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Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor]
MessageSujet: Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor]   Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor] EmptyJeu 9 Mai - 23:26

« Par les dieux, vos gâteaux sont toujours aussi délicieux, Bethany. Quel est donc votre secret ? Non, ne me dites rien, ce serait certainement un péché que de révéler pareil don des dieux à un simple mortel épris de sucreries. »

Tandis que Bowen se délectait, achevant de se pourlécher les babines tel un loup repu, la cuisinière d’un certain âge, matrone rondelette et rousse sous son fichu arrangé à la mode de Winterfell, arbora un sourire un peu rougissant, dévoilant une dentition déjà gâtée par l’âge mais qui ne la rendait que plus touchante, à enfoncer ses larges pognes dans le tablier devant sa robe de laine et à regarder ses sabots. Puis elle regarda le jeune homme et finit par marmonner, cherchant manifestement ses mots :

« Arrêtez, M’sire Bowen … euh, M’sire Sénéchal. Pardon, je … enfin, merci Vot’ Seigneurie. J’voulions pas trop rougir, et pis à chaque fois, vous m’le faites quand même, et d’puis qu’vous êtes tout p’tit en plus. »

Le Glover observa la brave femme qui lui avait si souvent préparé des petites douceurs, quand il était encore un gamin avec un peu de duvet au-dessus de la lèvre et qu’il trouvait du réconfort au milieu de sa relative solitude au sein des cuisines. Là, avec les petites mains du château, il trouvait une forme de foyer dont la chaleur lui rappelait le sien, à Motte-la-forêt. Il aimait rester dans un coin, à observer la vie des simples gens, à écouter leurs histoires. Vu son rang de l’époque, et sa discrétion, ils avaient fini par prendre l’habitude de voir ce gringalet longiligne se glisser parmi eux et attendre, ou le voir parfois donner ses vêtements à repriser aux lavandières, avant d’apprendre à le faire lui-même, au bout d’un moment. Quelque part, celui qui n’était alors qu’un héritier et aide de camp royal aimait côtoyer ces personnes, plutôt que les autres nobles, car il n’avait pas l’impression d’être de trop. Là, il se contentait d’humer joyeusement les odeurs, d’écouter, sourire aux lèvres et rouge aux joues, les valets compter leurs dernières conquêtes parmi les servantes. Et puis, il voyait aussi les petites joies et les grands chagrins. Maintenant qu’il était devenu une sorte de figure lointaine pour eux, qu’il arrivait avec ses honneurs et ses titres, une part de lui regrettait cette proximité passée, et il appréciait, l’espace d’un instant, voire que malgré les années passées et les insignes qu’il portait, Bethany et les autres voyaient encore, parfois, l’éclat du garçon qu’ils avaient connus.

« Allons, ma dame … vous ai-je jamais fait rougir ! Ce serait plutôt l’inverse, car j’ai souvenir du temps où vous me gourmandiez pour ma mise. »

« Ah ben, c’est qu’vous finissiez toujours crotté, après qu’m’ssire Omble vous avions corrigé à vos entraînements. Sauf vot’respect, vot’ Seigneurie. »

Un rire se forma dans la gorge du nouveau Sénéchal à l’évocation de son prédécesseur, et après avoir calmé son hilarité alors que les souvenirs lui revenaient et en voyant l’expression presque chagrine de la brave femme, ce dernier admit :

« Vous aviez entièrement raison, Bethany. Bon, je dois m’en aller, la Reine doit m’attendre. »

« Attendez, M’ssire ! »

La femme lui mit alors, sans se démonter, un plateau dans la main avec le reste de sa fournée de douceurs en tous genres, avant de s’expliquer :

« C’est-y bon pour les femmes grosses ça. C’une recette familiale, et toutes mes filles ont eu de bons garçons bien robustes en mangeant ça. D’not’ part à tous, ici. Si c’est possible. Si euh … si vous voulez bien, M’ssire Bowen ? »

Imperceptiblement, le jeune homme sentit que toute la cuisine avait les yeux rivés sur lui, pour voir comment le Sénéchal allait réagir. Trouvant l’attention touchante, Bowen laissa un joli sourire s’épanouir sur son visage, puis il déclara doucement :

« Bien sûr. Cela lui fera plaisir. »


D’aucuns auraient considéré, à raison sans doute, que ce n’était pas la place du bras droit du Roi. Mais lui considérait qu’il n’allait pas non plus changer du tout au tout d’une part, et que ceux qui considéraient comme indignes d’eux d’apporter une corbeille de petites gâteries avaient une bien haute opinion d’eux-mêmes. Il prit donc l’ensemble et salua l’ensemble, qui lui répondit avec chaleur, puis l’un des commis se prit une tape pour avoir laissé son regard de môme un peu trop réveillé traîner dans un corsage, et le petit bazar reprit joyeusement derrière lui.

Rapidement, le Glover remonta les escaliers et traversa les couloirs de Winterfell à pas pressé, avant de se retrouver, finalement, devant les appartements royaux. Les deux gardes en faction s’inclinèrent devant lui avant de le laisser passer, non sans l’annoncer d’une voix forte. Une fois entré, Bowen attendit, avant de se voir accueillir par la Reine. S’inclinant devant elle, du moins, autant que son fardeau le lui permettait, il déclara :

« Ma Reine. »

Il lui montra ce qu’il avait apporté, s’expliquant :

« Je suis passé par les cuisines, pour saluer les serviteurs que je connais et qui y travaillent, et ils m’ont prié de vous remettre ceci, de leur part. Il paraît que ce sont des recettes de famille pour vous assurer une belle et heureuse grossesse.

Accessoirement, c’est délicieux. Il se peut que j’en ai goûté quelques-uns, pour vérifier leur qualité. J’espère que vous saurez me pardonner. »


Le sourire plaisant aux lèvres, Bowen attendit de voir si la jeune femme serait un peu déridée par sa plaisanterie. La pauvre avait eu l’air bien accablée par la fatigue, à leur retour, et le Sénéchal s’inquiétait de la voir ainsi. Il avait promis à sa mère qu’il saurait tendre une main secourable à Eleanor, et il entendait remplir cette promesse, si elle voulait bien de sa compagnie, en tout cas.



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MessageSujet: Re: Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor]   Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor] EmptyMer 26 Juin - 21:23


WINTERFELL EST DOUCE A QUI SAIT L'AIMER
ELEANOR & BOWEN
Vous devriez ouvrir une fenêtre, Majesté. C’est lugubre ici.

La voix de Cordelia avait rompu le silence qui planait sur la chambre royale. Les volets fermés, la pièce était presque complètement dans l’obscurité. Certes, le temps à l’extérieur était loin d’être clément. Et pourtant, un peu du froid mordant du Nord n’aurait guère fait de mal à Eléanor. La Reine lisait des lettres de ses bannerets, alitée. Elle se devait de garder le lit mais cela lui pesait de plus en plus. Le bien de l’héritier était à ce prix et elle faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Elle se contenta d’un haussement d’épaule.

Tu sais bien que je ne peux me permettre de prendre foi, Cordelia. Et ne m’appelle pas comme ça, s’il te plaît. Pas quand nous sommes seules !

Eléanor était Reine du Nord depuis plusieurs mois à présent. Et si elle avait fini par s’habituer à être appelée Reine ou Majesté par ses sujets, elle ne parvenait pas à se faire à cela avec Cordelia. Les deux femmes avaient grandi ensemble, elles étaient cousines. Mais au-delà de leur lien du sang, elles avaient toujours eu une relation privilégiée. Ainsi, lorsque Eléanor avait demandé à Cordelia de venir avec elle dans le Nord en tant que dame d’honneur, la jeune Nerbosc avait-elle accepté. Cela la coupait des siens, de sa famille mais elle avait fait cela par amour pour Eléanor. Elle ne voulait pas la laisser seule. La jeune Reine avait déjà perdu ses parents, son frère et sa jeune sœur, elle ne voulait pas tout perdre. Perdre Cordelia aurait été de trop. Elle mettait de la joie dans ses journées. Elle et Maedalyn. L’épouse du sénéchal avait eu la fortune de lui plaire et au vu de son caractère, rien n’était plus logique. Le jeune Torrhen avait grandi et il était devenu un beau bébé. Maedalyn venait souvent la visiter et elles échangeaient sur leur grossesse respective et sur la maternité toute récente de lady Glover.

A présent que les hommes étaient rentrés, Eléanor devait trouver sa place aux côtés de Jon. Rien ne serait plus compliqué. Gouverner semblait presque aisé en comparaison. Ils n’avaient pas la même façon de fonctionner, de réfléchir ou de ressentir les choses. Eléanor ne doutait pas que Jon soit un homme de bien. Mais sa froideur et la façon qu’il avait de la rabrouer n’arrangeait pas les choses. Si quelqu’un pouvait lui expliquer la façon dont pensait son époux dans certaines circonstances, elle lui en aurait été fort reconnaissante.

Moi, ce que j’en dis, c’est pour toi. Je ne suis pas septa mais rester ainsi dans le noir déprimerait la plus joyeuse des femmes…. Ce temps…. Le Nord est tellement…. Froid. Le Conflans me manque…. Ses fleuves et ses collines verdoyantes…

Cordelia s’arrêta soudainement en jetant un coup d’œil de côté à sa Reine. Elle ne voulait pas la déprimer encore plus mais sa nostalgie avait jailli sans prévenir. La Reine poussa un soupir. Oui, ses parents devaient se trouver à Vivesaigues en cet instant. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas envoyé de corbeau. Pas depuis le retour du Roi du Nord. Elle se promit de le faire dès le soir venu. Alors qu’elle en était là de ses pensées, on frappa à la porte. Les gardes annoncèrent le sénéchal du Nord. Cordelia se leva rapidement et jeta un coup d’œil à Eléanor. Elle hocha la tête.

Tu peux nous laisser, Cordelia.

Son amie acquiesça avant de faire volte-face et de saluer d’une révérence le sénéchal en même temps qu’elle sortait. Eléanor se redressa dans son lit, rangeant les lettres sur lesquelles elle avait passé une bonne partie de la matinée. Bowen se fendit d’une révérence et elle lui adressa un profond sourire. Il était devenu un ami sincère et fidèle, un ami sur qui elle pouvait compter et cela, dès Vivesaigues. C’était toujours un plaisir de le voir et Eléanor tenta de se redresser davantage. Alors qu’il lui montrait l’énorme fardeau qu’il avait monté jusqu’à elle, la Reine éclata d’un rire enfantin.

Mon cher ami, que c’est aimable à vous d’avoir donné de votre personne pour vous assurer que ces gâteaux étaient dignes de votre Reine. Oh, les braves gens… Je les remercierai personnellement si maître Roshar ne me houspillait pas en permanence dès que je pose un orteil hors de cette chambre, voire de ce lit… Pourrez-vous leur transmettre mes remerciements sincères, je vous prie ? Cela vous donnera une excuse, mon cher, pour goûter une autre fournée je suppose. Bien que vous n’ayez sûrement plus besoin d’excuse !

Elle tendit la main et attrapa un des gâteaux qu’elle croqua. Elle ferma les yeux, savourant la texture moelleuse et le goût sucré de la pâtisserie.

Hum…. Ils sont délicieux ! Je compte sur vous pour m’aider à les terminer. Avec ce genre de traitement, je vais gonfler encore plus ! Mais asseyez-vous, je vais faire apporter de quoi boire pour accompagner cela.

Le sourire ne quittait pas les lèvres d’Eléanor.

Alors, comment vous portez-vous ? Et votre petit Torrhen ? Vous devez être un homme comblé, je suppose.          
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Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c'est nos vies ©️ okinnel.
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MessageSujet: Re: Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor]   Winterfell est douce à qui sait l'aimer [PV Eleanor] EmptyVen 5 Juil - 22:57

Voir la jeune fille sourire en croquant dans les pâtisseries rendit Bowen heureux. Il était au fait de la discordance régnant au sein du couple royal, et savait que la grossesse de la reine ne se déroulait pas sous les meilleurs auspices. Le temps devait lui sembler terriblement long, dans cette chambre, alors que le château bourdonnait de vie certes, mais d’une vie éloignée, et qu’Eléanor ne connaissait pas. Certaines dames nordiennes avaient fait le déplacement vers Winterfell pour voir plus tôt leurs époux, fils, pères de retour, et lesdits mâles étaient encore nombreux à demeurer dans la forteresse, attendant les futures fêtes et réjouissances, même si plusieurs familles avaient pris leur congé. Cependant, cet ensemble avait ses codes, ses familiarités. Il ne doutait pas que certaines ladys étaient passées par courtoisie, mais d’autres s’en étaient probablement abstenues, pour ne pas déranger la future parturiente. Le Glover ignorait si la née Tully avait eu le temps de se faire quelques amies en dehors de son épouse, et l’espérait, pour lui rendre l’existence plus plaisante, au cours des futures semaines, car il n’oubliait pas qu’il se trouvait face à une damoiselle d’à peine seize printemps, esseulée dans un royaume qui n’était pas le sien, enceinte. Il avait promis à sa mère de prendre soin d’elle, en plus. Pour autant, une part de lui se souvenait aussi, tout simplement, de ses propres débuts dans la capitale du Nord, et des difficultés associées. Il éprouvait une sorte de camaraderie, de compassion envers la jeune fille parce qu’il savait que la demeure des Stark pouvait paraître bien intimidante, bien froide au premier abord. Mais lui, à l’époque, avait la possibilité de se réfugier dans les recoins du château, auprès des petites gens, ce qu’Eleanor, évidemment n’était pas en capacité ni en position de faire. Bien sûr, il n’avait que peu de moyens de l’aider, surtout en ces tâches féminines, mais offrir galamment de petites attentions, comme à n’importe quelle amie … n’était-ce pas un devoir ? Amusé de la voir croquer dans les douceurs, il sourit donc de concert et déclara :

« Je le leur dirai, Majesté, c’est promis. Et vous avez tort, Dame Bethany est très à cheval sur la tenue de sa cuisine, et un peu trop habile de la louche à mon goût. Je ne suis même pas sûr qu’elle me pardonnerait un nouvel emprunt de gâteaux ! »

Inutile de préciser que Bowen n’avait absolument rien de sérieux en disant cela, et avait le plus grand mal à empêcher le fou rire qui le taraudait. Le pire ? Il n’était même pas certain d’avoir tort, et se demandait très sérieusement si la redoutable matrone n’oserait pas lui tirer les oreilles comme quand il avait douze ans. Ou au moins, lui lancer un regard assassin. Le jeune homme préférait presque repartir affronter le Noir plutôt qu’encourir la fureur des cuisines. Avoir toutes ses soupes trop salées pendant des semaines risquait d’être un peu gênant … Ah, et puis, toutes ses bêtises distrairaient peut-être la jeune fille, ce qui était tant mieux. Acquiesçant à son invitation, le Sénéchal attrapa une chaise et la cala près du lit de sa souveraine avant de s’y asseoir, non sans avoir répliqué galamment :

« Voyons ma Reine, vous avez la beauté des dames enceintes, quelques friandises n’y changeront rien. »

Le compliment était facile, dans la tradition de ceux adressés à toutes les femmes qui s’inquiétaient de leur apparence pendant leur grossesse, chose aussi vieille que le monde. Bowen n’avait jamais compris ce genre d’inquiétudes à vrai dire, considérant que les époux devaient trouver charmant de voir le fruit de leurs œuvres de la sorte. Honnêtement, il regrettait sincèrement de n’avoir pu voir Maedalyn enceinte, et espérait que, pour leurs prochains enfants, il aurait la chance d’en profiter un peu plus. Et puis, il s’agissait d’un signe de vitalité, de fertilité, c’était à célébrer pour lui, quelque chose de beau, de pur, le symbole de la nature, de la perpétuation d’une famille, la réalisation d’un mariage … Il avait du mal à ne pas y voir un symbole honorable, appréciable. Souriant avec bonhommie, il consentit à s’appesantir sur son propre compte, non sans plaisir. Après tant de mois à parler des malheurs de sa famille, il appréciait enfin pouvoir se glorifier de sa bonne fortune, appréciant le changement avec la gourmandise de celui qui a été affamé trop longtemps, et qui se complaît dans son bonheur retrouvé.

« Je doute de pouvoir jamais me porter mieux, Votre Grâce. Comblé semble … presque trop faible pour décrire ma félicité, je dois le confesser. J’ai retrouvé mon épouse et … ma présence ne lui déplaît pas, ce qui est plus que je n’espérai au départ.

Et mon fils … oh, je pourrai passer des heures à en parler je le crains. J’ai l’impression de découvrir un nouveau trait de son visage chaque jour, j’y vois … tant de choses des Glover, c’est … »


Légèrement étranglé par l’émotion, Bowen hésita, avant de terminer sa confession :

« Enormément de choses que je peine à décrire, surtout par rapport à l’année dernière. Je foulais les dalles de ce château en me disant que ma famille était vouée à disparaître. Et maintenant … tout est différent, pour le mieux. Alors, je remercie les dieux pour leurs bontés. »

Reportant son attention sur la jeune fille, le Glover détourna la conversation vers son interlocutrice, un rien embarrassé :

« Et vous ? L’attente n’est pas trop longue ici ? Avez-vous besoin de compagnie ? Je suis sûr que je peux demander à quelques dames de ma connaissance de venir vous faire la conversation, elles sont un peu intimidées à l’idée de vous déranger, mais un mot bien placé les convaincrait sans nul doute. »



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