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Jusqu'à ce qu'en survienne une autre... (PV Héléna)
MessageSujet: Jusqu'à ce qu'en survienne une autre... (PV Héléna)   Dim 9 Sep - 2:11







Jusqu'à ce qu'en survienne une autre...

ft. Héléna Bracken



"Reine tu seras,
jusqu'à ce qu'en survienne une autre,
plus jeune et plus belle,
pour te jeter à bas et s'emparer de tout ce qui te tient le plus chèrement à cœur."

***

En repensant au discours d’Héléna, Myria serra si fort son verre de vin qu’elle se brisa un ongle et manqua de le faire tomber sur sa table couverte de missives à envoyer au nom du Royaume. Plongeant des yeux noirs dans la coupe rouge sang, elle sentit son corps et ses joues devenir brûlants de rage. Elle pouvait en supporter beaucoup pour son royaume, elle pouvait même supporter cela, cet affront qui lui avait été fait par son amie d’autrefois. Autrefois, lorsqu’elle était Princesse et qu’elle l’avait jugée digne d’être sa disciple, qu’elle l’avait prise sous son aile et l’avait traitée comme une alliée. Elle pouvait supporter de n’avoir point de couronne et de travailler quand même, d’arrache pied, comme elle l’avait toujours fait, pour son peuple. Elle pouvait supporter de se faire cracher dessus par les Fer-Nés et regarder de travers par les Riverains comme une paria, une traîtresse. Elle avait pu supporter la servitude auprès de Lyham Tully, le mépris du Noir, la trahison de Joren. Elle avait supporté le fait qu’ils n’en fassent tous qu’à leur tête, les Hoare, malgré ses mises en gardes et ses conseils. Elle avait supporté de voir ses hommes tomber devant l’Empire et elle avait traversé le champ de bataille survolé par les corbeaux pour ne jamais oublier le coût de la guerre.

Mais ça… Pourrait-elle le supporter ?

La brune devait se l’avouer, si elle avait pu la brûler avec ses yeux azurs, de glace et de feu,  impassible, elle l’aurait regardé courir en tous sens en hurlant, le corps en flammes suivi de l'odeur caractéristique de chair humaine calcinée. Et elle se serait délectée de cette vision. Si elle avait pu lui arracher la gorge avec les dents sans que les conséquences ne soient désastreuses pour le Royaume, elle lui aurait sauté à la gorge comme le prédateur achève sa proie, sans pitié. Le gargouillis de la belle s’étouffant dans son sang aurait sonné comme la plus belle des symphonies à ses oreilles. Si elle avait pu trancher sa carotide d’un coup sec et sentir son sang gicler sur son visage, dégouliner jusqu’à ses lèvres pour qu’elle puisse sentir sur le bout de sa langue le délicieux goût de l’acier mélangé à celui de la chair fraîche et se délecter de la vie quittant ses yeux de biche. Si elle avait pu tenir entre ses mains ce cou si fin et si fragile, sentir le battement de son coeur sous ses doigts, errer un peu plus, voir la panique dans ses yeux, la laisser espérer avant de lui briser la nuque. La douceur de sa peau et la chaleur quittant son corps aurait été une jouissance orgasmique.

Seulement la Princesse avait beau imaginer un millier de morts atroce, elle ne pouvait rien faire. Tout comme Yoren était l’homme de la situation, Hélèna était la seule à pouvoir tenir le rôle qui lui était désormais assigné. Evidemment, Myria aurait pu le faire, mais avec son passé, les mensonges éhontés qui circulaient à son sujet et sa défaite à Buron, il lui était impossible de porter ce projet dans la lumière Royale. Elle le savait et elle se morfondait, trouvant bien injuste de payer si cher les erreurs des autres qu’elle avait tant bien que mal essayé de rattrapper en en commettant d’autres. Elle devait céder sa place, place qu’elle avait convoité une vie durant, pour laquelle elle s’était préparée comme on se prépare à accomplir son destin, sa mission divine, sans faiblir, sans frémir, avec conviction et courage.

Parfaite pour le rôle, belle, farouche, jeune et presque sans tâche. Presque ? Son grand père et son père n’ont ils pas suivi Joren ? Tout comme moi. Les missives secrètes à Harren pour le convaincre de ma bonne foi et les tentatives désespérées de faire reculer Joren pour réunir le Royaume en moins ? La tentative désespérée de Buron et de ma stratégie commune avec le Noir pour faire revenir ses traîtres dans le giron du Sel et du Roc sans qu’ils en aient à payer les conséquences. Est-ce cela qui les a sauvé ou le double jeu de Lady Bracken visant à garder un pied dans chaque camp. Je connais ce jeu, j’ai joué le même, mais pendant que je le jouais, j’agissais pour que le Royaume n’ait pas à subir les conséquences de la division. A priori, c’est plutôt la dame des chevaux, car Lyle Salfalaise n’a pas eut la chance d’être gracié et totalement pardonné comme eux.

Ils ont suivi leur Prince et je ne saurais leur en jeter la pierre, car ils ont eut raison de le faire, comme moi j’ai eut raison d’agir comme je l’ai fait, tenter de sauver les apparences, de réunir les miens en un seul peuple, un seul corps, pour vaincre l’Empire. Pourtant, ils n’étaient pas son épouse, ni la mère de ses enfants. Sauf qu’ils n’ont pas été appelés auprès de lui sans aucune explication et mis devant le fait accomplis. Non, ils l’ont suivi sciemment. Pour autant je les respecte tous deux mille fois plus que je ne respecterais jamais cette femme qui a usurpé ma couronne. J’ai dû tuer mon bien aimé pour tenter de sauver ses soldats promis à la vengeance du Roi des Rois et faire en sorte de revenir auprès d’Harren en gagnant son respect et sa reconnaissance. J’ai dû tuer mon bien aimé pour vaincre l’Empire et voilà où tous ces sacrifices, tout ce que j’ai fait m’a mené.

VOUS N’AVEZ DONC RIEN COMPRIS ?!

Vous me pensez folle ? Je le suis certes, d’avoir agit, de m’être démenée pour ce pays qui n’est plus le mien sans rien demander en retour. Je le suis certes d’avoir agit dans l’ombre sans que rien me soit promis, parce que c’était là mon devoir. Je le suis certes d’avoir pris des risques inconsidérés pour le Royaume et pour le Peuple, pour éviter un nouveau massacre quitte à y laisser la vie, pour que le Conflans Libre cesse d’être le pantin de l’Empire et revienne vers moi. Tout ça pour me voir traitée comme une paria, à Vivesaigues et ici, partout ou je mets les pieds, à chaque fois que j’ouvre la bouche ? Qu’ais-je donc fait pour mériter ça ? Qui ais-je offensé, quel Dieu se joue de moi ? Est-ce le Dieu des tempêtes qui essaye de semer la colère dans mon coeur pour que je me fourvoie ? Le père qui m’envoie son jugement pour les péchés d'orgueil et de chair que j’ai pu commettre ? l’Etranger qui m’appelle à lui ? le Dieu Noyé qui veut me voir mourir dans mes propres larmes ? Il faut que je sois folle, jusqu’à l’absurde, pour vouloir continuer malgré le peu de cas qu’on fait de moi.

Pourtant je suis là, et malgré tout, je soutiens ce Roi pour ne pas diviser un peu plus le pays dont je fus la Princesse et qui reste, malgré la haine, malgré les mensonges qui circulent sur moi, MON pays. Je suis et je reste la Princesse du Sel et du Roc, des Fleuves et du Crépuscule, des Rivières et des Collines, ou je meurs, je m’éteins. Si je ne sers pas de plus grand dessein que ma petite existence et celle de mes enfants, je m’éteins. Je mourrais d’être à genoux, peut-être est-ce encore mon orgueil qui parle, oui peut-être, mais je sais que je peux accomplir de grandes choses, que je dois accomplir de grandes choses, on ne m’a pas élevée pour regarder le monde se construire ou même se déconstruire sans que je puisse apporter ma pierre à l’édifice. Je le sais en mon for interieure, je ne saurais pas rester bien sagement à ma place, broder dans la douceur d’un foyer aimant, me contenter de l'existence qui coule lentement dans son lit jusqu’au linceul de la mort. Je ne saurais pas faire autrement. Je ne saurais délaisser mon peuple, même pour la liberté et la simplicité d’une vie loin du pouvoir qui pourtant, certains jours, ceux où je doute, ou je n’ai plus de force, me semble bien plus douce.

Il n’y a qu’avec ce pouvoir, que je dois à présent regagner, que je peux oeuvrer et je dois oeuvrer car telle est ma mission en ce monde. Parce que je ne peux faire semblant de ne rien voir de tout ce que je vois, de tout ce que je sais, de tout ce que j’imagine de grandiose pour ce Royaume et qui ne sera pas si je ne suis pas là pour réaliser mes rêves et écrire l’histoire, pour changer ce monde, le façonner à mon image. Je sais faire semblant de sourire, d’être heureuse, de ne rien ressentir, d’être sage et posée, mais je ne sais pas faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Je suis née ici, j’ai grandi ici, j’ai été l’épouse d’un Fer-Né pendant près de vingt ans, je suis la mère de trois Fer-Nés noyés dans l’eau salée, je suis Frey, je suis Hoare, je suis Riveraine et Îlienne. Je me suis préparée à être la Reine des Îles de Fer et du Conflans toute ma vie durant, je suis votre Princesse, que vous le vouliez ou non.

Mais toi petite catin de bas étage, petite arriviste qui n’a rien prouvé, petite pouliche riveraine, tu arrives comme une rose fraîche sur ce putain de tas de fumier et te voilà éclose, comme une promesse ? Je patauge dans la fange depuis des mois et tu te pose là sans avoir à toucher le sol souillé de sang et de merde parce qu’un Roi t’as donné des ailes ? Parce que tu as tapé dans l’oeil d’un bâtard et qu’il s’avère être plus digne de la couronne que mon Prince d’époux. C’est magique ! Tu es une Bracken et en l’honneur de ce que ta famille a fait pour Harren et pour Joren, je ne te tuerais pas, en l’honneur de ton grand père et de ton père qui eux ont fait leur preuves sur le champ de bataille et ont sauvé bien des hommes à Buron comme à Aysine, je ne te tuerais pas, en l’honneur de Yoren et du Royaume, de ce que toi, petite pucelle touchée par la grâce représente pour lui, je ne te tuerais pas. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manque quand je te vois te pavaner ainsi à son bras alors que tu n’as aucune idée de ce qu’est le sacrifice ni le poids du pouvoir.

Ton beau discours c’est de la poudre aux yeux, je ne suis pas dupe, tu as appris comme moi l’art de te servir de ta langue en lieu et place d’une épée. Tu répète bien à propos devant ton peuple tout ce que je t’ai dit naguère quand nous étions amies, au coin du feu, dissertant de la nécessité de consolider nos frontières. Tu te sers de ce que je t’ai appris, de ce que je t’ai montré, soit, c’est ton droit et même ton devoir, c’est là le rôle que tu dois tenir et mieux encore, ce que tu dois à ton Roi, peut-être est-ce là ce que tu me dois à moi, car tu sais aussi qui je suis au delà des convenances de la cour, mais t’en souviens tu seulement. C’est un beau pied de nez aussi, mais c’est de bonne guerre, j’accepte, je ne recule pas devant la bataille, je ne recule pas devant l’adversité. Mais crois bien que tu ne l’emportera pas au paradis et qu’un jour, de gré ou de force, tu reconnaîtras ce que tu me dois pour que tous sachent qui fut leur vraie Reine, leur Princesse. Je joue au Cyvosse depuis bien plus longtemps que toi, tâches de ne pas l’oublier.

Mais soit, tu les as gagné à toi, tu es celle qu’ils attendaient, ils seront ravis de te suivre pour mourir. Belle, belle et jeune Héléna, que la vie n’a pas encore éprouvée, sur qui les échecs n’ont pas encore jeté l'opprobre. Une Reine toute neuve pour un nouveau Royaume, et on jette les vieilles Princesse aux oubliettes. Soit, c’est le jeu des trônes ma chère, j’y jouais déjà quand tu têtais encore ta mère, mais vois, je suis en vie, je n’ai peut-être pas gagné, j’ai peut-être perdu beaucoup, mais je respire encore, et rien que ça, c’est une victoire. Je suis le Phénix, et toi, qui es tu ? Qu’as tu fait en réalité à part fort bien porter ce joli minois ? Attendons de voir ce qu’il en sera face à l’Empire, attendons de voir si tu reculeras ou avancera au bon moment, ou si tu risquerais la vie de tes hommes et de ton époux comme la demoiselle irresponsable que tu es. Car cet idiot amoureux est bien foutu de donner sa vie pour sauver la tienne, insipide petite pucelle.


Pourquoi, à part Yoren, personne ne croyait la veuve ? Pourquoi à part lui, personne ne la pensait digne de son titre et de la confiance de son peuple ? Pourquoi le seul homme qu’elle ne pouvait pas avoir était aussi le seul avec qui la Princesse pouvait parler à coeur ouvert de ses véritables aspirations, de ses plans et de ses échecs cuisants. Pourquoi payait-elle si cher de s’être battue pour les siens avec les armes dont elle disposait, bien peu tranchantes pour ce combat, peut-être aurait elle mieux fait de rester assise à regarder tout le monde s’écharper et d’attendre bien sagement que son sexe la sauve, ou la condamne. Elle payait le fait d’être une femme, c’était là la simple vérité, vérité qu’elle connaissait depuis toujours, mais qui lui apparaissait soudain plus dure et injuste que jamais. Personne ne l’aurait traitée ainsi si au lieu de ça, elle s’était battue avec une lame, pourtant, cela aurait été ridicule, perdu d’avance, et pourtant bien plus simple et oui, honorable. Si tant est que se battre dans une lutte perdue d’avance puisse l’être, elle ne l’avait jamais pensé. Mais au moins, ainsi, avec les erreurs qu’elle avait commises, peut-être serait-elle morte, et elle serait morte dans la gloire alors que là, elle allait probablement mourir aussi, mais dans l’infamie.

__ POURQUOI ?!

Les yeux pleins de larmes, la jeune femme se mit à saccager sa tente, à lancer tout ce qui lui passait sous la main à travers le pavillon et à mettre des coups de pieds dans les meubles. Lorsque Greydon entra, il essaya de l’arrêter, en la serra entre ses bras, mais elle se débattit si fort qu’il finit par la lâcher et sortit pour appeler de l’aide. Mais qui aiderait la sorcière en désuétude ? Brandon n’osa pas s’approcher et resta prostré dans un coin, entouré des deux filles de Lyle Salfalaise qui tentaient de le rassurer. Quant à Freya, la servante assignée par Yoren, elle essayait de récupérer tout ce qui était fragile ou ce avec quoi elle pouvait se blesser elle ou quelqu’un d’autre avant qu’elle n’ait pu en approcher tout en évitant soigneusement de passer à sa portée pour éviter de se prendre un encrier ou tout autre objet contondant en plein face. Creighton, le plus stoïque possible au vue des hurlements et du fracas qui en émanait, resta à l’entrée de la tente de Joren pour surveiller les allées et venues et veiller à la sécurité de la Princesse.

Dans ce chaos, la veuve trouva par hasard l’épée de son bien aimé Joren qu’elle avait dû ranger là juste après sa mort et oublier, comme elle avait essayé d’oublier cette journée et celles qui avaient suivi. Elle tomba à genoux devant l’arme éjectée d’une malle sur laquelle elle venait de passer ses nerfs. Les yeux écarquillés comme si elle venait de voir un fantôme, elle approcha doucement une main tremblante, s’attendant presque à prendre feu ou à ce que la main de joren l’attrappe subitement pour l’emmener dans les Sept enfers ou tout autre endroit où il pourrait se venger pour l’éternité. Elle caressa le cuir décoré du bout des doigts, puis serra le fourreau d’une main en avalant difficilement sa salive. parvenant finalement à la prendre et à la soulever, pas qu’elle fusse réellement lourde, mais son poids était d’une toute autre nature. Elle la posa sur son coeur et en renifla la garde, certaine d’y percevoir l’odeur de son Prince. Elle resta ainsi quelques secondes à pleurer en silence, Creighton passa la tête par l'interstice pour vérifier que tout allait bien, le calme revenir soudainement n’étant pas nécessairement bon signe.

La brune aux yeux azur se releva, tenant toujours l’épée contre elle, elle prit son arc, son carquois et ceint la lame autour de sa taille, puis sortit comme une tempête de sa tente avant de se diriger vers les écuries. Là, elle prit Irongold, lui passa sa bride et sauta sur son dos sans prendre le temps de le seller. Puis elle le talona vigoureusement et partit au triple galop vers la campagne, à cru sur son cheval, ses larges robes de velours rouge virevoltant dans le vent glacé qui lui fouettait le visage et faisait pleurer ses yeux. A cette vitesse, presque personne ne pouvait la suivre, et elle en profita pour bifurquer vers la forêt sans ralentir. Liberté je crie ton nom, Liberté. Elle desserra les doigts de ses rênes pour le laisser forcer l’allure autant qu’il voulait quitte à le laisser s’emballer et perdre le contrôle, elle le reprendrais bien assez tôt, elle savait qu’elle le pouvait, mais elle ne le voulait pas. Elle lui faisait confiance, le laissant aller à sa guise a avec seulement un léger contacte avec sa bouche, ses mains posées sur son encolure pour être certaine de ne pas le gêner. Il lâcha une ruade qu’elle accompagna d’un mouvement de reins en serrant un peu plus fort les jambes.

Ainsi emmenées aussi vite que le vent, Irongold les naseaux dilatés par l’ivresse de la vitesse et elle penchée sur son encolure fouettée par sa crinière. La plaine retentissait du tambour de ses sabots frappant le sol et à chaque foulée il volait un peu plus longtemps, un peu plus loin, se propulsant avec force vers l’inconnu. Un sourire furtif éclaira son visage plein de larmes alors qu’elle sentait toute la puissance et la chaleur animale de son palefroi entre ses cuisses. Ce n’est qu’une fois enfoncée dans le silence plein de craquements du bois que Myria s’arrêta, à bout de souffle, comme sa monture. Elle sauta au bas de son cheval et sortit la lame de son fourreau pour en frapper de toutes ses forces et avec bien peu de talent, un arbre qui n’avait rien demandé à personne.


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Merci à rawr & (c) FreeSpirit
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce qu'en survienne une autre... (PV Héléna)   Ven 14 Sep - 8:30

Myria & Helena 1866 mots
Jusqu'à ce qu'en survienne une autre...
Le banquet s'était terminé tardivement, sous certaines acclamations tandis que d'autres avaient été bien moins chaleureuses. La jeune femme était consciente que le coût de la guerre avait été sévère, tel celui de la mort s'abattant dans les champs qui entouraient le domaine de sa famille ; voilà bien longtemps qu'elle avait appris à contempler et à observer, pour tirer avantage de chaque chose qui pouvait lui permettre d'avoir un atout dans sa manche. Les riverains et les insulaires n'avaient jamais été en excellents termes, cela elle ne le savait que trop bien pourtant, on ne pouvait dire autrement : le royaume du Sel et du Roc avait offert, sous le joug de la conquête, une forte sérénité au sein de leur terre. Les conflits avaient été bien moins nombreux, alors que pourtant, le Conflans avait en tout temps été un lieu de misère à cause de sa position centrale : les royaumes attenants n'avaient eu de cesse de se quereller sur ces terres qui ne leur appartenaient pas. Helena était une fervente partisane de la cause des Hoare, non pas à cause de son mariage prochain mais bien de l’histoire de son royaume qu’elle connaissait bien. Sa propre maison avait du sang royal dans les veines, car il fut un temps où les Bracken chevauchés avec une couronne scindant leur tête, dominant sans partage. C’était il y a bien des siècles, une ère révolue mais les archives de la Haye-Pierres étaient là pour rappeler à chaque futur lord de lever la tête, de regarder le monde de toute sa hauteur car un jour, le nom de leur maison résonnerait. Cette couronne qu’on lui offrait, la jeune femme comptait bien l’honorer et la mériter, car elle le savait, les insulaires ne la respecteraient pas sans cela. Elle ne se battrait pas sur le front, pas comme la reine Eren Hightower ni comme Heda Volmark, ces femmes étaient fortes et féroces, sur leur champ de bataille mais la future reine savait que son domaine était tout autant une bataille. La politique ne coulait nullement dans le corps des Hoare, ce n’était pas un domaine dans lequel ils excellaient bien que Yoren, si différent de sa fratrie et pourtant si semblable, n’avait aucun mal à s’adapter à la crise qui touchait sa maison et leur royaume. Pour un fer-né, pour un insulaire, il savait bien jouer des mots et amener les siens à crier leur hargne, mais il n’en était pas de même pour les riverains et en ce sens, c’était le travail qu’elle se devait d’avoir : fidéliser ses homologues et pour ceux qui étaient désormais sous le joug de l’Empire, les ramener dans le droit chemin. Tous n’étaient pas dans ce camp par envie, car autant que les Hoare, les Braenaryon - et Tully, faisaient parler le droit de conquête, le plus vieux droit qui ait pu exister en ces terres. Et Helena, ayant participé à bien des événements, savait qu’elle saurait faire parler le sang d’honneur qui coulait dans les coeurs de ses pairs et de ceux qu’elle avait côtoyé dans sa jeunesse. Mais elle était consciente que seule l’unité saurait renforcer le royaume, autant entre riverains et insulaires qu’au sein même des riverains : la veille, le roi avait décidé de proclamer la grâce de la princesse Myria Hoare, née Frey, celle qui fut autrefois sa mentor, son modèle ; car Helena l’avait admiré, fut un temps, tant cette femme avait tout. Elle était belle et intelligente, venait d’une noble maison à la position stratégique et dont le mariage lui apportait ce qu’elle n’avait pas, un nom royal. La future reine n’avait jamais fait de différences entre leurs noms, malgré que la maison Frey soit récente comparée aux Bracken qui dominaient leurs terres depuis des siècles, même des millénaires. Pourtant, elle était fière mais elle avait su reconnaître en Myria une femme d’exception, dès son plus jeune âge et cette dernière l’avait prise sous son aile, lui apprenant certaines choses. Helena pouvait se targuer d’avoir appris plus auprès de Myria que de sa propre mère, qui avait toujours été sous le joug de son mari castrateur alors que la née-Frey détenait la liberté, autant que la jeunesse. Et elle avait un prince sous sa coupe, elle était son épouse et elle était, contrairement à sa propre mère, son modèle à ce sujet : Myria n’était pas une esclave pour son mari. C’était sûrement elle qui l’avait intimé, autrefois, à tout faire pour éviter son mariage dans l’Ouest et au fond, elle lui devait bien plus qu’à quiconque pourtant, cette grâce royale lui déplaisait grandement. Harren l’avait proclamé traîtresse et ce n’était sûrement pas pour rien, surtout qu’elle s’était retrouvé au sein de la forteresse des Tully et personne ne savait ce qui avait pu s’y dérouler. La Bracken savait à quoi était prête sa mentor, elle avait partagé assez de temps avec elle pour la connaître un minimum et craignait que ce pion en soit pas assez loyal à la couronne. Face à sa console, Helena se laissait peigner les cheveux par une servante. Un léger sourire se trouvait sur ses lèvres, heureuse. Ses longs cheveux ondulaient, tombaient en une cascade sur ses douces épaules. D’une main gracile, elle vint jouer avec sa bague qui arborait le symbole de la maison Bracken et qui avait appartenu à son grand-père, lui ayant donné avant qu’il ne parte pour le champ de bataille et qu’il ne soit capturé. Elle se regarda longuement, plongeant son regard dans son reflet, observatrice. Elle était prête à tout pour l’unité des Fleuves et du Crépuscule, Myria ne savait quelles armes elle lui avait donné. Bien-sûr, elle lui avait tant appris, sur ce jeu des trônes qui se jouait constamment. Mais grâce à elle, la jeune Bracken avait commencé tôt, très tôt et ne s’était pas contentée de l’avis et des apprentissages de la princesse, elle avait été plus loin, elle avait appris. Le corbeau peut se rompre les ailes mais le cheval ? Il frappe ses fers sur le sol, il marque les terres de ses empreintes et écrase tout sur son chemin. Elle avait été une parfaite élève face à ses précepteurs, mais avait toujours été plus loin que les plus simples enseignements qu’on lui avait conféré. Le nom Hoare n’était pas encore sien, mais elle savait déjà sur quoi travailler pour amener son royaume à retrouver sa grandeur d’antan. Ce n’était plus qu’une question de jour pour que la jeune femme n’entre dans une danse qu’elle n’avait eu de cesse de répéter, consciente des dangers qu’elle prenait mais surtout, que le jeu pouvait en valoir le prix, si tant est qu’ils réussissaient là où Harren le noir avait échoué, vaincu sur le champ de bataille.

Le silence de la forteresse fut lentement brisé par des bruits de pas vifs. Presque brutalement, la porte de ses appartements fut ouverte et en se retournant, la jeune femme vit Freya, la servante que Yoren avait attitrée à la princesse Myria. Helena se leva, passant délicatement ses mains sur sa robe pour en repasser les quelques plis et elle s’approcha de la fille qui lui faisait face. Elle avait déjà trouvé le moyen d’obtenir la fidélité de la jeune femme, qui lui rapportait les choses intéressantes à savoir sur la princesse. Lentement, la servante lui expliqua la situation et le fait que la Hoare était partie, prenant son cheval et filant à toute allure vers les bois. Le regard de la Bracken changea, plissant quelques secondes les yeux alors que son sourire persistait malgré tout. « Je vais m’y rendre, si nous ne sommes pas revenues avant le lever du soleil, préviens le roi. » ordonna simplement la Bracken d’une voix certes dure mais qui demeurait agréable. D’un mouvement vif, elle s’empara d’une fourrure qu’elle enfila autour de ses épaules et partie, d’un pas rapide, sans se détourner. Elle descendit les escaliers tout aussi rapidement, se retrouvant quelques minutes plus tard près des écuries où l’attendait son cheval - elle en était proche, il était à ses côtés depuis bien longtemps désormais et tout naturellement, elle vint flatter son encolure, puis enfila sa bride. Les membres de sa maison avait toujours possédés un lien particulier avec les chevaux, prenant soin de ces bêtes et chaque membre apprenait à monter à la perfection, de bien des manières. Aussitôt après l’avoir préparé, sans avoir mis de selle, elle monta à califourchon sur l’animal et le poussa à avancer, prenant lentement de l’allure. Elle suivit les indications de la servante pour se rendre à l’endroit où Myria Hoare s’était rendue, voyant les paysages défilés, d’abord la plaine entourant la colline de Pierremoûtiers puis rapidement, les arbres imposèrent leur présence et la Bracken s’enfonça dans ces bois sinueux. Les branches craquelaient sous les sabots de l’animal, faisant résonner toute sa puissance et sa vigueur en ces terres, brisant le silence morbide. Puis, rapidement, des bruits, des coups parvinrent aux oreilles d’Helena qui fit ralentir sa monture. Plissant les yeux, elle observa les alentours jusqu’à déceler une silhouette, celle de la princesse qui usait d’une épée, se déchaînant contre un arbre. La future reine descendit de son destrier, gardant la bride entre les mains et avançant lentement, toujours plus près de la jeune femme. Elle s’approcha d’une branche à laquelle elle accrocha la bride de l’animal pour qu’il ne quitte pas les alentours, avant de finalement se décider à briser le silence.  « Princesse. » prononça-t-elle simplement, sur un ton commode, convenable. « Myria. » enchaîna-t-elle ensuite, cette fois avec plus de familiarité, en vu de ce qui avait autrefois unies les deux femmes. Elle l’observait se défouler contre l’arbre. Une nouvelle fois, quelque chose vint briser le silence. Un éclair fendit le silence, l’orage tonna de toute sa férocité. La lumière éclaira quelques secondes le visage des deux femmes. « Tu n’as pas tout perdu, quand bien même est-ce que tu crois. » dit-elle en l’observant, venant posséder une main sur un arbre un peu plus loin. Toutes deux n’avaient pas eu le temps de mettre les choses au clair, mais la jeune femme connaissait sa mentor et son désir de devenir reine, elle avait aussi bien vu les regards qu’elle lui avait lancé ; elle n’était pas ravie du futur mariage de son élève et cette dernière en avait conscience. « Les riverains, nos pairs, ont besoin de figures sur lesquelles compter. Ils n'ont plus confiance en toi et à l'inverse, je dois leur prouver que je mérite d'avoir la leur, bien qu'ils sachent à quel point les miens furent dévoués à notre cause commune. Autrefois, tu fus... » commença-t-elle, plongeant son regard vers le sol, quittant la silhouette de la princesse. « Tu fus beaucoup pour moi. Un modèle, mon mentor, tu m'as beaucoup appris. Et aujourd'hui, il n'est plus question de relation de dominance. Alors si cela te sied, crache ton venin. Exprime ta colère, je suis là pour entendre tout cela et ensuite, peut-être, pourrons-nous tenter de parler de l'avenir. » prononça-t-elle en reportant son regard vers la femme qui lui faisait face, digne malgré l'effort.




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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce qu'en survienne une autre... (PV Héléna)   Ven 14 Sep - 15:58







Jusqu'à ce qu'en survienne une autre...

ft. Héléna Bracken


Probablement trop absorbée par son combat contre l’arbre qui lui résistait si bien, Myria n’entendit pas le cheval de la future Reine s’approcher de son Royaume dans la neige fraiche qui rendait chaque son si étrange. Elle frappait tant et plus, depuis combien de temps, elle l’ignorait. Sa main s’était rouverte, elle saignait, mais elle ne sentait pas la douleur, pas plus celle là que celles de ses bras qui, peu habitués à un tel entraînement, la feraient probablement souffrir des jours après cela. Mais pour le moment, tout ce qu’elle sentait, c’était son cœur prêt à exploser. Elle n’avait pas prévu ce qui s’était passé la veille avec le Roi, sauver sa peau, oui, mais ni coucher avec lui et moins encore ce qui avait suivi et ce qu'elle avait ressenti. Elle n’avait pas seulement perdu une couronne, elle avait aussi perdu Joren et retrouver une part de son bien aimé en Yoren avait été une révélation, mais la plus cruelle de toutes, car elle le savait et ne pouvait faire autrement que de l’accepter, pour son peuple et son Royaume, pour lui aussi, il ne serait jamais son Roi et elle ne serait jamais Reine. Cependant, si sa raison l’acceptait pour des raisons stratégiques et politiques, pour la cause des Fleuves et du Crépuscule. Beaucoup de choses en elle rejetait cette idée en bloc : son cœur, son orgueil, sa fierté, son corps et ce qu’il subsistait en elle, après tout ce qu’elle avait vécu ces derniers temps, de l’ambitieuse, vénale et cupide née Frey. Mais voilà, elle avait perdu, en plus de cette lourde couronne et de cette charge qu’elle appelait de ses vœux depuis toujours, le respect des siens, des Fer-Nés et des Riverains, l’amour de son Royaume, pas celui qu’elle lui portait mais celui qu’il lui portait, avant, un jour, au moins quelques uns, au moins Lord Bracken et Lord Salfalaise, non ? Et d’autres probablement. Lyham Tully, hum…

Oh si la Princesse du Sel et du Roc savait. Elle ne savait que trop bien quelles armes elle avait donné à Héléna. Elle savait que celle-ci pouvait être une Reine exemplaire, et c’était bien là tout le problème, enfin l’un des nombreux problèmes auxquels elle devait faire face à présent, sans couronne et sans remerciements. D’ailleurs, elle avait continué au banquet, à lui fournir les mots, les armes et la ferveur de la foule. Elle savait parfaitement que sa position, son retour après sa soit disant trahison avait peu de chances de rallier les riverains derrière elle, encore moins les Fer-Nés. Mais si son discours ne servait pas directement ses intérêts personnels, il servirait la cause du Roi et peut-être celle de la belle Héléna qui n’aurait qu’à cueillir les fruits de son travail de l’ombre. Et même si cela était une torture, même si elle remuait ainsi elle même le couteau dans la plaie béante de ses échecs et de ses erreurs passés, elle continuerait, jusqu’à en crever s’il le fallait. Parce que chaque arme qu’elle donnerait à la Reine des fleuves et du Crépuscule était une arme pour le peuple Riverain et Fer-Né et que, quoi qu’il lui en coûte, elle ne cesserait jamais de se battre pour les siens. Mais cela ne l'empêchait pas de souffrir le martyr, comme si chaque mot qu’elle prononçait était une cicatrice de plus dans sa chair. La conviction qu’elle agissait pour le bien du Royaume et qu’elle faisait pour le mieux était une bien maigre rétribution de ses efforts et de ses sacrifices, et certains jours, la neige alentours gagnait son cœur meurtri et l’espoir s’évanouissait en un cri silencieux qui lui déchirait les entrailles.

Bien sûr la brune aux yeux azurs gardait quelques cartes personnelles pour la manche, parce qu’elle ne savait pas faire autrement que de jouer au Cyvosse avec ses propres règles, c’était aussi important pour le Royaume, la guerre étant loin d’être terminée et certaines portes ne devaient en aucun cas se fermer pour toujours. De plus, il lui arrivait parfois de ne pas encore avoir perdu tout espoir, de continuer à croire en son étoile, en sa destinée, en sa mission divine. La foi laissait souvent place au désespoir, mais elle était toujours présente, brûlant d’une flamme ravivée par celle de Yoren, une flamme qu’elle pensait s'être éteinte depuis la mort de Joren, depuis que l’Empereur lui était tombé dessus à Buron, depuis qu’il était parvenu à s’échapper après avoir été pris, victoire coûteuse et peu rétributrice, elle en aurait vomit ! Éteinte encore après le désaveux d’Harren, ses menaces et la façon dont il l’avait traitée après Buron, son échec à Vivesaigues. Non, on éteint pas si facilement la flamme d’une Hoare, Née Frey, Riveraine avec un cœur de fer, femme de roc et de sel, avec en elle la force des eaux, fleuves et océans, et celle du feu qui embrassait son âme et son regard quand elle parlait, battante à défaut de combattante. De ses ailes calcinées, de la petite braise incandescente qu’il restait, le Roi avait fait ressurgir le feu pour tout brûler et s'élever à nouveau, et s’il l’avait fait pour elle, il pouvait le faire pour le peuple entier, Fer-Nés Riverains, même les plus hésitants.

En attendant, aux yeux des Riverains et des Fer-Nés, la veuve était celle qui avait perdu à Buron, perdu en ne faisant hélas pas autant de dégâts côté impérial qu’elle aurait voulu, ou pu. Elle était celle qui avait trahi Harren, celle qui avait suivi Joren, celle qui avait fui Eysine pour se rendre à Vivesaigues. Elle n’avait pas voulu tout cela, bien au contraire elle avait tout tenté pour qu’il en soit autrement, mais elle savait ce que les gens pensaient et elle n’y pouvait rien changer, pas en quelques jours, pas avant la prochaine offensive du Torrhen. Même après la promesse de Yoren que son nom serait lavé de tout soupçons, elle savait que rien ne serait gagné et qu’il faudrait du temps et bien des sacrifices encore, pour qu’elle parvienne à retrouver un statut et une réputation honorable au sein du Royaume. Or ce temps, le Roi ne l’avait pas, ni elle, ni personne ici, enclavés à Pierremoutier au milieu d’un hiver qui serait plus meurtrier que le feu du Dragon. Elle n’avait pas le choix, elle devait céder sa place à une pucelle blanche de tout soupçons d'infamie, de traitrise, de défaite, d'échecs et cette pucelle était Héléna Bracken, promise Hoare, celle qui porterait la couronne à sa place et celle sur qui la lumière se poserait pour que le renouveau puisse exister. Celle qui porterait haut les couleurs du Conflans telle la Sirène à Cheval venue pour sauver le peuple du Royaume des Fleuves et du Crépuscule de l’envahisseur Impérial. Mais que cette Cavalière des Océans fasse un faux pas, un seul. Qu’elle croit un seul instant qu’elle pouvait porter seule ce Royaume disparate, qu’elle humilie Myria ou mette le Roi en danger et alors, l’espoir qu’elle portait sur ses épaules ne serait plus.

Un crissement dans la neige alors qu’elle s’était arrêtée une seconde pour reprendre son souffle. Ironborn levant soudainement la tête et regardant dans une direction précise. une nuée d’oiseaux, la croassement d’un corbeau. L’épée tomba, sa main se porta à son carquois où elle prit une flèche tandis que l’autre enlevait l’arc de ses épaules. Le mouvement était fluide et rapide, elle l’avait effectué des milliers de fois. Elle encocha, banda visa en un instant. Jamais elle n’avait tué d’hommes, à Buron, elle avait préféré garder les deux yeux sur le déroulement des opérations plutôt que de tirer d’une position où de toute façon, elle aurait eut plus de chance de tuer ses hommes que ceux d’Orys. Mais il n’y avait pas d’homme face à elle, seulement une belle jouvencelle de sa connaissance, celle qu’elle maudissait depuis qu’elle était revenue.

__ Héléna… »

La pointe arrivait pile entre ses deux yeux. Myria esquissa un sourire. Une aubaine ou l’ironie du sort. Elle la tenait dans sa ligne de mire, elle pouvait la tuer, avec cette flèche ou la suivante, elle le pouvait, elle savait qu’elle n’aurait aucun mal à le faire. C’était à en mourir de rire. Aucun témoin, un accident est si vite arrivé. On ne la croirait pas ? Et alors. Yoren la tuerait ? Et alors ! On ne la croyait pas de toute façon et le Roi ne pouvait pas la tuer, il avait besoin d’elle plus encore que ce qu’il pouvait imaginer. Elle le pouvait, mais elle ne le voulait pas. Cette vie, comme tant d’autres, était trop précieuse. Elle dévia sensiblement la trajectoire avant de tirer. Elle aurait pu tirer au plus près, mais elle ne le fit pas, cela faisait bien trop longtemps qu’elle n’avait point chasser et si par malheur elle avait perdu la main, le jeu était trop risqué.

__ Tu n’auras pas toujours autant de chance, Héléna. Un jour, un véritable ennemi se dressera devant toi et tu mourras. J’espère pour toi que ce jour arrivera avant que tu ne me déçoive, si non, il se pourrait que cet ennemi, se soit moi. Et crois bien que la prochaine fois, je ne raterais pas ton joli minois. »

Un éclair fendit le ciel et le tonnerre gronda. L’orage était sur elle, les gros nuages lourds assombrissait le ciel. Myria n’y avait pas prit garde. Elle n’avait pas prit garde à grand chose dans sa course effrénée à vrai dire. elle n’avait même pas pensé à prendre un manteau. Pourtant elle avait chaud. Ironborn renâcla, il n’aimait pas les orages, comme la plupart des chevaux. Elle l’appela à elle en tendant une main vers lui pour qu’il ne s’enfuit pas, elle n’avait aucune envie de rentrer à pied et dans sa rage, elle ne l’avait pas attaché. Le palefroi était habitué à rester non loin de sa maîtresse, mais si elle avait confiance en lui, elle savait que l’orage pouvait le faire fuir.

__ Je sais que tu représente l’avenir et que je suis le passé, un passé bien sombre et sanglant. Si je suis en colère, ce n’est pas pour ce que tu es devenue mais pour ce que je ne suis plus, pour ce que cette guerre m’a coûtée et ce que les mensonges d’Harren, la folie de Joren et l’ambition de Torrhen ont fait de moi. J’ai perdu ma couronne, mon avenir, mon époux, mon amour, le respect de nos pairs, celui des Fer-Nés, la confiance de mon Roi et celle du peuple, j’ai perdu tout ce pourquoi je me battais. Mais nous, le Royaume du sel et du Roc, les Riverains les Fer-Nés, toi et moi, nous avons perdu plus encore, des milliers d’hommes, nos terres, peut-être même certains d’entre nous ont-ils perdu l’envie de se battre. Tu représentes, avec Yoren, l’espoir de tout un peuple, de deux peuples. Prouves que tu mérites leur confiance et prouve que tu mérites que je te laisse en vie, tu n’auras rien à craindre de moi et je serais à vos côtés, pour que l’espoir prenne vie pour que renaisse le Royaume des Fleuves et du Crépuscule. Malgré ce que ça me coûte de solitude et de souffrance, je ne sèmerais pas les graines de la discorde dans le cœur des Riverains, pas plus que dans celui des Fer-Nés. Nous n’avons plus d’autres choix, nous devons nous unir, quoi qu’il en coûte à nos ambitions personnelles. »

Disant cela, Myria s’était approchée, le rênes de son cheval dans le pli du coude. Elle prit la future Reine par le col et l’approcha au plus près de son visage, lançant sur elle un regard glaçant. Elle était touchée par les paroles de la Bracken, mais tant que cela restait entre elles deux, c’était du vent, de la poudre aux yeux comme le reste, elle attendait des actes, tout comme elle devrait prouver sa loyauté, Héléna devrait prouver qu’il n’y avait plus de relation de dominance.

__ Mais ne t’avise pas de me manquer de respect, si non je te ferais connaitre le gout de ma colère. »

La brune aux yeux azurs plongea son regard dans celui de la jeune et belle Sirène à Cheval avant de l’embrasser à pleine bouche, mettant une main derrière sa nuque pour l'empêcher de se dérober à ce baiser enragé. Puis elle la lâcha brusquement et s’essuya les lippes du revers de la manche avec un sourire carnassier sur le visage et un regard moqueur. Alors qu’un nouvel éclair incendiait le ciel noir d’une lumière aussi froide que l'Étranger et le Dieu des Tempêtes, la Princesse lâcha dans un rire :

__ Voila mon présent de mariage ma Reine, une vie de devoirs et de souffrances, une couronne de mensonges et de sacrifices. Le prix de l’orgueil du Noir payé par le sang des Iliens et la chair des riverains. Redresses moi ça aussi bien que la queue de ton futur époux et nous verrons si j’ai été un bon professeur. »

La pluie s'abattit soudainement sur la forêt et sur les deux femmes, l’ancienne Reine qui ne le serait jamais et la nouvelle Reine, plus jeune, porteuse d’espoir. Les grosses gouttes ne tardèrent pas à détremper les vêtements de Myria qui regarda le ciel d’un air courroucé. Sérieux ?! Il ne manquait plus que ça à ma poisse presque légendaire.


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