. La nouvelle était tombée comme un couperet, de sa propre bouche. J’étais hébété, rendu fou. Mes sentiments avaient pris le dessus avant même qu’une pensée cohérente ne se formule dans mon esprit. Comme si on m’avait attaqué de front et que je m’étais contenté de riposter, je ne réfléchissais plus. Ce n’était pas si rare que ma colère éclate sans crier gare. J’avais toujours eu le sang chaud. Par contre, qu’elle occulte ainsi toute raison au point de me faire quitter la pièce séance tenante, ne m’était encore jamais arrivé avec Rhaenys. Par le passé, Visenya avait déjà réussi cet exploit à deux ou trois reprises, mais il n’en était rien de notre cadette plus pondérée. Surtout que Visenya pouvait vous poursuivre des heures avec sa vindicte, ne laissant plus que ce dernier recours… Heureusement que sa sœur ne prenait pas exemple sur elle.
Je poussai un soupir retentissant et ralentis le pas en gagnant l’extérieur. Voilà que je m’étais encore disputé avec la dragonne quelques heures à peine avant son départ… Je pouvais certainement faire demi-tour, mais je me connaissais. J’étais encore trop remonté pour lui parler calmement. Je continuais ma route, vers les écuries. Comme souvent, l’entraînement était un bon exutoire à ma colère, tout comme les chevauchées d’Ardent. Je m’arrêtais en constatant l’effervescence des lieux. Je me frayais difficilement un chemin jusqu’à l’étalon, arrêté à plusieurs reprises par des gardes, soucieux de savoir où je comptais me rendre. Je restais muré dans mon silence. Je n’avais pas de destination, alors qu’ils viennent si mon sort les préoccupait tellement.

Je le mis au pas, tant que je le pouvais, avant que la foule dense de Goeville ne me stoppe dans ma lancée. Je risquais d’en avoir pour un moment, à m’embourber dans cette marée humaine, avant de réellement prendre un peu d’air. La patience n’étant pas mon fort, je décidais de bifurquer dès que l’occasion me fut donnée, oubliant les portes de la cité qui étaient prises d’assaut. Les pas d’Ardent me menèrent au port, situé non loin, poussé par un fleuve continu de personne que nous n’avions pas manqué de rejoindre bien vite. Je comptais quatre gardes derrière moi, qui peinaient à me suivre sans que je cherche à les semer. J’oscillais entre une colère contenue et une morosité dangereuse quand j’aperçus les bannières du soleil ardent flotter au vent. Je toussai un rire amer, goûtant peu à l’ironie de la situation.
Un imposant cortège se trouvait là, attendant d’embarquer d’un moment à l’autre. J’apercevais d’autres bannières, noyées dans la masse, dont je ne parvins pas à reconnaître toutes les Maisons. Visiblement, Dorne dans son ensemble était sur le départ. Depuis ma position surélevée, je cherchais du regard si je ne pouvais pas trouver le bâtard Martell, si propre à détendre l’atmosphère. Je craignais d’un moment à l’autre de tomber sur son frère, dont j’aurais du mal à ne pas tordre le cou… Mais c’est sa sœur qui, indéniablement, attirait toutes les attentions. Beaucoup se pressaient autour d’elle et la belle était submergée d’attention. Je me souvenais clairement de son visage, pour l’avoir aperçu aux côtés de Rhaenys aux Joutes. Elle était jeune, elle aussi. Elle avait ce feu, même s’il n’avait pas le même éclat. J’étais intrigué, je ne pouvais pas le cacher. Je la fixais certainement depuis un peu trop longtemps, par rapport à ce que la bienséance autorisait. Ce fut une des dames restée dans son sillage qui me vit la première, s’empressant de se retourner vers les autres pour le faire remarquer. Je n’avais pas mes couleurs, mais visiblement certains n’en avaient plus besoin pour me reconnaître depuis les Joutes.
J’inclinai la tête, vers Deria Martell, avant de mettre pied à terre. Elle viendrait à ma rencontre, si elle le désirait vraiment. Je ne comptais pas m’imposer, dans le cas contraire, encore peu disposé à m’adresser à eux.


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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mer 12 Aoû - 19:33

Nous retournions chez nous. Et malgré les festivités et autres réjouissances, j’avais senti depuis la veille au soir l’impatience des miens de rentrer. Et en toute honnêteté, j’avais également hâte. La situation s’envenimait bien trop rapidement, et si les premiers murmures que j’avais entendus m’avaient dans un premier temps fait sourire, leurs confirmations s’étaient chargées de me ramener à la réalité. Je devais absolument réagir, bien que je ne sache encore comment, si ce n’était en menant l’armée contre le royaume du Bief, ce qui bien entendu était hors de question.

Je posais la robe que je tenais sur le lit. J’avais choisi la robe bustier en mousseline et organza orange, au bustier fait de pierrerie. Autant marquer les esprits encore une fois, avant le départ.
Perdue dans mes pensées, je laissais Célène finir de faire mes malles dans un silence total, ne répondant à ses questions que par quelques monosyllabes ou hochements de tête. Elle n’avait certainement pas besoin de moi pour finaliser notre départ. Me rendant une dernière fois sur le balcon, j’observais le tumulte parmi les tentes situées plus bas. Certains étaient déjà partis, le reste étaient sur le départ, et j’arrivais à distinguer les étendards de certains dorniens se rendant sur le port rejoindre à leur tour leurs navires.
Je finis par sourire à Célène, alors qu’elle m’annonçait avoir fini. Je l’envoyais chercher les porteurs, la laissant gérer les derniers détails logistiques.

Attrapant la veste courte assortie à ma robe, mes gardes sur les talons,  j’allais une dernière fois saluer la Reine Sharra pour la remercier une nouvelle fois de son invitation et de son hospitalité. J’aurais aimé la voir davantage, mais je comprenais fort bien à quel point elle pouvait être occupée avec tout ceci.
Je ne m’attarde pas, finissant par me diriger vers le port. Cela me permettra en autre de saluer les miens et de peut-être désamorcer d’ores et déjà certaines tensions ou doutes naissant des rumeurs.
Mais en toute objectivité et bien que cela soit profondément égoïste, dans l’immédiat, ce n’est pas les tensions internes de mon royaume qui obnubilent mon esprit. J’ai ressassé une grande partir de la nuit, et depuis les aurores, ma conversation avec la reine de Peyredragon. Et bien qu’il m’ait souri et rassuré, le fait est que conclure ainsi le mariage de Roward me pèse énormément. Même sachant qu’il ne pouvait en être autrement, que ce soit avec Rhaenys ou avec une autre, même sachant qu’il en sera de même pour moi… je ne peux m’enlever de l’esprit que je viens de vendre mon petit frère.

J’inspire et redresse les épaules, confiant mon cheval à l’écuyer. « Fais-lui faire un tour avant le départ. Ce sera bien assez long pour lui après. »  
Je souris et me laisse assaillir par les nobles et autres demoiselles de compagnie, échangeant sourires et badinages légers. Elios ne me quitte pas, bien que nous soyons entourés de dorniens. Ou peut-être encore davantage pour cette raison, au vue des dernières distensions existantes. Je ne m’inquiète pour pas, peut-être devrais-je, mais non, je n’en suis pas à craindre pour ma vie parmi les miens.
Ce fut Adina qui attira mon attention sur lui, et celle de toutes les personnes alentours, avec un presque innocent et léger : « N’est-ce pas Sire Barathéon, le gagnant des joutes, qui vous dévisage de la sorte votre Altesse ? ». Tournant la tête dans la direction indiquée, je plissais les yeux, un léger sourire aux lèvres. Etait-ce un hasard qui l’avait mené jusqu’ici, ou sa sœur lui avait-elle parlé ? Il incline la tête, avant de descendre de son cheval. Si ce n’est point une coïncidence, voulait-il me parler à moi ou cherchait-il Roward ? Me doutant de la réaction de mon frère s’il avait s’agit de mon mariage, je préfère qu’ils ne se rencontrent pas pour le moment. Ils devront se voir certes, mais autant laisser passer du temps, je crois que cela est préférable et plus prudent.  
Je me tourne vers Adina « C’est effectivement bien lui. » Je leur souris. « Si vous voulez bien m’excuser, je crois que je vais aller saluer et féliciter ce preux chevalier. Et vérifier par la-même s’il est aussi séduisant de près que de loin. N’ayez crainte, je vous raconterais tout en détail. » Certaines sourient et se mettent à chuchoter. Qu’elles s’imaginent contes et merveilles importait peu.
Je leur souris avant d’avancer dans sa direction, ma garde toujours sur les talons. Je le détaille alors que j’approche de lui. Par les Sept, a-t-il toujours l’air si revêche et renfermé ?
Arrivée  près de lui, je m’incline légèrement.

« Ser Barathéon, quel plaisir de vous rencontrer avant mon départ. » Je lui souris.   « Je tenais à vous féliciter en personne pour votre victoire aux joutes. Vous avez été impressionnant, et votre victoire est amplement méritée. Mais je suppose que vous le savez déjà. »

J’observe un instant son cheval. Comparé à ceux dont j’ai l’habitude, comparé au mien, tous choisis pour leur vitesse et leur pied léger, il est démesurément énorme. Aussi noir que Kiranov, mais deux fois plus grand sans doute. Je tends lentement la main pour la poser sur les naseaux du destrier. Oh si, je me souviens parfaitement de son incartade lors des joutes, mais je suis plus prudente quand il s’agit de ma famille que de moi-même, je le sais bien. Peut-on créer un incident diplomatique avec un cheval ? La question me traverse l’esprit, et repart aussitôt. Non. Si je me fais mordre, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même.

« Il est magnifique. Comment s’appelle-t-il ? »



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Dim 23 Aoû - 10:30


Elle s'inclina légèrement en retour, en guise de salut. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle fasse preuve d'autant de respect envers ma personne, surtout en sa qualité de Princesse de Dorne. Je me fendis d'un mince sourire quand elle me qualifia par mon titre usuel de Chevalier du Dragon. J'aimais mieux la signification qu'il portait, qui établissait des échanges bien moins protocolaires et lourds de conséquences que celui de Main. Cette rencontre impromptue ne devait pas se transformer en débat politique, sinon je risquerais de lâcher quelques remarques que je pourrais regretter plus tard...

- Princesse Deria Martell... Le plaisir est partagé.

Ce n'était que des formules de politesse toutes faites dont je me passais généralement, surtout quand elle ne faisait pas écho à ma propre pensée. Ce n'était pas directement contre elle, mais je n'étais pas sûr que le moment soit bien choisi. Pourtant, je n'étais pas reparti sans la saluer... Ce que j'aurais pu faire sans froisser quiconque, l'ayant repéré en premier.

Enfin... Deria Martell était incroyablement plus douce et posée que ce à quoi je m'attendais de la part des Dorniennes. On racontait beaucoup de choses à leur sujet, passant des guerrières sanglantes aux filles aux mœurs légères... Mais je supposais que la vérité dépendait de chacune d'entre elles. La Princesse, surtout, devait avoir pris l'habitude de revêtir des masques pour en jouer en politique. Elle devait avoir presque le même âge que ma sœur qui manquait, elle aussi, d'expérience en la matière. C'était chez elle ce qui m'avait paru le plus flagrant quand elle avait changé pour endosser ce rôle de Reine : Cette capacité subite à être une autre. En était-ce de même pour ce mariage de circonstance ? Certainement.

- Peut-être, mais ces paroles prennent d'autant plus de valeurs quand vous les prononcez, Princesse. Je suppose qu'il n'a pas été évident pour vous de me voir triompher coup sur coup de vos deux frères, mais tout deux se sont battus vaillamment. Si je me suis hissé à la première place, les vôtres ont largement prouvé leurs valeurs en se plaçant constamment dans les dernières places, joutes et mêlées confondues. Je retire une certaine fierté d'avoir réussi à les surpasser, mais je ne suis pas prêt d'oublier que Dorne compte bon nombre de guerriers de valeur... Et de personnes qui auraient mérité d'être rencontrée plus tôt.

Je la fixai en retour, sincère dans mes paroles. Je ne savais pas si elle avait eu vent de mes échanges avec son frère légitimé, mais je gageais qu'une franche camaraderie était née entre nous à l'issue des festivités de Goeville. Il n'en était pas de même pour Roward Martell... Je prendrais plus de temps à l'accepter dans notre sillage, si ce mariage venait à se faire. A vrai dire, je n'étais pas sûr d'être capable un jour de le considérer autrement que comme un étranger arriviste.

Je fronçai les sourcils, moins amène, et n'aperçus pas directement son geste envers l'étalon. L'animal renâcla et plaqua ses oreilles en arrière, dans une expression sans équivoque. J'enroulai un bras autour de sa lourde tête, posant une main sur son chanfrein pour le garder sous contrôle. Je ne savais pas si son geste devait être qualifié d'audacieux ou de naïf. Peut-être un peu des deux... Mais je ne m'étais pas attendu à ce qu'elle prenne le moindre risque avec un cheval de guerre, capable de mordre et broyer des os en pleine bataille afin de se frayer un chemin. Il avait néanmoins l'avantage de rester placide tant qu'on ne l'exhortait pas à l'inverse. L'ambiance conflictuelle des Joutes avait été plus propre à l'agacer qu'un simple contact mesuré pouvait le faire.

- Ardent. Un nom qui devrait vous plaire...



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Jeu 3 Sep - 23:12

Suis-je donc trop habituée aux personnes enjouées et souriantes pour le trouver à ce point sombre ? Certes, si ça sœur lui a parlé, je gage qu’il ne doit pas énormément apprécier. J’ai beau savoir depuis que je suis en âge de comprendre que nos mariages ne seront que d’intérêts, je ne peux m’empêcher de sans cesse me demander si je prends la bonne décision. Et je déplore d’ores et déjà ce que je fais à Roward. Qu’aurais-je fais si cela avait été encore Mima ou Père ? Nul doute que j’aurais protesté. Que ce soit pour Roward ou pour n’importe lequel d’entre nous. Même sachant que cela ne changerait rien, et que j’allais de toute manière accepter, j’aurais contesté et répliqué et tempêté, en privé, inutilement et stupidement. Simplement parce que je ne saurais être autrement. Pourtant, présentement, il n’y avait que moi qui avais pris cette décision, même si j’avais longuement échangé avec Roward.
Mais lui, frère et Main de la reine de Peyredragon, à quel point a-t-il envie de hurler ? Que lui a-t-elle dit ? Est-il simplement morne ou fait-il uniquement bonne figure ? Non, je ne vais pas lui poser la question bien qu’elle me brûle les lèvres.

Il esquisse un léger sourire alors que je le salue. Devrais-je appeler cela une victoire de réussir à lui faire perdre ne serait-ce qu’un peu son côté renfrogné ?
Je souris et le félicite pour sa victoire. Mon sourire se fait un peu plus grand à ses paroles.

« Je serais bien hypocrite de dire que je n’aurais pas préféré voir un de mes frères ou même un de mes guerriers gagner il est vrai. Mais ils se sont bien défendus et n’ont pas à rougir. Vous avez gagné de haute lutte ces joutes Ser. » J’incline la tête sur le côté.   « Et de telles confrontations n’ont-elles pas pour unique but de montrer au reste du monde la puissance d’un royaume par le biais de quelques guerriers ? Davantage que pour faire s’exclamer et impressionner quelques demoiselles venues là pour soutenir leur champion ?
Vous me voyez ravie de savoir que ce but a été atteint concernant Dorne.»
 Je souris amusée. « Et je suis heureuse de savoir que vous vous entendez bien avec les miens. Anders a l’air de vous apprécier. Espérons que cela se propage aux autres membres de la fratrie Ser Barathéon. »

Une histoire de choppes de bières, de tavernes et de filles. Enfin, il faut dire que c’était la même que pour le Prince de l’Ouest. Et je n’étais pas réellement surprise qu’ils s’apprécient. Après tout, il y avait un certain nombre de similarités dans leur histoire. Même si, à priori, leur caractère était diamétralement opposé. Quant à Roward… Oui, j’espérais que cela se passe aussi bien.

Je le vois froncer les sourcils du coin de l’œil, alors que je tends et pose ma main sur les naseaux de son animal. Son bras passe sur la tête de l’étalon comme pour l’empêcher de s’emporter. Ce qui est certainement le cas effectivement, surtout au vu de la réaction de l’étalon. Mais celui-ci se contente de plaquer les oreilles en arrière. Je ne suis pas réellement inconsciente, juste un peu… téméraire… ou imprudente. Beaucoup soit. Mais c’est un cheval. Je n’ai jamais été trop prudente avec eux, même si ceux dont j’ai l’habitude sont bien moins gros. Je laisse ma main poser sur ses naseaux quelques secondes.

« Ardent. Je suis ravie de te rencontrer. » Je souris avant de lentement le caresser.
« J’ai grandi entouré d’animaux, que j’ai dressé dès que j’en ai été en âge de le faire. J’ai tendance à ne pas être fort prudente je le crains. Navrée si je vous ai fait peur en m’approchant de lui. Ce n’était pas mon intention. » Pas plus que je ne voulais m’attirer encore une fois les reproches à peine masqués d’Elios. Mais après tout…
« Oui, le nom me plait effectivement. Et ça lui va fort bien. »

Je tourne la tête vers le chevalier, un sourire pensif aux lèvres. « Mes chevaux sont tout aussi nerveux. Enfin, je suppose que c’est bien moins impressionnant chez un animal qui fait la moitié de celui-ci. Et je me suis toujours dit que c’était parce que j’étais moi-même trop vive. »  Mon sourire se fait taquin. « Mais vous n’avez pas l’air aussi emporté que je peux l’être ou qu’Ardent semble l’être. Ou est-ce un masque que vous arborez en public ? »

Je secoue la tête, avant de le regarder. « Pardonnez-moi. Je ne voulais pas me montrer inconvenante. »  
Je souris doucement.
« Et de votre côté, rentrez-vous bientôt sur vos terres Ser Barathéon ? »



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mar 8 Sep - 23:40


J'allais devoir remettre en cause toutes les rumeurs que l'on m'avait rapporté sur le compte des Dorniennes, tout du moins sur la Princesse de Dorne. Elle était radieuse, comme le soleil pouvait l'être, mais elle faisait preuve d'une délicatesse et d'une prévenance qu'on vantait peu en mentionnant les femmes du désert. Je l'aurais cru moins disposée à mon égard, comme je pouvais l'être en cet instant précis envers elle. Peut-être se contentait-elle juste de revêtir un masque de circonstance... Mais elle n'était nullement obligée de s'arrêter sur ma route, avec les préparatifs de départ qui l'accaparaient, et sans que je n'ai émis la moindre demande. Non, chez elle, tout semblait naturel. Cette douce chaleur l'était.

Je me surpris à lui rendre son sourire, à me détendre un peu face à ses propos chargés de légèreté. Je promenais mon regard sur la foule environnante, faisant fi des gardes qui nous surveillaient de près pour apprécier l'ensemble. Aussi loin que je me souvienne, Peyredragon n'avait jamais accueilli autant de navires et de gens de tout horizon au même endroit. C'était une fresque assez incroyable qui se peignait sous mes yeux.

- Je pense, au contraire, que si votre frère et moi avons pu nous rendre aussi loin... C'est parce que nous avions quelque chose à prouver, à la face de Westeros. A mes yeux, il s'agit bien plus d'une preuve de volonté que de force.

J'ancrai mon regard parme dans ses prunelles sombres, revenant bien vite à elle.

- Nos deux sœurs ont placé leur confiance en nous, et il nous importait de la mériter. Je ne pense pas me tromper quant aux motivations qui ont pu animer votre frère. Tous peuvent désormais se rendre compte que, cette place, nous avons su la mériter et elle n'est pas usurpée.

Je fus agréablement surpris d'apprendre qu'Anders avait mentionné mon nom auprès de sa sœur. J'étais assuré que nous avions marqué l'esprit l'un de l'autre, par tant de similitudes qu'elles en devenaient troublantes... Par tant de différences aussi, mais elles n'avaient pas réussi à nous éloigner et rendre le choc des cultures insurmontables. Je retrouvais un peu de la chaleur et de l'enthousiasme de son frère dans les traits de caractère de Deria Martell, même si elle se montrait plus pondérée. Quand nous étions au pouvoir, il était difficile de faire autrement. Bien vite, on ne savait même plus s'en détacher.

- Si ce n'est de remporter la victoire, cette Joute m'aura permis de découvrir un adversaire honorable en votre frère. J'espère être amené à le revoir. Peyredragon va me paraître bien morne en comparaison.

Je ne mentionnais pas Roward Martell, même si j'avais bien compris de par sa remarque voilée que la Princesse espérait une entente cordiale avec son plus jeune frère. Je ne m'en sentais tout bonnement pas capable et jugeait plus utile de ne pas relever plutôt que de m'emporter sans raison. Cela partait, certes, d'une bonne intention... Mais la nouvelle était encore tellement fraiche dans mon esprit que je craignais que ma parole dépasse ma pensée.

Je dépliai mes doigts d'autour du chanfrein d'Ardent. Je craignais que l'animal ne devienne agressif avec le bain de foule qu'il venait de subir, mais il se montrait simplement moins disposé. J'étais plutôt soulagé d'éviter l'incident diplomatique de par quelques récalcitrances malvenues de mon destrier.

- Ce n'est rien. Il a seulement tendance à se laisser envahir par l'effervescence de l'instant, que ce soit durant les Joutes, par temps de guerre... Ou bien dans une foule compacte comme celle-ci. Je ne parlerais pas de nervosité... Les chevaux de guerre sont réputés tempétueux, mais ils sont surtout sans-peur. Il en faut beaucoup pour les impressionner... Et même un dragon peinerait à effrayer Ardent.

Je lui flattai l'encolure, sans vraiment contenir cet élan de fierté. J'aimais cette bête, même si j'allais peut-être la perdre sous peu dans les batailles à venir. Je l'aimais surtout pour le gage d'amitié de ma fratrie qu'elle représentait.

- Ainsi, vous aimez les chevaux ?

Je ne savais pas ce qui m'étonnait le plus, entre entendre la Princesse de Dorne s'excuser devant moi ou se penser inconvenante car elle avait mis un pied hors de son rôle. Je le prenais bien, au contraire. Elle semblait plus à l'aise que je ne l'aurais cru avec moi. Je lui rendis un regard qui se voulait confiant, rassurant même.

- Nous portons tous des masques, ceux que le pouvoir nous impose, Princesse. Pour tout vous avouer, je suis loin d'être un modèle de modération, bien au contraire. Votre frère vous a peut-être dépeint un portrait trop idyllique de ma personne... Ou il en a certainement vu de biens pires.

Je me fendis d'un léger sourire. A vrai dire, il n'était pas en reste, sur le manque de modération... Mais je ne me voyais pas le mentionner devant sa sœur sans paraître déplacé. J'étais quasiment certain qu'elle saurait de quoi je parlais.
Je perdis bien vite mon sourire quand il fut question des affaires qui m'attendaient au départ des festivités de Goeville. Les évènements allaient s'enchaîner à toute vitesse.

- Des affaires diplomatiques m'attendent ailleurs. Je regagnerais mes terres pour finaliser les préparatifs de guerre. Puis nous repartirons sans tarder... Vous n'êtes pas sans savoir que nous nous sommes engagés auprès de la Baie de la Néra à venir leur prêter main-forte, une parole qui me tient particulièrement à cœur d'honorer.

Je lui rendis un regard interrogateur.

- Je suppose que vous-mêmes aurez fort à faire à Dorne...



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Ven 18 Sep - 13:05

Sans doute avait-il raison. Ces joutes représentaient bien davantage à leurs yeux qu’à ceux des autres. Ils avaient bien plus à y gagner que quiconque. Je sais fort bien tout ce qu’Anders et lui ont pu vouloir y prouver.

« Il est vrai qu’il s’agissait pour vous deux d’une possibilité supplémentaire de démontrer ce que vous valez, encore davantage que pour les autres participants. Je comprends fort bien, même si dans l’absolu, je répondrais que vous n’avez pas à justifier ou à prouver quoi que ce soit. » Je ris légèrement. « Ce qui est relativement hypocrite étant donné que tout le monde cherche toujours à prouver quelque chose, aux autres ou à soi-même. »  Et moi en première. Etre digne de l’héritage reçu, prouver à tous que je mérite leur confiance, me prouver à moi-même ce dont je suis capable. Je lui rend son regard. « Vous avez raison. Vous avez tous deux démontrés à tous votre bravoure et votre détermination. Espérons donc que tout ceci ait suffit à faire taire les détracteurs, ou tout du moins à les faire réfléchir. »

Je lui souris. Il ne répond pas, omettant volontairement Roward. Je ne suis pas dupe, mais je le comprends. Ce n’est point chose aisée que d’accepter un étranger au sein de sa famille. Mais s’il s’entend avec Anders, il le devrait avec Roward, n’est-ce pas ? Sauf s’il ne le souhaite vraiment pas, ce qui est peut-être le cas. Nous aviserons le moment venu.
Je  lui souris.

« Vous aurez certainement l’occasion de vous croiser à nouveau.
Et si ce n’est à Peyredragon, sachez que vous êtes le bienvenu en mes terres. Nous serions ravis et honorés de vous faire découvrir notre royaume. »


Et le fait est qu’avec le mariage, il y avait des chances pour que cette invitation se concrétise…
Mais en dehors de cela, je faisais mon possible pour ouvrir Dorne au reste du monde, et nous avions conclus de nombreux accords avec Peyredragon, c’était dans l’ordre logique des choses. Et puis, mon royaume est magnifique, quelle offense ce serait de ne point le faire découvrir.
Je ne peux m’empêcher de sourire. Certes, il aurait été malvenu de me faire broyer la main, causant ainsi un incident diplomatique, pour avoir voulu caresser un cheval. Mais il se contenta de renâcler alors que ma main passait lentement sur sa tête.
Je souris en l’entendant parler ainsi de son cheval, avant d’hausser les sourcils.

« Plutôt fougueux donc… Oui, décidemment, Ardent est un nom qui lui convient fort bien.
Ne serait-il effrayé par Méxarès ? »
Je reporte mon attention sur le cheval. « Et après on dit de moi que je suis parfois trop irréfléchie. Je n’ai point ton envergure mon beau, mais face à un dragon, je crains que cela ne change pas grand-chose. »

J’esquisse un sourire et hoche la tête.

« Ce sont des animaux incroyables. Intelligents et attentifs. Je crois que j’ai su monter à cheval avant de savoir courir. Je vous avoue que j’ai un faible pour les miens, ceux de Dorne, rapides et lestes. » Je penche la tête sur le côté et lui souris. « Si vous venez un jour à Lancehélion, je vous en confierais un et nous irons visiter ma ville et mon royaume. Ardent est magnifique, mais il s’éreinterait inutilement dans les dunes. »

Je ne pensais pas qu’il me répondrait, je pensais même qu’il s’offusquerait de ma question. Mais tel n’est point le cas. J’aurais dû m’en douter, même s’il ne semble pas avoir le caractère espiègle d’Anders, il n’a pas l’air d’être plus soucieux que lui concernant les conventions. Je ne peux m’empêcher de rire à nouveau.

« Oh non, n’en croyez rien, Anders n’idéalise personne, il n’a en aucun cas mentionné que vous étiez pondéré. Ni le contraire d’ailleurs. Il m’a uniquement dit qu’il vous appréciait et que vous aviez passés des moments divertissants ensemble… J’avoue ne pas en avoir demandé davantage de peur de la réponse. » Je secoue la tête toujours amusée. « Mais oui, il connait pire sans aucun doute. A commencer par lui-même je pense. Quoi qu’en toute sincérité, la seule de notre famille à pouvoir se targuer d’être réellement réfléchie ou mesurée est Arianne. »  Je réfléchis une seconde. « Et moi. J’essaye du moins quand je suis la princesse. Je commence à me faire à ce masque. »  

Je lui souris. Il comprendrait sans doute. Rhaenys avait changée également. Bien sûr, elle avait mûrie, et la perte de sa famille l’avait sans doute forcé à changer. Mais quand il parlait de masque que le pouvoir impose, je suis persuadée qu’il ne parlait pas que de lui.

Peut-être n’aurais-je pas dû lancer ce sujet et rester sur des questions plus légères. Pour autant, ce n’était pas une question fort cruciale à l’origine. Mais j’aurais dû me douter oui. Nous avons beau discuter sans difficulté, je suis princesse de Dorne et il est Main de la reine de Peyredragon. Des sujets bien plus délicats nous appellent. C’en est presque triste.
Je hoche lentement la tête, bien que certains termes me fassent frissonner. Je savais oui, pourtant…

« Oui, j’aurais fort à faire et peu de temps. Le roi Mern m’a obligeamment invité à Villevieille, je ne puis refuser une telle invitation. »  Mais j’aurais été absente pendant des semaines déjà, cela ne me convient guère. Je chasse l’ombre d’une missive aux désagréables nouvelles reçue le matin même. Non, sottises que tout cela. « Beaucoup d’accords ont été signés, mais je n’aurais malheureusement que quelques jours avant de repartir pour faire le point avec mes conseillers et rencontrer les personnes que je dois. »  

Je le dévisage un instant.

« Concernant la baie de la Nera…  Oui. Cela a été évoqué lors du conclave. Et lors de mon entretien avec votre sœur.
Je sais que les dorniens sont connus pour être prompts aux excès et à la colère, aussi je risque de ne point sembler très crédible, mais la guerre est-elle réellement une nécessité ?  »
 

Je vais paraître sans doute bien candide, pourtant je trouve cela d’une telle… absurdité.



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mer 30 Sep - 0:05


J'écoutais attentivement la réponse qu'elle me fournissait, puis rire des propres remarques qu'elle avait osé formuler avant de se raviser. Je lui rendis un mince sourire, sans savoir vraiment quel était le vrai visage de Deria Martell, derrière toutes ses couches de civilité. Elle me paraissait jeune encore, avec une candeur préservée malgré tous les événements tragiques qui avaient touché sa famille. Je ne savais pas exactement si c'était une force ou une faiblesse. Peut-être un peu des deux. Le chemin qu'elle arpentait se révélait simplement plus lumineux que le mien. Elle dans la lumière, moi dans l'ombre.

- Nous n'aurons jamais de cesse de vouloir prouver notre valeur. Le regard est posé sur nous. A chaque pas, nous devons nous montrer digne de la charge qui nous incombe. Il est difficile d'être juste et droit, car il nous faut l'être en permanence sans jamais faillir pour le rester aux yeux des autres. Il est bien plus aisé de briller par un coup d'éclat, à une Joute qui ne demande qu'une épreuve de force et un peu de chance. Votre frère a du mérite, mais vous en avez aussi, à diriger si précocement toute une principauté. Vous me rappelez ma sœur, Deria Martell. Vos situations sont assez proches, comme celle d'Anders peut l'être avec la mienne.

J'étais soulagé qu'elle n'insiste pas, à vouloir à tout prix parler de sujets qui pouvaient fâcher. Il me faudrait beaucoup de temps pour digérer la nouvelle, et je n'étais pas sûr d'y parvenir un jour entièrement. Roward risquait de se heurter à un mur quand il débarquerait à Peyredragon. C'était mon foyer, ma famille, et il n'était pas le bienvenu. Je n'en oubliais pas pour autant toutes notions de politesse, inclinant la tête en guise de remerciement à son aimable proposition.

- Et je suis honoré par votre invitation. Si la guerre me laisse un peu de répit, ce serait avec plaisir que je viendrais découvrir la terre des guerriers insoumis.

J'espérais pourtant qu'elle ne parlait pas indirectement du mariage de ma sœur à Lancehélion, sinon je risquerais fortement de changer mon discours. Oui, j'étais parfaitement capable de leur refuser ma présence, même si Rhaenys aurait pu la requérir. Mieux valait ne pas jouer avec mes nerfs, un Dragon a souvent tendance à se montrer chatouilleux...

Parler d'Ardent était plus aisé. C'était un sujet sans importance, inconséquent et donc facilement abordable. Le destrier ne me quittait pas du regard, mais je savais qu'il voyait bien plus largement. Son agacement n'était pas feint, il restait pourtant sous contrôle... Pour le moment.

- Tout animal qui a un minimum d'instinct de survie est effrayé par Meraxès. Je ne sais pas s'il serait capable de continuer de galoper sous les flammes d'un dragon, mais c'est l'un des rares qui supporte son vol au-dessus de sa tête sans faire d'écart. Question d'habitude, je suppose.

Je ne pus m'empêcher de sourire quand elle renouvela son offre, l'agrémentant d'une promenade équestre à ses côtés. Décidément, la princesse désirait réellement me voir arpenter ses terres et en découvrir ses secrets. Je commençais à sérieusement me demander s'il ne s'agissait encore que de politesses, ou si nous avions dépassé ce stade.

- Si l'occasion nous est donné... Puisque vous semblez vraiment séduite par cette idée.

Je lui rendis un regard interrogateur, jaugeant sa réaction. Je ne laissais pas le silence s'éterniser et changeait de sujet quand elle mentionna son jeune frère. Il valait mieux qu'elle ne soit pas si curieuse sur cette belle soirée... Pour notre bien à tous les deux.

- Et je pense aussi que vous vous passeriez bien des détails. Je ne voudrais pas que votre frère m'en veuille de le mettre en mauvaise posture, parce qu'il a eu le malheur de boire quelques verres de trop. Même si quelque chose me dit que vous en avez déjà connu des biens pires...

Arianne. Je réfléchissais un instant, avant de me remémorer le visage de cette femme aux côtés de Deria Martell sur l'estrade. C'était l'aînée, de toute évidence... Forcément plus posée. Et pourtant, ils n'avaient pas une si grande différence d'âge, tous les quatre.

- Je suppose que votre sœur ainée vous prodigue de bons conseils. Vous ne l'avez pas élevé à ce rang sans raison. Si je peux me permettre de vous en donner un... Gardez toujours votre famille proche de vous, surtout par les temps qui courent.

Je ne lui souhaitais pas de perdre l'un des siens, envoyé au loin, sans rien pouvoir faire pour changer la donne. C'était une pensée assez égoïstes, mais qui continuerait à me hanter toute ma vie. Rhaenys comptait, elle aussi, partir au devant à la Baie de la Néra... Une autre nouvelle difficile à digérer, et qui avait menacé à une sérieuse dispute. Ma mâchoire se crispa. Oui, je la quittais encore sur une note négative, alors peut-être que je ne le reverrais plus... Tout comme Aegon avant moi. Si je faisais les mêmes erreurs que lui, j'aspirais au moins à lui voler quelques unes de ses réussites.

J'avais une vent de la proposition émise par le Roi du Bief durant le Conclave. Elle n'était guère étonnante, surtout quand on le savait pris en tenailles entre les velléités de Dorne et les mouvements douteux de l'Ouest. Il se contentait de protéger ses arrières.

- Le Roi du Bief a encore un désir de paix assez prononcé... Et c'est peut-être bien le seul. Il veut aplanir la situation avec l'Orage et Dorne, suite aux assassinats odieux commis sur votre sol j'imagine. Je me demande bien ce qu'il pourra dire pour se défendre... Soyez prudente, princesse. Au moins, vous aurez l'occasion d'enquêter directement sur place.

Je fronçais les sourcils, l'air peu amène. La guerre... Une nécessité ? Je commençais à me demander sérieusement si elle savait pourquoi nous étions en guerre. Nous ne l'avions pas choisi, on nous l'avait imposé de la pire des façons. Mon ton se fait plus catégorique, involontairement.

- Nous avons voulu éviter la guerre, Princesse. Mon frère et ma sœur sont morts, portés par ce désir de paix, assassinés lâchement en plein pourparler. Vous me demandez vraiment si la guerre est une nécessité ? Demandez-le plutôt au parjure qui l'amène devant nos portes. Il a déjà promis Peyredragon à quelques vassaux fidèles, avant même de la faire tomber. Voici les projets qu'il nourrit. Il n'aura de cesse de faire couler le sang Targaryen jusqu'à ce que la dernière d'entre eux ne succombe. Et je ne le permettrais pas.

Je secouai lentement la tête, inspirant un bon coup pour m'inciter au calme.

- Quant à la Baie de la Néra, ce soulèvement montre bien que nombreuses sont les voix à s'élever contre sa tyrannie. Ils se sont tournés vers nous car notre cause leur faisait écho, de par ce désir de justice que nous partageons. La guerre est en marche, et nous ne pouvons plus rien faire pour l'en empêcher.


Dernière édition par Orys Baratheon le Jeu 15 Oct - 12:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Dim 4 Oct - 13:31

Mon sourire se fait plus pensif et je penche la tête sur le côté en l’écoutant parler de valeur, de mérite et de persévérance.

« Oui, je crains qu’il en soit en réalité ainsi pour chaque personne ayant un tant soit peu de responsabilités et de pouvoir. D’autant plus peut-être effectivement lorsque votre position est sujet à caution aux yeux de certains. »  
Je souris, un peu tristement. « Il est vrai que ma situation est aussi proche de celle de votre sœur Rhaenys que celle d’Anders de la vôtre. Mais même si mon arrivée au pouvoir a été… brusquée, j’étais toutefois préparée à cette éventualité…  pour ainsi dire…
Contrairement à elle si je ne m’abuse. Elle a d’autant plus de mérite à être si forte. »
 

Je ne savais si ce désir brûlant de tout ravager était réellement une force en soi, mais une partie de moi le comprenait fort bien, même si je tentais au contraire de mon côté de canaliser tout ceci chez les miens.
J’incline légèrement la tête alors qu’il répond poliment à mon invitation. Les guerriers insoumis. Si davantage de personnes s’en souvenaient, si davantage voulaient bien se rappeler ceci plutôt que d’autres détails. Certes, le côté belliqueux entre autre allait de pair avec mes guerriers insoumis. Mais tout de même, nous ne nous résumons pas à si peu. J’ose l’espérer.

Je caresse son cheval quelques instants, avant de lentement en retirer la main. Sans conteste, il s’agissait d’un animal impressionnant, bien plus que les miens, et de loin. Mais j’étais pourtant certaine de le battre à la course. J’esquisse un sourire. Comme si…

« Oui, peut-être une question d’habitude. Peut-être que le fait que son cavalier craigne moins cette créature que les autres joue-t-il aussi. »  

Après tout, la plupart des destriers finissent par s’attacher au cavalier, à lui faire confiance. Et oui, je suppose qu’à force de le côtoyer, Ardent s’habituait à sa présence… ou à son vol effectivement.
Je ris légèrement à sa remarque, répondant à son sourire.

« Même si nous ne sommes pas toujours d’accord, j’accorde grande importance au ressenti des miens. Anders vous apprécie.
Et votre compagnie est jusqu’à présent agréable il est vrai. »
 Mon sourire se fait taquin.
« Et j’aime mes terres, c’est toujours un honneur et un plaisir que de les faire découvrir Ser. »  

Pensait-il que je sous-entendais autre chose ? Je souris. Certes, il était plus que séduisant. Mais je doutais que ce fut une bonne idée au vu des récentes alliances.
Et en parlant d’Anders, je ne peux m’empêcher de rire à nouveau.

« Si cela tient juste à quelques verres, ce n’est pas bien méchant. J’ai effectivement connu pire… et eu vent de bien davantage encore.
Et je doute qu’Anders vous en tienne rigueur si vous m’en disiez trop. Il serait plus certainement à vous offrir une nouvelle chope…  »
 

Je hausse un sourcil avant de lentement acquiescer.

« Oui, Arianne se révèle une aide précieuse, elle l’a toujours été. »  J’esquisse à nouveau un sourire. « Je vous remercie de votre prévenance Ser Barathéon. N’ayez crainte, telle était mon intention. Ils sont les seuls sur lesquels je pourrais toujours compter et avoir confiance n’est-ce pas ?»  

Après notre venue au Val, nous irions au Bief. Nul doute que leur soutien me serait précieux. Et le temps s’échappait si rapidement. Aplanir la situation. Sans doute. Serait-ce possible ? Et il avait raison, sur place, nous pourrons peut-être avoir davantage de renseignements.

« Je suis plus prudente qu’il n’y parait… ou du moins, d’autres le sont pour moi… Je ne suis pas seule, mais je vous remercie à nouveau de votre inquiétude à mon encontre. »  Je souris, amusée.
« Et le roi Mern n’est pas le seul à espérer pouvoir encore sauver la paix. Je m’y échine depuis mon accession sur le trône. Contre vents et marées malheureusement semble-t-il. »  

Preuve en était de ce conclave. Qui n’avait rien amené de plus. Certes, alliances et divers traités avaient été signés, mais la situation avait-elle évoluée ? Je me demande parfois pourquoi je cherche encore à me montrer si prudente et pondérée. Peut-être aurais-je dû déclarer la guerre au Bief ou à l’Orage, comme les miens m’y avaient poussé. Cela n’aurait choqué, ni étonné qui que ce soit. Nous sommes réputés pour cela après tout. Mais je refuse de voir mon arrivée sur le trône coïncider avec des morts et le sang versé de mon peuple.

Et je dois l’avoir offensé si j’en crois son changement d’attitude. Je le fixe, mon regard se faisant plus doux.

« Je ne voulais pas vous froisser Ser Barathéon. Ma question était sans doute mal formulée et quelque peu… naïve.
Je sais fort bien ce qu’a provoqué le roi Harren. Je ne remets en aucun cas votre désir de vengeance en cause croyez-le.
Je le comprends, et pour être tout à fait honnête, je vous envie de connaître l’identité exacte du meurtrier de votre famille. »
 J’esquisse un triste sourire.
« Malgré tout… Vous savez que cela risque de tout précipiter n’est-ce pas ? Pas seulement pour vous. Mais pour tous. Pour Westeros… nos royaumes… »  

Je le dévisage et relève légèrement la tête, retrouvant quelque peu l’arrogance et le côté indocile qui définit si bien le peuple de Dorne, qui me définissaient si bien il y a seulement quelques mois de cela. Chassez le naturel hein…

« Dorne ne tombera pas. Je ne m’en inquiète pas. Nous sommes les Insoumis, et croyez-moi ce nom n’est absolument pas usurpé Ser Barathéon. Mais je refuse de voir mes terres ravagées, de voir mes enfants mourir parce qu’une guerre déclenchée par d’autres aura franchi les barrières de mon royaume. »  

Quand bien même ai-je conclu un accord avec leur royaume, quand bien même ai-je promis de fournir de l’aide, je ne puis cautionner pour autant de tels actes.
Rhaenys le sait, je ne souhaite en aucun cas une guerre. Si tel était le cas, j’aurais déjà lancé mes propres troupes contre le royaume du Bief, avec ou sans preuve.  

« Je ne voulais en aucun cas vous offenser Ser Barathéon. Je sais à quel point vos pertes ont été lourdes. Et je me rends compte que je ne vous ai pas présenté… »   J’inspire. « Je suis sincèrement désolée des pertes que vous avez subi Ser Barathéon.

Mais comprenez-moi. Je m’efforce depuis des semaines d’appeler mon peuple au calme et à trouver une autre issue qu’une guerre qui mènera autant des miens à une mort certaine.
Et tout ceci pour m’apercevoir que ce ne sont pas les répercussions des assassinats des miens qui provoqueront un tel désastre, mais que ce sont les ricochets d’actions d’autres royaumes. »
 

Je soupire et ferme les yeux une seconde avant d'à nouveau le regarder.

« Porter secours aux habitants de la Baie de la Nera est tout à votre honneur. Tout comme vouloir autant protéger votre sœur. Je le comprends et je ne peux qu’approuver.
Mais appréhendez ce qu’il en est pour moi. Je viens d’accéder au trône. Tout comme vous, je me relève de pertes douloureuses. Et déjà je contemple les prémices d’une catastrophe qui entraînera ceux que je me suis promis de protéger, sans que je n’ai nul autre choix que d’y prendre part pour sauvegarder un tant soit peu mon royaume et ses habitants. »
 



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Jeu 15 Oct - 17:28


J'hochai la tête, en signe d'assentiment.

- Tous les regards sont toujours orientés vers les têtes dirigeantes, car par les temps qui courent, la moindre de nos décisions peut avoir un impact déterminant sur la vie de milliers de personnes. Et nous savons bien que tout homme qui dirige a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui veulent faire précisément le contraire, et l'immense majorité qui ne se décident à rien faire du tout.

Nous étions alliés, et malgré les circonstances, je m'adressais à Deria Martell comme tel. D'égal à égal. Je ne comptais pas lui cacher mes doutes, pas plus que mes espoirs. Fort heureusement, je n'étais que rarement défaitiste. Vu la situation précaire de mon Royaume, j'avais tout intérêt à ne pas l'être.

- Les plus proches conseillers d'Aegon ont toujours été mes sœurs. Rhaenys aura beaucoup appris de lui, et elle pourra toujours compter sur mon soutien pour surmonter les épreuves à venir. Ne vous en faites pas pour elle, ma sœur aura tôt fait d'acquérir l'expérience qui lui manque encore sur le terrain afin de devenir une grande reine. Et puis, nous nous complétons bien. J'ai l'expérience de la guerre quand elle a celle de la politique.

Je lui rendis un mince sourire, d'un air entendu, quand nous en revenions à ce cher Ardent si impétueux. Apprivoiser un animal prenait du temps, et malgré toute la confiance que mon destrier devait placer en moi, je me devais de nuancer quelque peu ses propos :

- Toute personne censée craint les dragons et leurs humeurs. Ce sont des créatures magnifiques, mais terribles.

J'écoutais ce rire, qu'elle répandait comme autant de notes légères pour détendre l'atmosphère. Deria Martell semblait être une personne ouverte et assez peu avare en paroles. Peut-être en était-ce ainsi pour toutes les Dorniennes, mais rayonnaient-elles toutes autant ?

- Cela se sent, que vous aimez vos terres, dans votre manière d'en parler. Je comprends mieux pourquoi elles sont si arides avec un soleil aussi chaleureux que vous pour les éclairer.

Mon sourire se teinta d'une pointe de malice.

- Vous êtes bien curieuse... Je suis certain que vous n'attendez que des anecdotes croustillantes pour faire chanter votre petit frère. Et elles sont souvent nombreuses, n'est-ce pas ?

La famille était précieuse, et la princesse insoumise en avait autant conscience que moi. J'hochai la tête par l'affirmatif. Oui, ils étaient les seuls en qui elle pouvait avoir pleinement confiance... Même si l'Histoire nous révélait bien des drames familiaux. Du peu que j'avais aperçu sur leur fratrie, elle ressemblait en tout point à la mienne. Nous avions été étroitement liés, nous reposant toujours les uns sur les autres... Père avait veillé à ce qu'il n'en soit pas autrement, même me concernant. Il n'avait jamais pu en être autrement.

Je gardai le silence, sans la quitter du regard, tandis qu'elle parlait de paix à sauvegarder, des mêmes intérêts que nourrissaient le Bief, de la prudence élémentaire à conserver. Je ne désirais pas m'avancer, parler sans savoir. La position du Bief était difficile à cerner. Il cherchait certainement à se prémunir d'attaques pour se concentrer sur l'Ouest. Il recherchait la sécurité, mais nous la recherchions tous... Je la trouvais bien innocente, alors même qu'il s'agissait peut-être du meurtrier de ces ainés. Je n'aurais pas pu concevoir de telles négociations, mais la politique de Dorne ne concernait bien qu'eux tant qu'elle ne mettait pas en péril notre toute récente alliance.

- Comprenez simplement ma position : C'est ainsi que nous avons perdus des êtres qui nous étaient chers, sous couvert de la paix. Partager le pain et le sel ne vous prémunit pas de coups en traître. Nous l'avons découvert bien malgré nous.

Je ne me rendis compte de la véhémence de mes paroles que lorsqu'elle s'excusa de m'avoir froissé. Je devais faire attention à ce que mes convictions n'oblitèrent pas toutes notions de diplomatie. Ce n'était pas si évident pour moi qui avait toujours eu un naturel sanguin. J'avais la sensation qu'il en était de même pour elle, que ses paroles lui coûtaient chères à prononcer.

- Vous ne m'avez pas froissé, princesse. Vous l'aurez bien vite remarqué, si tel était le cas. Ces événements sont juste encore... Récents, dans mon esprit. Le parjure a voulu précipiter notre chute, donc oui, je m'en doute bien. Je sais aussi pertinemment que Westeros n'attend plus qu'une étincelle pour s'embraser. Simplement... Il a été le premier à ouvrir les hostilités et à rompre avec ce désir de paix qui vous anime encore. Il nous a forcé à le renier, à prendre les armes contre lui. Je ne vois pas grand-chose à dire de plus.

Je fronçai les sourcils, avant de me détendre un peu. Je poussai un léger soupir et lui rendis un regard interrogateur.

- Je vous remercie, pour votre sincérité. Des pertes, nous en avons tout deux, et nous en aurons encore. Permettez-moi de satisfaire ma curiosité mais... Qu'est-ce qui vous a motivé à rejoindre notre cause, à soutenir ma sœur et proposer ce mariage ? J'ai pourtant l'impression, de par votre discours, que vous ne partagez pas totalement notre point de vue et nos motivations, même si nos histoires sont assez similaires.

Je l'écoutais me parler des problématiques qui s'imposaient à son Royaume. Je connaissais déjà la réponse à ses interrogations qui la rongeaient. Je savais aussi qu'elles n'allaient pas lui plaire, mais qu'il était de mon devoir de lui confier la cruelle nécessité qui était souvent le lot des dirigeants. Nous étions bien plus enchaînés par le peuple que nous le pensions. J'avais lâché les rênes de ma monture pour me rapprocher d'elle. Je repris d'un ton neutre, presque doux, car je savais que la vérité serait difficile à accepter.

- Vous êtes à la tête d'un peuple de guerriers qui n'attend que de pouvoir noyer sa vengeance dans le sang de ses ennemis. Désignez-leur les responsables et ils vous exhorterons à prendre les armes contre. Si vous tardez trop à le faire, ou si vous leur refusez cette justice sanglante, ils le feront d'eux-mêmes et amènerons la guerre au sein même de vos terres. Vous ne pourrez pas retarder l'inévitable éternellement, princesse. Si vous désirez réellement la paix, désignez des boucs émissaires pour apaiser votre peuple et éviter la guerre. Je n'agirais pas ainsi, mais vous n'avez pas d'autres solutions si vous voulez éviter la guerre civile ou de l'apporter chez le vrai responsable, d'un autre Royaume. Il fallait que quelqu'un vous le dise, même si c'est dur à entendre. La guerre est d'une atrocité sans nom, ma Dame. Il va falloir vous y préparer.
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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mer 4 Nov - 20:06

Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi enjoué qu’Anders, même en sachant que ce dernier l’appréciait. Il avait la mine beaucoup trop revêche pour ça. Pourtant, il me surprenait. Plutôt agréablement je dois dire. Il lui arrivait donc de sourire. Et je voyais derrière ce masque de prudence et de retenue ce qui avait pu plaire à mon frère. Mais il le cachait fort bien, ou du moins, ne devait guère sortir de son mutisme et de sa froideur apparente.
Les têtes dirigeantes. Je souris, presque amusée par sa réponse. Il a raison, les hommes en général ne sont jamais satisfaits et trouvent toujours à redire.

« Vous avez raison. Bien que les décisions des dirigeants aient toujours un impact pour le peuple, que ce soit en temps de paix ou de guerre. Et malheureusement, il y aura toujours des détracteurs et autres critiques, c’est dans la nature humaine. » Je me contente de légèrement hausser les épaules.
Je lui souris à nouveau. « J’espère simplement que ce ne seront pas des épreuves trop dures qui lui enseigneront ce qui lui manque. Oui, vous vous complétez bien, c’est une chance. Rhaenys a de la chance de vous avoir à ses côtés. »

Nous abordons quelques instants des sujets plus légers, plus désinvoltes. Sa monture, les dragons, et puis, Dorne. Je souris, et acquiesce. Avant de rire lorsqu’il sous-entend que… Que quoi ? Que j’essaie de le séduire ?
Je secoue la tête, un sourcil relevé, à la fois amusée et surprise.

« Le chevalier de Peyredragon est donc capable de se montrer flatteur et séducteur ? N’êtes-vous donc pas uniquement un vaillant combattant et un fin stratège Messire ? » J’incline la tête, mon regard se faisant à son tour espiègle. « Vous ne faites pourtant qu’effleurer la surface Ser Barathéon. »
Je souris. « Mais votre compliment me va droit au cœur. Mon peuple et mes terres sont tout ce qui importe. J’espère réellement pouvoir éclairer les miens. S’il me suffisait de sourire ou de rire pour cela, ma tâche en serait grandement facilitée. »

J’acquiesce d’un signe de tête.

« Je plaide coupable, curieuse je le suis. Même si je pourrais arguer le fait que les actes de mon frère, maintenant légitimé, peuvent avoir des répercussions importantes…
Mais, oui, elles sont nombreuses. Et je n’ai nullement besoin d’anecdotes ou confidences de votre part, les murmures finissent toujours par arriver jusqu’à moi. En direct de la source principale en général. »


Je ne pouvais pas réellement dire le contraire de toute façon. Nous n’avions pas de vrais secrets entre nous, même si évidemment Arianne était au courant de davantage de choses à mon sujet que les garçons. Oui, je faisais des efforts pour ne pas laisser Anders de côté et pour faire taire cette stupide jalousie qui n’avait pas… plus lieu d’être. Mais nous étions proches tous les quatre. Et cela ne changerait pas.

Et les sujets faciles laissent la place à des points plus délicats. Nous dérivons sur l’invitation du roi Gardener. Je ne suis pas la seule à me poser des questions, même si je les tais. Je n’ai pas pour habitude de parler de mes doutes à tout va. Pas toujours. Pas à n’importe qui.

« Je comprends. Et suis touchée de l’inquiétude que vous manifestez. Je serais prudente. »

Peut-être suis-je allée trop loin, ou me suis-je simplement mal exprimée. Je cherche simplement à lui faire comprendre la situation délicate dans laquelle je me trouve également. A me défendre peut-être aussi de la position que je tente tant bien que mal de maintenir.
Un sourire tenu et un léger hochement de tête, je suis soulagée. Peut-être est-il réellement aussi irascible que ce qu’il pouvait dire. Mais il faisait preuve de retenues dans ce cas en ma présence.

« Je suis donc heureuse que cela ne soit pas le cas. » J’inspire lentement. « Le roi Hoare a certes été le premier à faire preuve de… à se montrer aussi méprisable. Mais les événements s’enchaînent et bientôt tout ne sera plus que feu et sang. » Mon regard dérive sur les hommes et femmes passant à nos côtés, vaquant au quotidien de leur vie. « Il n’y a effectivement pas grand-chose à dire de plus… »

Ils ne se rendent pas compte. Pas lui, eux. Peut-être seront-ils épargnés un temps ici, dans le royaume du Val. Mais même si la reine Arrys souhaite rester neutre…
Je l’observe et réfléchis. Que lui a-t-elle donc dit ? J’esquisse un sourire.

 « Ce n’est point moi qui ait proposé cette alliance, ni même ce mariage.
Je m’étais dit neutre quelques heures auparavant durant le conclave, je voulais essayer de sauvegarder la paix, ce qui m’a valu je pense l’invitation du roi Gardener.
Et j’ai pourtant fini par m’entretenir avec votre sœur. Par prendre parti. Peut-être parce que je suis dans un sens aussi idéaliste qu’elle peut l’être. Peut-être parce que nous nous connaissions. Peut-être parce que je n’approuve pas les actes du roi Hoare. »
Je secoue la tête.
« Je serais aussi honnête avec vous qu’avec votre sœur. Non, je n’approuve pas totalement vos points de vue. Non, je ne reconnaîtrais jamais Rhaenys Targaryen comme Seigneur des Sept Couronnes. Pas plus qu’Harren Hoare évidemment. Je suis Princesse de Dorne, personne n’usurpera ni ma place, ni mon pouvoir. »
Je fixe ses incroyables yeux lilas.
« Votre sœur a un but que je rejoins. Unir les royaumes pour en garantir l’équilibre est quelque chose que je comprends et que je souhaite dans un sens.
Mais obtenir ceci par la force brute, par contre, je ne le conçois pas. Menacer et attaquer les royaumes refusant de se soumettre sous une autorité que vous vous êtes seuls octroyés sont pour moi des actes incompréhensibles et intolérables.
Dorne est un royaume indépendant, plus encore peut-être que les autres royaumes de Westeros. Mais ne vous attendez pas à ce que les autres seigneurs se contentent de mettre un genou à terre en acceptant votre domination. Jamais ce ne sera le cas. Et je les comprends. Je ne conçois pas de devoir rendre des comptes à qui que ce soit. En dehors des miens. Et certainement pas à un  suzerain auto-déclaré. »
Je soupire. « Mais nous avons besoin de paix. De stabilité. Westeros et ses habitants en ont besoin.
Comme nous en avons discutés, votre sœur et moi, la création d’un conseil comprenant tous les royaumes, sans suprématie d’aucun, serait une solution. »


Ai-je vraiment besoin de continuer ? Je n’approuve pas beaucoup de choses. Je me battrais, même contre elle, pour bons nombres de ces points. Je lève la tête alors qu’il s’approche et reprend d’une voix plus douce. Je me mords la langue, tachant de rester impassible sous ses paroles. A-t-il raison ?

« Je sais que vous dites cela pour mon bien Ser Barathéon. Votre gentillesse me touche encore une fois. Et encore une fois, vous avez raison.
Mon peuple m’exhorte depuis mon accession au trône à prendre les armes. Qu’importe contre qui en effet. Même ma famille m’y incite. Et c’est vrai. Si je n’agis pas, ils prendront malheureusement les devants. Quelques sujets passent déjà mes frontières pour se faire eux-mêmes vengeance.»

Ma mâchoire se crispe légèrement. « Je ne désignerais pas des innocents uniquement pour contenter la soif de sang des miens. Si tel était le cas, que se passera-t-il lorsque j’apprendrais le nom du véritable coupable?
C’est mon père et ma grand-mère qui ont été lâchement assassinés. J’obtiendrais justice Ser Barathéon. Je me le suis promis. Et j’y parviendrais. »

J’esquisse un sourire triste. « Je vous crois sur parole. Je sais à quel point je dois paraître naïve, ou même sotte, à vos yeux. Mais je n’agirais pas davantage de la sorte pour autant. Je ne le puis. Même si ce serait là la solution la plus raisonnable. »



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mar 24 Nov - 23:09


J'hochai la tête, en signe d'assentiment. Il était bon de savoir qu'elle en avait si bien conscience... Mais comment aurait-il pu en être autrement, après les assassinats honteux dont ils avaient été victimes ? Elle devait savoir mieux que quiconque ce que les hommes étaient capables de faire quand ils étaient mécontents de leur souverain, avec un début de révolte sur les bras. Je ne prétendais pas lui apprendre comment diriger les siens, mais j'espérais qu'elle écouterait mes conseils, comme elle devait le faire avec ses frères.

Je lui rendis un bref sourire entendu, mais un rien amer, quand elle souligna la chance que Rhaenys avait de m'avoir. Je ne préférais pas en parler plus en avant. Ce mariage... Et m'envoyer me perdre au fin fond des Eyriés. Tout n'était pas si idyllique que j'aurais voulu le faire croire. Elle avait décidé de traverser les épreuves à venir seule, et je ne savais quoi en penser. Je me refusais encore d'y réfléchir, de crainte que cette conversation ne prenne une tournure bien moins agréable. Deria Martell n'était pas fautive. Elle cherchait, tout comme nous, à tirer partie de la situation. Mais qui l'était alors ? Toujours le même, celui qui nous avait poussé à de telles extrémités : Harren le Noir.

Je m'étais fermé, l'espace d'un instant, mais la Princesse fut prompte à me sortir de ma torpeur, reprenant sur un ton bien plus léger. Je reléguais au second plan ces préoccupations bien noires. Mon sourire se fit plus franc et sincère, en réponse à sa note espiègle.

- Vous savez bien mieux que moi flatter votre auditoire, Princesse.

Je me demandais si c'était volontaire ou tout simplement naturel chez elle d'agir ainsi, à chercher à séduire. Ce que l'on disait sur les femmes de Dorne était peut-être bien vrai. Je me laissais prendre au jeu, reprenant sur le même ton :

- J'étais sincère, vous avez ce feu en vous. Et libre à vous de me donner l'occasion de faire plus qu'effleurer la surface, Princesse.

J'acquiesçai en retour, le regard rieur.

- C'est tout à votre honneur, même si je vous conseillerais de l'être moins sur les actes de votre frère... Je ne suis pas certain que vous avez envie de tout savoir, vraiment.

Il était des discussions qu'il était nécessaire d'avoir, et je m'inquiétais que cette lueur dans les ténèbres ne vacille. Dorne ne se relèverait pas d'une perte supplémentaire, et qui sait quelle partition Mern Gardener jouait-il ? Pas la même que la nôtre, en tout cas. J'espérais pour elle que le Roi du Bief resterait fidèle à lui-même : Frileux et peu susceptible d'agir ou de s'engager.

Je suivis son regard, alors qu'il s'attardait sur la foule de badauds qui nous entouraient. Ils paraissaient tous insouciants de la guerre qui nous menaçait tous de façon imminente. La plupart se contentait d'apprécier les festivités, parfois d'en ressortir un quelconque gain financier par des échanges de marchandises, ou bien de la gloire pour d'autres. Peut-être que dans quelques mois ou années, cette population serait divisée par deux, ces visages détendus et heureux seraient substitués par un masque de mort. Je me figeai, l'air bien sombre. Nous le savions, c'était inéluctable. Aegon n'avait pas réussi à rétablir la paix. Il avait été illusoire de croire que c'était possible.

- Mon frère désirait unir tout Westeros sous une même bannière pour que les conflits cessent enfin. Il a tendu la main au parjure... Qui en a profité pour le poignarder dans le dos. Je me demande, parfois, ce qui se serait passé si Aegon était resté à Peyredragon et m'avait laissé négocier pour lui. Peut-être aurait-il réussi à réaliser ce rêve de paix que nous chérissons tous, sans jamais pouvoir l'atteindre... Nous ne le saurons jamais, parce que le Sautoir nous a précipité dans la guerre. J'espère que vous aurez ce choix, quand vous aurez toutes les pièces en main, de la manière dont vous voudrez obtenir justice... Ce choix que nous n'avons pas eu. Je le souhaite réellement pour les vôtres.

Je revins planter mon regard en le sien, résolu et inflexible. Je me rendis compte, à la lumière de ses paroles, que c'était ma sœur qui avait entrepris toutes ces démarches sans même m'en aviser. Ma mâchoire se crispa. Ardent releva la tête un peu brusquement, les oreilles plaquées en arrière, à l'affût d'un danger. Mon humeur générale devait être un peu trop communicative... Je ne m'étais pas rendu compte que ma main s'était fermée un peu brusquement sur ses rênes.

- Vous croyez donc aux mêmes idéaux qui ont porté mon frère, et c'est la raison qui vous a poussé à nous rallier. Certains chercheront toujours à prendre le dessus sur les autres, parce qu'ils désirent ardemment le pouvoir, tel le parjure qui a craché ouvertement sur ces vœux de paix. Il voudra conquérir tous les royaumes par la force brute, et ses alliances s'ils en forgent, ne seront que provisoires afin de garantir ses arrières avant qu'il ne les brise, parce qu'il n'a aucune parole. Pensez-vous que nous pourrons réussir unifier tous les royaumes sans avoir à s'opposer à quiconque, alors même qu'il menace cet équilibre que nous chercherons à instaurer ?

Je poussai un profond soupir. Je m'étais laissé emporté par ma rancœur, mais je pensais tout ce que je disais. Deria Martell me rappelait la pureté de ces idéaux qui avaient porté mon frère... Aussi bien l'amertume qui en découlait. Non, je n'avais toujours pas fait mon deuil. Y parviendrais-je un jour ?

- Ce sont de nobles idéaux qui sont parvenus à tuer mon frère, parce qu'il a cru qu'une entente serait possible avec un être tel que lui. Mieux vaut ne pas faire deux fois la même erreur si nous souhaitons que ce conseil voit le jour.

Je relâchai la pression et flattai l'encolure de l'animal. Je parlais d'une voix plus douce. Je m'inquiétais réellement pour elle et avais à cœur de la convaincre, car encore une fois, je me montrais le plus sincère du monde et lui parlais sans ambages.

- Je ne vous demande pas de désigner des innocents, mais vous pouvez nous aider contre les exactions du Noir. Nous pouvons tendre vers cet idéal qui vous a incité à rejoindre notre cause, grâce à vous. Et si vos bannerets ont soif de sang, vous pouvez leur donner l'occasion de le répandre à nos côtés... En attendant que le coupable soit désigné. Ainsi, vous les canaliserez un temps, et éviterez qu'ils ne passent encore les frontières pour chercher vengeance, au risque de créer un incident réel qui fera basculer tout votre royaume sans jamais savoir si des coupables ou des innocents seront passés au fil de vos épées.

Je lui adressai un mince sourire, teinté d'une certaine tristesse.

- Vous n'êtes pas naïve, ni sotte. Vous me rappelez mon frère. Ne perdez pas cet éclat. Ils continueront d'avoir foi en vous.

Je m'avançai d'un pas vers elle, reprenant d'un ton plus solennel qui avait des allures de serment prêté.

- Nous obtiendrons justice ensemble. Nous mettrons tout en œuvre de notre côté aussi pour trouver les coupables, soyez-en assurée, Princesse Deria Martell.
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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Lun 30 Nov - 15:53

Nous avons de nombreux points en communs, avec lui comme avec sa sœur, s’il était encore besoin de le démontrer. D’autres ont évidemment perdus des leurs, mais dans un état quasi constant de guerres et guérillas dans tous les royaumes, que peut-on attendre d’autre ? Et, si cela ne retire rien à la douleur infligée et ressentie, perdre quelqu’un lors d’un combat, de maladie ou de vieillesse, n’a rien de comparable avec le fait de savoir qu’une tierce personne a précisément désiré et réussi à tuer l’être aimé. A la douleur sourde du deuil et de la peine se mêle celle, insidieuse et profonde, de la colère et de la haine. Et ce besoin impérieux de vengeance et de vérité. Mais là où je n’ai que doutes et spéculations, les Targaryens eux ont une cible précise. Est-ce plus facile ? Cela les aident-ils à canaliser toutes leurs souffrances ? Peut-être un peu, je ne sais point.

Et je préfère pour le moment, tout comme lui, laisser tout ceci de côté. Je ne le connais pas pour me permettre davantage que les quelques phrases déjà échangées. Son sourire se fait plus grand à ma répartie, aussi gardais-je le mien. Et j’apprécie davantage son sourire que son air renfrogné et revêche cela va de soi. D’autant plus que j’ai l’impression de réussir un exploit ou peu s’en faut de le distraire autant.  

« J’exerce mes dons depuis mon plus jeune âge Messire. Flatter l’égo n’est guère difficile. Cela le devient davantage lorsque l’on souhaite s’en tenir à la vérité.
Vous ne vous débrouillez pas trop mal non plus n’ayez crainte. »


Et ma surprise amusée persiste alors qu’il poursuit. Je le dévisage, avant de reprendre un ton plus bas, continuant toujours mi-amusée, mi-enjôleuse.

« Le souhaiteriez-vous ?… » Mon sourire se fait plus taquin à son tour. « Nous trouverons certainement l’occasion Messire... Si vous le désirez. »

Ce n’est guère réfléchi ni même réellement prudent, même en s’en tenant à des paroles. Cela ne mettrait-il pas en danger notre toute récente alliance ? Mais après tout, il est plus que séduisant… et de mon côté, cela ne changerait rien.
L’amusement finit par prendre le dessus alors que l’on parle d’Anders.

« Ne vous en faites pas, je ne cherche pas à l’être. Je ne tiens pas à connaître tous ces secrets. »

Et alors que les sujets changent à nouveau, revenant vers des pensées et projets plus sérieux, plus profonds, je reprends presqu’inconsciemment un peu de retenue.
Je ne sais trop que penser de l’invitation du roi Gardener, même si je redoute déjà la réaction de mes nobles et de mon peuple. Mais je ne pouvais décemment refuser de m’y rendre.
Je le sens se raidir et reprendre son air taciturne alors que nous parlons du roi Hoare et des conséquences de ses actes.

« Avec des si vous pourriez refaire le monde Messire. Vous seriez mort à sa place et votre frère porterait ce fardeau. Peut-être aurait-il réussi. Peut-être aurait-il uni tout Westeros qui sait. Brûlant et ravageant les terres... Combien de morts, combien de sacrifiés y aurait-il eu en sus ?
Je ne doute pas que vous auriez donné votre vie pour sauver la sienne, tout comme mes frères le ferait pour moi. Et si cela devait arriver, je les détesterais et me haïrais davantage encore. Rien de bon n’en sortirait vous pouvez en être certain. »

Je secoue la tête et lui rend son regard. « Je l’espère également, mais j’en doute. Mon peuple n’est guère patient. »

Mon peuple qui déjà prenait les armes pour se venger lui-même. J’inspire profondément. Si je possédais réellement une quelconque preuve, la moindre certitude… Mais mise à part des querelles qui remontent à aussi loin que l’existence même de nos royaumes et les dernières paroles d’une vieille femme, je n’avais rien.
Quant à lui, visiblement, il est certains points dont il ne semblait guère au courant au vu de son attitude. Même Ardent renâcle en le sentant se tendre.

« Non. Je ne suis point naïve ou idéaliste à ce point. Je me rends bien compte que des combats et de nombreuses batailles seront nécessaires. Je sais qu’il y aura de nombreuses et innombrables morts, car la guerre est d’ores et déjà déclarée avec le Conflans.  
Mais, contrairement à Rhaenys et vous, je refuse de me battre contre d’autres. Je refuse de simplement menacer un roi et un peuple qui souhaitent uniquement conserver leur indépendance et leur royaume. Je n’ai aucun souhait de voir des villes réduites en cendres et leurs habitants tués sous prétexte qu’ils refusent d’accepter votre domination. Est-ce si compliqué à entendre ? Il ne peut y avoir de seigneur des Sept Couronnes. En aucun cas, je ne saurais le soutenir. »


Je soupire doucement à mon tour, mon regard toujours fixé sur lui. Pourquoi ai-je l’impression de m’adresser à un mur face à eux ? Que cela leur soit douloureux, je ne le conçois que trop, tout comme je comprends le désir de vengeance et la colère. Peut-être que je me trompe. Peut-être Rhaenys n’a-t-elle réellement point envie de soumettre les autres royaumes par la force. Peut-être la guerre s’arrêtera-t-elle une fois Hoare défait… ou nous… Peut-être…

« Je suis on ne peut plus d’accord. Mais les autres seigneurs ne sont pas tous retors et capable de tels actes d’ignominie. Je souhaite la paix Messire. Et je reste persuadée que la guerre et la destruction ne sont nécessaires pour l’obtenir. »

Je l’observe un instant, alors qu’il rassure à nouveau son cheval. Il reprend la parole. J’esquisse un sourire à son air visiblement inquiet. J’acquiesce lentement d’un signe de tête à ses paroles.

« Oui, leur donner une occasion de faire couler le sang, même si ce n’est point celui qu’ils désirent, pourrait temporiser de mon côté. Et vous apporter une aide précieuse. Mais comprenez qu’il me faut en discuter avec mes conseillers militaires. Et contrairement à vous, aucun de mes hommes n’est mobilisés à ce jour. Et tout le problème est là, je le crains. Le temps nous manque Ser Barathéon. Mais une fois rentrée, j’aviserai selon la situation et vous tiendrez informé. »

Cela fonctionnerait-il ? De leur fournir une échappatoire à leur colère ? Cela méritait d’être considéré.  
Je lui rends son petit sourire.

« Foi en moi ? Vous croyez ? » Ont-ils foi en moi ? Moi qui envoie les miens au Mur, moi qui m’allie aux dragons, moi qui vais en territoire bieffois ? Moi qui n’aie rien fait jusqu’à présent pour mériter quoique ce soit ? Je me rends compte que j’ai parlé à haute voix, et secoue la tête en riant, un peu désabusée. « Cet éclat comme vous dites est porté par mon peuple, pour lui. C’est uniquement dans le but de le protéger et de protéger ses intérêts que l’on m’a élevé et que je suis ici aujourd’hui. Je ne peux le perdre tant que... »

Je ne sais pas… Je soupire, et secoue à nouveau la tête. Je ne sais pas.
Il a beau dire, je le suis, naïve, de croire encore que malgré tout ce qui se trame des choses positives peuvent en ressortir, que tout n’est pas perdue, que tout est encore possible. Pourtant, j’en reste persuadée.

Il s’avance à nouveau vers moi, et nous nous retrouvons plus près l’un de l’autre que ce que les convenances exigent. Non pas que je tienne compte de la bienséance en général soit.
Mes yeux ne quittent pas les siens, alors qu’ils se font on ne peut plus sérieux. Et mon sourire qui nait, léger et presque craintif, est tout autant sincère que mes précédents.

« Oui, nous devrions y parvenir ensemble. »
Ma main se lève pour se poser sur sa joue avec douceur. « Merci Orys. Pour tout ça. »

Ma main descend, effleurant sa mâchoire alors que mon pouce frôle ses lèvres. Même si je sais que ce n'est pas forcément une bonne idée... Pour autant...
Je souris doucement.

« Mais aborder de tels sujets au milieu de la foule n'est guère prudent. Peut-être devrions-nous aller dans un endroit plus privé... si vous en avez le temps et l'envie évidemment... »

Je retire lentement ma main et l'observe, la tête penchée sur le côté, un sourcil levé. Devrais-je lui dire que je ne m'offusquerais point quelle que soit la réponse ? ... Non, le simple fait de lui proposer ainsi signifie bien la même chose non ?



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Jeu 3 Déc - 15:06


Flatter son public, voilà bien quelque chose que je n'avais pas l'habitude de faire. Les jeux de cour avaient toujours eu tendance à me lasser profondément et j'avais passé le plus clair de mon temps à les fuir. J'avais laissé tout ceci à mon frère qui excellait dans ce domaine... Mais il n'était plus là. Et Rhaenys ? A certains moments, je la trouvais encore moins diplomate que je ne pouvais l'être, ce qui était un bel exploit. Alors oui, je me risquais parfois à me prendre à ce jeu, mais je ne disais jamais rien que je ne pensais pas vraiment. Il m'arrive de mentir bien sûr, seulement... Principalement par omission. Il était toujours plus intéressant de se servir d'une éclatante vérité que d'un fade mensonge.

- J'imagine que cela fait partie des armes que l'on vous apprend à manier à la cour. Vous savez, plus d'un vous dirait que j'use plus volontiers de provocations que de faux-semblants. Je ne fais pas partie de ceux qui avancent à couvert. Si je ne vous aime pas, vous le savez. Si je vous aime bien... Vous le savez aussi.

Par contre, je ne m'attendais pas à ce que Deria Martell soit aussi sensible à quelques flatteries, à moins que la raison ne soit ailleurs.  Je lui rendis l'ombre d'un sourire, vaguement amusé. Son ton plus bas était plein d'invitations...

- Je ne doute pas que vous saurez créer les occasions, si nous n'en trouvons pas.

Après tout, pourquoi pas ? Elle était Princesse, mais il s'agissait de son propre choix. Je me laisserais entraîner avec assez peu d'hésitation. Deria Martell était une belle femme, avec une touche d'exotisme qui ne pouvait vous donner qu'envie d'explorer ces nouveaux horizons. Je n'oubliais pas qu'elle était la sœur de celui qui risquait de me ravir la mienne, mais bien au contraire, c'était une motivation supplémentaire à mes yeux.

Je perdis ce sourire alors que nous revenions à des discussions bien plus déplaisantes. Le parjure ... Ma colère ne parvenait jamais réellement à diminuer, dès que l'on en faisait référence devant moi. Je me rendais compte à quel point nos points de vue pouvaient être similaires... Et diverger aussitôt. Elle était une idéaliste aussi, comme l'était ma sœur. Il lui faudrait apprendre les difficultés de la guerre. Serait-elle prête à les affronter le moment venu ?

- Vous avez raison, ce qui est fait est fait. Nous ne pouvons revenir dessus, alors autant se concentrer sur ce que nous pouvons encore faire pour éviter que tout Westeros s'embrase avec nous. Tous les Royaumes ne sont pas à l'épreuve des flammes comme nous pouvons l'être.

J'hochai la tête, avec gravité. Un peuple de guerriers... Je n'avais aucun mal à me rendre compte à quel point il devait être difficile de leur tenir la bride. Elle devrait finir par la relâcher, au risque de se faire entraîner et de perdre totalement le contrôle. Je n'étais pas certain qu'elle accéderait à ma requête et se rangerait à mon avis, après tout son discours de paix et d'entente. La Princesse du Désert avait conscience des nécessités auxquelles elle serait bien vite confrontée pour apaiser la vindicte de son peuple.

- Nous aimerions tous avoir davantage de temps pour agir au mieux. Je vous laisse en discuter plus en avant avec vos conseillers, et vous remercie de m'avoir écouté. Je suis conscient que, si nous partageons les mêmes aspirations pour Westeros, nous divergeons encore sur les méthodes à employer, mais il nous faudra nous donner ce temps pour réfléchir à cet avenir commun, qui est autant le nôtre que le vôtre.

L'image que Deria Martell avait de nous me paraissait bien négative. Promettre le Feu et le Sang à tout ceux qui se dresseraient contre nous, certes, mais pas à ceux qui chercheraient une entente. Nous avions déjà prouvé que nous étions capable de négocier, et que nous étions bien les derniers à en profiter pour planter une dague dans le dos.

- L'art de la guerre est bien souvent de l'emporter sans combattre, Princesse. Ne l'oublions pas.

Elle paraissait étonnée par mes paroles, au point de me livrer cette incertitude. Elle était moins assurée qu'elle ne cherchait à le montrer, et je venais de m'en rendre compte, mais pas moins dévouée et résolue à en découdre malgré ses vœux de paix. Elle s'interrompit finalement, toujours aussi troublée. Je m'avançai pour lui parler à voix basse, à l'abri de la foule environnante. Elle avait ce sourire étrange, qui laissait entrevoir sa faiblesse mais bien plus encore. Je sentis sa main effleurer ma joue, découvrir mes lèvres... Elle ne semblait plus tellement se soucier des convenances, à l'entendre ainsi prononcer mon nom. Impossible de ne pas sourire en retour, et répondre sur ce même ton qui invitait à la confidence :

- Je n'ai pas d'impératifs de temps, contrairement à vous. Les miens se mettent déjà en route, pour rejoindre les navires restés hors de ces murs. Je ne repartirais pas avec eux.

J'attrapai sa main, alors qu'elle la retirait avec une lenteur délibérée. Ca m'étonnerait que nous continuions tranquillement de discuter s'il me prenait l'envie de la suivre. Je me baissai vers elle, pour lui répondre à voix basse, une lueur amusée dans le regard.

- Je doute que ce soit la prudence qui vous motive... J'en ai le temps, et bien sûr l'envie, Deria.

Je la relâchai ensuite et repris de la distance, sans pour autant la quitter du regard.
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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mer 9 Déc - 10:41

Je hoche la tête, acquiesçant à ses paroles, avant d’en sourire à nouveau.

« C’est effectivement une des plus impressionnantes armes mis à ma disposition. Vous n’imaginez pas ce que l’on peut obtenir par flagornerie…
Mais si je ne peux me permettre d’être aussi franche que vous, je crains que cela ne passe guère auprès de certains nobles et autres seigneurs, j’aime tout autant éviter les simagrées et l’hypocrisie. Quand cela m’est possible. »


Et j’acquiesce d’un signe de tête alors que nous poursuivons, à grand renfort de compliments, sans doute quelque peu déplacés. Amusée, je le suis. Tout autant que tentée, je l’avoue. Oui, je saurais sans aucun doute créer des occasions. Même si cela risquait de s’avérer compliqué, nous finirions bien par nous recroiser au vue des circonstances.

Son charmant sourire disparait quand nous abordons des sujets plus sérieux, plus douloureux. Je me doute bien que parler d’Harren et de la perte des siens est douloureux. Les choses auraient-elles été différentes si son frère n’était pas mort ? Sans aucun doute. Y aurait-il eu encore davantage de morts lors de sa conquête ? Peut-être aussi également.

«  Il est encore possible d’éviter une guerre totale n’est-ce pas ? Ou suis-je là encore trop crédule de l’espérer ? » J’inspire et souris.
«  A l’épreuve des flammes ? L’êtes-vous également Ser ? »

Oui, c’était quelque peu étrange, voir dérangeant, de s’apercevoir que Rhaenys pouvait littéralement passer à travers les flammes sans en subir le moindre dommage. Certes, elle descendait de l’ancienne Valyria, mais ça n’en restait pas moins singulier.
Quant à mes dorniens. Inutile d’en dire trop. Tout le monde connait notre réputation, même sans jamais nous avoir cotoyés. Et pour ceux qui pensent qu’il est plus aisé de les gouverner que de les affronter, je les invites à essayer. Réussir à jongler avec leur besoin quasi incessant de combattre et les intérêts du royaume relevait du prodige. Et si Meria semblait y parvenir aisément, j’étais malheureusement bien loin d’avoir son talent et son expérience.
Son idée, son offre n’était peut-être pas si mauvaise. Un exutoire à défaut d’un véritable coupable…
Je hausse les sourcils.

« Me remercier ? » Je secoue la tête amusée. « Vous êtes un chevalier émérite et expérimenté, il serait sot de ma part de ne pas tenir compte de vos conseils.
Nous trouverons du temps, et un terrain d’entente. Même si je sais que vous comme nous ne reviendrons pas sur certains souhaits et procédés… »


Peut-être Rhaenys changerait-elle, se calmerait-elle. Ou peut-être avais-je mal compris. Pourtant, entre ses propres paroles et celles du roi du nord…Mais nous verrons bien. J’avais fait part de mes conditions...

« Je ne l’oublie pas. J’ai peur que votre sœur ne l’oublie dans sa soif de conquête. J’espère que cela ne sera pas le cas. »

Et qu’elle ne cherchera pas à faire plier par la force tous les royaumes. Je ne souhaitais pas davantage un Westeros placé sous une seule bannière que les autres suzerains. Ce n’était pas pour cela que je m’étais liée à elle.
Et je me rends compte tout en parlant que cela ne le concerne en rien. Que je ne peux me montrer si hésitante, si faible. Encore moins concernant le soutien et l’attachement que mon peuple peut avoir ou non me concernant. Pas plus devant lui que devant un autre. Même s’il s’avère beaucoup plus intéressant et … subtil que je ne l’aurais pensé. Ou que lui-même le laissait entendre.

Et c’est moi qui franchis les dernières lignes des convenances. Et je le fixe, mon sourire s’agrandissant, en l’entendant répondre. Heureusement que mes gardes nous cachent quelque peu, bien que cela ne change pas grand-chose à mon avis. Mais qu’importe. Il s’empare de ma main et il est maintenant si proche….

« Je vous demanderais bien pourquoi vous ne partez pas avec les vôtres, mais je vous avoue que dans l’immédiat, cela m’importe peu. » Et je ne peux m’empêcher de rire. Son manque flagrant de protocole répond au mien, et toute princesse que je suis, je préfère cela.  
« Non effectivement, la prudence n’est pas forcément le mot le plus adapté… Mais rester ici ne serait guère réfléchi pour autant. »

Je le fixe quelques secondes alors qu’il se redresse et s’éloigne à nouveau un peu.
J’avance vers lui, saisissant son bras pour avancer, reprenant ma route vers mon bateau, un sourire toujours aux lèvres.

« Pensez-vous qu’Ardent supportera de rester seul le temps que je vous fasse visiter mon navire ? Il serait dommage qu’il éborgne l’un de mes gardes dans l’attente… »

Espérons que ce ne sera pas le cas, car nous le laissons alors que je grimpe sur bateau. Mes dames de compagnie ont-elles disparues depuis longtemps ? Ou seulement lorsqu’elles m’ont vu revenir avec lui ? Encore une fois, cela ne changera pas grand-chose, le vaisseau entier sera au courant dans l’heure…

« Je crois que mes amies se sont lassées d’attendre mon retour. » Je me tourne vers lui dans le couloir menant à ma chambre, et poursuis en souriant de plus belle. « Ou  peut-être ont-elles fuis en vous voyant à mes côtés… »

Je le laisse entrer, et les gardes déjà s’éloignent. Oui, il ne pourrait aller bien loin ici. Je me tourne vers lui, l’observant une seconde. Je m’approche lentement de lui, et commence à défaire les points d’attaches de sa côte de maille. A quoi bon tenter de jouer les prudes maintenant que nous sommes dans ma cabine ?

« Voulez-vous quelque chose à boire Orys ? »  Je fais passer sa côte par-dessus sa tête, et la fait finalement tomber sur le tapis.   « J’ai du vin, de l’hydromel et de la bière sans doute… » Je le regarde, et ma main passe sous le tissu de sa chemise, frôlant sa peau, alors que la seconde se loge derrière sa nuque et l’attire vers moi. « Personnellement, je n’ai pas soif. »
Et mes lèvres s’emparent lentement des siennes.



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Mar 15 Déc - 11:24


Bien sûr que non, je n'avais aucun mal à imaginer ce que l'on pouvait obtenir par simple flagornerie. Certains se laissaient facilement prendre au jeu, et un joli minois pouvait aider à franchir les derniers pas. Je me demandais si Deria Martell n'en usait pas à l'heure actuelle avec moi, à moins que je ne sois justement occupé à renverser la tendance... Difficile à dire. Le charme semblait s'opérer dans les deux sens, mais savait-elle au moins l'intérêt que revêtaient pareils échanges... Mesurait-elle leur portée ou s'en fichait-elle éperdument ? Moi-même, je perdais doucement mes motivations de vue pour me laisser aller à l'instant.

Un mince sourire étira mes lèvres, un brin provocateur.

- L'intérêt est tout là... De pouvoir, par le simple éclat d'une vérité qui dérange, malmener toutes leurs précieuses convenances. Vous devriez essayer, un jour. Vous vous rendrez vite compte à quel point ce peut être jouissif.

Je marquai un long silence, tandis que nous revenions à parler de guerre. Un silence si prolongé qu'il ne pouvait signer que comme un aveu. C'était presque touchant, tant d'innocence et de candeur, à croire qu'il suffisait de stopper une guerre pour que la paix règne dans le monde et que tout rentre dans l'ordre. C'était désespérant, aussi, car nous revenions constamment au point de départ. Je m'étais si longuement exprimé à ce sujet, et pourtant, rien n'y faisait... La Princesse de Dorne continuait de croire en la bonté de tous et que la guerre pouvait être évitée. A croire que le fléau était la guerre elle-même, et non ceux qui nous poussaient à les mener...

- Vous pouvez continuer à fermer les yeux, si vous le souhaitez si ardemment, mais vous ne ferez que retarder l'inévitable. Et quand vous les rouvrirez, il sera trop tard pour agir. La situation se sera bien davantage envenimée, et vous prenez le risque de perdre le soutien de ceux qui croient en vous. Ne l'oubliez pas, une paix trompeuse et injuste sera toujours plus nuisible qu'une guerre ouverte et juste. Mais vous pouvez faire ce choix, celui d'abandonner l'idée de retrouver les assassins, de laisser le Noir vous annexer pour gagner une paix illusoire... Mais en rien durable, parce que votre peuple ne l'entendra pas ainsi. Ou vous décidez de prendre les armes et les devants afin de vous éviter le pire, et de défendre ce que vous croyez juste pour les vôtres, même si vous devrez consentir certains sacrifices. Mais je vais vous révéler quelque chose ... On n'obtient rien sans rien. On s'évite simplement généralement de payer le prix trop fort. Des sacrifices, vous devrez en consentir toute votre vie pour le bien de votre royaume.

Je penchai la tête, un rien interrogateur, alors qu'elle reprenait d'un ton plus léger où une certaine curiosité parvenait à filtrer. Il était amusant de la voir poser une telle question, comme si cela était possible... Je lui rendis un fin sourire, un rien moqueur.

- C'est une excellente question. Il ne m'est jamais venu à l'esprit de passer ma main dans les flammes pour voir si je me consumais. D'autres s'en chargeront pour moi, si j'échoue, et le mystère sera alors résolu.

C'était un rien macabre d'en parler sur ces termes, mais à entretenir le mystère, je ne doutais pas que mes ennemis se chargeraient de le révéler au grand jour. Ils frappaient l'héritage à travers les hommes, comme pour marquer au fer rouge l'ensemble d'une lignée. Et certains rêveraient de mettre au pas les Dorniens simplement pour s'emparer de ce titre d'Insoumis.

J'inclinai la tête, en un remerciement muet. Parce qu'elle ne se contentait pas simplement de flatter, mais prenait note de ce que j'avais à lui dire et des conseils que je pouvais lui fournir sur le plan militaire. J'appréciais, bien entendu. Et il était inutile de le préciser. Cette affaire était désormais entre leurs mains et je n'avais plus à interférer, pas dans l'immédiat en tout cas.  
C'était plus inquiétant de l'entendre émettre des doutes sur la ligne de conduite de ma sœur devant moi, alors que nous étions nouvellement alliés. Soit elle n'avait pas froid aux yeux, soit elle ne prenait pas conscience de la portée de ses paroles, encore une fois. Je n'avais pas beaucoup de patience à revendre, surtout après mon dernier entretien, et déclarait sur un ton plus sec que convenu :

- Ma sœur honorera les engagements qu'elle se doit de tenir envers Dorne, c'est tout ce qu'il vous faut retenir.

Et de mon côté, dans quoi venais-je de m'engager en cet instant précis ? J'avais saisi sa main pour arrêter son geste, mais n'avais pas rompu les échanges pour autant. Il aurait été bien plus prudent d'agir ainsi, parce qu'il était évident que Deria Martell ne partageait pas nos valeurs et n'était pas un allié aussi fiable que nous l'aurions voulu. Je pensais que ces assassinats sur nos ainés seraient à même de nous rapprocher, mais elle ne se ralliait pas à notre cause. Elle ne croyait pas en nos idéaux et n'éprouvait pas la moindre estime pour Rhaenys. Qu'étions-nous pour elle, hormis ceux qui risquaient de répandre feu et sang sur tout Westeros ? Pourquoi vouloir marcher à nos côtés alors qu'elle ne souhaitait pas la guerre, et que nous allions la livrer pour faire justice ?

Son discours était contradictoire, d'autant plus qu'elle m'invitait ouvertement à la rejoindre dans sa cabine. Je m'étais reculé d'un pas, qu'elle n'avait que mieux franchi, avant de ramener cette main délaissée juste l'instant d'avant sur mon bras. Je ne répondis rien, tandis qu'elle me parlait de l'impatience coutumière d'Ardent. Je lançai un regard en arrière, vers mes propres gardes qui m'avaient suivi, et s'étaient arrêté à hauteur du navire pour récupérer le destrier qui n'appréciait que peu être livré à lui-même au milieu d'une foule compacte. Ils attendraient, le temps qu'il faudrait.

Les gardes s'écartaient pour nous laisser pénétrer dans la cabine de la Princesse de Dorne. Il lui fallut à peine une seconde avant de commencer à s'attaquer à ma côte de mailles, et ses lèvres venir s'emparer des miennes. Je ne lui rendis pas immédiatement, comme incapable de raisonner l'enchaînement des événements. L'instant d'avant, elle réprouvait la guerre que nous comptions mener au nom de la Justice, et autant nos méthodes que nos motivations... Et immédiatement ensuite, elle m’entraînait dans sa cabine pour que les conclusions soient toutes autres. J'aurais pu me contenter de me laisser porter par l'instant, mais impossible d'oublier avec qui je me trouvais. J'étais en colère contre Rhaenys, parce qu'elle ne m'avait consulté à aucun moment pour conclure ce mariage et cette alliance, dont les termes me semblaient discutables de par la discussion que nous venions de mener... Mais pas au point de me montrer si mesquin, pas assez pour lui infliger pareille affliction, en finissant dans la couche de la sœur de son fiancé.

Je quittai ses lèvres et la rejetai contre le mur, avec fermeté. Je restais le souffle court, assez proche d'elle pour sentir le sien s'y mêler. Je laissai filer quelques secondes supplémentaires, à la retenir ainsi clouée, avant de relâcher ma prise.

- Restons-en là.

Je ne lui adressais pas un regard de plus, alors que je quittais sa cabine à pas lourds. La Princesse de Dorne était belle, désirable, et je sentais encore son parfum sur mes lèvres... Mais définitivement, Peyredragon partageait moins en commun avec eux que je ne l'avais cru. Je ne regrettais rien. C'était un terrain où on m'avait amené, et il était plus évident de batailler en territoire conquis. J'enrageai subitement, mais davantage contre moi-même. J'avais besoin de me défouler et vite.

Et attaché à la selle d'Ardent, j'apercevais l'éclat d'un rubis qui m'ouvrait la voie. Je montai en selle et me détournai du port pour gagner les portes de la cité, afin d'assister au départ des miens. C'était auprès d'eux que je devais me trouver en cet instant, et nul autre.
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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   Ven 25 Déc - 20:42

Il est amusant de l’entendre parler de convenances, lui qui ne semble point en avoir. Tout comme Anders, peut-être a-t-il dû se battre plus que nécessaire pour défendre sa place et sa position, que ce soit par les mots ou par l’épée. Peut-être peut-il se permettre davantage de propos et de gestes de par sa situation. Ou peut-être se fiche-t-il tout simplement de la bienséance. Ce n’est point moi que cela dérangerait en vérité.

« Oh, je l’ai déjà fait. Mais j’étais alors plus jeune… avec guère plus de responsabilités qu’un possible héritage lointain…
Ces précieuses convenances sont une partie de ce qui les lie à moi, je ne peux pas simplement passer outre et mettre ainsi mes interlocuteurs face à certaines vérités dérangeantes… Je représente mon royaume, son patrimoine, son peuple. »
Je lui rends son sourire. « Quand bien même j’en aurais envie ou que je trouve cela aussi amusant que vous. »

Mon regard se fait plus dur alors que nous poursuivons. Suis-je aussi obtus que lui semble l’être ? Ou met-il un point d’honneur à ne pas comprendre ?

« Je ne ferme pas les yeux Ser. Je cherche simplement d’autres portes de sorties, s’il en est. Je sais à quel point les situations peuvent rapidement changer, se renverser pour quelques paroles ou quelques actes. » Je redresse le menton. « Pensez-vous que je n’ai pas déjà fait de sacrifice ? Pensez-vous que parce que je rêve de paix et non de morts, je compte laisser mon peuple sans défense et mourir ? Ou bien que ces assassinats resteront impunis ?  » Je secoue la tête. « Je souhaite protéger mon peuple et mon royaume. Je souhaite que les miens puissent continuer à vivre libres et comme bon leur semble. Les envoyer mourir me répugne il est vrai. Es-ce si mal ? Mais je le ferais pourtant. Je vous aiderai à combattre Harren, et je trouverai le meurtrier des miens. Ce n’est pas parce que je souhaite la paix que je ne suis pas prête à faire le nécessaire. »

J’esquisse un sourire. J’avoue que je n’aurais guère était tentée par l’idée moi non plus… Mais je n’avais en aucun cas du sang de dragon personnellement.
Quant à l’idée de laisser ses ennemis le défaire pour tester… J’espérais, bien naïvement penserait-il, que cela n’arriverait pas. Quand bien même était-il un guerrier adroit et reconnu, mieux valait ne point tenter le destin.

Et sans doute, encore une fois, vais-je trop loin. Ou bien est-ce lui… Rhaenys a pourtant à plusieurs reprises mentionné qu’elle soumettrait les royaumes si ceux-ci refusaient de plier non ? Tout comme j’ai mentionné que je ne pourrais accepter cela. Sa voix se fait plus sèche, et je me dis que cela fait également un point commun avec Roward, cette manie de vouloir défendre sans cesse protéger et défendre sa sœur. Il se braque, sans être au courant desdits engagements. Ce n’est pas tant que je remettais réellement la parole de Rhaenys en doute. Mais je savais à quel point elle désirait se venger. Je savais qu’elle souhaitait reprendre le désir de son frère et en faire une réalité. Un Westeros uni. Tout ceci, je le comprenais fort bien. Pour tout ceci, je l’appuierais.
Le point qui me chagrinait, et sur lequel j’émettais quelques réserves, était la couronne sous laquelle elle souhaitait régner. Celle des 7 Couronnes était pour ma part inconcevable. Il faudra bien qu’ils le comprennent.

Et il semble ruminer alors que nous prenons la direction de mon navire. Si quelques instants, quelques secondes, plus tôt c’est lui qui m’offrait davantage, ou qui du moins répondait plus que positivement à mes sous-entendus pas si sous-entendus, il semble plus… éloigné. Il me suit pourtant et me laisse approcher. Sans avoir ouvert la bouche depuis tout à l’heure... Mes lèvres se saisissent des siennes et j’entreprends de lui retirer sa lourde côte de maille.
J’ouvre les yeux alors qu’il me repousse contre le mur, restant assez proche pour que je sente son souffle. Je fronce les sourcils, l’observant alors qu’il … Qu’il quoi ? Qu’il réfléchit ? Je n’en sais rien. Mais il finit par me relâcher, et je  fais bouger mes épaules.
Je cligne des yeux plusieurs fois alors qu’il m’adresse quelques mots et sort sans un regard en arrière. Quoi ? Comment ? Est-il sérieux ? N’a-t-il fait tout ceci que dans l’unique but de me rejeter ? Tenait-il donc tant à m’humilier ainsi ? Est-ce donc une vengeance pour je ne sais quel affront ? Je pensais pourtant qu’il était franc et direct, c’est-ce pas ce dont il se targuait quelques minutes plus tôt ? Je serre la mâchoire et ferme les yeux. T’emporter ne changera rien… Si, cela me soulagera peut-être, mais guère plus. Qu’un homme refuse ne m’offensait nullement, je ne suis point si futile. Mais le faire de la sorte… Je sers les poings, avant de respirer lentement.
A mon tour, je sors de la chambre, chassant mon air revêche, me forçant à prendre sur moi. Faisons donc activer notre départ.



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MessageSujet: Re: "Regarde le soleil en face, laisse l'ombre derrière toi." [Tour I - Terminé]   

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