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La nuit où l'on s'est rencontré
MessageSujet: La nuit où l'on s'est rencontré   Dim 2 Déc - 17:59



Fort-Darrion, An 1, mois 5, semaine 4




Je ris aux paroles d’Orys, tout en continuant à le dessiner. J’avais dû lui demander… Ou plutôt le supplier  de très nombreuses fois  pour qu’il accepte que je le croque. Il avait refusé, puis ronchonné, et finalement il avait fini par me dire oui. Après tout, ce n’était pas comme si j’avais besoin qu’il reste immobile pour poser sur le papier son essence et son âme, simplement qu’il soit là. Le fait de pouvoir jouer et se familiariser un peu avec Ebryon avait fait pencher la balance, j’en avais conscience et il ne s’en était pas caché d’ailleurs. Tout en me parlant, il testait les réflexes de mon dragonneau en lui envoyant des objets à attraper. Il avait dû commencer par de la nourriture pour que notre petit frère se prête au jeu et laisse de côté sa méfiance. Désormais, il volait partout dans la pièce, surexcité par ce « défi ». Et, si je ne lui avais pas dit, cela servait aussi à mon Valonqar, le forçant à utiliser ses bras blessés mais aussi le second. C’était bénéfique pour nous trois finalement.

Je me stoppais soudainement et laissais tomber aussitôt mon calepin de dessin et mon fusain. Ils s’écrasèrent au sol faisant tourner les deux paires d’yeux vers moi avant qu’ils n’accourent l’un et l’autre, l’un pensant qu’il s’agissait d’un jeu, et l’autre comprenant qu’il y avait un problème. Orys m’obligea à me redresser légèrement alors que, sans même m’en apercevoir, je m’étais penchée en avant, enserrant mon ventre si douloureux. Cela avait commencé le matin dans mon bain, mais de manière tenue, comme des précédents jours. Je ne m’en étais donc pas inquiétée plus que cela, pensant que cela s’atténuerait comme à son habitude.

Tout en me gardant dans son giron, il cria après l’un des gardes postés derrière les portes de la grande salle. Aussitôt plusieurs d’entre eux entrèrent, la main posée sur leur fourreau. Ebryon grogna en guise de réponse, battant des ailes juste au-dessus de ma tête, prêt à mordre et à enflammer tout ce qui s’approcherait de trop près. Une autre douleur vive me traversa. Je me recroquevillais un peu plus sans le moindre bruit autre que ma respiration haletante. Allez chercher Lady Forel. Immédiatement ! Et si vous ne la trouvez pas, faites venir un mestre ! Il eut quelques infimes secondes de silence avant que des bruits d’armure se mettant en mouvement se fassent entendre. Ses ordres donnés, il me chuchota des paroles rassurantes, tout en caressant doucement mes cheveux.

...


Lorsque le premier mestre arriva, je ne sais pas vraiment combien de temps il s’était écoulé. Je me concentrais sur ma respiration comme me le disait Orys. Je laissais sa voix me guider, et les ailes d’Ebryon ébouriffer mes cheveux. Je ne prenais conscience de la présence du vieil homme que lorsque mon Valonqar s’écarta légèrement de moi, prenant dans ses bras le dragonneau. Le mestre grommela un moment dans sa barbe tout en touchant mon ventre, puis en comptant le temps qui s’écoulait entre deux poussés de douleur. Il finit par me demander de me relever, ce que je fis avec l’aide de mon frère et de Kora qui s’était glissée je ne sais pas vraiment quand dans la pièce. Ce ne fut pas aussi douloureux que je n’y étais attendue. Je sortais de la salle commune où j’avais élu domicile devant l’âtre de la cheminée, et la voie ouverte par mon escorte impériale qui chassait toutes les personnes qui pouvaient s’approcher dans les couloirs autour. L’intention était de regagner mes quartiers, mais les escaliers se relevèrent impossible à monter. On me fit aller dans l’une des chambres, dans laquelle s’activèrent de nombreux domestiques, sur ordre de Kora qui supervisait le tout d’une main de maître et avec ce calme qui la caractérisait tant. Rapidement les draps furent changés, et des bassines d’eau chaudes amenées. Je fus installée sur le lit, et Orys fut contraint de sortir – emportant avec lui Ebryon -  ainsi que tout le monde, Kora et le Mestre excepté.

...


Je lâchais un léger cri que j’étouffais, tout en serrant la main de Kora qui s’efforçait de me rassurer. Le mestre, lui, faisait les cents pas dans la pièce en grommelant après que je l’eus menacer de le faire rotir par mon dragonneau s’il insistait de nouveau sur le fait qu’il serait plus sage de commencer tout de suite, et que la présence de Yesaminda n’était pas nécessaire. Son assistant – à qui j’avais déjà eu affaire… Un jeune homme malin -  nous avait rejoint entre temps, et attendait patiemment, feuilletant mon carnet de croquis après que je lui eus donné mon accord, carnet qu’avait pensé à ramasser et à prendre Kora. Parfois, il me montrait un dessin en me souriant et en m’indiquant qu’il l’appréciait particulièrement, toujours après qu’une contraction plus forte me faisant souffrir. Je ne savais pas combien de temps on patienta. Dix minutes, une heure, allez savoir. Quand Yesaminda arriva, mon soulagement dû se lire immédiatement sur mon visage. Le vieux mestre commença à élever la voix, mais son assistant le stoppa. De toute manière mon amie l’ignora royalement pour venir jusqu’à moi. Elle nous interrogea, Kora et moi avant de très rapidement aller se laver les mains.

...


Des larmes inondaient mon visage. J’étais si fatiguée et j’avais si mal. Oui si mal. Je n’allais pas y arriver. Non je n’y arriverais pas. Je n’en pouvais plus. Le soleil avait eu le temps de décliner puis de se coucher. Sa lumière avait laissé place à celle des bougies allumées par Kora, des bougies dont la cire s’accumulait de plus en plus sur les meubles. Echangeant sa place avec le seul mestre restant – j’avais ordonné au plus âgé de sortir sinon je le ferais rôtir après une énième remarque à Yesaminda et une contraction on ne plus douloureuse - , Yesaminda s’approcha de moi alors que je sanglotais de douleur, de rage, de fatigue. En Valyrien, je lui dis de manière hachuré que je n’en étais pas capable, que je n’y arriverais pas, que j’avais tellement mal, que j’étais trop fatiguée, mais surtout incapable de donner la vie à mes enfants. Dans la même langue, rassurante, elle me serra doucement la main en m’assurant qu’elle comprenait ma douleur, ma position, combien c’était difficile… Mais comme tout ce que j’avais fait jusqu’à présent, elle savait que j’y arriverais. Parce que j’étais forte, bien plus que je ne le pensais. Et qu’elle était là, tout comme Kora, ainsi que Baâl, Orys et Torrhen qui attendaient dans le couloir surement morts d’angoisse. Elle plaisanta à la leur sujet et le jeune mestre en fit de même ce qui me fit rire. Son regard était plein de conviction, plein d’assurance. J’avais foi en elle. J’avais confiance en elle. J’inclinais de la tête quand elle me demanda si je me sentais prête, puis repris position auprès du jeune homme.

...


Il ressemble à sa Majesté Impérial. C’est un très bel enfant. Yesaminda ne m’avait pas quitté, pas même pour s’occuper d’Aeden. Elle avait demandé à Kylian – le jeune mestre – s’il connaissait les premiers soins à apporter à un nouveau-né et quand il avait répondu par l’affirmative elle lui avait confié. Il avait plus d’une fois prouvé qu’il était compétent en l’assistant et en l’aidant avant même qu’elle lui demande. Mon fils dans les bras, il s’approcha pour me le montrer, alors que ce si petit être criait, pour me le confiait. Je le berçais doucement tout en pleurant cette fois ci de joie. Ses cheveux étaient aussi noirs que ceux de Torrhen. Mais il avait mes yeux, de magnifiques yeux lavande. Je déposais un léger baiser sur son front avant de le laisser m’échapper à grand regret. Ce n’était pas fini, pas encore et Yesaminda n’avait pas le choix que de me le rappeler. Mon fils fut confié à Kora qui sortit de la pièce pour aller le présenter à son père, et à tous ceux qui ne manquait pas de se trouver avec lui.

...


Elle est si petite Yesa… Dis-je à mon amie tout en serrant contre moi ma fille. Si petite, si frêle aussi. Mon cœur se serra et cette culpabilité qui ne m’avait pas quitté depuis mon premier empoisonnement se fit plus vive. Je n’avais pas su la protéger comme je l’aurais dû. Je n’y étais pas arrivée. Et alors que j’avais pleuré de joie pour Aeden, je pleurais de tristesse pour cette si petite fille. J’ouvrais la bouche de nouveau pour lui dire que tout cela était de ma faute mais l’apprenti mestre et ma servante parlèrent d’une seule voix avant que je ne le fasse. Elle est petite mais elle est en bonne santé et vive Majesté, rassurez-vous… Nous veillerons sur elle nuit et jour, et elle ira bien Rhaenys. Je les regardais l’un après l’autre puis saisi le mouchoir que me tendait Kora pour sécher mes larmes. Ils avaient raison. J’avais eu si mal, je m’étais sentie si fatiguée, à bout de force mais tout cela, tout cela ne comptait plus. J’avais entre les bras quelque chose de plus précieux. Je caressais doucement ses cheveux argentés, mes yeux plongés dans les siens déjà bien foncés, avant de demander à Kora d’aller la présenter à Torrhen et à son frère. Comment s’appelle t’elle ?. Je serrais encore quelques instants ma fille dans mes bras, puis doucement, je la tendais à celle qui m’avait surement tenue dans ses bras juste après ma naissance Athynea… Targaryen Braenaryon lui soufflais-je… Athynea comme cette princesse d’un vieux livre de conte que me lisait ma mère… Athynea née de la rencontre d’une perle de lune et d’un dragon céleste. Athynea, fille bénie des dieux, et Protégée du Soleil. Athynea... En la regardant, cela m’était tout de suite venu. Oui, il ne pouvait pas en être autrement.

...


Elle pleurait. Et cela me fendait le cœur. Je n’arrivais pas à le supporter. J’avais à peine dormi une dizaine de minute et j’étais épuisée mais… Athynea pleurait et Yesaminda avait beau la bercer dans ses bras, elle ne se calmait pas. Elle me lança un regard désolé, avant de m’expliquer que ma fille avait faim. Je n’avais pas prévu d’allaiter. Nous en avions longuement parlé avec mon amie et j’avais décidé que je n’étais pas indispensable pour ce rôle-là. Nous avions trouvé la mère nourricière parfaite pour les nourrir… Mais j’avais accouché plus tôt que prévu, et je savais qu’elle s’en était allée quelques jours en dehors de Fort-Darrion puisque je lui avais donné mon autorisation. Yesaminda avait trouvé une autre femme, mais elle n’avait eu plus assez de lait pour nourrir et Aeden, et sa sœur. Sans hésiter, je lui indiquais de m’apporter ma fille et de m’aider à me redresser. Elle était si petite, oui si petite, même si tout le château devait être au courant qu’elle était née vu les cris qu’elle poussait. Doucement, je la portais jusqu’à mon sein, sur lequel elle s’accrocha comme Ebryon sur un morceau de viande. Je grimaçais jusqu’à ce que Yesaminda l’installe mieux pour qu’elle me fasse moins mal. Ses yeux me fixant, son petit poing serrant l’un de mes uniques doigts, je caressais doucement ses cheveux, tout en fredonnant.

...


Je m’étais endormie. Le soleil brillait haut, et je me trouvais non plus dans la pièce où j’avais mise au monde mes enfants, mais dans ma chambre. Kora laissa de côté sa broderie en me voyant m’éveiller. Efficace comme à son habitude, elle m’aida à me lever, me laver, et m’habiller. Rien d’extravagant, une simple robe au couleur de l’Empire. Elle voulut nouer mes cheveux en plusieurs tresses, mais face à mon impatience de retrouver mes enfants - même si je les savais entre de très bonnes mains -  malgré mon état de fatigue, elle se contenta d’en faire deux, qu’elle attacha à l’arrière de ma tête avant de poser sur mon front un ornement impérial, impératif selon elle pour rehausser ma tenue et ma coiffure trop simples. Je lui accordais avant de me chausser, et de la laissait nouer la cape autour sur mes épaules. Il fallait que je les voie.

Kora resta avec moi, m’incitant plusieurs fois à ralentir lorsqu’elle trouvait que mes pas étaient trop rapides – même s’ils ne l’étaient pas assez à mon goût - . Je gagnais la grande salle dans laquelle des rires filtraient à travers la porte. Les gardes me saluèrent, avant de m’ouvrir les portes. Quelques rires, avant que le silence ne se fasse. Sans faire attention à toutes ses personnes qu’avaient réunies Torrhen, je me dirigeais vers lui et mon Valonqar qui se tenait juste à côté de mon époux. Endormis dans leur bras, Aeden et Athynea étaient indifférents au bruit qui régnait juste avant autour d’eux.



HJ : Postes qui veut et participe qui veut tant que sa présence se justifie, présence sur invitation de Torrhen du coup.

Info temporalité : Le rp se passe le lendemain après-midi de la naissance d'Aeden et Athynea, qui sont nés au milieu de la nuit. What a Face





















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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Lun 3 Déc - 21:22

Le palpitant pulse dans ma poitrine. Rythme lent. Mais il cogne fort, comme sous l’effet d’un puissant effort musculaire et non de souffle. Ses battements tapent contre mes tempes comme autant de tambours, me transportant dans cette sensation tant de fois vécue qu’elle me rappelle instantanément les champs de bataille. Comme ces genoux, qui sans trembler ne me semblent pas plus stables et solides sur mes propres appuis. La marche de l’infanterie, à La-Mort-Aux-Loups. J’ai si froid d’un coup. Je déglutis péniblement, pris de l’angoisse froide qui me serre toujours le cœur quand l’enjeu est grand, même après toutes ces années de règne, de guerres et d’horreurs.


| Sire ? Tout va bien ? |


Le page me relance mais n’ose me toucher, se contentant d’un pas en avant, d’un changement de temps. Je rive sur lui le regard évasif d’un homme qui est déjà ailleurs.


| Mène-moi à l’Impératrice, garçon. |


Elle accouche. C’est l’heure. Une nouvelle épreuve. Je n’en ai rien dit, je n’en ai rien montré. Mais j’avais largement craint les conséquences de l’empoisonnement qui avait failli fonctionner sur mon épouse. Imaginer Rhaenys mettre au monde nos enfants me serra à nouveau le cœur, comme jadis avec Sigyn. J’avais peur comme jamais ; car contrairement aux divisions du Nord qui obéissaient, combattaient et mourraient au doigt et à l’œil, les lois d’un accouchement n’avaient rien à voir avec celles de la guerre. Même s’il y avait du sang à la clé, dans les deux cas. Je me précipitais aussi vite que ma jambe gauche me le permettait et serrais les dents en sentant sa rigueur et sa rigidité à chaque pas. J’arrive près de nos appartements. On m’en interdit l’entrée. Je manque d’enfoncer toute opposition à coups de coudes, de poings, d’ordres secs et de regards noirs, mais Baratheon sort de la pièce et vient jusqu’à moi, me prenant par les épaules. Il m’annonce que le travail est déjà en cours. Que l’on doit maintenant attendre. Il ne sait rien de plus.


Je gronde dans ma barbe une injure inarticulée, me renfrogne, et me mets à faire les cent pas en peinant toujours sur mon appui gauche. Je lâche qu’on réveille le Maréchal Omble. Et que l’on fasse prévenir leurs Grâces qui sont présentes au château. La rumeur se répandrait de toute façon comme une traînée de poudre, alors autant faire preuve du respect le plus strict, et de prendre le risque de réveiller les gens plutôt qu’ils apprennent les événements par une tierce personne. Mestre, assistant, dame de chambre. Tous se succèdent au chevet de ma femme ; linges propres, bassines d’eau, bassines sales et tâchées de sang qu’ils remmènent. Aucun n’échappe aux questions qui les presse, mais à part que le travail de l’Impératrice suit son cours… Je ne sais rien. Je ne sais rien en dehors des cris que j’entends, qui me glacent les sangs. Je me rappelle pour Jon, pour Jeyne, pour Walton. J’étais si jeune, à l’époque. Plus sûr de moi. Convaincu que rien ne pourrait jamais leur faire de mal, ni m’atteindre par eux. Jeune loup idiot, qui avait vu le monde imprimer sa marque dans les registres familiaux en lettres de sang. Je me mets inconsciemment à grincer des dents, sous ma barbe et mes vilaines balafres, repoussant sans ménagement tous les serviteurs qui me proposent collation ou rafraîchissement, ou même simplement de me ramener un siège.



| Devrais-je me reposer quand Dame mon épouse sue sang et eau pour mettre au monde l’avenir de l’Empire ? Remportez ces sièges dans la grande salle. Et fermez les portes du castel, en bas. Faites monter la Garde Demalion, mettez la seconde lance sur le pied de guerre. |


On n’est jamais trop prudents. Par deux fois, l’ennemi sans honneur avait essayé de tuer Rhaenys par le poison. Par deux fois il avait fallu le concours et la vigilance de ses protecteurs pour qu’elle s’en tire. Je rumine un temps. Qui me semble plus long que l’attente dans le sang et dans la neige, à Buron. Je trépigne, et me fige quand l’huis se rouvre. A chaque fois. Puis, Kora sort. Elle tient un amoncellement de couvertures et de tissus, avec une petite forme rosie en son milieu. Je me précipite. Prends délicatement le petit. Il est si petit, dans mes grandes paluches mieux vouées au combat d’épée qu’à la protection de ce qui est beau et fragile. J’essaie de ne pas lui faire mal ; je me suis toujours senti gauche et malhabile. J’embrasse le gamin sur le front, ma barbe râpeuse le faisant hoqueter et pleurer, mais je le tiens plus près encore et le berce doucement. Je le regarde en détail, le cœur battant aussi vide qu’une troupe de cavalerie en pleine charge.


| Salut, petit loup. |


Beau à se damner, ce marmot aux cheveux aussi noirs que le pelage que son père avait jadis, avant de grisonner prématurément. Et lorsqu’il m’entendit parler, il me regarda. Mon cœur se serra. Il avait les yeux de sa dragonne de mer, le rejeton. De beaux yeux violets comme les dieux ne m’en avaient jamais montré avant Rhaenys. J’eu alors la certitude, le petit dans mes bras, que tout irait bien, maintenant. Je continuais de le bercer doucement, l’embrassant à nouveau sur le front. Sire, vous avez un fils. Un fils ! Le murmure des serviteurs et des soldats se répandit en exclamations réjouies.


De nouveaux pleurs. Je confie le premier à Orys, m’arrachant trois mètres d’entrailles mais impatient à en crever de voir l’autre. Je sus aussitôt que je l’avais dans les bras, avant même de repousser les bords du couffin de tissu, que quelque chose n’allait pas. La petite fille, puisque s’en était une… Elle était belle, mais si petite, si chétive. Elle semblait avoir à peine la force de lever ses petits poings. Des poumons, elle en avait. Et le destin avait voulu qu’elle ait des marques de naissance. Trois petites à la base du cou, sur le haut du poitrail. Et une crinière blonde presque blanche comme sa mère. Et de petits yeux noirs. L’instinct nordien me serra le cœur, me hurlant sorcière par ces attributs physiques inconnus du Nord et des Anciens Dieux. Mais j’étais son père. Chétive mais pleine de vie, Athynéa n’en était pas moins belle que son frère. Mais si petite, si fragile d’aspect, que j’avais trop peur de la blesser. Etrange mais belle. Incongrue, mais d’une pureté et d’une innocence qui me bouleversait. Je la berçais plus précautionneusement encore, et me tournais vers la fenêtre du bout de couloir, monde dans mon dos, pour ne pleurer que pour Athynéa et moi. Je pleurais rarement, en dehors des larmes impossibles à contenir quand la température gelait un homme sur place. C’étaient des larmes silencieuses de soulagement. Rhaenys était en vie. Aeden était beau, et fort. Athynéa semblait si fragile, mais si vivace, elle continuait de hurler un temps… Jusqu’à ce qu’elle ne me fixe d’un regard baigné de larmes et je lui souris. L’embrassait à son tour sur le front. Elle battit des mains et tira sur la barbe mais qu’importe. J’étais le père de cinq enfants, aujourd’hui. Tous étaient en vie. Tous allaient aussi bien que je pouvais l’espérer compte tenu des circonstances.


Je demandais à voir Rhaenys, mais on me dit qu’elle s’était endormie. Je ruminais. Je prenais le temps de reprendre un peu mieux le contrôle de moi-même. Laissais les nourrices nettoyer un peu plus les jeunes louveteaux. Et soufflais comme si j’étais débarrassé d’un poids indicible sur les épaules, acceptant la corne de brune que l’on me tendait. L’avalais cul sec, comme si je n’avais rien bu depuis des jours. Je ris avec mes hommes, présents en masse, réunis autour des gamins que l’on langeait. On me tendit les enfants, propres et endormis. Insensibles au brouhaha, comme s’ils étaient eux-mêmes épuisés. Je pris Athynéa, si frêle que je ne pouvais me résoudre à la laisser à qui que ce soit. Je fis signe à Orys de prendre Aeden. Ensemble, avec la Garde sur les talons, nous franchissions le pas de la Grande Salle, précédés des Demalion dont le capitaine clama la venue de l’Empereur et de ses enfants.


Ses enfants. Les miens. Les nôtres. Je souriais comme un jouvenceau au milieu de la foule, présentant mes enfants aux bénédictions d’une foule disparate venue de tous les horizons. Encadrés de près par la Garde, qui avait ses directives… Main sur le pommeau. Et silence se fait. Je me retourne avec Orys, sachant trè-s bien quelle apparition pouvait provoquer cela. Quelques heures avaient filé. Et la voilà déjà. Belle et digne, mais l’air si faible qu’on se demandait comment elle tenait debout. Et comment elle faisait pour marcher. Elle avança dans ma direction. Indifférent à mon environnement, serré de près par les soldats, j’avançais vers Rhaenys. Souriant, visage défiguré crispé par le bonheur, la crainte de serrer trop fort Athynéa, et la conviction que tout le monde nous regardait. Je ne pouvais pas tancer ma femme pour son inconscience ; elle aurait dû se reposer.



| Ma Dame… |


Gêné, je tends la petite vers Kora qui la prend dans ses bras. Et tends la main à Rhaenys. L’attire contre moi. L’embrasse sur le front. Effleure ses lèvres. Souris, front contre le sien. Et serrant toujours sa main, j’appelle à moi Orys et Kora d’un geste de la main.


| Messires et nobles dames, l’Impératrice et moi-même vous présentons Aeden et Athynéa, prince et princesse de l’Empire, nos enfants. Longue vie à l’Empire ! | clamais-je, poing levé en l’air, ne tirant pas l’épée. Pas cette fois.




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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Mar 4 Déc - 15:59

Il y avait des rumeurs au départ. Qui avaient commencé à se propager dans tout le château alors que la nuit n’était pas encore tombée. L’Impératrice allait bientôt mettre au monde ses petits. Mais, comme ce n’était pas la première fois que je l’entendais, je n’y ai guère prêté attention sur le coup. Avant que la rumeur ne continue d’enfler un peu plus, à mesure que les minutes passaient, que les gardes, les servantes et tout le monde ne commence à réellement s’agiter.

Cette fois, c’était vrai. Et les minutes s’étaient succédées les unes aux autres, alors que certains commençaient déjà à fêter la nouvelle sans vraiment s’assurer que tout irait bien, que la mère comme les enfants seraient tous là pour voir le jour se lever. Le château entier était devenu bien trop bruyant pour songer à passer une vraie nuit de sommeil. Alors je l’ai passée à deviser avec Alysanne, à me rappeler des naissances de nos propres enfants, à cette angoisse sourde à l’idée de la perdre elle, qui a toujours compté plus que tout. Presque autant que mon attachement à ces terres qui m’ont vu naître et pour qui je serais prêt à tout. Je me suis demandé comment allait Torrhen, s’il arrivait à canaliser l’impatience, l’inquiétude même, que ce genre de situation ne pouvait manquer de créer, tout en étant persuadé que Rhaenys était entre les meilleures mains du monde possible et qu’aucun drame ne pourrait obscurcir l’évènement à venir.

Et puis, on vient enfin nous annoncer la nouvelle. Une jeune servante, aux joues rosies par l’émotion qui débarque au milieu de la nuit dans nos appartements pour nous dire que l’Empereur et ses deux enfants étaient dans la Grande Salle. Difficile de résister à l’envie de s’y rendre, pour s’assurer qu’ils allaient bien, même si mon attention est retenue un instant par Alysanne qui s’inquiète de l’état de la mère. Quelques mots rassurants et nous voilà partis en direction de la salle. Impossible de la rater tant l’agitation était grande, tout comme il était impossible de ne pas trouver l’Empereur parmi la foule.

Un verre à la main, je ne manque pas d’aller, comme tout le monde taper sur l’épaule de Torrhen, qui semble avoir un peu de mal à réaliser ce qui se passe. Mais ce n’est peut-être qu’une impression. En tout cas, il a l’air heureux. Le jour se lève alors que les vivats se font plus bruyants, que la foule continue de s’amasser.

Jusqu’à ce que le silence se fasse brusquement. Je lève les yeux pour voir la jeune Impératrice debout, entourée de ses gardes mais pâle à faire peur. C’est probablement idiot de venir jusque-là et, pourtant, je ne peux m’empêcher de sentir une pointe d’admiration à la voir se tenir de la sorte. Je ne peux que me joindre aux éclats de voix qui reprennent, en écho avec l’Empereur. « Longue vie à l’Empire ! Longue vie à Aeden ! Longue vie à Athynea ! » Et les clameurs durent longtemps, les gens se mettant à taper du pied, à frapper leur gobelet en rythme pour accueillir la venue des enfants impériaux. Aucune arme ne sort de son fourreau alors que tous respectent comme il se doit ce moment.

Et, alors que les minutes passent, que les toasts se succèdent aux compliments, je m’approche du couple impérial pour souffler, non sans m’être incliné devant les enfants. « C’est un honneur d’être là pour les rencontrer. Pas parce qu’ils ont prince et princesse. Mais parce que ce sont vos enfants, l’avenir pour lequel nous nous battons. » Cet avenir si ténu, si fragile, qu’ils ont dans leurs bras et qui me conforte dans l’idée que mêmes les causes qui pourraient sembler perdues peuvent donner naissance à de vrais miracles.


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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Mar 4 Déc - 18:39



La nuit où l'on s'est rencontré
Les proches de l'Empire

Cela faisait plus d’une semaine, presque deux que j’avais envoyé des nouvelles à Nelya en lui faisant part de mon désir de l’avoir auprès de moi mais pour également l’informer du décès du patriarche Omble. Depuis j’étais toujours sans nouvelle ! Je ne savais pas si la missive était bien arrivée, ni même si mon épouse arriverait prochainement. Mais je ne pensais pas vraiment à tout cela en ce moment car je reprenais mon souffle allongé sur le dos auprès d’une jeune catin… C’est qu’elle m’aurait presque tué cette belle plante et visiblement elle en redemandait. Surprenant je vous l’accorde ! Surtout quand on connaissait ma façon de faire… Visiblement certaines appréciaient ça. Bref ! N’ayant plus vingt ans je faisais diversion en lui demandant un godet d’alcool que je vidais d’une traite avant de demander à ce qu’il soit rempli à nouveau. Tout en me servant une deuxième fois la belle me posa une question qui me surprit et qui me rappela que je devrais peut-être me mettre à écouter les rumeurs qui m’entouraient. L’Impératrice avait-elle accouché ? J’appris que c’était la rumeur qui circulait depuis la fin de soirée.
Et merde ! Si cela était vrai et que Torrhen me faisait demandé ce n’était pas ici que les gardes viendraient me chercher. Ni une, ni deux je me rhabillais sans prendre le temps d’expliquer quoique ce soit à la putain. L’argent lui suffirait amplement. Je quittais le bordel et je filais ensuite en direction de mes quartiers mais je n’eus pas le loisir d’y arriver puisque des gardes vinrent à ma rencontre. La rumeur n’était donc pas aussi fausse que les précédentes puisque Torrhen me demandait. J’informais les gardes que je rejoignais l’Empereur au plus vite… Je me serais précipité dans la seconde si je ne sortais pas d’un tel lieu. Je prenais le temps de me rafraîchir car j’allais rencontrer l’avenir de l’Empire ce qui n’était pas rien.
Une fois prêt je ne trainais pas et croisais de nombreux gardes… Je me rendais compte qu’à chaque pas que je faisais j’étais un peu plus stressé. Torrhen était comme un frère pour moi alors Rhaenys était aussi de ma famille… et en ce moment même elle devait souffrir. Inconsciemment, et surtout à cause du mauvais souvenir de ce qu’était un accouchement, je priais pour que tout se passe bien… pour la mère, pour les petits ! Mes prières silencieuses cessèrent lorsque j’arrivais auprès de mon vieil ami qui grognait. J’esquissais un sourire discret en m’approchant de lui…



- Ne te repose pas si tu ne le souhaite pas mon ami mais garde des forces… Tu vas en avoir besoin ! déclarais-je de manière à ce que lui seul entende tandis que je lui donnais une tape sur l’épaule. Tout va bien se passer. L’Impératrice est forte !


Ces paroles n’avaient pas été prononcées dans l’unique but de rassurer celui qui allait devenir père. Non ! J’avais besoin de les entendre, même de ma propre bouche.
Puis le temps sembla ralentir, pour presque s’arrêter. Je ne savais pas ce qu’il se passait de l’autre côté de cette porte et de ces murs mais je n’étais pas rassuré. Ces cris étaient-ils normaux ? Oui, apparemment. Puis arriva enfin le moment tant attendu et Torrhen se précipita auprès de Kora et son enfant. Impatient, je l’étais aussi… mais je me tenais à l’écart. Je n’allais voir l’enfant que lorsque qu’il fut confié à Orys alors que de nouveaux cris résonnaient de l’autre côté. Je me penchais pour observer ce petit loup. Avec ses cheveux noir et ses yeux lavande il était un mix parfait du Loup et de la Dragonne. A cette vision ma gorge se serra même si je n’en laissais rien paraître. J’avais juré d’être présent quand les petits viendraient au monde. J’avais tenu ma promesse mais elle me rappelait douloureusement ce qui manquait à ma vie.
Je n’eus ensuite pas le temps de voir la petite de près que les nourrices l’avaient déjà récupérée elle et son frère. J’en profitais pour boire avec mon ami, mon frère et ne me rapprochais que brièvement des petits pendant qu’on les langeait. La fille était si chétive que je trouvais le moindre des gestes de la nourrice trop brusque pour cette petite dragonne aux yeux de loup. Mais pour une fois je n’ouvrais pas ma grande gueule car qu’est-ce que j’y connaissais moi dans les soins de ces tout petits êtres ?! Rien, absolument rien.


A présent dans la Grande Salle j’observais chaque personne et me rendais compte d’une présence que je n’avais pas encore remarquée. Lady Raybrandt était là ! Je lui adressais un signe de tête auquel elle répondit avant de se fondre au milieu des gens. Et c’est à ce moment là que le silence se fit, annonçant l’arrivée de l’Impératrice ! Visiblement son ancienne écuyère avait tout de suite remarqué la présence de la Dragonne puisqu’elle se trouvait déjà non loin de cette dernière. Discrète, rapide, j’allais finir par croire que la brune avait réellement les qualités qu’on lui attribuait !
Mais je ne m’attardais pas plus longtemps sur ce sujet et reportais mon attention sur le couple Impérial. Puis je souriais aux paroles de Torrhen et tout comme lui je levais mon poing…


- Longue vie à l’Empire ! Longue vie à Aeden ! Longue vie à Athynea !


Laissant ensuite de nombreuses personnes féliciter les parents j’observais les bébés de loin. Ils étaient si petits et représentaient déjà tellement. Après de longues minutes je m’approchais enfin de Rhaenys et Torrhen. Je m’inclinais respectueusement devant celle qui venait de mener l’un des plus beau combat.



- Je ne pensais pas qu’un rustre tel que moi pourrait être charmé et ému à nouveau. Pourtant c’est le cas ! Aeden et Athynea sont des merveilles. Je suis honorer de les rencontrer.


©️ Justayne.







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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Mar 4 Déc - 19:37

La nuit où l'on s'est rencontré« Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux. »
Orane
Whent
La nuit avait été quelque peu agitée, les esprits échauffés et la tranquilité des lieux troublée. Ou du moins c'est ce qu'Orane en avait conclu en entendant frénétiquement claquer les souliers dans les couloirs. Elle n'était pas encore bien au fait des événements, étant rentrée l'après-midi même d'une absence de près de trois semaines dont elle ramenait fièrement son plus fier trésor – Morgane. La jeune fille avait ruminé la mort de son père très loin des murs de la capitale, cité qu'elle découvrait pour la première fois mais dont elle n'avait eu qu'un bref aperçu avant de se faire entraîner dans les appartements qu'on allouait à sa mère pour le temps qu'elle passerait en la demeure impériale. Leur suivante l'installa dans sa chambre, récupérant l'épais manteau qui la protégeait du froid et la laissa contempler la pièce sans un mot. De l'entrebaillement de la porte, Orane l'observait, un sourire neutre sur les lèvres. Elle savait qu'aux yeux de sa fille, cet endroit n'était rien d'autre qu'une autre faveur qu'on leur accordait, eux qui n'avaient – jusque là – nulle part où aller mais les choses allaient changer désormais, elle lui en faisait la promesse.

Ce n'est que bien plus tard qu'on lui apprit la nouvelle qui secouait ainsi le château.

Une main bienveillante lui secoua l'épaule alors qu'elle avait fini par trouver le sommeil. Orane émergea, gémissante. La flamme vacillante d'une bougie éclairait à moitié le visage de sa suivante, penchée au dessus d'elle, et de sa bouche s'échappait des mots murmurés sur une tonalité joyeuse. À peine éveillée, les premiers lui parurent inintelligibles. Sybell se répéta : l'impératrice venait d'accoucher, les enfants se portaient à merveille. Orane sourit, prit la main de sa suivante et la serra fort dans la sienne puis l'invita à retourner se coucher sans un bruit. Était-ce la joyeuse nouvelle ou ce sentiment insidieux d'envie qu'elle avait déjà éprouvé auparavant – toujours cette frustration de ne plus pouvoir donner la vie – qui l'empêcha de fermer l'oeil par la suite ? Nul ne saurait le dire. Elle demeura immobile, silencieuse, allongée dans l'obscurité pendant un temps, puis prise d'un besoin furieux d'écrire, elle se saisit de la tablette de bois et du nécessaire de correspondance pour rédiger une lettre à son frère.

Le hasard faisait bien les choses. Jamais elle n'avait songé possible de prendre part à une si joyeuse réception dés le lendemain de son retour. Point de robe noire pour une telle occasion, elle aurait trouvé cela indécent quand bien même son veuvage était encore récent. Quoiqu'on eut pu en dire, Orane était une femme pieuse – et peut-être un peu superstitieuse – elle n'aurait jamais souhaité rappeler la mort dans une assemblée qui célébrait la vie. Un vert foncé ferait l'affaire.
L'Empereur et l'Impératrice présidait cette heureuse réunion, le premier portant l'un de ces enfants tant espérés qui secouaient leurs sujets d'émois tandis que le second était niché dans les bras du Prince à leurs côtés. Au milieu des invités souriants, Orane retrouva quelques visages familiers et accepta un verre qu'elle leva cérémonieusement quand tous s'exclamèrent à l'unisson :

« Longue vie à l'Empire ! Longue vie à Aeden ! Longue vie à Athynea ! »

Morgane demeura silencieuse derrière elle comme hypnotisée par la vision de l'Impératrice qu'elle admirait tant.
Vînt le temps des félicitations. Et comme d'autres avant elle, Orane s'avança aussi lestement que si elle glissait sur le sol et fit une révérence devant non plus le couple mais la famille impériale. De petits poings roses gesticulaient dans les airs, lui arrachant un sourire attendri et mélancolique à la fois.

« Toutes mes félicitations à vos Majestés pour la naissance de vos enfants. Je me réjouis très sincèrement pour vous, ils sont une bénédiction pour nous tous. »
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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Ven 7 Déc - 17:27

Les murs du château tremblent et l’appréhension se propage parmi les âmes.  Kevan est rapidement informé de la situation par une servante. Le couple impérial découvre enfin ses progénitures. Alors, le bieffois s’extirpe de la chaise sur laquelle il s’est installé pour écrire et trouver des solutions. Ce n’est donc pas pour cette nuit. De toute manière, il est bien peu productif.

Le Collège Impérial a laissé des traces dans son esprit. Les possibilités d’action demeurent bien faibles mais cet homme s’est relevé à chaque fois qu’il s’est trouvé à terre. Il entend bien continuer sur cette voie quitte à ce qu’on le considère trop rigide. Il se refuse de reprendre le trône d’une manière qui lui déplairait.  Sa détermination est sous-estimée. Il parvient pourtant à faire la part des choses ! Le moment n’est plus à l’opposition mais aux réjouissances. Ce sont des moments si éphémères qu’il faut en profiter. L’Histoire ne s’arrête pas pour autant. Elle reviendra assez rapidement à l’esprit des hommes et des femmes qui peuplent ce château.

L’homme se vêtit convenablement pour l’occasion avec son pourpoint vert où l’on retrouve l’armoierie Gardener finement tissée et représentée sur son buste. Il s’avance ensuite vers le regroupement qui a naturellement pris forme autour des enfants et de leurs parents. De nombreuses têtes connues – plus ou moins appréciées – félicitent tour à tour Rhaenys et Torrhen. Le Bieffois s’empresse alors de récupérer un verre pour marquer l’événement avec l’assemblée présente. « Longue vie à l’Empire ! Longue vie à Aeden ! Longue vie à Athynea ! »  Les nouveaux-nés vivotent dans les bras d’Orys et de Torrhen. Kevan s’avance à leur niveau et s’incline. «Vos Majestés, finalement nos cœurs parviennent à se réchauffer malgré l’Hiver avec cette nouvelle. » Kevan leur cède un sourire complice parce qu’il comprend la joie qui doit les animer. « C’est un plaisir et un honneur de les rencontrer. » Si fragiles aujourd’hui, ils vont grandir peu à peu mais ils représentent d’ores et déjà l’avenir tous les deux.

Le bieffois se retire par la suite pour céder la place à quelqu’un d’autre tout en restant dans les environs proches. C’est un moment de légèreté. Les clameurs rendent ce moment enivrant. Kevan se soucie peu de l’image qu’il pourrait refléter dans l’esprit de certains convives. Il n’échangera probablement pas avec certaines personnes de l’assemblée, c’est un fait. Cela ne l’empêche pas de servir l’Empire lui aussi.  


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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Dim 9 Déc - 23:54

La nuit avait été agitée. Lysara Tully avait eu du mal à dormir pour une raison qu’elle se refusait encore d’accepter. Et ce n’était finalement que tard dans la nuit ou très tôt dans la matinée qu’elle s’était assoupie. Une servante avait pris soin de remonter les draps sur son corps pour ne pas qu’elle ait froid. Avec l’hiver qui s’installait, les nuits étaient fraiches elle ne voulait prendre aucun risque que la princesse ne tombe malade. Quand bien même l’impératrice avait une guérisseuse exceptionnelle, rien ne disait qu’elle accepterait que cette dernière examine la princesse des Rivières et des Collines si elle venait à être souffrante entre les murs de Fort-Darion.

Et c’était cette même servante qui était venue réveiller la princesse quelques heures plus tard. La jeune femme n’avait rien à sa maîtresse elle préférait l’aider à s’habiller dans u premier. Mais Lysara n’était pas sourde, le bruit des bottes se faisait entendre depuis le couloir. La princesse des Rivières et des Collines finit par demander ce qu’il se passait. Et se fut Marianne Bonru qui lui donna la réponse. Sa suivante s’était levée avant elle et se tenait dans un coin de la pièce, le sourire aux lèvres. La nouvelle de la naissance des enfants impériaux illumina le visage de porcelaine de la sœur du roi du Conflans Libre. Lysara Tully demanda évidemment des nouvelles de l’impératrice. La servante lui assura qu’elle allait bien et d’ailleurs, il était temps que Lysara finisse de se préparer. Le couple impérial allait présenter leurs enfants et la jeune princesse des Rivières et des Collines se devait d’être présente.  La Truite Argentée quitta ensuite ses appartements et rejoignit ceux du couple royal du Conflans Libre. Elle frappa doucement à la porte et entra. Elle salua son frère et sa belle-sœur et accueillit dans ses bras sa nièce Charissa qui était venue avec Alysanne et elle. Laissant le roi et la reine du Conflans sortir pour rejoindre la grande salle, elle prit la main de sa nièce et l’emmena avec elle. Marianne non loin d’elle, Lysara Tully avait rejoint Lyham et son épouse. Tous voulaient voir les deux nouveau-nés et c’était parfaitement normal. Lysara attrapa un verre lorsqu’une servante passa et le leva un sourire aux coins des lèvres alors que tous s’exclamaient « Longue vie à l’Empire ! Longue vie à Aedan ! Longue vie à Athynea !» Oui il fallait bien y croire et se réjouir de cette naissance. Lysara attendait que les têtes couronnées saluent les enfants du couple impérial pour embarquer à sa suite sa nièce et saluer à son tour les enfants. Fendant la foule, Charissa à la main elle lui souffla. « N’aie pas peur. Fais juste comme moi devant la famille impériale d’accord ? » La petite fille de cinq ans hocha la tête face aux recommandations et conseils de s tante. Arrivée devant Torrhen et Rhaenys, Lysara plongea dans une révérence rapidement imitée par sa nièce peu assurée, et sa suivante, elle largement rompu aux cérémoniale. « Majesté c’est un honneur de faire leur connaissance. » fit alors la truite Argentée en relevant la tête. Un sourire et déjà Lysara se retirait ramenant Charissa auprès de Lyham et de Alysanne. « Lyham, ne serait-ce pas le roi du Bief là-bas ? Permettez-moi d’aller le saluer je vous prie ? » demanda la princesse plus à son frère qu’à son roi. Elle n’avait pas eu l’occasion de deviser avec lui et quand bien même elle ne pourrait probablement pas le faire comme elle le souhaite, elle pensait simplement qu’il était important d’aller le saluer.



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MessageSujet: Re: La nuit où l'on s'est rencontré   Lun 10 Déc - 21:43

Garlan s’était couché assez tradivement cette nuit-là, étant tout seul dans sa couche, il eut un peu de mal à se réchauffer. Ayant pris l’habitude d’une présence féminine dans ses draps, ça lui faisait bizarre, comme un manque. Il réussit finalement à trouver le sommeil après un bon moment pour ses paupières se closent quelques heures et que ses songes l’envahissent. Il semblait dormir à poings fermés jusqu’à ce qu’il réveille en sursaut, brusquement, se demandant ce qui se passait, il en était presque à se demander où il était tellement son retour à la réalité était soudain. N’ayant aucun souvenir de ses rêves, comme la plupart du temps d’ailleurs, il avait beau se forcer, pas moyen de se remémorer ce qui avait pu illustrer son sommeil. La cause de son réveil, il l’identifia par contre sans mal. On tambourinait à la porte de sa chambre, celui, qui faisait ça, semblait s’y donner à cœur joie, ça devait lui faire plaisir de lui gâcher sa nuit.

Une voix retentit à l’extérieur, il la reconnut sans difficulté, il s’agissait de Ser Willos, un de ses bons amis qui avait suivi Kevan lorsque celui-ci avait déserté l’armée royale. Il lui demandait d’ouvrir et clamait que c’était important. Garlan s’extirpa de sa couche, se couvrit et se précipita jusqu’à la porte afin de connaître la raison de tout ce remue-ménage. Une fois qu’il lui avait ouvert, il invita son ami à l’intérieur. Et celui-ci fit à peine quelques pas à l’intérieur de la pièce pour lui faire part de la rumeur qui serait arrivée jusqu’à ses oreilles. Sa majesté impériale, l’impératrice, serait en travail, aucune autre indication ne venait compléter cette information. A savoir si tout se déroulait pour le mieux, s’il y avait des complications ou autre. Cela n’était pas une rumeur, ça devait être un fait relayé par des gardes et serviteurs du château.

Il espérait vraiment que tout se passerait pour le mieux et que les enfants arriveraient tous les deux au monde en bonne santé. Garlan eut une pensée également pour Yesaminda qui devait être actuellement auprès de l’Impératrice, il savait pertinemment qu’elle ferait tout son possible. Ni une, ni deux, il se changea dans un coin de sa chambre dans l’auberge où il demeurait depuis son arrivée à Fort-Darion dans le but de se vêtir d’atours plus adaptés. Ceci fais, il sortit du bâtiment en compagnie de son ami, il arriverait peut-être à glaner plus d’informations en s’approchant du castel, continuant à croiser les doigts pour que tout se passe bien. Il s’agissait de l’avenir de l’Empire, il fallait que tout se passe pour le mieux. Ils avancèrent avec difficulté à travers  les rues de la capitale, de nombreuses personnes étaient réveillées pour cette heure, la rumeur s’était propagée à toute vitesse apparemment.

Arrivé devant les portes du château, celles-ci étaient fermées et les gardes bloquaient l’entrée. Garlan se présenta devant eux, mais ils restèrent de marbre, jusqu’à ce que deux d’entre eux le reconnaissent pour sa participation au collège et pour son statut de conseiller du Bief Libre. Ils le laissèrent entrer donc entrer, mais pas Willos. Le jeune homme promit de venir le voir pour lui faire part de tout ce qu’il aurait appris plus tard. On l’invita à rejoindre la grande salle où tout le monde s’était regroupé en attendant les nouvelles. Il y avait du monde, et pas qu’un peu, beaucoup de brouhaha. Tout le monde s’interrogeant sur la situation. Garlan pria une nouvelle fois les sept pour que les enfants naissent dans de bonnes conditions et qu’ils soient vigoureux. Les heures passèrent. Puis les nouvelles arrivèrent enfin. Un garçon ! En bonne santé ! Suivi également d’une fille, qui était plus chétive selon les dires, mais bel et bien vivante, c’était là l’essentiel !

Réjoui de ses nouvelles, l’impératrice devait être épuisée par le travail, cela avait dû demander beaucoup d’efforts. Elle s’était montrée forte. Il ne manquerait pas non plus de féliciter sa sage-femme qui avait dû être là du début à la fin pour que la naissance se déroule aussi bien que possible. L’Empereur et Orys Baratheon furent annoncés, et avec eux le prince et la princesse de l’Empire. Ils semblaient en effet en bonne santé, Garlan en était réjoui. L’impératrice arriva également un peu plus tard, cette dernière semblait exténuée, rien de plus normal après cette nuit. Le Bieffois ne s’était pas attendu à la voir à vrai dire, le fait qu’elle soit ici, devait lui demander beaucoup de courage pour puiser dans le peu d’énergie qu’il lui restait, ça imposait le respect. Il reprit en cœur avec toutes les autres personnes présentes : « « Longue vie à l’Empire ! Longue vie à Aeden ! Longue vie à Athynea ! »»

Il laissa plusieurs personnes lui passer devant pour aller présenter ses félicitations aux parents. Quand son tour fut venu, il s’inclina respectueusement devant le couple impérial et leurs enfants. Un sourire émerveillé barra son visage lorsque ses yeux se posèrent sur les deux nouveau-nés. « « Vos majestés impériales, toutes mes félicitations pour la naissance de vos enfants. C’est un honneur de faire leur connaissance. »» Ne s’illustrant pas dans un long discours, tous ses vœux de santé et de bonheur, il les faisait en silence pour laisser à chacun l’opportunité de pouvoir présenter leurs félicitations aux dirigeants de l’Empire, il se retira donc. Son regard croisa celui de Lady Forel qu’il aperçut non loin du couple impérial, celle-ci semblait soucieuse de veiller sur les deux enfants, il ne savait pas si c’était une bonne idée de la déranger maintenant. Il ferait mieux d’attendre un peu, c’était préférable. Il lui adressa tout de même un profond signe de tête, un brillant sourire et il bougea ses lèvres pour formuler un « bravo », après tout, elle avait eu bien du mérite.


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