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La nouvelle neige (PV Bowen Glover)
MessageSujet: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Dim 14 Oct - 23:57



   

 
 
La nouvelle neige

   
Bowen & Ingheam

   
La nouvelle neige recouvre le sang versé de son blanc manteau et dans sa froide étoffe immaculée, elle adoucit la morsure du vent et le bruit des bottes.

   
Depuis la crucifixion des Sauvageons après la Mort aux Loups, Ingheam n’avait que peu discuté avec Bowen. Elle avait eut tellement peur ce jour là qu’elle ne savait plus comment l’aborder, elle ne savait même plus s’il était toujours l’homme doux et prévenant qu’elle avait connu toute petite à Motte la Forêt et qu’elle avait tant apprécié. Leur amitié existait-elle encore ? Pouvait elle encore faire une totale confiance et être elle même avec celui qui avait mis à mort tant de sauvageons ? Oh elle comprenait sa peine, elle aussi, elle avait beaucoup perdu durant cette guerre. Elle comprenait et elle pardonnait. Chaque fois qu’elle le croisait, elle voulait le serrer dans ses bras et lui dire quelque chose pour le réconforter, mais elle ne trouvait pas les mots. Lui dire que la paix reviendrait et qu’il serait heureux avec Maedalyn ? Elle en doutait elle même. Lui dire que le pire était derrière eux ? Même si tel était vraiment le cas, ce pire était tellement terrible qu’il n’était pas prêt de les laisser en paix. Elle voulait lui dire que ça n’était pas grave, que ça n’était pas lui, qu’il n’était pas un tueur, qu’il pourrait bientôt laisser son armure et retrouver l’amour de sa famille. Mais qu’en savait-elle. Cette invasion de sauvageons et la guerre contre Harren qui s’en était suivie avait changé tout le monde, elle y compris. Elle le voyait dans les regards, dans les morts qui encore une fois s'accumulaient sans qu’elle ne puisse rien faire d’autre que soigner ceux qui pouvaient l’être et aider les mourants à partir le plus sereinement possible.

La jeune fille comprenait tout, de sa part et de celle de tous les soldats ayant participé à ce massacre et aux suivants. Elle pardonnait la fureur, la rancune et le fiel qu’elle ne ressentait pas. Mais elle ne comprenait pas la cruauté. Elle ne voulait pas que cela gagne le cœur des hommes du Nord pour toujours, que cela gangrène l’amour, l’amitié, la vie, la bonté, la joie. Elle ne voulait pas que cela tâche la neige immaculée de sang, toujours plus de sang. Elle ne voulait pas que les loups prennent goût à la chair humaine. Mais lui, pouvait-il comprendre qu’elle ait voulu l’arrêter ? Pouvait-il lui pardonner de ne pas céder à la haine et à la colère après tout ce qu’ils avaient traversés ? La timide n’avait pas osé lui poser la question, elle n’avait pas pu lui faire face. La guerre contre le Sautoir avait été, elle aussi si dévastatrice et remplie de rage qu’elle doutait fort que son ami se soit calmé entre temps, qu’il ait retrouvé ses esprits. Elle avait appris qu’il avait saccagé sa propre tente en apprenant que sa sœur était aux mains d’un Fer-Né à Fort-Darion et elle s’en était voulu de ne pas avoir été là pour lui, mais elle n’avait pas osé l’approcher. Il était presque méconnaissable.

Parfois, la Sorcière des Bois  se demandait s’il n’était pas déjà trop tard et la peur la prenait à la gorge. Avait-elle failli dans sa mission ? Seulement, elle ne pouvait pas lutter, pas autrement qu’en faisant simplement, humblement, son travail : sauver des vies, soigner les blessures du corps. Contre celles de l’âme, elle ne pouvait rien, presque rien, danser parfois, chanter souvent, sourire toujours et aimer chaque être vivant dont elle croisait le regard, de tout son cœur. Alors, elle avait prit sa mission à bras le corps pour ne pas voir les horreurs que la guerre faisait faire aux hommes. C’était une nouvelle guerre, mais c’était toujours la même histoire, du sang, des larmes et tant de haine. Elle se démenait dans son travail, nuit et jours, elle préparait les onguents et potions, elle pansait, nettoyait les plaies, elle dispensait ses sourires et ses soins attentionnés, elle essayait de faire germer la joie de la vie dans ce morne océan de mort. Quand elle avait un instant, elle priait et brûlait des feuilles pour les Dieux, du moins quand elle parvenait à ne pas s’écrouler de fatigue directement là où elle se trouvait, la plupart du temps dans la tente de l’infirmerie, sur une chaise ou par terre, enroulée dans une couverture.

Or, la blonde au turban s’occupait à présent d’Edwyle, gravement blessé à Eysine. C’est avec plaisir qu’elle avait pris soin de ce presque promis. Pas qu’elle l'apprécie plus qu’avant, quoique, elle avait appris beaucoup sur les guerriers durant cette guerre. En tout cas, il l'impressionnait moins désormais, elle avait croisé sur sa route beaucoup d’hommes comme lui, des blessés qu’elle avait soigné sans peur, parce que c’était ce qu’elle savait faire et avec qui elle avait pu parler et comprendre, parfois même prendre d’affection. Mais surtout, il était le frère de son ami. Aussi, elle avait déployé toute sa science et tout son cœur pour le sauver et le remettre sur pied comme elle l’aurait fait pour un membre de sa propre famille. Normalement, elle ne faisait aucune différence entre ses patients et traitait tout le monde à égalité, faisant toujours de son mieux et soignant tout le monde avec dévotion, aidant les Mestres aussi bien qu’elle pouvait. Mais disons, que pour le Glover, pour les deux Glover, surtout pour que Bowen ne perde pas son dernier frère en plus du reste, elle l’avait fait avec un peu plus d’amour encore que pour tous les autres dont elle s’était occupée.

Puis un jour, alors qu’il allait de mieux en mieux et serait bientôt prêt à reprendre la route avec le reste de l’armée du Nord pour enfin rentrer chez eux, la jouvencelle avait prit son courage à deux mains, usant de ce prétexte pour aller voir son ami.

C’est ainsi qu’Ingheam se rendit devant la porte du Sénéchal du Nord et dit qu’elle venait voir Lord Bowen pour lui donner des nouvelles de son frère. Et, après s'être assuré qu’il était disponible, on la fit entrer. Le doux soleil d’hiver semblait se lever à nouveau sur leurs vies, un enfant, précieux don de la nature et pas de nouveaux morts à déplorer, et avec ça, ils allaient rentrer chez eux. Un large sourire étirait ses lèvres, heureuse qu’elle était de voir Bowen et de lui annoncer une bonne nouvelle. Elle dit avec enthousiasme :

__ Lord Bowen, j’ai de bonnes nouvelles ! Votre frère sera bientôt remis de ses blessures et il pourra faire la route avec nous.

La blonde, coiffée, comme à son habitude d’un turban assorti à sa simple robe de laine bleue brodée d’entrelacs cuivrés hésita un instant, baissant la tête et croisant ses mains devant elle en triturant ses doigts.

__ Et vous Mon Seigneur, comment vous portez vous ?

La Sorcière du Bois aux Loups leva un regard inquiet sur son ami et son sourire avait perdu de sa superbe pour prendre une teinte mélancolique.
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MessageSujet: Re: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Mer 7 Nov - 22:06

Après un bref soupir, Bowen entreprit de se masser les tempes, appréciant la sensation agréable pendant quelques instants. Il avait passé les deux heures précédentes en conciliabules avec les différents commandants de division du Nord pour régler les derniers détails attenants à leur départ prochain de Fort-Darion. Evidemment, si l’enthousiasme était conséquent, car il était toujours plus doux de revenir au foyer que de marcher dans la boue sur les traces de l’ennemi, cela, hélas, ne diminuait la charge de travail qu’une telle transhumance humaine impliquait, surtout au vu du temps et de l’impressionnant nombre de lieues qu’ils avaient à parcourir. Et avant de prévoir tout ce qui avait trait à la marche de la colonne, à son ravitaillement, aux étapes éventuelles du parcours et au tracé de ce dernier à travers les marais des paludiers et autres obstacles naturels, il restait à faire le décompte des pertes définitives, et de voir si certains blessés devraient rester au sud car définitivement intransportables, même si certains de leurs camarades se tenaient prêts à user de brancards ou d’autres artifices pour leur permettre de revoir des visages aimés. Ce point avait aussi l’avantage d’être un moyen efficace de sonder l’état d’esprit des nobles et de leurs hommes, ce à quoi le jeune Sénéchal tenait beaucoup. Il savait que son beau-père avait hâte de vérifier par lui-même l’état de sa seule fille, même si les nouvelles qui lui étaient parvenues se faisaient de plus en plus rassurante à mesure que le temps passait, et nul doute qu’il attendait de pouvoir voir son premier petit-fils. Il n’était pas le seul à avoir de telles pensées, bien qu’en raison de leur lien familial, il avait été plus aisé pour Lord Cerwyn de se confier à Bowen. Un vieux vétéran comme Bolton n’était pas le genre d’hommes à faire des confidences ! Cependant, son cadet était persuadé que même un homme de sa trempe devait avoir hâte de laisser le sud et les sudiers derrière eux, et de retrouver son foyer, ses filles et son petit-fils. Lui-même, en tout cas, piaffait d’impatience, tel un destrier avide de mener la charge. Depuis qu’il avait les dates de leur départ et l’assurance définitive qu’il pourrait tantôt retrouver son épouse et découvrir enfin son garçon, le temps lui semblait terriblement long. Les palabres des réunions du Collège Impérial n’avaient pas arrangé son impatience, même s’il reconnaissait leur importance majeure et tenait d’ailleurs à s’assurer que les détails laissés en suspens soient réglés avant leur départ.

Après avoir hélé un serviteur pour obtenir quelques rafraîchissements, le Sénéchal se rassit néanmoins derrière le bureau à sa disposition et entreprit de commencer à rédiger ordres et recommandations, avant de s’atteler à une lettre pour Maedalyn, afin de lui annoncer enfin son retour. Il espérait que la nouvelle lui ferait plaisir. S’il avait conscience que cette année de séparation avait été longue et éprouvante pour la jeune femme, une part de lui ne pouvait s’empêcher de redouter qu’elle ne l’ait point attendu, ou qu’elle se soit lassée de languir après un époux au front, et guère connu, finalement. C’était étrange, d’ailleurs, même pour lui, ce sentiment d’être lié profondément à une femme qu’il ne connaissait en définitive que trop peu. Ils n’étaient pas amis, et si leur rencontre avait fait forte impression au gamin en pleine adolescence timide qu’il avait été, l’inverse n’avait guère été vrai. Il avait imposé ce mariage, et sa cour avait été minimale, faute de temps. Empressée certes, mais … enfin, pas vraiment celle qu’il aurait imaginé pour honorer la dame qui partagerait sa vie. Et ils n’avaient que peu partagé, intimement. En écoutant les dires de ses hommes, en ayant observé les ribaudes à soldats, il avait conscience d’être un peu à part sur ce point, en étant resté parfaitement fidèle à une femme qu’il n’avait pas beaucoup aimée, faute là encore de temps. Une nuit de noces, qu’était-ce, pour un homme ? Peu. Et en même temps pour lui, énormément. Ses hommes avaient lancé quelques plaisanteries, comme quoi pour l’enchaîner à ce point, son épouse devait être des plus avenantes au coucher. Ses regards noirs avaient fini par empêcher les soldats de gloser en sa présence, mais il n’avait guère de doute sur leurs commentaires lorsqu’il n’était pas là. Les hommes étaient ainsi faits, et on ne les changerait pas. En campagne, quand on avait fini de se rappeler la beauté du pays, on pensait à la beauté des femmes, ou aux charmes de la boisson, à moins que ce ne soit l’inverse ? Il fallait bien s’occuper. Un soldat le tira de ses pensées en lui annonçant que Dame Harclay voulait le voir pour lui parler de son frère. Bowen acquiesça, avant de remiser sa plume et de rouler son parchemin. Il finirait plus tard. L’entée d’Ingeham fut solaire, une bouffée d’air frais après toutes ces heures, il fallait l’admettre : un joli sourire mettait toujours le cœur d’un homme en fête. Ravi du reste des nouvelles apportées, le Glover le lui rendit, avant de déclarer de sa voix profonde :

« Voilà d’excellentes nouvelles ma dame. Pardi, pour un Hiver rude, je trouve qu’il apporte en ce moment son lot de consolation, suffisamment pour me réchauffer le palpitant en tout cas ! »

Sa sœur était en sécurité, désormais ambassadrice du Nord au Collège Impérial en remerciement de sa loyauté et de ses sacrifices, la plus haute position qu’une femme avait sans doute jamais occupé dans la hiérarchie du Nord, les reines mis à part. Il avait un fils, et sa femme se remettait bien de l’accouchement. Et maintenant, la confirmation que son frère était sur le chemin de la guérison complète ? Les Anciens Dieux le comblaient, enfin, après tant de souffrances en leur nom, entre leurs mains ! La roue du destin avait-elle enfin tournée pour sa famille ? Il espérait que ce ne soit qu’un début.

« J’irai le trouver dès que possible, dans ce cas. Du reste, nous avons à discuter, tous les deux.

En tout cas, je vous remercie des soins que vous déployés à son chevet, et de votre bonté à son égard, mon amie. Il aura eu les plus belles damoiselles pour veiller sur lui, nombres de nos hommes sont jaloux ! »


Lady Redwyne, Lady Harclay … Pas de toute, Edwyle avait eu de la chance. Ironique que, pour un homme qui appréciait autant les femmes, il n’ait absolument pas pu en profiter, au vu de ses moyens éminemment limités. Bah, est-ce que de toute manière, cette blessure ne lui avait pas mis enfin du plomb dans la cervelle ? Bowen l’espérait. Il escomptait bien lui offrir la régence de Motte-la-forêt pour l’hiver, mais pas avant d’avoir eu une solide discussion avec son seul cadet survivant, afin de s’assurer qu’il soit apte à la gouvernance de leurs terres en son nom. Et il était temps qu’il lui trouve une épouse, aussi. Après tout, le second frère Glover était en âge, et un bon parti stratégique au Nord, désormais. Il n’aurait sans doute pas à trouver des soupirantes. Il était dommage pour Ingeham, sans doute, que les discussions de fiançailles entre eux n’aient pas abouti, car cela lui aurait offert une douce récompense pour ses loyaux services et les sévices endurés par sa famille. Au vu cependant de cet échec, il jugeait hasardeux de remettre le sujet sur la table. Enfin, cela n’était pas immédiatement à l’ordre du jour. Chassant ses pensées de son esprit, Bowen s’exclama joyeusement :

« Mais fort bien. Je pourrais difficilement aller mieux, à vrai dire. Tout semble rentrer dans l’ordre, et les corbeaux que je reçois me confirme que dame mon épouse se remet aussi bien que possible des rudesses de son accouchement, et que mon fils est bien vigoureux.

Avec ce que vous m’apportez, il serait difficile de trouver homme plus comblé que ma personne. Occupé, certes, avec notre départ à préparer … Mais heureux. »



« Et vous, ma dame ? La perspective de retrouver le Bois-aux-loups vous sied-elle ? »

Un doute le prit, avant qu’il ne demande :

« A moins que vous ne préfériez rester ici ? »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.




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MessageSujet: Re: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Jeu 8 Nov - 13:26



   

 
 
La nouvelle neige

   
Bowen & Ingheam

   
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Cela lui paraissait toujours étrange quand on l’appelait Dame Harclay, jamais à Iksahkka on ne l’avait appelé ainsi, ni sa famille, ni les gens du village, pour tous elle était Ingheam. Ici, c’était différent et malgré les mois passé, elle n’était pas encore habituée, elle n’arrivait pas à s’y faire. Pourtant, cela semblait être une habitude que la plupart des nobles avaient prise, mais elle ne se considérait pas comme une Lady. Elle ne comprenait pas ce titre, pas plus que les autres d’ailleurs, même si elle avait appris à les utiliser, d’ailleurs, elle s'embrouillait un peu parfois, comme avec Conrad, où elle n’était pas passée loin de l’incident diplomatique. Elle n’était pas habillée ni apprêtée comme les demoiselles de Winterfell, et encore moins comme les dames de Vivesaigues ou de Fort-Darion. Ses robes de laine et son turban semblaient être ceux d’une paysanne plutôt que ceux d’une noble, même si les couleurs et les galons laissait à deviner qu’elle n’en était pas une. Elle ne portait pas de bijoux, n’avait pas de garde et marchait sans qu’on la remarque ou qu’on lui fasse des courbettes, tant dans le campement que dans la forteresse. et cela lui allait très bien ainsi, il valait mieux que personne ne la voit, elle préférait cela, d’autant qu’elle se trouverait bien mal à l’aise que des soldats s’inclinent devant elle ou que d’autres que ceux qu’elle appelait Messire l’appelle Madame.

Le sourire de la petite blonde se fit plus large encore en voyant le visage de Bowen s’éclairer à l’écoute de la bonne nouvelle. Elle s’était beaucoup occupée des morts et elle se rendait compte à présent, que même si la mort faisait partie du cycle de la vie, cela lui avait pesé d’avoir accompagné tant d’âmes vers la fin. Sa jeunesse et son inexpérience, qui n’étaient désormais qu’un lointain souvenir, lui avaient valu d’être plus touchée qu’une Sorcière des Bois aguerrie. Elle avait eut si peu de bonnes nouvelles à transmettre que désormais, son innocence lui semblait évanouie à jamais, même si en réalité, elle n’entendait toujours rien aux chansons grivoises qui se chantaient dans le camp. Mais maintenant qu’elle avait soigné Edwyle, qu’elle avait enfin pu faire quelque chose pour la vie, et pour son ami, elle se sentait bien mieux. Elle se délectait d’autant plus de la joie du Glover qu’elle savait pleine et réelle, elle prenait là, toute la belle énergie vitale qu’elle pouvait après des mois à patauger dans le sang figé de la mort. C’était un honneur, un plaisir et un nouveau souffle qu’il lui offrait là.

__ L’hiver, aussi rude soit-il, est nécessaire au printemps. C’est grâce au repos que la vie trouve la force d'éclore quand la nature se réveille. Et dans les foyers, le feu réchauffe les cœurs et unit les familles. Après cette guerre, je crois que nous avons tous besoin de cet hiver pour nous retrouver et nous rappeler qui nous sommes. Je remercie la neige envoyée par les Dieux de recouvrir les champs de bataille d’un manteau immaculé et d’empêcher le sang de couler encore. Nous n’oublierons pas, mais un nouveau cycle commence tandis que celui-ci touche à sa fin.

Ingheam se figea alors que Bowen lui dit vouloir discuter. Elle eut du mal à déglutir craignant qu’il lui en veuille ou que Conrad se soit plaint, ou l’Empereur ou n’importe quoi, son annonce semblait si solennelle. Mais le reste de la tirade la rassura un peu et lui fit chaud au cœur, elle n’avait pas besoin de remerciements, mais elle partageait la joie de son ami pour le rétablissement de son frère et était ravie d’y avoir contribué. Cela lui avait tant apporté que finalement, peut-être était-ce à elle de le remercier, ou de remercier Edwyle d’être encore en vie et d’avoir accepté qu’elle le soigne. Cependant, elle rougit tandis qu’il évoquait les belles demoiselles ayant soigné Edwyle et la jalousie des autres hommes. Elle se demanda un instant s’il parlait vraiment d’elle, mais bien que Lady Redwyne soit certainement bien plus avenante qu’elle, il avait dit “les plus belles damoiselles”, et s’il y en avait eut d’autres, elle aurait été au courant, elle n’avait pas lâché l’armée du Nord depuis le début de la guerre. Avait-on remarqué qu’elle y avait mit tout son cœur, encore plus que d’habitude ? Quelqu’un s’était il imaginé qu’elle avait des sentiments pour le jeune homme ? Qu’il s’était passé quelque chose entre eux ? Pourquoi les hommes étaient-ils jaloux ? Elle l’avait-fait pour que Bowen n’ait plus une seule larme à verser d’avoir perdu un nouveau membre de sa famille. Ne l’avait-elle fait que pour ça ? C’était-elle attachée à son cadet ? Elle ne savait plus trop. Oui bien sûr, s’occuper de quelqu’un de la manière dont elle s’occupait des blessés qui plus est, avec tout son amour et son humanité, sans essayer de garder de la distance, cela ne pouvait pas être anodin. D’autant plus qu’elle le connaissait et qu’elle avait dans le cœur les regrets d’avoir déshonoré sa famille en contrecarrant les plans d’union de leurs pères. Tenir sa vie entre ses mains, le veiller chaque jours et prier pour lui ne pouvait pas rester sans conséquences. Cela la rapprochait toujours de ses patients et c’était bien ainsi, elle devenait alors le fil qui reliait le blessé au monde des vivants, et lorsque le blessé mourrait, elle devait laisser dérouler ce fil jusqu’au monde des morts et bien sur à chaque fois c’était dur. Quand ils vivaient, ils l’oubliaient, probablement, mais elle n’oubliaient aucun d’eux. Et finalement, ça n’était pas différent avec Edwyle. Gênée, cependant, par ses doutes et par l’allusion, elle répondit :

__ Je n’ai fait que mon travail, Messire. Et je ferais de même pour n’importe quel soldat, n’importe quel malade.

Mais hélas, elle ne pouvait pas être partout à la fois, et elle avait préféré rester à Fort-Darion, avec son frère et les hommes du Nord qu’elle avait suivi jusqu’ici, avec Edwyle et les autres, plutôt que de prendre la route pour Winterfell et aller s’occuper des femmes. Maedalyne Glover et Eleanor Tully. Jures tu de servir la vie et de la protéger en toute circonstance ? Elle leva soudain les yeux sur Bowen et se rendit compte de son erreur. Elle aurait dû y être, aider la jeune parturiente, ne pas la laisser entre les mains des Mestre. L’enfant était vigoureux et la mère semblait se remettre d’après le Sire de Motte la Forêt, mais elle n’avait pas été là où elle devait être. Quelle genre de Sorcière des Bois était elle à suivre une armée plutôt que des femmes enceintes ? Évidemment, à force de ne connaître presque que la guerre, elle savait mieux soigner les blessures qu’elle ne savait accompagner une mise au monde. Mais elle se souvenait et elle l’avait déjà fait, or c’était là sa mission principale, bien avant celle de soigner les soldats. Il lui apparaissait soudain évident qu’elle n’aurait pas dû se trouver à Fort-Darion alors que l’épouse de son ami donnait naissance à son premier né. Qu’ais-je fait ? A tant vouloir sauver les hommes, j’ai oublié les femmes alors que c’est elles qui portent la vie, c’est elle que je dois aider en priorité. Mais, Iseult… “Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.” Était-ce se que tu voulais dire ou ais-je eu raison de rester ? Je ne sais plus… Je ne comprends rien.

__ Je suis désolée. Heu… non, je veux dire, félicitation, je suis contente pour vous trois. Nous sommes tous heureux et comblés de voir la vie triompher après avoir perdu tant des nôtres.

Ingheam avait ouvert la bouche pour faire part de son enthousiasme et de sa joie de rentrer chez elle. Enfin au Nord, car chez elle, c’était une toute autre histoire et la perspective de se retrouver dans un village désert une fois de plus n’était pas des plus réjouissantes, mais elle ne pouvait pas rester éloignée du Nord plus longtemps. Chez elle s’était Iksahkka bien sur, mais surtout le Bois aux Loups, par delà le Neck. C’était bien plus vaste que le petit village incendié par les Sauvageons, bien plus vivant aussi, même si l’hiver devait depuis, avoir endormi la forêt et avoir ralenti le temps.
La guérisseuse resta un instant ainsi, la bouche ouverte et les yeux écarquillés et oublia même de respirer, ne sachant quoi penser de la question de Bowen. Rester ici ? Quelle idée ? C’était… horrible ! Avait-il quelque chose à lui demander, un service qui la retiendrait ici ?

__ NON !

C’était sorti tout seul, un peu fort. Mince, après cela, s’il voulait lui demander de rester pour une raison ou une autre, il risquait fort de se raviser. La blondinette était confuse, elle serait restée par loyauté envers le Glover, mais là, ses tripes avaient parlé avant qu’elle ait pu les en empêcher. Elle voulait retourner au Nord.

__ J’ai… je veux dire… j’ai hâte de rentrer. Je ne sais pas trop ce que je vais faire une fois au Nord. Mère a dû bien avancer la reconstruction, mais les âmes perdues sont toujours perdues. Ceux qui sont morts ne reviendront pas. Mais ici, il n’y a pas d’arbre cœur, je ne suis pas chez moi.

La Harclay leva à nouveau les yeux sur Bowen et sourit, mais ses yeux étaient tout mouillés. Elle avait vu du pays, plus que la majorité des Sorcières des Bois ayant foulé la terre, mais, si elle était ravie de rentrer, elle savait qu’elle n’était plus la même personne, que plus rien ne serait pareil, que chez elle, tout avait changé et qu’elle ne savait pas exactement où elle allait retourner.
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MessageSujet: Re: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Mer 28 Nov - 17:40

« Est-ce vraiment sa fin ? Ou alors, simplement la conclusion d’un prélude et le commencement de quelque chose de bien plus … conséquent ? »

Bowen avait murmuré ses réflexions, davantage pour lui-même que pour sa visiteuse, et n’était à vrai dire pas certain qu’elle l’ait entendu dans son intégralité, vu sa voix basse et sa l’inclination de sa tête vers le bas, pensif qu’il était. En un sens, le Nord avait obtenu ce qu’il voulait : la fin du Noir, et la quasi-destruction de son royaume, qui ne survivait qu’accroché à quelques châteaux par la grâce d’un bâtard. Le cycle de leur vengeance était terminé mais … plus le Glover y réfléchissait, et plus il avait conscience qu’il ne s’agissait sans doute que d’un avant-goût. Torrhen avait lié le destin du Nord à celui de son Empire et si le répit offert apaisait les nordiens épuisés, il les empêchait également de songer aux futurs sacrifices à faire pour d’autres qu’eux, et pour une cause qui n’était plus entièrement la leur. Il n’avait pas été dur, finalement, de mener la lutte et l’union dans le Conflans. Les nordiens se battaient pour la vengeance, comme les peyredragoniens, contre l’ennemi héréditaire, les riverains contre leur ancien maître. Bon an mal an, chacun avait le même objectif et pouvait composer avec les autres pour l’atteindre. Maintenant, cette certitude simple et aisée s’en allait, et avec elle, la facilité de convaincre les petites gens que cette nouvelle cause était la leur. A la vérité, ce qui pouvait continuer à faire office de ciment était sans nul doute l’agacement ressenti à l’encontre des braillards de la Foi. Heureusement qu’ils étaient là finalement. Le Grand Septon leur facilitait la tâche, in fine, en se hissant comme épouvantail pour toutes les armées composites de l’Empire. C’était même, du point de vue du nordien, complètement stupide de radicaliser des ennemis qui, finalement, n’avaient plus grand-chose en commun une fois le Noir tombé. C’était un peu cruel dit ainsi, mais le Glover voyait mal ce que le paysan de Ryswell avait à faire des orageois morts dans les sièges bieffois, par exemple. C’était malheureux, mais c’était la guerre, et quand les sauvageons avaient déferlé sur le Nord, l’Orage n’avait pas davantage répondu que le reste de Westeros. En les déclarant comme impies, la Foi offrait une opportunité aux leaders nordiens de galvaniser à nouveau leurs troupes … parce que, peu importait la loyauté des hommes envers leurs chefs au bout d’un an et demi de guerre quasiment ininterrompue d’une part, et d’autre part, le sens de la terre, de la tradition, serait toujours plus fort que les constructions humaines. Cela bien sûr, il le gardait pour lui, même si, très profondément, son cœur saignait à l’idée que, dans quelques mois, les nordiens repartiraient sur les champs de bataille pour mourir, et que ce cycle-là serait autrement plus destructeur. Il y avait tout le Bief et ses dizaines de milliers d’hommes, le Tigre aussi … Et les neutres, qui, tôt ou tard, s’ils ne pliaient pas, attaqueraient, parce que l’Empire les asphyxiait. Oui, en vérité, la campagne du Conflans n’était qu’un prélude, terrible certes, mais probablement pas autant que ce qui s’annonçait. Il n’eut cependant pas le cœur de le dire à la Harclay, conscient que ce genre de pensées pessimistes ne devait pas être partagées. Tout à ses pensées, il ne releva pas sa gêne face à son affirmation, ou plutôt, lui fit grâce de ne pas revenir dessus, se disant qu’il avait peut-être effarouché la jeune pucelle. A force de fréquenter la soldatesque, il finissait par en prendre certaines habitudes dommageables. Et ne la taquina pas non plus sur son lapsus, histoire de ne pas l’embarrasser. Il ne savait pas vraiment pourquoi elle s’était dit désolée, mais le cœur des femmes étant ce qu’il était, il estimait mieux de ne pas s’appesantir sur cette langue qui avait fourché. Ce n’eut pas été très charitable, après tout. Il ne put cependant rester de marbre face à cette exclamation tonitruante qui lui arracha un léger rire, camouflé vaille que vaille en une petite toux, même s’il devait admettre qu’une telle franchise était autant amusante que touchante. Au moins, il avait largement la réponse à sa question.

« Voilà une réponse qui vient du cœur, au moins. J’avoue que je m’y attendais plus ou moins … Mais j’aurais aussi compris si vous aviez préféré rester auprès de certains de vos patients ou profiter du calme du sud.

Pour ce que cela vaut, j’admets préférer que vous reveniez avec nous. Le Nord n’a pas le même éclat sans votre présence, Lady Harclay. Et le Bois-aux-Loups, encore moins. »


Il voyait son sourire, et ses yeux humides, comme si, comme lui, elle ne parvenait pas à être entièrement heureuse. Ils en avaient trop vu, et Ingeham n’avait pas l’espoir d’une famille à elle qui pour la faire aller de l’avant. Certes, Bowen avait conscience que le mariage et l’enfantement n’avaient pas la même signification pour un homme que pour une femme mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir privilégié, en un sens, parce qu’il n’avait pas uniquement un passé et un présent, mais aussi un avenir. Il pouvait essayer d’en offrir des bribes à la jeune femme, mais aucune tâche n’aurait jamais la même saveur que la douceur de la peau aimée ou la tendresse des joues d’un nourrisson. Mais il n’était hélas pas tout-puissant.

« Je ne sais que vous dire … Si le retour dans le Bois-aux-loups vous est trop difficile, je pense que le Roi vous accueillera sans problème à Winterfell, aux côtés de mon épouse et de moi-même, puisqu’il ne serait guère sage d’imposer à Lady Glover et à notre fils un voyage hivernal jusqu’à Motte-la-forêt …

Et sinon, le travail ne manquera pas, où que vous alliez. Vous pouvez pousser jusqu’à mes propres terres. Je compte offrir la régence de Motte-la-forêt à mon frère, pourvu qu’il s’en montre digne. Un peu d’aide pour gérer nos problématiques particulières ne sera pas de trop … Ou bien revenir auprès des vôtres et alléger leurs souffrances. Vous savez comme moi que les femmes du Bois-aux-loups continueront longtemps de souffrir des … complications dues à leur captivité aux mains des sauvageons.

Ou alors, si c’est votre souhait, comme vous êtes en âge, je puis vous aider à trouver un bon mari. Votre maison, comme la mienne en son temps, a besoin de sang neuf et de nouvelles alliances et … même si je sais que cette matière n’a parfois pas le même attrait pour un homme que pour une femme, de mon expérience, bâtir sa propre famille est parfois la seule chose à faire pour honorer les âmes tombées, en leur offrant une descendance sur laquelle veiller. »




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MessageSujet: Re: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Jeu 29 Nov - 13:47



   

 
 
La nouvelle neige

   
Bowen & Ingheam

   
La nouvelle neige recouvre le sang versé de son blanc manteau et dans sa froide étoffe immaculée, elle adoucit la morsure du vent et le bruit des bottes.

   


La fin n’existait pas, les cycles de la vie se suivaient et bien sûr, si on pouvait y voir un début et une fin, on pouvait aussi y voir la continuité de la vie. Aucun nouveau cycle ne se créait sans que le cycle précédent n’ait de conséquences sur le suivant, bien au contraire. Mais pour Ingheam, rentrer chez elle marquait effectivement la fin de quelque chose et le début d’autre chose. Elle ignorait encore ce qu’elle ferait une fois dans le Nord, car Iksahkka avait été reconstruite par sa mère, certainement depuis tout ce temps, mais les gens étaient tous morts. Qui peuplerait le village ? La dernière fois, ils étaient trois et elle ne savait pas quoi faire pour que la tristesse ne s’empare pas de tout son être en voyant son lieu de naissance si vide et endeuillé. La vie reprendrait ses droits peu à peu, des enfants naîtraient un jour. Mais en attendant, son cœur se serrait de voir la grande salle silencieuse et la longue table vide. Autrefois les rires et les chants ne se taisaient qu’à une heure avancée et le village se réveillait aux premières lueurs du jour avec les jeux des enfants et le travail des adultes. Elle avait souvent chanté pour faire taire ce silence assourdissant, mais lorsque les nombreuses Sorcières des Bois ne reprenaient pas en chœur ses prières dans l’ancienne langue, elles semblaient perdre un peu de leur sens et de leur puissance. Et dès qu’elle se taisait, le silence et la solitude regagnaient leurs droits, personne pour enchaîner sur une autre chanson, ou pour l’accompagner, personne pour lui répondre. Seulement sa mère et son frère chéris, si peu, si peu avaient survécus. Et que ferais Sam à présent ? Elle n’avait pas osé lui poser la question, elle avait trop peur de la réponse...

La blondinette ne se souciait guère de la façon dont l’Empereur souderait ses troupes, elle espérait qu’il n’aurait plus jamais à les souder en réalité, que le Nord et les Nordiens connaîtraient enfin la paix. Était-ce le songe d’une naïve jouvencelle qui croyait encore que la nature des hommes était foncièrement bonne ? Certainement, mais il y avait aussi cette vision qu’elle avait eut, le message d’Iseult pour l’avenir des Loups dont Torrhen ne faisait plus réellement partie. Je ne connais qu’un seul Roi et son nom est Stark, Jon Stark. se dit elle en son for intérieur. Elle n’entendait rien à la politique ni à la stratégie et encore moins à cette foi militante qui n’était que trop irréelle pour elle, trop lointaine pour être un véritable danger. Elle n’avait même pas conscience que désormais, le destin du Nord était lié à celui de l’Orage, du l’Empire, de la Nera et du Conflans. Elle avait pourtant soigné des Riverains et des Peydragonniens aussi, même si sa position dans l’armée du Nord et le fait qu’elle n’était pas Mestre lui avait surtout fait soigner des Nordiens. Mais tous étaient des êtres vivants, des humains, et elle soignerait n’importe qui si on le lui demandait, parce que c’était là son rôle , son serment, parce qu’elle même ne faisait aucune différence, pas même avec l’ennemi. Après tout, Peydragon avait été un jour l’ennemi lui aussi, le Conflans encore plus, l’Orage peut-être, elle n’y connaissait rien en histoire. Donc l’ennemi pouvait devenir un ami et ils pouvaient tous vivre en paix. Tous. En paix.

Danse et chante Ingheam, danse avec les loups, rappelles leur la chanson de l’hiver pour qu’ils entendent à nouveau la voix des Dieux et que le murmure des arbres cœur remplace le bruit bottes et de l’acier. Les loups ont pris goût au sang, mais la neige saura leur redonner le goût de la vie aussi sûrement qu’elle recouvre, chaque hiver, la terre et les morts puis se retire pour laisser place au printemps. Si seulement tout pouvait être aussi simple Iseult, si seulement vous, les Sorcières des Bois, étiez là pour me guider… Ingheam sourit Elles sont là bien sûr, elles sont toujours là. Shoilleir n’était pas venu, il chassait, mais sa présence était la preuve qu’elles étaient toutes là, avec elle.

Lorsque Bowen parla de calme du sud, Ingheam ouvrit de grand yeux sans comprendre à quoi il faisait allusion. Ici tout n’était que guerre et destruction pour elle, sans compter le manque de Bois Sacrés et d’arbres cœur et le fait que le Bois au Loups lui manquait terriblement et qu’elle ne se sentait pas chez elle, trop loin des Dieux, des endroits où leurs voix résonnait plus fort, au Nord du Neck, au Nord de Winterfell, le plus au Nord possible. Le jeune Sire de Motte la forêt avait dû se tromper, ou peut-être avait-il de bonnes raisons de s’exprimer ainsi, mais ça n’était pas moins incompréhensible pour la petite blonde. Heureusement, il neigeait ici aussi, suffisamment pour donner à cet endroit un avant goût de l’hiver, le vrai hiver septentrional, mais tout de même, cela n’avait rien à voir, c’était juste un hiver Sudien déguisé en nordien, une plaisanterie, une farce hivernale. Ses pensées s’était un peu perdues dans la bise glaciale d’un hiver rude et long, dans les nuits qui se prolongeaient encore et encore sans qu’on en voit la fin, dans la glace qui craquait et la neige qui crissait, dans les températures si basses, qu’elles vous gelaient le bout du nez en quelques secondes passées dehors et ne permettait aucun interstice dans les fourrures pour survivre plus d’une heure sans abri. Mais elle entendit néanmoins le compliment du Glover. C’était incroyablement gentil et avenant. Ingheam déjà rouge se demanda si il était visible qu’elle devenait encore plus rouge, mais sa gêne fit place à un sourire à l’évocation du Bois au Loup.

__ Me… merci. Messire… Glover… C’est… Je… Enfin… Juste tais toi…

Oui, excellente idée !

__ Je suis partagée, ma place est à Iksahkka, c’est là que le savoir ancestral des Sorcières des Bois et du Clan Harclay doit perdurer, je suis la dernière survivante, je dois former une nouvelle génération, et surtout, pour que le sacrifice des miens n’ait pas été vain, je dois réhabiliter le village, le faire vivre à nouveau, avec ma mère et mon frère. Mais je me sens si petite, si incapable de remplir ma mission, si seule. Peut-être qu’il serait sage de rester quelques temps à Winterfell et attendre le Printemps pour m’établir là-bas, les réserves ont dû être pillées et le bétail a été volé ou massacré. Et si vous restez vous aussi avec Lady Maedalyn, je me sentirais moins perdue. De plus, j’aurais fort à faire pour me rattraper de n’avoir point été là pour l’enfantement et pour la naissance de l’héritier du Nord. Je suis une bien piètre Sorcière des Bois, mais je tâcherais de ne plus oublier ma véritable mission dorénavant. Mais bien sûr, si les femmes du Bois aux Loups qui ont survécu ont besoin de moi, je serais là, et pour aider Edwyle aussi, bien que je ne connaisse pas vos problématiques particulières.

Ingheam était triste pour toutes ses femmes, mais la perspective d’avoir de quoi s’occuper et agir pour les siens, de pouvoir exercer son art et remplir sa mission chez elle, en attendant que des enfants courent à nouveau sur les chemins d’Iksahkka lui donnait de l’espoir pour l’avenir.

__ Messire Bowen… Je vous remercie, mais… Je ne sais pas si je vais me marier. En tant que dernière Sorcières des Bois, je dois garder mon nom et ma position au sein du Clan, je suis désormais la matriarche du clan Harclay. Je suis Iksahkka, la Lune qui Veille, la femme garante de la lignée féminine du Bois aux Loups, des connaissances et de la sagesse des femmes. Ma mère n’est pas une sorcière des Bois, elle ne peut transmettre les connaissances des enfants de la forêt, elle ne peut pas être la matriarche. Ainsi, même si je me marie, je ne rejoindrais pas la famille de mon époux, mes enfants repeupleront le clan Harclay et non celui de leur père. Or, après les lourdes pertes que le Nord a subi je doute que beaucoup de père soient prêt à donner leur fils à marier à une Sorcière des Bois. Même par amour, même par devoir envers lui, je ne pourrais renoncer à mon devoir envers ma famille, c’est trop important désormais, pour que perdure nos traditions, que j’en sois la garante, quitte à renoncer au mariage.

Il avait fallut que le jeune Seigneur dont le Clan Harclay était vassal mette ce sujet sur le tapis pour qu’elle s’en rende compte, mais si ça n’était pas encore très clair dans son esprit, ça l’était dans son cœur, son rôle premier était d’assurer à la lignée matriarcale du clan un avenir et étant donné la situation du Nord, cela ne serait pas chose aisée. Jusqu’ici, il y avait toujours eut un fils cadet, un cousin pour quitter son clan ou même une Maison plus importante et s’unir aux Harclay en perdant son nom et tout pouvoir sur les terres. Mais maintenant que bien des aînés étaient morts, qui resterait-il pour que le clan perdure comme il avait toujours fonctionné. Un homme né Harclay pour guider les hommes, une femme née Harclay pour guider les femmes. Femme… guide… Oh comme Ingheam se sentait petite et indigne du pouvoir et du devoir qu’elle avait désormais entre les mains. Mais elle ne pouvait pas renoncer, pour les femmes, pour la création, pour la vie. Elle avait juré. Elle avait fait le serment de transmettre ses connaissances, puis elle s’était mise à nue devant les autres et avait revêtu la robe blanche avant de boire le sang. Elle avait été liée au Bois aux Loups et aux arbres cœur du Bois Sacré par le sang de la brebis. Elle avait juré de servir les Dieux et la vie. Elle avait été peinte du même rouge que les arbres à face. Elle ferma les yeux un instant et murmura à nouveau :

__ Je suis la Lune qui veille…

Le sentiment de n’être pas à sa place ici était encore plus fort, mais la vie était ainsi faite que les jeunes filles faisaient des erreurs, que c’était cela qui les faisait grandir. Elle avait donc fait une erreur en repartant, elle avait honoré un serment fait il y a des millénaires au Roi du Nord mais en oubliant ceux fait aux Dieux et à la lignée des Sorcières du Bois aux Loups depuis plus longtemps encore. Elle aurait eut toutes les raisons d'honorer ce serment s’il n’y avait eut les Mestres pour soigner les blessés. Elle n’avait pas été totalement inutile, mais elle aurait été bien plus utile chez elle, auprès des femmes violentées par les sauvageons, auprès de Maedalyn et d'Eleanor, auprès des Dieux et des Arbres cœur, dans le sein d’Iksahkka ou à Winterfell, car mourir de faim serait complètement contre productif.
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MessageSujet: Re: La nouvelle neige (PV Bowen Glover)   Sam 15 Déc - 20:04

Pour l’essentiel de l’armée du Nord, rentrer en leur royaume signifiait retrouver des êtres aimés, une terre sacrée, celle de leur vie, souvent de leur naissance. Mais pour les habitants du nord-ouest du pays, il s’agissait d’une toute autre affaire, qui inquiétait en privé davantage Bowen qu’il ne voulait l’admettre. Ses hommes allaient rentrer pour découvrir qui une terre pillée par les fer-nés, qui une femme avec un enfant né d’un viol pour l’autre, sans parler de tous ceux qui récupéreraient une famille avec laquelle il n’avait pas eu le temps de faire leur deuil, ou si peu. Il faudrait se réaccomoder à la vie en communauté, loin des champs de bataille, de la camaraderie armée et des puterelles de camp, si promptes à soulager les corps et parfois les cœurs mais qui n’étaient ni épouses, ni filles ni mères. Nul doute que le choc serait rude pour ceux qui, en un an, avaient été habitués à des étreintes faciles pour quelques sous, probablement en partie pour laver une partie de leur honneur viril mis à mal, et qui se retrouveraient face à des femmes encore marquées, qui peut-être n’aurait plus jamais d’appétence pour le corps à corps charnel. Il y avait, après tout, des blessures plus dures à guérir que d’autres, car hors de capacité des mestres et guérisseuses. Il y avait les invalides également, ceux qui reviendraient en tant que bouche à nourrir, dans une contrée qui n’en avait guère besoin. Bien sûr, les caisses royales pourvoiraient en partie à leur besoin, mais l’or ne réparait pas les egos brisés et les épouses agacées d’être abandonnées par des mois pour n’en retirer qu’un mari incapable. L’Empire, c’était un mot pour ces gens-là, un idéal peut-être, mais pas une consolation. Et pour les Mormont, c’était pire encore, puisqu’ils ne savaient pas ce qu’ils retrouveraient de leur île, s’ils en retrouvaient quelque chose, ni quand cela arriverait d’ailleurs, compte tenu des difficultés pour traverser les océans nordiens en une telle saison. Pour eux aussi, Bowen redoutait le pire. Cependant, il n’était pas sans motif de satisfaction ni sans espoir. Dès le lendemain de la Mort-aux-loups, il avait œuvré sans relâche pour offrir un avenir aux siens, repeupler les terres et prendre soin des vivants. Des enfants avaient besoin de parents, des femmes de mari, et des gamins abandonnés d’un futur. A l’époque, Torrhen avait accordé une large partie de ses demandes, et si le mot ne s’était peut-être pas répandu, il savait que le Bois-aux-loups n’était plus dans le même état que l’année passée, et heureusement !

« Voyons Ingeham, croyez-vous que je sois resté sans rien faire à propos de mes terres ? Certes, j’en ai été longtemps éloigné, et cela ne risque guère de changer, mais il eut été indigne d’un seigneur de ne pas chercher à réparer les dégâts causés par les attaques subies par les gens de ma maison et par nos vassaux. A l’époque, j’avais été présenté quelques doléances à Winterfell, et l’Empereur avait accédé à mes requêtes.

J’ai demandé à ce que les Louvards proches de l’âge d’homme soit encouragés à venir dans le Bois-aux-loups, contre une terre à leur majorité. Pour ces orphelins, c’était alléchant. Et le trésor royal a accepté de payer une dot alléchante à tous les hommes du Nord qui accepteraient de prendre une femme du Bois-aux-loups comme épouse, enceinte ou pas, avec enfant ou pas, pourvu qu’ils élèvent ceux qui naîtraient des violences sauvageonnes, si leur nouvelle femme voulait l’élever. Pour celles qui n’y arriveraient pas, ils ont été versés aux Louvards, et le Nord en prendra soin. Mieux vaut un enfant qui grandit avec un cadre qu’un gamin détesté pour ce qu’il représente.

Motte-la-forêt est actuellement reconstruite, et plusieurs des villageois des côtes y ont déménagé, ce qui a quelque peu atténué les problèmes de population. Pour le reste, étant donné que nos hommes sont encore relativement nombreux et qu’ils rentrent, l’Hiver va permettre de repeupler en bonne partie. L’écueil sera davantage dans la gestion de ces arrivants. Mais des jeunes gens se sont installés près de votre village, et aident probablement votre mère à reconstruire depuis de nombreux mois. Je ne serais pas aussi inquiète à votre place. Nous avons souffert, mais nous nous relevons. Même si les blessures demeureront longtemps, l’essentiel a été fait, je crois. L’espoir et la nature feront le reste. »


Il pouvait parier sur un certain nombre de naissances pour l’année suivante. Les petites gens avaient tendance à vouloir remplacer les enfants morts, en une sorte de force de vie qui continuait sans cesse à croître obstinément. Le manque ressenti durement pendant tout ce temps faisait le reste : filles de joies fréquentées ou pas, une épouse, ce n’était jamais pareil. Et il y aurait les nouveaux jeunes mariés qui pourraient enfin profiter de cette épouse qui leur avait rapporté de jolies sommes. Sans parler de l’espoir suscité par les victoires. L’un dans l’autre, Bowen essayait de rester positif : la vie continuerait, et même si sa région subirait pendant au moins une génération la cruelle saignée qu’on lui avait imposée, elle ne mourrait pas. Les hommes et femmes du Bois-aux-loups étaient tenaces, et ce qui valait pour eux valait aussi pour les nobles. Quand on n’était pas à la guerre, on pensait mariage. Il en avait fait l’expérience et de son humble avis, en la matière, on trouvait facilement des solutions. Là encore, la résilience nordienne avait quelque chose d’admirable.

« Etant donné mon expérience en la matière, mon amie, j’aurais tendance à penser que tout est possible en matière de mariage. Regardez-moi : après la Mort-aux-loups, il y avait meilleur parti que moi, et c’est peu dire qu’on ne se bousculait pas au portillon pour m’offrir une femme ! Il faut … savoir se faire aiguiller par des amis, et croire en ses chances. Les ambitions et traditions d’alliance feront le reste.

A titre personnel, je pourrais facilement vous proposer le cinquième fils de Lord Bosc. Il a votre âge, et me sert depuis deux années maintenant. C’est un garçon dégourdi, et bien loin dans l’ordre de succession. Compte tenu des habitudes d’alliances entre les clans et maisons du Bois-aux-loups, sachant que vous êtes tous deux mes vassaux … Enfin, je n’aurais pas de mal à arranger des négociations. »


Il haussa légèrement les épaules avant de continuer :

« Ce que je veux dire, c’est que d’une part j’ai été dans votre situation et que je ne regrette nullement d’avoir suivi mon devoir, et d’autre part … Vous n’êtes pas seule, Ingeham. Les hommes et femmes du Bois-aux-loups doivent s’entraider.

Et notre voix, désormais, comptera dans le royaume. »


S’il avait accepté d’endosser la position de Sénéchal pour servir son Roi, Bowen ne faisait pas mystère de son souhait de mieux défendre les intérêts d’une région trop souvent sacrifiée et bien pauvre. Jamais il n’oublierait d’où il venait, ni les gens qu’il avait côtoyé, qui l’avaient aidé à grandir. Ingeham en faisait évidemment partie.

« Je n’entends pas grand-chose à vos traditions, je l’admets, mais je sais que vous aurez besoin de filles de votre sang, et d’apprenties. Je peux vous trouver les secondes et de quoi … obtenir les premières. Le reste, ma foi … il appartient à notre génération de faire renaître le Bois-aux-loups.

Cet Hiver pourra sans doute y contribuer. »




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