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Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]
MessageSujet: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMar 12 Mar - 22:15

« Oncle Bowen ? »

« Oui Benjen ? »

« Raconte-moi encore la grande bataille. »

Avec un sourire affectueux envers son neveu, le Glover entreprit, pour la énième fois déjà en à peine une semaine, de narrer à l’héritier Manderly ce qu’avait été Eysines, du moins une version suffisamment édulcorée pour ne pas heurter le petit garçon, tout en veillant néanmoins à ne rien lui cacher de la réalité. Hélas pour lui, à six ans, bientôt sept, l’enfant avait davantage en tête des charges héroïques que la puanteur des macchabées gisant la panse ouverte et les entrailles fumantes au sol, à moitié piétinés par leur propre cheval, quand ce n’était pas la bête qui hennissait de douleur, renversée à terre. Il ne désirait pas donner une image romantique et faussée de ce qu’était réellement une bataille comme l’avait été Eysines : un cimetière à ciel ouvert. Mais il était probable que ce genre de réalisation ne venait qu’au bout d’un certain temps, et à un certain âge. Pour le moment, Benjen était trop jeune pour appréhender ce qu’avaient pu traverser son oncle ou encore son père, et se contentait de rêver à devenir, lui aussi, un preux cavalier défendant les couleurs de son royaume, empli de fierté à l’idée de pouvoir se vanter des exploits supposés des uns et des autres, comme s’ils étaient les siens. Après tout, au commencement de la première guerre contre le Noir, Bowen n’avait que trois ans de plus que lui, et avait été tout aussi heureux, les premiers temps, d’apprendre que son propre père se couvrait de gloire au nom de la maison Glover. Mais il était suffisamment âgé pour qu’on attende de lui qu’il agisse en qualité de Lord, et lorsque les premières annonces de mort étaient arrivées à Motte-la-forêt, il avait commencé à entrevoir pourquoi les adultes ne paraissaient jamais entièrement francs lorsqu’il leur demandait des nouvelles des hommes partis au front, de leurs actions. Benjen avait la chance, finalement, d’avoir été laissé à Winterfell, sous bonne garde, par sa mère, et d’être relativement protégé. Même s’il n’ignorait pas les morts, cela lui paraissait parfois un peu lointain.

« Et le Noir, tu l’as battu en combat singulier ? »

Le Sénéchal ne put retenir un léger rire, avant de répondre :

« Non, mais il a commencé à charger dans ma direction, et dans celle du Prince Orys Baratheon. Le demi-frère de l’Impératrice. »

« Et alors, Père vous a sauvé ! »

C’étaient encore et toujours les mêmes questions, comme si l’enfant ne se lassait pas de ce jeu de questions et réponses sans surprise, revivant à chaque fois avec la même passion les événements, parce qu’il savait exactement ce que son oncle allait dire, et s’en émerveillait à chaque fois. Evidemment, celle-ci ne fit pas exception à la règle, alors que Bowen s’animait légèrement pour donner davantage d’emphase à son récit.

« Non, il se battait férocement à mes côtés ! Mais l’Empereur est apparu, avec sa cavalerie, et a pris le Noir à contrepied. Et l’a vaincu en duel. »

« Ooooh. »

Encore une fois, Benjen ouvrit de grands yeux, et Bowen aurait pratiquement juré trouver des étoiles au fond de ces prunelles qui brillaient si vivement. Nul doute que le petit garçon s’imaginait cette charge de manière un brin plus chorégraphié que ce qui c’était réellement passé. Honnêtement, le Glover lui-même avait du mal à reconstituer les faits, tant il avait été pris par l’adrénaline certes, et surtout aux prises avec les maudits lanciers Hoare, à défendre chèrement sa vie. Il se souvenait du moment où son écuyer était apparu, sur la colline, pour crier que l’Empereur arrivait, et ces interminables secondes où la garde personnelle du souverain Hoare s’était ébranlée. Cela s’était joué à fort peu, finalement : la bataille, comme sa vie. Mais in fine, la stratégie décidée par l’Empire avait été payante, malgré la défaite de Tully. Le Noir avait bel et bien été pris en tenaille, et leur enclume avait tenu la ligne aussi longtemps que possible, en attendant le marteau qui avait, dans ses coups de boutoir, sonné l’hallali.

« Plus tard, je serai un grand chevalier ! Et moi aussi, je tuerai des rois en duel ! »

Pour toute personne, Bowen passa sa main dans les cheveux de son neveu, les ébouriffant légèrement, alors qu’il ne pouvait s’empêcher de prier pour que jamais Benjen, en grandissant, ne soit jamais confronté à ce que sa génération et celle d’avant avaient pu traverser. C’était pour cela, après tout, que l’Empire avait été fondé, pour empêcher que le Nord ne soit à la merci des appétits sudiers d’une part, et pour qu’il ne soit plus seul dans la lutte contre les sauvageons, comme cela avait pu être l’année précédente. Et peut-être que la troisième génération, celle de son neveu comme celle de son fils, connaîtrait enfin la prospérité et le grand âge.

« Tu seras un grand seigneur pour Blancport, en tout cas, Benjen. J’en suis sûr. »

« … Je préférerai être un grand chevalier. »

La moue boudeuse du petit garçon agrandit le sourire de Bowen, qui ajouta donc avec amusement :

« Pourquoi pas les deux ? Un grand seigneur et un grand chevalier ? »

Un petit silence s’ensuivit, l’enfant affichant une mine concentrée avant d’approuver d’un hochement de tête :

« … d’accord. Les deux, c’est bien aussi. »

Benjen se blottit quelques instants son oncle, et Bowen savoura la proximité avec son neveu. Rien que pour des moments comme cela, l’infernale traversée du Conflans et du Nord valait le coup. Certains se battaient pour se battre, ou pour le pouvoir. Le Sénéchal, lui, avait toujours combattu pour sa famille en premier, pour pouvoir revenir auprès d’elle, car la guerre, pour nécessaire qu’elle soit, ne devait pas faire perdre de vue que le plus important demeurait la paix. Et en un sens, le nordien plaignait ceux qui l’avaient oublié, parce que le sang et la gloire n’offraient que peu de consolation par rapport à la chaleur de la famille. Sa propre reconstruction était bien davantage passée par le fait d’en fonder une que de déchirer les chairs. Mais peut-être qu’il était également de ces hommes insuffisamment ambitieux pour voir au-delà de leur foyer. Cela ne le dérangeait aucunement.

« Allez viens, il est temps de rejoindre ta gouvernante. Vous avez des leçons d’héraldique à prendre, jeune homme. »


Le grognement mécontent de l’intéressé démontra tout le bien qu’il pensait desdites leçons. Alors que tous deux se levaient du banc sur lequel ils étaient assis, dans cette petite cour intérieure abritée d’une aile de Winterfell, généralement arpentée par les plus fins connaisseurs des lieux, et donc relativement désertée, des bruits de pas et le frottement léger d’une robe sur le sol les avertit qu’une autre personne approchait. Bowen ne mit que quelques instants, le temps d’apercevoir le visage de la nouvelle venue pour la reconnaître, ce qui lui arracha un nouveau sourire. Quand il affirmait que seuls les bons connaisseurs du château venaient ici …

« Lady Bolton, c’est un plaisir de vous revoir, si peu de temps après notre retour et nos retrouvailles durant les festivités."


Bowen avait toujours été protocolaire dans les saluts officiels, surtout en présence d’une tierce personne, cela n’allait pas changer, même si cette dernière n’avait que six ans. Surtout, en fait, car ainsi Benjen aurait un modèle sur lequel se calquer. En tant qu’héritier de la plus riche maison du Nord, malgré son jeune âge, il ne pouvait se permettre de commettre des impairs. La main dans le dos de son oncle lui rappela d’ailleurs ses devoirs, et l’enfant inclina la tête avant de pépier :

« Lady Bolton, c’est un plaisir de vous revoir. Je suis Benjen Manderly, héritier de la maison Manderly. »


La phrase avait été dite distinctement, quoique vite et sans intonation, preuve que Benjen venait de réciter littéralement ses cours d’étiquette, en copiant gaillardement son oncle qui plus est. L’ensemble était, en vérité, terriblement adorable, et Bowen eut du mal à retenir le rire affectueux qui montait en lui. Gentiment, il se pencha vers son neveu et déclara :

« File, la gouvernante et le mestre t’attendent. »

Il le regarda partir en courant sur ses courtes jambes, avant de faire à nouveau entièrement face à son interlocutrice et de déclarer :

« Je constate avec plaisir que malgré les années, nous savons toujours quels sont les endroits de Winterfell les plus calmes. Du moins, en général. »

Galamment, Bowen ajouta :

« L’Hiver vous va à ravir, Manel. Winterfell a de la chance de vous compter à nouveau entre ses murs. Je dois admettre que sans votre ombre qui me surplombe, je n’y suis pas entièrement à mon aise. »

Plaisanterie ancienne, agréable, sans arrière-pensée, de celle à prononcer en compagnie familière, parce que chacun a conscience que les petites vérités sont les plus drôles, et parce que tous s’en amusent. Oui Winterfell, pour Bowen, avait réellement le goût du foyer retrouvé, à ce moment, même s’il n’oubliait pas ses terres ancestrales. Cependant, pour le moment, il préférait se concentrer sur ces saveurs d’antan remises au goût du jour : femme, fils, neveu, amis … Que demander de plus ?



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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMer 13 Mar - 16:22

Le château avait retrouvé son activité. Presque comme s’il n’avait jamais été déserté. Winterfell n’était pourtant réputé pour l’effervescence de ses couloirs, mais pour y avoir vécu toute son adolescence, Manel Bolton savait détecter les moindres altérations dans l’air ambiant. Cela faisait des mois maintenant que les murs ne résonnaient plus de la même façon, qu’ils semblaient plus creux, plus vides. Comme si ils étaient conscient, comme tous les résidents, de l’absence du Stark de Winterfell.

Même si elle appréciait le calme, Manel n’avait jamais pu se faire à cette absence. Winterfell retenait son souffle, comme le Nord tout entier, attendant des nouvelles de son Roi… Et de ses armées. Elle n’était pas dupe. La crainte qui animait le cœur des gens n’étaient pas pour Jon Stark, Roi de l’Hiver, mais pour leur fils, leur père, leur cousin, leur neveu… Partis à la guerre. Et la jeune Bolton n’avait que trop confiance de sa chance. Son père, son ami – et son Roi – Jon, son ami Bowen, et tous ceux qu’elle connaissait réellement… ils étaient protégés. Ils avaient leurs gardes, leurs armées pour les protéger, particulièrement Jon qui devait à tout prix rester en vie. Ce n’était pas le cas de tous les soldats de son armée.

Malgré tout, elle n’arrivait pas à y penser. Egoïstement, la benjamine des Bolton était soulagée de voir revenir ses amis sans égratignure, et plus encore de savoir que son père allait bien. En revanche, elle était plus impatiente de retrouver le jeune Roi et son sénéchal que de se retrouver en tête à tête avec son père. Elle avait eu l’occasion de voir Jon et Bowen, furtivement, au cours du banquet de célébrations, mais ils n’avaient échangé que les amabilités d’usage. Ils n’avaient pas le temps pour plus.

Manel n’avait pas besoin de plus. Elle ressentait leur présence. Le château avait recouvré ses couleurs. Au loin, elle pouvait entendre quelques hennissements, des cris, la marche coordonnée d’une petite garnison. Winterfell regorgeait de nouveau de peuple. Sans doute aurait-elle dû s’y sentir plus à sa place, peut-être en profiter pour retrouver tout ce monde, rencontrer ceux qui leur venaient du Sud… mais il s’agissait de Manel Bolton. Elle s’était glissé dans la vaste bibliothèque, emprunté un livre, puis s’était mis en quête d’un endroit calme pour en profiter.

Elle connaissait bien assez le château et ses dédales pour disparaître quand elle le désirait. Ses premiers mois ici n’avaient été dédiés qu’à cette mission : trouver où se réfugier quand elle avait envie de ne pas être dérangé. Ces derniers mois, c’était devenu trop facile, mais avec le retour des enfants du Nord, Manel choisit un endroit plus isolé encore. C’est donc avec surprise qu’elle entendit des voix, d’abord étouffés, puis de plus en plus claires alors qu’elle approchait, à pas plus mesurés.

Lorsqu’elle les aperçut enfin, Manel affichait un maigre sourire ; ayant reconnu au moins une des voix. Qui d’autre aurait pu se cacher ici ?

L’autre intrus lui était inconnu, et bien plus petit. Elle le considéra un moment de ses prunelles glacées, tentant de comprendre de qui il s’agissait avant qu’il ne se présente. Manderly, oui… Bowen avait déjà mentionné son neveu. Souriant plus largement à l’enfant, elle se pencha pour une révérence polie, autant à l’intention de son ami que du petit garçon.

« Lord Sénéchal, Benjen, c’est un plaisir de vous voir. »

Toujours gracieuse, la jeune femme ne savait pas comment se comporter avec les enfants, sinon avec la courtoisie qu’elle dispensait également aux adultes. Heureusement, le garçon avait l’air de connaître son étiquette. Rien d’étonnant, songea-t-elle en relevant les yeux vers ceux de Bowen, quand on a cet oncle.

« Prenez garde à bien écouter votre gouvernante, Benjen. » l’avertit-elle alors qu’elle s’éloignait, d’un ton un peu trop froid. Puis ses traits se déridèrent. « Plus que votre oncle en tout cas. »

Elle observa le futur Lord Manderly partir, avant de revenir finalement à Bowen. Elle serrait son petit livre contre son ventre, un recueil de poésie du sud à la couverture teinte d’un rouge presque vulgaire contre la tenue de la jeune femme. En bonne Bolton, Manel portait une longue robe grise, doublé de fourrure autour du cou, avec pour seule teinte de couleur une ligne rose pâle descendant de la gorge jusqu’aux genoux, où elle s’évasait pour couvrir ses pieds. Son regard était posé sur le jeune homme, le détaillant de haut en bas comme si elle cherchait quelque chose.

Il n’avait pas changé. Pas vraiment. Elle qui s’attendait à le voir métamorphosé par la guerre ou par le mariage. C’était rassurant, d’une certaine façon. Il y avait des choses sur lesquelles elle pouvait toujours compter. Et à l’entendre… non, définitivement, il n’avait pas changé. Toujours le même, beaucoup trop cordial. Ils avaient grandi ensemble et pourtant, un étranger qui les écoutait pourrait croire qu’il venait à peine de se rencontrer, s’il devait juger leur ton. Mais Manel ne pouvait pas lui en vouloir : elle était aussi coupable que lui. Cela dit, le jeune homme se détendit un peu, ou en tout cas devint un peu plus familier quelques secondes plus tard, mais sous le couvert d’un compliment comme il en avait l’habitude.

« Et je constate qu’avec vous de retour, je devrais sélectionner mes endroits calmes avec plus de soin. »

Quelqu’un qui ne la connaissait pas aurait put prendre la remarque comme une insulte, mais ça aurait été ignorer le petit sourire en coin qui vint habiller les lèvres de la jeune femme. Elle se glissa vers lui, presque sans bruit, pour l’inviter d’un geste à reprendre place sur le banc.

« Vous m’avez manqué. » lâcha-t-elle enfin, sans arrière-pensée ni plaisanterie. « Et je suis contente de vous revoir entier. » Puis, sur un ton plus mutin. « Imaginez que je doive continuer à veiller sur votre petite femme jusqu’à la fin de mes jours. » Elle feint un frisson, avant de laisser échapper ce rire cristallin dont elle avait l’habitude.
Manel Bolton

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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMar 19 Mar - 19:02

Tandis que Manel répondait aux salutations conjointes de l’oncle et du neveu, Bowen afficha une moue faussement scandalisée en entendant ses dernières recommandations à Benjen, sachant pertinemment qu’elle n’en pensait pas un mot, et sans non plus se formaliser de sa gentille moquerie d’après. Le Sénéchal avait l’habitude de l’humour de la Bolton, aussi acéré que les lames de sa maison, selon la légende ordinaire. Plus jeune, parfois, cela avait pu le déstabiliser un peu, puisqu’il se demandait souvent comment répondre sans manquer de politesse ou ne pas paraître rustaud, quand sa timidité ne prenait pas le dessus, tout simplement. Heureusement, le temps avait fait son œuvre, et à vrai dire, il n’aurait pu jurer que la jeune femme n’ait pas légèrement déteint sur lui, car si le Poing du Nord n’était pas connu comme un homme drôle, loin s’en faut, il lui arrivait de laisser échapper quelques commentaires légèrement sardoniques qui réjouissaient ses interlocuteurs. Et à vrai dire, l’exercice du pouvoir l’y contraignait de plus en plus, comme il devait composer avec les caractères des uns et des autres, ainsi que leurs envies et parfois petites avanies. En ce sens, la compagnie de la troupe avait cela de reposant qu’elle permettait d’éviter les ornières rhétoriques : au moins, un ordre, c’était direct, et les plaisanteries guerrières ne brillaient pas par leur finesse. Mais les misères et splendeurs de la courtisanerie n’avaient évidemment rien à voir avec un échange amical, du moins, Bowen l’espérait. Après tout, il avait quitté le Nord comme héritier ruiné et aide de de camp, il en ressortait comme Sénéchal des armées du Nord et Lord. Le constrate était saisissant, et il s’attendait à voir certains changements s’opérer. Cela avait déjà été le cas avec certains nobles composant l’armée royale. Même les domestiques qu’il avait connu durant une large part de son adolescence semblaient le considérer autrement, désormais, et il avait dû insister avec vigueur pour que certains arrêtent de lui faire quarante courbettes en l’apercevant. Certes, désormais, il avait un rang à tenir, mais la franchise nordienne suffisait largement. Le reste, c’était bon pour les cours sudières.

« Vous aussi Manel, vous m’avez manqué. »

La réponse était aussi franche que la première assertion, un constat simple et sans arrière-pensées, d’un ami d’enfance à une autre. Acceptant l’invitation à s’asseoir, il regagna donc le banc qu’il venait de quitter, veillant néanmoins, comme toujours, à maintenir une distance respectueuse entre eux, autant par respect de l’espace privé de la jeune femme que par bienséance. Bowen s’autorisa un sourire en l’entendant lui dire qu’elle était heureuse de le retrouver entier, qui s’accentua lorsqu’elle fit semblant de frissonner à l’idée de veiller sur son épouse plus longtemps.

« Lady Maedalyn est donc si terrible, que cette perspective vous effraye à ce point ? »

L’idée était en elle-même tellement saugrenue qu’il éclata d’un joli rire de basse, avant de reprendre son sérieux et d’ajouter avec une solennité nouvelle :

« J’ai conscience que cela n’a pas dû être aisé tous les jours, surtout alors que vous deviez vous inquiéter pour les vôtres, et que j’ai bien conscience que la situation n’était pas évidente pour vous. C’est pourquoi je tenais sincèrement à vous remercier, Manel. Si vous avez un jour besoin de quoi que ce soit qu’il soit dans mes pouvoirs de vous accorder, je le ferai. La maison Glover vous est redevable … et l’homme ainsi que l’ami, vous est infiniment reconnaissant. »

Il ne savait pas si Manel, ou quiconque même, hormis Jon et sa propre sœur, avaient conscience de ce que la naissance de Torrhen signifiait pour lui. Bien sûr, il y avait le devoir de transmission de l’héritage mais … cela allait bien au-delà. C’était l’assurance que sa famille, millénaire, avait une chance de survivre à sa mort et à celle de son frère, et que les traditions de Motte-la-forêt, son histoire et sa mémoire, ne disparaitraient pas de la mémoire des hommes. C’était une manière de considérer que les sauvageons n’avaient pas, malgré leurs efforts, éradiqués la maison Glover, et ainsi une manière de prendre sa revanche sur le massacre immonde de sa famille, dont il porterait pour toujours la marque au plus profond de son âme. C’était aussi, tout simplement, l’offrande aux esprits de ses ancêtres, de sa mère partie trop tôt, de ses petits frères, d’une descendance bénie par eux, qui porterait leur nom et, un jour, siégerait à son tour au-dessus de la crypte familiale. C’était enfin, tout simplement, le symbole que le sang n’interrompait pas le cycle de la vie, et que rien n’était définitif. Mais lui savait ce qu’il devait à son épouse, et à tous ceux qui l’avaient entourée pendant sa grossesse. Il espérait simplement que les suivantes, s’il y en avait, ne se dérouleraient pas ainsi … même si, compte tenu de ses obligations, il en doutait quelque peu. Cette perspective entacha son humeur, et il tenta de chasser ces pensées noires en faisant dévier la conversation, demandant tout à trac :

« Que vouliez-vous lire ici ? Je vois que vous avez emmené un opuscule avec vous. »



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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMer 20 Mar - 12:07

En général, Manel ne s’embarrassait pas de s’inquiéter des potentielles réactions à son humour parfois particulier. Elle avait la chance d’avoir une position – et surtout un nom – qui lui permettait de faire ce genre de remarque sans craindre autre chose qu’une réplique glaçante en retour, ce qui lui aurait plu. Des rares personnes avec qui elles devraient sans doute s’inquiéter, il y avait le Roi du Nord, sa Reine et éventuellement le Sénéchal et sa ravissante femme. Pour avoir grandi avec trois d’entre eux, elle n’avait presque rien à craindre. Même des répliques du même acabit étaient rares dans la bouche de Bowen, mais ça ne les rendait que plus appréciable quand il acceptait d’en énoncer une. Mais Lord Glover avait une réputation à respecter et c’était celle d’un homme sérieux, même trop. Elle pouvait comprendre ça.

Elle s’était assise, constatant sans surprise que le jeune homme restait à distance respectueuse sur le banc. Sage décision, mais elle n’en attendait pas moins de lui. Ils savaient tous les deux à quelle vitesse les bruits de couloirs pouvaient démarrer. Même le simple fait qu’ils discutaient ainsi pouvait faire démarrer une rumeur, mais ils n’avaient pas besoin de leur donner encore plus d’importance. Certaines choses ne pouvaient être évitées, mais on pouvait au moins en diminuer l’impact. Non qu’elle craignait la réaction de Maedalyn, elles se connaissaient depuis trop longtemps pour prêter foi à ce genre de rumeurs.

Manel sourit doucement pendant qu’ils évoquaient la jeune femme. Elle n’aurait sans doute pas détesté rester auprès de Mae pendant plus longtemps, mais ils savaient tous les deux que d’autres devoirs finiraient par appeler la Bolton. Devoirs auxquels elle ne pourrait bientôt plus se dérober. Même occupés à rire, elle ne fut pas surprise de voir la discussion redevenir sérieuse très rapidement. C’était souvent ainsi avec Bowen, il pouvait reprendre son air grave et son ton calme d’un tour de main.

Cela fera de lui un bon Lord, songea-t-elle en l’observant attentivement pendant qu’il parlait.

« Bowen… » finit-elle par énoncer à voix basse. « Ma situation n’était pas compliquée. J’étais là, quoiqu’il puisse arriver, je serais restée à Winterfell. Je pouvais bien en profiter pour rester aux côtés de Maedalyn. » Puis, moins sérieuse, elle se mit à sourire. « Je suis une femme intelligente, je suis capable de m’inquiéter pour mon père, pour vous, pour Jon, et pour Maedalyn, le tout en même temps. »

Avec un petit rire, elle lissa les pans de sa robe, caressant distraitement la couverture de son livre au passage. Elle pouvait bien s’en amuser, cela n’était en réalité pas facile tous les jours. Même après plusieurs mois, on se faisait à la routine, heureux de savoir la dernière bataille gagnée, ou ses hommes intacts. Et puis, un nouveau corbeau apportait la perspective d’une bataille prochaine, et toute la sérénité accumulée s’effondrait en quelques secondes. Manel avait toujours été douée pour ne pas montrer son inquiétude, d’autant plus depuis La-Mort-Aux-Loups, et la plupart des Dames de la cour était tout aussi forte. Cela n’empêchait pas l’atmosphère de changer la semaine suivant ses nouvelles. L’air s’appesantissait et tout le monde pouvait le sentir.

Bowen n’avait pas besoin de savoir tout ça. Lorsqu’il était sur le champ de bataille, il avait autre chose à penser que l’inquiétude de sa femme et ses amies, à Winterfell. Et il était de retour maintenant.

Revenant à son livre, elle l’ouvrit rapidement, laissant quelques pages défiler devant ses yeux et ceux du jeune homme. Il ne semblait plus avoir beaucoup d’intérêt pour elle.

« Un recueil de poésie, du sud pour la plupart. » répondit-elle avec un haussement d’épaules. « Je peine de plus en plus à trouver des opus que je n’ai pas consulté, comme vous le savez. »

Elle rit de nouveau, consciente que c’était de l’exagération. La bibliothèque de Winterfell était si grande et bien fournie, elle n’aurait jamais assez d’une vie pour tout lire. Bien que nombre des œuvres présentes étaient des textes de mestre, qui n’étaient pas tous passionnants. La poésie n’était pas son fort non plus, mais elle s’efforçait d’en apprendre plus sur l’état d’esprit au sud, réputé si différent de ses contrées.

Ses yeux pâles revinrent à Bowen, refermant l’ouvrage presque sèchement.

« Vous avez conscience, je l’espère, que je vais devoir vous soumettre à la question concernant tout ce que vous avez vu au sud du Neck ? » Elle termina sur un beau sourire, sans s’inquiéter de ce que "soumettre à la question" pourrait bien évoquer chez Bowen. Elle était une Bolton après tout, il fallait bien le rappeler régulièrement. Mais sa curiosité était sincère et un trait que son ami connaissait bien.

Elle était à peu près sûre qu’il ne s’en offusquerait pas.
Manel Bolton

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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyVen 22 Mar - 21:59

« Je n’en ai jamais douté, Manel. »

Oui, la jeune femme était intelligente, c’était un fait difficile à nier, qui lui donnait un certain charme. S’ils ne s’étaient pas connus si jeunes, et si Bowen n’avait pas été un si indécrottable aveugle et timide, il aurait sans doute pu éprouver quelque sentiment pour la Bolton. A moins bien sûr que son cœur n’ait déjà été pris ailleurs par une apparition fugace d’une belle plus âgée sans qu’il ne se l’avoue, et qui se trouvait être à présent sa femme. Nonobstant cela, car il n’était pas certain de détenir la réponse à cette question, il était à peu près certain néanmoins que ce qui aurait pu faire chavirer ses sens pour la cadette des Ecorcheurs n’était pas son physique au demeurant fort avenant, mais sa finesse d’esprit. Lui qui aimait les belles conversations et les passe-temps moins guerriers que certains hommes avait toujours adoré discuter livres avec la pupille des Stark. Mais fondamentalement, on lui eut causé broderie qu’il s’y serait intéressé pareillement. Après tout, il avait passé trop de temps à encourager Jeyne à ses travaux d’aiguilles pour ne pas finir par s’y connaître un brin – et parfois, à graver dans sa mémoire certains gestes afin de les reproduire lorsque les entraînements étaient trop violents pour ses malheureuses culottes en peau, et qu’il avait par trop honte de les montrer aux lavandières de Winterfell. Il n’était sans doute pas très doué, mais il se débrouillait. Et cela lui avait servi, durant leur longue campagne dans le Conflans. Mais le fait était qu’il appréciait les activités calmes et réputées féminines parfois, ainsi que la conversation des dames.

A vrai dire, même si la camaraderie virile avait ses avantages, il devait admettre que retrouver la cour du Nord avait aussi l’intérêt de lui permettre de partager quelques moments de tranquillité avec ses amies du beau sexe, et cela lui avait cruellement manqué. Non qu’il n’ait eu aucune conversation avec des femmes, dans le Sud. Mais il y avait une différence entre saluer des notables, nouer de nouveaux liens souvent, et retrouver la familiarité des anciennes connaissances, et aussi, bêtement, de parler un peu d’autre chose que de la prochaine bataille à venir. Certes, ce n’était pas exempt des conversations, tout simplement parce que le royaume, malgré les apparences, n’était pas en paix et que chacun et chacune savait que l’ost nordien devrait vraisemblablement partir bien vite, une fois l’hiver passé. En attendant, outre les nouvelles et les récits, on parlait d’avenir et de retrouvailles. C’était ma foi fort plaisant.

Pour autant, il était à peu près certain, vu sa réponse rapide et son empressement à refermer l’opuscule qu’elle tenait en main, que Manel n’avait guère envie de discuter littérature ce jour. Dommage, cela lui aurait changé des prévisions pour le foin des chevaux et le polissage des armes, néanmoins, en l’entendant délivrer son assertion suivante, il comprit pourquoi elle avait été si évasive. Le sud l’intéressait donc. Il comprenait. Difficile d’admettre ne pas avoir été un brin curieux lui-même au moment d’y descendre, encore qu’il s’agissait probablement plus d’un intérêt pour voir les terres de sa famille maternelle qu’autre chose, une sorte d’envie de découvrir ses racines. Et au fond, cela lui avait plu, de deviser avec des gens d’autres contrées, de découvrir des points de vue similaires au sien, et parfois des destins qui n’avaient pas grand-chose à envier à la tragédie vécue par les Glover. Mais il y avait eu aussi les boucheries, et il avait trop vu le sang maculer le Conflans pour que cela ne ternisse pas quelque peu la beauté des collines verdoyantes. Sans parler de ces semaines interminables à patauger dans une boue épaisse et collante. Et au fond, le sud restait le sud. Il y manquait des barrals, la simplicité des gens du Nord … et ses paysages, son âme. Le sud avait ses charmes. Ce n’était juste pas chez lui.

« Faites-donc, alors, je vous en prie. Même si je ne suis pas certain que ma description de la boue du Conflans soit très attrayante, à moins que vous ne soyiez subitement intéressée par la morphologie des sols. En tout cas, c’est clairement ce que j’ai le plus vu du sud. »

Il avait souri, mi-sérieux, mi-rieur, parce que c’était à la fois une plaisanterie et la plus stricte vérité. Sur une année de campagne, il en avait passé les trois quarts sur les routes, à traverser en long, en large et en travers le Conflans. Et l’automne était arrivé bien trop vite à son goût.

« Qu’est-ce qui vous intéresse ? Les paysages ? Les mœurs ? Les gens ? J’ai essentiellement côtoyé des riverains, mais j’ai discuté avec quelques dames et gentilhommes de Peyredragon, de l’Orage et du Bief en sus. »



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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyLun 25 Mar - 13:44

Manel leva les yeux au ciel, mais ça n’empêchait pas ses lèvres de se pincer en un vague sourire. Bien sûr que c’était de cela que le jeune homme allait parler en premier : les sols. Etait-ce sa faute à elle si l’armée du Nord avait passé son temps à marcher d’un bout à l’autre du Conflans ? C’était lui le Sénéchal après tout, peut-être aurait-il dû revoir ses plans. L’idée de lui répondre une chose pareille la fit sourire, mais elle préféra rester silencieuse et commencer par écouter son ami. Bowen pouvait plaisanter mais il avait bien dû faire d’autres choses lors de son long séjour dans le sud. Et même si il pouvait paraître sec par moment, il avait nécessairement discuté avec des sudistes.

« Bien sûr, Bowen » reprit-elle sur un ton sarcastique. « Je veux savoir à quoi ressemble les terres du Conflans, on les dit plus fertile que les nôtres et je suis sûre que toutes les rivières doivent les rendre bien plus humides et difficile à traverser à cheval. »

De nouveau, elle leva les yeux au ciel pour qu’il ne prenne même pas la peine de répondre. Malgré leur ton amusé à tous les deux, les yeux de Manel brillaient d’intérêt quand ils revinrent sur le jeune homme. Il connaissait cela, l’ayant déjà observé maintes et maintes fois quand ils se croisaient à Winterfell étant adolescents. La Bolton n’était pas du genre démonstratif, mais on pouvait sentir quand un sujet la passionnait. Et elle était souvent d’une curiosité maladive.

« Vous pourrez me décrire les paysages si vous pensez en avoir vu qui soient dignes d’intérêt, mais je m’intéresse plus au gens et à ceux que vous avez croisé. Comment était-ce ? Comment ont-ils perçus votre arrivée et celle de l’armée du Nord ? »

Plus que tout, la jeune femme se demandait comment l’Empire dans son entier était perçu, autant par les nobles que par les petites gens. Elle imaginait fort bien que les nobles y trouvent un intérêt, surtout ceux du Conflans qui avaient soufferts sous la tyrannie d’Harren le Noir. Mais pour les gens du commun, était-ce réellement si différent de voir débarquer des soldats fer-nés ou des soldats nordiens. Pour beaucoup de peuplades du sud, colonisés il y a bien longtemps par les Andals, on pouvait assimiler les deux. Le Nord comme les Îles de Fer avait conservé un culte pré datant les Sept apportés par les Andals. Ils étaient, somme toute, des étrangers qui avançaient sur leurs terres avec une armée. Quel que soit le motif invoqué, cela pouvait être très mal perçu.

Cependant, il était difficile pour elle de poser ce genre de question. Pas de façon aussi directe en tout cas. D’abord parce que ce n’était pas son rôle, mais aussi parce qu’elle ne pouvait pas prétendre connaître la situation mieux que le Sénéchal du Nord, qui s’était rendu là-bas. Bowen devait savoir.

« Je veux savoir ce qu’ils pensent de l’Empire » formula-t-elle enfin, après une hésitation. « Arrivons-nous à nous entendre, entre tous ces Royaumes ? Nous n’avons pas été en guerre avec tous mais… »

En remontant assez loin, elle pourrait peut-être trouver. Certaines familles du Conflans s’étaient sans doute trouvés du côté des troupes d’Harren dans les guerres qui l’ont opposé au Nord. L’Orage et Peyredragon étaient plus lointains mais ça n’empêchait pas qu’ils aient pu être en conflit, il y a longtemps.

« Est-ce que les habitants du Conflans, ou les Orageois, peuvent nous comprendre ? Nous accepter ? Pour beaucoup, si ils ont encore un barral dans leur Bois Sacré, ils ne savent plus ce qu’il représente ou comment l’honorer. »

Elle choisissait ses mots avec soin. Ils n’avaient pas eu énormément de nouvelles du conflit qui couvait dans Westeros tout entier, se concentrant sur ce qui affectait les troupes du Nord, mais elle en savait tout de même assez pour comprendre que la question de la religion deviendrait assez vite épineuse. Evidemment, elle s’était sentit obligée d’évoquer l’Orage, mais elle espérait que Bowen ne remarque pas son hésitation à ce moment. Il avait lui-même mentionner le Royaume en question un peu plus haut, alors il était normal qu’elle le note.
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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMar 9 Avr - 23:03

« Je crains qu’à votre grand dam, pour répondre à ces questions … en vérité, leur géographie soit finalement assez intéressante à étudier. Du moins pour les riverains. Ce sont eux que j’ai le plus cotoyé. Je n’ai finalement pas eu beaucoup de contact avec les orageois ou les peyredragoniens, sans parler des bieffois. A vrai dire vu qu’ils sont si peu autour de leur Roi, je ne suis pas vraiment certains que ceux avec qui j’ai pu m’entretenir soient représentatifs. Mais je vais faire au mieux pour vous donner un aperçu fidèle de ce que j’ai pu observer. »

Il faudrait des générations pour que ces peuples si différents parviennent à se comprendre, de cela, il ne doutait point. Surtout en fait, une fois que l’ennemi commun serait abattu. Il était bien plus simple de mettre de côté ses différences lorsqu’on chargeait, épaule contre épaule, dans une abominable mêlée et qu’on crevait le souffle mêlé à un homme parlant une autre langue et invoquant d’autres dieux. La haine avait l’avantage d’unir les hommes davantage que tout autre sentiment. Mais une fois que l’Empire aurait triomphé ? Eh bien, c’était là sans doute que les choses se compliqueraient, et plus encore quand leurs enfants prendraient leurs places. Eux ne connaîtraient des souffrances du passé que les récits des mestres et de leurs parents, mais seraient encore probablement pétris de traditions particulières. A ce moment, la tension serait forte pour l’Empire, car ce serait là que les visées patriotes s’exprimeraient le plus ardemment.

Après … peut-être qu’à force de se mêler, tous arriveraient à définir plus facilement un destin commun forgé autrement que par les armes et surmonter leurs divisions réciproques, car il y en aurait, Bowen n’en doutait nullement. Comment pouvait-il en être autrement, sincèrement ? Rien que le Collège Impérial auquel il avait assisté l’avait démontré. Alors en temps de paix … Voilà qui promettait des maux de crâne tenaces pour l’avenir ! L’image fugace d’un futur de lui-même chenu et ronchonnant auprès d’une Maedalyn aux mèches grises sur la longueur de ces réunions interminables lui vint, qui lui arracha un sourire distrait. Eh bien, s’il n’avait que la paperasse à redouter, ce serait finalement un progrès immédiat !

« Ma mère … »

Alors qu’il s’apprêtait à commencer son exposé, les mots restèrent coincés dans sa gorge. Malgré l’année écoulée, la douleur de la perte restait particulièrement vivace, et Bowen savait que ce trou béant dans son cœur ne se refermerait sans doute jamais entièrement. Chaque pensée envers sa génitrice le ramenait à contrecœur à un passé révolu, ainsi qu’à sa fin funeste. Et à sa souffrance de chaque minute à cause de son absence. Il avait beau être un homme fait, un général d’armée, le Sénéchal du Nord, le deuxième représentant de son royaume au Collège Impérial, le Poing Sanglant … Il n’était qu’un orphelin qui pleurait la perte d’une mère, dans ces moments. L’Empire avait cela de de positif, au moins, de lui faire espérer que les sacrifices consentis par Rowenna Nerbosc, épouse Glover, ne seraient plus l’apanage d’aucune autre personne. Et que sa mort, ainsi que toutes celles des braves de Motte-la-forêt, n’aurait pas de suite, parce que le Nord ne serait plus si désespérément seul pour combattre les sauvageons. Peut-être était-ce cela, surtout, qui lui donnait la foi dans l’Empire, égoïstement. Il prit une profonde inspiration avant de reprendre :

« Ma mère, les rares fois où elle évoquait son royaume de naissance, avait coutume de nous répéter qu’il était difficile de comprendre le Conflans sans connaître sa terre. Et je dois admettre qu’après l’avoir parcouru en tout sens … C’est très vrai. Il faut vous imaginer des étendues de champs à perte de vue, des rivières plutôt poissonneuses, des fleuves même … Et cette irrigation naturelle offre aux riverains de ne jamais devoir mourir de faim si la nature suit son cours, tout en leur offrant une foultitude de variété. Ils ont … des vergers, je crois que cela s’appelle ainsi ? Des endroits où poussent des arbres fruitiers à perte de vue, de la vigne.

Et cette terre les travaille autant qu’il la travaille : ce sont des gens … qui n’ont pas le goût de la guerre, je crois, dans leur majorité, parce que leur vie est trop douce pour qu’ils s’y intéressent vraiment, et parce qu’ils n’ont pas besoin de la mener pour survivre. Et je pense … que beaucoup de nos nordiens seraient heureux d’avoir une telle vie. Mais d’un autre côté … les riverains que j’ai côtoyés, particulièrement leur Roi, sont aussi semblables à cette terre qu’ils chérissent : simples, et francs, sans ce que j’aurai pu redouter de sudiers. Ils ont nos valeurs familiales je crois, du moins en partie.

En fait … Ils ressemblent à ce que nous serions, si le Nord était une contrée plus hospitalière. »


S’arrêtant pour respirer, il laissa quelques secondes s’écouler, avant de reprendre :

« Du coup … cela ne devrait pas vous étonner si leur entente avait les fer-nés a pu être difficile. Leurs terres fertiles les ont rendus victimes de la convoitise de nombreux conquérants, Hoare, Durrandon avant … Je crois qu’au fond, beaucoup préfèrent l’Empire pour aspirer à une vie autogérée, débarrassée des envahisseurs divers.

En tout cas, lors de notre conquête du nord du Conflans, nous n’avons rencontré pratiquement aucune résistance de la population. La peste a été bien plus dommageable à cet égard. Si je ne doute pas que la discipline de nos armées y soit pour beaucoup, car tant qu’à être conquis, autant l’être sans violence ni … privautés prises par les soldats, j’admets penser aussi que la plupart des riverains étaient heureux d’être libérés des Hoare et accueillait un souverain purement riverain avec plaisir. »


Il resta un instant songeur, avant de continuer, passant aux autres royaumes :

« Les orageois sont favorables à l’Empire parce que, pragmatiquement, ils en ont besoin pour survivre, et parce qu’il ne porte pas les couleurs d’un ennemi honni depuis des générations comme pouvait l’être leur précédent Prince, le dornien. Leur souveraine, de ce que j’en ai vu, m’a semblé en revanche très attachée aux idéaux de l’Empire. Est-ce que tous ceux qui la suivent sont pareils ? C’est difficile à affirmer. Ceux avec lesquels j’ai le plus discuté s’inquiètent pour les leurs : entre les bieffois et la peste, beaucoup ont considérablement perdu.

Mais ce sont des guerriers dont j’ai pris plaisir à admirer les prouesses à l’entraînement, et leur armée a toujours fait l’envie de l’Empereur. Leurs hommes ont les mêmes traditions martiales que les nôtres, dans l’esprit à tout le moins.

Les bieffois … Je dois dire que je ne sais trop que dire à leur sujet. Le second du Roi Kevan est, je pense, un parangon de chevalerie, dans ses aspects les plus positifs. Ser Garlan Goldwyne m’a fait grande inspiration, et je puis vous assurer que si ses compatriotes lui ressemblent, alors nous n’aurons aucun mal à nous entendre. Son sens de l’honneur me rappelle à certains égards celui de nos nordiens. »


Cette fois, Bowen marqua une vraie pause, parce qu’il lui restait à aborder les points les plus délicats de son long monologue. Et il ne savait, à vrai dire, comment tourner la chose, parce qu’il estimait inconvenant de donner une mauvaise image de certaines personnes ou coutumes sans que Manel n’ait pu les voir par elle-même. Ce n’était pas ce qu’il voulait, mais d’un autre côté, il estimait méprisable de lui mentir, même pas omission. Mais peut-être que ce n’étaient que des impressions. Finalement, après avoir pesé le pour et le contre, il se mordit la lèvre et finit par lâcher :

« Son Roi ne m’a peut-être pas fait la même impression, je le confesse, mais il est possible que ce soit dû à la teneur des débats au sein du Collège Impérial, par nature enlevés lorsque l’on parle stratégie, après tout. Cela dit, il a besoin de l’Empire. Sans lui, c’est un paria dans son royaume, et ses hommes le savent.

Quant aux peyredragoniens … J’avoue qu’ils me sont les plus mystérieux. Ils semblent éperdument dévoués à l’Impératrice mais je dois admettre que leurs mœurs me sont … vraiment étrangères. Sans doute que les nôtres leur font le même effet, et que la connaissance mutuelle ainsi que l’apprentissage nous aidera à surmonter ces différences. En tout cas, ce sont probablement les plus enthousiastes vis-à-vis de l’Empire, sans que je ne sache si leur confiance est placée dans la structure ou simplement dans la personne de l’Impératrice. »


Avec un sourire d’excuse, Bowen conclut :

« Je ne sais si cela vous aide, et si j’ai répondu convenablement à vos questions, surtout qu’il y a beaucoup à dire. Mais si un point en particulier vous intrigue, je puis essayer d’y répondre plus avant. J’en suis resté aux généralités, après tout, et à estimer leurs sentiments sans pouvoir donner des assurances franches.

Ce qui est sûr, c’est que nous avons besoin d’eux, et eux de nous. Que grâce au Grand Septon, nous sommes tous unis comme hérétiques. Et que, contrairement à ce que l’on pourrait penser … Nous restons des hommes et des femmes avec des valeurs coutumières qui restent assez partagées sur le continent : le mariage, la loi de l’hospitalité, le rejet de l’esclavage et de toutes sortes d’ignominies … C’est un terreau commun sur lequel bâtir pour nous comprendre.

A titre personnel, sachez simplement que je n’ai pas eu de mal à m’entendre avec les autres nobles de l’Empire que j’ai rencontré, peu importe leur royaume d’origine. Même avec la piétaille riveraine, d’ailleurs. »



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MessageSujet: Re: Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel]   Il est doux de retrouver son foyer, et plus encore de retrouver ses amis [PV Manel] EmptyMer 10 Avr - 10:35

Elle ne s’était pas attendu à ce que son ami ait tant de choses à dire. Non pas parce que Bowen n’était pas observateur mais parce qu’il avait plutôt l’habitude d’être concis. Cependant, c’était de sa faute pour avoir posé des questions beaucoup trop générales. Le Sénéchal du Nord ne pouvait tout simplement pas lui répondre simplement. Manel écouta donc le jeune homme, sans jamais l’interrompre ni lui demander la moindre précision. C’était bien la moindre des choses après lui avoir demandé tout ça, après tout.

Et puis, en temps ordinaire, elle aurait sûrement adoré recevoir toutes ses informations. Elle aurait même continué de cuisiner Bowen pendant un moment à ce sujet, tentant d’extraire tout ce qu’elle pouvait de l’expérience de son ami. Sans oublier bien sûr qu’il était parti dans le sud pour faire la guerre, mais elle ne voulait pas réellement parler de ça. Pas encore en tout cas. Elle supposait aussi que ce n’était sans doute pas ce que Bowen avait le plus envie de partager. D’autant plus avec elle : Manel n’était qu’une jeune femme, peu à-même de partager avec lui l’excitation des batailles et l’ambiance des camps de soldats.

Heureusement, Bowen Glover n’était pas homme à se cantonner à cela et il connaissait Manel assez bien pour la satisfaire quand il s’agissait de ce genre de question. Peut-être même un peu trop bien.

En temps ordinaire, elle aurait sans doute adoré avoir cette conversation. Mais en l’état, elle ne pouvait s’empêcher d’attendre impatiemment que Bowen touche à ce qui l’intéressait le plus, puis elle tentait d’en décortiquer le sens. Entreprise futile car elle-même ne savait pas exactement ce qu’elle cherchait à savoir sur les terres du sud que ses lectures n’avaient pu lui apprendre. Bowen n’avait même pas visité les Terres de l’Orage, sa campagne l’avait mené dans le Conflans avant tout. S’il avait pu croiser des Orageois, ce n’était pas sur leurs terres, et sans doute n’avait-il que peu combattu à leurs côtés.

Tout de même, Bowen parvint à lui en dire beaucoup plus que ce qu’elle attendait. Même les informations sur les autres Royaumes furent assimilées par la jeune femme sans problème. Elle s’empressa de le rassurer, lorsqu’il eut fini sa tirade, osant même avancer la main pour lui poser brièvement sur le bras.

« Vous avez répondu plus que correctement, Bowen, ne vous en faites pas. Je suis bien heureuse de savoir que les différents royaumes de cet Empire sont capables de bien s’entendre. »

Reculant aussitôt, elle posa son livre sur le banc, puis se leva du banc pour prendre encore plus de recul. Elle n’avait pas envie de s’éloigner de Bowen a proprement parlé mais elle avait besoin de se lever, d’être à l’écart quelques secondes. Tournant le dos à son ami, elle pesa les informations qu’il venait de lui donner, tâchant d’en extraire la moelle qui l’intéressait le plus, puis soupira, ses épaules s’affaissant légèrement.

« Savez-vous si beaucoup de seigneur du sud commencent à s’intéresser au Nord ? »

A la façon dont les Nerbosc ou les Corbois l’ont fait, avait-elle envie d’ajouter, mais c’était hors de question. Elle connaissait assez bien son amie pour savoir qu’il était encore très sensible sur la question de sa famille, comme il l’avait montré un peu plus tôt. Elle aurait dû le savoir en l’interrogeant sur le Conflans, mais elle n’allait pas refaire la même erreur. D’autant que ce n’était pas tout à fait ce qu’elle voulait savoir.

Avant qu’il ait pu répondre, Manel s’était retourné vers lui, ses yeux pâles l’examinant intensément, de haut en bas, puis de bas en haut. Elle réfléchissait, se demandait si elle pouvait lui parler de tout cela. Si elle devait lui parler de tout cela, en fait. Il s’agissait de son ami, oui, mais aussi du Sénéchal du Nord. Elle finit par se décider, privilégiant son amitié par-delà le rang. Il fallait qu’elle en parle à quelqu’un.

« Je sais que mon père a trouvé quelques intérêts dans le sud pendant son passage. Je m’interrogeais sur ce que ce genre d’idées suscitait dans les citadelles du sud… de l’Orage, surtout. »
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