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Que serait un roi sans sa reine ? PV Helena
MessageSujet: Que serait un roi sans sa reine ? PV Helena    Mar 4 Sep - 1:16

Que serait un roi sans sa reine ?La nuit de noces avait été des plus délicieuses comme je me l'étais imaginé ou plutôt comme mon impatience sciemment entretenue par ma promise m'avait poussé à la vouloir de toutes mes forces remobilisées par les soins du mestre. Me faire languir alors qu'elle aurait tout autant voulu balayer les traditions que moi comme Helena me l'avait annoncée malicieusement au cours du banquet avait fatalement porté ses fruits. La nuit avait été longue, brulante et exaltée de par la communion de nos deux corps bouillonnant. Nous avions vécu cette première nuit conjugale ensemble dans le donjon de Pierremoutier dominant la cité de sa silhouette massive et rassurante bien qu'intimidante. Ma reine m'avait surprise comme toujours et je m'étais fait la réflexion que chevaucher avec autant d'aisance des chevaux fougueux l'avait prédisposée à me faire face dans la couche conjugale. C'était donc dans ce lit entre des murs faits de pierre et non de toile que je me trouvais en cette heure avancée de la nuit. Celle qui se voit peu à peu effacée par les premières lueurs du matin. Celle au cours de laquelle l'aube rayonnante ne tardera pas à vaincre les ténèbres célestes qui reviendront prendre leur sempiternelle revanche chaque nuit et ce inlassablement. Nu mais certaines parties de mon corps couvertes de bandages frais j'observais avec une adoration non feinte les mouvements saccadés mais paisibles de la respiration de mon épouse.

Je sentais son souffle sur la peau de mon cou alors que sa tète se trouvait logée sur mon épaule et que son bras venait m'enserrer d'un étau possessif. Je ne savais déjà plus ce qui m'avait réveillé tant la contemplation d'Helena née Bracken et désormais membre royale de la maison Hoare m'obnubilait. Ses cheveux châtains indisciplinés tombaient en cascade sur son dos nu et masquaient une partie de son visage. Ces yeux fermés respiraient une sérénité pleine de béatitude que je lui enviais de toute mon âme en cet instant précis car jamais je ne saurais connaitre la sérénité au vu de ma situation politique et stratégique désastreuse. L'indomptable reine du Conflans et des Iles de Fer affichait dans son sommeil un éclat angélique bien éloigné de la fougue qui la caractérisait d'ordinaire. A moins que notre baptême intime ne l'ait vidé de toutes ses forces ce qui n'était pas improbable mais dont je doutais néanmoins fortement car Helena était une Bracken. Durant une poignée de secondes, je m'en voulus profondément. Je m'en voulus de l'avoir embarqué dans cette tragique aventure qui ne pouvait que se finir de sanglante manière.

Je m'en voulus de lui avoir offert ce cadeau empoisonné parce que porter une couronne était un fardeau sans équivalent en ce bas monde alors celle d'être reine d'un royaume en ruine...Mais, lorsque son bras s'agrippa plus fermement à mon torse ce simple geste instinctif et inconscient suffit à balayer ces pesantes réflexions. Cela ne pouvait être qu'elle. Cela n'aurait pu être qu'elle. Depuis ce jour dans les couloirs d'Harrenhall deux ans et demi plus tôt je n'aurais pu accepter de mener ce combat inégal avec une autre qu'elle à mes cotés. Bien sur le fait qu'elle soit l'ainée de la seconde plus puissante maison du Conflans avait eu un attrait politique et stratégique nécessaire mais une fois balayé ces calculs, ces questions d'allégeance ne restait plus qu'une lady atypique et bien loin du cliché que l'on attribuait à ce titre et un batard légitimé, pirate s'accoutumant peu à peu à un statut qui aurait pu l'écraser s'il n'avait pas su trouvé en lui la flamme suffisante pour se transcender afin d'adopter une stature digne du titre que le Destin avait placé sur sa route.

Me mettant à caresser ses cheveux avec une douceur que je ne me connaissais pas et une tendresse naissante trouvant racine dans la certitude que cette femme se tiendrait fièrement à mes cotés dans toutes les épreuves à venir, dans nos victoires comme dans nos défaites, dans mes joies comme dans mes peines. Je laissais mes doigts entortiller délicatement une mèche de cheveux soyeuse avant de déposer un baiser sur son front. Voilà, je savais ce qui m'avait réveillé au milieu d'un si beau rêve ne pouvant qu'être éphémère dans le contexte orageux de mon début de règne, la soif. Non pas celle de posséder de nouveau ma sublime reine mais une autre bien moins hédoniste. Mon gosier réclamait son du de mes efforts insatiables. Une lampée de vin devait faire l'affaire. Repoussant doucement le bras d'Helena le plus lentement possible, je ne pus réprimer un sourire amusé en l'entendant grogner de déplaisir. Prenant, le temps de couvrir sa nudité délectable de la fourrure dominant les draps je me dirigeais ensuite vers la petite table sur laquelle se trouvait coupes et carafes de vin. De la piquette locale à ne point douter mais du vin restait meilleur que de l'eau. Aussi, je me servais prestement un verre et portais la coupe à mes lèvres.

Le flot rougeâtre me fit le plus grand bien. Mais la douleur de mes blessures se réveilla soudainement comme si la quantité phénoménale de lait de pavot que j'avais ingurgité la veille du mariage avait décidé de ne plus faire effet au plus mauvais moment. Ce lait médicinal m'avait permis d'apparaitre pleinement royal et inébranlable au cours de la triple cérémonie du mariage royal puis des festivités qui les avaient suivies et même au cours de ma nuit de noces mais désormais mes plaies se rappelaient à mon bon souvenir de manière fort détestable. Je parvins néanmoins à refouler la souffrance un peu plus loin dans mon être et m'approchai de la grande fenêtre dont la vue permettait d'admirer toute la cité ainsi que les environs de cette dernière. De là, je pouvais apercevoir les feux de camp de mon armée ainsi que les rues pavées de ma capitale.

Le son du crépitement du brasero dans la pièce me tira de mon observation mécanique et alors que je portais la coupe à mes lèvres, je sentis Helena m'enlacer dans le dos. Ma mie, je vous présente mes excuses je ne voulais nullement vous tirer de votre sommeil. Vous aviez l'air si paisible que j'ai tenté de ne point vous réveiller. Allez vous recoucher. Ma voix était marqué du réveil de mes blessures et Helena n'en fut nullement dupe. Celle-ci saisit ma main et me fit me retourner avant d'aviser longuement les traits de mon visage marqués par les affres de la douleur. Je vous assure que je vais bien. Ce n'est rien. Seulement quelques réminiscences d'Eysines. J'ai connu pire. Cette dernière phrase était néanmoins un magnifique mensonge car je n'avais jamais frôlé la mort de si près qu'à Eysines et cela ma reine le savait pertinemment.
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MessageSujet: Re: Que serait un roi sans sa reine ? PV Helena    Jeu 13 Sep - 15:19

Yoren & Helena ... mots
Hard Men Rule the World
Cette nuit avait été la leur, après tant de temps à discuter ensembles, de leur avenir commun, de celui de la maison royale et de leur royaume ; en épousant un roi, ce n’était pas que lui avec qui elle s’était liée, c’était bien plus que cela. C’était avec le royaume tout entier, avec son peuple et avec ces terres, qu’elle-même chérissait pour y être née. Son ambition, c’était celle de son époux, celle de l’unité du royaume des Fleuves et du Crépuscule et du bien-être de cette population. Elle comptait bien mériter la couronne qui scindait désormais sa tête, se battre pour préserver l’héritage de la maison Hoare et de chacun des loyalistes appartenant encore à leurs rangs, à leur cause. Elle avait longuement fait miroiter Yoren ces dernières jours, joueuse et séductrice, elle avait gardé sa fleur intacte et cela n'avait fait qu'accroitre le désir entre eux, un désir mutuel que l'un comme l'autre ressentait parfaitement. Cela avait été une véritable chevauchée épique, car toute leur fougue s’était exprimée en ces quelques heures et la jeune femme ne s’était pas montrée docile, cela avait été tout le contraire : elle avait été dominante, lui avait montré quel type d’épouse pourrait-elle être, la docilité ne faisant pas partie de son sang. Elle ne se laisserait pas dompter, par quiconque. Mais pour autant, leur deux corps s’étaient unis. Elle savait à quel point son époux appréciait son intrépidité et une fois encore, elle avait prouvé cette dernière. Mais après plusieurs heures d’assaut répété, le sommeil avait enfin fini par prendre le dessus et elle s’était laissée emporter, presque paisiblement. Ses traits s’étaient détendus, alors qu’elle humait l’odeur du corps de l’homme qui allait partager le reste de sa vie, collée à lui par ces temps de grand froid. La couverture de soie cachait le bas de son corps, tandis que le haut était réchauffé par la proximité qu’elle partageait avec son époux. Elle se rapprocha plus encore, son bras entouré autour de la taille de l’homme, le serrant fermement. La douce caresse que l’insulaire exécutait de ses doigts musclés dans sa chevelure lui était parfaitement perceptible, elle n’était déjà plus qu’à demi endormie, perdue dans ses propres songes et pensées en tout genre. Les rayons du matin apparaissaient déjà, perçant la fine couche de nuage noir pour venir frapper le visage angélique de la née-Bracken ; elle exécuta un cillement, dérangé par la luminosité alors que délicatement, son époux quittait les draps matrimoniales, se débarrassant du bras de la jeune femme. Elle était endormie, mais détenait, en cette minute, une poigne dure, comme si elle ne voulait se détacher. Son bras était telle une tentacule, une véritable pieuvre, un kraken accroché à un rocher et le protégeant, le gardant pour elle-même. Elle sentit la fourrure venir se poser sur son corps, réchauffant tout son être alors qu’elle ouvrait, délicatement, un oeil pour voir son époux s’approcher du vin. La jeune femme se tira lentement du lit, laissant un sourire paraître sur ses fines lèvres. Ses pas étaient légers, comme ceux d’une danseuse expérimentée et d’une grâce infinie, malgré sa tenue, la plus simple, la plus légère qui soit. Elle vint entourer son époux d'une étreinte délicate, comme un doux manteau venteux. Ses lèvres vinrent s'approcher de l'oreille du roi, le sourire séducteur qui se trouvait sur ses lèvres ne disparaissant pas. « Mon roi... » susurra-t'elle doucement. Sa voix était sensuelle, lascive et sa poitrine venait se coller au dos musclé de son mari. De ses doigts, elle venait caresser ses pectoraux, effectuant une danse de leur bout ; elle vint poser son menton sur son épaule, observant à son tour face à elle, cette étendue de terres qui leur faisait face. Les terres qui étaient encore à eux, qu'ils allaient de nouveau leur falloir étendre, par la conquête. « N'aies crainte pour mon sommeil, Yoren... C'est bien ma dernière préoccupation en ces temps... » lui murmura-t'elle à l'oreille ; non, désormais, son sommeil n'était plus sa priorité et en tant que lady de haut parage, elle avait toujours été habituée aux réveils matinaux. Leurs devoirs commençaient au lever du soleil, elle était déjà prête à cela et possédait bien assez d'énergie en elle pour de petites nuits, surtout que les prochaines risquaient d'être aussi rythmées. Elle attrapa la main de son époux avec fermeté, le forçant à se tourner vers elle et elle l'observa, plongeant son regard dans le sien. De sa main libre, elle vint lentement dessiner les traits de son visage, avant de s'arrêter en posant sa main à plat sur sa joue, puis en approchant ses lèvres des siennes pour un tumultueux baiser. « Je sais que tu veux paraître fort, mais entre ces murs et à mes côtés, ce n'est nullement nécessaire... Je n'ai pas participé à cette bataille, mais je sais trs bien comment elle fut. Ce n'était pas une simple bataille et... » dit-elle, marquant une légère pause en baissant le regard vers le sol. Sa main libre suivit le mouvement, venant tracer une ligne entre les pectoraux de l'homme avec qui elle était mariée d'un seul doigt. « Et tes blessures sont conséquentes. Mentir n'y changera rien et ce n'est nullement nécessaire avec moi. » prononça-t'elle, durement, en portant de nouveau son regard dans le sien. Plus dur, mais surtout inflexible. Cependant, ses blessures physiques n'étaient pas les seuls héritées de cette terrible bataille ; le royaume saignait autant que son roi, meurtri, ravagé. Elle se détacha ensuite de son époux, s'approchant du pichet pour se servir un verre, qu'elle saisit d'une main délicate mais ferme.  « Ce premier jour est important, il marque le début de notre règne commun. De notre collaboration. » déclara-t'elle en souriant. Le terme était bien choisi, elle n'était pas une pouliche, pas une règne insipide. Elle ne se voulait pas passive et jamais elle ne le serait : non, elle comptait agir pour ce royaume qui l'avait vu naître, malgré ce que pouvaient penser certains riverains au sujet des insulaires. « Trinquons en ce début difficile pour nos terres, espérons que l'avenir sera meilleur et que les graines d'un espoir nouveau germeront. » déclara-t'elle en tendant sa coupe vers celle de son époux, trinquant avec lui avant de la porter à ses lèvres et d'en avaler une gorgée. Si elle ne se voyait pas comme une simple femme ayant pour but d'enfanter, cela ne l'empêchait nullement d'espérer une descendance solide, au travers de plusieurs fils voire même plusieurs filles, voyant des intérêts politiques en ce sens. « Il est temps de bâtir un royaume soudé, de se détacher de ce qu'on fait les ancêtres de la famille Hoare... Le droit de conquête, aussi fort soit-il, peut toujours être brisé par un conquérant supérieur. Et pour unifier un tel royaume, cela passe par une meilleure acceptation entre ses différentes parties, qu'importe les points de divergence. Insulaires et riverains ont autant besoin les uns que des autres, il faut qu'ils prennent conscience de cela. Une tâche rude qui nous attend, mais... nous y arriverons, à n'en point douter. Car à nous deux, nous sommes l'union du Sel et du Roc. » chuchota-t'elle en s'approchant de nouveau de son époux, posant sa main libre sur son torse en avalant une nouvelle gorgée de vin.




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MessageSujet: Re: Que serait un roi sans sa reine ? PV Helena    Ven 14 Sep - 20:55

Plongé dans une contemplation ombrageuse de ces terres devenues miennes à la mort du Noir, je n'entendis guère les pas feutrés de ma fougueuse et indomptable reine. Terres pour lesquelles je me battrais jusqu'à ce que mon dernier souffle de vie se soit échappé de ma carcasse meurtrie, que ma dernière goulée d'air ait été exhalée par mes lèvres endolories, que les dites lippes ne se soient tordus dans un rictus rouge digne d'un Hoare acceuillant la faucheuse comme une vieille camarade de beuverie ayant du attendre une litanie de tournées sanglantes avant de pouvoir enfin m'emporter auprès de mon père et de mon frère ainsi que de tous nos aieux de la noire lignée. Terres devenues notres suite à la triple cérémonie matrimoniale de la veille. Des terres que je n'avais pas beaucoup arpenté par le passé car en tant qu'exécutant des basses oeuvres d'Harren et de pillard renommé mes pas m'avaient menés sur le pont de mon navire personnel ou dans d'autres royaumes bien plus souvent que dans le Conflans dans lequel je n'avais pu faire que quelques escales. Ce qui m'avait inconsciemment poussé à le percevoir comme une sorte de havre verdoyant, doucereux et fertile. Grossière erreur que celle-ci car le Trident avait son caractère de mème que mes Iles natales et depuis désormais plus d'une année celui-ci était teinté d'une nuance écarlate à l'instar des collines et des plaines de mème qu'Helena avait le sien de feu véritable autant que le mien. 

Le requin noir et la chevaucheuse d'étalons se trouvaient désormais à la tète d'un royaume en ruines, dévasté par la guerre, dévoré par la trahison fratricide et amputé par la conquète de ses ennemis séculaires. Cependant, aussi loin que pouvait porter le regard sur la ligne de l'horizon celui-ci était assuré. De la force de celui qui s'est fixé un but et ne s'en détournera pas dusse t'il en mourir. J'aimais les Iles de Fer de toutes mes forces pour y ètre né, y avoir vécu avec Helya, y avoir appris que ce qui était mort ne saurait mourir mais renaissait plus fort et vigoureux à la peine, y avoir connu nombre de festins et de ripailles, y avoir découvert l'homme que je suis devenu, y avoir embrassé la gloire et la renommée éternelle reservée aux pillards les plus chevronés conformément à nos traditions, y avoir été élevé à un rang seulement dépassé par Eren. Le climat difficile de nos mers, les cotes abruptes de ces iles, l'orgeuil séculaire de leurs habitants, le souffle du vent battant les sommets rocheux. Orkmont et ses puits dans la roche. Les us et les coutumes rugueuses et brutales d'un peuple ayant refusé le dénuement à travers la guerre mais qui savait se montrer digne et altier dans ce dernier. 

J'aimais également le Conflans comme on aimait quelque chose nous ayant longtemps attiré sans que l'on ne parvienne à mettre la main dessus. Mais cet amour ci était plus mesuré car il était bien difficile de déclarer sa dévotion à une chose que l'on ne connaissait guère avec précision et qui nous le rendait bien mal. J'aimais ces collines et ces vallons verdoyants, ces plaines riches d'une terre noble, ces fleuves et nombreuses extensions de la puissance du Noyé sur le continent, ces forets sombres et mystérieuses ainsi que ce climat tantot maussade et grisonnant tantot splendide et doux. Le hennissement des chevaux, le chant des moissons, l'odeur de la terre gorgée de pluie, l'impétuosité des cavaliers, la simplicité des seigneurs locaux clamant que la richesse de ces terres venaient du sol. De toute manière Helena avait bien assez d'amour pour les terres continentales pour combler ce qu'il manquait de mon coté. Si j'aimais les Iles comme un fils, j'aimais le Conflans comme un amant n'ayant jamais pu découvrir pleinement ce qui se trouvait sous la houppelande. Par contre une chose était certaine aucun de mes prédecesseurs n'avaient à mon sens pleinement mesuré ce que l'alliage de ces deux cultures, de ces deux contrées, de ces deux modes de pensées et de ces deux glorieux anciens ennemis pouvait donner en cas de coopération totale et sans obstacles. Joren avait été le seul à en caresser l'idée. Et mon demi frère était passé dans l'autre monde tandis que je coiffais la couronne qui aurait du lui revenir. 

Je perpétuerais ce rève Joren non pas pour toi mais pour le royaume mais je te remercie mon frère. Je te remercie de m'avoir ouvert les yeux. Mon épouse vint m'enserrer dans une étreinte délicate mais ferme, empreinte d'une possessivité impétueuse naturelle. Pressée contre moi tel un manteau à cela près que sentir son corps nu et chaud était mille fois plus agréable que le contact d'un manteau, elle susurra telle une sirène d'une voix séductrice et sensuelle mon titre réhaussé d'une certaine promesse délicieuse. Ma reine. Soufflais-je dans un murmure, sentant mon désir se frayer un chemin dans mon corps pourtant soumis aux affres de la souffrance la plus implaccable. Ses doigts fins et graciles aussi doux que de la soie vinrent caresser mon torse et son menton se posa sur mon épaule. L'effluve délicieux de mon épouse flotta jusqu'à mes narines et je laissais un sourire étirer lentement mes lèvres. Ce parfum boisé, fruité et sauvage pourrait me rendre fou. Il était à l'image d'Helena et des terres des Bracken. Son regard se porta lui aussi sur ces terres qui nous appartenaient mais qui ne représentaient qu'une fraction de ce qui nous revenaient de droit. De conquète, il fallait désormais parler de reconquète. Et l'espace d'un instant, je me demandai ce qu'elle voyait quand elle les balayait de son regard fier. 

Si je m'en inquiète tant c'est bien parce que je ne compte guère t'en laisser beaucoup. Or, la tache qui nous incombe et nous attend est titanesque. Mais, je te comprends le royaume saigne, le royaume gronde, le royaume souffre et les félons nous toisent comme des paons incapables de voir qu'ils ne sont que les chiens bien dociles de l'envahisseur. Tu as raison, le sommeil n'est rien. Nous nous reposerons une fois notre devoir accompli. J'adorais cette position et je m'en rendais peu à peu compte. Nous regardions dans la mème direction, celle de l'avenir des Fleuves et du Crépuscule. Ses bras enserraient ma taille telles deux branches solides. Sa tète reposait sur mon épaule comme un poids agréable. Sa chaleur me réchauffait de son ardeur. Son parfum m'embaumait de ses nuances. Je me sentais bien. Je me sentais en paix. Et au moins, je pouvais lui cacher mon état et l'etendue de ma douleur. Ce qui était une très bonne chose surtout alors que mes blessures me lancaient dangereusement en cet instant précis. Les points de suture et beaumes du mestre n'y changeaient rien, je souffrais et peinais à le masquer convenablement. La main d'Helena se saisit de la mienne et me forca à me tourner vers elle. 

J'aurais pu ne pas bouger au vu de la différence de gabarit mais à quoi bon masquer ce qu'elle découvrirait bien assez vite. Ses yeux se plongèrent dans les miens, noisettes contre océans. La souffrance déchirante rendait le mien un brin hagard et las tandis que dans le sien seul de la détermination se laissait lire. De son autre main, elle caressa mon visage en dessinant mes traits durs et rendus tendus par le manège infernal dans mon organisme. Cela me fit du bien peut ètre pas au niveau physique mais cela me fit beaucoup de bien. Puis, posant une main sur ma joue elle m'embrassa avec ferveur. Orageux voilà le terme adéquat. Une tempète intérieure trouvant une manifestation extérieure. Lorsque nos lippes finirent par se détacher l'une de l'autre, ma compagne tenta de m'expliquer d'une voix dure que faire semblant d'ètre le roc que je tentais d'ètre pour mes hommes et mes guerriers ainsi que notre peuple était inutile face à elle tout en tracant une ligne sur mon torse. C'est un réflexe de fer né Helena. Je n'y peux rien. Ce qui est mort ne saurait mourir mais renait plus dur et plus vigoureux à la peine. C'est ma culture qui veut cela ainsi que ma fierté d'homme et de roi. Mais, je souffre atrocement comme tu peux le constater. Je souffre tant que je finis par apprécier ce lait de pavot que j'honnissais tant.  N'y prète pas attention, cela n'est rien à coté de ce qu'endure notre royaume. 

Se détachant finalement de moi, mon épouse alla se servir une coupe de vin dans le pichet tout proche avant de me proposer de porter un toast solennel à notre début de règne, une collaboration selon elle. Je n'aurais pas mieux dit car à travers nous c'était les deux peuples que je souhaitais voir s'unir sans coup férir. Levant ma coupe et parvenant à esquisser un sourire solaire un peu tordu à cause de mes blessures, je répondais. A ce premier jour de notre alliance femme. Puisse notre règne ètre long, prospère et nos armées victorieuses car notre cause est juste et notre rève d'avenir plus juste encore. Il le sera par la force de mon bras et ta poigne de velours. Ces graines c'est maintenant que nous les plantons dans les coeurs et les esprits. Je la taquinais en la nommant femme car Helena était bien plus qu'une reine douce et effacée, elle était une guerrière de plus dans la cause loyaliste. Elle était l'indomptable esprit d'indépendance du Conflans mais je n'avais pu me retenir d'agir comme un fer né. Je m'interrogeais un instant suite à ses mots. 

En parlant de graines...J'espérais férocement que ma reine me donnerait une pléthore de descendants quand bien mème mettre au monde un enfant au milieu de la plus grande guerre que le continent ait connu depuis des millénaires cependant c'était une nécessité pour assoir un peu plus notre position. Tu as raison, il est temps d'oublier les désirs insatiables d'extension de ma lignée et se concentrer sur la seule chose comptant vraiment. L'union pleine et entière du Conflans et des Iles de Fer. Nos peuples ne doivent plus se percevoir comme des rivaux ou au mieux des alliés de circonstances. Ils doivent se voir comme deux faces d'une mème médaille. Différents mais similaires unis dans une cause patriotique. Ils doivent se voir comme des frères d'armes, frères et soeurs des mers d'un coté et frères et soeurs de la terre de l'autre mais frères avant tout. Seulement les fers nés ne percoivent pas les choses ainsi et les riverains encore moins. Les premiers se voient comme des conquérants venus défendre une possession et les riverains se considèrent comme supérieurs aux insulaires de facto eu égard à leurs divergences de culture. J'ai tenté de m'attaquer à ce problème en réformant l'armée. Désormais continentaux et insulaires saigneront cote à cote dans le mème rang. Rien ne peut plus souder deux hommes que de verser le sang ensemble. Oui, la tache sera rude et éprouvante mais nous y parviendrons parce que nous sommes en effet le Sel et le Roc. Qu'as tu prévu pour t'assurer de la loyauté et de la fidélité de nos barons riverains ? Si ce royaume tient encore debout c'est bien parce que ces derniers sont encore fidèles à ma lignée car je ne serais que le roi des Iles si ce n'était pas le cas. As tu des idées pour les souder au trone ? Je confesse que je ne sais pas comment m'y prendre avec eux.









   
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