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Les contes de Noël - votes

Quel est mon texte préféré ?
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MessageSujet: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:47





Les petits contes de Noël...


Hello les copains pirate !

Vous les attendiez les voilà ! Les petits écrits de Noël !
Tout d'abord, un grand merci à chacun pour votre participation et d'avoir joué le jeu bouffon !

Maintenant, vous allez encore devoir bosser un peu et... voter pour votre texte préféré. Il y a eu six participations en tout, donc même si certains sont aisément reconnaissables, on va tenter de laisser en mode anonyme histoire de What a Face !

Vous avez jusqu'au 12 janvier pour voter, alors, on vous attend duel !


©️ Crédit Dyxie
La Corneille à Trois Yeux
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:47









Si Noël m'était conté ...



Lorsque revient l’Hiver

Lorsque revient l’Hiver, hissant blanches bannières
Faisant taire les clameurs des morts au champ d’honneur
Il plonge dans la torpeur, les trop confiants vainqueurs
Nourrit d’espoirs amers, des vaincus les chimères

Hurlant dans les ornières, le vent fige dans l’air
Les espoirs de bonheur des amours en langueur
Glaçant les longues heures et ravivant les peurs
Courant le long des fers des captifs les plus fiers

Alors s’élèvent cris, des âmes à l’agonie
Trouant l’ombre tenace de ses sourdes menaces
Portant aux cœurs vaillants les prophéties d’antan

La tempête rugit au cœur des insoumis
Révélant sous la glace l’ivresse de la chasse
La rage des gagnants à l’aube d’un nouvel An.

Extrait des carnets de Beron, La chanson des Fleuves et du Crépuscule


©️️️ Jawilsia sur Never Utopia
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:47





Winter is coming...



Elle regarde par la fenêtre, effleurant distraitement l’arrondi de son ventre qui se fait chaque jour un peu plus présent. Si elle n’avait pas envie de porter la vie jusque-là, elle réalise, à mesure que le temps passe, que c’est aussi pour lui qu’elle fait ça. Pour cette petite… chose. Qui grandit en son sein. Parce qu’il est son avenir, ce pour quoi ils se battent. Oh, il ne fait pas se mentir, ils font ça aussi pour eux, pour leur propre gloire, pour pouvoir écraser ceux qui pensent pouvoir les faire taire.

Un mince sourire se dessine sur ses lèvres alors qu’une bourrasque d’un vent glacial fait claquer les carreaux et voler les rideaux. Tant de choses se sont passées pour eux ces derniers mois. Elle n’a guère eu le temps de faire le deuil de ce père tant admiré qu’elle a perdu mais ce n’est pas le genre des Hoare de pleurer leurs morts. Le Dieu Noyé l’a rappelé à lui et, même si elle n’est guère croyante, elle a envie de croire qu’il serait satisfait de voir la façon dont elle essaie de faire briller leur famille. Contrairement à son idiot de frère, mort il y a peu mais dont elle espère que tout le monde finira par oublier jusqu’à l’existence.

Mais le temps semble comme suspendu. Elle qui n’était pas habituée à voir cette nature verdoyante à un point qu’elle en aurait eu des nausées, semble presque étonnée de voir que les arbres, les plantes et tout ce qui pousse autour d’elle en temps normal s’est arrêté. Comme lorsque l’on retient son souffle. Elle n’a connu que la rudesses des terres fer-née, que ces pierres sur lesquelles rien ne pousse jamais. Alors, dire que le cycle immuable de la nature lui est peu familier est un doux euphémisme. Et pourtant, elle aime ça. Elle aime voir que même cette nature qui semble parfois si indomptable peut elle aussi être arrêtée.

Et elle sait que la mer n’aura de cesse de se déchaîner à mesure que les jours et les semaines vont se succéder. C’est là qu’être marin prend enfin tout son sens. Quand il faut se mesurer à ces vagues gigantesques, à ces étendues qui seraient prêtes à vous engloutir au moindre faux pas.

Elle se rend compte que c’est probablement ce qui lui manque le plus. Mais elle pourra bientôt y retourner. Et mener ses hommes pour conquérir le reste du monde. Avec un héritier. Peut-être même plusieurs. Mais il y a encore le temps, quelques semaines, quelques moins même, avant de repartir à l’assaut. Elle inspire, fermant les yeux un instant, alors qu’elle sent une présence juste derrière elle.

Et elle murmure, d’un ton amusé.

« L’Hiver vient. »

Le Roi s’arrête à sa hauteur et la regarde un instant, la mine narquoise. Avant de reprendre, sur le même ton qu’elle.

« Qu’il vienne, nous allons lui réserver le meilleur des accueils. »

***

Il bat des cils, la mine tout aussi incrédule qu’au premier jour alors que ces deux paires d’yeux le regardent sans vraiment le voir. A quel moment le destin a-t-il voulu qu’ils aient des jumeaux ? Et deux garçons en plus ? Pourtant, il se sent une vague d’affection, d’amour même, à les regarder serrer les poings, bailler et se rendormir aussi sec. Leur mère dort non loin, la nourrice s’affaire à s’occuper d’eux au mieux. La naissance a été difficile mais son épouse a été à la hauteur du rôle qui lui a été échu.

La nourrice les laisse tous les trois et il ne sait pas combien de temps il reste à les contempler. C’est idiot, il en a bien conscience. Ils ne doivent même pas voir qu’il est là, sentir sa présence. Et pourtant, difficile de se détacher d’eux. Tout ce pour quoi ils se battent, tout ce qui semblait important jusque-là a perdu tout son sens. L’avenir que le Roc leur offre est des plus radieux, il ne faut pas se leurrer. Et pourtant, il aimerait qu’ils puissent croire en quelque chose, qu’ils grandissent avec des valeurs que la situation actuelle ne leur permet pas d’avoir.

Et il doute. Pour la première fois depuis longtemps. Non pas de son Prince et de la jeune louve, mais des autres. De ce qu’ils pensent être la bonne voie. A cette pensée, il a un frisson, alors qu’un courant d’air secoue les rideaux. Ou alors, c’est juste une impression, difficile de le savoir. Mais il se rapproche des enfants, comme pour s’assurer qu’ils sont bien couverts. Le froid s’est fait plus mordant au cours des derniers jours et il attend le moment où le château sera recouvert de neige. Il y a longtemps que ce n’est pas arrivé mais, s’il doit être parfaitement honnête avec lui-même, ce n’est pas quelque chose qui lui a manqué. Pourtant, il sait que ce sera un instant de répit, de repos, qui permettra à chacun de choisir son camp. Tout du moins, il l’espère.

Il sursaute quand il sent des mains se poser doucement dans son dos. Il tourne la tête alors que le menton de sa femme se pose sur son épaule. Et ils restent comme ça longtemps, à en oublier même toute notion du temps qui passe. Jusqu’à ce que sa voix douce perce le silence dans un murmure.

« L’Hiver vient. »

Il se retourne et passe sa main autour de ses épaules, effleurant brièvement ses lèvres des siennes.

« Et il va nous falloir décider de quoi le Printemps sera fait.  »


***

Il a un sourire alors qu’il regarde sa fille rire aux éclats tandis qu’elle mène une lutte acharnée pour préserver l’intégrité de son château de neige. Talus serait probablement le terme le plus exact pour être parfaitement honnête, mais il ne se sent pas de la contrarier. Elle a le regard pétillant de malice, ses nattes sont défaites mais elle s’en moque totalement.

Il ne se souvient pas de la dernière fois qu’il l’a vue comme ça, aussi rieuse, aussi joyeuse. Mais il se demande si elle jamais vraiment pu jouer avec la neige comme ça, avant de réaliser qu’il n’a pas eu lui-même souvent l’occasion de la voir jouer comme ça. Et qu’il serait incapable de savoir ce que sa cadette aime faire en vérité. Il réprime un soupir à cette idée, alors que les choses ne risquent d’aller en s’arrangeant et qu’il devrait probablement savourer d’avantage cet instant qu’il ne le fait vraiment. Il devrait pouvoir s’y raccrocher, oublier le reste, et savourer cet instant, sans chercher plus loin. Sans avoir des images de la neige ensanglantée qui ne manquent pas de l’assaillir quand il pose son regard sur cette blancheur immaculée.

Il sait qu’il ne pourra jamais oublier les morts, qu’ils pèseront sur sa conscience et qu’il faudra bien plus d’une saison de repos pour apaiser son esprit. Si tant est que ce soit possible un jour. Et pourtant, il faut continuer. Pour qu’ils ne soient pas morts en vain, pour que leur combat ait un sens, qu’il aille au-delà de ces mots pétris d’idéaux auxquels il se rattache depuis le premier jour.

Il sait que le froid va se faire de plus en plus vif et que certains ne passeront pas l’hiver, trop affaiblis par tous ces derniers mois de combat. Les terres sont à vif, elles ont besoin, tout comme les hommes, d’une saison de repos. Avant que tout ne recommence, pour le meilleur comme pour le pire.

Mais, alors que le froid se fait plus piquant, il se sent confiant. Vraiment. Pour la première fois depuis des semaine. Et le sourire de sa femme, qui l’observe à ses côtés, est à chérir comme un trésor. Parce que c’est le plus beau des cadeaux qu’il pourra jamais avoir. Il lui lance un regard alors qu’elle murmure, de cette voix douce qui n’a de cesse de l’enchanter depuis des années.

« L’Hiver vient. »

Il pose une main sur sa nuque et l’embrasse sur la tempe.

« Je sais. Nous serons prêts. »

***

Tous les trois continuent d’observer ce qui leur est cher, ce pour quoi ils donneraient leur vie sans hésiter. Ou à prendre celle des autres si besoin. Si l’Hiver est là, s’installe dans chaque maison, sur chacune des terres qui a déjà versé bien trop de sang pour ne pas apprécier ce bref instant de repos, tous savent que le répit ne sera que de courte durée. Qu’il faudra de nouveau se relever et affronter l’ennemi. Quel qu’il soit.


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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:48


La chaleur doucereuse est profondément réconfortante. Mon dos repose sur quelque chose de moelleux et de soyeux. Je tente de bouger mais la brusquerie de mon geste me fait ouvrir les yeux ainsi qu'émerger prestement de mon demi-sommeil réparateur. Le tiraillement au niveau de mes flancs me tire une grimace atroce. Facies rendu d'autant plus horrible que la cicatrice offerte par cette pourriture Bravosie de Forel réhausse tristement le rictus déformé de mes lippes. Mon premier réflexe est de tenter de plaquer une main lourde sur mon front tant la douleur me vrille le crane. Une brume épaisse semble enserrer mon esprit dans une chappe de plomb. J'ai la désagréable impression de faire les frais d'une nuit de beuverie bien trop arrosée à cela près que je n'ai jamais atterri dans mes appartements royaux ni eu aussi mal de ma vie pour quelques heures de descente de chopes. Recouvert d'une épaisse peau d'ours, mon champ de vision périphérique s'annonce limité. J'entends néanmoins le crépitement d'un bon feu. Ainsi qu'une effluve de pavot qui flotte jusqu'à mes narines. La substance médicinale n'est pourtant pas la seule senteur dominant la vaste pièce. Celle-ci acre et suffocante se noie dans une bien plus agréable mais non moins familière. Boisée, sucrée et fleurie baignant dans l'ambre et enrobée de celle du tissu neuf.


Il n'y a qu'une seule femme que je connaisse qui arbore un tel parfum envoutant. Ainsi, donc la reine des Fleuves et du Crépuscule se trouvait à mon chevet plutôt que de diriger ce qu'il nous restait de royaume en mon absence. Tournant la tète délicatement tant pour éviter une fulgurance de la souffrance que ressentir la brulure d'un regard réprobateur, j'esquisse une moue de surprise en constatant l'expression de la dompteuse de chevaux. A dire vrai, il était de notoriété publique que j'adorais taquiner à l'excès mon épouse car la petite fille de Brayan Bracken avait suffisamment de mordant pour relever le gant. Cependant, en cet instant nulle envie de la pousser à bout. La mine soucieuse sur le joli minois de ma riveraine me pousse à ressentir une pointe de culpabilité. Ce qui au demeurant ne me ressemble absolument pas. Le pli de son front, l'inquiétude dans ses yeux et la crispation de ses lèvres. Tout cela n'en disait que trop long. Nos regards se croisent et je me remémore finalement les raisons de ma présence ici. Les images défilent par fragments. Beron mon neveu, son cheval terrassé par le piège mortel, la meute de loups nous encerclant, la terreur des montures, la méthode implacable et rigoureuse de la garde, le face à face avec le fauve. L'espace d'un instant, j'avais cru imaginer le Braenaryon dans cet alpha infernal aux airs de mastodonte.


Mais, cela ne fut qu'une illusoire tromperie de l'esprit dans un élan d'adrénaline. Je me rappelle de la sauvagerie des prédateurs, de la réactivité de l'escorte, de la bravoure de mon neveu, des chants des guerriers, du sang du Rennaissance et de l'appréhension dans mes trippes. Celle de quitter ce monde ce monde au milieu des bois et d'un amas de carcasses lupines sans avoir pu venger le nom de ma maison et faire payer l'empire. Du coin de l'œil, je remarque la fourrure fraichement tannée sur les épaules de mon épouse et un infime sourire passe sur mes lèvres. Helena lève les yeux au ciel et se retient probablement de soupirer. Je peux presque lire en elle. Affaibli après un évanouissement, je me préoccupe plus de ce présent futile que de ma propre santé. Quelque chose me taraude pourtant. Et, je ne parle pas du fait que je déteste ne pas ètre en train de gouverner le royaume ou assister aux entrainements des soldats de métier. Ma reine savait bien à quel point j'exécrais cet immobilisme morbide. Elle qui n'avait eu de cesse de me sermonner à ce sujet depuis deux mois. Au point que je ne savais plus qui du mestre ou de ma femme je recevais le plus de remarques exaspérantes. Oui, quelque chose me taraude bel et bien.


J'avais accompagné mon héritier chez le mestre car à mes yeux sa perte de conscience comme ses blessures étaient bien plus graves que la mienne de même que celles des bersekers de la garde. Je sais qu'il m'a pourtant soigné là-bas et qu'Heda m'a fusillé du regard pour ce qu'elle considère comme de l'irresponsabilité. Mais, je croyais n'avoir été touché que superficiellement. Devancant ma question devant mon expression perplexe, la née Bracken m'explique que j'étais tombé dans le couloir menant à ma chambre. Bénissant le Noyé en mon for intérieur d'avoir épargné la vue d'une telle faiblesse à ma cour, je pousse un soupir de soulagement empreint de rage sourde. Helena me sermonne sur ma tendance à abuser du lait de pavot au lieu de prendre le repos nécessaire ainsi que mon incapacité à me montrer raisonnable. Je maudis Baal Forel pour la millième fois consécutive avant de me détourner pudiquement. Je n'aimais pas que la jeune femme me voit ainsi. Ce qui était proprement ridicule car elle l'avait fait depuis mon arrivée à Pierremoutiers. Un manteau blanc illumine la fenêtre. De la neige tombe en abondance sur le Conflans. Le spectacle des flocons s'abattant sur la pierre, la boue, les remparts et les chaumières m'hypnotise un instant. L'hiver est venu dans le sillage des loups et désormais nous étions comme ces flocons, suspendus entre deux mondes. Celui qui brulait et sombrait dans l'oubli et celui qui allait renaitre d'une manière ou d'une autre. La neige pale et nacrée s'accompagne du sifflement du vent mordant. La couche spectrale recouvrait à présent l'horizon et tout n'était plus que nuage immaculé. Ce paysage avait quelque chose de reposant dans sa monochromie.


Une idée de paix se dégageait de cette lumière comme s'il ne servait à rien de lutter contre cette avalanche de pureté. En bon commandant, je gardais en tète les désagréments liées à la mobilité des hommes, des vivres et leurs conditions de vie. Un soldat ca aime avoir chaud et le ventre plein. En respectant cela, on remportait des batailles tandis qu'en méprisant cet idiome simple comme le monde...Ce fut le bruit d'un mouvement qui me tira de ma contemplation et me ramena au présent confortable mais avilissant de convalescent. Helena m'avait rejointe sur le lit à baldaquin et ainsi assise à mes cotés regardait elle aussi la vitre. Son regard plein d'espièglerie tranchait singulièrement avec sa préoccupation passée. Prenant la parole, je décide de l'interroger sur ce que lui inspirait ce ballet glacial. La reine se tourne vers moi en esquissant un large sourire. Sourire rendu de bon cœur parce que c'était ainsi que je préférais la voir. Mon épouse balaie une mèche rebelle de mon front endolori et dépose un baiser sur mes lèvres. J'éclate d'un rire rauque s'achevant en quinte de toux. Mais avant qu'une remarque en franchisse mes lèvres, j'attaque comme toujours.


_"Ce n'est pas une réponse ca. Bien que cela soit certainement plus agréable."
_"Tu tiens vraiment à savoir ?"
_"Oui, j'en meurs littéralement d'envie. D'ailleurs, je n'en ai visiblement plus pour longtemps. Même pas de compassion pour un mourant ?"

Une mine de chien battu se voit refoulé brutalement par un coup de coussin aussi brusque que féroce.
-"Ne plaisante pas avec ce genre de chose Yoren !"
-"D'accord. D'accord. Bon, je vais l'avoir cette putain de réponse ou vais-je devoir te ramener mieux que des peaux de loups ?"
_"Nul besoin de jouer les fers nés intrépides. Mon plus beau souvenir de cette détestable saison remonte à une douzaine d'années."
-"Et ?"
-"Et si tu te montrais un patient plus docile et laissais ta reine raconter !?"
Un sourire canaille étire mes lippes et je dois me faire violence pour réprimer la pique me chatouillant le palais.
-"J'avais huit ans et grand père et père étaient en guerre contre le Nord au delà des Jumeaux. Je me morfondais de revoir grand père pour lui montrer mes progrès en équitation. Mère me rabâchait sans cesse de coudre quelque chose de joli aux armoiries de la maison. Que cela ferait plaisir à Brayan. Mais, je savais qu'il se fichait comme d'une guigne de ces bêtises de lady."



_"Ils sont finalement revenus du Nord défaits par le loup de Winterfell mais bien vivants."

_"Oui, ils sont rentrés le visage grave des commandants ayant vu trop d'hommes tombés sous leurs ordres. Mais aussi avec une haine incommensurable pour le septentrion et ses barbares. De là, j'ai compris que le Nord était notre plus redoutable ennemi et me suis mis à le hair autant que grand père. Mais là n'est pas la question..."
_"Tant de haine dans une si jolie femme."
Le regard de la fille d'Adriel me cloua au silence. Je ne devais finalement pas allé si mal puisque je la taquinais allègrement comme à l'accoutumée.
-"Faisant fi des ordres de mère, j'ai demandé à oncle Erwann de m'aider à monter l'un des meilleurs étalons de l'écurie de la maison. Mon oncle a hésité mais a cédé devant ma détermination. Galoper sur Alluve fut une épreuve et j'ai cru chuter mille fois. Mais, je suis parvenu jusqu'à Brayan et Adriel droite sur un cheval faisant quatre fois ma taille. Mais, cela en valait la peine en dépit du froid et de la neige jusqu'au jarrets. Parce que grand père m'a adressé un sourire plein de fierté. Père se voulait lui mécontent mais masquait mal sa fierté."

Le regard brillant de mon épouse ne me prouve que trop bien qu'il s'agit en effet d'un moment cher à son cœur. Mes sourcils se froncent alors que je me fais pensif. Reverrait-elle son grand père et son père un jour ? Si mon beau père était dans la fleur de l'âge, le légendaire maréchal riverain damnait le pion à feu Harren de quelques années. Je me fais le serment solennel de tout faire pour libérer ma belle famille.
_"Et tu sais ce qu'il leur a dit ?"
_"Hum, que tu étais une véritable centaure ?"



_"Il a dit que si ses soldats avaient eu le quart du courage de sa petite guerrière, le loup et ses chiens errants auraient crevés la gueule ouverte comme les bêtes qu'ils sont."
Un sourire amusé se peint sur mes lèvres. Du Brayan Bracken tout craché en effet.
_"Cela ne m'étonne pas du tout."
_"Ensuite, nous avons festoyé pour leur retour. J'ai fait une bataille de boules de neige avec les enfants de nos bannerets. Bien sur, je jouais le général du Conflans et les eux les vils nordiens."
_"Aie. J'imagine qu'ils n'avaient aucune chance."

_"Ils auraient pu se rendre." Fit-elle en haussant les épaules. Helena se tourne finalement de nouveau vers moi et s'allonge à coté de moi.
_"Et toi ? Que t'inspire cette neige mis à part des difficultés logistiques et tactiques ?"
Me rembrunissant presque immédiatement, je tente de changer de sujet tout en sachant que c'est peine perdue.
_"Rien d'intéressant ma mie. Rien. Cette fourrure de loup te plait-elle ?
_"Yoren !"
_"Quoi ? Tu veux que je te raconte la fois ou j'ai pillé des navires Bieffois au milieu d'une mer démontée par les tempêtes hivernales ? Celle ou je me crevais dans le froid à exécuter les basses besognes d'Harren ? Celle ou je dinais avec les fers nés d'Harrenhall parce qu'un batard à une table royale riveraine aurait fait tache ? Ou peut ètre mon premier hiver dans le bordel d'Helya !?"
Lorsque l'on dégaine, il faut toujours ètre capable d'aller au bout car si l'adversaire est tenace, vous allez au devant d'ennuis. Helena n'était pas du genre à reculer. J'aurais pu user d'un bouclier. Mais, je n'en utilisais ni sur le champ de bataille ni ailleurs. Une arme dans chaque main voilà comme je me battais et comme je vivais.
_"Parle moi de ton premier hiver." Dit-elle d'une voix mesurée et douce. Soupir appuyé de ma part.


_"C'était juste quelques semaines avant qu'elle ne meure. Et que la garde royale d'Harren ne vienne m'arracher de Pyke. Je me rappelle avoir joué avec Ulfric le fils d'un pécheur aux alentours du bordel. Lorsque les premiers flocons sont tombés j'étais tétanisé. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Puis, j'ai levé la main et ouvert la paume pour recueillir un flocon. Ulfric s'est précipité au port et je l'y ai suivi. Nous courions à nous en faire saigner les pieds. Mais, cela n'avait aucune importance. Le phénomène nous semblait magique."
_"J'ai du mal à t'imaginer tétanisé."
_"Cela n'arrivera plus jamais. Quoi qu'il en soit, j'ai compris pourquoi Ulfric s'était précipité mais j'ai compris en voyant comme lui la mer déchainée. Les vagues gigantesques et les éclairs zébrant le siècle étaient terrifiants. Il avait peur pour ses parents. Dans les iles, l'hiver a tendance à prendre cette forme. Le Dieu des Tempêtes est l'allié de cette saison. C'était la première fois que je découvrais la fureur des éléments. Lorsqu'Helya m'a retrouvé j'étais gelé mais heureux. Je savais désormais que je voulais devenir marin."
_"Pour vaincre ta peur et dompter l'océan ?"
_"Ni l'un ni l'autre. C'était pour faire de ma mère une reine en la couvrant de richesses mais elle est..."
Sentant mon trouble et ma tristesse, la reine vint se blottir contre mon torse. Passant mes bras autour de sa taille en calant mon menton sur ses cheveux, j'inspirais une grande goulée d'air brulant.
_"Merci de m'avoir raconté cela."
-"Ce n'est rien. Ne fais pas attention à moi."
-"Et maintenant voilà ou nous en sommes. Le premier hiver de notre règne peut ètre le dernier."
_"J'adore ton optimisme Helena. Il est rafraichissant !"
_"Ne me dis pas que c'était une blague."
Je me contente d'un haussement d'épaule nonchalant avant d'enserrer un peu plus fort mon épouse dans mes bras tout en priant le Noyé pour que l'enfant en son sein puisse lui aussi un jour avoir des souvenirs à raconter de cette saison.

J'ai opté pour des anecdotes sur l'hiver plutôt que des légendes ou du folkore. J'espère que cela ne dérangera pas.
La Corneille à Trois Yeux
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:48

Le Solstice d’Hiver. Le Corbeau Blanc est arrivé il y a deux jours. Lord Mormont a demandé à ce qu’on puisse organiser des festivités au plus vite. C’est le Solstice d’hiver. J’entends mon vieux père d’ici. L’Hiver vient, Torrhen. Pour toi et pour tes frères. Battez-vous contre les barbares, ou l’hiver sera encore pire que les autres. Vous êtes des loups. Nourrissez-vous du sang de nos ennemis. Et se nourrir, on avait plutôt bien réussi à le faire. Des semaines de combats et d’escarmouches sur les côtes. Des boucheries à sens unique, ou des batailles désespérées. Les sauvageons étaient de terribles ennemis. C’étaient mes premiers adversaires, mais ils étaient valeureux. Fous, mais valeureux. Manier Hurlement m’avait endurci, avait fait gonfler mes bras. J’avais un peu plus de poil au menton, aussi. Mais c’était la bière, d’après Brandon. Il avait entendu dire que c’était en boire plus qui nous la faisait pousser. Alors, avec les petits frères, on en buvait encore plus. Je devais me faire beau pour ce soir, m’apprêter comme il fallait. Le lit bougea, derrière moi. Je me redressais et me frottais les yeux. Le corps rompu. L’impression d’être plus vivant que jamais. Elle m’appelle à demi endormie.


| Chut, ne bouge pas, ma Dame. |


Je l’embrasse sur l’épaule, elle sourit. Le maître des lieux sait-il que sa fille et moi… Et nous… ? Je ne sais pas. Je serais sans doute mortifié qu’il m’en veuille et vienne me chercher par le col. Mais rien n’était jamais arrivé, et j’aimais la compagnie de Nelya. L’aimais-je ? Oui, sans doute. Je pensais à elle à chaque fois que j’allais me battre ; je voulais la revoir à chaque fois, me glisser sous ses couettes et lui faire l’amour. C’était brouillon, sans doute. Je m’en rendais bien compte. Le maître des lieux m’avait traité de jeune grand-père par mon cynisme, et le Capitaine des forces Mormont hurlait de rire en m’appelant par toutes sortes de sobriquets. Je laissais faire. J’en étais fier. Tant qu’ils ne me semblaient pas irrespectueux… Je ne les comprenais pas tous. Mais Nelya se réveille, finalement. Je l’embrasse. Elle rit. Je caresse sa poitrine naissante, fait mine de copier le loup et son grognement. Je finis par la laisser, et retourne à ma toilette. Barbe naissante bien taillée. Cheveux noirs comme la nuit en bataille, remis en bon ordre avec mes mains humides de cette eau claire qu’on nous a apportée. Qu’on a apportée à Nelya, plutôt. Alors que je commence à me rhabiller, je la sens qui rit et m’enlace dans le dos, ses mains errant sur mon corps. J’étais si jeune, si prompt à la faute. Il ne me faut que croiser son regard et son air mutin pour abandonner toute volonté et rire avec elle, nudité retrouvée, cherchant ses lèvres et la couchant dans le lit.


Je finis par être prêt, après ce qui me semble être des heures. Mes frères, plus jeunes que moi, le sont bien avant. Même si je sais que Rickard et Brandon sont allés dans la taverne du port des baleiniers… Ce qui n’empêche pas que s’ils arborent le sourire des loups repus de chair, ils n’en sont pas moins apprêtés. Nous devons maintenant tuer le temps. On nous avait dit au point du jour. Ce serait plus tard. Nelya m’a parlé d’une sorcière qui vit dans une cahutte, près du bourg. On la dit vervoyante, on la dit zoman. Le seigneur des lieux la tolère plus qu’il ne l’accepte. On ne chasse pas ces mutants, on s’en méfie. De peur de leurs malédictions. On s’amuse. On se dit que ça ferait du bien de rire un peu, avant la fête. On rassemble nos pièces. On se dit que notre nom devrait suffire, mais on ne sait jamais. Tout le monde se plie en quatre quand on dit être Stark, quand nos insignes ne suffisent pas. On décide que je rentre en dernier. Vieille blague avec les frères, pour toujours faire croire que le Prince Héritier est le premier à entrer. Chacun en joue.


Ils sortent tous, blêmes. Et cois. Ce qui n’arrive pas souvent. Rien n’y fait quand je leur dis et menace que c’est moi qui paie, et que c’est moi le grand-frère. Que je dois savoir. Je finis par entrer dans la cahutte. L’odeur de sauge brûlée me pique les narines. Et me mets sur mes gardes. J’ai envie de tirer l’épée par instinct, en entendant psalmodier dans le fond de ce qui semble être l’unique pièce, avec une vieillarde couverte de peaux, d’os et d’immondices, qui attend devant le feu.



| Qui s’avance devant les Anciens Dieux et fille honnie ? |


Je fronce les sourcils.


| Tu aurais l’arrogance de te dire fille des Dieux, grand-mère ? |


Elle ricane, me pointe du doigt. Je n’aime pas ça du tout, mais plus que la colère, sa réaction me met mal à l’aise.


| Cesse de rire, mamie, ou je te ferais passer un sale moment. |


| Oh, un sale moment ? L’Hiver vient, jeune Prince, et que crois-tu qui soit pire que ça ? |


Moue de dédain.


| Il suffit d’entretenir le feu, poster des gardes, et prendre garde aux réserves, tout le monde sait ça. |


| Voilà un Prince qui ne sait pas grand-chose. Tu es donc là pour entendre les mots de la vieille Birgit, pas vrai ? Tu as vu la mine de tes frères en sortant, y compris celle du bâtard ? Lui aussi était bouffi de prétention. Je crois qu’il mettra des jours à retrouver un peu de couleurs. |


| Mensonges. Un Stark n’a peur de rien. Si tu n’as rien à me dire, je te laisse, et je ne te paierais pas. |


| Tout doux, Prince. La manière de procéder est simple. Je savais que tu venais. Les Dieux me l’ont dit. Ils m’ont dit des choses sur toi. |


| Mon avenir ? J’épouserais Nelya ? | l’interrogeais-je, avide.


| Non, tu ne l’épouseras pas. Ca fait une question. Tu n’en avais droit qu’à dix. Ca ne fait plus que neuf. Je répondrais par des formules courtes, car je ne dois pas influencer ton destin. |


| Des énigmes ? Que ferais-je de ça ? |


| Ce que tu en voudras, mon Prince. Voilà. Il te reste huit questions. |


Je grommelle, furieux de me faire jouer par la vieille harpie. Mais elle a piqué ma curiosité.


| Est-ce que je serais Roi ? |


| Bien sûr. Et plus tôt que tu le crois. Tu seras plus, aussi. |


| Comment ça, pl… Non, oublie. Je verrais. Plus que Roi ça n’existe pas. Roi des Rois ? Comme certains sudiens ? non, je ne veux pas la réponse à cette questions. Est-ce que j’aimerais ? |


| Oui, mon petit Prince. On t’aimera, aussi. C’était ça, ta vraie question. Ce besoin que tu as qu’on t’aime… Ca te servira. Et te desservira. Parce que ceux que tu aimeras le plus seront ceux qui t’aimeront parfois le moins. |


Malaise. Je fronce les sourcils. Je me sens triste, sans très bien savoir pour quoi.


| Bon, alors, pas très heureux en amour. C’est parfait ma foi. Est-ce que je vivrais dans la gloire, au moins ? |


| Oh, oui. La Gloire, tu la connaitras. Mille fois, peut être. Si tu parles des champs de bataille. Mais ton esprit et tes rêves participeront aussi à ta renommée. Ta mort y sera aussi sans doute pour quelque chose, à force de la chercher, tu finiras bien par la trouver. |


| Voilà qui est mieux. Enfin, je crois. La peste soit de tes énigmes, vieillarde. Comment pourrais-je vivre dans la gloire mais mourir par elle ? Je ne suis pas prétentieux ! |


Elle sourit de toutes ses dents gâtées. Je me rembrumis.


| Mes frères se couvriront-ils eux aussi de gloire ? |

| Oui, mais surtout dans leur mort. Ils ne partageront pas la tienne. Encore quatre questions. |


| Est-ce que mon père m’aime ? |


Pour la première fois, on lit un peu de douceur sous son regard.


| Non, ton père n’aime personne. Et surtout pas lui-même. Mais il t’aimera avant sa fin. |


Maintenant, je me sentais plus mal qu’après ma première bataille sur la plage.


| Serais-je père un jour ? |


| Bien sûr. Plusieurs fois. Mais tu seras aussi le père d’enfants qui ne seront pas de toi. Plusieurs fois aussi. |


Larmes de rage, poings serrés.


| Mon père ne m’aime pas, mes frères vont mourir, je ne vais pas épouser Nelya et je serais visiblement cocu ou bonne pâte, allez savoir, j’aurais la gloire mais ça me perdra. Tu parles d’une destinée. Les Dieux ont chié sur le Grand Livre des Ancêtres ou quoi ? Non, ce n’est pas une question. Je les révère quand même, parce que tout ce que je fais, c’est pour eux et pour le Nord. J’ai le droit à une dernière question. Quelle sera ma mort ? |


| Seul dans la nuit, dans la neige jusqu’à mi-cuisses. Le hurlement des loups sera la dernière chose que tu entendras, et la tempête de lames la dernière chose que tu verras. Mais tu auras encore son goût à Elle sur tes lèvres, et pour toi, c’est tout ce qui comptera. |


Je hoche la tête, mortifié. Une vie de gloire balayée par un assassinat, une vie peu heureuse, la tromperie, la trahison, la solitude. Nous ne soufflons mot en regagnant le castel. Nous entamons le sfestivités pleins de morgue, remerciant notre hôte du bout des lèvres. On nous honore. Nous faisons la fête avec retenue. Nelya veut danser. Je lui laisse mes frères, et regarde la nuit au dehors, les flocons qui tombe. Brandon sort. Il souffle. Aviné, comme moi. Il pose sa main sur mon épaule.


| Toi aussi, elle t’a servi ses salamecs ? Non, ne dis rien grand-frère. Je le vois dans tes yeux. Elle n’a dit que des conneries, tu sais ? Apparemment, elle a prédit le fer et le sang à toute l’ïle aux Ours, et tu crois que nous allons perdre ? Nous avons tué plus de sauvageons en quatre mois qu’il n’en était pas venu en dix ans. Quand ça s’arrêtera, ils ne seront pas prêts de revenir. Elle a dit plein d’autres horreurs. Notre esprit leur cherchera toujours un sens, une explication. Mais la vérité, grand-frère, c’est qu’elle ne sait pas plus que nous ce qui arrivera. Viens et buvons. Nelya semble déçue que tu la délaisses. |


Je ne me laisse pas guider. Le vent glacial met en vrac mes cheveux dûment mis en place plus tôt dans la soirée. Dans les ténèbres, j’ai l’impression qu’on appelle mon nom.


| Tu crois que je finirais assassiné, Bran ? Elle m’a dit que ça m’arriverait. |


| Pas sous ma garde, Torrhen. Je te le promets, grand-frère. |


| Bon. Elle m’a dit aussi que je trousserais plus de pucelles que toi. |


Craintes oubliées. Tant que j’ai mes frères, tout ira toujours bien. Le monde pouvait mourir, tant que je les avais eux.


| Pas possible, tu as une bien plus sale trogne que moi. Je suis le plus beau de la fratrie. |


| Peut être, mais moi, je suis meilleur guerrier. Ca compte. Chez les fer-nés, ce sont eux qui ont le plus de femmes. |


| Les fer-nés sont tous des fils de putes, ça ne compte pas. |


Je ricane. Tends le bras à mon frère, qui me le serre, poignet contre poignet.


| D’accord, je t’aurais à la loyale. J’ai déjà Nelya. |


| Et file la retrouver, avant que je te la prenne. |
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:49


Les cloques qui se formaient à la surface de la marmite de cuivre explosaient tour à tour, et les senteurs qui émanaient ne pouvaient que la ravir. Cependant, elle n’en oubliait pas pour autant de veiller à ce qu’on ne renverse rien des victuailles disposées sur ses deux chariots que d’autres qu’elle poussaient. Elle était trop petite pour s’en charger elle-même, et puis … Et puis, son petit privilège allait venir, celui-là même dont elle sentait la saveur fruitée et sucrée tout contre son palais, en digne avant-goût. Oh que oui, aujourd’hui encore, elle le savait, malgré sa petite taille, elle avait tout d’une grande. Et puis, la taille ne faisait pas tout, n’est-ce pas ? Des artifices existaient pour contrebalancer tout ça. C’est pour quoi, comme à son habitude, pour cuisiner, Hellébore prenait la peine de se rehausser en installant son traditionnel petit banc de cuisine. Il ne payait plus trop de mine, vu l’âge qu’il avait. A certains endroits, les nœuds du bois étaient devenus d’un noir si profond qu’elle retrouvait presque son âme d’enfant en s’y perdant à leur contemplation. Parfois, même, elle les redessinait du bout des doigts, et dans ces instants-là, en la voyant sourire si doucement et si tendrement, on lui donnerait aisément 20 ans de moins, ce qui n’était pas une mince affaire. Il en avait vu, des vertes et des pas mures, ce banc. Il avait fait l’amère expérience des colères qu’elle piquait, quand elle tapait du pied face à quelque chose qui lui déplaisait. Comme lorsqu’elle était tirée de la surveillance si assidue de l’ébullition de sa sauce parce qu’un petit avorton avait cru bon de venir la déranger pour des broutilles. Ou lorsqu’elle trouvait qu’on ne coupait pas assez vite les pommes, ou que la taille des tronçons de carotte était bien trop petite. Mais jamais elle n’y avait fait tomber la moindre parcelle de nourriture, ah non, ça, jamais. Cela aurait été du gâchis, et de l’irrespect pur et dur pour sa cuisine. Hellébore ne tolérait pas que l’on gâche son art culinaire, et ne se permettait donc pas elle-même de se laisser aller à de pareilles sottises. Certes, ici, elle disposait de tous les moyens et de toutes les ressources nécessaires pour bien cuisiner. Le budget n’était en soit pas un problème, donc, mais … Mais quand on a grandi dans la misère, et que l’on ne mangeait pas toujours à sa faim, enfant, et loin de là, même, et bien cela laisse des traces. Gâcher n’était pas une facilité à emprunter, sous prétexte qu’ici le luxe et la profusion étaient de mise. Et ce message-là, elle ne manquait pas de le transmettre à tous ceux qui, en plus de travailler à ses côtés, étaient sous ses ordres. Oh, elle le savait, mais elle ne devait pas jouir dans la meilleure réputation chez toutes et tous, parmi le personnel domestique. Elle avait des défauts, et une patience très limitée dès lors que cela touchait au domaine de l’humain. Mais elle savait aussi que, sans elle, ils seraient perdus. Oui, ça, elle le savait. Preuve en était, vers qui courrait-on quand on constatait qu’on avait trop salé sa venaison ? A qui demandait-on de goûter à un nouveau mélange des saveurs pour savoir si cela tenait la route ou non ? Qui était assaillie de questions pour savoir quoi faire, dans quel ordre et à quelle vitesse, quand les cuisines étaient soudainement prises de panique alors que la Famille royale mettait tout le monde sur le pied de guerre avec un banquet impromptu ?
Cette période de l’année, justement, était l’une des plus fatidiques. On s’apprêtait à dire adieu à une année pour embrasser l’arrivée d’une nouvelle. Chacun avait pris l’habitude de réunir les siens, et tout le monde cherchait à se retrouver, en famille. Tout le monde ou presque. Parce que Hellébore, elle, elle était loin de répondre au cliché de la grand-mère gâteau, ne tenant plus trop sur ses guiboles à cause de l’âge, pétrie de rhumatisme et devant faire face à la perte progressive de ses dents, cela ne lui convenait pas. Pas du tout, même. Elle avait fort à faire, encore plus ces derniers jours. Sa propre famille avait depuis longtemps appris à se passer d’elle. Oh, oui, bien sûr, elle avait une, de famille, même si ses parents tous comme l’ensemble de ses frères et sœurs n’étaient plus de ce monde depuis longtemps déjà. Elle s’était cependant mariée, Hellébore, et elle avait eu des enfants. Mais ses propres petits-enfants étaient devenus à leur tour grands-parents, alors, croyez-là, il y avait longtemps qu’on ne cherchait plus après elle et que l’on avait accepté, parmi les siens, que sa demeure se trouvait désormais uniquement au sein de la Forteresse royale, et à plus forte raison en cuisine. De toute façon, son devoir se trouvait ailleurs. En cet instant qui était l’un des plus magiques de l’année, il s’agissait de faire plaisir aux petits Lionceaux, tout particulièrement. Cela faisait déjà des générations et des générations qu’elle s’échinait en cuisines pour eux, et leurs sourires la récompensaient toujours grandement. Et puis, quand on a été prénommée Hellébore, reine des fleurs en cette saison, cela doit bien signifier quelque chose, non ? Comme une prédestination, peut-être, allez savoir … Quoi qu’il en soit, oh que oui, elle était fière de marcher devant cette procession. Et attention à celui qui s’aviserait d’essayer de ralentir l’allure, ou de piocher discrètement dans un des plateaux, en se pensant plus malin qu’elle. Elle ne payait certes pas de mine, de par sa petite taille et son âge avancé, mais elle avait encore d’excellents réflexes. Et elle était armée d’une louche et d’une pelle à gâteau dans une main, et d’un petit escabeau dans l’autre, sorte de réplique miniature de son banc de cuisine, alors, croyez-la, c’était à vos risques et périls, et pas qu’un peu ! Elle était intraitable sur ce point, parce qu’elle s’estimait maîtresse des règles et des lois, dès lors que cela touchait à la cuisine. Et voyez-vous, tant qu’il restait des victuailles dans ses plats, et bien sa mission n’était pas arrivée à échéance. C’était de toute façon ainsi depuis toujours, alors … Du moins, ici, en cette Forteresse, nul ne pouvait se targuer d’avoir connu une époque où elle ne servait déjà pas en cuisine. Pour ainsi dire, elle était la doyenne des lieux, et officiait déjà du temps où feu le grand-père du bon roi Arwin était encore en culottes courtes ! Cela créait bien des fantasmes dans l’esprit du personnel domestique. Certains mythes lui étaient même revenus aux oreilles, de façon bien détournée bien sûr. Certains la disaient ainsi née dans ses cuisines, comme si son tout premier bain, après sa venue au monde, avait eu lieu, de façon improvisée, dans l’une des énormes marmites, et qu’on lui avait talquée les fesses avec de la farine avant de l’emmitoufler dans un torchon à essuyer la vaisselle en guise de tous premiers langes. Sottises que tout ceci. A moins que … Elle était de toute façon bien trop vieille pour que quiconque puisse avoir été témoin de tout ceci. Aucun des recoins de cette Forteresse n’avait plus le moindre secret pour elle depuis longtemps déjà. Elle connaissait la place de chaque ustensile, et les cuisines étaient réputées pour être son antre, sans que jamais quiconque puisse n’y changer quoi que ce soit.

C’était comme une mélodie. Comme les rouages d’une horloge, comme des mécanismes bien huilés. Tout le monde savait très bien à quoi s’attendre, dès lors que les fêtes de fin d’année s’approchaient, et pourtant … Pourtant, elle ne cessait jamais de les surprendre, Hellébore. Elle était connue de tous, et chacun savait que, malgré son fichu caractère et son empressement à vous remettre à votre place si vous l’importuniez, elle avait toujours une attention pour chacun. Ou tout du moins cuisinait-elle assez pour que chacun puisse en profiter ! Même si, bien évidemment, certains privilégiés avaient le droit à plus, et à mieux, et qu’ils passaient en priorité. C’était ainsi. Ainsi et pas autrement. Et c’était dans cette optique là qu’elle déambulait dans les couloirs, observant d’un œil fier et orgueilleux le moindre visage s’illuminer. C’était comme si leurs pupilles vrillaient, quel que soit leur âge. Comme si elle savait déjà qu’elle leur mettait l’eau à la bouche. Mais ils devraient attendre. Attendre patiemment. Encore une fois, il y avait des règles, et ... Et de toute façon, elle, elle pensait déjà à ses petits Lionceaux. Oh, oui, sans doute était-ce mal que d’employer un tel pronom possessif, compte tenu du fait qu’elle était tout de même roturière et eux nobles, mais … Mais jusqu’à preuve du contraire, nul ne pouvait lire ses pensées, n’est-ce pas ? Et puis, cela faisait si longtemps … Si longtemps déjà qu’elle officiait. Elle en avait vu, de nombreux Lionceaux devenir grands. Elle en avait pleuré aussi un grand nombre, en silence, et discrètement. Quand, à la fin de la Guerre contre le voisin bieffois, il avait fallu enterrer un trop grand nombre de Lannister, ses larmes salées avaient coulé au-dessus du chaudron qu’elle faisait bouillir sur le feu, et elle n’avait rien pu y faire … Mais une nouvelle génération était venue rendre un peu de vie et de jeunesse aux lieux, et elle ne pouvait que s’en réjouir. Tout comme elle se réjouissait d’avance de pouvoir une nouvelle fois témoigner du fait que si le Roi Loren était un monarque encore jeune, il n’était jamais aussi jeune que quand elle le voyait débarquer pour manger la collation qu’elle avait préparée. Déjà, enfant, il était très gourmand, et elle le savait, mais il devait être fier et ému de pouvoir partager cet instant privilégié entouré de son fils et de ses filles. Quoi qu’il en soit, elle n’avait évidemment pas dressé le moindre pari à ce sujet, mais quand on leur ouvrit les portes du salon vers lequel ils se dirigeaient depuis le début, Hellébore ne put qu’afficher un mince sourire satisfait en constatant qu’effectivement, toute la Famille Lannister était réunie, et l’attendait. Oh, oui, un instant, cela lui procura un sentiment de joie immense. La cuisine pouvait réunir les gens, et cela en était encore une fois la preuve, et ce alors même qu’il était bien connu du personnel de maison que le couple royal vivait au sein de certaines règles qui étaient assez peu communes, et que Loren … Hellébore ne s’aventurerait pas à donner son avis. Parce que, premièrement, ce n’était pas son rôle, et que, deuxièmement, elle était trop émotionnellement impliquée. Elle le connaissait depuis tout bébé, le Roi Loren. Elle avait même son propre arrière-grand-père au berceau ! Elle se souvenait donc très bien de lui bondissant sur les genoux de sa mère, l’actuelle Reine douairière Arcissia. Et c’était donc souvent l’enfant qu’elle voyait à la place du monarque, quand il y avait quelque chose qui la froissait. Comme si son esprit ne pouvait s’empêcher de lui rappeler qu’il avait un jour été enfant, et qu’il avait dû grandir trop vite, et endosser très tôt des responsabilités auxquelles on n’est sans doute jamais suffisamment préparé, de toute façon … Mais le moment n’était pas aux souvenirs du passé. N’est-ce pas ?

Ce fut comme si, soudainement, tous les soucis et toutes les responsabilités s’envolaient, pour un temps, et ce grâce à elle. Sans doute avaient-ils entendu le roulement des chariots sur le pavé des couloirs ? Ou alors, ils l’attendaient de pieds fermes depuis déjà quelque temps, mais, non, cela lui semblait moins plausible, car la Princesse Nymeria paraissait encore un peu agité. A n’en pas douter, elle devait être celle qui parvenait le moins bien à dissimuler sa trépidation et son envie de manger, de goûter à tout. De s’en mettre plein l’estomac. Elle était surtout la plus jeune, et elle était emplie de fougue. Par certains aspects, elle lui rappelait un peu son père, Loren. Et elle ne pouvait s’empêcher de sourire intérieurement en se rappelant de la façon dont tout ceci s’était achevé l’année précédente. La Princesse Nymeria était alors encore plus jeune, célébrant tout juste ses deuxièmes festivités de fin d’année. Alors, évidemment, elle n’était pas aussi raisonnée que son frère et sa sœur aînés. Elle avait fini discrètement par vouloir aider la Princesse Megara à se recoiffer, et l’avait fait les doigts plein de confiture et de chocolat. Et comme sa sœur était bien trop douce et calme pour broncher, et surtout pour lui dire quoi que ce soit à elle, sa cadette chérie, et bien … Et bien, à ce qu’en savait Hellébore, l’aînée des Princesses avait gagné le droit à un bain qui ne fut en rien superflus ! Mais peut-être que cette année, la plus jeune des enfants royaux jetterait son dévolu sur quelqu’un d’autre ? Son frère, peut-être, quoi que ce serait alors sans doute un malheur pour ses jolies boucles blondes auxquelles il tenait tant et qui lui valait déjà les sourires émerveillés de nombre de servantes. Ou bien alors le fils Kenning, plus proche ami du Prince héritier ? La Princesse Nymeria l’appréciait beaucoup, alors, qui savait … Quoi qu’il en était, ces quatre-là n’étaient visiblement pas les seuls enfants de la pièce. Le Roi Loren était en effet tout souriant et … Et encore une fois, pour Hellébore, ce fut comme brusquement être projeté 20 ans en arrière, alors qu’à l’époque, ce n’était pas le Prince Lyman qui était encadré des deux jolies fasciés blonds de ses sœurs, mais bel et bien le Prince héritier Loren … La matrone cuisinière chassa très vite ces pensées de son esprit, préférant lever une main en direction des deux arpètes qui poussaient chacun un chariot. Signal leur était donc enfin donné de stopper le convoi. Ils allaient passer à la distribution des mets. Et la Princesse Megara eut à peine le temps de rattraper sa cadette par le bras avant que celle-ci ne se précipite vers les chariots, au risque de chuter dans son empressement. C’est vrai qu’il serait peu convenable, et surtout très dangereux si l’une des princesses venait à bousculer le chariot sur lequel avait été déposé la fameuse grosse marmite de cuivre dans laquelle un chocolat chaud maison et encore bouillant attendait patiemment d’être consommé. Hellébore savait plus ou moins comment agir et réagir en présence de la Reine douairière Arcissia. Elle avait le bénéfice des années et de l’habitude, mais avec la Reine Jordane … Avec la Reine Jordane, c’était une toute autre paire de manche … De façon plus mesurée mais néanmoins sans doute tout autant empressée, elle vit le Prince héritier se lever, un grand sourire aux lèvres, et comme toujours accompagné de son fidèle ami Gareth Kenning. Elle se méfiait un peu de ce dernier, Hellébore, parce qu’il souriait beaucoup, c’est vrai, mais qu’il n’était pas le dernier, et de loin, pour tenter de resquiller en douce quelques gourmandises de plus dans l’un des plateaux. Il avait un petit air filou, et … Oui, elle se méfiait de lui, mais dans le même temps, il fallait bien que jeunesse se fasse, et puis, elle sentait qu’il avait un bon fond. Alors elle posa à terre son petit escabeau, et se chargea de commencer à faire le service, car il était hors de question qu’elle laisse ce privilège à quelqu’un d’autre. Certes, elle n’avait pas travaillé seule en cuisine, mais chacun y avait tout de même suivi ses directives, et ses recettes, alors il ne lui était pas envisageable qu’un autre qu’elle récolte les fruits de son dur labeur, ça non ! Servant déjà une grande louchée de chocolat chaud dans un bol destiné au Prince Lyman, elle ne manqua pas d’observer en souriant l’attitude de la Princesse Megara, qui après avoir épousseté sa robe et avait pris soin de ne pas y laisser le moindre pli, se chargea de tendre une main en direction de sa cadette pour l’accompagner vers les chariots. Oh, mais que les Princesses se rassurent, il y en aurait pour tout le monde, et elle avait même eu une attention particulière pour chacun. Une brioche aux figues pour la Reine douairière. Des biscuits sablés à l’orange pour la Reine Jordane. Du clafoutis aux fruits rouges pour le Roi Loren. Un fondant au chocolat pour la Princesse Megara et un cake aux trois chocolats pour sa princière cadette. Des gaufres au miel pour le Prince Lyman, et … Et un peu de tout pour ce gourmand de Gareth Kenning !

C’était peut-être ça, le miracle des festivités de fin d’année ! Sa mauvaise humeur légendaire s’atténuait et disparaissait presque totalement face aux visages ravis, reconnaissants et émerveillés de cette Lignée royale qu’elle servait depuis déjà plusieurs générations. Les tracas et contrariétés des monarques royaux semblaient, eux, peser bien moins lourds sur leurs épaules. Les enfants princiers et leurs proches redevenaient ce qu’ils étaient, des enfants, loin des attentes et du fardeau du protocole. La Reine douairière était entourée des siens et devait sans doute, ne serait-ce que pour un instant, être moins en peine du manque de son époux et de ses filles disparus. Chacun des gardes renouait avec sa part d’enfance, le personnel de maison et les domestiques partageaient eux aussi cet instant de fête où tout semblait comme figer hors du temps. Les adultes redevenaient les jeunes enfants qu’ils avaient été, les différences générationnelles s’estompaient. Les dures épreuves passées étaient reléguées à l’arrière-plan, et, durant un instant, on cessait de se préoccuper de l’avenir. On était là, réunis, à partager ensembles un instant de cohésion comme il en existait trop peu. On séchait ses larmes, on riait aux éclats, et ensuite, on se disait que, oui, demain, mais seulement demain, on devrait recommencer à manger avec modération. Ou alors, peut-être après demain, car connaissant Hellébore, il y aurait des restes. Et ce serait du gâchis que de les donner aux petits cochons, et ce même s’il fallait bien engraisser ces derniers si on voulait dans quelques jours les déguster bien rôtis en croûte au miel. Avec des petites pommes de terre cuite dans le beurre, ou réduites en purée. Oh, oui, avec un peu de purée de butternut, et aussi, avec des panais, le tout saupoudré de noisettes réduites en farine si fine qu’elle fondait sur la langue dès qu’on l’y déposait. Et après ça, on verrait la Lignée royale partir en promenade à cheval, alors qu’on hisserait la Princesse Nymeria sur un petit poney attaché au destrier de son père, même s’il était sûr qu’elle ne manquerait pas de protester en voulant, comme ses aînés, pouvoir manœuvrer seule sa monture. On rirait sous cape de la bouderie à laquelle elle ne manquerait alors pas de se livrer, tout en se méfiant de l’hire de la Reine, qui pourrait bien vous retomber dessus si elle vous voyait faire. Oh, et puis … Et puis, c’étaient les festivités de fin d’année, n’est-ce pas ? Cela survenait tous les ans, et, étrangement, d’une année sur l’autre, c’était comme si on les redécouvrait. Comme si on ne se lassait jamais de leur goût, de leur chaleur, des émotions et sentiments positifs qu’elles véhiculaient. Et tout ça, on le devait en partie à Hellébore. Et de ça, oui, de ça, elle en était très très fière …
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 10:49

Chaque partie de son corps semblait greloter, il était sûr et certain qu'il ne tarderait pas à perdre ses doigts de pieds ou alors que le mestre prendrait soin de couper le bout de son nez qui avait sans doute pris une couleur violacée alors que ces lèvres étaient d'un bleu sombre presque inquiétant. Il sentait pour autant, la douce chaleur qui venait de l'âtre de la cheminée commencer doucement à lécher son corps et pouvait ainsi petit à petit réchauffer chaque parcelle de sa peau. Il avait profondément sommeil et il se serait bien laissé glisser doucement dans le pays des rêves s'il n'avait pas entendu les petites voix qui marmonnaient dans le fond de la pièce. Il n'arrivait pas totalement à distinguer si l'intonation de la voix allait plus vers l'inquiétude ou la profonde exaspération qu'il sentait pointer dans le fond. Jon se mit doucement à grogner comme pour signaler sa présence auprès des personnes qui se trouvaient là et avant même de voir son visage apparaître dans son champ de vision, Jon avait réussi à percevoir le parfum si particulier qui accompagnait chacun de ses mouvements et il sut ainsi qui s'installait à ses côtés. Jon se tourna légèrement alors que chacun de ses muscles semblaient emprisonnés par le froid, il sentit un long frisson glacé remonter un instant le long de sa colonne vertébrale jusqu'à le faire claquer des dents alors qu'un visage rayonnant comme un soleil d'été se penchait au-dessus de lui, l'entourant par ses longs cheveux noirs tout en venant poser un léger baiser sur son front. Si le baiser était doux et réconfortant, le regard qu'elle ne manqua pas de lui lancer l'instant juste après le refroidit à nouveau brusquement. Elle leva son doigt avec un air menaçant alors que les mots semblaient être bloqués dans le creux de sa gorge puis sans crier gare, elle vint à le serrer tout près de son cœur avec force. Si Jon ne considérait pas sa mère comme étant la femme la plus forte qui pouvait exister dans tous les royaumes de Westeros, il aurait sans doute porter plus d'attention aux quelques larmes discrètes qu'elle avait pu verser et qui était tombé sur les cheveux du tout jeune enfant qu'il était alors. « Je suis désolé » Parvint-il à prononcer du bout des lèvres alors qu'il avait encore la gorge sèche. Mestre Roshar rentra dans son champ de vision et se pencha à sa hauteur pour pouvoir lui donner une tasse encore fumante. Il dut se rendre compte que le jeune garçon le regardait quelque peu étrangement alors que l'odeur n'était pas des plus alléchante. « C'est un mélange divers de plantes … Il y a du miel dedans votre Altesse … Vous verrez c'est meilleur à boire que ce que cela peut être à la senteur … Et le principal c'est que cela vous réchauffe … » Jon hocha doucement la tête alors que la reine ne manquait pas de le congédier tout en le remerciant pour l'attention qu'il avait porté au jeune prince et qu'il ne manquerait pas de porter quelques jours encore auprès de lui. « Qu'est-ce-qui t'a pris Jon ?! Partir comme ça ! Heureusement que l'on t'a retrouvé sinon … Je ne veux même pas y penser ! J'étais morte d'inquiétude, tu aurais pu mourir, est-ce que tu te rends compte ?! » Jon laissa tomber la tasse qui explosa en mille morceaux sur le sol de sa chambre alors que de nombreuses larmes venaient à parler au bord de ses yeux. « Je voulais juste voir les étoiles ... »

Oui les étoiles … Il les avait observé si longuement par la fenêtre de sa chambre, quelques grains dorés dans le ciel si sombre de l'hiver. Il n'y avait pas de nuages ce soir-là, rien qui ne pouvait réussir à obscurcir son regard, il n'y avait que les étoiles et les grandes étendues enneigés. Jon aimait être là, dans la journée à observer l'horizon et les terres qui entouraient Winterfell pour pouvoir admirer la nature dans toute sa splendeur. Tout le monde ne pouvait pas comprendre quel était la beauté d'un paysage aussi rustique que celui qui régnait dans le Nord. Certes, Jon était beaucoup trop jeune pour pouvoir partir déjà en voyage ou en suivant les compagnes militaires de son père. Il ne pouvait qu'imaginer les autres royaumes de Westeros, d'après ce qu'il avait lu, ce qu'on lui avait transmis lors des banquets où on venait à célébrer le retour des soldats dans leur royaume et dans leur famille. Alors, il ne connaissait que le Nord, mais il aimait ce royaume, il aimait ce qu'il était, il appréciait la forteresse de Winterfell, ses coins et ses recoins où il pouvait passer des heures à jouer en compagnie de Jeyne dès qu'on lui accordait un temps de libre. Il appréciait encore plus le grand air, il aimait pouvoir s'échapper au loin et même s'il n'avait pas dix ans, il était déjà un très bon cavalier. Il adorait sentir la puissance des muscles du cheval lancé au galop qu'il pouvait ressentir contre ses jambes. Il aurait pu passer des heures ainsi à l'air libre, loin des regards de tous, loin de ce que l'on aurait pu attendre de lui. Il n'avait pas à s'expliquer et puis il appréciait tellement la solitude. Dans ces instants, il avait souvent le loisir d'observer la faune sauvage qui peuplaient les plaines et les forêts, bien loin des monstres qui existaient dans les légendes et les contes pour enfants qu'on ne manquait pas de raconter à chaque enfant nordien. Alors cette nuit-là, attiré par les étoiles et la neige fraîche qui ne cessait de tomber depuis plusieurs jours déjà et qui laissaient une belle poudreuse sur les terres. Jon s'était vêtu le plus chaudement possible, on pouvait aimer la neige et pour autant être quelque peu frileux. Dans une discrétion toute à fait relative, Jon avait quitté sa chambre pour pouvoir se glisser dans les différents couloirs jusqu'au moment de réussir à trouver une sortie bien plus à l'abri des regards des gardes qui ne manquaient pas de patrouiller sur les hauteurs du château. La cour principale aurait été une erreur, pour autant, là il avait l'impression qu'il s'en était plutôt bien sorti. Il se mit à courir quelques minutes aussi vite qu'il pouvait alors qu'il s'enfonçait dans la neige jusqu'au-dessus du genou. Il chercha à attraper les flocons qui continuaient à tomber avec sa bouche. Il regardait les ombres qui s'étendaient sous le clair de lune presque à l'infini et c'est à ce moment-là qu'il entendit un bruit. La neige n'empêchait pas de camoufler totalement les mouvements rapides qui semblaient se rapprocher de lui. Jon s'arrêta, cherchant à être aussi invisible que possible et alors il sembla sortir des fourrés un loup, un énorme loup comme on pouvait en trouver sur le blason de sa famille. Ils s'observaient pendant un instant qui apparut pour le jeune garçon comme étant une éternité puis l'animal se retourna et commença à s'éloigner. Jon ne sut pas pourquoi, il avait l'envie extrême de suivre la bête. Bien mal lui en prit … La neige avait recouvert une fine plaque de glace sur laquelle il marcha et qui vient alors à craquer …

Jon ne comprit jamais comment il avait réussi à retrouver la chaleur de sa chambre. Il avait senti le sol se dérober sous ses pieds, il avait beau n'être qu'un enfant et ne pas peser une tonne, la glace n'avait pas résisté. Il s'était senti sombré avant de couler tout simplement dans l'eau gelée. Il avait rapidement perdu connaissance alors qu'il croyait qu'il allait mourir, là seul, en plein milieu de nul part alors qu'il avait tout fait pour que personne ne puisse le suivre. Jon était d'une certaine façon revenu à la vie une fois couché sur son lit bien au chaud dans sa chambre. Certes le froid semblait l'avoir totalement paralysé mais il était en vie. Alors qu'il expliquait à sa mère qu'il avait la volonté de voir les étoiles, sa mère était venue tendrement lui essuyer les larmes qui coulaient de ses yeux. « Mon fils, on tombe pour mieux se relever ensuite … Maintenant tu sais ce que ça fait … Peut être que tu arrêteras tes escapades nocturnes … » Il fit les yeux ronds, comme s'il était innocent et que c'était belle et bien la première fois qu'il faisait une telle chose. « Oh Jon … Arrêtes de me faire ce regard-là, je suis ta mère, je sais toujours tout ce que tu fais. Ton petit manège n'est pas passé inaperçu ! Notamment par le jeune Glover qui accompagne souvent ton père ... » Cela tira une grimace de mécontentement à Jon qui disparut bien vite sous le regard de sa mère. « C'est lui qui a donné l'alerte cette nuit, sois un peu reconnaissant Jon et arrête tes enfantillages ! » Jon hocha doucement la tête même s'il était prêt à répondre quelque chose, cela lui était resté en travers de la gorge. Et peut-être comme si les Anciens Dieux avaient décidé pour lui de définitivement lui fermer son caquet, il vit une petite tête brune, les cheveux longs et en bataille, passer son petit nez par le seuil de la porte. Jeyne s'arrêta un instant sur le seuil, regardant son frère avec une certaine intensité. Il la vit se mordre la lèvre avant de courir le rejoindre et de le prendre dans ses bras avec force et tendresse à la fois. Jon la serra tout contre son cœur pendant de longues minutes avant qu'elle ne vienne timidement s'installer dans le lit de son frère. Les deux aînés Stark se tournèrent alors vers leur mère, avec le même regard. Ils avaient beau avoir deux ans d'écart, on aurait pu prétendre qu'ils étaient jumeaux par leur physique presque identique et leur façon d'agir parfaitement synchronisé. Sigyn se leva avec toute la grâce d'une reine et elle alla récupérer un fauteuil qu'elle rapprocha de la couche et commença alors son récit. Un récit d'aventures et de passion, de guerre et de frisson, de bonheur retrouvé et d'amour familial. Jeyne fut la première à s'endormir, entendre que le rythme de respiration de sa sœur s'était ralenti, donna l'impression à Jon qu'il était en train de se faire bercer par une douce musique. Le son de la voix de la reine se faisait de plus en plus lointaine et il finit par fermer les yeux très rapidement à son tour. Il crut pendant la nuit, sentir une main masculine venir doucement caresser ses cheveux et il aurait presque pensé que son père était là avec lui, veillant sur lui même dans l'ombre. Laissant ainsi, sur les lèvres d'un petit prince, se dessiner un doux sourire. Jon n'aurait voulu être nul part ailleurs à Westeros, le feu de cheminé en train de crépiter dans l'âtre, la neige continuait à recouvrir le Nord, et sa famille tout auprès de lui, pour toujours et à jamais.
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 11:13

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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 20:03

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Jon Stark - Le Jeune Loup
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We saw our destiny and
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Jon Stark

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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 21:50

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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Dim 6 Jan - 22:19

A voté Smile



La Truite Argentée




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Lysara Tully

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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Mar 8 Jan - 13:49

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Myria Hoare

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Le Phénix
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   Sam 19 Jan - 19:06

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Le Cyvosse
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MessageSujet: Re: Les contes de Noël - votes   

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