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Premiers jours à la capitale | Ingheam
MessageSujet: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyDim 19 Mai - 11:40

De frêles rayons de lumière traversant d’épais nuages, le tout accentué d’un vent froid coupant le pays d’Est en Ouest. Il n’y a pas de doute, nous sommes bien dans le Nord. Mais à la différence de nos bonnes vieilles îles de l’Est, l’air d’ici est sec, mordant avec autant d’assurance qu’un dragon. Le sol gelé s’étendait à perte de vue sans un moindre monticule, sans la moindre colline avant des lieues et des lieues, un désert de glace parfois ponctué de bois de pins et dans lesquels, le silence peut parfois laisser place au hurlement d’un loup solitaire.

Nous étions une dizaine à parcourir ces étendues gelées depuis Blancport à dos de chevaux et traînant trois mulets. La route est longue et il n’est pas rare qu’elle disparaisse dans la poudreuse et que l’on soit obligé de s’en retourner plusieurs fois, faute d’avoir perdu le chemin. Des jours et des jours furent nécessaires avant d’apercevoir -enfin- la citadelle des Stark. Elle se dressait fièrement au milieu d’une pleine, elle aussi enneigée. Il n’y avait aucun doute de possible, elle était grande, puissante, imposante et surtout grandiose. Un exemple de ce que pouvait faire le Bâtisseur en son temps. Rien ne ressemble à cela sur Skagos et en cet instant, en mon fort intérieur, je le regrette même si je ne l’admettrai jamais.

Nous entrons par la grande porte et l’on ne tarde pas à nous demander nos noms. Je me présente, visiblement inconnu par le garde, je le somme d’aller « quérir le mestre avant que je ne perde patience » ce qu’il fit. Il fallait une personne instruite pour comprendre qui nous étions et entendre ce que nous sommes venu faire ici, si loin de chez nous. De là, le battement des valets, intendants et autres soldats se déroula sans encombre. On nous logea, fit manger et boire et les chevaux furent amenés dans les écuries. Nous étions enfin en capacité de rencontrer le Roi du Nord. Hélas ce dernier n’était pas au château.

La pierre tomba dans l’eau, un coup manqué et non pas monté. Alors j’hésite à me dégourdir les jambes dans les environs, je rêve de sortir les avirons et d’écumer les fleuves environnants. Mais je parviens à supplanter ces idées quelque peu farfelues et je m’en remets à une activité bien plus calme, bien plus honnête, bien plus pieuse : le recueillement.

Mais qu’elle idée de se recueillir me direz-vous et je vous répondrai que c’est une idée bien farfelue en effet. Pourtant même les rustres limités peuvent être pieux ou plutôt disons qu’ils ont une tendance à respecter les Dieux quand ceux-ci sont bons avec eux. Et en cette période, ils le sont, ou du moins ils peuvent l’être si le Roi du Nord répond positivement à notre requête. Autant prier pour un retour rapide. C’est aussi l’occasion de rester seul, en silence, dans un environnement paisible et loin de l’agitation de la cour.

J’étais assis sur le sol, dans la neige, dos à un arbre. Le ciel était bleu et il arrivait à un volatile de former une ombre sur le sol blanc l’espace de quelques secondes. Je tenais une petite lame, certainement un poignard forgé dans un fer d’une qualité moyenne. Et, comme si je venais de découvrir quelque chose d’incroyable, je l’inspectais, détaillant chaque impureté, chaque petite éraflure. Il faisait froid, le vent glissait sur mon manteau en fourrure et je n’étais sûr que d’une chose.

J'avais faim.


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Bear Magnar

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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyLun 20 Mai - 16:06



   

Premiers jours à la capitale



Bear & Ingheam


   
Dieux du ciel et de la terre, dieux de la glace et du feu, je vous aime et je tâcherais d'aimer toute vie dans son imperfection comme je vous aime dans votre perfection.

   
Ingheam venait de finir sa première matinée d'enseignement et elle se rendit dans le Bois Sacré avant d'aller dîner dans la grande salle où un repas serait servi aux hôtes du Roi du Nord. Ils étaient nombreux en cette période hivernale et d'autant plus que les troupes armées étaient rentrées il y a peu, ainsi tout le monde n'était pas encore reparti chez lui. Sam et Stewyn Harclay reprendraient la route d'Iksahkka dès que le temps serait suffisamment clément pour voyager. Mais la Sorcière des bois avait encore du travail à Winterfell, aussi elle devait rester et laisser le village aux bons soins de sa mère et de son frère quelques semaines ou quelques mois de plus. La blondinette était ravie de sa journée, mais triste de quitter sa famille surtout son frère. Son corbeau posé sur l'épaule, elle poussa la lourde porte et entra avec son turban rouge dans sa robe de laine blanche aux liserés rouges recouverte d’un épais manteau de laine vert sombre sur lequel elle avait brodé des branches de barral blanches et cousu des feuilles rouges. Elle referma la porte qui grinçait, malmenée par le gel, et ferma les yeux pour humer l'air qui sentait la neige et le sous bois. Puis elle s'approcha lentement de l'arbre coeurl à la face mélancolique taillée dans l'écorce immaculée par laquelle saignait la sève écarlate.

__ Croa...
__ Moi aussi ils vont me manquer Shoilleir.
__ Croaaa ?
__ Je reste pour accompagner la Reine Eleanor dans l'enfantement, voyons !
__ Crrrroa !
__ C'est sur, j'aurais été mieux à Iksahkka pour enseigner. J'ai appris la-bas, je connais tous les coins pour les plantes.
__ Croooa.
__ Tu crois ? Je ne sais pas si c'est très prudent que j'y aille seule, mais je crois que tu as raison, il me faudra bientôt me ravitailler dans une vraie forêt.

La jeune fille parlait souvent à son corbeau et nul ne savait si ils dialoguaient vraiment où si elle parlait seule et qu'il se contentait de ponctuer ses phrases. Même elle doutait parfois de ce qu'elle comprenait dans son langage par ses intonations ou sa façon de croasser. Elle n'avait pas appris leur langue contrairement aux mestres, alors elle se laissait, comme toujours guider par son instinct. Mais son instinct lui disait surtout que Shoilleir n'était pas un corvidé comme les autres et ses mots arrivaient dans sa tête aussi clairs que ceux d'un humain. Et tandis qu'elle discutait avec le volatile, elle faisait craquer la neige sous ses pieds avec délectation en s'enfonçant dans le Bois.

Avec surprise la petite Sorcière aperçu un homme assis dans la neige le dos contre un arbre. Sa position n'était pas surprenante, mais elle ne s'attendait pas à croiser quelqu'un et elle sursauta avant de s'arrêter net. Il ressemblait à un chef de clan, son allure, son arme et ses vêtements auraient pu être ceux de feu le patriarche de la maison Harclay ou Burley, Wull, Norroit, Lideuil, Knott. À ceci près qu'elle les connaissait tous et qu'elle ne connaissait pas celui-ci ce qui l'interpella.

__ Messire.

La Harclay lui fit une révérence maladroite et lui sourit avant de reprendre le chemin vers l'arbre cœur devant lequel elle s'agenouilla. Shoilleir s'envola en haut de l'arbre guettant l'inconnu avec la méfiance dont la jouvencelle était dénuée. Il y avait un Stark à Winterfell, même deux, il ne pouvait donc rien lui arriver, il ne pourrait rien lui arriver de fâcheux tant que le Nord était le Nord. Encore moins entre ses murs et devant le regard des Dieux, encore moins avec tous les hommes qu'elle avait soigné et tous ceux qui étaient nés ou dont les enfants étaient nés avec le concours d'une Sorcière issue de son clan.

Posant la main sur son écorce et fermant les yeux, la jouvencelle murmura en ancienne langue :

__ Himmelens och jordens gudar, isguds och elds gudar, du som är i allt, du som reser tid och rymd genom meanders av hjärtaträdets rötter, du som förenar alla varelser i livets cykel, du som ser över de två världarna med vänlighet, du som tillåter mig att hitta i dina generösa skogar något för att lindra kroppens sår och i din oändliga visdom för att lindra själens onda, Jag älskar dig och jag skulle försöka älska allt liv i sin ofullkomlighet som jag älskar dig i din fullkomlighet. Jag tackar månen, solen och stjärnorna samt varje person på väg för att styra mig så långt. Jag tackar vinden för att sjunga vinterens sång som bär i den förnyelsen av våren. Kan du hjälpa mig att ge min glädje åt universum för att göra varje dag så söt och ljus som den är för mig. (Dieux du ciel et de la terre, dieux de la glace et du feu, vous qui êtes en toute chose, vous qui parcourez le temps et l'espace à travers les méandres des racines de l'arbre coeur, vous qui unissez tous les êtres dans le cycle de la vie, vous qui veillez sur les deux mondes avec bienveillance, vous qui me permettez de trouver dans vos généreuses forêts de quoi soulager les blessures du corps et dans votre infinie sagesse de quoi soulager les maux de l'âme, je vous aime et je tâcherais d'aimer toute vie dans son imperfection comme je vous aime dans votre perfection. Je remercie la lune, le soleil et les étoiles ainsi que chaque personne sur mon chemin de m'avoir guidé jusqu'ici. Je remercie le vent de chanter la chanson de l'hiver qui porte en lui le renouveau du printemps. Puissiez vous m'aider à donner ma joie à l'univers afin de rendre pour chaque être qui soit cette journée aussi douce et lumineuse qu'elle l'est pour moi.)
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Ingheam Harclay

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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyMer 22 Mai - 22:31

Il n’y a pas à dire, j’avais vraiment faim. Je pense que je n’ai jamais eu aussi faim depuis des mois… Pourtant mes muscles refusaient de bouger, ce petit bois était apaisant, calme et il invitait ses hôtes à un instant de calme et d’abandon de leurs pensées. Juste se laisser porter quelques secondes, quelques minutes, quelques heures… Cela faisait presque une heure que j’alternais entre une pseudo méditation et l’aiguisage de cette lame de poignard prit à un Sauvageon voilà plusieurs années. J’aurais pu rester encore longtemps sans émettre un seul bruit mais un croassement sauvage venais tout juste de me sortir de mon état de stase. Un cri fort, agressif et disgracieux au possible. Et le pire dans l’histoire, c’est que le bruit se rapprochait inlassablement. Je fermais les yeux et soufflais bruyamment. En les rouvrant, j’aperçus une femme suffisamment éloignée pour qu’elle ne m’entende pas.

Elle me gratifia d’un « messire ».

Quel titre pompeux, mais certes, dans ce pays il faut s’y faire. Je hoche la tête mais ne dis rien. Mais ce qui se passa par la suite m’étonna. Cette femme étrange qui -soit dit en passant, discutait avec son corbeau- se mit à parler en l’ancienne langue. Certes quelques Nordiens la connaissaient mais j’étais persuadé qu’elle avait été oubliée entre ces quatre murs. Sur mon île les enfants apprennent à parler la langue ancienne avant la commune. Alors je l’écoute en me levant délicatement et en m’approchant derrière elle. Je souris à l’énonciation d’une phrase mais je ne dis mot, attendant qu’elle termine. Ce qui arriva.

_ Comment partager sa joie à l’univers lorsque nous sommes en guerre ?

La sensation de dédain que renvoyait le mariage de l’intonation et du visage n’était qu’une façade. En réalité je m’en foutais éperdument puisque dans les faits, j’avais toujours faim et c’est ce qui me perturbait au plus haut point. Toutefois cette petite femme venais de piquer mon intérêt et je me devais de poursuivre.

_ Vous devriez plutôt leur souhaiter une mort rapide et sans -trop- de douleur.

Je l’avais dit sans une once de pitié, comme si j’évoquais un quelconque animal victime d’une flèche lors d’une partie de chasse. Les sentiments n’ont jamais menés à de grandes choses sur Skagos et on pouvait littéralement dire que mon coeur était fait de pierre et de glace, le tout subissant l’embrun de la mer salée.

_ Mais bon, c’est bien le minimum qu’on attendrait d’une guérisseuse je suppose.

Là par contre il y avait une bonne grosse dose de dédain. D’ailleurs on frôlait l’insupportable. Peut être qu’il ne fallait que me remettre à ma place… ? Mais depuis quand une petite femme, qui plus est chétive, viendrait à me remettre dans le droit chemin et répondre. AH !
Quelle idée saugrenue !

Ou pas...


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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyJeu 23 Mai - 22:05



   

Premiers jours à la capitale



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Dieux du ciel et de la terre, dieux de la glace et du feu, je vous aime et je tâcherais d'aimer toute vie dans son imperfection comme je vous aime dans votre perfection.

   
Ingheam n'avait pas entendu l'homme s'approcher. Surprise d'entendre une voix derrière elle, elle sursauta et se retourna vivement. Il lui fallut quelques instants pour remettre de l'ordre dans ses pensées. La peur, cependant, la quitta vite. Elle était dans le Bois sacré, à Winterfell, en présence d'un seigneur Nordien : elle ne risquait rien. Elle sourit.

Le mystère sur l'identité de l'homme s'épaississait. Maintenant que la jeune fille au turban pouvait le voir de près elle en était certaine, elle ne l'avait jamais vu. Mais il ressemblait définitivement à un membre d'un clan des montagnes et il parlait l'ancienne langue. Les connaissances de la Sorcière en géographie se limitant au Bois aux loups et aux Montagnes, elle pensa que peut-être, l'existence d'un clan à l'est lui avait échappée. Mais tandis qu'elle trouvait une explication plausible à son ignorance elle se souvint qu'il lui avait posé une question. Elle répondit donc simplement, n'ayant noté ni le ton dédaigneux, ni la mine méprisante :

__ En souriant… Messire.

La Harclay avait failli oublier le titre qu'elle n'utilisait jamais au sein des clans. Elle savait néanmoins que certaines personnes y étaient sensibles et ignorait si c'était le cas de l'inconnu. Elle avait appris à faire attention à force d'évoluer dans un monde où elle croisait des Rois, des Seigneurs, des Reines et des Dames de haut lignage, même des Empereurs. Elle ne voulait froisser personne ni paraître trop familière avec des gens qu'elle aimait et respectait profondément, pas tant qu'ils n'en faisaient pas la demande.

__ La guerre est terminée, l'hiver est venu nous offrir la paix, écoutez...

La jouvencelle laissa le silence emplit de sons du paisible Bois Sacré s'écouler quelques instants. Un craquement par-ci, une branche qui se déleste de sa neige, un oiseau qui s'envole, le vent dans les cimes des arbres. C'était un silence vivant, qui appelait la sérénité et la communion avec la nature, c'était un silence habité par les Dieux, aussi doux que la neige était froide sous ses doigts qui avaient courut de l'écorce immaculée aux flocons légers.

__ Quand j'accompagne un mourant vers le monde des morts, je chante pour que les Dieux l'accompagnent, c'est eux qui décident de quelle façon. Mais quoi qu'il en soit, la mort fait partie de la vie, qu'elle soit lente ou rapide, qu'elle soit douloureuse ou non.

Cette fois, la blondinette crut percevoir une pointe de méchanceté chez l'homme. Mais comme elle ne comprit pas pourquoi, la logique de ses propos et de son mépris lui échappant, elle se dit qu'il devait simplement avoir besoin de réconfort. Comment aurait elle pu réagir autrement, comment être blessée par de simples mots, qui, s'ils lui étaient adressés, disaient plus sur l'homme que sur elle. Elle était restée à genoux devant lui jusque là et se leva pour lui faire face avec un doux sourire éclairant son visage et un regard plein d'amour. Les yeux levés vers l'homme qui était bien plus grand qu'elle, Ingheam reprit d'une voix sereine.

__ Je ne crois pas que ce qu'on attend d'une guérisseuse soit de souhaiter quoi que ce soit mais plutôt de soigner et de soulager. Cependant, je ne suis pas une guérisseuse, je suis une Sorcière du clan Harclay. Je sers la vie et les Dieux, en guérissant les corps, en prenant soin des âmes et en les nourrissant de joie. Ainsi l'univers est en paix, même quand les hommes sont en guerre.
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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyMar 28 Mai - 10:22

__ En souriant… Messire.

Oh, est ce une pique envoyée contre moi ? Ou bien serait-ce simplement une invitation ? Je ne pouvais me positionner mais le visage délicat et rassurant de cette petite dame m’empêcher de répondre de façon désagréable. Alors je la regarde, un peu perdu et je me laisse tenter, sans trop savoir par quelle sorcellerie, à dessiner un sourire sur mon minois. Mais pour quelle raison ? Il n’y a aucune raison de sourire dans cette situation. Et pourtant me voilà, un rictus sur le bout des lèvres. Ce n’est pas si désagréable…

__ La guerre est terminée, l'hiver est venu nous offrir la paix, écoutez...

Que pourrais-je écouter ? Il n’y a rien, qu’un silence étouffant. Et pourtant… Elle venait tout juste de finir sa phrase qu’une brise se leva et vînt souffler dans les branches des arbres, les faisant craquer. Le vent nous murmurait quelque chose de bien plus profond et mystique que le discours de n’importe quel prêtre. Je ne pouvais le nier. Pourtant la paix m’est étrangère, ou tout du moins leur définition de paix. La paix n’est que le moyen de préparer la guerre.

_ Par chez moi, la paix ne dure jamais bien longtemps, elle nous offre un répit entre deux raids. C’est le meilleur moyen de préparer la prochaine guerre. Et puis qu’est ce que la paix au final ? A trop se reposer on en vient à perdre sa force, son courage et notre vie perd sa saveur.

A quoi ressemble la vie d’un homme qui mange et boit à satiété chaque jour de sa vie ? Il grossit, devient gras et au crépuscule de sa vie, il n’est plus capable de grand-chose. Quelle triste perspective d’avenir. Rien ne tient plus en forme qu’une bataille, c’est dans ce milieux rude et injuste que les hommes prouvent qui ils sont réellement. Certains sont capable de vous planter un poignard dans le dos si cela peut leur sauver la vie. D’autres sacrifient la leur pour vous permettre de battre en retraite. C’est ça la vie, vécu pleinement, dans toute sa complexité, dans toute sa justesse.

__ Quand j'accompagne un mourant vers le monde des morts, je chante pour que les Dieux l'accompagnent, c'est eux qui décident de quelle façon. Mais quoi qu'il en soit, la mort fait partie de la vie, qu'elle soit lente ou rapide, qu'elle soit douloureuse ou non. 

Aurais-je critiqué un serviteur des Dieux ? Cette petite femme était presque trop gentille, cela cachait forcément quelque chose. Pourtant je ne pouvais poursuivre dans la voie que j’ai emprunté, je ne pouvais poursuivre ce ton dédaigneux après de telles paroles. Je n’étais peut être pas gentil mais je cherchais à être juste. Ou tout du moins je cherchais à me persuader que je le suis. Elle se relève, oui, cette femme était décidément bien petite.

_ Tout le monde devrait être capable de choisir la façon dont il vivra sa vie et dont il embrassera sa mort. Ce sont des droits sacrés afin que chaque homme et chaque femme puisse vivre et mourir en étant digne.


Certains veulent mourir seuls ou accompagnés en étant vieux et gras. C’est triste mais c’est ainsi. D’autres veulent vivre et mourir héroïquement, l’arme à la main. Une mort noble pour une vie prestigieuse. C’est peut être ça la plus grande réussite d’une vie. Tu lèves les yeux vers le ciel, ton regard croise une nuée de corbeaux. La brise se calme.

_ Peut être que je ne suis ici que par la volonté des Dieux. Peut être que mon heure a sonné quelque part sur ce continent, loin de ce que j’ai toujours connu.

Me voilà à un croisement de ma vie, fier d’un âge vénérable, il est temps de laisser sa place à la jeunesse. Je n’ai jamais désiré mourir des mains de mon enfant, ou pire de mes enfants. C’est une triste fin, trop courante sur Skagos. Ils savent que leur tour arrivera bien vite et que je compte chercher la mort la plus utile, la plus belle et la plus glorieuse possible loin des escarmouches avec de pitoyables Sauvageons.

__ Je ne crois pas que ce qu'on attend d'une guérisseuse soit de souhaiter quoi que ce soit mais plutôt de soigner et de soulager. Cependant, je ne suis pas une guérisseuse, je suis une Sorcière du clan Harclay. Je sers la vie et les Dieux, en guérissant les corps, en prenant soin des âmes et en les nourrissant de joie. Ainsi l'univers est en paix, même quand les hommes sont en guerre.
_ En un sens, nous sommes peut être semblables. Peut être que mon destin a toujours été de servir la vie en offrant la mort, une mort honorable par la hache. Et ce faisant, de défendre le Nord des menaces qui sévissent au-delà du Mur.
Bear Magnar

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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyMer 29 Mai - 11:21



   

Premiers jours à la capitale



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Dieux du ciel et de la terre, dieux de la glace et du feu, je vous aime et je tâcherais d'aimer toute vie dans son imperfection comme je vous aime dans votre perfection.

   
Ingheam écouta l’home répondre au sujet de la guerre avec attention. D’abord surprise, elle pensa qu’il s’agissait d’un Fer-Né étant donné qu’il parlait de raids et ne comprenant pas ce qu’il faisait là, mais elle avait entendu parler de transfuges à Fort Darion, alors pourquoi pas. Puis elle se fit dubitative et réfléchit quelques instants en hochant la tête avant de répondre :

__ Des enfants sont mis au monde en temps de paix comme en temps de guerre, et si je ne soigne pas les mêmes maux, je soigne tout de même. Ma vie ne perd pas sa saveur, mais je comprends que la vôtre, si, surtout si vous êtes un Fer-Né. Cependant, ne préférez-vous pas voir grandir vos enfants et vos petits enfants ?

La Sorcière des Bois demandait cela sincèrement, sans présager de la réponse, parce que si elle trouvait cela triste de voir des familles brisées par la guerre, peut-être n’était-ce pas l’avis de cet homme. Les guerriers de sa connaissance, pour certains aimaient vraiment se battre, d’autres ne se battaient que pour se défendre et défendre leur famille ou leur Royaume. Mais de ce qu’elle comprenait, tous préféraient vivre paisiblement au sein de leur foyer, avec leur femme et leurs enfants plutôt que de partir se battre au loin ou de perdre des êtres cher dans une invasion. Elle imaginait mal qu’on puisse vouloir enchaîner les raids ou les campagnes militaires sans espérer, au moins, la paix, sans pouvoir trouver le repos et en profiter autrement que comme un court répit entre deux guerres.
Après un moment de réflexion, entendant la brise faire craquer les branches la Harclay sourit. Les Dieux parlaient en cet instant et peut-être suffisait-il de les écouter pour apprécier la paix. La beauté simple d’un Bois Sacré, la joie de l’instant sans peur et sans douleur, l’étreinte du froid, la douce caresse du vent, la danse des feuilles écarlates dans le ciel gris...

__ Je n’ai ni force ni courage, alors j’ignore comment employer ses qualités en dehors du champ de bataille, mais peut-être faut-il de la force pour affronter l’existence et du courage pour la rendre paisible. Votre réponse, si vous en voulez une, se trouve dans la chanson de l’hiver que soufflent les dieux dans les frondaisons, dans la nuit sombre parsemée d’étoiles et éclairée par la lune, dans les hurlements des loups et les tempêtes de neige.

Avec son doux sourire et ses yeux pleins de bienveillance, la jouvencelle fixa le seigneur insulaire une seconde et regarda autour d’elle cet endroit magnifique qu’elle aimait de tout son cœur et qui, toujours lui apportait la sérénité. C’est aussi ici qu’elle avait fait la rencontre de Manel Bolton et désormais de… cet homme dont elle ignorait toujours le nom et l’origine, deux belles rencontres à ses yeux, riches et agréables. Elle ferma les yeux. Elle vouait sa vie à apprécier les bonheurs simples que lui procurait la nature et l’existence et à prendre soin des êtres vivants dont elle avait l’insigne honneur de croiser la route, qu’ils soient riches ou pauvres, amènes ou amers, qu’ils aient tués des milliers d’autres êtres vivants ou qu’ils préservent toute vie comme un trésor. Elle n’était pas là pour juger, seuls les Dieux avaient ce pouvoir de juger les âmes et eux même n’en usaient probablement pas car ils étaient bien au dessus de ça.

__ On peut choisir sa vie, Messire, mais pas sa mort. On peut vouloir l’embrasser et elle nous frôle à peine, on peut la fuir et elle nous rattrape tôt ou tard, sur le champ de bataille plus sûrement que n’importe où. Une femme ne choisit pas de mourir en donnant la vie, un homme veut vivre jusqu’à la prochaine bataille, pour se battre encore. Et même lorsqu’on se pensait prêt à donner sa vie, même quand la cause était juste, lorsque la mort nous prend, il subsiste toujours une part de nous qui veut survivre, un jour de plus. C’est humain.

La blondinette regarda Shoilleir qui était posé sur une branche du barral. Le corbeau croassa et vint se poser sur son épaule en planant autour de l’inconnu. Il appuya sa tête contre le visage de la jeune fille et elle le caressa. Elle pensait à Ildegard qui s’était sacrifiée avec les guerriers du Clan Harlcay et bon nombre de Sorcières des Bois pour que les enfants puissent fuir les Sauvageons. Au moment de mourir, elle avait choisi de transférer une partie de son esprit et de son âme dans son corbeau pour prendre la fuite. Elle avait certainement une bonne raison de vouloir vivre, tout le monde avait une bonne raison de vouloir vivre. La vie elle même était une bonne raison de vouloir vivre.

__ Nous sommes tous des êtres vivants, nous servons tous la vie, ne serait-ce qu’en existant, et qu’importe la manière.

La native d’Ikksahka sourit, il n’était pas Fer-Né, ce qu’il venait de dire excluait à priori cette option. Mais elle ne comprenait toujours pas ce qu’ils faisait là. Elle ne l’avait pas aperçu lors de la campagne du Conflans et avec tout le temps passé avec les armées Nordiennes, elle l’aurait croisé, une fois au moins et elle l’aurait reconnu. N’arrivait-il pas un peu tard pour aller se battre contre les ennemis du Nord ? Harren était mort, son héritier ne possédait qu’un maire Royaume et une armée plus maigre encore, Torrhen Stark avait construit l’Empire et était devenu Braenaryon en se mariant avec Rhaenys, ralliant plusieurs royaumes autour du Nord et de Peyredragon. Quelle guerre restait-il à faire ? N’était-il pas temps que la mort fasse place à la vie ?
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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyMar 4 Juin - 14:22

_ Des enfants sont mis au monde en temps de paix comme en temps de guerre, et si je ne soigne pas les mêmes maux, je soigne tout de même. Ma vie ne perd pas sa saveur, mais je comprends que la vôtre, si, surtout si vous êtes un Fer-Né. Cependant, ne préférez-vous pas voir grandir vos enfants et vos petits enfants ?
_ Un Fer-Né ? Les habitants des îles de l’Ouest ? Ces gringalets ont apparemment une réputation de bons navigateurs mais rien de plus.  Si je suis ici c’est pour prouver qu’ils n’égalent en rien les Piernés.

Et ça y est, me voilà découvert. A trop échanger, à trop discuter, à trop vouloir en faire, me voici démasqué. Peut être prendra t-elle peur, peut être restera t-elle… Je n’en sais rien et en réalité je m’en fiche. Tout ceci n’est pas important, d’ailleurs je ne sais même pas si je la reverrai un jour… Nous avons à mon sens été oublié bien trop longtemps et il est temps de revendiquer notre héritage et de récupérer ce qui peut l’être sur ce continent rongé par les conflits.

_ Mes enfants sont grands maintenant et pour ne rien vous cacher, nos traditions encouragent aux fils d’évincer leurs pères du pouvoir. Mes frères ont mis à mort notre père et j’ai dû m’occuper d’eux par la suite. Une triste histoire il est vrai, ils étaient de braves hommes mais quelque peu limités et nous ne nous sommes jamais appréciés pour être honnête.

Drôle de tradition que voilà, nul ne sait réellement à quand elle remonte, ni qui l’a mise en place. La seule chose dont nous soyons certains c’est qu’un jour, un fils tua son père et se proclama Magnar de l’archipel. Il raconta son histoire à ses fils qui prirent exemple pour le plus grand malheur de leur père. Cela n’a pas toujours été ainsi et tous ne s’amusent pas à assassiner leur géniteur à l’orée de la vingtaine. Certaines familles vivent soudées et n’ont jamais -ou quasiment jamais- osé lever la main sur l’un des leurs. D’autres encore ne jurent que par le sang et il n’est pas rare que des fratries entières se déciment et que des lignées s’éteignent.

_ Je ne sais si mes fils désirent gouverner à un point tel qu’ils seraient capables de me trancher la gorge dans mon sommeil. Et je ne compte pas le découvrir. Aujourd’hui je me fais vieux. Mes derniers actes héroïques remontent si loin que la nouvelle génération n’en connaît aucun. Pour espérer garder ma place, il faut réaliser quelque chose de grand…
__ Je n’ai ni force ni courage, alors j’ignore comment employer ses qualités en dehors du champ de bataille, mais peut-être faut-il de la force pour affronter l’existence et du courage pour la rendre paisible. Votre réponse, si vous en voulez une, se trouve dans la chanson de l’hiver que soufflent les dieux dans les frondaisons, dans la nuit sombre parsemée d’étoiles et éclairée par la lune, dans les hurlements des loups et les tempêtes de neige.

Mystérieuse femme et pourtant cette douce mélodie me semblant familière, comme si je la connaissais déjà. Elle parlait comme une mystique, ce qui au final, est plutôt en raccord avec ce qu’elle était réellement. Je ne sais réellement ce qui m’a amené par ici, peu de mes ancêtres ont quitté leur île et moins encore se sont amusé à entrer si loin dans les terres. Pourtant j’étais là, à Winterfell, au cœur du Royaume nordien pour participer à une guerre assassinée par l’hiver. Pourquoi ? Pourquoi si tard ? Peut être parce que les informations ont tardé et certainement par ego, par besoin de se battre à nouveau pour se prouver quelque chose, pour me prouver quelque chose. Ou peut être est-ce pour prouver quelque chose à mes nobles, à mon peuple, à mes enfants… Cette petite femme venait de tout remettre à plat dans mon esprit et je me pris à me perdre dans mes pensées.


_ Il est vrai que le désir de vivre dépasse le reste… Je pense que c’est ce qui nous pousse à nous surpasser et nous amène parfois à faire des choses insensées. Mais de vous à moi, je préférerais perdre la tête sous le fil d’une épée plutôt que fuir et risquer de finir dans la marmite une fois que tout l’archipel aura appris ma couardise.

Je venais de lâcher une information capitale sans réellement m’en rendre compte. Je n’ai pas l’habitude de me présenter puisque je n’ai réellement jamais eu besoin de le faire. Quand je rencontre des gens, je suis un homme normal sans grande prétention. A première vue, rien ne pourrait me distinguer d’un de mes compagnons bien que ma présence dans ce bois veut bien signifier que je suis plus qu’un milicien. Les titres ne sont utiles que lorsque l’on désire quelque chose qui touche de près ou de loin à une forme de la politique. Mais ici je ne suis qu’un homme qui recherche le calme et qui est bien content d’avoir rencontré une petite femme sympathique avec qui discuter.

_ Je n’ai jamais autant échangé avec une femme. Du moins pas de cette façon. Vous êtes bien plus sereine que la plupart des femmes de Skagos. Je pense que je vous aime bien, petite dame au corbeau.
Bear Magnar

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MessageSujet: Re: Premiers jours à la capitale | Ingheam   Premiers jours à la capitale | Ingheam EmptyDim 16 Juin - 1:15



   

Premiers jours à la capitale



Bear & Ingheam


   
Dieux du ciel et de la terre, dieux de la glace et du feu, je vous aime et je tâcherais d'aimer toute vie dans son imperfection comme je vous aime dans votre perfection.

   
Pierné ? L’homme était donc un Pierné… Il fallut à Ingheam un bout de temps avant de situer l'Île de Skagos tout à l’est du Nord et encore plus longtemps pour se souvenir du peu qu’elle en savait. Les clans du Bois aux Loups étaient très éloignés des Piernés et les sorcières des Bois particulièrement n’ayant pas de cours d’héraldiques ou de géographie, elle n’en savait pas grand chose. Elle avait néanmoins entendu parler d’eux, des sauvages cannibales à en croire les légendes. Mais elle avait déjà pu constater en discutant avec le Seigneur qu’il n’en était rien. Elle hocha la tête sans très bien comprendre où il voulait en venir, car les gringalets en question avaient bien failli tuer l’Empereur Torrhen à Buron et ils avaient massacrés beaucoup de soldats. Elle n’en savait que ce qu’elle avait entendu dans les rangs de l’armée du Nord à savoir qu’ils étaient des guerriers cruels et sanguinaires, aussi, elle doutait que l’image que s’en faisait Bear soit véridique, mais elle n’en savait pas suffisamment pour ajouter quoi que ce soit.

__ J’espère que vous y parviendrez.

La blondinette hocha la tête étonnée par les propos du Magnar. Ils n’étaient peut-être pas cannibales, mais il fallait bien avouer qu’ils avaient des traditions étranges, surtout pour elle, la pacifiste et douce Sorcière des Bois. Si dans les clans du Nord, les vieillards partaient parfois au début de l’hiver afin de trouver la mort dans les montagnes pour ne pas peser sur les maigres réserves et mourir dignement, il ne serait jamais venu à l’esprit d’un Harclay de tuer son père pour accéder au pouvoir. Mais qui était elle pour juger un peuple et des traditions différentes des siennes ? Après tout, les Sorcières des Bois étaient parfois redoutées, considérées comme d'étranges créatures, des femmes un peu spéciales desquelles il convenait de se tenir éloigné. Ce sentiment d’être à part dans le monde pouvait-être pesant, et infondé dans son cas, alors elle se garderait bien de faire ressentir cela à qui que ce soit. Elle sourit.

__ Je vois.

Il reprit avec une histoire de marmite et dans l’esprit naïf de la jouvencelle, cette information ne se lia pas avec leur réputation de cannibale, du moins pas sur le champ. Elle pensa qu’il s’agissait d’une expression pour dire qu’il serait déconsidéré voir banni en cas de fuite. Il y avait beaucoup d’endroit, de familles, où la couardise était considérée comme une tare et où les peureux particulièrement s’ils étaient des hommes étaient exclus d’une manière ou d’une autre. Le fait qu’ils puissent être mangés sur Skagos était tellement surréaliste pour elle qu’elle n’y songea même pas malgré les indices qu’elle avait. Pour un clan qui ne sacrifiait des animaux qu’en cas de nécessité absolue et qui remerciait chaque proie tuée pour nourrir le clan, tuer et manger un autre être humain était simplement inconcevable.

__ Je comprends. Peut-être est-ce ce choix là que nous avons tous ? Non celui de mourir comme et quand nous le voulons, mais celui de vivre avec courage. C’est le courage des Guerriers et des Sorcières des Bois de mon clan qui m’ont permis de fuir afin que quelques uns d’entre nous échappent aux Sauvageons. C’est grâce à eux que je suis en vie et que j’ai pu vous rencontrer, mais aussi soigner bien des soldats du Nord et m’occuper des femmes violées par les Sauvageons. Si j’étais restée, je serais morte et il n’y aurait plus eu aucune Sorcière des Bois pour diriger le clan Harclay. J’imagine que ce n’était pas la volonté des Dieux que nous disparaissions. Heureusement, vous avez des fils pour prendre la relève sur votre Île.

Ingheam rougit aux compliments qu’il lui fit sans comprendre, une fois de plus, tout ce à quoi il faisait allusion.

__ Merci. Je vous aime bien aussi Fils de la Pierre. Je vous souhaite de faire cette grande chose à laquelle vous aspirez. Peut-être pourriez vous en parler au Roi du Nord ou à Lord Glover ? Les Dieux vous guideront, mais j’imagine que si vous voulez vous battre, vous feriez bien d’avertir les responsables de l’armée du Nord.

Elle sourit.

__ Je m’appelle Ingheam Harlcay… et lui c’est Shoilleir.

Ajouta-t-elle en désignant le corbeau.

__ Vous disiez vous être occupés de vos frères après qu’ils aient tués votre père. Peut-être pourriez vous me donner quelques conseils. J’ai pris en charge beaucoup d'orphelines et de volontaires, certaines plus âgées que moi. J’ai toujours pris soins de mes petits frères et sœurs ainsi que de mes neveux et nièces, mais je n’ai aucune expérience pour les enfants plus vieux ou les adultes. Comment s’en occupe-t-on ? Comment faire en sorte de les aider à avancer malgré mon âge et mon manque d'expérience et les drames qu’elles ont vécus ?

Le choc des cultures était tel qu’elle n’avait pas compris ce que Bear entendait par “s’occuper de ses frères”.
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