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Danses avec les loups (pv Conrad)
MessageSujet: Danses avec les loups (pv Conrad)   Dim 14 Oct - 23:33



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   
Ingheam s’était assoupie sur sa chaise dans un coin de l’infirmerie. Les genoux repliés sur sa poitrine, elle était en boule, enroulée de la tête aux pieds dans une grande couverture sombre. On la voyait à peine dans toute cette laine, mais on distinguait du jaune par endroit et sa frimousse si on s’approchait, ainsi qu’une paisible respiration parmis les souffles pénibles des blessés. Son turban était de travers, laissant entrevoir ses cheveux clairs et sa longue tunique de laine jaune aux galons verts et rouges était complètement froissée et tâchée d’humeurs et de sang. Shoilleir, le corbeau à la robe de jais qui la suivait depuis la mort d’Ildegard, sa première maîtresse, semblait dormir aussi, perché sur le dossier de la chaise. Mais il gardait sa jeune protégée tournant brusquement sa tête vers le moindre bruit suspect sans un bruissement de plume. Noir et silencieux veilleur de l’ombre pour cette nuit et les suivantes.

Les Mestres avaient confié  à la Sorcière la tâche ingrate de s’occuper des mourrants. Ils ne voulait pas gâcher leur lait de pavot ou leur vinsonge pour des soldats qui allaient mourir quoi qu’on fasse, ils préféraient se concentrer sur ceux qu’ils pouvaient sauver et elle comprenait. Elle n’estimait pas son travail moins important pour autant, bien au contraire, alors elle soulageait les dernières souffrances de ses soldats du mieux qu’elle pouvait avec ses plantes et ses champignons. Beaucoup de champignons pour qu’ils partent rejoindre les Dieux sans souffrance et avec un sourire serein sur les lèvres. Que leur dernière vision soit son visage bienveillant penché sur eux et l’exquise sensation qu’ils glissaient paisiblement dans un doux sommeil. Eternel.

La jeune fille avait travaillé tout le jour et une bonne partie de la nuit pour préparer et administrer les bouillies et décoctions qui devaient les maintenir endormis et anesthésiés jusqu’à leur trépas. Chaque fois qu’elle entendait une respiration changer, un petit mouvement, ou un grognement, elle accourait. Parfois donnant à nouveau des champignons car il n’était pas temps, mais le plus souvent pour tenir la main du moribond dans ses derniers instant. Avec son doux sourire, elle lui murmurait qu’il n’était pas seul, qu’il pouvait partir sans peur dans le vent de l’hiver pour rejoindre les siens, qu’il retrouverait la paix et entouré d’amour. Puis elle prononçait les mots de la prière du nord dans l’ancienne langue :

__ Se, jag ser min far. Se, jag ser min mamma och mina systrar och mina bröder. Se, jag ser alla mina förfäder sitter och tittar pa mig. Och där är du. De kallar mig. Och be mig att sitta vid deras sida. I gudarnas palats. Var modiga människor lever för evigheten. (Voyez cela, je vois mon père. Voyez cela je vois ma mère, et mes sœurs et mes frères. Voyez cela, je vois tous mes ancêtres qui sont assis et me regardent. Et voilà. Voilà qu'ils m'appellent. Et me demandent de prendre place à leurs côtés. Dans le palais des Dieux. Là où les braves, vivent pour l'éternité.)

Si la mort tardait à venir, alors elle chantait, toujours en ancienne langue jusqu’à ce que la mort survienne, et jusque là elle tenait la main du mourant priant pour que son voyage soit paisible. Sensible, elle pleurait après chaque mort et elle avait les yeux rougis par ses larmes versées sur des cadavres nordiens, peydragoniens, conflanais. Elle nettoyait ensuite les corps avec soin et elle habillait les morts pour leur dernier voyage avant de croiser leurs bras sur leur poitrine, leur rendant leurs armes et posant deux feuilles des esprits sur leurs paupières. De peur que l’un d’eux meurt seul, elle n’avait pas osé aller se reposer. Elle s’était assise quelques instants, seulement quelques instants...

La brise faisait frissonner les feuilles des arbres donnant à leur langage si mystérieux une douce mélodie. Le vent était chaud et pourtant, le sol était recouvert de neige dont elle entendait le divin crissement sous ses pas. Une louve aux yeux jaunes lui faisait face, perchée sur une pierre, mais elle n’avait pas peur, car cette louve elle la connaissait, c’était Luna et elle lui sourit, car elle vit dans ses prunelles l’éclat amusé du regard d’Iseult la Matriarche du clan Harclay, morte durant l’attaque sanglante de son village natal. La Sorcière des Bois baissa la tête en signe de respect et vit soudain la meute qui s’approchait d’elle, menaçante.

__ Les loups ont pris goût à la chair humaine.
__ La vengeance a un goût de miel pour les hommes meurtris.
__ Que dois-je faire, Iseult ?
__ Continues à danser pour eux.
__ Les Dieux ?
__ Les hommes…
__ Je… je ne comprends pas.

Soudain, la nuit était tombée, et un grand feu brûlait au centre d’une clairière entourée de barals dont certains avaient des faces sculptés. Les loups lui tournaient autour et la matriarche avait disparu mais la lune, ronde, lui souriait. Elle se mit alors à danser autour du feu sans craindre les loups, et elle tournait si vite qu’elle ne distinguait plus ni le ciel ni la terre, seulement un tourbillon de feuilles pourpres et les pelages qui varient du noir au blanc en passant par tous les gris possibles. Seulement désormais, les loups ne tournaient plus autour d’elle avec leur air féroce, non, ils dansaient avec elle, et les branches des arbres dansaient elles aussi au rythme de la musique qui se jouait dans son esprit embrumé par le sommeil et ce rêve fiévreux qui la ramenait dans sa contrée natale avec toutes les choses qui avaient existé avant l’invasion sauvageonne, mais qui étaient, depuis parties en fumées. Les loups se transformèrent peu à peu en femmes vêtues de blanc. Alors qu’elle dansait toujours, elles l’observèrent en lui souriant, elle en connaissait beaucoup, mais pas toutes, pourtant leurs visages lui paraissaient familiers. Elle entendit à nouveau la voix d’Iseult...

__ Danses Ingheam, danses avec les loups. Chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Lun 15 Oct - 22:50



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble
La nuit avait été courte et elle ne l’avait pas été pour des raisons agréables ! Éreinté, il m’avait été impossible de m’endormir avant un bon bout de temps. Je m’étais alors contenter de fixer un point invisible dans la nuit noire puisque les étoiles étaient cachées par de lourds nuages.
Et comme à mon habitude, je me réveillais tôt ; avant même que les premières lueurs de l’aube ne pointent. C’était une habitude que je ne perdrais sûrement jamais. J’avais passé trop de temps sur les champs de bataille à ne dormir que quelques heures afin de pouvoir prendre les tours de garde. Je n’étais pas de ceux qui appréciaient de se prélasser dans leur couche… sauf si la compagnie était bonne, cela va de soi. Cette pensée me rappela mes retrouvailles avec Mathie mais je chassais rapidement ces souvenirs ! Ma relation avec elle était dangereuse et ne devait pas continuer. C’était d’autant plus le cas si je me décidais à faire venir Nelya… D’ailleurs je n’attendais que sa réponse pour lui en faire la proposition. Cependant, elle avait beau être mon épouse, je ne savais pas si elle allait accepter. Je soupirais… et cela me fit grimacer !
J’en venais à regretter les campements des champs de batailles où les questions que je me posais étaient beaucoup moins floues qu’elles ne l’étaient ici. D’ailleurs, il me tardait de retourner combattre nos ennemis et c’est d’ailleurs ce qui finit de chasser de mon esprit toutes ces interrogations sans réponse.  


Avec un but et une destination bien précise je me levais. Mon entraînement de la veille avait été plus violent que prévu ! Bien sûr je n’en avais rien laissé paraître… beaucoup trop fier des progrès qu’avaient réalisés de jeunes soldats dont l’un était en rémission d’une blessure assez sérieuse. La veille j’avais espérer que la douleur passerait mais ça n’avait pas été le cas et l’hématome qui marquait mon flanc n’était pas des plus beaux à voir. J’avais hésité à me rendre auprès des mestres mais j’y avais renoncé la seconde suivante. Ces gratte-manuscrits avaient le don de m’agacer et il était quasiment certain qu’ils m’auraient dit d’éviter les entraînements durant quelques jours ! La bonne blague… Cette pensée me fit sourire alors que je me balançais de l’eau froide, pour ne pas dire glacée, au visage afin de terminer de me réveiller.
Une fois vêtu et armé, je gagnais en toute discrétion l’endroit que j’avais repéré afin de m’échauffer en solitaire. Il était désert et c’était ce que j’avais espéré. Je ne tardais pas à commencé mon entraînement… Cela fut loin d’être glorieux et je poussais un grognement d’ours mal léché en comprenant qu’il me faudrait aller me faire soigner. Il ne manquait plus que ça ! Je n’avais plus qu’à me hâter pour tomber sur un soignant obéissant et non un mestre.


En revenant sur mes pas j’informais un des Nordiens de garde que l’entraînement du jour commencerait sans moi. Je lui confiais le rôle de veiller à ce que tout se passe bien en mon absence ! Tel un bon soldat il ne posa aucune question… pensant sûrement que j’avais à faire avec l’Empereur. Et puis comment aurait-il pu savoir où est-ce que je me rendais alors que rien dans ma démarche ne laissait présager que mon flanc gauche me faisait souffrir ? Il ne me fallut que très peu de temps pour arriver à l’infirmerie et j’évitais soigneusement un des mestres. Disons que je faisais cela pour qu’il s’occupe de ceux qui en avaient urgemment besoin. Très bon comédien je déambulais entre les blessés comme j’avais l’habitude de le faire, à l’exception faite que mes visites étaient plus tardives. Qu’importe !
L’air de rien je cherchais du regard quelqu’un qui pourrait atténuer la douleur. C’est à ce moment que j’entendis une sorte de murmure… la voix d’une femme ! Faisant un tour sur moi-même je repérais très vite une jeune femme en partie dissimulée et… endormie ! En grognant je me rapprochais et percevais un mouvement sur le dossier de la chaise. Un corbeau était là et me fixait. Je jetais un regard noir à l’animal et tapais du pied dans la chaise sans aucune délicatesse. La belle au bois dormant avait intérêt à émerger très vite.


- Vous comptez réveiller les morts avec vos ronflements peut-être ?!


Moi ? Un rustre sans cœur ? Sûrement ! D’autant plus que je ne savais rien de la jeune femme endormie. Peut-être avait-elle travaillé toute la nuit auprès des mourants car je n’étais pas dupe… cette partie de l’infirmerie était trop calme pour que ceux qui s’y trouvent aient une chance de survivre. Perdre des hommes ! Je détestais cela même si c’était une obligation.  


- Vous avez moins d’une minute pour être parfaitement réveillée. Après un si bon sommeil vous devriez être d’attaque pour m’aider, déclarais-je… et dans un coin discret de préférence.


Je n’avais pas envie que le mestre rapplique en voyant que je me faisais soigner par cette jeune femme… gamine ?


©️ Justayne.







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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 16 Oct - 14:07



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
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Soudain, alors qu'Ingheam balbutiait les paroles de la matriarche du clan Harclay dans son sommeil la terre trembla sous ses pieds. Un corbeau croassa. Les Sorcières s'évaporèrent. Les barals se liquefièrent. La lune disparut derrière de sombres nuages. Shoilleir ! Le corbeau venait d’avertir sa protégée tout en répondant au regard noir du Sire d’ tre-lès-Confins d'une manière fort peu courtoise. Il s’envola et aller se poser un peu plus loin avant de pousser un nouveau cri.

Prenant conscience d’un coup que la terre ne tremblait pas mais c’était sa chaise qui venait de bouger la Sorcière des bois sortit brusquement de son rêve. Son esprit était encore embrumé par le sommeil et son âme toute à la danse et à la musique du songe. Elle cligna des yeux et se souvint du message d'Iseult, elle se le répéta plusieurs fois pour se souvenir. Mais alors que ses yeux s'ouvraient pour se bon sur la réalité, elle n’eut aucun mal à reconnaître le très fameux Maréchal de l’Empire. Seulement, les prédicats honorifiques n’ayant jamais été son fort, à l’image de tout ce qui touchait aux convenances, elle s’embrouilla les pinceaux :

__ Sire, Messire, Général… Maréchal Omble.

Désordonnée, prise de panique, la blondinette tenta de se relever en hâte sans prendre la mesure de son enchevêtrement de laine et se prit les pieds dans la couverture. Ses bras prisonniers de l'étoffe, elle s’affala aux pieds de Conrad et se cogna un peu la tête par terre dans sa chute. Elle se débattit pour se dégager et se mettre sur ses pieds, sa panique ne faisant que s'accentuer à mesure que le ridicule de la situation de faisait plus criant.

Une fois debout, froissée et rigidifiée par la terreur qui se lisait sans peine dans son regard, Ingheam baissa la tête. Honteuse et craignant une punition à la mesure de sa bêtise elle redressa son turban qui menaçait de tomber lui aussi. Le réajustant sur ses cheveux, elle reprit d’une toute petite voix.

__ Je suis réveillée Maréchal, pardonnez moi.

La Sorcière du bois aux loups fut prise d’une furieuse envie de vérifier qu’aucun nouveau mort n’était à déplorer. Elle venait de se souvenir très précisément où elle était et la mission confiée par les Mestre ainsi que le moment où elle s'était assise. Elle arrêta de respirer et fixa l'Omble d'un regard incertain avant de se souvenir qu'ils étaient déjà tous passés de vie à trépas lors de cette harassante nuit. Heureusement parce que sans ça, elle n’aurait pas trop su quoi faire entre aider Conrad et mourir de honte pour ce terrible manquement à son devoir. Ni entre s'occuper du Maréchal de l'Empire et des mourants. Elle aurait paniqué encore plus aurait oublié de respirer et serait tombée dans les pommes.

Devenue rouge comme l'aube se levant sur un massacre, la jouvencelle prit soudain une grande inspiration. Arrivée au bout de son air, elle venait de se souvenir qu'il fallait respirer pour vivre, juste à temps ! Celle qui veille n'avait veillé sur rien ni personne et s'était assoupi à son poste. Elle s'en voulait terriblement, mais il n'était pas l'heure de se morfondre sur ses erreurs mais plutôt celle de ne pas en commettre une autre. Quoi que pour ça, c'était peut être déjà trop tard. Elle se retint de bâiller et de s'étirer pour dire, d'une voix mal assurée :

__ Bien sûr Maréchal, suivez moi.

La petite blonde se dirigea vers un endroit de l’infirmerie qui servait pour les opérations. La table était vacante, fort heureusement, mais recouverte de sang séché. Ça n'était pas une évidence, mais pourtant, elle avait été lavée, seulement certaines traces ne partaient plus. L’avantage de cet endroit, en dépit de confort très succinct qu'il offrait, c’était qu’il était entouré de tentures et qu’elle pourrait donc le soigner en toute tranquillité, même si un Mestre pouvait quand même venir voir ce qui se passait. En revanche, peu de chances à ce stade pour qu’un blessé doive-t-être amputé en urgence.

__ Cela vous convient-il ?

Gênée par l'état des lieux qui avaient vus dernièrement bien trop de membres coupés, elle se dirigea vers l’armoire. Elle prit un drap blanc sur l'étagère du bas alors que les autres étaient chargés de scies et autres instruments utilisés entre autre pour les amputations. Puis recouvrant la table, elle demanda :

__ Que puis-je faire pour vous ?

Dans un bruissement d'ailes, Shoilleir vint se poser sur une des traverses sur lesquelles étaient fixées les tentures et fixa Conrad.
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 16 Oct - 17:38



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble
Tout un tas de choses m’insupportaient et ça n’allait pas en s’arrangeant alors que je prenais de l’âge. Le manque de discipline, la déloyauté et le mensonge me donnait des envies de meurtres. L’incompétence n’était pas loin derrière. Et n’était-ce pas là de l’incompétence que je voyais ? Bien évidemment ! Dormir à son poste était, de mon point de vue inadmissible, et cela l’était que l’on soit garde, cuisinière ou infirmière. Je n’allais donc pas passer cette erreur ! Plus jeune j’avais été pris en faute pour le même sujet et sanctionné…
Bien évidemment je manquais encore plus de tact qu’à mon habitude à cause de la douleur lancinante sur mon flanc gauche et je n’allais pas chercher à savoir pourquoi la belle au bois dormant s’était endormie ici. La fatigue et le surplus de travail n’étant pas des excuses recevables. Et puis cela n’était-il pas agaçant de voir dormir quelqu’un si paisiblement lorsque l’on n’avait pas trouvé le sommeil ? Évidemment que si !
Mesurant ma force, je donnais donc un coup de pied dans la chaise qui soutenue la damoiselle qui paraissait bien jeune. Je ne voulais pas non plus la faire tomber au sol. Je notais seulement que la jeunesse laissait à désirer.
Le visage fermé, je croisais les bras sur ma poitrine en entendant la petite blonde balbutier. Par les Anciens Dieux, c’était ce genre de personne qui s’occupait des soins des blessés ? Les pauvres ! Ce fait était presque inquiétant selon moi. Enfin… elle y arrivait !


- Vous aggravez votre cas là, j’espère que…


En réalité je me fichais royalement de la façon dont on me nommait. J’y prêtais attention devant mes hommes et lorsque j’étais entouré mais pas plus que cela lorsque le nombre de personnes était aussi réduit qu’à l’instant. Bref, je ne finissais pas non plus ma phrase qui devait être une interrogation puisque la damoiselle tomba à mes pieds en s’emmêlant les pieds et les bras dans ses laines et couvertures. Soupirant sans retenue, je levais les yeux au ciel et ne tentait même pas d’aider la maladroite. J’hésitais entre partir car je n’étais plus certain d’avoir envie de vouloir me faire soigner et le désir de mettre un peu plus mal à l’aise la petite blonde.
Baissant mon regard vers elle, je déclarais sans honte.


- Les femmes tombent souvent à mes pieds mais je vous trouve un peu jeune et je n’ai pas la tête à ça !


Grossier ! Oui, c’était cela mais ce trait de caractère qui était le mien n’était un secret pour personne. Je hochais donc la tête en grognant lorsqu’elle déclara qu’elle était réveillée. Enfin, il était temps ! Nous avions déjà perdu de précieuses minutes. Et après l’on me demandait constamment pourquoi je rechignais à me faire soigner. Mais voyez donc le résultat lorsque je me décidais à prendre soin de moi ! Bref, j’attendais que la damoiselle nous trouve un coin tranquille tout en notant qu’elle était rouge comme une pivoine.
De nouveau je hochais la tête et je reprenais la parole d’un ton toujours aussi froid.


- Je vous suis… et pensez à respirer ! Je n’ai guère le temps et l’envie de chercher une autre personne pour me soigner.


Une fois arrivés à destination je me rendais compte que je connaissais parfaitement l’endroit. On y opérait les soldats blessés ! L’endroit était caché par des tentures et c’était tant mieux… Cela m’assurait plus de discrétion mais surtout le lieu faisait peur à voir. Une véritable boucherie ! Tout était propre mais le sang était difficile à effacer, d’autant plus après le nombre d’opérations et amputations qu’il y avait eu ici.


- Oui, ça fera l’affaire ! déclarais-je simplement alors qu’elle cachait la misère sous un drap blanc.


Puis mon regard se posa sur le corbeau qui faisait son retour. Je le fixais alors que sa propriétaire me demandait ce qu’elle pouvait faire pour moi. Je soupirais, las…


- Je ne sais pas… chantez-moi une chanson ou préparer moi un ragout de corbeau tiens, déclarais-je juste avant que l’animal ne croasse. Je fronçais les sourcils. On pourrait presque croire qu’il comprendre !  Puis je me débarrassais de ma cape ainsi que de mon haut sans la moindre gêne laissant apparaître de nombreuses cicatrices dont une plus profonde, plus récente… une qui avait failli me coûter la vie. Vous pouvez faire quelque chose pour ça ? terminais-je par demander à la petite blonde en la regardant et sans préciser que je parlais de mon flanc gauche.


L’hématome était assez grand pour qu’elle ne passe pas à côté… Du moins je l’espérais !


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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 16 Oct - 22:48



   

   
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Honteuse, Ingheam s'excusa, tant pour les erreurs de titres que pour sa courte sieste, parfaitement déplacée, elle en était consciente. Même si elle ne savait plus trop pourquoi il la disputait à l'heure de se casser la figure. Elle n'était pas spécialement maladroite, mais là, entre le sommeil, la précipitation, la peur et la culpabilité, c'était plus qu'elle ne pouvait gérer.

__ Pardon Maréchal, cela ne se reproduira plus.

Lorsque là blonde se retrouva sur ses pieds face au Maréchal de l'Empire, elle le regarda avec de grands yeux étonnés et pencha la tête sur le côté sans comprendre la plaisanterie grivoise qu'il venait de faire.

__ Ah bon ?

Demanda-t-elle naïvement. En revanche, Shoilleir avait parfaitement compris l'allusion et répondit par un croassement outré. Tandis que la blondinette et le guerrier se dirigeaient vers la salle dès amputation et que la Sorcière rendait l'endroit un peu moins morbide à l'aide d'un drap propre.

__ Bien sûr qu'il comprend, c'était le corbeau d'Ildegard, il est très intelligent.

La jouvencelle hésita à chanter, cette histoire de ragoût de corbeau la laissait perplexe. Aucun doute, l'animal n'appréciait guère Conrad, mais il n'aimait pas grand monde qui ose parler méchamment à sa protégée. L'inimitié semblait réciproque, cependant si elle pouvait faire beaucoup de choses pour le Roi du Nord et l'Empereur par loyauté, elle n'allait pas tuer l'oiseau pour laisser le guerrier le manger et encore moins préparer un ragoût avec. Elle en serait incapable. Quoi qu'il en soit, s'il voulait une chanson, vraiment, pourquoi surenchérir avec le ragoût. C'était étrange et la jeune fille se dit qu'il y avait anguille sous roche tout en cherchant quand même une jolie chanson à interpréter au cas où. Mais quand son visiteur enleva sa chemise, elle comprit qu'il venait pour des soins et non pour une chanson.

Fronçant les sourcils, la petite blonde observa ce torse qui ressemblait à un champ de bataille à lui tout seul. La grosse.cicatrice sur le pectoral droit attira son attention quelques instants. Elle était récente et la blessure dont elle était la conséquence devait être suffisamment profonde pour le tuer. Néanmoins, elle semblait saine et elle devait avoir été soignée avec grand soin, donc il n'y avait aucune raison qu'il vienne pour ça. Son regard dévia ensuite sur l'important hématome situé sur le flanc et elle s'en approcha sans hésitation. Non seulement sa couleur ne laissait aucun doute sur sa chronologie, mais son étendue et son emplacement étaient inquiétants. De plus, elle avait observé l'Omble pendant qu'il se déshabillait et, même s'il était dur à la douleur, certains de ses mouvements montraient qu'il souffrait beaucoup. Avec sérieux, la guérisseuse demanda :

__ Vous avez mal en permanence ou seulement quand vous bougez ?

Pendant ce temps, elle prit le bras droit de Conrad avec délicatesse, pour le replier sur sa poitrine et installer sa main sur son épaule gauche de manière à pouvoir l'ausculter.

__ Restez comme ça je vous prie.

Avec une grande douceur, elle posa sa paume sur la blessure et, sans appuyer, essayant de ne pas lui faire mal, elle explora l'hématome pour en déterminer la température et les contours exactes. Car après seulement un jour, il n'était pas rare que tout le sang ne soit pas encore visible. C'était chaud et effectivement, le coup avait dû être violent pour porter si profond malgré la musculature puissante du patient.

__ Vous plaisantiez pour la chanson, n'est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mer 17 Oct - 22:22



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble
Cela ne se reproduira plus ?! Mais que voilà une merveilleuse idée. Je levais les yeux au ciel, complètement agacé. En réalité cela n’aurait jamais du se produire ! Voilà ce que la petite blonde aurait dû me dire. J’aurais pu lui en faire la réflexion mais cela aurait engendré de nouvelles excuses qui auraient eues le dont de m’exaspérer encore un peu plus. Je me contentais donc de pousser un grognement quasi incompréhensible, chose dont je me fichais royalement et qui était courante chez moi. Pour le moment j’avais surtout besoin que la douleur diminue si je voulais pouvoir entraîner de la meilleure façon qui soit nos hommes.
Visiblement ce n’était pas pour tout de suite ! Voilà quelle fut ma pensée en voyant la damoiselle tomber au sol. Égal à moi-même je ne l’aidais pas à se relever et me montrais grossier… chose que la principale intéressée ne sembla pas comprendre ce qui ne semblait pas être le cas de l’animal qui était le sien. Sans le moindre coup d’œil pour le corbeau je fronçais les sourcils avant de laisser échapper un rire moqueur. Quelle naïveté !


- Laissez tomber !


Puis je la suivais dans un coin plus tranquille… enfin, l’endroit où nous nous trouvions quelques secondes l’était tout autant mais il n’était pas assez discret pour des soins incognito. Ici des tentures pouvaient être tirées et donc nous dissimuler aux yeux des mestres. Pour le moment un seul était présent mais c’était déjà trop à mon goût.
J’observais le corbeau en entendant les paroles de la petite. Intéressant ? Non, absolument pas ! Pour moi ce n’était qu’un simple corbeau et pas vraiment plus futé qu’un autre puisqu’il n’avait pas prévenu et réveillé sa propriétaire en me voyant arriver.


- Très intelligent ! répétais-je. Permettez-moi d’en douter puisqu’il n’a rien fait pour vous réveiller avant que je ne le fasse moi-même !


De mon point de vue il n’était donc qu’un simple volatile et rien de plus. Bien sûr ce n’était pas pour cela que je le dégusterais en ragoût comme je venais de le demander. Pour commencer il n’y aurait rien à manger et pour finir, ma réponse n’avait été faite que pour souligner la stupidité de la question. Franchement ? Que serais-je venu faire ici d’aussi bonne heure ? Voir les morts ? Non ! Je m’étais rendu dans l’infirmerie pour me faire soigner. Logique non ?!
Cela ne semblait pas vraiment l’être lorsque l’on regardait la damoiselle qui semblait soucieuse dans un premier temps puis pensive. Elle ne pensait tout de même pas que mes demandes étaient réelles ? Si ? Intrigué, je la regardais tout en me décidant à me déshabiller. Au moins elle comprendrait ce coup-ci. Sans aucune surprise le regard de la petite se posa sur l’énorme cicatrise que je portais sur le torse mais qui n’avait rien à voit avec ma venue. Et enfin son attention dévia sur l’hématome. Avec sérieux elle me posa une question pleine de bon sens. Cependant, même  sans avoir mal j’avais déjà mauvais caractère alors autant dire que c’était pire en cet instant surtout avec le manque de sommeil en prime.


- Et si je bouge en permanence que dois-je répondre ? répliquais-je agacé.


En même temps la question n’était pas si bête car il était rare que je reste tranquille très longtemps. Cela arrivait, le plus souvent, lorsque je discutais stratégie avec Torrhen autour de nourriture et d’alcool. Et encore, il m’arrivait de brasser pour expliquer mes idées…
Cela étant, râleur ou non, je laissais faire la jeune damoiselle. Je notais qu’elle était beaucoup plus douce que pouvait l’être certains mestres. Je hochais la tête lorsqu’elle me demanda de ne pas bouger. Seuls mes muscles se raidirent douloureusement lorsqu’elle posa sa main sur l’origine de la douleur… mais je ne bronchais pas ! J’avais connu bien pire.
Puis, étonné, je regardais la petite blonde. De quoi parlait-elle ? Puis je me souvenais de ce qui avait eu pour but d’être une moquerie.


- En réalité je me moquais de vous ! déclarais-je sans détour. Mais pourquoi cette question ? Vous aimez chanter ?


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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Jeu 18 Oct - 12:07



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   

Ingheam se demanda un instant si Shoilleir avait fait une erreur d’interprétation en ne la réveillant pas avant que le Maréchal ne le fasse. L’oiseau, qui venait de croasser en réponse à la remarque de Conrad sur son intelligence, ne connaissait pas très bien l’animal et ignorait s’il constituait vraiment une menace pour sa protégée, d’ailleurs la Sorcière partageait ce sentiment. En revanche, il se tenait à bonne distance depuis le regard noir que l’Omble lui avait lancé et cela, vu l’idée du ragoût ne faisait que prouver qu’il savait juger les gens. La blondinette haussa les épaules et répondit sans fioritures :

__ Il n’a peut-être pas jugé bon de me réveiller, mais il n’a pas fait l’erreur de vous attaquer quand vous l’avez fait, à mes yeux, c’est une preuve suffisante de son intelligence.

Shoilleir battit des ailes pour signifier qu’il avait une fois de plus tout compris. Mais au vu de ce que lui présentait à présent le Maréchal, Ingheam n’y prêta pas grande attention. Effectivement il devait avoir mal et ceci expliquait probablement son air grognon et son manque de tact. Mais elle ne lui en tenait pas rigueur, tant pour la douleur que pour la fatigue accumulée des derniers mois de guerre. Ni d’ailleurs en général. Elle avait entendu dire qu’il n’était pas l’homme le plus facile à vivre et le plus doux qui soit, elle s’en était douté en l'apercevant à plusieurs reprises depuis la Mort aux Loups, mais, si elle n’aurait jamais osé s’approcher de lui en dehors de ses attributions de soigneuse, il était venu la voir en tant que patient, et en tant que tel, son caractère lui importait peu, excepté pour mieux comprendre ses symptômes et adapter le traitement. Elle plongea donc son regard bleu-gris dans celui du guerrier avec un sourire bienveillant.

__ Hé bien que vous bougez tout le temps, cela m’éclaire tout autant.

Conrad venait de lui avouer qu’il se moquait d’elle en parlant de chanter, soit. Elle hocha la tête, commençant doucement à comprendre le personnage et par la même occasion à saisir l’étendue de sa moquerie depuis le début de leur entrevue, même si elle ne comprenait pas tout. Mais au fond, qu’est ce que cela pouvait bien faire, elle n’était qu’une jeune guérisseuse et ce qu’il pouvait bien dire, surtout ici, sans témoin, ne la touchait pas. De plus, il avait connu la gloire sur les champs de bataille et envoyait ses troupes à la mort, tandis elle, elle se contentait de rafistoler les hommes ou de les regarder mourir. Ils étaient si différents, mais complémentaires en un sens, comme les deux faces d’une même pièce. Cependant, elle pensait que sous ses moqueries et son air rustre, il y avait bel et bien un coeur, comme en chaque être vivant, il avait le droit, voir le devoir de le dissimuler, c’était certainement une question de survie vu son métier et son statut. C’est avec un doux sourire et de grands yeux joyeux qu’elle répondit, presque innocemment :

__ Oui, bien sûr ! Pas vous ?

Espérant que sa question ferait diversion, elle appuya fortement à un endroit stratégique de l’hématome, là où elle avait senti la plus importante chaleur. Elle voulait vérifier si les côtes étaient cassées et il n’y avait hélas qu’un moyen d’y parvenir, un moyen douloureux, très douloureux. Elle le savait, mais si elle l’avait prévenu, il se serait raidi et ses muscles auraient pu fausser le diagnostic voir carrément l’empêcher, pire, il aurait eut encore plus mal.

__ Désolée…

Fit-elle en relâchant la pression l’instant d’après avoir senti sous ses doigts ce qu’elle avait besoin de sentir pour s’excuser tant de la douleur que de cette façon de faire qu’elle exécrait à utiliser mais qui, avec certaine personne, était nécessaire. Normalement elle prévenait et attendait que la personne se détendre à nouveau pour intervenir, lui demandant toujours si elle était prête, sauf bien sur en cas de problème vital ou d’inconscience avérée. Sauf que le Maréchal semblait pressé, peu patient, c’est le moins qu’on pouvait dire, et peu enclin à se détendre de lui même. Cela aurait été une perte de temps et d’énergie pour lui comme pour elle et pire, il aurait peut-être préféré partir sans se faire soigner. Un échec cuisant donc. Elle espérait juste qu’il ne se vengerait pas trop violemment. Il fallait qu'elle soit en vie et consciente pour préparer les remèdes.
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Jeu 18 Oct - 14:23



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble
La réponse était parfaite même si je n’avais pas envie de le reconnaître. Si le piaf avait osé m’attaquer un peu plus tôt il ne serait sûrement plus de ce monde et la petite blonde serait sûrement en train de tenter de creuser un trou dans la terre gelée pour l’y enterrer. Donc, effectivement, l’animal n’était pas si bête que ça ! Sa non-attaque me permettait d’avoir des soins prodigués par une personne ayant les capacités de le faire mais ne se comportant pas comme un être supérieur. Ça c’était typique aux mestres de se balader avec cet air qui voulait dire ‘moi j’en sais plus que vous !’. Tssss… C’était vrai mais seulement dans le domaine de la médecine. Est-ce que je promenais avec des airs supérieurs uniquement parce que j’étais un expert en stratégie militaire ? Non… J’avais autre chose à foutre que de me pavaner.
Cela me rappelait d’ailleurs que j’avais un entraînement d’ici peu de temps. Du moins j’espérais pouvoir le diriger mais ce n’était pas une certitude. Je m’en rendais compte en haussant les épaules suite aux paroles de la damoiselle. Cela me fit grimacer légèrement mais ne m’empêcha pas de parler pour autant.


- Effectivement, il ne m’a pas attaqué, déclarais-je. Sa simple présence parmi nous le prouve.  Je regardais le corbeau. Brave bête ! C’est que tu tiens à ta petite vie, ajoutais-je en le voyant battre des ailes.


Mais c’est qu’il comprenait vraiment le piaf. Il commençait même à m’intéresser ! Bien sûr cela ne se verrait sans doute pas dans mon comportement et Ingheam ne le remarquerait pas puisqu’elle ne me connaissait pas en dehors des ‘on-dit’ qui circulaient à mon sujet. Rien de bien glorieux sur le plan personnel ! Mais le corbeau dont j’avais oublié le nom s’en rendrait peut-être compte. Ne disait-on pas que les animaux ressentaient les sentiments humains ? Si. Certaines bêtes étaient d’ailleurs, selon moi, plus fiables que des humains.
Mais trêve de rêverie. Le moment que je détestais tant était arrivé ! J’espérais que la petite blonde ne serait pas porteuse de mauvaise nouvelle. Cela étant, j’arrivais à marcher, à bouger et à râler. C’était donc le signe que je n’étais pas en train de mourir.
Et en parlant de grogner je continuais en donnant une réponse floue à la soignante. Du moins c’était ce que je pensais faire mais mes propos semblèrent lui aller. Tant mieux !


- Ravi de vous aider à me soigner, marmonnais-je dans ma barbe.


Puis je ne lui cachais pas que je m’étais moqué d’elle un peu plus tôt. Visiblement elle ne l’avait pas compris et cela me rappela à quel point la naïveté combinée à la gentillesse pouvait être ennuyeuse. Je retenais d’ailleurs un bâillement ! La douleur était toujours présente mais comparé à d’autres que j’avais pu ressentir elle était supportable.
Je poussais un léger soupir en entendant la réponse sans surprise de la petite blonde. Forcément qu’elle aimait chanter… quelle question aussi ! Mais mon regard se fit plus étonné en entendant son interrogation. Moi ? Est-ce que j’aimais chanter ? M’avait-elle bien regardé et se souvenait-elle de qui elle soignait ? J’avais un doute. Ou alors elle n’était pas si réveillée que ça.


- Lorsque je chante c’est que la victoire a été grande et que l’alcool a coulé à flot, répondis-je en disant parfaitement la vérité. Mais je doute que les paroles puissent être à vôtre goût…


Puis je ne terminais pas ma phrase, la respiration presque coupée et poussais un grognement de douleur sonore. Ma mâchoire, tout comme mon poing, se contractèrent mais je ne bougeais pas et surtout je ne collais pas mon poing dans le visage angélique de la damoiselle. Je me contentais de lui jeter un regard noir ! Qui avait dit qu’elle travaillait avec douceur ? Moi ? Et bien je retirais cela. Je ne savais pas si cela était nécessaire ou si elle avait intentionnellement voulu me faire mal mais je ne lui posais pas la question. Je faisais en sorte de ne pas prendre une grande inspiration car cela serait sûrement pire.


- Et après c’est moi que l’on traître de brute ! déclarais-je en observant la damoiselle. Je plaisantais lorsque j’ai parlé de ragoût de corbeau… pas la peine d’essayer de me tuer Lady… … d’ailleurs ! Comment vous vous appelez ?


Une diversion ? Peut-être ! Car si elle recommençait ce qu’elle venait de faire elle risquait de s’en prendre une. Cela serait une très mauvaise idée puisque je ne savais pas encore le degré de la blessure et ce qu’il fallait pour calmer la douleur à présent bien présente.


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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Jeu 18 Oct - 22:30



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   
Etait-ce le réveille en fanfare, les mauvaises nuits, le fait de ne parler presque qu’avec des morts depuis plusieurs jours ou simplement l’angoisse qui lui donnait un besoin urgent de combler le silence ? Quelle qu’en fût la raison, la Sorcière des Bois parlait beaucoup, plus qu’à son habitude. Normalement elle aimait bien le silence, mais là, non. Conrad l’impressionnait beaucoup trop pour qu’elle supporte d’entendre tous ses soupires.

__ Je tiens aussi beaucoup à Shoilleir, je serais très triste s’il mourrait. C’était le corbeau de ma cousine, elle est morte dans l’attaque Iksahkka comme tant d’autres, c’est un peu tout ce qu’il me reste des Sorcières des Bois depuis que le village a été pillé par les sauvageons. En plus il m’aide pour certains remèdes, c’est fou à dire, mais il a dû apprendre à force d'observer Ildegard.

Le corbeau croassa une fois de plus d’un air triste se rappelant sans peine l’attaque du village niché dans les collines au nord du Bois aux Loups ou presque tout le clans Harclay avait été massacré et pire. Le corbeau s’était battu avec ses congénères contre la horde de sauvageons et avec lui des loups dont Luna, la louve d’Iseult, toutes deux mortes au combat pendant que Stewyn, Sam Ingheam, Brandon et Isadora fuyaient à travers les bois dense. Il se souvenait et Ildegard aussi se souvenait. Elle avait fait le choix de projeter son esprit dans le corbeau, sur le coup, ça avait été un réflexe, puis elle s’était longuement demandé ce qu’elle pourrait bien faire sous cette forme. Protéger Ingheam et lui enseigner encore certaines choses qui avaient manqué à sa trop courte formation lui semblait être une bonne idée. Cependant, elle ne pouvait pas protéger la blondinette contre tous les dangers, elle le savait et il valait mieux rester en vie et faire de son mieux que mourir en essayant de crever les yeux de Lord Conrad Omble ce qui n’apporterait rien de bon ni à Shoilleir ni à Ingheam, ni au Nord.

__ Ingheam... du clan Harclay.

La petite blonde sourit, Âtre les Confins était plutôt de l’autre côté, mais la demeure de la Maison Omble occupait une place très septentrionale aussi.

__ Je suis vraiment désolée Maréchal, il fallait que je vérifie l’état de vos côtes. La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a rien de cassé, mais vue la douleur, peut-être une fêlure. Cependant, c’est beaucoup moins grave et moins dangereux. Je vais vous donner un onguent à appliquer matin et soir, pour résorber l’œdème et calmer l’inflammation et la douleur. Je vais aussi vous donner une boisson, pour calmer la douleur durant la journée et la nuit si cela vous empêche de dormir. Vous m’avez dit être toujours en mouvement, cela vous permettra de le rester et de pouvoir continuer vos activités presque normalement. MAIS, vous devez tout de même laisser à votre corps le temps de se réparer, inutile de faire les gros yeux, c’est une réalité. Bien sûr vous pouvez faire le choix de ne rien écouter, vous finirez par ne plus avoir mal, mais cela prendra plus de temps et donc vous serez simplement moins efficace pendant plus longtemps que si vous suivez mes conseils. Ainsi, pas d’efforts importants et surtout pas de nouveaux coups, de bonnes nuits de sommeil. La douleur est un indicateur que vous tirez trop sur la corde, prenez la en compte, même si vous la soulagez rapidement. Par contre, il va me falloir du temps pour préparer l’onguent. J’ai un peu de Biegolma en attendant, je vais le chercher.

La jouvencelle se dirigea vers la tenture et en sortit discrètement sa tête pour vérifier qu’il n’y avait personne aux alentours avant de se glisser dehors. Elle alla chercher une outre à demi remplie de la fameuse boisson dont elle avait parlé qui était un mélange de plante médicinale mélangées à de l’hydromel. C’était plutôt bon et cela soulageait efficacement les douleurs de manière assez rapide. En revanche, il ne fallait pas en boire trop, ni trop souvent, non seulement l’alcool pouvait monter à la tête en cas d’abus, mais les plantes n’étaient pas sans effet sur le cerveau. Elle revint dans la salle des opérations et tendit l’outre à Conrad mais la lui retira aussitôt avant qu’il ne s’enfile tout d’un coup.

__ Voici qui devrait faire l’affaire jusqu’à ce soir. Buvez une gorgée et une seule quand vous avez une vive douleur. N’en abusez pas, sinon, non seulement vous ne serez plus du tout actif comme vous aimez l’être, mais vos hommes devrons probablement vous assommer pour vous conduire à vos appartements et je crains fort que vous n’en blessiez quelques uns avant qu’ils n’arrivent à vous maîtriser. Il va me falloir quelques heures pour préparer l’onguent et refaire du Biegolma. Vous préférez revenir chercher les remèdes ici ou que je vous les porte… ou bon vous semble ?

Les mourants étaient morts, tous. La sorcière avait tant chanté la prière du Nord durant cette nuit et les précédente qu’elle l’entendait encore dans sa tête. Elle avait encore un corps à nettoyer et habiller, mais elle ferait cela pendant que les plantes macéraient, de toute façon il fallait attendre, donc elle n’aurait rien d’autre à faire à part tourner en rond au milieu des cadavres. En pensant à la prière et aux nombreuses chansons qu’elle avait chanté aux soldats pour qu’ils partent dans la paix et l’amour, elle se souvint de ce que le maréchal avait dit sur la façon dont il aimait chanter et ses chansons favorites.

__ Vous savez, de toute façon, je ne comprends jamais rien aux paroles des chansons des hommes, mais mon père, mon grand père et mon grand oncle adoraient chanter avec les autres guerriers du clan. Nous nous réunissions tous à la grande table avec le feu et le banquet, de la bière et de l‘hydromel et nous chantions toute la nuit. C’était…

Soudain la voix de la jouvencelle s’éteignit dans sa gorge nouée et une larme coula le long de sa joue. C’était des souvenirs heureux mais qui lui rappelaient amèrement ce qu’elle avait perdu et qu’elle ne retrouverait probablement plus jamais, même si sa mère parvenait à reconstruire le village. Les membres de son clan, sa famille et ses amis, ses soirées si chaleureuse malgré le froid du dehors. Jamais elle ne pourrait retrouver cela, il n’y avait plus personne dans le Bois aux Loups et quand bien même, pourraient ils encore chanter comme ils le faisaient alors, rire, plaisanter, danser ?
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Sam 20 Oct - 1:02



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble
Les corbeaux et les pies s’entendaient-ils ? Ma question vous parait étrange. Elle ne l’était cependant pas quand on observait le contexte. Si les mestres pouvaient être aussi silencieux que la mort pendant les auscultations ou les soins, le petite blonde était, quant à elle, bavarde comme une pie. Il y avait longtemps que je n’avais pas croisé quelqu’un qui jacassait autant pour ne rien dire. Pouvais-je aller voir ailleurs ? Oui, un mestre !
Alors je faisais avec la petite pie. Je l’écoutais plus que je ne parlais ! De toute façon ce n’était pas mon truc les bavardages et ce depuis toujours. J’aurais presque pu m’endormir en l’entendant parler de la tristesse qu’elle ressentirait si son corbeau mourait et bla bla bla mais une information capta toute mon attention. Les Sorcières des Bois avait-elle dit ? Oui, j’avais parfaitement entendu. Ces femmes ne me plaisaient pas ! Ne me demandez pas pourquoi… Je n’en savais rien. Ou alors cela venait du fait qu’elles étaient capables de choses étranges.


- Le corbeau d’une sorcière, dis-je pensif. Cela explique sûrement sa différence et ce que vous appelez son intelligence.


Les sorcières ne m’inspiraient aucune confiance et je commençais à me dire que venir ici n’avait pas été l’idée la plus brillante qui soit. Cela étant, je n’allais pas fuir une gamine accompagnée d’un corbeau assez intelligent pour ne pas m’attaquer mais trop con pour la réveiller. Je me demandais ensuite si les mestres l’avaient acceptée comme soignante à cause de ce qu’elle était ou parce qu’elle était réellement talentueuse dans les soins. Après tout ces femmes savaient vous embrouiller l’esprit !
Mais j’oubliais très vite cette pensée lorsqu’elle se présenta. Pas lorsqu’elle prononça son prénom mais au moment où elle cita le nom de sa famille. Harclay ! Ce nom ne m’était pas inconnu et il fit remonter des très anciens souvenirs. Ceux de batailles qui nous avaient énormément coûté et dont l’une d’elle avait sérieusement mis la vie de Torrhen en jeu. Il était encore Roi à l’époque et cela me semblait remonter à une éternité. L’une des batailles qui me revenait à l’esprit était la première de la campagne du Royaume du Nord contre les sauvageons. L'armée du Roi du Nord avait été rassemblée à Winterfell. Des hommes affluaient de tout le pays et depuis plusieurs semaines, s'équipaient, s'entraînaient et se regroupaient pour marcher ensuite sur l'ennemi. Mais très vite je secouais la tête pour chasser ses pensées et les fantômes qui les accompagnaient. Notre objectif avait peut-être été atteint mais la bataille avait été perdue.


- Vous êtes une des survivantes du Bois-aux-Loups, déclarais-je en la fixant.


Cette fois-ci mon ton n’avait pas été froid et rude… il s’était contenté d’être neutre alors que je réalisais que cette petite était un fantôme du passé. Elle l’était d’autant plus que son nom ne m’était absolument pas inconnu.
Mais très vite ces souvenirs du passé échappèrent à mon esprit tandis que la damoiselle me donna envie de la tuer. Bien sûr je ne faisais rien et me contentais de grogner, puis de râler à cause de la douleur. On aurait presque pu croire qu’elle l’avait fait exprès mais visiblement ce n’était pas le cas, enfin, selon elle !
Mon regard noir se dissipa quelque peu lorsqu’elle m’expliqua son action et m’apporta la bonne nouvelle que je n’avais rien de cassé et que ce qu’elle allait me donner calmerait parfaitement la douleur. Parfait ! L’entraînement serait donc maintenu… mais avant que je ne puisse pousser un soupir de soulagement elle me mit en garde et m’expliqua ce que je ne devais pas faire. Je détestais les ‘mais’ et j’allais lui jeter un regard noir qu’elle anticipa parfaitement. Je levais donc les yeux au ciel en marmonnant dans ma barbe… Cela ne m’empêcha pas de l’écouter. Ne pas bouger, ne pas recevoir de nouveaux coups, avoir de bonnes nuits de sommeil ! Mais oui bien sûr… on pouvait toujours y croire. Rien que le fait de dormir paisiblement m’était impossible. Mais je ne disais rien à ce sujet puisque la petite blonde s’éclipsa.


- Manquait plus que ça ! grognais-je alors qu’elle revenait déjà en me tendant une outre. J’allais la saisir lorsqu’elle m’en empêcha. Vous jouez à tester mes réflexes ou vous êtes juste agaçante de nature ?


La deuxième solution me semblait la plus plausible et je la regardais alors qu’elle m’expliquait, en gros, que je ne devais pas abuser de cette boisson. A croire que je vivais dans l’excès ! Et attention… que personne ne fasse de commentaire ! Je haussais ensuite les épaules en entendant sa question et répondais avec une logique quelque peu agressive.


- Étant donné que je suis Maréchal et non pas devin, je ne saurais pas précisément à quel moment tout cela sera prêt. J’ai plusieurs missives importantes à rédiger après l’entraînement que je vais devoir me contenter de superviser. Vous me les porterez donc dans mes quartiers.


Est-ce que j’allais réellement ne faire que superviser ? Oui… ou tout du moins j’allais essayer de le faire. Mais il était très courant que je prenne de bonnes décisions, concernant ma santé, et que je ne les tienne absolument pas. Je verrais bien le moment venu.
En attendant, la jeune femme se faisait à nouveau nostalgique. Je la fixais sans pour autant lui en tenir rigueur. Ma compassion était certes limitée mais je savais ce que cela faisait de se souvenir de nos fantômes. Ces souvenirs étaient d’autant plus douloureux lorsqu’ils avaient été des moments de joie, de félicité…


- C’était des moments de partage et de bonheur qu’il faut précieusement gardé en mémoire, déclarais-je pour terminer la phrase d’Ingheam. Puis j’en revenais à ses premières paroles. Si vous ne comprenez rien aux paroles des chansons des hommes… que chantez-vous ? demandais-je en observant la survivante du Bois-aux-Loups. Qui sait ? Je connais peut-être !


Je pensais avoir ma petite idée mais je n’avais que très rarement eu l’occasion d’entendre ces chants. A voir si je faisais fausse route ou pas.

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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Dim 21 Oct - 0:16



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   
Ingheam ne nota pas l’aversion de Conrad pour les Sorcières des Bois, pourtant sa grande-tante l’avait mise en garde à l’égard de la plupart des gens normaux, seigneurs du Nord ou gens du peuple, sauf les Glover, trop habitués à leur présence et conscients du fait qu’elles étaient utiles et plus proches de certaines réalités nordiennes que les Mestres avec leur science du sud. Mais alors que Conrad lui demandait si elle était une des survivantes du Bois aux Loups, elle leva les yeux sur lui et se contenta d’un sourire fugace en guise de réponse. Elle ne se voyait pas comme une survivante, elle avait fui, pour survivre, certes et elle était bel et bien en vie, mais elle ne s’était pas battue. Ceux qui s’étaient battus étaient morts, même certains de ceux qui avaient fuis étaient morts d’ailleurs. En premier lieu, son petite frère et sa petite soeur qu’elle n’avait pas pu sauver de la horde des sauvageons qui s’abattait sur Village au Bois. Cette terrifiante vague submergeant les deux enfants dans le sang et les cris lui revint en mémoire, ensuite, elle ne se souvenait plus que du ciel bleu et de Shoilleir qui volait au dessus d’elle. Puis la lance, puis le cavalier qui lui avait sauvé la vie, sa robe déchirée.

La jouvencelle se mit à trembler sous la violence du souvenir qui l'assaillait. Elle essaya de le chasser de son esprit tout en serrant son poing pour cacher ses doigts frémissants. Il y avait une éternité qu'elle n'y avait plus repensé, trop absorbée par son travail pour laisser les fantômes la hanter. Elle n'y songeait plus depuis qu'elle avait quitté Iksahkka pour la seconde fois, le village désert et comme mort qui n'avait plus rien à voir avec la demeure joyeuse et chaleureuse de son enfance. Chaque guerre était une épreuve qu'elle vivait de loin ne pouvant constater les dégâts qu’au retour de la petite troupe du clan. Celle là, elle l'avait vue en face et tant d'autres batailles que le cauchemar du Bois aux Loups avait été remplacé par un tas d'autres mauvais rêves. Ainsi avait elle occulté le traumatisme. Et ainsi lui revenait-il en plein coeur.

Avant ça, il y avait eut l’attaque d’Iksahkka où les hommes du clan Harclay avaient vaillamment défendu le fief pour laisser le temps à la famille de Rick de s’enfuire avec l’aide des sorcières des Bois dont Iseult et sa meute de loups et Ildegard avec une nuée de corbeaux. En les voyant faire face à une armée qu’ils n’avaient aucune chance d’arrêter, la jeune fille avait compris qu’elle ne les reverrait pas. Elle avait lancé son poney au grand trot à travers les bois en pleurant toutes les larmes de son corps. Elle se sentait tellement perdue sans sa grande-tante pour lui enseigner toutes les choses qu’elle devait encore apprendre. Elle avait encore tant de runes à tatouer sur sa peau glabre, tant de potions à connaître, tant de rites à explorer. Elle avait soigné le Roi du Nord, désormais Empereur avec l’un d’eux, mais si cela avait fonctionné, c’était un petite miracle en soi, Iulia l’aurait tellement mieux exécuté, la danse des esprits, le chant de la vie et de la mort.

Survivre. La blondinette se demandait souvent pourquoi elle, pourquoi elle avait survécu et pas les autres. Seulement Stewyn, Sam et elle, pourquoi aucune autre Sorcière des Bois plus expérimenté qu’elle. Pourquoi pas Iseult et son savoir infini, pourquoi pas Imogen, l’héritière de la lignée matriarcale des Sorcières du clan Harclay. Qui avait choisi ? Rick avait dit aux femmes de partir, mais presque toutes étaient restées avec leurs arcs et leurs frondes, elles avaient contribué à la maigre résistance qui avait permis à Ingheam et des proches de partir. Était-ce Iseult qui, en rassemblant les sorcières contre les sauvageons, l'avait choisie comme dernière héritière ? Étaient-ce les Dieux qui, après le massacre de Village au Bois qui avait vu les dernières femmes de la lignée matrilinéaire s'éteindre, lui avaient permis de survivre à ça ? Était-ce le sergent d'arme qui s'était sacrifié pour qu'elle puisse fuir une nouvelle fois sans demander son reste. Fuir, elle ne savait faire que ça…

Je ne suis pas courageuse, je ne sais pas me battre, mais je peux faire quelque chose. Quelle que soit la raison de ma survie, maintenant, grâce au message d'Iseult, je sais que ma fuite n'a pas été vaine, que j'ai une mission.

Comme la Harclay avait fini les soins désormais et qu’elle devait aller chercher le Biegolma, elle en profita pour s'éclipser et prendre quelques minutes pour se calmer. Mais ça n’était pas chose aisée et elle ne l’était pas complètement quand elle revint, bien qu’elle ait alors retrouvé toute sa concentration. Cependant elle ne pouvait faire attendre son patient trop longtemps, il ne semblait pas du genre patient et de toute façon, une vie entière ne suffirait pas à se remettre de ce qu’elle avait vécu. C’était là, comme une lame froide au creux de son sein, toujours prête à la tuer à nouveau. Mais, mettant toute sa concentration au service de la maîtrise de son chagrin et de cette peur insidieuse qui s'immisçait en elle dès qu’elle repensait à tout ça, elle ne releva pas la plaisanterie du Maréchal, que de toute manière, elle n’aurait pas comprise, une fois de plus. Elle se contenta de faire un signe de tête pour signifier qu’elle avait bien compris l’ordre de lui apporter les remèdes dans ses quartiers. Elle n’avait aucune idée de l’endroit où ils se trouvaient, certainement dans le fortin occupé par l’Empereur, l’Impératrice et leurs plus proches officiers, elle trouverait bien.

En revanche, la petite blonde fut surprise mais fort agréablement qu’il lui demande ce qu’elle chantait. En avait-il vraiment quelque chose à faire ou était-ce encore un moyen de se moquer. Peut-être bien, qu’importe, elle s’en fichait bien du moment qu’elle pouvait chanter.

__ Je ne comprends pas pourquoi cela les fait tant rire, mais je comprends les mots, parfois je les chante, parce que j’aime les mélodies.

Souriante, elle reprit.

__ Mais une que j’aime beaucoup et que vous connaissez certainement en langue commune. Je la connais mieux en ancienne langue.

Ingheam commença donc cette chanson qui parlait de la mort et des guerriers, on la chantait souvent après une victoire ou une défaite, pour honorer les morts tombés au combat ou les vivants qui trinquaient en leur mémoire. Elle l’avait souvent entendue chez elle, à Iksahkka, en ancienne langue et ensuite, sur les chemins empruntés par l’armée du Nord jusqu’au Conflans. Cette chanson n’vait rien de drôle contrairement aux chansons paillardes et grivoises des hommes qu’elle ne comprenait pas. Elle l’avait entendue des centaine de fois et si, quand elle était petite elle n’en saisissait pas le sens, mais déjà ce chant lui donnait des frissons, elle en entendait dans les voix, toute la douleur dissimulée et toute l’émotion. Désormais, elle savait et elle la chantait avec les fantômes du clan Harclay dans la voix et dans le cœur. La chanson racontait cette histoire :
“Qui me chantera
Dans l’étreinte du sommeil mortel
Quand je marcherai sur le Sentier de la Mort
Et que les pistes que je trace seront froides, si froides
J'ai cherché les chansons
J'ai envoyées des chansons
Quand le puits le plus profond
M'a donné les gouttes d’affliction
Que les pères de la mort parient
Je sais tout
Depuis que j’ai fermé les yeux,
Au début de la fin du jour
Le corbeau sait si je tombe
Quand tu es près de la porte de la mort
Et que tu dois te libérer
Je te suivrai à travers le pont
Retentissant avec ma chanson
Tu seras libre des liens qui te lient!
Vous êtes libre des liens qui vous lient!”
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 23 Oct - 0:55



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble

Les sorcières n’étaient pas les femmes que je préférais ; loin de là ! Je les trouvais dangereuses car je ne savais pas ce dont elles étaient réellement capables. Teora, elle, chantait leurs louanges constamment et n’hésitait pas à avoir recours à leurs dons plutôt qu’à ceux des mestres. Cette pensée assombrit mon visage tandis que j’observais la gamine qui semblait perdue dans ses pensées. Elle n’avait pas répondu à mes paroles mais l’expression qui s’était affiché sur son visage me prouvait que j’avais raison. Elle était bel et bien une survivante du Bois-aux-Loups. Combien en avait-il eu ? Combien de sorcières avaient survécues à ce massacre, aux précédents et à ceux qui avaient suivis ? Je l’ignorais. Cependant je n’ignorais pas que leur nombre s’était grandement amenuisé ! A quoi leur servaient leurs dons si cela ne les empêchait pas de se faire massacrer ?
Je m’étais souvent moqué de ma femme en disant de se méfier de ces folles des forêts… Avais-je eu tort ? C’était maintenant que je me posais la question ! Pour la première fois depuis la mort de ma femme je me demandais si je n’aurais du la laisser suivre son instinct. Elle était persuadée qu’une sorcière aurait pu veiller à ce que sa grossesse se passe bien ce qui m’avait fait rire… mais en y repensant, une des ces femmes aurait-elle été capable d’empêcher le drame qui s’était produit ? Je secouais la tête pour chasser toutes ces pensées. Il ne s’agissait que de questions sans réponse ! Le genre d’interrogation capable de vous rendre fou. Et fou je l’étais sûrement déjà bien assez.  


Puis je me souvenais les combats et je trouvais une réponse. Les sorcières, du moins un bon nombre d’entre elles, auraient pu survivre. Cependant elles avaient voulu se montrer courageuses ! A quoi bon ? Les femmes ne sont pas faites pour se battre ! Elles auraient du fuir le plus vite et le plus loin possible au lieu de tenter de résister. Elles avaient voulu protéger leur village mais en faisant ça c’est leur propre peuple qu’elles avaient réduit à néant. Beaucoup de personnes n’aimaient pas ce qu’elles représentaient mais ils détestaient encore plus ces chiens de sauvageons. Les sorcières auraient pu trouver refuge à Winterfell et tout recommencer mais non, elles s’étaient sacrifiées. J’allais poser la question à la petite blonde mais elle filait chercher je ne savais plus trop quoi. Alors je soupirais en constatant que je n’oubliais rien ! M’être rappeler de ces batailles me donnait l’impression d’entendre à nouveaux le bruit des lames qui s’entrechoquaient, les hurlements des personnes blessées. Je revoyais le visage des hommes qui se battaient à mes côtés et qui étaient tombés… ils ne s’effaçaient jamais et me hantaient souvent. Je ne me souvenais pas de tous les noms mais les visages, eux, restaient gravés dans ma mémoire.
Je serais incapables de dire combien de temps la soignante était partie mais j’émergeais de mes pensées, l’air maussade, bougon, lorsqu’elle réapparut. Elle était la représentante parfaite de ce que je détestais… L’échec ! J’aimais atteindre les objectifs que nous nous fixions lorsque nous nous lancions dans une bataille. Cela avait été le cas au Bois-aux-Loups, mais à quel prix ?


Toutes ces pensées n’avaient rien de bon, tous comme les souvenirs que j’avais prononcé à voix haute. La petite blonde tentait de le cacher mais je n’étais pas dupe ! Les souvenirs que mes mots lui avaient fait revenir à l’esprit la faisaient souffrir. Quoi de plus normal me direz vous ? J’étais un connard fini mais pas au point de torturer mentalement une survivante. Alors je tentais une diversion qui sembla fonctionner. La musique ! Ce n’était pas mon truc. Du moins cela ne l’était plus depuis que Teora était morte. Elle passait son temps à chanter et à l’époque j’aimais cela même si je ne comprenais pas certaines des paroles qu’elle prononçait. Il s’agissait de chanson qu’elle avait appris enfant… Bref, ne retournons pas dans le passé !
Je hochais la tête aux paroles d’Ingheam signe que je l’écoutais. D’ailleurs mon visage était moins fermé que quelques minutes auparavant.


- C’est souvent pour cela que les femmes les chantent aussi… parce qu’elles en aiment la mélodie plus que les paroles ! Pour les hommes c’est l’inverse, déclarais-je simplement.


Je fixais ensuite la petite blonde et hochais la tête. Elle avait sûrement raison ! Je ne connaissais que très peu de chansons chantées dans les langues anciennes et ces dernières je ne les avais pas entendues depuis que j’avais perdu celle qui avait été la première à partager ma vie. Dès qu’Ingheam commença à chanter je reconnus immédiatement sa voix, celle-là même qui m’avait tant troublé à Vivesaigues, ainsi que la chanson. Il fut une époque où je préférais l’entendre dans cette langue ancienne. Je fronçais les sourcils alors que cet air me replongeait dans un passé enfoui… et douloureux. Je n’en laissais cependant rien paraître et n’interrompais pas la petite blonde.
Je murmurais même les dernières paroles de cette chanson dans cette langue qui m’était inconnue. J’étais incapable de la comprendre mais je savais ce qu’elle racontait car elle était à présent chanter dans la langue qui était la mienne. Lorsque la soignante se tut, je la dévisageais durant quelques longues secondes.


- Je connais aussi parfaitement cette version de la chanson, déclarais-je pensif. Vous chantiez à Vivesaigues pour les mourants ? ajoutais-je en étant presque certain de cela. Mes souvenirs sont confus car j’ai bien failli y resté, continuais-je en indiquant ma cicatrice. Mais certaines nuits j’entendais chanter dans une langue ancienne. Je pensais que la mort venait me chercher…


J’esquissais un sourire ! Je pensais cela car j’avais l’impression, dans ce demi-coma, qu’il s’agissait de Teora qui chantait. Cela était fou mais je restais persuadé que je jour où je crèverais enfin ce sera elle qui sera là pour venir m’accueillir de l’autre côté !


©️ Justayne.







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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 6 Nov - 14:57



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   
Aucun homme, et à fortiori, aucun homme de science, aucun Mestre ne pouvait comprendre et respecter la puissance féminine de la maternité. Non seulement cela les dépassait complètement, mais leur façon d'appréhender les choses mettait en danger la mère et l'enfant. Pas qu'il faille être femme pour comprendre et accepter de ne pas faire grand chose, le moins possible en réalité, simplement attendre, être là, un présence bienveillante et confiante aux côtés de la parturiente. Celle-ci n'avait en réalité besoin de personne ni de rien, elle possédait déjà tout en elle pour mettre son enfant au monde, le savoir, la force, le courage et l'instinct. Il suffisait de laisser tout ça émerger et parfois de donner un petit coup de pouce au moment opportun avec un mot pour encourager, rassurer, un geste pour calmer et soulager, une aide pour bouger et trouver la bonne position. Presque rien. Tout pourtant. Et ça : presque rien, les hommes dans leur grande majorité ne savaient pas faire. Il fallait toujours qu'ils agissent, qu'ils remplissent des objectifs, qu'ils pénètrent l'inconnu, la magie, la bulle de confiance de la parturiente. Qu'ils dérangent le calme qu'ils interrogent la femme plutôt que de laisser éclore la louve, qu'ils paniquent au moindre cri. Qu'ils accélèrent le processus pour le bien du bébé, comme si la survie du bébé primait sur celle de celle dont il avait partagé le ventre et qui avait vocation à le nourrir et à le rassurer.

Du temps des premiers hommes, la grossesse, l'accouchement et les premiers mois du nourrisson étaient des affaires de femmes dont les hommes étaient strictement exclus. Le savoir se transmettait ainsi de mère à fille, de tante à nièce, comme il était de mise dans le clan Harclay. Dans ce cocon protecteur de leur féminité exacerbée, la magie de l'enfantement pouvait opérer à sa pleine puissance. Les cris pouvaient se muer en grognement, les grognements en rugissements. Les mains étaient chaudes et tendres sur les reins, les voix étaient douces et confiantes. Elles disaient : tu sais le faire, ton corps est fait pour ça, écoutes le, lui et lui seul. Tous les mouvements étaient perdus et la peur faisait place à la force, la douleur montrait le chemin. La femme redevenait louve et la louve qui courait en elle et se dévoilait complètement lors de l'accouchement pour autant que les conditions d'intimité et de confiance soient réunies ne la quitterait plus jamais.

Cette magie de la vie en création, cet instinct, cette animalité lui permettait d'aller au bout de sa vie pour donner naissance à son enfant, puis le nourrir et s'en occuper, simplement, comme un animal sauvage. Mais elle était si puissante, si différente de ce que la société attendait d'une femme, qu'elle semblait dangereuse, sombre, proche de la folie, si loin de la culture. Incompatible avec la domination masculine et indéniablement plus puissante dans la création que toute force destructrice. Pourtant les Premiers hommes avaient oubliés, eux aussi. Les Andales leur avaient vendu une science sans âme, déconnectée de la nature et de l'être humain lui même et ils avaient achetés. Seul le peuple libre était resté au plus proche des anciennes traditions, loin du savoir des mestres, celui des sorcières des bois, des guérisseuses avait été maintenu. Et ainsi la vie pouvait éclore du ventre des femmes sans que la sentence de la mort ne vienne frapper mères et enfants.

Mais la mainmise des hommes sur le pouvoir de vie des femmes était à la fois plus insidieux et plus mortels que tous les autres aspects de la domination masculine. Il leur refusait la connaissance et le contrôle sur leur corps, il leur faisait intégrer qu'elles ne pouvaient donner la vie seules et par elles mêmes et qu'elles pouvaient mourir. Alors peu à peu, elles avaient cru les mensonges et elles avaient oublié leur louve intérieure. Elles avaient été si bien dressées qu'elles étaient toutes devenues des chiennes dociles qui accouchent sur le dos pour que l'homme de science puisse voir et intervenir. Elles avaient été dépossédées de leur savoir, de leur puissance, de la transmission des femmes, de leur corps et l'homme avait nourrit ainsi son propre système de domination en prenant un contrôle quasi total sur la maternité, de la conception, via le mariage, à la création du lien, via les nourrices. Ainsi les fils iraient grossir les rangs des travailleurs ou des soldats et les filles prendraient la place de leurs mères dans la création de la génération suivante.

Ingheam sourit à Conrad. Parfois elle aimait la mélodie, parfois les paroles, le plus souvent les deux. Mais qu’importait ce qu'elle chantait, cela lui donnait toujours une grande joie, même si la chanson était triste, même si elle pleurait, la musique éclairait son cœur. Tout devenait alors plus simple, plus limpide et plus clair.

La blondinette fut ravie de voir le Sire d'Âtre les Confins chanter avec elle la fin de la chanson. Surprise aussi qu'il connaisse l'ancienne langue. Un large sourire éclaira son visage. Mais elle devint toute rouge lorsque Conrad lui dit qu'il l'avait déjà entendue chanter auparavant. Elle baissa les yeux et répondit d'une voix mal assurée avant de se plonger dans la contemplation de ses chaussures.

__ Oui, j'ai chanté pour les mourants à Vivesaigues. Je ne pensais pas que quelqu'un entendait.

A en croire sa blessure et la façon qu'il avait d'évoquer ce souvenir comme un songe embrumé, la mort était passée juste à côté du Maréchal, et il n’avait pas eut besoin d’Ingheam ni pour la chasser, ni pour lui donner la main. La mort était venue pour beaucoup de soldats à Vivesaigues, mais aussi avant et encore après. Elle avait su que l'Empereur Torrhen, délivré in-extremis était dans un sale état, mais elle n'avait pas osé demander à le soigner. Le rite ancestrale qu'elle avait pratiqué pour lui après la Mort aux Loups n'avait pas plu à tout le monde et il lui avait semblé que certains regards sur elle avaient alors changés. Peut-être était-ce de cela que sa grand mère parlait lorsqu’elle parlait de la crainte des hommes face à leur savoir, leur étrangeté. De toute façon, il était entre de bonnes mains, la preuve, il était encore en vie. Et ce devait être aussi le cas pour Conrad, puisqu'il se tenait là devant elle, presque en pleine forme.

__ Vous connaissez l'ancienne langue ?

Demanda-t-elle timidement sans oser lever les yeux vers son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Mar 20 Nov - 15:47



Danses avec les loups
Ingheam Harclay & Conrad Omble

Durant quelques instants je dévisageais la jeune femme devenue silencieuse et surtout pensive. Je ne me rendais même pas compte que je n’avais toujours pas revêtu mon haut, me laissant ainsi torse nu. Cependant je constatais une chose qui m’étonna… Je n’appréciais pas les sorcières c’était un fait ! Pourtant je n’en avais jamais réellement côtoyé une seule. A moins que Mathie… Non ! Elle n’était pas une sorcière. La belle jeune femme n’était plus la même à son retour mais je n’étais pas parvenu à la voir comme une sorcière et ce malgré les rumeurs circulant à son sujet. J’aurais aimé savoir si cela était possible qu’elle soit devenue l’une de ces femmes que je n’appréciais guère mais la belle était partie avant que je ne le découvre. Une lettre ! Voilà ce qu’elle m’avait laissé avant de disparaître. Sa décision était des plus difficiles à accepter car elle arrivait alors que nous nous étions à nouveau rapprochés. A cette pensée je retenais un soupir pour éviter les questions de la petite blonde. Quoique… perdue dans ses pensées comme elle l’était je n’étais pas certain qu’elle l’aurait entendu ce fameux soupir que j’avais retenu.
Je chassais donc mes pensées qui se dirigeaient vers Mathie pour me concentrer sur la jeune Ingheam. Je me rendais compte en me remémorant tout ce qui avait été dit que la petite était aussi naïve, qu’intelligente et… adorable !? Oui, je crois que ce mot la définissait assez bien même si j’ignorais ce qu’il fallait faire pour être adorable. Sûrement tout l’inverse de ce que je faisais moi-même. Cette pensée me fit esquisser un sourire ! Personne n’avait jamais dit de moi que j’étais adorable. Ou alors si, une fois ! Ma première épouse m’avait dit que je l’étais un jour. Je n’avais pourtant pas fait de miracle. Je m’étais contenté de lui ramener des baies. Elle en était folle et je m’étais souvenu de cela en remarquant la présence du péché mignon de ma femme sur le chemin du retour d’une bataille que j’avais, quant à elle, oubliée. J’avais juste trouvé ça normal moi !


Lorsque la discussion reprit elle fut surprenante car elle n’avait aucun rapport avec mes habituels sujets de conversation. A croire que tout ce qui se passait ici était original ! Je discutais avec une sorcière alors qu’habituellement je les fuyais comme la peste et en plus de cela nous parlions musique ?! Surprenant, je vous le répète ! C’est pourtant de cette façon que j’en apprenais plus sur la petite. La chanson qu’elle chanta dans une langue ancienne me rappela celle que j’avais entendue lorsque j’étais à demi-conscient à Vivesaigues. A plusieurs reprises j’avais confondu la voix de la jeune sorcière avec celle de ma défunte femme et j’avais cru qu’elle venait me chercher. Elle aussi chantait dans cette langue ancienne et en connaissait les bases… Je ne lui avais jamais demandé où elle avait appris ça et je ne lui avais pas non plus demandé de me transmettre ses connaissances. Je lui répétais que nous avions toute la vie pour le faire lorsqu’elle voulait m’apprendre deux trois trucs. C’était une excuse pour ne pas lui dire que je m’en fichais… Je soupirais réellement cette fois-ci ! Toute la vie devant nous… Si j’avais su ! J’avais toujours été persuadé que je partirais le premier. Question de logique.
Mais même sans vouloir apprendre j’avais retenue quelques brides de la chanson qu’Ingheam chantait et je l’accompagnais dans un murmure. Étonnant car les rares fois où je chantais j’avais un godet à la main que j’avais déjà vidé plusieurs fois.


La blondinette me confirma qu’elle avait bel et bien chanté à Vivesaigues pour les mourants. J’arquais un sourcil en la voyant ensuite devenir rouge en détournant le regard… Visiblement elle ne pensait pas que quelqu’un l’avait entendu. J’aurais pu jouer au rustre comme j’avais l’habitude de le faire et lui dire que je rêvais de la faire taire mais que j’étais, à l’époque, incapable de bouger ou parler. Pourtant je n’en fis rien. Je me contentais de hausser les épaules…


- Pourquoi cela semble-t-il vous gêner ? Vous chanteriez comme un corbeau… C’est une expression hein ! précisais-je en jetant un coup d’œil à l’animal, ce serait compréhensible. Mais vous chantez bien… pour le peu que j’y connaisse quelque chose !


A vrai dire je n’y connaissais absolument rien mais je devais reconnaître que la jeune femme chantait bien. Sa voix m’avait d’ailleurs aidé à surmonter la douleur à Vivesaigues. Elle faisait que je pouvais me concentrer sur autre chose et elle était si semblable à celle de ma défunte épouse que je revivais certains souvenirs que j’avais d’elle.
Puis une question était en train de me venir à l’esprit, une qui n’avait rien à voir avec ma femme mais qui était en rapport avec les soins qui m’avaient été prodigués à Vivesaigues. Cependant, je n’eus pas le temps de la formuler puisque je fus interrogé par Ingheam. Je secouais la tête de manière négative.


- Non, je ne la connais pas. Je reconnais certains mots et je sais quelques brides de certaines chansons mais ça ne va pas plus loin. C’est ma femme qui était douée avec cette langue… elle en connaissait les bases et certaines chansons dans leur intégralité, avouais-je.


Puis je me taisais, pensif, mais je reprenais très vite.


- Dites-moi ! Savez-vous pourquoi l’on ne vous a pas confié la tâche de me soigner à Vivesaigues ? demandais-je intrigué.


Parce que je n’appréciais pas les sorcières ? Parce que les mestres pensaient qu’ils feraient un meilleur travail qu’elle ? Je n’en savais rien mais j’étais curieux de savoir.



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MessageSujet: Re: Danses avec les loups (pv Conrad)   Jeu 22 Nov - 16:13



   

   
Danses avec les loups

   
Conrad & Ingheam

   
Danses avec les loups, chante leur la chanson de l’hiver, qu’ils arrêtent d’écouter l’acier pour entendre à nouveau la voix des Dieux et que la mort fasse place à la vie.

   
Shoilleir croassa, comme pour acquiescer aux dires de Conrad. En effet, malgré son expression fort peu aimable envers tous les corvidés, il avait raison, Ingheam chantait bien, mieux que les corbeaux qui n’avaient, dirons nous, pas le chant le plus mélodieux du monde, il fallait bien se l’avouer. Seulement la blondinette, loin d’être rassurée par les paroles du Maréchal vira à l’écarlate et essaya de disparaître, en vain, entre ses épaules. Qu’elle ait une jolie voix était une chose importante pour elle, mais pour elle et elle seule, et si possible en l’absence de public humain en mesure de la juger. Comment aurait-elle pu parler aux Dieux si elle avait chanté comme une casserole, comment sa voix aurait été l’un des éléments, avec les feuilles, le feu, l’air, l’eau et la terre pour communier avec la nature et le cosmos. Mais elle ne s’était jamais vraiment posé la question tant, lorsqu’elle chantait, elle était comme, transcendée, entendant l’univers se lier à elle dans la mélodie plus que sa propre voix, tant l'énergie et l’amour qu’elle déployait alors était inspiré de la lumière tout autour d’elle, même dans les plus profondes ténèbres.

Jamais on ne lui avait dit qu’elle chantait bien. Dans sa famille c’était quelque chose de normal, hommes ou femmes, tous chantaient depuis qu’ils savaient parler et donc, tout le monde savait chanter. On ne jugeait d’ailleurs jamais la façon dont les gens chantaient, chacun avec sa voix, chacun avec son timbre. Il n’y avait pas de voix belle ou laide, l’ensemble faisait toujours chœur avec harmonie et chacun individuellement avait quelque chose à apporter pour cet art mystique. Elle n’avait pas souvenir de qui que ce soit qui aurait mal chanté, pour elle personne ne chantait mal, sauf peut être certains hommes, une fois ivres. Ainsi s’entendre dire qu’elle chantait bien lui procurait une sensation très étrange, elle trouvait cela un peu trop terre à terre comparé aux raisons pour lesquelles elle chantait et au besoin insatiable de joindre sa voix aux énergies de la terre. Pourtant, elle était touchée, tant parce qu’un compliment venant du Omble était aussi inattendu que précieux, que parce que si sa voix plaisait aux hommes, alors peut-être pouvait elle plaire aux Dieux. Elle en était heureuse, heureuse de savoir que ses chants avaient accompagné les mourants en beauté.. L’ensemble de tous ses sentiments à la fois contradictoires et instables rendait la remarque extrêmement gênante et Ingheam eut toutes les peines du monde à souffler, malgré son désarroi un remerciement poli. Elle tenta même de lever les yeux et de sourire pour mettre fin au malaise qui était le sien, mais semblait toucher le Maréchal. Flatter une timide pouvait avoir ce genre de conséquence.

La sorcière du Bois aux Loups apprit alors que Conrad ne parlait pas l’ancienne langue, il ne connaissait que quelques mots et cette chanson, dommage. Mais aussi que son ancienne épouse la parlait et que parler d'elle éveillait en lui autant de joie que de nostalgie. Mais elle n’eut pas le temps de s’y intéresser et de poser la question qui lui brûlait les lèvres, car il reprit aussitôt avec une question qui la surprise et la mis à nouveau mal à l’aise.

__ Je… je ne sais pas…

La jouvencelle n’avait jamais fait le lien avec le rite pratiqué sur l’ancien Roi du Nord désormais empereur, mais maintenant que son Maréchal lui posait la question, la réflexion lui vint à l’esprit. Certains trouvaient ses rites anciens soit dangereux, soit inutiles, soit trop mystiques et ésotériques pour qu’on laisse une poignée d’illuminées comme elle, des femmes qui plus est, s‘occuper de la santé des officiers de l’Empire ou du Nord. Elle avait parfois entendu des Mestres deviser de la prééminence de leur science toute puissante sur les savoirs ancestraux des Sorcières des Bois et la puissance infinie des plantes. Ils pouvaient bien croire ce qu'ils voulaient, elle n’en était pas moins capable qu’eux de sauver des vies, de ceci au moins elle était certaine, certaine aussi qu’en matière d’enfantement, ils feraient mieux de laisser la place aux Sorcières des Bois. Ainsi, elle pensait que les deux étaient intéressants, plus encore l’échange entre les deux communautés, la transmission et la transversalité du savoir, sans œillères, sans mensonge et surtout, sans parti pris idéologique. Cependant, Ingheam ne pouvait être sûre de rien et ne saurait accuser qui que ce soit de mauvaise foi, son cœur généreux ne pouvait se résoudre à croire qu’ils la mettaient de côté pour de mauvaises raisons. D’ailleurs, leurs raisons étaient certainement bonnes, après tout, ils avaient sauvé plus de vies qu’elle jusqu’ici. Elle faisait simplement ce qu’on lui demandait et n’avait pas eut l’occasion de sauver beaucoup de monde, sauf Edwyle Glover, ce dont elle était ravie. De toute façon, elle ne faisait pas de politique et elle n’en ferait jamais, elle était bien trop timide pour cela, et quand bien même ce ne fut pas le cas, tel n’était pas son rôle. Elle avait prêté serment de protéger la vie, pas ses intérêts, et jusqu’ici, les Mestre sauvaient des vies, tout comme elle, aussi, elle n’avait aucune raison de les critiquer. Elle leva les yeux vers Conrad et lui sourit.

__ Je ne suis qu’une Sorcière des Bois, Maréchal. Seuls les Mestres s’occupent des officiers… sauf peut-être quand ils ne savent plus quoi faire...

La petite blonde haussa les épaules en repensant au Mestre de Winterfell qui l’avait appelé à la rescousse pour sauver Torrhen du poison qui consumait sa vie. Puis elle lui tendit sa chemise qu’il tardait à revêtir avant de dire.

__ Vous devriez vous couvrir, vous allez attraper froid.

Elle ajouta :

__ D’où venait votre épouse ?

Le clan Harclay n’était pas le seul clan du Nord où les anciennes traditions des premiers hommes et la langue qui allait avec étaient encore prégnantes. D’ailleurs, elle avait ouï dire que chez les Ombles, certaines de ses traditions étaient encore pratiquées, mais elle ne savait pas si c’était vrai. Quoi qu’il en soit, elle voulait en savoir plus sur cette femme et surtout sur l’homme qui l’avait perdue et en gardait un souvenir si mélancolique et tenace. Car la sorcière n’était pas dupe, il avait aimé cette femme, ce qui impliquait qu’il était capable d’aimer et que toute la violence dont il pouvait faire preuve sur un champ de bataille n'empêchait pas cela. Ainsi, sous ce personnage rustre et brutal qui, face à ses hommes n’avait d’autre choix que de donner le change en toute circonstance, et qui par l’humour et la grivoiserie cachait ses failles se cachait quelqu’un de plus complexe. Il était probablement abîmé par la vie, tout autant qu’elle, même s’ils réagissaient tous deux de manières bien différentes. Si elle pouvait comprendre ce que ce loup là avait dans le cœur, si elle pouvait y faire gagner l’amour sur la haine, la tendresse sur la violence, lui rappeler que le champ de bataille n’avait de sens que pour retrouver la douceur d’un foyer. Alors elle pourrait danser avec tous les loups et accomplir sa destinée, leur chanter la chanson de l’hiver, leur rappeler d’où ils venaient et qui ils étaient avant que la guerre ne les transforment tous en monstre. Elle chanterait aussi fort et aussi longtemps qu’il le faudrait pour couvrir le bruit de l’acier et qu’ils sentent tout autour d’eux, tout comme elle les sentaient quand elle chantait, la présence des Dieux, jusqu’à ce que la vie reprenne ses droits. Car c’est elle, la vie, qu’elle avait juré de protéger, et elle avait l’impression que seule la mort leur était promise…
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Danses avec les loups (pv Conrad)
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