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Les maudits (PV Dovan Caron)
MessageSujet: Les maudits (PV Dovan Caron)   Mar 4 Déc - 17:51

« Au Nord ! »

Le toast fut repris par quelques buveurs au sein de la taverne, tandis que les deux hommes qui venaient de l’émettre vidaient leur godet de concert, un mince sourire ornant leurs visages fatigués. L’heure des adieux approchant, Bowen s’était vu proposer par son beau-frère, Lord Manderly, de faire quelques libations en sa compagnie puisque ce dernier resterait à Fort-Darion et ne rentrerait pas dans leur royaume pour hiverner. Les deux hommes avaient beau avoir un écart d’âge conséquent et des relations antérieures pas toujours tendres, les épreuves communes les avaient soudés profondément. Par moment, le Glover avait eu l’impression que le Triton avait été le seul à s’inquiéter autant que lui pour sa sœur, lors de la prise de Fort-Darion par le Salfalaise, et cette fraternité soudaine et profonde avait changé quelque chose dans leur relation à un niveau que le Sénéchal ne parvenait pas encore à définir, comme si, enfin, ils avaient eu conscience de leur lien irréductible et que le frère avait su accepter les bonnes intentions du mari, comme le mari avait réussi à comprendre l’attachement indéfectible et sans borne du frère. Et alors que le départ de l’armée nordienne se profilait, peut-être que chacun se prenait à regretter la présence de l’autre. Alors ils parlèrent, d’Alysane, du Nord, de leur famille, du petit Benjen, que Byron hésitait à faire venir, tout en répugnant à ne laisser aucun Manderly de premier plan dans le Nord pour les festivités qui viendraient lorsque le convoi royal atteindrait Winterfell. Son fils avait beau être jeune, il représentait l’avenir de sa maison. A cela, Bowen ne savait que conseiller, mais pouvait seulement offrir son aide, en promettant que, si nécessaire, son neveu serait pris sous son aile et celle de son épouse à Winterfell, et qu’il veillerait à ce qu’il honore son sang en représentant la plus riche maison du Nord. Et il y avait toujours les filles de Byron, qui pouvaient le représenter, et pour lesquelles il s’engageait aux mêmes promesses, bien que cette fois-ci, aucun lien de sang n’existe entre lui et les deux premières-nées du Seigneur de la Blanchedague. Les heures passant, ils évoquèrent les mesures de sécurité du Nord, les travaux à venir pour le Sénéchal ainsi que la position au Collège Impérial d’Alysane, qui occuperait le siège dévolu à Bowen.

La nuit définitivement tombée, Byron se leva et prit congé, soucieux de rejoindre son épouse dans un état correct et à une heure décente. Bowen salua donc chaleureusement son beau-frère, avant de revenir siroter pensivement le reste de sa choppe. Puis il pourrait partir à son tour, car il n’entendait pas devenir un pilier d’auberge. Les excès dus à la naissance de son fils ne seraient qu’une vulgaire exception, la seule qu’il s’était permise au cours d’une vie entière de tempérance. Silencieusement, il se contenta donc d’observer les différents clients de l’endroit. Il y avait là plusieurs hommes portant les armes du Nord et un grand nombre de riverains. Il distingua quelques blasons de Peyredragon en sus, dont un qui était très occupé à tenter de charmer l’une des serveuses, qui n’avait manifestement pas beaucoup d’attrait pour l’infortuné galant. Le malheureux finit par se faire gentiment bousculer par ses camarades pour qu’il lâche une affaire bien mal entamée, et après quelques protestations, il noya sa déception dans la vinasse. L’ambiance était calme, en tout cas, plus convenable que dans d’autres établissements moins cossus et davantage destinés à la piétaille, où les filles à soldats pullulaient et l’alcool de qualité pour le moins discutable coulait à flot. Une armée restait une armée, et les effectifs stationnés autour de la nouvelle capitale étaient conséquents. Il fallait bien occuper les hommes au vu de l’inactivité forcée exigée par l’hiver, et en la matière, le vin, le jeu et les femmes avaient toujours constitué l’exercice privilégié du loisir. Après tout, ils ne pouvaient décemment s’entraîner tout le jour !

Une silhouette un peu différente attira pourtant l’attention de Bowen. L’homme portait des couleurs que le nordien ne reconnut pas au premier abord, ce qui l’identifiait immédiatement comme non-nordien. Etant donné sa place au Collège Impérial, le nordien avait eu à cœur de se renseigner sur les différentes grandes maisons des autres royaumes fédérés et avait passé un certain nombre d’heures dans l’étude du mestre, afin d’étudier plus avant ces familles dont il connaissait parfois le nom, mais guère plus. Au bout d’un moment, il finit par reconnaître … et poussa un soupir compatissant. Manifestement, il s’agissait du rescapé Caron. Quelques rumeurs couraient sur cet orageois, comme quoi sa famille était maudite, parce qu’après la peste, la demeure familiale avait été prise par les bieffois, et alors que le seigneur était mort sur le champ de bataille … Comme la majorité de la noblesse mâle de ce royaume. A cet égard, l’Orage avait été l’un des royaumes le plus saigné par la guerre, au même titre que le Nord. Aussi cruel que ce soit, Bowen avait préféré développer une forme de carapace face à ce type de nouvelles : après tout, il était juste que ses terres de naissance ne soient pas les seules à souffrir. C’était le lot de tous, et parfois, il était bon que les sudiers l’apprennent, eux qui avaient abandonné le Nord à chaque fois que les sauvageons avaient franchi le Mur, qui portaient sur leurs mains le sang de sa famille, car jamais le Glover n’oublierait le sacrifice des siens dans l’indifférence générale … y compris de ceux pour qui il devait combattre aujourd’hui. Mais ce constat rancunier n’empêchait pas la pitié d’infiltrer son cœur, surtout quand il reconnaissait sur un visage cette expression si dure de vide absolu, cette douleur sourde et cette misère profonde que l’homme qui n’a plus rien porte en lui, sur lui, pour l’avoir si souvent arboré durant l’année passée. Il ne s’agissait pas uniquement de deuil, mais bien de laisser derrière soi une vie entière balayée en quelques semaines. Et cela n’était pas normal, cela n’était pas le juste tribut réclamé par un conflit quelconque. Pour autant, le Bowen des années passées n’aurait rien dit, autant par politesse que pour ne pas être intrusif. Mais ce Bowen-là avait grandi, et le petit héritier timide avait laissé la place à un meneur aguerri. Alors il se leva, enjamba quelques travées et finit par s’asseoir en face du jeune orageois, avant de lui dire :

« Il n’est point bon de noyer son chagrin dans l’alcool seul, Messire Caron. Croyez-moi, je parle d’expérience. »

Sa propre choppe à la main, il l’avança avant de proposer :

« Souffrez que je vous accompagne. »



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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Mer 5 Déc - 12:35

«  - Encore raté, Dovan! » s'exclamait l'un des archers avec qui le jeune noble s'entraînait. La cible d'entraînement était vierge, n'ayant pas subi le moindre coup de sa part. Cela faisait pourtant des heures qu'ils étaient tous là, déterminés à devenir meilleurs pour certains, et à bien s'amuser pour d'autres. De petites tables étaient disposées proche des apprentis archers, sur lesquelles étaient disposées quelques chopines sans grand intérêt car peu digestes, mais cela ne les empêcha pas de se servir. L'ambiance était presque toujours à la fête, même en cette période de guerre, l'on pouvait sentir une espèce de malaise cachée derrière les sourires et les esclaffements forcés et peu sincères.
Cependant l'heure n'était pas à la débauche pour Dovan. Il profita encore et encore du temps dégagé pour s'améliorer. Les échecs firent cependant encore plus nombreux pour Dovan que pour les viandes saoulent qui jouaient à l'archer comme un enfant jouerait au chevalier avec un pauvre bâton en bois. La frustration monta au fur à et mesure, et fit perdre tous moyens à Dovan, qui devint de moins en moins précis dans ces tirs. Alors à quoi bon. Il se laissa tenter de temps à autre par un petit godet de bière bon marché avant de reprendre.
Malheureusement pour lui, l'alcool ne le défia jamais assez pour qu'il arrête d'avoir conscience de ses échecs. La frustration s'accentua derechef.
Il était pourtant considéré comme bon, voire très bon à l'arc, et avait fait ses preuves dans la bataille de Beaupré. Mais depuis quelques temps, plus rien, plus aucun talent pour ce combat, tout chez Dovan avait subitement disparu. Il se parlait sans cesse dans sa tête, se rabaissait tout seul, s'impatientait, et se persuada que plus jamais il ne reverrait ses frères. La maison Caron serait certainement morte avec lui, si rien n'était fait, et cette pression là faisait vaciller le jeune homme.

Le soleil éclairait désormais les plaines d'une couche orange absolument splendide qui ravivait le cœur de Dovan. A son jeune âge, bien que mature, ce genre de détails le ravissaient. Il se rappelait du soleil surgissant de derrière les montagnes le matin, et qui allait se poser paisiblement sur les collines environnant Séréna. Ces odeurs de mousse, de caillasse... Il banda l'arc, et, alors que le soleil agressait ses yeux, décida de laisser la flèche lui échapper.

« - C'est pas trop tôt ! En plein milieu ! Avec un tir comme celui-là tu serais capable d'abattre un homme en plein dans la visière ! » s'exclamait toujours le même compagnon d'entraînement. Ce fut le tout premier bon tir de Lord Dovan Caron de la journée, si l'on exclue les flèches atteignant les cibles voisines, bien entendu. Il avait pendant un seul instant oublié la prise de Séréna, mais ce souvenir lui repris juste après. «  Oui, comme cela » se disait-il. Il le pouvait, il le savait. Mon son esprit ne serait peut-être jamais libre tant que sa ville serait entre les mains des Bieffois.
Le soleil tirait sa révérence, il fallait désormais ranger tous les outils d'entraînement dans la tente prévue à cette effet. Les petites cibles comme les  grandes étaient donc portées, des tables cachées, les godets dissimulés avec la table, les arcs posés délicatement et les carquois remplis de flèches étaient soigneusement rassemblées puis enroulées sous un tissus les protégeant de l'humidité.

Les hommes prirent, après cette longue journée d'entraînement faussement acharnée, l'initiative de se détendre à l'auberge. Chacun le fit, même Dovan les accompagnait au début, jusqu'au moment où, troublé par ses démons, décida se se placer seul à une table. Il commanda alors un premier verre.

« Je veux un vin Dornien je vous prie. Ne vous avisez pas de m'en donner un provenant d'une quelconque région du Bief. ». L'idée de participer aux finances du Bief de la façon la plus indirecte qui soit le faisait frémir. Les Caron sont une maison ennemie de Dorne depuis toujours, et les conflits avec cette dernière ne se comptent plus, mais le Pays aride s'était attaqué à son père, cet immonde personnage qui dégoûtait Dovan, alors que le Bief, lui, a osé s'en prendre à ses frères. L'ennemi, selon lui, était le Bief, et nul autre. Même ces barbares de Hoare étaient plus valeureux que ces petits rats chétifs du Bief. « Des opportunistes, rien d'autre. On doit jouer à leur jeu. Être opportunistes également » ruminait-il.
Dovan commanda en plus du vin, quelques fruits pour caler son estomac qui lui faisait souffrir, ainsi que du boudin et de la purée racines en tout genre, peu onéreuse, et bien plus stratégique pour se préparer à l'hiver. Il n'y aura bientôt plus de plaisirs gustatifs à s'offrir, alors autant s'y habituer dès maintenant. Il mangea, l'esprit toujours préoccupé par ses mésaventures. Alors avec un bout de viande, une petite baie de raisin dont l'aubergiste a précisé qu'il venait d'Essos, son verre déjà vide et quelques saletés présentes sur la table, il fit des pions et s'imagina des stratégies. Le bout de raisin représentait sa maison, le verre de vin représentait le bief, les grumeaux de sa mixture de racines représentaient l'Orage et, il espérait, quelques familles de l'Empire, et les saletés représentaient les familles voisines à Séréna, autant celles du Bief que de l'Orage. Il fantasmait. Dans chacune de ses scènes, il se voyait gagner. Il imagina que le Bief, limité en nombre, n'avait pas dû mettre beaucoup d'Hommes pour garder Séréna. La ville était frappée par la maladie, elle était accolée à Dorne...« Si les Bieffois sont intelligents, ils ne devraient pas prendre autant de risques. Pour eux, Séréna a un intérêt stratégique éphémère. Mais pour l'Orage... » Une idée lui vint. Il avait omis de donner un rôle à ses saletés sur la table. Un rôle clé, pourtant … Et .. Et...

« Il n’est point bon de noyer son chagrin dans l’alcool seul, Messire Caron. Croyez-moi, je parle d’expérience ». La venue soudaine d'un homme qu'il ne connaissait pas le fit bondir. Subitement, il fut extirpé de ses pensées.

« Souffrez que je vous accompagne »
.

L'homme s'était assis en face de lui. Dovan le dévisagea. Il était doté d'une certaine prestance, et d'un vocabulaire plus noble encore que le sien. Il sut par ces déductions qu'il n'avait pas à faire à n'importe qui. Son allure forte, sa mine taciturne et son regard froid certifiait à Dovan qu'il était un serviteur de Torrhen Braenaryon. Dovan acquiesça à sa demande d'un geste de la tête approbateur. De la compagnie bienveillante, il en avait besoin.
Le Nordien lui parla de chagrin. Soit l'homme était comme Dovan, compatissant et compréhensif pour lire en lui la détresse qui l'anime, soit il avait eu vent de sa réputation de maudit.

« Le vin sur ma table n'est pas représentatif de mon  chagrin messire ». Puis, avec une pointe d'autodérision, « En revanche le raisin écrasé sur table accompagné de grumeaux de légumes est un certain indicateur de ma folie naissante. Vous risquez beaucoup à fréquenter quelqu'un d'aussi étrange. »

Dovan perdit son regard sur l'homme. Ses habits typiques du Nord confortaient Dovan sur sa supposition, mais … Ce blason.... Dovan le reconnut, et il s'interrompit lui-même, en se confondant en excuses.

« - Oh ! Pardonnez moi Messire. Vous êtes le Lord de Motte-La-Forêt, Bowen Glover … Et Sénéchal de notre armée en plus de cela, je … Je ne saurais assez m'excuser pour ma familiarité ! »

La surprise fut telle chez le jeune Lord, qu'il oublia de faire le moindre signe de respect, il fut aussi maladroit qu'il l'était lorsqu'il était encore qu'une gosse.

« Je suis honoré que vous me fassiez honneur de votre présence à ma table. Puis-je vous offrir quelque chose ? »

Les yeux ronds d'inquiétudes, et soucieux de ne pas trahir sa sobriété plus que bancale, Dovan fixa le Sénéchal, en l'attente d'une réponse qui, il l'espérait, le rassurerait ».
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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Hier à 0:18

« Il n’est nul besoin de manières entre nous, Ser, nous sommes entre compagnons d’armes après tout. Et du reste, c’est moi qui m’invite à votre table, ne vous dérangez nullement, j’ai déjà le nécessaire. »

Avec un sourire affable, Bowen montra sa choppe encore largement pleine. A vrai dire, une part de lui était toujours un peu étonnée qu’on puisse le reconnaître, et encore plus qu’on soit impressionné par sa présence. Il n’avait pas vraiment l’âge pour imposer le respect, tant il lui semblait que c’était hier qu’il restait dans les jupes de sa sœur, à Motte-la-forêt. Et pour quelqu’un qui avait été élevé pour être un serviteur de l’ombre, un petit seigneur sans grande importance stratégique, un ancien timide qui s’était longtemps complu dans la discrétion poussée à l’extrême, il y avait quelque chose de profondément perturbant à voir un homme de sa condition se comporter avec tant d’égard envers lui. Malgré les honneurs et son rang, le Glover n’oubliait pas qui il était, et encore moins d’où il venait. Il savait que quelques-uns parmi les rangs nordiens continuaient de le voir comme un parvenu, un homme qui était parvenu à sa place par ses amitiés, et non ses mérites. Nul doute que d’autres devaient avoir les mêmes pensées. Loin de s’en offusquer, il trouvait cela en partie réconfortant, de voir que, pour certains, il demeurait ce gamin un peu maladroit qui devait faire ses preuves. En un sens, en plus, c’était vrai. Est-ce qu’il se comporterait un jour comme l’aurait fait un autre ? Peut-être, mais il en doutait. C’était là remettre en question toute une éducation et un caractère. S’il avait accepté de fendre l’armure et de sortir de sa coquille afin d’honorer ses engagements, s’il prenait peu à peu de l’assurance, une part de lui serait toujours semblable à ce gamin un peu solitaire et gauche qui avait un jour débarqué à Winterfell à la suite de son roi-guerrier et avait manqué compisser ses chausses face à ce fer-né qui avait été son premier ennemi abattu. Oui, par bien des aspects, le Bowen de vingt-deux ans était différent de celui de douze et pourtant, il conservait une grande affection pour son pendant plus jeune, et une part de lui s’y rattacherait toujours. Tout comme il avait conscience que la gloire était éphémère, et qu’elle pouvait être cruellement arrachée. Les héros d’un jour étaient les perdants de demain. L’avantage d’avoir tout perdu une fois, c’était qu’on gardait les pieds sur terre à l’avenir. Inutile de préciser qu’une vérité aussi cruelle n’était peut-être pas à révéler à son vis-à-vis immédiatement. Il le comprendrait bien assez tôt, de toute manière, comme il parviendrait à surmonter sa rage et cette impression d’être un pestiféré au milieu d’êtres qui ne pouvaient pas ne serait-ce qu’imaginer ce qu’il traversait. Mais cela serait douloureux, et long.

« Je vous rassure au passage. Vous n’êtes pas encore fou. Du moins tant que vous n’avez pas décidé de vous laisser mourir de chagrin, ou que vous n’avez pas entièrement perdu le contrôle de votre corps, une fois la rage de vivre alors que d’autres sont morts devenue insupportable, comme si l’appel du sang était le seul à même de rendre cette existence plus supportable. »


Il avait vu son père dépérir. Il l’avait vu appeler sa mère, ses fils assassinés, son frère et sa belle-sœur, ses gens, les héler de ses yeux vides et mornes, qui semblaient fixer le néant, ou alors quelque chose que les autres ne pouvaient percevoir. Il l’avait vu se parler à lui-même, s’imaginer des conversations inexistantes ou simplement fixer pendant des heures la cheminée où, probablement, son épouse et lui avait discuté durant tant d’années, le soir, une fois retirés dans la chambre conjugale qu’ils n’avaient jamais cessé de partager, témoignage de leur amour mutuel. Il l’avait vu refuser de se nourrir ou d’être soigné et s’il n’avait pas assisté à sa fin, il soupçonnait fortement le patriarche Glover de s’être tout simplement laissé mourir, pressé de rejoindre les ombres qui le hantait. Et cela, il ne lui pardonnait pas, parce que Maedalyn, même si elle ne le connaissait pas, avait pris soin de lui dans ses derniers jours, et qu’aucun homme n’aurait dû infliger cela à une jeune femme, du moins, aucun homme sain d’esprit. Là était le visage de la folie. Lui-même l’avait touché du doigt, à la Mort-aux-loups, avec cette haine presque viscérale, cette envie désespérée de tuer, quitte à en mourir, comme aveugle à tout sauf au sang, dans une rage digne des pires berserkers nordiens. Elle avait également été présente à Eysines, quoique moins fortement, atténuée par les besoins du commandement et le souci de tenir absolument la ligne, coûte que coûte. Mais il avait dû consentir des efforts constants pour maintenir sa lucidité.

« Il arrivera un jour où ce chagrin et cette rage diminueront. Mais je ne vous dirais pas que ce sera rapide, ni facile. Je sais que cela n’offre aucun réconfort, cependant, il n’est pas utile de mentir. Ils seront toujours présents. Juste … différemment. »



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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   

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