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Les maudits (PV Dovan Caron)
MessageSujet: Les maudits (PV Dovan Caron)   Les maudits (PV Dovan Caron) EmptyMar 4 Déc - 17:51

« Au Nord ! »

Le toast fut repris par quelques buveurs au sein de la taverne, tandis que les deux hommes qui venaient de l’émettre vidaient leur godet de concert, un mince sourire ornant leurs visages fatigués. L’heure des adieux approchant, Bowen s’était vu proposer par son beau-frère, Lord Manderly, de faire quelques libations en sa compagnie puisque ce dernier resterait à Fort-Darion et ne rentrerait pas dans leur royaume pour hiverner. Les deux hommes avaient beau avoir un écart d’âge conséquent et des relations antérieures pas toujours tendres, les épreuves communes les avaient soudés profondément. Par moment, le Glover avait eu l’impression que le Triton avait été le seul à s’inquiéter autant que lui pour sa sœur, lors de la prise de Fort-Darion par le Salfalaise, et cette fraternité soudaine et profonde avait changé quelque chose dans leur relation à un niveau que le Sénéchal ne parvenait pas encore à définir, comme si, enfin, ils avaient eu conscience de leur lien irréductible et que le frère avait su accepter les bonnes intentions du mari, comme le mari avait réussi à comprendre l’attachement indéfectible et sans borne du frère. Et alors que le départ de l’armée nordienne se profilait, peut-être que chacun se prenait à regretter la présence de l’autre. Alors ils parlèrent, d’Alysane, du Nord, de leur famille, du petit Benjen, que Byron hésitait à faire venir, tout en répugnant à ne laisser aucun Manderly de premier plan dans le Nord pour les festivités qui viendraient lorsque le convoi royal atteindrait Winterfell. Son fils avait beau être jeune, il représentait l’avenir de sa maison. A cela, Bowen ne savait que conseiller, mais pouvait seulement offrir son aide, en promettant que, si nécessaire, son neveu serait pris sous son aile et celle de son épouse à Winterfell, et qu’il veillerait à ce qu’il honore son sang en représentant la plus riche maison du Nord. Et il y avait toujours les filles de Byron, qui pouvaient le représenter, et pour lesquelles il s’engageait aux mêmes promesses, bien que cette fois-ci, aucun lien de sang n’existe entre lui et les deux premières-nées du Seigneur de la Blanchedague. Les heures passant, ils évoquèrent les mesures de sécurité du Nord, les travaux à venir pour le Sénéchal ainsi que la position au Collège Impérial d’Alysane, qui occuperait le siège dévolu à Bowen.

La nuit définitivement tombée, Byron se leva et prit congé, soucieux de rejoindre son épouse dans un état correct et à une heure décente. Bowen salua donc chaleureusement son beau-frère, avant de revenir siroter pensivement le reste de sa choppe. Puis il pourrait partir à son tour, car il n’entendait pas devenir un pilier d’auberge. Les excès dus à la naissance de son fils ne seraient qu’une vulgaire exception, la seule qu’il s’était permise au cours d’une vie entière de tempérance. Silencieusement, il se contenta donc d’observer les différents clients de l’endroit. Il y avait là plusieurs hommes portant les armes du Nord et un grand nombre de riverains. Il distingua quelques blasons de Peyredragon en sus, dont un qui était très occupé à tenter de charmer l’une des serveuses, qui n’avait manifestement pas beaucoup d’attrait pour l’infortuné galant. Le malheureux finit par se faire gentiment bousculer par ses camarades pour qu’il lâche une affaire bien mal entamée, et après quelques protestations, il noya sa déception dans la vinasse. L’ambiance était calme, en tout cas, plus convenable que dans d’autres établissements moins cossus et davantage destinés à la piétaille, où les filles à soldats pullulaient et l’alcool de qualité pour le moins discutable coulait à flot. Une armée restait une armée, et les effectifs stationnés autour de la nouvelle capitale étaient conséquents. Il fallait bien occuper les hommes au vu de l’inactivité forcée exigée par l’hiver, et en la matière, le vin, le jeu et les femmes avaient toujours constitué l’exercice privilégié du loisir. Après tout, ils ne pouvaient décemment s’entraîner tout le jour !

Une silhouette un peu différente attira pourtant l’attention de Bowen. L’homme portait des couleurs que le nordien ne reconnut pas au premier abord, ce qui l’identifiait immédiatement comme non-nordien. Etant donné sa place au Collège Impérial, le nordien avait eu à cœur de se renseigner sur les différentes grandes maisons des autres royaumes fédérés et avait passé un certain nombre d’heures dans l’étude du mestre, afin d’étudier plus avant ces familles dont il connaissait parfois le nom, mais guère plus. Au bout d’un moment, il finit par reconnaître … et poussa un soupir compatissant. Manifestement, il s’agissait du rescapé Caron. Quelques rumeurs couraient sur cet orageois, comme quoi sa famille était maudite, parce qu’après la peste, la demeure familiale avait été prise par les bieffois, et alors que le seigneur était mort sur le champ de bataille … Comme la majorité de la noblesse mâle de ce royaume. A cet égard, l’Orage avait été l’un des royaumes le plus saigné par la guerre, au même titre que le Nord. Aussi cruel que ce soit, Bowen avait préféré développer une forme de carapace face à ce type de nouvelles : après tout, il était juste que ses terres de naissance ne soient pas les seules à souffrir. C’était le lot de tous, et parfois, il était bon que les sudiers l’apprennent, eux qui avaient abandonné le Nord à chaque fois que les sauvageons avaient franchi le Mur, qui portaient sur leurs mains le sang de sa famille, car jamais le Glover n’oublierait le sacrifice des siens dans l’indifférence générale … y compris de ceux pour qui il devait combattre aujourd’hui. Mais ce constat rancunier n’empêchait pas la pitié d’infiltrer son cœur, surtout quand il reconnaissait sur un visage cette expression si dure de vide absolu, cette douleur sourde et cette misère profonde que l’homme qui n’a plus rien porte en lui, sur lui, pour l’avoir si souvent arboré durant l’année passée. Il ne s’agissait pas uniquement de deuil, mais bien de laisser derrière soi une vie entière balayée en quelques semaines. Et cela n’était pas normal, cela n’était pas le juste tribut réclamé par un conflit quelconque. Pour autant, le Bowen des années passées n’aurait rien dit, autant par politesse que pour ne pas être intrusif. Mais ce Bowen-là avait grandi, et le petit héritier timide avait laissé la place à un meneur aguerri. Alors il se leva, enjamba quelques travées et finit par s’asseoir en face du jeune orageois, avant de lui dire :

« Il n’est point bon de noyer son chagrin dans l’alcool seul, Messire Caron. Croyez-moi, je parle d’expérience. »

Sa propre choppe à la main, il l’avança avant de proposer :

« Souffrez que je vous accompagne. »



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Bowen Glover

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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Les maudits (PV Dovan Caron) EmptyMer 5 Déc - 12:35

«  - Encore raté, Dovan! » s'exclamait l'un des archers avec qui le jeune noble s'entraînait. La cible d'entraînement était vierge, n'ayant pas subi le moindre coup de sa part. Cela faisait pourtant des heures qu'ils étaient tous là, déterminés à devenir meilleurs pour certains, et à bien s'amuser pour d'autres. De petites tables étaient disposées proche des apprentis archers, sur lesquelles étaient disposées quelques chopines sans grand intérêt car peu digestes, mais cela ne les empêcha pas de se servir. L'ambiance était presque toujours à la fête, même en cette période de guerre, l'on pouvait sentir une espèce de malaise cachée derrière les sourires et les esclaffements forcés et peu sincères.
Cependant l'heure n'était pas à la débauche pour Dovan. Il profita encore et encore du temps dégagé pour s'améliorer. Les échecs firent cependant encore plus nombreux pour Dovan que pour les viandes saoulent qui jouaient à l'archer comme un enfant jouerait au chevalier avec un pauvre bâton en bois. La frustration monta au fur à et mesure, et fit perdre tous moyens à Dovan, qui devint de moins en moins précis dans ces tirs. Alors à quoi bon. Il se laissa tenter de temps à autre par un petit godet de bière bon marché avant de reprendre.
Malheureusement pour lui, l'alcool ne le défia jamais assez pour qu'il arrête d'avoir conscience de ses échecs. La frustration s'accentua derechef.
Il était pourtant considéré comme bon, voire très bon à l'arc, et avait fait ses preuves dans la bataille de Beaupré. Mais depuis quelques temps, plus rien, plus aucun talent pour ce combat, tout chez Dovan avait subitement disparu. Il se parlait sans cesse dans sa tête, se rabaissait tout seul, s'impatientait, et se persuada que plus jamais il ne reverrait ses frères. La maison Caron serait certainement morte avec lui, si rien n'était fait, et cette pression là faisait vaciller le jeune homme.

Le soleil éclairait désormais les plaines d'une couche orange absolument splendide qui ravivait le cœur de Dovan. A son jeune âge, bien que mature, ce genre de détails le ravissaient. Il se rappelait du soleil surgissant de derrière les montagnes le matin, et qui allait se poser paisiblement sur les collines environnant Séréna. Ces odeurs de mousse, de caillasse... Il banda l'arc, et, alors que le soleil agressait ses yeux, décida de laisser la flèche lui échapper.

« - C'est pas trop tôt ! En plein milieu ! Avec un tir comme celui-là tu serais capable d'abattre un homme en plein dans la visière ! » s'exclamait toujours le même compagnon d'entraînement. Ce fut le tout premier bon tir de Lord Dovan Caron de la journée, si l'on exclue les flèches atteignant les cibles voisines, bien entendu. Il avait pendant un seul instant oublié la prise de Séréna, mais ce souvenir lui repris juste après. «  Oui, comme cela » se disait-il. Il le pouvait, il le savait. Mon son esprit ne serait peut-être jamais libre tant que sa ville serait entre les mains des Bieffois.
Le soleil tirait sa révérence, il fallait désormais ranger tous les outils d'entraînement dans la tente prévue à cette effet. Les petites cibles comme les  grandes étaient donc portées, des tables cachées, les godets dissimulés avec la table, les arcs posés délicatement et les carquois remplis de flèches étaient soigneusement rassemblées puis enroulées sous un tissus les protégeant de l'humidité.

Les hommes prirent, après cette longue journée d'entraînement faussement acharnée, l'initiative de se détendre à l'auberge. Chacun le fit, même Dovan les accompagnait au début, jusqu'au moment où, troublé par ses démons, décida se se placer seul à une table. Il commanda alors un premier verre.

« Je veux un vin Dornien je vous prie. Ne vous avisez pas de m'en donner un provenant d'une quelconque région du Bief. ». L'idée de participer aux finances du Bief de la façon la plus indirecte qui soit le faisait frémir. Les Caron sont une maison ennemie de Dorne depuis toujours, et les conflits avec cette dernière ne se comptent plus, mais le Pays aride s'était attaqué à son père, cet immonde personnage qui dégoûtait Dovan, alors que le Bief, lui, a osé s'en prendre à ses frères. L'ennemi, selon lui, était le Bief, et nul autre. Même ces barbares de Hoare étaient plus valeureux que ces petits rats chétifs du Bief. « Des opportunistes, rien d'autre. On doit jouer à leur jeu. Être opportunistes également » ruminait-il.
Dovan commanda en plus du vin, quelques fruits pour caler son estomac qui lui faisait souffrir, ainsi que du boudin et de la purée racines en tout genre, peu onéreuse, et bien plus stratégique pour se préparer à l'hiver. Il n'y aura bientôt plus de plaisirs gustatifs à s'offrir, alors autant s'y habituer dès maintenant. Il mangea, l'esprit toujours préoccupé par ses mésaventures. Alors avec un bout de viande, une petite baie de raisin dont l'aubergiste a précisé qu'il venait d'Essos, son verre déjà vide et quelques saletés présentes sur la table, il fit des pions et s'imagina des stratégies. Le bout de raisin représentait sa maison, le verre de vin représentait le bief, les grumeaux de sa mixture de racines représentaient l'Orage et, il espérait, quelques familles de l'Empire, et les saletés représentaient les familles voisines à Séréna, autant celles du Bief que de l'Orage. Il fantasmait. Dans chacune de ses scènes, il se voyait gagner. Il imagina que le Bief, limité en nombre, n'avait pas dû mettre beaucoup d'Hommes pour garder Séréna. La ville était frappée par la maladie, elle était accolée à Dorne...« Si les Bieffois sont intelligents, ils ne devraient pas prendre autant de risques. Pour eux, Séréna a un intérêt stratégique éphémère. Mais pour l'Orage... » Une idée lui vint. Il avait omis de donner un rôle à ses saletés sur la table. Un rôle clé, pourtant … Et .. Et...

« Il n’est point bon de noyer son chagrin dans l’alcool seul, Messire Caron. Croyez-moi, je parle d’expérience ». La venue soudaine d'un homme qu'il ne connaissait pas le fit bondir. Subitement, il fut extirpé de ses pensées.

« Souffrez que je vous accompagne »
.

L'homme s'était assis en face de lui. Dovan le dévisagea. Il était doté d'une certaine prestance, et d'un vocabulaire plus noble encore que le sien. Il sut par ces déductions qu'il n'avait pas à faire à n'importe qui. Son allure forte, sa mine taciturne et son regard froid certifiait à Dovan qu'il était un serviteur de Torrhen Braenaryon. Dovan acquiesça à sa demande d'un geste de la tête approbateur. De la compagnie bienveillante, il en avait besoin.
Le Nordien lui parla de chagrin. Soit l'homme était comme Dovan, compatissant et compréhensif pour lire en lui la détresse qui l'anime, soit il avait eu vent de sa réputation de maudit.

« Le vin sur ma table n'est pas représentatif de mon  chagrin messire ». Puis, avec une pointe d'autodérision, « En revanche le raisin écrasé sur table accompagné de grumeaux de légumes est un certain indicateur de ma folie naissante. Vous risquez beaucoup à fréquenter quelqu'un d'aussi étrange. »

Dovan perdit son regard sur l'homme. Ses habits typiques du Nord confortaient Dovan sur sa supposition, mais … Ce blason.... Dovan le reconnut, et il s'interrompit lui-même, en se confondant en excuses.

« - Oh ! Pardonnez moi Messire. Vous êtes le Lord de Motte-La-Forêt, Bowen Glover … Et Sénéchal de notre armée en plus de cela, je … Je ne saurais assez m'excuser pour ma familiarité ! »

La surprise fut telle chez le jeune Lord, qu'il oublia de faire le moindre signe de respect, il fut aussi maladroit qu'il l'était lorsqu'il était encore qu'une gosse.

« Je suis honoré que vous me fassiez honneur de votre présence à ma table. Puis-je vous offrir quelque chose ? »

Les yeux ronds d'inquiétudes, et soucieux de ne pas trahir sa sobriété plus que bancale, Dovan fixa le Sénéchal, en l'attente d'une réponse qui, il l'espérait, le rassurerait ».
Dovan Caron

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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Les maudits (PV Dovan Caron) EmptyDim 16 Déc - 0:18

« Il n’est nul besoin de manières entre nous, Ser, nous sommes entre compagnons d’armes après tout. Et du reste, c’est moi qui m’invite à votre table, ne vous dérangez nullement, j’ai déjà le nécessaire. »

Avec un sourire affable, Bowen montra sa choppe encore largement pleine. A vrai dire, une part de lui était toujours un peu étonnée qu’on puisse le reconnaître, et encore plus qu’on soit impressionné par sa présence. Il n’avait pas vraiment l’âge pour imposer le respect, tant il lui semblait que c’était hier qu’il restait dans les jupes de sa sœur, à Motte-la-forêt. Et pour quelqu’un qui avait été élevé pour être un serviteur de l’ombre, un petit seigneur sans grande importance stratégique, un ancien timide qui s’était longtemps complu dans la discrétion poussée à l’extrême, il y avait quelque chose de profondément perturbant à voir un homme de sa condition se comporter avec tant d’égard envers lui. Malgré les honneurs et son rang, le Glover n’oubliait pas qui il était, et encore moins d’où il venait. Il savait que quelques-uns parmi les rangs nordiens continuaient de le voir comme un parvenu, un homme qui était parvenu à sa place par ses amitiés, et non ses mérites. Nul doute que d’autres devaient avoir les mêmes pensées. Loin de s’en offusquer, il trouvait cela en partie réconfortant, de voir que, pour certains, il demeurait ce gamin un peu maladroit qui devait faire ses preuves. En un sens, en plus, c’était vrai. Est-ce qu’il se comporterait un jour comme l’aurait fait un autre ? Peut-être, mais il en doutait. C’était là remettre en question toute une éducation et un caractère. S’il avait accepté de fendre l’armure et de sortir de sa coquille afin d’honorer ses engagements, s’il prenait peu à peu de l’assurance, une part de lui serait toujours semblable à ce gamin un peu solitaire et gauche qui avait un jour débarqué à Winterfell à la suite de son roi-guerrier et avait manqué compisser ses chausses face à ce fer-né qui avait été son premier ennemi abattu. Oui, par bien des aspects, le Bowen de vingt-deux ans était différent de celui de douze et pourtant, il conservait une grande affection pour son pendant plus jeune, et une part de lui s’y rattacherait toujours. Tout comme il avait conscience que la gloire était éphémère, et qu’elle pouvait être cruellement arrachée. Les héros d’un jour étaient les perdants de demain. L’avantage d’avoir tout perdu une fois, c’était qu’on gardait les pieds sur terre à l’avenir. Inutile de préciser qu’une vérité aussi cruelle n’était peut-être pas à révéler à son vis-à-vis immédiatement. Il le comprendrait bien assez tôt, de toute manière, comme il parviendrait à surmonter sa rage et cette impression d’être un pestiféré au milieu d’êtres qui ne pouvaient pas ne serait-ce qu’imaginer ce qu’il traversait. Mais cela serait douloureux, et long.

« Je vous rassure au passage. Vous n’êtes pas encore fou. Du moins tant que vous n’avez pas décidé de vous laisser mourir de chagrin, ou que vous n’avez pas entièrement perdu le contrôle de votre corps, une fois la rage de vivre alors que d’autres sont morts devenue insupportable, comme si l’appel du sang était le seul à même de rendre cette existence plus supportable. »


Il avait vu son père dépérir. Il l’avait vu appeler sa mère, ses fils assassinés, son frère et sa belle-sœur, ses gens, les héler de ses yeux vides et mornes, qui semblaient fixer le néant, ou alors quelque chose que les autres ne pouvaient percevoir. Il l’avait vu se parler à lui-même, s’imaginer des conversations inexistantes ou simplement fixer pendant des heures la cheminée où, probablement, son épouse et lui avait discuté durant tant d’années, le soir, une fois retirés dans la chambre conjugale qu’ils n’avaient jamais cessé de partager, témoignage de leur amour mutuel. Il l’avait vu refuser de se nourrir ou d’être soigné et s’il n’avait pas assisté à sa fin, il soupçonnait fortement le patriarche Glover de s’être tout simplement laissé mourir, pressé de rejoindre les ombres qui le hantait. Et cela, il ne lui pardonnait pas, parce que Maedalyn, même si elle ne le connaissait pas, avait pris soin de lui dans ses derniers jours, et qu’aucun homme n’aurait dû infliger cela à une jeune femme, du moins, aucun homme sain d’esprit. Là était le visage de la folie. Lui-même l’avait touché du doigt, à la Mort-aux-loups, avec cette haine presque viscérale, cette envie désespérée de tuer, quitte à en mourir, comme aveugle à tout sauf au sang, dans une rage digne des pires berserkers nordiens. Elle avait également été présente à Eysines, quoique moins fortement, atténuée par les besoins du commandement et le souci de tenir absolument la ligne, coûte que coûte. Mais il avait dû consentir des efforts constants pour maintenir sa lucidité.

« Il arrivera un jour où ce chagrin et cette rage diminueront. Mais je ne vous dirais pas que ce sera rapide, ni facile. Je sais que cela n’offre aucun réconfort, cependant, il n’est pas utile de mentir. Ils seront toujours présents. Juste … différemment. »



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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Les maudits (PV Dovan Caron) EmptyLun 17 Déc - 16:56

Dovan répondit au Sénéchal avec un sourire involontairement désinvolte. Il ne se désintéressait pas de ce qu'il lui disait, seulement, il en avait déjà conscience. Ce sentiment de mal-être envahissant, au point de songer à se laisser mourir, il le connaissait. Sa très chère mère, Lady Olenna Caron était de ces femmes démolies par la vie à un tel point qu'elle en était devenue faible, et ses tourments, Dovan les devinait tant qu'il eut l'impression de les subit lui-même. Il n'en était pas encore à ce point. Il lui restait encore l'espoir de retrouver un jour ses frères, et rien ne justifiait un abandon tant qu'il ne saurait pas ce qu'il leur est advenu.
Lord Bowen avait l'air aussi bienveillant que sage, il ne pouvait que l'admettre et apprécier cet aspect. Dans un monde où les hommes devaient se montrer durs, aussi résistants et tranchants que l'acier Valyrien, il était parfois réconfortant pour Dovan de se dire qu'il lui était permis de temps à autre de se confesser, de relâcher cette pression étouffante.
Son chagrin diminuera, en effet, mais sa rage, serait-il un jour capable de la contenir ? Il se réjouissait chaque jour d'être une personne relativement raisonnée, contrairement à ses deux frères aînés et à son père, car aujourd'hui, il serait déjà parti avec ses propres troupes pour récupérer Séréna, et il serait mort, sans nul doute. Sa rage contenue en lui était si profonde qu'il se savait capable d'anéantir physiquement et psychologiquement un Bieffois durant des années, si cela était sans danger pour lui.

« - Je vous remercie Lord Bowen pour tous ces conseils avisés. Je n'ose vous appeler Ser,  il me semble que les Nordiens ne sont point attachés à la chevalerie... »

Dovan avait beau avoir changé de sujet, son idée qu'il avait eu avant l'arrivée du Sénéchal le perturbait. Il désirait plus que tout faire mordre la poussière au Bief, jusqu'à rayer tous les Gardener, Tyrell et autres Tarly de l'existence de Westeros. Son désir de vengeance était aussi amer que le vin qu'il buvait, au point qu'il eut peur que cela altère ses réflexions. Pourtant... L'idée qu'il venait d'avoir... Il fallait s'y pencher, ou au moins en discuter.
Il vit dans son champs de vision la serveuse de la taverne. Cette dernière semblait quelque peu tourmentée par la drague assez lourde qu'elle venait de subir. Dovan leva sa main, lui suggérant de venir.

« Pouvez-vous m'apporter du vin Dornien, je vous prie ? J'ai soif. »

Il le savait, ce verre serait le dernier s'il ne voulait pas avoir l'esprit embrumé. Il se tourna à nouveau vers le Lord Bowen Glover, dont il commençait déjà à apprécier la compagnie.

« Je ne sais ce que l'on vous a dit sur moi et ma famille, Lord Bowen. J'ai moi-même entendu plusieurs versions sur mes propres mésaventures. » il expulsa un petit rire compulsif, un mélange d'ironie, d'agacement, et de réel amusement.

« J'ai entendu dire que mon père avait provoqué la mort de mon frère sur le champs de bataille, et que ce l'aurait tué en se défendant. J'ai aussi entendu que mon autre frère, Ronel, avait attrapé la peste rouge en couchant avec des putains, avant de la ramener avec lui à Séréna. J'ai aussi entendu que lorsque Séréna fut prise, chacun de mes frères et sœurs avaient été empalés et laissés comme offrande aux corbeaux. D'autres encore disent qu'ils ont été faits captifs et qu'ils servent de bouffon à la catin Hoare, qui a obtenu le titre de reine en écartant passivement les cuisses. D'autres affirment que mes frères ont été vendus à ceux qui préféraient les hommes... » Dovan se fit une réflexion personnelle « Comme si coucher avec des hommes était comparable à coucher avec des enfants. Une idiotie digne des serviteurs des sept, ça ! ».

« La vérité est bien plus simple, et si vous avez l'occasion de la propager, je vous en serais infiniment reconnaissant. Lors de la bataille de Beaupré, mon père fut tué, et mon fèrère aîné, Howard, est tombé de cheval. Il fut amputé des deux jambes, puis immédiatement renvoyé à Séréna. Il y rejoignit mon frère, qui avant la bataille, avait attrapé une étrange maladie, et qui fut rapatrié dans notre ville natale pour être soigné. Howard a vaillamment veillé sur Ronel, et ce même avec la terrible douleur que lui infligeait son amputation. Cela n'a hélas point suffis. Mon second frère Ronel est mort, et a transmis avant de mourir la maladie à Howard. Il est intriguant, malgré l'époque que nous vivons, qu'aucun de mes frères aînés soient morts au combat, mais à cause de la maladie... Bien qu'aujourd'hui je ne sois pas au courant de l'état de santé d'Howard... Je suppose qu'il est mort, malade, ou exécuté par les Bieffois. Les Bieffois.... Ils ont profité de la maladie et des mauvaises récoltes pour s'attaquer lâchement au sud de l'Orage. Cela, vous le savez, ils en ont conquis une bonne partie, Séréna comprise. Mais ce jour, il y avait mes quatre petits frères et soeurs dans le manoir. Ils n'ont point été empalés, je m'en suis assuré, mais je n'ai cependant aucune nouvelle. »

Dovan s'arrêta un instant, vida d'un coup son verre, et saisit le nouveau que la servante lui tendait. Il s'empressa d'en boire plus de la moitié en une seule lampé. Il poursuivit immédiatement.

« Vous ne me voyez point endeuillé, Messire, vous me voyez juste inquiet et agacé. Le Bief est surnommé "le grenier de Westeros", et c'est dans les greniers que grouillent les rats. Et je n'ai jamais connu de meilleure manière de s'en débarrasser que de les tuer jusqu'au dernier. Je ne crains, en réalité, que pour la vie de Tyana, née idiote et laide, car je sais qu'elle ne pourra jamais être utilisée pour leurs perfidies. Mais Gilbert, mon premier petit frère, il est fort, et déjà doué aux armes. Si Séréna devait ne jamais nous revenir, il deviendrait son Lord en titre, et je ne doute point que les Bieffois parviendraient, à terme, à le manipuler. Shireen est une ravissante petite. Elle sera belle, et mariable, et la main d'une noble née d'une famille régnant sur une place aussi stratégique que Séréna assurera au Bief des alliances soit plus fortes, soit nouvelles. Et Criston, c'est le plus intelligent d'entre eux. Bien formé, il pourrait dans dix ans causer notre perte, allez savoir. ».

La précédente lampée, bien trop brute, donna le tournis à Dovan. Il fixa alors son verre. Il venait de trouver ce qui le tourmentait le plus, l'alcool avait fait ressurgir ses plus grandes craintes.

« Je ne puis plus assister passivement aux enjeux de l'Empire, Messire. Je suis là, j'observe, aussi impuissant  qu'inutile, tous les pions... Et... Je ne suis que spectateur, jamais acteur. Je veux apporter mon soutien le plus déterminant possible pour étouffer mes rancoeurs. Ainsi je pourrai retrouver mes frères, quand le jour viendra, je voudrais être acteur de ce sauvetage, et non sur le côté, tirant bêtement à l'arc et obéissant aux ordres de cet ivrogne de... »

Il se coupa net. Dovan considérait peut-être Lord Glover comme un allié, mais il ne voulait pas entacher la réputation de ses compagnons d'arme. De plus, il se sentait bête de dévoiler si rapidement ses ambitions et ses ressentiments. Mais tout ce qu'il disait fut vrai. Il culpabilisait de juste attendre le jour de la prise de Séréna, en se contentant de survivre, bataille après bataille, et d'accumuler les victoires et défaites insipides. Ce n'est pas de la gloire que Dovan désirait, il voulait juste être plus utile que cela. Il ne voulait plus être une de ces nombreuses flèches perdues fendant l'air, à la recherche d'un ennemi autant inutile que lui à abattre. Il perdait patience, chaque jour un peu plus. Il voulait prendre les devants.
Dovan Caron

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MessageSujet: Re: Les maudits (PV Dovan Caron)   Les maudits (PV Dovan Caron) EmptyJeu 7 Mar - 0:01

« Je suis Lord de ma maison, et Lord Sénéchal des armées du Nord, mais pas chevalier en effet. Lord convient très bien, ne vous en faites point, même si je ne m’offusque pas d’être appelé Ser. Mon beau-frère prie les Sept et je connais les coutumes rattachées à la chevalerie, qui, du reste, ne me paraissent nullement insultantes. Prôner l’honneur, l’assistance aux plus faibles … Ce sont des valeurs chères à mon cœur, et chères au Nord. »

Outre qu’un certain nombre de nordiens avaient fini par adopter le terme Ser dans le langage courant pour désigner les jeunes hommes sans titre, Bowen avait un réel respect pour les chevaliers qui respectaient leurs vœux et pour cette institution en elle-même. A vrai dire, il trouvait de bon ton de rappeler aux nobles quel comportement ils devaient normalement adopter, même si beaucoup outrepassaient allègrement leurs engagements, mais aussi de permettre à certains de basse extraction de s’élever par les armes. Si le Nord, par exemple, ne rechignait pas à compter des bâtards parmi ses officiers, pourvu qu’ils le méritent, la hiérarchie sociale était particulièrement fixe, en toute objectivité. Il n’y avait aucune possibilité d’anoblissement, alors qu’il savait que sur les terres plus sudières, quelques lignées de chevaliers avaient fini par obtenir des terres et un statut nobiliaire. Bien sûr, en homme traditionnel et traditionnaliste, le Glover tenait à la permanence de l’ordre social, mais il n’était pas fermé, à la marge, à des ajustements pour les individus particulièrement héroïques ou méritants. En revanche, il était évident qu’à ses yeux, acheter un titre comme cela pouvait se faire, si on croyait la rumeur, dans l’Ouest, lui paraissait proprement révoltant. L’épée ne frayait pas avec la robe. Qui plus est, la chevalerie était une forme de contrôle social intéressant des moins favorisés par la naissance parmi les nobles, puisqu’elle offrait malgré tout quelques espérances et une forme de reconnaissance aux cadets et benjamins. Non l’un dans l’autre, plus il y réfléchissait, et il avait eu le temps de le faire, plus il trouvait que cette forme d’organisation avait bien des avantages. Cependant, il n’était pas vraiment l’heure d’échafauder des théories sociales ou des perspectives de réforme. Il faisait face à l’homme qu’il avait été, et ce parallèle troublant l’obligeait. C’est ainsi qu’il laissa l’orageois déverser son histoire, ne souhaitant pas interrompre ce flot douloureux et tempétueux de paroles qui l’assaillait soudain. Il se contenta de hocher la tête, attentif, et d’attendre, simplement. Parfois, le silence était nécessaire. Parfois, il valait mieux que toute parole. Il l’écouta évoquer les rumeurs sur sa famille, exposer la vérité, parler de son état d’esprit, de ses doutes, aussi vite que sa capacité à avaler l’alcool. Une fois que le Caron eut fini de parler, Bowen ne répondit pas immédiatement, un silence s’installant, autant pour lui permettre de souffler que pour que le nordien assimile toutes les informations offertes et prépare une réplique constructive, ce qui, face à la douleur, n’était jamais aisé. Encore une fois, il ne put s’empêcher de mesurer la patience de Jeyne, quand lui-même avait été dans cet état, et de la remercier dans le secret de son âme.

« Si l’on me demande ou que j’entends des médisances sur votre famille, je raconterai donc ce que vous venez de me dire, Ser. »

C’était un engagement, une promesse, et Bowen avait veillé à donner à sa voix toute la solennité nécessaire, afin que son vis-à-vis comprenne qu’il comprenait l’importance de la chose à son égard, et puis fondamentalement parce qu’il avait horreur des bruits de couloir lui-même, pour en avoir été l’objet, même s’il avait conscience qu’il s’agissait d’une source d’information vitale. Même inexactes, des rumeurs traduisaient toujours un état d’esprit particulier. Ainsi, celles sur la famille Caron traduisaient la haine que les orageois portaient aux bieffois, car il n’était jamais anodin de craindre des sévices et déprédations sexuelles, surtout sur des hommes, chose presque probablement plus impie aux yeux de beaucoup que les tristement ordinaires viols sur les femmes, qui passaient pour le lot de la guerre. Bien sûr, parfois, il arrivait que dans la furie du moment, certains prennent un joli jeune garçon et s’en saisissent comme ils l’auraient fait d’une femme … Peut-être était-ce aussi un moyen, en dégradant les bieffois, de remettre en cause leur croisade au nom de la Foi en se rassérénant sur les mœurs délétères des ennemis comparées à celles de l’Empire ?

Même si ce n’était pas la vérité, le fait de ne pas savoir le sort réservé à des proches avait de quoi mettre en rage. Là-dessus, Bowen n’allait pas faire la morale au jeune homme, parce que lui-même avait connu exactement la même situation quelques semaines auparavant seulement, alors que sa sœur était retenue par Salfalaise à Fort-Darion. Dans ce cas, l’inaction était pire que tout, et les assurances bien maigres … Quand elles existaient. Le pire étant que, s’il comprenait, le Glover n’avait pour le coup absolument aucune marge de manœuvre hormis quelques mots de consolation, parce que cela appartenait à la Reine de l’Orage, et qu’il ne la connaissait absolument pas. L’homme eut-il été riverain, peut-être qu’il se serait hasardé, si l’occasion s’était présentée, à glisser trois mots à sa cousine, au moins pour appuyer une éventuelle demande d’audience, mais alors là … Quoique. Si, en fait, c’était là la solution, sans qu’il ne soit impliqué, bien entendu.

« Ce que je vais dire va soit vous paraître futile, soit trop optimiste, soit tout simplement déplacé, je tiens à vous prévenir.

La vérité est que … souvent, comme les petites gens, nous n’avons d’autres choix que d’attendre, parce que nos inquiétudes ne peuvent hélas pas prendre le pas sur la stratégie, et que les réactions du cœur sont bien plus sujettes aux mauvaises décisions que celles de l’esprit. C’est insupportable, mais je ne peux hélas pas dire que c’est injuste, même si, pour avoir connu la même chose il y a quelque semaine et avoir réagi exactement de la même manière … Je ne peux vous blâmer, et encore moins vous conjurer de chasser ces idées. Elles sont normales, et quiconque devrait les traiter avec le respect dû à la souffrance et à l’aune de son propre amour envers sa famille. »


La raison d’Etat n’excluait nullement la compassion, de même que la promesse de tout faire pour aider au mieux ceux qui avait fidèlement servi, tout en ne niant pas les impératifs de la guerre et en l’occurrence en hiver, du temps.

« Cependant, vous avez une chance, dans votre malheur. Vos petits frères et sœurs sont prisonniers des bieffois, et non des fer-nés ou des croisés seuls. Certes, je ne connaissais pas assez les mœurs de ce royaume pour l’assurer avec certitude, mais si je les compare aux riverains …

Lors de la première grande guerre entre le Nord et les Hoare, j’ai souvent entendu nos hommes dire qu’à tout prendre, il valait mieux faire face à un riverain qu’à un fer-né, car les premiers pouvaient être magnanimes … Alors qu’il n’y a pratiquement jamais rien eu à attendre d’un fer-né. Ou d’un sauvageon, par exemple.

Ce que j’essaye de vous dire, c’est qu’il est probable que les nobles bieffois soient plus enclins à conserver des otages en relative bonne santé qu’à les maltraiter ou les exécuter. On dit que l’usurpateur Higthower a pris grand soin de conserver les nobles dorniens pour les exhiber à sa cour. Il n’est pas impossible qu’il en fasse de même pour les vôtres, du moins, ceux qui ne sont pas atteints par la maladie. »


Bowen devait admettre qu’il mettait une limite à son optimisme sincère en partant du principe, il est vrai, que s’encombrer d’un infirme potentiellement pesteux n’était pas … enfin, il avait quelques doutes sur le sort d’Howard Caron. Mais les autres … Tout espoir n’était pas entièrement perdu.

« Pour autant, ces mots ne sauraient vous apaiser, et n’en ont sans doute pas le pouvoir. A votre échelle, en revanche, vous pouvez, je crois, avoir un impact, je vous l’assure. Je ne sais comment fonctionne précisément l’armée de votre royaume, mais je gage qu’il n’y a jamais de grandes différences, et que les bonnes volontés sont toujours récompensées.
Il ne tient qu’à vous de vous entretenir avec votre … Général-en-chef, c’est bien le titre de votre commandant des forces militaires, n’est-ce pas ? De vous entretenir avec Lord Selmy pour lui proposer d’intégrer les éclaireurs de l’armée afin d’être déployé au plus tôt sur le terrain, lorsque l’hiver prendra fin, et de proposer toutes les informations utiles que vous auriez sur la topographie de votre domaine, en vue de sa reconquête, ou éventuellement de passages qui ne seraient pas connus des bieffois et pourraient s’avérer utiles à l’armée impériale.

Cela ne ramènera pas vos morts, et ne libèrera pas immédiatement vos cadets. Mais … vous contribuerez d’autant plus sûrement à la reconquête de votre foyer et de la liberté sur vos terres qu’en frayant avec les soudards. »


Doucement, Bowen conclut, ses yeux se voilant légèrement alors qu’il se remémorait le passé :

« Quand les sauvageons ont pris le château de ma famille et massacré les miens … J’étais à Winterfell, avec le reste du ban. J’ai demandé à intégrer la petite troupe d’éclaireurs chargés de surveiller les mouvements de l’ennemi. Cela ne m’a rien fait oublier mais … c’était en effet agréable, de se savoir utile … et d’être occupé, aussi. Pour ne plus penser. »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.


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