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How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]
MessageSujet: How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]    How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]  EmptyDim 13 Jan - 20:12

Le froid commençait à se faire ressentir sans pour autant qu'aucun flocon n'ait encore osé paraître dans le ciel. Le temps était clair, la voûte d'un bleu azur aurait pu faire croire que cette annonce de l'hiver imminent n'était qu'une fable, mais la chute des températures avait brisé toutes les illusions. Je n'avais pas beaucoup connu les rudes périodes de froid et elles me terrifiaient tant elles emportaient d'immenses conséquences malheureuses avec elles. La neige paralysait bien souvent les déplacements, elle facilitait la famine et révélait le pire des hommes car le meurtre, le vol et autres infractions augmentaient en fréquence lors des nuits glaciales et sombres. La vigilance devra donc être de mise, mais je ne voulais pas m'inquiéter de tout cela pour le moment, j'avais bien plus urgent à m'occuper et surtout à penser. Je prenais soin de passer beaucoup de temps avec Lyham, pour pouvoir le retrouver, profiter de lui tant que je le pouvais. Néanmoins il fallait également que je me préoccupe de mon retour à Vivesaigues, car je ne pouvais me permettre de rester encore longtemps loin de la capitale de nos nouvelles terres. J'avais pleinement confiance en mon fils et en ma belle-mère pour gérer le domaine en mon absence, mais je n'aimais pas vraiment rester aussi longtemps éloigner d'une partie de ma progéniture et aussi des affaires que j'aurais pu gérer dans d'autres circonstances.

Pourtant c'était une toute autre affaire qui me tenait éloigner du confort de mes appartements cette après-midi là. Chaudement parée pour me mouvoir en extérieur je partais en quête d'un de mes parents, fermement résolue à l'entretenir d'une autre partie de ma progéniture. En effet cela faisait maintenant un temps interminable qu'Eléanor était partie. Je n'avais pu lui faire mes adieux comme je l'aurais désiré car le poison ne m'en avait pas vraiment donné l'occasion. Je n'avais pas non plus pu me réjouir totalement de l'annonce de sa grossesse. Je m'inquiétais plus que de raison pour elle, pour sa nature trop tendre, trop naïve pour les glaciales contrées qui la verrait devenir reine. J'avais déjà pu entretenir son nouvel époux de quelques unes de mes contrariétés et ma rencontre avec lui s'était montré satisfaisante même si elle n'effaçait rien de mes angoisses. Il me fallait plus d'assurance d'alliés autour de ma fille que mon seul gendre. En cela j'étais résolue à en trouver, même si j'avançais presque déjà en terrain conquis tant je connaissais la loyauté de celui qui serait bientôt mon interlocuteur à son pays, à son souverain et donc à sa future famille royale.

Comme je m'en doutais je trouvais Bowen Glover dans les écuries. A cette heure de l'après-midi il devait certainement revenir d'un entraînement équestre ou alors d'une petite balade rafraîchissante. Je ne m'occupais que peu de ses habitudes et en un sens je regrettais de ne pas avoir pu passer plus de temps en sa compagnie maintenant que j'avais appris que le départ des armées du Nord était imminent. Avec l'annonce de l'hiver et l'inertie que cette saison installerait il était plutôt logique que les résidents de ses contrées éloignées et hostiles s'en retournent au plus vite en leurs foyers pour ne pas manquer l'occasion de retrouver leurs familles avant de nouveaux affrontements. Le Nord était mobilisé depuis bien longtemps et je n'avais aucun doute sur l'ardent désir de chaque soldat de retrouver enfin sa patrie. Je ne pouvais que trop comprendre ce sentiment, moi qui avait passé de longs mois à me languir de mon combattant d'époux. Néanmoins je déplorais ce départ rapidement qui ne me permettrait pas de faire perdurer de façon physique mes liens avec ma parentèle éloignée. Ne souhaitant pas surprendre Bowen je réajustais ma cape d'un bleu marin profond complété d'hermine aux épaules avant de l'aborder gentiment.

« Je vous souhaite la bonne journée Lord Glover, j'espère que je ne viens pas vous troubler, si jamais c'est le cas n'hésitez pas à m'en faire part et je ne manquerais pas de reporter ma visite. »

Je lui adressais un petit sourire cordial révélateur de l'affection que j'entretenais à son égard. Nous n'avions pas réellement pu tisser une relation nourrie au fil de longues années mais j'appréciais déjà beaucoup les nombreuses qualités de cet homme volontaire. Que nos familles aient pu être ennemies pendant des années auparavant n'avait plus vraiment d'importance aujourd'hui et j'avais été heureuse de le découvrir parmi la délégation du Nord et les proches de mon gendre. Je comptais sur lui, sur son appui et son soutien, tant auprès du nouveau roi que de la position réconfortante qu'il pourrait avoir auprès de ma fille. Il était mon cousin et même si cela ne l'obligeait pas à adopter la moindre attitude prédéfinie, mais j'avais le secret espoir connaissant son honorabilité qu'il ne serait pas hostile à ma requête.

« J'ai appris que vous allez très prochainement quitter ces terres pour repartir en vos contrées. J'aurais souhaité m'entretenir avec vous un moment, peut être au cours d'une balade à cheval ou alors si vous souhaitez vous réchauffer nous pouvons rentrer au château et voir si une des salles est libre. »
Alysanne Tully

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MessageSujet: Re: How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]    How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]  EmptyMer 6 Mar - 23:59

Le départ des troupes nordiennes était imminent. Maintenant que le Conseil impérial avait eu lieu et que les dernières affaires en souffrance avaient été discutées, il était temps que les hommes du Nord regagnent leurs foyers, que certains n’avaient plus vu depuis pratiquement un an et demi, étant restés mobilisés pour certains entre la campagne contre les sauvageons et celle du Conflans. Et si quelques soldats portaient les armes de manière professionnelle, il était de bon ton de se souvenir que l’immense majorité de ces bras étaient plus à l’aise avec une faux dans les champs, un bâton de berger auprès de leurs troupeaux ou encore avec une hache dans les bois. Certes, les vicissitudes de l’existence au sein de leur royaume désolé obligeaient tous les mâles à savoir se servir d’une arme, et la plupart bénéficiait au cours de leur existence d’un minimum d’entraînement. Contrairement aux sudiers, chaque noble situé au-delà du Neck avait à cœur de veiller à la bonne défense de ses terres, et le peuple rechignait moins à s’armer. En même temps, hormis quelques bandits déguenillés, les bons paysans du Conflans et de la Néra n’avaient guère à s’inquiéter pour la tranquillité de leurs foyers. Pour eux, une guerre était une dévastation, un événement dont on parlait encore, au coin du feu, une fois chenu. Pour les nordiens, c’était une continuité de leur existence : aux hardes de sauvageons succédaient les fer-nés, les skaggosis … Quand ce n’étaient, pas tout simplement, les bêtes qui sortaient des forêts sombres ou des marécages, tenaillées par la faim et le froid. Néanmoins, malgré leur endurcissement, les hommes restaient des hommes, attachés à leurs terres et leurs foyers, à leurs échoppes et leurs champs, et pour beaucoup, à une femme restée derrière eux, à des enfants qu’ils n’avaient pas vu grandir. Combien, comme Bowen, avaient reçu la nouvelle d’un heureux événement s’étant déroulé alors qu’ils guerroyaient encore, à des lieues de leur propre lieu de naissance ? Combien, sans doute encore plus nombreux, avaient appris la fin d’un père ou d’un oncle, d’un grand-père, trop vieux pour tenir l’épée ou la lance et éprouvé par une vie si dure ? Oui, il était temps de rentrer, et le jeune seigneur piaffait presque autant que certains de ses subordonnés, si ce n’est davantage encore.

Pour autant, si le Lord de Motte-la-forêt trépignait chaque jour un peu plus et mettait une ardeur encore plus âpre aux préparatifs de retour, le Sénéchal du Nord n’en oubliait pas ses devoirs et veillait régulièrement à la bonne tenue de ses troupes. A vrai dire, maintenant que tout était acté, il s’agissait surtout de conserver les hommes occupés plutôt que de les maintenir affûtés. La joie, normale et juste, ne devait pas céder la place à des débordements malavisés, et il était de notoriété publique qu’un soldat harrassé et fourbu avait moins d’allant pour faire la tournée des filles de mauvaise vie, et beaucoup plus d’entrain à lécher ses plaies et bosses sur sa paillasse. Qui plus est, le rappel de la discipline aurait le mérite d’éviter également que certains ne s’imaginent que la promesse future de débander l’armée s’appliquait immédiatement. Quand bien même ils repartaient au pays, tous les nordiens sous le drapeau du Loup restaient, jusqu’à la rupture de ban officielle, assujettis au strict code militaire du royaume, et Bowen entendait le faire respecter. C’est ainsi qu’il se trouvait encore à observer l’entraînement de quelques cadets vigoureux opposés à des aînés qui avaient fait leurs preuves. Avec un peu de nostalgie, tandis qu’un garçon d’à peu près l’âge de son frère tentait avec fureur de passer la redoutable défense d’un vieux barbon qui en avait vu d’autres, il repensa au temps où lui-même se trouvait à sa place, avide de faire ses preuves et dur au mal. Ah, il ne comptait plus les plaies et les bosses qu’il avait accumulé durant son temps au service de celui qui n’était pas encore Empereur ! Et curieusement, il se souvenait de ces paroles maintes et maintes fois prononcées par les plus âgées, qui lui disaient que viendrait un moment où il contemplerait ces années avec envie. Comme tous les jeunots, il ne les avait pas cru. Peuh, lui regretter toutes ces douleurs qui le cisaillaient ? C’était bien là des paroles de vieux encroûtés ! Pourtant, comme il l’apprenait de plus en plus, force était de constater que la sagesse de l’âge avait parlé. Bien sûr, il n’avait pas nécessairement envie de compter à nouveau ses bleus, surtout que son bras continuait de l’élancer depuis Eysines, mais … Il y avait aussi une part de son être qui regrettait ce temps innocent, le poids des responsabilités ayant déjà prélevé son dû sur ses jeunes épaules.

Alors que la jeunesse mordait la poussière, Bowen commenta quelques minutes la technique des uns et des autres, félicita chaudement un Garde-Loup pour sa prouesse à la masse et quitta finalement les terrains d’entraînement, rejoignant doucement les écuries au petit trot, plus tard qu’il ne l’aurait pensé. Peu importe, il se restaurerait à volonté le soir, puisqu’il avait le soir-même un dîner avec sa sœur, son beau-frère et Ser Goldwyne. S’il savait qu’Alysane avait un intérêt particulier à cette rencontre, puisqu’elle assurerait son remplacement au Collège Impérial et qu’il était donc intéressant qu’elle fréquente d’autres représentants, son époux avait été très curieux de cette possibilité de renouer avec les racines bieffoises de sa famille, même si le Glover n’avait évidemment pas présenté exactement ainsi les choses. Autant dire qu’il se réjouissait d’avance de sa soirée en perspective, et pouvait donc amplement supporter son estomac vide. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu’il sauterait un repas à cause d’un entraînement tardif. Arrivé aux écuries, il démonta, discuta quelques instants avec le palefrenier, flatta l’encolure de sa monture pour le remercier et, alors qu’il tournait les talons et s’avançait vers la sortie, eut la surprise de se trouver face à la Reine des Rivières et des Collines qui, du reste, venait manifestement pour sa personne, s’il en croyait son apostrophe en tout cas.

« Votre Majesté. »

Le jeune homme s’inclina légèrement pour marquer sa déférence face au rang royal de son interlocutrice, puis la laissa poursuivre, trouvant la confirmation qu’elle désirait en effet lui parler. Sa curiosité piquée, Bowen rendit son sourire à la souveraine, avant de lui répondre :

« Je vous en prie, votre présence ne me trouble en aucune façon, je viens de terminer une revue de l’entraînement des troupes du Nord, et suis donc à votre entière disposition. »

Pivotant légèrement la tête pour indiquer la direction de sa monture, il ajouta :

« Je viens tout juste de rentrer mon cheval, mais le palefrenier n’a pas encore eu le temps de le bouchonner et je pense qu’il est suffisamment frais pour ne pas redire à un peu d’exercice. Le pauvre a dû rester statique quelques heures. Se dégourdir les pattes lui fera du bien. Et puis, pour un nordien, le froid, c’est une seconde nature. C’est presque sacrilège de se réchauffer alors qu’il n’y a pas plusieurs mètres de neige sous les remparts ! »

Son sourire s’élargit alors que sa voix se faisait nettement amusée, le Sénéchal n’étant pas au-dessus des plaisanteries sur les petites médisances à propos de son pays d’origine et de ses rugueux habitants. Il retrouva néanmoins son sérieux rapidement, comme il le faisait toujours, pour demander :

« Dois-je, le temps que vous prépariez votre propre monture, faire appeler une escorte ? Je puis aller quérir quelques-uns des hommes de ma maison, ils chevaucheront à une distance respectable pour ne pas que leur présence vous importune ou avoir vent de vos paroles, je vous en fais le serment.

Sinon, vous devrez vous contentez de ma modeste personne comme escorte. »


Après tout, si Alysanne Tully faisait partie de sa parentèle, il ne devait pas oublier qu’elle était reine, et avait été une cible pour les assassins à la solde des Hoare. Bien sûr, dans les environs de Fort-Darion, il était probable qu’ils soient en sécurité … Mais chacun se disait la même chose à Vivesaigues. Et avant cela, lui-même pensait sa sœur, l’homonyme de sa cousine, parfaitement sauve dans la capitale. Malgré les semaines passées, il ne parvenait pas à effacer complètement le sentiment de répulsion qui le prenait en imaginant sa chère aînée prisonnière entre ces quatre murs de pierre. Et puis, le Roi du Conflans avait peut-être passé des consignes précises vis-à-vis de la sécurité de son épouse, et Bowen tenait à ce que la Reine elle-même fixe les conditions de leur entrevue. C’était cela aussi, à ses yeux, le respect : proposer, sans imposer.

« Sachez en tout cas que je suis heureux que vous soyiez venue me trouver. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour discuter, en dehors des cérémonies officielles et … Cela me touche et me tient à cœur, d’entretenir les liens autrefois distendus de notre famille. »



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MessageSujet: Re: How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]    How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]  EmptyDim 24 Mar - 22:14

L'homme me fait face et en un sens je me sens bien frêle face à sa carrure. La guerre n'enfante pas de gringalets, seuls les plus forts étaient les mieux armés pour supporter les privations, les longues marches par tous les temps et le tribu que prélevait immanquablement chaque affrontement. Il était bien rare de croiser des soldats n'ayant pas développé une certaine musculature, sinon c'est qu'ils n'étaient pas affecté directement au cœur du conflit mais plus dans les trains de ravitaillement, et encore. Bien peu encore conservaient un corps vierge de toute cicatrice, chaque bataille vous laissant un souvenir impérissable gravé dans la chair. En cela le combat des femmes pouvaient se faire un écho satisfaisant car donner la vie transformait invariablement la silhouette de la génitrice et en guise de cicatrice c'est une angoisse énorme qui venait éclore dans chaque ventre en même temps que la vie elle-même, celle justement de perdre cet espoir, cette promesse d'enfant. Tout comme la cicatrice du conflit l'angoisse persistait, accompagnant chaque pas de la mère, terrifiée de perdre son trésor. Je laissais là ces pensées bien peu joyeuses pour écouter la réponse du lord. Le titre qu'il m'offre en guise de salut me perturbe encore et me rend mal à l'aide. Je ne l'aime pas particulièrement car il se paie à mes yeux de manière cruelle. La royauté ne m'épanouit pas et je tarde à trouver ma place avec elle. Je ne montre néanmoins rien du trouble que ce salut peu provoquer en moi. Le temps me paraît loin où la vie semblait bien plus simple et facile, mais ce temps avait-il un jour seulement existé ou était-ce une vision nostalgique et idéalisée d'un passé qui n'avait jamais eut aucune réalité ?

Le nordien est amicale et cela me conforte dans l'idée qu'il a autant que moi le désir de voir notre parenté s'épanouir dans des relations cordiales à défaut de mieux. Avec tous les évènements qui avaient secoués ma vie je n'avais pas pris le temps de me rapprocher de lui, de converser à cœur assez ouvert pour qu'il puisse se targuer d'être un de mes intimes. Ce n'était pas la volonté qui m'avait manqué mais plus le temps et les facultés de le faire. Suivant mes devoirs et lui les siens il avait été plus que compliqué d'échanger de façon moins formelles, d'autant que je ne voulais pas non plus m'épancher trop dans des courriers de peur de les voir interceptés. Mes informations personnelles ne pouvaient pas me sembler décisives mais je n'avais pas d'illusions sur la faculté de l'ennemi pour les exploiter tout de même. Je suis rassurée d'entendre que je ne le dérange pas, car si j'ai réussi à me dégager ce temps rien ne dit qu'une rencontre ultérieure aurait pu être mise en place avant son départ. Il m'indique clairement ne pas être contre une nouvelle sortie à cheval, d'autant que son destrier aurait besoin d'exercice apparemment, moi aussi. Avec mon empoisonnement et mes précautions pour me ménager je n'avais pas vraiment entretenu mon corps et je sentais bien qu'il commençait à se raidir de trop en plus de s'empâter. Je ris légèrement lorsqu'il évoque sous une plaisanterie le stéréotype d'une insensibilité de son peuple face aux températures plus au sud de ses contrées. Je doute malheureusement que la chose soit réelle, car le froid se fait de plus en plus mordant et il faudrait plus qu'une peau rodée aux basses températures pour y être immunisé.    

« J'aurais mal au cœur alors de laisser votre monture dans un tel désarrois, d'autant que ce n'est peut être pas de sitôt qu'elle pourra profiter d'une herbe aussi grasse. De plus je me prémunirais contre vos dieux de vous laisser rentrer dans ces conditions. »

Mon ton s'était fait aussi amusé que le sien et j'étais certaine qu'il percevrait aisément la note de plaisanterie de mes dernières paroles. La neige n'était pas encore dans les prévisions, mais ça ne saurait tarder. La chose m'effrayait, car si l'hiver signifiait avoir un peu de répit dans tous ces affrontements et pouvoir garder Lyham près de moi, cela annonçait aussi des temps troublés par la famine et de rudes conditions. Notre terre si fertile ne manquerait pas de se flétrir et l'herbe grasse ne demeurerait plus très longtemps. De nombreuses dispositions avaient été prises pour engranger au plus vite les dernières récoltes et j'espérais que cela suffirait pour supporter une période de disette dont la durée était inconnue. Lord Glover souleva une variable essentielle qui ne m'était pas venue à l'idée en venant à sa rencontre, la question de ma sécurité lors d'une innocente balade. Je ne pouvais plus me permettre de me promener seule, en aucune circonstance, et la seule présence d'une dame de compagnie n'était plus souhaitable car ce n'était plus que ma réputation qui était en jeu mais également ma vie. Lyham ne m'avait pas encore assigné une escorte, non pas que cela ne lui était pas venu à l'idée mais la plupart des hommes avaient déjà une fonction, et ceux m'ayant accompagnés ayant connu un destin tragique, il ne restait pas grand monde de disponible.

« Je vous remercie de cette sollicitude et accepte avec honneur et confiance de remettre ma sécurité entre les mains d'hommes de votre maison. Je n'ai aucun doute quant à leur discrétion et au châtiment qui les attend en cas de manquement aux obligations de tout homme d'honneur. Non pas que je juge vos capacités insuffisante pour garantir notre sauvegarde mais comme je souhaite toute votre attention lors de notre échange il est heureux que d'autres s'occupent de ce qui pourraient nous vouloir le moindre mal. »

J'avais repris mon sérieux et gardait mes yeux fixés aux siens, le visage calme et la voix ferme. Je n'étais pas ressortie indemne des atteintes faites sur ma personne et une certaine paranoïa m'envahissait très souvent l'esprit, me faisant craindre maint dangers non seulement visant ma personne mais aussi ma famille. Je ne m'excusais en rien de n'avoir pas prévu à cette éventualité, je me doutais que Bowen comprenait ma position et que son offre résultait justement de cela. Fort-Darion pouvait paraître une zone sûr, j'aurais tant aimé le croire et me bercer de la certitude d'échapper au main en ces murs. Mais force était de considérer la chose avec une froide lucidité, la capitale du nouvel empire était une cible de choix pour causer des tourments et affaiblir le pouvoir naissant. J'avais déjà été victime d'un optimisme à me croire intouchable, je ne renouvellerais pas l'expérience pour mon égo ou le sien.
Il en vient à paraître un peu moins protocolaire et je me réjouis de le voir manifester clairement le bien qu'il pense de ma visite.

« Sachez que le sentiment est partagé. Le regret a souvent dominé quand je pensais à cette branche familiale que vous représentiez si éloignée par la distance et les conflits. Je suis véritablement reconnaissante à tous les dieux possibles de l'occasion qui nous est offerte de rétablir ce qui aurait toujours dû prévaloir au-delà de tout, les liens du sang et la force d'une famille unie. Je vous présente d'ailleurs encore une fois toutes mes condoléances pour vos pertes, et toutes mes félicitations et ma joie pour la naissance de votre fils. Je sais que ces choses ont déjà été exprimé par courriers mais il est toujours utile de montrer que ce ne sont pas juste des mots. Votre départ prochain m'attriste, mais je suis certaine que vous avez hâte de rencontrer la vie que vous avez créé.»

Je lui souris doucement, mettant dans ma voix toute la douceur possible pour lui exprimer toute ma sympathie. Je sais bien qu'il faudra du temps pour rattraper tous ce temps qui nous a manqué, pour que nous puissions nous départir d'une certaine retenue. C'est peut être justement ce qui nous manquera pour que toutes ces paroles résonnent par des actes mais je sais que si cela ne s'épanouira pas avec moi au moins cela le fera avec les prochaines générations de nos lignées. Je garde en tête les intérêts de ma maison, de ma famille et de ma fille, mais je ne veux pas qu'il pense que ma requête n'est motivée que par des intérêts de pouvoir. En un sens peut être n'ai-je même pas besoin de lui exprimer clairement une demande quelconque et que son sens du devoir fera le reste, mais je ne peut me permettre de laisser le destin de mon enfant se jouer sur des incertitudes. J'ai besoin d'une certaine façon de m'entendre confirmer sa coopération, cela apaisera peut être un peu mon angoisse permanente concernant cette nouvelle reine du Nord qui était autrefois mon bébé.
Alysanne Tully

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MessageSujet: Re: How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]    How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]  EmptyDim 24 Mar - 23:05

Dans l’humour discret de la Reine des Rivières et des Collines et dans son phrasé relativement policé et protocolaire, Bowen se retrouvait soudainement en miroir, sans savoir s’il s’agissait des circonstances ou alors d’une forme de caractère commun surgissant naturellement entre deux cousins et devenant véritablement éclatant lors d’une première réelle conversation. Etait-ce donc des Nerbosc, définitivement, qu’il tenait ses manières policées et sa présentation un rien guidée, toujours soucieuse en tout cas de la bienséance ? Il ne pouvait en être certain, mais avait tout de même l’impression que la femme en face de lui avait entendu plus d’une fois les mêmes recommandations et remontrances que lui vis-à-vis de l’étiquette. Et en plus, ils semblaient partager les mêmes traits d’esprit, discrets et sincères. Pis, maintenant qu’il l’observait réellement, face à face, la ressemblance entre la Tully et sa propre sœur, entre les deux homonymes, lui paraissait évidente. Leur physique était par trop lié, en plus de leur patronyme, pour ne pas y voir une facétie des dieux, ou en tout cas la démonstration éclatante de leur lien de parenté, et du sang commun partagé. En fait, c’en était même frappant. Pardi, certaines intonations y étaient également ! C’est que c’en était un rien troublant, presque. En tout cas, il écouta la Reine lui présenter ses condoléances et félicitations, tout en lui assurant qu’elle abordait leur relation avec des dispositions similaires aux siennes, ce qui était évidemment pour lui plaire. Un sourire se peignit sur son visage alors qu’il répondait, finalement :

« Je vous remercie pour vos condoléances et vos félicitations, Majesté. »

Avant d’ajouter, tout en faisant signe d’une main à un garçon d’écurie de venir :

« Si vous avez la bonté de m’excuser quelques minutes, le temps de vous laisser choisir une monture à votre convenance, je vais préparer notre escorte et vous rejoins immédiatement. »

Il inclina sa tête avant de laisser la Reine, tandis qu’il ordonnait immédiatement à l’un des gardes d’aller quérir plusieurs noms, ceux de ses plus fidèles, en qui il avait une confiance aveugle, en insistant bien sur le fait qu’ils prennent leurs montures. Et il revint à l’intérieur, retrouvant sa compagne d’excursion et se dirigeant vers sa propre jument, qui piaffa de bonheur en voyant son maître revenir et la seller. Bowen flatta quelques instants l’encolure de la brave bête, avant de l’enfourcher quand elle fut conduite, avec celle choisie par la souveraine. Se dirigeant vers cette dernière, il lui tendit galamment la main, pour l’aider à se soulever sur les étriers :

« Si jamais vous vouliez me faire l’honneur, j’en serai ravi … »


Inutile de préciser qu’il ne se formaliserait pas si elle montait trop vite pour accepter, ou préférait écarter son offre. Il voulait simplement l’aider, comme il l’eut fait pour n’importe quel cavalier, car il n’était jamais aisé de grimper sur sa monture. Les jupons des dames avaient en cela les mêmes effets que les armures lourdes des sergents montés du Nord ou que les plates des nobles. Néanmoins, il avait suffisamment vu les dames de Winterfell ou de Motte-la-forêt monter pour savoir que la gent féminine comptait en son sein quelques cavalières tout à fait émérites. Une fois tous deux en selle, ils n’eurent que quelques instants à patienter pour que les hommes portant le tabard au Poing se joignent à eux, chacun saluant la souveraine puis leur Lord. La petite troupe put donc se mettre en marche, Bowen adoptant au départ un pas mesuré, afin de poursuivre la conversation qu’ils avaient entamés. Mais il trouvait un peu étrange de reprendre au même moment, et avait peur de statuer des évidences qui n’avaient rien de très personnelles. Aussi, il finit par dire, après un temps de silence.

« Vous savez … Ma sœur porte le même prénom que vous, quoiqu’avec une orthographe nordienne. Ce n’est pas un prénom typique de la famille Glover, et je me suis souvent demandé si, pour fêter la naissance de son premier enfant, elle n’avait pas voulu honorer ses racines riveraines, et les Nerbosc. En tout cas … Elle n’a jamais oublié d’où elle venait, même si la première guerre entre le Nord et Harren le Noir lui a énormément pesé. Je sais que par respect pour nos morts, elle a cessé d’envoyer des lettres à Cornelia. Mais elle a continué à en écrire. »

Il fit une pause, inspirant profondément avant d’achever :

« L’une d’entre elle au moins vous était destinée. C’est l’une des seules qui a survécu à la mise à sac de notre fief par les sauvageons. Je ne l’ai pas emmenée avec moi mais … je pourrais vous la faire parvenir, lors de mon retour dans le Nord, si vous le désirez.

En tout cas, je sais qu’elle aimait sa famille de naissance et je tiens à honorer ce sentiment, en sa mémoire, et parce que la famille est une valeur qui me semble primordiale. Et je suis heureux de savoir que mon garçon grandira aux côtés de vos petits-enfants, et que l’esprit de ma mère verra ces deux branches de sa famille rire de concert. »


S’il avait souvent pensé avec joie au fait que son fils grandirait avec les enfants nés de l’union entre Jon et Eleanor, c’était dans le cadre de l’amitié partagée entre les deux jeunes pères. Mais il s’agissait aussi d’une forme d’hommage à sa mère, qui verrait ainsi son sang s’ébattre avec celui de son frère, et cela ajoutait à son plaisir secret. Elle qui, dans son existence, avant tant souffert du fossé creusé entre sa famille de naissance et celle qu’elle avait construite, par amour, dans le Nord, serait peut-être heureuse de voir ce tableau dans la mort … Même si Bowen eut préféré qu’elle en soit témoin. Il essaya de s’imaginer Rowena Glover contempler son petit-fils babillant avec la descendance de son frère aîné. Il la voyait, figure d’autorité, matrone splendide, trôner autour de ces petits et leur parler de temps anciens où elle-même jouait dans les couloirs de Cornelia, et raconter mieux que personne un pan entier de leur histoire commune. Cette pensée aurait dû l’assombrir, comme à chaque fois que son esprit se laissait aller à songer à ce qui aurait pu et ne serait pas. Pour une fois, néanmoins, elle lui arracha un sourire, quoique légèrement voilé et lointain, attendri aussi, tout simplement, alors qu’il vagabondait en esprit vers son fils.

« Je suis certain que nous pouvons tirer profit de ce temps commun qu’il nous reste pour rattraper ce temps perdu. Ma sœur restera à Fort-Darion, et sera aussi ravie que moi d’en faire de même. Si cela vous agrée, nous pourrions organiser un dîner familial avant mon départ. Entre nous trois, ou avec vos époux respectifs. Comme il vous plaira.

Même si j’ai hâte de découvrir mon fils, je ne suis point fébrile au point d’en oublier qu’il y a de belles choses qui m’attendent toujours dans le sud. »




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How can I love when I'm afraid to fall | Feat Bowen Glover [Flashback]
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