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Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]
MessageSujet: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyJeu 7 Mar - 0:10

Muet, Bowen fixait nerveusement la porte des appartements de Maedalyn, les siens également pour la durée de son séjour à Winterfell, comme si, face à ce qui l’attendait derrière. Il n’avait pas reculé devant les hordes sauvageonnes de la Mort-aux-loups, pas davantage face aux armées Hoare et encore moins devant la dernière charge menée par Harren le Noir en personne, alors qu’il était en passe d’être submergé et avec un dragon furieux et blessé sur ses arrières à Eysines. Pourtant, devant cette simple porte aux lourds battants, il paraissait bien loin, le preux combattant, ou l’enragé cavalier, toujours prompt à se frayer un chemin au cœur de la mêlée. Le Glover déglutit, essayant de faire cesser le tremblement qui agitait sa main. Il rassembla tout son courage et entra, Maedalyn à sa suite. Toujours sans rien dire, il se dirigea vers le berceau qui contenait l’objet de toutes ses angoisses, le récipiendaire de toutes ses dernières joies. Son regard croisa celui de sa femme, les mots s’étranglant davantage encore dans sa gorge nouée. Furtivement, il glissa sa main dans la sienne, avant de se pencher sur le berceau et d’observer pour la première fois son fils.

Combien de temps resta-t-il ainsi, à scruter ce petit corps chaud qui était sa descendance ? Il aurait été incapable de le dire, hypnotisé par la respiration régulière de Torrhen, attiré inexorablement par son odeur de nourrisson qu’il identifiait confusément, alors qu’il ne l’avait pourtant jamais sentie, comme si familière. C’était son fils, tout simplement, inexplicablement, évidemment. Son fils, l’extension de sa chair, la réalisation de sa capacité à enfanter, la perpétuation de la lignée Glover … Et son fils, son fils, son fils, se répétait-il comme s’il refusait jusqu’au bout de croire qu’il ait pu faire quelque chose de réellement bonne en ce monde. Etait-ce seulement possible que ces mains pleines de sang puissent tenir la pureté-même ? Est-ce que la mort avait pu enfanter la vie ?

Il sentit la main de Maedalyn se refermer sur la sienne, comme un encouragement. Alors, Bowen n’y tint plus et se détacha doucement de son épouse pour se pencher complètement sur le berceau et prendre maladroitement dans ses bras ce petit être. Et lorsqu’il le serra contre lui, lorsqu’il sentit sa chaleur contre la sienne, il sut. Ce moment ne pouvait cesser, non, il ne devait pas cesser. Il l’avait trop attendu, trop désiré, pour qu’il lui échappe. Westeros pouvait bien s’écrouler, le Nord pouvait être envahi, la moitié de sa famille enlevée, il s’en moquait : seul comptait ce petit paquet de linge, ce bout d’homme qui ne se rendait pas compte d’à quel point il était aimé, et qui allait apprendre qu’il avait un père, sans savoir exactement ce que cela signifiait pour cet étrange homme au visage fatigué par plusieurs semaines d’affilée de chevauchée, parfois de marche à travers le continent, dans des conditions au mieux difficiles, au pire pratiquement insupportables. La boue, le vent, la neige drue, les marécages … Ils avaient tout traversé, et à un rythme que n’aurait pas renié le pire sergent-instructeur au cours d’une marche forcée. Mais aujourd’hui, tout s’effaçait, et les sacrifices étaient oubliés, parce que Lord Glover tenait son héritier entre ses bras, et que Bowen n’arrêtait pas de se baigner dans la vision de son fils.

Il était père. Cette réalité qu’il avait largement eu le temps d’appréhender n’avait jamais été aussi tangible qu’à cet instant précis ou le pouce minuscule de son fils s’enroulait autour de son propre doigt pour le serrer fort dans son sommeil, et que ce simple geste l’émouvait au-delà de ce qu’il était possible d’imaginer. Rien n’avait jamais été aussi fort dans son existence que d’être là, à retenir son souffle face à ce geste qui, s’il était totalement anodin, emplissait son cœur de tant d’amour qu’il lui paraissait prêt à exploser. Il était père, en effet. Il avait contribué à créer ce tout petit être qui ne se rendait pas compte d’à quel point il était précieux, et de tout ce que, à cet instant, le solide gaillard qui le tenait dans ses mains de bûcheron était prêt à faire pour lui. Non, Torrhen Glover ne pouvait imaginer tout ce qu’il représentait aux yeux de cet inconnu qui se trouvait être son père. Il avait toute la vie pour le savoir, et encore, il y avait peu de chance pour qu’il le comprenne vraiment, car les fils ne pouvaient jamais complètement imaginer ce qu’ils représentaient pour leur géniteur. C’était là quelque chose que l’on réalisait en devenant père à son tour, en regardant cette vie si fragile et en comprenant qu’à partir de ce moment, toute leur existence serait dédiée à la préserver, l’aimer et la chérir. En vérité, c’était une chose que de le savoir, et une autre de le ressentir au plus profond de sa chair, dans chaque fibre de son être, comme une évidence qui pouvait et devait se passer de mots, parce que ces derniers n’avaient pas assez de nuances pour recouvrir l’amplitude du sentiment vertigineux qui emplissait Bowen.

Il était père. Comme son père avant lui. Est-ce que Galbart Glover avait ressenti la même chose que son fils alors qu’il voyait son garçon pour la première fois ? Sans doute pas, d’abord parce que Bowen n’était pas son premier-né, et ensuite parce qu’il n’avait pas attendu plusieurs mois pour le voir. La plupart des matrones et des vieillards répétaient, avec la sagesse de l’âge, que la naissance d’un premier enfant n’était semblable à aucune autre. Le Sénéchal du Nord était prêt à croire cela, car il lui semblait qu’il était inconcevable d’éprouver à nouveau cette intense bouffée de chaleur, cette joie sublime, cette envolée magnifique et ce sentiment immense et troublant de fierté. Un premier-né, c’était la réalisation qu’on était apte à donner la vie, soit l’acte le plus profond et grandiose qu’il puisse être donné à homme de réaliser. Un conquérant invaincu ne serait jamais aussi purement heureux qu’un jeune père. C’était là une vérité à méditer. Et les autres enfants, même s’ils apportaient une joie douce et merveilleuse, demeuraient la continuité d’une découverte exceptionnelle. Dans cette première naissance se jouait la certitude nouvelle que la transcendance existait bel et bien, et qu’elle s’incarnait dans cette chair malléable et délicate de petit humain et dans toutes les promesses qu’elle contenait. Dans l’odeur si agréable de nourrisson, Bowen trouvait des parfums d’éternité, et un océan infini de possibles dont il était à l’origine. Quand il ne serait plus, son fils porterait sa propre ombre, et tant qu’il vivrait, il serait la sienne.

Il était père, et la beauté de ces trois mots résonnaient dans sa tête, telle une mélodie dont il ne saurait se lasser. Alors, enfin, il se tourna vers celle qui avait permis que cela soit, refoulant les larmes qui perlaient aux commissures de ses yeux alors qu’il se sentait complètement submergé par la reconnaissance. Maedalyn lui avait offert quelque chose qu’il ne pourrait jamais entièrement rendre. Il se rendait bien compte, à présent, d’à quel point il était illusoire de penser qu’il pourrait lui apporter autant qu’elle au sein de leur mariage. Il pouvait la couvrir de présents, l’élever au firmament de la noblesse, en faire la deuxième dame du royaume, se couvrir de gloire en son nom … Aucun de ces accomplissements ne pourrait égaler la naissance de leur enfant. Que la mâle virilité était sans éclat, face au triomphe du féminin ! Face à ce mystère, à cette puissance incomparable de la matrice créatrice, l’homme d’armes n’avait qu’une seule chose à faire : s’incliner. Une seule parole suffisait. Il la prononça.

« Merci. »



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyJeu 21 Mar - 22:33

Appartement de Maedalyn & Bowen Glover,
An 1, mois 7

Combien de fois la nordienne avait rêvé de cet instant ? Maedalyn ne les comptait plus. Elle avait ardemment espéré cet instant, ce jour où son époux pourrait enfin poser les yeux sur son fils. Un fils qu’elle couvait comme une louve qu’elle n’était pourtant pas réellement. Lady Glover avait tout fait pour donner un fils à son époux et si leurs débuts n’avaient pas été des plus lumineux, la joie de donner naissance à un héritier avait en quelques secondes tout effacer de sa mémoire ou presque. Elle avait accompli son devoir mais elle s’était surtout révélée en tant que mère. Désormais la lignée des Glover était assurée parce qu’elle le jurait par les Anciens Dieux, leur fils vivrait. Alors lorsque les murmures annonçant le retour des hommes à Winterfell étaient venus jusqu’à elle, Maedalyn Glover s’était simplement lassée submergée par la joie de revoir un époux qui s’était éloigné d’elle si peu de temps après leur noce. Un époux qu’elle avait plus connu à travers leur échange qu’au court du temps passé à ses côtés. Un manque qu’elle avait bien l’attention de combler désormais.

Après leur retrouvaille un peu particulière dans la Court de Winterfell, Maedalyn avait guidé son époux jusqu’à ses appartements. Elle l’avait laissé contempler la porte close sans mot dire. Elle ne voulait pas le brusquer. Après tout ce temps, le voir enfin devait être comme une seconde naissance pour Bowen et Maedalyn ne voulait pas intervenir dans ce processus. Elle entra simplement à sa suite, refermant avec soin les lourdes portes derrière eux. Subtilement, elle accueillit la main de son époux dans la senne alors qu’il s’approchait du couffin où dormait leur fils. Ils échangèrent un regard et le visage de la brune s’illumina d’un large sourire. Lady Glover pressa la main de son époux alors qu’il restait là, figer dans la contemplation de ce qu’ils avaient de plus précieux. Elle l’encourageait à prendre leur fils dans ses bras. C’était son droit après tout. Elle pouvait comprendre cette hésitation face à un corps si petit, si fragile. Et encore, il ne l’avait pas vu à la naissance, leur fils. Avec les quelques mois d’existence, Torrhen avait déjà bien changé, Maedalyn en avait conscience, elle qui el voyait tous les jours. Et elle regrettait et maudissait la guerre d’avoir volé ces moments à Bowen. Oh évidemment, si elle donnait naissance à d’autres enfants, cette fois-ci, elle l’espérait il serait présent. Mais ce ne serait pas pareil. Torrhen était leur premier né, la preuve concrète que leur mariage avait été scellé au-delà de simple serment devant un Barral.

Le spectacle était magnifique et Maedalyn observait son époux et leur fils avec une tendresse dont il ne se rendait probablement pas compte. C’était ce que les Anciens Dieux pouvaient lui donner comme meilleur cadeau. Voir son mari enfin prendre son fils dans ses bras. Le voir prendre réellement conscience que désormais il ne vivrait plus que pour lui ou pour elle mais cet enfant qui était autant le sien que celui de la jeune femme qui se tenait à ses côtés. Instinctivement, la Glover s’était légèrement écartée laissant les deux hommes de sa famille faire dignement connaissance. Et Bowen comprenait qu’il était père, Torrhen, lui serait probablement un peu dérouté lorsqu’il se réveillerait et verrait pencher sur lui le visage d’un être qu’il ne connaissait pas. Ce fut alors un visage serein et souriant qu’elle offrit à son époux lorsque ce dernier se tourna enfin vers elle, leur fils toujours dans les bras. Et le simple mot qu’il prononça fit frissonner la jeune femme. Elle ne s’y attendait pas, elle devait l’avouer. « Tu n’as pas à me remercier, Bowen… » souffla Maedalyn. Le tutoiement était sorti comme une évidence, comme si après tout ce temps, elle avait besoin de se sentir proche de lui. Elle posa son regard sur leur fils et poursuivit. « Désolée pour mon comportement peu approprié lorsque vous êtes rentrés à Wintefell avec sa Majesté. Je n’aurai pas dû, j’ai bien remarqué que l’on se moquait de toi. »

Maedalyn baissa les yeux. Elle avait bien conscience qu’elle avait commis une erreur. Elle n’aurait pas dû se laisser emporter par la joie de retrouver un époux trop longtemps parti. Et pourtant, une partie d’elle-même se disait qu’elle avait fait ce qu’elle avait dû faire. Qu’importe ce que pouvait dire les autres, Maedalyn avait agi sous le coup de l’émotion. Alors oui, elle aurait pu lui en vouloir d’être parti si vite après leurs noces mais à dire vrai, si elle devait en vouloir à quelqu’un cela serait plus à l’Empereur et à Jon plutôt qu’à son époux. Lady Glover se rapprocha et posa une main protectrice sur la joie de son fils. Puis elle leva les yeux pour soutenir le regard de son époux. « C’est moi qui devrais te remercier d’être revenu. Que serions-nous devenu si tu n’étais pas rentré avec les autres ? » demanda la jeune femme qui savait pertinemment que Bowen aurait pu mourir comme tant d’autres loin des terres du Nord.



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Maedalyn Glover

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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyVen 22 Mar - 23:06

Lorsque Bowen avait vu son frère Edwyle pour la première fois, il n’avait que trois ans, et la première chose qu’il avait pensé, en voyant cette petite chose rose devant lui, alors qu’Alysane, du haut de ses dix ans essayait de lui expliquer ce que ce bout de chair braillard représentait pour leur famille, était que cela faisait tout de même beaucoup de bruit, et que cela n’était pas très joli. Moins que son amie, la fille de sa nourrice, qui aimait jouer avec lui. Elle, elle était jolie, avec ses joues rondes et ses cheveux blonds tressés. Et elle lui faisait des sourires, surtout pour lui voler ses jouets, à vrai dire, mais ce n’était pas grave. Si elle lui offrait des sourires, ça valait bien un cheval en bois, non ? Non, deux sourires quand même. C’était aussi joli, un cheval en bois taillé par son père. Mais ce que les adultes appelaient un bébé, ça n’avait pas l’air très amusant. En revanche, il fallait veiller sur eux, il l’avait bien retenu. Parce que les guerriers du Nord défendait les bébés, et qu’il était un guerrier du Nord. Enfin presque.

Lorsqu’il avait tenu son frère Tonnie dans ses bras, il avait douze ans, et là, il avait enfin compris la beauté d’un nouvel être. Bien sûr, c’était un lourd fardeau, mais moins qu’une épée, et il avait conscience qu’il s’agissait de quelque chose d’une fragilité infinie. Et quand le nourrisson l’avait regardé, il avait senti une étrange sensation de chaleur l’envahir, comme s’il réalisait profondément le lien de sang entre lui et le paquet de langes entre ses bras malhabiles. Il savait que c’était pour lui, pour sa mère et sa sœur, qu’il partirait dans quelques semaines à Winterfell pour rejoindre le Roi du Nord, et de là partir dans les Rus pour défendre le royaume contre les forces d’Harren le Noir qui continuaient à tenter d’emporter la décision dans cette guerre terrible, comme son père le faisait à ce moment-même, éloigné du foyer et retenu en garnison alors que son quatrième né venait au monde.

Lorsque Bowen avait rencontré son frère Robett pour la première fois, il avait obtenu l’autorisation du Roi de revenir en ces terres. Il savait qu’il avait combattu pour lui, pris des vies pour lui, déjà. Et pourtant, au moment de se pencher sur le berceau, à nouveau, il avait ressenti ce frisson inimitable, alors qu’il s’approchait de ce nouveau Glover, le dernier sans doute, car ses parents n’étaient plus tous jeunes et cette dernière grossesse avait beaucoup fatigué Lady Rowena, il avait compris profondément le sens de la transmission. Cet enfant, il aurait pu, à peu de choses près, être le sien. Il savait qu’il le guiderait, qu’il serait son protecteur. Et il avait échoué. Au moment de voir Benjen, son neveu, curieusement, Bowen avait eu une expérience assez différente. Ce n’était pas un fils, mais … ce n’était pas un frère. C’était la promesse d’une nouvelle génération, ainsi que la réalisation que sa sœur commençait sa propre famille, et qu’il voyait l’avenir d’une noble maison dans ce berceau richement décoré. Mais là encore, il se souvenait de cette bouffée d’affection immédiate qu’il avait pu ressentir.

Cependant, face à son propre enfant, à la chair de la chair, Bowen comprenait à quel point rien n’aurait pu le préparer à ce qu’il vivait. Cet enfant, il ne pouvait que compter sur lui et sa mère, personne d’autre. Il devrait veiller sur lui toute son existence, et en permanence, parce qu’il ne serait pas celui qu’on venait voir pour s’amuser ou qui remplaçait au pied levé des parents trop occupés. Il ne serait pas le gentil oncle ou le redoutable frère, mais le père, avec tout ce que cela comportait de difficultés. Viendrait un jour où Torrhen devrait apprendre les rudesses du monde, et être rudoyé à son tour. Il devrait le gourmander, le tenir, et il savait d’ores et déjà que ce serait difficile, car les fils aux pères absents n’aimaient pas forcément le retour de l’ombre paternelle toute-puissante. Et la responsabilité de ce que deviendrait son garçon reposait sur ses épaules. S’il faillissait plus tard, c’est lui qu’on accuserait. En un mot, il était responsable, dans tous les sens du terme, de cet enfant, et le caractère vertigineux d’un tel poids lui semblait soudain infiniment plus lourd que celui du commandement des armées du Nord, du siège au Collège Impérial, de la gestion de son fief même.  Bien sûr, il était responsable de ses hommes, de ses gens … Mais leur vie personnelle, il n’avait pas de contrôle sur elle. Il n’était pas en son pouvoir de corriger en amont les vices des personnes placées sous son autorité. Pouvait-il dire la même chose d’un fils ? Non, du moins pas à son avis.

Et pourtant, malgré ces différences, il se plaisait à chercher dans le visage de son enfant les traits familiers de ses frères disparus, de sa mère. Les drames vécus étaient probablement pour beaucoup dans la charge émotionnelle qui l’assaillait alors qu’il contemplait le petit, comme s’il cherchait à se convaincre, encore et encore, qu’il resterait à jamais quelque chose de Tonnie et Robett Glover, sauvagement assassinés à huit et neuf ans, alors qu’ils n’avaient vécu que le printemps de leur existence, à peine. Il voulait croire que, malgré la destruction des siens, quelque chose d’eux restait présent sur cette terre viciée, et que ce quelque chose s’incarnait dans cette descendance qu’il leur offrait, dans ces yeux si Nerbosc, dans ces fossettes si semblables à celles de Tonnie, dans ce menton volontaire ressemblant trait pour trait à celui de Robett. Ils étaient présents autour de cet enfant, voulait-il croire, ceux qui étaient revenus à la terre et formaient désormais les anciens de Motte-la-forêt et de la maison Glover.

Furtivement, l’image de ces trois êtres qu’il avait tellement aimé, ainsi que celles de son oncle, de sa tante et de son cousin, lui apparurent, comme si elles lui souriaient, apaisées et qu’elles contemplaient, d’un autre endroit, le futur dont elles étaient privées de leur vivant, et qu’elles aideraient dans leur mort. Alors, si, il devait remercier Maedalyn, toute sa vie, pour lui, et pour eux. Doucement, alors qu’elle lui parlait, il embrassa le front de Torrhen, qui s’agita un peu dans son sommeil, sans se réveiller pour le moment. La voix un peu étranglée par l’émotion, il finit par lui répondre :

« J’avais pris des dispositions, ma mie. Au cas où … Je ne reviendrais pas. J’avais demandé à Lord Walton de veiller à ce que vous obtienniez la régence de Motte-la-forêt, et au Roi de veiller sur vos droits et ceux de notre enfant. A ce qu’il prenne soin de vous … ou vous offre un autre époux, si et quand vous le vouliez. »

Il regardait tour à tour Maedalyn et Torrhen, frissonnant sans le vouloir à la seule pensée que la guerre, que Hoare aurait pu le priver d’un tel spectacle. Est-ce qu’on ressentait la chaleur des vivants, une fois parti avec les esprits de la nature ? Il l’espérait. Pour sa famille massacrée. Qu’elle sente toujours son amour. Il était tellement perdu dans la confusion de ses sentiments qu’il en oublia le tutoiement de son épouse. Il n’avait pas l’habitude. S’en rendant compte, il bafouilla :

« Je … Navré, je vous vouvoie encore. Mais … vous entendre me tutoyer ne me déplaît point, alors je vais essayer. »

S’approchant de la jeune femme, son fils toujours dans ses bras, il hésita, désireux de lui témoigner, alors qu’elle semblait encore toute fautive par rapport à son éclat dans la cour de Winterfell, son affection, mais se retint in extremis alors qu’il s’apprêtait à se pencher pour lui baiser le front, ne voulant surtout pas lui imposer un contact aux connotations particulières si elle ne le voulait pas, ce qu’il aurait pu aisément comprendre. Bien sûr, son accueil plus que chaleureux semblait signifier le contraire, mais maintenant que le soulagement de voir que le père de son enfant était bien vivant, peut-être qu’elle se sentirait gênée, surtout maintenant qu’ils étaient seuls ? Et puis, il ne souhaitait pas qu’elle sente sous une quelconque pression maritale … et enfin, il se posait trop de questions et sa timidité reprenait le dessus, comme toujours quand il s’agissait des femmes, et plus encore de Maedalyn. Finalement, il se contenta d’une main sur son épaule, un peu maladroite alors qu’il tentait de garder serré contre lui son fils, alors qu’il déclarait :

« Ne vous … non, je reprends. »

Un bref sourire lui vint, d’excuse, alors qu’il poursuivait :

« Ne te tourmente pas pour tout à l’heure. La Reine ne semble pas en avoir pris ombrage, et je crois que Jon en a été … sincèrement amusé. Nous leur avons présenté nos excuses, et ils savent que cela ne se reproduira plus.

Pour les autres … Bon, je n’ai pas fini d’en entendre parler, mais entre nous, il vaut mieux être raillé parce que son épouse est trop heureuse de voir revenir son mari que l’inverse, non ?

Je crois qu’ils sont tous un peu jaloux. »


Avec un gentil sourire, qui se voulait rassurant, il ajouta :

« Ce n’est pas grave. »

Le rouge aux joues, il conclut :

« Et même si c’est inconvenant de dire cela, ou de le penser … A y réfléchir, il se peut que cela m’ait fait bien plaisir, ma dame. »



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyDim 21 Avr - 22:35

Maedalyn Glover ne quittait pas des yeux les deux hommes de sa vie. Elle avait remercié Bowen d’être revenu en vie. C’était le principal au fond. Elle avait prié les Anciens Dieux pour qu’il revienne. Et les dieux l’avaient exaucée. L’émotion l’envahissait à nouveau alors qu’il lui affirmait qu’il avait pris ses dispositions au cas où il n’était pas revenu à ses côtés. Maedalyn avait furtivement souri à l’évocation de ces marques d’attentions. Mais son sourire avait aussi une touche de tristesse. Mais comment dire à son époux que rien n’aurait pu l’aider à surmonter sa perte si ce n’était leur fils. Bowen avait pris une place bien plus importante dans sa vie qu’il ne pouvait encore le percevoir. Être douairière de Motte-la-forêt ou être remariée, même après des années de veuvage n’aurait pas pu lui redonner le sourire qu’elle avait eu lorsqu’elle avait reçu la première missive de son nouvel époux combattant dans le Sud de Westeros. Rien n’aurait pu lui redonner ce sourire qui s’était dessiné sur ses lèvres lorsqu’elle avait pris pour la première fois son fils dans ses bras. Ni Walton ni Jon n’aurait pu lui redonner la joie de vivre. Alors elle se rapprocha un peu plus de son fils et de son mari et posa une main sur la joue de Lord Glover. « Tout cela me touche, Bowen. Mais je ne me serai pas remariée quant bien même on m’aurait dit que Torrhen a besoin d’une figure paternelle. Mais je suis touchée que tu aies demandé à sa Majesté de veiller sur nous s’il t’étais arrivé quelque chose lors de cette campagne. »

Maedalyn laissa ses doigts parcourir la peau de la joue de son époux. Sa main la caressait avec douceur et lenteur, peut-être aussi pour prendre pleinement conscience qu’il se tenait bien devant elle. L’arrivée des Nordiens à Winterfell avait été une source d’émotion et de grande joie pour lady Glover et la nouvelle mère qu’elle était. Et si dès qu’elle l’avait vu elle avait inconsciemment intégré qu’il était vivant au point de lui sauter au cou au beau milieu de la court de la forteresse, elle en prenait maintenant pleinement conscience par des attentions tactiles et le contact physique. Sa main quitta le contact de sa joue lorsqu’il tenta de s’excuser pour le vouvoiement. Le voir ainsi s’excuser lui arracha un petit rire. Ce n’était pas de la moquerie, simplement elle trouvait cela attendrissant de le voir ainsi tenter de lui plaire. Elle baissa les yeux et légèrement la tête alors qu’elle le vit s’approcher d’elle. Elle ne savait ce qu’il allait faire et regarda du coin de l’œil sa main se poser sur son épaule. Bowen était si près d’elle encore plus que lorsqu’elle avait touché sa joue. Seul leur fils les séparait réellement l’un de l’autre. Et ce fut à ce moment là qu’il lui affirma qu’elle n’avait pas à s’en vouloir. Visiblement la reine du Nord Eleanor Stark ne semblait pas en avoir pris ombrage quant à Jon Stark, Bowen assurait qu’il en avait été simplement amusé. Maedalyn Glover murmura un simple merci en réponse à la remarque de son époux. Et rigola doucement au sujet des hommes du Nord qui s’étaient moqués en la voyant agir de façon si peu conventionnelle. « N’ont-ils donc pas de femme à retrouver… » souffla-t-elle un peu triste pour eux. « Sa Majesté la reine est une femme admirable. J’ai été heureuse d’avoir pu converser avec elle. J’espère malgré tout ne pas lui avoir fait trop peur… » fit la jeune femme. Maedalyn avait eu l’occasion et l’infime honneur de pouvoir discuter en privé avec la nouvelle reine du Nord. Une femme qu’elle appréciait vraiment. Elle ferait tout pour lui rendre plus facile son adaptation dans le Nord. Et si les anciens dieux le voulaient, elle pourrait même être présente à ses côtés lors de son accouchement.

Le cœur de la nordienne manqua un battement lorsque Bowen ajouta que son comportement lui avait fait plaisir. Le rouge aux joues rendait son époux encore plus adorable aux yeux de la jeune femme. Et sans vraiment y réfléchir elle franchit le peu de distance qui les séparait pour prendre son fils des bras de son époux et déposer son front sur le torse du Lord de Motte-la-forêt. « Je ne pensais pas que cela te ferait tant plaisir, Lord Bowen Glover. » Maedalyn avala sa salive et planta son regard dans les yeux du Lord. « Me parleras-tu un jour de cette guerre ? Nous nous sommes séparés si vites. J’ai l’impression que la guerre te connait mieux que moi, malgré nos échanges. » La voix de Maedalyn Glover était hésitante. Elle le savait la guerre était horrible, elle en avait eu un aperçu avec les sauvageons mais elle voulait savoir parce que cela faisait parti de la vie de son époux désormais.



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyMer 24 Avr - 22:56

Comme à chaque fois que Maedalyn lui témoignait une infime marque d’affection par ses paroles, alors que Bowen l’entendait lui assurer qu’elle n’aurait point voulu lui trouver de successeur à son bras, s’il n’était point revenu, le jeune homme sentit son cœur gonfler de plaisir, et son myocarde s’emballa, le ramenant à des émois de jeunesse d’un autre temps. Une part de lui éprouvait une forme de honte à ce que ce corps engendre des réactions dignes d’un puceau de treize ans apercevant le mollet d’une damoiselle suite à une course, incapable d’arrêter son imagination de s’enflammer. Après tout, il était homme fait. Il n’osait penser aux moqueries qu’il endurerait s’il lui prenait la folie de révéler ce genre d’emportements à ses hommes. A moins que ce ne soit la marque d’autre chose, de ce mot qui faisait rêver les jeunes filles en fleur, se gausser les vieux cyniques, et qui était secrètement recherché par tous, sans oser l’espérer de peur d’être cruellement déçus par la vie et les obligations incombant à tout un chacun ? Ce dont il était certain, et qui décidément n’avait pas changé depuis leurs fiançailles, et même depuis leur première rencontre, c’est qu’au contact de la belle aux armoiries argentées, le sieur de Motte-la-forêt était définitivement un jeune homme, et non pas seulement le Lord, le Sénéchal. Il se savait vieilli avant l’heure, par son éducation, les rigueurs de leur royaume, et puis par les épreuves et la guerre. Son corps en arborait les stigmates. Son visage aussi, déjà. Et parfois, quand il discutait avec d’autres personnes, il se sentait terriblement âgé. Etait-cela dont parlait Torrhen Stark, quand il plaisantait, dix ans auparavant, de ses cheveux blancs qui apparaissaient bien trop tôt ? Peut-être. Mais là, à contempler son épouse, à se gargariser silencieusement de son affection, il ne pouvait s’empêcher de retrouver son âge, et ce que l’existence lui avait volée : le temps des douceurs, de la fierté discrète et de l’envie de vivre.

Les doigts de la née Cerwyn couraient sur ses joues, et le contact acheva de faire entamer à son pauvre palpitant une danse hardie. Le souffle de son fils contre son corps associé à ce contact physique achevait de l’aider à réaliser qu’envers et contre tout, il était enfin arrivé à destination, que ce dont il rêvait depuis tellement de mois était bien là : un moment de paix, avec sa femme et son fils. Que fallait-il de plus pour combler un homme, surtout un cœur simple comme Bowen qui, au fond, n’aspirait qu’à vivre tranquillement et à mourir à quatre-vingts ans, dans son lit, entouré d’une large famille ? Les honneurs, le pouvoir … Tout cela s’effaçait devant la chaleur tendre d’un nourrisson, dans les bras d’une femme. Il ne comprendrait jamais ceux qui ne savaient se contenter de ces plaisirs doux, préférant l’aventure, la gaudriole ou l’ambition. Enfin, si, il pouvait, dans une certaine limite. Mais tout ceci n’était qu’éphémère. La terre et la famille, voilà qui durait. C’étaient les traditions nordiennes, la foi des Anciens Dieux, qui leur enjoignaient de révérer le passage des générations, le sol nourricier, pour après, le moment venu, les rejoindre. Et avec Torrhen entre ses bras et Maedalyn en face de lui, il sentait vibrer en lui le renouvellement de ses aspirations d’antan et une foi renouvelée en ses croyances.

Tandis que son épouse reprenait la parole pour évoquer leur nouvelle reine, elle se rapprocha encore un peu et finit par prendre leur fils dans ses propres bras, avant de se lover contre lui. Et là, il n’y tint plus et enlaça les deux personnes les plus importantes de son existence, sa tête se calant au-dessus de celle de sa femme, l’odeur de ses cheveux l’intoxiquant doucement. Il y trouvait les notes entêtantes de son parfum, de cette flagrance qui lui indiquaient qu’il était chez lui, et qu’il n’aurait jamais voulu être autre part que là, dans cette pièce, avec Maedalyn et Torrhen contre lui. Même l’évocation de la guerre ne pouvait briser cette bulle dans laquelle il se trouvait. Gentiment, il finit donc par murmurer :

« Bien sûr. Si c’est ce que tu désires. Cela dit, je puis déjà t’assurer que, même si la guerre est une maîtresse exigeante, elle n’aura jamais le charme de ma tendre épouse. »


Avant d’ajouter dans un souffle, taquin :

« Encore que, je ne sais si je dois me vexer de te voir si prompte à me voler mon fils, ma mie. Vais-je devoir livrer bataille pour le garder, ou bien est-il un si grand rival dans ton affection que j’en sois réduit à user de ruses pour m’y faire une petite place ? »


Ses lèvres descendirent le long de sa tempe, toujours à distance de la peau, son souffle caressant l’ivoire délicat de sa chair, et il continua :

« La vérité c’est que … chaque marque d’affection me plaît. Je suis heureux, et honteux de l’être, en entendant qu’à ma mort, point de remariage. Même si l’honneur me conduit à vouloir ton bonheur et à ne pas souhaiter la vie, pour ma femme, d’une veuve triste et solitaire pendant plusieurs décennies … une part de moi ne peut qu’éprouver un fat orgueil mâle à l’entendre. Exactement comme quand, malgré ma peur si grande d’avoir déplu à ma mie, après tant de mois séparés, après ces fiançailles si courtes, cette annonce si … malséante, ces noces si précipitées … j’ai l’audace d’espérer qu’après tout, elle est au moins heureuse de me voir à ses côtés. »

Il ne saurait jamais exprimer mieux ce qu’il ressentait, et déjà cette mise à nu lui semblait presque trop, comme s’il craignait d’en avoir trop dit, d’avoir trop d’espoir, envers et contre tout ce que les gestes de Maedalyn semblaient indiquer.

« Et … J’ai l’impression que c’est un don des dieux si précieux que j’ai peine à y croire. Tout ce que notre peuple a traversé rend parfois les mariages si … difficiles. Par l’éloignement, les pertes … »

Un moment pensif, il conclut :

« Je ne t’imagine point effrayer la Reine mais … ce serait peut-être un mal pour un bien. Parce que la guerre, précisément, a fait de Jon un homme qu’une nordienne aurait déjà du mal à appréhender, et que ses origines et son enthousiasme éloignent un peu plus d’elle. »



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyJeu 2 Mai - 13:11

Les doigts de la désormais Lady Glover depuis leur union devant le barral avait parcouru chaque parcelle de peau de la joue de son époux. Un contact rassurant et nécessaire pour la jeune femme. Elle l’avait tant espéré, se refusant de songer qu’il pouvait ne jamais revenir avec le reste de l’ost du nord. Elle avait prié les anciens dieux plus que jamais, plus que pour son père et son frère qui lui étaient pourtant si chers à son cœur. Bowen Glover avait, avec le temps surpassé dans son cœur et dans son esprit les deux hommes qui jusque là occupaient toutes ses pensées et canalisaient toutes ses angoisses. Evidemment avec la naissance de Torrhen, son esprit s’était obligatoirement porté sur leur fils, son bien-être et ses besoins les plus primaires aussi. S’occuper de son fils avait été pour la jeune mère un cadre de vie où la réflexion n’avait pas lieu d’être. Une bouée de secours pour éviter de sombrer dans la mer tumultueuse des questions qui restaient sans réponse. S’occuper de Torrhen s’était ne plus penser à rien d’autre qu’à lui, qu’à ses petits sourires fait aux ancêtres puis à elle, véritablement et à toutes personnes posant son regard sur sa petite frimousse de petit nordien vigoureux.

Mais maintenant Bowen Glover était revenu, il était là, l’étreignant de toute ses forces comme s’il craignait qu’elle se dérobe. Elle avait leur fils dans ses bras et, la tête contre son torse, elle pouvait percevoir certains battements de son cœur. Elle lui avait ravi leur fils qu’il tenait encore il y a peu, comme s’il avait entre ses mains le bijou le plus précieux, la pièce d’une étoffe si fragile que le moindre geste inapproprié pourrait altérer à jamais. Maedalyn avait sourit et elle avait rassuré, du moins l’espérait son époux sur l’avenir. Non elle ne voulait pas en épouser un autre parce qu’elle avait eu peur pour lui et pour personne d’autre. Un léger rouge lui était monté aux joues alors que Bowen la complimentait. Il lui raconterait cette guerre qu’elle n’avait vécue que par procuration et encore. Elle se doutait bien que son époux lui épargnait bien des choses. Sûrement ne voulait-il pas l’inquiéter. Mais ne pas savoir était parfois pire. L’imagination débordante de l’esprit des hommes était une formidable alliée mais elle pouvait aussi se montrer une bien cruelle ennemie prête à vous emporter vers un monde fait d’horreur, de sang et de larmes.

Lady Glover lâcha un petit rire amusé, lorsqu’il se moqua un peu d’elle et de son comportement de mère. Oui elle lui avait reprit leur fils, sans aucun doute l’instinct de mère qui ne supportait pas encore de se voir séparer de cette petite chose qu’elle avait porté si longtemps en son sein. « Bowen vous avez tous les deux mon affection. Elle n’est simplement pas la même. Tu n’auras pas à livrer bataille contre lui, rassure-toi. » souffla la née Cerwyn, restant toujours contre son époux. Et le souffle du Lord effleurant ses tempes la fit frissonner. Elle n’osait bouger alors que déjà il reprenait, un peu maladroit peut-être mais si sincère. Il était heureux de savoir qu’elle ne désirait pas se remarier s’il n’était pas revenu. Il était heureux de constater que malgré leurs débuts un peu chaotiques, elle était heureuse de le revoir. Parce que Maedalyn l’était assurément et sincèrement. Elle l’avait montré parce que des gestes et des actes valaient mille mots. Parce qu’il était aussi plus facile de laisser son corps parler que d’exprimer des pensées qui se mélangent sous le coup de l’émotion. « Penses-tu réellement que ma vie aurait été aussi triste que cela, quand bien même un autre homme après toi n’aurai plus partagé ma couche ? J’aurai eu Torrhen pour me rappeler de toi, je l’aurai aimé pour deux. On lui aurait parlé de son père, de l’homme qu’il était, un fier nordien qui s’était battu pour lui offrir un monde plus sûr. On, parce que sois-en sûr que j’aurai mis à contribution et son Altesse le prince Walton et sa Majesté le roi Jon Stark. » souffla la jeune femme dont la voix était un peu serrée. Maedalyn avait parqué une courte pause avant de reprendre. « Je lui aurai expliqué que sa mère n’avait pas de place dans son cœur pour laisser un autre homme qui entrer. Parce que… parce que cela est bien le cas Bowen… nul homme ne saurait prendre ta place, jamais… » Lady Glover avait prononcé ces quelques mots en relevant la tête. Et son regard s’était encré dans celui du nordien. Le contact visuel était intense, presque électrique et lorsqu’il parla de mariages difficiles, de l’éloignement et des pertes, elle déposa délicatement sur ses lèvres son index lui intimement le silence. « Ne pense plus à tout cela. L’hiver nous apporte son froid mais aussi un temps de répit. Et il ne tiendra qu’à nous d’en profiter ou non… » souffla presque provocatrice malgré son timbre de voix si bas la femme du Sénéchal du Nord. Et elle lui offrit un sourire avant de baisser les yeux, un peu gênée lorsqu’il revint sur sa conversation avec la reine du Nord Eleanor.

Brisant un lien imaginaire entre deux, elle s’écarta légèrement de lord Glover. Son visage se ferma un peu. L’inquiétude pouvait s’y lire si facilement. Elle avait eu le temps d’apprécier la reine, de la connaître un peu et de constater avec tristesse et angoisse, que malgré tous ses efforts pour le dissimuler, elle souffrait de sa grossesse. « J’ai peur pour la reine Bowen. Sa grossesse n’est pas aussi sereine que fut la mienne. Si ma délivrance fut douloureuse au moins ai-je connu une grossesse apaisée. Ce n’est pas son cas Bowen…je le sais, je le sens… » Était-ce son instinct de mère qui parlait, parce qu’elle l’avait vécu avant elle ? Peut-être, peut-être pas mais tout ce qu’elle pouvait dire c’était que Eleanor Stark ne vivait pas cela bien. « Je lui ai un peu parlé de ma délivrance, voilà pourquoi je crains de lui avoir fait peur… » partagea lady Glover. Elle vint de nouveau se blottir contre son époux espérant par là-même apaiser ses craintes. Elle n’avait pas voulu effrayer la reine. Elle ne désirait que l’aider, elle qui avait déjà vécu tout cela, certes qu’une seule fois mais tout de même. Eleanor était une femme qui valait le coup de connaître. Elle n’était certes pas du Nord, mais c’était une femme qui avait à cœur de servir au mieux les intérêts de son nouveau royaume. Et sa crainte toute légitime d’enfanter une petite princesse en premier en disait long.



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyMar 14 Mai - 23:39

L’idée que son épouse se résigne à porter le deuil d’un époux aussi absent, après si peu de temps de vie commune, était par moment intolérable à Bowen, oui. Il y avait d’autres destins. Mais de la même manière, il ne voulait pas qu’elle soit contrainte par son père à épouser un autre homme si ce n’était pas son désir. Elle était jeune, encore, capable d’enfanter. Et la veuve d’un homme puissant avait toujours un grand nombre de prétendants, surtout quand il n’y avait qu’un héritier du précédent mariage. Lord Cerwyn pouvait considérer qu’il y avait matière à sceller de nouvelles alliances pour accroitre un peu plus l’influence de sa famille. Il savait parfaitement que si sa femme décédait trop vite, il y aurait une pression importante pour qu’il retrouve une épouse, qu’il le veuille ou non, ne serait-ce que pour agrandir le réseau d’alliances du Nord avec d’autres royaumes de l’Empire. Eut-il été célibataire qu’il y aurait eu sans doute foule, à l’heure actuelle, pour partager sa couche. Ironique, pour un homme qui, un an auparavant, était l’un des partis les moins reluisants du Nord. Cela avait le mérite d’apprendre l’humilité, et de lui faire chérir un peu plus ses épousailles. Bien sûr, il aurait aimé que tout soit différent, d’avoir le temps de lui faire la cour proprement, de la couvrir de cadeaux pour leurs noces, plutôt que cet anneau fin et sans ornement qui ornait son doigt … Et pourtant, parfois, il se demandait s’il changerait quelque chose à leur destinée, si les dieux lui en accordaient le pouvoir. Elle l’avait connu sombre et désargenté. Elle l’avait vu au plus bas de son existence. Et elle lui avait donné l’espoir de devenir meilleur, de s’élever. Il n’avait pas choisi une épouse qu’on lui offrait à bras ouverts. Il avait bataillé pour être digne d’elle. C’était, de son point de vue, deux choses bien différentes. Peut-être était-ce pour cela que les mariages royaux étaient si rarement heureux ?

Et pourtant, le Glover oublia tout ce qu’il voulait dire à Maedalyn lorsqu’elle apposa son doigt sur ses lèvres, après ces mots qu’elle avait prononcés, qui … était-il soudainement fou, pour entendre une voix qui lui susurrait presque des paroles d’amour ? Non, il ne l’était pas, parce qu’il y avait ces phalanges douces et blanches contre sa bouche pour lui assurer que tout ceci était bien la réalité. Et brusquement, il en devenait muet, ne sachant plus que dire face à cette déclaration qu’il n’attendait pas et qu’il avait si ardemment espéré entendre un jour. Oh, il se serait contenté de si peu, Bowen ! D’un simple « ce fut une belle vie » à la fin de leur existence, quand l’un des deux s’en serait allé rejoindre les dieux. Il aurait été heureux avec la simple assurance de ne pas avoir déplu à sa femme. Il n’avait jamais présumé connaître la même félicité que ses parents. Il voulait juste … une bonne vie, oui, sans trop de disputes, sans haine, une amitié tranquille et sincère et des enfants qui grandissent. Rien que cela lui paraissait déjà beaucoup, au milieu du Nord si cruel envers ses habitants. Rêver d’autre chose, c’était idiot et présomptueux. Et c’était sûrement dangereux, parce que la passion oblitérait le jugement, et s’avérait une maîtresse changeante. Déjà, rien qu’à entendre sa femme continuer sur sa lancée d’une manière aussi … tentatrice, le sang lui battait les tempes. Un bref instant, des pensées tout sauf chastes lui traversèrent l’esprit, qu’il chassa aussi vite qu’il le put, se morigénant mentalement pour ses réactions de gamin qui découvre les émois du corps.

Soudainement, quand Maedalyn s’éloigna de lui, il reprit une respiration qu’il ne se souvenait pas avoir retenu, ce qui lui permit de s’éclairer l’esprit et de se concentrer à nouveau sur la conversation, qui avait heureusement pris une tournure plus sérieuse, lui évitant d’avoir le cerveau envahi par des images qui n’auraient vraiment pas facilité son attention. Il comprenait la peur de sa femme d’avoir éventuellement pu horrifier la Reine, mais plus que tout, un peu égoïstement, bien qu’il apprécia la jeune née Tully, il ne pouvait s’empêcher de se focaliser sur le fait que la délivrance de son épouse avait été si difficile, et il se sentit bien idiot d’avoir eu les pensées qui avaient pu le traverser quelques instants auparavant, comme s’il était comme tous ces abrutis qui ne cherchaient qu’à chevaucher leur malheureuse épousée aussitôt que possible, sans penser à sa douleur intime. Peut-être était-il bel et bien comme tous ceux qu’il méprisait, finalement, si faible face à la chair. Sa dame revint contre lui, et cette fois, il l’enserra avec tendresse, caressant gentiment son dos pour l’apaiser. Délicatement, il se retira un peu pour prendre leur fils dans ses bras et, après avoir aposé un baiser sans doute un peu râpeux sur son front, le déposa dans son couffin, avant de revenir rapidement vers Maedalyn et de lui indiquer de s’asseoir à ses côtés, sur le rebord de son lit – de leur lit. Il prit ses mains dans les siennes, et murmura :

« Mère a toujours conté les siennes à ma sœur, et cela lui a permis de faire face aux siennes, qui ont parfois été … prématurément finies. Et infiniment douloureuses, pour son corps et son âme. Il vaut mieux savoir ce que l’on risque … pour pouvoir le surmonter.
Tu as été honnête. C’est ce que la Reine attendait. J’ai eu l’impression, lorsque je lui ai parlée, qu’elle accordait une importance réelle à la simplicité, à des relations franches. Ne t’en veux surtout pas. »


Bowen avait légèrement détourné la tête, pudique, en abordant les difficultés d’Alysane pour avoir un enfant avec son mari. C’était une grande blessure dans son existence, il le savait, pour avoir été le témoin silencieux, lointain et impuissant de ses désillusions, à travers leurs lettres. Et de sa joie si pure quand Benjen était né. Cela restait très privé, très personnel, même si personne n’ignorait dans le Nord que les Manderly avait eu du mal à avoir cet héritier tant attendu. Il estimait cependant que Maedalyn avait le droit de savoir, et que sa sœur ne lui en voudrait pas d’avoir divulgué une affaire de femme, de couple, à sa belle-sœur. La connaissant, il était même certain que, si elle était restée avec la jeune Lady Glover tout au long de sa grossesse, elle aurait fini par le faire d’elle-même. Eleanor avait peut-être voulu être rassurée, ou savoir à quoi sans tenir, sans faux-semblants. A son humble avis, mieux valait lui dire la vérité, et ne pas lui mentir à ce sujet, surtout si sa grossesse se passait difficilement et que cela laissait entrevoir une délivrance douloureuse. C’eut été comme aller à la bataille la fleur au bouclier !

« Puis-je proposer un pacte entre nous ? J’aimerai entendre ce récit. Je veux savoir ce que tu as traversé, et sans rien omettre, s’il te plaît, l’entendre de ta bouche. Et alors, je raconterai les batailles, notre campagne, sans rien adoucir. Pour que nous sachions tous deux les épreuves que nous avons vécu pendant ces derniers mois. »



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyLun 3 Juin - 23:54

Maedalyn Glover jouait peut-être un peu avec le feu. Elle s’était montrée bien peu innocente alors que son index effleurait avec malice les lèvres de son époux. Un jeu qu’elle avait initié et dont elle avait elle-même provoqué la fin en s’écartant. Était-ce mieux ainsi ? Peut-être, elle ne saurait le dire, elle ne saurait le juger avec partialité. Si tant était qu’elle le veuille réellement. Elle avait aimé se contact subtile et fougasse, soustraire ensuite à cet homme qui était parti trop peu de temps après leur union. C’était pour ainsi dire, sa petite vengeance des alcôves comme elle avait pu le partager avec discrétion avec le roi du nord dans la cour de Winterfell. Oui, les vengeances des femmes ne se passaient guère en public. Elles avaient ce pouvoir et ce devoir de ne point se montrer trop dangereuses alors que les regards se portaient sur elles. Mais en privé, il était connu que certaines femmes prenaient le pas sur leur époux. Que c’était bien elles qui prenaient les décisions. Quant à Lady Glover, elle ne savait encore si elle ferait partie de celles qui restent semblable en public comme en privé ou si au contraire, elle trouverait assez de ressource pour surprendre son époux dans l’intimité de leur appartement.

Au juger de la réaction pour ainsi dire inexistante de son époux, Lady Maedalyn Glover avait su agir de manière inattendue pour le Sénéchal du Nord. Était-ce ses aveux et son désir de mieux le connaître qui avait rendu soudainement muet Lord Bowen ? Peut-être et à dire vrai, la brune s’en amusait un peu. Elle se retint de l’exprimer de peur de le vexer. Alors elle l’avait laisser poursuivre leur échange sur la conversation qu’elle avait eu avec la nouvelle reine du Nord, Eleanor Stark. Maedalyn lui avait fait part de ses craintes, de sa crainte de lui avoir fait peur. Et alors qu’elle revenait près de lui, elle se laissa prendre dans ses bras. Une étreinte plus douce, plus tendre que la première et sentir ses caresses dans son dos la fit frissonner. Son cœur manqua un battement et la née Cerwyn ferma les yeux profitant de son contact des plus agréable. Cette chaleur enivrante la submergeait mais la jeune femme ne voulait s’en défaire. Un geste de tendresse et d’affection qui fut interrompu par le lord. Il prit avec délicatesse leur fils pour le reposer dans son couffin après avoir déposer sur son front un baiser. Un moment que la lady n’était pas prête d’oublier. Un petit sourire se dessina alors aux coins de ses lèvres.

Maedalyn se laissa ensuite guider jusqu’au rebord de leur lit. Elle s’y assit avec une certaine lassitude qu’elle tenta néanmoins de masquer à son cher époux. Nul besoin de l’inquiéter alors qu’l venait de rentrer de campagne. Ce n’était là que le témoignage d’une lutte pour la vie, pour donner la vie. Une lutte acharnée qu’elle avait fini par remporter mais qui l’avait laissée affaiblie des semaines. Et même si désormais elle avait l’autorisation de vaquer à ses occupations comme elle le faisait avant d’enfanter, il lui arrivait parfois encore de ressentir une grande fatigue, en particulier lorsque ses émotions prenaient le dessus. Lady Glover écouta son époux la rassurer en prenant pour exemple sa propre mère et sa sœur. Maedalyn ne prononça pas un mot. Si elle ne connaissait pas les détails au sujet d’Alysane Manderly, elle pouvait en deviner des bribes. C’était connu que le couple Manderly avait mis un certain temps avant que ne vienne enfin l’héritier. Sa belle-sœur avait dû souffrir de cela, c’était certain. Et Bowen lui assurait qu’elle avait en quelque sorte bien fait de mettre dans la confidence la reine du Nord. Mais malgré cela, elle sentait un peu coupable de potentielles frayeurs pour la future mère qu’elle était. Instinctivement, la née Cerwyn resserra ses mains sur celles de son époux ne cherchant un réconfort qu’elle était certaine de trouver. Mais lorsqu’il proposa un pacte entre eux deux, Maedalyn Glover écarquilla les yeux, surprise. Qu’elle lui raconte ? Voilà une chose à laquelle elle ne s’attendait pas. « Bowen, est-ce réellement une bonne idée ? Es-tu seulement prêt à attendre ce que je pourrais te dire ? » demanda alors inquiète la dame de Motte-la-forêt. Les accouchements étaient loin d’être une partie de plaisir et le sien avait été pire que tout. Elle se souvenait encore de la douleur et de l’attente, longue interminable. Elle ne voulait pas lui faire subir cela. Mais avait-elle seulement le droit de le lui refuser ? Il voulait l’entendre de sa bouche à elle, c’était légitime. Il n’avait pas été à attendre derrière une porte que l’on vienne lui annoncer la naissance e son fils. Non il avait été à des kilomètres d’elle, à lutter lui aussi pour sa propre survie.

Lady Glover dégagea délicatement l’une de ses mains et dans un geste rempli de tendresse, elle la laissa aller jusqu’à la joue de son mari. Et s’approchant de lui un peu plus elle vint souffler ces quelques mots. « Tu n’as pas idée de ce que cela est Bowen. Et je ne sais si j’aurai la force de te raconter tout cela. » Le visage de la brune était si près de celui du Nordien. Elle ne savait si elle voulait puiser en lui la force d’accéder à sa requête ou si elle cherchait qu’une chose, qu’il abandonne c’était idée. Alors un léger soupire s’échappa de ses lèvres et la Glover baissa les yeux pour les poser sur les mains du Sénéchal du Nord. « Tu sais Bowen, ce dont je me souviens le plus… c’est la peur, l’angoisse qui m’envahissait toujours un peu plus. » commença alors la dame qui avait fini par rendre les armes abandonnant toutes idées de lutte. Comment lui résister ? Bowen Glover n’avait pas dit un mot mais Maedalyn ne savait pas lui dire non, du moins à ce sujet et peut-être pour bien plus. A ce simple constat, ses joues s’empourprèrent sans qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit que simplement prier les anciens dieux pour que son époux ne le remarque point trop.



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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyMer 19 Juin - 19:59

« J’y suis prêt, oui. J’aurais voulu être là, et par là, je n’entends pas être derrière une porte et attendre. Mais tenir ta main et t’encourager, ou te laisser m’insulter. Je sais que la plupart des hommes comme des femmes considèrent la présence d’un mari comme inutile, indécent … cependant, j’ai du mal à m’imaginer éloigné de quelques mètres alors que ma femme donne naissance à mon enfant.

Je peux néanmoins comprendre si cela te gêne, et je n’insisterai pas dans ce cas, ni pour savoir, ni pour être présent pour les naissances qui, je l’espère, nous attendent encore. Sache cependant que je serai là. De la façon dont tu as, et dont tu auras besoin.
Je suis un guerrier, Maedalyn. Je ne recule ni face à la mort, ni face à la vie. Cela … je peux le promettre. »


Bowen avait vécu entouré de femmes, qu’il aimait et qui l’aimaient. Il n’éprouvait aucun dégoût pour les mystères de la nature féminine, et encore moins pour ceux de la vie, les voyant comme un champ de bataille différent de ceux qu’il arpentait, par vertu de sexe, mais non moins important. Et comme il ne s’imaginait pas charger sans ses frères d’armes à ses côtés, il avait parfois du mal à comprendre le mal qu’il y avait, quand chacun était d’accord, à ce que les heureux parents s’assistent dans leurs heures difficiles : une épouse n’était-elle pas censée apporter réconfort à un homme blessé ? Alors, pourquoi un époux ne pouvait-il faire de même envers sa propre femme, en des heures qui étaient les plus belles ou les plus terribles ? Bien sûr, il appréhendait relativement facilement pourquoi certaines dames voulaient tenir leur mari à l’écart, pour préserver leur dignité, par pudeur, par envie de demeurer dans un environnement presque sacré, avec d’autres femmes et un homme qui, aux yeux de beaucoup, en était à peine un, ou pour toute raison qui était valable parce que c’était la leur, et que ce moment leur appartenait. Il ne savait même pas si vouloir être présent était maladroit, si Maedalyn se récrierait violemment. Peut-être. Mais … il avait cette envie furieuse de ne plus la laisser seule face à la peur, autant que possible. Il ne pourrait jamais la protéger de tout, et au demeurant, ne le désirait pas forcément : il l’avait choisie parce qu’elle était forte, parce qu’elle n’avait pas besoin de lui constamment, parce qu’elle était capable de naviguer seule dans la politique nordienne et au-delà, ce qu’elle avait admirablement démontré en étant à moitié alitée en réussissant à rentrer dans les bonnes grâces de la nouvelle reine, s’il en croyait ce qu’il en entendait et les regards d’amitié échangés plus tôt dans la journée entre les deux ladys. Cela ne l’empêchait pas de désirer être présent à ses côtés pour le plus important de ses combats, si elle voulait de lui. Sinon, il attendrait. Il était un homme patient, après tout.

Les doigts de Maedalyn sur sa joue et leurs caresses douces achevèrent d’attendrir ses pensées, alors qu’il se laissait aller contre cette main, inclinant légèrement sa tête pour profiter de ce petit moment volé à cette existence de sang et de haine. C’étaient pour des instants comme ceux-ci qu’il éprouvait le besoin de prendre les armes afin de défendre sa famille. Il n’avait eu de cesse de le répéter, et il le dirait encore, autant de fois qu’il le faudrait : aussi loyal et fidèle qu’il soit envers le Nord, envers les Stark, la flamme qui le poussait à agir naissait dans cette pièce, et la foi qui armait son bras puisait sa force profonde dans l’amour viscéral qu’il portait aux siens. Et, dans ces secondes si précieuses, il arrivait à se pardonner ses accès de rage, cette hargne dévorante et mortifère qui l’animait face à l’ennemi, ces envies de meurtre sordide qu’il projetait sur un peuple entier : il parviendrait à en faire une force afin de protéger ceux qui lui étaient chers. Il avait trop perdu. Savoir qu’il avait, maintenant, l’espoir de rebâtir ce passé qui avait fui, deviendrait son nouvel étendard, et non plus seulement la haine aveugle. Elle resterait néanmoins tapie dans ses entrailles, prête à surgir. Il était trop brisé pour qu’il en soit autrement. Au moins en avait-il conscience, même si cela ne l’avançait pas à grand-chose, parce qu’il avait aussi l’intime conviction qu’il ne parviendrait jamais à évincer cette lèpre qui le rongeait. Pour son malheur, il ne serait plus jamais le Bowen qu’il avait été. Restait donc à faire de l’homme qu’il était aujourd’hui ce dont sa famille avait besoin : ce dont son fils et sa femme avaient besoin. Il écouta les doutes de Maedalyn, comprenant qu’elle se demande s’il était capable d’entendre, et surtout, si elle-même était capable de raconter. Aussi délicatement que possible, il prit ses mains dans les siennes, dont elle pouvait sentir les callosités et la rudesse, avant d’en porter une à ses lèvres et d’y poser un baiser, le seul qu’il s’autoriserait. Instant de tendresse, son moyen de lui démontrer son affection, son soutien, pour tout. Et, gardant sa main dans la sienne, il déclara :

« A Eysines, au cœur de la bataille, j’ai été séparé de mes hommes par les lanciers Hoare. Ils m’ont assailli de coups, essayé de me faire démonter par tous les moyens … je ne pouvais plus penser. J’ai senti que j’allais mourir, que c’était la fin. Et … j’ai eu une vision de toi, à Winterfell, en train de donner naissance à notre enfant. J’ai su … que je n’avais pas le droit d’abandonner, pas quand tu te battais aussi. »

Sa voix n’était plus qu’un indicible murmure :

« Je ne sais pas ce que c’est … mais la peur, je peux l’imaginer, le doute, la souffrance. Et en même temps, il y a tellement que je ne sais pas, parce que je ne peux que donner la mort, et non la vie. Je voudrais partager cela avec toi, le jour où tu le voudras, si jamais tu le désires.

Et en attendant, je peux parler de ce que j'ai vécu. Ou pas. L'après-midi nous appartiendra. Nous pouvons en faire ce qu'il te plaira, ma dame. »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.


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MessageSujet: Re: Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn]   Ab Imo Pectore - Du plus profond de mon coeur [PV Maedalyn] EmptyDim 14 Juil - 20:33

Les mots de son époux rassuraient la jeune femme. Il aurait voulu être présent et elle l’aurait souhaité elle aussi. Elle aurait voulu qu’il soit là pour lui donner la force de mettre au monde leur fils. Cette force, elle l’avait puisée dans l’espoir de le revoir, dans cet inconscient qu’elle ne devait pas mourir. Et pourtant, le mestre l’avait dit. La mort s’était approchée d’elle, si près d’elle. Elle aurait pu ne jamais le revoir et alors le seul cadeau qu’elle aurait su donner c’était un fils dont la mère n’avait pas eu la force de passer cette épreuve. L’enfant serait-il mort lui aussi sans sa mère ? Elle ne pouvait le dire et elle priait encore aujourd’hui les anciens pour ne pas l’avoir rappelée auprès d’eux. « Tu dis ne reculer devant rien, mais face à mort aurais-tu su continuer ? » souffla la femme du Sénéchal en baissant les yeux vers le torse de son époux. Qu’aurait-il fait si à son retour il n’avait trouvé que le corps de son fils ? Maedalyn Glover secoua légèrement la tête pour chasser ses sombres pensées. Inutile d’y repenser d’avantage et de risquer d’inquiéter son époux. Maedalyn préféra reporter son attention sur tout autre chose et laissa sa main au contact de la joue du Sénéchal. Bowen semblait apprécier le geste, tendre, presque maternel et aimant de la née Cerwyn. Un instant rien qu’à eux que même si le fils tournait la tête ne verrait pas au vu de son jeune âge. Elle le regarda incliner légèrement la tête et un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle s’approcha doucement de lui pour déposer sur sa joue, si près de la commissure de ses lèvres un chaste mais affectueux baiser. Elle ne voulait faire plus de peur de réveiller son besoin naturel de se retrouver dans ses bras. Or ce n’était pas le moment, pas encore.

Maedalyn confia ses doutes quant à l’idée de parler de son accouchement et son époux se montra réceptif. Il se saisit de ses mains et déposa sur l’une d’elle un baiser. Le contacte des lèvres de son époux sur sa peau fit frémir la jeune femme. Combien de fois en avait-elle rêvé alors qu’il était parti dans le Sud. Puis il lui confia ce que lui avait vécu sur les champs de batailles, à Eysines particulièrement. D’autres horreurs, d’autres drames que le Nord avait vécus, que lui avait vécus. Et ce flash, cette vision qui l’obligea à rester en vie. Ce pouvait-il que leurs âmes se soient trouvées alors qu’ils étaient si loin l’un de l’autre ? Maedalyn l’ignorait mais le fait était qu’elle l’avait pourtant appelé dans un état de semi conscience. Bowen l’avait-il entendu sur ce champ de bataille ? Et l’homme revint sur le sujet délicat de son épouse l’invitant à lui parler quand bon lui semblera. Et lorsqu’il reprit un peu ses mots au sujet de l’après-midi, de la façon dont il pourrait occuper leur après-midi, un vague d’affection submergea Maedalyn Glover qui ne su faire autrement que de passer autour de son époux ses bras délaissant la chaleur de ses mains.

Les lèvres de la jeune femme rencontrèrent le cou de son cher et tendre. Elle y déposa quelques baiser avant de s’enivrer de son odeur et de sa chaleur. Une chaleur retrouver et avec elle les souvenirs de leur première nuit. Maedalyn ne lâchait plus le Sénéchal, elle ne le désirait pas. Elle resta là un long moment. Plus tard elle lui dirait pour la naissance de Torrhen, plus tard. En cet instant, elle voulait juste profiter de son époux de ces moments à eux loin des regards des hommes du Nord. Ses mains descendirent dans son dos et l’étreinte se fit plus audacieuse. La Dame de Motte-la-forêt retrouvait son mari et elle aurait voulu que le temps s’arrête. Elle se recula un instant et déposa finalement un baiser, le plus sagement qu’il soit sur les lèvres du Glover. Et ce fut à cet instant où tout aurait pu basculer que le petit Torrhen décida de rappeler sa présence au couple. Un petit rire s’échappa de la bouche de la mère. « Je crains fort qu’il faille reporter tout cela à une autre fois, Bowen. » lâcha les joues empourprées Maedalyn Glover, amusée de la réaction de son fils. Alors la femme du Sénéchal reprit un peu de son sérieux. D’une voix tremblante elle ajouta. « C’était horrible Bowen, horrible. J’ai eu si mal que l’on m’a forcée à mordre dans un tissu pour que mes cris n’ameutent pas tout Winterfell. J’ai eu l’impression que mes forces m’abandonnaient. Et il ne venait pas, il ne voulait pas venir. J’aurai donné n’importe quoi, même ma vie pour que cela s’arrête. Pour ne plus souffrir. Il faisait si chaud, si chaud et les femmes qui cherchaient à m’encourager. J’aurai tout fait pour qu’elles se taisent, pour qu’elles cessent enfin de me solliciter… » sa voix se brisa alors qu’une larme roula sur sa joue. Oui, à ce moment-là, elle voulait simplement que cela cesse, qu’elle retrouve sa mère et que la douleur disparaisse. « Le mestre dit qu’il a craint pour ma vie. Que juste après la naissance je me suis écroulée dans mes draps, livide…

Aurais-tu supporter ce spectacle ? Je ne sais pas mais j’ai soufflé ton nom avant de sombrer. C’est ce qu’a dit le mestre. »
Finit-elle par avouer.



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